Anonyme – Paris

24 Sep

L’accouchement a été formidable, le plus beau jour de ma vie, celui où j’ai rencontré mon enfant.J’en garde un souvenir parfait.
Pourtant j’avais eu du mal à me décider sur la maternité. Je souhaitais vivre un accouchement le plus naturel possible et m’étais d’abord orientée vers un hopital public proche de chez moi réputé pour être ami des bébés. Ma première visite du lieu a été catastrophique. Endroit lugubre, maternité jumelée avec un planning familial où on m’a laissé attendre 45 minutes sans rien me dire ni me proposer une chaise, obligation de renseigner mon dossier debout à l’accueil, devant tout le monde, etc. Je suis rentrée chez moi très dubitative et assez peu confiante. Même si je n’avais alors pas rencontré l’équipe médical, le cadre administratif me paraissait franchement inquiétant. Je ne me suis finalement rendue à aucun des RV pris et bien que ma DPA soit désormais dépassée, personne de cet hopital ne s’est encore soucié de ma disparition…
Finalement en discutant avec ma mère et une amie, je me suis rendue à l’évidence : l’important c’est la confiance dans la structure et surtout dans la personne qui vous accouche. J’avais un très bon contact avec mon obstétricien et bien qu’il opérât dans une clinique qui n’était ni ami des bébés, ni celle de mes rêves, je me suis décidée à vivre cette aventure avec lui.

J’ai passé une bonne partie de ma grossesse sur mon canapé pour cause de contractions nombreuses dès le 6ème mois. Aussi quand j’ai été reveillée par des contractions vers 2h30 d matin au milieu de ma 37ème semaine, je ne me suis pas dit « tiens, je vais accoucher ». Je suis allée m’allonger au calme dans la chambre du bébé avec un bouquin. A un moment j’ai trouvé que j’en avais pas mal, mais ce n’était pas très douloureux… j’ai quand même commencé à compter et pendant environ 2h j’en ai eu une toutes les 7 minutes. Mais vraiment très indolores. Et puis à 4h45 j’en ai senti une un peu plus forte que les autres et surtout quelque chose à fait « plop » en moi et les eaux ont commencé à couler. Cela m’a causé une grande déception car il fallait partir à la maternité alors que je voulais faire le gros du travail chez moi. J’ai réveillé mon mari, on a rangé nos affaires, pris une douche, un petit déjeuner et on est parti.
La sage-femme m’a installée dans une salle d’accouchement pour les premiers examens. J’étais à deux doigts larges de diltation à 6h. A 7h malgré des contractions, ça n’avait pas bougé. Elle m’a dit que vu le rythme, j’accoucherais en fin d’après-midi et est allée téléphoné à l’obstétricien. Il était ravi car il devait partir en vacances le vendredi soir et nuos étions tous les très déçus de ne pas accoucher « ensemble ». mais j’avais bien conditionné mon bébé depuis plusieurs semaines en lui disant de venir entre le 31 juillet et le 4 août et de ne pas traîner. Il a tout compris !
J’ai expliqué à l’équipe qui était là que je ne souhaitais pas de péridurale. On n’a pas essayé de me convaincre et on m’a installée dans une salle dite « physiologique ». Bon, pas de bagnoire ni rien de ce genre mais une très grande salle avec une lumière réglable, un grand écran où on peut diffuser des images genre « zen TV », un dock iPhone pour écouter de la musique, une table d’accouchement super confortable et qui fait des massage du dos, un fauteuil de relaxation, un ballon… comme à 8h je n’avais toujours pas progressé, on m’a proposé de m’installer dans ma chambre et de faire le travail comme je voulais, sans monitoring, en marchant, avec le ballon, ma musique, etc. On m’a autorisé à manger, à boire, c’était parfait. On m’a enlevé la perfusion (j’ai juste gardé le cathéter). Vers 9h, j’ai commencé à avoir plus de contractions, mais c’était vraiment supportable (pas agréable, supportable). J’ai mis en pratique ce que ma sage-femme m’avait appris : on accepte la contraction, on ne lui résiste pas, on se laisse envahir par elle, on souffle profondément en direction de son uterus, on change de position aussi souvent que nécessaire, on met à profit le temps entre chaque contraction pour se reposer, on prend son homéopathie, on se fait faire des massages du dos. Vers 9h30 j’ai appelé la sage-femme d’étage pour lui dire que je commençais quand même à trouver que mes contractions étaient plus intenses et elle m’a dit « oui, bon, on vous fera un monito vers midi alors ». Là je me suis dit « ah ! bon, ça va être long quand même ». Et puis à 10h mon obstétricien est arrivé, tout sourire. Moi j’étais en prière mahométaine sur mon lit, avec mes écouteurs d’iPhone et je me concentrais. Il m’a dit qu’il allait quand même m’examiner. il a pris un air satisfait et m’a dit « bon, on va y aller, hein…
– oui, on se voit après votre déjeuner pour l’accouchement !
– non, vous allez accoucher maintenant, là, vous êtes à 7 de dilatation ».
A 10h30 j’étais à nouveau en salle d’accouchement avec mon coussin de grossesse, ma musique qui envahissait toute la pièce, et toujours à quatre pattes sur la table, en regardant vers le mur. Ce serait mentir que dire que tout était rose… j’ai commencé à me dire que j’allais prendre cher, surtout quand les contractions sont devenues tellement intenses qu’il était pratiquement impossible de se concentrer, juste de crier un son très rauque (comme au yoga). Je pensais qu’il m’en restait plusieurs heures… L’obstétricien était génial, il me tenait le bras, me massait le bas du dos et me disait doucement « maintenant il faut respirer. Vous criez un peu et ensuite vous respirez… » Puis j’ai eu une irrepressible envie d’aller à la selle. La sage-femme me disait « mais non c’est normal » mais l’obstétricien m’a dit « pas de problème, on vous donne un bassin et on vous laisse 3 minutes tranquille ». Il a fait sortir tout le monde et lui il est resté. On a constaté ensemble que c’était un tout petit peu la selle et beaucoup le bébé. Il a dit bon, il est dans le détroit moyen. Et là j’ai compris que c’était presque fini alors que je pensais que c’était juste le début. J’étais accroupie sur mon bassin et le bébé descendait tout seul en fait. Et puis il a appelé la sage-femme et l’équipe pour leur dire qu’on allait commencer à pousser, moi accroupie et qu’ensuite je me mettrais à 4 pattes. Finalement quand il a fallu pousser je me suis retournée de moi-même mais je n’étais pas en position gynécologique : j’étais en extension avec les bras derrière ma tête et je poussais sur la table avec mes mains. Il y a eu huit poussées et beaucoup d’encouragements chaleureux. On m’a bien guidée (« inspirez et quand la contraction arrive, vous poussez fort en soufflant comme pendant le travail »). On m’a fait toucher les cheveux, la tête. Au moment de l’expulsion, la brûlure « de la vie » qui nous transperce.Horrible. Elle a duré 3 secondes et le bébé était là. Juste une petite déchirure interne spontanée qui m’a valu 1cm de points de suture (avec anesthésie locale).
Dans la minute, on ne se souvient déjà plus qu’on a mordu la poussière… on voit son bébé, posé sur soi et les yeux dans les yeux, on se découvre même si on se connaît déjà. J’avais juste envie de pleurer tant il était parfait et beau et parce qu’il n’y avait rien d’autre à faire que de pleurer… c’est le moment où j’ai réalisé toute ma vie.
Après l’accouchement, toute l’équipe était très émue et tout le monde m’a félicitée « madame, vous êtes tellement courageuse, bravo, c’était tellement beau une naissance comme ça, totalement naturelle (pas d’ocyto, pas de péri, pas d’épisio), on n’en voit jamais, nous, ici. Merci madame, vraiment, merci. » Merci à vous !

Publicités

Une Réponse to “Anonyme – Paris”

  1. meyer 24 septembre 2013 à 22 h 26 min #

    j’aimerais savoir ou et quel obstetricien!!! Trop beau!!!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :