Tag Archives: accouchement rapide

Lucie, la naissance de Nathan en novembre 2013

5 Mar

Amour ? Je crois qu’on a un problème . Je tends le test de grossesse à ton papa, et là je vois la joie illuminer son visage, il n’en sait pas plus mais il t’aime déjà , toi petit être qui grandit en moi . On fera ce que tu décides a-t’ il dit . Mais je savais , il n’a pas pu cacher ses sentiments. C’est à ce moment précis, mon cœur, qu’on est devenu tes parents .

Ca fait pourtant que trois mois que nous sommes ensemble mais ton papa est un homme incroyable, j’ai confiance en lui, je me sens en sécurité, aimée, pour la première fois de ma vie je suis en paix. Mais moi ta maman, est ce que je vais arriver a être à la hauteur, a prendre soin de toi , et a t’aimer autant que tu le mérites …

Première échographie, mon petit prince, tu as la taille d’un petit haricot, on entend ton petit cœur battre, papa est tellement heureux, ému qu’il ne peut s’empêcher de sourire . On est dans le noir, heureusement, personne ne voit mes larmes couler . J’ai si peur mon bébé, je ne suis pas prête pour tout ça . ..

Voilà quatre mois que tu es dans mon ventre et cette nuit j’ai rêvé de toi , tu avais de grand yeux bleus.

Mon ventre ne s’arrondit que très peu , est-ce parce que tu sens que je ne voulais pas t’avoir si vite a mes cotés ? Ton papa le voit bien, je n’arrive pas a être comblée par cette nouvelle, mais il ne dit rien, il me soutiens.

Et le temps passe mon bébé , mon ventre grossit peu à peu, et mes angoisses avec…

Lors d’une échographie , la gynécologue dit que tu es trop petit , que l’accouchement risque de ne pas très bien se passer peut-être qu’on devra me faire une césarienne , il se peut que tu ne supportes pas les contractions , mais elle se trompe elle ne sait pas à quel point tu es fort et déterminé a être parmi nous. Nous devons faire des échographies tous les 15 jours et à chaque fois c’est une épreuve en plus , j’ai si peur qu’il t’arrive quelque chose, tu ne prends toujours pas de poids. Est-ce que c’est de ma faute ? Est-ce que c’est parce que j’ai peur ?

On a commencé les cours a l’accouchement et ton papa vient avec moi, la sage femme est une personne formidable, elle est a notre écoute, je lui fais part de mon histoire, de mes peurs, elle est avec nous, nous soutient. Grâce à elle je commence a prendre conscience de mon état de maman. Le huitième mois est la, mais je ne veux pas que tu arrives c’est bien trop tôt, je veux pas que ma vie change, je n’y arriverai pas, mais papa est toujours là, à mes cotés, il nous aime si fort, il est tellement sûr que je serais une maman parfaite pour toi que je vais finir par le croire. Nous sommes le 18 novembre et tu es prévu pour le 13 décembre. Il est minuit, la première contraction arrive, mais ce n’est pas le moment j’attends patiemment dans le lit, papounet se réveille, il s’inquiète et m’oblige a appeler l’hôpital . La sage femme que j’ai au téléphone me dit que c’est un faux travail que je dois pas m’inquiéter. Mais ça continue toute la nuit, c’est de pire en pire mais ce n’est pas régulier, je rappelle l’hôpital il me maintiennent que ce n’est rien, que ça va passer dans la journée. Il est neuf heures, papa reste à la maison et ne va pas travailler, et heureusement car a neuf heures trente je perds les eaux, et là c’est la panique, je n’ai pas préparée la valise, je ne trouve pas mes papiers , je cours dans tous les sens, j’ai tellement mal, je commence à paniquer, à pleurer, je n’y arriverais jamais, ça fait si mal, si ton papa n’avait pas été là j’aurais accouchée sur le canapé. Il reste calme, posé, il me guide mais dans son fort intérieur c’est un tsunami qui se prépare, avec le recul la situation était très comique. Je n’arrête pas de répéter que tu vas venir au monde dans la voiture, que c’est pas le moment, que je veux pas aller à l’hôpital, tu ne dois pas arriver maintenant, ta valise n’est même pas prête. Arrivée à l’hôpital on m’allonge, on me met des fils partout, je comprend pas très bien ce qui se passe, je veux me lever, mais je peux pas, les contractions sont insupportables, j’ai tellement soif , mais les sages femmes ne veulent pas que je bois, elle veulent pas que je me lève. Et moi je veux rentrer à la maison tout de suite, je veux pas être la, je comprend rien a ce que me dit l’anesthésiste il a un drôle d’accent polonais russe, il m’énerve. Bon sang, je veux me lever, mais non je dois rester allongée là et je dois pas bouger sinon le monitoring ne fonctionne pas ! Je voulais aller dans la baignoire, mais la sage femme ne veut pas, elle a beau être adorable, a ce moment précis ils m’énervent tous. La péridurale mise en place tout vas mieux, je me calme, me détend, ton papa a mes cotés. Et voilà petit bout, tu arrives il est 12H55, je pleure, j’ai mal mais c’est supportable, les sages femmes son formidables et drôles, je sens ton papa me serrer fort dans ses bras. Il est 13h05 et tu es avec nous mon amour.

Nous sommes une famille !

Aujourd’hui tu as trois mois et de grand yeux bleus, je vous aime tellement fort tous les deux, toutes les angoisses, toutes les peurs , tout ça s’est envolé quand je t’ai eu dans mes bras. On est si heureux tous les trois. Tu es la plus belle chose que j’ai faite dans ma vie, je ne regrette rien, tu es fait pour nous et nous sommes fait pour toi.

De Lucie pour mon Nathan que j’aime.

« Tous les enfants qui naissent sont la preuve que dieu n’est pas encore découragé de la race humaine »

Morgane, la naissance en siège de Siham

2 Mar

Récit de ta naissance

Quelques  jours avant notre mariage, le coeur du bébé que je portais s’est arrêté. Tristesse et colère ne durèrent pas car les préparatifs reprirent et l’arrivée des amis et de la famille nous permirent alors d’avancer et de faire notre deuil surement plus rapidement.

Cet espoir d’enfant était toujours présent et c’est avec joie et craintes que j’ai appris ton installation au début du mois de juillet. Je guettais chaque symptôme, de peur de te perdre toi aussi mais tout se passa bien. Notre déménagement, notre premier été dans le sud, mon ventre s’arrondissait. Souvent triste et perdue d’être ici seule, j’essayais de ne pas trop te communiquer tout ça !

De grandes discussions avec ton papa, car j’avais décidé, suite à la naissance de ta soeur, de tout faire pour éviter de remettre les pieds dans une maternité. Tu naitrais donc à la maison, chez nous, sans fil ni appareil, sans blouse blanche ni protocole.

Tous les mois les rendez-vous avec J et F, et Aude, pour préparer ta venue, beaucoup de lectures pour moi pour me préparer à t’accueillir, certes dans la douleur, mais aussi dans la sérénité la plus grande possible. Nous ne savions pas alors si tu étais une fille ou un garçon, on savait que tu allais bien, moi aussi, et c’était là l’essentiel.

Ton arrivée devait se faire autour du 23 mars, Tout se présentait parfaitement bien.

12 mars: dernier rdv avec J avant le jour J. j’ai du mal à connaitre ta position, je ressens des coups dans des endroits bizarres. Je trouve ta position étrange elle aussi et me demande de faire une échographie de contrôle. Grande peur… Si tu t’es mise tête en haut, tu ne pourras pas arriver dans la chaleur de notre foyer. Je me vois déjà à Nimes, dans cet endroit impersonnel, qui me rappellera tant l’arrivée de Nawel. Spectatrice…et puis l’angoisse… Si tu te décidais maintenant, ils ne chercheraient pas à comprendre, on t’ôterait de moi au scalpel.

J’arrive à avoir un rdv pour une échographie l’après-midi même, à Avignon. La sage femme me confirme ce que l’on craint: tu es en siège décomplété. Il reste peu de liquide, tu as donc peu de chances de te retourner.

J’appelle Aude qu’elle me fasse une ordonnance pour passer le pelviscanner, au moins pour essayer de négocier un accouchement par voie basse. J’informe J et F qui me disent qu’il faut y croire, que tu peux encore faire la bascule. Je n’y crois pas. Ton papa insiste et me trouve un rdv le lendemain matin pour un pelviscanner à Arles.

13 mars: pelviscanner à Arles. Je rumine… J’ai tellement peur qu’on me vole ta naissance. En sortant je me dis que cela ne coûte rien de monter à la maternité et voir. Au secrétariat, tout est calme, le service est calme, personne n’attend ni ne coure. Une sage-femme me reçoit gentiment, je lui explique tout: notre projet d’AAD, la naissance de ta soeur que je ne souhaite pas revivre, ta position…Elle m’écoute sans juger, me rassure. Elle prend alors les choses en main, m’envoie faire des analyses au labo de l’hôpital, voir l’anesthésiste, me donne rdv pour le lendemain. Les choses s’éclaircissent, je me sens rassurée, en confiance (autant que faire se peut devant mon projet qui s’écroule). Peut-être n’aurais-je pas mon AAD.. mais je pourrais peut être finalement avoir mon accouchement par voie basse et sans péri.

14 mars: je pars chercher les résultats du pelviscanner puis me rends à la maternité. Je vois H, 1h15 de rdv, on revoit tout, fait mon dossier. Col ouvert à 2. Je vois ensuite le Dr M. chef de service : écho qui confirme le siège, ta petite taille. Accord de principe pour une voie basse mais sous conditions: péridurale dès le début du travail, monitoring constant, poche des eaux intacte…bref mon rêve d’accouchement naturel s’éloigne doucement. J’essaie de commencer mon « deuil » pour me concentrer sur ton arrivée.

15 mars: dernier rdv avec Aude. Acupuncture et relaxation. Elle m’aide à accepter ce revirement de situation, à envisager la césarienne, à pleurer.

Je reprends ma tisane de framboisier… tu peux maintenant arriver, je ne serai pas césarisée d’office. Je t’attends et profite de nos derniers moments si proches. je tourne en rond et guette les signes. Les contractions ne sont pas plus nombreuses ou douloureuses que d’habitude.

16 mars: Avec ton papa nous décidons d’aller à Montpellier. Nous passons la journée en famille. Nous emmenons Nawel à l’aquarium, l’après-midi je contracte pas mal. J’hésite à aller voir J. J’ai parfois l’impression que tu t’es retournée et puis non… Je sens que ça travaille un peu. Pendant le dîner, les contractions, non douloureuses, sont aux 10 min. Nous reprenons la route et en arrivant, plus rien. Ca ne sera donc pas pour aujourd’hui.

17 mars: 5h50. Je suis réveillée par une contraction. Je me lève et attend de voir si elle est suivie. Une autre vient environ 10 minutes après. Ça tire. J’avais presque oubliée cette douleur. C’est fort. Je te parle et prend 2 spasfon avant d’aller réveiller ton papa. Malgré le spasfon, les contractions se rapprochent et tirent vraiment. Je pense que c’est aujourd’hui que tu vas nous rejoindre.

6h35: je me glisse dans notre lit et demande à ton papa s’il a bien dormi car la journée risque d’être riche en émotions. Il se lève.

Je gère au mieux, respire, vocalise. C ‘est très fort et je peine à garder le contrôle. Les contractions se rapprochent et sont vraiment douloureuses. Je dois me concentrer.

6h45: M appelle ton grand père et ta grand mère pour qu’ils viennent s’occuper de Nawel. Je commence à compter le temps, je sens que ça va aller vite ! Je gère les contractions étirée, sur la pointe des pieds, je m’étire sur le ballon posé sur le dossier du canapé, je demande à M de charger les affaires.

7h30: nous réveillons Nawel pour la préparer à notre départ, devant elle j’essaie de parler, de faire comme ci… Je finis de préparer les sacs, ne rien oublier.

Les contractions reviennent toutes les 3 minutes environ et sont maintenant difficilement gérables.

8h15: Tes grands parents  arrivent (ton papy était au marché, et ils ont loupé la sortie…bref quasi 1h30 pour venir). ENFIN. Je sais qu’il faut qu’on parte vite. Dernières recommandations pour Nawel et la maison. Un dernier bisou à notre grand bébé qui sera très bientôt notre « ainée ».

8h20 : nous montons en voiture. Impossible pour moi de m’asseoir, je suis à genoux, dos à la route et je m’accroche à l’appui tête. Je me concentre, te parle, me parle « respire doucement, accompagne, souffle, laisse monter, laisse partir… ». Je jette de temps en temps un oeil à la route pour voir où nous en sommes.

Je perds ensuite le fil du temps. Nous arrivons à la maternité 15 ou 20 minutes après notre départ de Bellegarde. Je ne peux pas tout de suite descendre de la voiture, une contraction me cloue sur place. Il pleut. je me vois dans la vitre d’entreé de l’hôpital ronde pour encore quelques heures. c’est désert, calme et silencieux.

Une contraction dans le couloir puis une dans l’ascenseur, une autre contraction m’empêche d’en sortir. Une dame vient me chercher (surement celle que j’avais eu au téléphone pour prévenir de notre arrivée).Un couloir, M part s’habiller. J’entends la femme dire à une sage femme de se dépêcher car ça cogne fort. Elle a dû voir à ma tête que leur super plan péri/monito ne pourrait pas se faire !

Arrivée en salle d’examens, M revient, j’ai peur, je perds pieds quelques secondes et pense ne jamais y arriver. Une femme veut m’examiner, l’environnement m’effraie, je veux rester debout, dans ma bulle, pendue à mon homme, ne pas voir ce qui se passe autour. M me calme, me parle. Je reprends le dessus et laisse la sage-femme m’examiner. Elle crie à ses collègues « une complète » (charmant non ?), ça j’aurai pu le leur dire. Je panique un court instant, je n’aurai donc pas de péridurale qu’ils m’avaient dit qu’ils poseraient dès mon arrivée ! et puis je réalise ! Ils ne pourront pas me faire leur péri !!!! j’ai tout fait ! on y est ! Je suis heureuse avant qu’une nouvelle contraction me rappelle qu’il reste des efforts à fournir. La sage-femme redemande si la poche des eaux est intacte…. oui ! je le saurai ! et là… plouch ! le déluge ! je sens quelqu’un me poser une perfusion. Je vois le Dr M., je sens l’échographie rapide.

Je demande M, Il faut qu’il reste devant mon visage je ne veux pas voir tous ces gens qui s’activent et se pressent. Je lui parle mais ne me souviens pas du tout de ce que je lui dis. ça recommence et cette fois je sens que tu arrives, j’essaie de me concentrer pour pouvoir pousser efficacement. Tu avances vite et je sens tout, tout ton petit corps. je reprends mon souffle et pousse encore. Cela me soulage. Et puis à un moment, plus de contractions. je panique car ta tête n’est pas encore sortie et que je n’ai plus cette envie de pousser. J’entends les gens m’encourager. Le Dr M (l’autre) entre et me dit qu’il faut y aller ! Je me reconcentre et pousse, pousse encore. Voilà, je te sens, ta tête passe. J’ai franchement l’impression qu’elle est énorme, que jamais je n’arriverai à te sortir de là ! Je pousse une dernière fois et enfin, te voilà. On te pose sur mon ventre quelques instants puis quelqu’un t’emmène. On me dit juste que tu es sonnée. Je dis à ton papa d’aller avec toi. Le Dr M me dit « Vous ne la vouliez vraiment pas cette péridurale hein ? » je lui raconte alors que notre arrivée tardive n’était absolument pas voulue.

Les soins commencent, on te remet sur moi. J’ai peur, je ne veux plus qu’on me touche. je tremble comme une feuille. Je viens d’accoucher par voie basse, sans péridurale, sans épisiotomie, d’un bébé en siège et je ne supporte pas que la doc répare la toute petite déchirure qui en résulte. Mon corps a du mal à se remettre de la tempête qu’il vient de vivre. On me met donc sous gaz hilarant le temps de la couture.

Enfin c’est fini. Je peux te reprendre, tu es là, avec nous. Je demande finalement à quelle heure tu es arrivée: 9h01, soit 20 minutes entre notre arrivée dans le service et ta naissance. Je n’en reviens pas. Je pleure, je l’ai fait, j’ai réussi. Tu es là, et les médecins ne m’ont pas touché. j’ai tout géré avec ton papa et toi. Je suis fière, émue bouleversée. C’était tellement intense et en même temps tellement réel. Je peux dire que je t’ai mise au monde. J’admire ton papa qui n’a pas perdu son sang froid et qui m’a vraiment accompagné.

Il doit être 10h30 j’ai faim, nous appelons famille et amis pour annoncer ton arrivée, la plupart ne nous croit pas, aussi rapide?? Têter te demande trop d’efforts pour le moment, je te laisse dormir.

Il est 11h30, ce dimanche 17 mars 2013 et enfin nous voilà en chambre tous les 3 et nous commençons notre nouvelle vie. Tu es belle ma fille, tu ressembles à ta soeur. C’est sans appréhensions et avec une joie immense que je te berce contre moi.

Je passerai sur les « détails » du séjour à la maternité… vraiment pas agréable, protocolaire. Méconnaissance de l’allaitement, pression, non dialogue… bref tout ce que je redoutais.

SI prochain bébé il y a, je resterai sur un projet d’AAD mais si je devais accoucher en structure je demanderai une sortie précoce le jour J, pour ne pas être séparée de mes grandes, pour me sentir bien chez moi et ne pas avoir de compte à rendre quant aux heures, durée des têtées etc…

Certes mon projet ne s’est pas réalisé comme il devait, mais je pense au plus profond de moi que cela est arrivé pour une raison. Peut être n’étais je pas encore prête ? Cet accouchement m’a tout de même réparé du premier, il m’a donné confiance et force. Je suis maintenant informée et éclairée et accompagne au maximum la défense de l’aad, pour que toutes les femmes qui le souhaitent et le peuvent continuent à avoir ce choix.

Second accouchement, dans l’eau – Suisse – 2012

22 Déc

J’ai accouché de ma deuxième fille en septembre 2012. Comme pour mon premier accouchement, je désirais accoucher naturellement et cette fois, dans l’eau. ( Je voulais aussi accoucher dans l’eau pour mon 1er accouchement mais c’est allé trop vite, pas eu le temps de remplir la baignoire) ! J’ai accouchée à 37 6/7 SA. Tout a commencé un dimanche soir… je me préparais pour aller dormir quand j’ai commencé à sentir quelques contractions. Pas fortes, mais assez rapprochées… J’ai pris un bain et attendu un moment, tout en jetant un œil à ma montre pour calculer l’intervalle entre les contractions. Après deux heures de contractions, assez régulières mais pas encore trop fortes, nous avons décidé avec mon mari de partir pour l’hôpital. Nous sommes arrivés vers 1h du matin, les sages-femmes nous attendaient. Je me suis installé dans une salle, la sage-femme m’a installé le monitoring et a contrôlé mon col… j’étais dilatée à 4… J’ai tout de suite précisé que je voulais vraiment accoucher dans l’eau et que j’avais eu un accouchement rapide la première fois. La sage-femme m’a dit qu’il n’y avait pas de soucis, que la salle nature était disponible…Elle est revenue 15min plus tard, à contrôlé mon col et j’en étais a 6 ! Elle est repartie pour faire couler l’eau du bain ! Pendant ce temps-là, tout allait bien. J’avais des contractions mais j’arrivais très bien à les gérer, elles étaient tout à fait supportable. 15min après, retour de la sage-femme, nouveau contrôle car mes contractions s’intensifiaient… j’en étais à 8 de dilatation ! Direction, la baignoire ! Je me suis installée dans l’eau, ça faisait beaucoup de bien de pouvoir s’installer dans la position que je voulais… j’étais accroupie et mon mari était là, tout près de moi. La lumière était tamisée et l’ambiance était sereine… je me sentais bien. J’avais des contractions mais arrivais toujours à bien les gérer, j’imaginais que chaque contractions étaient des vagues et qu’elles allaient s’atténuer, j’arrivais bien à me mettre dans ma bulle et tout se passait très bien! Après quelques minutes dans l’eau, j’ai senti qu’il fallait que je pousse… la sage-femme a fait un dernier contrôle et mon col était totalement dilaté ! Ca y’est ! J’allais bientôt rencontrer ma petite puce ! Les sages-femmes pratiquaient leur premier accouchement dans l’eau mais elles ont très bien géré. Elles m’ont bien guidée et en quelques poussées ma puce était là ! Quel moment magnifique ! Un accouchement tout en douceur. Ma puce était sereine lorsque je l’ai prise dans mes bras, juste après sa sortie. Elle m’a fixé avec ses grands yeux, c’était magnifique. J’aurais voulu rester un moment dans l’eau avec ma puce mais les sages-femmes n’étaient pas rassurées et ont voulu que je sorte de l’eau, de peur que le placenta sorte dans l’eau… Juste après l’accouchement, je me suis installée sur un grand lit avec ma puce et mon mari. Les sages-femmes ont voulu me brancher une perf d’ocytocine pour accélérer la sortie du placenta… j’ai refusé cette perfusion, je n’en voyais pas du tout l’intérêt mais elle m’ont dit que c’était le protocole, ça m’a un peu énervée car je ne voulais aucune médication et cette perf’ n’avait aucune raison d’être posée mais voilà, les protocoles !! Bref, elle me l’a posée et… a oublié d’ouvrir le robinet… je me suis bien gardée de le lui dire ! Quelques minutes plus tard, le placenta est sorti, tout seul, sans soucis et sans cette perfusion ! 😉
Un bel accouchement naturel, que je garderai en mémoire toute ma vie ! ❤

Second accouchement – Aquitaine – 2013

28 Nov

E. est née fin mai 2013, un lundi, à 8h35. Du moins, le dit-on. Parce que l’heure exacte, personne ne l’a réellement vue au moment où effectivement, E. naissait. Je devais accoucher en plateau technique avec ma sage-femme libérale. Mon vrai désir était un accouchement à domicile, désir déjà éteint pour mon premier bébé faute de sage-femme dans notre région de l’époque. Mais elle ne les pratique plus et, de toute façon, j’étais trop loin de chez elle. Après un suivi de grossesse paisible et empli de respect autant que de confiance, nous étions sereins à l’idée de vivre une naissance tranquille, alors que nous avions plutôt vécu un traumatisme pour notre aînée. J’étais réconciliée avec ce corps qui ne semblait plus m’appartenir durant ma première grossesse. J’avais en tête la douceur et l’intimité qui m’avaient tant manqué la première fois. Mais parfois, les choses se passent trop vite…

A deux jours du terme officiel de la grossesse, ma petite princesse s’est dépêchée de sortir de mon gros bidon, emportant avec elle notre projet de naissance … mais sans nous rendre malheureux. Grâce à E., je sais aujourd’hui que je suis capable d’accoucher, que mon corps sait travailler et guider un bébé, que je n’ai pas besoin d’une péridurale pour supporter ni d’un guide pour pousser.

Début tranquille 

Si je veux raconter l’accouchement en lui-même, l’histoire commence lundi matin à 6h35 et se termine lundi matin à 8h35 (enfin, un peu plus tard avec la délivrance, mais passons). Mais en fait, l’histoire a commencé la veille, sans que je m’en rende compte. Des petits signes m’ont montré que j’allais accoucher, mais je n’ai pas su les interpréter. D’abord, dimanche après notre après-midi à la plage, je me sentais barbouillée. Pas nauséeuse comme d’habitude depuis près de neuf mois, mais barbouillée. Je n’ai pas mangé grand chose … Je me suis dit que j’étais « trop » pleine. Pas faux ! Ensuite, j’ai remarqué que mon chat me fuyait, elle qui d’ordinaire passe des heures à ronronner avec moi. On raconte que les chats sentent les changements hormonaux et mon chat, après avoir senti mes deux débuts de grossesse, a senti que l’accouchement se préparait et a voulu s’en tenir à l’écart. Moi, j’ai pris ça comme une bouderie. Dans la nuit, vers 3 heures du matin, je suis réveillée par ma vessie. Quand je reviens me coucher, je me désespère de n’avoir encore aucune contraction et me dis que mon rêve d’il y a plusieurs semaines, où j’accouchais le 27 mai, ne risque pas de se réaliser … je me recouche donc un peu dépitée. Mais avec, dans la tête, une sorte de certitude que quelque chose va se passer.

Il est 5 heures quand je me décide à me relever. J’ai des douleurs que je pense être intestinales. Bah oui, j’étais barbouillée, j’ai dû manger quelque chose de mauvais et je vais le sentir passer. Mais une fois aux toilettes, je me dis que ce sont peut-être des petites contractions de début de travail. Je me fais donc couler un bain, tranquillement, et préviens MariChéri que je crois être en pré-travail mais que tout va bien. « Ok, je me rendors alors. » Voilà.

Dans le bain, je compte une contraction toutes les 8 minutes. Elles sont faibles, ne me font quasiment pas mal, ne durent même pas 30 secondes. Je me désespère à nouveau et me dis que ça va passer. Je prends deux Spasfon et, effectivement, à 6h15 je ne sens plus rien. Limite en larmes, je me lève pour me sécher et aller me recoucher. Mais à peine sèche, une grosse contraction bien longue vient m’obliger à m’appuyer sur le mur. Je regarde l’heure : 6h35. J’attends la suivante. Elle débute à 6h45 et dure plus d’une minute. Elle m’oblige à m’intérioriser. C’est bon, je suis en travail.

Debout !

Je réveille à nouveau MariChéri, je lui dis que ce sera pour aujourd’hui, qu’il faut appeler C. pour déposer notre aînée, qu’il faut appeler notre sage-femme M. avant d’aller déposer la petite. Il peine à se mettre en route, je lui dis de se dépêcher un peu. Je prends ma to-do list de dernière minute et prépare tout entre les contractions. Ballon, coussin d’allaitement, sac de bébé, mon sac sans oublier la trousse de toilette sur le bord du lavabo, affaires de J. sans oublier la Boîte à Grande Soeur.

Pendant que MariChéri se douche, je réveille ma J. Je veux passer quelques minutes avec elle pour lui expliquer ce qui se passe. Il est un peu plus de 7 heures, et elle qui ne se lève habituellement qu’à 11 heures ne grogne pas en me sentant l’approcher. « Fini dodo Maman ? » « Oui ma nounette. Le bébé est en train d’arriver, tu vas aller chez C. On fait un gros câlin ? » « Oui Maman. Câlin bébé aussi. » Elle reste dans mes bras et j’accueille une contraction sans broncher. Je suis obligée de me couper du monde pour la supporter, mais je n’ai pas besoin de me lever.

Je me dis que tout est tranquille. Je respire comme je l’ai appris, je gère bien, je récupère parfaitement entre chaque contraction. Je parle à mon bébé, l’invitant à descendre, à ouvrir le col, à me guider pour que je l’accompagne sur ce chemin qui le mènera à mes bras. Je sais que Bébé est dos à droite, comme sa grande soeur avant lui, et qu’il risque de mal s’engager (et de compliquer sa sortie en regardant le ciel ou un côté) si je ne l’accompagne pas jusqu’au bout. Alors je garde la verticalité. Les contractions sont encore irrégulières et bien espacées.

C’est d’ailleurs ce que MariChéri explique à notre sage-femme M. quand il l’appelle. Elle lui demande alors de me poser une question : est-ce que j’accepte que la sage-femme de garde de la maternité m’ausculte à mon arrivée, afin de savoir si je suis avancée dans le travail ? Quand MariChéri vient me demander, il tombe en fin de contraction et je lui lance un « Attends ! » assez violent, que M. entend aussi. J’accepte d’être d’abord auscultée par la sage-femme de garde si M. préfère ne pas annuler ses rendez-vous pour rien (je ne le sais pas, mais elle décidera finalement de partir de chez elle immédiatement, à cause de ma réponse très vive qui lui fera dire que j’étais déjà pas mal dans la dilatation). Je doute d’être très avancée étant donné l’irrégularité des contractions, mais je ne culpabilise pas une seconde d’avoir demandé à M. de partir pour le plateau car je sais qu’elle ne râlera pas même si j’arrive dilatée à 3. J’ai l’impression que ça n’avance pas trop, je me mets à douter de mon état : suis-je vraiment en travail, en fait ?

Départ

Vers 7h30, MariChéri est enfin prêt et part déposer J. chez C. Je lui fais un dernier bisou et un dernier câlin, lui dis qu’on se voit ce soir, et je m’installe sur mon ballon qui attend, dans l’entrée, que nous partions pour le plateau technique. Je sais que nous serons attendus car M. va prévenir la sage-femme de garde que nous prenons la route. Je suis pleinement rassurée et j’ai repris confiance en mon bébé avec ce travail que je trouve tranquille.

Quand MariChéri revient pour que nous descendions ensemble, il doit être aux alentours de 7h45. Je prends une contraction particulièrement violente, je commence à ressentir le besoin d’émettre des sons alors je le fais (les voisins ? Je n’y pense même pas !). Sur les quatre étages qui nous séparent de la voiture, je ne m’arrête qu’une seule fois pour une contraction. Elle est largement gérable. Je continue de respirer, d’accompagner mon bébé, d’accepter le travail de mon corps. Je me laisse aller aux endorphines qui doucement me font quitter mon état de lucidité. Je me trouve incroyablement zen.

En voiture, je m’installe à la place passager avant. J’aurais préféré la banquette arrière, mais le ballon ne passe que là, donc il y reste. J’ai d’abord baissé le dossier de mon siège pour être semi-allongée, mais finalement je le redresse au maximum pour avoir le dos en angle droit avec mes cuisses : ça m’aide à respirer. A chaque contraction, je me suspends à la poignée située au-dessus de la portière et je chante une sorte de « Aaaaah » très grave, qui a pour but, je crois bien, de me saouler moi-même – avec l’aide des endorphines. Je n’y réfléchis pas sur le moment, mais je pense que je cherchais ça. En début de trajet, les contractions sont encore espacées et très supportables. Je tente de me couper du monde pour me permettre le lâcher-prise nécessaire. Je ne sais plus quelle heure il est, j’ai les yeux fermés la plupart du temps. J’ai éteint l’autoradio et je m’enferme le plus possible dans ma bulle, même si les virages, dos d’âne et ronds-points me perturbent énormément.

Accélération

Et puis vient une pause. Les contractions qui commençaient à se rapprocher viennent de s’arrêter. Je regarde la route, je vois qu’on franchit le panneau « Béarn des gaves » et je sais qu’on est encore loin du plateau technique. Il me vient à l’idée de faire demi-tour, mais en réalité j’attends le retour des contractions car je sais que je suis en travail, que E. sera du 27 mai. Peu après, c’est la reprise. En bien plus puissant. Je trouve les contractions horribles et je me dis que si c’est ça le début du travail, je dois être sacrément douillette. Les contractions me semblent extrêmement longues, elles sont bien plus intenses aussi. Ce n’est pourtant pas la douleur qui me terrasse, mais bien l’intensité. J’ai à nouveau les yeux fermés, je suis à nouveau enfermée dans ma bulle et je chante à nouveau. Je me sens shootée, les endorphines sont bien là, mon corps travaille très bien. Je sens pourtant comme une urgence à l’intérieur, comme une impression que ça va trop vite. Je dis à E. d’ouvrir son chemin mais de le faire un peu moins vite. Je lui demande de ralentir, mais je lui dis que je vais l’accompagner quand même de toute façon.

Nouvelle pause. E. m’aurait-il entendue ? J’ouvre les yeux, on a dépassé la moitié du chemin, on est dans la forêt. Mais combien de ces satanés virages nous reste-t-il à franchir ? Je n’ai pas le temps de réfléchir, une nouvelle contraction apparaît. Encore plus intense, encore plus longue. Et encore une autre. Elles s’enchaînent maintenant très vite et me semblent particulièrement intenses. La douleur n’est toujours pas ce qui m’impressionne le plus. « J’arrive pu à respirer ! » J’entre, sans le savoir, dans la dernière phase du travail et je pète un petit boulon (celui des 8 centimètres). J’insulte la voiture, les Béarnais qui ont construit ces « routes de merde », puis mon mari parce qu’il me semble qu’il prend « plus de virages que d’habitude ». MariChéri comprend à ce moment-là qu’il va falloir aller très vite, que je suis bien plus avancée dans le travail que je ne le devrais. Il accélère, roule à 120 quand il le peut, le plus vite possible le reste du temps. Il rattrape une voiture de gendarmerie et se colle à elle, puisque son conducteur roule également très vite.

Descente

Je sens mon bébé descendre. A la contraction suivante, une énorme sensation d’explosion entre les jambes et ce liquide chaud qui coule… « Je perds les eaux ! » Je regarde l’heure, sans savoir pourquoi : 8h12. Et la contraction suivante me fait dire que « ça pousse ! Chéri ça pousse ! » Je lui demande de s’arrêter sur le bas-côté, je lui dis que je vais accoucher dans la voiture. Il me répond que non, pas du tout, on n’accouche pas « dans la forêt » et surtout « pas dans les virages » car c’est trop dangereux. Il ne panique pas, mais il engueule le gendarme devant quand celui-ci vient à ralentir. Il a compris que l’urgence est d’arriver dans un endroit où nous serons en sécurité, où le bébé sera en sécurité. Nous avons compris tous les deux que j’accoucherai dans la voiture, qu’on le veuille ou non.

E. pousse un peu plus à chaque contraction. Elles sont intenses, très intenses. Je me laisse totalement aller pour accompagner le travail, comme M. me l’a appris. Je hurle, je hurle et je hurle. Je ne me contrôle pas du tout. Je ne suis pas moi-même. Je passe mon temps à hurler, à dire « ta gueule » à MariChéri qui me dit qu’on va bientôt arriver, à hurler encore. Je me suspends à la poignée au-dessus de la portière tout en tapant de toutes mes forces sur la portière pour faire passer les contractions. MariChéri ne me dit rien, mais il me trouve particulièrement impressionnante et puissante, hors de contrôle. Chacune de mes contractions me semble interminable, mais je sais que tout est bientôt fini.

A quelques kilomètres de l’arrivée, je hurle et j’ajoute que « ça brûle ». MariChéri a très bien compris. Bébé est posé sur mon périnée, il va l’ouvrir et sortir. C’est inéluctable. La brûlure est le dernier signal avant la sortie. J’accoucherai dans la voiture. Mon mari profite alors d’un arrêt du gendarme devant pour se mettre à sa hauteur, sur la voie de gauche (et tant pis pour les voitures qui arrivent en face) et ouvrir ma vitre : « Ouvre-moi la route, ouvre-moi la route, ouvre-moi s’il te plaît ! » A mes hurlements bestiaux et stridents à la fois, le gendarme comprend qu’il ne doit pas réfléchir mais agir. Gyrophare et deux-tons en marche, il nous ouvre la route jusqu’au rond-point de l’hôpital, où MariChéri lui fait signe que c’est bon, on est arrivé. Il ne le sait pas mais sans lui, j’accouchais au milieu de nulle part. Je hurle toujours, je veux me déshabiller pour laisser sortir mon bébé mais je n’y arrive pas. Je sens la tête bomber, je sens la brûlure augmenter, je sens que le soulagement est proche, mais je ne peux pas me déshabiller.

MariChéri garé en vrac devant la porte d’entrée de la maternité, il court chercher quelqu’un et je retire comme je peux mon pantalon et ma culotte. Je passe ma main entre mes jambes : les cheveux sont là, sur le crâne tout chaud. La contraction s’arrête et ça remonte. MariChéri revient me dire que quelqu’un va arriver, mais en me trouvant à moitié nue il se dit que ça va peut-être être trop tard. Il retourne en courant préciser que « ma femme accouche MAINTENANT », pendant que je lui hurle de rester avec moi, de récupérer le bébé. Je ne pense plus à rien, j’abaisse mon siège et me place, sans trop savoir pourquoi, dans une sorte de quatre-pattes en m’agrippant au dossier. J’ai le cul à l’air mais je n’ai pas vraiment le choix, en fait (au moins j’ai pas le sexe exposé avec les pattes en l’air, je suis dans la position qui me convient pour accoucher). Chaque contraction pousse un peu plus E. vers la sortie, je sens la progression de sa tête, je sens mon périnée s’étirer chaque fois un peu plus, je sens que je ne travaille pas dans le vide. Je suis d’une puissance incroyable, je m’accroche comme une cinglée au siège et je hurle.

La première personne hospitalière à arriver, dont je croise vaguement le regard en plein milieu d’une contraction, a un fauteuil roulant avec elle. Mais elle comprend tout de suite que ce sera inutile dans l’immédiat. Il me semble qu’elle me dit qu’une sage-femme va arriver. Moi, j’imagine que c’est M., mais elle n’est pas encore là. J’entends mon mari demander ce qu’il peut faire, mais je n’entends pas les réponses. Je hurle à nouveau, mon bébé est en train de sortir, ça y est ! J’accouche. Moi. Seule. Mon corps. Sans aucune autre intervention. Juste moi. Je suis en train de donner la vie, là tout de suite. Dans la voiture. Sur le parking. Je hurle. Pourtant je n’ai pas mal. Mais je hurle. J’ai envie, besoin aussi. Une sage-femme est arrivée, la tête sort. Gros soulagement. La contraction suivante ne se fait pas attendre et le corps suit. La sage-femme m’aide à récupérer mon bébé entre mes jambes, parce que je suis un peu paralysée : je n’en reviens pas ! « Quelle heure il est ? Mais quelle heure il est ? » demande quelqu’un. « Heuuuu 8h35. Non 36. Non 35 », lui répond-on. Je suis sidérée. « C’est la patiente de M. ? Wahou, bravo Madame ! » « C’est votre premier ? » Deuxième. « Le premier est arrivé trop vite aussi ? » Non…

« Félicitations ! Tenez votre bébé au chaud ! » Putain j’ai accouché ! J’ai accouché ! J’ai accouché seule ! Sans analgésie, sans guide, sans rien d’autre que mon duo avec mon bébé. Je retire mon tee-shirt et je prends mon bébé contre mon corps. Son cordon est toujours relié à moi, je le regarde respirer contre moi, je regarde ses yeux, je regarde entre ses jambes. C’est une fille ! C’est E.. Je la sers fort, je tiens les couvertures qu’on a mises sur nous pour qu’elle ne se refroidisse pas – il fait froid ce lundi matin, même si le soleil est là. Je lui dis qu’elle est arrivée un peu trop vite, mais qu’elle est merveilleuse, qu’elle a tout fait toute seule, qu’elle est géniale. Je lui souhaite la bienvenue pendant que son cordon est coupé. Je lui fais des bisous sur la tête.

Kidnapping

Quand elle est emmenée pour être mise à l’abri, j’ouvre les yeux sur ce qui se passe autour de moi. J’entrevois MariChéri qui pleure. Je lui dis de rappeler M.. Je veux M.. Je pense même, pendant une seconde : « Je dois accoucher avec M., c’est elle ma sage-femme ! » Je vois qu’une couverture a été placée sur le pare-brise et le manteau de MariChéri est sur la portière, pour que les gens ne voient pas ce qui se passait. Plusieurs personnes sont là, dont une qui me dit de me mettre délicatement sur le fauteuil roulant pour aller retrouver ma fille au plus vite. « Attention, vous avez le clamp sur le cordon, ne vous blessez pas les cuisses. » Je m’assois, on me couvre et on y va. Je ne sais pas où est MariChéri, j’imagine qu’il suit de près. Je veux mon bébé. Je ne sais plus si j’ai accouché, je suis perdue, je cherche ce bébé que je tenais dans mes bras à l’instant. J’ai envie de hurler son prénom jusqu’à ce que je le retrouve, j’ai envie de courir. Je ne suis pas encore dans mon état normal et je me sens vide autant que paumée. Mais putain, où est ce bébé que je viens de sortir de mon ventre ? Qui l’a emmené ? Je n’ai même pas vu le visage de la sage-femme !

Dans l’ascenseur, on me dit que j’ai été super, que si ça va vite c’est que ça va bien – je le sais, mais c’est bon de l’entendre. Mais que si ça va vite, si ça dilate vite, c’est encore plus douloureux. Je ne sais pas, je sais que c’était très intense, que j’ai tapé très fort la portière, que j’ai hurlé très fort, mais je ne sais pas si j’ai eu plus ou moins mal. Après tout, je n’ai pas de vraie référence. Je demande l’heure et j’ai du mal à croire qu’il est si tôt, que tout s’est passé si vite. Je me demande encore si j’ai bien accouché, en fait. On arrive rapidement en salle de naissance, je m’installe sur le lit et on m’amène E. en peau-à-peau. Je lui souhaite à nouveau la bienvenue. J’attends que la porte s’ouvre sur M., mais c’est MariChéri qui entre. Livide. Presque transparent. J’alerte le personnel, ils le font asseoir à la table à côté de moi et lui amènent un petit déjeuner. Je ne sais pas où il était passé et je ne lui demande même pas. Je n’y pense pas. J’ai retrouvé mon bébé, je l’inspecte car je me demande si c’est vraiment celui que je viens de faire naître, je la caresse, je l’embrasse, je lui offre mes seins.

Délivrance

E. va super bien. Elle crapahute vers mon sein droit et le trouve immédiatement. On me dit qu’il va falloir sortir le placenta et ça contracte presque tout de suite. Je suis stressée. On m’a mise en salle de naissance et je n’en ai que de mauvais souvenirs. On me regarde l’entrejambes sans cesse. On m’a même mis les étriers et je ne supporte pas – je lutte contre la crise de panique. Ca contracte tellement fort que j’ai l’impression d’accoucher à nouveau. Pourtant, le placenta est bien accroché. La sage-femme me menace d’ocytocine de synthèse plusieurs fois, faisant monter le stress et la panique, empêchant mon ocytocine à moi de faire son travail. Il s’écoule du temps, et encore du temps. On prend ma tension au cas où, mais ça va. On me demande si je me sens mal, mais je me sens incroyablement bien. Incroyablement forte. Incroyablement femme. Incroyablement mère. Je voudrais qu’on me foute la paix pour que je ponde tranquillement mon placenta.

En fait, j’attends M.. Je veux M.. Je veux lui montrer que grâce à elle, j’ai réussi. J’ai accouché. J’ai guidé mon bébé et je l’ai sorti. Seule. Quand on entend des éclats de rire dans le couloir, la sage-femme de garde me dit que « M. doit être arrivée, tiens ! » Ca a l’air de la détendre et de l’éloigner de l’ocytocine de synthèse. Du coup, ça me détend aussi. Et les deux contractions suivantes me font sortir le placenta. « C’était mon premier accouchement dans une voiture », me signale fièrement la sage-femme.

Ouf, ma sage-femme

M. ne franchit la porte que plus tard, et je suis soulagée de la voir. Je veux la serrer dans mes bras, mais j’ai mon bébé au sein alors j’attends que ce soit elle qui vienne m’embrasser. Elle prend ma température, « ça se fait avant l’accouchement, tu sais », précise-t-elle en riant. Elle reprend ma tension. Elle nous fait raconter ce qui s’est passé pour qu’on évacue au mieux. Trop plein d’émotions, de tensions, d’adrénaline. Je laisse parler MariChéri, qui a retrouvé des couleurs et est en admiration devant sa deuxième fille. Il confie son vécu et surtout son ressenti. « C. est monstrueuse ! Je veux dire, elle est puissante. Elle est incroyable. Elle a sorti le bébé ! Elle l’a sorti quoi ! Elle a tout fait toute seule ! Non mais tu te rends compte, le bébé, il est sorti juste avec C. ! J’ai tout vu. Elle est absolument géniale, c’est fou, c’est énorme, je sais pas comment elle a fait. [Se tournant vers moi] Oh putain je t’aime ! »

Il est aussi sidéré que moi. Lui qui avait pour seule référence les accouchements lisses avec expulsion guidée pour cause de péridurale. Lui qui était traumatisé par la ventouse et mon immobilité douloureuse de la première fois vient de me voir transcendée par un vrai travail puissant et une expulsion toute naturelle, seulement guidés par l’instinct, les hormones, le bébé, le corps. Il vient de me voir sortir notre bébé de plus de 3 kg sans aucune aide. Il vient de m’entendre hurler comme jamais je n’ai hurlé, il vient d’assister au plus intense des lâchers-prises qu’il n’a jamais vu dans sa vie. Il a vu ce que le corps est capable de faire, ce que le corps peut donner pour offrir la vie à un bébé, ce que le corps peut supporter, ce que le corps des femmes sait faire si on le laisse faire sans le perturber.

M. nous écoute, nous répond, nous dit qu’on est des champions. Il y a pourtant, en elle comme en nous, une certaine forme de frustration de ne pas avoir vécu ce que nous préparions depuis des mois. D’avoir dû abandonner ce projet de naissance que nous avions réfléchi ensemble. Malgré ça, ce qui vient d’arriver est fabuleux et nous le savons tous les trois. E. vient de me montrer que je sais accoucher, que je peux pleinement le faire, que mon corps laissé libre et avec lui-même sait accompagner un bébé jusqu’au bout. M. reste longtemps avec nous, elle fait le seul petit point de couture qu’il y a à faire sur mon périnée (« rien d’indispensable mais c’est pour que ça se remette droit plutôt que de travers », précise-t-elle, avant d’ajouter qu’elle « tremble d’émotion de ce qui vient de se passer »), elle assume en pointillé mais avec attention la surveillance post-accouchement de deux heures (en réalité, elle reste plus longtemps, mais il me semble à moi qu’il ne s’écoule qu’une dizaine de minutes), puis doit quand même repartir. Elle me sert dans ses bras, me fait promettre de la tenir au courant et de lui envoyer des photos. « Tu t’offres une magnifique revanche sur ton premier accouchement, bravo. Je le savais que tu étais une louve. » Elle a appelé R., la sage-femme libérale qui assurera mes suites de couches à domicile, pour lui dire qu’on rentrera à la maison dans la journée et qu’il faudra donc qu’elle me voie avant ce soir, qu’on la préviendra quand on quittera la maternité.

Vite et bien

Vers 12h30, on m’amène un plateau repas immonde, mais je mange parce que j’ai trop faim. Je dis à MariChéri qu’on va s’en aller peu après, qu’il faudra aller faire la déclaration à la mairie s’il veut éviter de revenir le lendemain. Lui a déjà prévenu nos familles et C. (qui lui a dit que tout se passe à merveille avec notre aînée). Vers 13 heures, MariChéri va habiller E. avec son premier pyjama que nous avions choisi ensemble. Le personnel n’avait pas pu lui faire couper le cordon dans la voiture, donc ils ont laissé un très grand bout pour qu’il le coupe à ce moment-là. La pédiatre qui a examiné E. pour donner son feu vert au retour précoce (« Vous faites les choses vite et bien, Madame. ») a exigé que soit pratiquée un examen pour vérifier qu’aucune infection n’est en cours. Mais on pourra quand même rentrer à la maison, nous sommes confiants. On nous propose de lui faire un bracelet à son nom, en souvenir, comme les bébés qui naissent en structure. On accepte, mais bien sûr on ne lui met pas : il est directement parti dans son livre de naissance à notre retour.

Et à 14 heures pétantes, pendant que j’appelle à mon tour C., pour lui dire qu’elle pourra passer nous ramener PetitBonheur après avoir récupéré sa fille à l’école, MariChéri part à la mairie déclarer la naissance. E. est là. Bien là. Arrivée en flèche mais comme une jolie fleur. A son retour, il refait un câlin à sa fille et une aide-soignante vient m’aider à me lever, contrôler que je ne fais pas de malaise, m’emmener aux toilettes vider ma vessie. On quittera finalement les lieux vers 17 heures, retenus à chaque porte par le personnel qui veut savoir qui est « la patiente de M. qui a accouché dans la Clio » puis par un couple avec qui nous avions suivi la préparation à l’accouchement. Leur bébé est né le jeudi d’avant, ils profitent de la maternité encore un peu (il n’y a pas d’aîné qui attend à la maison) et M. est venue leur rendre visite après nous avoir vus, elle leur a croqué un peu notre aventure… nous finissons de leur raconter, avec quelques détails. Ils sont impressionnés et rassurés d’avoir connu un accouchement plus long – bien plus tranquille, du coup. Je réalise ce qui s’est passé. Je comprends que j’ai vécu quelque chose avec une intensité bien plus grande que ce qui aurait dû être. Mais wahou… j’ai accouché. On ne m’a pas volé ce moment en estompant mes sensations et en maltraitant la tête de mon bébé.

Oui, j’ai accouché. Pour de vrai. Sans l’aide de personne. Juste avec la préparation de M., juste en écoutant mon corps et en accompagnant mon bébé. Juste sans m’opposer au travail – sans m’allonger, sans être perturbée par des monitorings ou gestes intrusifs. J’ai juste accouché. Et putain, qu’est-ce que c’est puissant. Qu’est-ce que c’est génial. Qu’est-ce que ça donne comme force. J’ai accouché. Pour de vrai. Merci M. Pour tout ce chemin, ce travail, cette préparation qui n’est pas vaine malgré notre « rendez-vous raté ». Merci MariChéri. De n’avoir pas paniqué, d’avoir piloté comme un chef, de nous avoir mis en sécurité.

Je ne garde pas de souvenir douloureux, contrairement à mon premier accouchement qu’on m’a volé et analgésié. Mais cette puissance et cette intensité du corps, cette sensation unique quand le bébé ouvre le périnée petit à petit. La puissance que cela m’a donné à moi. L’intensité des émotions proportionnelle à l’intensité du travail accompli. L’adrénaline de la fin, après les endorphines qui m’avaient permis de m’évader. Tout ce qui fait partie du processus naturel de l’accouchement, que j’ignorais à cause de ma péridurale posée à 5 centimètres la première fois (pourtant « bien dosée » puisque je sentais les contractions), et que j’ai vécu là sans m’en rendre compte sur le coup. Les paliers que j’ai franchis sans le savoir sur le moment, mais parfaitement identifiables avec un peu de recul. La sidération d’avoir mis ma fille au monde moi-même, sans intervention, alors que la veille encore je m’en croyais parfaitement incapable. Alors que l’équipe de la maternité où j’avais eu mon aînée m’avait convaincue que j’étais incapable d’accoucher sans péridurale et instruments. Là, j’ai la certitude que mon corps sait faire, que je sais faire, que je sais accepter et accompagner le travail. La force dont je me suis sentie envahie, que je garde toujours et que je sais désormais être la mienne. Cet accomplissement non pas de notre projet de naissance, mais de notre désir de vivre ce moment intensément et sans intervention non nécessaire. Cet accomplissement de moi-même, quelque part. Cette expérience unique, à jamais gravée dans nos esprits. Cette image fabuleuse de sa femme donnant naissance à son bébé dans la puissance la plus primaire, à jamais inscrite dans la tête de MariChéri.

Je pense que ma terreur de me rendre en maternité, à cause de mon premier accouchement,  n’est pas innocente dans l’accélération brutale du travail et la naissance de ma deuxième fille en voiture.

Cette structure est aussi responsable de mon choix de ne pas être hospitalisée pour ce deuxième bébé. Je récupère donc de l’accouchement tranquillement dans mon lit et l’intimité de notre foyer. Ma fille aînée rencontre sa petite sœur dans la douceur de son chez-elle. Tout semble couler de source et la magie est au rendez-vous. Je suis vue tous les jours pendant la première semaine par deux sages-femmes libérales avec qui le courant passe très bien. Je vais très bien. Je me construis comme maman sans être dans l’oppression d’un service (in)hospitalier. Ca n’a pas de prix. C’était la meilleure idée de toute notre vie de famille.

Anonyme

___ ___

Lien vers le récit du premier accouchement : #122 Premier accouchement – Picardie – 2011

# 307 – N. 2 accouchements

26 Nov

Par hasard je suis tombée sur le blog et je trouve l’idée géniale après avoir bien sur lu tout ces témoignages. Donc voici le mien en Belgique:

___ ___

En Belgique on accouche généralement dans l’hôpital de notre gynécologue.
Ma gynécologue qui me suit depuis des années en cabinet privé travaille dans un hôpital que je déteste et loin de chez moi.
Par respect pour moi et parce qu’elle me connait depuis longtemps elle a accepté de venir m’accoucher dans l’hôpital de mon choix, juste à-côté de chez moi, avec le label « ami des bébés ».

Pour ma première grossesse tout s’est bien passé sauf que j’avais appris au huitième mois, que la forme de mon bassin ne me permettrai sans doute pas d’accoucher par voie basse, ce qui m’avait totalement démoralisée étant donné que cela ne correspondait en rien à mes plans!  J’ai perdu les eaux une nuit, dix jours en avance. Je me suis rendue à pied à l’hôpital, à cinq minutes de là munie des radios de mon bassin. A peine arrivée j’ai demandé aux sages-femme de tout faire pour que je puisse malgré tout accoucher par voie basse.
J’ai passé la nuit à attendre le début du travail qui ne venait pas. Le matin, ma gynécologue est arrivée pour provoquer le travail. Elle a promis d’essayer de me faire accoucher par voie basse mais elle a dit, je cite: « On va essayer, tout est une question de temps, si ça prends trop de temps, je ne veux plus t’entendre négocier, on file à la découpe ». Je lui ai passé son jeu de mot, on se connaissait suffisamment pour que cela me fasse rire.
Les contractions ont débuté vers midi. Comme la salle d’accouchement n’était pas prête, les sages-femmes m’ont fait passée par le bain, et j’ai patienté là avec des contractions atroces. J’ai vite craqué et demandé au plus vite la péridurale. Une fois la salle d’accouchement libérée, on m’a placé la péridurale. Sauf que voilà, je fais partie des personnes sur qui la péridurale ne fonctionne pas.
L’hôpital permet aux femmes qui le désire de faire venir en salle d’accouchement plus d’une personne. C’est donc armée de ma mère, du père de l’enfant, de ma kiné, de ma gynécologue que j’ai pu commencer à pousser.
Le décalage entre ma gynécologue qui vient d’un autre établissement qui écoute moins le désir des futures mère et cet hôpital possédant le label « ami des bébé » et « ami des maman » était tellement grand, que finalement je ne me suis pas sentie écoutée. A ma demande de lumière tamisée ma gynécologue a répondu qu’il lui fallait de la lumière pour voir, à ma demande de sentir le cordon finir de battre, elle m’a répondu « à quoi ça sert »? Ma kiné et elle se sont « frittées » quelques fois et au final c’est ma mère qui m’a fait reprendre courage au moment où j’ai perdu pied, en disant que je voulais rentrer à la maison et qu’on arrêtait tout là…
C’est par la suite également que j’ai pu apprécier toute l’étendue du concept « ami des bébés et des mamans », je n’arrivais pas à allaiter et je n’aimais pas ça. Sans me culpabiliser, les sages-femmes m’ont permis de tirer mon lait plutôt que d’allaiter directement.
Et puis, plus que le baby-blues, j’ai fait une grosse dépression qui a duré plus de trois mois, justement en grande partie à cause de l’allaitement et, là, l’hôpital n’a absolument pas géré.

Pour la seconde grossesse, j’ai fait un accouchement fulgurant, d’une intensité incroyable, autant du point de vue de la douleur que de l’émotion une fois le bébé dans mes bras. J’ai accouché seule, parce que personne n’a eu le temps d’arriver. Il n’y avait que la sage-femme, le père et ma mère (et oui à nouveau). Ca faisait un quart d’heure que je disais qu’il était là et qu’il poussait. On va plutôt dire que je hurlais. Mais ma gynécologue était en chemin et coincée dans les embouteillages. C’est elle qui m’avait dit un quart d’heure plus tôt que je ne risquais pas d’accoucher dans l’heure et qu’elle reviendrait trois heures plus tard. Perdu! J’était bel et bien passée de 4 cm à 10 cm en quelques minutes. La sage-femme qui était là, était heureusement très rassurante et devant mon air épouvanté à l’annonce de : « On va y aller alors. » m’a dit, je cite: « Si vous voulez, on peut attendre que tout le monde soit là mais il faut le retenir alors! » Après un rapide calcul et sentant que je n’était plus capable de retenir quoi que ce soit, j’ai poussé de toutes mes forces. J’ai accouché toute seule sans même l’intervention de la sage-femme et mon homme a même dit, qu’on aurait pu accoucher au café que ce serait revenu au même! Elle estimait que je pouvais le faire seule et elle avait raison, j’ai adoré ça!

Autant le premier accouchement était ultra-médicalisé, autant celui-ci était naturel et extrêmement douloureux et d’autant plus apprécié!

J’ai eu droit pour ce séjour en maternité à un sage-femme masculin. Il était d’une empathie rare et a tout fait pour faire comprendre à mon homme que je n’était pas faite pour allaiter ni pour tirer mon lait et qu’il ne servait à rien de me culpabiliser ou me forcer. L’hôpital m’a même gardée un jour supplémentaire afin que je sois mentalement plus forte pour contrer ma belle-famille et mon homme concernant cette histoire d’allaitement. Ils ont même fait intervenir une psychologue. Et je n’ai plus fait de dépression. Le petit s’est très bien habitué au biberon et il va très bien! Et tout ça malgré qu’il porte le label « ami des bébé » qui signifie entre-autre qu’une des conditions est que l’hôpital ait son quota de mères qui allaitent. C’est ça qui prouve qu’ils ont également le label « ami des mamans » parce qu’à ce niveau-là, j’ai été plus qu’écoutée, j’ai été entendue, entourée et surtout encouragée à faire au mieux pour moi et pour mon bébé.

N.

#290 Lucie – Seine et Marne 2010 et 2013 accouchement respecté

24 Sep

je suis maman de 2 enfants.
Mon premier est né en 2010 en Seine et Marne (77), en France. J’ai d’abord été suivie par ma gynéco de ville jusqu’au 6ème mois puis par le gynéco de l’hôpital. On m’avait dit de téléphoner 1 mois avant pour fixer ce rendez vous mais quand j’ai appelé il était trop tard et on a basculé mon suivi sur des consultations privées au sein de l’hôpital. J’étais déçue parce que de mon côté j’avais fait ce qu’il fallait. Bref, rien de très grave mais ça laisse un goût amer. Je me suis inscrite au cours de préparation à l’accouchement proposés au sein de l’hopital. Nous étions une quinzaine de mamans à chaque fois et avec le recul, je me dis que je n’avais rien compris à l’utilité des cours ni àa ce qu’il s’y passait. Je n’ai donc pas réutilisé les exercices de respiration, les positions etc… pendant mon accouchement.
Je n’étais pas stressée par cet accouchement, la seule chose qui m’angoissait était que je risquais d’accoucher prématurément à 6 ,5 mois. J’ai finalement tenu jusqu’à 37 semaines. J’ai commencé par avoir des contractions à la maison pendant toute une journée puis j’ai perdu les eaux à la maison, nous sommes donc partit à la maternité. J’ai expliqué par l’interphone que je perdais les eaux mais la personne qui m’a accueilli n’écoutait pas ce que je lui disais. Elle m’a ouvert la porte et m’a fait patienter dans la salle d’attente. Ensuite une sage femme s’est occupée de moi (très agréable). Elle m’a prévenu qu’il y avait un changement d’équipe et que ce serait une collègue qui m’accoucherai. La collègue est venue quelques temps après et m’a proposé de prendre une douche, ce que j’ai fait. Ca m’a fait beaucoup de bien. Le col ne se dilatait pas, je suis restée allongée sur le dos tout ce temps. Quelques heures plus tard, on m’a posé la péridurale. Mon mari a dû patienter dans une salle et personne n’est revenu lui dire qu’il pouvait le rejoindre. Je suis restée près de 3h00 seule dans la salle d’accouchement ( sans mon mari ni visite du personnel de l’hopital). Quand mon marie m’a rejoint, j’étais toujours sur le dos, on m’a dit de dormir. Chose que je n’ai jamais pu faire, j’avais le tensiomètre qui se gonflait toutes les quelques minutes et me gênait vraiment. Après une nuit de veille, une nouvelle sage femme pas aimable du tout vient me voir et me dit de ne pas rester allongée mais refuse de m’aider à m’asseoir. J’avais une péridurale fortement dosée et ne sentait plus mes jambes. 2h00 plus tard elle revient me voir et insiste, elle a alors accepté de m’aider avec mon mari. En m’asseyant le cathéter de la péridurale a été déplacé, je me suis retrouvée pendant des heures encore à avoir mal du coté gauche car toute la péri partait à droite. L’anesthésiste ne me croyait et me remettait des doses de péridurale en me disant « ça fait mal un accouchement ma petite dame !!». Quelques heures plus tard il a compris que le cathéter était déplacé et me l’a remis en place. J’ai été soulagé. Il m’a aidé à me coucher sur le côté droit ( et non le gauche) ce qui m’a permis de dormir 45 minutes et la tête de mon bébé appuyant tellement bas, je me suis réveillée. Nous avons appelé la sage femme. J’ai commencé à pousser. 40 minutes se sont écoulés mais mon fils n’arrivait pas à sortir. La sage femme m’a dit,j’appelle l’obstétricien pour faire une expression. En réponse à ma question « qu’est ce que ça veut dire ? », je n’ai obtenu qu’un « on va chercher le bébé depuis le fond de l’utérus ». moi qui ne suis pas du tout du secteur médical, ça ne m’a pas évoqué grand-chose. Quand le médecin est entré et a dit à mon mari de sortir « sinon vous allez me peter la gueule monsieur ! » J’ai commencé a vraiment paniquer. Je me suis demander e qu’on allait me faire. L’obstétricien est monté sur la table d’accouchement et a appuyé sur mon ventre avec ses avant bras. Il était « mort de rire ». Je hurlais de douleur, je sentais mes cotes pliées et le sang qui me montait à la tête. J’ai cru tomber dans les pommes. J’ai perdu pied et j’ai demandé à tout arrêté. Le seul geste bien qu’il a eut a été de mettre ma main sur les cheveux de mon fils qui arrivait. J’ai eut le courage de pousser encore une fois mais rien mon fils n’arrivait pas à sortir. L’obstétricien a donc pris les forceps et la sage femme a coupé. Mon fils est né, il était magnifique et ce moment était très intense. L’obstétricien n’a pas attendu et a été chercher le placenta. Je ne sais pas s’il craignait une hémorragie ou s’il était pressé… Il a ensuite tenu à me recoudre l’épisiotomie lui-même. Il m’a fait des points trop serrés, 2 semaines après je ne pouvais toujours pas m’asseoir. J’ai fait de l’œdème et une infection. Quand je suis retournée aux urgences gynécologiques, il m’a reçu de façon inacceptable. On m’a fait patienter 20 minutes les pieds dans les étriers. Il est entré dans le bureau sans même me dire bonjour. Il a passé des coups de fils professionnels. 20 minutes après il a regardé ma cicatrice et m’a donné une bouteille de Daquin en me disant que c’était son jour de bonté !!! J’avais envie de l’insulter mais j’étais tétanisée par le souvenir de lui m’accouchant comme un sauvage. Mort de rire en pratiquant des gestes ressentis comme violents et non expliqués. J’ai vécu mon accouchement comme une agression. Je suis restée traumatisée pendant de longs mois. Je faisais des cauchemars. J’ai aussi dû subir une intervention à cause de cette épisio ratée.
Dans le service de maternité j’ai été plus tôt bien traitée mais j’ai été gênée du fait que le personnel n’a pas la même formation concernant l’allaitement, j’étais un peu perdue. De plus le pédiatre n’avait pas remarqué le filet de langue qui gênait la succion de mon fils. Il a dû subir une intervention sous anesthésie générale à 8 mois.
Bref tout ça a été traumatisant, invasif et hors de prix pour la sécurité sociale !!!!
Quand je suis retournée voir le gynéco qui m’avait suivie à l’hôpital et que je lui ai expliqué comment c’était passé mon accouchement, il m’a répondu qu’il ne fallait pas exagérer. Je lui ai dit que je ne reviendrais jamais accoucher chez eux. Il m’a répondu que je pouvais car l’obstétricien qui m’a accouché ne travaillait plus là. Que dois-je comprendre ???

Pour ma fille en 2013, j’ai choisi une clinique en Seine Saint Denis(93).J’ai été suivie dés le début de ma grossesse par un des gynécos de la clinique. Il était très sympathique mais a fait juste le suivi. Il ne m’a pas informé sur les cours de préparations etc… J’ai dû chercher les informations moi-même. Aux cours de préparation nous étions 3 à 6 mamans selon les séances et il y avait aussi un entretien individuel avec la sage femme. Ces cours ont été précieux pour moi. J’ai été rassurée, j’ai eu l’occasion de parler de mon 1er accouchement et avoir des explications sur ce qui c’était passé pour être mieux préparée et comprendre l’utilité des positions et de la respiration. Ma fille est née à 39 semaines, l’accouchement a duré 6h. J’ai géré le plus possible à la maison avec les différentes positions apprises et la respiration et je suis arrivée à la maternité avec un col dilaté à 5 cm. J’ai demandé à être sur le coté gauche pour le monitoring mais la sage femme n’arrivait pas à capter le cœur de ma fille donc je suis restée sur le dos. Les douleurs étaient très fortes mais les contractions étaient de moins en moins régulières. Quand l’anesthésiste est arrivée, j’étais à 8-9 cm. Je suppose qu’on m’avait injecté des hormones de synthèse pour accéléré le travail car les contractions n’étaient plus efficaces. J’aurais aimé qu’on m’explique ou du moins qu’on me le dise. J’ai pensé qu’on ne me mettrait pas la péridurale mais l’anesthésiste me l’a posé. J’ai perdu les eaux alors que l’anesthésiste allait me piquer. La douleur était très intense et au final la péri n’a eut aucun effet… Si c’était à refaire je ne prendrais pas la péridurale. Le moment de la pose de la péridurale a été le plus douloureux de tout cet accouchement. Ensuite j’ai accouché très facilement sans péridurale d’un joli bébé. Cet accouchement m’a permis de me sentir accomplie en tant que maman. J’ai accouché moi-même, bien que ce ne fût pas parfait, je suis très fière de moi. J’ai été actrice alors que pour le premier, j’ai subi.

Après mon premier accouchement je me suis longtemps demander comment je pouvais intervenir pour des futures mamans ne subissent pas d’accouchement similaires au mien. Alors j’en parle autour de moi aux copines, aux gens que je rencontre et faire ce témoignage a donc beaucoup de sens pour moi. En espérant que les choses bougent en France.
Une précision que je souhaite ajouter, pour les 2 maternités, on nous avait parlé de l’accouchement sur le côté lors de la préparation, hors les sages femmes qui accouchent dans ces maternités refusent de le faire car elles n’y sont pas formées.

Marie – Juin 2011 – naissance d’un premier bébé en toute rapidité – Loire Atlantique

6 Juin

Un accouchement comme je le souhaite à toutes les mamans.

2h08 : réveil en plein milieu de la nuit, tout d’un coup ultra-réveillée. Je ne mets que quelques secondes à réaliser que je viens de perdre les eaux dans mon sommeil (profond).

Aucune douleur d’avant-garde (si ce n’est des mini contractions régulières depuis 48h mais non douloureuses).
Je me glisse hors du lit et file prendre une douche. Je réveille mon mari en douceur en lui disant que rien ne presse mais que nous allons devoir partir à la maternité.
Un petit coup de fil pour les prévenir de notre arrivée, nous partons par cette chaude nuit d’été dans la campagne.
Les 25 premières min de trajets se passent bien … les 5 dernières moins – je n’aurai jamais cru qu’une poignée de voiture pouvait être si résistante.

Arrivés à la maternité à 3h15, nous ne prenons pas les escaliers (pour une fois) mais l’ascenseur et retrouvons la sage-femme de garde qui nous accueille et nous installe rapidement dans la minuscule salle d’examen pour m’ausculter. Surprise, elle relève la tête et me dit « vous êtes à 9 … heu je revérifie » (je pouffe de rire, pensant à une blague 😉 ).
Mais non, elle confirme, totalement dilatée, on va pouvoir passer en salle de travail.
Toutefois cette nuit semble propice aux accouchements puisque les 2 salles médicalisées sont déjà occupées par 2 mamans sous péridurales.
Un peu inquiète, la sage-femme me demande si j’avais envisagé la péridurale et semble rassurée quand je lui indique que dans la mesure du possible je préférai m’en passer … « tant mieux » répondra-t-elle … (j’imagine qu’en chambre de pré-travail – moins médicalisée – il n’est pas très envisageable de poser une péridurale …).
Traversant le couloir entre 2 contractions que je gère en faisant le dos rond, la sage-femme me demande de m’allonger sur le lit.
Mon mari toujours à mes côtés, 40 min vont se passer avant que notre fils n’arrive. 40 min où la sage-femme ne vas pas me « lâcher », elle restera présente à mes côtés pour m’aider, m’aiguiller et m’accoucher car j’étais – je dois bien l’avouer – préparer à beaucoup de chose mais pas à accoucher en moins de 2h de temps !
Mon bébé à grosse tête demandera une épisiotomie (avec mon consentement) pour sortir … et résultat quelques secondes plus tard il était dans mes bras.
Une hémorragie à la délivrance impeccablement gérée par la sage-femme (pas de perfusion posée à mon arrivée, elle m’a donc piquée et passée les produits adéquats dans la foulée), quelques points fait avec délicatesse et mini-anesthésie locale.

4h de peau à peau avec mon petit bonhomme, à regarder le jour se lever … à savourer plutôt ! Pendant qu’on me transfère en début de matinée dans notre chambre, mon mari accompagne notre petit bonhomme pour être mesuré / pesé et habillé. Pas de bain inutile, pas de gouttes dans les yeux, aucun acte invasif et toujours accompagné d’un parent …

« Trop rapide » et surprise, c’est ce que nous en ressortirons quelques jours plus tard quand la sage-femme passera me voir en suite de couche … Un travail de poussée un peu long et fatiguant (40 min), à peine efficace et sûrement prématuré mais ni moi ni la sage-femme ne nous attendions à ce déroulement !

A refaire : rester quelques temps de plus debout pour faire descendre mon fils dans le bassin et attendre de ressentir cette envie de pousser (que je n’ai jamais eu).

Je recommande à beaucoup de femmes dans mon entourage notre maternité, petite maternité tranquille, où le personnel est unanime (discours allaitement, cododo, …) , à l’écoute, impliqué, … pendant toute ma grossesse, l’accouchement, le séjour à l’hôpital et même après, un vrai point positif dans toutes ces souffrances d’accouchements !

naissance d’ Ema et Elisa – Corse

12 Mar

Naissance d ‘ Ema:

Ma grossesse a était parfaite! Sans aucun symptôme désagréable, mon accouchement était prévus le 07/11/2007. Et elle a attendue jusqu’au jour J….
Mon accouchement a même était déclenché à 10h00.
Tout c’est très bien passé, les contractions sont arrivées assez vite, assez légères au début puis très vite tout c’est accélérer , mon col c’est dilaté plus vite que prévus, je suis alors allé en salle de travail, arrivée à 7 de dilatation j’ai enfin eu une péridurale avec une pompe, j ai donc pu gérer comme je le sentais…
Puis, tout c’est passé très vite,j ‘étais seule en salle de travail quand j ai sentie que ça poussait très fort et que ma fille descendait , alors j ai appelé parce que je sentais que mon bébé arrivait, (premier enfant donc j était sensé en avoir pour un moment!) et personnes ne venait… Finalement une sage femme a finit par arriver et c’est rendue compte que la tête de ma fille était bien la et elle m a installée !!!
J ‘ ai eu très peur que personne ne vienne!!!
Et ma petite est née a 13h52 ,3kg250 et 48,5cm!!!
La sage femme a mis ma petite au sein dans les minutes qui ont suivies, je voulais absolument allaité, et tout c’est très bien passé ( malgré les petits bobos des débuts d allaitement) et le personnel médical a était d un très grand soutien en ces débuts d allaitement.

Naissance d Elisa:

Pour ma seconde princesse, la naissance était prévus pour le 05/12/2012, tout a était plus compliqué, dèjà, tous les symptômes de début de grossesse étaient présents!!
Mais tout est rentré dans l ordre a la fin du premier trimestre; puis, a 5 mois de grossesse, j ai eu des contractions, donc nous sommes monté à la maternité, heureusement rien de grave et je suis repartie avec des cachets …
Rebelote à 30SA, mais cette fois, c’est plus grave, ils me gardent, mon col est ouvert à 2 doigts, je suis donc perfusée et est droit à des injections de cortisone pour les poumons de ma fille.
Après 1 semaine et une echo de contrôle, (qui indique aussi que ma fille est en siège décomplété pour l instant) , je rentre chez moi sous traitement, monitoring 2 fois par semaine et repos total obligatoire…
Arrive enfin la semaine 37, fin des monitoring, fin de la MAP, mais aussi fin de mes longues discutions avec ma sage femme!! ET surtout mon échographie du 8eme mois!

Nous y voila, j’ai beaucoup sentie bouger mon petit ange, j ai espoir qu elle se soit retourner, et mon obstétricien m annonce que ma petite a bien bougé mais pour se mettre en siège complet!! Et qu en plus de ça, mon col était effacé!
Il m envoie donc d urgence faire une pelvimétrie et ensuite au bloc des naissances discuter avec les sages femmes des résultats et de ce qui était envisageable…
Les résultats étaient très bons, les sages femmes m’ ont dit que la voie basse était possible, seulement si je m en sentais capable, que ça pouvait être long puisque mon bébé arrivait par les pieds donc appuyer moins sur le col, et qu il ne devait pas rester coincé une fois le corps sortie…. De toute façon toute l équipe médical est la au cas ou il y est un problème, mon obstétricien, sage femme, anesthésiste et bien sûr, le pédiatre…
Je rentre donc chez moi, confiante ; quinze jours plus tard, rebelote, contractions régulières toutes les cinq minutes, donc c est partit, je me présente au bloc, on installe le monitoring, les contractions sont bien la , mon col toujours a deux, ils décident de me garder, parce que la poche des eaux peut rompre et il y a aussi le risque a ce moment la d une procidence du cordon….on attend mais les contractions s arrêtent au petit matin , mon col n a pas bougé donc je rentre.

J ‘ai le droit encore à beaucoup de contractions irrégulières et non douloureuses, et enfin le 30/11 vers 16h les contractions deviennent régulières mais toujours non douloureuses, je décide donc de ne pas monter à l hôpital, elles durent ne devienne pas plus douloureuses mais vers 22h je préfère monter quand même , vérifier si la petite va bien car elle bougeait beaucoup et j avais peur que quelque chose cloche.
On se réinstalle en salle de pré-travail, j explique mon dossier, monitoring, contractions ok, elle m’ osculte, je lui dis que je crois que la petite a essayer de se retourner, j ai sentie sa tête plus basse à un moment… Et elle me répond qu on va faire une écho de contrôle parce qu elle sent un membre, il se peut qu elle soit maintenant en transverse, mon col est à 3 doigts larges et je suis bien en travail, mais là pas de possibilité autre que la césarienne… Je suis un peu paniquée , je m était préparée à un siège et voila qu on m annonce ça!! Echo faite, la petite est en siège complet , ouf !!
Elle me dit qu on attend avant d appeler mon obstétricien, parce-que ça risque d’ être long, on doit garder la poche des eaux pour appuyer à la place de la tête, je vais pour l instant aller en chambre en attendant que mes contractions deviennent douloureuses.

Mon compagnon prend mes affaires et nous voila encore une fois dans cette chambre!! Comme nous habitons a 15mn de l hôpital il a le droit de rester avec moi dans la chambre.
Vers 23h00, nous sommes allongés entrain de regarder la TV , il me dit « rho lala ça va être long!! De toute façon tu n’as pas la tête de celle qui va accoucher!! » je rie et à ce moment là, on entend un gros bruit , comme une bouteille de champagne qu on débouche! Il me regarde et me dit  » c’est la poche des eaux?? » Je balbutie un petit » je crois », me lève et là c’est une rivière!! Il va vite chercher une sage femme, elle arrive, est très calme, mais moi je me met à trembler, les contractions arrivent très fortes, ça coule je suis trempée elle me demande les affaires pour la petite, mais elle sont dans la voiture, mon compagnon n a pris que les miennes!! ( on ne pensais pas accoucher si vite!!) elle l engueule un peu « vite!! deuxième bébé, poche des eaux rompue, vous allez manquez quelque chose!! » Pendant qu il va les chercher , elle m autorise a prendre une douche vite fait, mais je commence a avoir vraiment mal…
Je me met a pleurer, je tremble encore plus, je pense a la procidence du cordon , le siège, j ai peur je ne suis pas prête!! Mais la sage femme me réconforte, mon compagnon arrive, nous prenons les affaires et c’est parti… On peut me suivre a la trace!!

La, tout va très vite, elle m osculte , je suis à 6, direction la salle de travail, l anesthésiste arrive peu après, il est 23h20 et il est de mauvaise humeur!!
Il me crie dessus qu il a envie de rentrer chez lui, que je ne dois pas bouger, mais il me fait vraiment mal et de toute façon je n’ arrive pas à arrêter de trembler!
La sage femme est avec moi et me parle doucement, je l écoute elle, pas lui, je me concentre sur ce qu elle me dit, et lui s en va…
Je suis à 8 , elle me dit qu on ne va pas tarder a s installer il ne faut pas traîner, mon obstétricien a était appelé, mais il n est toujours pas là, il y a avec moi mon compagnon, et des aides soignantes, quand je sens poussé très fort, elle est là, elle arrive, je dit à mon compagnon de regarder et il appelle très calmement  » S’il vous plaît, il y a un pied!! » là, elles se mettent toutes à appeler la sage femme, elle arrive je pousse et je sens une jambe, la deuxième, puis le corps passer, il ne reste que la tête, la sage femme me dit  » ALLEZ faut pousser très fort!! Elle ne peut pas rester comme ça!!! »
Elle doit faire une petite manoeuvre pour aider à faire sortir la tête, mettre ses doigts dans la bouche du bébé pour bien appuyer sa tête, et appelle sa collègue en disant  » viens vite je n y arrive pas!!  »
Sa collègue arrive vite et c’est partie « POUSSEZ FORT!!! »
Mon compagnon m encourage aussi, c’est l effervescence dans la salle, il faut se dépêcher, je pousse fort, pourtant j ‘ai l impression de ne pas y arriver, je sens un crie remonter dans ma gorge en même temps qu’ une sorte de rage qui me permet enfin d expulser mon bébé et c’est bon, il est 00h04 et elle va très bien, elle est enfin sur mon ventre, si belle , si calme.. Une des sages femmes demande à mon compagnon de couper le cordon, mais trop tard, c’est fait par la seconde…Petit pincement au coeur.. et finalement ni obstétricien( il était sur le parking), ni pédiatre… On a eu de la chance!!
La sage femme s’ occupe de mes soins, ma fille est toujours dans mes bras, je n ai que deux petites griffures, et on met mon bébé au sein, elle tète tant et plus, tout va bien!! Elle reste là, bien 1/2 heure avec nous, puis ils l emmènent faire les soins avec mon compagnon, la sage femme lui fait recouper le cordon, vraiment très sympa!
3kg 725 et 51 cm!!
Il me la ramène aussi tôt les soins terminés, et l installe au deuxième sein.

Dans les deux cas, mon compagnon, mon bébé et moi-même avons était respecté en salle de travail ainsi que pendant notre séjour à la maternité, et j’ ai été guidée et soutenue pour mon allaitement et pour mes deux accouchements, je recommencerais sans rien changer!! ( sauf l’ anesthésiste!!)