Anonyme – 2010 – Hauts de Seine

7 Nov

J’ai accouché en 2010 dans les Hauts-de-Seine. J’ai choisi un établissement pour sa réputation d’être moins interventionniste que les autres (notamment un taux d’épisiotomie particulièrement faible par rapport à la moyenne). Ces informations étant difficiles à trouver et à démêler surtout pour une première grossesse (on n’y connait rien, après tout !), le temps que mes recherches aboutissent, j’étais enceinte de 4 mois. J’ai été placée sur liste d’attente, une place s’est libérée un mois plus tard. Jusqu’à 5 bons mois de grossesse, je ne savais donc pas où accoucher.

J’y ai vécu le suivi de grossesse de façon particulièrement dure : aucune écoute, aucune empathie de la sage-femme qui me reçoit. Je ressors démolie de chaque rendez-vous, ils me font perdre toute confiance en moi car elle ne répond à aucune de mes questions. Mon projet de naissance est mal reçu, bien que très basique. Je sens que la sage-femme me prend de haut. Elle me dit « le jour J vous aurez bien le temps de faire connaissance avec la sage-femme ! ». Le jour J montrera qu’elle avait tort…

Mon accouchement s’annonce avec 3 semaines d’avance. Première contraction à 3h du matin. Je les ai gérées chez moi jusqu’à midi, heure à laquelle mes contractions sont régulières et espacées de 4-5 minutes. Nous arrivons à la maternité vers 12h30. Pipi dans le gobelet, premier examen (dilatée à 1) et monitoring. On me propose le monitoring assise sur un ballon. Idée sympa mais comme ça marche mal, on doit revenir à la position allongée, plus douloureuse mais j’y reste peu de temps, tout va bien.

On me dit que je devrais rentrer chez moi et revenir plus tard. Je ne veux pas, alors avec mon mari je reste dans l’hôpital, je marche dans les couloirs et le jardin pendant 1h. Les contractions sont très douloureuses, elles me plient en deux.

Vers 14h – 14h30 (impossible d’être précise), on revient voir les sage-femme. Je leur dis que j’ai mal, elles me proposent de prendre un bain. J’accepte et j’y passe plus ou moins 45 minutes, en tête à tête avec mon mari, personne ne vient nous voir. J’ai mal, je ne pense qu’à ma respiration. Parfois je m’endors quelques secondes entre deux contractions.

Me sentant incapable de supporter la douleur plus longtemps, je demande à mon mari d’appeler la sage-femme dans l’idée d’avoir une péridurale. J’ai beaucoup de mal à sortir de la baignoire tellement les contractions sont proches. Je lui dis que « je sens que ça pousse ». Prise d’un doute, elle m’emmène en salle de naissance et m’examine. Dilatée entre 9 et 10 !

Elle a du mal à y croire. Moi, je comprends que je n’aurai pas d’anesthésie. Mon mari voit passer un éclair de panique dans mes yeux mais vite je me reprends : après tout, ça veut dire que c’est presque fini.

Il est 15h30 environ. L’heure de pousser ! La poche des eaux est percée après quelques poussées car elle semblait gêner la sortie de bébé. Ma fille nait à 15h40 en pleine forme.

J’expulse le placenta peu de temps après sur une dernière poussée.

Finalement, mon accouchement naturel a pu avoir lieu grâce à l’incrédulité des sages-femmes face à un premier accouchement aussi rapide : rappelons qu’il s’est passé seulement 3h entre mon arrivée à la maternité dilatée à 1 et la naissance, et qu’il se sera passé 12h entre la première contraction à la maison et la naissance.

En résumé, je n’ai eu que 2 examens du col, j’ai marché puis pris un bain en la seule présence de mon mari, j’ai accouché sans péridurale et en présence d’une seule sage-femme, très douce. Personne ne m’a dérangé, la sage-femme a lu mon projet de naissance quand j’étais dans le bain (a aucun moment je n’aurai eu le temps ni la disponibilité pour lui expliquer en direct !). Un accouchement que j’ai trouvé assez parfait, que j’ai vécu dans ma bulle, sans stress, comme envoûtée, j’ai laissé mon cerveau primaire tout gérer. Mon plus gros regret va évidemment au suivi de grossesse, ignoble. Mon second regret est d’avoir passé 5 jours entiers à la maternité alors que tout allait parfaitement pour moi et le bébé à part une jaunisse. J’aurai tellement voulu passer ces jours-là chez moi et auprès de mon mari… Le séjour à la maternité était déprimant.

La médaille de la phrase la plus horrible que j’ai reçue va à la gynéco chez qui je suis allée en rendez-vous un mois après la naissance. Je lui explique que j’ai accouché sans péridurale et que j’en suis très contente. Elle m’a répondu texto : « Tant mieux pour vous si vous aimez souffrir ». Une gynéco qui n’a donc RIEN compris à l’accouchement. J’ai mis deux ans à digérer cette remarque.

Anonyme

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