#297 Naissance de l. – Novembre 2012 – Var

3 Oct

Je ne suis pas seule pour écrire ce récit vu que j’étais complètement dans le gaz pendant mon accouchement dû à l’injection d’un produit pour ne pas développer d’infection suite à la perte des eaux, Papa Chou me fait donc la faveur de se joindre à moi et d’apporter plus de détails sur mon accouchement non respecté les petites étoiles « * » seront son point de vue …

Dès le commencement de ma grossesse, j’ai souffert de douleurs dans l’aine et de contractions auxquelles personne n’a jamais prêté la moindre attention malgré 3 gynécologues et 1 sage-femme au cours de ma grossesse. Les seules réponses que nous avons sont  » c’est normal  » ou la question est carrément éludée puisque stupide. Même si on ne pouvait rien y faire, le fait de savoir aurait aidé, c’est de la psychologie de base mais passons…

Le dimanche matin, à 37 semaines je ne me sent vraiment pas en forme et bien sûr ma douleur à l’aine est de moins en moins supportable, je décide donc d’appeler la maternité (la première fois) qui me demande de passer afin de faire un contrôle.

Arrivée là bas, je suis contente de voir que ma gynéco est de garde et donc qu’elle pourra s’occuper de moi, mais non, madame a d’autres choses à faire (merci le suivi qui coute un bras en clinique privée avec des gygys soit disant plus proches de leur patientes).

Après un monito et 2 touchés en 30 minutes (merci pour mon intimité) on me renvoie chez moi en me disant « 37 semaines, vous avez le temps ce ne sera pas pour cette semaine ».

( Je commence à en avoir vraiment plein le dos de ces douleurs et là, encore une fois aucune précision, on me somme de rentrer sans plus d’infos que ça ).

En fin de journée je suis HS mais impossible de dormir, je monte donc le berceau (un signe?) et étant bien fatiguée je m’endors enfin à 23h55.

Et vlan ! Me voilà réveillée à 00h00 par le remake du naufrage du Titanic, j’ai perdu les eaux. Je prends une douche pendant que Papa Chou appelle la mater qui me dit de venir.

A 2h30 j’arrive enfin dans une salle d’examens avec encore des touchés à répétition et une prise de sang. J’en profite pour demander à la sage-femme si elle sait pourquoi finalement j’ai perdu les eaux vu que ce n’était pas pour cette semaine. Elle me réponds « ben vous avez eu des contractions »… Merci mais je le savais déjà, ce n’était pas ça ma question… Passons… Elle me dit enfin que je suis à 2 doigts et on me met dans une chambre (individuelle, ce que j’avais demandé)…

Je suis arrivée en chambre à 3h30 et à partir de là on me dit « si il y a un souci venez nous voir mais là il faut dormir ». Dormir??? Impossible, j’ai des contractions à répétitions, je me lance donc dans le rangement de l’armoire, et je découvre mon semblant de salle de bain (au secours)… Vers 6h je n’en peux plus, mon chéri va donc voir pour que l’on nous donne un ballon, mais il revient bredouille(*) avec comme seule réponse « Il faut attendre qu’on vienne nous chercher », ok, vers 8h30 enfin quelqu’un, erf, ce n’est que le petit dej’…

J’attends jusqu’à 9h00 avant de voir quelqu’un : monito et touché, je suis à 5 (ça devient bon mais je n’ai toujours pas mon ballon).

9h30 on m’emmène en salle d’examen, encore un monito, encore un touché à l’arrivé, je suis à 6, on me laisse et on demande à Papa Chou d’aller faire l’entrée vu que je suis arrivée de nuit, il faut la faire maintenant, pas d’entrée pas de salle d’accouchement (ok…**), 30 minutes plus tard encore un touché, je suis à 7 il est 10h30. On me transfère en salle de naissance pour la pose de la péri que j’ai demandée et à laquelle on m’a répondu, on viendra vous la faire quand on aura le temps, coup de chance pour moi ce n’est pas le même anesthésiste et j’ai donc ma péri. On me pose aussi un cathéter en m’explosant la main (hein, sinon c’est pas drôle), à partir de là on me laisse avec un touché juste après la péri, je suis à 8, et on me pose un monito qui ne vas pas me quitter tant que ma fille ne sera pas dans mes bras… Il est 11h30 et à 12h la sage-femme revient pour m’injecter un produit et elle me prévient que je risque de me sentir mal et peut-être de vomir…

Elle repart, quelques minutes plus tard, toute seule avec Papa Chou, je commence à me sentir vraiment mal, il est tout seul et fouille partout pour me trouver un « truc » pour vomir… A partir de là, c’est du grand n’importe quoi, c’est lui qui appuie sur les boutons quand une machine sonne, c’est encore lui qui me donne ce qu’il faut pour vomir car on m’en a remis une dose. 13h, la sage femme arrive, encore un touchée je suis à 10. On teste une poussée mais je dors à moitié et surtout je vomi…

13h15 on se met définitivement en position et là c’est un marathon, je pousse, je dors, je vomi, je pousse, je dors, je vomi, puis heureusement que Papa Chou est là pour me demander si je veux ma Ventoline, « mais pourquoi elle est asthmatique ? », euh tu n’as pas lu le dossier, bon pas grave on y retourne.(***)

Il est 15h00 ma puce n’est toujours pas sortie, on fait enfin venir un gynéco, (la mater a appelée la mienne mais elle n’a pas voulu venir : c’est les vacances), il me dit que ma puce ne passe pas et que l’on va utiliser des spatules pour l’aider un peu. Il est 15h30, je le vois prendre un énorme ciseaux et hop épisio (euh on pourrait me demander ou m’expliquer non???), je pousse, ou m’appuie sur le ventre et hop 15h32 (soit à 37 semaines +1), ma puce est dans mes bras…

On me la laisse une petite minute puis on me l’embarque pour les premiers soins son papa suit le mouvement, en essayant de voir, je me rend compte que la porte qui donne sur la nurserie est en fait entre deux salles d’accouchement donc après avoir vécu le mien, je suis au premier rang pour vivre celui de ma voisine d’en face, charmant… (****)

On me recouds mais la péri ne fait plus effet mais je n’ose pas le dire et donc je souffre, mais bon 2 minutes plus tard ma puce revient pour un peau à peau de 2h. Deux heures pendant lesquelles la puéricultrice veut absolument que je mette I. au sein alors que je refuse. Je m’affirme, je gagne, Papa Chou lui donne son premier bibi.

* : J’arpente les couloirs, je dis bien arpenter car la maternité est au premier étage, accès possible via les escaliers, aucun personnel de sécurité, une sage femme seule sur un lit de camp à moitié des les vaps, je me dit qu’on ferait mieux de ranger les consoles portables et plus tard de dormir que sur une oreille.

 » bonsoir, serait-il possible d’avoir un ballon ?  »

 » Un ballon, ma foi non, vous n’avez pas porté le vôtre ? Attendez je demande … Allô on a un ballon quelque part ?.. ben pour un patient … Bon écoutez monsieur on va essayer d’en trouver un attendez qu’on vienne à votre chambre  »

C’était bien la peine de répéter les exos en se rassurant  » c’est vrai que ça aide bien le ballon  » … Pensez à tout, même au ballon !

** : là tout devient concret, on va la passer en salle d’accouchement, on va me passer la fameuse blouse et je vais vite savoir si je vais tourner de l’oeil ou pas. La pression est à son comble.

 » Monsieur il faut aller faire l’enregistrement, allez-y y’a le temps, allez-y sinon on peut pas aller en salle d’accouchement  »

 » Genre maintenant là ? on s’en fout un peu non ?  »

Je laisse donc ma femme derrière moi pour remplir des papiers de merde. Alors on va passer rapide sur la queue, les furieux, les gars qui vont à la clinique de la main avec des doigts explosés dans un bandage de fortune, ce n’est plus un accueil de clinique mais les urgences …

Les papiers remplis je retourne vers la salle, et personne. Je croise quelqu’un et je demande où se trouve ma chérie on me réponds  » ben en salle d’accouchement là-bas  » …

Presque amusé par tout ça mais aussi bien enclin à faire un massacre, on me tends une blouse, mettez-ça …

*** : bip bip bip apprenez à aimer ce bruit parce que même si nous restons seul dans la pièce pendant une heure, il ne faut pas couper le son. Là ma chérie est épuisée, nous sommes seuls, elle vomit en position allongée une aiguille enfoncée dans le bras, nous n’avons pas dormi mais simplement attendu, aucune précision ni présence, je fouille dans un meuble ouvert je prends une bassine en carton qui fera guise de sac à vomi, une dame entre ( une autre, je l’avais jamais vu celle-là ) Elle vomit c’est normal, on peut rien y faire je repasse dans une demi heure. Je coupe le bip invivable, qui se remet automatiquement, la péridurale est arrivée au bout de l’aiguille, ça sonne, tout sonne, j’ai soif et elle aussi, toute blanche à moitié endormie … Hmm

Bon allez on va voir, poussez madame hein …

Madame est foutue, je vois bien qu’elle ne pourrait même pas soulever un cupcake là, et donc on va pousser ?

Bien, l’effort fournit est tellement conséquent que je me demande comment va se passer l’accouchement à cause son asthme, je lui propose de la Ventoline, à la surprise générale, oui madame est asthmatique … Poussée inutile, encouragement bidon, des gens viennent chercher des trucs dans les meubles pour les autres salles, certains y vont de leur petit commentaire …

A ce moment là, le mot fiasco prends tout son sens, dès l’instant où j’ai posé un pied dans la clinique, les absurdités ont commencées, se sont accumulés jusqu’a une vraie parodie, une blague … Dites c’est une blague ? Quand j’ai vu les spatules, j’ai compris que non …

**** : Last but not least, je suis donc une sage femme, infirmière ou je sais même plus quoi, j’ai vu au moins 12 personnes différentes à cet accouchement, donc on pose la petite pour une série de tests, en face de moi une inconnue les jambes écartées, en chie littéralement, je détourne le regard, je m’intéresse un peu, la petite est là tout va bien  » vous faites quoi ? « ,  » des tests là « , oui ok c’est sûr, et là j’ai le malheur de tourner la tête vers la table d’accouchement et je vois le gynéco tenir un sachet plastique à la main, splotch par terre, et une infirmière de demander  » j’en fais quoi du placenta ?  »  » Ben vous le pesez …  » c’était donc pas un sachet le truc là, et me voici en face d’un tableau tellement pittoresque que je ne pourrai pas vous le décrire, mais disons que recoudre une pizza, maintenant, je sais faire …

La petite est arrivée c’est le plus beau jour de ma vie mais ça a aussi été un soulagement, celui que ce moment « magique » soit enfin fini, et dieu sait que pourtant j’apprécie la magie.

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