La naissance de Yoann – Montreal

29 Sep

Il était une fois, par un beau dimanche ensoleillé, l’histoire magnifique d’une naissance. C’est le jour où tu es né, toi, mon beau Yoann. Ce jour fût magnifique pour moi, pour ton papa et ton grand frère, Xavier. J’avais soigneusement préparé ta naissance. Je voulais vivre cette 2e grossesse différemment et vivre mon accouchement le plus naturellement possible. Entre l’aquaforme, le yoga et différentes lectures, j’avais décidé de prendre une accompagnante à la naissance. Valérie, fut notre merveilleuse doula tout au long de cette aventure. Sa présence rassurait beaucoup ton papa. Ta maman était en pleine confiance avec elle de vivre un 2e accouchement de manière naturelle. Une belle complicité s’était installée entre moi et ma doula pendant que tu grandissais dans mon bedon. Comme pour ton frère, j’ai tellement aimé te porter, te sentir bouger, ce fut une merveilleuse grossesse!
Le tout débuta en pleine nuit, vers 3h du matin. J’ai senti un liquide chaud couler entre mes jambes, c’est ce qui m’a réveillée. Je me suis alors dirigée à la salle de bain. Il n’y avait pas de doute, je perdais un peu de liquide amniotique. Il s’agissait probablement d’une fissure. J’avais aussi de légères contractions aux 7-8 minutes environ, j’étais en phase de latence. Le liquide s’écoulait tranquillement. Vers 4h du matin, j’ai écris à mon accompagnante par message texte. Ensemble, nous avons convenu que je retourne me coucher afin de me reposer un peu. Vers 7h, j’ai senti une bonne quantité de liquide s’écouler de nouveau. J’ai été prendre une bonne douche, histoire de me détendre un peu. J’ai laissé tomber l’idée du bain, car à l’accouchement de ton grand frère, le bain avait beaucoup accéléré mon travail, je gardais donc cela pour l’hôpital. Après la douche, presque plus de contractions. Déçue, je téléphone à Valérie. Elle me donne alors quelques trucs pour activer un peu le travail, avant de me rendre à l’hôpital, mais comme je perds du liquide, je devrais finir par m’y rendre. Elle me suggère de téléphoner à l’unité familiale des naissances pour vérifier si je suis positive au streptocoque B. L’infirmière me confirme que je suis négative (youpi, pas de soluté, je serai plus libre de mes mouvements). L’infirmière me conseille toutefois de me rendre immédiatement à l’hôpital. Comme la tête du bébé est bien fixée (donc pas de danger de tour de cordon), que je perds peu de liquide et que je suis négative au STREP B, je peux prendre un peu de temps avant de partir. Je rappelle donc ma doula. Il est 8h30. Je lui annonce la bonne nouvelle et je lui dis que je vais bien déjeuner, tout préparer et essayer d’activer un peu le travail avant le départ. Je prends donc un bon petit déjeuner (il me faut des forces pour les prochaines heures), je mets la valise et les sacs dans l’entrée et je marche, je m’accroupis et je fais un peu d’exercice sur le ballon. Christophe regarde le grand prix de F1. Nous décidons de partir vers 10h, il sera environ 11h à notre arrivée. J’avise ma mère qu’elle nous rejoigne à l’hôpital, car Xavier ira s’amuser chez sa mamie et aussi mon accompagnante à la naissance. Christophe charge la voiture et nous partons vers le lieu de ta naissance. Il y a 45 minutes de route pour se rendre à l’hôpital où tu naîtras.
Pendant le trajet, je ne sens pas beaucoup de contractions. Je me concentre, je veux dilater et t’ouvrir le chemin vers la vie. Valérie m’envoie des messages positifs. Ça m’encourage! Le soleil me donne des forces. Arrivée sur place, ma mère est déjà là. Elle prend le sac de Xavier et je réalise soudain que c’est la dernière fois qu’il est le seul bébé. Il sera maintenant un grand frère. Je le serre très fort et je lui dis que je l’aime. Je ne veux pas qu’il me voit pleurer, il est déjà si émotif, il ne veut pas nous quitter. Je sens les larmes me monter aux yeux, puis je lui souris, telle seule une mère peut le faire pour réconforter son petit garçon…
Arrivée à la maternité, on m’installe au triage et on me fait un test pour savoir si je perds réellement du liquide amniotique. Ce n’est pas agréable du tout et le test ne révèle rien. On me met donc sur le monitoring. Valérie arrive. Quel bonheur de la voir avec son beau sourire, c’est très réconfortant. Tout de suite, Christophe et moi sommes à l’aise et en confiance de l’avoir à nos côtés. On rit et on placote en mangeant, c’est l’heure du dîner. Enfin, on me fait un premier examen. Je suis dilaté à 3cm. L’infirmière me propose d’aller marcher. Youppi! Je vais pourvoir bouger. Valérie propose d’aller dehors par ce beau soleil. Quelle merveilleuse idée pour aller se ré-énergisé. On marche à trois et on discute toujours. Je sens mes contractions, mais elles ne me font pas vraiment mal. Nous continuons la marche à l’intérieur et nous revenons au triage. Retour sur le moniteur et examen. Je suis à 4cm. Yeah! Si je peux continuer à marcher, ça va m’aider et me faire passer en phase active.
Là, les contractions commencent à être inconfortables, mais pas douloureuse. Elles sont environ aux 7-8 minutes. Ton papa les calcule sur son téléphone. Je voudrais être dans une autre position que couchée. On me propose alors d’aller prendre un bain. J’accepte tout de suite, ça ne peut pas faire de tort. Je me dirige donc au bain à remous de la salle de triage. Quel soulagement. Je suis si à l’aise dans l’eau. Ça me détend et je suis accompagné de mon amour et de ma doula. L’ambiance est calme. Rapidement mes contractions passes aux 5 minutes et deviennent un peu plus intenses, puis aux 2-3 minutes et encore plus intenses. Elles sont très inconfortables, voire un peu douloureuses. Elles durent environ 45 secondes. Je passe près de 1 heure dans le bain. Une infirmière vient alors me chercher pour une autre séance de monitoring. J’avise l’infirmière que je suis aux 2-3 minutes et mon examen révèle un 6cm+. WOW! Et aussi un bébé très bas, elle me dit: «  Madame, votre petit bébé devrait naître d’ici une heure! ». Une vague d’émotions traverse mon corps tout entier. Bientôt, tu seras parmi nous, dans ce monde mon beau Yoann d’amour! Je suis tellement excitée!
Comme le travail est commencé et que la naissance est imminente, on me donne une chambre en priorité. C’est là que l’infirmière me demande si je souhaite recevoir une péridurale, car après il sera trop tard. Je lui réponds gentiment : « Non merci, je souhaite accoucher naturellement ». Ça y est, je me lance. Je vivrai un accouchement naturel. Quand j’entre dans la chambre #113, il règne une ambiance calme et paisible. Le soleil brille et réchauffe la pièce. J’y installe mes photos et ma musique de yoga. Tout est calme et zen, comme je le voulais. Malgré la douleur des contractions, je souris. Je m’apprête à te donner naissance dans la douceur et la joie avec ma doula et ton papa à mes côtés.
Une fois installée, je vais me changer. Je troque la jaquette d’hôpital bleue pour ma jolie robe noire spécialement acheté pour l’occasion. J’attache mes cheveux et me mets du baume à lèvre. En sortant Valérie me dit : « Comme tu es belle »! Que c’est gentil. Je me sens belle aussi et en pleine possession de mes moyens (pour le moment). Christophe me fait couler un bain, je veux y retourner, ça me détend. Je fais la rencontre de Sophie, la photographe qui prendra quelques clichés de ta naissance. Je prends chaque contraction appuyé vers l’avant. Valérie me fait quelques points de pression pour m’aider à passer chacune des contractions. Elles arrivent et repartent comme une vague. Une à la fois, je sens que tu fais ton chemin. Je reste concentré et je respire lentement. Une fois le bain chaud coulé, j’y retourne avec bonheur. À chacun leur tour, Christophe et Valérie me massent les épaules. Je pratique les respirations alternées apprises au yoga pour me détendre. J’arrive encore à parler entre les contractions et même lancer quelques blagues… Je suis bien dans l’eau, les contractions sont moins douloureuses. Je voudrais tant accoucher dans l’eau…
Je ressens alors des pressions dans le bas du corps. Je décide de sortir de l’eau pour aller prendre quelques contractions debout près du lit et à 4 pattes appuyé sur le ballon. Je suis bombardée de contractions et elles sont rendues très douloureuses. Je tiens les mains de mon mari qui me soutien avec tant d’amour, ma doula me masse. Nous formons une si belle équipe!
Un nouvel examen de mon col révèle alors que je suis dilatée à 8 cm+. Je m’écries alors : « Seulement ? ». Car je sais que la phase de transition commence à peine et le pire est à venir. Aïe aïe aïe! Petite séance de monitoring pour écouter les battements de ton petit cœur. 12 minutes plus tard, je suis à 9 cm. C’est alors que je m’écrie : « Je retourne dans l’eau ». Je dois bouger, changer de position, faire quelque chose pour faire passer la douleur. Je m’installe à 4 pattes dans l’eau, mais rien n’y fait. Les quelques contractions que je prends font terriblement mal. Je bouge, respire fort, émet quelques sons… Je me laisse aller dans toute l’intensité de ta venue au monde.
Je dois bouger, alors je me relève environ 10 minutes plus tard. Je bouge dans les tous les sens tellement la douleur est vive, mais rien n’est confortable. Valérie m’encourage et me propose de respirer doucement. Au même moment, le médecin, au visage souriant, entre dans la pièce pour un examen. Je suis à 9cm+. Le médecin me propose de crever le 2e feuillet des eaux qui est toujours intacte afin de compléter la dilatation de mon col. J’accepte sans hésitation, car je veux que ça se termine, tellement je souffre et je veux t’avoir dans mes bras au plus vite. Tout de suite après, il soupçonne un bébé postérieur et me propose de me mettre à 4 pattes, ce que je fais. Je vis un moment très intense. Je n’ai pas de pause entre les contractions, j’ai du mal à respirer. Je me sens dépassée par les événements tellement la douleur est vive. Ton papa me tiens la main et moi je me sens dans un vent de folie tellement la douleur est intense. Puis, je commence à ressentir les fameuses poussées physiologiques. Tu seras bientôt là, je le sens. Je te sens pousser vers la vie. Et c’est normal, je suis alors à dilatation complète.
Vers 17h55, je commence alors ma poussée. Ça fait terriblement mal. En plus des violentes contractions, j’ai mal aux reins et au coccyx. Je suis épuisée, mais je suis encouragée par ton papa. Il est beau à voir, tellement impliqué. Les contractions arrivent une après l’autre, je n’ai aucun répit. À cet instant, je me demande pourquoi j’ai choisi d’accoucher sans péridurale, mais ça dure un court instant et les encouragements de tout le monde m’aident à me concentrer sur les poussées. Je pousse de manière spontanée, mais aussi dirigé. Je m’épuise à faire cela. Ma doula s’approche tout doucement et me dit : « Pousse sur ta douleur, vas-y à ton rythme ». Ce que j’essaie de faire, mais n’étant plus confortable, je me place sur le côté dans le lit. L’infirmière me dit « comment pousser », mais encouragée par Valérie, je préfère laisser aller mon instinct pour te mettre au monde. J’accouche et je ne me fais pas accoucher. Vers 18h28, le médecin cherche à comprendre pourquoi la poussée évolue si lentement, (un 2e bébé et sans péridurale, ça aurait du aller plus vite). Tu es encore placé en postérieur mon coco, ton visage ne regarde pas du bon côté de mon bassin. Le médecin exécute alors une manœuvre avec ses mains pour retourner ta tête tout doucement. Mission réussie! Le médecin m’annonce qu’en une ou deux poussées tu seras parmi nous. Je suis alors survoltée, remplie d’énergie. Puis en une bonne poussée, tu te mets à descendre rapidement. Je ressens alors le fameux « cercle de feu », c’est le grand couronnement, ta tête sort, je le sais.
C’est donc à 18h32, le 21 avril 2013, après un peu plus d’une demi-heure de poussées, que tu as pris ton premier souffle cher Yoann. Valérie me rappelle alors d’aller te chercher. Après toute cette douleur et cette euphorie, j’avais oublié. Je m’étire donc et je vais te chercher avec mes mains, le cordon nous unissant encore… Ton papa est ému et je pousse un soupir de délivrance lorsque je te pose sur moi. Tout est calme et papa coupe le cordon seulement lorsqu’il a cessé de battre. C’est magique!
Tu es sur moi, mon petit cœur, en peau-à-peau. Ton papa me tient la main et me regarde avec plein d’amour et Valérie, ma doula est là. J’ai une pensée pour ton grand frère qui a si hâte de te rencontrer. Nous sommes maintenant une belle famille de 4. Je suis une femme heureuse et comblée. Et je suis si fière, d’avoir accouché dans la douceur, tout naturellement!
Merci mon cher mari, mon amour pour ta présence et ton soutien inestimable. Merci également à ma doula, Valérie, sans qui je n’aurais pas pu traverser seule cette île.Chaque femme a la puissance de mettre au monde son enfant, chaque femme a son volcan en elle et je l’ai trouvé. Cher Yoann, bienvenue parmi nous, dans la grande aventure de la vie!
Je t’aime!
Ta maman xxx
France
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3 Réponses to “La naissance de Yoann – Montreal”

  1. Lisa 30 septembre 2013 à 13 h 25 min #

    Très beau récit, très belle naissance !!
    « et moi je me sens dans un vent de folie tellement la douleur est intense. » c’est exactement ce que j’ai ressenti lorsque ma fille est née (sans péri également) !! Mais alors vraiment !!! Merci d’avoir trouvé des mots si justes !

  2. Jenn 30 septembre 2013 à 13 h 49 min #

    Quel magnifique témoignage!… 🙂

  3. France 30 septembre 2013 à 16 h 38 min #

    Merci !!!! 🙂

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