#281 La naissance de Léo

25 Juin

Je suis  enceinte de mon second enfant, nous sommes tellement heureux mon compagnon et moi. Cette grossesse fut parfaite d’un bout à l’autre. Nous la désirions tellement. Elle nous a permis de nous affirmer en tant que parents, malgré notre jeunesse. Nous ne connaissons pas le sexe de ce bébé à naître, par choix. Fille ou garçon, cela nous est égal, même si je penche un peu pour un petit garçon.

Physiquement, j’ai pris plus de poids que pour ma première grossesse, mais qu’importe ! Je me sens épanouie, dans tous les sens du terme et mon compagnon me trouve magnifique ! C’est dans cette ambiance de doux bonheur, alors que notre fils aîné a 23 mois, que le travail se lance pendant la nuit du 29 au 30 octobre 2006.
Au début, sans doute un peu de faux travail car les contractions sont anarchiques et courtes. Mais déjà douloureuses ! Je me lève très tôt le matin du 30 octobre, avec l’intuition que la naissance de mon bébé est pour bientôt. J’ai hâte ! Je suis à quatre jours de mon terme, je n’en peux plus, je suis impatiente ! Et pourtant, j’adore être enceinte, mais là, vivement que je vois la frimousse de mon tout-petit ! Et puis, cette fois, je me sens prête, je sais que je suis capable. J’aimerais aller jusqu’au bout sans péridurale.
Je me pose devant mon ordinateur pour discuter un peu avec mes copinautes. Pendant toute la journée, je supporterai sans trop de difficulté des contractions de plus en plus fréquentes et douloureuses. Mon compagnon et moi sommes très excités, la peur a (presque) complètement disparu. Nous n’allons pas vers l’inconnu, nous savons que nous sommes capables cette fois-ci !
Le soir, nous allons faire quelques courses, puis nous nous décidons à appeler la tata pour qu’elle garde notre fils aîné. Ce qui me gêne, c’est que je ne suis pas sûre d’être en travail. Pour la première naissance, j’avais perdu les eaux avant même d’avoir mes premières contractions, je n’avais donc eu aucun doute quant au moment de partir pour la maternité. Mais là, c’est très différent ! Cependant, la tata nous prend Sébastien et nous conseille de nous reposer pour notre dernière soirée avant l’arrivée du bébé. Elle semble aussi heureuse que nous !
Nous passons donc une soirée très calme. Mon compagnon nous prépare mon plat favoris : des fajitas. Mais je n’en mange qu’à peine, je suis prise par des contractions de plus en plus fortes et de plus en plus fréquentes, mon estomac est comme noué. Après le repas, nous nous posons un peu dans notre chambre, sur notre lit, nous discutons de choses et d’autres. C’est bon d’être « juste » ensemble comme ça, si simplement. De ne pas être stressés, de ne pas devoir rendre de comptes, d’être aussi « libres ».Puis, vers 23h, nous nous décidons à partir pour la maternité.
Nous n’avons qu’une petite dizaine de minutes à parcourir en voiture pour nous y rendre, mais sur le chemin, deux contractions me surprennent par leur intensité. Je commence à me dire que c’est peut-être bien de vraies contractions. Je suis aux anges. A notre arrivée, une sage-femme m’examine et m’annonce que mon col n’a pas bougé. Je suis déconfite !! Près de 24h de contractions pour rien ?! Ah non, il n’en est pas question ! J’insiste, je lui demande de vérifier sur mon dossier, je suis sûre d’être en travail. Elle me tempère et me pose le monitoring, puis m’encourage à me mettre sur le ballon. Je me souviens avoir beaucoup aimé ça lors de mon premier accouchement, j’y vais donc spontanément.
La sage-femme repart et mon compagnon également pour aller faire les papiers de mon admission. Je reste seule pendant un bon moment. Les contractions s’enchaînent de plus en plus et, sur le ballon, mes douleurs me semblent décuplées. Je tourne, je bouge, je cherche une position plus confortable, mais rien à faire, le bébé appuie tellement que quoique je fasse, j’ai mal ! Enfin, mon compagnon revient, puis un peu plus tard, la sage-femme. Je lui demande de m’enlever le monito pour que  je puisse descendre du ballon, je n’en peux plus de cette position. Elle accepte et m’examine de nouveau. Effectivement, je suis à deux doigts larges, presque 3 cm et mes contractions sont régulières et puissantes. Elle me propose un bain pour voir si cela calme les contractions ou encourage le travail. En fonction du résultat, je rentrerai chez moi ou resterai à la maternité. Je la trouve un peu lente à comprendre : je SUIS en travail !!
Me voilà donc dans la baignoire, je savoure l’eau chaude qui m’enveloppe, comme pour me protéger. Cela me détend énormément et me permet de moins paniquer à l’approche des contractions. Cela dit, je constate qu’il me faut plus de force pour les affronter. La vapeur et l’humidité me font suffoquer lorsque j’ai besoin de prendre de grandes goulées d’air pour supporter la douleur et le fait d’avoir de l’eau jusqu’au thorax me comprime la cage thoracique, ce qui me donne une très désagréable sensation d’étouffement. Comme je suis petite, il m’est bien difficile de me redresser suffisamment lors de la contraction pour avoir de l’eau seulement sur le ventre. J’y reste néanmoins une heure, car j’ai conscience que l’eau atténue fortement mes contractions. Je commence à grimacer, à devoir vraiment me concentrer à chacune d’elles. Puis je me décide enfin à sortir, devant l’insistance de la sage-femme. Je me rallonge dans la salle d’examen. Je ne suis pas bien, j’ai froid, je tremble comme une feuille. Elle me rééxamine et me regarde avec un drôle d’air. Je suis à 5 cm ! Je vous l’avais bien dit que j’étais en travail !
Elle me dit qu’on va passer en salle de naissance. J’entre dans la salle debout, j’en suis fière ! Je me dis que cette fois, j’irai peut-être bien jusqu’au bout. Je m’en sens capable. La sage-femme me pose une perfusion et je m’asseois sur la table d’accouchement. Je ne m’allonge pas car les contractions sont si difficiles à supporter lorsque je suis allongée ! Je ne puis les supporter qu’assise, tendance qui se confirmera dans mes accouchements suivants.
Soudain, je sens que tout s’accélère. J’ai mal, j’ai vraiment très mal ! Les contractions semblent s’être rapprochées et sont tellement intenses que je suffoque ! Je n’arrive plus à respirer, au pic de la contraction, je me sens « partir ». Ma respiration s’emballe, la tête me tourne. La sage-femme appelle l’anesthésiste… Je suis dépitée. Je me mets à pleurer, la douleur est immense et je suis si déçue de ne pas y arriver toute seule, si déçue parce que je sens que cette femme n’a pas confiance en moi, elle préfère que je sois sous anesthésie, c’est plus confortable. Et moi j’ai si mal, je n’ose pas lui dire que je serais capable de le faire. J’aurais besoin, au contraire, qu’elle me le dise !
La pose de la péridurale est rapide et sans problème. Mon compagnon m’aidera autant que la première fois, un peu plus cette fois, car je n’ai pas envie de cette péridurale. On me met à disposition une pompe pour que je dose l’analgésie. Je n’appuie pas dessus. La sage-femme appuie un coup elle-même, cela m’agace ! Le monitoring est reposé et elle m’examine de nouveau. J’en suis à 7 cm ! Je suis vraiment déçue et agacée ! En une demi-heure, je suis passée de 5 à 7 cm !! Avec un peu de chance, j’aurais pu accoucher une demi-heure ou une heure plus tard sans péridurale !
Mais la péri va tout ralentir. Mes contractions vont s’espacer un peu et s’atténuer. Au bout de deux heures (comme quoi, le travail est allé beaucoup plus lentement après la pose de la péri !!), la sage-femme me dit que je suis à dilatation complète et que le bébé est descendu, mais il reste la poche des eaux. Elle la rompt artificiellement. Je n’aime pas la sensation que cela me fait, on aurait dit un gros ballon de baudruche que l’on éclate. Je trouve ça désagréable et je m’inquiète de ce que mon bébé ressent. Si la poche ne s’est pas rompue, c’est sans doute qu’il y a une raison !!
Puis, la sage-femme repart !! Mon compagnon et moi ne comprenons pas bien pourquoi elle repart alors que je suis à dilatation complète et que le bébé s’est engagé !! Et d’ailleurs, cinq minutes plus tard, j’ai envie de pousser. Je n’ai pas rappuyé sur le bouton de la péridurale depuis deux heures qu’elle m’a été posée et je ne compte pas le faire. Je sens l’envie de pousser, je sens les contractions bien qu’elles soient très atténuées. Je commence à paniquer, je ne parviens pas à me retenir de pousser. J’appuie sur la sonnette, mais comme personne ne vient, mon compagnon se précipite dans le couloir, il appelle, restant devant la porte au cas où le bébé sortirait. La sage-femme finit par revenir. Elle me dit de ne pas paniquer, qu’il y a encore le temps. Mais qu’est-ce qu’elle a à la fin cette femme à croire que je panique pour un rien ?! Je lui dis que non, le bébé arrive là, maintenant ! Je le sens ! Cinq minutes plus tard, mon bébé sortira de moi comme un boulet de canon, en une seule poussée ! La sage-femme me le tend, mon compagnon s’exclame « c’est un petit gars ! ».
Tout en prenant mon garçon, je m’exclame « non, ce n’est pas possible ! » Je ne comprends toujours pas aujourd’hui d’où m’est venu cet étrange refus !
Je voulais un deuxième garçon et dès que mon bébé fut sur moi, j’ai littéralement fondu d’amour pour lui ! Il était tout chaud, tout dodu, il avait de grosses joues à bisous, il était à moi, je l’avais fait toute seule, sans foyer, sans éducateur, sans ASE, sans personne !! J’étais si fière ! J’étais fière d’avoir deux fils. Je me sentais femme, je me sentais mère. Léo pleura rapidement et nous restâmes un peu en peau à peau. Le cordon fut clampé bien trop vite à mon goût et le placenta dû sortir rapidement. La sage-femme vérifia si je n’étais pas déchirée, je lui dis que non, je n’étais pas déchirée, à peine éraillée à la limite. Elle vérifia quand même… Cela m’agaça. Dès le début, elle n’avait eu aucune confiance en moi et elle continuait !! Constatant que j’avais raison, elle appuya une nouvelle fois sur la pompe de la péridurale !!! Je ne compris jamais pourquoi !! Alors que mon bébé était sorti, quel besoin y avait-il de me remettre une dose d’analgésie ?!
Léo fut emmené pour être examiné et il me fut rendu sans avoir été habillé cette fois, ni lavé ! Ouf ! J’adorais son odeur si particulière ! Je restai deux heures en salle de naissance, seule. J’étais très fatiguée et à certains moments, je piquais du nez. Mais j’avais trop peur de faire tomber mon bébé que je tenais dans mes bras. Là aussi, je n’ai pas compris qu’on nous laisse si seul ! Si je m’étais endormie, mon bébé aurait pu tomber de la table !!! Et personne n’était là ! Mon compagnon étant reparti dormir quelques heures.
Au petit matin, je fus amenée dans ma chambre. J’eus la nausée pendant plusieurs heures, sans explication. Avec le recul, je pense vraiment que la dernière dose de péridurale n’y est pas étrangère. Encore une fois, je ne comprendrais jamais le geste de cette sage-femme ! J’ai presque eu l’impression qu’elle voulait me punir pour avoir eu raison depuis le début ! J’ai mis au monde Léo 4h seulement après mon arrivée à la maternité ! Alors qu’elle voulait me renvoyer chez moi ! Pourtant, je garde un très bon souvenir de cette naissance. Elle fut calme, heureuse, j’étais sûre de moi, bien dans ma peau et tellement fière d’avoir un second petit garçon !
Note : Elisabeth nous a envoyé les témoignages des naissances de ses autres enfants, Sébastien, Marie et Chloé, que l’on peut lire aux adresses suivantes (par ordre chronologique)
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