Naissance d’Ambre – Juillet 2013

7 Oct

J’ai déjà raconté un récit d’accouchement ici, un accouchement que j’ai eu du mal à digérer. J’avais très peu pour cette nouvelle grossesse, parce que j’avais eu une césarienne la première fois et que je n’en voulait absolument pas une seconde.

4 Juillet2013

C’est la fin de ma grossesse. Je ne pensais pas tenir jusque là. J’étais persuadée que j’allais accoucher le 23 juin. On est le 4 juillet, et je suis toujours à la maison, à tourner en rond. Je peste. Je me sens lourde, gauche, je n’en peux plus. Je suis à deux jours du terme. Je n’ai jamais été enceinte aussi longtemps. La demoiselle n’a pas l’air de vouloir sortir. D’ailleurs, j’en suis sûre, c’est fini, elle ne sortira jamais. Ou du moins, pas sans aide. Le 7, j’aurais une césarienne. Parce que sinon, elle ne naîtra pas.
Ce matin-là, Aloys, mon petit garçon de 22 mois m’apporte mes chaussures alors que je suis aux toilettes, alors qu’il ne l’a pas fait depuis des mois. Mais je refuse de prendre ça comme un signe. J’ai déjà pris trop de choses comme des signes et j’ai déjà été trop déçue. La journée avance donc, sans que rien ne change. Puis vers 13h, je couche mon bambin et je vais moi aussi rejoindre mon lit pour une sieste bien méritée. Mais je dors mal. J’ai des remontées acides qui me brûlent atrocement. 14H mon homme part au boulot après m’avoir fait un petit bisous, il commence à 14h30. Il me dit ‘à ce soir ! Et en rigolant, je lui réponds : ‘peut être avant !’ comme pratiquement tous les jours depuis 2 semaines. Vers 14h30, après avoir dormi un peu, je décide que j’en ai assez, qu’il faut que je me lève. Mais je suis pas tout à fait décidée. Traîner dans le lit est une meilleure perspective que d’aller faire la vaisselle du midi qui m’attend sur la table. Je me redresse sur un coude, et là… AIE. Ah. Ca ça fait mal. Une belle contraction qui me fait mal. Je m’assieds sur le lit aussi rapidement que je peux et je sens qu’il y a quelque chose qui coule. Vite, je vais aux toilettes, pour voir. Ah, du liquide, et en plus c’est rosé. Bon, eh bien, on va appeler le beau père, je file à la mater !
Je vais chercher le doudou qui est loin d’avoir fini sa sieste, mais qui se lève sans problème, avec le sourire même. Chose rare, puisque d’ordinaire, je mets 3 plombes à le réveiller. Là, il m’attend, souriant, m’aide à l’habiller, bref, il savait qu’aujourd’hui j’allais partir. J’en suis sûre.

J’appelle aussi mon chéri pour lui dire que je vais à la maternité, je lui dis de ne pas bouger, que je le tiens au courant. J’appelle mes parents et envoie un sms à ma sœur. On est tous convaincus que cette fois, c’est la bonne (oui, une fausse alerte de perte de liquide fin juin …).
Arrivée à la maternité après avoir confié mon doudou à ma belle mère, j’ai le droit au coton tige pour savoir si c’est bien du liquide amniotique, mais le résultat n’est pas probant me dit la sage femme. Pour moi, c’est simple : il est devenu gris, donc quoi qu’elle dise, y A du liquide, sinon, il serait resté blanc. Le monito ne montre pas de contractions et le col n’est ouvert qu’à un. Je suis un mystère, elle ne sait pas quoi faire de moi. Elle appelle donc mon gynécologue qui lui dit de me donner une chambre, on avisera le lendemain.

A 15h30, je suis donc en chambre, je m’ennuie, je ne contracte pas, j’ai même oublié mon chargeur. J’ai juste ma valise… Alors je fais des 8 avec mon bassin pour essayer de faire avancer les choses. Je fais même la danse du ventre, dans ma grande chambre double. Finalement, la poche se fissure franchement, et je dois passer aux protections hospitalières. A 22h, une sage femme vient m’examiner à ma demande, elle confirme que la poche est belle et bien fissurée, pas besoin du coton magique, et elle me donne un antibiotique, pour prévenir les infections. Le col, lui, n’a pas bougé et le monito est toujours plat. Rien avance. J’ai peur de la césarienne. Je la sens avancer à grands pas, et j’ai peur.

Mon chéri est passé dans la soirée, m’a ramené mon chargeur et mon livre, je décide donc de lire. Jusqu’à 23h, puis j’éteinds tout et me couche. Mais alors que je commence à vraiment m’endormir, je suis tirée du sommeil par une contraction. Qui pique. Et ça revient. Régulièrement. Et de plus en plus fort. Toute la nuit, j’ai fait des allés et retours dans le petit service de maternité, parce que ma chambre n’était pas assez grande pour contenir les milliards de pas que j’ai fait cette nuit là. Si je ne marchais pas, les contractions me noyaient. J’avais la tête qui tournait, des sueurs froides, une douleur insupportable… Alors je marchais. Malgré les jambes et le dos douloureux, malgré la fatigue, parce que mine de rien, depuis la veille, je n’ai pas vraiment dormi. La nuit la plus longue de ma vie. Les copines avec qui j’ai parlé tous l’aprem par texto dorment, ma mère et mon chéri aussi. Je suis seule avec ma douleur, mais je gère. Vers 4h, j’envoie un message à une amie susceptible d’être réveillée. Elle l’est par miracle et elle m’est d’un grand secours pour ne pas me noyer dans la douleur et la fatigue.

5 juillet 2013

Vers 7h, la douleur se calme un peu, mais j’ai la nausée. Je finis par vomir, juste avant le petit déjeuner. Après, je me sens mieux, alors je mange, je suis persuadée que je vais accoucher aujourd’hui, il me faut des forces ! C’est peine perdue, lui aussi se retrouve aux toilettes !
Vers 9h mon chéri fini par arriver. J’ai un monito, qui me désespère parce que selon lui, mais contractions, c’est de la gnognote. Mais la SF me rassure : la toco ne veut rien dire du tout. Ca me soulage. Juste avant, une autre SF m’a fait un touché vaginal et elle me dit que rien a bougé. J’étais au bord des larmes. Toute cette douleur pour rien. Juste après le monito, cette SF bien gentille me réosculte parce que la première SF m’a dit quelque chose de différent de ce qu’elle a dit en salle de réunion. Et finalement si, le col s’est raccourci un peu, amolli et surtout je suis à 2 petits doigts au lieu du 1 de la veille. C’est pas énorme, mais ça avance ! Je suis aux anges… !

Toute la matinée, je marche, je continue d’avoir mal. Je ne veux pas de la péridurale, mon chéri est là, et je m’accroche à lui comme une moule à son rocher. Seul bémol, c’est qu’il doit partir à 14h30 pour aller travailler. Juste avant qu’il parte, il me convainc d’aller parler avec la SF pour réclamer un examen, et qu’on parle péridurale, car lui, en me voyant, préfèrerait que je la prenne. On parle donc avec cette SF super gentille (finalement, j’ai oublié de demandé l’examen, puisqu’une heure plus tôt j’étais à 3…). Elle me fait promettre de venir demander la péridurale si j’en ai besoin. Je lui dis oui sans y croire. Je racompagne mon chéri en bas, et il part. Sans lui,c ‘est pas possible, au bout de même pas une demi heure, je vais voir les sages femmes pour avoir la péridurale. J’arrive donc en salle d’accouchement et l’anesthésiste arrive à peine 10 minutes après. La pose de la péri m’a fait très mal, j’en ai pleuré sur l’épaule le l’auxilliaire. Mais j’étais pas un cas facile, j’étais prévenue. Il était étonné (et très très content de son travail!) de voir que finalement ça ai marché !

Après, j’ai parlé avec une élève sage femme très gentille, j’ai dormi, je me suis faite examinée (sans douleur, que ça fait du bien!), mais j’étais toujours surprise de voi tout ce sang : mon col saignait depuis la veille, et de plus en plus…le travail avançait plus vite, malgré mon angoisse que la péri le ralentisse. Arrivé à 5, la poche s’est rompue totalement, alors que la sage femme voulait la percer. A partir de là, la péri ne fait plus effet que sur les ¾ de mon utérus, et finira par ne plus faire effet du tout à la fin.

19h, je suis dilatée à 7, on me conseille d’appeler mon compagnon, et qu’il a interet à arriver fissa. On me met en position gynéco. Je commence à réaliser que oui, mon AVAC je vais l’avoir…. 19H30, je suis à 9. Mon compagnon arrive à 19h45, alors que je suis à dilatation complète, et que la sage femme me dit qu’ « on va commencer à essayer de pousser ? ». Toute l’eau qui était restée bloquée par la tête de ma puce est évacuée. Je pousse, je pousse tout ce que je peux, avec la sage femme en bas et mon gynéco qui surveille les contractions et qui me dit quand pousser (accouchement à risque puisqu’ AVAC, c’est pour ça qu’il est là). Mon chéri devient pâle, et on lui ordonne de se coucher par terre jambes relevées. Ca me fait marrer. Un moment, alors que ma mère m’a toujours dit qu’un bébé en phase de faire le grand plongeon ne bouge pas, le gynéco et moi, on se regarde en rigolant, totalement perplexes parce qu’on ne sait pas s’il y a une contraction : la puce bouge comme pas possible !
Puis je n’ai plus envie de pousser. C’est trop dur, j’ai déjà assez poussé ça ne sert à rien du tout, ils ont qu’à finir sans moi, j’en ai marre. Je pousse n’importe comment du coup. Le gynéco me dit en souriant que ça serait dommage de devoir sortir les spatules, il n’en a pas envie ! Et là… là je sens. J’ai envie de pousser. Il FAUT que je pousse. Alors je donne tout ce que j’ai. La tête sort, je le sens, mais il faut que je continue, ça me gêne trop, je continue à pousser, et je crie, j’ai mal, je sens que bébé tourne à l’interieur (et j’entends la sage femme dire qu’elle tourne beaucoup pour ‘un dos à gauche’), je sens la sage femme qui la tire vers l’extérieur, je crie comme j’ai jamais crié et je pousse !

« Arrêtez de pousser! »

Et là je sens les jambes de ma fille sortir de moi. Et on me la pose sur moi. Quand j’ouvre les yeux (ou du moins que je recommence à voir) elle est là, sur moi, toute chaude, toute violette, et magnifique.

20h11
« C’est moi qui aies fait ça ?! Tu es belle ma chérie, tu es magnifique, tu es toute petite! »
Et là, j’entends le gynéco rire et me dire « Ah non ! » Discètement, je soulève le cordon pour vérifier qu’ils ne se sont pas trompés, que c’est bien une fille, et oui, s’en est une, je n’arrive à rien trouver du tout sous ce cordon !
Bientôt on me l’enlève pour la toilette, j’ai juste le temps de dire à la puéricultrice que je ne veux pas qu’elle prenne de bain, mais l’autorise à lui laver les cheveux au sérum phy.
Et là, j’entends…
« 4kg650 ! » Non. Pas possible… Mes deux gynéco m’avaient prévu un bébé de maximum 3kg900, alors autant ?! « 55cm ! » J’hallucine totalement que ma fille nous fasse cette surprise, comme si c’était fait exprès pour que je connaisse les joies de l’accouchement par voie basse ! Il avait raison, elle n’est pas petite !

Pendant la suture (puisque grosse déchirure, mais pas d’épisio) , je regardais ma merveille, en couveuse près de moi, son papa de l’autre côté, et on savourait. Rapidement, nous sommes tous les trois retournés dans la chambre (petite maternité, 2 salles d’accouchements et une maman qui avait besoin de la salle) pour notre toute première tétée….

Ambre est née le 5 juillet 2013, un jour avant le terme, à 20h11 et pesait 4,650kg pour 55cm. Et cette petite géante

nous comble de bonheur!

PicMonkey Collage

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