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Claire – Belgique – 2009

28 Fév

DILBEEK, le 26 avril 2009

Après la naissance si « parfaite » d’Assiya à la maison 2 ans plus tôt, c’est une évidence que je vais rester chez moi encore une fois… Ma prof de yoga est pensionnée, mais elle a acceptée de donner cours à un groupe de sage-femme, kiné, et une doula (première fois que j’entends ce mot-là à l’époque). Elle me dit que je peux venir également… Quelle chance  pour moi !! En plus Heidi ma sage-femme suit le cours aussi !!
Je suis également le cours de Heidi de prépapation dans l’eau… Pour avoir compris comme la préparation peut changer un accouchement, je me passionne pour le sujet…
Comme d’habitude à l’approche de l’évenement, l’ambiance est tendue à la maison. BB en retard comme d’habitude… Chez moi les bbs restent toujours un peu plus, quoique je fasse…Laver les fenêtres, planter les fleurs, marcher, prendre de l’huile de ricin… Chez moi le terme est plus long de quelques jours, c’est comme ça… Pourtant j’espère dès la semaine 36 un démoulage plus rapide… Ma maman garde les plus grands et voudrait savoir QUAND je vais accoucher… (??!!)
Le jours prévu de l’accouchement je dois aller en urgence chez ma dentiste car j’ai fort mal et je dois prenre le bus. Monsieur ne veut pas m’emmener (ou peut-être espère-t-il que le bus va déclencher les contractions?) Et donc je râle d’avoir 3 heures de bus aller-retour… En plus la dentiste veut que je prenne des antibio. Je refuse, je veux allaiter… Je me brosserai les dents avec une goute de he d’arbre à thé sur mon dentifrice bio (et d’ailleurs ça a été très bien comme ça !).
Ma maman garde les plus grands et voudrait savoir QUAND je vais accoucher… (??!!)
J+2 j’ai des contractions le soir et je perds le bouchon muqueux, mais je suis fatiguée… Je m’endors… Le lendemain, après une réconciliation sur l’oreiller, les contractions reprennent…
Quand Heidi arrive je suis dans ma chambre et je me pends à la planche supérieur d’une armoire. Avec les contractions, je me déhanche en m’appuyant sur une armoire à mi-hauteur.  La planche de l’armoire cède (elle n’est pas cassée, mais démise) et Heidi m’installe une écharpe de portage coincée dans l’espace entre le mur et le haut de la porte fermée pour que je puisse continuer à me pendre.
J’ai besoin de bouger, on descend dans le salon. Heidi me laisse faire et regarde un livre que j’ai avec de belles photos de foetus…  Je me pends à la bibliothèque, marche, me déhanche… C’est fatiguant et je m’assieds sur un chaise, face à son dossier pour me relaxer, comme je l’ai appris au cours de yoga… Je ferme les yeux, respire calmement par le ventre… Tiens je n’ai plus de contractions… Je me remets à bouger et elles reviennent… Heidi écoute le coeur du bébé et…  tout va bien. Il bat comme il faut…  Heidi me propose de me masser le bas du  dos et bien que je ne sois pas peruadée je  dis oui… J’ai  bien eu raison, car ca faisait vraiment du bien. Elle expliqua à Rachid comment faire et lui montra la tête du bb qui poussait dans mon dos… Je dois bouger et me repends à la bibliothèque. Les contractions sont plus fortes, je perds du liquide. Heidi me dit d’aller à la toilette et j’y vais. En revenant,j’ai une super contraction, et n’ai que le temps de m’aggripper à Heidi…
On en est  là, quand sonne  quelqu’un à la porte… Heidi et moi on dit qu’on veut personne, et – heureusement –  Rachid va voir… C’est Ineke (ma prof de yoga) en avance sur notre rendez-vous qui arrive comme par miracle juste au bon moment…  « Ineke »…Si Ineke est là, ca ne peut que BIEN se passer… Je m’appuie sur elle et Heidi lui explique que je suis prête, qu’on attend juste que le poche des eaux se rompe.
Ineke me dit « concentre-toi sur ta poche et dis lui de se rompre », ce que je fais… Et elle se rompt…Waow…
Après  j’ai un petit moment sans contraction, on installe ce qui faut pour l’expulsion: Rachid assis sur le fauteuil et moi devant lui accroupie, un genou au sol. J’ai un peu peur car je n’ai plus de contractions. Mais non Ineke est là tout va bien aller… Je pousse un peu et directement des contractions reprennent… Ineke m’aide à me recentrer entre chaque contractions « Adem diep door naar je kind »  (respire profondément vers ton enfant).  Je sens que je dois bouger et je m’accroupis complètement… Position qui libère mon petit chéri… Heidi le réceptionne. Je le prends et me couche dans le fauteuil, il est contre moi, pleure…Il reçoit un essuie sur lui. Ca brûle en bas mais je n’ai pas de déchirure… Ca va passer… C’est le bonheur complet. Heidi nous prend en photo. Cette fois aussi nous attendons pour couper le cordon, expulser le placenta. Et tout se fait à notre rythme et à l’aise…
Merci à mes deux bonnes fées d’avoir été là …

***

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Claire – une fausse couche tardive – 2008

28 Fév

Après ce bel accouchement d’Assiya, je suis enceinte directement (même pas eu de règles entre les deux).
cette grossesse « tombe mal ». Deux garçons, une fille, je trouve la famille au complet… Mon corps n’est  pas encore remis de la dernière grossesse … « Un à la fois », comment je vais faire avec 2 bébés dans les bras? et même en écharpe ?…C’est un peu beaucoup pour moi… Je ne veux pas avorter, mais je dois me faire à l’idée d’une nouvelle grossesse…  Ca me prends 4 mois, et lorsque j’envisage ce nouveau bb avec sérénité, que j’ai même un prénom pour lui… Il y a un peu de sang dans ma culotte… Ma sage-femme est en vacances, à l’étranger (et malgré cela elle m’accompagnera psychologiquement) et j’appelle l’hôpital. Je n’ai jamais eu de saignements avec les autres, je sais qu’il se passe quelque chose. La personne que j’ai au téléphone me dit que ca arrive (les fausses règles, il ne faut pas s’en faire, reposez-vous).
Ben si, je m’en fais…Je dis à mon mari que s’il est mort je ne veux pas que l’on le jette dans une poubelle… Finalement le lendemain je vais à l’hôpital où ce n’est pas ma gyneco habituelle  qui me reçoit. Je dois attendre je ne sais combien d’heures, avec mon mari et ma fille de 8 mois dans le couloir. D’abord le docteur me rassure, regarde mon col, et dit qu’il est bien fermé. A priori pas de problème… Il va faire une echo… Le choc… Je revois encore cette image de foetus qui ne bouge pas…Il n’ose rien dire… C’est le silence, si lourd que je finis par soulager ce pauvre docteur en disant  » il est mort » et lui de me répondre « Il n’y a pas de signe d’activité foetale »… Même encore aujourd’hui, 4 ans plus tard cette réponse me choque… Ce froid, si technique…
« Fausse couche tardive », on va vous faire accoucher dans 4 jours… 4 jours à digérer… à me dire que je porte la mort à la place de la vie… Sur cet accouchement-là rien de spécial, je l’ai fait toute seule. Je regrette l’indélicatesse qu’ils ont eue de laisser dans la salle d’accouchement le berceau prévu pour s’occuper du bb… J’ai appris encore une fois que je connaissais mieux mon corps que les infirmières: la sage-femme trouvait que je n’étais pas assez ouverte pour pousser, et moi je sentais que je voulais pousser… J’ai poussé et mon petit foetus est sorti… Mon mari n’était pas là (ils s’occupait des autres enfants) et j’ai pris mon petit karim dans ma main gauche. Il avait tout d’un bébé en miniature, …un magnifique petit visage…, mais des bras arrêtés avant le coude (l’autopsie révélera que c’est une membrane qui s’était enroulée autour de lui et l’avait empêché de grandir normalement, lui génétiquement était ok).
Je l’ai regardé longtemps avec amour et lui ai dit combien je l’aurais aimé s’il avait vécu. Je n’arrivais pas à  le lâcher et la sage-femme m’a laissé faire à mon rythme…
J’ai eu droit à un enterrement « offert » par l’hôpital, et il a reçu un place au cimetière de notre village… Ma sage-femme Heidi est venue et j’ai pleuré dans ses bras…
J’ai dû faire un travail de deuil et j’ai apprécié qu’il ait une place au cimetière. Chantal, ma naturopathe m’a beaucoup aidée à accepter cette graine qui n’avait pas donné de jolie fleur… Le livre de « Quel âge aurait-il aujourd’hui? »m’a aussi  aidé een mettant ma douleur à sa place: entre les « c’est pas grave, t’en fera d’autres » qui ne consolent pas du tout, et le « votre enfant » qu’il n’était pas encore tout à fait. Je lui ai donné sa place de foetus, promesse de bébé qui ne s’est pas réalisée…

A la date où j’aurais dû accoucher de lui, je conçois mon bb 4 (bb4 vivants, 5 si on compte Karim) un peu plus tôt que prévu, mais je ne vais pas râler cette-fois…

***

[Note de l’équipe :

Ses autres récits sont ici : – Naissance respectée de Kenza – Belgique, 2012‏, – Belgique – 2009, – Naissance d’Assiya à la maison, 2007, – # 187 Claire – Belgique – 2004.

Claire – Belgique (Dilbeek) – Naissance d’Assiya à la maison – 2007

28 Fév

Dilbeek, avril 2007
C’est mon 3ième enfant et cette fois-ci, j’ai choisi d’accoucher à la maison… Je suis encore frustrée de la naissance précédente à l’hôpital, et je veux être libre de mes mouvements… Je me suis préparée avec le Yoga, comme la fois précédente et j’ai lu énormément aussi des livres comme celui d’Isabelle Brabant « Une naissance heureuse », « La naissance, un voyage » de Muriel Bonnet del Valle et un livre de récit de naissances à la maison « au coeur de la naissance », et d’autres aussi très bons en Néérlandais. Par contre, j’avais jeté à la poubelle la grosse pile de feuilles décrivant toutes les complications possibles lors d’un accouchement, que ma maman avait trouvées sur internet et m’avait données à lire pour me dissuader. Cette pile de « complications » je l’ai jetée dans la poubelle à papier sans la lire, en disant à mon mari: « Ce sont les peurs de ma maman, pas les miennes ».

Ineke, ma prof de yoga, m’a appris le plus important: voir l’accouchement comme un moment merveilleux où chaque contraction  (seule douleur qui veut dire que tout va bien) me rapproche plus de mon bb dans mes bras… travailler avec les contractions pour s’ouvrir et lâcher-prise pour que mon bb puisse faire son entrée dans la vie aérienne en douceur…  Je remercie encore Ineke de m’avoir appris cela… Avant ces cours, je pensais qu’accoucher était juste un mauvais moment à passer… Et je vous assure que la façon de voir les choses influence vraiment leur déroulement !!
Je remercie aussi Heidi ma sage-femme qui à chaque fois m’a accompagnée dans le respect le plus total, qui a toujours eu de bonnes idées aux bons moments, qui m’a donné confiance en moi et  a cru en moi (même quand j’en doutais à la naissance de ma 5ième…)

Voic le récit de la naissance d’Assiya, écrit quelques jours plus tard…

Le 26 avril 2007, la sage-femme de l’hôpital et la gyneco décident sans nous demander notre avis de provoquer l’accouchement le lendemain à 7h du matin. Fatiguée d’attendre son arrivée prévue 8 jours plus tôt, fatiguée d’être « prête » depuis un mois, je n’ose pas les contredire, toute impatiente que je suis de voir enfin ma fille. Mais dans le voiture qui nous ramène à Dilbeek je prends conscience de ce que « provoquer » à l’hôpital veut dire: la dose de leur hormone synthétique, des contractions tellement douloureuses que souvent le recours à la péri est demandé, et par là même une naissance naturelle et physiologique non respectée… Non merci !!
Donnons un petit coup de pouce à la nature… J’ai eu droit à un stripping à l’hôpital, et MA sage-femme (Heidi)  me propose des granulés homéopathiques.
Le soir lorsque les enfans sont partis chez ma maman en vue de mon hospitalisation, je pars avec Rachid faire une promenade, et pour qu’assiya appuie bien sur mon col (et fasse démarrer la production des hormones indispensables aux contractions) je cours une partie du chemin. Les passants nous regardent, complètement ébahis de voir courrir une femme aussi enceinte que moi…
De retour à la maison, je suis censée faire ma valise, mais impossible… Blocage: je ne veux pas faire ma valise pour l’hôpital.
Par contre je rédige mon plan de naissance, histoire que soit bien clair ce que je désire. A peine terminé, je ressens les premières contractions: il est 22h environ… J’ai de l’espoir, mais je ne suis pas encore sûr car ca fait plusieurs semaines que j’en ai de temps en temps, mais qui s’arrêtent au bout de qques heures. Alors je marche en rond dans le salon, de temps en temps je m’accroupis, caresse  mon ventre pour l’encourager, et parle à Assiya pour lui dire qu’il faut sortir ce soir pour éviter l’hôpital …
23h, Rachid me demande si je ne vais pas dormir. J’ai déjà installé la protection sur le fauteuil et m’apprête à passer l’aspirateur en vitesse. Il me l’enlève des mains et passe un balai en me demandant si je ne suis pas folle de vouloir aspirer à cette heure-là. En installant un second drap sur le fauteuil, je réponds « Si on veut que ca arrive, il faut y croire ». Il est fatigué. je lui dis qu’il peut aller dormir et que je le réveillerai si nécessaire.
Jusqu’à 1h30 je « travaille » toute seule, dans la pénombre rosée de ma lampe à sel. Les contactions sont régulières et suffisamment douloureuses pour penser que c’est le grand jour. J’appelle Heidi et ensuite je n’ai plus de contractions pendant 10 min… Elles reprennent et Heidi arrive pour se faire une idée. C’est bien parti… 3 cm d’ouverture. Je lui dis que  je suis contente et nous rions… Je la rappellerai plus tard, elle va prévenir sa stagiaire Laurence. Elle me rappelle que je peux mettre une compresse chaude sur mon ventre pour soulager, et ca me fait penser, qu’à défaut de compresse, je peux essayer la douche. Mais à ce moment-là elles sont toute à fait gérables avec la « buikademhaling » – respirations par le ventre. Par contre, je me dis que si je ne suis qu’à 3 cm, ca passera  le temps de me relaxer dans le douche. Donc je vais à l’étage et douche mon ventre. Je finis par mettre le bouchon de la  baignoire – « toute cette eau qui s’en va » pensais-je. Lorsqu’elle est remplie, je me couche du côté droit.
Et là je suis complètement relaxée, presque prête à dormir. Quand la contraction arrive, je respire avec le ventre et tout va bien. J’imagine mon col comme une fleur qui s’ouvre au soleil… Je change de côté, puis je sens qu’il faut que je sorte pour réveiller Rachid. Je sors entre deux contractions, et je reste un peu près de lui et lui dit que j’ai besoin de lui, qu’il doit s’habiller. Je sens qu’il faut redescendre maintenant car bientôt je ne saurai plus. depuis ma sortie du bain elles sont plus fortes et rapprochées.
On va dans le fauteuil: Rachid est assis et moi à 4 pattes, ma tête sur lui. Dans ses bras j’ai l’impression que cela fait moins mal. Je dois faire appel à la respiration  » V van Vader hademhaling »  .  Mais dès le 4ième V, je sens que ça pousse et j’ai envie de pousser. Je me dis alors qu’il  faut appeler Heidi pour savoir si j’ai bien 10 cm d’ouverture. Il est environ 3 h. Le temps qu’Heidi arrive et me regarde « Ze duwt met haar hoofd » (elle pousse avec sa tête) et installe vite vite ce qu’il faut devant le fauteuil, je peux commencer à pousser. J’oublie le V ademhaling et pousse en gémissant. D’abord la poche des eaux se fend, puis elle « éclate ». Je demande à Rachid de se rasseoir sur le fauteuil. « Je veux toi » c’est tout ce que j’arrive à dire. Je suis accroupie, j’appuie ma tête sur la jambe de Rachid entre les contractions, et la relève pendant. Je m’accroche à ses vêtements et je l’ai même mordu, paraît-il… Je sens que je dois changer de position, et mets le genou droit par terre.
Très vite Heidi me dit que je peux sentir la tête et je fais rire tout le monde avec un « ho » plein de bonheur  étonné. Heidi me dit de pousser doucement et puis ca y est: la tête est là, ensuite « tu peux la prendre ». « Ma chérie, ma chérie » je répète en la mettant contre mon ventre. Je me relève puis m’installe dans le fauteuil… « Salam aleikoum » lui dis-je alors. On lui met  un essuie de bain sur le dos en couvrant aussi sa tête. Il est 4h25. Elle ne pleure pas  et se rendort dans mes bras. Heidi ne semble pas inquiète et Assiya respire… Nous attendons que le cordon cesse de battre et Rachid le coupe. Nous attendons que le placenta se détache et que j’aie des contractions pour l’expulser.Pendant ce temps Heidi change l’essui d’Assiya qui est mouillé pour lui mettre un sec. Enfin le placenta est prêt à sortir et en une poussée, il « vole » dehors. Heidi me demande si je veux le voir. Oui, je n’en ai encore jamais vu et elle nous l’explique. Elle remarque qu’il est en très bon état et qu’Assiya ne devait pas être si en retard que  ça. D’ailleurs elle est encore pleine de vernix…
Ensuite Heidi m’inspecte et pas de déchirure, elle me débarbouille… Pendant que Laurence s’occupe d’Assiya. Je demande mes lunettes pour pouvoir suivre les opérations de mes yeux. Elle me paraît toute petite, mais elle fait 3kg925… Après une petite douche Rachid, Assiya et moi allons nous reposer dans notre lit…

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# 203 N. – Belgique

28 Fév

Tout commence début août… ma DPA est prévue pour le 22 août…

J’apprends que mon homme devra s’absenter toute la journée le 24 août sans aucune possibilité de retour si bébé n’est pas encore là et arrive ce jour-là… et comme mon col n’a pas du tout bougé le gynéco nous parle de déclenchement… nous prenons ça un peu à la légère, il va bien finir par arriver après tout ma DPA c’est le 22, le 24 il devrait normalement être là !

Le 17 août…

Rendez vous chez le gynéco… Vérification du col, rien n’a bougé, pas 1mm d’ouverture RIEN ! Il me fait un monito je vois qu’a chaque contraction (minuscules les contractions et inefficaces apparemment pff) le rythme cardiaque de mon bébé descend et remonte très vite, j’en parle au gynéco il me dit que c’est normal… Ok moi j’y connais pas grand chose…

On reparle plus sérieusement de déclenchement, il est hors de question que j’accouche seule avec un homme à 300km qui n’a aucune possibilité de revenir ! Même si je suis contre le déclenchement, là, ça me semble la seule issue…

Il me demande si je préfère venir le dimanche ou le lundi soir pour commencer le déclenchement… Nous répondons le dimanche pour être sur que bébé soit là mercredi et que papa ait pu faire connaissance avec lui…

Le stress commence à monter, on a une date sûre et certaine maintenant… tout se chamboule dans notre tête…

Le 21 août

19h, nous partons de la maison… un petit resto rapide en amoureux… le dernier…

20h30 nous arrivons à la maternité… Une SF très douce nous accueille… Elle m’ausculte, ouverte à 1cm.. bon… ensuite elle me fait un monito de 30minutes… 2 contractions et selon moi le cœur de mon bébé qui ne supporte pas encore une fois… je lui en parle, elle me dit que c’est « de ma faute » que je suis hyper stressée elle me propose donc de me donner un « marteau » pour me calmer et dormir sereinement jusque la pose de l’ovule à 4h du matin… pour le bien de mon bébé, j’accepte… j’ai tellement peur que cet accouchement se finisse mal à cause de mon stress…

Le 22 août

3h30 du matin, monito… le coeur de mon bébé semble aller mieux mais le rythme descend encore trop selon moi… j’ai un mauvais pressentiment…

4h elle me met l’ovule… elle me dit qu’en général avec un, ça ne bouge pas, que j’aurais le 2eme à 10h après un monito et que j’ai le temps de dormir…

Je me rendors… 9h30 une nouvelle SF vient me faire le monito… Rien de plus… ça ne bouge pas… 10h elle me met le 2eme ovule…

Je ne sais pas pourquoi j’ai vraiment un mauvais pressentiment… elle me parle du projet de naissance, je ne l’ai même pas fait… depuis quelques temps, j’ai peur de mon accouchement donc je ne voulais pas faire de truc « idéal »… de peur d’être déçue… je pense de plus en plus à la césarienne je ne sais pourquoi… j’y avais même déjà beaucoup pensé avant et sur mon projet la première chose que j’allais noter c’était « En cas de césarienne papa et bébé en peau à peau »… Bizarre…

12h mon gynéco arrive, m’ausculte, ouverte à 1 comme la veille au soir ! Il me dit que si ça ne bouge pas plus rapidement on me fera un injection de je ne sais plus quoi à 18h…

14h… c’est parti pour un monito de 1h voir 2h… on m’ausculte de nouveau 1,5cm… ça bouge pas super…

15h10 le monito commence à s’emballer, moi je commence doucement à me tordre dans tous les sens… j’ai mal au dos, je pleure je n’en peux plus… puis je regarde le monito entre 2 contractions et je vois que le cœur de mon fils descend encore et encore… appelle la SF je lui demande si c’est normal elle me dit que non que je dois surveiller et qu’elle appelle le gynéco…

J’ai peur, j’ai mal…

Entre temps une étudiante vient dans la chambre et retire le monito… je lui dis que non, le gynéco va arriver il y a un soucis… elle s’en fout, elle retire tout et part en me laissant la seule avec mon homme complètement désemparé…

Elle reviendra bien vite tout me réinstaller quand elle aura vu qu’en fait, j’en avais raison.  Il y a un souci avec le cœur de mon bébé…

15h20 mon gynéco arrive, me voit pleurer, me tordre dans tous les sens… pour lui j’étais forte, je voulais accoucher sans péridurale, ça faisait 9 mois que je le tannais avec ça ! Alors me voir dans cet état c’était un peu bizarre pour lui !

Il m’ausculte, me fait mal… il me dit que je ne suis nulle part dans le travail, que mes contractions sont trop fortes et que ça ne bouge pas pour autant… Il a peur pour mon bébé je le vois sur son visage…

Et là… il me regarde et d’un air triste et perdu il me dit « On ne peut plus attendre, on va aller le chercher »

Il part… je pleure, j’ai peur, j’ai mal, tout ce que je redoutais arrive… Je réalise que je n’aurais pas du tout l’accouchement dont je rêvais… Mon homme me sert dans ses bras… mon plus grand réconfort à ce moment-là…

Le gynéco revient 5 minutes plus tard… et me dit « La salle est libre on y va de suite ! »

A peine il a eu le temps de finir sa phrase que j’avais 2 SF dans la chambre pour me déshabiller (et me raser à vif !!) et me mettre en tenue… Je stress, j’ai peur… je lui demande pour que dès que bébé sort il soit avec son papa et avec personne d’autre… il accepte… moi je continue de souffrir… le stress n’arrange rien à la douleur… j’ai mal au dos je n’en peux plus…

15h30 me voilà dans la salle d’op… J’ai peur… ils sont au moins 15 autour de moi… que des hommes et une femme… ils se dépêchent tous… je les entends dire qu’il faut aller très vite… j’en peux plus, j’ai peur pour mon bébé…

L’anesthésiste arrive enfin… la SF m’aide à bien me mettre pour la péridurale… ça ne marche pas, j’ai le dos trop creusé j’arrive pas à faire le dos rond… j’ai mal je n’en peux plus… il a déjà piqué 2 fois… Un des mecs arrive pour m’aider… il me dit qu’avec lui ca fonctionne tout le temps… il me demande de le prendre dans mes bras, que lui va me prendre dans les sien et que je dois me laisser aller… je l’écoute… il est hyper rassurant… il me caresse la nuque me parle… Ca y est… la péri est posée…

Il me recouche… La sensation est vraiment bizarre… On me pose la sonde… bouuh ca fait mal… je ne suis pas encore totalement endormie… mais je n’ai déjà plus mal au dos… ouf…

Ensuite le gentil monsieur me demande si je préfère qu’on appelle le papa tout de suite ou qu’on attende qu’il ai coupé pour le faire… je leur dis d’attendre que je sois coupée pour ne pas le stresser encore plus…

L’anesthésiste me pince le ventre en me demandant si je sens quelque chose et si j’ai mal… Oui je sens mais non je n’ai pas mal… c’est vraiment une sensation étrange…

Mon homme arrive enfin… je leur demande si ils ont déjà coupé il me disent que oui… Ouuuf j’ai rien senti mais la je sens qu’on bouge à l’intérieur… mon homme me prend la main… je me sens mal… j’ai envie de vomir… j’essaie tant bien que mal de lui dire, je n’arrive presque plus à parler… ils arrivent tous autour de moi… je vomis mon repas… je me sens mal… j’ai mal à la tête… je me sens partir… mon homme me tape sur la joue… j’ai du mal à respirer… j’ai peur… j’essaie de me reprendre… j’y arrive plus ou moins… je regarde mon homme, j’essaie de lui parler… il me dira plus tard que mon cœur à moi était descendu très bas aussi et que ma tension était de 7/5 …

J’ai une horloge juste en face de moi… 16h… j’entends mon gynéco dire « il est là ! »

Oui il est là mais pourquoi il ne pleure pas??? Pourquoi on ne l’entend pas mon bébé??? Personne ne me le montre, j’entends « il faut aller vite » j’ai peur encore… je demande à mon homme d’aller avec notre fils que moi je vais bien mais que lui a besoin qu’il soit là…

Je surveille l’horloge… je n’entends toujours aucun pleurs… Je n’arrive pas à parler pour demander si il va bien… je me sens mal… 16h06 j’entends un bébé pleurer… j’arrive enfin à demander si c’est le mien, si il va bien ! On me répond « On a eu peur mais maintenant oui il va bien, elles vont arriver avec lui pour que vous puissiez le voir »

16h08… ca y est je vois enfin mon bébé… mon homme est en pleurs… une sage-femme fait quelques photos de nous 3… il sent bon… mon bébé… il est là… je ne veux plus qu’il parte… mais il a froid… ils m’embarquent, mes hommes faire du peau-à-peau le temps que tout se réveille chez moi…

Je suis maintenant seule… avec 2 gynécos sur mon ventre qui parlent de leur vacances pour me recoudre…

j’ai peur, je demande des explications et personne ne me les donne… j’ai l’impression qu’on ne m’entend pas… on me dira juste encore une fois « Maintenant il va bien » oui mais pourquoi maintenant?? Il s’est passé quoi avant??

Je vais en salle de réveil… je remercie le gentil monsieur qui m’a aidé pour la péri et qui est resté avec moi après… il est vraiment gentil… sauf que lui ne me répond pas non plus quand je demande ce qu’il s’est passé…

18h je rejoins enfin ma chambre… je découvre mes hommes dans le fauteuil… Ca y est, on est enfin tous les 3… La SF me demande si je compte allaiter je dis oui… et la commence la plus belle histoire de ma vie Cœur noir (cartes)

Plus tard je demanderais à mon homme ce qu’il s’est passé, il me dit qu’ils ont du le réanimer, qu’il était tout bleu, qu’il allait mal, qu’il ne respirait presque pas… Il me dit qu’il a eu peur de nous perdre… que personne pendant les 2h en peau-à-peau n’est venu lui donner de mes nouvelles alors qu’il en demandait… On se met à pleurer…

Mon séjour à la maternité s’est plus ou moins bien passé… tout se chamboule dans ma tête par rapport à la césarienne…

Le mercredi (donc le jour où mon homme n’était pas la…) une psy est venue me voir et m’a brisée… elle m’a détruite… elle m’a demandé comment j’allais et moi j’étais incapable de lui répondre ! Je n’avais pas envie, ma meilleure amie venait l’après midi je n’avais envie de parler de tout ça qu’a elle ! Et la psy est restée plantée sur sa chaise devant moi à me regarder fixement avec mon bébé pendant 30 minutes !! Je me suis sentie mal… J’avais cette haine en moi, mon accouchement de rêve foiré, je ne réalisais pas encore trop… elle elle m’a fait réaliser que NON mon accouchement n’était pas quelque chose de normal « c’est le protocole la consult psy après la césarienne » qu’elle me dira…

Elle a fini par partir en voyant que ça ne servait à rien de rester la… en me disant qu’elle reviendrait le lendemain voir si j’allais mieux…
Elle est revenue et a recommencé son manège… Elle m’a encore regardé fixement pendant 30minutes… en me demandant parfois si j’allais bien, qu’il fallait que je parle de ce que j’avais vécu… en insistant bien… encore une fois elle a fini par partir mais en me donnant sa carte que j’ai déchiré devant elle…

Aujourd’hui j’ai encore beaucoup de mal à accepter cet « accouchement » et je suis persuadée que sans cette visite de la psy j’irais beaucoup mieux… Elle m’a brisée…

N.

# 190 Annick – plusieurs accouchements – deuil d’un bébé

27 Fév
Bonsoir,
alors voilà je me lance dans l’expédition….

Je vais vous racontés l’histoire de mon, mes accouchements!!
Je suis marié avec mon chéri depuis bientôt 13 ans (pfiou le temps passe) et très vite l’envie de bb est venu.après 7 mois d’essai , une petite vie s’était installé en moi YOUPIE

Vers le 7ième de grossesse voilà les contractions AÏE Hospitalisé 1 moi sous Baxter (le fameux prépar et toutsses inconvénients), mais on tient le coup le dernier mois de grossesse enfin voilà les monitos et leur tracés que j’ai appris a connaitre durant mon hospitalisation. Les monito se font dans le centre de gynéco. Je ne me sens pas très bien mais le monito ne montre rien .Je réclame le gygy qui me dit d’aller passer le WE en observation a l’hosto pour soi disant être tranquille de ma belle mère.Arrivée  en maternité, on me remets le monito et là on observe des contractions et pas des petites lol on m’examine et ohhh le travail est en route. Je vous dis pas comment les infirmières étaient furax sur le fait que rien n’avait été vu environ 10 minutes avant au centre.Bon enfin me voilà en salle d’accouchement a 20h et la nuit va être longue… A 4 h du mat bb a du mal à s’engager, il se cogne au dessus du bassin, décision prise direction la césarienne pour 8h du mat
Mon garçon est né à 8h23 et ça s’est bien passé
Pour le suivant j’ai toujours le même gygy, tout se passe bien malgré quelques épisodes de contractions gérés par médoc peros jusque la fin. Le dernier mois dur dur je ne dors plus,je me réveille je suis malade, j’ai mal après quelques jours d’insomnies direction l’hosto, et là on me dit que j’ai des bonnes et des mauvaises contractions (ah bon?) mais vu mon état général, une infirmière me conseille de demander le déclenchement a mon gyné pour que je puisse l’accueillir en forme. Mon gygy se met en colère et me dit qu’à 38 semaines ce n’est pas un terme normal et que j’avais beaucoup de chance de ravoir une césarienne mais je tiens bon on me provoque et mon petit gars est né par voie basse avec ventouse ce qui m’a valu la bise du gygy (manque pas de toupet celui là )

Pour ma troisième grossesse….je voulais changer de gygy et une fausse couche précoce (à 3 semaines) me fera rencontrer un gygy qui me rassurera en disant si ce petit bout est parti c’est qu’il y avait un problèmes et que mon corps l’a détecté et éliminer comme quoi la nature est bien faite

Je retombe enceinte 2 mois après et je prends rdv chez ce gygy, ma grossesse se passe bien ouf du moins jusque la fin… vers 8 mois fissure de la poche des eaux et infections donc hospitalisation jusqu’à l’accouchement. J’accouche par voie basse tout est nickel enfin j’ai une accoucheuse géniale qui m’aidera a renouer avec l’allaitement et qui m’encouragera.

Et puis il y a 2 ans chouchou et moi décidons d’agrandir encore notre famille en route vers un petit dernier…
Après trois mois d’essai, je tombe enceinte waouh ça a été vite lol je me fais suivre toujours par le gygy n°2

A 3 mois alors que je suis en vacances dans ma famille je perds du sang, je pense que je perds le bb direction les urgences de la région et là on voit que bb va bien mais que je fais un décollement placentaire donc repos coucher!! et médoc!!!
de retour chez moi, je revois mon gygy qui me dit que c’est pas un décollement placentaire mais un décollement de membranes (euh c’est quoi la différence?) mais que ça se résorbe tout va bien ouf après 1 mois de repos, je peux de nouveau bouger un peu. et puis a 21 semaines en préparant les examens de mes enfants je sens ça mouille je perds les eaux A l’aide!!!! direction les urgences et devinez sur qui je tombe mon premier gyné pfff qui d’abord ne pense pas a une rupture de la poche car à l’echo ça va mais on me fait un test et on montre l’essuie a l’infirmière  qui confirmera la rupture et ce gygy grr me dira ça passe ou ça casse repos strict
Le we passe et mon gygy 2 est là les fuites ont l’air de se calmer on croise les doigts  mais au bout de 5 jours c’est reparti ça refuite…. et ça ne s’arrêtera plus. la deuxième semaines d’hospitalisation mon gygy est en congé, donc je demande au premier gygy de garde de me suivre la semaine pour ne pas avoir plusieurs médecins qui défilent elle me dit Ok ouf Le mercredi elle reviendra de son jour de congé pour me refaire une écho qu’elle m’avait promise le lundi et là on comprends enfin je comprends que c’est fini il ne reste presque plus d’eau mon bb n’a aucune chance de vie. J’ai quelques contractions mais rien de se déclenche on attends
Retour de mon gygy le we et là il explose, me parle d’amniocentèse, de transfert vers une cliniques universitaire pour les grands préma…. ou là là moi j’avais préparer le deuil de mon BB et lui remets tout en question
A 24 semaines nous devons signer le fameux documents pour la réanimations du bb, mon mari et moi décidons de ne pas réanimer notre enfant que si il doit s’en aller il faut le laisser et ne pas s’acharner
Mon gygy Ne veut pas nous écouter il ne tient pas compte de nos autres enfants. Il va même jusqu’a nous dire que ce qu’on veut faire c’est pas normale c’est contre nature qu’on veut tuer notre bb. Ces mots me resterons a jamais gravés dans ma tête. Et puis un jour il rentre dans la chambre t nous dis comment ça va? je luis réponds toujours des contractions et des fuites il me réponds a bien c’est bien hein j’ai pas suivi que se passe t il? Il me dit que si dans 2 jours  ça ne se déclenche pas il m’aidera a accoucher mais qu’il ne m’induira pas. Je lui réponds que la seule chose qui m’importe c’est qu’on arrête de s’acharner sur mon bb
Et voilà le 5 juillet 2012 j’accouche de mon 4ième enfant un  petit gars nommé Noé il pèse 750 gr, il est né vivant et s’éteindra 1h30 après sa naissance.Il est enfin en paix. Il faut savoir aussi que la médecin anesthésiste grrr pour la péri est arrivé 1/4 d’heure après qu’on l’ai appelé que il lui a fallu 1/4 de plus pour savoir ce qu’elle allait me mettre comme produits (et oui j’ai des allergies) et que au moment de piqué je sentais que je devais pousser au bout de 10 minutes on m’a couché je n’ai pas eu de péri et mon bb est sorti dés que je me suis couché.
Mon gygy est arrivé après la naissance, ma enlevé le placenta qui apparemment était en morceaux ( je l’ai appris des infirmières) et m’a aspiré avec l’appareil a ventouse pour évités un curetage en salle d’op.
Je suis resté avec mon bb plusieurs heures j’ai pu lui dire au revoir, j’ai des photos et ses empreintes.
Durant cette période, ce sont les infirmières qui m’ont soutenues épaulés jusqu’au bout je les en remercierai jamais assez.
Le rdv gygy d’après accouchement toujours chez gygy 2 m’a grrr il m’a dit On n’a bien fait grrr et non on n’a pas bien fait c’est nous les parents qu’avons pris la décision c’est pas lui!!!!
Après 3 semaines j’ai pris rdv chez la gygy que j’avais rencontré a l’hôpital et la elle m’a rassuré elle m’a dit que ce n’était pas de ma faute et que si je le voulais je pouvait retenter un bb. Elle est à mon écoute.
Voilà maintenant on n’attends que la nature nous offre a nouveau un petit bonheur.
Merci de m’avoir lue Ce récit est une étape de mon apaisement ,de mon deuil de mon petit ange Noé
Gistelynck Annick

Céline – Belgique

27 Fév
Quand j ai appris que j etais enceinte je n’avais pas vraiment de gynécologue.
A l epoque je voyais une dermatologue car je souffrais d une vestibulite vulvaire, inflammation mal placée qui rend les rapports douloureux,…
Je rêvais d etre enceinte mais avec cette fichue maladie je ne savais pas combien de tps ça prendrait.
Ma dermatologue m a recommandée sa gynecologue qui etait d apres elle au top, très douce..Ce que je recherchais !
Bref, je tombe enceinte rapidement ( Alléluia 😉 ) et donc je vais rencontrer ma future gynécologue !
Au top niveau patience, très calme, sereine, gentille et douce. J en etais très contente !
Seul bémol, pratiquement injoignable !
J ai ete fortement angoissée pendant ma grossesse et j avais besoin d ecoute et de reconfort…
Arrive la veille de ma date présumée d accouchement et là ma gynécologue me sort qu elle ne pense pas que le travail se fera  » a temps  » et que donc nous devons prendre un rendez vous pour déclencher, gloups !
Je regarde mon mari, desemparée…Je ne sais absolument pas quoi lui dire !!!!!!!!!!!!!!!!! Nous etions lundi, bébé attendu pour le mardi et elle aurait aimé me faire rentrer à l’hopital le jeudi soir…Par chance, il n y avait pas de place de disponible ce soir là…Elle reporte au lundi…Je sors du cabinet en larmes, je ne savais plus m’arrêter, mon bébé ne voulait pas nous rencontrer !!! Je l ai vraiment vécu comme cela, sur le coup.
Apres avoir repris mes esprits et longuement parler avec mon mari, je me suis dit que non, mon bébé viendrait et de lui-même !
Mecredi matin, premiere fois de ma grossesse que je ressens des contractions, ça y est j etais sure que c etait lancé…Ca venait, partait,…J avais rendez vous a 15h à l hopital pour un monitoring de controle vu que « dpa » passée…
J’arrive avec mon mari toute fiere de dire à l infirmiere : je ressens des contractions ! ( Elles commencaient à vraiment s intensifier, je n avais pas de doute !!! )
Le monitoring fait resortir…ben rien du tout en fait ! :-$
Bon…La je me dis que je dois certainement être folle……
Nous quittons l’hopital une heure apres et j ai toujours mes sensations. Nous nous arrêtons faire quelque courses et là en plein rayon une douleur très vive dans le bas du dos !
Je demande les clés de voiture à mon mari, je veux m’assoir !
Nous rentrons, mon mari prepare le souper et ça continue pour moi..Mais je me demandais ce que je devais en penser puisque ce fichu monitoring n inscrivait rien, etait-ce dans ma tête ?! Hum hum !
Nous mangeons et ensuite je me mets à compter le temps entre mes contractions. Je fais cela de 20h à 22h. J appelle la maternite à 22h en disant que j ai vraiment mal,…Elle me demande de combien de minutes mes contractions sont separées : 6min-10min-12min-4min. Ca variait !  » Oh c est votre premier, alors non ce n est pas assez rapproché. Prenez un bain chaud pdt 45min minimum et voyez si ça augmente ou se calme…. »
Desesperee je me fais tout de même couler un bain et je m y plonge…Mon mari à côté de moi. Et là nous entendons ( et je ressens ) un enorme PAFFFFFFFF !
La poche des eaux s est rompue. Je douille, j ai mal, très mal ! Nous partons rapidement pour la maternité ou je suis attendue par la sage-femme que j avais eue au telephone.
J ai apprécié le fait qu elle m attende en bas, côté urgences, avec une chaise roulante. Bon ok j aurais pu marcher mais là les contractions je ne les gerais plus :-$
Agreablement surprise par la salle d’accouchement, lumieres tamisées, chambre spacieuse, bain, mini-chaine audio pour mettre un cd de notre choix…
Je me deshabille et hop verification du col : ouvert à 7-8cm !
Elle me demande si je veux une peridurale et je lui dis que oui ! L’anesthesite est rapidement arrivé, très sympathique.
Voilà je reprends un peu mes esprits une vingtaine de minute…Et la de nouveau douleurs dans le bas du dos, une envie de pousser de folie !
Ma kiné arrive, je l avais demandée…Elle me masse le bas du dos, on me met dans une position pour tenter de faire que mon bébé regarde le sol et non les etoiles.
Je leur dis avec insistance que je veux pousser, absolument ! Ma gynécologue n etait toujours pas la.
Voyant mon desarroi, la sage-femme se place devant moi et me dit que je peux pousser.
Ma gynécologue arrive enfin ! 25 min de poussée et la ma gynecologue me propose de regarder dans un miroir la tete de mon bébé qui arrive !!!
Mon bébé sort la tete et on me dit de ne plus pousser…Elle lui degage les epaules et me propose de prendre mon bébé.
J ai adoré ces attentions là.
Peau à peau merveilleux. Elle me recoud ensuite mes petites dechirures et ensuite premiere mise au sein…
Je repars dans ma chambre quelques heures apres.
Au matin, j’appelle une infirmiere comme on m avait dit de faire pour le premier « pipi ». Une dame antipathique deboule exedée, me fait sortir rapidement du lit alors que j etais encore sur un nuage, j avais cette aiguille encore dans l avt bras. J etais gauche oui..Et stresse aussi, stressée d uriner apres le passage de mon bébé, des appréhensions normales et humaines. Cette dame n a fait que m’engueuler.  » Mais allez venez, mais attention vous allez mettre du sang partout asseyez vous plus vite, mais allez y vous pouvez pousser,…. » Tout ça la porte ouverte avec l autre maman de la chambre qui promenait son bébé et que j entrevoyais d ou j etais…
Voila mon récit d accouchement. Je ne suis pas déçue de comment cela s est deroulé, j ai apprécié plusieurs choses et je n en retiens pour la plupart que du bon.
Je n ai pas aimé : ma position pendant l’accouchement, mes jambes etaient beaucoup trop hautes et pdt l effort je devais tenir des poignees sur les cotes tout ça en levant les coudes..Parait que ça elargit le bassin…J ai detesté je pense même que c est cela qui a fait que j ai eu du mal à pousser mon bébé.
Et ce post accouchement, avec cette infirmiere odieuse et blasée…
J’ajoutte aussi que j avais ete à la maternité pendant ma grossesse vers 5 mois car je ne sentais plus mon bébé bouger, que j avais mal au ventre et que donc j’angoissais…
J ai ete recue par une sage-femme à priori sympa…qui a terminé la consultation par verifier mon col et me faire hyper mal….Et elle de me dire : oh ce n est rien ça, vous verrez en fin de grossesse c’est pire…
MERCI, j ai juste mega flippé pendant les mois restants à cause de cette femme et de sa phrase stupide, car non je n ai plus eu mal comme elle m a fait par la suite…
Céline

Nathalie – Belgique – 2012

27 Fév
Etre enceinte à près de 40 ans, c’était comme un dernier cadeau, 2 grands enfants de 12 et 10 ans conçus par FIV avec un autre papa,  la première grossesse naturelle pour moi, donc. Qu’est-ce qu’on était impatients ! Surtout les dernières semaines, j’étais très fatiguée, j’ai dû rester à la maison plus tôt que prévu et Mademoiselle Léa est arrivée en retard alors qu’on me disait qu’avec l’âge souvent ils arrivent en avance.
J’ai donc bien eu le temps de penser à comment j’allais accoucher et surtout de changer d’avis, de ne plus savoir ce que je voulais. J’avais prévu d’accoucher à la clinique de Libramont, CHA, ami des bébés comme pour les 2 autres enfants. Et puis, j’ai eu peur, j’ai pensé accoucher à la maison mais c’était trop tard, la sage-femme qui me suivait a refusé mais elle voulait bien nous suivre à l’hôpital, et elle s’occuperait de nous dès le retour à la maison 24 h après l’accouchement. J’avais peur de l’hypermédicalisation ressentie pour mes 2 autres enfants, j’avais donc préparé un projet de naissance.
Ayant été provoquée pour mon fils 10 jours après, je ne voulais pas revivre ça, j’étais contente que le calcul de l’hôpital prenne en compte mes règles car je connaissais la date de conception, mon cycle est court et donc, j’ai gagné qque jours, tout en veillant à maximum 15 jours de retard. Mon gyné est du genre zen et donc, il propose de provoquer à 12 jours d’après leur calcul (donc 15 pour moi), le lundi matin. Finalement, le vendredi matin, j’ai perdu du liquide mais pas de contractions, on s’est donc rendus à la maternité vers 11 h, on nous a installés dans une chambre où tout va se dérouler : travail, accouchement, soins du bébé. Notre sage-femme a un autre rdv important et donc tant que le travail ne commence pas vraiment, elle n’est pas utile.
Les sage-femme ont l’air sympa, on parle de mon plan de naissance, tout va être mis en œuvre pour le respecter. Comme je ne souffre pas, on est un peu à l’hôtel, on me fait juste 1 monito 1/2 h toutes les 2 h. On me fait un toucher, il y a juste 1 cm mais le col est très mou, pour un 3ème ça peut bouger vite. La journée passe, le soir on est obligé de me donner un antibiotique car plus de 12 h après que la poche soit fissurée. On me met un cathéter qu’on peut fermer avec un bouchon dès que l’antibio est fini, je reste libre, ouf ! Je prends un bain pour me détendre, dans une baignoire digne des stations thermales avec des lumières et des huiles essentielles, j’en ai marre d’attendre mais je savoure quand même, puis on va faire dodo mon mari et moi. Le lendemain, rien de neuf, quelques contractions mais rien de concret. On me donne les antibios toutes les 4 h, le monito et on attends toujours. Les sages-femme sont toutes à mon écoute, répondent à mes questions, rien ne presse, avec les antibios, rien à craindre, le rythme cardiaque de bébé va bien. On me donne quand même 1 ovule pour essayer de faire un peu avancer, j’en avais eu pour ma fille, ça avait bien aidé sans déclencher de trop fortes contractions contrairement à la perfusion que j’avais eu pour mon fils qui en avait déclenchées des insoutenables pour ne rien faire avancer ! Mais, même avec l’ovule, rien ne se passe ! Samedi soir, on me propose un système avec un petit ballon à disposer sur le col qui pourrait aider à l’ouvrir grâce au poids de l’eau contenue dedans. On me montre un schéma et on me laisse décider sans obligation. Je tente, pourquoi pas ! On me le laisse jusqu’à dimanche matin, on passe une bonne nuit de sommeil tous les 2, hélas, mon col n’a pas vraiment bougé. Et donc, le dimanche vers 10h30, on me propose la fameuse perfusion que je redoute ! Elles essaient de me rassurer en disant que on va mettre juste une goutte tous les 1/4 h, le minimum voir si je réagis. Je suis sceptique, j’ai peur de souffrir pour rien comme pour mon fils. J’accepte, découragée. Et oui, les contractions arrivent, mais elles sont gérables, je respire dans mon ventre, je contracte au sommet de la contraction et je souffle, chéri me parle, me rassure et il assure. Ouf, c’est supportable. Après 1/2 h, de bonnes contractions, la sage-femme me fait un toucher, voir si ça évolue car le rythme cardiaque de bébé diminue, et là, je vois sa tête changer, je me dit: “zut ça n’avance pas, et bébé va pas supporter”. Mais elle me dit : “C”est pas possible, vous êtes à dilatation complète !”, et donc pas le temps pour une péridurale. Je suis super heureuse, bébé va arriver, on appelle le gyné, elle a l’air froide comme ça mais, c’est elle qui dit, je pense que Mme préfère rester coucher sur le dos car on m’avait mise à 4 pattes pour aider bébé à sortir mais je m’ankylosais et moi, c’est couché sur le dos que je me sens bien, bizarrement !  En plus, elle me rassure en me disant : “j’ai lu votre projet de naissance, ne vous tracassez pas, je vais préserver votre périnée.” Elle m’a mis des compresses d’eau chaude pendant que je poussais, Finalement, j’ai senti bébé à la sortie, j’ai donné une poussée pour la tête, de toutes mes forces, puis une dernière poussée pour les épaules et mon mari a pu la prendre pour la mettre sur moi, il était 14h30, ça a été très vite. On me l’a laissée, en peau à peau, j’ai pu tranquillement lui donner à boire et profiter avec le papa de ce moment de bonheur.
2 h après, on nous a conduits dans une chambre double, ce qui voulait dire que le papa ne pouvait pas passer la nuit avec nous. Ca a été la douche froide ! On a partagé tout ça pendant 3 jours et là, Mr n’a plus qu’à rentrer chez lui ! Dur, dur autant pour moi que pour lui. On annonce la nouvelle à notre sage-femme qui est assez lointaine maintenant alors que nous on est tellement heureux et on lui confirme qu’on se retrouve le lendemain, à la maison. Le lendemain, le lundi donc, retour de mon chéri et visite du pédiatre, le chef de service, un vieux rustre. Qui nous dit qu’il nous est interdit de sortir aujourd’hui car vu que la poche des eaux était rompue depuis si longtemps, il fallait faire des examens au bébé car il y a des risques d’infection. Il ne veut rien entendre, on sonne donc à notre sage-femme pour qu’elle nous donne des conseils et là, elle s’énerve en disant que comme on avait choisi de rester à l’hôpital, elle ne savait plus s’occuper de nous, sauf p-e à partir de jeudi ! On s’est vraiment senti abandonnés et quelles différences d’écoute entre le service d’accouchement et ces personnes ! On n’a pas trop eu le choix et donc finalement on restera jusque mercredi sans avoir besoin de soins à la maison à notre retour. On a donc attendu la dernière prise de sang avant de partir, sauf que là aussi, c’était une vieille infirmière acariâtre, qui prends le bébé des bras du papa alors qu’il lui dit qu’il vient avec elle. Qui pique bébé sans douceur et sans précaution. Finalement, lorsqu’elle vient nous annoncer les résultats, voyant bébé dans mes bras en train de téter, elle le bouge brusquement. Moi je me demande ce qu’elle veut : “Mais, qu’est-ce que vous faites ?”, elle réponds sèchement : “Ventre contre ventre”, moi, pas impressionnée : “Vous inquiétez pas, j’ai l’habitude”. Et dès qu’elle est sortie on a tout emballé et on est vite rentrés à la maison. Où on a enfin pu commencer notre vie, sur notre petit nuage.
Et donc, je dirais que j’ai eu un super accouchement, contrairement à mes peurs, je me suis sentie écoutée, soutenue par toute l’équipe. C’est le pédiatre qui n’a pas eu la même démarche, avec leur peur du risque éventuel. Il y a eu beaucoup de progrès en 10 ans, certains sont encore à la traine mais ils seront bientôt à la retraite !
Qu’en à ma “super” sage-femme, on a essayé de reprendre contact mais elle reste fermée et nous sommes aussi en colère de son “abandon”, de plus qu’elle nous réclame 150€ pour avoir été à notre disposition le w-e de l’accouchement, même si elle n’est pas venue. Finalement ma méfiance n’était pas bien placée. Il n’y aura vraisemblablement pas d’autre accouchement mais je recommande cet hôpital avec un retour précoce à la maison, pour celles qui le souhaitent mais avec une sage-femme recommandée par l’hôpital car d’après les sages-femmes du service, d’autres parents ont eu ce genre de problème avec “ma” sage-femme et le pédiatre la connaissait aussi, ceci explique cela!
Nathalie de Virton

# 188 Aurore – Bruxelles

27 Fév

Avant de lire mon récit il faut savoir que je suis DID (diabète Insulino-dépendant) j’ai eu une grossesse très surveillé afin d’éviter un bébé macrosome (trop gros poids lié au diabète de la maman)

Mardi 9 octobre je me réveille avec de très fortes contractions. J’ai du mal à marcher. Comme nous avions un rendez-vous pour un contrôle à l’hôpital, nous nous mettons en route en espérant être reçus un peu plus tôt. Le monitoring indique des contractions assez fortes, rapprochées mais irrégulières. On m’examine. Col dilaté à 3 cm. Une sage-femme m’emmène en salle de pré travail. On me demande de marcher (étant au 10eme étage j’ai monté et descendu un nombre incalculable de fois les escaliers). Une heure après on me refait un monito. Pas de changement. Finalement vers 12h les contractions se font plus rares et surtout moins douloureuse. Fausse alerte. On décide de me garder la nuit mais il n’y aura pas de changement. La gynécologue vient me voir le lendemain et me dit qu’il est fort probable qu’ils me reverront avant mon prochain rendez-vous, le lundi suivant.

Lundi 15 octobre dans l’après-midi l’après-midi, nous allons à l’hôpital pour faire une échographie et un monitoring. Le bébé est estimé à 4.4 kg liquide amniotique bon, je suis à 36.2 semaines. J’attends le médecin dans la salle d’attente qui me dit revenez dans 2h on va vous induire, vous êtes à 36 semaines on ne va plus attendre.

Juste le temps de trouver quelqu’un pour garder mon grand la nuit, l’amener à l’école et éventuellement le récupérer après. Quel stress!!

On retourne à l’hôpital. Je retrouve ma salle de pré travail de la semaine dernière. Mon col est toujours à 3cm (et ce n’est pas faute d’avoir durant toute la semaine fait ce qu’on conseille pour déclencher un accouchement : grande marche, faire les carreaux, faire l’amour…). La décision est prise d’attendre 4h du matin pour le progesta. En attendant toutes les heures on vérifie ma glycémie et à 00h une sage-femme enlève ma pompe à insuline pour la leur en suivant leur protocole.

4h du matin progesta qui me donne pas mal de contractions.
A 8h col à 3.5, 4 cm. On me met sous perf (euh sous 8 perf en fait) et on me demande si je souhaite avoir une péridurale ou un accouchement naturel. Je suis étonnée pour mon premier tout m’avait été imposé dû au fait que c’était un gros bébé. Je demande si je peux avoir l’accouchement naturel quitte à faire la péridurale après. Non, c’est l’un ou l’autre. On fait déjà venir l’anesthésiste pour la péridurale. Pour le premier je l’avais eu avec un col beaucoup plus dilaté. (bon c’était un autre hôpital et il est né « naturellement » pas déclenché donc je ne dis rien), je n’y connais rien et personne ne me donne d’informations.
Poche des eaux percé à 5cm.

A 14h je suis à 10 cm le bébé commence à descendre. L’anesthésiste me remet une dose de péridurale. Mon fils est vers moi front vers le haut au lieu d’être tête en bas (il a changé de sens 3 semaines avant mais ils étaient persuadé qu’il se re-tournerait pendant le travail). Je tente de me mettre en position assise. La gynéco se fâche, ici c’est allongé (contrairement à ma demande et à sa réponse !!!) Mon mari me tient le dos pour que je ne sois pas totalement allongée. La gynéco me demande de pousser. Je pousse. Son bip sonne elle se lève mais ce n’est pas le sien. L’assistante se lève aussi. Je pousse mais il n’y a plus personne au bout! La sage femme me lâche et va voir aussi si ce n’est pas le sien. Les pédiatres arrivent. Je ne sais plus quoi faire. Pousser ? Ne plus pousser ?? Youhou où êtes vous ? La gynéco revient. Mon mari, comme lors du premier accouchement est près de moi mais il se sent inutile, on ne le regarde pas, on ne lui demande rien. Ils essaient de tourner mon fils sans succès. J’ai poussé 4 fois, elle le repoussait en moi à chaque fois pour le retourner.

(Je n’ai pas senti la gynéco concernée lorsque je poussais. Je pense qu’à voir qu’il restait front en haut elle savait qu’il y aurait césarienne. Je lui posais la question mais elle ne me répondait pas « mais non on va essayer comme ça »… J’ai demandé depuis plus d’un mois ce qui arriverait si j’avais une césarienne j’attends encore une réponse)

On me dit « stop c’est la césarienne ».
On m’amène dans la salle en face.
La gynéco me dit que son front est en premier qu’elle ne peut pas faire autrement il ne sortira pas. On ne me dira rien d’autre. Mon mari n’est pas là. Le champ est mis mais il va presque sur ma tête. Je ne vois même pas la sage-femme ni les anesthésistes restées derrière moi. Je ne vois pas mon homme je panique. Je me sens perdu et seule. J’ai les jambes collé dans un mousse et les bras écartés. Je suis crucifiée.

2 autres doses de péridurales. Ça m’en fait 3 en 15 min de temps, ils ont l’air de paniquer. Test à l’éther enfin positif, je ne sens plus rien. S. (mon homme) arrive enfin. Je sentirais brièvement sa main sur ma tête puis plus rien. On lui a dit de s’assoir derrière moi pour laisser le champ libre à l’anesthésiste.  Je ne sens plus rien juste qu’on me découpe (à chaque coup de couteau je pars sur le côté je suis secouée comme pas possible) et je sens un truc sortir. J’ai vraiment « senti » mais sans douleur, les coups du couteau tellement j’ai été secoué…
La gynéco dire « oh mais quelle belle pièce! » ma tête tourne je veux vomir mais j’ai un masque à oxygène. Mes bras sont de chaque côté de mon corps écarté on me demande de pas bouger. J’arrive à peine à parler. Je demande avec peine d’enlever le masque pour vomir on me comprends pas. J’ai l’impression de mourir ma tête tourne, je vomis je n’arrive plus à respirer, mes oreilles bourdonnent. Tension à 6! J’ai vraiment cru que j’allais y rester. J’ai cru que j’allais mourir.

Je vomis et je tombe brièvement dans les vapes. S. est parti avec le pédiatre (il a dit qu’il avait été fortement choqué de voir tout ce sang par terre et qu’il a vu son fils sortir de mon ventre, qu’on se serait cru dans une boucherie)

On me recoud. Je les entends discuter de chaussures pour le petit dernier, de la compresse bleue manquante (oulàlà elle n’est pas dans le ventre de la patiente?) ma tête tourne… La gynéco m’annonce que ses assistantes vont finir le travail. Vive les hôpitaux universitaires !

S. revient. Notre fils pèse 5 kg 100 pour 55 cm. Mon homme est sous le choc, il est tout blanc et ne parle pas. Je m’inquiète. Pourquoi ne dit-il rien ? Notre fils va bien ? Pourquoi personne ne me parle dans cet hôpital ??

J’ai enfin mon fils sur moi il va tout de suite au sein. On doit me descendre en salle de réveil, il ne peut pas m’accompagner. Il me le reprenne. Je l’ai eu 5 min. Il était habillé. Le protocole refuse que mon fils me suive. On me rassure, dans 1h30, 2h grand maximum vous serez près de lui ne vous en faites pas. Tout le monde me sourit. Mon mari non. Il a notre bébé dans les bras, il est pâle et ne dit rien. Il est sous le choc.

4h30 après je sors enfin de la salle de réveil. Il m’a fallu 4h pour pouvoir respirer et bouger à nouveau et être positive à leur test à l’éther. La dose de péri était trop forte. Je réclamais de donner le sein, des nouvelles de mon bébé mais personne ne se souciait de moi dans cette immense salle de réveil. Elle se vide peu à peu. Je pleure je veux mon bébé.

Je remonte dans ma chambre, l’infirmière que j’ai maudit ! s’est enfin intéressée à moi. S. a une tête de « je-vais-tuer-tout-le-monde » on m’annonce qu’on m’a attendu pour lui donner le sein mais comme personne ne donnait de nouvelles (en salle de réveil on leur disait « elle dort » alors que non je demandais « quand pourrais-je remonter??mon fils a besoin de moi » on me répondait « ne vous inquiétez pas personne n’appelle c’est que tout va bien) et que mon fils avait des hypoglycémies qu’ils lui ont donné du lait en biberon (faute d’avoir mon sein, ils ne pouvaient pas le laisser à jeun !) et qu’ils vont l’amener en néonat. Sa température corporelle descend, il ne se réchauffe pas.

Je fonds en larmes et supplie qu’on me le laisse un peu. Je l’ai eu 30 min sur moi (merci aux SF du service de Maternité Intensive Care) et ils l’ont descendu en néonat. Il dormait il n’a pas pris le sein. Dire que si j’avais pu le lui donner rapidement on aurait pu éviter les hypos et la néonat… Ils m’ont attendu 2h avant de le nourrir. Sa température diminuait alors qu’il avait 2 bodies, son pyjama, des chaussons et un bonnet. Lorsqu’on sait que la température du lait maternel augmente de 1-2°C en fonction de la température du bébé je ne peux que culpabiliser de ne pas avoir su être là pour lui…

Je ne l’ai revu que le lendemain à 12h… Enfin je suis descendue en fauteuil roulant en néonat à midi mais je ne l’ai pas vu il partait faire une echo cardiaque. Protocole de base. Il est remonté à 13h30. Là on m’annonce qu’il faut lui faire une glycémie, le changer, faire une prise de sang que je dois patienter. Je fonds en larmes. Une sage-femme comprend et me le donne enfin.

Il prend le sein. Il doit boire 30-40ml toutes les 3h pour éviter les hypos. Je n’ai que du colostrum. Il tête très bien mais elles complètent au biberon de lait artificiel.

Je me suis sentie paumée car les sages-femmes de néonat n’ont fait que me dire que l’allaitement fatigue, de rester dans ma chambre, de dormir… Je le prends mal et je pleure non stop.

Finalement après avoir vu la psy de l’hôpital et avoir parlé avec les sages-femmes je comprends que le lendemain d’une césarienne, une femme ne court pas dans l’hôpital pour voir son fils toutes les 3h même la nuit mais qu’elle dort. Que je ne fais rien comme tout le monde et qu’elles sont juste inquiètes pour moi. Que je dois me reposer.

C’est sure que le lendemain j’étais debout et que si personne ne m’avait arrêté j’aurais fait la route à pied pour le voir au lieu d’attendre qu’on me pousse sur la chaise. J’ai tenu à lui faire les soins le lendemain mais la sage-femme a refusé sans m’expliquer.

J’ai passé jusqu’au samedi mon séjour en pleurant non stop à l’hôpital. Mon mari voulait être là pour notre premier et travaillait la journée. Il était sous le choc et il me dira après que cet enfant ne pouvait être son fils car il ne l’a pas vu naitre, il ne sait pas senti concerné. On lui a dit de se mettre dans un coin et il n’a pu vivre cet accouchement avec moi, ni éprouver la joie d’être père. C’était déshumanisant. Lui a été un pion moi un bout de viande qu’on a découpé.

Tout est en fait une histoire de non-dit. J’ai terriblement mal vécu mon accouchement simplement parce que personne du personnel médical ne m’a expliqué ce qui allait m’arriver. Toutes pensaient que je savais sauf C, une sage-femme extra qui a pris le temps de me parler. Dire qu’à 14h elle a dû partir pour une réunion obligatoire… Quand elle est arrivé au bloc elle a été frappé de m’y voir « mais enfin tout allait bien quand je suis partie et je vous retrouve ici! » Je pense que si elle avait pu être là, avec le contact qu’on avait eu, elle m’aurait expliqué et soutenu… D’ailleurs la psy a dit de même, celle qui l’a remplacé n’avait jamais encore été au bloc…

Mon bébé a eu des hypoglycémies (2 jours en yoyo). Il est sous perf de glucose. On l’a piqué dans le crâne, puis dans le pli du coude pour finir dans le nombril. Contraignant d’allaiter comme ça le lait vient petit à petit. Je me sens frustrée. Pour mon premier j’ai eu du lait directement…

Voilà un bref résumé de sa naissance. Je ne garde pas un bon souvenir de la césarienne. Sans doute dû au manque d’explication et du fait que mon fils a été en néonat… Mais à 5.140 kg je doute que même tête vers mes fesses il aurait pu sortir!!! Ils se sont bien gourés sur le poids!

J’aurais aimé être préparé. La gynéco est venue me voir le lendemain de l’accouchement et elle s’est excusée et a expliqué 10 fois d’affilé que la césarienne était nécessaire. Ça je le savais depuis longtemps. Je demandais des réponses on ne m’en donnait pas! J’ai trouvé étrange qu’elle s’excuse comme ça…

Le souci c’est qu’avec la néonat rien ne va. Mon bébé ne fait plus d’hypo je devrais l’avoir avec moi ce week-end mais voilà les sages-femmes en bas me donne ou envie de pleurer de désespoir ou de violence… Celle de cette après-midi était terrible. Elles ne sont pas du tout pour l’allaitement. Il doit boire 40 ml tous les 3h. Là il en a bu 45. Moi je suis contente et elle me regarde et elle me dit « il peut en boire plus je vais lui faire un biberon de 15 » moi je lui réponds je vais le remettre au sein s’il faut plus. Et elle de me dire « je peux lui faire un biberon » je lui ai répondu « et moi donner le sein ». Elle de dire « oui mais si vous n’étiez pas là vous feriez quoi? » « je suis là donc la question ne se pose pas » « oui mais si vous n’étiez pas là vous ne lui donneriez pas un biberon? » Moi de dire « si il y a un souci oui je tirerais mon lait et il aurait un biberon mais là je suis là » et elle de dire « c’est bien c’était juste pour savoir »…

Mon grand a pu voir son frère mais pas le toucher car ils ne sont pas assurés pour ça. Il ne comprend rien, j’ai la rage je vais mal et mon premier le sent et ne comprend pas mes humeurs non plus.

J’ai récupéré mes sensations aux jambes. Quoique… J’ai plus des jambes j’ai des troncs d’arbres. Ça va passer dans quelques jours on me répond… Mon ventre pend en bas en avant et est extrêmement douloureux. Dur comme un gros bleu. Je me sens horriblement moche je ne supporte pas mon reflet dans le miroir. Je suis devenue un monstre informe.

Je ne comprends pas leur gavage en néonat : je donne  le sein à 18h. Il le prend à 18h40 (temps de le changer, peser…) et il a fini de bien manger à 19h10. Je dois lui redonner à manger à 21h. Parce que c’est 3h pour éviter une hypo et que 18h + 3h ça fait 21h. Mais il vient de finir de manger! En 1h on ne peut pas avoir faim! On ne peut pas être éveillé sur mon sein! Donc il va encore avoir un biberon qu’il ne voudra pas boire. Donc il sera encore forcé durant 15-20 min à le boire. Le pire c’est que pour me le rendre je dois être capable de faire ce forcing. J’en ai chaque fois la rage et les larmes aux yeux. Mon fils n’est pas une oie.

La nuit du 2eme au 3eme jour j’ai pleuré en hurlant sur une sage-femme de néonat lui disant que le nourrir comme ça je ne pouvais pas. Finalement le pédiatre de garde a donné son accord pour allaiter à la demande. Il n’a pas fait d’hypos, se réveillait, réclamait et buvait beaucoup!

Je me suis sentie tellement comblée et zen en le retrouvant dans ma chambre, avec moi, et avec l’équipe du MIC si attentionné comparé à la néonat! Elles m’ont montré de nouvelles positions pour la mise au sein et aider pour le bain dans ces fameux « pots de fleurs » comme l’a dit si bien mon grand…

Je suis restée 6 jours à l’hôpital. Une fois dehors j’ai fui très vite.

L’avantage de cet hôpital (si si il y en a) c’est qu’ils savaient ce qu’était mon did, je n’ai pas été jugé sur son poids (au contraire elles le trouvaient toutes merveilleusement beaux :) ), j’ai eu du sucre quand il fallait, et toujours un soutien et une gentillesse extraordinaire. J’ai pleuré non-stop toute cette semaine et les sages-femmes du MIC ont toujours été là pour me consoler. Je comprends avec du recul que cet accouchement terrible m’a profondément bouleversée et que tout a pris des proportions immenses. En néonat elles étaient dans leur protocole car dans cet hôpital elles n’ont que des très très gros prémas de 500g donc pas vraiment le temps de me gérer avec mon gros bébé…

Pour l’allaitement j’ai tenu bon et il boit bien. Il a pris 500g le première semaine, je pense qu’il ne manque pas de lait…

Aurore

# 187 Claire – Belgique – 2004

27 Fév
Bonjour,
Je m’appelle Claire et j’ai 5 enfants, j’habite en Flandres (Belgique). Voici le récit de l’accouchement qui m’a « traumatisée » et qui finalement m’a poussé à accoucher les fois suivantes à la maison.
Presque 9 ans plus tard je ressens toujours une frustration énorme, alors que de mes accouchements à la maison je garde des souvenirs positifs et énergisants…J’attends mon deuxième enfant, et cette fois-ci je me suis préparée physiquement et psychologiquement avec le Yoga. Un cours extraordinaire donné par une dame Hollandaise qui m’a apporté une méthode fantastique de lâcher-prise, technique de « travail avec la contraction », visualisation du col qui s’ouvre comme un fleur, techniques de respiration, explications sur les positions physiologiques d’accouchement… Bref je me sens prête…Bébé 2 doit juste encore se décider…
Et c’est ce qu’il fait cette nuit du mois de juin, où je suis réveillée vers 4 h par les contractions…
Le temps qu’elles s’installent,  je réveille mon mari et  nous partons avec notre aîné à la maternité.
Premier désavantage d’aller à l’hopital: la voiture pendant les contractions, ouf…  Dans cette position assise ça fait vraiment plus mal… Bien que la route soit dégagée à cette heure-là, le trajet me semble vraiment très long…
Arrivée à la maternité, premier examen… Oui c’est bon, je  peux rester mais mon fils doit dégager… Mon mari appelle ma maman  à la rescousse… Pendant ce temps je marche dans la pièce, dommage je n’ai pas LA belle chambre d’accouchement, celle en principe réservée à celles qui ne prennent pas la péridurale…heu, moi non plus je ne l’ai pas prise la péri !? Juste un manque de bol… Moi je rêvais d’accoucher dans l’eau… Ben non…
Je marche dans la pièce, à chaque contractions je respire par le ventre et « lâche prise ». Tout se passe super bien. Jusqu’au moment où je vomis un peu… Et là mon accouchement m’échappe… Elles me couchent « on veut voir où vous en êtes »… Puis monitoring, je dois resté couchée … Je veux bouger moi… Je gère mieux debout… Elles s’en foutent… « Non on va appeller votre gyneco »… Elles me laissent sur cette foutue table, je n’ose pas bouger, ni me rebeller… Ma gyneco arrive, souriante et confiante. Tout est bien, tout va bien. C’est mon deuxième donc ca va aller tout seul. Elle repart voir une autre femme qui accouche aussi à ce moment-là et me laisse avec son assistante… Et je reste comme une tortue sur le dos les pieds en l’air. Je demande pour me lever… Elles ne veulent pas… JE SENS QUE JE DOIS ME LEVER, que je dois me déhancher, c’est ce que mon corps me dit de faire… Et elles refusent… J’essaie  même de le faire moi-même, mais avec les pieds en l’air et un bb dans le bassin je n’y arrive pas toute seule…Et elles me font pousser, mais moi je sens bien que ca ne va pas… Je pousse mais je veux me déhancher… Finalement ma gyneco arrive, s’étonne que bb ne soit pas encore là…Elles lui disent que je demande à me lever (oh la vilaine patiente!!)… Je n’en peux plus et je crie même « Casse-toi » à mon petit bout… (rho j’ai honte…) Oh, bb est coincé, la tête tournée … Et d’une main experte, elle vient la lui tourner dans le bon sens…Je hurle…Je ne sais comment décrire… C’était un geste qui se voulait libérateur, mais moi je l’ai ressenti comme une violation…Elles se préparent pour me faire une épisio, et mon mari me prévient sachant que je n’en veux pas… Mais je suis épuisée et n’ai plus la force de me battre pour ça aussi… Et bb sort…  Enfin il est contre ma poirtine, mais pas longtemps… Elles l’embarquent comme dans mes cauchemards, je ne le vois plus, je dis à mon mari de les suivre… Elles vont l’aspirer…
Enfin il me revient et je profite pour admirer mon  petit chéri …
Je reste persuadée que si j’avais pu me lever, en quelques déhanchements, la tête se serait bien mise et mon petit chéri serait sorti tout en douceur comme s’il glissait sur un tobogan.
Mes 3 accouchements suivants se sont passé à la maison, complètement respéctée par ma sage-femme. A chaque fois j’ai choisi ma position, comme je le sentais, moi,  et ces 3 accouchements restent des souvenirs merveilleux…
Je voudrais pousser un coup de gueule pour dire aux hôpitaux: c’est mon accouchement, mon corps, mon grand jour à moi et mon bébé ! Laissez-nous le vivre  en paix … Vous n’avez pas le droit de nous le gâcher…juste parce que c’est plus pratique pour vous… Intervenez si c’est nécessaire, mais laissez-nous faire quand tout se présente bien… Et écoutez-nous parce que c’est dans notre corps que ça se passe… Et que ce corps est prévu pour vivre cette aventure…
Claire
***
[Note de l’équipe:

# 186 Naissance d’Antoine – Belgique – 2007

27 Fév

Nous sommes le 23 mars 2007, nous mangeons au restaurant, probablement le dernier restaurant de notre vie à 2 car au plus tard lundi, la gynécologue souhaite déclencher la naissance.

Il est 21h00, j’ai finis mon assiette et une contraction plutôt intense me surprend. Je pars aux toilettes.
Il est 21h14, une autre contraction.
Il y a du tiramisu sur la carte des desserts … il est hors de question que je parte pour peut–être 8h sans manger sans avoir avaler un tiramisu!
Il y a une petite horloge sur le comptoir et je peux voir que mes contractions sont espacées de 7 minutes au plus.
Nous rentrons à la maison, je veux prendre une douche et me coucher pour me préparer 😉
Je perds les eaux, un torrent surgit et éclabousse le carrelage.
Je suis tellement contente, j’en suis à 40+6 et tout le monde me tanait avec un déclenchement, et là je vais enfin voir mon bébé, le rencontrer.
Je me rhabille et nous partons pour la maternité.
Nous arrivons à minuit. On me place sous monito. Les contractions sont intenses, je suis couchée et c’est inconfortable, je crève de mal au dos.
Dans un premier temps, je ne souhaite pas la péridurale.
Sur le ballon, je gère mieux la douleur, néanmoins je laisse mon délicieux souper sur le ballatum de la salle d’examen, je me souviens avoir entendu un « c’est malin d’avoir manger avant de venir » … sans commentaire … je mange 4 fois par jour et j’ai pas arrêté de manger à 37 SA au cas où j’accoucherai sous peu.
Le monito s’emballe, le coeur d’Antoine faiblit. Je passe en salle de naissance.
Debout appuyée sur la baignoire qui se remplit, je me sens mieux, néanmoins personne ne le remarquera (avec le recul je pense que si j’étais restée là, j’accouchais dans la demie heure). On me réinstalle couchée sur le dos sur un lit, buscopan en IV, tensiomètre et monito (je souhaitais le moins médicalisé possible, raté). Le monito fait peur aux sage-femmes, elle appelle le gynécologue de garde (ma gynécologue est en chemin). Il entre, regarde le monito et me dit (froidement je trouve) « madame, on passe au bloc, on fait une césarienne ». Le monde s’écroule, je pleure, je rage et je ne sens plus mes contractions. Ma gynécologue arrive, je me sens soulagée et rassurée si c’est elle qui fait ma césarienne. Entre temp je suis sondée, on a placé des capteurs pour mon coeur et un capteur pour l’oxygénation de bébé et des bas de contention bref, je suis attachée de partout. Ma gynécologue parle avec le gynécologue de garde, elle met en avant le petit poids prévu et je l’entends dire « ce serait dommage de passer en césarienne pour un si petit bébé, il va mieux, si c’est rapide, ça passe en voie basse mais on garde le bloc. » J’ai très mal et je ne peux pas bouger, à cette époque je ne savais pas que la mobilité est primordiale pour gérer la douleur. L’anesthésiste arrive, elle va me faire une rachianesthésie (et dès que c’est ok, je passe au bloc). L’anesthésie ne fait pas effet, enfin elle fera effet 30 minutes plus tard. Ma gynécologue compte m’emmenait en césarienne mais elle veut vérifier avant et là « et bien on est a dilatation complète, on va pousser madame »! On va pousser quoi? Essayer de cracher dans un dé à coudre avec la bouche endormie! La sage-femme pose sa main sur mon ventre et m’indique quand la contraction est là, je ne sens rien et ne sais rien faire. À un moment donné, elle me dit « voilà comme ça, poussez », je ne sais toujours pas comment je faisais mais je continuais. J’avais peur de comment aller sortir ce bébé, bleu, respira-t-il, vont-ils l’emmener?
Encore un peu madame, il faut pousser, il est là. La gynécologue insiste pour mettre le miroir, je refuse plusieurs fois.
Elle scrute ses écrans, prends de quoi ouvrir le passage, épisiotomie et bébé est aidé à sortir. Une vague d’eau sort encore, ma gynécologue est trempée.
Il est rose et en pleine forme, on le pose sur mon ventre, il est merveilleux. Mes premiers mots furent: « mais elles sont énormes ses mains! »
Il me regarde et ses yeux me disent « ça c’est fait, pas facile hein mais voilà, je suis là. »
Il a super bien poussé ce bonhomme pour nous rejoindre.
J’apprendrai après que le gynécologue de garde a vraiment eu peur pour nous et que c’est le dernier à faire des césariennes à tout va, pour lui la césarienne c’est l’urgence ultime, la toute dernière chance. Je suis rassurée ou pas.
Son papa a mal vécu cette naissance mais nous n’en parlerons qu’après notre séparation, il a du sortir pendant l’anesthésie et pensait qu’il ne nous reverrait jamais.
J’étais soulagée de ne pas avoir eu de césarienne mais mon épisiotomie m’a fait souffrir pendant près de 6 mois et encore par moment ensuite.
J’étais préparée mais pas assez écoutée dans mes ressentis ce jour-là malgré tout.
L’année suivante j’ai suivi une formation pour devenir accompagnante à la naissance, doula, j’ai appris énormément de choses que j’aurai aimé savoir avant néanmoins on ne refait pas l’histoire et c’est comme cela qu’Antoine est né.