#301 Anonyme – Doubs

14 Nov

Tout a commencé un lundi très tôt le matin, je perds les eaux lors de l’un de mes nombreux allers retours aux toilettes.
Voilà le top départ tant attendu après ces longs mois de grossesse…

Je réveille le futur papa et on monte dans la voiture. Je suis calme et confiante, je repense à mon projet de naissance qui a été ajouté au dossier il y a quelques jours, je mettais en avant mon besoin de savoir ce qu’il se passe médicalement et ma crainte d’être « exposée à demi nue » à trop de personnes.

Si les équipes font attention à ces deux points, pas de risque que je vive trop mal ce moment… je suis impatiente de découvrir ce qui m’attend et de voir enfin la bouille de notre fils !

Arrivée à la mat à 3h, on nous accueillent et nous installent en salle de pré travail. Vérification que la poche des eaux est bien percée, c’est bien ça. « Mme, votre travail devrait se lancer, vous aller accoucher ! »

Première contraction… dans le dos ?! On ne m’a jamais expliqué qu’on pouvait avoir des contractions dans le dos, ça fait terriblement mal. On me dit que ça arrive, sans plus d’explications, on m’explique que la péridurale pourra être mise en place qu’une fois un enregistrement continu de 15mn effectué. Pas de problème de mon côté, si c’est comme ça que ça fonctionne, c’est qu’il doit y avoir une bonne raison…

Pose du monito, ils n’arrivent pas à capter les contractions et perdent tout le temps le coeur de bébé, les élèves sage femme passent me le remettre deux puis trois fois en me disant à chaque fois « désolée Madame, ça retarde encore un peu la péridurale on a pas eu les 15mn complètes ».
Je commence à me demander si cette « règle » est vraiment nécessaire, les contractions me provoquent des douleurs que je ne supporte pas du tout, j’ai besoin que d’une chose… un anti douleur !

Je commence à demander quelque chose pour la douleur aux élèves sage femmes, en attendant la péri, je leur dit que j’en peut plus… Une sage femme diplômée prend le relais et décide de me passer en salle de travail.
L’équipe au complet débarque pour une tentative de mise en place de sonde « en interne » (lecture du mode d’emploi à l’appuis…) afin d’avoir un tracé correct, mon besoin d’intimité en prend un coup.
La nouvelle sonde ne portant pas ses fruits et le travail aillant bien avancé l’équipe décide d’appeler l’anesthésiste, il est 7h30 !

L’interne en anesthésie arrive rapidement, il me pique une fois… raté, deux fois… raté. La forte douleur d’une de mes contractions me fait me toucher le dos, l’anesthésiste s’énerve « Je vous ai dit de ne pas toucher ! A cause de vous je dois tout re désinfecter!! ».
Je m’excuse, troisième essai… encore raté.
L’interne appelle sa chef qui me piquera une quatrième puis une cinquième fois, la péri est enfin en place au bout d’une heure quinze à faire le dos rond avec les contractions !

Je suis épuisée, je demande au futur papa de quitter la pièce pour me reposer un peu. Je m’endors une heure.

Un peu avant 10h, on me réveille pour une vérification du col, je suis à 10 ! Je me dis ça y est c’est parti, il va falloir assurer…

La sage femme, elle, me dit qu’elle n’arrive pas a sentir comment est la tête de bébé, qu’elle va demander au médecin de faire une écho pour voir ce qu’il en est.
Elle s’en va, le futur papa et moi on se sent bêtes, je me rends compte qu’on ne m’a rien dit à ce sujet depuis notre arrivée, je commence à douter de ce que me dit ou cache l’équipe.

Après le contrôle échographique, le médecin me dit que le bébé n’est pas tout à faire dans la bonne position, on me dit que je vais devoir faire du ballon pour essayer de lui faire trouver la bonne position pour la sortie.
Là, je me transforme en « femme de cirque », me voilà entrain de faire du ballon sur la table d’accouchement parce que le protocole dit qu’avec la péridurale on n’a pas le droit de descendre de la table !!
Le futur papa trouve ça dangereux et essai de me sécuriser, moi j’essai de faire au mieux. On m’a dit que j’avais 2h30 pour le faire bouger (un protocole de plus…).

Contrôle au bout d’une heure, rien n’a bougé, au bout de deux, rien non plus. Au bout de 2h30 une sage femme entre et me dit « Essayez de pousser Mme ».
Comment ça ? Là comme ça ?? Sans poignées ? Sans étriers ??
« Oui, allez y poussez pour voir, c’est pour vérifier quelque chose ».
Je n’ai jamais poussé de ma vie, j’essai une poussée, sans doute très mauvaise…

La sage femme me dit alors « Nous allons aller dans une pièce plus grande pour avoir plus de place ».
Je comprend qu’on m’emmène au bloc et la confiance qu’il me restait en l’équipe vient de s’écrouler… « une salle plus grande! ».
Je me rends compte qu’on ne m’a toujours pas expliqué la complication en cours, je comprends que je ne saurai rien. Je me referme sur moi même et essai de penser qu’à notre fils qui doit arriver.

Arrivée au bloc, une dizaine de personnes entre pour assister à l’accouchement, j’ai l’impression d’être humiliée, je suis là les fesses à l’air devant tous ces inconnus… je ne comprends rien à ce qu’il se passe.

Maintenant tout s’enchaîne, on me demande de pousser sur la table du bloc (le dos à plat), on me dit de ne plus appuyer sur la péri, les douleurs reviennent, une sage femme m’écrase le ventre pour aider bébé à sortir, on me gronde parce que je ne pousse pas assez bien, puis on me dit l’inverse…
Le médecin de garde fait son entrée, il fait sortir la moitié des personnes présentes dans la pièce (merci Monsieur !), il refait une écho et me dit que mon bébé ne regarde pas dans le bon sens et qu’il est coincé au dessus de mon bassin.
Je me rend compte que je pousse depuis 45mn alors que mon fils est coincé, mes larmes coulent, le médecin monte la ventouse dans mon bassin et retourne bébé, je ressent un douleur horrible, j’explose ! (ils appellent ça une « ventouse d’insertion »)

On me réactive la péridurale et me demande une dernière fois de pousser, en 4 fois mon fils est dehors. Il est 13h12
Je ne le verrai pas, il part immédiatement dans les bras d’une puéricultrice pour être désencombré, je pleure, mon accouchement est raté.

Après une révision utérine accompagnée d’une hémorragie de la délivrance (pour couronner le tout), je ferai enfin connaissance avec mon fils 4 heures après mon accouchement.

Je comprendrai tous les « aléas » de mon accouchement une fois mon dossier médical en mains.

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3 Réponses to “#301 Anonyme – Doubs”

  1. Matilde 14 novembre 2013 à 10 h 28 min #

    Ils ont été tellement nuls… ça me donne les larmes aux yeux, je suis triste pour vous. Juste pour dire que je compatis… J’espère que vous vous en remettez bien.

    • Anonyme du Doubs 14 novembre 2013 à 19 h 29 min #

      Merci de votre commentaire, écrire mon accouchement m’a déjà beaucoup aidé à avancer. J’espère que le temps fera son oeuvre sur ces souvenirs encore très douloureux.

  2. Héloïse 24 janvier 2014 à 16 h 17 min #

    Vous avez été pleine de courage et eux n’ont pas été à la hauteur, non vous n’avez rien raté mais eux si !

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