Jessica – Grenoble – 2012

24 Sep

j’ai donné le jour à mon fils Tristan le 18 octobre 2012 à Grenoble.
Avec mon époux, nous désirions un accouchement le plus naturel possible et avions élaboré pour cela un projet de naissance qui avait été très bien accueilli par la maternité. A l’issue d’une grossesse idéale, cela nous paraissait être la continuité logique.
mais notre petit bonhomme se trouvant un peu trop bien au chaud,il est allé au delà du terme. terme flottant d’ailleurs, car entre le calcul du gynéco, celui de l’écho et celui de la sage femme de l’hôpital, nous composions avec 3 dates différentes:le 10, 12 ou 13 octobre. Lors d’une visite de contrôle, le mardi 15 la sage femme a décidé de poser un propess car j’avais une légère hypertension. L’équipe avait déjà hésité à me laisser partir la veille au soir.
me voilà donc à 14 heures, en train de téléphoner à mon mari pour lui de mander de venir. j’étais impatiente qu’il arrive, je ne pensais pas que cette naissance serait aussi longue, car bien sûr, rien ne s’est passé comme prévu!
3 heures après, les contractions ont débuté. gentiment. nous sommes allés nous promener autour de l’hôpital, puis les heures passant, dans les couloirs… et cela jusqu’à minuit, où elles étaient vraiment devenues fortes. la sage femme de garde, me voyant arpenter les couloirs dans tous les sens, arrive pour prendre la mesure de la dilatation en me disant  » vu la fréquence, vous allez pouvoir rentrer en salle de travail. » non, non. 1 centimètre et demi…. je crois que je reverrai toujours sa tête lors du toucher.
on a tout essayé pour soulager cette douleur lancinante: la douche, les tractions, toutes les positions De Gasquet, que j’essayais compulsivement. rien n’y faisait, les heures passant la fatigue était trop intense. et tout le monde accouchait autour de moi! le service était débordé, pendant mon accouchement il y a eu 68 naissances. et malgré tout, le personnel restait adorable, bien que pas assez présent mais c’était impossible de faire plus;

A quatre heures du matin, la sage femme m’a posé une perf de morphine, car la dilatation n’avançait pas, ça m’a soulagé une petite heure (au lieu de quatre a priori), mon mari est rentré à la maison se reposer un peu.

Je suis entrée le mercredi soir à 23 heures en salle de travail, juste assez dilatée pour la péridurale. J’étais à bout et très culpabilisée de ne pas maitriser ce qui arrivait, c’était si loin de ce que nous avions souhaité pour la naissance de notre enfant. Moi qui voulais donner la vie le plus naturellement du monde, je pensais à toutes ces substances que mon fils ingérait … c’était très dur.

Cette péridurale a commencé à ne plus faire effet vers 5 heures du matin le jeudi, l’aiguille avait bougé. deux heures plus tard , une autre anesthésiste m’en a fait une seconde, de cheval cette fois ci : je ne sentais plus rien sous la taille, c’était à la fois éprouvant et délicieux, de ne plus souffrir. J’étais alors seulement dilatée à 6 cm , bloquée depuis des heures. Mais à chaque contraction, le rythme cardiaque de Tristan diminuait dangereusement. L’équipe a décidé une césarienne en urgence. Mon mari a un peu forcé la porte du bloc pour nous rejoindre. Tristan est né à 8h45, il était magnifique. J’ai pu lui donner sa première tétée pendant qu’on s’affairait à ma révision utérine, c’était improbable, mais magique.

Comme l’a dit un sage femme à mon époux, « il y a cinquante ans , vous auriez perdu votre femme et votre fils. » même si ça ne ressemblait en rien à ce qu’on avait prévu, lui et moi sommes en parfaite santé.

Malgré le manque de personnel et ce grand nombre de naissance pendant ces 39 heures qu’a duré mon accouchement, chaque personne, de l’ASH aux sages femmes, en passant par les infirmières, les brancardiers, tout le monde a été adorable. Chacun était débordé, mais dès qu’ils entraient dans la salle, ils étaient vraiment avec nous. Ils ont tout tenté pour que je puisse accoucher comme je le souhaitais, extrêmement respectueux de nos vœux. Je les en remercie encore aujourd’hui.

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2 Réponses to “Jessica – Grenoble – 2012”

  1. Lucie 24 septembre 2013 à 12 h 03 min #

    Les Tristan semblent ne pas venir au monde facilement, j’ai eu un peu le même parcours, sauf que je n’avais pas de projet de naissance, mais pareil, après des heures dilatations a 6 et décision de césarienne :/ bonne continuation

  2. jessica 24 septembre 2013 à 19 h 07 min #

    A croire que leur prénom les prédestinent à une venue au monde tumultueuse… si j’ai un deuxieme fils, je l’appellerais Placide ;D

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