La naissance de Tristan, 3ème bébé de Lauren – en Allemagne

22 Déc
J’ai 3 enfants, mes 2 premiers sont nés en Irlande, à Cork, ce n’était pas des accouchements physiologiques, je n’avais même pas envisagé cette méthode car je n’avais alors pas l’ouverture d’esprit que j’ai aujourd’hui.
2 accouchements où j’ai été passive, en attendant qu’on me dise : « Poussez madame ! »
Mais pour ma 3ème grossesse, en ayant beaucoup discuté avec des mamans sur Facebook, je decide qu’il en sera autrement. Je veux me reconcilier avec ce processus, le rendre naturel et normal, qu’on me rende le pouvoir, qu’on me laisse faire, je veux un personnel qui ne soit pas intrusifs mais qui m’assiste juste au cas où.Tristan est né en Allemagne.
Voici mon récit.
C’est donc ma 3ème grossesse et on me détecte un petit diabète gestationnel. Je dis à mon gynécologue que j’accouche toujours après terme (déclenchement des 2 autres, pour bb1 à 10 jours après le terme et pour bb2 4 jours après, décollement des membranes sans me demander mon avis…), donc je souhaitais de tout coeur que Tristan naisse le jour où il le décide, que tout se fasse en douceur sans « qu’on le mette dehors ». Mais gygy me dit qu’avec le diabète gestationnel, je serai déclenchée le jour du terme… Arf, je suis dégoûtée, je sais que je vais y avoir droit. Je n’ai pas de contractions à 9 mois, juste des Braxton Hicks, rien de bien méchant.
Le 6 janvier, date de péremption, tout le monde dehors! Je tiens à avoir un accouchement physiologique, je veux me reconcilier avec ce processus de la naissance, je veux qu’on me rende le pouvoir, de me laisser faire seule. Dans ma maternité allemande, je suis ravie de voir qu’ils sont équipés comme des « salles nature » avec un lit ergonomique, des ballons, une baignoire, des écharpes pour se suspendre et des tabourets de naissance. C’est ce que je voulais. J’avais espéré que Tristan se décide avant pour échapper au déclenchement, mais je ne me faisait pas d’illusions… arf salete de diabète gestationnel, si je ne l’avais pas eu, j’aurais laissé faire la nature…
Donc le 6 janvier, à 40 SA, on va a la maternité. Mon mari est là avec moi et il traduit pour moi car je ne parle pas allemand et ils parlent très peu l’anglais… L’obstétricienne me demande comment s’est passé mon precedent accouchement, alors je lui racconte vite fait, que deuz était un gros bébé (4,460 kg), qu’il n’avait pas la position adéquate (au lieu d’avoir la tête tournée vers le bas, de regarder en bas, elle était tournée vers le haut) quand j’étais à 8 cm. Il est parvenu à se retourner en 1h jusqu’à la dilatation complète mais sûrement cette rotation plus son gros poids, ont fait qu’il s’est cassé la clavicule :/). L’obstétricienne allemande ne comprend pas très bien, malentendu… elle me fait une écho pour déterminer le poids de Tristan. Il fait autour des 4kg comme ses frères. Alors elle me propose une césarienne, car elle me dit que parfois les gros bébés peuvent avoir le nerfs de l’épaule coincé dans le passage du bassin et que ça peut entraîner une paralysie du bras… Mon mari devient blanc comme un linge, mais, dans ma tête, la decision est toute prise, j’aurai certainement pas de césarienne, j’ai très bien pu sortir deux patates de 4kg, alors je ne vois pas pourquoi ça poserait problème pour celui-là! Donc, va pour la voie basse. On m’examine, col verrouillé à double-tour, comme je l’avais imaginé, postérieur long de 2cm. On me pose le tampon au niveau du col. Comme arrive midi, on me donne mon plateau repas, j’apprécie parce que, pour les 2 autres (nés en Irlande), on ne m’avait pas donné mon repas à midi et je crevais de faim! Donc je mange absolument tout pour bien prendre des forces. J’ai la bonne idée d’aller aux toilettes aussi LOL. Et j’attends.Une heure plus tard, ça commence. Alors je marche, tant que je le peux. Ca va vite, la douleur augmente vite, alors je retourne dans mon lit, pour m’allonger sur le côté. Les sages-femmes me donnent un sac de noyaux de cerise chauds pour mettre sur les reins, ça soulage. La douleur augmente, alors pour m’aider à la canaliser, je pousse des longs « ooooooooohhhh!! », je ne crie pas car je tiens à garder un peu de dignité LOL. Les sages-femmes m’examinent à 15h, je suis dilatée à 4 et ça va très vite, il faut que j’aille en salle de naissance. On n’a pas le temps de me couler un bain, arf, j’aurais voulu accoucher dans l’eau!! Mais avec la douleur des contractions toutes les minutes, je ne peux pas vraiment argumenter. Je tiens à rester à la verticale le plus possible pour aider Tristan à descendre, alors je m’appuie juste contre le lit, les mains crispées sur le matelas.
Ces vagues de douleurs sont terribles mais, entre chaques contractions, je me dis : « Je l’ai supportée celle-là, je l’ai supportée!! Notre corps est fait pour supporter cette douleur, tu peux le faire!! » Mais quand même, la péridurale m’effleure l’esprit, j’ai trop mal… Arf non!!! Je peux y arriver!! Je m’allonge sur le côté pour que la sage-femme m’examine. Ma poche des eaux est toujours intacte, bombée. On a du me la percer pour les 2 autres aussi… Le coeur de Tristan ralentit, la sage-femme me demande de me tourner, arf j’ai si mal, mais je me tourne quand même. Elle me demande si elle peut percer la poche des eaux, que ca va accélérer les choses. Je lui donne son accord, splash… et une minute après, je ressens cet ordre formidable que me dicte mon corps : POUSSE!!!! Je ne peux pas me retenir, mais je suis dans la mauvaise position, allongée sur mes coudes. Je vois la tête de la sf et ses yeux qui s’ecarquillent, elle ne s’attendait pas à ce qu’il arrive si vite, c’est le moment M! Elle me dit : « Lauren, get up right now, your baby is coming! » (Lauren, debout, votre bébé arrive!) J’ai juste le temps de me lever, de me mettre sur le tabouret de naissance et d’empoigner les écharpes, que la prochaine contraction arrive. Je pousse. La douleur cesse, je ressens juste un petite brûlure. Sa tête est dehors. Deux minutes après, une autre contraction, j’envois toute mon énergie, je tire sur les echarpes et là, les épaules passent, Tristan arrive, dans la douceur des lumières tamisées de la salle, la sage-femme l’attrape, il pousse déjà son premier cri. Encore une contraction, le placenta est dehors. On me défait les attaches de ma robe de princesse et on me met Tristan en peau à peau contre moi, toute tremblante. Je n’oublierai jamais son odeur, je m’enivre avec. Il est tout chaud, tout contre moi, le temps s’arrête. Je me sens comme la femme la plus forte de l’univers. 10 minutes après, la sage-femme prend Tristan, elle le pèse et le mesure, 3,780 kg (le plus léger de la fratrie) et 54 cm (le plus grand de la fratrie 😉 ) je me suis allongée sur la table, je me languis qu’elles aient finit. Elle me donne Tristan, je le mets tout contre ma peau, contre mon sein. Il machouille ses petites poings pendant 20 minutes puis trouve mon sein auquel il s’accrochera pendant plus d’une heure. Voila 🙂
Lauren
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :