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#328 Accouchement non-respecté en Charente Maritime, 2004

14 Jan

Je m’appelle Héloïse, j’ai 38 ans, mon fils est né en 2004 à l’hôpital (…) en Charente Maritime.

Mon corps, mon bébé et mon accouchement n’ont pas du tout été respectés ainsi que le séjour qui a suivi.

J’avais alors 28 ans et le terme théorique était prévu pour le 31/10/2004; tout s’était très bien déroulé jusque là.

Le 15/10 en toute fin de journée, dernier examen chez le gynécologue-obstétricien, examen peu agréable et douloureux.

Le 16/10 à 08h15, dès le saut du lit en allant aux toilettes comme par hasard la poche des eaux s’est rompue d’un seul coup …

Deux heures plus tard, je pars à l’hôpital naïvement, confiante et joyeuse à l’idée de donner la vie et de voir enfin mon bébé.

Arrivée au bureau des sages-femmes, je suis accueillie par la doyenne qui me présente à sa collègue qui est de garde ce jour-là pendant 24h à l’époque.

Déjà je ne la sens pas enchantée dès le départ, nous sommes un samedi, c’est donc sa garde du week-end du samedi 8h au dimanche 8h. Elle n’est visiblement pas d’humeur et commence par me faire un monitoring, pour détendre l’atmosphère je lui dis que c’est sympa d’avoir la même sage-femme pendant 24h. Là elle enfile ses gants d’examen et me dit sèchement : « maintenant je vais être nettement moins sympa » puis elle m’enfile ses gros doigts entre les jambes en me faisant atrocemment mal.

Elle est particulièrement sèche et désagréable, brutale dans ses gestes, elle m’annonce avec dédain : « Pfff vous n’êtes dilatée qu’à un doigt, dans 48h on y est encore » …

Elle repart en m’indiquant que je vais devoir patienter dans une chambre, mon conjoint n’en revient pas de son attitude, et ma mère qui l’a vue l’a qualifiera de matronne.

Je n’avais ni bu ni mangé depuis la veille et les contractions se sont accentuées d’heures en heures, la sage-femme n’est revenue me voir à aucun moment, j’ai géré mes contractions seule dans ma chambre. Vers 19h à bout de forces, je demande au personnel si je peux manger quelque chose, ils me servent juste une soupe que j’ai vomie.

J’ai donc sonné car je n’avais pas vomi une seule fois durant ma grossesse et cela m’a inquiétée, c’est la matronne qui est arrivée, visiblement je la dérangeais, « pfff ça arrive souvent avec les contractions, rappelez quand il y en aura toutes les deux minutes pendant 2h d’affilée » … Quel sens du dialogue et quelle écoute, quel soutien ! Vers 21h je pars enfin en salle de travail, je suis perfusée, cathétérisée, tensiométrisée, sans explication. La matronne se prend les pieds dans les fils de ma perfusion reliés à ma main et je hurle lorsque le pansement s’arrache. Pas une excuse, elle lève les yeux au ciel et repart. L’anesthésiste qui est beaucoup plus aimable vient me poser la péridurale à 3 cm de dilatation (trop tôt dans mon cas mais je ne le saurai qu’après). Au bout de 20 minutes elle ne fait aucun effet, je souffre horriblement car les contractions sont de plus en plus intenses. Je le dis à la sage-femme mais elle me dit que « non je ne peux pas avoir mal puisqu’on vient de me poser la péridurale »… Une fois de plus, je semble la déranger et elle ne me croit pas !! C’est mon corps, je sais si j’ai mal ou non, c’est tout de même incroyable de ne pas être crue quand on souffre !!! J’insiste et elle finit par rappeler l’anesthésiste qui lui me croit, et confirme que la péridurale a échoué, le produit ayant rebondi sur le nerf. Deuxième pose entre deux contractions douloureuses, le produit fonctionnera cette fois-ci mais pour une heure seulement, de 22h à 23h. Mon fils étant né à 01h15 je vous laisse imaginer la suite car à aucun moment je n’ai été informée de la durée des effets de la péridurale et de l’éventualité que je sentirai tout passer, à l’ancienne … Sanglée sur ce lit à l’horizontale (ce qui paraît aberrrant pour faire naître un bébé) reliée à des machines et à une sage-femme absolument odieuse, sans plus aucun effet de la péri, voilà comment j’ai fini les dernières heures de mon accouchement. De plus, lors des cours de préparation à l’accouchement, on a dit qu’il y aurait deux personnes maximum en salle de naissance (une SF et une Aux puer), et là il y avait 4 personnes, dont 3 dont j’ignorais totalement le statut médical puisque personne n’a pris le temps de se présenter. Des personnes entrent et sortent sans frapper, sans décliner leur identité ou sans même un simple bonjour alors que notre corps est à la vue de tout le monde en partie dénudé. A un moment deux des femmes sans identité se sont permis des remarques sur mon initmité comme si je n’étais pas présente : « tu as vu ça ? moi je n’avais encore jamais vu ça ! » … La nudité et la pudeur des patientes n’est pas respectée et il y a des remarques déplacées qui n’ont pas lieu d’être ! Le travail avançait lentement, environ 1cm par heure, ce qui semblait agacer la sage-femme ! Elle n’était pas non plus disposée à répondre à mes questions pourtant peu nombreuses durant le travail. Je lui ai demandé ce qui se passerait si mon bassin était trop petit, et elle s’est contentée de dire sèchement « mais pourquoi il serait trop petit votre bassin ? » A un moment elle a regardé sa montre et nous a dit « Bon je vais aller manger parce que j’ai pas que ça à faire! » Un comble pour une soit disant professionnelle qui est censée vous accoucher … De 23h30 à 01h15 mes douleurs sont devenues de plus en plus atroces, je ne m’attendais pas à une telle douleur, je ne maîtisais plus rien sauf la respiration que j’avais apprise aux cours de préparation. Là encore je n’ai pas été respectée, la matronne revenue de son dîner m’a fait comprendre sur un ton très autoritaire que la tête poussait et qu’on était à 1/2heure de l’expulsion donc il fallait oublier toutce que j’avais appris aupravant pour appliquer sa méthode. Les 4 se sont mises à me dicter en même temps leur façon à elle de respirer ou de pousser, sans aucun soutien, aucun encouragement, juste des informations contradictoires en me hurlant dessus. Quelle douleur, et rien d’apaisant autour, une position gynécologique imposée jambes écartées sous une lumière vive, avec des femmes censées vous aider mais qui vous crient dessus, aucune bienveillance, aucune empathie, rien ! C’est dans ce contexte que j’ai osé demander si j’allais avoir une épisiotomie et la sage-femme a alors répondu « mais c’est déjà fait! »… Un geste imposé, sans aucune discussion ni aucun consentement préalable ! J’ai l’impression d’avoir été trahie, découpée dans ma chair pour que ça aille plus vite, pour les arranger eux, parce qu’ils n’ont pas de temps à perdre … Là on est complètement dépossédées de notre  propre corps, ces instants nous sont volés à jamais, et aujourd’hui encore je porte cette cicatrice physique et psychologique, je me sens mutilée. J’estime que nos corps et nos âmes méritent un peu plus de considération et de respect, après tout c’est nous qui donnons la vie, non ? Lorsque la douleur a été au paroxysme, que la tête de mon bébé s’est engagée et que je voulais que tout s’arrête tant la douleur est aigüe, terrassante et irrationnelle, la sage-femme a prononcé cette phrase que je n’oublierai jamais : « Il y a un problème, il y a un problème … » On s’est regardés mon conjoint, les 3 autres femmes et moi avec inquiétude. La matronne a laissé passer quelques secondes qui ont paru des heures et a lancé un « c’est bon la tête va passer! »… Hillarant, très adapté à la situation, il fallait rire en plus ? Ce genre d’humour n’a pas sa place dans un moment pareil et c’est une honte d’être traitée ainsi dans un hôpital. Après cet épisode d’humour très déplacé, il restait encore les épaules de mon fils à faire passer, alors j’ai hurlé de toutes mes forces pour expulser cette douleur et aider mon bébé à sortir. Une des femmes a osé me dire « arrêtez de hurler vous allez faire peur à la maman d’à côté »… En plus on nous culpabilise, c’est révoltant d’être traitée ainsi dans un moment pareil ! Mon bébé arrive enfin et je peux le serrer dans mes bras, occultant tout le reste, je pleure en disant « Mon bébé, c’est mon bébé ! ». Il est bien au chaud tout contre moi, très calme, il me regarde et respire l’odeur de ma peau. Je l’aime tellement, c’est mon fils et il est enfin là ! Je tremble de froid et de fatigue, on me l’enlève déjà; moi qui allais très bien en arrivant, j’ai contracté un virus à l’hôpital et j’ai 39°5 de fièvre donc bébé part pour des examens, il me manque déjà, il n’a pas pu avoir sa tétée d’accueil comme je le souhaitais. Le placenta est expulsé entier dans le quart d’heure qui suit la naissance (je l’ai lu dans mon dossier). On me recoud la coupure de l’épisiotomie à vif …

Et j’ai droit à une révision utérine, manuelle, alors que mon placenta était entier !! C’est une douleur insupportable, cette main et ce bras dans vos entrailles qui semblent tout arracher de l’intérieur … « vous ne pouvez pas avoir mal, vous avez eu la péridurale » Décidéménent rien ne m’aura été épargné dans cet hôpital archaïque. Pourquoi tant de violence et d’irrespect envers les femmes ? On me ramène mon fils deux heures plus tard et enfin il, peut téter, allaitement maternel 100% réussi et qui durera 18 mois, et ce n’est pas grâce aux conseils que j’ai eus, contradictoires une fois encore, que j’ai réussi mon allaitement, mais grâce à ma seule volonté. La garde de la matronne se termine bientôt, elle me ramène dans ma chambre, veut vérifier avec sa collègue si je sais encore uriner, c’est le protocole, elles me regardent avec insistance assise sur les toilettes, il n’y aura pas une goutte, dans ces conditions ! Elles préfèrent aller voir le bébé, puis elles quittent la chambre, sans même un au revoir. Je ne reverrai jamais cette femme indigne de porter le qualificatif de sage, j’espère vraiment qu’elle a changé de métier depuis. J’ai croisé plus tard une de ses collègues dans un supermarché, elle m’a avoué que sa collègue en avait ras-le-bol des gardes de 24h … Merci de nous avoir gâché l’un des plus beaux moments de notre vie. Je ne reviendrai pas sur tous les détails du séjour qui a suivi tout aussi irrespectueux, 9 jours d’enfer, mon bébé ayant eu l’ictère du nourrisson et pour moi un virus inconnu, il a été placé d’officice en unité Kangourou avec les prématurés alors qu’il n’avait que 14 jours d’avance. Un matin il a été piqué 12 fois sur son petit bras parce qu’une étudiante qui ne savait pas faire les piqûres s’est acharnée sur lui … Les bébés et leurs mamans méritent le respect dans ce moment unique qui aurait dû être joie et douceur et qui s’est transformé en un moment de tristesse et d’amertume, tout cela parce que des personnes n’ont pas été à la hauteur de leur statut d’humain alors qu’on leur a donné toute notre confiance du fait de leur statut médical. Cet instant magique devenu une expérience traumatisante je ne souhaite à aucune femme de le vivre; j’attends mon deuxième enfant dont le terme est prévu pour le 28 janvier et 10 ans plus tard j’espère cette fois-ci une naissance respectée. Merci de m’avoir lue.

– Héloïse

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#327 – Premier accouchement – Paris, années 80

8 Jan

Pays : france

Clinique réputée en région parisienne.

Premier accouchement :

La grossesse n’était pas du tout prévue.
Je dus « tomber enceinte » (je n’aime pas cette expression) au cours du mois de juin. Je n’en sais foutrement rien : vu que j’étais sous pilule, et que j’ai eu mes règles durant des mois après ce début de grossesse, des règles « anormales » certes mais des règles quand même, c’est à partir de la date de naissance de ma fille que je suis remontée à sa période de conception. Je pris un peu d’abdomen au fil des semaines et des mois. Je me sentais « lourde », même si j’entrais toujours sans problème dans mes jeans taille 42/44. Certes, je ne fumais plus car cela me filait des nausées carabinées, mais sinon rien n’avait changé.
A l’époque … je « faisais la route », pouce en l’air et nez au vent, avec le futur papa. J’avais une vie bohème. Je n’ai découvert la grossesse que vers 4 mois et demi, pendant les vendanges … dans ma famille, une fille ne revenait pas avec le gros ventre, sans la bague au doigt. Pas question de me marier … je suis allée en foyer finir ma grossesse.
Nous étions en février … je commençais à trouver le temps long.
La visite des 8 mois avait été … il n’y a pas de mot. Je suis arrivée, on m’a dit d’aller dans le petit cabinet, de me déshabiller, d’ouvrir la porte du fond et de m’installer nue sur la table d’examen, pieds dans les étriers. Devant mon sexe, un rideau. Une main tire le rideau, et derrière … le toubib et une dizaine d’externes / étudiants, ou je ne sais quoi – que des hommes. Je suis totalement sous le choc, en sidération. Je subis un tv de la part de chaque personne, y compris du toubib. Les étudiants sont gênés, pas un ne me regarde dans les yeux. Et moi j’ai tout du poisson brutalement jeté hors de l’eau.
Une fois rhabillée, il y a eu une prise de tête avec le toubib : il m’avait donné rendez-vous pour le 15 février, pour la visite des 9 mois. A cette date, j’étais convaincue que bébé serait né. J’ai comme complètement gommé ce qui vient juste de se passer.

Le 8 février, un dimanche, je vais rendre visite à une amie qui vient d’accoucher, c’est à l’autre bout de Paris.
Je me couche épuisée. Je ne pense plus à rien … Vers minuit, je suis réveillée par une dispute qui éclate près de ma chambre. Le temps de comprendre, une douleur brutale me broie le dos. Le dos ? je m’assois, incrédule : il se passe quoi ? aurais-je déconné cette journée-là ? La douleur pulse et revient toutes les 5 min. Mon ventre durcit à la même cadence. Ce sont donc des contractions douloureuses … mais le dos ? pourquoi cette brûlure atroce dans le dos ? en soufflant et retenant mes gémissements, je vérifie que tout est prêt pour le départ. J’attends un peu, puis je vais prévenir la sage-femme de garde au foyer. Elle confirme le début de travail, mais ne semble pressée que d’une chose : que je décolle pour qu’elle retourne dormir. Devant son attitude, je refoule les questions que me brûlent les lèvres. L’ambulance arrive, je m’assois à l’avant, et la première chose que me dit l’ambulancier c’est : « Euh je suis nouveau. Vous savez comment on va à l’hopital x ? » Ca, c’est le pompon … me voilà avec un plan sur les genoux, le dos broyé toutes les 5 mn, à chercher la route pour un ambulancier débutant !
Après ce qui me semble un temps infini, nous arrivons enfin à l’hôpital. Je me présente à la maternité, et j’entre dans le circuit … la sage-femme de garde m’examine. Ca clashe dès le départ. Elle râle parce que je refuse qu’elle me touche durant la contraction, me dit « col long fermé, bébé haut et pas engagé. Z’êtes pas en travail ma petite, ce sont des contractions de fin de grossesse ! »
Je rétorque que des contractions de fin de grossesse, j’en ai depuis deux mois, et que ça, ça n’a rien à voir. Elle monte sur ses grands chevaux. Moi aussi. J’ai peur, j’ai mal, très mal, et je me fais engueuler pour rien, alors que j’applique à la lettre ce qu’on m’a dit de faire ? alors là y a comme un lézard, et pas qu’un petit ! Je SAIS que le travail a commencé, c’est MON corps, comment cette abrutie pourrait savoir mieux que moi ? Je suis en rogne, mais derrière il y a beaucoup de détresse, de souffrance, de peur. De noms d’oiseaux en engueulades, la sage-femme me colle en salle commune. Et disparaît, sans un mot. Evidemment, je suis censée m’allonger sur le lit, mais rien à faire, c’est insupportable. Je m’assois, tire le plateau roulant, met un oreiller dessus et m’appuie sur le tout. Je sombre dans le sommeil … et suis réveillée toutes les 5 mn par cette douleur, de pire en pire. Je pleure, je mords l’oreiller, je ne comprends rien, je me sens seule comme jamais, entrée dans un cauchemar sans fin. Une voix douce, amicale, me surprend :
« Ca va pas ? »

Je lève le nez. Apparemment tout le monde ne dort pas. Il ne fait pas entièrement noir dans cette salle, juste sombre. Pas très loin de mon lit, une femme est installée, calée par nombre d’oreillers.
Elle me sourit. Elle a une perfusion dans le bras Elle me demande :
« C’est votre premier ? »
J’acquiesce. Cette voix douce, apaisante, cette attention, cela me fait un bien fou ! mais cela me porte aussi au bord des larmes …
« J’ai mal au dos …
– oui cela arrive … j’ai trois enfants, là je suis enceinte du 4ème mais il semblait vouloir sortir bien trop tôt, je suis hospitalisée pour menace d’accouchement prématuré. »
De somnolences en contractions, cette voix va m’aider à traverser la nuit. Son calme, son assurance, son empathie vont faire bien plus que je ne me suis rendue compte sur le coup. La femme qui me parle connaît ce que je vis, elle l’a déjà vécu plusieurs fois et en est sortie vivante. Donc moi aussi … il n’y a pas de raison. Ce sera un des rares rayons de soleil de ces moments douloureux.
L’hôpital n’est pas silencieux. Des cris, des pleurs, des gémissements traversent de façon plus ou moins durable la salle. La sage-femme vient m’examiner toutes les heures : elle commence par râler en me découvrant sur le plateau, puis me relève, prend l’oreiller, pousse le plateau roulant et me recouche en disant « Vous serez mieux comme ça » … au début j’ai protesté, au bout d’un moment je laisse faire. Puis le toucher vaginal – elle n’accepte pas que je refuse qu’elle me touche durant une contraction, mais je m’en fous, je serre les jambes si j’ai une contraction et elle est bien obligée d’attendre. Puis écoute du cœur, et une piqûre « pour calmer la douleur ». Je suis tellement mal que je ne m’étonne pas que sa piqûre de « calmant » non seulement ne calme rien mais semble empirer les choses. Depuis le début, je demande la péridurale – pas si courante dans les années 1980, ce à quoi la sage-femme me répond « Pas d’anesthésiste disponible » systématiquement.
A un moment, la sage-femme, exaspérée sans doute de me trouver toujours dans cette position assise, prend le plateau roulant sur lequel je m’appuie et va le mettre à l’autre bout de la salle. Dès qu’elle tourne les talons et sort de la salle, je me lève péniblement et en me cramponnant de pied de lit en pied de lit, craignant de tomber sans pouvoir me relever, je vais le rechercher.
A 7h et quelques, grand brouhaha : le petit déjeuner. Je regarde les autres manger, le dos broyé.

Vers xxh et des brouettes (je perds le fil des heures après le petit déjeuner), changement de rythme : la sage-femme me donne un suppo, me dit d’aller aux toilettes, de le mettre, d’attendre la vidange et d’aller dans la salle de travail xxx (xième porte à gauche). Elle m’y rejoindra. Devant ma tête éberluée – aussi bien pour le suppo que pour me rendre à pied en salle de travail, elle me rétorque :
« Vous pouvez marcher, vous avez traversé la salle pour reprendre votre plateau. Et ça vous fera le plus grand bien » …
Toujours aussi douée pour savoir mieux que moi ce qui est bon pour moi …

Je mets un temps fou pour aller aux wc. La pose du suppo, et la vidange qui s’ensuit se passent dans la douleur. Je me sens de plus en plus mal. Mouches devant les yeux, vertiges, jambes flageolantes … je suis à jeun depuis la veille, je n’ai pas faim mais je me sens très faible. Et je crève de soif ! la soif restera un souvenir cuisant de souffrance particulière, en plus du reste … je suis tellement occupée à ne pas tomber que je ne percute même pas que je pourrais boire au robinet pour se laver les mains. Appuyée au mur, je rejoins la salle de travail à l’allure d’un escargot bourré. Je monte difficilement sur la table, je me mets à califourchon, jambes pendantes et appuyée en avant sur mes mains. C’est un peu moins pire. Mais ça ne dure pas : la sage-femme déboule. Me couche sur le dos, monitoring, perfusion, brassard de tension. Et « Non, pas d’anesthésiste disponible » …

Je suis seule désormais. Il n’y a plus la voix chaleureuse et soutenante de la maman en MAP. Il y a des cris dans les salles d’à côté, et cela me hérisse de peur. Et surtout je n’en peux plus. J’ai atteint le bout du bout là, je suis rendue au-delà de ce que j’imaginais pouvoir supporter. Je jure comme un charretier à chaque contraction, m’épuisant pour rien. La douleur me broie dans un étau insoutenable, de plus en plus fort, de plus en plus longtemps, de plus en plus souvent. Je pense à maman, et je me dis que non, impossible qu’elle aie accepté de vivre cela 5 fois. Je pense au « Prisonnier », ce feuilleton où un homme est parachuté sans raison dans un endroit absurde. Je me demande si la personne qui a écrit ce feuilleton n’aurait pas accouché, parce que je me sens exactement dans cette situation là. Et puis au fil des minutes, je pense de moins en moins, et je sombre dans le cauchemar.
A un moment, je craque. Je m’assois, évidemment ça sonne partout, et j’arrache tout : monitoring, brassard de tension, perf. J’envoie tout voler, avec un plaisir incommensurable. La sage-femme arrive au galop, et s’arrête pile à l’entrée de la salle, clouée par le spectacle. J’ai repris ma position, assise appuyée sur les mains. Quand elle fait mine de s’avancer, je hurle
« JE VEUX UNE PERIDURALE. VOUS NE ME TOUCHEREZ PAS TANT QUE JE N’AURAIS PAS DE PERIDURALE. ET N’APPROCHEZ PAS ! JE N’HESITERAIS PAS A ME DEFENDRE. »

Je suis tout en même temps épuisée, et portée par une rage violente, habitée par une seule obsession : avoir une péridurale. J’ai envie qu’elle s’approche, qu’elle tente de me recoucher de force, je voudrais taper, taper, taper … ça gronde au fond de moi, sur fond de douleur crucifiante. Mes yeux sont plantés dans les siens, et cela doit lui faire tilt … elle disparaît. Peu après, j’entends un pas dans le couloir : ce n’est pas celui de la sage-femme. On frappe à la porte : ce ne sont pas les manières de la sage femme. Je dis d’entrer, et une jeune femme toute pimpante en blouse rose apparaît, un grand sourire aux lèvres.
« Je viens vous poser la péridurale » …

Ah ben ça alors … je suis sidérée. Si j’avais su qu’il suffisait de piquer une grosse colère pour l’avoir, je me serais épargné bien des heures de souffrance ! Une anesthésiste s’est miraculeusement libérée dans les minutes qui ont suivi mon coup d’éclat. Elle s’approche de moi, et me dit « Il faudrait remettre le monitoring, il faut que je surveille les réactions de votre bébé aux produits » … Tout ce qu’elle veut ! Elle me ré-arnache, et je me laisse faire avec bonne grâce. Elle me parle tout en agissant, et veut très, très vite savoir comment cela se fait que je connaisse la péridurale ? c’est rare une maman qui en ait entendu parler … je souffle :
« J’ai très, très mal, depuis très longtemps. Alors s’il vous plait, faites ce que vous avez à faire. Quand je n’aurais plus mal, je vous raconterais tout ce que vous voulez savoir.
– Je comprends … suis je bête ! Je vous enquiquine avec mes questions, et vous vous souffrez. Cela ne sera plus long maintenant. »
Elle est rapide et efficace. Je me sens BIEN. En confiance. Cela me fait tellement de bien que j’en pleurerais ! Elle m’explique ce qu’elle fait en le faisant :
« Désinfection de la zone à piquer. Piqûre de pré-anesthésie, attention ça va piquer … Non ? parfait alors. Maintenant on attend quelques secondes … voilà, vous sentez quand je pique ? non ? faites le dos bien rond … ah contraction, soufflez fort, on attend. Voilà je peux y aller ? ne bougez surtout plus quoiqu’il arrive … parfait. Vous avez eu mal ? Non ? parfait. J’enfile le tuyau, retire l’aiguille, voilà, je vous scotche le tuyau sur l’épaule. Ca va ? Bon, je surélève la table, vous allez vous installer. Le tuyau ne vous gêne pas ? » …
Tout en l’écoutant, je regarde le monitoring. Et je vois une contraction monter, monter … et JE N’AI PAS MAL. RIEN. Pas un pincement même. Je lui prends le bras, lui montre l’écran :
« J’ai une contraction et vous savez quoi ? JE NE SENS RIEN ! MERCIIIIIII ! »

Elle se fige. Regarde le monitoring. Regarde mon visage réjoui. De toute évidence, quelque chose ne va pas. Et puis elle me sort, d’un ton qui a changé, qui n’est plus amical mais médical, cette phrase qui me sidère :
« Ce n’est pas possible. Le produit met 15/20 mn à agir. Et je viens juste de vous l’injecter. Vous DEVEZ avoir mal ! »
Gloups et re-gloups. Voilà que je n’ai plus mal (mais alors plus mal du tout) alors que je devrais avoir encore mal. Ca me perturbe, sa réaction : encore une qui croit plus ses théories que la parole du patient. Mais tant pis ! je ne souffre plus, et c’est grâce à elle. Je lui dis :
« Vous voulez savoir comment je connais la péridurale ?
– Oui bien sûr ! »
Mais je sens que le cœur n’y est plus, quelque chose a cassé. Je la sens perturbée, perplexe par ce qu’elle vient de voir en direct : une péridurale agir immédiatement. Cela va à l’encontre de tout ce qu’elle sait sur la question. De tout ce que je sais aussi, car je sais que le produit met du temps à agir. Mais je m’en fous : j’apprécie.
Je lui relate succinctement mes heures passée à la FNAC, et toute l’information que j’ai pu y glaner. Dont la péridurale. Un bouquin explique ce que c’est, comment c’est fait. Dit aussi que le produit ne traverse pas le placenta. Que la technique est encore peu répandue en France. Mais que si on peut en bénéficier, qu’il faut en profiter. Au bout d’un moment, j’entends le pas de la sage-femme dans le couloir. L’anesthésiste prend congé, en me disant que le produit agit deux heures environ, mais qu’on peut en remettre si nécessaire. Je la remercie encore une fois.

La sage-femme a le visage fermé. On ne peut pas dire que ce soit le grand amour entre nous … elle me dit qu’il faut qu’elle regarde où en est la dilatation. OK pas de problème. Je demande si je peux avoir de l’eau, elle dit non, après l’accouchement. Que je risque gros si je bois et que … et que … et que … Elle repart, sans un mot, non sans avoir ajouté quelque chose dans la perfusion. La soif me torture. Mais je n’ai plus mal. Je m’endors …
C’est la douleur qui me réveille vraiment. Il me semble que la sage-femme soit passée à un moment ou à un autre, mais j’étais semi-consciente. Ca recommence à pulser dans le dos, méchamment. Je sonne. Elle arrive, je redemande une dose de péri … elle m’examine – pas durant la contraction – et me dit : « Non vous êtes quasi à complète, il va falloir pousser ; nous avons appelé le papa, comme vous nous aviez demandé, il ne devrait pas tarder. Je vais vous installer ».

Et me voilà pieds dans les étriers, jambes écartées, sexe ouvert … et la porte est grande ouverte. Je ne suis pas spécialement pudique, mais ça coince. Je donnerais n’importe quoi pour retourner dans les bras de morphée, mais rien à faire. La douleur est de nouveau insupportable, et de plus en plus insupportable. La pièce se remplit brutalement … mon compagnon, intimidé et qui ne sait pas où se mettre, interne, sages-femmes – c’est le changement d’équipe, les anciennes finissent et les nouvelles sont déjà là, plus une étudiante pile poil entre mes jambes derrière la sage-femme. Comme je jure en tapant la table, une sage-femme me sort « Faisiez pas cette tête là quand il est entré, hein ? bah il va sortir maintenant » … Et moi épinglée comme un insecte sur cette table, clouée de douleur, perdue, en plein cauchemar … mon compagnon essaie de me réconforter, me brumatise le visage plein pot – j’aime pas et je lui dit, je veux pas de flotte sur la figure, je veux BOIRE ! Une sage-femme me dit :
« On va essayer de vous faire pousser » …
Et c’est parti … « inspirez bloquez poussez … poussez … POUSSEZ ! » … une fois, deux fois … je pousse comme on me dit, je ne sens rien sinon la douleur, et je pousse … mais deux fois par contraction, pas trois comme on me l’ordonne. A la fin de la deuxième je suis HS, absolument incapable de remettre ça une 3ème fois à suivre. Mon compagnon m’encourage, l’interne m’engueule, une contraction, deux contractions … je reprends mon souffle et je siffle sèchement « Ta gueule, connard, c’est moi qui accouche » … c’est parti du cœur comme on dit, sortie de l’interne qui va se placer près des sages femmes. En rétorsion, je me retrouve avec deux sages-femmes qui font des pompes sur mon ventre, en pesant et appuyant de toutes leurs forces vers le bas. Je comprendrais après que c’est la fin du service des unes, qui veulent me finir avant de partir, et que les autres leur donne un coup de main, pour régler ça au plus vite. J’entends des bruits métalliques, et je jette un œil. La sage-femme entre mes jambes cache sa main … je bouge, je repousse les sages-femmes sur mon ventre avec brutalité.
« Vous faites quoi, là ? Dites-moi ce que vous voulez faire ! Une épisiotomie ? »
La sage-femme acquiesce. Des bribes de mes lectures reviennent « faciliter la sortie du bébé » … la fin du cauchemar est donc proche ? Et c’est reparti pour un tour, douleur, pousser, pousser et claaaaaaaaaaccccccc … ce bruit immonde des ciseaux coupant ma chair me fait sursauter (je ne peux supporter encore aujourd’hui d’entendre quelqu’un découper un lapin ou une volaille crue …). Et je pousseeeeeee ….
Je vois la jeune élève entre mes jambes changer de couleur. Elle a le teint très mat, et elle blanchit à vue d’œil. Bizarrement je suis détachée de ce que je vis, ailleurs, fascinée par son changement de teint qui devient rapidement d’un joli vert olive … j’avais jamais vu ça ! Elle a un haut-le-cœur, recule encore en titubant contre le mur, porte sa main devant la bouche, et sort rapidement, pas du tout assurée sur ses jambes … je reviens sur terre : quelle horreur sort d’entre mes jambes ? Je n’ai pas le temps de m’appesantir sur cette question existentielle. Des douleurs supplémentaires viennent me labourer : l’impression d’être brutalement écartelée, écartelée au delà de l’imaginable, et une brûlure intense, inimaginable. La sage-femme me dit « c’est presque fini » …
Je crois comprendre que le bébé est presque entièrement sorti, mais alors ce sont ses pieds qui raccrochent ? je suis limite du délire … et soudain j’entends un bébé hurler, tout près … je sursaute, et quelqu’un me dit « C’est votre bébé qui crie, il y a juste sa tête de sortie et il crie ! ». Je pousse encore, dégagement des épaules, et le reste suit … on me pose mon bébé sur mon ventre, c’est une fille. Elle se tait dès qu’elle est sur moi, et nous nous regardons. C’est une étrangère. Je la regarde, elle a les yeux bleus clair, semble être blonde … elle a la bouche de son père. Mais rien ne passe … je suis fatiguée, épuisée, soulagée que le cauchemar soit enfin fini – il ne l’est pas, mais ça je ne le sais pas encore. Ce bébé me fait le même effet que les autres bébés … on l’emmène, mon compagnon s’en va, et la salle se vide d’un coup. Je me retrouve seule … j’entends un bébé hurler à la mort, est-ce ma fille ? Un homme en blouse blanche entre, il s’assoit entre mes jambes, sans dire un mot, et … pique mon sexe. Je crie de douleur et de surprise. Il est cinglé ou quoi ? Il me dit :
« Vous avez eu une épisiotomie, il faut suturer.
– Pas à vif ?!
– Vous êtes sous péridurale, ça ne fait pas mal !
– La péridurale n’agit plus, ça fait très mal !
– Ne faites pas l’enfant, arrêtez de bouger, vous perdez du sang, il faut suturer vite.
– Si vous me retouchez une seule fois sans anesthésie, et je me fous de savoir comment vous ferez, je vous refais la mâchoire ! » Je suis fumasse – et terrorisée ! comment imaginer subir une suture à vif après tout ce que je viens de traverser ? je n’en peux plus, ça ne va donc jamais finir ? L’interne parlemente encore, je répète d’un ton de plus en plus violent : « Si vous me touchez, je tape ! » tout en bougeant – pas très fort mais assez pour l’empêcher de piquer. Il y a une tentative avec le spray aussi anesthésique que de l’eau, et il sent le souffle de mon pied près de son visage … Finalement, il se lève, en soupirant très fort … va chercher ce qui est nécessaire, revient, se rassoit et me dit :
« Je vais piquer – c’est l’anesthésie, alors on reste calme ! quelques injections autour de la zone à suturer, ce n’est pas très agréable, mais c’est vous qui le voulez ! »
Je ne bouge pas un cil. La sensation n’a rien à voir avec la piqûre de suture précédente, bien moins douloureuse, et puis c’est pour la bonne cause. Il anesthésie, me prévient qu’il va piquer plusieurs fois doucement pour vérifier si l’anesthésie est efficace avant de commencer à suturer … il semble tenir à ses dents on dirait ! Il va être parfait jusqu’au bout ! en cours de suture, il ré-injecte de lui même des doses d’anesthésique, en me prévenant systématiquement de ce qu’il fait … Heureusement que j’ai protesté : la suture dure plus d’une heure … j’imagine sans anesthésie locale, si je m’étais laissée faire : une vraie torture.

On me ramène ma fille en couveuse fermée. Elle est éveillée, on se regarde à travers la vitre. J’attend un miracle qui ne viendra pas …
Je suis installée au bout de je ne sais pas combien de temps dans une chambre double. Il y a une grande bouteille d’eau, la personne qui m’accompagne me dit de boire doucement … tu parles, elle a à peine tourné les talons que je bois la bouteille en entier en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Je planque la bouteille vide, et je sonne pour qu’on m’en rapporte une autre, qui sera vidée à peine moins vite que la précédente.

Durant les jours qui vont suivre, le cauchemar prend une autre allure : je suis épuisée, et j’ai l’impression de perdre beaucoup de sang. Beaucoup trop de sang. Je trempe les serviettes XXL nuit en deux heures parfois. Et ça dure … je le dis. Plusieurs fois. Je me plains aussi de ma fatigue. On me remonte les bretelles. Faut que j’arrête de m’écouter. Faut que je me reprenne. Faut que j’aille prendre une bonne douche. Que j’arrête de faire l’enfant. Et j’en oublie. Une seule personne va m’écouter – qu’elle soit bénie ! – une infirmière. Un vrai rayon de soleil. Elle va venir tous les jours, passer quelques minutes ou plus avec moi ; discuter, de tout, de rien, de sa vie, de la mienne. Elle prend au sérieux ce que je dis, mais personne ne l’écoute.
Et puis … nous sommes à J + 3 … je me lève pour prendre mon bébé, lui donner son biberon. Et je tombe sur le berceau. Net et sans bavure, comme fauchée. Je suis dans un état bizarre : j’entends tout, mais ne peux ni bouger, ni parler, ni même ouvrir les yeux. J’entends les appels de ma voisine, sa sonnette qu’elle presse à répétition, les bruits de pas précipités, les phrases échangées. Tout. Et puis quelqu’un fait un geste hautement technique, nécessitant beaucoup de matériels et de connaissance – je suppose, sinon pourquoi n’a-t-il pas été fait de suite ? – il baisse ma paupière inférieure et dit « elle est complètement anémiée » … une autre voix ajoute « et elle perd pas mal … » …
Je me retrouve sur mon lit, avec une perf et un traitement.
Personne n’est allé voir du côté du périnée / vagin ce qui se passait.

Des années après, une gynécologue me montrera par un endoscope que mon col a été déchiré lors de l’accouchement – et pas qu’un peu.
Il y a quelques mois, j’ai appris qu’une déchirure du col était toujours à rechercher en cas de pertes de sang anormalement fortes et prolongées, et qu’une suture sous anesthésie générale était nécessaire quasi toujours.

La boucle est bouclée, j’ai enfin compris ce qui s’était passé ! Plus de 20 ans après. … leur expression abdo totalement inutile (qui a de plus lésé mon périnée en profondeur, qui ne s’en est jamais remis), a fait passer bébé en force dans le col, qui a déchiré. Saignements anormalement abondants, mais qui n’ont inquiétés personne. Ca a cicatrisé comme ça a pu, et heureusement ça n’a pas empêché mon col de faire son boulot correctement pour mes deux autres grossesses.

Blandine

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Lien vers le second récit de Blandine : #349 Deuxième accouchement – En province, années 90

#326 Accouchement de Willyam, 2011

8 Jan

Je n’ai jamais pris le temps de l’écrire, depuis 2 ans et demi quasiment, je me lance enfin pour avoir un souvenir de cette journée

Retour en arriere, on est le 3 aout 2011, en debut d’apres midi, je me rends à la maternité pour des contractions officiellement, la réalité c’est que j’en ai marre j’ai envie de savoir si ça bouge, si je peux avoir un decolement des membranes (je ne connais pas les risques encore, mais voyais juste les avantages). Je suis à 40 sa + 2 jours, ma DPA est pour le 8 août. Comme toutes mes DPA, mes filles j’avais une DPA pour le 8 mars 2006 et j’ai accouché jour J, ma deuxieme j’avais une DPA du 8 juin 2009 et j’ai accouchée le 3 juin a 40sa + 2 jours.

Donc vers 13/14h, devant la porte des urgences maternité, je mentionne des contractions et l’envie de voir si ça bouge, on m’installe en salle d’examen, un pipi dans un boccal, une montée sur la balance (je n’ai pris que 2.5 kilos pour toute ma grossesse, j’ai étais diagnostiqué DG diabete gestationel à tort et, du coup, le regime imposé m’a rendu service quand même). Puis monito, c’est parti pour 30 minutes, « Je reviens plus tard Madame ».

Mon mari de l’époque, le père de mon fils, est là, il s’assoit sur une chaise et commence à somnoler car il avait bosser ce matin assez tôt (4h-13h). Je me retrouve seule avec mon mensonge puisqu’aucune contractions sur le monito, ou si peu. Je parle à mon fils pour qu’il m’aide puisque son père m’abandonne, mais mon petit homme dort, je suppose. La sage femme revient me dit que tout va bien, j’ai un col ouvert à ⅔ cm, court et mou, ça devrait pas tarder mais c’est pas imminent. Je commence à avoir les larmes aux yeux, toute femme qui était dans ma situation peut comprendre ce sentiment que l’on ressens à ce moment, une déception, un faux depart, un immense vide, on se dit qu’on ne va jamais accoucher, on ne se sens plus capable de mettre ce bébé au monde sans l’autorisation d’accoucher de quelqu’un! si la sage femme a dit que c’était pas pour tout de suite alors ça ne l’est pas! c’est fou cette faculté d’oublier que seul notre corps décide.

Je lui demande si elle peut pas m’aider (je pensais à un décollement) car j’en peux plus vraiment, je me souviens même après 2 ans passé, la souffrance physique mais morale dans laquelle j’étais. Mon accouchement de la miss 2 s’est déroulé très rapidement, j’étais déjà en chambre pour hypertension, lorsque j’ai sonné la sage femme à 5h, elle m’a mis en salle d’accouchement et j’ai accouché à 5h32, du coup, après cet élément la sage-femme décide d’en parler au chef gynécologue de garde et de revenir me dire. Elle revient avec le sourire donc dans ma tête c’est bon ils me font le décollement et je vais accoucher ce soir ou demain. En fait, non, elle m’annonce tout sourire : « On vous passe en salle d’accouchement et on vous déclenche ». J’étais sous le choc, je n’ai pas su quoi dire, je suis restée bouche ouverte pendant quelques segonde, j’ai demandé la date du jour pour voir si ça m’allait (et faire semblant que je maitrisais encore quelque chose) puis j’ai dis : « oui d’accord ». La sage-femme m’a dit qu’au vu de la grosseur estimé de mon bébé, de mon précédent accouchement rapide, de mon col et de la distance de la maternité, c’était la meilleur solution (mais la meilleur solution pour qui ?).

Nous voilà donc en salle d’accouchement, il est 15h, sans aucune explication, je suis mise sur la table sur le dos, une perfusion dans le bras, un monitoring et hop c’est partit pour une première dose, pour voir si je le tolère et mon enfant aussi. On me dit qu’il faut qu’ils appellent l’anesthésiste pour me faire une péridurale; je la refuse je n’en veux pas, ce à quoi on me répond : « Mais madame c’est obligatoire avec un déclenchement ». Je tiens tête, je n’aurai PAS de péridurale, je m’en fous de leur obligation, on verra plus tard, si j’en ai besoin. De toute façon, je n’ai pas fais la prise de sang obligatoire au 8ème mois, donc ils ne peuvent pas avant un bilan complet ! toc !

Je ne ressens rien, on parle avec le père de bébé, on rigole, puis la position sur le dos me fait du mal, je demande à avoir un ballon. On me répond que c’est pas possible tout de suite que je dois attendre, puis on augmente le produit, on m’examine sans trop me demander si j’étais d’accord, hop « Vous êtes à 4 cm, madame, c’est bien ».

Je n’ai pas mal du tout mais je ressens que ça coince, donc décide de me lever toute seule et je reste debout à bouger le bassin. La sage-femme vient car elle ne captait plus le coeur de bébé, je lui demande de m’enlever ce monito ça fait plus d’une heure que je l’ai. « Mais madame on ne vous a pas dit ? Vous devez garder le monito tout le long de l’accouchement puisque vous avez decidé d’être déclenchée » … Heu là sur le coup je me suis sentie mal, moi j’ai rien décider du tout, je n’ai pas était informé du déroulement, si j’avais su, jamais je n’aurais dis oui, je le supporte déjà plus ce truc sur mon ventre ça me gêne. Je réclame un ballon et TOUT DE SUITE! 30 minutes après j’ai mon ballon.

On revient souvent me demander de me mettre sur la table pour des TV, je n’en refuse aucun, et chaque fois ça me sort de ma bulle, je mets un certains temps à me recentrer sur moi-même. Pourtant je n’ai toujours pas « mal », ça sert de plus en plus mais je respire bien pendant la contraction et ça va. Je rigole toujours autant avec mon ex d’ailleurs, ou je chante, car monsieur finit par s’endormir sur sa chaise à l’opposé de la salle. Je n’ai pas eu la chance d’avoir un papa présent mentalement, qui m’aide à être sur le ballon, ou me fait des massages. Je devais me contenter d’un père à moitié là, entre deux ronflements.

Vers 17h, on ne capte plus trop le rythme de bb dans cette position assise, donc on me demande de me remettre sur le dos. Je dis non, je vais tenir le capteur et faire attention, promis! J’ai envie de faire pipi je demande à aller au toilette, la sage-femme m’aide avec la perfusion, j’essaye de vider tout ça pour être tranquille pour la poussée et je me voyais pas faire ça devant mon ex-mari sur la table dans une bassine. Je suis de retour sur mon ballon.

19h30/20h on m’annonce un col à 6 cm qui n’évolue plus. La sage-femme me dit : « On fait quoi ? ». Une question fermée, je précise elle avait déjà dans sa tête sa réponse qu’elle justifie ensuite par un : « La poche n’aide pas à la dilatation, je pense qu’on devrait la rompre. » Je refuse, je n’ai pas de péridurale si on la rompte je vais sortir de ma bulle, il me sera difficle d’y revenir. La sage-femme me dit qu’elle me laisse 1 heure pour faire bouger les choses, elle me parle de césarienne si ça bouge pas (comment faire du chantage à une femme en plein travail).

J’essaye de faire des 8 sur mon ballon, je décide de retourner à la toilette pour voir si c’est pas ma vessie qui bloque les choses. En sortant, je tombe sur le chef gynécologue qui me voit et qui parle à une sage-femme comme si je n’étais pas en sa présence : « Pourquoi on ne donne pas un bassin à cette dame ? » Ce à quoi la sage-femme répond : « Madame B. ne souhaite pas et préfére aller à la toilette seule. » Et le gynécologue répond : « Oui mais c’est pas un hall de gare, si toutes les femmes sortent de leur bloc, on s’en sort pas » ….

21h, l’échéance tombe, je monte sur la table et le TV annonce un 6 toujours! J’en aurais pleuré, je suis paniquée, je demande : « Qu’est-ce que l’on doit faire ? » J’en viens à leur remettre mon accouchement entre les mains, je ne suis pas capable de faire ouvrir mon col, j’ai peur , je vois la césarienne planer au-dessus de ma tête. Elle me reparle de percer la poche des eaux, et j’accepte…. Elle perce, la poche de l’eau coule partout, et j’ai mal, vraiment mal, la douleur est immédiate, je supporte pas allongée, je décide d’aller sur mon ballon, la sage-femme peste car je mets de l’eau partout, et quand je leur demande :  » ça vous dérange que je salisse? Je passerais la serpillère après, c’est pas grave » elle répond : « Non, pas du tout c’est pour ne pas que vous glissiez » oui, c’est ça, bien sûr !

J’ai très très mal, j’arrive plus à entrer dans ma bulle, je m’en doutais et je m’en veux d’avoir dit oui! j’hurle, je demande si l’anesthésite est là car si jamais je veux la péridurale qu’il soit pas trop loin. On me dit qu’on l’apelle et qu’il sera là rapidement!

J’hurle que je veux la péridurale j’ai vraiment trop mal, 7/8 minutes ce sont passées depuis la ruptures des eaux, à chaques contractions ça pousse en bas tout seul, j’accompagne la poussée ça me soulage terriblement. La sage-femme revient me voir et me demande de monter sur la table pour faire un toucher vaginal. Je re-demande la péridurale et je vois l’anesthésiste qui arrive et demande où est le bilan sanguin, la sage-femme lui dit que je ne l’ai pas fait et il répond : « Ben oui, mais c’était obligatoire », la sage femme lui dit que je voulais pas de péridural donc je l’ai pas fait et il répond : « Maintenant elle en veut une et j’ai pas de bilan donc je pourrai pas, fallait qu’elle y pense avant ». La sage-femme en même temps m’examine et elle m’annonce une dilatation complete et un bébé engagé.

Elle prépare son matériel et moi je pousse comme j’en ai envie, je sens la tête de mon fils descendre et commencer a sortir, elle me demande de l’attendre mais je n’en ai pas envie, si mon fils veut sortir, il sort tout de suite. Elle revient enfin et n’a plus qu’à acceuillir mon fils sorti en douceur sans ordre de la sage-femme.

Mon fils faisait 4.770 kg pour 54 cm, et je n’ai eu ni déchirure, ni épisiotomie.

Pour moi cet accouchement n’a duré que 10 minutes, à partir du moment ou elle m’a percé la poche des eaux, sinon il n’était que douceur, j’ai tellement apprécié, j’ai hate d’avoir la chance de recommencer et cette fois, sans déclenchement, sans ordre, voir sans sage-femme.

– Aurélia

#325 – Naissance de ma fille, novembre 2013

8 Jan

06/11/13

RV au service gynéco-obstétrique du CHU.

Arrivée à 10:30 pour un contrôle, mon gynécologue me dit qu’il ne préfère pas me laisser continuer, souffrir, etc. Il me propose de me déclencher dans un 1er temps avec un tampon. (Qu’on m’a mis à 11:30). On attend 12 à 24h pour voir si ça mature mon col (qui n’est ouvert qu’à 1 cm et pas encore effacé). Après on verra pour utiliser d’autres moyens de déclenchement si besoin. Donc wait and see. La pose du cathéter a été show Time. Elles s’y prennent à 2 (1 sage-femme et 1 Ide) et me piquent 5 fois pour me poser la perf´… je passe du service urgences obstétriques au service grossesses pathologiques (à 13:00 où on me donne à manger) où je suis surveillée jusqu’à l’accouchement. Après choupetta et moi serons dans une chambre de mater’ pour nous deux.

Futur papa prend dès ce jour ses congés naissance pour être avec moi. Sa présence me rassure. La sage-femme me conseille de me reposer, prendre des forces pour quand le travail arrivera …

14h. Etat d’esprit : Oui … Se dire que ça va arriver, d’après la sage-femme au mieux dans la nuit; d’après Dr le lendemain semble probable ou même le surlendemain …

C’est curieux, être là à attendre, un nombre incalculable de pensées viennent à moi … Bientôt je vais enfin pouvoir serrer ma fille contre moi … la sentir … Je vais enfin être maman après toutes ces fausses-couches, toutes ces craintes … Et déjà je suis dans l’inquiétude de savoir si elle va bien, si elle a ce qu’il faut là où il faut …

15h. Après une micro-sieste, je suis réveillée par des douleurs continues au bas-ventre … Personne n’est encore venu me voir. J’attends encore … Je sais que mon col doit s’effacer et que je ne peux pas non plus passer de 1 cm à 10 cm aussi vite.

Les contractions douloureuses sont présentes depuis 14:45. La sage-femme passe à 15:30 et je suis sous monito. Bébé bouge beaucoup. Ma tension est basse.

16:15. Chéri revient. Ouf je suis soulagée de ne pas souffrir seule.

17h. Je sens bien la petite appuyer sur le col. La sage-femme dit qu’il faut attendre … Je viens d’aller marcher un peu dehors, et là je suis de nouveau dans la chambre.

Ça va pour l’instant, c’est les douleurs qui m’occupent le plus. Elles me prennent toute la sangle abdominale. J’ai l’impression d’avoir le dos coupé en deux.

17:45. Mal de tête, sensation de fièvre. On me branche le tensiomètre.

18:45. Tension légèrement supérieure, contractions ++. La sage-femme va demander à ce qu’on me voit.

19h51. Toujours personne n’est venu, je note mes contractions, chéri s’impatiente de savoir comment ça se passe s’il part, s’il peut revenir, etc. La sage-femme présente n’a pas l’air très efficace. Mes parents ont téléphoné, je leur ai dit être déclenchée, et qu’ils ont le temps de venir que quand j’aurais accouché.

21:30. La sage-femme vient m’examiner. Mauvaise nouvelle : mon col n’a pas bougé. J’ai un « faux travail » = douloureux mais inefficace. Je pleure de douleur.

22:00. On m’emmène au service urgences obstétriques, monito + tension et injection de Nubin, un dérivé morphinique. Là, je « plane » … ; je ne sens quasi plus les douleurs.

23:30. De retour dans ma chambre, je suis shootée, j’ai envie de dormir.

07/11/13

1h … 2h … Réveillée. Chéri est là, ça me rassure.

3h30. Une aide soignante rentre dans la chambre, semble étonnée de voir le papa et lui fait une remontrance car une autre maman doit arriver.  » Dites donc monsieur, il va falloir partir, personne ne vous a autorisé à rester la nuit, c’est pas une chambre d’accompagnant. Ce « réveil » houspillant me fait monter dans les tours… je m’énerve aussi sur sa manière d’houspiller. « Ok mea culpa. Y’a pas mort d’homme. » Elle peut dire la même chose sans gueuler et encore moins prendre ce ton d’houspillade comme si on avait 5 ans, et qui de plus est, un autre soignant avait justement autorisé Monsieur à rester … Bref.

Finalement, chéri part, un peu à contre-coeur … ; mais ni lui ni moi, on a la force du débat…

4:30. Alors que je cherche le sommeil, j’ai quelques contractions … je perds les eaux. Je ne peux rien retenir. J’appelle les soignants. Je file aux wc. Je perds aussi le tampon … C’est la sage-femme qui est davantage présente. L’aide-soignante est là mais bon …

4:50. Le doc dit de me mettre sous monito / surveillance. Et en réunion doc à 8h ils décideront si on me remet un tampon ou s’ils passent à une autre méthode. J’espère la 2ème optique ! A présent les contractions sont plus intenses …

5:10. La sage-femme me fait une piqûre pour tenter soulager douleur, mais rien n’y fait.

5h30. la sage-femme relève le monito, bébé va bien. Elle m’explique qu’il n’y a pas d’autres choix que de faire en sorte de laisser maturer le col. (Jusque demain 😦 ) . D’ici là, ils peuvent essayer de calmer douleurs par le même dérivé morphine qu’hier soir (espacé de 8h) et tenter de remettre un tampon ou du gel de prostaglandine qui pourrait éventuellement aider. A ce moment précis, ils ne peuvent pas mettre l’ocytocine sous perf´ car le col n’est pas encore effacé, et on m’explique que quand ils le font c’est quitte ou double, la seule issue après c’est la césarienne.

7:30. La sage-femme me renvoie aux urgences obstétriques pour voir si on m’administre une piqûre, etc.

7:50. Aux urgences obstétriques, la sage-femme force mon 1 cm en 2 doigts car mon col est maintenant centré (et non plus postérieur). Elle me parle d’une éventuelle péridurale.

8:00. La sage-femme me fait une piqûre de dérivé morphinique, le même calmant que la veille au soir. Elle pense que le travail maintenant va commencer.

J’essaie de téléphoner à Chéri mais je crois qu’il est dans les bras de Morphée il n’entend pas le tél.

Là où je m’attendais à ne pas souffrir, ce n’est pas le cas. Je suis seule, les contractions augmentent, chéri n’arrive pas. Je ne veux pas accoucher sans lui. Le stress se mêle à la douleur. Ma mère téléphone … Mon dieu, c’est pas le moment, j’ai trop mal …

10:30. Arrivée du chéri. Je suis à bout… Attente de mon col à 3 cm pour avoir une péridurale.

11:50. 1ère péridurale : douloureuse, longue et inefficace.

14:00. Ma sage-femme s’énerve un peu contre l’anesthésiste et demande qu’un autre vienne.

14:40. Le 2ème anesthésiste arrive, fait le geste et s’en va… Donc 2ème péridurale qui, enfin, me soulage … Allant même jusqu’une petite sieste.

17:30. Travail en cours. Je ne m’attends pas à avoir quand même mal sous péridurale. L’anesthésiste me rajoute un produit … Dilatée à 5 cm … Il faut attendre encore … Côté état d’esprit : fatiguée par douleurs et manque de nourriture, et je commence à essayer d’imaginer Louise qu’on posera sur moi (histoire de me booster ) !

18:30. On trouve le bon dosage de péridurale pour soulager mes douleurs. Ouf je respire un peu … et surtout je dors … Je me prépare mentalement à accoucher.

19:30. La sage-femme de nuit vient se présenter et m’expliquer la suite : 1 visite par heure avec augmentation du Syntol + massage du col.

Là, s’alternent des phases où je dors, avec les phases où des soins me sont prescrits.

22:30. L’interne gynécologue présent ce soir là m’explique la possibilité d’une césarienne. Les indications médicales sont : le col qui ne bouge pas, le bébé macrosome, et aussi que j’atteins presque les 36h de déclenchement-travail …

23:30. On m’examine et le gynécologue me dit qu’il n’y a guère 36 autres méthodes. Et on me monte au bloc. Et là c’est trop bizarre j’ai la sensation de dormir éveillée … Je me souviens être allongée et attachée, entendre des voix de médecins autour de moi … Je panique, et réussit à me détacher les bras. Je bouge, les médecins s’énervent sur le fait que je bouge. J’entends la sage-femme me dire de ne pas bouger, puis plus rien. Je saurai plus tard que pour le bien de mon bébé et pour mon bien, ils m’ont rajouté un anesthésiant… Du coup, je dors … et du coup, je ne vis rien de mon accouchement.

08/11/13

00:14. Je suis réveillée par des claques, et des coups sur le front par la sage-femme qui me dit « Madame, Madame, embrassez votre fille ! » … Je suis attachée, je ne réalise rien, je vois (tout flou) mon bébé, j’embrasse ma fille, mais déjà, ils partent avec pour s’occuper de ma fille. 4,120 kg pour 54 cm…

2:30 J’émerge, en salle de réveil. Chéri est avec bébé et elle sous couveuse qui est prescrit pour toutes les césariennes mais aussi qui est là pour le transport. Je suis totalement à l’ouest. Chéri m’explique qu’il vient de passer deux heures avec notre fille, à m’attendre … que je peux la toucher … La sage-femme habille notre fille … Enfin, on me la pose sur moi … et nous avons le droit à un moment tous les trois avant qu’on ne nous transfère à notre chambre en maternité …

J’avoue que ces 36 h ont été très longues … À un moment, j’aurais voulu partir … Quand le travail était si pénible, avant la 1ère péridurale et la 2ème … en fait, j’ai vécu et subi à peu près tout ce dont je pouvais avoir peur … Rester des heures à souffrir pour rien … Ou vivre une césarienne …

#324 – Le prix à payer pour …

8 Jan
Voici le témoignage de mon accouchement, à Paris, qui m’a fait vivre l’enfer. Les conséquences de mon accouchement ont été longues et j’ignore combien de temps elles dureront. J’y pense encore douloureusement.
Merci de votre lecture.

Le 10 septembre 2013, lors de ma visite du 9ème mois, dans cette maternité parisienne qui se veut physiologique et naturelle, alors que, pour la première fois, on ne me fait pas le toucher vaginal systématique, dont j’apprends qu’il n’est en fait pas obligatoire, la sage-femme m’annonce que le bébé est encore haut, et me conseille de faire une séance d’acupuncture pour faire descendre le bébé et déclencher les contractions. L’acupuncture me va bien, j’en ai assez de dévoiler mon intimité à la ville entière, depuis plus de huit mois.

À peine sortie de la maternité, je prends rendez-vous pour le lendemain matin. J’arriverai chez l’acupuncteur après une nuit très courte suite à une longue insomnie.

Je passe toute la journée du 11 à sentir que quelque chose a bougé.

Le 11 à presque minuit, en me redressant pour aller me coucher parce que je suis extrêmement fatiguée de cette courte nuit et cette longue journée, je sens un liquide chaud couler entre mes jambes. Devant la tête que je fais, mon compagnon me demande, comme à chaque fois que je fais une drôle de tête depuis un mois : « Tu vas accoucher ? ». Cette fois-ci, je réponds que c’est bien possible. Je file aux toilettes et cela se confirme, j’ai perdu les eaux. Le liquide amniotique est clair.

Alors que je me dis que j’ai quatre heures devant moi avant de devoir partir, et que je vais en profiter pour dormir un peu, mon compagnon appelle la maternité, qui nous dit de venir immédiatement. Nous arrivons une heure et demie plus tard, après que j’aie assouvi ma petite lubie de soudainement me maquiller et vérifier mes valises.

À la maternité, on me place sur une table pour un monitoring après avoir vérifié ma dilatation : 1 doigt. Malheureusement, le bébé bouge beaucoup, il est très dur d’avoir un monitoring constant pendant 20 minutes. Il nous faudra deux heures et demie avant d’y parvenir. Je suis déjà épuisée.

On nous met dans une chambre dans les étages. Je ne sens pas les contractions et je m’endors aisément. À 7 heures du matin, de grosses contractions me réveillent. Je parviens malgré tout à me rendormir sur le petit bout de lit qu’il me reste – nous sommes deux sur un lit 1 place. À 11 heures, je me réveille pour de bon, avec toute la douleur des contractions. Je prends de l’huile de ricin pour accélérer l’accouchement, mais ça ne changera rien.

De 12h à 16h, mon compagnon et moi faisons des aller-retours dans les escaliers et le jardin de la maternité. Quand les contractions deviennent trop fortes, je vais prendre des douches chaudes qui me font oublier la douleur.

Vers 16h, les contractions sont vraiment rapprochées et douloureuses. J’appelle l’infirmière, qui confirmera le besoin de me faire redescendre en salle de naissance.

À nouveau, on me place pour un monitoring. Je dois rester allongée alors que seul le mouvement fait passer la douleur. Comme le bébé bouge toujours beaucoup, il faut encore longtemps avant d’en avoir un fiable. Je suis toujours à 1 doigt de dilatation.

J’explique à l’équipe que j’aimerais accoucher dans l’eau, que je n’ai pas le streptocoque B, et que l’eau chaude m’aide à gérer les contractions. Malheureusement, la salle de naissance avec la baignoire est occupée à ce moment-là, et l’équipe a un peu la flemme de me faire couler un bain dans une autre salle et de me transférer plus tard.

Après de longues minutes à insister, on me laisse finalement remonter dans ma chambre pour prendre une douche chaude.

La douche dure longtemps. Je redescends en salle de naissance à 19h, on me remet le monitoring. J’explique que je veux marcher. Qu’être statique est insupportable. Je demande le monitoring sans fil dont on m’a parlé pendant les séances de préparation à l’accouchement. On m’explique que les capteurs ont été balancés par erreur un mois plus tôt. Je ne tiens plus allongée. On me donne un ballon et très franchement ça ne change rien, je veux juste marcher.

On nous laisse marcher dans les couloirs entre les salles de naissance, et mon compagnon et moi déambulons pendant longtemps, en balançant nos hanches. Les sages-femmes nous surnomment « les danseurs ».

Malgré le mouvement, les contractions deviennent plus fortes et moins faciles à gérer. On veut me refaire un monitoring. Je fuis ces moments extrêmement douloureux qui disent toujours la même chose : tout va bien. Je ne sais par quel miracle, une sage-femme passera par ma chambre. Je lui explique à elle aussi que j’aimerais accoucher dans l’eau et qu’en attendant, j’ai mal, alors que l’eau chaude me fait du bien. Elle m’explique que les deux baignoires, qui ne sont pas des baignoires d’accouchement mais des baignoires de travail, sont libres depuis longtemps, et s’étonne que personne ne m’ait proposé de prendre un bain. Elle me fait couler un bain chaud et mon compagnon et moi nous retrouvons dans une petite pièce calme, à la lumière tamisée, où nous mettons notre musique et nos huiles essentielles à l’abri du corps médical. Ce moment est magique. Les contractions deviennent plus fortes mais mon ami me passe de l’eau sur le ventre quand elles viennent et je gère la douleur. Quand elles deviennent trop fortes, nous retournons marcher en balançant nos hanches, puis je reviens dans l’eau, puis nous remarchons, en alternant. Mais à un moment, je sens les contractions devenir vraiment plus douloureuses et plus intenses, et je vomis de douleur. À ce moment-là, je sens que je suis en train de m’épuiser, et que je vais peut-être devoir renoncer à mon rêve d’accoucher dans l’eau. J’annonce à mon ami que je vais demander un check-up, que si le travail a bien avancé, j’attendrai sans péridurale, et que sinon, je vais la demander.

Il est bientôt minuit et je suis à un doigt et demi. Je perds pied. Les sages-femmes me disent que c’est normal, mais je suis épuisée et je ne veux pas ne pas avoir la force de pousser mon bébé hors de moi. Ce que je crains plus que tout, c’est l’épisiotomie. Je la crains tellement que je l’ai fait noter dans mon dossier médical, et que j’ai annoncé à tout le monde que je préférais la déchirure. Alors, pour ne pas perdre cette force, je demande la péridurale. Tant pis pour l’accouchement dans l’eau, au moins je pourrai choisir ma position d’accouchement pour minimiser les risques de déchirure et d’épisiotomie, c’est dans la charte de cette maternité que l’on peut choisir sa position d’accouchement. L’anesthésiste vient me poser la péridurale. Il me pique la colonne vertébrale une douzaine de fois avant de mettre l’aiguille correctement, m’engueule parce que je me plains que cette aiguille me fait mal, et s’en va tout de suite après.

Quand la péridurale commence à faire effet, c’est le soulagement total. Je m’endors aussitôt. Malheureusement, la péridurale a ralenti le travail, on me propose de faire une séance d’acupuncture pour le relancer. La sage-femme acupunctrice viendra une heure et demie plus tard, et ça ne fonctionnera pas. On me rajoute de l’ocytocine dans la perfusion. Puis la douleur me réveille un peu plus tard, on me réinjecte une dose. Elle ne fait pas effet. Une deuxième dose ne fait pas effet non plus. Une troisième non plus. Épuisée, je me rendors entre chaque contraction, et je me réveille submergée par la douleur à chaque fois. Les sages-femmes vont voir l’anesthésiste, qui leur conseille d’augmenter les doses. Ça ne fonctionne toujours pas. De les rapprocher. Ça ne marche pas non plus.

Je finis par comprendre que la douleur est bel et bien réinstallée et que la péridurale ne fera plus effet. Je veux marcher, c’est la seule chose qui me fait du bien. Mais on me l’interdit, maintenant il faut un monitoring constant, on me propose le ballon qui ne fait toujours rien. J’arrive à m’échapper de temps en temps quand je vais faire pipi, et encore, je vois bien que ça fait chier l’équipe qui me propose à plusieurs reprises de me sonder alors que je suis parfaitement en état de marcher.

L’anesthésiste de garde change. Le nouvel anesthésiste comprend bien ma douleur, tente encore quelques injections de péridurale un peu plus fortes.

J’ai un répit d’une demi-heure. Je compte en profiter pour me reposer, mais impossible : l’équipe soignante a changé, et si les sages-femmes de nuit acceptaient que mon compagnon vienne les voir directement parce que la sonnette de mon lit ne marchait pas, ça n’est pas du goût de l’équipe de jour. Cette demi-heure de répit sans douleur, c’est précisément celle qu’ils choisiront pour envoyer un technicien pour réparer la sonnette de mon lit. On ouvre grand les rideaux, la chambre est remplie de lumière et de gens, impossible de me reposer.

Le bébé pousse sur mon rectum, je demande si c’est normal. On me dit que oui.

Il est 13h30. On m’explique que cela fait deux heures que je suis à dilatation complète. Je m’étonne de ne pas avoir été prévenue avant. Les sages-femmes me disent qu’il va falloir faire une manœuvre interne parce que le bébé « n’est pas dans le bon sens ». On ne me dira pas qu’il est en OS. Je dois être trop cruche pour comprendre, même si je connais l’intégralité des termes médicaux depuis mon arrivée – je suis bien renseignée.

L’anesthésiste revient. Il m’explique que ma péridurale a été posée n’importe comment, qu’elle est beaucoup trop haute et que c’est pour cela qu’elle ne peut pas faire effet. Il me dit qu’il veut la reposer, et faire en premier lieu une rachianesthésie puis laisser un cathéter pour la péridurale. Il me dit que cela peut couper le bloc moteur, mais ayant déjà eu une rachianesthésie pour une opération du genou, je sais que je peux gérer. J’accepte.

Je veux aller faire pipi. Je me lève, et je marche, certes avec l’aide de mon compagnon, l’infirmière derrière pousse la perfusion, mais je marche. À mi-chemin des toilettes, la sage-femme nous arrête : elle refuse que j’aille aux toilettes avec la rachianesthésie et préfère que je fasse pipi dans un pot. J’explique que je n’y arriverai pas, je suis pudique, je l’ai toujours été, j’ai besoin d’être dans une petite pièce fermée à clé pour pouvoir me laisser aller. Elle refuse, et propose qu’on vide la chambre. Je me retrouve seule sur mon lit d’accouchement, avec un pot sous les fesses, le sentiment que tout le monde peut entrer à n’importe quel moment, et bien sûr, je n’y arrive pas. « C’est pas grave, on va vous sonder. » Une humiliation nécessaire ?

On me donne le ballon pour que je me mette à quatre pattes pour voir si le bébé descend. Ça ne marche pas, je ne suis pas du tout à l’aise avec ce ballon qu’on essaie de me refourguer depuis le début. L’interne du service arrive pour la manœuvre interne, il a des mains gigantesques alors que la rachi commence à passer et que je n’ai pas encore eu de dose de péridurale. On m’en injecte une, mais j’ai peur. L’interne est un homme et ça me met mal à l’aise. Il me fait la blague la plus nulle de tous les temps : « Ah oui, j’ai vu votre dossier, vous êtes la patiente qui a fait préciser qu’elle n’aimait pas l’épisiotomie. Bon, ben du coup, je vous la fais tout de suite ? ».

Je n’ai pas beaucoup le sens de l’humour et cette fois-ci c’est trop. Je regarde les sages-femmes et je leur demande s’il est possible que la manœuvre interne soit exécutée par une femme.

La femme en question était déjà dans la salle, derrière moi, et prend très mal le fait que je refuse l’interne : « Ce n’est pas un homme ! C’est le DOCTEUR *** ! », comme si les médecins n’avaient pas de sexe.

Tout le service entre dans ma salle de naissance au moment de la manœuvre. Je suis à poil, avec un bébé dans le ventre, des contractions douloureuses, je vais prendre un avant-bras entier dans la chatte et en plus je suis sur la place publique ?!? J’explose, je hurle « On a besoin d’être 12 dans cette pièce ou quoi ? ». Les personnes inutiles repartent aussitôt, les autres se font discrètes et se collent au mur.

La manœuvre marche un peu mais pas totalement. La médecin commence à me parler sur un ton doucereux de césarienne. Je regarde le monitoring, et ma tension : tout le monde va bien. Je lui dis que je vais bien, que le bébé va bien, et qu’on peut attendre un peu de voir comment la manœuvre va continuer. Je lui dis que je voudrais éviter la césarienne, que la primo-infection du bébé doit se faire si possible par les bactéries « amies » du vagin de la mère et non les bactéries du milieu hospitalier. Elle me montre clairement qu’elle n’apprécie pas les arguments médicaux (« Je suis médecin, c’est moi qui sais, et vous, vous êtes là pour accoucher, pas pour réfléchir, d’accord ? Alors vous restez dans l’émotionnel là, l’hémisphère droit, et vous arrêtez avec le rationnel ! ») et me rétorque que si j’allaite, alors on s’en fout.

Elle insiste pour la césarienne « Ce n’est pas un échec, c’est juste une autre voie » et mon ami lui fait remarquer que « L’autre voie madame, on l’ouvre au scalpel ». Elle est agacée de notre insistance et déclare revenir une demi-heure plus tard. On m’installe sur le côté avec un pied dans l’étrier.

Là, je sais que j’ai une demi-heure pour que le bébé soit dans le bassin, car s’il est dans le bassin, elle ne pourra plus opérer.

Je suis devenue mon bassin, vraiment. J’ai fait des mantras, j’ai chanté, j’ai médité, j’ai visualisé.

28 minutes plus tard, la sage-femme entre dans la pièce, vérifie et m’annonce : « Le bébé est dans le bassin, et vous êtes vraiment grande-ouverte, il a toute la place de passer ».

2 minutes après, la médecin entre, et demande où j’en suis. La sage-femme lui dit que le bébé descend. Mauvaise nouvelle pour elle.

Soudainement, le besoin de pousser. Je me redresse.

La médecin m’appuie sur l’épaule. « – Je veux me redresser ».

« – Vous n’avez pas la force ».

Je lui dis que j’ai la force, que je veux me redresser, me mettre à quatre pattes ou accroupie. Elle me répond que je n’ai pas la force, qu’elle est médecin, qu’elle et l’équipe soignante savent mieux que moi, ils ont « une conscience plus générale » de mon état. J’insiste, elle me dit que ça suffit, qu’elle m’avait déjà dit d’arrêter de réfléchir. Elle explique que je me suis déjà mise à quatre pattes tout à l’heure, et que ça n’avait rien changé, comme si la situation avait quelque chose à voir. Comme elle voit que je ne lâche pas l’affaire, elle se tourne vers la sage-femme qui avait été si gentille avec moi depuis le début et me dit : « puisque vous ne voulez pas m’écouter moi, on va faire comme la sage-femme le dit : qu’en dites-vous, N. ? », comme si une sage-femme allait s’opposer à la cheffe de service…

J’arrête de lutter, je suis en position gynécologique, je me sens humiliée, vulnérable. Je pousse. Je pousse encore. Apparemment je pousse bien. Mais pour une raison que j’ignore, on décide de me faire faire un test pour savoir si je pousse mieux en soufflant ou en bloquant ma respiration. À partir de là, on m’ordonnera de respirer, bloquer, pousser, respirer, bloquer, pousser, alors que pousser est un besoin vital et que je sens bien mon corps capable d’y parvenir tout seul.

Le bébé s’arrête dans le bassin. Je veux me redresser, alors elle demande à l’infirmière de mettre ses coudes dans mon ventre « pour empêcher le bébé de remonter entre les contractions ». Super pour la détente progressive de mon périnée ! Elle veut prendre les forceps. Je refuse, je ne veux pas d’épisiotomie. Elle me dit que ça n’est pas obligatoire, encore moins avec la ventouse. J’accepte la ventouse parce qu’on m’avait dit que ça ne servait qu’à redresser la tête du bébé, et qu’il faisait le reste du travail tout seul.

Mais en fait, elle tire dessus. Je sens le bébé descendre incroyablement vite. Elle essaie de remettre un coup de ventouse, mais la ventouse lâche. Le bébé continue à descendre, je touche sa tête. Il est juste au bord.

Il ne sort pas. On me dit qu’il va falloir faire une épisiotomie. Je ne veux pas. On me dit qu’il le faut. Je refuse. La médecin insiste. Je pleure que je ne veux pas. Elle hurle que ça suffit. Je continue à dire que je ne veux pas, que je veux encore pousser. Je jette un œil aux constantes vitales du bébé, il va bien. Voyant que je refuse, ils tentent de pousser mon compagnon à me faire accepter. Ils lui font peur, lui font croire que le bébé va mal. Et lui se penche vers moi : « Cécile, il faut qu’il naisse ce bébé ».

La plus grande solitude du monde. Je pleure que je ne veux pas. Je veux me redresser. La sage-femme coupe.

J’attrape le bébé et le pose sur mon ventre. Je n’ai même pas regardé si c’était une fille ou un garçon. On vient de me découper.

Agpar à 10 : ce bébé va très bien. Il n’y avait pas d’urgence. On m’a coupée. Découpée. Comme un vulgaire bout de viande, je n’avais pas de consentement à donner. Sauf que l’épisiotomie est hémorragique.

Tout à coup on décide que le bébé respire mal et qu’il faut l’emmener se faire aspirer. En fait, il faut sortir le bébé et le papa parce que mon épisiotomie est hémorragique, qu’on m’a donc fait une délivrance artificielle, que j’ai fait une rupture placentaire et que je suis donc en train de faire une hémorragie de la délivrance. Et hop, une petite révision utérine, c’est cadeau. Cependant, je souffre sans savoir ce qui se passe, tout ceci je l’apprends à la lecture de mon dossier médical, des semaines plus tard.

On me recoud avec une injection mais je sens les points. Pendant qu’on me recoud je demande combien il y a de points. La sage-femme reste vague, prétextant qu’ « on ne peut pas vraiment compter comme ça ». Elle ne me regardera plus jamais dans les yeux. La médecin, ce monstre, me dit que cette épisiotomie est « toute petite ». Le lendemain je verrai les 13 points externes et les infirmières seront impressionnées par la « grande taille » de cette coupure. Pourquoi m’avoir menti sinon par sadisme ?

Et finalement, la sage-femme, avant que mon bébé ne revienne : « je vais vous faire un toucher rectal », parce que je n’avais pas été assez humiliée jusque là. Mon bébé revient avec son papa, on me le pose sur le ventre. Il tète goulument. Je n’arrive pas à saisir la magie de ce moment, on m’a découpée. Je voulais accoucher dans la position de mon choix et ne pas subir d’épisiotomie, mais on ne m’a pas laissé le choix.

Pendant que le papa remonte chercher des habits de bébé, on teste ma glycémie, je suis à 10. On m’explique que je ne vais pas avoir besoin de transfusion. Je m’étonne que cela soit même une option envisagée, personne ne m’avait dit que j’avais fait une hémorragie. Je le saurai quelques semaines plus tard en lisant mon dossier.

En sortant de la salle d’accouchement pour remonter dans la chambre, nous croisons la médecin. Elle vient nous voir et nous dit qu’elle a eu raison d’être sèche, qu’il le fallait. Pourquoi ? Toujours pas d’explication. Je suis censée accorder une confiance aveugle au corps médical sans même le remettre en question. Puis elle me dit : « une épisiotomie, c’est le prix à payer pour être une fille jeune et en bonne santé ». Le prix à payer, merci madame.

Nous montons dans la chambre et nous sommes dévastés. Je pleure pendant des jours et des jours. Je ne trouve aucune joie dans cette naissance, aucun bonheur. Je revis sans cesse la scène, j’imagine comment elle aurait pu se passer autrement, je rêve de vengeance, je me cloître dans mon incompréhension, j’interroge tout le monde et personne ne comprend. Mon compagnon est dévasté aussi. Il ne sait pas si je parviendrai à m’en relever. L’incompréhension entre nous est totale. Je lui en veux de m’avoir dit que je devais accepter de me faire découper. Il faudra tomber le troisième jour sur une puéricultrice merveilleuse pour que l’on nous écoute vraiment. Et des mois pour que mon compagnon m’explique qu’il m’a dit ça pour savoir quoi faire, pas pour écouter les médecins.

Je ne supporte pas les anti-inflammatoires. Alors je souffre de mon épisiotomie. Je peine à me lever, à m’asseoir, à m’allonger, à marcher. La douleur physique ajoute à la douleur morale.

Le quatrième jour, une infirmière me fait la morale parce qu’elle ne comprend pas bien pourquoi je me plains. « Une déchirure, ça, c’est traumatisant. Pas une épisiotomie ». Elle me dit que dans cette maternité, on ne fait des épisiotomies que quand c’est nécessaire, et « on n’en fait presque pas, on en fait que 25% ». Je lui demande si une femme sur quatre c’est « presque pas ». Je suis blessée qu’elle ne comprenne pas mon traumatisme, qu’elle nie ma douleur.

La cicatrice est grande, j’ai peur d’aller à la selle et que ça tire sur les fils. Je serai constipée pendant 4 semaines, et m’en tirerai avec des hémorroïdes que l’accouchement m’avait malgré tout épargnées.

Je quitte la maternité avec l’impression de quitter l’enfer. Malgré ça, je pense à l’accouchement tout le temps. Je pleure plusieurs fois par jour, je revis la scène en permanence. Chaque moment de solitude fait monter les larmes. Je ne comprends pas comment j’arriverai à dépasser ça un jour.

La cicatrice me fait mal pendant des semaines.

Je demande mon dossier médical. On me l’enverra en retard parce que la médecin a demandé à rajouter des annotations.

Mon compagnon et moi reprenons les rapports à tout juste six semaines. C’est atrocement douloureux.

Le lendemain, j’ai rendez-vous à la maternité pour la visite de suite de couches. La médecin sur laquelle je tombe ne trouve pas mon dossier. Elle part le chercher, ne le trouve pas, et va donc voir la médecin qui a assisté à mon accouchement. Elle revient confuse, me parle directement de mon épisiotomie alors que je n’ai toujours rien dit, et me déclare « vous savez, on avait vraiment besoin de vous la faire ». Je demande pourquoi, elle me répond que sinon, je risquais une déchirure. Je réponds que j’aurais préféré la déchirure, « ah non, vous ne pouvez pas préférer ça ». Puis je lui dis qu’on ne m’a pas parlé de déchirure pendant l’accouchement de toute façon. Un éclair de panique passe sur son visage. « – Ah bon, on vous a parlé de quoi ? », « -De rien, on m’a juste dit que le bébé devait naître ». Elle me dit que c’est vrai, que l’expulsion a duré 38 minutes, qu’à partir de 20 minutes c’est dangereux pour le bébé. Je suis étonnée d’apprendre ça, je ne l’ai jamais lu nulle part. Je lui dis que sa collègue m’a empêchée d’accoucher dans la position de mon choix, elle me répond que c’est normal, qu’on ne peut accoucher que sur le dos. Quand je lui rétorque que ça n’est pas du tout ce que l’on m’a appris pendant les séances de préparation à l’accouchement, ni la charte de la maternité qui l’emploie, elle invente carrément un bon gros mensonge et me dit qu’on peut se mettre dans la position qu’on veut pendant le travail, mais pas pendant l’expulsion. Comme cette médecin est la médecin-coordinatrice de la maternité, je sais que je ne pourrai même pas saisir la CRUQ de l’établissement. J’ai beau pleurer toutes les larmes de mon corps dans son bureau, elle ne me parlera pas de la dépression post-partum. Elle veut juste que je sorte de son bureau, et couvrir sa collègue.

La semaine suivante, je commence la rééducation du périnée. J’ai choisi une sage-femme libérale à côté de chez moi. Je lui explique mon accouchement. C’est une sage-femme de la vieille école, elle ne comprend pas que je puisse me plaindre d’une épisiotomie. « Moi j’en ai eu une pour tous mes accouchements, et ça va très bien. » Quand elle me demande si j’ai mal aux rapports et que je réponds que oui, elle rétorque « c’est dans la tête ».

Après 6 séances à souffrir le martyre (« votre périnée répond bien, mais la sonde vous permettra de voir votre score ! » Sympa les chocs électriques sur la cicatrice), je me rends compte que je souffre à l’entrée du vagin mais que je ne sens rien derrière. La sage-femme m’explique que l’épisiotomie m’a coupé les nerfs, que c’est normal, que parfois ça ne repousse pas « mais ce n’est pas très grave, ce n’est pas la partie sympa du vagin ». Déprimée, je vais voir ma gynécologue habituelle, celle qui a suivi ma grossesse jusqu’au septième mois. Je lui raconte mon accouchement et elle est navrée. Elle regarde ma cicatrice et me dit que certains fils à l’intérieur se sont mal résorbés, que j’ai une boule à l’entrée du vagin et que c’est cette boule qui est douloureuse. Elle m’annonce aussi que je fais une dépression post-partum. Pour la première fois, quelqu’un me dit que je ne vais pas bien, et que cet état n’est pas un état normal, et qu’il est possible d’en sortir. Elle m’envoie voir une sage-femme spécialisée dans les douleurs périnéales et un psychologue. La sage-femme diagnostique des névromes et me propose de les traiter par courant antalgique.

Nous sommes à trois mois de l’accouchement, et pour la première fois, j’ai l’impression que je vais aller mieux un jour, même si j’en doute souvent. Je pense toujours à l’accouchement tous les jours, je revis la scène, je pleure souvent.

Aujourd’hui, j’ai envie de me battre, de porter plainte contre cette femme, de prévenir les autres femmes enceintes. C’est peut-être un début.

#323 – Do – 1er accouchement – Yonne 2009

8 Jan

En 2009, j’attend ma première fille. La grossesse se passe très bien malgré de nombreuses contractions à partir du 6ème mois.

Je me réveille vers 3h du matin par des contractions régulières : toutes les 5 minutes. Au bout d’une heure je me décide de réveiller papa, de prendre une douche et de partir tranquillement à la maternité.

Une fois sur place, on me dit que le travail n’a pas commencé mais comme j’habite loin (40 km) ils vont me mettre dans une chambre et revenir dans un « petit moment » m’ausculter et décider très certainement de me renvoyer à la maison. Les contractions s’enchaînent toujours toutes les 5 min et sont douloureuses mais gérables grâce à la respiration et en marchant. Les heures défilent et toujours personne pour m’ausculter. Au bout de 6 heures, j’envoie mon mari chercher une sage-femme. Elle arrive et quand elle me voit s’exclame : « Vous n’avez pas la tête d’une personne qui va accoucher ! » elle daigne quand même me faire un toucher vaginal et me dit : « Vous êtes à 3 cm, vous allez en salle d’accouchement ».

Une fois en salle d’accouchement, on commence à me mettre une perf et je demande pourquoi c’est, réponse : « Vous n’avez pas fait de cours de préparation ? alors vous devez bien savoir ! » Seul position permise : sur le dos. Au bout d’une heure, on me propose la péridurale, c’est maintenant ou jamais. Je la prend. Elle m’endort tout le bas du corps mais les contractions dans le dos sont toujours douloureuses. La seule position qui m’est permise en allongée sur le dos. Les heures passent et mon col se dilate assez vite. A 17h30 je suis à dilatation complète, mais bébé n’est pas assez engagé. Une gynécologue passe et me dit : « Vous tenez le bon bout, c’est bientôt fini », elle reviens 2 h après et me demande : « Vous êtes encore là ? » Bébé ne veut toujours pas descendre. La sage-femme de service me dit qu’elle ne sera pas là pour l’accouchement. La nouvelle équipe arrive et, alors qu’un quart d’heure avant ce n’était pas le moment, maintenant ça presse. Je n’ai aucune sensations dans le bas du ventre, je ne sens pas bébé qui pousse.

On m’installe vers 20h05. Il faut pousser quand il y a une contraction, je pousse qund je commence à avoir les douleurs dans le ventre. Après de nombreuses poussées : « Vous n’êtes plus de tout efficace ! Il faut y aller ! ». Je n’ai plus de forces. On me propose d’utiliser la ventouse pour faire sortir bébé. J’accepte. Une jeune interne arrive, elle souhaite le faire toute seule alors que les autres membres de l’équipe lui disent : « T’es sûre que tu ne veux pas qu’elle vienne ? »

Papa est mis hors de la salle, il refuse mais il n’a pas le choix et on lui dit : « Si vous voyez ça, vous ne voudrez plus toucher votre femme de toute votre vie » gloups !

La ventouse est posée et en une poussée bébé est dehors. Je tends les mains pour prendre ma fille, je ne peux même pas la toucher elle est déjà partie en dehors de la pièce.

Papa voit sa fille passer devant lui, sans un mot elle est amenée dans un pièce où est inscrit : « Réanimation » Il demande : « Elle va mal ? » « Non, la pièce s’appelle comme ça mais c’est là qu’on amène tous les bébés, on s’occupe de votre femme qui fait une hémorragie » Il blêmi, on lui dit : « Elle saigne juste un peu ».

L’interne me recoud pendant un long moment. A la fin, elle vient me voir, ne sait plus où se mettre et me dit : « Vous avez eu 2 déchirures, ne vous inquiétez pas, j’ai bien recousu, vous aurez de belles cicatrices ! Dans une dizaine de jours ça sera cicatrisé et les points tomberont tous seuls. » Je lui demande combien j’ai de points : « Je ne me suis pas amusée à les compter ! »

Au bout d’une heure, on me ramène bébé, je ne pense qu’à une chose : la faire téter. Je demande de la mettre au sein, on me répond : « Si elle y va toute seule, laissez-la faire. Sinon, on vous la mettra après. » Suite à un harcèlement de ma part, on daigne me montrer comment la mettre au sein.

On remonte en chambre vers 23h30. On demande à papa de partir, il refuse et reste dans le fauteuil ! Pendant la nuit on vient souvent me voir pour que j’aille uriner mais je n’y arrive pas, la sage-femme abandonne sans me sonder. Pendant la nuit, papa arrive à calmer notre fille en la berçant dans les bras, une puéricultrice arrive lui arrache des bras, la met dans les miens et dit : « Elle est mieux avec sa mère ! ».

Les jours suivants, je reste dans la chambre et appelle le moins possible. Je reste sur un sentiment d’échec, de ne pas avoir su pousser comme il fallait pour la faire sortir.

Ma sage-femme libérale quand elle m’examine a fait un drôle de tête et m’a dit qu’il n’y a pas 2 mais 3 déchirures. J’ai du mal à m’asseoir pendant plusieurs jours. La cicatrisation durera 4 mois ! et la plus grosse cicatrice me ferra mal pendant 1 an.

Ma gynécologue me raconte que c’est normal car j’ai une peau de rousse.

Il m’aura fallut plus de 2 ans pour imaginer être de nouveau enceinte.

Ce n’est que 4 ans après, lors de ma deuxième grossesse que j’ai appris que la ventouse avez eu lieu, non pas parce que je n’avais pas su pousser, mais parce que bébé ne progressait pas.

Lien vers le second témoignage de Do : Do – 2ème accouchement – Aveyron 2013‏ 

#316 Accouchement en juillet 2012 dans l’Eure

22 Déc

Voici mon témoignage sur mon accouchement ! J’ai accouché de façon « classique » comme la société veux que l’on accouche. Tout s’est bien passé, mais c’était forcé…

Je voulais accoucher à la maison, mais faute de renseignement, de contact, et les pressions familiales et de l’entourage, j’ai du me tourner vers la maternité… La famille se trouve à 700 km, j’étais donc seule avec une amie qui me soutenait et mon chéri.

Premier bébé, premières appréhensions, et un accouchement non maîtrisé… Retenus de force à la maternité, après la naissance (je ne voulais pas mais on m’a dit vous êtes obligé de rester 3 jours au moins), bref, j’espère faire mieux au prochain !!! Un vrai accouchement comme je le souhaite….

#311 Edith, Bourgogne

28 Nov
Accouchement mal préparé ou mauvaise écoute ?‏
Le doute restera pour longtemps. Me suis-je mal préparée à mon accouchement ou n’a-t-on pas souhaité être à mon écoute ?
Rien ne s’est passé comme j’aurais pu l’imaginer. « Vous aurez des contractions de plus en plus fortes et rapprochées ou vous perdrez les eaux et vous devrez venir à la maternité « ! Mes contractions ont été tout de suite très intenses et ne s’espaçaient que de quelques minutes pendant deux jours avec une acalmie au milieu. Je ne savais plus quand partir à la maternité. La sage-femme m’avait renvoyée chez moi car le travail n’avançait pas au-delà d’un centimètre d’ouverture du col … Lorsque je suis revenue à la maternité, j’étais fatiguée de ces deux jours de souffrance, j’avais besoin de soutien. Mon mari n’avait pas ses repères. Il était sous le coup de l’émotion et de la fatigue car lui aussi m’a vue souffrir pendant ces dernières 24 heures. Lors de mes précédants passages à la maternité on m’a demandé si je souhaitais la péridurale. J’avais répondu que je ne l’acceptais que si je ne parvenais plus à gérer la douleur. Ceci a été inscrit dans mon dossier. Lors de mon accouchement, en salle de travail, je m’accrochais aux paroles encourageantes et réconfortantes de la sage-femme présente cette nuit-là, jusqu’à ce qu’elle décide que je rejoigne ma chambre car le travail n’avançait pas assez vite selon elle. Je précise que j’étais la seule personne à accoucher pendant ce temps. Elle me laisse seule avec mon mari et un ballon. « Prenez une douche si vous y arrivez et appelez-moi si vous n’en pouvez plus pour qu’on vous fasse la péridurale … » Evidemment, je n’ai pas tenu plus de 20 minutes. J’avais mal, mais j’avais surtout peur. Cette douleur que j’ai su gérer à la maison devenait incontrôlable pour moi dans cette chambre d’hôpital en présence de mon mari, lui aussi désemparé. Je ne tenais pas debout.
Parce que je demande la péridurale – je dirais même que je l’ai suppliée – je me retrouve en salle d’accouchement de nouveau entourée de cette sage-femme … C’est pratique, je n’ai plus mal et je n’ai plus qu’à dormir ou attendre. Elle ne vient me voir qu’une fois de temps en temps pour vérifier l’avancée du travail. Elle manipule mes perfusions sans m’expliquer quoi que ce soit ou en répondant vaguement à mes questions. Elle finit sa nuit de garde et me laisse entre les mains d’une nouvelle sage-femme. Le monitoring présentait bien pourtant. Cependant le col était à 9 centimètres depuis 2 heures. La nouvelle sage-femme me demande de l’appeler lorsque je sentirai l’envie de pousser. La péridurale était-elle trop forte même si je sentais mes contractions ? Je n’ai jamais ressenti l’envie de pousser. Elle a donc décidé elle-même que c’était le moment. En moi, j’étais convaincue du contraire. Elle m’a fait comprendre que je devais pousser car ce serait mieux pour l’enfant et pour moi car je devais bien « en avoir marre aussi … » Evidemment, je ne savais pas ce que je faisais. Je ne sentais rien. L’enfant ne sortait pas malgré tous mes efforts acharnés. J’ai voulu accoucher sur le côté. Je demande qu’on me maintienne les pieds. La personne à mes pieds n’a fait que semblant de me maintenir … seul mon mari m’encourageait. La sage-femme parlait très peu. Elle me fait comprendre que c’est mieux d’accoucher sur le dos… « Poussez bien sinon j’appelle le gynecologue ! » Je pousse tellement fort que j’en deviens bleue. Je pleure de desespoir car je ne sais pas si le bébé avance ou ce qui ce passe en moi. Elle appelle le gynécologue. J’ai ressenti ça comme une punition parce que j’avais mal poussé … Il pratique la ventouse et forceps après m’avoir dit : « Surtout n’oubliez pas de pousser, je suis pas le seul à bosser ici ! » Je lui réponds que je pousse évidemment. Je ne comprends pas pourquoi ils ne le voient pas ! Mon bébé sort enfin pour mon plus grand bonheur mais je vomis toute la bile que j’ai dans le ventre. Le gynécologue demande à la puericultrice de retirer l’enfant avant que je ne le recouvre de ce que je renvois : « Ce n’est rien, me dit-on, ce sont les produits que vous avez dans le corps, ça va passer … » Quand j’ai fini, la puericultrice pose à nouveau ma fille sur moi. J’étais assoiffée et vidée.
Ma petite ne parvenait pas à téter malgré la bonne volonté de toutes les sage-femmes et puericultrices qui sont venues dans ma chambre m’aider chacune à leur façon. Elles venaient parfois à 4 pour me la mettre au sein. Voyant qu’elle perdait du poid, on me propose de tirer mon lait.
Sortie de la maternité, à raison de 8 fois une demi-heure de tire-lait par jour + tentatives de mise au sein + biberons, j’ai fini par abandonner.
J’ai pu commencer à tisser des liens avec ma fille à ce moment-là.
Merci d’avoir lu ce témoignage.
A présent, je souhaite effacer tout ça de ma mémoire au plus vite. Je sais bien que je ne suis pas seule à vivre ces moments-là et que d’autres femmes ont subi des accouchements bien plus terribles. Pourtant, il est important de dire que certaines d’entre-nous ont eu le sentiment que tout aurait pu être si simple avec un accompagnement verbal et sans rupture. Des paroles réconfortantes aident autant sinon bien plus que le recours médical…
Edith, Bourgogne

#310 De la grossesse aux suites de couches – Hauts-de-Seine

28 Nov
Je considère que la naissance c’est aussi le suivi de grossesse et les suites de l’accouchement.
Et là franchement, le respect des personnes est loin d’être garanti!
Le suivi de grossesse
Franchement très décevant.
La maternité de niveau 2 où j’étais inscrite prend des allures d’usine pour les consultations de suivi. On te demande de venir 30 minutes en avance et le gynécologue ou la sage-femme qui assure les consultations, avait presque toujours une heure de retard.
Examen rapide, aucune question sur le moral des troupes, les craintes, etc. Juste une phrase répétée au moins 2 millions de fois : si vous voulez la chambre individuelle, c’est 100€ et il faut réserver maintenant. Ok merci!
Le pire moment a été la 2ème écho. sortant d’une première écho géniale à 3 mois faite en clinique par une gynécologue attentionnée et qui a duré 45 minutes, on est arrivés la bouche en coeur, préparés à découvrir le sexe de notre bébé. Ma propre maman, elle-même sage-femme, m’avait expliqué que cette écho était généralement assez longue car on prend bien toutes les mesures et on voit bien le bébé.
Et ben raté! L’écho a duré 12 minutes au total dont 10 minutes durant lesquelles le médecin a engueulé son interne qui effectuait l’écho. On ne nous a rien montré, rien expliqué, bref on était invisibles! Ah si, juste à un moment, le médecin nous a demandé si on voulait connaître le sexe, on répond oui et là il dit c’est un garçon, point barre. Ce c**** ne nous a même pas montré le petit trilili.
Mais bon cela avait un côté pratique car tous les examens (urine, sang, prélèvement) étaient faits sur place et du coup, je n’avais pas besoin de retourner en labo après.
Heureusement, j’ai fait la prépa accouchement chez une sage-femme libérale très sympa : un peu trop pro-allaitement et anti-péri mais elle ne jugeait pas.
En dehors de tout ça, grossesse idyllique.
Fin de grossesse et accouchement
Bien vécu sur le moment mais peu d’informations.
Le jour J, rdv de contrôle : col ouvert à 1, épais et ramolli. On me décolle les membranes sans m’expliquer (oh b*rdel quel mal de chien!) et on me renvoie chez moi.
J+2 : j’avais rdv mais dans la nuit précédente, on s’est pointés à la maternité parce que j’avais eu des contractions (même pas douloureuses) + perte bouchon muqueux et qu’on était pressés surtout!
J+4 : rdv pour déclenchement. On avale un gros brunch avant d’y aller et on part de chez nous, sachant qu’on ne reviendra pas seuls.
8h30 : on me branche au monito + pose perf : j’ai des contractions régulières donc on me débranche vers 11h pour aller marcher et laisser faire la nature.
14h00 : retour au monito : les contractions se sont arrêtées donc on va lancer le déclenchement à 16h avec tampon. On m’informe juste qu’avec le tampon ça ira plus vite.
18h00 : on m’amène à la chambre car n’ayant que peu de contractions, ça sera sans doute long. On me prévoit un monito à 22h.
18h30 : les contractions démarrent c’est atroce tout de suite. Je me dis que je ne vais pas y arriver car un premier accouchement peut durer très longtemps.
21h30 : je suis un animal!
21h35 : j’appelle la sage-femme pour avoir un ballon. ça ne change rien et devant ma douleur, elle tente un toucher vaginal pour vérifier l’avancement du travail. Jamais ressenti une pareille douleur de toute ma vie, mon corps entier s’est cambré pour échapper au toucher.
En fait, mon col était postérieur et la tête de bébé devant, donc elle devait crocheter par derrière pour vérifier le col. EPOUVANTABLE!
Elle me propose donc de descendre en salle de naissance car les lits sont plus pratiques pour le toucher. Vu mon état, je n’ai pas cherché à comprendre.
22h00 : Arrivés en salle de naissance, elles s’y mettent à trois pour le toucher, dont 2 qui me maintiennent. Mon mari était dehors et il m’a avoué après avoir eu le sang glacé en entendant mes hurlements.
22h05 : Col épais mais mou et ouvert à 3, c’est ok pour la péri.
22h35 : l’anesthésiste arrive. On m’a prévenue que c’était pas des rigolos les anesthésistes. Ah oui effectivement! Mais bon, au moins ça crée de la complicité avec les sages-femmes.
22h50 : A plus mal du tout, youpi!
00h00 : perçage de la poche des eaux.
00h45 : je suis dilatée à 5 cm, le coeur de bébé ralentit donc je suis en code rouge, les sages-femmes débarquent toutes les 5 minutes pour me tourner ou m’expliquer des choses.
1h : il y a 6 personnes autour de moi qui passent leur temps à s’excuser de me faire mal alors que je sens rien (vive la péri!); elles me préparent pour une césa au cas où car le coeur de bb ralentit trop souvent. On me rase, on me lave, on met un nouveau produit à la perf.
1h10 : suis dilatée à 8cm (3 cm en 25 minutes, ouah!), col effacé mais comme le coeur ralentit toujours, les sages-femmes appellent le médecin.
1h30, dilatée à 9cm, le médecin me demande de pousser pour essayer de gagner le dernier cm. Elle est gentille, mais sous péri : tu sais pas ce que tu pousses, mais bon je pousse quand même…
Avec 9 personnes dans la salle, bonjour l’intimité mais bon.
Finalement, le médecin sort les spatules pour aller plus vite.
1h54 : mon fils est né, on le pose sur mon ventre avec les mêmes mots que dans les émissions : « le sang, c’est le vôtre ». Ils lui font une petite toilette pendant qu’on me recoud l’épisio + déchirure. Puis mise au sein et on nous laisse 2 heures tranquilles.
5h30 : retour dans ma chambre, épuisée, vidée!
Un accouchement très bien vécu car les sages-femmes étaient très pros et rassurantes mais j’aurais bien aimé qu’on m’explique qu’un déclenchement, certes c’est plus rapide mais aussi que les contractions ne s’intensifient pas, elles sont directes hyper-méga-violentes, ce qui ne laisse pas vraiment de temps au corps pour s’habituer à la douleur. Un avantage quand même : tu es moins crevée à la poussée car le travail est plus rapide.
Suites de couches
Une catastrophe!
Chambre sombre, déprimante et un vrai sauna!
On ne m’a rien expliqué sur les gestes d’hygiène pour mes points. Me suis débrouillée toute seule avec un peu de bon sens.
Les auxiliaires de puériculture n’étaient pas gentilles, sauf une de jour. Mais la nuit quand j’étais seule, elles étaient odieuses.
La deuxième nuit, après 2 heures de pleurs de mon bébé non-stop, j’ai voulu lui donner un bain pour qu’il se détende et là l’auxiliaire de puériculture que j’avais appelé m’a dit : « Vous ne pourrez pas le mettre sous la flotte chaque fois qu’il va pleurer, juste pour le calmer votre gosse ».
Conseils en allaitement inexistants.
Retour à la maison, baby-blues avec des idées bien noires et en rejet partiel de mon fils.
Quelques jours plus tard, mon mari me retrouve tremblante, claquant des dents : 40.5° de fièvre!
On appelle SOS médecins : on nous envoie dans la 1/2 heure (un exploit) un médecin qui ne s’est pas lavé les mains, qui puait l’alcool et le tabac. Il a palpé mes nichons, écouté mon coeur et c’est tout. Dieu merci, il n’a pas farfouillé là où je pense.
5 minutes de visite = 70€ svp avec une ordo d’antibio.
Comme il était pas net, on a fini par appeler les urgences gynécos. Sur leurs conseils, on s’y est rendus. On a poireauté 2 heures en salle d’attente et je me suis faite engueuler par une sage-femme qui voulait que je nourrisse mon fils dans la salle d’attente.
Pas en état de résister, je l’ai mis au sein, tout en me balançant d’avant en arrière tellement je délirais.
Finalement, on m’ausculte et là on me dit que j’ai une endométrite (infection de l’utérus). Pourtant il me propose de rentrer chez moi. Moi qui étais pressée de rentrer quelques jours plus tôt, là j’ai insisté pour rester car j’ai bien senti que ça n’allait pas.
Ils m’ont donc gardé. Chose curieuse : la chef de service a dit à mon mari que si la mutuelle ne prenait pas en charge la chambre, tous les frais seraient à la charge de l’hôpital. Ah tiens! Depuis quand un établissement semi-privé fait la charité? Une erreur médicale..?
Au final, j’ai été réhospitalisé 6 jours et j’ai contracté 3 infections : utérus, sein et urinaire, chouette!
J’ai abandonné l’allaitement car j’étais épuisée. Mais là aussi, problèmes avec les auxiliaires de puériculture :
1) elles ne se passaient pas le mot donc chacune avait l’air de découvrir que j’arrêtais l’allaitement;
2) les commentaires du style : « Vous n’allez pas faire ça??? » ou même « Vous savez qu’en l’allaitant, il sera plus intelligent et moins risque d’obésité ». C’est ça, traitez-moi de mauvaise mère, pendant que vous y êtes.
J’ai mis du temps à ne plus culpabiliser pour cet arrêt de l’allaitement.
Heureusement, mon mari lui était ravi de donner à manger à son fils alors ça m’a aidée.
En plus, j’ai passé l’hiver et mon congé maternel, à avoir la trouille des infections donc suis très peu sortie avec mon bébé et j’ai cru pété un câble!
Enfin, mes suites de couches m’ayant vidée, j’ai mis beaucoup de temps à être bien dans mon rôle de maman. Le lien a été rompu, mon mari a dû le prendre en charge les 2 premières semaines.
Il me faut du temps pour m’attacher, je n’ai pas eu l’amour maternel immédiat. Puis j’ai perdu mon papa brutalement.
Finalement, c’est venu, mon fils a maintenant un an et je n’imagine même pas ma vie sans lui, je l’aime plus que tout mon fils!
Véronique

#268 Naissance en structure – Ophélie, dpt 95 – 2011

27 Avr

Allez je me lance, après avoir eu une grossesse de merde, hématome au placenta donc alitée 2 mois et du coup trouille de ma vie me voilà donc a serrer les fesses jusqu’à l’accouchement. Ma gynécologue cette femme exceptionnelle qui me connait depuis mon adolescence a arrêter de mettre les bébés au monde et c’est bien dommage pour moi …..

J’ai choisi mon hôpital car ayant des soucis aux reins il se pouvait que je puisse avoir des complications. Me voilà donc le jour J, moment tant attendu et énorme pression.

16 h contractions de suite très forte toutes les 5 mins, une petite douche un bon Mc Do et oui au cas ou je ne puisse pas manger de sitôt.

18h arrivée aux urgences mater prise en charge immédiate et mise en place du monitoring, la sage femme m’ausculte un col ultra sensible pour vous dire je préférerai avoir les contractions que le touche vaginal tellement j’avais MAL, mais le col était ouvert de 1.

19h mise en place en salle de pré travail, la sage femme passe me voir, lors des contractions je ne respirais pas et oui je ne suis pas allée aux cours de préparations, j’ai eu un peu l’impression d’être une mauvaise mère a me se moment la. Elle me dis « Vous avez été aux cours de prepas » Moi « Non je pensais y arriver sans » Elle « Et bas voilà …… » Elle finit par m’expliquer la respiration

Sinon au niveau des contractions supers régulières toutes les 3 mins et très fortes. 21h la sage femme m’administre du spasfon en perfusion pour que les contractions s’espacent plus, ce qui n’as eu aucun effets. 21h30 je commence a en avoir marre d’avoir mal et demande la péri. De nouveau un toucher vaginal, j’ai eu envie de mourir encore tellement j ai eu mal. Ouvert à 3 pas de péri, mais j’ai eu le droit a un dérivé morphinique et la l’extase j ai enfin décompressé complètement choutee mais soulagée. Je commence a m’endormir quand tout a coup 2 sages femmes 3 aides soignantes 2 médecins courent dans ma chambre : bébé s’enfonce,ses battements de cœurs ont diminués de moitié. On me met sous oxygene, me retire le produit et enfin on m’explique ce qui se passe.

Je leur ai dis de suite que si il fallait me faire une césarienne, j’étais ok et pas besoin de forcer le destin, que je ne tenais pas a tout prix accoucher par voie basse. Ça a fait énormément rire les médecins présent, ils m’ont expliqué qu il y avais un protocole a respecter.

On m as passe en salle de travail, posé la péri et percé la poche des eaux. Méconium dans la poche des eaux et donc césarienne en urgence.

L’angoisse, mon homme pas autorisé a m’accompagner donc seul au bloc pour mettre au monde mon fils.

Le chirurgien me parle un peu je lance une blague sur leur habillement et c’est parti. J’ai eu mal au début, je pense que je ne m’attendais pas du tout a ressentir autant que l’on me trifouille. J’ai pleuré tout le long de la cesa, le choc… je pense JAMAIS je n’avais imaginé accouché comme ça. La sage femme m’as demandé 2 fois si j allais bien et puis le reste du temps a papoter avec ses copines dernières moi, du coup j ai pas mal sollicité le chirurgien en questions.

Bébé sorti juste à temps, il n avait pas ingérer de méconium, ouf un gros bisous et on me l’as enlever pour aspirer son nez et puis pour me recoudre accessoirement 😉

Papa a fait le peau a peau avec bébé. Sortie du bloc mon bébé mon homme m’attendais. Bébé en couveuse, je l’ai admiré de longues minutes, une sage femme entre et me donne enfin mon bébé. Des câlins, des larmes de joie et on passe a la mise au sein on appelle la spécialiste car je veux ABSOLUMENT allaiter. Une sage femme douce et patiente mise au sein réussie et on me monte dans la chambre.

4h du mat et 2 doses de péri bébé dors paisiblement et je demande s’il est possible que l’on me garde mon enfant pour que je puisse dormir un peu. La réponse a été NON de la part de la personne en face de moi, j’étais épuisée et dans l’incapacité de bouger. Mon homme a mis le petit dans mon lit, pour que je puisse le prendre s’il y avais quoique se soit. Et je n’ai pas dormi ….

Le lendemain équipe du jour et on me met debout. L infirmière me dis bien que pour aller aux toilettes que je ne dois surtout pas y aller seule le premier jour.

Bébé a pris une ou 2 tétées avec moi, et puis là il est 11h et je vois bien que ça ne marche pas y’a un truc, j’appelle une aide soignante elle me masse le sein, rien ne sors, bébé hurle de faim et moi épuisée. Je fini par lui dire « donnez moi un biberon, il a faim » et elle me ramène un cachet pour arrêter la lactation que je prends sans trop poser de question.

Envie de pipi de l’aprem, bête de disciplinée j appelle pour aller faire ma pause pipi, l aide soignante me demande pourquoi j ai sonné et me dis que si se matin j’avais été aux toilettes que j’étais capable de le refaire seule et elle est sortie sans veiller a mon bien être.

Le soir venu arrivée de ma mère, on a discuté et elle m’as dis « prends pas les cachets,les montées de lait arrivent 3 à 4 jours selon les personnes donc ça va arriver ».Le soir même, j ai demandé à arrêter les cachets. On m’as répondu que ce n’étais pas possible du tout, je précise que je ne l’ai pas demandé à un médecin mais au personnel soignant.

Le soir venu, on me prend mon bébé, bien que n’ai pas été d’accord sur le coup, je me suis laissée convaincre. J’ai dormi 3 h et je suis partie récupérer mon fils dormant trop mal pour leur laisser. Les nuits d’après, il est resté avec moi.

Mon fils est depuis sa naissance un grand bébé 4 kilos pour 53,5 cm et surtout un excellent mangeur. Je me suis faite engueulée par un auxiliaire de puériculture car il mangeait beaucoup trop pour elles. Les 2 premièrs jours je n’ai rien dis ayant pris leur remarque comme étant la plus mauvaise mère de l’année. Le 3ème jour, je leur ai dis que c’était sûrement le lait qui avais un soucis et qu’il donnait de la merde a manger à mon fils, à partir de là je n’ai plus jamais eu une seule remarque sur les quantités de lait de mon fils.

3ème jour voilà ce que j’ai entendu dans le couloir « mais elles ont quoi toutes à accoucher là »!,venant du personnel soignant.

3ème jour prise de sang pour mon bébé et passage chez le pédiatre. Déjà il y a une erreur sur le dossier ce n’es pas celui de mon fils, le pédiatre dispute la jeune femme présente et reprends mon dossier. Le pédiatre m’as dis que la tête de mon fils était trop grosse et que c’était à surveiller (l’angoisse monte en moi, je stresse) résultat de la prise de sang : manque de sodium et calcium IMPORTANT, on ne m’explique rien et me laisse mariner dans mon jus. Je craque,je pleure et appelle ma mère. On donne des vitamines au petit, je devais sortir mais ce n’est plus d actualité. Ma collègue de chambre sors, le docteur lui dis « une visite a faire pour son angiome est a faire a Necker », dans ses yeux je lis l’incompréhension mais elle ne pose pas de question et pars.

Moi je marine, on ne me dis rien, on recueille l’urine du petit et lui fais 2 prises de sang la première avais coagulé.

Le lendemain on m’annonce que je peux sortir, et qu il n’y a aucun suivi médical a faire. Je m’interroge et insiste. On me dis que c’est derrière moi et que il faut que j arrête d y penser.

Retour a la maison, premier bain et la devinez qui n’avais pas vu l’angiome de son cher bébé bien caché : c’est moi!! Il y a du avoir un échange de résultat médical entre moi et ma collègue de chambre.

Ma pédiatre attends toujours le dossier médical de mon fils …..

Je suis extrêmement reconnaissante pour la prise de décision qui m’a permis d’avoir un bébé en pleine santé mais je ne crois pas avoir eu un accouchement respecté.