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Lucie, la naissance de Nathan en novembre 2013

5 Mar

Amour ? Je crois qu’on a un problème . Je tends le test de grossesse à ton papa, et là je vois la joie illuminer son visage, il n’en sait pas plus mais il t’aime déjà , toi petit être qui grandit en moi . On fera ce que tu décides a-t’ il dit . Mais je savais , il n’a pas pu cacher ses sentiments. C’est à ce moment précis, mon cœur, qu’on est devenu tes parents .

Ca fait pourtant que trois mois que nous sommes ensemble mais ton papa est un homme incroyable, j’ai confiance en lui, je me sens en sécurité, aimée, pour la première fois de ma vie je suis en paix. Mais moi ta maman, est ce que je vais arriver a être à la hauteur, a prendre soin de toi , et a t’aimer autant que tu le mérites …

Première échographie, mon petit prince, tu as la taille d’un petit haricot, on entend ton petit cœur battre, papa est tellement heureux, ému qu’il ne peut s’empêcher de sourire . On est dans le noir, heureusement, personne ne voit mes larmes couler . J’ai si peur mon bébé, je ne suis pas prête pour tout ça . ..

Voilà quatre mois que tu es dans mon ventre et cette nuit j’ai rêvé de toi , tu avais de grand yeux bleus.

Mon ventre ne s’arrondit que très peu , est-ce parce que tu sens que je ne voulais pas t’avoir si vite a mes cotés ? Ton papa le voit bien, je n’arrive pas a être comblée par cette nouvelle, mais il ne dit rien, il me soutiens.

Et le temps passe mon bébé , mon ventre grossit peu à peu, et mes angoisses avec…

Lors d’une échographie , la gynécologue dit que tu es trop petit , que l’accouchement risque de ne pas très bien se passer peut-être qu’on devra me faire une césarienne , il se peut que tu ne supportes pas les contractions , mais elle se trompe elle ne sait pas à quel point tu es fort et déterminé a être parmi nous. Nous devons faire des échographies tous les 15 jours et à chaque fois c’est une épreuve en plus , j’ai si peur qu’il t’arrive quelque chose, tu ne prends toujours pas de poids. Est-ce que c’est de ma faute ? Est-ce que c’est parce que j’ai peur ?

On a commencé les cours a l’accouchement et ton papa vient avec moi, la sage femme est une personne formidable, elle est a notre écoute, je lui fais part de mon histoire, de mes peurs, elle est avec nous, nous soutient. Grâce à elle je commence a prendre conscience de mon état de maman. Le huitième mois est la, mais je ne veux pas que tu arrives c’est bien trop tôt, je veux pas que ma vie change, je n’y arriverai pas, mais papa est toujours là, à mes cotés, il nous aime si fort, il est tellement sûr que je serais une maman parfaite pour toi que je vais finir par le croire. Nous sommes le 18 novembre et tu es prévu pour le 13 décembre. Il est minuit, la première contraction arrive, mais ce n’est pas le moment j’attends patiemment dans le lit, papounet se réveille, il s’inquiète et m’oblige a appeler l’hôpital . La sage femme que j’ai au téléphone me dit que c’est un faux travail que je dois pas m’inquiéter. Mais ça continue toute la nuit, c’est de pire en pire mais ce n’est pas régulier, je rappelle l’hôpital il me maintiennent que ce n’est rien, que ça va passer dans la journée. Il est neuf heures, papa reste à la maison et ne va pas travailler, et heureusement car a neuf heures trente je perds les eaux, et là c’est la panique, je n’ai pas préparée la valise, je ne trouve pas mes papiers , je cours dans tous les sens, j’ai tellement mal, je commence à paniquer, à pleurer, je n’y arriverais jamais, ça fait si mal, si ton papa n’avait pas été là j’aurais accouchée sur le canapé. Il reste calme, posé, il me guide mais dans son fort intérieur c’est un tsunami qui se prépare, avec le recul la situation était très comique. Je n’arrête pas de répéter que tu vas venir au monde dans la voiture, que c’est pas le moment, que je veux pas aller à l’hôpital, tu ne dois pas arriver maintenant, ta valise n’est même pas prête. Arrivée à l’hôpital on m’allonge, on me met des fils partout, je comprend pas très bien ce qui se passe, je veux me lever, mais je peux pas, les contractions sont insupportables, j’ai tellement soif , mais les sages femmes ne veulent pas que je bois, elle veulent pas que je me lève. Et moi je veux rentrer à la maison tout de suite, je veux pas être la, je comprend rien a ce que me dit l’anesthésiste il a un drôle d’accent polonais russe, il m’énerve. Bon sang, je veux me lever, mais non je dois rester allongée là et je dois pas bouger sinon le monitoring ne fonctionne pas ! Je voulais aller dans la baignoire, mais la sage femme ne veut pas, elle a beau être adorable, a ce moment précis ils m’énervent tous. La péridurale mise en place tout vas mieux, je me calme, me détend, ton papa a mes cotés. Et voilà petit bout, tu arrives il est 12H55, je pleure, j’ai mal mais c’est supportable, les sages femmes son formidables et drôles, je sens ton papa me serrer fort dans ses bras. Il est 13h05 et tu es avec nous mon amour.

Nous sommes une famille !

Aujourd’hui tu as trois mois et de grand yeux bleus, je vous aime tellement fort tous les deux, toutes les angoisses, toutes les peurs , tout ça s’est envolé quand je t’ai eu dans mes bras. On est si heureux tous les trois. Tu es la plus belle chose que j’ai faite dans ma vie, je ne regrette rien, tu es fait pour nous et nous sommes fait pour toi.

De Lucie pour mon Nathan que j’aime.

« Tous les enfants qui naissent sont la preuve que dieu n’est pas encore découragé de la race humaine »

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Morgane, la naissance en siège de Siham

2 Mar

Récit de ta naissance

Quelques  jours avant notre mariage, le coeur du bébé que je portais s’est arrêté. Tristesse et colère ne durèrent pas car les préparatifs reprirent et l’arrivée des amis et de la famille nous permirent alors d’avancer et de faire notre deuil surement plus rapidement.

Cet espoir d’enfant était toujours présent et c’est avec joie et craintes que j’ai appris ton installation au début du mois de juillet. Je guettais chaque symptôme, de peur de te perdre toi aussi mais tout se passa bien. Notre déménagement, notre premier été dans le sud, mon ventre s’arrondissait. Souvent triste et perdue d’être ici seule, j’essayais de ne pas trop te communiquer tout ça !

De grandes discussions avec ton papa, car j’avais décidé, suite à la naissance de ta soeur, de tout faire pour éviter de remettre les pieds dans une maternité. Tu naitrais donc à la maison, chez nous, sans fil ni appareil, sans blouse blanche ni protocole.

Tous les mois les rendez-vous avec J et F, et Aude, pour préparer ta venue, beaucoup de lectures pour moi pour me préparer à t’accueillir, certes dans la douleur, mais aussi dans la sérénité la plus grande possible. Nous ne savions pas alors si tu étais une fille ou un garçon, on savait que tu allais bien, moi aussi, et c’était là l’essentiel.

Ton arrivée devait se faire autour du 23 mars, Tout se présentait parfaitement bien.

12 mars: dernier rdv avec J avant le jour J. j’ai du mal à connaitre ta position, je ressens des coups dans des endroits bizarres. Je trouve ta position étrange elle aussi et me demande de faire une échographie de contrôle. Grande peur… Si tu t’es mise tête en haut, tu ne pourras pas arriver dans la chaleur de notre foyer. Je me vois déjà à Nimes, dans cet endroit impersonnel, qui me rappellera tant l’arrivée de Nawel. Spectatrice…et puis l’angoisse… Si tu te décidais maintenant, ils ne chercheraient pas à comprendre, on t’ôterait de moi au scalpel.

J’arrive à avoir un rdv pour une échographie l’après-midi même, à Avignon. La sage femme me confirme ce que l’on craint: tu es en siège décomplété. Il reste peu de liquide, tu as donc peu de chances de te retourner.

J’appelle Aude qu’elle me fasse une ordonnance pour passer le pelviscanner, au moins pour essayer de négocier un accouchement par voie basse. J’informe J et F qui me disent qu’il faut y croire, que tu peux encore faire la bascule. Je n’y crois pas. Ton papa insiste et me trouve un rdv le lendemain matin pour un pelviscanner à Arles.

13 mars: pelviscanner à Arles. Je rumine… J’ai tellement peur qu’on me vole ta naissance. En sortant je me dis que cela ne coûte rien de monter à la maternité et voir. Au secrétariat, tout est calme, le service est calme, personne n’attend ni ne coure. Une sage-femme me reçoit gentiment, je lui explique tout: notre projet d’AAD, la naissance de ta soeur que je ne souhaite pas revivre, ta position…Elle m’écoute sans juger, me rassure. Elle prend alors les choses en main, m’envoie faire des analyses au labo de l’hôpital, voir l’anesthésiste, me donne rdv pour le lendemain. Les choses s’éclaircissent, je me sens rassurée, en confiance (autant que faire se peut devant mon projet qui s’écroule). Peut-être n’aurais-je pas mon AAD.. mais je pourrais peut être finalement avoir mon accouchement par voie basse et sans péri.

14 mars: je pars chercher les résultats du pelviscanner puis me rends à la maternité. Je vois H, 1h15 de rdv, on revoit tout, fait mon dossier. Col ouvert à 2. Je vois ensuite le Dr M. chef de service : écho qui confirme le siège, ta petite taille. Accord de principe pour une voie basse mais sous conditions: péridurale dès le début du travail, monitoring constant, poche des eaux intacte…bref mon rêve d’accouchement naturel s’éloigne doucement. J’essaie de commencer mon « deuil » pour me concentrer sur ton arrivée.

15 mars: dernier rdv avec Aude. Acupuncture et relaxation. Elle m’aide à accepter ce revirement de situation, à envisager la césarienne, à pleurer.

Je reprends ma tisane de framboisier… tu peux maintenant arriver, je ne serai pas césarisée d’office. Je t’attends et profite de nos derniers moments si proches. je tourne en rond et guette les signes. Les contractions ne sont pas plus nombreuses ou douloureuses que d’habitude.

16 mars: Avec ton papa nous décidons d’aller à Montpellier. Nous passons la journée en famille. Nous emmenons Nawel à l’aquarium, l’après-midi je contracte pas mal. J’hésite à aller voir J. J’ai parfois l’impression que tu t’es retournée et puis non… Je sens que ça travaille un peu. Pendant le dîner, les contractions, non douloureuses, sont aux 10 min. Nous reprenons la route et en arrivant, plus rien. Ca ne sera donc pas pour aujourd’hui.

17 mars: 5h50. Je suis réveillée par une contraction. Je me lève et attend de voir si elle est suivie. Une autre vient environ 10 minutes après. Ça tire. J’avais presque oubliée cette douleur. C’est fort. Je te parle et prend 2 spasfon avant d’aller réveiller ton papa. Malgré le spasfon, les contractions se rapprochent et tirent vraiment. Je pense que c’est aujourd’hui que tu vas nous rejoindre.

6h35: je me glisse dans notre lit et demande à ton papa s’il a bien dormi car la journée risque d’être riche en émotions. Il se lève.

Je gère au mieux, respire, vocalise. C ‘est très fort et je peine à garder le contrôle. Les contractions se rapprochent et sont vraiment douloureuses. Je dois me concentrer.

6h45: M appelle ton grand père et ta grand mère pour qu’ils viennent s’occuper de Nawel. Je commence à compter le temps, je sens que ça va aller vite ! Je gère les contractions étirée, sur la pointe des pieds, je m’étire sur le ballon posé sur le dossier du canapé, je demande à M de charger les affaires.

7h30: nous réveillons Nawel pour la préparer à notre départ, devant elle j’essaie de parler, de faire comme ci… Je finis de préparer les sacs, ne rien oublier.

Les contractions reviennent toutes les 3 minutes environ et sont maintenant difficilement gérables.

8h15: Tes grands parents  arrivent (ton papy était au marché, et ils ont loupé la sortie…bref quasi 1h30 pour venir). ENFIN. Je sais qu’il faut qu’on parte vite. Dernières recommandations pour Nawel et la maison. Un dernier bisou à notre grand bébé qui sera très bientôt notre « ainée ».

8h20 : nous montons en voiture. Impossible pour moi de m’asseoir, je suis à genoux, dos à la route et je m’accroche à l’appui tête. Je me concentre, te parle, me parle « respire doucement, accompagne, souffle, laisse monter, laisse partir… ». Je jette de temps en temps un oeil à la route pour voir où nous en sommes.

Je perds ensuite le fil du temps. Nous arrivons à la maternité 15 ou 20 minutes après notre départ de Bellegarde. Je ne peux pas tout de suite descendre de la voiture, une contraction me cloue sur place. Il pleut. je me vois dans la vitre d’entreé de l’hôpital ronde pour encore quelques heures. c’est désert, calme et silencieux.

Une contraction dans le couloir puis une dans l’ascenseur, une autre contraction m’empêche d’en sortir. Une dame vient me chercher (surement celle que j’avais eu au téléphone pour prévenir de notre arrivée).Un couloir, M part s’habiller. J’entends la femme dire à une sage femme de se dépêcher car ça cogne fort. Elle a dû voir à ma tête que leur super plan péri/monito ne pourrait pas se faire !

Arrivée en salle d’examens, M revient, j’ai peur, je perds pieds quelques secondes et pense ne jamais y arriver. Une femme veut m’examiner, l’environnement m’effraie, je veux rester debout, dans ma bulle, pendue à mon homme, ne pas voir ce qui se passe autour. M me calme, me parle. Je reprends le dessus et laisse la sage-femme m’examiner. Elle crie à ses collègues « une complète » (charmant non ?), ça j’aurai pu le leur dire. Je panique un court instant, je n’aurai donc pas de péridurale qu’ils m’avaient dit qu’ils poseraient dès mon arrivée ! et puis je réalise ! Ils ne pourront pas me faire leur péri !!!! j’ai tout fait ! on y est ! Je suis heureuse avant qu’une nouvelle contraction me rappelle qu’il reste des efforts à fournir. La sage-femme redemande si la poche des eaux est intacte…. oui ! je le saurai ! et là… plouch ! le déluge ! je sens quelqu’un me poser une perfusion. Je vois le Dr M., je sens l’échographie rapide.

Je demande M, Il faut qu’il reste devant mon visage je ne veux pas voir tous ces gens qui s’activent et se pressent. Je lui parle mais ne me souviens pas du tout de ce que je lui dis. ça recommence et cette fois je sens que tu arrives, j’essaie de me concentrer pour pouvoir pousser efficacement. Tu avances vite et je sens tout, tout ton petit corps. je reprends mon souffle et pousse encore. Cela me soulage. Et puis à un moment, plus de contractions. je panique car ta tête n’est pas encore sortie et que je n’ai plus cette envie de pousser. J’entends les gens m’encourager. Le Dr M (l’autre) entre et me dit qu’il faut y aller ! Je me reconcentre et pousse, pousse encore. Voilà, je te sens, ta tête passe. J’ai franchement l’impression qu’elle est énorme, que jamais je n’arriverai à te sortir de là ! Je pousse une dernière fois et enfin, te voilà. On te pose sur mon ventre quelques instants puis quelqu’un t’emmène. On me dit juste que tu es sonnée. Je dis à ton papa d’aller avec toi. Le Dr M me dit « Vous ne la vouliez vraiment pas cette péridurale hein ? » je lui raconte alors que notre arrivée tardive n’était absolument pas voulue.

Les soins commencent, on te remet sur moi. J’ai peur, je ne veux plus qu’on me touche. je tremble comme une feuille. Je viens d’accoucher par voie basse, sans péridurale, sans épisiotomie, d’un bébé en siège et je ne supporte pas que la doc répare la toute petite déchirure qui en résulte. Mon corps a du mal à se remettre de la tempête qu’il vient de vivre. On me met donc sous gaz hilarant le temps de la couture.

Enfin c’est fini. Je peux te reprendre, tu es là, avec nous. Je demande finalement à quelle heure tu es arrivée: 9h01, soit 20 minutes entre notre arrivée dans le service et ta naissance. Je n’en reviens pas. Je pleure, je l’ai fait, j’ai réussi. Tu es là, et les médecins ne m’ont pas touché. j’ai tout géré avec ton papa et toi. Je suis fière, émue bouleversée. C’était tellement intense et en même temps tellement réel. Je peux dire que je t’ai mise au monde. J’admire ton papa qui n’a pas perdu son sang froid et qui m’a vraiment accompagné.

Il doit être 10h30 j’ai faim, nous appelons famille et amis pour annoncer ton arrivée, la plupart ne nous croit pas, aussi rapide?? Têter te demande trop d’efforts pour le moment, je te laisse dormir.

Il est 11h30, ce dimanche 17 mars 2013 et enfin nous voilà en chambre tous les 3 et nous commençons notre nouvelle vie. Tu es belle ma fille, tu ressembles à ta soeur. C’est sans appréhensions et avec une joie immense que je te berce contre moi.

Je passerai sur les « détails » du séjour à la maternité… vraiment pas agréable, protocolaire. Méconnaissance de l’allaitement, pression, non dialogue… bref tout ce que je redoutais.

SI prochain bébé il y a, je resterai sur un projet d’AAD mais si je devais accoucher en structure je demanderai une sortie précoce le jour J, pour ne pas être séparée de mes grandes, pour me sentir bien chez moi et ne pas avoir de compte à rendre quant aux heures, durée des têtées etc…

Certes mon projet ne s’est pas réalisé comme il devait, mais je pense au plus profond de moi que cela est arrivé pour une raison. Peut être n’étais je pas encore prête ? Cet accouchement m’a tout de même réparé du premier, il m’a donné confiance et force. Je suis maintenant informée et éclairée et accompagne au maximum la défense de l’aad, pour que toutes les femmes qui le souhaitent et le peuvent continuent à avoir ce choix.

Le deuxième accouchement d’Héloïse, Ille et Vilaine

1 Mar

Bonjour à toutes et à tous,

 

Je m’appelle Héloïse, j’ai 38 ans et j’ai déposé mon témoigage (n°328) pour raconter mon 1er accouchement qui a eu lieu lorsque j’avais 28 ans.

Mon corps, mon bébé et mon accouchement n’avaient pas du tout été respectés ainsi que le séjour qui a suivi et j’en étais restée traumatisée.

Presque 10 ans après, j’ai eu la joie de donner à nouveau la vie, dans une autre ville cette fois, à la maternité de V**** en Ille & Vilaine.

Par un heureux hasard, cette maternité a obtenu le label Ami des Bébés environ un mois avant la date présumée de mon accouchement.

Ma grossesse s’est bien déroulée dans l’ensemble malgré des problèmes d’hypertension et cette appréhension d’accoucher à nouveau…

Cette fois-ci je suis allée jusqu’au terme présumé, mon bébé, un deuxième garçon a décidé d’arriver 5 minutes avant la date prévue.

J’ai perdu les eaux dans la nuit et j’ai pris tout mon temps avant de partir à la maternité cette fois-ci.

Nous avons bien été encadrés et respectés dès le départ, mon dossier a été lu et mes antécédents pris en considération.

La journée a été rythmée par des douleurs de plus en plus fortes et j’ai été soutenue par une 1ère sage-femme.

En fin de journée tout s’est accéléré, la douleur des contractions est vraiment devenue difficile à supporter.

La perte des eaux qui avait continué s’est alors teintée de vert ce qui m’a donné un indicateur d’urgence.

Nous sommes allés en salle de naissance immédiatement et je me suis cramponnée au lit et à la main de mon chéri.

Malgré un ratage complet de la péridurale pour mon premier accouchement, je l’avais demandée à nouveau en espérant qu’elle fonctionne cette fois-ci !

Auparavant, j’ai fait de mon mieux pour maîtriser ma douleur le plus longtemps possible afin qu’elle ne soit pas posée trop tôt.

Je me revois en train de pleurer et d’hurler de douleur soutenue par mon chéri tout en me concentrant sur la progression de mon bébé dans mon bassin.

J’ai tenu de 17h à 19h45, puis l’anesthésiste est venu me libérer de cette douleur atroce, il a vraiment bien dosé l’anesthésie, et je lui en suis très reconnaissante.

Les gardes de 24h n’existant plus j’ai alors eu une deuxième sage-femme à partir de 20h pour l’accouchement proprement dit ! Une merveilleuse sage-femme !

Moi qui pouvait à peine prononcer ce nom, moi qui n’avait connu qu’une « sale-femme », une odieuse matronne qui avait gâché mon accouchement en 2004 !

Stéphanie, je peux la citer, à été formidable de douceur, d’écoute et de bienveillance, elle m’a soutenue et encouragée, j’ai enfin vécu un accouchement respecté.

Au delà des mots, son regard plein de confiance, et sa gentillesse, son sourire, m’ont portée. Je n’ai pas subi mon accouchement cette fois-ci, je l’ai vécu.

J’ai été actrice et non pas spectatrice de cet évènement si important, si précieux dans la vie d’une femme. Mon bébé est né tout doucement, pas d’épisiotomie, pas de révision utérine, juste une petite déchirure. J’ai senti passer sa petite tête, ses épaules, son petit corps, ses pieds. Nous étions en larmes avec son papa et on me l’a mis en peau à peau longtemps cette fois-ci, j’ai pu sentir toute sa chaleur me réchauffer le coeur et l’âme. Je veux dire à toutes les femmes qui ont connu une expérience douloureuse que non ce n’est pas une fatalité et qu’il y a un espoir de vivre un jour un bel accouchement respecté. Merci à vous Stéphanie. Et Merci de m’avoir lue.

Le récit d’un accouchement à domicile, décembre 2012

11 Fév

J’étais à 6 mois de grossesse lorsque j’ai décidé de te donner la vie à la maison. Il n’a pas été facile de convaincre ton papa qui avait plein de craintes. Moi aussi j’en avais avant. Mais a partir du moment où j’avais pris ma décision, elles s’étaient toutes envolées.

J’ai donc fait des recherches. Les avantages, les inconvénients et toutes les données recueillies faisaient pencher la balance en ma faveur. Mais ton papa n’était pas encore tout à fait rassuré. Jusqu’au jour où j’ai trouvé un mémoire d’étudiante sage femme, sur l’accouchement a domicile. Je l’ai lu (entièrement) à voix haute pour en faire profiter ton papa. A la fin nous étions autan convaincu l’un que l’autre : Tu naitras a la maison et ce sera le mieux pour nous deux.

Il fallait faire vite, la grossesse avançait et nous n’avions pas de sage femme qui pratiquait l’aad. Après m’être renseignée un peu partout, j’ai trouvé le numéro de C et E, un rendez vous a été prévu très vite avec chacune d’entre elles, puis il a été décidé que, le jour J, j’appelle en priorité E.

Ce jour, c’était le 16 Décembre, cela faisait déjà un moment que je rongeais mon frein, je n’ai jamais été aussi sûre de moi. Cet accouchement se passerait bien.

La veille, avec ton papa, nous sommes allé faire un tour pour visiter un peu la région et manger un américain au grand M (ton papa n’était pas trop d’accord pour ce dernier point, je l’ai convaincu en disant que c’était ce que tu voulais manger en « dernier repas »). 4h de voiture, des embouteillages, des nids de poules… En rentrant j’étais épuisée mais agitée et excitée. La perte du bouchon muqueux en était peut être la raison. Nous allons nous coucher vers 23h.

A 4h30 je suis faite réveillée par une sensation de gêne. Je me lève, vais boire un coup et retourne me coucher. Plus moyen de fermer l’œil, je tourne et vire dans le lit jusqu’à en réveiller ton papa.

 

-Qu’est ce qu’il t’arrive ?

-Je ne sais pas je me sens nerveuse

-C’est pour aujourd’hui ?

-Je ne sais pas…

– Réveille-moi si ça évolue.

 

Je me lève donc pour ne pas le gêner plus. Je m’installe sur mon ballon et allume le pc sur la page de calcul des contractions (histoire de voir si ces « gênes » correspondraient. Effectivement c’est relativement régulier (durée entre 30 et 40 secondes avec des repos entre 5 et 6 minutes).

7H, je vais tenir informé ton papa sur l’évolution, les contractions sont franches mais absolument pas douloureuses. Dans son demi sommeil il me demande si j’ai appelé E, je lui dis que non, « ben laisse la dormir encore ! » avant de replonger dans le sommeil.

La première excitation passée, je me suis retrouvée seule face à cet évènement, le doute s’est installé.

Je n’ai jamais remis en cause l’accouchement à domicile, mais plutôt ma capacité à gérer ça comme une chef. Et puis j’avais peur que tout s’accélère d’un coup et de devoir accoucher seule (la durée moyenne des accouchements dans ma famille est d’une heure, sans douleur et sans signes apparent avec la phase d’expulsion et E. se trouvait a 1h30 de chez moi). Je tourne en rond chez moi, je joue sur le pc pour oublier ma nervosité et mon stress…

10h30, papa se lève enfin ! Il va pouvoir me rassurer de sa présence. Il me fait couler un bain et me dit d’appeler E.

Elle me demande si c’est régulier, douloureux… Elle ne s’inquiète pas et veut refaire le point dans une heure.

Je me glisse dans l’eau, le ventre commence à tirer sans que ça fasse mal. Je me concentre sur nous, je n’ai plus peur, ton papa n’est pas loin.

12h E rappelle, les contractions sont devenues anarchique mais je les sens bien à présent. Elles ne font toujours pas mal. Elle m’informe qu’elle prend son repas tranquillement et qu’elle vient ensuite. A vu de nez elle prévoit l’accouchement pour le lendemain matin.

Je commence à faire le repas, je marche et je m’arrête en sentant la contraction arriver, je gère bien, pas plus mal que de légères courbatures.

A 15h E, arrive et m’examine « tu es a 1 le pré travail commence, ton loulou sera la dans la nuit ». Elle monte se reposer dans une chambre d’ami.

Vers 16h mon ventre commence a me « chatouiller » grandement, je souffle et commence à m’accrocher au cou de ton papa.

17h, nouvelle vérification « tu es a 3, le travail commence»

Vers 17h30, a la fin d’une contraction j’ai entendu un « crouck » qui m’a arraché un cri de surprise.

E m’a demandé si j’avais percé la poche des eaux

« Je sais pas… » en me levant « Oui ! Oui !… »

« C’est maintenant que tu vas commencer à t’amuser… » A ce moment j’ai trouvé que E avait beaucoup d’humour…

Nous sommes passés dans la chambre ou nous voulions que tu naisses. Ton papa et E ont installé les alèses sur le sol et sur le lit.

A partir de ce moment je n’ai plus de notion de temps. Les contractions sont devenues très douloureuses.

Moi je cherchais une position qui soulage ma douleur. E m’a demandé de m’allonger sur le dos pendant 3 contraction pour écouter ton cœur, voir si tu ne souffrais pas. Ce fut la position la plus douloureuse, j’en pleurais presque, mais toi tu allais bien. Je me suis remise debout, ton papa s’en assis sur le lit. La contraction suivante m’a fait tomber a genoux, j’ai étendu mon buste sur les cuisses de ton papa enserrant sa taille, mes genoux sur le sol. J’étais « bien » ; mon corps poussait tout seul, je l’ai dit a E, qui a vérifié la dilatation du col.

« Ne pousse pas trop, il reste un bourrelet de col »

« Je ne peux pas m’en empêcher !! »

« Alors ne pousse pas plus que ce que ton corps te demande »

T’inquietes pas E, je n’ai absolument pas l’envie de pousser plus… Mes muscles me malmènent déjà assez !

La douleur était inimaginable et lorsque j’ai sentie la « brulure » je me suis sentie soulagée. On nous dit aux cours de prépa, que lorsque la brulure se fait sentir, c’est que la tête sort. J’ai donc posé ma main sur mon périnée pour sentir le bombé de ta tête mais là… Il était tout plat et souple.

Je me suis sentie désespérée, je me sentais mourir.

Entre deux contractions je me suis entendu demander à E si ce n’était pas trop tard pour la piqûre… Elle a rit.

Je te sentais te démener pour sortir toi aussi.

A la fin de la contraction d’après je l’ai entendu me dire qu’elle voyait tes cheveux, que ça n’allait plus durer très longtemps.

Contraction, ta tête est sortie.

« Ce serait bien que tu te retourne pour l’attraper »

J’avais les jambes en compotes, mes genoux me faisaient mal et je n’avais pas la force de bouger, je lui ai dit. « C’est pas grave, tu te débrouille très bien »

La contraction suivante est arrivée très vite. Je la sentais partir mais tu n’étais pas encore sorti, alors j’ai rassemblé mes dernières force pour pousser de plus belle avant la fin de la contraction. Je ne t’ai pas senti sortir, j’ai eu un moment de flottement, je n’avais plus mal je ne savais plus où j’étais ni ce que je faisais. J’avais juste très chaud. J’entendais vaguement la voix de E et de ton papa, qui était resté silencieux tout le long de l’accouchement. Puis un petit son m’a ramené à la réalité.

Je me suis redressée et ai regardé au sol. Tu étais là, sur une alèse a même le sol, tu pleurais et E t’essuyait grossièrement. Je me suis littéralement jetée sur toi afin de te serrer contre mon cœur. Tu t’es tut, tu m’as regardée, plus rien n’existait.

Ce soir là je pense que la jeune fille est morte et que la maman est née. Il était 20h55

Ton papa n’a pas trop osé te prendre dans ses bras (de toute façon moi je ne voulais pas te lâcher).

J’ai demandé à E quand le placenta sortirait, elle m’a dit d’attendre, qu’il y aurait une contraction et qu’il sortirait tout seul. Nous avons attendu, rien ne venait je lui ai proposé de pousser comme ça, dans le vide, il est sortit de suite. Ton papa est sortit pour prévenir le monde qu’une merveille venait de naître.

La naissance d’Albane, Haute Savoie

11 Fév

J’avais témoigné en début d’année pour la naissance de mon fils Maxence, né en décembre 2012. (https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/04/26/267-naissance-de-maxence-haute-savoie/)

J’aurai voulu accoucher naturellement et pouvoir allaiter mon fils.

Les mauvaises prises en charge de l’équipe soignante ne m’ont pas permis de réaliser mes projets.

Maxence est né sous péridurale et ventouse, et n’a été allaité qu’un mois et une semaine avec de grosses difficultés

Difficile pour moi de remonter la pente, de comprendre ce qui s’est passé, de ne pas me sentir coupable …

 

Maxence est âgé d’à peine 4 mois quand nous apprenons qu’un nouveau bébé est attendu !

J’avais, comme travail de deuil, déjà réfléchi à un autre accompagnement qui me correspondait mieux.

Je voulais accoucher en plateau technique et n’être suivie que par des sages femmes.

 

Le suivi de cette grossesse est bien plus humain, bien plus serein.

Ma sage femme connaît mon histoire.

Je suis bien plus impliquée, j’ai le libre choix de passer certains examens ou pas ( O’Sullivan, tv).

Les échographies sont elles aussi faites par une sage femme.

 

Tout au long de ce suivi, je comprends ce qui m’a manqué au cours de ma première grossesse, je comprends surtout que ce n’était pas de ma faute si ça c’était mal passé.

Je n’avais pas les bonnes cartes : une mauvaise préparation à l’accouchement, de fausses informations sur l’allaitement, un gynéco sourd à mon projet de naissance..

 

Le jour J approche.

 

Jeudi matin six heures,  je suis réveillée par une fissure de la poche des eaux.. Ma sage femme arrive, m’examine, séance d’acuponcture et relaxation et s’en va, elle reviendra vers midi.. En attendant que le travail se mette en route je fais du ballon et du ménage Il faut que je bouge !

Midi 30, j’ai un peu mal régulièrement genre douleurs de règles… Je prends un bain, je suis trempée de toute façon alors autant être entièrement dans l’eau. A 14h30, je suis déjà à 4 cm, on part à la mat !!!

Arrivés là bas, on s’installe dans notre salle d’accouchement, et je me promène dans les couloirs avec mon mari, je gère tout bien 16h30, je suis à 5 cm, la déception ! Je reprends un bain avec des huiles essentielles pour rétrécir le col encore long … Les contractions deviennent plus fortes … 17h30 sortie du bain, je suis à 7 cm … 18h15, ma sage femme propose de rompre la dernière membrane pour accélérer les choses.. Ça fait maaaal ! J’en ai marre, je ne peux être que debout c’est dur je suis fatiguée, et surtout je n’en vois pas la fin ! Quand bébé sera là je veux me coucher !

Les contractions sont fortes, je hurle genre hard rock pré-natal , je pleure. J’appelle au secours l’anesthésiste, je veux bien supporter mais pas des heures et pour moi je pensais que j’en avais encore pour longtemps !

Quelle idée d’accoucher comme ça ??? Mon mari et ma sage femme m’encouragent mais je ne les entends pas !

Puis ça pousse, fort..C’est ton bébé qui arrive me dit la sage femme (je n’entends pas)

Bébé est dehors, j’ai accouché debout et  je peux ENFIN m’allonger avec bébé contre moi !

Mais qui c’est cette petite crevette toute chaude ? On n’a rien vu …. Ah mais c’est Albane !

On fait tous les 3 connaissance, puis elle se met au sein et tête avec vigueur !!

2 heures après, on était tous à la maison

 

J’ai toujours pensé que ce projet d’accoucher en plateau technique c’était un choix qui n’impliquait que moi.

Mais en fait, c’est pour tout le monde que je l’ai fait !

Mon mari gardera un souvenir de cette naissance bien plus doux que celle de son fils.

Albane est née dans de meilleures conditions, Maxence était shooté par la péri et l’instrumentalisation de l’accouchement, il n’arrivait pas à téter et ne cherchait même pas le sein !

Et moi, j’ai récupéré bien plus vite.

La question pour le troisième ne se pose pas, on reprendra les mêmes cartes !

Naissance respectée de jumeaux, dans le 92

9 Fév

Suivie en accompagnement global par le groupe naissance en région parisienne, on m’avait vendu le respect de la physiologie, du terme 41SA, aucun geste médical non motivé etc.
effectivement j’ai eu peu d’échographie, très peu de toucher vaginal (peut-être 3), et pas de déclenchement… même si je suis allée voir un acupuncteur le 23 décembre à 40SA +4, le gynéco commençant à stresser pas mal. Mon col était ouvert à 4 ou 5 cm, depuis déjà une ou deux semaines. Le premier jumeau est en siège. Nous ne connaissons pas les sexes. J’ai déjà fait 2 accouchements sans péridurale, mais à chaque fois avec une anesthésie générale pour une révision utérine.

J’ai écrit à peu près ça le jour de la naissance :

Je n’arrivais pas à trouver le sommeil. Vers 1h du matin je me suis levée. Vers 1h20 j’ai trouvé que les contractions faisaient plus mal que d’habitude. Elles étaient interminables, impossible de déterminer une fréquence. Vers 1h40 j’ai appelé F. (FCD). ma sage-femme : elle m’a donné rendez-vous à la maternité. Nous avons rassemblé les dernières affaires, et réveillé mon père qui était resté pour garde les aînés. Les grands dormaient trop profondément… Arrivée à la maternité vers 2h, en même temps que F. qu’on trouve à la porte. Dans la salle de naissance elle me dit que je suis presque à dilatation complète. Nous gérons les contractions douloureuses. Moi debout penchée appuyée sur un plan de travail, D (le papa) massant le bas du dos. les mains caressantes de F. sur les fesses font du bien aussi. Nous essayons de bien nous comprendre pour que D. comprenne ce que je demande « masse le point », « masse de bas en haut ». La douleur, grâce à ces massages, est vraiment beaucoup plus facilement supportable. du liquide commence à couler. Nous n’avons pas oublié les remèdes homéopathiques. F. prend une veine, très difficilement (elle y arrive enfin à la troisième tentative..) elle écoute le coeur des bébés. N. (le gynéco) arrive. Après 30 minutes.1h ils me demandent de laisser pousser… mais je ne sens rien qui pousse !

Je m’installe à genoux sur la table d’accouchement, notamment parce que je commençais à me sentir mal (baisse de tension). La tête dans les oreillers, je suis mieux. J’ondule… les contractions sont très douloureuses j’ai vraiment besoin des massages. D. et F. se relayent. Ils me demandent encore de pousser alors que je ne sens pas pousser. je fais du mieux que je peux… Et effectivement, je sens passer les fesses, puis .. les épaules.. ? puis la tête du premier bébé : moment magique, incroyable ! Ils me disent de l’attraper. Mais de ne pas le tirer trop fort sur le cordon. C’est une fille ! je déboutonne ma chemise pour l’avoir contre moi. Elle est belle ! Peut-être la pédiatre entre à ce moment-là, prend son pouls. Le cordon est coupé.

N. me dit qu’il va encore avoir besoin de moi dans 5 min. Il est 3h. Ma première fille va contre le ventre de son papa.

N. a besoin que je sois sur le dos pour vérifier la présentation du deuxième bébé. Je suis heureuses et épuisée, je veux voir mon premier bébé, il est sous le T-shirt de son papa ! Pour le deuxième, c’est bien une tête, F. maintient le bébé dans l’axe. Je peux me remettre à genoux (difficilement, je n’ai pas envie). N. perce la deuxième poche avant. « c’est obligatoire ? » je demande. « oui c’est obligatoire » il répond. Je tremble de tous mes membres difficile d’y retourner. Les contractions reprennent même si je les sens peu au début : mon ventre est déjà beaucoup plus distendu. Je dois de nouveau pousser « dans le vide ». Voyant que ça me gêne de pousser quand ils demandent, N. me dit que je peux gérer comme je veux. Je n’aime pas sentir ses doigts, ça me fait mal, je râle. Il comprend que quelque chose n’est pas tout à fait comme attendu, ça devrait être plus facile. Il me fait m’installer sur le côté, une jambe dans l’étrier, l’autre sur son épaule. Je pousse le plus fort possible.. (en bloquant, depuis le début, j’y arrive mieux qu’en soufflant comme ils demandent). D. est loin, avec le premier bébé.. Je pousse tellement sur N. qu’il ne peut plus opérer, F. remplace son épaule. « elle a de la force », dit-il ! Finalement la tête du deuxième sort, et ils me demandent d’arrêter de pousser, de laisser sortir le reste du bébé. Ouf ! Je l’attrape et la met sur moi, elle est un peu bleue, c’est une fille ! On me rassure sur sa couleur.

La pédiatre passe faire un deuxième tour et je récupère mes deux bébés sur moi. L’anesthésiste passe la tête pour nous féliciter. N. prévient que ça n’est pas fini, il reste la délivrance.

Je sens effectivement N. appuyer sur le ventre, ça fait mal ; je sens le sang couler. Je me concentre sur le si beau visage de ma première fille, pour l’instant je vois peu la deuxième, qui est bien confortablement sur mon sein. Je pousse pour le placenta, je le sens passer. . N. n’a pas l’air de vouloir en finir, il en reste, je me concentre sur le visage de mes filles, il me fait mal en appuyant sur le ventre. F. injecte (pour la deuxième fois ?)du syntocinon pour aider. Et finalement il arrête, mais je dois lui demander si c’est bon. « pour l’instant oui » dit-il.  « Ah mais dites-le je m’inquiète moi ». Finalement il « vérifie » encore une fois Argh !

On enlève complètement chemise et soutien gorge, et nous restons là tranquillement à proposer le sein. On prend ma tension qui est bonne. Vers 4h15 je crois on pense à aller peser les petites. Avant d’aller en chambre et que D. déballe les affaires, N. m’explique que la deuxième était en « os » (occipito-sacré) c’est à dire le regard tourné vers le ventre de la maman plutôt que vers les fesses. Il vient de me répéter que c’est un sacré exploit de l’avoir sortie sans instruments… Eh bien, un siège, un OS, voie basse sans péridurale, on peut être fiers de nous ! Et tout ça en 2h Smile (1h30 à la maternité)

Elles pesaient 2kg880 et 3kg170 à la naissance.

Mon accouchement à domicile

14 Jan
Je pensais me rendre à la maternité et faire « comme tout le monde » avais-je répondu à la sage-femme qui nous accompagnait à une préparation à l’accouchement…
Et puis, une lecture : « Naissance à visage humain », m’a parlé…. moi qui ai un rapport particulier au corps… et j’ai commencé à me renseigner sur les accouchements physio sans péridurale, et puis  j’ai fini par en parler, de ce rêve d’ado de donner la vie en piscine… dans l’eau quoi…
Et, j’ai fait la rencontre d’un obstétricien et d’une sage-femme qui ont convaincu mon conjoint du risque aussi important voire moins important encouru par le fait d’accueillir notre petit Héloïse chez nous… (à condition d’une grossesse sans risque) et il a dit oui alors que j’étais toujours en questionnement du où ? et avec qui ? hôpital qui respecte le lien mère-enfant et favorise les accouchements physio. Mais les dés étaient jetés, si ma grossesse continuait à bien se dérouler; ce serait à la maison !
Et fin février, 37ème semaine, quand l’obstétricien m’a confirmé que pour lui c’était ok et bien voilà, c’était parti ! Préparation matérielle en route ! J’ai alors beaucoup lu sur la douleur de l’accouchement pour disposer de plusieurs outils : chant avec sons graves, l’accueil de la douleur (qui était très conceptuel) et points d’acupuncture. J’ai aussi réalisé des massage du périnée à l’huile d’olive, moi !!????
J’étais intimement convaincue que ma volonté (l’intellect’) de ne pas faire de péridurale contribuerait à une bonne gestion de la douleur.
Et le vendredi 3 Mars, alors qu’un ami était venu partager un repas avec nous, j’ai senti des contractions… différentes de celles de la grossesse… j’ai rien dit, convaincue que mon premier accouchement durerait des heures et des heures… j’ai simplement dit avoir mal au ventre, et j’ai pris mon ballon pour me détendre alors que nous prenions l’apéritif… Notre ami est parti tôt et puis j’étais comme obsédée par le fait d’aller dormir pour être en forme pour le vrai travail !
J’ai dormi, comme on peut dormir en fin de grossesse… et puis… à 5h du matin, les contractions m’empêchaient de dormir alors… j’ai pris un 1er long bain. J’en suis sortie et j’ai indiqué à mon conjoint que c’était le jour… A 7h, j’ai appelé l’équipe d’accoucheurs : un obstétricien et une sache-femme et je leur ai indiqué que les contractions étaient régulières mais pas rapprochées. Le temps d’annuler leurs rendez-vous, ils sont arrivés pour 11h. Ils m’ont trouvée détendue… et m’ont conseillée de continuer ainsi, limite de ne pas penser à l’accouchement, au stress généré par ces nouvelles douleurs. Ils m’ont demandé de penser qui pourrait venir boire un thé avec moi l’après-midi… je n’en revenais pas… moi qui intellectualise tout, je devais ne pas penser à ce qui se passe…. mais j’ai exécuté les recommandations et j’allais au jardin quand les contractions arrivaient… Mon couple d’amis n’en revenait pas de mon état d’esprit. Eux qui 2 mois auparavant avaient vécu un accouchement hyper-médicalisé. Et puis, à 17h quand l’équipe est revenue, la sage-femme me disait que j’avais tellement décroché de ce que je vivais que le travail n’avait plus avancé. Le nouveau mot d’ordre était : concentration et là, j’ai commencé à entrer dans cette fameuse « bulle ». Doucement, les contractions se rapprochaient. Les heures passaient. Mon conjoint a éteint les lumières et allumé un feu de cheminée, j’ai pris un 2ème bain mais à minuit : pas de poche perçée et pas d’ouverture conséquente… je fatiguais bien sûr, alors ils ont décidé de percer la poche et là… oh oui que les vraies contractions de travail arrivaient ! ! ! J’ai utilisé ballon, écharpe pour me suspendre mais sur le tapis, je n’étais pas inspirée par les positions sur le côté…. peut-être plus tard me disais-je…. J’ai pris un 3ème bain dans le noir et je me rappellerai toute ma vie de cette atmosphère. J’avais convié mon conjoint à me suivre dans mes sons graves pour limiter la douleur. On aurait cru un temple boudiste avec nos :  » Oooaaaah » en stéréo. Au sortir du bain, tout a pris une autre dimension, je commençais à être à cours d’idées pour gérer la douleur. Le sol ne me permettait toujours pas d’être à l’aise et j’ai  alors demandé à mon conjoint le massage des points d’acupuncture sur les mains seulement les contractions m’empêchaient d’être dedans… j’attrapais mon conjoint assis sur le lit par les épaules à l’arrivée de chacune d’elles et le serrai très fort tout en continuant mon chant boudhiste dont le son commençait à monter ! J’ai voulu dormir donc nous avons dormi l’un contre l’autre entre deux contractions. Et puis, le moment de la délivrance approchait. La sage-femme me propose la baignoire, je lui dis non à la surprise de mon conjoint,  me sentant trop fatiguée pour l’atteindre et puis… c’est si peu confortable !  J’ai essayé une chaise physio avec laquelle visiblement je poussais comme il fallait mais l’obstétricien m’a arrêtée car mon flux sanguin était trop concentré dans mon bas ventre et il craignait une hémorragie, je re-tente le sol mais définitivement non et puis mes représentations m’ont rattrapées certainement et c’est le lit qui m’a interpellée. C’est bien le seul regret de cet accouchement ! Ensuite, j’ai « poussé » comme on dit, sans bien savoir si c’était comme ça… j’ai d’abord poussé avec mes abdos, ce qui ne sert à rien lors d’un accouchement comme tout le monde peut se l’imaginer…. Les contractions ressemblaient à de fortes vagues si puissantes qu’elles généraient chez moi comme un vent de panique. J’avais peur, si peur de laisser cet enfant mourir dans ce passage… ça a duré longtemps (je n’ose même pas l’écrire car JAMAIS on m’aurait accordé ce temps en hôpital) jusqu’à ce que l’obstétricien me crie : c’est comme ça ! Là, ma peur s’en est allé et mon intellect (je dis intellect alors que c’était sensoriel… je crois que j’avais à nouveau réuni corps et esprit) cela m’a permis de me concentrer pour reproduire à l’identique ce que je venais de faire… la tête était sortie, je n’y croyais pas ! tellement pas que je poussais alors que je n’avais plus de contractions. Ma sage femme m’a alors dit : tu n’as pas compris ? c’est la contraction qui fait sortir le bébé ! Oui je le savais mais non je ne l’avais pas encore intégré ! comme on dit on apprend en faisant ou plutôt quand tout est fini et que l’expérience nous a tout appris !
Le reste du corps est donc sorti sans aucune sensation avec la contraction suivante. Et là, c’est la rencontre !  Ma fille me regardais droit dans les yeux comme si elle savait que j’étais sa mère…. incroyable ! elle était là, vivante, en bonne santé, j’étais comblée, encore sous le choc mais comblée !
Ce que cette expérience m’a appris c’est que devenir mère ce n’est pas que dans le conscient… et que mon corps, si j’apprends à l’écouter peut m’aider à vivre les choses telles que je souhaite les vivre.  Il m’en a fait la démonstration. Ce temps que m’a accordé cette équipe pour que je trouve le chemin de la vie avec ma fille n’a pas de prix ! Moi qui ai vécu un trauma corporel avait inconsciemment dissocié corps et esprit depuis toujours… et ce vécu m’a permis de vivre pour la première fois un moment ou corps et esprit m’ont permis la plus belle réalisation qu’il soit donné : donner la vie dans la douceur.
Mon conjoint m’a avoué le jour qui a suivie l’arrivée de notre fille qu’il me remercié de l’avoir accompagné dans cette voie de l’intime car être à trois à la maison les heures qui suivent une naissance sont des moments uniques d’intimité.
Merci H., L., M. et M. pour ce cadeau que vous m’avez fait d’être avec moi pendant ces « longues » heures….
Je tiens à préciser que ce récit ne correspond forcément pas à la réalité dans la mesure où j’étais en train d’être actrice de mon accouchement et que j’en suis ravie de cet accouchement donc il doit y avoir des déformations, veuillez m’en excuser d’avance !

Anne, 1er accouchement – mai 2013, Paris‏

8 Jan
Je suis tellement heureuse d’être enceinte. Et mon mari est ravi également. Nous avons hâte de rencontrer ce petit bébé qui a grandi pendant 9 mois bien au chaud dans mon ventre. Ce moment est prévu pour le 16 mai…

Seulement, malgré la date qui approche, je ne sens rien venir. Je n’ai pas eu véritablement de contractions pendant ma grossesse, mais je pensais que ça finirait par arriver… Et rien.

A la date du terme, nous allons faire un check up à la maternité. Mon col n’est pas prêt, même pas ouvert à 1, à peine ramolli. Le bébé va bien.
On y retourne deux jours après. Rien de nouveau. On nous précise que si rien ne s’est passé dans trois jours, l’accouchement sera déclenché.
Deux jours après, nouveau check-up. Le col n’a pas avancé. Rendez-vous le lendemain matin pour le déclenchement.
Comme le col n’est pas prêt, on me pose un tampon de prostaglandine. Je passe la journée sans qu’il se passe quoi que ce soit, mes parents viennent me voir, on bavarde. Le soir vers 22h, je commence à sentir quelque chose. On va faire un monitoring. Je suis en pré-travail, il faut attendre. Je commence à avoir un peu mal. Avec mon mari, on décide d’essayer de dormir un peu. A 4h du matin, les contractions commencent à être douloureuses mais espacées et irrégulières. Je n’arrive plus à dormir. On descend pour que je puisse prendre un bain pour me détendre. ça marche et on retourne se coucher jusqu’à 7h, heure, où je ressens à nouveau les contractions.
J’essaie le ballon, je marche, je parle avec mon mari. Tout va bien.
On retourne faire un monitoring et un examen et on nous dit de revenir vers 14h.
14h, on descend tranquillement, je n’ai même pas pris mon coussin. Et là on nous annonce que je vais rester, le travail est -enfin- en cours! Mon mari remonte en vitesse chercher les affaires.
Je suis à deux. On me pose une perfusion, glucose et ocytocine pour accélérer le travail.
Je suis à trois, on me propose la péridurale, j’accepte même si je gère encore bien, je sais qu’un accouchement déclenché peut être très douloureux.
L’anesthésiste est en retard. Les contractions deviennent vraiment douloureuses (je dois être à quatre). Je bouge beaucoup, m’agite, m’agrippe à mon mari. J’ai mal.
L’anesthésiste arrive, au bout de 3 essais elle me pose la péridurale, j’étais trop crispée. Soulagement quasi immédiat. Youpi, je n’ai plus mal!
Dans la maternité que j’ai choisie, la dose de péridurale est à renouveler (environ toutes les heures ou toutes les deux heures, selon la tolérance à la douleur).
Une sage-femme me perce la poche des eaux, une autre me pose une sonde urinaire.
Le temps passe… Je commence à me gratter, vraiment beaucoup. La sage-femme est embêtée, elle vérifie le col (qui est à 5) et prévient l’anesthésiste du fait que je fais une réaction à la morphine.
L’anesthésiste me prépare un autre produit. Justement je commence à avoir très mal et je demande une nouvelle dose. Nouveau produit, on attend 10 minutes qui me paraissent très longues, j’ai toujours très mal, l’anesthésiste teste un autre produit, 10 minutes après toujours aucun effet, je la supplie de me redonner de la morphine. Entre temps, la sage-femme très sympathique me fait respirer du protoxyde d’azote. J’ai toujours très mal, ça ne marche pas, mais j’arrive à calmer un peu ma respiration.
On me remet une dose de produit. Je me sens complètement shootée (j’ai eu trois doses de produit en 40 minutes) mais ça finit par faire un peu effet, même si les contractions montent en intensité et deviennent très violentes.
Je tremble comme une feuille puis je m’endors. Trente minutes après, réveil en sursaut. La sage-femme m’examine et me dis : ça y est, vous êtes à 10! Il va falloir pousser! (j’ai à peine le temps de réaliser que je suis passée de 5 à 10 de dilatation en 45 minutes).
Je tremble toujours, je n’arrive pas à soulever mes jambes et à me positionner dans les étriers. Tout ça me semble complètement irréel. Mon mari se met derrière moi sur la table d’accouchement et aide la sage-femme à soulever mes jambes. Il m’encourage, ça fait même rire la sage-femme.
Mes poussées sont efficaces mais je ne les sens pas. Le rythme du bébé commence à inquiéter la sage-femme, elle appelle la gynécologue. Elle arrive et me dit : encore un essai, si le bébé ne sort pas, on devra y aller aux forceps. Je pense en moi même : non pas les forceps!, je pousse du mieux que je peux, elle va chercher les forceps, je la vois les manier mais ne sens rien. Je vois aussi les ciseaux pour l’épisiotomie.
Mon mari me dit : je vois la tête, pousse ma chérie! Je pousse et notre fils est là, il est magnifique, les yeux bien ouverts. Il a le cordon autour du cou donc il ne pleure pas tout de suite mais très vite je l’entends. Je répète : mon bébé, c’est mon bébé, il est tellement beau. La sage-femme et l’obstétricienne sourient.
Le placenta sort, je demande s’il est complet, on me dit que oui, je suis rassurée. On me met notre fils sur ma peau. On l’aime déjà infiniment, c’est incroyable l’aventure qu’on a vécue!
J’appelle mes parents dès que la sage-femme et l’obstétricienne (qui a recousu mes trois points d’épisiotomie, ça a été très bien fait) sont sorties. Mon mari a déjà envoyé des messages à nos familles.
J’ai du mal à réaliser ce qui vient de se passer. Même six mois après d’ailleurs! Mais ce que j’ai vécu, avec l’aide et la présence de mon mari, qui a été vraiment génial, je ne l’oublierai jamais.
J’ai apprécié l’encadrement, pour l’allaitement également car je ne sais pas si j’aurais si bien réussi sans toutes ces personnes qui m’ont aidée. D’ailleurs encore aujourd’hui j’allaite matin, soir et nuit mon petit loulou.
Bilan : même si mon accouchement ne s’est pas du tout passé comme je l’avais prévu/voulu, j’en  garde un merveilleux souvenir.
J’estime que mon accouchement a été accompagné de manière très respectueuse par l’équipe.

Un accouchement respecté, Angers – 2013‏

8 Jan

J’ai accouché de mon premier enfant, un petit garçon, le 30 mars 2013 et j’ai été encadrée par équipe exceptionnelle (dont faisait partie mon compagnon!)

Tout au long de ma grossesse, je suis allée régulièrement au CHU pour les échos, les RDV du 8ème et 9ème mois, l’anesthésiste.
Et j’avais une idée assez précise de l’accouchement que je voulais : le plus naturel possible. Et mon compagnon toujours très ouvert, de me suivre dans l’aventure sans sourciller : « l’haptonomie? ouais on essaie » « les couches lavables? ouais on essaie »

1ère écho compliquée : on me dit de bien boire et ne pas faire pipi mais on nous reçoit en retard, ma vessie prête à exploser et là : « ah il va falloir vider votre vessie de 3/4 car on ne voit rien du tout! » Vider ma vessie de 3/4… il est rigolo lui! Bref, on a finit par réussir à tout voir et tout va bien!

2ème écho, rebelote! Mais pareil, l’échographiste finit par voir tout ce qu’il a besoin de voir, bébé est en pleine forme.

Il va falloir commencer la préparation à l’accouchement, je ne veux pas m’y prendre au dernier moment. Et heureusement, à quelques jours près, il était trop tard pour commencer l’hapto! Fin décembre, nous commençons à préparer l’accouchement avec une sage-femme « exceptionnellement exceptionnelle » qui nous a appris à écouter et ressentir bébé pour l’amener vers la sortie le jour où il sera prêt : « Monsieur, il faudra le guider vers l’entrée du toboggan!!! » Hum… beh on essaiera! 

3ème écho : tout va bien!

Visite du 8ème mois : tout va bien!
Visite du 9ème mois : tout va bien!
Visite avec l’anesthésiste : qu’est-ce qu’elle me gonfle! « Vous ne voulez pas de péridurale? C’est votre premier enfant, vous ne savez pas! » Ah mais si je sais, je n’en veux pas, je veux être dans une salle physio, je veux faire part de mon projet de naissance. « Trop tard pour le projet me dit-elle, il fallait le donner bien plus tôt. » C’est ce qu’on verra…

Le jour venu, vendredi 29 mars, mon compagnon part travailler mais j’ai mal au ventre depuis 6h du matin. « Tu es sûre que ça va aller? Tu ne t’es jamais plainte de toute ta grossesse, je crois que c’est le jour! »
« Mais non, part travailler tranquille, ça attendra ce soir »
Oui mais à 10h : « Chéri, reviens me chercher s’il te plaît »

11h15 : arrivée à la maternité, très bon accueil
« Madame, vu ce que vous me dites, je ne pense pas que c’est pour aujourd’hui mais on va vous examiner pour être sûr… Ahah, col ouvert à 4 cm vous restez avec nous.
Alors, dans votre dossier vous dites vouloir un accouchement le plus naturel possible. Un petit bain à 37°C, ça vous dit? » Et comment, j’ai même apporté mon maillot de bain!

12h30, les contractions se rapprochent, je veux sortir du bain, je suis sûre que bébé sera là dans l’après-midi…
(euh, je vais peut-être planter le suspens mais bébé est né à 3h31 le samedi matin soit 15 heures plus tard!!!)

On nous installe dans une salle où on m’examine régulièrement, l’étudiant « sage-homme » me faisant 2 fausses joies en disant « 7 cm euh non 5,5 cm en fait » Euh merci mais la prochaine fois tu te tais! Le pauvre, il s’est fait enguirlandé par son tuteur, je n’en ai pas rajouté une couche. L’après-midi est passé comme ça…

20h : changement d’équipe. Les filles prennent le temps de parler avec nous « alors, votre projet de naissance… » Quoi? Je n’ai rien donné car on m’avait dit que c’était trop tard. Elles me répondent qu’il n’est jamais trop tard et que lors de mes visites du 8ème et 9ème mois, la sage-femme que j’avais rencontrée a tout noté. Alors ils en tiennent compte à notre arrivée. Je suis tellement contente et rassurée.
Dans la foulée, on nous propose l’acupuncture pour faire avancer le travail et pour que cela soit moins douloureux. Et ça marche! Enfin, pas trop pour la douleur mais je suis soutenue par toute l’équipe et le futur-papa qui fait preuve d’une patience extrême et d’un calme incroyable.

0h : la sage-femme vient me voir et me dit que ça se complique car bébé n’est pas bien placé (il regarde en l’air) et ne descend pas, il est en souffrance. J’ai le choix : on continue encore un peu ou on pose une péridurale. Mais si on attend trop, c’est une césarienne en urgence.
Et là, je me dit que je ne veux quand même pas prendre de risque à ce point. Tant pis, posez-moi la péridurale, je suis quand même fière de ce que j’ai fait. « Vous pouvez » me répondent-elle aussi déçues que moi.

La suite, vous la connaissez presque : j’ai accouché par voies basses à 3h31, le samedi 30 mars 2013 d’un petit garçon en pleine forme.
Je ne remercierai jamais assez les équipes présentes d’avoir été à notre écoute et de nous avoir fait passer un moment magique.
Pour les autres, j’y retournerai, c’est sûr!

Une naissance dans les Deux sèvre – août 2013

8 Jan

Lundi 19 Aout 2013

– Bébé est moins agité que d’habitude, bon après tout j’arrive en fin de grossesse, il parait que c’est normal… Pourquoi pas !?

Mardi 20 Aout 2013

– Je sens bébé encore moins bouger que la veille, alors oui je veux bien croire que en fin de grossesse il bouge moins, mais la c’est quasiment pas ! Après une partie de bowling, on décide d’aller à la maternité, à mon arrivé, on m’a mise sous monitoring, on m’a fait une prise de sang, et on a vérifié mon col, d’ailleurs une véritable galère : la sage-femme n’arrivait pas à le trouver. Au final, pour me dire que j’étais ouverte à 1 mais savait pas trop comment mon col était … Que j’étais peut-être en début de travail. Super la sage-femme, en plus elle m’a fait pisser le sang. Bref, au monitoring, tout va bien, bébé bouge, on me fait une échographie, nikel ! Bha Madame vous pouvez rentrer chez vous, tout va bien. … Ok !

Mercredi 21 Aout 2013

– On est en fin d’aprèm’, j’ai ma belle-famille et le parrain qui est à la maison, mon téléphone sonne, je décroche et là : « C’est la sage femme de la maternité de B., où vous êtes venue hier. On vous a fait une prise de sang, il y a un problème, il y a du sang de bébé dans votre sang. Est-ce que vous pouvez venir de suite ?  » OK j’arrive. Je dis à Guillaume de prendre les valises car je sens qu’on va pas rentrer de suite. Arrivés à la maternité, on m’installe dans une chambre provisoire, le medecin vient nous voir et explique que, pour le bien du bébé, pour éviter qu’il fasse de l’anémie, il serai bien de faire un déclenchement, chose que nous acceptons.

On me fait une échographie, il n’y a rien d’anormal, on me descend en salle de prétravail pour me poser un tampon (composé d’hormone afin de déclencher les contractions) et un monitoring de 2 heures. Il ne se passera rien mais je doit le garder jusqu’au lendemain après-midi. Entre-temps je suis montée dans ma chambre « officielle ». J’ai passer un nuit assez tranquille.

Jeudi 22 Aout 2013

– Le tampon n’a rien fait, mon col n’a pas bougé, on décide alors de me poser un ballonet (petit ballon qui font gonfler avec de l’eau entre le col et la poche des eaux afin d’aider le col à se dilater. Autant vous dire que j’ai vu la voie lactée ! Horrible ça fait super mal ! Après, pareil monito pendant 2 heures, puis je suis retournée dans ma chambre. Dans la nuit, j’ai eu des contractions, je me suis dit super … Mais j’avais trop mal pour dormir, donc injection de morphine … ça CALME !!!! oui ça m’a calmée jusqu’au lendemain midi, j’ai fait que dormir. Et les contractions ce n’était qu’un faux travail.

Vendredi 23 Aout 2013

– Après avoir dormi une bonne partie de la matinée, on decide de me l’enlever. Chose faite, ils vérifient mon col, mais rien n’a bougé… Ils décident de me mettre un gel avec des hormones, ils m’expliquent que se sont les mêmes hormones que le tampon mais en moins fort… Oui, moi non plus je n’ai pas compris l’intérêt, mais bref … ! Arrivé à 16h30 évidemment cela n’avait rien fait, donc ils décident de passer aux choses plus sérieuse, cette fois ça y est, je vais en salle de travail, on me met les perfusions, etc. Elle y vas doucement et revient de temps à autre pour augmenter le débit. Moi, je gère. On m’a mis la musique, et … je m’endors sur les contractions ! Oui, oui !! Plus tard, ils vérifient mon col, il s’est modifié, je suis ouverte à deux et il s’est modifié. Au bout d’un moment, malgré que je gère très bien les contractions, ils me posent la péridurale, l’anesthésiste s’y est repris à deux fois, j’ai bien eu mal !!! Mais une fois fait, whuaouu !!! c’est le pied !!! La sage-femme me perce la poche des eaux, avec Guillaume, on se paie un fou rire, car apparament sa chlingue !!!

Un peu plus tard, re-vérification, mais rien n’a bougé, ils me laissent une demie-heure et, si toujours rien, il faut penser à la césarienne. On essaye de pas désespérer. Mais une demie-heure plus tard, toujours rien de plus, alors ils nous expliquent que c’est la césarienne et qu’ils préparent le bloc. On a pleuré tout les deux, car même si je m’étais préparée à cette éventualité, ça reste toujours une déception.

Arrivés là-haut, Guillaume n’a pas eu le droit d’entrer au bloc, il devait rester derrière la porte. Il y avait quand même une petite fenêtre, pour voir.

Quand je fus anesthésiée des pieds jusqu’à la poitrine ils commencent, on m’explique les choses, on me rassure et au bout de quelques minutes à 23h18 j’entend les premiers cris de bébé. Cela à été un super soulagement. Les larmes ont coulé. Pareil quand ils me l’ont mis près de moi. J’ai pu l’embrasser et le toucher, mais cela à été très rapide. Ils l’ont enveloppé dans des couverture. J’ai pu de nouveau l’embrasser, puis ils sont partis avec le papa. Moi, ils ont passé une heure à me recoudre et mettre des agraffes et ensuite j’ai été une heure en salle de réveil, pour enfin redescendre dans ma chambre et retrouver mes deux hommes. Quand j’ai enfin pu avoir mon bébé en peau-à-peau, ça a été un moment très fort.

Voila, cela à été long et à la fois très rapide, des moments très forts et innoubliables.

Ajout : Même si il est vrai que la péridurale à été posée alors que sur le moment je n’en avais pas besoin, je l’avais demandée à mon rdv avec l’anesthésiste.

Pour la douleur, j’ai gérée toute seule, j’ai decidé de ma position que j’ai trouvée et ce qui m’avait aidé c’est aussi la musique. Ils m’ont demandé si je souhaitais un poste avec de la musique et j’ai accepté. Donc vu que je gerai bien mes contractions, je ne sais pas si ils pouvaient me proposer vraiment quelque chose.
Et pour la péridurale, de toute façon, vu comment cela c’est terminé, ce n’était pas plus mal, car si ils ne l’avait pas faite, il aurait certainement fallu monter au bloc d’urgence et finir en anesthésie générale, et là je crois que je l’aurais très très mal vécu.

Dans l’ensemble l’équipe a été super, ils ont fait du mieux qu’ils ont pu, ils ont attendu au maximum, mais pas trop pour éviter de mettre nos vie en danger. Donc bon… c’est quand même un accouchement respecté.