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Accouchement d’une sage-femme, Belgique

31 Jan
J’ai mis au monde mon premier enfant le 24 décembre 2013.
Etant sage femme de profession, je connais beaucoup de choses et j’ai choisi d’accoucher auprès de mes collègues afin de maitriser certains souhaits dans la mesure du possible.
J’ai effectué, en couple, une préparation en haptonomie pour permettre au papa de s’intégrer un maximum et de trouver sa place tout au long de la grossesse et de l’accouchement.
J’ai également choisi de me préparer à l’autohypnose.
Enfin, j’ai réalisé un projet de naissance avec mon mari même si mes collegues me connaissent, je trouve cela très important.
Tout au long de la grossesse, nous avons beaucoup discuté avec sage femme et gynéco sur la façon dont nous voyions la naissance de notre petit garçon.
Je voulais accoucher à la maison mais attendant un gros bébé de passé 4kg200 a 40 semaines, mon mari n’était pas à l’aise, ma gynéco m’a gentillement expliqué que ce n’était peut-être pas la meilleure idée… J’ai donc cédé et me suis raisonnée… Je ferai une partie du travail à la maison !
Notre directive était : on ne se prend pas pas la tête, on souhaite être respecté mais si il y a un problème, on agit !
Mon travail a débuté le 24 décembre 2013 vers 1h du matin… Sous la tempête Dirck…
Je voulais faire une partie du travail à la maison, tranquille, avec mon mari et appeler la sage femme lorsque j’en ressentirai le besoin.
J’ai tout de suite eu des contractions toutes les 2 minutes et après deux bains, j’ai réveillé mon mari, j’avais besoin de lui. Nous avons appliqué les prolongements et positions apprises en haptonomie.
Vers 4h, je commencais à monter dans les sons et mon mari à préféré que nous appelions la sage femme. Elle est arrivée rapidement et m’a examinée à ma demande : 4 cm !
Elle m’a laissée tranquille, m’a soutenue mais voyant la tempête, m’a proposée de démarrer vers la maternité qui est a 30 minutes de la maison.
Dans la voiture, elle est venue derrière avec moi et m’a accompagnée dans mes contractions. J’ai demandé un bain pour lorsque nous arrivons. Elle a sonné afin qu’on me le prepare…
Arrivée là bas, le bain était rempli. La sage femme a voulu me placer un KT avant, au cas ou il y aurait un probleme. Nous en avions discuté, et c’était noté dans notre projet, nous n’étions pas contre puisque rien d’injecté jusque là.
Avant d’aller au bain, j’ai perdu beaucoup de glaires et j’ai donc demandé moi même qu’elle m’examine… 5h et 7 cm ! Ca va vite ! Mais bébé très haut, je le vois à mon ventre !

Je lui ai demandée de mettre un cd, de me donner mon homéopathie regulièrement.

Dans le bain, mon mari me massait, nous étions dans notre cocon sans être dérangés. J’avais un monitoring sans fil. J’ai donc pu bouger à mon gré dans cette très grande baignoire.

Vers 8h elle m’a proposée de verifier mon col car je voulais sortir du bain, je commencais à fatiguer. 9cm… Bébé pas encore engagé…

J’ai demandé à ce stade une péridurale, me rendant compte que le chemin de mon bébé était encore long…
Gentillement, elle m’a proposé de rompre la poche avant, afin de voir si il déscend puisque dans mon projet j’avais noté de me proposer autre chose et si fin de dilatation de me motiver  à éviter la peri dans la mesure du possible (sans que je sois fermée totalement à cela)
Elle a rompu la poche, j’ai tenu 1h00 et puis… Je n’ai plus vu clair… Plus d’hypnose et d’hapto qui tienne… Il me fallait être soulagée… Elle m’a donc rééxaminée…9 cm bébé à peine engagé…
J’ai donc eu une rachianesthesie de 2h00 pour me permettre de souffler et laisser mon enfant descendre. Au bout de ces 2h, mon bebe etait engagé a moitié et j’ai commencé a ressentir mes contractions et l’envie de pousser.
Elle a donc appelé la gynéco pour signaler que je poussais. Je me suis spontanément mise sur le coté et ni la gyneco ni la sage femme ne m’a forcée a me mettre sur le dos. Encore une fois c’était noté dans notre projet de naissance ; le choix de la position si celle-ci est efficace.

 

Mes contractions étant courtes, la gyneco a demandée de mettre un peu de syntocinon pour me permettre de pousser plus longtemps sur la contraction. Je n’etais pas contre mais aurais preferé eviter cela. Si mon corps m a permi de dilater vite avec des contractions courtes, iil m aurait permis de faire naitre mon enfant.

Mon mari avait émi le souhait de faire l’accouchement… Longtemps discuté avec la gyneco et la sage femme.

Son reve fut realisé ! Quel bonheur !

La naissance de notre enfant fut paisible et comme nous le voulions.
Nous avons profité d’un long peau à peau chacun et avons decidé au moment de faire les soins.
A refaire, je referais pareil. Ce fut un moment magique pour nous car nous avons eu le sentiment d’être respecté de tous.
Merci a elles !
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Accouchement en maison de naissance – Belgique, nov. 2011

7 Fév

Nous sommes le 13 novembre, petit bonhomme est bien au chaud, il devait venir le 7… Bon ce ne sera pas encore pour aujourd’hui de toute évidence.

 14 novembre 2011, 6h10 réveille à cause d’une douleur… Serait-ce une contraction ? 5minutes plus tard, ça recommence et ça tire bien, bon ben ça doit être ça. Si ça recommence, je vais prendre un bain. 5 minutes plus tard rebelote. Ok c’est décidé, je vais au bain. Pendant qu’il coule, ça continue, régulièrement toutes les 5 minutes cette vague m’envahi. Ouf le bain est prêt, il parait que ça soulage ou arrête les contractions de faux travail.

Bon, ça ne soulage rien du tout et c’est même super inconfortable, après 3 contractions je sors, car c’est intenable. Il va falloir que je réveille Xa. J’ai de plus en plus difficile à rester debout. Lorsqu’elles montent, je me « pends » au lavabo afin de pouvoir les aborder au mieux. Je m’habille. Il est 7h quand je vais réveiller le futur papa mais je lui dis de se rendormir jusque 7h30, que je le réveillerais si il y a du changement.

7h30, il y a effectivement du changement les contractions se sont rapprochées et je suis maintenant pendue aux clenches pour les gérer.  Je doute fort que je puisse faire les truffes comme prévu… Je prends le petit ballon de gymnastique sur lequel je m’assieds tout en restant accrochée à cette clenche de la chambre ! On téléphone à la sage-femme, C., qui ne répond pas de suite. Ce n’est pas grave, même si les contractions sont rapprochées, je sens que j’ai le temps. On arrive enfin à la joindre et elle vient directement après avoir conduit ses enfants à l’école.

Il est environ 9h30 quand elle arrive et là je n’arrive plus beaucoup à gérer. Je suis soulagée de la voir. J’ai mal. On échange 2 mots et hop une nouvelle vague que j’ai vraiment beaucoup de mal à aborder car je suis debout. C. me guide directement en me parlant calmement, avec beaucoup de douceur. Je suis rassurée, je respire profondément. Elle me fait « chanter » la contraction avec des « OOOOOO » et je sens enfin la vague se retirer. Elle me propose de m’examiner, je suis à 3. J’ai le choix, soit on fait encore une partie du travail ici soit on part pour la Maison de Naissance. Vu la force des contractions, je préfère partir tant que j’arrive encore plus ou moins à les aborder.

Le trajet fut le plus pénible de toute ma vie. Mais j’ai survécu !!!

On arrive enfin, on s’installe, je place mon coussin sur le lit (au moment de partir, je constaterai qu’on s’est « étalé » dans toute la pièce, ce qui je pense à contribué à notre/mon bien-être). J’ai tout le temps envie de faire pipi mais le pot ce n’est vraiment pas confortable. J’enlève mon pantalon pour être plus à l’aise suite à la proposition de ma SF. Et on continue à respirer, « chanter » mais aussi discuter entre les contractions. Je suis assise sur le lit, on essaye à 4 pattes mais je n’aime pas la sensation de pression ni mon ventre dans le vide. Je me mets  couchée sur le côté. A un moment, je veux prendre un bain. C. le rempli, ça met du temps car il y a un souci avec le robinet ! Après un moment interminable, il est prêt je peux rentrer dedans mais là, horreur, il faut que je sorte, je n’apprécie pas du tout.

Je pense qu’il doit être plus ou moins midi, C. me ré-examine, 5…. Super ça avance bien. Je vais me rassoir sur le bord du lit. J’ai faim et soif. Je mange un petit brownies entre les coups et bois. Encore quelques allés et retours entre le lit et le pot.

Ensuite, je perds toute notion du temps. Je me sens fatiguée et m’allonge sur le côté. Xa est toujours à mes côtés bien entendu, je m’accroche à lui à chaque contraction, je respire, fait des « ooooo ». Dès que je perds un peu ma route, que je dévie, C. est là pour me recentrer sur celles-ci et sur mon bébé. J’ai mal au dos, je suis fatiguée et j’ai chaud ! Je termine de me déshabiller. Elle me fait des massages aux huiles essentielles dans le bas du dos pour me soulager. Ça fonctionne bien et en plus ça me berce. Je m’endors…. La vague arrive, je me réveille, on surf dessus, elle redescend, je me rendors et ainsi de suite. On écoute le cœur de bébé, il va très bien. Nouvel examen, ça n’a pas beaucoup avancé, je suis déçue (je ne me souviens plus à combien j’étais !). Elle me donne des fleurs de Bach, on continue le voyage entre « dodo » et surf ! Nouvel examen,  quelque temps plus tard,  on est à 9cm d’ouverture, la poche n’est pas encore rompue. Je prends des granules homéopathiques afin d’aider le col pour le dernier petit cm. J’ai envie de pousser, la poche se rompt, il est plus ou moins 17h (ce qu’on m’a dit après). Elle aura bien fait son travail, je suis à dilatation complète. J’émerge entre deux contractions, il fait déjà noir dehors ! Je ne veux toujours pas prendre une autre position, je suis bien comme ça et ça me permet de dormir ! Je la garderai jusqu’à la fin.

Ça pousse, E., la seconde SF, arrive. Elle vient se placer devant moi et me touche le visage, elle a les mains froides c’est agréable. Elle me dit bonjour. Je repars dans mon périple. Elles me recentrent car je me perds dans mes cris (trop aigus) lors de la poussée, je perds pied, les images qui défilent dans ma tête à ce moment sont celles de naissance que l’on peut voir dans les films avec les cris, les larmes etc… Il faut que je les chasse de mon esprit, elles ne m’aident pas du tout.. A présent, je « grogne »…. ! Je veux qu’on m’enlève ce bébé, qu’on m’ouvre, je ne veux plus jamais d’enfant, j’ai peur de mourir, je n’y arriverai jamais !!!! Ce qui me terrifie le plus, c’est que ça se déchire. Xa m’éponge le front et à chaque vague, je lui broie les cervicales !! Les SF m’encouragent, je me retourne sur l’autre coté. Je veux que ça se termine et sans arrêt je demande si on le voit. Elles m’invitent donc à aller sentir où il en est, bébé est là pas loin…

Enfin on voit sa tête, ses cheveux, ça brûle. Je le touche. C. me demande si je veux voir, je dis oui mais pour finir elle repose le miroir. J’ai déjà oublié et suis repartie dans mon monde. (Je ne garde aucun souvenir de ce passage, c’est Xa qui me l’a raconté) Je continue de pousser. Sa tête sort. J’entends « Attends, arrête de pousser » mais j’en suis incapable. Pas grave, elle a déjà dégagé sa petite épaule car monsieur voulait jouer à Superman et avait le poing devant sa tête. Position qu’il adopte encore très volontiers .

Il est 18h24 Yanis est né. Il est sur moi, il crie. Je suis déconnectée, je ne réalise pas trop ce qu’il vient de se passer. Je suis obsédée par le fait d’avoir déchirer ou non et je demande. Elle ne sait pas, elle regardera après. Le cordon cesse de battre très rapidement donc papa le coupe. On attend que la placenta sorte. Très vite, j’ai de nouveau envie de pousser. C. le remarque et me dit que je peux y aller. Le placenta sort entier. Bébé va super bien, il a de la voix… Enfin le verdict, petite déchirure et éraillures. Elle me fait 3points, un interne et 2 externes. Ça aussi ça ne fait pas du bien et je le dit, je m’exprime bien. En même temps, c’est ma façon de faire face….

Papa prend Yanis en peau à peau le temps qu’on change le lit car comme je suis dessus, elles ne vont pas me faire rouler sur le côté avec bébé dans les bras ! Le lit est propre et les sage-femmes n’ont qu’une hâte, peser ce loulou qui était censé être un petit bébé mais qui ne l’est pas ! Donc, pesé et mesuré avec la participation de papa, 3kg740, 53cm et 34cm de périmètre crânien. Il ne recevra aucun soin, il n’en a pas besoin, et a été juste essuyé, pas de bain. Le sein lui est bien entendu proposé mais il est fatigué et n’étant pas à jeun ( j’ai pu boire et manger quand je le désirais), on le laisse tranquille. E. nous montre le placenta.

C. est retournée et E. passera la nuit à la maison de naissance près de nous.

 Et c’est à 3 que nous nous sommes endormis ce soir là dans le même lit où tu as vu le jour.

 Tout s’est super bien déroulé et à part la gène des fils, j’ai déjà presque oublié la douleur des contractions et de la naissance. Nous somme retournés chez nous le lendemain 18h.

Durant la première semaine, C. est venue tous les jours. Tout était parfait, nous avons donc espacé.

Aujourd’hui, je me rappelle très bien de la puissance des contractions mais absolument pas de la douleur. Je suis prête à accoucher une nouvelle fois sans soucis et si c’était à refaire, je ne changerais rien. Je me suis souvent dit que j’aurais peut-être du me mobiliser plus pour que ça aille plus vite et au final, non car je n’aurais pas pu créer cette bulle qui m’a permis de dormir. Pour la prochaine naissance s’il y a et que la grossesse le permet également, elle se fera au sein de notre foyer dans la chaleur familiale…

Un tout grand merci à C. qui nous a accompagné durant cette merveilleuse aventure qu’est la grossesse et la naissance. Grand merci également à E. notre seconde SF. C’est avec un petit pincement que j’écris ces lignes car cela veut dire que l’aventure se termine. Mais une chose est certaine, on refera appel à toi/vous pour la prochaine fois.

Xa, merci de m’avoir supporté durant ces longs mois (qui sont passés trop vite), de m’avoir apporté ton soutient durant la naissance de notre fils et d’être là tout simplement. Je t’aime, je vous aime mes 2 trésors…

Depuis cette expérience, j’ai pris la décision de reprendre mes études de saga-femme afin de pouvoir accompagner d’autres mamans dans cette formidable aventure…

Une future sage-femme

Ingrid – Bruxelles – 1988

1 Fév

Je m’appelle Ingrid.

Les faits que je rapporte remontent à 25 ans. C’était à Bruxelles où j’habitais alors. Je suis sage-femme. Alors, je savais très bien ce que je ne voulais pas, et ce que je voulais, et les moyens pour y parvenir.

Pour les deux premiers, j’avais accouché à la Maternité, celle où je travaillais à l’époque. En arrivant à la dernière minute, j’avais échappé à la perfusion obligatoire et à l’ocytocine intraveineuse, et aux pressions pour accepter la péridurale. Et puis, j’avais fait une grande partie du travail dans ma baignoire et dans mes coussins. J’étais arrivée un peu beaucoup trop tard pour que mes collègues puissent faire autre chose que me tenir la main en m’encourageant. Ce qu’elles ont très bien fait d’ailleurs. Elles étaient si heureuses d’assister à une naissance normale, vécue, préparée…

Pour la troisième, donc, je ne voyais pas l’intérêt de courrir à la Mat et d’entendre une bonne âme décréter que « accoucher sans péridurale, c’est du masochisme morbide ».  J’ai trouvé la dernière sage-femme qui faisait encore des accouchement à domicile à Bruxelles. Il y a une relève depuis. Bonne nouvelle. J’ai fait mon travail dans une petite piscine, bien chauffée, en chantant des sons « A-aum » aussi fort que j’en avais envie, sans craindre de faire paniquer une primipare dans la chambre d’à côté. Le pied! Je suis entrée dans un état second. Je n’ai jamais fumé de joint, mais ça doit être proche, sauf qu’ici, on ne « part » pas, on s’habite intensément.

La suite est floue, mais très présente, dans un déluge d’une telle puissance que je me suis sentie balayée, puis, cela s’est calmé et j’ai posé les yeux sur ma petit fille, son visage, son regard… Là je n’ai plus de mots. Comment décrire cette immense vague d’amour … qui dure encore, d’ailleurs 🙂

Précision : quelques mois avant sa naissance, j’avais donné ma démission comme sage-femme hospitalière. Je ne voulais plus être complice de la violence faite aux femmes, ni m’enrager contre certaines femmes qui se soumettent, ne s’informent pas, ne se préparent pas « car maintenant, on a la péridurale ». J’appelle de mes voeux une (r)évolution obstétricale qui se fasse avec toutes les personnes concernées : futurs et nouveaux parents, d’abord, bien sûr, et les différentes professions qui s’y impliquent et qui, toutes, peuvent apporter leur pierre.