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Un accouchement au naturel, Apprentie Maman

7 Jan

J’ai vécu un accouchement qui s’est somme toute très bien passé, mais auquel je n’étais en aucun cas préparée. Le travail a commencé mardi matin, j’ai eu des contractions fréquentes, mais irrégulières toute la journée, elles n’étaient pas douloureuses, ça se passait bien. En fin de soirée, elles commençaient à s’intensifier légèrement, mais j’ai tout de même réussi à me coucher. À minuit, je me suis levée en constatant que mes contractions étaient rendues plus douloureuses que les dernières contractions que j’avais ressenties juste avant l’épidurale lors de mon premier accouchement. Par contre, je n’étais pas régulière donc je devais les endurer à la maison. J’ai donc passé une partie de la nuit dans le bain ou bien dans le salon à tourner en rond en essayant de trouver une position optimale pour endurer les contractions. J’étais toujours irrégulière, entre 5 minutes et 9 minutes. À l’hôpital, ils ne veulent pas nous voir si ça ne fait pas une heure que nous avons des contractions à moins de 5 minutes d’intervalle, alors même si je rêvais d’une épidurale, je n’appelais pas, car ils allaient me dire de rester à la maison. À 4h30 du matin, je me couche par terre dans le salon et mes contractions s’espacent à dix minutes d’intervalle. Je conclus donc que ce n’est pas du vrai travail, mais **&#!$@#&%+!**# ça fait mal et les contractions durent plus d’une minute. Bref, la nuit est dure et longue. Au petit matin, mon homme prépare la petite pour la garderie pendant que moi je continue de souffrir le martyre. Je suis seulement aux 9 minutes, mais c’est trop dur, je décide d’appeler l’hôpital. Je leur dis que je ne suis pas aux 5 minutes, mais que je ne suis plus capable de gérer les contractions, que je veux une épidurale! J’entends un petit soupir à l’autre bout de la ligne, juste assez pour me faire sentir faible de demander l’épidurale alors que je ne suis pas aux 5 minutes encore. Je vois qu’elle ne veux pas que je me présente à l’hôpital (j’apprendrais plus tard que c’est parce qu’ils étaient déjà bien occupé, mais ça n’excuse pas), elle me demande si j’ai essayé le bain ou de me coucher sur le côté gauche. Ensuite, elle me demande si je sens bien le bébé bouger, à cette question, je réponds « plus ou moins » et alors pour cette raison uniquement, elle m’invite à venir pour faire un monitoring du bébé. Je raccroche, et à cet instant, tout déboule d’un coup.

Sans prévenir, je me mets à avoir des contractions aux 4 minutes, je pleure à chaque contraction et je tremble entre. Ça urge! Mon homme part en courant mener la petite à la garderie, à son retour, on saute dans l’auto et on part pour l’hôpital. Je suis en panique car je n’ai pas le temps de me remettre d’une contraction que j’en ai une autre, mon homme agit comme un champion. Lui qui redoutait le moment de départ pour l’hôpital et le chemin en voiture, nous avons droit à une version cinématographique. Il conduit à vive allure, il brule quelques stops et des feux rouges lorsqu’il n’y a personne, mais il garde une attention sur moi. Il m’encourage à prendre sa main et à l’écraser, à crier pour passer la douleur, il m’aide à me faire respirer plus lentement entre les contractions pour me calmer et me répète qu’on arrive bientôt et que je vais être soulagé en arrivant, que ce sont les derniers miles. Les contractions sont rapprochées, 3 minutes, 2 minutes, 4 minutes, je gémis, je crie, je pleure, j’essaie de me concentrer sur ma respiration, je ne sais plus du tout comment gérer la douleur! Lorsqu’on arrive à l’hôpital, moins d’une demi-heure plus tard, mon homme lance presque les clés à un valet et on se dirige en salle d’accouchement. Je vois les regards sur moi, clairement, j’ai l’air d’une fille en train d’accoucher, dans ma tête il y a ça « inspire… expire… inspire… expire… » J’arrive à l’unité des naissances en pleurant, je dis que je n’ai pas fait mon inscription, mais que je suis aux 3 à 4 minutes, que c’est insupportable et que je veux l’épidurale. Une infirmière vient me guider pour respirer calmement lors de la contraction suivante alors que je suis encore dans le corridor, je n’aurais pas l’occasion de la remercier, mais sa présence seulement pour une seule contraction me rassure. Elle me demande si je sens pousser dans le rectum, je dis non. Quand même, je ne peux pas être complète! On m’assigne rapidement une chambre, je demande aux infirmières si je vais pouvoir avoir l’épidurale, et elles ne sont pas encourageantes, juste à voir mon état, elles pensent qu’il est trop tard. Ma panique s’intensifie. Je me déshabille en une seconde et je me mets sur la table d’examen, tout le monde est là déjà, médecin, infirmières, même l’infirmière qui s’occupe des soins du bébé, ils n’ont même pas encore vérifié mon col! On le vérifie et c’est le choc, je suis à 9,5 centimètres, je dois accoucher sans épidurale et maintenant!

J’étais déjà en panique, mais là elle se décuple et à ça, s’ajoute la peur. Je prends la main de mon homme le regarde et lui dit « Je panique, j’ai peur ». Impuissant, je vois ses yeux rouges et les larmes sur ses joues. Une perle d’infirmière est présente à mes côtés, dans ma tête c’est la tempête tropicale et cette infirmière sera ma bouée de secours. Elle me prend la main bien fort, me regarde dans les yeux et m’explique tout. Elle m’explique que je vais être capable, qu’elle me comprend, qu’elle a vécu la même chose, qu’à la prochaine contraction ils vont percer la poche des eaux et que je vais devenir complète, qu’à la contraction suivante je vais commencer à pousser, que la peau va s’étirer et que je vais la sentir bruler comme une torche, mais c’est normal, ça ne sera pas long. On voit déjà la tête du bébé, je ne vais pas pousser plus de 10 minutes. Je la regarde dans les yeux comme s’il n’y avait rien d’autre au monde, sachant que c’est vital pour moi de me raccrocher à quelque chose, elle ne détourne pas mon regard une seule seconde. Je l’écoute me détailler la suite de mon accouchement, je répète et demande à d’autres infirmières qu’elles me jurent que ce ne sera pas plus que 10 minutes. Elles sont toutes sûres que ça va aller très vite. Je répète que je panique, je répète « je veux l’épidurale! » alors que je sais que personne ne peut rien faire, je suis désemparée, je ne sais plus comment réagir, je suis terrorisée, la suite me fait peur, alors je me raccroche à cette infirmière, je fais exactement ce qu’elle me dit, je respire selon ses instructions et pousse quand elle me dit de le faire, je lui tiens la main bien fort. Comme promis, trois contractions plus tard, soit 12 minutes de poussées, je sens un soulagement instantané, on dépose un bébé sur moi et je suis sous le choc. Mon homme est bouche bée, il ne sait pas quoi dire, il est autant sur l’adrénaline que moi. Ça ne fait que 20 minutes que je suis entrée dans cette salle et j’ai un bébé sur moi. Je ne pleure pas quand on me donne ce bébé, je ne suis pas émue, je suis encore sous le choc. Je ne me suis jamais imaginé un scénario d’accouchement sans aide médicale pour apaiser la douleur, j’ai toujours pensé que j’en serai incapable, que ce n’est pas fait pour moi, que je suis trop faible par rapport à la douleur. Alors quand le bébé est sorti et que j’ai compris que j’avais réussi, c’est de la fierté que j’ai senti poindre dans la tempête. J’ai gardé DeuxièmePrincesse sur moi en peau à peau, mais pendant ce temps, ils ont fait sortir le placenta, je saignais beaucoup alors ils massaient mon ventre, ils ont fait quelques points de suture sur une petite déchirure, je n’ai pas pu profiter de ce moment de peau à peau, j’avais juste hâte que ça finisse. Je me suis sentie mal parce que je n’avais qu’une envie : que le papa prenne le bébé, que j’aille me coucher et que j’oublie tout ça. Je me suis mise à pleurer ensuite, pas parce que j’avais un beau bébé sur moi, mais parce que j’ai accouché sans épidurale, parce que j’ai réussi, parce que je suis fière de ce que j’ai accompli, mais aussi, parce que je n’ai jamais eu aussi peur. À aucun moment je ne me suis préparée à une telle situation et je n’avais aucun outil pour gérer ça, j’étais complètement tétanisée par la peur, c’était l’inconnu, j’ai perdu pied dans l’anticipation du pire. DeuxièmePrincesse est arrivée comme une fusée dans mes bras et je n’étais pas prête à l’accueillir, mentalement. J’étais contente et soulagée qu’elle soit enfin avec nous, mais on repassera pour la bouffée d’amour, je n’avais pas la tête à ça (à ce moment-là!). Je me compte chanceuse d’avoir eu cette magnifique infirmière pour me guider dans les quelques minutes les plus épeurantes de ma vie. Vous savez quoi, c’était la même qui avait été présente pour le début de mon premier accouchement, j’avais toujours regretté de ne pas l’avoir remercié adéquatement car même à mon premier accouchement, elle avait trouvé les mots qu’il fallait. Je me souviens avoir pleuré lorsque son shift finissait! Cette fois-ci je n’y ai pas manqué, je l’ai remercié de son travail remarquable, je lui ai dit qu’elle avait définitivement trouvé sa place dans notre monde et c’était la bonne. Je sais que ces mots lui ont fait plaisir, mais j’aimerais faire plus tellement sa présence, pendant ces courts instants fut importante. Merci Nancy.

Apprentie Maman

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Valérie – Bouches du Rhône – 2012

14 Nov

On a respecté mon envie mais on m’a laissé poireauté pendant 1h dans ma douleur…

Bon, alors… Donc Jour J prévu, le 18 novembre 2012, au contrôle ils ont vu que rien n’avait changé. J’ai donc eu rendez-vous le mardi 20 pour un autre contrôle (monito powa). On arrive là-bas, la sage-femme nous fait “Ah vous rentrez ce soir ?”. Nous on croit qu’elle veut dire qu’on va être à la maison le soir-même… Puis quand elle revient elle nous explique que les gynécologues ont eu une réunion le lundi 19 et ont décidé de mettre le fameux tampon imprégné de prostaglandine. Nous on dit oui si le col n’a pas bougé depuis le 18… La sage-femme examine est nous répète la phrase qu’on a entendu plus d’une fois “Col ouvert à 1 large postérieur”… On pousse donc un gros soupir puis elle nous donne rendez-vous le soir même à 18h (elle m’a pris du sang pour des analyses pour qu’on puisse venir plus tard).

Arrivée donc à 18h, mon homme et moi on part défaitiste car la sage-femme nous explique que le tampon n’agit que minimum 6h après la pose. Elle nous explique qu’elle va me poser ce machin au fond du vagin contre le col (génial la ficelle de 3m de long…).

Bref, je me fais servir le repas à 18h, puis on attend devant la tv 21h. La sage-femme revient et me met le tampon (aïe ça a fait mal !! une impression de fouissement).

Assez rapidement, dans les 15 minutes après la pause, je sens une drôle de sensation, comme si il y avait un cachet effervescent dedans.

Et quelques minutes après, je commence à avoir des contractions douloureuses et régulières. En gros, toutes les 5 minutes. Un peu de douleur mais il suffit de bien respirer et j’ai presque pas mal.

Ensuite je me met sur le côté et essaie de me reposer. J’ai mal comme quand j’ai des règles mais ça va, la douleur est largement supportable. Mon homme finit par se coucher également (ils lui ont filé un lit pour qu’il dorme avec moi) et on dort.

Je me réveille vers 1h30 en gros. Et vers 2h du matin, j’ai très très mal. Je commence à avoir de la peine à supporter les douleurs. Je vois que mon homme s’éveille et je lui dis de venir vers moi et d’appuyer sur les points de pression pour atténuer les douleurs… En temps normal, c’est des points qui font vraiment super mal (au niveau du sacrum), bah là… limite je sens pas la douleur et je lui dis de tenir la pression sur les points tout du long de la contraction.

15 minutes plus tard, de plus en plus mal, je me décide à appeler une sage-femme. Elle arrive et sans même m’ausculter fait “Ce n’est que le début, quand ce sera le vrai travail, vous aurez vraiment mal” (j’étais souriante, parce que j’arrivais encore tout juste à supporter la douleur). Peu après son départ les contractions sont espacées de 2-3 minutes environ.

2h30 du matin, je commence à sentir comme une pression sur le col. Quand la petite appuyait volontairement sur le col ça picotait un peu, bah là, pareil… J’essaie de respirer le mieux que je peux pour atténuer les douleurs… Mais rien n’y fait je sens que ça appuie vers le bas de plus en plus… Je me dis que ça va pas tarder, je demande donc à mon homme de retourner voir la sage-femme pour qu’elle revienne parce que j’ai de plus en plus mal et que je pense pas tenir le coup.

Il revient quelques minutes plus tard et me dit “y a pas de sage-femme de dispo, les 3 salles d’accouchement sont occupés et y a une césarienne…”.

À partir de ce moment-là, j’ai commencé à retenir ce qui descendait… Et plus le temps passait et plus j’avais mal. À un moment donné, j’ai demandé à mon homme de m’aider à aller aux wc parce que là aussi ça poussait et j’allais me faire dessus… À peine les fesses posées, tout est sorti (même le tampon !!!)… Une belle diarrhée !

Vers 3h30, je ne supporte vraiment plus du tout les contractions qui sont espacées en gros de 1-2 minutes max. Je broie la main de mon homme à chaque fois et je respire comme un chien.

Je lui dis “Maintenant va chercher une sage-femme ou qqn de compétent sinon j’accouche sur place !” (Je lui demande aussi d’enlever ma culotte parce que je n’ai plus du tout de doute!).

La sage-femme qui est venue 1h avant m’ausculte et dit “Ah oui, c’est la poche des eaux que vous sentez ! Bon, ben, on va aller en salle d’accouchement hein…”. Mon mari demande “Elle est ouverte à combien ?”. Elle répond “Col effacé”.

Là, ils m’emmènent en 4ème vitesse dans la salle, on me dit que la salle est pas nickel, je répond “je m’en fous, tant que je peux pousser !”

Entre deux contractions on me fait passer sur la table d’accouchement, on me met les étrillés, on m’aide à mettre mes jambes dessus. (Au moment où on me dit de pousser, une crampe à la jambe… ça c’est sympa…)

Après bah, la sage-femme appelée Emeline (pas celle qui m’a gonflé) m’assiste. Une autre sage-femme à côté de moi et mon homme vers ma tête pour me motiver.

Donc, passage de la tête, ça va… Bien qu’au début j’avais pas capté que c’était à cet endroit qu’il fallait pousser ! Emeline a percé la poche des eaux et après, bah, j’ai poussé.

La tête passée, ça va… Par contre j’en ai chié pour les épaules… Plus je poussais et plus j’avais mal. Dès que j’ai réussi après tous les encouragements (je me suis dit que de tte manière je pouvais pas rester comme cela et que autant que je n’ai plus mal !)

3h48, après 10 minutes de poussées, elle est arrivée. 3kg360 (ouf pas si grosse que cela !) pour 49 cm (mesurée le lendemain) !!

Après ils me l’ont mise direct sur moi (mon homme n’a pas pu couper le cordon, il était autour de son cou et de son corps), puis mon homme est parti dans la salle d’à côté pour la peser, contrôler que tout va bien…
Pendant ce temps, Emeline m’a enlevé les morceaux de placenta qui étaient restés accrochés (deux morceaux) puis elle a commencé à me recoudre… 4 points au vagin (rien senti) et 4 points à la peau (j’ai tout senti, il s’était passé trop de temps entre la sortie et qu’on me recouse. En plus ils m’ont refait un point à double qui avait craqué… )

Après, on a dû aller direct dans ma chambre (après m’avoir fait me lever et changer de lit) pour 2h de repos avant de me faire lever ^^. Ils ont essayé de me mettre la petite au sein dans la salle d’accouchement et dans la chambre mais la petite n’y arrivait pas.

Dans les jours qui ont suivi, j’ai essayé de faire téter la petite au sein mais rapidement on a vu qu’elle arrivait pas à bien prendre mes tétons (sont trop gros et grand) et qu’elle a une trop petite bouche.

Coup de blues deux jours avec des larmes et finalement on a décidé que je tirerais le lait pour ce que je peux et que on donnerait un complément en lait artificiel. Ainsi, moins dépendant de mes seins et on peut alterner pour les réveils la nuit.
Lily-rose 073

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En relisant mon récit je vois que j’ai oublié de dire une partie :

 

Révision utérine car 2 morceaux de placenta étaient restés accrochés. Ils ont appuyés sur mon ventre, puis ont cherché dans le col les fragments.

Puis, ils ont commencé à me recoudre. À ce moment, la ptite est arrivée avec Papa. Une vieille puéricultrice est arrivée pour la mise au sein alors qu’on me recousait. Je sursautais à chaque fois qu’on me plantait l’aiguille dans ma peau, la sage-femme me disait de pas bouger mais j’avais tellement mal ! Se faire recoudre à vif !
Et la puéricultrice qui me pinçait les seins pour que la petite tète…

Au final, quand j’étais recousue, on m’a aidé à me déplacer sur mon lit pour vite aller dans ma chambre pour 2h de repos bien mérité… Et c’est là qu’on a vu la première grosse crevasse…

Dès que la petite a demandé à manger, j’ai rappelé une puéricultrice et on a essayé sur mon sein valide…

Re-crevasse !

Le lendemain, mon mari m’apportait des téterelles pour essayer de mieux guider la petite. Re-crevasses !

Au bout d’un moment, une spécialiste de l’allaitement m’a donné un double tire-lait pour stimuler un max. Pendant ce temps nous avons donné de mon lait tiré avec une seringue et un tube d’aspiration.
Ensuite un osthéopathe est passé et a regardé si il y avait un blocage… Ensuite, ils ont regardé si elle avait pas un frein de langue…

Au finale, les sages-femmes et puéricultrices n’arrêtaient pas de se contredire. Et il n’y avait rien à faire pour mes crevasses (on ne m’a par exemple jamais parlé des compresses de lait maternel !).

Puis, 3 jours après la naissance, j’ai eu une poussée de fièvre => la montée de lait, très douloureuse… Et là mon baby blues a commencé. Je ne savais plus quoi faire pour donner de mon lait, je voulais allaiter au sein mais la petite se décourageait et ne prenait pas une bonne position.

Au final c’est une simple dame de nettoyage qui m’a réconforté en me disant qu’elle n’avait pas allaité et que ses enfants l’aimaient quand même. Merci à cette dame joyeuse de m’avoir réconforté de la sorte, sans elle, j’y serais encore !

Après j’ai tiré mon lait pendant environ 2 mois (et même les tire-laits me faisaient des crevasses) puis à force de me sentir « vache à lait », j’ai arrêté le carnage.

Du côté de ma cicatrice, ça a vite cicatrisé, un peu trop vite même et j’ai eu des douleurs pendant pas mal de mois…

Mais c’est surtout la peine et le choc d’avoir enduré autant de douleurs seule (juste avant de pousser et l’allaitement loupé) qui m’ont fait de la peine et qui m’en font encore 1 an après la naissance de ma fille… Nous pensons à lancer bb2, mais… Jamais je ne me laisserais faire comme pour cet accouchement… Quitte à faire semblant d’avoir mal, de crier, je ferais tout pour ne plus souffrir autant… Je demanderais une piqure anesthésiante si il y a déchirure, je demanderais à faire de longs peau à peau avec ma fille… Bref, je ne me laisserais pas faire !

 

Naissance de J. – 2011 – Bas Rhin

14 Nov

Encore une grossesse qui traine en longueur… Décidément, jamais les termes calculés scientifiquement ne correspondront aux miens ! Cela fait 3 jours maintenant que le terme est dépassé, aussi nous acceptons le déclenchement lors du rendez vous de suivi de dépassement du terme. Je rentre donc à l’hôpital le soir, pour un déclenchement « soft » le lendemain matin. A 7h, pose du premier ovule d’hormones, mais lors du contrôle deux heures aprés, rien de trés concluant. On attend donc la matinée, en se baladant dans le parc de l’hôpital. A 12h, nouvel examen et pose d’un deuxième ovule. Toujours rien ne commence. La suite de la journée se passe comme cela, entre balade et sieste. Le soir, rien de nouveau, on décide donc de passer une soirée tranquille et de retenter le déclenchement le lendemain, par ovules de nouveau puis si rien ne change, de passer à la perfusion. Je mange donc, mon mari repart à la maison se reposer, et je regarde les séries à la télé pour passer le temps… A la fin de la soirée, vers 23h, je me relève pour me préparer pour la nuit et là, la première membrane se rompt. J’appelle donc la sage femme et on part en salle de travail pour voir où le col en est. La salle est à 300m de la chambre mais les contractions sont là d’un coup et tellement fortes que je mettrai bien 5 minutes pour faire cette courte distance. Arrivées dans la salle, la SF me propose d’appeler mon mari. Je préfère attendre un peu, pas encore convaincue que cela soit vraiment nécessaire de le priver d’une nuit de sommeil vu notre accouchement précédent… Mais quelques contractions plus tard (je ne mesure plus du tout le temps), elle me repropose de téléphoner et là, j’accepte, je sens que ça va aller trés vite… La SF me donne le téléphone, j’ai juste le temps de dire « viens vite, c’est le moment » entre 2 contractions. Je ne suis bien qu’appuyée sur la table d’accouchement, penchée en avant. Les contractions sont denses, fortes et ne me laissent que peu de répit entre deux. Tout d’un coup, la poche des eaux se rompt et la SF, un peu inquiète, me demande de m’installer sur la table d’accouchement. La seule position qui me convient, c’est agenouillée sur la table, appuyée sur le dossier (la table est relevée comme un fauteuil). Mon mari n’est pas encore là et je commence à me dire qu’il ne sera jamais là à temps… Je l’appelle mais forcément il ne répond pas :). Enfin il arrive et je sens que le bébé est déjà là, bien descendu, je le sens passer dans mon bassin, continuer à descendre et je sens la tête sortir. Je suis incapable de faire quoi que ce soit, et en réalité, ce bébé nait « tout seul », je ne pousse pas, je ne fais rien, juste je le sens bouger, se positionner et sortir tout seul quand il le décide. Ca y est, notre petit est venu au monde, tout seul, sans aucune aide. Il est 0h30, juste 1h30 depuis les premières contractions…
Une équipe qui a su être là, me laisser rester dans la position qui me convenait (et pourtant, ce n’était pas dans leurs habitudes de suivre un accouchement dans cette position !), de laisser la naissance se dérouler sans aucune intervention. Et ce gros bébé de plus de 4,5kg est sorti sans aucun souci, sans déchirure même. Une sortie en fin de matinée et un merveilleux souvenir d’accouchement qui « répare » les 2 premiers…

1er accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/302-naissance-de-s-2003-gironde/
2e accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/naissance-de-t-2004-gironde/
3e accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/naissance-de-y-2007-bas-rhin/
4e accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/naissance-de-r-2009-bas-rhin/

Naissance de R. – 2009 – Bas Rhin

14 Nov

Un déménagement, une nouvelle grossesse et perte de tous les repères : il faut chercher de nouveau un suivi humain, une solution pour accoucher comme on le désire… Mon mari a peur d’un Accouchement A Domicile et de toutes façons, ce n’est pas possible sur le département où nous venons d’emménager. Pas de Plateau Technique non plus. Je trouve quand même une sage femme libérale trés sympathique, qui a le même point de vue que nous sur la grossesse et l’accouchement : ce ne sont pas des maladies et la femme est faite pour accoucher. Aprés renseignement sur les hôpitaux et cliniques proches, nous décidons de faire les 3h de route qui nous séparent de l’hôpital où nous avons accouchés deux ans auparavant. 3 semaines avant le terme, j’ai des contractions, régulières, assez fortes, pendant 2-3h puis ça se calme. Un vrai « faux travail » vu que le col ne bouge pas… 10 jours avant terme, je suis sûre que ça y est, des contractions bien régulières, fortes, il faut que je me mette dans ma bulle pour les supporter… Vu la route à faire, j’appelle mon mari et on part pour l’hôpital. Mais en cours de route, tout s’arrête et lors de l’examen d’entrée dans le service, le col n’a toujours pas bougé, rien de probant. Je suis tellement découragée que je demande un déclenchement qui est accepté vu le terme, l’état du col (il est quand même un peu mou et ouvert donc…) et mon état de fatigue. Le travail commence réellement à 3h du matin, on va donc en salle de travail où la SF me propose un ballon, un bain, etc… ce qui pourrait m’aider. Le bain ne me tente pas, du coup je prends le ballon et je vais y passer le plus clair de mon temps, jusqu’à 19h. La SF reste trés discrète, pas d’examens tant que je ne le demande pas (concrètement, j’en aurai un à 3h du matin lors du début du travail, un en début d’aprés midi et un en début de soirée, au changement d’équipe). Durant toute la journée, la marche, le ballon, tous les mouvements possibles ne sont pas d’une grande utilité pour faire avancer le travail qui reste trés lent. Mais la SF reste à proximité, nous demande de temps en temps si tout va bien et nous laisse gérer à notre rythme, à notre envie. Vers 20h30, tout s’accélère : là, je sens que c’est bientôt le moment ! Je monte sur la table d’accouchement mais je reste sur le côté, c’est la position dans laquelle je me sens le plus à l’aise. Et d’un coup, je sens que le bébé descend, la SF me dit « fais comme tu le sens », alors je suis mon instinct, je laisse le bébé descendre, puis sortir, c’est vraiment de la poussée instinctive, je ne maitrise rien, je suis juste mon corps et en trois poussées, il est là. La délivrance se passe bien ensuite, pas de déchirure, un peau à peau pendant 2h avant de peser, mesurer et habiller ce nouveau petit être. De nouveau on a eu affaire à une équipe à l’écoute, respectueuse et confiante dans les couples qui viennent accoucher à cet hôpital. Aprés une nuit de repos, nous sommes rentrés chez nous sans aucun souci, sans devoir négocier ce départ précoce avec l’équipe, c’est juste normal pour eux à partir du moment où tout va bien…

1er accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/302-naissance-de-s-2003-gironde/
2e accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/naissance-de-t-2004-gironde/
3e accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/naissance-de-y-2007-bas-rhin/

Naissance de Y. – 2007 – Bas-Rhin

14 Nov

Aprés la naissance de mes 2 grands, et les mauvaises expériences d’accouchement, je suis assez échaudée et me renseigne un maximum sur les droits et devoirs des gynécologues et personnels soignants, sur le suivi de grossesse etc… Lorsque je tombe enceinte de notre 3° enfant, je sais comment je veux être suivie et comment je veux accoucher mais ce n’est malheureusement pas tout à fait possible sur mon département (charente) : pas de SF libérale, pas d’Accouchement A Domicile, pas de plateau technique… Je vais donc chez le seule gynéco du coin, qui se fâche rouge brique lorsque je refuse un Touché Vaginal (aprés une écho approfondie où il venait de mesurer le col et tout le tutti quanti). Je claque donc la porte et me retrouve à 5 mois de grossesse sans personne… Heureusement le centre de périnatalité de la PMI a une SF qui assure les consultations de grossesse, qui m’écoute, comprend mes craintes et mon désir d’avoir le moins d’examens possibles. Elle trouve cela tout à fait raisonnable et c’est avec plaisir que je continue le suivi avec elle.
Le jour où je dois accoucher, on doit aussi assister à un mariage, à 1000km de chez nous… Et pas moyen d’y couper ! Donc on se renseigne sur les possibilités d’accoucher là-bas dans le Bas Rhin. Le choix est vite fait : ma belle-soeur étant SF, elle nous propose de présenter notre dossier à son équipe, ce qui nous permettra d’être connus et d’être mieux acceptés et écoutés que des « gens qui débarquent sans qu’on ne sache rien d’eux ».
Le mariage se passe sans alerte, on reste jusqu’à 2h puis je vais coucher les enfants et moi par la même occasion. On est en plein été, il fait trés chaud et je n’en peux plus. Le lendemain, rdv à l’hopital pour vérifier que tout va bien (après tout, je suis en dépassement de terme !).
Cette fois, on s’est blindé, on a un projet de naissance qu’on veut absolument voir respecté, j’ai briefé mon mari sur quoi dire/quoi faire par rapport au personnel soignant etc… Mais l’équipe ouvre de grands yeux devant nos demandes… Ce qu’on a écrit (ne pas rompre la poche des eaux, nous soutenir plutôt que de nous proposer la péri, expliquer les gestes effectués) est tellement naturel pour l’équipe qu’ils n’arrivent pas à imaginer qu’il puisse en être autrement ailleurs.
Finalement, on doit se résoudre à un déclenchement à J+4 car, si on attend plus longtemps, il risque de ne plus rester assez de liquide amniotique pour que le bébé ne soit pas en souffrance lors d’un accouchement normal. Je rentre donc à l’hopital le soir, pour un déclenchement le matin. Les contractions arrivent assez vite, mais restent gérables. On me propose la salle nature, avec une grande baignoire, une écharpe, un ballon, lumière tamisée, etc… C’est un vrai plaisir que de rester dans un bain chaud pendant que les contractions s’amplifient. La SF qui me suit frappe et attend la réponse systématiquement avant de rentrer dans la salle, parle doucement, me propose les examens et si je refuse parce que je ne le sens pas, me propose simplement de revenir plus tard. On est complètement ébahis avec mon mari de voir un tel respect de la personne et de son ressenti.
Vers le milieu de l’aprés midi, je n’en peux plus, je perds pied, j’ai l’impression de ne plus rien gérer du tout, et lorsque la SF passe, je réclame la péri… Elle m’examine d’abord et me dit franchement « vous en êtes déjà à 8cm, c’est normal de perdre pied, ça serait dommage de prendre la péri maintenant, vous avez fait le plus gros du boulot sans. On va chercher un autre moyen de vous soulager pour que vous puissiez aller au bout de votre projet sans péri. Ca vous va ? » quoi ? on n’insiste pas ? on me dit que je fais bien ? Ca fait tellement de bien de se sentir soutenue par la SF que j’accepte sa proposition. On va donc passer aux massages, un peu de morphine aussi et c’est déjà le moment de pousser. « vous poussez comme vous le sentez, quand vous le voulez… oui c’est trés bien continuez. Bon, vous n’y arrivez plus ? alors reposez vous, respirez et après on repart. Voilà, super, allez encore un peu je vois sa tête déjà ». Mon bébé sort rapidement, sans déchirure, sans épisio, et avec les encouragements de la SF et de la puéricultrice (oui, il n’y a que 2 personnes dans la salle, alors que pour mes précédents accouchements, le minimum était de 5…).
Malgré une hémorragie de la délivrance (trés bien gérée par ailleurs, avec de nouveau beaucoup de respect de la part du personnel soignant), cela reste mon meilleur souvenir d’accouchement : enfin un moment où J’AI accouché, où le personnel soignant a été là pour m’aider et non pour me remplacer, où la confiance a régné entre l’équipe et nous.

1er accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/302-naissance-de-s-2003-gironde/
2e accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/naissance-de-t-2004-gironde/

#303 Naissance de T. – 2004 – Gironde

14 Nov

Pour notre 2° enfant, je continue le suivi avec mon gynéco habituel, mais par contre, échaudée par l’accouchement du premier, je me renseigne sur les différentes possibilités d’accoucher « autrement », je découvre qu’une maison de naissance est censée ouvrir avant mon accouchement mais lorsque je téléphone aux SF responsables, elles sont malheureusement moins optimistes que moi… Avec raison puisque la maison de naissance, censée ouvrir à la rentrée 2004, n’ouvrira finalement qu’en 2010… Donc, je n’ai pas vraiment de choix, je retourne dans la clinique où accouche mon gynéco, en me disant que cette fois, je suis plus armée que pour mon premier accouchement, je ne partirais pas si tôt, je ne me laisserai pas faire etc…
La grossesse se passe bien, aucun souci à signaler. Le jeudi, jour du terme, arrive sans aucune manifestation de travail. A la clinique où nous allons pour le contrôle « obligatoire », on nous fixe rdv pour un déclenchement le lendemain matin (vous comprenez, après c’est le week end, on ne sait pas qui sera là ou pas, autant déclencher, au moins on peut contrôler). Abasourdis, on ne dit rien mais, de retour chez nous, on prend le temps de réfléchir et on décommande finalement le déclenchement. Arrivés chez nous, une fois notre premier couché, je suis prise d’une frénésie de ménage. Mon mari, épuisé, va se coucher, mais je continue sans répit. Vers 22h, tout est fait, propre, rangé, agréable… Et là, les premières contractions arrivent, rythmées comme pour mon premier, mais beaucoup plus espacées. Bon, je vais prendre un bain bien chaud, histoire de voir si oui ou non c’est un vrai travail. Et je pense aussi à prendre un spasfon, histoire de ne pas attendre 5h à la clinique pour rien… Dans le bain, je ne sens plus rien, somnole et profite du calme de la maison. Vers minuit, je sors enfin de la baignoire et là je me rends compte que non seulement les contractions sont toujours là, mais elles sont plus rapprochées, plus fortes et je dois me mettre dans ma bulle pour les supporter… Ca y est, cette fois, c’est la bonne ! Je réveille mon mari, on charge les affaires dans la voiture (nous sommes à 1h de la clinique), on réveille notre grand pour l’amener chez mes parents et on y va. Sur la route, les contractions s’intensifient mais ça reste encore supportable.
On arrive enfin chez mes parents, mon mari installe le grand dans sa chambre, et on repart pour 1/2h de trajet. On arrive finalement à la clinique vers 2h du matin, le temps d’être pris en charge, il est 2h30 et je suis dilatée à 7cm. On me propose la péridurale que je refuse (je ne suis pas arrivée jusque là pour la prendre maintenant !). Mais voilà, il faut absolument un monitoring, et pour cela, on reste couché sur le dos pendant 1/2h. Or je n’arrive à gérer les contractions que debout, appuyée sur un lit ou un meuble. Durant tout le monitoring, la SF passe et repasse pour me demander si vraiment je ne veux pas la péri, si je suis sûre si… alors que je lui ai bien précisé que je voulais m’en passer ! En désespoir de cause, à la fin du monitoring, j’accepte la péridurale. Tiens, même anesthésiste que la dernière fois, qui ne prévient pas et râle parce que j’ai bougé au moment où il allait piquer… « non mais vous vous rendez compte j’aurais pu piquer à côté » mais cette fois, je ne me laisse pas faire et râle « et si vous m’aviez prévenue, j’aurais su qu’il ne fallait pas bouger, je n’ai pas des yeux derrière la tête pour vous voir ! » il bougonne mais arrête de me crier dessus. Ouf !
Forcément, dès que la péri fait effet, les contractions diminuent et s’arrêtent presque. Donc on augmente l’ocytocine. Mais cela ne donne rien. La SF passe, fait un TV, me dit que la poche des eaux n’est pas rompue « oui je sais, je ne veux pas que vous la rompiez » « ah oui d’accord, pas de soucis » mais je la sens qui gratte pince… Et sa collègue arrive « la poche des eaux n’est pas rompue ? Ben vas y  » « non la dame veut pas, j’ai essayé de le faire à la main mais ça ne marche pas ».. Merci le respect de la demande du patient !
Et puis vers 5h, la SF repasse « ah, vous êtes toujours à 8, on va augmenter encore un peu l’ocytocine comme cela vous accoucherez avant que j’ai fini mon service ». Peu après, j’ai envie de pousser, on appelle la SF qui commence à me dire « bloquez, poussez » je ne l’écoute pas, je me mets à pousser comme je veux, comme je le sens et mon bébé nait enfin, sans épisio, juste une déchirure.
Pour les suites de couches, je me débrouille seule, sans appeler personne, juste une aide soignante adorable qui vient souvent me voir pour discuter et me dit avoir accepter de s’occuper de plus de chambre juste pour pouvoir aussi s’occuper de moi et discuter un peu… Aprés 2 jours, je sens qu’il y a qqch de bizarre au niveau de la cicatrice de la déchirure. La SF à qui je le signale vient vérifier et « ah oui, on avait oublié une compresse, bon ben on va vous mettre sous antibio au cas où parce que là…. ».
En bref, un accouchement non soutenu par l’équipe (qui heureusement aura été plus absente que pour mon premier donc j’ai été plus libre de faire comme je le sentais), des suites de couches déplorables et un départ le plus rapide possible pour me retrouver enfin chez moi avec ma famille.

Premier accouchement : https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/302-naissance-de-s-2003-gironde/

#302 Naissance de S. – 2003 – Gironde

14 Nov

ca y est, on attend un enfant, notre premier ! La grossesse se passe bien, avec des rdv classiques chez un gynéco toujours en retard, toujours pressé, pas vraiment à l’écoute mais qui fait lui même les séances de préparation à la naissance en piscine, qui nous donne confiance en nous en nous répétant que nous sommes faites pour être enceintes et accoucher, qu’il faut qu’on se fasse confiance le jour J, qu’on saura quoi et comment faire, qui nous apprend la poussée en soufflant et nous encourage à être à notre écoute…
Arrive le jour du terme, avec des contractions faibles mais régulières, toutes les 5 minutes, à partir de 6h. On attend tranquillement midi, sans grand changement puis j’ai une sensation de mouillé bizarre… La poche des eaux est fissurée apparemment donc on téléphone au gynéco qui nous conseille de partir à la clinique. On arrive donc tranquillement en début d’aprés midi, et là, on attend pendant 1h, accrochée au monitoring, qu’une SF vienne nous dire que c’est sûrement un pré-travail, le col n’est dilaté qu’à 1cm donc on va attendre pour voir si le travail se déclenche vraiment… On va donc dans une salle de naissance « au cas où » et on attend, tout l’aprés midi, avec toujours des contractions toutes les 5 minutes. Touché Vaginal toutes les heures « c’est le protocole, madame », sans jamais dire pourquoi ou prévenir que quelqu’un rentre dans la salle. Du coup, pas vraiment d’intimité et difficile de rentrer dans sa bulle. Et puis, c’est notre premier, on ne s’attendait pas vraiment à ça : aucune explication, pas d’encouragement, rien… A 21h, rien de nouveau, j’ai la tête qui tourne (je n’ai rien mangé depuis midi) et je demande à la SF si je ne peux pas manger quelque chose. Du coup, elle me donne (enfin !) un spasfon et là, toutes les contractions s’arrêtent. J’ai donc le droit d’aller dans une chambre, d’avoir un petit encas et de dormir… Mon mari rentre à la maison. Vers 7h le lendemain, je sens que cette fois, c’est parti ! J’appelle la SF pour vérifier, mais c’est le changement de service et, elle me promets de venir « dans 5 minutes » (elle n’arrivera qu’à 9h !). Quand enfin la SF vient me voir, le col est dilaté à 5cm, c’est enfin bon pour la salle de naissance. J’appelle mon mari, et on s’installe en salle d’accouchement. Tout de suite, la SF me propose la péridurale. Je suis tellement fatiguée que je l’accepte alors que je voulais un accouchement le plus naturel possible. L’anesthésiste arrive, me hurle dessus car je n’arrive pas faire le dos rond (en pleine contraction bien évidemment), mais quel soulagement quand enfin la péri fait effet ! Je peux enfin me reposer un peu. Vers 14h, je commence à avoir envie de pousser, j’appelle la SF qui vérifie et trouve encore un bout de col qui gène. Mais là, ça commence à faire longtemps, le personnel soignant stresse un peu pour le bébé (alors même que le monitoring ne montre aucun ralentissement du coeur ou quoi que ce soit) du coup j’ai droit à la visite du gynéco de garde, à mesurer la saturation en oxygène du bébé (qui est trés bonne, mais vous restez branchée quand même, pas moyen de bouger ou de faire quoi que ce soit)… Puis comme j’ai vraiment envie de pousser, on rappelle la SF (parce que bien sûr, on est resté seuls dans la salle, entre 2 TV et 2 retouches d’ocytocine : faut pas aller trop vite, il y a un autre accouchement alors on ralentit un peu chez vous…) qui appelle le gynéco vu que là, l’expulsion est pour bientôt. J’ai droit à une dilation manuelle de la part du gynéco (qui rentre sans un mot, sans se présenter, qui ne demande rien. Je ne crois pas qu’il existe plus irrespectueux !), il me fait tellement mal que je hurle mais « vous n’avez qu’à appuyer sur la pompe de la péri ! », à la fin, je le menace de lui envoyer mon pied dans la figure, il se vexe et va au fond de la salle pour regarder « de loin » l’air goguenard en précisant « et bien, on va voir comment vous vous débrouillez, puisque vous savez mieux que moi accoucher » ! Cynisme complet de la part d’un homme ! A partir de ce moment là, je n’écoute plus personne, juste les conseils de mon propre gynéco, la main de mon mari sur mon épaule et mon instinct. Et en 3 poussées, et une épisio mon bébé est enfin là ! En tout, le moment de poussée aura durée 30 minutes, tout à fait acceptable donc pour un premier, surtout un gros gabarit (plus de 4kg). Mais le mépris du gynéco, de la SF et de tout le personnel entré et sorti durant tout l’accouchement de la salle, sans se présenter, sans parler, aura duré bien plus longtemps dans mon esprit.
Pour les suites de couches, j’ai droit à « il ne sait pas téter attendez » et que je t’attrape le sein à pleines mains, la tête du bébé et on oblige tout ce petit monde à faire ce qu’on veut ! « Là, voilà, comme cela ça marche au moins » ! Et moi dans tout cela ? Je ne suis qu’un objet ? Un biberon sur pattes ?

Cet accouchement, que l’on rêvait « parfait » comme tous les parents je pense, a été finalement un vrai cauchemar, l’impression d’être uniquement un ventre à vider, une personne sans cervelle, sans capacité, « heureusement que les professionnels sont là sinon… » !

2e accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/302-naissance-de-s-2003-gironde/

Maman de 24 ans, Charente-Maritime

14 Nov

Ce samedi soir a 20h30 j’étais allongée sur mon lit devant la télé ,
quand tout à coup j’ai été pliée en deux par des douleurs horribles dans le bas du ventre qui ne cessaient pas depuis plusieurs minutes et qui ne s’arrêtaient pas.
Paniquée par cette douleur soudaine, je me suis empressée d’appeller la maternité qui ma dit que c’était sûrement des contractions.
La sage femme que j’ai eue au téléphone ma donc dit de prendre deux prises de deux spasfon à 30 minutes d’intervalle et que si la douleur était toujours là je devais me rendre aux urgences gynécologiques,
que c’était sûrement le travail qui commençait . Vers 22h les douleurs étant toujours là et toujours aussi fortes je prend ma valise et me rend a la maternité
Une sage femme m’a accueillie, m’a donnée direct un pot, m’a dit de faire pipi dedans sans m’expliquer pourquoi .
Ensuite elle m’a emmenée dans une salle, m’a mis sur une table gynécologique et à regardée mon col, elle m’a annoncée qu’il était ouvert de 3 doigts et que le travail pour un premier accouchement durait environ 13h, voir plus . Elle m’a annoncée qu’elle allait me mettre dans une chambre en attendant que je sois à 5 doigts .
Les douleurs étant tellement forte je lui ai demander d’avoir une péridurale rapidement car la fatigue plus le stress je ne les supportait vraiment plus .Elle est partie voir ses collègues et vu qu’ils avaient peu d’accouchements ce soir-là a accepter de me mettre en salle de travail . elle ma installé ma mis le monitoring ma expliquer a quoi sa servait ma montrer les écrans et ma expliquer ce que les chiffres inscrit dessus voulait dire etc … elle ma ensuite l donner une télécommande pour l’appeler au moindre souci et ma laisser seul avec mon copain . vers 23h30 elle et revenu avec l’anesthésiste pour la péridurale , la péridurale étant poser et elle m’a expliquer qu’elle allait regarder mon col et qu’il devait surement être ouvert de 4 doigt car sa s’ouvre de 1 doigt toute les heure environ et que sa allait surement prendre encore du temps , Elle ma donc examiner et ma annoncer que j’étais ouverte a 8 et es reparti , je trouvai que c’était plutôt rapide . j’allais bientôt voir ma princesse j’étais tellement heureuse et presser de découvrir sont visage et la serrer contre moi
vers 2 h du matin elle est revenu ma examiner et ma annoncer que la tête était la ,elle est parti chercher sa collègue ensuite , elle ma mis en position et sans rien m’expliquer ma demander de pousser en 3 pousser elle est sorti
elle me l’a mise direct dans les bras le papa a couper le cordon et ensuite elle nous a laisser seul une bonne demi heure tous les 3 pour faire connaissance
une autre femme est arriver a pris mon bébé la lavé me la redonner et ensuite elle ma emmener dans une chambre .

les sage femme été différentes elle été froide et chaque questions qu’ont leur posé avais l’air de les saoulés. je n’ai pas pu dormir de la nuit elle venais toute les heures pour vérifier mes saignement
le lendemain elle sont venu m’expliquer comment faire le bain etc ont voulu me mettre la petite au sein mais la fatigue étant la je n’y arrivait pas j’avais mal et je saignait j’ai donc demander un biberon mais la personne a qui j’avais a faire na rien voulu entendre et au bout de 15 minute de douleur et de pleur elle a enfin accepter de m’en donner un . la suite du séjour s’est plutôt bien passés

Anonyme – « J’ai accouché, elles m’ont aidées à accoucher et pas l’inverse »

14 Nov

Après pas mal de difficultés pour conçevoir notre p’tit bout, j’ai eu la chance de vivre une grossesse plutôt zen et tranquille, avec un arrêt de travail très tôt en raison de mon métier de commerciale trop souvent en voiture et trop souvent stressée et d’une sciatique persistante du 4ème mois au dernier jour ! L’avant bébé un peu hard nous aide à relativiser et je prépare l’arrivée de notre bonhomme avec mon amoureux, B qui est aux petits soins pour nous.
Le terme est prévu le 20 septembre, tout mon entourage est heureux de ce happy end et lance les paris sur la date d’accouchement. Personne n’avait parié le 17 septembre 😉
Le lundi 16 septembre, tout est prêt depuis quelques jours. Je passe beaucoup de temps à me reposer car je ne dors pas bien, réveillée par l’inconfortable ventre incasable dans notre lit et les mouvements de notre fils qui s’éclate la nuit.
Je suis crevée et je traînasse. B est au boulot.
18h30 : début d’un mal de dos inhabituel. Je saute sur mon ballon, je bouge le bassin et je trompe mon cerveau qui a tendance à trop penser en jouant à la console. B rentre, on fait une partie ensemble sans oser croire que ça y est, le travail commence.
19h30 : première contraction. Je peux pas dire douloureuse mais pas agréable. Puis une autre dix minutes plus tard. A la troisième, B prépare le dîner. Je sais que ça y est, c’est parti. Je n’ai pas eu une contraction de ce genre avant.
Je vais fermer la valise. Je marche dans l’appartement, pour que ça aille vite. Ballon, allers retours cuisine-salon, ballon, salon-chambre …
21h00 : les contractions deviennent irrégulières mais largement plus carabinées. Quatre contractions en dix minutes, plus silence radio pendant douze minutes, retour des contractions …
22h00 : je ne peux plus rien faire pendant que le dos et le ventre contractent. Je stoppe tout et je respire en gonflant le ventre. Je visualise une grosse vague sous laquelle je dois plonger. Plus tard, j’imaginerais une fleur genre un nénuphar qui s’ouvre doucement, pétale par pétale. B me laisse faire, me masse quand je passe près de lui.
23h00 : bain chaud pour se détendre. Ça fonctionne super bien, pour chauffer mon ventre trop haut pour être immergé, je pose une serviette de bain dessus. Avec l’eau brûlante c’est top.
01h00 : je sors du bain et là gros mal de dos avec peu de pause entre chaque vague. C’est ce que je craignais, je prend toute la douleur dans les reins. Une série de contractions très rapprochées nous inquiètent un peu. On décide de partir à la mater pour voir. Au pire, on rentrera à la maison.
01h30 : B a roulé doucement pour ne pas empirer les contractions. Le gardien de nuit nous ouvre la porte et dit « c’est pour un accouchement ? » ( moi en train de souffler pour laisser passer une contraction je réponds mentalement : non c’est pour enfiler des perles) mais je souris et dis oui. On est admis de suite. Une sage femme m’examine. Le col est ouvert à 2. Elle nous installe en salle de pré travail  » parce que vous prenez tout dans le dos ». Monito ok. En chambre, B peut dormir dans un lit.
De 2h à 6h: Je fais du ballon, marche de long en large, en soufflant et en gonflant le ventre à fond.
6h30 : Je réveille B. J’ai mal dans le dos en continu et au milieu de chaque contraction, je pense que je ne supporterai pas la suivante. Mais je supporte la suivante aussi. Je commence à sentir les contractions dans le ventre en même temps. La chance va nous sourire : R, la sage femme qui a fait ma préparation entre dans la salle. Elle ne devait pas travailler aujourd’hui mais une copine à elle accouche le même jour. Alors elle va nous suivre de loin.
Elle me voit m’étirer le dos et me dit  » tu veux avoir mal ? » Je répond « non » Elle m’examine. On a gagné un petit cm en 4 heures. Mon moral en prend un coup mais R ne me laisse pas le temps de me prendre le chou. Elle nous emmène en salle d’accouchement. L’anesthésiste va passer. « Ça va être long mais tu vas y arriver »
Une troisième sage femme qui ne se présente pas arrive pour me poser une voie veineuse. Gros carnage. Elle me rate sur le bras droit, veine pétée. Pose sur la gauche mais n’importe comment. La voie veineuse me fera mal toute la journée. Elle enfile un gant pour examen et je n’ai même pas le temps de lui dire que R vient de le faire. Sans consentement et sans prévenir, elle me fait un mal de chien. Je serre les cuisses en la repoussant. Elle s’en va sans un mot. Heureusement, elle a fini son service et R vient nous présenter V, qui sera là tout au long de la naissance.
07h15: pose de la péridurale. B doit sortir. Je sens l’anesthésiste piquer un peu à droite. Ça ne fait pas mal mais c’est surprenant, on dirait qu’on injecte un Mister Freeze dans le dos. R me tient pour que je reste en bonne position. Elle me raconte son week-end. Tout se passe en douceur
7h45 : je pourrais embrasser l’anesthésiste. Mon amoureux revient et on se repose. On papote. Il m’amène à boire en douce. V passe toutes les heures. Parfois elle m’examine, parfois elle vient juste s’assurer que tout va bien. On entend au moins 3 ou 4 femmes accoucher dans les salles voisines. C’est long. Un cm, parfois un demi par heure. On dort un peu. Je change souvent de position pour bouger le bassin. Mon fils va bien, son rythme est tonique. Il supporte bien les contractions que nous suivons sur le monito.
13h00 : R oblige mon homme à aller manger. « Quitte la deux secondes pour aller manger parce qu’on aura pas le temps de te ramasser par terre si tu tombe dans les pommes ! » Du coup, il va se promener régulièrement ensuite. Boire un café, prendre l’air. Il me raconte qu’il croise de nombreux papas en stress qui fument et se caféinent à mort ! On rigole. C’est long pour lui aussi.
14h30 : ma gynéco J passe pour m’examiner. Je ne le vois pas mais elle est fait une drôle de tête. B a vu son expression mais ne me dit rien. Elle sort avec V. Je suis 9cm. Plus qu’un et je pourrais pousser mon fils dehors ! Je suis toute contente.
V revient et m’annonce que J veut me préparer pour une césarienne. Catastrophe. Mon fils arrive la tête tournée vers le ciel. Un bébé rêveur qui, en plus a de belles épaules à faire passer dans mon bassin un peu juste. Il ne pourra pas défléchir la tête normalement s’il ne se retourne pas avant la fin de la dilatation. Il faudra que je le pousse jusqu’au bout et J pense que je suis déjà trop fatiguée par le travail. Je m’effondre. Je n’ai aucun a priori sur la césa, mais après 20h00 de boulot, je le vis mal. Ça veut dire sonde urinaire à demeure (enfant, j’ai été opérée et sondée 2 fois à vif, sans anesthésie. Mon pire souvenir de douleur devenu phobie). Ça veut dire cicatrice. B est super mal de me voir comme ça. Il sait à quel point ça me fait peur d’échouer à ce moment.
V, elle y croit toujours, sûre que je peux accoucher par voie basse. Elle dit rien à personne et décide de m’aider.
Elle coupe la péridurale. J’ai une heure pour bouger le bassin dans toutes les positions qu’elle me fait prendre pour retourner le bébé. C’est le seul moment où je douille vraiment. Je m’agrippe à ce qu’il me passe sous la main et je bouge, je bouge. B se sent tellement mal qu’il fait les 100 pas. Sort. Revient. Repart. V me prépare pour la césa « au cas où », elle me rase, pose la sonde sans que je m’en apperçoive (une vraie magicienne).
R passe me voir. Son amie galère aussi. Je pleure un peu, les nerfs qui lâchent. Elle me carresse le bras et me dit « Ne lâche rien, accroche toi ».
V, la sage femme me réexamine. Mon fils est toujours tête en l’air. Elle me redonne de l’anesthésique. Vers 16h, elle enfile un gant et me dit  » on le retourne ? » Je dis oui. Elle commence mais j’ai mal. Alors elle me redonne une dose. Et la. Je plane. Je vois des ombres chinoises quand je ferme les yeux. Mais elle peut manipuler le bébé. Qui se retourne. Je le sens bouger. Du coup, V court appeler la gynéco pour lui dire que je peux pousser. Le temps que V revienne, le bébé s’est retourné à nouveau vers le ciel, mais on ne s’en rend pas compte à ce moment là. Il s’engage dans le bassin tranquillement. Je commence les poussées seule. V prépare la salle en speed.
B est derrière ma tête. Il me masse les cheveux. M’encourage à voix basse.
Avec 2 doses de péri, je ne sens pas du tout ce que je fais mais quand V se place entre mes jambes dix minutes plus tard, elle me dit qu’elle voit une belle touffe de cheveux châtains arriver et je pousse très bien. La gynéco arrive. Et constate de suite que le bébé est toujours tête en l’air. Trop tard pour m’arrêter. J ‘ai déjà bien travaillé. Je pousse encore, encore. Le temps me semble passer super vite. Entre deux séries de poussées, B me dit des mots d’amour dans les oreilles. Je n’oublierai jamais le regard qu’il pose sur moi à ce moment là. Je suis une foutue guerrière.
J et la sage femme nous laissent le plus d’intimité et de calme possible. Elles sourient, sont détendues et je sens bien qu’elles sont ravies de me voir réussir.
Une journée de travail et 30 minutes de poussées au total, une petite épisiotomie pour stopper une déchirure, j’entend J me dire  » il est là, attrapez le » et me voilà en train de tendre les bras de saisir mon fils. On se retrouve face à face et j’entend le papa s’exclamer de surprise et d’émotion.
Mon fils sur moi, B penché sur nous, tous les deux en larmes. Notre fils ne crie presque pas et nous regarde avec calme. Je n’ai rien vu des points, de la délivrance, de la toilette. J et V font tout pour nous laisser tranquille, elles travaillent vite et bien. On se retrouve tout les trois. Peau à peau de 2 heures sans personne pour nous embêter. Les soins se feront après dans la salle par V. Je suis là pour les mesures, le poids et B qui prend son petit dans les bras pour la première fois.
Conclusion 1 : Soyons flexibles et adaptons nous a l’accouchement tel qu’il est et pas tel que nous le voulons. Plus facile à dire qu’à faire, mais c’est inéluctable.
Conclusion 2 : Merci à J et surtout à V d’y avoir cru. Vous êtes merveilleuses ! Il est juste inconcevable que j’aille accoucher ailleurs pour son petit frère ou sa petite soeur. Être aussi bien entourés dans un moment pareil, c’est juste fantastique.
Conclusion 3 : C’est un moment incroyable où tout se mêle. Où l’on se dépasse, avec de bonnes surprises et de grosses douleurs qui s’imprime en nous comme un tatouage dans l’âme. Ne laissons personne le gâcher ou le voler. La fierté que je ressens me mets a l’abri de toute peine, atteinte, critique ou déprime. J’ai accouché, elles m’ont aidées à accoucher et pas l’inverse. Et je suis fière. J’ai donné la vie. Je souhaite à toutes les futures mamans de ressentir cette confiance en soi.
ANONYME.

#301 Anonyme – Doubs

14 Nov

Tout a commencé un lundi très tôt le matin, je perds les eaux lors de l’un de mes nombreux allers retours aux toilettes.
Voilà le top départ tant attendu après ces longs mois de grossesse…

Je réveille le futur papa et on monte dans la voiture. Je suis calme et confiante, je repense à mon projet de naissance qui a été ajouté au dossier il y a quelques jours, je mettais en avant mon besoin de savoir ce qu’il se passe médicalement et ma crainte d’être « exposée à demi nue » à trop de personnes.

Si les équipes font attention à ces deux points, pas de risque que je vive trop mal ce moment… je suis impatiente de découvrir ce qui m’attend et de voir enfin la bouille de notre fils !

Arrivée à la mat à 3h, on nous accueillent et nous installent en salle de pré travail. Vérification que la poche des eaux est bien percée, c’est bien ça. « Mme, votre travail devrait se lancer, vous aller accoucher ! »

Première contraction… dans le dos ?! On ne m’a jamais expliqué qu’on pouvait avoir des contractions dans le dos, ça fait terriblement mal. On me dit que ça arrive, sans plus d’explications, on m’explique que la péridurale pourra être mise en place qu’une fois un enregistrement continu de 15mn effectué. Pas de problème de mon côté, si c’est comme ça que ça fonctionne, c’est qu’il doit y avoir une bonne raison…

Pose du monito, ils n’arrivent pas à capter les contractions et perdent tout le temps le coeur de bébé, les élèves sage femme passent me le remettre deux puis trois fois en me disant à chaque fois « désolée Madame, ça retarde encore un peu la péridurale on a pas eu les 15mn complètes ».
Je commence à me demander si cette « règle » est vraiment nécessaire, les contractions me provoquent des douleurs que je ne supporte pas du tout, j’ai besoin que d’une chose… un anti douleur !

Je commence à demander quelque chose pour la douleur aux élèves sage femmes, en attendant la péri, je leur dit que j’en peut plus… Une sage femme diplômée prend le relais et décide de me passer en salle de travail.
L’équipe au complet débarque pour une tentative de mise en place de sonde « en interne » (lecture du mode d’emploi à l’appuis…) afin d’avoir un tracé correct, mon besoin d’intimité en prend un coup.
La nouvelle sonde ne portant pas ses fruits et le travail aillant bien avancé l’équipe décide d’appeler l’anesthésiste, il est 7h30 !

L’interne en anesthésie arrive rapidement, il me pique une fois… raté, deux fois… raté. La forte douleur d’une de mes contractions me fait me toucher le dos, l’anesthésiste s’énerve « Je vous ai dit de ne pas toucher ! A cause de vous je dois tout re désinfecter!! ».
Je m’excuse, troisième essai… encore raté.
L’interne appelle sa chef qui me piquera une quatrième puis une cinquième fois, la péri est enfin en place au bout d’une heure quinze à faire le dos rond avec les contractions !

Je suis épuisée, je demande au futur papa de quitter la pièce pour me reposer un peu. Je m’endors une heure.

Un peu avant 10h, on me réveille pour une vérification du col, je suis à 10 ! Je me dis ça y est c’est parti, il va falloir assurer…

La sage femme, elle, me dit qu’elle n’arrive pas a sentir comment est la tête de bébé, qu’elle va demander au médecin de faire une écho pour voir ce qu’il en est.
Elle s’en va, le futur papa et moi on se sent bêtes, je me rends compte qu’on ne m’a rien dit à ce sujet depuis notre arrivée, je commence à douter de ce que me dit ou cache l’équipe.

Après le contrôle échographique, le médecin me dit que le bébé n’est pas tout à faire dans la bonne position, on me dit que je vais devoir faire du ballon pour essayer de lui faire trouver la bonne position pour la sortie.
Là, je me transforme en « femme de cirque », me voilà entrain de faire du ballon sur la table d’accouchement parce que le protocole dit qu’avec la péridurale on n’a pas le droit de descendre de la table !!
Le futur papa trouve ça dangereux et essai de me sécuriser, moi j’essai de faire au mieux. On m’a dit que j’avais 2h30 pour le faire bouger (un protocole de plus…).

Contrôle au bout d’une heure, rien n’a bougé, au bout de deux, rien non plus. Au bout de 2h30 une sage femme entre et me dit « Essayez de pousser Mme ».
Comment ça ? Là comme ça ?? Sans poignées ? Sans étriers ??
« Oui, allez y poussez pour voir, c’est pour vérifier quelque chose ».
Je n’ai jamais poussé de ma vie, j’essai une poussée, sans doute très mauvaise…

La sage femme me dit alors « Nous allons aller dans une pièce plus grande pour avoir plus de place ».
Je comprend qu’on m’emmène au bloc et la confiance qu’il me restait en l’équipe vient de s’écrouler… « une salle plus grande! ».
Je me rends compte qu’on ne m’a toujours pas expliqué la complication en cours, je comprends que je ne saurai rien. Je me referme sur moi même et essai de penser qu’à notre fils qui doit arriver.

Arrivée au bloc, une dizaine de personnes entre pour assister à l’accouchement, j’ai l’impression d’être humiliée, je suis là les fesses à l’air devant tous ces inconnus… je ne comprends rien à ce qu’il se passe.

Maintenant tout s’enchaîne, on me demande de pousser sur la table du bloc (le dos à plat), on me dit de ne plus appuyer sur la péri, les douleurs reviennent, une sage femme m’écrase le ventre pour aider bébé à sortir, on me gronde parce que je ne pousse pas assez bien, puis on me dit l’inverse…
Le médecin de garde fait son entrée, il fait sortir la moitié des personnes présentes dans la pièce (merci Monsieur !), il refait une écho et me dit que mon bébé ne regarde pas dans le bon sens et qu’il est coincé au dessus de mon bassin.
Je me rend compte que je pousse depuis 45mn alors que mon fils est coincé, mes larmes coulent, le médecin monte la ventouse dans mon bassin et retourne bébé, je ressent un douleur horrible, j’explose ! (ils appellent ça une « ventouse d’insertion »)

On me réactive la péridurale et me demande une dernière fois de pousser, en 4 fois mon fils est dehors. Il est 13h12
Je ne le verrai pas, il part immédiatement dans les bras d’une puéricultrice pour être désencombré, je pleure, mon accouchement est raté.

Après une révision utérine accompagnée d’une hémorragie de la délivrance (pour couronner le tout), je ferai enfin connaissance avec mon fils 4 heures après mon accouchement.

Je comprendrai tous les « aléas » de mon accouchement une fois mon dossier médical en mains.