Archive | Australie RSS feed for this section

Camille, en Australie en Septembre 2012

16 Sep

 Accouchement en maison de naissance

Liam est né en septembre 2012 en Australie.

Je souhaite témoigner car j’ai testé le privé, le public et la maison de naissance.

En Australie, il y a les hôpitaux privés (très chers) où la césarienne domine. Il y a aussi les hôpitaux publics dont l’approche est déjà très différente de la France : ballon, positions, respiration, lumières douces, péridurale que si on la demande et dosable, accès à une baignoire.

A la suite de la lecture du livre « Attendre bébé autrement » j’ai décidé d’explorer les méthodes naturelles de grossesse et accouchement qui sont très développées en Australie.

Au vu des coûts de mon obstétricien en privé qui regardait sa montre au bout de 10 minutes avec un « on se revoit dans 2 mois », j’ai finalement décidé de m’inscrire en maison de naissance.
J’ai eu une grossesse très douloureuse, souffrant de douleurs du pelvis atroces au fur et à mesure que la grossesse avançait. Le soutien de ma sage-femme, la relation amicale était ma priorité,  étant isolée à 24 000kms de ma famille.

Tout le suivi de ma grossesse s’est fait dans la simplicité, le coté familial, la douceur, les rigolades aussi. Pour gérer la douleur du bassin et genoux de plus en plus mous sous l’effet de la relaxine, j’ai eu accès aux massages prénataux, au yoga prénatal, au kiné de grossesse et aux classes de préparation. Je me suis inscrite avec mon mari à un week-end d’information et pratique de la relaxation, visualisation, respiration, information sur l’accouchement appelé Calm Birth, qui apporte aux futurs parents une confiance énorme et qui est désormais accessible aussi en hôpital, tant ses bienfaits sont reconnus pour gérer la douleur.

La combinaison du Calm Birth avec le yoga prénatal m’a permis de maîtriser la clé de ma grossesse et de mon accouchement : la respiration profonde et lente. Indispensable en effet, car j’ai aussi dû gérer 3 semaines de souffrance dans les reins. Suspectant un calcul rénal, j’ai alors été admise d’urgence à 33+ semaines de grossesse en hôpital public où j’ai alterné diagnostic après diagnostic (allant de l’accouchement imminent, au besoin de stopper les contractions d’urgence…), 3 cathéters, injections de stéroïdes, de morphine, des médicaments provoquant la constipation etc. 24h d’un cercle vicieux médicalisé, traumatisant malgré un personnel adorable, aux petits soins. Pour moi c’était évident : il fallait que ma grossesse attende jusqu’à 35 semaines pour pouvoir être prise en main par ma sage femme en cas d’accouchement.

Liam m’a entendue et il est resté au chaud. A 37 semaines et 3 jours il s’est décidé. La poche des eaux a cédé à 9h et ma sage-femme est venue voir et me dire « c’est bon ça commence, relaxe toi, tout va bien, tu as le temps». Sauf que j’ai eu la chance d’avoir une dilatation express, peu de douleurs pendant les contractions au point que j’étais déjà à 8cm en seulement 4h de travail facile. Alors suite à une seconde visite à 14h , ma sage femme m’a dit d’aller de suite à la maison de naissance – Liam était bien plus proche que prévu ! Un seul toucher vaginal en tout et pour en 9 mois et uniquement après avoir donné mon consentement, aucune intrusion, ni gestes de procédures inutiles.

Arrivée sur place, tout était déjà organisé, aucun papier à régler, la sage femme a tout organisé. Un bain chaud m’y attendait, ma musique, mes cd de relaxation de Calm Birth, la pénombre, la douceur et les encouragements positifs de ma sage-femme et d’une jeune étudiante sage-femme (et mon mari !). Des chambres immenses chacune avec une baignoire circulaire de 1000L, la température réglable dans la chambre, des décors doux et relaxants. Des fou rires aussi car je parlais en anglais à mon mari français, et ma sage-femme me fait la surprise de me dire qu’elle comprend le français et que je peux l’injurier en français.

Malheureusement, la suite s’est compliquée. Apres 6h de poussée ( !) et malgré les encouragements constants, tentatives de différentes positions, etc., Liam n’arrivait pas à sortir à cause de mon périnée très tonique. On a encore tenté une dernière fois, et en présence d’une obstétricienne avant que je ne sois finalement admise à l’étage inférieur en hôpital public. Là tout s’est accéléré, devenu très médical, avec en l’espace de 5 minutes, une équipe de 6 personnes autour de nous – une tempête médicale ! Bilan : une épisiotomie et ventouse sans médicament, ni gaz et sans péridurale.

Je reste encore traumatisée par ces vagues de douleurs, cette impression de train qui me passe dessus, littéralement dans un état second. Malgré la tempête médicale et les procédures, l’attention délicate du personnel était bien là. Jamais je ne me suis sentie « bout de viande » ou un « numéro » ou dans un environnement inhumain. Dans une lumière tamisée, Liam est né. Mon plan de naissance a été respecté du mieux possible.

Suite à l’accouchement, nous avons pu rester à 3 dans l’intimité de notre petite famille pendant plus de 4h avec Liam en peau à peau dans la salle de travail, avant de retourner dans la chambre de la maison de naissance et prendre notre temps pour rentrer chez nous à notre rythme après 24h.

Calm Birth et la maison de naissance nous ont aussi appris à accepter qu’une naissance ne se déroule pas toujours comme on le souhaite et d’être flexible quand le bébé est en danger. A relativiser et se concentrer sur l’essentiel.

Au retour à la maison, les sage-femmes ont alors maintenu une rotation de visites quotidiennes pendant 11 jours pour venir nous voir à la maison, me soigner, nous rassurer et m’aider dans l’allaitement, restant souvent plus d’1h pour juste partager et nous aider dans nos premiers pas : le bain, les montées de lait, les soins post-accouchement, le soutien du baby-blues.

J’ajouterai enfin que je bénéficie de salles pour allaiter au travail ou pour rester avec mon enfant si problème avec le mode de garde : elles sont équipées de frigo, lit bébé, jeux, et ordinateur. Tous les centres commerciaux, gares, aéroports, lieux publics ont des salles de change et d’allaitement. Les lieux de travail optent pour le label « ami de l’allaitement ». Il y a des groupes d’information pour les jeunes parents gratuits pendant 6 semaines, des groupes de mamans, des groupes de jeux pour bébés. Enfin, mon congé maternité peut être de 4 mois payés plein salaire ou 8 mois mi-salaire ce qui me permet de profiter de Liam au maximum. Grossesse, accouchement et débuts parentaux respectés.

Avec du recul, mon expérience de ce système est extraordinaire et j’ai pu entendre les expériences de 6 amies françaises en France en hôpital : heureuses de faire des prises de sang tous les mois, d’analyser les résultats de leurs examens ou encore satisfaites d’avoir pu accoucher « naturellement » avec péridurale, ocytocines, sur le côté… Car désormais accoucher naturellement en France semble juste signifier ne pas avoir de césarienne.

Je n’hésiterai pas à repasser par ce système, car même loin de ma famille j’ai eu un soutien extraordinaire. De plus, intervention médicale peut aussi rimer avec humanité. J’ai envoyé un faire-part de naissance aux sages-femmes en écrivant dessus « si seulement toutes les femmes françaises pouvaient accéder à cette forme respectueuse d’accouchement ». Tout est dit…

Sophie – un accouchement en douceur – Australie, 2012

1 Mar

Mon accouchement s’est déroulé en Australie, dans une maison de naissance de Sydney, à l’intérieur de l’hopital publique.
Je ne pourrai imaginer avoir un enfant en France tellement les mentalités sont différentes. Je n’ai pas vu un seul médecin pendant ma grossesse. (ma sage femme, elle, a parfois parlé à des médecins pour des résultats de prise de sang par exemple).
Ici, j’ai été « coachée » afin de pouvoir mettre au monde mon bébé de la manière la plus naturelle possible. mes souhaits ont été respectés : j’ai eu de la musique, des huiles essentielles, pas de péridurale, pas d’épisiotomie, le père n’ a pas coupé le cordon ni vu la tete sortir, j’ai porté moi-même le bébé à son arrivée pour le mettre sur ma poitrine, je n’ai eu aucune visite pendant mon (bref) séjour à l’hopital. J’ai eu une sage femme au téléphone plusieurs fois pendant mon travail à la maison afin d’avoir quelques suggestions pour supporter les contractions. Lorsque j’ai perdu les eaux à la maison, j’ai souhaité me rendre à la maison de naissance.
Puis lorsque je suis arrivée, j’étais à 5 cm. Les lumières étaient tamisées, la sage femme me parlait avec une voix douce, calme et rassurante. un bain chaud m’attendait. Je me sentais accueillie, confiante, capable. 2h plus tard, mon bébé naissait dans l’eau. Après la première tétée et une douche, nous avons pris son père et moi un petit déjeuner ensemble, dans la chambre sur un grand lit en bois. Mieux qu’à la maison!
Mon bébé est tranquille, tête bien, dort bien, sourit beaucoup, je suis persuadée que cela est dû à son mode de naissance… Je suis en forme, reprise de l’exercice physique après 6 semaines. (natation et pilates).

OUI POUR LES MAISONS DE NAISSANCE EN FRANCE! (attachée aux hopitaux en cas d’urgence).

Camille – Australie – 2012

1 Mar

Camille, Australie Septembre 2012 – Accouchement en maison de naissance
Liam est né en septembre 2012 en Australie. Je souhaite témoigner car j’ai testé le privé, le public et la maison de naissance. En Australie, il y a les hôpitaux privés (très chers) ou la césarienne domine. Il y a aussi les hôpitaux publics dont l’approche est déjà très différente de la France : ballon, positions, respiration, lumières douces, péridurale que si on la demande, accès a une baignoire. A la suite de la lecture du livre « Attendre bebe autrement » j’ai décidé d’explorer les méthodes naturelles de grossesse et accouchement qui sont très développées en Australie. Au vu des couts de mon obstétricien en privé qui regardait sa montre au bout de 10minutes avec un « on se revoit dans 2 mois », j’ai finalement décidé de m’inscrire en maison de naissance.
J’ai eu une grossesse très douloureuse souffrant de douleurs du pelvis atroces au fur et mesure que la grossesse avançait. Le soutien de ma sage-femme, la relation amicale était ma priorité, étant isolée à 24 000kms de ma famille. Tout le suivi de ma grossesse s’est fait dans la simplicité, le coté familial, la douceur, les rigolades aussi. Pour gérer la douleur du bassin et genoux de plus en plus mous sous l’effet de la relaxine, j’ai eu accès aux massages prénataux, au yoga prénatal , au kiné de grossesse et aux classes de préparations. Je me suis enregistrée avec mon mari a un week-end d’information et pratique a la relaxation, visualisation, respiration, information a l’accouchement appelé Calm Birth, qui apporte aux futurs parents une confiance énorme et qui est désormais accessibles aussi en hôpitaux tant les bien faits sont reconnus pour gérer la douleur. La combinaison de Calm Birth avec le yoga prénatal m’a permis de maitriser la clé dans ma grossesse et accouchement : la respiration profonde et lente. Indispensable en effet, car j’ai aussi du gérer 3 semaines de souffrance dans le rein. Suspectant un calcul rénal, j’ai alors été admise d’urgence a 33+ semaines de grossesse en hôpital public ou j’ai alterné diagnostic après diagnostic (allant de l’accouchement imminent, au besoin de stopper les contractions d’urgence…), 3 cathéters, injections de stéroïdes, de la morphine, des médicaments provoquant la constipation etc. 24h d’un cercle vicieux médicalisé, traumatisant malgré un personnel adorable, aux petits soins. Pour moi c’était évident : il fallait que ma grossesse attende jusqu’à 35 semaines pour pouvoir être prise en main par ma sage femme en cas d’accouchement. Liam m’a entendu et il est reste au chaud. A 37 semaines et 3 jours il s’est décidé. La poche des eaux a cédé à 9h et ma sage femme est venu voir et me dire « c’est bon ça commence, relaxe toi, tout va bien, tu as le temps». Sauf que j’ai eu la chance d’avoir une dilatation express, peu de douleurs pendant les contractions au point que j’étais déjà à 8cm en seulement 4h de travail facile. Alors suite à une seconde visite à 14h , ma sage femme m’a dit d’aller de suite à la maison de naissance – Liam était bien plus proche que prévu ! Un seul touché vaginal en tout et pour en 9 mois et uniquement après avoir donné mon consentement, aucune intrusion, ni gestes de procédures inutiles.
Arrivée sur place, tout était déjà organisé, aucun papier à régler, la sage femme a tout organisé. Un bain chaud m’y attendait, ma musique, mes cd de relaxations de calm birth, la pénombre, la douceur et les encouragements positifs de ma sage femme et d’une jeune étudiante sage femme (et mon mari !). Des chambres immenses chacune avec une baignoire circulaire de 1000L, la température réglable dans la chambre, des décors doux et relaxants. Des fou rires aussi car je parlais en anglais à mon mari français, et ma sage femme me fait la surprise de me dire qu’elle comprend le français et que je peux l’injurier en français. Malheureusement, la suite s’est compliquée. Apres 6h de poussée ( !) et malgré les encouragements constants, tentatives de différentes positions, etc., Liam n’arrivait pas à sortir à cause de mon périnée très tonique. On a encore tenté une dernière fois, et en présence d’une obstétricienne avant que je ne sois finalement admise à l’étage inferieur en hôpital public. La tout s’est accéléré, devenu très médical, avec en l’espace de 5 minutes, une équipe de 6 personnes autour de nous – une tempête médicale ! Bilan : une épisiotomie et ventouse sans médicament, ni gaz et sans péridurale. Je reste encore traumatisée par ces vagues de douleurs, cette impression de train qui me passe dessus, littéralement dans un état second. Malgré la tempête médicale et les procédures, l’attention délicate du personnel était bien là. Jamais je ne me suis sentie « bout de viande » ou un « numéro » ou dans un environnement inhumain. Dans une lumière tamisée, Liam est né. Mon plan de naissance a été respecté du mieux possible. Suite à l’accouchement, nous avons pu rester à 3 dans l’intimité de notre petite famille pendant plus de 4h avec Liam en peau à peau dans la salle de travail, avant de retourner dans la chambre de la maison de naissance et prendre notre temps pour rentrer chez nous à notre rythme après 24h.

Calm Birth et la maison de naissance nous ont aussi appris à accepter qu’une naissance ne se déroule pas toujours comme on le souhaite et d’être flexible quand le bébé est en danger. A relativiser et se concentrer sur l’essentiel.

Au retour à la maison, les sage femmes ont alors maintenu une rotation de visites quotidiennes pendant 11 jours pour venir nous voir à la maison, me soigner, nous rassurer et m’aider dans l’allaitement, restant souvent plus d’1h pour juste partager et nous aider dans nos premiers pas :le bain, les montées de lait, les soins post-accouchement, le soutien du baby blues.

J’ajouterai enfin que je bénéficie de salles pour allaiter au travail ou pour rester avec son enfant si problème avec le mode de garde : elles sont équipées de frigo, lit bébé, jeux, et ordinateur. Tous les centres commerciaux, gares, aéroports, lieux publics ont des salles de changes et d’allaitements. Les lieux de travail optent pour le label « ami de l’allaitement ». Il y a des groupes d’information pour les jeunes parents gratuits pendant 6 semaines, des groupes de mamans, des groupes de jeux pour bébés. Enfin, mon congé maternité peut être de 4 mois payés plein salaire ou 8 mois mi-salaire ce qui me permet de profiter de Liam au maximum. Grossesse, accouchement et débuts parentaux respectés.

Avec du recul, mon expérience de ce système est extraordinaire et j’ai pu entendre les expériences de 6 amies françaises en France en hôpital : heureuses de faire des prises de sang tous les mois, d’analyser les résultats de leurs examens ou encore satisfaites d’avoir pu accoucher « naturellement » avec péridurale, ocytocines, sur le cote… Car désormais accoucher naturellement en France semble juste signifier ne pas avoir de césarienne.
Je n’hésiterai pas à repasser par ce système, car même loin de ma famille j’ai eu un soutien extraordinaire. De plus, intervention médicale peut aussi rythmer avec humanité. J’ai envoyé un faire-part de naissance aux sages-femmes en écrivant dessus « si seulement toutes les femmes françaises pouvaient accéder a cette forme respectueuse d’accouchement ». Tout est dit…
Camille.