Naissance de Justine, en maison de naissance, 2013

7 Jan

Nuit du 3 au 4 janvier 2013
Je suis chez mes parents en visite à la suite de mon rendez-vous avec ma sage-femme en après-midi. Depuis ce fameux rendez-vous, j’ai des contractions et je me demande si ça peut annoncer le début d’un travail quelconque. Je remarque que quelques contractions se présentent l’une après l’autre avec une certaine intensité. J’essaye de ne pas en tenir compte puisque c’est arrivé bien des fois et que ça finissait toujours par s’arrêter tout seul. Sauf que cette fois-ci, elles sont régulières et font mal. Je décide donc d’appeler ma sage-femme et de la mettre au courant. Elle me suggère donc de revenir la voir en fin de soirée pour vérifier si quelque chose a changé. Ce n’est pas ma sage-femme qui est de garde, mais peu m’importe, J. est très compétente et j’ai déjà eu la chance de la rencontrer et de constater qu’elle est tout aussi gentille que ma sage-femme. Effectivement, je suis à 6 cm et complètement dilatée. YÉ !
Marc qui était retourné à la maison pour s’occuper des chevaux, car nous avions décidé de dormir à Nicolet reçoit mon coup de fil pour le mettre au courant. Il arrive donc à la maison de naissance tout excité à l’idée d’enfin rencontrer sa fille. Nous choisissons une chambre et puisque nous sommes les seuls, nous avons l’embarras du choix. On s’installe confortablement, la chambre est douillette, chaude et des chandelles sont allumées. On est si bien. On prend le temps de s’embrasser moi et Marc, de se dire que tout va bien aller, on prend une ou deux photos pour avoir des souvenirs.
Le travail continue d’aller en augmentant. J. passe nous voir et discute avec nous. Tout est calme, je me sens si bien avec eux. Je passe le ¾ de mon temps sur le ballon, car c’est ce qui me soulage le mieux des contractions. Marc me masse et J. me parle. Au bout de quelques heures, je décide d’aller dans le bain, mais surprise, les contractions s’arrêtent. Déception. Moi qui croyais rencontrer ma fille, ce ne sera pas pour aujourd’hui. On repart donc à la maison bredouille. Je passe le lendemain à pleurer parce que je croyais que le grand moment était arrivé.

Nuit du 6 au 7 janvier 2013
Il est tard, et j’écoute la télévision. Marc décide d’aller se coucher, mais moi je ne trouve pas le sommeil. J’ai quelques contractions, mais je n’ai pas envie de calculer, car je ne veux pas me faire de faux espoirs. Sauf qu’après avoir décidé de prendre un bain, je remarque que les contractions sont toujours présentes. Je réveille Marc qui calcule et on appelle la sage-femme, car le temps est venu d’aller à la maison de naissance 🙂
On quitte il est environ minuit. Le trajet en voiture est pénible, car les contractions sont de plus en plus fortes et assis, ce n’est pas facile à gérer. Enfin, on arrive il est 1 h du matin et je suis tout sourire. J. aussi. Encore une fois, on choisit la chambre qu’on préfère et je décide d’y aller pour une différente de la dernière fois, question de repartir à neuf. Mon meilleur ami m’y attend: le ballon. J’y passe quelques heures et je commence à trouver que ça fait mal, accoucher. Je me laisse le loisir de pleurer un peu, je suis sereine, même si c’est douloureux. Marc est merveilleux, toujours à côté de moi à l’écoute de mes moindres besoins.
Viens ensuite le temps du bain. Je veux accoucher dans l’eau et comme je suis à 8 cm, c’est le bon temps pour y aller. Je commence à avoir de la difficulté à maîtriser les sons qui sortent de ma bouche malgré moi. Ça fait mal et la seule façon que j’ai de laisser sortir le trop plein c’est de crier. Tout le monde est compréhensif et je l’apprécie. Un problème se présente alors: la bande de col ne laisse pas passer la tête de ma fille et je pousse depuis 2 heures pour rien. Ma sage-femme arrive pour prendre le relai, je suis si contente de la voir. Elle vérifie et me suggère d’essayer moi-même d’appuyer pour déplacer la bande de col pour laisser la place à Justine. Ça fait trop mal. Mais si je veux en finir au plus vite, on doit essayer. C’est donc L. qui s’en charge. Jamais de toute ma vie j’ai eu aussi mal. Je pleure, je regarde Marc en lui demandant de faire quelque chose, que je n’en peux plus, c’est trop intense. Je crie pendant que L. essaye de m’aider, c’est TROP difficile … je n’en peux vraiment plus.
Marc sort de la chambre, il en a assez de me voir souffrir, il a besoin d’air. Je décide de sortir du bain, je ne suis plus bien dedans. Je passe environ une demi-heure (je crois, car la notion du temps est difficile à savoir quand on accouche) assise sur la toilette à me reprendre tranquillement. Les sons deviennent plus graves dans ma gorge, je suis capable de focuser. L’ambiance change, je suis calme, résignée à la douleur et prête à voir ma fille. Je décide d’accoucher dans mon lit, couchée sur le côté, ma sage-femme qui tient ma jambe.
1 h 30 de poussée intense, Marc regarde tout ce qui se passe, mais moi je préfère me concentrer sur ce que j’ai à faire. Les sensations sont différentes et moins pénibles. Je sens ma fille qui s’en vient, une contraction à la fois. Je suis fière de moi, je pousse bien et Justine approche. La tête sort enfin. Je souris, car je sais que la contraction suivante, le reste de son corps sortira. Je dis à Marc: Regarde bien, la contraction d’après, une poussée et elle est avec nous. Et effectivement, la contraction suivante, je donne tout ce que j’ai et je sens tout son petit corps qui glisse tranquillement du mien. On dépose mon petit trésor sur mon ventre. Elle est chaude et humide, mais elle ne dit rien. Pourquoi elle ne dit rien ?! J. la prend avec elle et m’explique que Justine a besoin d’un peu d’aide pour démarrer sa respiration. Je demande à Marc d’accompagner notre cocotte juste pour voir comment elle va. Moi-même je la vois du coin de l’œil, car l’unité est directement dans notre chambre. Finalement, seulement 3 minutes après, j’ai mon bébé dans les bras, car elle va très bien. Je suis tellement soulagée que tout soit terminé.
On nous apporte un grand plateau de fruits et de croissants, car on est affamé. J’ai ma Justine au sein, Marc à côté de moi qui m’aide à manger et je suis si HEUREUSE. Fatiguée, mais heureuse.
Je revivrais ce moment encore et encore. Donner la vie est la plus belle chose qu’on puisse accomplir et je suis fière de l’avoir fait en maison de naissance de façon naturelle. J’ai non seulement eu la chance et le privilège de vivre tout à fond, mais aussi de rencontrer deux femmes formidables qui vont faire partie de mes souvenirs pour toujours.
Merci à la maison des naissances de la R. pour leur accueil et merci à mon chum qui a été un partenaire formidable dans cette belle aventure.
P.S. Certains éléments sont peut-être racontés à peu près, car mes souvenirs sont un peu brouillons par moment 🙂

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