Valérie, 50 ans, France.

2 Juil
J’ai accouché de jumelles dans un petit hôpital de province en Bourgogne
C’était en 1990
j’ai eu affaire à deux gynécologues
Un jeune écolo, adepte des méthodes naturels
Un tunisien proche de la retraite et plus classique dans ses méthodes
Le jeune écolo m’a mis au régime et fait perdre du poids
Le Tunisien a donné des ordres pour que j’en reprenne
On m’a imposé l’accouchement naturel car la péridurale n’était pas au point
La nuit de mon accouchement, considéré à risques, après 3 mois d’hospitalisation, j’ai entendu le personnel paniqué un peu car il n’arrivait pas à joindre le gynécologue.
Je n’ai eu aucune préparation à l’accouchement mais le personnel a toujours été présent et chaleureux.
Un jeune « stagiaire » homosexuel vigilant m’a peut-être sauvé la vie alors qu’un soir, ma perfusion s’était décrochée et que je perdais peu à peu mon sang sur le sol.
J’ai été prise en charge principalement par le gynécologue tunisien et une sage-femme.
Un pédiatre, une aide-puéricultrice, un anesthésiste et deux aides-anesthésistes, quelques stagiaires que j’avais autorisés assistaient  ou se préparaient à intervenir mais ont su se faire très discrets.
Le gynécologue, un homme qui n’avait jamais pu avoir d’enfants, m’a accouchée comme s’il s’agissait de ses enfants. j’ai beaucoup souffert du dos.
Il m’a fait une épisiotomie d’office alors que les échographies montraient deux filles pas très grosses.
Mes deux filles de un kilo et un kilo huit ont été amenées de nuit par un chauffeur de taxi au centre de prématurés de Dijon à 80 kms. L’une avait pris trop de globules rouges à sa soeur.  Le médecin n’a pas voulu les séparer de peur que je m’attache plus à l’une. Je savais que ça ne serait pas le cas mais j’étais d’accord.
Le pédiatre s’est un peu énervé en examinant le placenta et a dit:
-je n’y comprends rien, je ne sais pas s’il s’agit de vraies ou fausses jumelles, vous le saurez plus tard.  je jette tout!
Personnellement, ça ne me préoccupait pas.
J’ai souffert de la séparation et « rêvais » qu’elles étaient mortes. j’ai du attendre 10 jours avant de les voir. Elles sont été très bien prises en charge au centre de prématurés ainsi que tous les autres bébés.
Le personnel portait les bébés dans des sacs kangourous quand c’était possible pour qu’ils aient des contacts chaleureux.
Hormis la douleur, plutôt des souvenirs positifs.
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3 Réponses to “Valérie, 50 ans, France.”

  1. Valérie Tröndle 4 juillet 2013 à 22 h 49 min #

    J »ai fait des fautes, méthodes naturelLES, m’a misE, elles ONT été très bien prises en charge… En me relisant, je trouvais que ça avait un côté un peu trop « clinique » comme on dit mais j’ai raconté mon accouchement, l’accouchement lui-même, les naissances , dans un petit livre, « Au nom du père » paru aux éditions Gaspard-Nocturne sous le nom de Valérie Tröndle.

    Ceci dit, je voulais surtout vous remercier pour donner la parole aux mères et pour avoir posté mon témoignage. Et lire tous les témoignages est très intéressant et souvent émouvant. j’ai eu la chance d’accoucher dans un hôpital encore très humain. La maternité a d’ailleurs été éliminée et je plains les futures mères qui devront faire de nombreux kilomètres pour accoucher. Cordialement, Valérie.

  2. Swinka 6 août 2013 à 8 h 32 min #

    10 jours avant de les voir??????!!!! Mais pourquoi n’a-t-elle pas été transféré elle aussi?? Quelle violence pour ces petites filles et leurs maman!!!!

  3. Valérie. 21 septembre 2013 à 22 h 17 min #

    J’ai une tendance à tout optimiser. En y repensant, oui, mes filles et moi ont souffert de la séparation. Quand je les ais récupérées, elles étaient méfiantes et se détournaient quand je voulais les câliner. Il a fallut quelques jours pour établir une vraie communication. Au centre de prématurés, lors d’une visite à mes filles, leur père et moi, pressés de les voir, avions bêtement oublié d’apporter des couches de rechange. Une responsable du service a refusé de nous donner des couches en nous traitant d’irresponsables et c’est une mère présente qui nous a dépannés. Les hommes à l hôpital voulaient absolument que j’allaite, les femmes, plus réalistes m’ont conseillé l’allaitement mixte. je n’ai eu qu’une vraie montée de lait juste après l’accouchement. Pendant les 3 semaines que mes files ont passé au centre de prématurés, j’ai eu droit au tire-lait, fastidieux et peu efficace. le lait était apporté en taxi. Quand j’ai été hospitalisée à 5 mois et demi de grossesse, je me souviens aussi avoir été mal accueillie. Une femme du service m’a soupçonné d’avoir voulu perdre mes filles. j’étais accompagnée d’une jeune femme qui avait avorté et n’en savait rien. L’avortement est bien souvent encore considéré comme un crime. le gynécologue écolo avait souhaité que je continue un régime à la maternité sous prétexte que les femmes prenaient trop de poids. j’ai d’abord maigri au lieu d ‘en prendre. Le matin, je déjeunais d’un café noir et de deux biscottes nature et n’avais pas droit au lait et au fromage. j’ai trouvé tout ça ridicule. Pour le reste, je maintiens, un personnel chaleureux. Cordialement, Valérie.

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