Naissance de P., à la maison, près de la frontière belge

25 Nov

J’ai accouché de mon 1er enfant il y a 5 ans. Je souhaitais une naissance physiologique et me passer de péridurale, convaincue que la douleur faisait partie de l’accouchement, qu’elle était faite pour être vécue et supportée. Je m’étais renseignée, j’avais préparé un projet de naissance. Mais le jour J, je me suis laissée faire… Je n’ai pas osé m’affirmer face à l’équipe médicale. J’ai tout de même réussi à refuser une chose : l’utilisation de Syntocinon. Grâce à ça, aujourd’hui, je sais pourquoi, même si mon corps ne sentait rien, j’ai ressenti cette chaleur, cette douceur infinie lorsque ce petit être a glissé hors de moi. Je sais pourquoi j’ai pleuré, tremblé, souri lorsqu’il a été sur mon ventre. C’était un tsunami hormonal, une vague infinie et démesurée. J’étais bouleversée et c’est cela que je garderai en mémoire.

J’ai accouché de ma 2ème, il y a presque 3 ans. Dès le début de la grossesse, j’ai préparé mon projet de naissance. J’ai sollicité un RDV auprès d’une sage-femme. J’ai expliqué ma déception, ma frustration de ce premier accouchement indolore et passif. J’ai été écoutée. La naissance a été douce. La sage-femme qui nous a accueillis a été exactement comme je le souhaitais : discrète. Je ne l’ai presque pas vue. Lorsque ma fille est née, le cordon a été coupé après qu’il ait cessé de battre sans que je n’ai eu besoin d’exprimer ce souhait. Les soins ont été faits après le peau-à-peau sans que j’ai à le demander. La sortie précoce a été autorisée. Je garde de cette naissance un souvenir délicieux. La douleur, bien que présente, ne m’a laissé aucun souvenir.

Puis, j’ai attendu un 3ème bébé. Je me suis résignée à me faire suivre dans le même établissement où j’avais accouché deux fois. Pour réapprivoiser les lieux, pour me donner l’illusion d’un accompagnement global. J’ai vu une sage-femme différente à chaque rendez-vous… J’ai également décidé de ne rien lire, de ne pas me préparer à l’accouchement avec la conviction que mon corps sait faire. Les mois passent, je n’arrive pas à rédiger mon projet de naissance. J’ai l’impression d’être dans une situation un peu hypocrite : je dis faire confiance à l’équipe, mais je veux faire le travail chez moi et je veux retourner chez moi le plus vite possible. Je veux qu’on me laisse tranquille comme ça l’a été la dernière fois. Mais j’ai peur : et si la sage-femme de garde n’accepte pas cette manière de travailler ? Et si le scénario de la première naissance se rejoue ? Et si… Ca devient pour moi une source d’angoisse. Je me sens en train de préparer un plan de bataille. L’idée même de se battre me fatigue. Je n’arrive pas à me résigner totalement. Je veux une naissance aussi douce que la précédente. Je ne veux pas prendre le risque que cette naissance ne soit pas respectée. Je surfe sur le net et je tombe sur la page du collectif « Naître chez soi ». Le déclic est fait : la naissance aura lieu à la maison. Aucune sage-femme ne pratique des accouchements à domicile dans ma région. Je suis frontalière de la Belgique, malgré la barrière linguistique, je contacte toutes les sage-femmes exerçant en Flandres. Aucune n’accepte de se déplacer… Je suis déprimée. Et puis par bouche-à-oreille, j’apprends qu’autour de moi des femmes ont accouché chez elles. Une connaissance, qui deviendra une amie, est enceinte et se prépare pour un accouchement à domicile. Elle me met en contact ave le sage-femme qui la suit. J’ai beaucoup d’appréhension avec le fait que ce soit un homme. Une première rencontre est programmée. Ca y est, j’en suis sûre : j’accoucherai chez moi. J’ai trouvé la personne qui sera là mais qui saura me laisser faire.

Cet accouchement est un merveilleux souvenir. Je n’ai rien eu à négocier. Tout a été naturel, simple et chaleureux. Je n’ai pas été séparée de mes aînés, le papa a pu être là sans avoir l’impression de gêner (bien au contraire !) Mon bébé ne m’a pas quittée pour des soins qui n’étaient pas absolument nécessaires. Et surtout, j’ai pu déguster une crêpe au nutella dans l’heure qui a suivi !

Si un 4ème bébé s’annonce, ce sera à nouveau à la maison.

Noémie

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# Récits des deux premières naissances : http://wp.me/p37cjb-pn

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  1. #110 Noémie, un garçon et puis une fille | Mon corps, mon bébé, mon accouchement ! - 25 novembre 2013

    […] # Récit de la troisième naissance : http://wp.me/p37cjb-XV […]

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