#335 Charlène, dans le Sud de la France

2 Fév
Cette année devait être la plus belle à mes yeux, celle ou j’allais être maman pour la première fois…
J’ai 19 ans et je vis dans le SUD.
Dès que mon test de grossesse a été positif, je n’ai pas perdu 1 seconde pour me lancer dans l’aventure et j’ai pris mon premier rendez vous chez une gynécologue pour une échographie de datation.
La rencontre avec cette gynécologue à réellement lancé l’aventure qui c’est avérée être, un parcours du combattant.
Le jour du rendez vous, cette gynécologue m’a tout de suite traitée comme un chien. Elle a beaucoup insisté sur mon jeune âge et m’a demandé de me mettre nue sur son fauteuil. J’ai eu le droit à une écho vaginal sans même qu’on m’explique le principe. Au bout de 2 min, elle me demande de me rhabiller et me donne une feuille. Elle me demande de lui faire un chèque de 28€ et au revoir mademoiselle ! Sur le coup je n’ai pas réagis mais j’ai quand même demandé si j’étais bien enceinte et si mon bébé était vivant, ce à quoi elle a répondu :
‘ Si vous faites une fausse couche vous n’aurez qu’à remettre ça le mois prochain, 28€ s’il vous plait ‘ !
Ce fut le début de l’horreur pour moi. L’hôpital a refusé de me prendre avant 6 mois malgré ma grossesse à risque. J’ai été suivie par ma généraliste et l’échographie de mes 12 et 22 SA ont été faites dans un cabinet privé. Durant ces deux premiers trimestres j’ai beaucoup souffert, je me suis sentie seule et totalement délaissée. De plus, mon patron m’a forcé à me mettre en arrêt du fait de ma grossesse car : ‘ une femme enceinte c’est une femme handicapée, ça ne sert à rien dans l’entreprise … ‘
Je suis arrivée difficilement jusqu’à mes 26SA de grossesse, mal suivie, la peur au ventre, je ne savais pas ce qu’il allait se passer que ce soit pour mon accouchement ou pour la suite. J’ai été malade du premier jour de ma grossesse jusqu’à la fin, l’angoisse, le stress…
Puis à 5 mois je me suis retrouvée aux urgences pour contraction. On m’a mise en arrêt maladie et alitée, ce n’est pas pour autant qu’on m’a suivi plus tôt que prévu à l’hôpital. J’étais seule chez moi, toute la journée, en attendant de voir enfin un médecin en gynécologie.
Le 6ème mois est arrivé et j’ai enfin pu rencontrer une gynécologue, celle qui allait m’accoucher. Je suis arrivée à ce rendez vous heureuse et je suis ressortie en larmes. Quand je lui ai annoncé que je devais avoir une césarienne à cause de mes problèmes de coeur, elle m’a annoncée que non, elle m’accoucherait par voie basse malgré la lettre de mon cardiologue. Je n’ai pas le droit de pousser. Pour elle, il était plus simple de tirer le bébé avec une ventouse que de faire une césarienne. Ensuite après un touché et un tour sur la balance je suis partie. Le rendez suivant ( 1 mois après ) a été une bataille pour faire valoir la demande du cardiologue. Rebelote un simple touché et un tour sur la balance…
J’ai eu l’impression de n’être rien dans ce monde-là. J’ai eu la chance de trouver une sage femme qui m’a accompagné vers 7 mois jusqu’à la naissance de mon fils car sinon, je pense que j’aurais craqué. Etre seule dans ce milieu, malgré la présence de mon conjoint qui était lui aussi autant pommé que moi devant ce médecin sans aucun sentiment et qui avait l’air de se foutre complètement de mon état de santé était incompréhensible. Nous avons demandé à changer de gynécologue mais si je voulais changer, je n’avais qu’à accoucher ailleurs ! Donc trop loin de chez moi…
Je n’avais qu’une envie, arriver à la fin. Puis le 8ème mois est arrivée, je me suis sentie de plus en plus mal avec des douleurs atroces dans le ventre. 4 jours avant ma césarienne je me suis décidée à me rendre aux urgences après avoir tenté pendant 3h de joindre la maternité par téléphone…
Nous avons dans un premier temps rencontré une sage femme des urgences qui avaient l’air de se foutre totalement de mon état :  » Ha vous avez mal au ventre ? Ho mais vous stressez pour la césarienne c’est tout, prenez quelque chose pour vous calmer comme du spasfon et rentrez chez vous « . Après lui avoir fait comprendre que non je ne stressais pas et que j’avais mal, elle s’est enfin décidée à m’examiner. Col fermé mais on me met sous monito ‘ au cas ou ‘…
Après 1h de monito mes douleurs me reprennent et là s’affiche une grosse contraction et le coeur du bébé ralentit et ça à chaque douleur. Enfin on me prend au sérieux, enfin on m’écoute… Je suis restée 2h sans voir personne, accrochée à cette table… Puis on est venu me dire que j’avais le choix entre prendre de la morphine pour tenir 4 jours ou avoir la césarienne le lendemain. J’ai donc demandé ma césarienne car la douleur était insupportable.
J’ai passé ma nuit dans une chambre, seule avec une autre maman, sans aucune visite, personne n’a voulu me donner d’anti douleur ou m’expliquer pourquoi le coeur de mon fils ralentissait aux contractions…
Le lendemain à 8h une personne est venue me raser devant ma coloc de chambre, sans me cacher.. Ensuite une douche à la bétadine et on me conduit dans le fameux bloc. Je suis détendue, je n’ai pas peur, j’ai toujours su que j’aurais une césarienne. Puis ma gynécologue arrive, pas un regard, un petit bonjour et elle a détournée la tête… La césarienne commence.
Au bout de 10 min, j’ai compris que quelque chose clochait, ma gynécologue demande d’augmenter le son de la musique, je vois d’autres personnes rentrer, puis au bout de 15 min on m’annonce que mon fils est né, pas un pleur… d’un coup j’entends du bruit à côté, je vois des personnes partir en courant… Personne ne me dit rien. Puis j’entends des pleurs, enfin, j’ai cru ne jamais les entendre.
En salle de surveillance j’ai enfin mon fils dans les bras, il est plein de bleu, tout blanc, tout petit alors qu’il était estimé plus gros. On m’annonce que tout s’est très bien passé mais qu’on doit lui faire une radio du crane, qu’on fait ça à toutes les césariennes. Ensuite on m’explique qu’il a un soucis de pied tordu, mais pareil, ça arrive à toutes les césariennes… Première tété, mon fils tête très bien. Mais on le complète à la seringue, on m’explique qu’il fait de l’hypoglycémie et que c’est normal… Le soir, en retour en chambre, sans m’expliquer encore une fois, on sonde mon bébé, car, il ne garde pas assez son sucre.
Le lendemain on m’interdit d’allaiter pour ne pas le fatiguer… j’ai tapé des pieds et des mains pour avoir un tire lait.. on me laisse seule avec cette machine. On m’autorise à mettre mon fils à téter toutes les 6h sans m’expliquer comment le mettre au sein, je n’y arrive pas avec la césarienne, on ne m’aide pas, je suis seule… je demande de l’aide et au lieu de ça on me dit que ça fait trop longtemps que je stimule mon fils et qu’il se fatigue et on le remet sous sa sonde… bien sur qu’il n’a pas envie de se fatiguer à téter , il est nourrit H24 par cette sonde et ça lui suffit, il n’a pas perdu de poids…
J’ai demandé à savoir comment c’est passé ma césarienne, personne ne me répond sincèrement, on me ment, on me cache des choses. On me prend un rendez vous avec un spécialiste dans un autre hôpital, dans une autre région car mon fils a ‘ un soucis à la tête ‘ mais selon les pédiatres, rien de grave… On ne me donne pas le nom de sa maladie car ‘ soit disant ‘ on ne sait pas…
 4 jours après, on lui enlève sa sonde et j’ai râlé pour avoir une sage femme pro allaitement pour m’aider enfin à mettre mon fils au sein ! J’avais mes montées de lait, j’avais envie de tout faire pour réussir mon allaitement.. A j5 il commence une jaunisse, les médecins ne veulent pas le traiter pour le moment et préfèrent attendre qu’il soit dans la courbe critique… A j6 mon fils est enfermé dans cette machine H24 et ne sera sortie que pour téter… Je n’en pouvais plus de ce calvaire, de ces mensonges…
Je suis sortie à J9, après m’être fait manquer de respect par une sage femme. Elle avait prévue ma sortie au matin et mon conjoint ne pouvait venir que l’après midi… elle s’est permise de me dire que :  »  si il faut aller chercher votre fils à la crèche vous le laisserez dans la rue car vous ne pourrez pas arriver à l’heure ?  Vous devriez prendre un taxi, quoi ? Vous n’avez pas les moyens de payer un taxi ? Alors pourquoi vous faites un enfant si vous n’avez pas d’argent pour payer un taxi ? C’est quoi ces jeunes… Vos parents ne peuvent pas venir vous chercher car ils n’habitent pas la région ? Mais vous êtes comme tous ces jeunes qui viennent dans le SUD pour le soleil et le jour ou vous êtes dans la merde c’est bien fait pour vous !! ‘ Après tant de méchanceté je me suis permise de la remettre à sa place et elle m’a envoyé la psy pour être sûr de mon état psychologique pour sortir… Je lui avait juste demandé a sortir l’après midi au lieu du matin…
Durant cette grossesse je me suis sentie seule et durant ce séjour à la maternité j’ai été humiliée et on m’a menti et mise de côté…
10 jours après ma sortie, je reçois mon compte rendu venant de ma gynécologue qui explique que tout c’est bien déroulé durant la césarienne… 1 mois après je reçois un second compte rendu… celui du pédiatre… et là, j’ai enfin appris toute la vérité. La césarienne c’est mal passé, ma gynécologue a paniquée, elle aurait ratée son extraction avec les spatules et aurait tenté de sortir mon fils avec les mains. Mais comme elle n’a pas fait d’écho avant, malgré qu’on m’ait admise car il y avait un problème, elle ne savait pas que la position de mon fils était très mauvaise, coincé dans mon ventre, cordon autour du cou. Elle a donc sortie mon fils en le tirant par les pieds alors qu’il était tête en bas… une sortie brutale qui lui a valu un problème à la hanche et ses pieds ainsi que de nombreux bleus. Il ne respirait pas à la naissance. Et on a détecté une craniosténose dès le premier jour. Mais rien de tous ça ne m’a été dit… Rien du tout…
Je ne me sens pas prête a retenter l’expérience, je souffre encore de ces mensonges et de ce suivi catastrophique…
 Merci de m’avoir lu.

2 Réponses to “#335 Charlène, dans le Sud de la France”

  1. Kakuma 16 mars 2014 à 15 h 58 min #

    Mon Dieu, c’est horrible, je ne comprends pas que les gens puissent être aussi stupides, méchants, inhumains, d’autant tout ce que vous avez traversé…
    Je pense qu’à votre place j’aurais perdu le contrôle et je m’en serais pris à une de ces horribles personnes. C’est révoltant!!!
    Courage

Trackbacks/Pingbacks

  1. La femme qui accouche, cette pécheresse qu’il faut punir | Marie accouche là - 22 août 2014

    […] raisons pour punir les femmes qui accouchent. Par exemple parce qu’elles sont trop jeunes. Ou trop pauvres. Ou trop grosses. Le corps médical ne voit aucun inconvénient à se muer en un juge moral qui […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :