Archive by Author

#348 Karine, la naissance de joséphine en 2007

13 Fév

En mai 2005, le CIANE a transmis à la haute autorité de la santé (HAS) un dossier de saisine afin qu’elle fasse une étude sur l’évaluation des risques et codification de la pratique de l’expression abdominale dans la phase deux et trois de l’accouchement.
En avril 2007, cette dernière a fait paraître un communiqué de presse, après 10 ans de recherche, sur cette technique, dans lequel, elle a rendu des recommandations.
Son argumentaire tournait autour de trois points :
1) Il n’y a pas d’indications médicalement validées pour réaliser une expression abdominale. Le vécu traumatique des patientes et de leur entourage et l’existence de complications, rares mais graves, justifient l’abandon de cet usage.
2) Dans les situations qui nécessitent d’écourter la 2e phase de l’accouchement, le recours, en fonction du contexte clinique, à une extraction instrumentale (forceps, ventouse obstétricale, spatules) ou à une césarienne est recommandé.
3) Si une expression abdominale est pratiquée malgré les recommandations précédentes, elle doit être notée dans le dossier médical de la patiente par la personne en charge de l’accouchement, en précisant le contexte, les modalités de réalisation et les difficultés éventuellement rencontrées.

Pourtant, le 7 septembre 2007, soit cinq mois plus tard, j’ai subi cette pratique, pendant plus d’une heure, sans raison apparente, qui aujourd’hui me laissent des séquelles neurologiques soulagées par aucune thérapeutique. En effet, le jour de mon accouchement, une personne, missionnée par la sage femme en charge de ce dernier, est entrée dans la salle, muni d’un tabouret pour la surélevée et a appuyé, de tout son poids et de toutes ses forces, à chaque effort de poussées, le haut de mon abdomen, pendant 2 heures. Pour cela, elle s’est servie de ses mains, ses coudes et /ou d’un drap l’entourant.
Depuis 4 ans je suis assistée dans tous les actes de la vie quotidienne. Je ne peux plus m’asseoir et m’occuper de ma fille de 6 ans sans aide. Deux équipes pluridisciplinaires, spécialisées dans les algies pelviennes et périnéales, m’ont diagnostiqué des lésions sur les nerfs pudendaux, ilio hypogastrique inguinal, phrénique, vague et autres neuropathies des membres supérieurs associés à un syndrome polyagique diffus. L’expression abdominale a un lien prédominant avec les séquelles dont je souffre aujourd’hui d’après ces spécialistes. Je suis suivie en centre anti douleurs depuis lors. Il est certain qu’avant cet accouchement, je menais une vie tout à fait normale.
Bien évidemment, aucune trace de cette pratique n’apparait dans mon dossier médical malgré l’obligation qui en est faite par la Haute Autorité de la Santé.
Y figurent seulement ma fragilité psychologique au moment des faits car un an auparavant nous avions fait le choix mon mari et moi-même d’interrompre médicalement ma grossesse en raison de la trisomie 21 de ma première fille ; Prétexte souvent utilisé par l’équipe soignante pour se dédouaner de questions embarrassantes posées par mon mari ou bien par moi-même relatives à mes douleurs post accouchement et aux pleurs de notre fille au moment des repas et à la digestion. Il est vrai qu’il est tellement plus aisé de mettre sur le compte du psychologique pour expliquer les raisons de certaines douleurs inhabituelles après un accouchement, lorsque les mots manquent ou lorsqu’on se sent fautif ou bien peut-être que l’on a peur d’un contentieux.
Pour les ecchymoses sur l’intégralité de mon abdomen, les violentes douleurs ressenties en coup de poignard dans le bas-ventre côté droit, mes difficultés respiratoires etc. il m’a été répondu que tout était normal que mon accouchement s’était déroulé normalement, que je venais tout simplement de vivre un vrai marathon ; que les pleurs de ma fille qui buvait que 10 millilitres par biberon (ce qui faisait un sous total de 14 biberons par 24 heures), n’étaient qu’une question d’adaptation alimentaire et cela ne traduisait en aucun cas une souffrance de mon bébé.
Pourtant, après avoir fait une cyanose à 15 jours de vie, ma fille a été hospitalisée d’urgence, pendant plusieurs jours, pour une œsophagite sévère associée à un reflux Gastro-oesophagien. D’après les spécialistes du CHU, elle devait souffrir de cette pathologie depuis sa naissance. Elle a été soignée pour cela pendant 18 mois et a connu un régime alimentaire et position d’endormissement très particulier. Nous avons profité d’une légère accalmie après ces 18 mois de difficultés. Mais ce fut de courte durée, car peu de temps après, Joséphine s’est plaint de douleurs crâniennes, cervicaux brachiales, dorsales, pelviennes, périnéales et de douleurs dans la jambe droite. Si elle doit dessiner trop longtemps, elle ressent très rapidement des douleurs dans le bras droit l’empêchant de dessiner et colorier trop longtemps. Elle ne peut également faire de la trottinette car très rapidement elle ressent des douleurs dans la jambe droite.
Y a-t-il un lien de causalité avec l’expression abdominale ? Il semblerait que oui, d’après les examens passés, l’avis de certains médecins et le témoignage d’un ostéopathe que ma fille consulte. Il s’agirait de douleurs périnatales. Ils mettent en évidence la pression exercée sur le crâne de Joséphine lors de l’accouchement causée par l’expression abdominale.

Dans tous les cas, ce qui n’est plus à démontrer, c’est que de nombreux établissements de la naissance continuent à prendre trop souvent les dires ou actions des mamans pour des comportements hystériques ou anxiogènes. En l’espèce, il est probant, que l’équipe de mon accouchement et de son suivi a commis une grossière erreur en ignorant ou en minimisant notre inquiétude relative à mes douleurs et celle de mon enfant s’appuyant trop facilement sur une fragilité qui de surcroît était légitime, au moment des faits.

Aujourd’hui, pour avoir recueilli et lus plusieurs témoignages, via les forums autour de la naissance, je constate malheureusement et avec un grand regret que l’expression abdominale est toujours exercée, malgré la preuve de son inefficacité. Elle occasionne toujours autant de lésions sur le périnée et laisse à chaque fois un souvenir barbare et indélébile de l’accouchement pour les 2 parents : Sans écarter bien évidemment les risques encourus sur le bébé comme en témoignent de nombreux procès et spécialistes.
Pourtant, Juriste de formation, mon but n’est pas de porter cette affaire devant les tribunaux mais plutôt, au regard des éléments précités, utiliser mon énergie et mes compétences juridiques au profit d’actions visant à transformer les recommandations de la H. A S., en une interdiction formelle, voir légale de pratiquer l’expression abdominale. J’aimerais que les futures mères soient informées de cette technique barbare afin qu’elles puissent, le jour de leur accouchement, dire NON à l’expression abdominale ou du moins avoir le choix. Choix qui ne m’a pas été offert lors de mon accouchement.

Aujourd’hui, les procès ou bien les recommandations de cette autorité n’ont aucun impact sur certains acteurs de la naissance. Il est donc urgent d’agir.

Doit- on faire appel au quatrième pouvoir de la Vème république, pour essayer de mobiliser l’opinion publique et peut-être faire pression sur ces personnes ? Doit-on mobiliser le ministère de la santé ? Dénoncer certains hôpitaux ou cliniques qui continuent à couvrir leurs médecins ou sage-femme ignorant les recommandations de la haute autorité de la santé ?
Je ne sais pas mais ferais tout mon possible pour que cela s’arrête.

karine

Publicités

#298 – Hélène – naissance de son fils en césarienne d’urgence

4 Oct

Je vais tenter de rembobiner une partie de ma vie qui d’habitude me fait souffrir une fois l’an. J’accepte aujourd’hui de m’y replonger afin d’apporter une pierre à l’édifice et faire comprendre qu’il est temps, grands temps de respecter les femmes lors de leur accouchement.

Je peux pas vraiment dire le jour où tout a basculé. Parce qu’en réalité, le recul m’a permis de voir que tout a commencé quelques jours auparavant. Évidemment, ou heureusement, certaines dates m’échappent. Disons que cela c’est déclenché à la 36ème semaine d’aménorrhée, à la fin de mon cours de préparation à l’accouchement quand j’ai fait part de ma prise de poids fulgurante (5 kilos en 3 jours), la sage femme m’a prise la tension. Je ne me souviens plus exactement quelle en était la mesure mais j’en avais suffisamment pour qu’elle m’envoie en surveillance à la maternité.

J’ai donc eu une première surveillance, avec monitoring et tensiomètre pendant quelques heures. La tension s’est calmée, on m’a laissé repartir avec une prescription de bandelettes urinaire, sans plus d’explication. Je devais vérifier régulièrement qu’il n’y ait pas d’albumine dans mes urines. Déjà là j’aurais aimé qu’on me dise ce qu’on vérifiait, je le savais très bien, je suis une patiente qui s’informe beaucoup, mais j’aurais souhaité qu’on me le dise. « Madame, on vérifie la présence d’albumine pour écarter l’hypothèse d’une toxémie gravidique ».

J’ai donc vérifié souvent mes urines, les bandelettes restaient correctes juste les leucocytes qui réagissaient un peu par moment, mais la sage femme m’a expliqué que c’était normal et que la réaction sur la bandelette restait très faible, vraiment pas de quoi s’inquiéter. Je vérifiais également ma tension, tension + albumine, c’est les signes précurseurs de la toxémie gravidique, je restais très vigilante.

Le lundi 3 avril 2006 au soir j’ai refait de la tension, on part avec mon mari à la maternité. Je reste sous surveillance monitoring+tensiomètre jusqu’à 23heures, puis je suis prise en consultation par le gynéco de garde. Là comme à leur habitude, j’ai le droit à un énième touché vaginal pour vérifier l’évolution du col. Il me fait un mal de chien, j’encaisse la douleur sans rien dire, me disant qu’il fait preuve de moins de délicatesse que mon gynéco habituel. Je sors de la consultation, j’ai mal, je dois rentrer, j’ai 30 km à faire en voiture, il est préférable que j’aille au toilette avant. Là je découvre que je saigne, au moment où je sors dans le couloir je croise le gynéco de garde, je lui en fais part avec inquiétude. Il me dis de ne pas m’en faire et de rentrer chez moi et conclut curieusement cet entretien en me disant « peut être à tout à l’heure ! ». Mon mari et moi en restons étonner se disant que s’était quand même prématuré pour accoucher, mon terme étant pour le 28 avril 2006.

Le lendemain matin, mardi 4 avril, j’avais mon rdv du 9ème mois avec mon gynéco habituel, la route a été éprouvante, j’avais passé une mauvaise nuit, et j’ai eu mal au bas ventre tout le long de la route sans pour autant y identifier des contractions. Arrivée à la maternité, j’appelle ma meilleure amie qui habite à deux pas, je lui demande qu’elle me ramène chez moi à l’issue de mon rdv je sens que j’en aurai pas la force.

Il est pas loin de 10 h quand le gynéco me prend en consultation, il me prend ma tension qui est bonne, là il me fait encore un touché vaginal, je suis dilaté à 4, il me dit de passer dans l’autre bâtiment je suis en passe d’accoucher. Je réalise pas bien, je n’ai a proprement parler pas eu de contractions, j’ai des douleurs comme mes règles mais pas plus intense, je sors de ma consultation ma meilleure amie est là et m’attend dans la salle d’attente, je lui explique que je suis en train d’accoucher, elle croit que je la charrie. J’arrive donc dans le bâtiment adjacent celui des consultations, je m’annonce comme étant en train d’accoucher et sortant de mon rdv du 9ème mois. On m’installe dans une chambre, on me demande de récolter mes urines sur une bandelette, je sais maintenant les lire, les albumines restent muettes, ce qui me rassure. Le gynéco de garde me fait encore un touché vaginal, il me demande ce qu’est ce liquide que je perds. Je pense que c’est juste des fuites urinaires c’est courant en fin de grossesse, je porte un gros bébé, il appuie partout sur mes côtes et sur la vessie. Il me dit sur un ton condescendant que non ce n’est pas des fuites urinaires et voilà tout ce qu’il m’apprend et sort de la chambre. Je reste là telle une conne en me disant que j’ai une fissure de la poche des eaux, que c’est ce qu’il a sous entendu.

Mon mari arrive au moment où on me passe en salle de travail. Il prend le relais de mon amie qui restait jusqu’ici à mes cotés. Je suis semi allongée dans un lit avec le packaging regrettable d’un accouchement surmédicalisé. Je souhaitais pourtant un accouchement des plus naturels. On me pose un cathéter, sans m’expliquer à quoi servent les poches qui l’alimentent, je le regrette. Bien que je le sache déjà, j’aurais aimé que la sage femme fasse l’effort de m’expliquer ces gestes médicaux alors même qu’un accouchement est un acte naturel, régit pas les lois de la nature où le corps médical de mon point de vue ne devrait intervenir qu’en cas de soucis.

On me laisse quelques temps avec la perfusion, le monito et le tensiomètre. Tout est normal, même le monito, j’ai bien des contractions mais le graphique montre clairement qu’elles sont de très faibles intensités. La sage-femme vérifie mon col, je suis dilaté à 6 il est un peu plus d’onze heure, du coup elle revient avec une longue aiguille et un bassinet. Elle me dit qu’elle va percer la poche des eaux. Là je commence à m’opposer, sans agressivité, je lui demande quelle nécessite de me la percer, elle va bien finir par rompre toute seule, sinon c’est que l’accouchement n’est pas pour maintenant. Elle insiste en me disant que cela va accélérer le travail. J’ai pas demandé à ce que ça aille plus vite, j’ai tout mon temps, je ne souffre pas de mes contractions. Elle persiste, prétextant une procédure habituelle, en me disant que l’anesthésiste va suivre. Bref, elle me perce la poche des eaux, je vois le liquide s’écouler, ça m’interpelle, je lui demande si c’est normal la couleur du liquide. Elle me réponds que oui, je me persuade que c’est elle la pro elle sait ce qu’elle fait. Mais le liquide amniotique est teinté marron. On persiste à me prendre pour une andouille, mais j’ai fait le choix de leur faire confiance et de me dire qu’ils savent ce qu’ils font, et je reste tout de même détendue. L’anesthésiste arrive, je lui dis que je ne souhaite pas de péridurale, que je ne vois pas l’intérêt, je ne souffre pas de mes contractions. La sage-femme est encore présente et soutient son collègue, je risque de beaucoup souffrir avec la poche des eaux percés les contractions sont plus douloureuses. Je reste septique, l’anesthésiste fini par me dire que les accouchements c’est pas comme au restaurant, c’est pas « à la carte ». J’abdique, alors que je connais mes capacités à encaisser la douleur, est-il si difficile que ça de respecter les choix des patients ? Il me pose sa péridurale, je suis consciente qu’il a galéré, pourtant j’ai prévenu lors du rdv anesthésiste que j’étais très sensible du dos à cause de ponctions lombaires pratiquées enfant sans anesthésie, mais l’ont-il seulement pris en compte, pris connaissance, noté sur mon dossier ?

La péridurale ne fait aucune différence, on attend, le travail s’est arrêté. Il est 16h maintenant. La sage-femme vient me voir. Elle me dit que si dans une heure la travail n’a pas avancé je passe en césarienne. Je suis surprise, pour un premier accouchement, on me laisse si peu de temps de travail, j’en ai lu des récits d’accouchement pendant ma grossesse. Je sais qu’un premier accouchement peut être très long, et là au bout de 6h de travail, on me passe au bloc. Je ne comprends pas, j’ai pas le temps d’acquiescer et qu’elle est déjà repartie. Les sentiments sont partagés, entre la sensation d’être une petite fille qu’on réprimande, « si t ‘as pas fait ton travail, on t’opère » et l’acceptation de devoir faire confiance au corps médical, se dire qu’ils ne font pas ça sans raison ? Oui mais alors pourquoi ? Une heure se passe, je conviens avec mon mari, que je veux qu’il suive notre enfant, pas question qu’il m’attende devant le bloc. Je veux que notre fils voit un de ses parents au moins.

Le travail n’a pas repris, finalement, ils m’ont laissé plus de temps, il est pas loin de 17h30 … La sage-femme revient avec une tondeuse pour me couper les poils pubiens, elle n’y va pas en douceur, et elle me fait un mal de chien. Je réalise que ce n’est pas normal, mais là encore je n’ai pas le temps de lui dire, elle est déjà repartie. J’en fais part à mon mari, « c’est quand même pas normal de sentir le rasage avec une péri ? » Il essaye de me rassurer. On me passe sur un brancard, je demande la présence de mon mari dans le bloc, ils n’y voient aucune objection. Mon mari part se préparer. J’arrive au bloc, en scrutant la porte, j’ai froid, je claque des dents. On me badigeonne de bétadine. Ils respecte le protocole, sauf que la réponse n’est pas celle attendue :

« Madame, est ce que vous sentez du froid ?

Oui

A droite ou à gauche ?

Partout

Je lis sur leurs visages une certaine surprise. Ils s’affairent autour de moi, on me mets les bras en croix on me sangle les poignets, les jambes, le torse. Ils commencent à basculer la table, dans le but de faire circuler le produit de la péridural, en vain. L’obstétricien demande une anesthésie générale que l’anesthésiste refuse. On me consulte pas je n’ai pas mon mot à dire, la sentence tombe : « on peut plus attendre, on doit commencer ».

Là, tout devient confus, heureusement la douleur trop fulgurante m’a laissé qu’un voile de souvenirs, juste de petites anecdotes. J’ai développé comme un syndrome de Stockholm vis à vis de mon bourreau, l’anesthésiste pourtant responsable de la mauvaise mise en place de ma péridurale, celui là même qui venait de refuser mon anesthésie générale est devenu mon point de repère, ma bouée de survie. Il me guide, me tend un masque pour m’aider à gérer la douleur, je me focalise sur lui parce que mon mari n’est pas là, je me reporte sur lui, le seul visage que je connais. Il me parle, me dit de respirer, car je ne suis plus capable de faire ça seule. Il doit s’absenter, comme il ne me dit plus de respirer j’ai arrêté de le faire. Une femme, une infirmière ? Me dit « respirez madame, respirez». C’est trop dure j’ai trop mal, ça dure trop longtemps. L’anesthésiste revient reprend sa liturgie : respirez, respirez, respirez … On vient de m’arracher les tripes, on m’interpelle, je tourne la tête, on me montre mon fils, je n’ai pas le temps de le voir, ni même l’honneur de le nommer. On m’a juste dis qu’il était très beau.

Je suis seule et vide, on est en train de me recoudre « Arrêtez de bouger madame ! ». Cela semble durer une éternité, ça n’en était pas loin 1h30 de boucherie. Lorsqu’ils ont fini, je me mets à pleurer, l’anesthésiste me demande pourquoi ? POURQUOI !!

Quand je sors du bloc je suis mise en salle de réveil, le temps de me transférer dans ma chambre. Chambre qui n’aura pas été préparée pour une césarisée. Mon mari est là, semble soulagé, il n’a pas pu rentrer au bloc, ils lui ont juste dit que ça se passait mal et qu’il ne pouvait pas rentrer. Il a notre fils dans les bras, il le pose sur moi. Je suis incapable d’éprouver quoi que ce soit. Pourtant il me prend en photo, cette photo j’ai juste envie de la détruire.

J’aimerais dire que ça se finit là, mais le reste n’a était qu’un enchaînement de contrariétés dû au personnel médical, dû à l’incompétence de ressentir la moindre empathie. Je n’étais qu’une pauvre césarisée, rien de révolutionnaire la dedans.

Mercredi, matin, :« allez debout madame, faut se lever !

Je peux pas, j’ai trop mal.

Elles disent toute ça, mais votre douleur est psychologique. C’est juste que vous imaginez où a coupé le scalpel. ». J’avais juste envie de lui hurler dessus !

Je lui réclame mes cachets pour éviter la montée de lait, mais visiblement aucun de mes choix ne peut être respectés. Je les aurais 3 jours plus tard après les avoir réclamé de nombreuses fois. Avec des arguments bidons, du genre « ah mais vous auriez du les apporter ». Oui mais voilà j’ai accouché avec 4 semaines d’avance donc les cachets je les ai pas… Je leur ai signalé que je faisais une allergie, j’avais le dos en feu et il me démangeait énormément, ça n’a jamais été prise en compte. C’est ma mère qui a acheté un traitement en pharmacie et mon mari m’appliquait la crème pour soulager mon calvaire. Il existait également un psy envoyé lors des accouchement difficile, je ne l’ai jamais vu.

Lorsque j’ai été enceinte de mon deuxième, j’ai demandé mon dossier médical. J’ai appris que je commençais une toxémie gravidique, que mon fils était en souffrance fœtal … Mais auparavant sur le carnet de santé de mon fils, j’avais appris que mon accouchement avait été déclenché, à aucun moment je n’ai été prévenue de ce déclenchement. J’avais bien compris qu’on m’avait décollé les membranes le lundi soir, mais cet acte également aurait dû m’être mentionné.

Aujourd’hui, 7 ans après, cette césarienne m’a laissé en héritage une adhérence, j’en ai fait part au gynéco mais là encore « c’est assez fréquent » fut sa seule réponse…

Cindy- son premier enfant -76

4 Oct

J ai 28 ans et je vais vous faire partager la naissance de mon premier enfant.

La naissance d une maman.

Nous sommes lundi 20 mai , j+1, rendez vous de dépassemen’ de terme à la maternité. J en peux plus, je veux voir ma fille, je ne fais que pleurer. Je craque avec la sage femme, que je connais car elle m’a suivi lors de ma menace d accouchement prématuré. Elle me fait acupuncture, décollement des membranes. Pas une seule contraction a l horizon….Le soir, chéri me fait un massage bien appuyé en bas du dos avec huille essentielle qui sont censées déclencher contractions et intensifier le travail.nous nous couchons et là grosse contraction soudaine. Il est 00h12. Saisi par la douleur et surtout la surprise, je crie un peu. Le futur papa comprend tout de suite que c est pour cette nuit et moi aussi. Je vais prendre une douche, graine un peu, contractions toutes les 7 minutes. Puis brusquement toutes les 5 minutes. On part…Arrivée a la maternité à 2h15. On attend assez longtemps, y a du monde apparemment. Le sage femme arrive, me demande ce que j ai décide pour gérer la douleur. Je lui dis le plus longtemps possible sans peri, jusqu’au bout si je tiens. Il ne me parlera plus jamais de peridurale a partir de ce moment! Monito vers 3h. Les contractions s intensifient. Je ne tiens plus allongée, je finis debout accrochée au monito. Le sage femme revient, il voit ma tête, il comprend que ça s’accélère. Il n y a pas de salle de libre, ils sont en train d’en préparer une. On va marcher dehors et là les choses sérieuses commencent… énormes contractions toutes les 2min30/3min…. au bout de 10 min on retourne dans la maternité et là j attends au moins 30 min dans le couloir. J’en peux plus. Je me cramponne à ce que j ai sous la main a chaque contraction… le futur papa, le mur….Le sage femme revient enfin, direction la salle nature et la bain après auscultation. Il ne veut pas me dire ou j en suis, au moins a 6 car monito continu a partir de maintenant. Dans le bain, je n ai plus de répit entre les contractions, je n y arrive plus, je veux mourir, me noyer dans cette baignoire ou je ne sais plus comment me mettre. Je vois mon homme qui n en peut plus de me voir souffrir…je demande une anesthésie générale ! Lol mais je n emploie pas le mot péri !!! Bah non j en veux pas au fond de moi !!! Le sage femme est super zen, il passe de temps en temps, dit que l accouchement se passe très bien, que ca va vite et que c est très bien etc. une aide soignante reste avec nous la dernière heure. Je me dis que je ne supporterai plus une seule contraction mais elles s enchainent encore et encore. Je sors de la baignoire direction la table d accouchement. Pour sortir de la baignoire….. mdr luc et l’aide soignante sont obligés de me porter , je n ai plus aucune force, je tremble de tous mes membres, mes jambes trembleront jusqu’à a l’expulsion.Au bout d un moment j ai envie de pousser, le sage femme me dit de faire comme je le sens, de pousser si j’en éprouve le besoin, il ne veut pas refaire de toucher vaginal, il dit que c est moi qui sait. Ce sage femme est génial. Je commence a pousser, luc tiens ma jambe gauche l aide soignante la droite, et le sage femme berce mes jambes entre les contractions et ça me soulage. La poche n est pas percée, le sage femme veut que je la perce naturellement, je pousse, elle sort mais ne rompt pas!!! Je la déteste ! Lol au bout de 6 à 8 poussées, il la rompt.et après ça fait encore plus mal, je ne pensais pas que c était possible !!! Maintenant c est la tête de bébé qui arrive…et la je pousse, il, me dit de faire tsss en poussant, la douleur est intense, je hurle, le ahhhh qui sort de je ne sais ou. Comment un tel cri peut sortir de moi !?! Lol je comprends tout de suite que le ahhhh augmente la douleur!!!! Je reprends mon tss, ne pousse de toutes mes forces…… ça ne passe pas….piqure de lidocaine et épisio. Le sage femme m’as laisser pousser plusieurs fois, il a voulu m éviter l episio mais pas le choix. Puis la tête sort,, je saurai après que le cordon etait autour de son cou mais pas serré. Puis les épaules. Je sens ensuite ses jambes sortir de mon ventre. C est magique. Je suis encore sous le coup de la douleur et de l intensité de ces dernières heures. Il est 6h55 et j ai ma fille dans mes bras. Pour conclure, j ai beaucoup souffert mais si j ai un deuxième enfant, ce sera sans péri !!! C est une expérience merveilleuse.

anonyme – seconde naissance

4 Oct

Je souhaitais accoucher à mon domicile, sans sage femme (car il n’y en a pas dans ma région). Mais ça s’est fini en maternité.

Pardonnez d’avance mes fautes d’orthographes. Quant à la façon de m’exprimer, c’est parce que j’ai rédigé ce souvenir le plus tôt possible par peur d’oublier des détails de cet accouchement dont je garde un excellent souvenir.

D’abord, la nuit du 26 mars 2011 ; j’avais des contractions toutes les 7 minutes environ. Donc je me suis dit « je vais peut être accouché entre cette nuit et demain » car pour mon premier les contractions ont commencer comme ça a minuit et j’avais accouchée à 20h43.

Le lendemain je suis restée beaucoup allongée, je me suis quasiment pas levée en fait. Les contractions ont diminuées (elles se sont espacées).

Ensuite la nuit du 27 pareil … des contractions ! Elles reviennent, puis au fil de la nuit se rapprochent et augmente en intensité. J’arrive a « dormir » un sommeil vraiment pas profond car je me réveille constamment gênée par les contractions. Et plus elles deviennent douloureuses, moins j’arrive à dormir. On avait le matelas par terre et juste à coté il y a une table basse a chaque contractions je m’agrippais a la table de toute mes forces pour essayer de maîtriser la contraction ; tout en respirant profondément. Jusque là … j’arrive a maîtriser ça va. J’ajoute aussi que je vais au toilettes plusieurs fois par heures ; bébé appuie sur la vessie car il descend grave. A ce moment j’ai aucune idée du stade du travail. En réalité le col de l’utérus était en train de se dilater ; car toute la dilatation du col s’est faite à la maison.

Vers 7h00 ça commence a devenir vraiment dur ! Je vais souvent m’asseoir sur les toilettes à l’envers (le ventre vers la chasse d’eau et le dos face à la porte). J’ai l’impression que ça me soulage un peu. J’appuie ma tête sur le mur car je suis trop fatiguée … mais il fait froid dans les toilettes alors je reste pas plus de 15 minutes maximum après je retourne au lit, puis quelques minutes plus tard je me relève pour y retourner a cause des contractions … ainsi de suite (je sais pas combien j’ai fait d’aller retour).

J’ai pas vraiment regarder l’heure ; je l’ai regardée que deux fois à 7h00 et vers 9h00 je crois.

Entre 8 et 9h les contractions sont très très très fortes, je vais me rasseoir sur les WC et je me plaint de la douleur ; et j’ai des mauvaise pensées sur mon mari car il dort et ça me saoule de le voir dormir alors que je ne peux pas lol. A partir de là, la douleur commence à me faire gémir, j’essaie de respirer comme j’ai appris, j’inspire profondément et j’expire lentement … mais bon quand ça fait mal … ça fait mal ! Je me dis que j’y arriverais jamais (a accoucher ici a la maison) ! Malgré que je garde espoir. Je fait que dire « aïe aïe aïe » que j’ai mal ect … Puis trop c’est trop ! J’appelle mon mari et en plus de ça mon premier se réveille.

Je vais a la salle de bain, sous la douche. L’eau me soulage grave !! Ca fait trop du bien l’eau chaude. Mais ma douche est pourrie !!! Elle refroidie trop vite ; alors faut couper l’eau de temps en temps pour que l’eau chaude revienne. C’est horrible ! les contractions sont insupportables, je cogne ma tête contre le mur pour avoir mal ailleurs ; et mon mari me dit stop.

Je demande a mon mari si je peux rentré dans la baignoire de mon fils (j’avais plus toute ma raison) ; et bien sur il me répond que non (beh oui c’est trop petit lol). A ce stade je pense que j’avais le col dilaté a 10 cm ; mais le problème c’est que je ne le sais pas du tout. Puis j’ai commencer a perdre la raison a cause de la douleur du coup je suis incapable de réfléchir et de me dire que c’est probablement le moment de pousser ! En tout cas ce qui est sur c’est que j’ai plus de raison, je peux plus me contrôler, la douleur est trop intense.

Je me met à quatre pattes dans la douche ; et mon mari m’arrose avec de l’eau chaude ; mais l’eau ne fait plus rien a ce stade du travail.

J’ai trop mal j’en peux plus ; j’arrive même pas a pleurer. Je dis a mon mari que je dois partir a la maternité (car en fait je me sens perdue je sais plus quoi faire, j’ai mal et je sais plus ce que je dois faire) ; il essaie de me retenir encore un peu car il sait que je voulais vraiment accouchée a la maison. Il y a mon premier qui crie avec moi de temps en temps c’est « drôle » lol.

Je vais toucher mon vagin je sens la poche des eaux. Elle veut pas se percée !! J’ai mis du temps avant de comprendre ça ! Et là première insulte : « Elle veut pas se percée la salope » (désolée pour la vulgarité). Mon mari rigole.

Mais là je peux plus ; je crois toutes les 2 ou 3 minutes je contracte ; donc je hurle en même temps. Et je dis a mon mari qu’il faut vraiment aller a la mater car je ne sais pas ce que je dois faire, n’ayant pas imaginer que la poche des eaux puisse refuser de se percée… On appelle ma cousine. Il faut que je m’habille avant qu’elle arrive, mais le problème j’arrive pas a bouger a cause que les contraction sont trop rapprochées ; elles me paralysent. Je suis toute mouillée, je sais même pas si je me suis séchée le corps, je crois pas. Je n’arrive pas à m’habiller, c’est mon mari qui le s’en charge.

Je suis a quatre pattes dans le couloir de l’appart, mon fils qui me regarde ; je hurle toujours a chaque contractions. Ma cousine me dit qu’il faut que je me leve, qu’il faut partir de suite mais j’arrive pas a me relever j’ai trop mal !! CA pousse entre mes jambes ça fait mal ! Je lui dit que j’ai mal que ca pousse, que j’ai envie de faire pipi ; que y a la poche des eaux qui veut pas se percée et qu’il faut qu’on me la perce tout de suite lol ; elle rigole et me dit que elle peut pas faire ça ; c’est aux sages femmes de le faire, qu’il faut qu’on parte mtn ! Je lui dit « et si elle se perce dans ta voiture ? » Elle me dit que c’est pas grave c’est que de l’eau lol.

Elle m’aide a me relever, et on part … dur dur de descendre les escaliers ! En bas de l’HLM on croise la femme qui s’occupe des poubelles et du ménage de l’HLM. Je m’accroche a la rampe car je sens que je vais contracté ; je souffle comme une folle !

La femme de ménage me regarde d’un air choqué (peut être surpris) ; elle demande si je suis tombée dans les escaliers, personne lui répond (je crois qu’ils ont pas entendu) ; j’ai peur qu’elle croit que mon mari m’a battue lol ; alors je lui dit « ‘j’accouche ! ». J’ai pas assez de force pour faire une phrase lol car il faut que je respire.

Ma cousine me demande ou je veux m’asseoir dans la voiture, je lui dit que je m’en fiche !! Puis je regarde sa voiture (c’est une sept place) je vois que derrière c’est un peu serré alors je lui dit que je vais me mettre devant a quatre patte car j’arrive pas a m’asseoir (beh oui j’ai la poche des eaux a l’entrée du vagin et bébé juste derrière (et je sais pas encore que bébé et juste derrière lol). Du coup je monte devant ; a quatre patte ; la tête entre les deux sièges (conducteur-passager). On démarre et on part. Je lui dit que j’ai envie de crier lol alors elle me dit « vazi crie » alors je hurle comme une tarée. Je dis a mon mari d’appeler l’hôpital pour les prévenir que j’arrive !!
Bref on arrive aux urgence maternité ça doit être 11h moins 20; des femmes viennent à la voiture avec un fauteuil roulant … je leur dit que je peux pas monter sur ca car je peux pas m’asseoir !! Contraction qui arrive … elles doivent patienter avant de me faire descendre car je peux pas bouger quand je contracte.

Elles m’emmènent dans une pièce de consultation (c’est pas la salle d’accouchement) ; elles veulent m’ausculter pour voir a quel stade je suis. Elles m’aident a m’allonger sur le siège de consultation ; je soulève ma robe ; elle me place un tuyau au bras ; le monitoring sur le ventre. Il est 11H moins 10.

Elles me demande si je veux la péridurale ; je leur répond que a mon avis c’est déjà trop tard !!! (Et tant mieux car en vrai j’en voulais pas mais parfois on se laisse vite influencer!) Alors elle me dise on va voir … elles regardent et la elles me disent que y a la poche des eaux ; je leur dit que je sais et que ça me fait mal (c’est quand même pour ça que je suis venue!) ; et elle rajoute que bébé et juste derrière donc va falloir pousser !

Elle vont chercher une cuvette en plastique ; et l’installe sous moi pour percer la poche. C’est vraiment pas confortable et je leur fait savoir ! Alors elles ont intérêt a se dépêcher ! Une des sage femmes perce la poche et la « Ah ca fait trop du bien !! » même ma cousine m’a entendu dire ca dans le couloir. Je sens l’eau qui part ça soulage grave (il parait que la sage femme est toute mouillée moi j’ai pas eu le temps de remarquer).

Et la je commence a pousser !!

A chaque contraction je dois pousser ; elles ont pas de machines pour savoir quand je contracte donc c’est a moi de faire attention a quand la contraction arrive pour bien respirer et pousser (ce qui est mieux d’ailleurs). En fait j’inspire profondément et j’expire lentement en poussant (car j’ai lu que ça diminue les risques de déchirures). Pour le moment les sages femmes me disent rien sur ma respiration et me laisse faire.

A chaque fois que je pousse on me dit que bébé et juste là alors que je dois pousser encore. Au début j’y croit (elles me mentent pas mais disons qu’on avait pas la même signification de « il est la »). Au bout de la troisième ou quatrième poussée par la j’en ai marre qu’on me dise qu’il est là ! Alors je demande a mon mari « tu le vois ou pas ? » lol, je vois qu’il rigole et qu’il met du temps a répondre puis il me dit qu’il le voit pas encore mais que il est pas loin lol. Alors je continue a pousser puisqu’il est pas loin ! Puis on me redis qu’il est là et que je dois pousser fort et tout. Alors je les croit plus et je vais vérifier avec ma main … et la je m’enerve lol car il est pas la du tout je dis « Mais non il est pas là !!! Il est loin !! » mdr les sages femmes sont mortes de rire.

Quand je pousser çà m’énerve car des fois elle allait toucher avec ses doigt et ça me faisait mal ! Alors je disait « Mais elle me fait mal elle avec ses doigts » Elle elle répondait que c’est pas elle c’est le bébé (mais bon je sais que c’est elle qui me faisait mal).

Là bébé est vraiment là ; alors je pousse. Les sages femmes commence a me dire d’inspirer l’air ; de le bloquer dans mes poumons et de pousser ! Pour qu’il sorte. Et moi je refuse car j’ai lu que quand on fait comme ça, ca augmente les risques de déchirures ! Et je leur dit. Alors elle me dise mais non mais non (mais bon moi je veux pas les croire !) alors je continue comme je faisait encore un peu. Jusqu’à ce que je le sente bien. des que je commence a sentir sa tête qui essaie de sortir complétement la je commence a bloquer et a poussé pour expulser sa tete.

Je sens que ca me brule grave ! Alors je demande si j’ai une déchirure parce que ca me brule et tout; elles me réponde que non j’ai aucune déchirure tout va bien.

A un moment elle me disent d’arrêter de pousser ; les trois sage femmes et mon mari me disent « ne pousse plus ne pousse plus » mais c’est facile a dire hein ! C’est plus fort que moi faut que je pousse …. je met plusieurs seconde pour arriver a arrêter de pousser.

Puis j’en voit une qui se ramène avec des ciseaux ! je flippe et je lui dit « je veux pas d’épisiotomie non non non !!!! » alors elle rigole et me dit que c’est pas pour ca ; alors je comprends que bébé a le cordon autour du coup et je suis soulagée qu’elle va pas me faire d’episio lol. Finalement le ciseau n’a pas été utilisé, car c’est le papa qui a coupé le cordon après l’expulsion.

Je repousse … et bébé est là ! hop ; elles le sortent et me le donne. 11H10.

Première impression : Je suis étonnée car il est très blanc (contrairement a mon premier) puis il est pas très beau il a le nez tout aplati.

Voila voila en gros comment ca s’est passé. Il y a eu des moments rigolos, en fait je leur disait des truc qui les faisait rire mais je me souviens pas de tout.

A un moment aussi j’avais peur qu’elle appelle quelqu’un d’autre car elles commençaient à se regarder et a être bizare et tout ; alors je leur disait que je veux personne d’autre dans la pièce, que trois sages femme ça suffit, et qu’il faut qu’elles arrêtent de me stresser et de me presser. Le problème des fois ils sont trop pressés les gens ! ils te laissent pas le temps c’est stressant. Alors plusieurs foi je leur ai dit de pas me presser.

Bon elles ont dit a mon mari que j’avais bcp d’humour ; c’est vrai qu’elles étaient tout le temps morte de rire ; je sais pas ce que j’ai pu leur raconter …

Marylene – naissance d’olivia – 71

4 Oct

samedi 29 juin, on avait passé une super journée en famille, à faire les derniers achats etc a 17h roo une contraction…puis une autre et ce a 5 minutes…et pendant 2 heures du coup 2 spasfons en rentrant oh! ça passe a 3 minutes… Zhom part chercher un mcdo a Milo afin d’aller chez mes parents pour qu’on aille juste faire un monito… au cas ou lol
Arrivé a l’hosto on me fait un monito et on décide d’arrêter le travail afin de me transférer a Dijon le lendemain pour une meilleure prise en charge.
Sauf que depuis qu’on m’a injecté le Loxen je suis passé a 2 minutes et ça contracte sur plus d’une minute… Du coup on appelle en urgence le SAMU pour me transférer en espérant que je n’accouche pas dans l’ambulance…
On rigole bien tout le long du trajet, mon col apparemment a légèrement bougé mais pour un 2ème ça peut aller vite donc on se dépêche.

J’arrive a Dijon a 2h30, le dimanche et là par contre j’ai cru vivre un cauchemar… 3 personnes m’ont sautés dessus et j’ai eu le droit en pleine contraction à un TV, une prise de sang et une prise de tensçon… j’ai hurlé de douleur… là par contre le travail a été stoppé quasiment net… l’ambulancière engueule littéralement l’équipe médicale qui la fout dehors… comme je ne contracte plus on me fait repasser une énième écho pour voir le poids de bébé, la quantité de liquide et mon col malgré que j’avais eu tout ces contrôle le lundi d’avant… je monte en chambre…

Le dimanche on m’explique que comme c’est le week-end ils ne m’aideront pas a relancer le travail…je ne verrais personne… je passe la journée sur le parking avec Zhom..
Lundi matin, nouvelle équipe qui veut laisser une chance a bébé de venir seul, on tente un décollement de membranes mais ma cicatrice empêche un touché correct… je passerais ma journée a marcher sur le parking, à monter les escalier et on tente de capter des contrax sur le monito mais RAS…

Mardi matin je devais avoir un tampon d’hormones pour déclencher le travail comme convenu et 1h avant le staff de équipe médicale je sens que ça se remet en route… mon col passe a un bon 2 en moins de 1 heure… pas de tampon direct on passe a l’ocytocine pour aider a rythmer et intensifier les contractions… je ne suis pas prête je pensais qu’il me restait 24h…mais tellement heureuse de sortir de cette chambre…
comme les contractions sont bien installées je ne sens pas de différence avec l’ocytocine… ce n’est pas douloureux… je sens que çà bouge mais pas de douleur…. Par contre chaque TV me fait horriblement mal: je m’arque boute sur la table et les larmes coulent seules… les SF aussi gentilles et douces soient elles ne peuvent pas voir si ca avance…et je sens que bébé n’appuie pas assez et que ca va durer… Les sage femmes commencent a me parler de peridurale non par convenance mais car je ne peux pas rester avec ma cicatrice douloureuse… ça les désole de me le proposer car je gère niquel les contractions… à ce moment la le cœur de nenette commence a chuter a chaque contractions. C’était la seule condition pour laquelle j’aurais accepter la peridurale, si la sante de bébé ou la mienne était en danger et là, bébé a besoin d’accélérer le travail et on ne pourra qu’avec la peridurale car s’il faut partir en césarienne je pourrais être consciente…

L’interne anesthésiste arrive, c’est un amour, moi je pleure de colère contre cette fichue cicatrice douloureuse, contre cette sage-femme qui m’a massacré il y a 31 mois… Il me parle tout doucement, prends le temps de m’écouter, il me masse durant les contractions le temps que les produits fassent effet, on rigole bien, d’ailleurs avec toutes les équipes on a rigolé…
il me met une dose minime et j’ai la poire pour redoser si besoin… au moment de me rallonger sur la table, PLOC !!! je perds les eaux…. Aaaaaah c’est trop bizarre comme sensation..je chuchote a la sage femme « je crois que ca coule… » elle jette un œil et me réponds en chuchotant « je confirme » on éclate de rire!
On me met sur le côté, pour aider à la descente… j’ai alterné les positions depuis le début donc malgré la peri on continue ^^
Changement d’équipe il est 19h30… nouvelle équipe tout aussi agréable que la 1ère, l’étudiante sage femme va rester un moment avec nous, si besoin elle appelle sa collègue mais sinon c’est elle qui s’occupe de nous… mon col est a 6, Zhom decide d’aller manger on a encore le temps.
5 minutes après son départ je suis prise de tremblements je sens que je pars…je me sens mal. La sage femme revient me rassure, elle contrôle et me dis « le col est effacé » « ah d’accord (je reflechis 1 minute) effacé ?? je suis a 10 ?? » elle rigole et me dit que oui j’ai bien retenu le principe lol.
on attends un peu voir si bébé avance ou pas…les sage femmes décident de téléphoner a Zhom pour qu’il se dépêche de revenir…il n’est parti que depuis 40 minutes, il est devant la porte des urgences il a couru ^^
on me fait pousser 1 fois pour voir car je ne supporte plus cette pression dans le bassin, bébé descend tout le bassin en 1 poussée… bon ben la plus de doute on s’y mets!
Zhom arrive, ne comprend pas trop ce qu’il se passe, la sage-femme fait pour me mettre les étriers car je ne sens pas du tout ma jambe gauche je lui dis « non s’il vous plait pas les étriers, les cales pieds mais pas les étriers s’il vous plait » elle me réponds que pas de soucis et me bloque les pieds sur les cale pieds, une sage femme et la puéricultrice m’aide a écarter les jambes durant la poussée et Fx m’aide a me relever a chaque poussée.
En 1 contraction, la tête sort a moitié et là je m’arrête net de pousser et « dis j’en peux plus mon périnée va exploser » ça a fait rire tout le monde mais moi aussi en rigolant ça fait descendre bébé doucement mais je suis incapable de repousser tellement je rie.. allez prochaine contraction je me concentre et en 2 poussées sa tête est sortie.
Bébé avait le cordon autour du coup, la sage-femme clampe et demande a Zhom s’il peut se rapprocher pour couper le cordon, on me demande d’arrêter de pousser mais ce n’est pas moi qui pousse c’est bébé ^^
je l’attrape et hop bébé glisse tout seul avec le reste de liquide amniotique je l’ai sur mon ventre.
Mes premiers mots : « il m’en manque un bout !!!» de nouveau un fou rire chez tout le monde, bébé me paraissait si petit, il était tout blanc
La puéricultrice nous demande « alooors fille ou garcon ?? » euh on a oublie de regardé loool
Elle reprend bébé pour la stimuler un peu (elle avait avaler du liquide)et a ce moment on découvre notre puce au grand complet…
Moi qui crie « c’est une pepette !!!! » et Zhom qui pleure ^^

On est fou de joie !!!

J’ai juste quelques suture dans le vagin car ça a recraqué là où ma cicatrice gênait…donc parfait !!! et la sage-femme m’a fait des coutures en surjet donc reparfait !!! Zhom a fait le 1er peau à peau durant ce temps, ensuite j’ai fait mon 1er vrai câlin a ma fille, elle a rampé et gobé mon sein comme une pro ^^

J’ai récupéré la mobilité de ma jambe le lendemain a 8h30 ^^, olivia a du passer sa 1ère nuit en nurserie sous scop, et de là a commencé la valse des examens pour ma puce mais surtout la découverte de l’allaitement ^^

En fait comme c’était la nuit, pas de chirurgien de dispo sauf de garde donc la puéricultrice nous a surveillé ainsi que la pédiatre de garde pour voir s’il y avait urgence et comme il n’y en avait pas on nous a laissé nos 2 heures de découverte en famille.

Naissance de Lilian – mai 2013, Région Centre

25 Août

Le 28 mai au soir, j’ai pris un bain. Depuis plusieurs jours, tous les soirs, il me fallait mon bain, car je faisais beaucoup de « faux travail » comme on dit, et un bain chaud est très efficace pour calmer les contractions utérines. J’étais très attirée par l’eau ces derniers temps, et je ne pouvais malheureusement pas aller à la piscine.
Alors j’appréciais énormément ce moment en tête à tête avec mon bébé et mon corps.
Me voici donc dans mon bain. Et je reparle au bébé, à travers mon ventre. En lui disant qu’il est libre. Libre d’arriver quand il le pourra, et quand il le décidera. Et que je suis prête à l’accueillir, au bout du chemin qu’il devra trouver dans les méandres de mon bassin. Je vais l’aider, au maximum de mes possibilités, pour souffrir avec lui. Je lui promets que je ne le laisserai pas seul dans la tourmente. Et après ce sera super, on se fera un câlin !
Je reste environ 2 h dans ce bain, je fais de la relaxation. Et en sortant de l’eau, tiens donc une contraction ! Mais une contractounette comme je les appelle. C’est-à-dire peu douloureuse, mais je suis surprise qu’elle se manifeste alors que je viens de me relaxer complètement.
On regarde un film avec mon chéri, puis on en entame un autre, car je n’ai vraiment pas envie de dormir. D’habitude à cette heure je dors déjà depuis longtemps. Au bout de 15 min du deuxième film, une contraction, de celles que j’attendais depuis des jours, celle qui te dis : « c’est pour cette nuit », une bien longue et puissante. Il est minuit et demi. Alors je demande à V. de minuter jusqu’à la suivante. : 5 minutes. Mais sur le coup je ne veux pas savoir le rythme. Je cherche à rentrer dans ma bulle avec mon bébé. Je commence à onduler du ventre et à faire des exercices de respiration. Tout en visualisant mon bébé, tête en bas, prêt à sortir. Je dis à V que je sens qu’il faut aller à la maternité tout de suite, le bébé pousse bien sur mon col !
Je gère bien les contractions qui s’enchainent. Mais elles me semblent très rapides. Vincent, finalise déjà le départ à la maternité, avec les dernières affaires à charger. Il appelle les urgences de la maternité pour leur dire qu’on arrive dans une demi-heure. J’entends qu’il dit « contractions espacées de moins de 5 minutes ». Wouahou, ça démarre sur les chapeaux de roue. Je sais déjà que cette délivrance sera très rapide et très intense.
Nous sommes dans la voiture. Il est 1h45. Je mets un cd de musique trip hop, un peu planante. Et je commence à faire du chant prénatal. Des sons bien graves, bien longs, bien forts. Et j’entends Vincent qui chante avec moi. Sa voix très grave me raccroche au sol. Car les vibrations de la voiture en position assise ont tendance à me stresser et à me faire couiner. Non, je reviens à mon bébé, j’imagine que nos deux voix grave sont un flux d’oxygène pour notre bébé, qui m’appuie déjà beaucoup tout en bas.
Nous traversons des bois interminables, avec des risques de croiser du gibier. V. klaxonne pour éloigner les éventuelles biches ou sangliers. Le bois se termine juste avant la maternité… Quand j’y repense maintenant, ils ont du nous entendre arriver : tut tut tut on arrive, tut tut tut on va avoir un bébé !!! C’était comme si Vincent annonçait au monde entier que son bébé allait naître ! tut tut tut !
Nous arrivons à la maternité. V. se présente seul à la sonnette, car je suis terrassée par une contraction et je me sens assez mal. Je reprends mes esprits, et je vois l’auxiliaire arriver à la portière en courant avec un fauteuil, « ca va madame ? le bébé est là ? » « Non, non, il va pas tarder mais je peux marcher » « ouf, vous m’avez fait peur ». Elle me plait cette auxiliaire, elle est rigolote et bienveillante.
Je m’engouffre dans la maternité, et là, la sage-femme de garde arrive avec un grand sourire : eh oui on se connait déjà, elle s’était occupée de moi pour une fausse alerte la semaine passée ! C’est Lydie. Elle me propose comme test : ascenseur ou escalier ? Je choisis les escaliers, car j’ai vraiment besoin de bouger après ce voyage de 30 minutes assise ! Ça fait du bien mais je sens que le bébé est très bas quand même…
On s’installe pour le monitoring, impossible pour moi de rester sur le dos. Je me connecte à cet instant aux millions de femmes à qui on a imposé cette position, eh bien, je ne peux pas rester sur le dos, je les admire toutes ces « anciennes », car la douleur est pour moi intenable. Heureusement on peut faire le monitoring sur le côté. Tout se passe bien pour bébé. On palpe le col : dilaté à 7 cm !!! Il ne me reste que 3 cm à ouvrir avant de pouvoir toucher et embrasser mon bébé !!! La sage-femme me félicite d’avoir pris les escaliers ! Et me dit « on va passer en salle de naissance directement » « ah bon ? le bébé arrive vraiment ? » « oui vous avez déjà bien avancé sans nous ! Voulez-vous un bain ? » Mais bien sûr ! Le bain c’est un cadeau pour mon corps à cet instant ! Alors on se met en marche pour la salle de naissance. J’ai choisi la salle nature. Un endroit pas trop grand, avec des lumières bleues (on peut choisir la couleur rouge vert jaune bleu…) , des gros ballons, deux écharpes pendues au plafond, et un lit immense, de 3 mètres sur 3 je crois. Au milieu trône la baignoire ronde et profonde. L’eau y coule déjà. Je me dépêche d’y entrer dans ce paradis d’eau ! Car je n’ai jamais été autant attirée par l’eau qu’en cette fin de grossesse et cette nuit d’accouchement. Après une heure, la sage-femme me propose de regarder ou en est la dilatation. Le col est ouvert à 9, et nous sommes arrivés depuis à peine une heure trente. C’est très rapide ! Je dis à mon bébé que le passage est ouvert, je me concentre sur sa descente. Les contractions défilent et sont très atténuées grâce à l’eau, et à mon mari qui est là, toujours là; Il me brumise, il me parle un peu, il met de la musique, je continue à chanter, dans mon monde avec le bébé. Et bam une énorme contraction qui me fait hurler « ça pousse ça pousse !!! » La sage-femme arrive et je viens juste de rompre la poche des eaux dans l’eau, ça a fait comme un nuage en forme de champignon… Et moi qui croyais que le bébé arrivait, eh bien non, pas encore… Et mauvaise nouvelle pour moi, il faut sortir de l’eau. C’est très difficile, je me souviens que ce moment a été un tournant dans l’intensité de cet accouchement… Je suis tombée à genou et j’ai fait la majorité du travail à genou ou à quatre pattes. Position idéale pour que mon chéri me masse. Il ne m’a jamais massé aussi fort, ni aussi bien, c’était exactement ce dont j’avais besoin : des grandes mains puissantes qui s’enfoncent dans mon dos, et qui répondent à ces contractions si intenses dans mes reins !
Je sens à un moment que je suis comme écartelée et la sage-femme m’encourage à pousser, mais je n’y arrive pas !!! Je fais des « ho hissss » en chant prénatal, mais ça ne me soulage plus. Alors j’arrête de chanter les deux contractions suivantes… Grosse erreur, la douleur est insupportable, je pense immédiatement à la péridurale (d’ailleurs impossible à ce stade de l’accouchement)!!! Je reprends donc mes sons graves au prochain spasme, et la douleur redescend très vite. Par contre je n’arrive toujours pas à sortir mon bébé. Je sens le monitoring permanent. Je me dis que mon bébé est là tout près, mais rien n’y fait. La sage-femme me dit « allez, il faut vraiment aider ton bébé » « oui je veux l’aider, de tout mon cœur, de tout mon corps », la sage-femme me propose de l’aide, que j’accepte. Alors il va falloir passer de la position à genoux parterre à la position allongée sur le lit, avec mon mari derrière moi, pour que la sage-femme ait accès à la délivrance. Cette position je la tiens deux secondes montre en main ; je me plains et roule sur le côté. Beaucoup plus confortable si je puis dire, alors que ce sont là les contractions les plus fortes. Je sens mon bébé faire le yoyo, car mes poussées ne sont pas assez fortes ! Et ça m’énerve vraiment, je deviens vulgaire et très en colère contre moi-même de ne pas être capable d’aider mon bébé !!! J’entends que la sage femme me parle, mais je ne comprends pas ce qu’elle me dit : la musique est trop forte !!! C’est Amy Whinehouse, choisi dans l’urgence par mon petit mari. Génial, mais là, ça ne m’aide plus ! Vincent baisse le poste… Ah ça va mieux, et je peux faire équipe avec Lydie ! Puis je parle à mon bébé je me souviens lui dire, enfin lui hurler plutôt « allez mon bébé sort !! » Le fait d’extérioriser cette colère permet finalement la sortie de la tête. Puis le corps sort comme sur un toboggan… A ce moment mon mari m’a dit par la suite qu’il a eu besoin de ses deux bras pour pousser contre ma main. C’est inimaginable, la force de cette poussée. Simplement, les corps parlent… Avec en fond le Cd d’Amy Whinehouse…
On me tend mon petit, avec ses grands yeux, je me souviens de son regard et de son cri rauque. C’est un petit garçon ! Je le savais ! On l’appelle Lilian ! Il est grand ! Le papa coupe le cordon puis prends notre fils sur lui car je dois maintenant repousser pour le placenta. Je trouve ça difficile, alors que c’est rien du tout comparé à ce qu’il vient de se passer ! L’auxiliaire note l’heure de naissance : 5h20, le 29 mai. Les filles me disent que mon mari a même poussé avec moi de toutes ses forces ! En fait, il a réussi à se faire sa place dans la bulle, et il a suivi jusqu’au bout !
Lilian crie toujours avec sa voix rauque, et je m’inquiète (déjà !). La puéricultrice m’explique qu’il a dû boire la tasse en sortant et que du coup quelques mucosités le gênent. Elle l’aspire un peu, et Lilian se calme par la suite. Elle me dit aussi qu’il s’est engagé avec une main sous le menton, à la façon d’un penseur ! Je comprends alors pourquoi on doit me recoudre un peu (2 points, ça va) ! Je grelotte, cet instant me parait très long. Je veux juste être au chaud avec mon bébé sur moi… Le papa discute déjà avec lui et avec humour… et je les vois tous les deux, c’est très émouvant, ce sont mes deux hommes à moi.
Les deux heures de peau à peau passent trop vite, je pense à chanter une belle chanson à Lilian pour l’accueillir. Celle que j’ai chantée depuis quelques semaines quand il était encore dans mon ventre. Le papa sort fumer une cigarette, il l’a bien méritée sa pause, car il s’est beaucoup donné dans cet accouchement. Il a pris son rôle au sérieux et m’a accompagnée de la meilleure manière qui soit ! Je le félicite et mon bébé aussi. Je leur dis que je suis très fière d’eux : on l’a fait ! Cet accouchement sans violence, on l’a fait !!! Puis, après la mise au sein très timide de la part de mon bébé, il finit par s’endormir. Contre moi. Bien au chaud, car depuis la sage-femme m’a ramené des couvertures. On remonte ensuite dans la chambre, avec mon bébé contre moi… Je ne le quitte pas, et je n’en reviens pas de le voir enfin. Je t’ai tellement imaginé, et tu es là, tout chaud, tout blotti contre moi. Tu dors paisiblement, et je t’admire sous toutes les coutures. Je n’en reviens pas que tu sois là. Je n’en reviens pas de tout cet amour qui vient de se déverser sur nous trois. Je me sens très forte ; Aucune envie de dormir, de me reposer. Juste envie d’être là, de t’écouter respirer.

Merci à Lilian pour la belle descente qu’il a réalisée en 5h! Merci à V., mon chéri, qui a été ma béquille inestimable pendant cet accouchement. Merci à L la sage-femme passionnée par son métier, M l’auxiliaire puéricultrice, toutes deux pour leur douceur et leur professionnalisme. Merci à Anne, qui m’a appris et guidée dans le chant prénatal en quelques séances magiques. Merci à l’eau et au chant prénatal d’avoir pu m’aider à accompagner Lilian dans cette spirale de sensations fortes.

Séverine, naissance de Samuel et Noah, Août 2012, en Seine et Marne

6 Juin

2012-08-13 17.32.50J’apprends lors de mon premier rendez-vous pour mon suivi de grossesse que j’attends des jumeaux ! Je suis émue, heureuse… et fière aussi !
Je connaîs bien mon gynéco, il m’a suivie pour mes grossesses précédentes (deux), c’est le chef de service, il exerce à l’hôpital, comme ça mon suivi se fait dans la mater ou j’accoucherai à 20km de chez moi. Il me dirige toutefois vers sa collègue, plus habituée aux « gémellaires et aussi plus disponible pour un suivi qui se doit d’être plus important que pour une grossesse simple. J’aurais donc droit à chacune de mes consultations à une échographie.
Ma grossesse se passe plutôt bien, mis à part l’inquiétude qu’une grossesse gémellaire peut apporter, la peur d’accoucher beaucoup trop tôt, de perdre un bébé, qu’il y en ait un des deux qui grossisse moins bien que l’autre…etc, et mis à part bien sure les douleurs et petits « bobos » habituels. J’ai quand même de très forte douleurs ligamentaires. A 6 mois, je suis aussi grosse qu’une singleton à terme. Mais ma gynéco est extra, elle me donne confiance, me dit de « m’écouter ». Le suivi est super ! Contrairement à mes grossesses précédentes pendant lesquelles j’ai du être hospitalisée car mon col s’ouvrait dès 4/5 mois de grossesse, là mon col tiens bon ! Je suis peut-être moins stressée, quoique.. !? Plus mûres aussi (j’ai 33 ans, j’en avait 20 et 21 pour mes filles), plus sereine, plus à l’écoute de mon corps.
A mon rendez-vous des 7 mois mon col est ouvert à 1 cm, je m’y attendais car j’avais eu plus de contractions ces derniers temps, mais je suis rassurée: à presque 32 SA mes bébés sont « viables » ! On ne vit pas une grossesse gémellaire comme une grossesse « simple », chaque semaine est une victoire ! On m’hospitalise 2 jours pour une cure de célestène, pour activer la maturation des poumons au cas où… Je m’y attendais, j’avais même préparer une petite valise ! Quand je sors de l’hôpital je termine les derniers petits achats pour les bébés, il vaut mieux se tenir prêts ! J’aimerai tenir encore 2 semaines…
Quelques jours plus tard, mon mari part travailler et peu après son départ j’ai comme une fuite urinaire, je vais au toilette et quelques minutes après, encore une ! Là je me dit que non, c’est un peu plus que ça ! La poche doit être fissurée, j’appelle mon mari pour qu’il revienne me chercher et on pars à la mater. Je n’ai pas plus de contractions que d’habitude, je me dit que peut-être on va m’hospitaliser pour essayer de faire tenir quelques jours de plus car je suis à 32 SA + 4 jours.
Arrivés aux urgences mater, on me confirme que je perds bien les eaux, on me fait un long monitoring, une échographie , perf… Le gynéco de garde veut me faire la cure de céléstène, je lui indique que je l’ai déjà eue ! (a-t-il lu mon dossier???) Sur le monito, les contractions sont quand mêmes régulières, mais pas douloureuses. Comme c’est une maternité de niveau II, il manque une semaine et demie pour que j’accouche ici, d’ailleurs on ne me dit pas que je vais accoucher, on me dit que je vais être transféré dans une mater de niveau supérieur, par chance il y a une place à moins de 50 km de chez moi ! On m’explique que peut-être on va pouvoir me faire tenir un peu plus ; 24h peut-être…
Je pars donc avec une ambulance du SAMU. Mon mari me rejoindra en voiture. Une équipe sympa, l’ambulancier met sa main sur mon ventre pendant les contractions, sa femme est enceinte, en fin de grossesse. Les contractions s’intensifient avec le trajet (ça remue une ambulance du SAMU!), elles deviennent douloureuses, et plus fréquentes, environ toutes les 5minutes.
Arrivés sur place, on ne me met pas en salle de naissance directement, mais dans une salle d’examen, on contrôle mon col, il est à 4cm, on ne pourra pas arrêter les contractions (sans blague?!). On me met en salle de naissance, me monitor, mon mari arrive, on nous laisse seuls, nous expliquant qu’on est quand même surveillés via le monitoring… Je suis sous anticoagulant depuis le début de ma grossesse, aussi on me dit que ça risque d’être limite niveau temps pour la péri car il faut un certain laps de temps entre la dernière injection et la péri (je ne sait plus combien…) , mais on appelle quand même l’anesthésiste. Moi je m’en fiche je n’en veut pas de la péri ! Les contractions sont maintenant bien douloureuses et très rapprochées, tout va si vite ! Je sers fort la main de mon mari à chaque contraction, j’essaie de souffler, de gérer la douleur . Je dit à mon mari que je sent que ça pousse, il appelle la sage-femme, elle me refait un TV, je suis à complète dilatation, je suis arrivée il y a une heure environ ! Une échographe arrive, mon mari la préviens qu’elle n’aura sans doute pas le temps elle fait vite, très vite (les bébés n’ont pas changés de place : J1 en céphalique, J2 en siège latéral.) Je dit à mon mari qu’il faut quand même se décider pour le prénom du 2ème car on ne s’était toujours pas mis d’accord ! La sage-femme appelle son équipe RAPIDEMENT ! Tout le monde arrive dans la salle de naissance : en plus de l’échographe et de la sage femme déjà là, une autre sage femme, deux puéricultrices, deux obstétriciens, deux infirmières, l’anesthésiste…12 personnes au total !
L’anesthésiste me met sous un masque avec du protoxyde d’azote. On me dit de pousser, mais il y a tant de monde et tout va tellement vite que je suis un peu « déconnectée », mon mari me le répète, là je capte ! Je pousse fort, une fois, Samuel est là ! On me le tend pour un petit bisous bisou, puis on doit l’emmener. Même après J2 n’est toujours pas dans le bon sens, on doit me faire « une version interne » , sans péri, je le sens passé, c’est vraiment pas agréable ! En plus c’est l’élève obstétricienne qui essaie en premier, et… n’y arrive pas, alors le gynéco en chef recommence ! Lui me fait vraiment mal ! Mais ça y est, bébé est dans le bon sens, je peu pousser, une fois, deux fois, et Noah est là ! Oh c’est magique! Lui aussi un petit bisous et il pars ! Je suis heureuse, les larmes aux yeux. Mon mari pars voir les petits, il reviens avec les puéricultrices et nos deux bébés dans une couveuse ! Ils me les ont emmenés que je les vois avant de les emmenés en néo-nat. Ils sont plus gros que ce que j’avais imaginé vu le terme : 1kg7 et 1kg9 ! Ils respirent seuls ! De vrais champions !
Je n’ai pas eu d’épisio, juste une petite (vraiment petite) déchirure. On me garde 2 heures en observation, je suis debout juste après ! Je retournerais voire mes deux merveilles vers 22h dans le service de néonat’. Ils y resteront 2 semaines, puis 2 semaines en néonat de l’hôpital près de chez moi. Des vrais champions !
J’ai commencé à perdre les eaux à midi, mes fils sont nés à 16h53 et 17h04, tout à été très vite, s’est bien passé, et je garde un bon souvenir de mon accouchement.

Marie – Juin 2011 – naissance d’un premier bébé en toute rapidité – Loire Atlantique

6 Juin

Un accouchement comme je le souhaite à toutes les mamans.

2h08 : réveil en plein milieu de la nuit, tout d’un coup ultra-réveillée. Je ne mets que quelques secondes à réaliser que je viens de perdre les eaux dans mon sommeil (profond).

Aucune douleur d’avant-garde (si ce n’est des mini contractions régulières depuis 48h mais non douloureuses).
Je me glisse hors du lit et file prendre une douche. Je réveille mon mari en douceur en lui disant que rien ne presse mais que nous allons devoir partir à la maternité.
Un petit coup de fil pour les prévenir de notre arrivée, nous partons par cette chaude nuit d’été dans la campagne.
Les 25 premières min de trajets se passent bien … les 5 dernières moins – je n’aurai jamais cru qu’une poignée de voiture pouvait être si résistante.

Arrivés à la maternité à 3h15, nous ne prenons pas les escaliers (pour une fois) mais l’ascenseur et retrouvons la sage-femme de garde qui nous accueille et nous installe rapidement dans la minuscule salle d’examen pour m’ausculter. Surprise, elle relève la tête et me dit « vous êtes à 9 … heu je revérifie » (je pouffe de rire, pensant à une blague 😉 ).
Mais non, elle confirme, totalement dilatée, on va pouvoir passer en salle de travail.
Toutefois cette nuit semble propice aux accouchements puisque les 2 salles médicalisées sont déjà occupées par 2 mamans sous péridurales.
Un peu inquiète, la sage-femme me demande si j’avais envisagé la péridurale et semble rassurée quand je lui indique que dans la mesure du possible je préférai m’en passer … « tant mieux » répondra-t-elle … (j’imagine qu’en chambre de pré-travail – moins médicalisée – il n’est pas très envisageable de poser une péridurale …).
Traversant le couloir entre 2 contractions que je gère en faisant le dos rond, la sage-femme me demande de m’allonger sur le lit.
Mon mari toujours à mes côtés, 40 min vont se passer avant que notre fils n’arrive. 40 min où la sage-femme ne vas pas me « lâcher », elle restera présente à mes côtés pour m’aider, m’aiguiller et m’accoucher car j’étais – je dois bien l’avouer – préparer à beaucoup de chose mais pas à accoucher en moins de 2h de temps !
Mon bébé à grosse tête demandera une épisiotomie (avec mon consentement) pour sortir … et résultat quelques secondes plus tard il était dans mes bras.
Une hémorragie à la délivrance impeccablement gérée par la sage-femme (pas de perfusion posée à mon arrivée, elle m’a donc piquée et passée les produits adéquats dans la foulée), quelques points fait avec délicatesse et mini-anesthésie locale.

4h de peau à peau avec mon petit bonhomme, à regarder le jour se lever … à savourer plutôt ! Pendant qu’on me transfère en début de matinée dans notre chambre, mon mari accompagne notre petit bonhomme pour être mesuré / pesé et habillé. Pas de bain inutile, pas de gouttes dans les yeux, aucun acte invasif et toujours accompagné d’un parent …

« Trop rapide » et surprise, c’est ce que nous en ressortirons quelques jours plus tard quand la sage-femme passera me voir en suite de couche … Un travail de poussée un peu long et fatiguant (40 min), à peine efficace et sûrement prématuré mais ni moi ni la sage-femme ne nous attendions à ce déroulement !

A refaire : rester quelques temps de plus debout pour faire descendre mon fils dans le bassin et attendre de ressentir cette envie de pousser (que je n’ai jamais eu).

Je recommande à beaucoup de femmes dans mon entourage notre maternité, petite maternité tranquille, où le personnel est unanime (discours allaitement, cododo, …) , à l’écoute, impliqué, … pendant toute ma grossesse, l’accouchement, le séjour à l’hôpital et même après, un vrai point positif dans toutes ces souffrances d’accouchements !

#280 Griselda – naissance bébé 2 en structure – 2002

6 Juin

Ma deuxième expérience a été en tout point différente. J’ai accouché avec 10 jours d’avance mais le branle bas de combat a débuté une semaine
avant. On dit qu’un deuxième accouchement est plus rapide qu’un premier…, je ne sais à partir de quand il faut compter? Dix sept jours
avant le terme donc je me dis qu’il faut sans doute être prudente car c’est un deuxième accouchement qui pourrait être rapide et bien que les
contractions que j’ai ne sont pas à hurler de douleurs elles sont bel et bien présentes, sans s’arrêter depuis plusieurs heures, jour et nuit
(m’empêchant de dormir), toutes les 2 à 5 minutes. Il faut faire venir mes parents pour s’occuper de notre fille âgée de deux ans et demi avant
de pouvoir partir à la maternité. On me branche un monitoring qui révèle que j’ai bien des contractions et même qu’elles dépassent en intensité
le graphique prévu alors on me dit qu’il n’y a aucun doute que je dois être en train d’accoucher et on s’étonne de mon calme face a de telles
contractions: on me garde donc! Mais après tout un après-midi la dilatation ne bouge pas, toujours 2 cm. Perplexe on fini par me laisser
rentrer chez moi en me faisant promettre de revenir dès que besoin.
Perplexe aussi que tous leur suppositoires de Spasfon ne change rien ni à la fréquence, ni à l’intensité de l’affaire. Un jour, deux jours, rien
ne change, toujours ces contractions qui ne passent pas sans autres signes. Puis elles semblent s’intensifier et sont toutes les deux
minutes alors nous retournons à la maternité rapidement pour ne pas se faire surprendre. Même scénario: grosses contractions au monitoring,
très régulières, pas d’amélioration avec Spasfon mais toujours dilatée à 2 cm. Après 5 heures dans le service on me laisse rentrer chez moi.
Puis rebelote, des contractions un peu plus intense encore. Même chose que les fois précédentes: tout le monde est persuadé que je suis un
accouchement imminent mais force est de constater que tout le monde se trompe. A ne pas hurler de douleurs, on se demande si je n’allais pas
faire parti de ce petit pourcentage d’accouchement où la femme n’en ressent pas les douleurs? Les services des sages-femmes s’enchainent, je
pense les avoir à peu près toute vue, sans que ne se profil mon bébé. Elles s’inquiètent de savoir si après tant de temps dans cet état je ne
serais pas épuisée au moment de la poussée mais les médecins accoucheurs ne veulent pas entendre d’un déclenchement car outre que je ne suis pas
à terme en plus nous sommes au mois de mai en pleins milieu de moultes jours fériés avec moins de personnel: me provoquer c’est prendre le
risque qu’une fois le processus enclenché d’autres accouchements arrivent spontanément et d’être alors débordé. Une sage femme prend sur
elle de me proposer un décollement: seul manœuvre qu’elle est autorisée à pratiquer, douloureux mais, me promet elle, dans moins d’une heure
j’accoucherais. Ainsi fut fait… c’est en effet un acte détestable… et qui n’a absolument pas été efficace! En suivant je suis allée me
promener, monter, descendre les escaliers, les cents pas dans les couloirs, rien à faire, contracter n’est pas accoucher!!! Je croise même
une médecin accoucheur qui m’interpelle en me disant « C’est vous l’accouchement imminent?! », à quoi je répond « En effet… depuis 5
jours!!! ». La nuit suivante en allant aux toilettes je croise une sage-femme qui, moqueuse, me dit « alors on prend racine??? ». Je lui
rétorque que pourtant ce n’est pas pour la qualité des repas puisque je n’y ais pas le droit (d’un coup que…), est ce qu’elle s’imaginait
vraiment que je le faisais exprès? Après avoir passé 48 heures d’affilées dans ce service, c’est le matin du 8 mai, l’auscultation ne
révèle aucune avancée, je leur demande donc ou de me laisser rentrer chez moi ou de me provoquer. On me laisse rentrer chez moi. Je demande
qu’on appelle mon mari car c’est le petit matin et je l’avais obligé la veille à aller dormir dans un vrai lit chez nous plutôt que dans le
fauteuil à mes côtés où de toute façon il ne pouvait pas m’aider. De peur qu’on change d’avis et qu’on m’oblige à encore rester là alors que
je n’accouchais pas tout de même, je prend ma valise et vais attendre mon mari à la porte d’entrée. Comme une sage-femme s’insurge de me voir
porter ma valise je lui demande « Qu’est ce que je risque, à votre avis? D’accoucher??? ». Ce jour là j’irais à la Foire Expo, j’épilerais les
jambes de ma Mère, je me ferais un brushing…, je ne m’économiserais pas. Mon mari, inquiet à l’idée de devoir lui même m’accoucher à la
maison, me demande régulièrement comment je me sens, ce à quoi je répond, « Bien, toujours des contractions toutes les 2 minutes mais je
fais abstractions puisque ça ne me fait pas accoucher pour autant! Je suis fatiguée mais on y peut rien… ». Le soir vers 20 heures, ma fille
me demande une histoire et en sautant sur mes genoux me cogne le ventre, en suivant les contractions s’intensifient. Mon mari le remarque et veut
m’emmener à la maternité mais je refuse: « Pour qu’ils me gardent encore 48 heures pour rien?! Ça fait une semaine qu’on joue à ça, j’en suis
lassée! ». Silencieux il continue de m’observer et voyant que je masque de moins en moins bien ma gène me supplie d’accepter qu’il appelle mes
parents, la maternité. J’accepte en lui disant qu’il leur précise bien que oui j’ai pris leur Spasfon (encore), que non ça ne change rien, mais
que ça fait une semaine qu’on m’en donne sans effet et que j’accouche pas quand même! Blasée, j’accepte tout de même d’aller prendre un bain
pour voir si ça me détend, me soulage. Au bout de quelques minutes dans mon bain, je sens comme un « plok » puis des douleurs telles un séisme qui
me coupent le souffle. Mon mari me trouve dans mon bain, tétanisée et incapable d’en sortir seule. Le temps qu’il m’aide à enfiler un vêtement
mes parents arrivent et on peut partir pour la maternité. Je pense que je vais accoucher ou bien mourir de douleur! Heureusement la maternité
est toute proche car même sortir de la voiture et mettre un pied devant l’autre est une épreuve: je ne suis plus qu’un ventre secoué d’une seule
et même contraction qui ne fait que fluctuer entre « je peux faire deux pas » et « je ne peux que m’agripper au tee-shirt de mon mari pour ne pas
tomber dans les pommes » mais je n’ai jamais pu crier, ça aurait été trop de souffle gaspillé au détriment de ma survie. On m’ausculte et bien que
le monitoring n’annonce pas plus de 40 sur 100 je serais à 6 cm de dilatation: cette fois on va y être. On me propose une péridurale que
j’accepte d’un regard suppliant. La sage-femme me propose avec l’aide de mon mari de m’emmener dans la salle en face qui est une
salle-d’accouchement pour effectuer la péridurale. On me prie de m’assoir sur la table de soin en faisant le dos rond pour que
l’anesthésiste puisse effectuer son tour de magie. Je me raccroche à cette idée que grâce à elle, dans quelques minutes je ne souffrirais
plus, sinon peut être que je pourrais mourir? Et dans un souffle je susurre à la sage femme ‘Il est là, je le sens… », j’avais le sentiment
d’être assise sur mon bébé. L’anesthésiste se dépêche de faire son travail, enchaine les doses d’antalgiques car elle comprend que c’est
nécessaire puis la sage-femme me demande de m’allonger mais je ne peux pas, la douleur est telle que je suis tétanisée sans répits. Elle
m’explique que si je reste assise mon bébé ne peut pas sortir. Je lui répond dans un souffle que je comprends ça mais que je ne peux pas
bouger, c’est donc elle et mon mari qui m’allonge telle une loque que je suis, je ne suis plus moi, juste un ventre qui accouche et à qui on ne
demande pas son avis. L’anesthésiste demande à la sage-femme pour combien de temps y’en a? Elle lui répond « y’en a pour tout de suite! »
puis elle s’adresse à moi: « je sais que c’est difficile mais je vous garantie que le meilleure moyen que la douleur s’arrête c’est que votre
bébé naisse alors ne retenez rien! ». J’ai répondu presqu’en pleurant ou en riant, je ne sais plus « Je vous assure que je ne suis pas capable de
retenir quoi que ce soit!!! » A la fin de ma phrase, mon fils naissait sans que j’ai eu le temps de pousser ou de l’aider d’aucune manière. Il
est arrivé si vite qu’il s’est fêler l’épaule. Le médecin accoucheur était à côté de la sage-femme mais il n’aurait pas eu le temps de
prendre sa place. La douleur incommensurable à disparue comme si elle n’avait jamais existé. Puis, bien que je n’avais pas froid je me suis
mise à trembler de la tête au pieds, le médecin m’a expliqué que je venais d’avoir une poussé d’adrénaline phénoménale pour surmonter cet
accouchement et que c’était due à toute la tension des muscles qui devaient à présent se relâcher. Alors qu’on finissait de s’occuper de
mon fils j’ai commencé à sentir les picotements dans les jambes due à la péridurale alors je me suis mise à rire, l’anesthésiste était
sincèrement navrée et ne cessait de s’excuser de n’avoir pas pu me soulager à temps mais ce n’était pas de sa faute car elle a été présente
dès que j’étais dans la salle d’accouchement. Au moins, cette fois, je n’ai pas sentie la délivrance! On m’a félicité car j’aurais montré
beaucoup de courage mais je ne sais pas vraiment en quoi car je n’ai que résisté à la tentation de perdre connaissance, agrippée à l’idée absurde
d’une péridurale salvatrice, certes je n’ai pas crié mais c’est seulement parce que je ne pouvais pas, je n’ai pas le sentiment d’avoir
maitrisé quoi que ce soit…Puis on m’a proposé de mettre mon fils en peau à peau car il avait froid, avait le teint un peu bleu car il avait
eu le cordon entouré autour du cou. Et là au bout de quelques minutes, miracle, je vois mon tout petit chercher à téter alors simplement je lui
présente mon sein… et il le prend… et il tête… le plus naturellement du monde… quelle émotion de voir ce petit être qui n’est
pas né depuis une demi heure qui sait déjà, d’instinct prendre mon sein… chaque tétée pendant le premier mois au moins j’en avais les
larmes aux yeux: avec sa sœur ça avait été si compliqué, je m’étais convaincue que mon sein n’était pas fait pour, que je n’étais pas faite
pour nourrir mon enfant au sein. Tout le temps où j’étais à la maternité, à chaque fois qu’une personne venait me demander si
l’allaitement ça allait, si j’avais besoin d’aide, je les expédiais d’un « ça va très bien, je m’en occupe! », en aucun cas je ne voulais qu’aucune
ne vienne perturber notre équilibre puisque l’ensemble d’entre elles 2 ans et demi plus tôt n’avait pas su m’aider de toute façon. J’ai refusé
de prendre une balance chez moi qui est plus anxiogène qu’autre chose car bébé un jour prends du poids et le lendemain en perds. Je lui ai
fais confiance: il a faim, il mange et le reste du temps il est tonique, je n’ai pas besoin d’en savoir plus. J’ai refusé aussi le tire lait déjà
expérimenté avec la première qui n’a rien résolue: du producteur au consommateur sinon c’est bib’ dans le bec et basta. A deux mois j’ai
commencer à remplacer une tétée par un bib de lait maternisé pour voir s’il s’y habituait au cas où j’avais besoin de le confier: pas de
soucis, il le prenait très bien. A quatre mois on a commencé la diversification, remplaçant petit à petit mon lait par la purée, la
compote… sans aucun problème. Je l’ai allaité jusqu’à ses cinq mois et demi et puis j’ai constaté qu’il était plus intéressé par ce qui était
autour de lui que mon sein. Mon fils a toujours montré beaucoup d’intérêt pour la nourriture, non en quantité mais c’est un épicurien
alors que sa sœur se nourrit parce que c’est nécessaire pour vivre et qu’elle est raisonnable.
Pour la petite histoire: mon fils est né le 8 mai à 23h, veille de jeudi de l’ascension…

On crois souvent que les parents font les enfants mais finalement n’est ce pas les enfants qui font les parents???

Griselda – naissance 1er bébé en structure – 2000

6 Juin

Pour mon premier enfant, il y a treize ans et demi, j’ai eu un accouchement très calme… grâce à la péridurale! Quinze jours avant le
terme, cela faisait bien une journée entière que je percevais des contractions tout à fait gérables. Dans la soirée ça s’est intensifié et
rapproché, forte des conseils donnés aux cours d’accouchements, j’ai noté sur une feuille l’heure de chaque contraction durant toute la
programmation TV du soir. Après 3 heures de contractions toutes les 2 à 5 minutes j’ai proposé à mon conjoint de m’emmener à la maternité pour
contrôle. Après examen on m’a dit que j’avais commencé à dilater mais étant le tout début, il n’était pas encore possible d’affirmer que ça ne
serait pas un faux départ. On m’a alors proposé de me garder la nuit en observation. J’ai renvoyé mon conjoint à la maison pensant que si
c’était une fausse alerte, il devrait aller travailler le lendemain et qu’il n’était pas utile qu’il fasse une nuit blanche, il reviendrait me
chercher le lendemain matin avant d’aller embaucher sauf si le travail se confirmait en quel cas il reviendrait assister à l’accouchement, ou
du moins pour être présent lors de la naissance de sa fille car il ne savait pas encore s’il souhaitait être présent au moment M. Une heure
plus tard les contractions devenaient nettement plus douloureuses: on m’a proposé un suppositoire de spasfon pour voir si ça soulageait les
douleurs mais il a été inefficace, signe, parait il que nous étions bien face au travail de l’accouchement. Le matin même j’avais eu un cours de
préparation où la sage-femme nous expliquait l’importance de s’entrainer chaque jour à la respiration qui nous permettrait de mieux supporter les
douleurs parce que « les contractions, ouch’, vous verrez, ça fait mal… » et il faudrait que cette respiration soit acquise au calme pour
pouvoir la mettre en application en temps voulu… Je confirme, les contractions ça fait mal et n’ayant pas eu le temps de m’entrainer à
cette respiration je n’ai pas réussis à garder ma concentration pour l’appliquer efficacement. Une heure plus tard après maintes grimaces
j’acceptais très volontiers la péridurale proposée et la magie de cette technique m’aurait presque donné envie de demander l’anesthésiste
(femme) en mariage!!! Je percevais les contractions, les mouvement de mon bébé, j’avais une sorte de télécommande qui me permettais de gérer
moi même le moment où j’estimais nécessaire d’en avoir encore un peu et j’ai pu me reposer le restant de la nuit en attendant que le travail se
fasse.
Au petit matin, Marie, une jeune femme très douce, m’a dit que ça serait pour dans la matinée, elle a donc appelé mon conjoint pour l’avertir de
poser sa journée au travail. Puis elle m’a proposé de faire un essai de poussée pour voir si je savais comment faire. Je me suis bien concentrée
sur ce qu’elle m’expliquait, j’ai donné tout ce que j’avais d’énergie en me disant que je faisais si bien, si fort, qu’elle allait me dire « oh,
c’est incroyable, votre bébé est déjà né!!! »… pure fantasme! Quand j’ai repris mon souffle toute contente de moi elle m’a souris gentiment
et m’a dit « Ouiiiii, c’est super mais… il va falloir pousser dix fois plus fort! ».
Nous avons encore attendus pour que mon bébé descende bien et puis à un moment alors que nous plaisantions l’instant d’avant, elle m’a dit qu’on
allait procéder à l’accouchement, j’ai répondu calmement « ah bon, d’accord » et il a fallut y aller, … mais vraiment y aller! Poussée
après poussée, je me demandais comment il était possible de sortir ce bébé. Même avec la péridurale je sentais les contractions et aussi que
mon bébé était engagé et m’appuyait sur mon derrière (lieu assez peu confortable pour l’une comme pour l’autre) mais je ne sentais pas de
douleur pour autant, c’était bluffant. Épuisée, je me suis dit que j’allais encore essayer une fois mais que si ça ne suffisait pas à
sortir mon bébé de là, je demanderais qu’elle me fasse une épisiotomie pour m’aider. J’ai puisé je ne sais pas où une énergie que je ne pensais
pas détenir et que de ma vie je n’ai jamais déployée et ma fille est enfin née. Émotions, soulagement, elle était sur mon ventre, enfin et
puis pendant qu’une autre jeune femme s’occupait de mon bébé juste à côté de nous Marie a procédé à la délivrance (le placenta, tout ça…)
et avec la péridurale qui avait fini son effet ce fut le plus douloureux mais rapide et puis elle m’a dit « OK, je vais vous recoudre à présent
car j’ai fait une petite épisio’! »… J’aurais eu l’air maligne si je l’avais demandé alors qu’elle l’avait faite sans que je ne m’en rende
compte! … C’était un bel accouchement.
L’allaitement au sein par contre… J’avais dit que je souhaitais tenter cette aventure mais que j’ignorais comment faire. On m’avait assurer
qu’on viendrait m’aider pour la première mise au sein. Je savais que l’instinct de succions était assez forte dans les deux premières heures
après l’accouchement. J’attendais donc docilement que l’experte vienne me guider. Les différentes sages femmes et autre personnel s’étaient
bien présentées une ou deux fois dans ma chambre mais en coup de vent car elles étaient très affairées ailleurs. Quatre heures plus tard,
l’une d’elles me demande comment s’est passée la mise au sein et elle était surprise que je ne l’avait pas faite jusque là. On m’avait dit
qu’on viendrait me guider et bien que ma fille s’était réveillée une fois ou deux, elle n’avait pas crier alors je n’avais pas osé les
déranger pensant qu’elles avaient plus urgent à faire. Nous tentons donc mais avec assez peu de succé: ma fille dors, ça ne l’interesse pas et en
plus mon mamelon ne ressors pas du tout. Les jours suivants n’ont été que successions d’ordres et contre-ordres, concernant l’allaitement: ma
fille, se réveillait, réclamait, et quelque soit la position, je lui mettais mon seins dans la bouche mais ne semblait pas avoir compris ce
qu’il fallait en faire et hurlait de plus bel secouant sa tête frénétiquement. Ce n’était déjà pas un gros poids à la naissance mais
alors elle a encore perdu 400gr sans que personne ne me donne de remède miracle pour que ça fonctionne et les « Mais enfin c’est pas comme ça
qu’il faut faire! C’est ainsi… » ne faisait qu’accroitre mon sentiment d’incapacité à nourrir ma fille. On m’a donné un bout de sein en
silicone pour pallier au mieux qui était si plat qu’il semblait même rentrer, comme s’il ne voulait pas… mais ça ne changeait rien, ma
fille ne reconnaissait pas plus cet embout artificiel comme nourricier. On a fini par lui donner un biberon de lait maternisé pour qu’au moins
elle reprenne des forces pour être plus d’attaque à la prochaine tétée… en vain. On a dit qu’il fallait vérifier que j’avais bien du
lait dans mon sein alors qu’il fallait peser ma fille avant et après la tétée mais avec une balance à l’ancienne dans la chambre il fallait
attendre qu’une personne ait le temps de venir faire cette pesée, 15, 20minutes plus tard, ma fille s’était rendormie d’épuisement, ne voyant
rien venir et quand j’essayais alors de lui donner le sein (en vain), on me disait qu’il ne fallait pas sans l’avoir peser… Ce fut une
expérience désastreuse. Le troisième jour quand on m’a demandé si l’allaitement se passait bien, j’ai éclaté en sanglot car je me sentais
coupable de ne pas y arriver mais surtout j’étais folle d’inquiétude pour ma fille qui ne pesait plus que 2.400kg pour 52cm et là j’ai eu
droit à un sourire goguenard « oh un baby-blues! ». Je me suis énervée en lui répondant que tout n’était pas affaire d’hormones et que montrer son
desaroi par des larmes quand on est inquiet pour son tout petit n’est pas nécessairement signe de dépression due à l’accouchement et qualifier
mon sentiment de baby blues c’était comme dénigrer mon droit légitime à m’inquiéter pour ma fille! Elle est repartie comme elle est venue. Puis
une dame d’un certain âge est venue me voir, je me souviens qu’elle avait un bleu turquoise sur les paupières qui lui donnait un style un
peu particulier… surtout pour son âge. Avec douceur et compréhension elle m’a proposé de rester avec moi jusqu’à temps que mon bébé se
réveille et qu’alors je la mettrais au sein pour qu’elle puisse voir et essayer de comprendre qu’est ce qui n’allait pas. Enfin quelqu’un qui ne
me balançait pas à la figure LA méthode, la seule l’unique, l’inverse de ces collègues… Elle a attendue avec moi près de 40mn’ avant que ma
fille se réveille. Je la mets donc au sein de la façon où je me sens le plus à mon aise et obtient le même résultat: elle a beau avoir le téton
en silicone jusqu’au fond du gosier elle continue de hurler en secouant rageusement la tête comme si elle continuait de chercher mon sein. La
dame observe en silence puis très solennellement me dit ainsi « Je vais vous faire une révélation importante: les enfants naissent pour
enquiquiner leurs parents, félicitations, la votre commence tout de suite! ». Cette phrase qui peut paraitre au lecteur très choquante était
finalement une jolie façon de désamorcer le problème avec humour, … et justesse aussi et surtout, sans doute, de me déculpabiliser, si ma fille
ne trouvait pas mon sein ce n’était peut être pas de MA faute car je sais aujourd’hui que dès le premier souffle de son enfant une Mère est
naturellement empreinte de culpabilité pour tout et n’importe quoi. Puis elle m’a simplement proposé d’essayer de tirer mon lait pour déjà voir
si j’en avais car avec cette petite obstinée à snober mon sein ça n’aura peut être pas favorisé la montée de lait, si besoin tirer le lait en
facilitera peut être ma lactation, que la petite trouvera plus facilement et ainsi de suite. Le verdict du tire-lait était favorable:
j’étais bien une productrice! Conseil était de donner ce lait récolté dès le prochain réveil de ma fille puis de lui proposer mon seins dans
la foulée. Ces conseils ont porté leur fruits autant que possible car en effet après avoir bu mon lait au biberon je ne l’avais jamais vu si
vigoureuse à mon sein. Il ne fait aucun doute que le plus grand talent de cette dame était le temps qu’elle m’a accordé et sa bienveillance à
mon égard, je me sentais comprise et soutenue. J’ai allaité au sein ma fille durant 5 semaines, le biberon a pris le relais avec peu de succés,
l’alimentation variée à la petite cuillère aura finalement été l’idéale pour elle dès 2 mois. Je suis toujours restée avec cette question en
suspend: aurait elle mieux accepté le sein et même ensuite le biberon si elle avait été mise au sein dans les deux premières heures ou bien était
ce impossible dès le départ car elle n’a de toute façon jamais apprécié même le biberon???