Un accouchement au naturel, Apprentie Maman

7 Jan

J’ai vécu un accouchement qui s’est somme toute très bien passé, mais auquel je n’étais en aucun cas préparée. Le travail a commencé mardi matin, j’ai eu des contractions fréquentes, mais irrégulières toute la journée, elles n’étaient pas douloureuses, ça se passait bien. En fin de soirée, elles commençaient à s’intensifier légèrement, mais j’ai tout de même réussi à me coucher. À minuit, je me suis levée en constatant que mes contractions étaient rendues plus douloureuses que les dernières contractions que j’avais ressenties juste avant l’épidurale lors de mon premier accouchement. Par contre, je n’étais pas régulière donc je devais les endurer à la maison. J’ai donc passé une partie de la nuit dans le bain ou bien dans le salon à tourner en rond en essayant de trouver une position optimale pour endurer les contractions. J’étais toujours irrégulière, entre 5 minutes et 9 minutes. À l’hôpital, ils ne veulent pas nous voir si ça ne fait pas une heure que nous avons des contractions à moins de 5 minutes d’intervalle, alors même si je rêvais d’une épidurale, je n’appelais pas, car ils allaient me dire de rester à la maison. À 4h30 du matin, je me couche par terre dans le salon et mes contractions s’espacent à dix minutes d’intervalle. Je conclus donc que ce n’est pas du vrai travail, mais **&#!$@#&%+!**# ça fait mal et les contractions durent plus d’une minute. Bref, la nuit est dure et longue. Au petit matin, mon homme prépare la petite pour la garderie pendant que moi je continue de souffrir le martyre. Je suis seulement aux 9 minutes, mais c’est trop dur, je décide d’appeler l’hôpital. Je leur dis que je ne suis pas aux 5 minutes, mais que je ne suis plus capable de gérer les contractions, que je veux une épidurale! J’entends un petit soupir à l’autre bout de la ligne, juste assez pour me faire sentir faible de demander l’épidurale alors que je ne suis pas aux 5 minutes encore. Je vois qu’elle ne veux pas que je me présente à l’hôpital (j’apprendrais plus tard que c’est parce qu’ils étaient déjà bien occupé, mais ça n’excuse pas), elle me demande si j’ai essayé le bain ou de me coucher sur le côté gauche. Ensuite, elle me demande si je sens bien le bébé bouger, à cette question, je réponds « plus ou moins » et alors pour cette raison uniquement, elle m’invite à venir pour faire un monitoring du bébé. Je raccroche, et à cet instant, tout déboule d’un coup.

Sans prévenir, je me mets à avoir des contractions aux 4 minutes, je pleure à chaque contraction et je tremble entre. Ça urge! Mon homme part en courant mener la petite à la garderie, à son retour, on saute dans l’auto et on part pour l’hôpital. Je suis en panique car je n’ai pas le temps de me remettre d’une contraction que j’en ai une autre, mon homme agit comme un champion. Lui qui redoutait le moment de départ pour l’hôpital et le chemin en voiture, nous avons droit à une version cinématographique. Il conduit à vive allure, il brule quelques stops et des feux rouges lorsqu’il n’y a personne, mais il garde une attention sur moi. Il m’encourage à prendre sa main et à l’écraser, à crier pour passer la douleur, il m’aide à me faire respirer plus lentement entre les contractions pour me calmer et me répète qu’on arrive bientôt et que je vais être soulagé en arrivant, que ce sont les derniers miles. Les contractions sont rapprochées, 3 minutes, 2 minutes, 4 minutes, je gémis, je crie, je pleure, j’essaie de me concentrer sur ma respiration, je ne sais plus du tout comment gérer la douleur! Lorsqu’on arrive à l’hôpital, moins d’une demi-heure plus tard, mon homme lance presque les clés à un valet et on se dirige en salle d’accouchement. Je vois les regards sur moi, clairement, j’ai l’air d’une fille en train d’accoucher, dans ma tête il y a ça « inspire… expire… inspire… expire… » J’arrive à l’unité des naissances en pleurant, je dis que je n’ai pas fait mon inscription, mais que je suis aux 3 à 4 minutes, que c’est insupportable et que je veux l’épidurale. Une infirmière vient me guider pour respirer calmement lors de la contraction suivante alors que je suis encore dans le corridor, je n’aurais pas l’occasion de la remercier, mais sa présence seulement pour une seule contraction me rassure. Elle me demande si je sens pousser dans le rectum, je dis non. Quand même, je ne peux pas être complète! On m’assigne rapidement une chambre, je demande aux infirmières si je vais pouvoir avoir l’épidurale, et elles ne sont pas encourageantes, juste à voir mon état, elles pensent qu’il est trop tard. Ma panique s’intensifie. Je me déshabille en une seconde et je me mets sur la table d’examen, tout le monde est là déjà, médecin, infirmières, même l’infirmière qui s’occupe des soins du bébé, ils n’ont même pas encore vérifié mon col! On le vérifie et c’est le choc, je suis à 9,5 centimètres, je dois accoucher sans épidurale et maintenant!

J’étais déjà en panique, mais là elle se décuple et à ça, s’ajoute la peur. Je prends la main de mon homme le regarde et lui dit « Je panique, j’ai peur ». Impuissant, je vois ses yeux rouges et les larmes sur ses joues. Une perle d’infirmière est présente à mes côtés, dans ma tête c’est la tempête tropicale et cette infirmière sera ma bouée de secours. Elle me prend la main bien fort, me regarde dans les yeux et m’explique tout. Elle m’explique que je vais être capable, qu’elle me comprend, qu’elle a vécu la même chose, qu’à la prochaine contraction ils vont percer la poche des eaux et que je vais devenir complète, qu’à la contraction suivante je vais commencer à pousser, que la peau va s’étirer et que je vais la sentir bruler comme une torche, mais c’est normal, ça ne sera pas long. On voit déjà la tête du bébé, je ne vais pas pousser plus de 10 minutes. Je la regarde dans les yeux comme s’il n’y avait rien d’autre au monde, sachant que c’est vital pour moi de me raccrocher à quelque chose, elle ne détourne pas mon regard une seule seconde. Je l’écoute me détailler la suite de mon accouchement, je répète et demande à d’autres infirmières qu’elles me jurent que ce ne sera pas plus que 10 minutes. Elles sont toutes sûres que ça va aller très vite. Je répète que je panique, je répète « je veux l’épidurale! » alors que je sais que personne ne peut rien faire, je suis désemparée, je ne sais plus comment réagir, je suis terrorisée, la suite me fait peur, alors je me raccroche à cette infirmière, je fais exactement ce qu’elle me dit, je respire selon ses instructions et pousse quand elle me dit de le faire, je lui tiens la main bien fort. Comme promis, trois contractions plus tard, soit 12 minutes de poussées, je sens un soulagement instantané, on dépose un bébé sur moi et je suis sous le choc. Mon homme est bouche bée, il ne sait pas quoi dire, il est autant sur l’adrénaline que moi. Ça ne fait que 20 minutes que je suis entrée dans cette salle et j’ai un bébé sur moi. Je ne pleure pas quand on me donne ce bébé, je ne suis pas émue, je suis encore sous le choc. Je ne me suis jamais imaginé un scénario d’accouchement sans aide médicale pour apaiser la douleur, j’ai toujours pensé que j’en serai incapable, que ce n’est pas fait pour moi, que je suis trop faible par rapport à la douleur. Alors quand le bébé est sorti et que j’ai compris que j’avais réussi, c’est de la fierté que j’ai senti poindre dans la tempête. J’ai gardé DeuxièmePrincesse sur moi en peau à peau, mais pendant ce temps, ils ont fait sortir le placenta, je saignais beaucoup alors ils massaient mon ventre, ils ont fait quelques points de suture sur une petite déchirure, je n’ai pas pu profiter de ce moment de peau à peau, j’avais juste hâte que ça finisse. Je me suis sentie mal parce que je n’avais qu’une envie : que le papa prenne le bébé, que j’aille me coucher et que j’oublie tout ça. Je me suis mise à pleurer ensuite, pas parce que j’avais un beau bébé sur moi, mais parce que j’ai accouché sans épidurale, parce que j’ai réussi, parce que je suis fière de ce que j’ai accompli, mais aussi, parce que je n’ai jamais eu aussi peur. À aucun moment je ne me suis préparée à une telle situation et je n’avais aucun outil pour gérer ça, j’étais complètement tétanisée par la peur, c’était l’inconnu, j’ai perdu pied dans l’anticipation du pire. DeuxièmePrincesse est arrivée comme une fusée dans mes bras et je n’étais pas prête à l’accueillir, mentalement. J’étais contente et soulagée qu’elle soit enfin avec nous, mais on repassera pour la bouffée d’amour, je n’avais pas la tête à ça (à ce moment-là!). Je me compte chanceuse d’avoir eu cette magnifique infirmière pour me guider dans les quelques minutes les plus épeurantes de ma vie. Vous savez quoi, c’était la même qui avait été présente pour le début de mon premier accouchement, j’avais toujours regretté de ne pas l’avoir remercié adéquatement car même à mon premier accouchement, elle avait trouvé les mots qu’il fallait. Je me souviens avoir pleuré lorsque son shift finissait! Cette fois-ci je n’y ai pas manqué, je l’ai remercié de son travail remarquable, je lui ai dit qu’elle avait définitivement trouvé sa place dans notre monde et c’était la bonne. Je sais que ces mots lui ont fait plaisir, mais j’aimerais faire plus tellement sa présence, pendant ces courts instants fut importante. Merci Nancy.

Apprentie Maman

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