2 accouchements, en Belgique (Brabant Wallon)

26 Nov

Je suis loin d’avoir eu les accouchements dont je rêvais, mais ce n’est pas pour autant que, globalement, je me suis sentie bafouée dans le respect de la majorité de mes choix.

Toute l’histoire de mes enfants est médicalisée, du début à la fin, et pourtant, nous avons eu la chance de rencontrer des membres du corps médical humains, pour la plupart attentifs et à l’écoute.  Je voudrais les remercier pour ça, et pour toutes les vies que ces personnes créent et sauvent chaque jour.

Après une longue attente douloureuse, nous plongeons tête la première dans le monde de la PMA. Les journées et les semaines rythmées par les injections à heure fixe, les échographies, les prises de sang à en avoir les veines abîmées… Le stress de l’heure du déclenchement de l’ovulation, la ponction d’ovocytes, l’hyperstimulation, avec ponction de liquide ascitique presque sans anesthésie parce que mes veines étaient impossibles à pénétrer (déshydratation), les journées d’hospitalisation puis de repos strict, seule, sans soutien, parce que c’était notre choix… La déception de devoir encore attendre, puis l’excitation du nouveau traitement, la course aux prises de sang et échographies, enfin le transfert. Envers et contre tout, malgré l’impudeur totale de toutes ces situations, mon mari et moi arrivions toujours à garder un peu de magie et de tendresse, en rêvant de lumières tamisées, de musique douce, de caresses, au lieu de la violence et de la froideur de ces lumières vives, des voix autour de nous s’essayant à des plaisanteries qui sonnaient faux, des protocoles déshumanisés au possible (“Madame X: 2 embryons, insémination intra-utérine”).

C’est finalement un seul beau bébé qui a choisi de faire son nid en moi, durant ce beau mois d’octobre 2009. Que d’émotions et de larmes de joie le matin de ce test de grossesse! Je n’ai pas attendu la prise de sang (encore une), pas question qu’on m’enlève ce moment magique: attendre, le coeur battant à tout rompre, de voir si la 2ième barre du test allait se montrer!

Nous avons quitté la PMA pour un temps, trouvé une gynécologue parfaite: humaine, attentive, à l’écoute de nos questions, qui ne prescrivait jamais d’examens non indispensables (jamais il n’a été question pour elle de me faire passer le test ‘o sullivan pour le diabète par exemple), faisait les prises de sang elle-même, délicate lors des examens (TV seulement en fin de grossesse), et disponible à toute heure du jour ou de la nuit, WE compris, pour aider ses patientes à mettre au monde leur enfant.
La grossesse s’est très bien passée, nous avons fait de l’haptonomie en préparation à la naissance, nous parlions beaucoup à notre bébé tant désiré, tant attendu. Nous voulions pour lui une naissance douce mais sécurisée. Je préférais accoucher à l’hôpital, d’autant que je savais que ma gynécologue serait présente : ça me rassurait beaucoup.
Nous avons fait un projet de naissance, demandant entre autre que je puisse rester mobile le plus longtemps possible, qu’on évite l’épisiotomie, qu’on évite de percer la poche des eaux de façon artificielle, qu’on n’emmène pas mon bébé loin de moi, que le Papa ait toute sa place, qu’il puisse couper le cordon, etc.

36SA et quelques. Ma prise de sang mensuelle n’est pas bonne et la gynécologue m’appelle personnellement pour me fixer un nouveau rendez-vous le mardi suivant.
Le matin, je pars travailler comme d’habitude, je quitte mon boulot juste dans l’idée d’un aller-retour pour un contrôle, mais je n’y retourne jamais. Ma gynéco m’invite fermement à rentrer me reposer et veut me revoir le vendredi, avant le WE.
Je ne suis pas très inquiète car, bien qu’elle suive mon évolution de près, elle n’est pas alarmiste, reste calme et m’explique juste ce qu’il faut en des termes simples pour que je comprenne la situation sans que ça induise en moi aucune panique.  Le vendredi, j’ai toujours plus de protéines dans les urines, la tension toujours haute (15/10) malgré le traitement per-os qu’elle m’a donné. Elle promet de m’appeler en fin de journée pour me tenir au courant des résultats de prise de sang.

Je rentre chez moi, m’allonge, parle à mon bébé, caresse mon ventre, profite du calme. J’ai quelques contractions comme depuis le 4ième mois de grossesse, mais pas de travail en vue. Vers 17h30, la gynécologue m’appelle personnellement. Sa voix est calme, posée, elle prend toutes les précautions pour ne pas m’alarmer outre mesure, mais quand elle me dit de boucler ma valise et de me rendre à la maternité “pour surveillance pendant le week-end”, je prends conscience que la pré-éclampsie se confirme et que mon bébé et moi-même sommes peut-être en danger. Je panique, je fonds en larmes, j’appelle mon mari pour qu’il revienne au plus vite, j’appelle ma maman qui essaye de me rassurer tant bien que mal. J’arrive enfin à retrouver un peu de sérénité, je termine ma valise, rajoute 2-3 bouquins dedans en prévision d’un long week-end d’ennui et dès que mon mari arrive, nous prenons la route de la maternité.

Arrivée sur place à 20h, une sage-femme m’accueille avec le sourire en me demandant si je suis la patiente de A. (prénom de ma gynéco-bonne fée). Je lui remets mon dossier médical (dans lequel j’ai glissé mon projet de naissance). Comme (soit-disant) toutes les chambres sont prises, on m’installe en salle de travail pour prendre mes paramètres. Monitoring ok, tension 16/11, protéines dans les urines +++, la prise de sang de ce matin montrait une augmentation en flèche du taux d’acide urique et une chute des plaquettes… C’est pas bon du tout.

21h, l’assistant de gynécologie qui est de garde pour la nuit vient m’annoncer froidement que vu la situation et à ce terme de la grossesse (37 SA+2), mon bébé sera plus en sécurité dehors que dedans. “A minuit on vous déclenche, reposez-vous” et il tourne les talons…

Mon mari rentre à la maison manger un morceau, prendre une douche, ramener l’appareil photo, les derniers vêtements pour bébé qui séchaient encore et est de retour vers 23h.
Durant son absence, j’essaye de me reposer sur le lit qu’on a installé dans la salle, mais je parle surtout à mon bébé et je prie. Dans quelques heures, je serai maman.

Samedi 19 juin, 00:30, une sage femme entre, re-monitoring, pose d’un cachet au niveau du col et d’un cathéter “au cas où”. Je suis à 1,5 cm d’ouverture. Le protocole est lancé. Vers 1h00, on m’enlève le monitoring, on apporte une couverture pour que mon mari puisse dormir un peu sur la table d’accouchement et on nous laisse dormir jusqu’au matin.
Vers 6h00, les contractions commencent à être un peu douloureuses, je ne peux plus rester couchée ni sur le dos, ni sur le côté. Je me mets à 4 pattes dans le lit et fais des mouvements circulaires du bassin à chaque contraction en respirant profondément.
7h30, on réveille le futur papa et la sage-femme m’examine. Je suis à 2 doigts larges, un 2ième cachet ne sera pas nécessaire : le travail a commencé. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, me voilà branchée au monitoring non stop, et au tensiomètre qui prend ma tension toutes les 3 minutes. Je demande à rester mobile. La sage-femme m’apporte un ballon, qu’elle place juste à côté du lit, de sorte que je puisse l’utiliser malgré le monitoring et le tensiomètre. Je fais du ballon jusque 11h, avec mon mari qui m’aide à chaque contraction en appuyant sur mon sacrum. La sage-femme a proposé de la musique. Le travail est rythmé par le même CD qui tourne en boucle, mais ça me convient. Je suis dans ma bulle et je gère bien, je visualise l’ouverture du passage pour mon bébé.

11h00, je suis à 4cm. L’anesthésiste de garde (c’est le WE) est dans le service, et on ne me laisse pas trop le choix: on me pose la péridurale en me disant que ça fera baisser la tension. J’étais bien, dans ma bulle, j’aurais bien continué encore mais on me fait comprendre que c’est maintenant ou jamais et je n’ose pas refuser.

Avec la péridurale je dois rester couchée. On regarde un petit bout de film avec mon mari, il trouve le temps long. A cause de la péridurale aussi, le travail ralenti, les contractions sont moins régulières, plus espacées, moins fortes. Un traitement en appelle un autre, me voilà sous ocytocine. Le travail reprend. Je suis à 5 cm d’ouverture, mais mon bébé est encore trop haut. La SF nous suggère de faire de l’haptonomie pour le faire descendre. Nous passons une petite demi-heure à faire descendre notre bébé par l’haptonomie. Quand la sage-femme revient, il est bien descendu et elle perce la poche des eaux. Je demande si c’est vraiment nécessaire mais elle dit que ça va accélérer le travail. Je laisse faire.
En effet, le travail s’accélère, les contractions sont plus rapprochées, plus douloureuses. C’est impressionnant à voir sur le monitoring. La péridurale ne fait presque plus d’effet. En 3 contractions, je passe de 6 cm à 8 cm d’ouverture. Je suis tellement surprise par l’intensité de la douleur que je me mets à pleurer juste au moment où ma gynécologue-bonne fée arrive.
En 1 heure, je suis passée de 5 cm à dilatation complète. J’ai trop mal sur le dos, je demande à me mettre sur le côté. On fait un test de poussée dans cette position. Je voudrais accoucher comme ça, mais la sage-femme me demande de me remettre sur le dos pour que la gynécologue puisse m’examiner. J’ai tellement mal en bougeant que j’abdique: je ne veux plus bouger, j’accoucherai sur le dos. La douleur a changé, je sens mon bassin comme brûlant, écartelé.
J’ai très peu de souvenir des poussées, aucune idée du temps de l’expulsion. Le papa va voir quand la gynéco annonce qu’elle tient entre ses doigts une mèche de cheveux de notre tout petit. Encore quelques poussées et voilà C. sur mon ventre. Dès que je le vois, je le trouve si beau! Il ne pleure pas, me regarde avec ses grand yeux. Mon mari coupe le cordon, puis a la présence d’esprit de sortir l’appareil photo pour immortaliser les premiers instants. C. gémit un peu, il a un peu de difficultés à respirer. On appelle le pédiatre qui lui fait une petite aspiration sur la table prévue pour les soins juste à côté de moi, puis on me rend mon bébé pour un peau-à-peau de presque 2 heures.

J’expulse encore le placenta. La gynécologue et la sage-femme appuient fort sur mon ventre, ça fait trop mal! La gynécologue va quitter la chambre, quand elle voit la sage-femme appuyer encore sur mon ventre et une floppée de gros caillots de sang sortir. D’un seul coup son air devient grave, sa voix claque à l’attention de l’étudiante sage-femme: “Redonnez-moi une blouse!” Je fais une hémorragie. Elle me dit juste : “Je vous embête encore un peu.”,  et elle plonge sa main, son avant-bras dans mon utérus pour me fait une révision utérine. C’est douloureux. Elle sort un petit morceau de placenta qui était resté là. Elle a eu le bon réflex. Mon périnée est aussi intact.

Enfin la salle se vide. Plus de pédiatre, plus de gynécologue, plus de sage-femme, ni d’étudiante sage-femme, juste nous 3.

C. met un peu de temps avant de prendre le sein, mais quand il se décide, il  boit gouluement. Je crois bien que c’est ça, le bonheur!

 

Octobre 2011, c’est reparti pour le traitement, les échographies de contrôle, les prises de sang, le transfert d’embryons. Cette fois ce sont 2 petits coeurs qui se mettent à battre en moi! Une nouvelle grossesse pleine de questions, d’inquiétudes pour notre future organisation.
La grossesse se passe bien, le suivi médical est un peu plus intensif  (échographies plus poussées, chez un spécialiste en diagnostic anténatal).  A partir du 5ième mois, un des bébés trouve sa place la tête contre mon col, blotti le long de mon côté droit. L’autre bébé fait des cabrioles dans le reste de l’espace, mais a une fichue tendance à aller coincer sa tête sous mes côtes, ce qui rend toutes mes positions inconfortables. Très tôt dans la grossesse, j’ai des contractions, une vingtaine par jour. Le col tient bon, mais raccourcit à chaque contrôle. Je suis arrêtée à 26 SA. Rien que la position assise me donne des contractions, alors je deviens copine avec la position allongée sur mon canapé. J’essaye de vivre le plus sereinement possible la distance que ça crée malgré tout avec mon “grand” de pas encore 2 ans.

Je rêve d’un accouchement par voie basse, passé 37 SA, pour éviter la néonat, je me fais un film parfait, le peau-à-peau partagé avec le papa… Mais passé 32 SA, ma gynéco commence à me parler chaque semaine de la possibilité d’une césarienne, car le bébé le plus haut est en transverse. Je pleure de devoir en passer par là, mais j’ai le temps de m’y préparer, et je rédige un projet de naissance en partant sur le scénario de la césarienne.

Lors de mon rendez-vous des 35 semaines, la prise de sang s’emballe. De nouveau: pré-éclampsie. Ma gynéco demande que j’entre à la maternité pour surveillance. C’est donc chose faite le jeudi 7 juin dans l’après-midi: analyses d’urines sur 24h, plusieurs monitorings, prise de sang, etc.
Ma tension était correcte, la prise de sang moyennement stable. Rien de catastrophique, j’ai au fond de moi l’espoir de rentrer chez moi pour le WE. C’est trop tôt, je veux tenir mes bébés encore au chaud.

Vendredi 8 juin, re-monitoring (un bébé tachycarde), re-prise de sang, tension un peu élevée. On me fait une échographie pour vérifier le positionnement des bébés et un doppler pour vérifier que tout va bien au niveau des cordons.
On envoit les urines au labo. Entre-temps, ma gynécologue qui était dans l’hôpital pour un autre accouchement, passe me voir. Elle s’assied à côté de mon lit et m’explique qu’elle a reçu les résultats de la prise de sang du matin. L’acide urique a augmenté, les plaquettes sont de nouveau en chute libre, etc. Elle préfère ne pas prendre le risque d’attendre car au vu de mes antécédents et du fait qu’il y a 2 bébés, la situation peu devenir catastrophique en moins d’une heure. Elle m’annonce une césarienne dans l’après-midi, quand une salle d’opération se libèrera. Elle prend quelques minutes pour répondre à mes questions: “Est-ce que le papa pourra être présent?” elle me répond que ça ne lui pose pas de problème, mais que c’est l’anesthésiste qui décide; “est-ce que mes bébés vont aller en néonat?”: 48h pour surveillance au moins…

A peine est-elle sortie de la chambre (je n’ai pas encore digéré l’information) que 2 sages-femmes entrent dans ma chambre, prennent ma tension (qui explose, évidemment, vu le stress de ce que je viens d’encaisser), me donnent de l’isobétadine pour que je prenne une douche, me rasent le haut du pubis. J’arrive quand même à prendre quelques minutes pour prévenir mon mari. On ne m’a pas donné d’heure. Mon plus grand stress est qu’on m’emmène au bloc alors qu’il n’est pas encore arrivé.

Je donne aussi des coups de téléphone pour organiser la garde de mon aîné qui se trouve à la crèche. Lorsque tout est réglé, je me douche (au moins j’ai la paix) puis j’essaye de me relaxer. On me met sous monitoring jusqu’au départ en salle d’opération. Ma puce tachycarde, le monito bip chaque fois qu’elle dépasse 200 bpm. Au bout d’un moment, comme ça m’angoisse, je demande qu’on coupe cette alarme pour me permettre d’essayer de retrouver un peu de sérénité et de parler à mes bébés.
Lorsque mon mari arrive enfin, je fonds en larmes de soulagement.

On nous emmène finalement un peu passé 18h. J’ai froid, je tremble de façon incontrôlée. Plus j’essaye de me maitriser, plus les tremblements sont forts. Je ne sais toujours pas si mon mari pourra être avec moi.

Dans la pièce attenante à la salle d’opération, l’anesthésiste nous annonce enfin que mon mari pourra être à mes côtés, ma gynécologue vient me saluer en mettant son masque et me rassure d’un sourire. Pour me poser la rachianesthésie, je dois m’asseoir sur la table d’opération et faire le dos rond (facile avec un ventre énorme, 1 tête dans les côtes et l’autre contre le col). Une infirmière me propose de m’appuyer sur elle. Elle m’invite à vraiment me laisser aller, elle a bien chaud, je lui demande si je peux l’enserrer par la taille et poser ma tête sur son épaule. Elle est rassurante, un vrai contact humain qui me fera beaucoup de bien.

Lorsqu’on me couche, tout le monde s’agite autour de moi: pose de perfusion, tension, prise de pulsations cardiaques, barbouillage de désinfectant, pose du champ, … Sont présents la gynécologue, l’assistante gynécologue, 2 sages-femmes, 2 infirmières, 2 pédiatres, l’anesthésiste… Enfin on vient asseoir mon mari à côté de moi, et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, B. est sorti. Je verse une larme en entendant son cri, ça me fait réaliser! Je peux le voir (il ressemble à son frère!), le toucher une minute puis on l’emmène.
Deux minutes plus tard, C. crie à son tour, tousse un peu, elle a avalé un peu de sang et de liquide mais elle va bien, je peux la voir aussi. Mon mari ne sait pas trop s’il doit rester avec moi ou rejoindre les bébés, je l’envoie suivre nos enfants avec mission de veiller sur eux et de faire le peau-à-peau dont je serai privée.

On me recoud puis je pars en salle de réveil, où je n’ai de cesse d’essayer de faire bouger mes orteils pour pouvoir rejoindre vite vite mes bébés et mon mari. Mais on est vendredi soir, il n’y a qu’une infirmière pour gérer tous les patients en salle de réveil et un seul brancardier qui met des heures à revenir entre chaque patient. Au bout d’une heure j’arrive à bouger mes orteils, mais je ne remonterai que 2 heures après leur naissance.
Mon mari m’attend dans ma chambre, sans les bébés. Il a fait plus d’une heure de peau-à-peau avec les 2 bébés, il leur a donné à boire (du lait artificiel évidemment) à la seringue. Une sage-femme vient faire ma toilette puis je peux enfin aller voir mes bébés en néonat, pas loin de 4 heures après leur naissance, alors que j’aurais tellement aimé être là pour leur expliquer ce qu’il s’est passé, pourquoi on les a arrachés comme ça de mon ventre. Je prends un, puis l’autre dans mes bras. J’essaye une mise au sein mais je ne me rappelle plus si elle est concluante…

Je passe la nuit sans dormir, à surveiller les heures et tirer un maximum de colostrum que je mets dans des petites seringues, pour que mes loulous aient un peu de mon lait toutes les 3 heures. Au milieu de la nuit j’appelle une sage-femme, je suis en pleurs tellement j’ai mal, malgré la perf d’antidouleur et la pompe à morphine! L’ocytocine dans la perf est réglée comme pour une maman qui n’allaite pas, donc la dose de médoc plus la stimulation due au tirage intensif de mon colostrum fait contracter énormément mon utérus. La sage-femme diminue la vitesse de la perfusion parce que j’insiste pour qu’elle fasse quelque chose.

Le lendemain, une bonne surprise : comme mes bébés ont été stables toute la nuit (et qu’il y a 9 bébés en néonat pour une seule sage-femme de garde le WE), on me les amène dans ma chambre! Une seule condition à ça : les allaiter toutes les 3 heures ET leur donner un complément de 5ml (lait maternel si j’arrive à avoir assez, ou lait artificiel si je n’y arrive pas).
Je tiens à mon allaitement, et comme ils sont petits (2kg180 et 2kg340) et que je les veux près de moi, j’accepte. Toutes les 3 heures, je les change pour bien les réveiller, et je les mets aux seins (avec de l’aide au début pour la tétée en simultané). Je vois, sens et entends parfaitement qu’ils tètent très bien, prennent de bonnes quantités et lâchent le sein d’eux-même au bout de 15-20 minutes lorsqu’ils ont assez bu. Cette histoire de complément ne sert strictement à rien, mais je tire encore en plus entre les tétées. Mais mon corps a des limites et le lendemain on me demande de donner 10 ml de complément à chacun en plus des tétées. Je les vois arriver avec leurs biberons de lait artificiel… Je refuse et dois négocier avec le pédiatre, qui accepte finalement de ne pas donner de complément à condition que je les pèse avant et après chaque tétée pour vérifier qu’ils ont bien bu.
C’est absolument inutile à mes yeux, mais je n’ai pas le choix.

A partir du 4ième jour, j’arrive à installer seule mes bébés pour la tétée en simultané. La 7ième nuit, veille de mon départ de la maternité, une sage-femme exige que je l’appelle pour qu’elle puisse “observer et vérifier” comment je mets mes bébés au sein! C’était comme un examen de sortie, si je n’y arrivais pas, je ne pouvais pas sortir… J’ai donc patiemment changé mes bébés, les ai installés prudemment sur mon lit, ai positionné mon coussin d’allaitement, 1 bébé, puis l’autre, sous l’oeil scrutateur de la sage-femme qui a pu noter sur son dossier que j’étais apte à m’occuper de mes bébés seule… Je me suis sentie infantilisée au possible, mais nous avons pu rentrer à la maison.

Ma gynéco-bonne fée est passé chaque jour voir comment j’allais, répondre à mes questions, vérifier ma cicatrice, me tenir informée de l’évolution de mes prises de sang. Elle a été extra.

Nous sommes environ 1 an après la naissance de mes jumeaux. Ces histoires imparfaites mais avec beaucoup de bons côtés malgré tout, restent gravés dans mon coeur. Mon projet est de suivre une formation d’accompagnante à la naissance, afin d’aider les futures mamans à avoir confiance en elles, en leur ressenti, à leur apporter toute l’information nécessaire pour leur permettre de faire des choix éclairés, Leurs choix, et les rendre actrices de leur grossesse et de leur accouchement.

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