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#321 – 2 naissances au Québec en 2008 et 2011

7 Jan

récit en plusieurs étapes

24 janvier 2011
J’écris ces lignes alors que je devrais dormir. Mon homme est parti pour une heure avec notre petite Charlotte qui aura 3 semaines demain. Il voulait que je me repose. Notre grande Zoé (2 ans) est à la garderie.

Mes deux filles, mes enfants. La première, issue d’une grossesse euphorique et insouciante, la deuxième, d’une grossesse angoissée et fatiguée de travailler à temps plein en m’occupant d’un petit monstre à l’aube de son terrible two et en faisant pousser des petits pieds. Deux êtres qui sont mon plus grand accomplissement : je les ai quand même conçues et portées et je les éduque du mieux que je peux. Deux petits êtres qui sont aussi mon plus grand échec : malgré toute ma bonne volonté, je n’ai pas été capable de les mettre au monde ni de les allaiter exclusivement.

Même si j’ai rencontré les deux au début de ma première grossesse pour faire un choix éclairé, la décision d’être suivie par une médecin généraliste ou une sage-femme s’est prise toute seule. Dès que j’ai mis les pieds à la maison des naissances, j’ai su que c’est dans un environnement comme celui-là que je voulais vivre un des événements les plus importants de ma vie, celui ce mettre au monde mon premier enfant. Je n’avais alors aucun doute en ma capacité d’accomplir ce que des millions de mammifères femelles font depuis la nuit des temps. Il allait aussi de soi que j’allaiterais. Ce n’était pas un choix, mais une évidence. Je trouvais les hauts taux de césarienne alarmants au Québec et même si je savais en théorie que certaines de ces chirurgies étaient nécessaires, j’y voyais surtout l’impatience du personnel médical et sa volonté à tout vouloir contrôler. En choisissant d’être suivie par une sage-femme, je me sentais, à tort, à l’abri.

J’avais bien sûr la crainte de devoir être transférée, particulièrement quand j’ai vu le symbolique 42 semaines approcher à grands pas. Finalement, le travail a commencé « naturellement » alors que, désespérée, je tentais de stimuler mes mamelons au tire-lait manuel à 41 semaines et 5 jours et demi, c’est-à-dire à un jour et demi d’une menace de déclenchement. Il était 22 h. J’étais encouragée lorsque les membranes ont rompu vers 4 h du matin. Vers 8 h, mes contractions étaient plus rapprochées et le premier examen de la sage-femme était encourageant, j’étais déjà dilatée à 6 cm. On est donc partis, mon homme et moi, pour la maison des naissances, certains que ce ne serait qu’une histoire de quelques heures. Mais l’examen vaginal (très douloureux, une façon de me sortir de ma bulle à coup sûr), le fait de quitter la maison et le trajet de 30 minutes ont sensiblement ralenti le travail. Malgré tous mes efforts pour changer de positions, utiliser la gravité, rester active, il m’a fallu près de 12 heures à atteindre 9 cm de dilatation. J’attendais alors avec impatience l’envie de pousser qui devait être imminente, mais à sa place est venue l’inquiétude sur le cœur fœtal qui s’emballait de temps à autre. Vers 22 h, la sage-femme nous a dit que j’avais fait tout ce que je pouvais, mais qu’il nous faudrait plus pour faire sortir le bébé qui commençait à montrer des signes de fatigue. Elle ne voulait pas me décourager, mais j’ai appris par la suite que la dilatation avait régressé d’un centimètre. Moi qui avais jusque-là réussi à gérer la douleur d’une façon qui nous surprenait tous les deux, mon homme et moi, je me suis aussitôt effondrée à l’idée d’être transférée à l’hôpital. Je ne savais pas encore ce qui m’attendait, mais déjà j’avais l’impression d’avoir échoué. Tellement, que je ne me souviens même pas avoir eu vraiment peur pour le bébé. Toute mon attention était centrée sur ce constat : je n’étais pas à la hauteur. Les événements survenus à l’hôpital ont été encore pires que ce je craignais. On a d’abord essayé le Pitocin, même si le gynécologue de garde estimait à 5 % les chances que ça fonctionne. J’ai demandé une péridurale. J’aurais toléré mes propres contractions pendant des heures sans broncher, mais l’idée de devoir supporter des contractions artificielles semblait psychologiquement au-dessus de mes forces. Voyant qu’il n’y avait toujours pas de progrès après une heure (j’ai su par la suite que la tête du bébé était défléchie, ce qui l’empêchait de s’engager dans le bassin et d’ainsi finir de dilater le col), je me suis résignée à signer l’autorisation pour la césarienne avec l’impression de m’enfoncer un tire-bouchon dans le cœur, pour citer Bob Dylan. Ils ont alors augmenté la dose de péridurale pendant que mon homme s’habillait pour assister à la chirurgie. Finalement, ils ne l’ont jamais laissé entrer. On m’a demandé à quelques reprises si je le sentais lorsqu’on appuyait sur mon ventre… puis je me suis réveillée. J’ai alors compris qu’on m’avait endormie et que mon bébé était née sans moi. On ne m’a pas demandé mon consentement pour cette anesthésie générale, ni même informée qu’on allait procéder ainsi. Mon dossier médical, que j’ai consulté par la suite, ne permet pas de comprendre où était l’urgence. Il y est noté : « AG (péri inadéquate) », tout simplement, et aucun monitoring du cœur pendant cette étape n’est rapporté. L’hypothèse la plus probable est que monsieur l’anesthésiste s’est fait réveiller en pleine nuit et qu’il n’a pas eu la patience d’attendre. Je me suis réveillée avec un ventre sans sensation que je devinais vide, seule, hormis des infirmières inconnues qui me croyaient encore endormie et qui discutaient de ma « belle petite fille », alors que j’avais spécifié vouloir moi-même découvrir le sexe du bébé. Lorsque j’ai été en mesure de parler, j’ai demandé à voir mon homme et mon bébé, ce qu’on m’a refusé, puisque mes jambes étaient toujours endormies (oui, la péridurale avait fini par embarquer!), ce qui bien entendu était pour moi un non-sens total, mais j’étais trop faible pour argumenter. Ce fut le début de notre vie de famille. Tom dans une pièce, Zoé dans une autre et moi dans les vapes. Génial. On dit que la première heure est critique pour l’attachement mère-enfant et l’allaitement. Et bien dans mon cas, cette séparation de plusieurs heures à la naissance s’est soldée en plusieurs semaines à n’aimer ma fille qu’en théorie et en une lactation qui malgré tous mes efforts, n’a jamais été suffisante pour allaiter exclusivement.

Je savais dès la naissance de Zoé que je voulais un AVAC pour la prochaine grossesse. Le gynécologue se faisait encourageant, il ne voyait même pas d’objections à ce que je sois encore suivie pas une sage-femme, ce qui est bien, considérant que plusieurs d’entre eux proposent encore systématiquement des césariennes itératives. J’ai dès lors commencé à m’informer sur l’AVAC. Encore une fois, je n’ai pas eu à prendre de décision, c’était pour moi la seule option envisageable. J’étais seulement contente que mes lectures viennent confirmer à ma tête ce que mes tripes sentaient déjà : l’accouchement vaginal était dans la plupart des cas (dont le mien) la façon la plus avantageuse et sécuritaire de donner naissance, même après une césarienne. J’espérais aussi que cela viendrait en partie réparer mon premier accouchement raté, me confirmant ainsi que j’étais une vraie femme, capable de donner naissance et, je l’espérais, de nourrir mes enfants.

Je suis tombée enceinte une première fois lorsque Zoé avait 11 mois. Une semaine de bonheur. Je ne saurai jamais si c’est mon corps qui n’a pas su le garder ou si c’est le petit qui était mal formé ou qui n’a pas tenu le coup, mais pendant quelque temps, il a existé dans mon ventre un petit amas de cellules que je ne connaîtrai jamais. Pourtant, il m’aurait appelé « Maman »…

Les quelques cycles suivants viendront avec des règles amenant un nouveau genre de déception. Ce n’est plus juste la hâte d’être enceinte, mais aussi la peine de ne pas l’être. Quatre mois plus tard, ça y est de nouveau. J’avais décidé d’attendre deux semaines de retard pour faire le test afin d’avoir au moins dépassé le stade de la grossesse précédente, mais je flanche au bout d’une journée. Je suis trop fébrile, j’ai peur de ne pas être enceinte et en même temps, j’ai peur de l’être et de le perdre à nouveau. Je décide donc d’éliminer au moins une des peurs, et voilà! un beau « + » rose sur un bâtonnet de plastique blanc.

24 août 2011
Charlotte s’est endormie dans l’auto et je suis assise sur le siège passager en attendant qu’elle se réveille. Elle aura 8 mois dans une dizaine de jours. Je viens de tomber sur mon récit inachevé. C’est un bon moment pour le continuer.

J’ai passé le premier trimestre enceinte de Charlotte à angoisser. J’avais peur de perdre mon bébé une seconde fois et j’ai eu une frousse lorsqu’il y a eu des cas de 5e maladie à la garderie de Zoé et qu’il a fallu 3 semaines avant de savoir si j’étais immunisée. Mais plus encore, j’angoissais au sujet de la naissance. J’étais au bureau, incapable de me concentrer sur mon travail, à chercher des articles scientifiques sur l’AVAC.

La naissance de Zoé tourne en boucle dans ma tête et j’arrive toujours au même point de départ. Si j’étais restée à la maison, ça se serait peut-être passé autrement. C’est aujourd’hui tellement évident que l’accouchement à domicile est la meilleure option. Je m’en veux d’avoir choisi la maison des naissances seulement pour le luxe de ne pas avoir à gérer le ménage et les repas pendant deux jours. J’en veux aussi à ma sage-femme de ne pas avoir confronté mon choix. Je lui avais pourtant fait part du fait que ma seule crainte était d’être transférée et elle n’aurait eu qu’à me dire qu’il y avait plus de transferts en maison de naissance qu’à domicile, que le trajet cause souvent un ralentissement du travail, pour que je brandisse mon stylo en disant « Où est-ce que je signe? »

Ma sage-femme (la même) m’informe que l’Ordre des sages-femmes émettra de nouvelles recommandations concernant les AVAC à l’automne. Je ne saurai donc pas avant le 3e trimestre si je peux espérer un accouchement à domicile, ou même avec une sage-femme. Je devrai aussi attendre à 36 semaines de grossesse pour faire mesurer ma cicatrice afin de voir si le risque de rupture utérine est acceptable. Cette étude est encore expérimentale, mais après quelques recherches, je trouve que c’est prometteur. Si tout est favorable, ça me donnera un argument en défense de l’AVAC si je dois terminer mon suivi à l’hôpital et j’aime l’idée de contribuer à faire avancer la recherche sur l’AVAC.

Finalement, l’Ordre des sages-femmes ne change pas ses directives. Une bonne chose de réglée, mon accouchement à domicile n’est pas compromis. Ma sage-femme principale quitte la région et j’en ressens un grand soulagement. Je repars vraiment à neuf. L’environnement, le personnel présent, tout sera différent du contexte entourant la naissance de Zoé.

Je « magasine » entre-temps une accompagnante (doula). Je croyais avant que ce rôle était entièrement assumé par la sage-femme, mais je comprends maintenant qu’un biais venant de leur formation médicale et de leur responsabilité est inévitable. J’ai besoin d’une personne dont la seule fonction est de m’assurer une présence réconfortante, à l’abri des considérations médicales. Les accompagnantes sont rares dans la région, mais je finis par choisir Cathy (nom fictif). On partage la même vision et le fait qu’elle ait vécu elle-même de beaux accouchements légitimise mon désir d’en vivre un.

Je fais plusieurs lectures : témoignages sur l’AVAC, récits d’accouchements naturels… J’essaie aussi de me garder en forme. Je marche pour aller travailler. J’ai quelques rendez-vous en ostéopathie afin de favoriser une bonne mobilité du bassin.

À 36 semaines, nous nous rendons à Québec pour la mesure de cicatrice. Je suis très angoissée, mais finalement, les résultats sont excellents. Le risque de rupture est faible et même si j’ai catégoriquement refusé qu’on chiffre mes chances de succès (ou qu’on me donne un estimé du poids du bébé), le gynécologue responsable de l’étude est très optimiste. Je suis encouragée.

Mon accompagnante et ma sage-femme m’incitent à faire des exercices de visualisation de l’accouchement. C’est très difficile pour moi qui suis une personne rationnelle ayant peu d’imagination, mais je m’y exerce.

J’arrête de travailler à 38 semaines de grossesse. Je suis énorme, j’ai de la difficulté à marcher et j’ai vraiment hâte que le travail commence. Je n’ose pas encore parler d’accouchement, je trouve ça présomptueux. Je parle plutôt de la naissance ou de l’arrivée du bébé, mais je commence vraiment à croire que ça se passera bien.

J’ai cependant peur de dépasser le terme. Le gynécologue que j’ai vu pour la mesure de ma cicatrice était plus encourageant que ce que je croyais concernant les déclenchements. Ce n’est pas contre-indiqué si le col est complètement effacé et dilaté à au moins 2 cm, mais je ne suis pas encore là. J’ai accepté le décollement des membranes à partir de 39 semaines (même si je suis contre en théorie), parce que cela réduit les risques de dépassement et que je ne veux pas ajouter une source de stress.

À 40 semaines et 4 jours, je me lève pour aller aux toilettes vers minuit. Je constate qu’il y a beaucoup de liquide. Les membranes ont rompu. Je suis d’abord soulagée. Cette fois-ci, je n’aurai pas le stress d’approcher les 42 semaines. Mais je réalise rapidement que le compteur commence à tourner. Si le travail ne commence pas dans les 24 prochaines heures, il faudra me transférer à cause des risques d’infection (sont-ils vraiment documentés?). J’appelle Louise (nom fictif), la sage-femme qui est de garde. Elle vient m’examiner. Il n’y a pas de progrès depuis le dernier décollement. Elle nous conseille d’essayer de nous reposer pour l’instant et d’attendre au matin avant d’essayer de stimuler le début du travail. Je réussis à dormir un peu malgré l’anxiété.

Vers 7 h, toujours pas de contractions. J’appelle Cathy pour lui faire part des derniers événements. Elle arrive chez moi environ une heure plus tard. Louise repasse aussi nous voir en début de matinée. On explore les différentes options. Je fais plusieurs séances de tire-lait électrique. Même si je suis sceptique, on se procure des granules homéopathiques et on prend même rendez-vous chez l’acuponcteur. On s’y rend à pied, espérant que le mouvement et la gravité feront leur œuvre. Je craque pendant la première séance. Ça fait deux ans que je me prépare pour ce grand moment, pour enfin avoir une chance de me racheter. Pourtant, je n’aurai peut-être même pas l’opportunité de l’essayer! Cathy et Louise voient ma détresse et me demandent ce qui me ferait le plus de bien à ce stade. J’ai seulement envie de prendre ma guitare et de chanter. On retourne donc à la maison et je m’installe sur le ballon avec ma guitare. Comme d’habitude, ça me fait du bien, ça m’apaise et ça libère mon surplus d’émotions. Mais je ne me sens pas du tout sur le point d’accoucher. La présence de Zoé commence à être dérangeante. Ma mère l’emmène chez mon père. J’aurai deux autres traitements d’acuponcture durant la journée, sans aucun résultat. On parle d’huile de ricin. Louise n’est pas convaincue. Elle dit que c’est violent et qu’on ne sait pas trop l’effet que ça peut avoir sur un AVAC. Je réponds qu’une césarienne, je trouve ça très violent aussi, mais en réalité, je ne suis pas du tout à l’aise avec l’idée de perdre le contrôle de mes intestins. On décide finalement de ne pas le tenter, choix que je conteste encore aujourd’hui. Louise croit qu’on serait mieux de transférer à l’hôpital en fin d’après-midi plutôt que d’attendre en pleine nuit. On risque ainsi de trouver un personnel plus accommodant. Je refuse. Si je dois transférer, ce sera à la dernière minute. En fin d’après-midi, Cathy nous suggère de monter la piscine de naissance qu’on a achetée pour l’occasion. Le fait d’être dans l’eau aura peut-être pour effet de me relaxer et de suggérer à mon corps qu’il est temps qu’il fasse son travail. On passe près de trois heures dans la piscine. Tom, que je trouvais très distant ces derniers temps, est soudainement présent. Il m’aide à faire mes exercices de visualisation. Je réalise tout de suite qu’il a été coaché par Cathy et je lui en suis reconnaissante. Les filles reviennent vers 7 h. Louise m’examine encore. Rien n’a bougé. On se met d’accord pour transférer à minuit s’il n’y a pas de nouveau. Cathy nous suggère d’aller marcher. On opte pour Rocher Blanc. C’est sur le bord du fleuve, c’est tranquille. On s’y promène pendant près d’une heure avec le vent de janvier qui pince en répétant I will give birth comme mantra. Je trouve que ça « punch » plus en anglais. Une partie de moi trouve ça ridicule, mais je n’ai vraiment rien à perdre. Finalement, on revient chez nous vers 22 h et on décide de se reposer.

À minuit, on se rend à l’hôpital. Je fonds en larmes pour la Xième fois. Louise et Cathy nous rejoignent. La gynécologue qui nous reçoit accepte d’attendre au lendemain avant de planifier une césarienne à condition que je sois sous antibiotiques pour prévenir la plupart des infections. Mais elle nous explique que cela ne sera efficace que quelques heures. On se repose un peu tous les deux collés sur le minuscule lit d’hôpital.

6 juin 2012
Charlotte a eu 17 mois il y a deux jours. Je nage dans mes souvenirs d’enfantement depuis quelques semaines. J’ai fait visiter la Maison De Naissance à une amie à nous qui aimerait y être suivie pour sa grossesse. Je me doutais que ce serait émotif et j’avais raison. Surtout lorsque je lui ai présenté les deux sages-femmes en disant que Louise  était là quand j’avais essayé de donner naissance à Charlotte et que les deux sages-femmes m’ont répondu en même temps : « Ben non, dis pas que t’as pas accouché! » (!&!*&!?*!&?!! Que je le dise ou non, un fait demeure : JE N’AI PAS ACCOUCHÉ!) J’ai justement aussi écrit un article sur les phrases plates (celle-là en fait partie) à dire aux femmes ayant subi une césarienne pour la revue En attendant bébé et je suis en train de considérer pour la première fois de porter plainte contre l’anesthésiste qui m’a endormie sans mon consentement. C’est en essayant de formuler un premier jet que je tombe sur mon récit inachevé.

Les contractions que j’espérais tant ne sont pas venues avec le matin. Nous attendons que la nouvelle gynécologue de garde passe nous voir. Mon col n’a pas bougé et la gynécologue n’a rien de neuf à proposer. Mon col n’est toujours pas assez mûr pour un déclenchement et elle reparle des risques d’infection qui supposément sont trop élevés pour attendre plus longtemps. Pourtant, ce risque n’est apparemment pas connu ni des sages-femmes ni des gynécologues. J’accepte donc une autre césarienne, parce qu’on réussit à me faire assez peur avec un risque mal documenté. J’en veux à Louise de ne pas avoir été plus informée, mais je m’en veux encore plus de ne pas avoir fait de recherche sur le sujet. J’avais prévu plein de scénarios (peut-être trop), mais pas celui-là. La césarienne est donc planifiée pour la matinée. J’ai établi un plan de naissance très clair. Il n’est pas question de reproduire le même scénario qu’à la naissance de Zoé. Au final, ce plan est loin d’être respecté dans sa totalité, mais je sens quand même que le personnel y est sensible.

8 décembre 2012
Je ne vais pas très bien. Il y a un peu plus d’un an, j’ai pris conscience que je n’avais pas à pardonner (à moi, à la sage-femme, au gynéco, à l’anesthésiste, aux infirmières, à la société et à la vie en général) ce qui s’est passé, parce que c’est à mes yeux impardonnable. Tenter d’accepter serait comme une trahison envers moi-même. Suite à cette révélation, je réussissais à garder mon traumatisme sous contrôle, sauf deux ou trois épisodes mensuels que je gérais assez bien. Mais dans les derniers mois, j’ai été confrontée à beaucoup d’autres sources de stress d’origines diverses et mes batteries sont à plat. Pendant 3 semaines, les 2-3 épisodes par mois se sont transformés en 2-3 par jours. Je voyais la dépression s’installer et j’ai eu peur. J’ai décidé de réduire toutes mes activités au minimum, de me concentrer sur l’essentiel et de revoir la psychologue que j’ai vue en trois phases déjà depuis la naissance de Zoé. En une semaine, je me sens déjà beaucoup mieux. Mais c’est de courte durée, et après un autre trois semaines, j’ai encore l’impression de sombrer. Je savais très bien que la naissance de mes filles n’était pas une histoire réglée, mais je ne m’attendais pas à ce que ça ressurgisse avec autant de force quand je suis à terre pour d’autres raisons. Comme si une bête attendait dans un coin que je sois fragile pour pouvoir mieux attaquer. Je suis très active sur la page Facebook de Momma Trauma, une page dédiée à la violence périnatale et au syndrome de stress post-traumatique suite à l’accouchement. Je m’en doutais déjà, mais c’est de plus en plus clair pour moi que c’est le bon diagnostic. Plus que jamais j’envisage de porter plainte contre l’anesthésiste en particulier et les pratiques obstétricales du centre hospitalier en général. Ce témoignage me servira de base dans mes démarches. Zoé aura quatre ans dans une semaine. C’est un bon moment pour continuer.

Je veux avoir l’assurance que je ne serai pas séparée de mon bébé et que je pourrai allaiter dans la salle de réveil. On ne peut pas me le garantir. L’infirmière dit qu’elle amènera le bébé dans la chambre de réveil si elle a le temps. Je la sens sincère et compatissante, mais elle a quand même un travail à accomplir et elle est débordée. Je mange un peu en cachette avant de me faire dire que je dois rester à jeun. Ça m’insulte. Je sais que c’est au cas où ils « doivent » faire une anesthésie générale, mais sachant très bien que ce n’est pas ce qui a arrêté l’anesthésiste la dernière fois (j’avais mangé et bu comme je voulais avant d’arriver à l’hôpital), j’ai l’impression qu’on rit de moi. On veut que je mette une jaquette d’hôpital et que j’enlève mes sous-vêtements. Je n’en vois pas la nécessité à ce stade et je trouve ça humiliant. On argumente, mais il n’y a rien à faire. C’est apparemment le protocole.

Je pars sur une civière pour la salle d’anesthésie. Je pleure silencieusement, Tom à mes côtés. Le technicien essaie de se faire rassurant : « Ben oui, je le sais que tu as peur, mais tu vas voir, ça va bien se passer. » J’ai envie de hurler que je n’ai pas peur, mais que je suis triste, fâchée, indignée, désespérée, détruite!!!!!!! Mais à quoi bon? Lui aussi, il fait juste son travail. J’insiste beaucoup pour que Tom assiste à l’anesthésie. Rien à faire. Je me retrouve encore une fois seule entre les mains du personnel médical en qui je n’ai aucunement confiance. On procède à la rachidienne. Bientôt, j’ai de la difficulté à respirer et je suis un peu paniquée. Ça ne semble pas les impressionner, ils sont habitués. Tom revient pour l’opération. On a tenté de négocier qu’il reste avec bébé si je dois en être séparée, mais que Cathy m’accompagne en salle de réveil. Là aussi, on se bute à un mur. Je devrai encore une fois vivre cette étape seule. Ils procèdent à la chirurgie. Ils sortent le bébé et cette fois, je peux moi-même découvrir que nous avons une autre petite fille. Je dois insister pour qu’on la mette sur moi tout de suite. Je crie. Tom insiste en français du mieux qu’il peut. Est-ce qu’ils font exprès ou quoi? Pas besoin de l’essuyer! Ils la déposent finalement sur mon cou pendant quelques minutes, ou quelques secondes? C’est le seul endroit de mon corps que je sens encore. Un des membres de l’équipe m’informe qu’il est en train de me mettre un suppositoire pour la douleur. La raison pour laquelle il ressent le besoin de m’en avertir m’échappe complètement. Est-ce que ça pourrait être plus humiliant? Visiblement, ce n’est pour eux que de la routine.

Finalement, je réussis à avoir ma fille quelques minutes en salle de réveil. Elle doit déjà avoir une vingtaine de minutes de vie. Ses 20 premières minutes, et je les ai manquées encore une fois! J’essaie de la mettre au sein. Elle tète un peu, mieux que Zoé à cet âge. Je suis un peu encouragée. Mais c’est de courte durée. Pas plus de 24 heures plus tard, je commence déjà à angoisser au sujet de la montée laiteuse. L’accouchement que je désirais tant n’a pas eu lieu. Je suis très consciente qu’il me faudra ajouter un autre deuil par-dessus celui de la naissance de Zoé, mais je n’ai pas le temps d’y penser pour l’instant. Je dois me concentrer sur l’allaitement. Je sais très bien que la montée laiteuse peut prendre plusieurs jours et encore plus dans le cas des césariennes, mais ça ne m’empêche pas d’entrevoir le pire. Au bout de deux jours, on m’informe que ma fille fait de l’hypoglycémie et qu’il « faut » commencer à la supplémenter. Après, c’est une jaunisse. Il lui « faut » de la photothérapie. Je suis très consciente que si elle était née à la maison comme prévu, tout cela aurait pris des proportions moindres. On m’aurait encouragée à allaiter plutôt que de s’énerver avec des tests bidon. Mais je n’ai pas l’énergie pour argumenter. On rentre chez nous au bout de quatre jours. Je n’aurai finalement pas de montée laiteuse encore une fois. Césarienne, séparation mère-bébé, stress, fatigue, grand état de tristesse et d’angoisse. Pas exactement un départ optimal une fois de plus.

En résumé, je croyais que mon corps était fait pour enfanter et que la naissance de mes enfants ferait les plus beaux jours de ma vie. Ce fut les pires. Je croyais que comme tous les mammifères, je nourrirais mes enfants exclusivement de mon lait pendant leurs premiers mois de vie. J’ai persévéré avec l’allaitement mixte (préparation commerciale et don de mes amies) au DAA, en tandem même, et je suis fière de dire que je les allaite encore toutes les deux aujourd’hui. La dimension affective est clairement prédominante sur la dimension nutritive, mais bon, c’est une petite victoire dans un océan d’échecs et de déceptions.

Nous avons décidé, pour plusieurs raisons, de ne plus avoir d’enfants. J’essaie de me faire à l’idée que je ne connaîtrai jamais ce que c’est de mettre au monde son enfant et d’avoir un départ optimal pour l’attachement et l’allaitement. Maintenant que cet espoir n’est plus, il ne me reste que la colère, la tristesse, la culpabilité et le ressentiment. Je sais que c’est cliché, mais je ne suis pas prête à les laisser aller. Voilà.

10 novembre 2013
Je me trouve présentement dans un chalet sur le bord d’un lac. Je fais une retraite de  48 heures avec 1 seul point à l’ordre du jour : terminer de rédiger ma plainte. Quelle bonne idée j’ai eue! Je procrastine depuis beaucoup trop longtemps en me disant que ce n’est pas le moment de me mettre à terre. Évidemment, il n’y a jamais de bon moment pour ça. Aussi bien en finir.

 

– Eli Blanc

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# 236 Anonyme – 1er accouchement – Val de Marne

7 Mar

Récit de mon 1er accouchement, avec du recul :

Ma DPA était au 25, mais cela faisait 1 mois que je n’en pouvais plus d’etre enceinte, mon bébé était annoncé à un poids supérieur à 4kg confirmé par 2 échographies et ma SF libérale, mais la maternité ne souhaitais pas donner un coup de pouce à la nature pour avancer l’accouchement.
Pas une seule contraction à mon actif… jusqu’au 20 au soir où elles ont commencés très légèrement.
Le 21 au matin c’était très régulier mais pas du tout douloureux, n’étant pas véhiculée j’ai profité que quelqu’un pouvais me conduire pour aller à la maternité tout de suite.

Arrivé sur place monito, touché, mon col n’est pas ouvert. On me garde pour voir si ca bouge, après plusieurs heures ça ne s’ouvre pas et les contractions diminuent.
Ma mère habitant a 2 pas de la maternité je vais chez elle avec le papa. Nous faisons un calin pour booster la nature, allons chercher un fast food, puis restons devans la TV. Les contractions sont revenues elles sont toutes les 7 minutes mais la mater m’a dis de revenir à 5 min… J’en ai marre ça persiste à 7min j’y retourne.

Monito, touché, je suis a 2 doigts et les contractions sont bien là. Au bout d’un moment comme ça n’avance pas une SF me propose de passer en salle de travail avec une perfusion pour « aider » mais il faudrait obligatoirement la péridurale dont je ne veux pas!

Il est 18h, Blasée j’accepte cette perfusion mais pas la péri, tout le monde me prend pour une folle.
Le col s’ouvre lentement, reste à 5, on me perce la poche des eaux, les heures passent et la douleur devient insoutenable, je fini par demander la péri.
La péri m’est posée 30 min passent et rien ne se passe! Ils décident de me remettre une dose de produit.
A partir de là je suis totalement anesthésiée du bas, je ne sent plus mes jambes et je suis tellement fatiguée que je ne me rappelle de rien.

Le 22, vers 4h30 on me « réveille » il faut pousser, chose que j’effectue sans rien sentir mais bébé ne veux pas s’engager, au bout d’un moment le personnel commence à s’agiter et me menace de césarienne, un médecin (celui qui restera dans ma tete le boucher) me fait une épisiotomie sans mon accord, puis la panique totale autour de moi, j’apprendrais plus tard que j’ai fais une hémorragie à l’épisio!
Il est 5h23 enfin mon bébé est là, mais je suis fatiguée je ne réalise pas.

Par la suite dans ma chambre je ne pourrais pas sortir de mon lit et ce pendant 2 jours, jusqu’à ce que les médecins réalise qu’il me faut une transfusion.
Après 3 poches de sang je re-vis, je me lève quel bonheur!
Mon bébé m’a été enlevé pour les 2 premières nuits et je souhaitais l’allaiter mais des biberons lui ont été donné sans m’en avoir parlé, ainsi qu’une tototte.
Le 3ème jour une adorable femme s’est occupé de mon allaitement et m’a aidé pour la mise au sein qui fut très difficile. J’ai pu allaiter 1 an dont 2 mois avec des bouts de seins exclusivement.

Le 5ème jour je devais sortir mais le personnel a bien faillit me faire rester alors que toute ma famille était là pour mon retour, c’est à 13h après négociations que je suis enfin sortie de cet endroit horrible… oui enfin…
C’était sans compter qu’une semaine après mon accouchement mon épisio très douloureuse se rouvrirait! Sur 4 points en surface les 2 du haut ont littéralement déchirés ma peau! Je retourne donc aux urgences maternité et là catastrophe!!! c’est le « boucher » qui m’ouvre la porte! Après hésitation il décide de me remettre des points, ceux ci finirons dans mon bac à douche le lendemain, ils se sont dénoués et mon épisio ne se refermera jamais totalement.

Anonyme

# 160 Margaux _ 2012 Aisne

25 Fév

Accouchement le 24 janvier 2012 dans un hôpital de l’aisne

Des années avant de tomber enceinte j’imaginais le jour où j’aurais un enfant. J’imaginais la grossesse : moi avec mon gros ventre, le bébé qui donne des coups et l’accouchement : un jour j’aurais perdu les eaux où alors j’aurais des contractions et je dit au papa qu’il est tant de partir que le bébé va arrivé. Ensuite on arrive à l’hôpital, pendant des heures j’aurais eu des contractions, la péridurale et après avoir poussé j’aurais eu mon bébé sur le ventre : le plus beau jour de ma vie ! Le papa aurait coupé le cordon. J’aurais profité de mon séjour à la maternité, tout le monde serait venu voir mon bébé. J’aurais donné son 1 er biberon, changé ses premières selles, fait le soin de son cordon : pour moi c’est ça être mère, toutes ses petites choses de la vie qui paraissent presque insignifiantes pour certains. ça aurait été le bonheur, rentré avec lui à la maison et m’en occuper. Quand j’imaginais ce bébé c’ était toujours un petit garçon, un petit Jules.

Et puis un jour, après presque 8 ans de relation je me suis dit allez on se lance, il y en a marre d’attendre ! Le 19 avril 2011 j’ai arrêté la pilule et j’ai appris le 14 juin 2011 que j’étais enceinte ! J’ai pris rendez vous avec le même gynécologue que ma mère. Le jour du 1 er rendez vous le 30 juillet 2011 je tombe sur sa remplaçante : une co***. J’ai mis l’écho sur Facebook et une de mes amies me dit que le nom du gynécologue inscrit sur l’écho est vraiment bien, que c’est elle qui l’a suivie pour ses deux grossesses. En fait, la remplaçante de mon gynécologue n’a pas remplacé le nom. Comme depuis quelques temps je me disait que je ne serais pas très à l’aise avec un homme je décide de changer de gynécologue. Je prend rendez vous avec elle pour le 12 août 2011 car lors de mon 1 er rendez vous la gynécologue n’avait pas pu mesurer la nuque (faut dire qu’elle avait pas beaucoup cherché). Franchement avec elle j’ai vu la différence, elle était vraiment sympa, à passé du temps pour faire l’écho. Le seule soucis c’est qu’elle est très en retard, un jour j’avais rendez vous à 11 h et je suis passé à 15 h. Il y a aussi le fait qu’elle est malade elle n’arrive pas à rester assisse sur sa chaise, elle tremble un peu. Ensuite j’ai rendez vous avec elle tout les mois et j’avais aussi une écho tout les mois. Le 12 septembre 2011 j’ai su que c’était un garçon j’étais trop heureuse ! J’ai eu ma 3 ème échographie le 28 décembre et elle me dit que mon bébé pèse 2 kg 005. A mon rendez vous du 4 janvier 2012 ma gynécologue me prescrit une prise de sang et une analyse d’urine à faire toutes les semaines car elle suspecte une toxémie. Elle me dit que mon bébé fait 2 kg 395. J’y retourne le lendemain car elle a eu du mal à me faire le doppler et là elle me dit que mon bébé fait 1 kg 915, la différence est normal puisqu’on changé d’appareil. Le 20 janvier 2012 , ma gynécologue est malade et c’est fait remplacer. La remplaçante n’a pas consulté mes résultats de la veille car je l’ai oublié mais je croyais qu’on pouvez les consulter sur ordinateur. Elle me pose juste des questions et me laisse repartir.

Le 23 janvier 2012 dans la soirée je ressens des douleurs dans le haut du ventres dans les côtes. J’ai un peu de mal à respirer et je ne trouve aucune positions confortable. Je prend un spasfons et sa passe. Vers 23 h 30 sa reprend et à 00 h je me décide à appeler la polyclinique. Ils me disent de venir avec mes valises. On arrive là bas vers 00 h 30, je me dit ils vont m’examiner me faire un monitoring et me renvoyer chez moi que je ne suis qu’une chochotte. Ils me demandent de faire une analyse d’urine et me mettent le monitoring et la sage femme m’examine. Résultat mon taux de protéine dans les urines est au max et j’ai de la tension. Quand j’ai bougé ils ont perdu le coeur du bébé donc ils m’ont mis direct en salle d’accouchement. Et là on me dit que je fais une préeclampsie et qu’on doit me faire une césarienne d’urgence. On me pose la perfusion et on me transfère en salle de césarienne d’urgence. On a attendu l’anesthésiste pour la rachianesthésie. Il a dut s’y reprendre à 5 fois car j’étais pleine d’oedème. Au bout d’un moment la sage femme dit qu’il va peut être falloir faire une anesthésie générale car le coeur du bébé ralenti. Au final il y est arrivé et quand il a regardait ma bouche il a dit que de toute façon il aurait pas pu m’intuber pour l’anesthésie générale. Donc ils me font la césarienne et me montrent le bébé par dessus le champs et me disent que c’est un petit bébé. Donc Jules est né à 36 SA + 5 jours, il pèse 1 kg 620 pour 41 cm. Et là on me dit on va devoir le transférer, je me dit oh non pas à Amiens soit à 150 km de où je suis. La gynécologue me dit on le transfère à l’hôpital dans la même ville que la polyclinique ou je suis. Elle me dit aussi que moi j’y serait normalement mercredi. Pendant qu’on me recousé on me la apporté dans sa couveuse. Ensuite ils m’ont mis en salle d’accouchement pour surveiller ma tension. Ils me l’ont ensuite poser deux secondes sur moi le temps de faire une photo. Quand j’ai vu mon fils pour la 1 ère fois je n’est pas pleurer, c’est comme si ce n’était pas mon fils, tout à était si vite. Quand ils me l’ont mis sur moi dans la salle d’accouchement et que mon mari à voulu faire une photo il a fallu que je me dise « faudrait peut être que je sourie ». Je n’est même pas pensé à lui faire un bisou, c’est la sage femme qui quand elle me l’a repris m’a dit « vous lui faite un bisou avant qu’il parte ». Je me souviens avoir pleurée dans les bras de mon mari après son départ, enfin c’est lui qui me là remémoré car j’avais oublié. Vers 5 h ils m’ont remonté dans ma chambre et m’ont homme est parti à l’hôpital voir notre fils. Et j’ai encore pleuré car ce n’est pas du tout ce que je m’imaginé pour mon accouchement. Il y a une chose dont je pense je me souviendrais toujours sur mon séjour à la polyclinique c’est quand j’ai appelé pour qu’on m’ouvre une fenêtre et que la dame m’a dit  » il faudra refermer quand le bébé reviendra » et je lui est dit mais il n’ y a pas de bébé. J’avais hâte d’être transférer, eux ils disaient qu’il fallait être prudent tant que m’a tension n’était pas stable. Je pense que le fait que je connaissait une sage femme à aidé à accéléré mon transfert.

Finalement le mercredi 25 janvier à 12 h j’ai était transféré à l’hôpital où était mon fils. En arrivant là bas ils m’ont dit que j’avais de la chance, qu’il avait essayé de me mettre au plus près de mon fils. J’ai demandé quand j’aurais à manger (car je n’avais rien mangé depuis le lundi 23 janvier au soir) et quand je verrais mon fils. Je ne sais plus ce qu’on m’a répondu pour la nourriture ( je sais juste que j’ai eu à manger ce midi là !) et pour mon fils on m’a demandé si j’allais avoir des visites. Comme j’ai dit oui, ils m’ont dit que j’avais qu’a attendre que mes visiteurs arrivent et que eux ils m’emmèneront. Encore heureux que mes parents avait prévu de venir me voir en début d’après midi. Quand ils sont arrivé, ont à demandé un fauteuil à roulette car je ne pouvais pas marché ( je tient à précisé que juste avant mon transfert à la polyclinique ils m’ont que si je voulait faire mes besoins je devais demander un bassin et en arrivant à l’hôpital même pas deux heures après eux ils m’ont fait lever pour aller aux wc et que en plus il y avait une grande marche pour y accéder). Je ne trouve ça normal de ne pas avoir de fauteuil roulant dans ma chambre car toutes les autres chambres en avait un. Ils m’ont amené un vieux fauteuil roulant qui avait au moins 20 ans et sans repose pied surtout que je faisait de l’oedeme et ne devais pas avoir les jambes dans le vide. Nous sommes enfin parti en néonatalogie voir mon fils, qui soit dit en passant ne ce trouvé pas la porte à côté comme ils ont pu me le dire. Dans l’hôpital où je me trouve il y a un vieux service de maternité et un neuf qui est beaucoup plus près de la néonatalogie et moi j’étais dans le vieux avec le papier peint déchirer et une poire de douche qui ne tenait pas. C’est mon père qui est rentré avec moi en néonatalogie, on commencé à avancer et une dame est venu nous voir pour me dire qu’on pouvait pas rentrer comme ça et que les grands parents ne pouvais rentrer que le weekend. Je suis donc retourné me préparer et je pu enfin aller voir mon fils dont la chambre était la plus éloigné de l’entrée. Quand je l’ai vu j’ai eu du mal, je ne savais pas quoi lui dire , je l’ai effleuré du doigt. Ils ne me l’ont même pas mis à bras. Je pense pas que je soit resté très longtemps. En retournant dans ma chambre, j’ai eu une douleur au ventre mes parents étant parti j’ai appelé les infirmières (je n’avais plus de perfusions depuis mon arrivé), je leurs est dit par l’interphone que j’avais mal au ventre et elles ne sont venu que au bout de 30 minutes. Il a était décider que je devait mettre des bas de contention. La 1 ère fois elles sont venu le mettre avec un appareil métal mais sa n’allait pas donc elles l’ont enfilé sans. Elles m’ont que après je pourrais les mettent toutes seule (je sais pas si vous en avait déjà eu mes c’est pas aussi facile à mettre que des chaussettes, alors imaginé deux jours après une césarienne), je l’ai fait car si je devais attendre qu’elles viennent le matin j’allais rater l’heure du biberon de mon fils et là seule occasions de l’avoir à bras. Il faut savoir que dans ce service de néonatalogie ils ne sortent les bébés que lors du biberons et encore des fois il lui donne le biberon dans la couveuse. Quand j’arrive pour le voir personne ne vient me voir pour me raconter sa nuit, me dire s’il à grossit, c’était à moi de demander. Si j’arrivais à avoir mon fils à bras le matin il y avait de grande chance que son papa ne puisse pas le prendre le soir car selon sa le refroidit. Il fallait réclamer pour l’avoir à bras, sinon ça ne leurs venait pas à l’esprit de nous le proposer alors qu’on en mourrait d’envie. Mon fils a passé plein d’examen et on ne m’a rien dit, juste ce que j’ai pu voir sur son carnet de santé après sa sortie. De mon côté après deux jours sans mettre l’avait les cheveux je me suis décidé à me débrouillé et j’ai appris en parlant avec une aide soignante que « on m’avait entendu me sécher les cheveux » (en fait il écouté au porte) en même temps je vais pas rester comme une crasseuse même si j’avais encore mal au dos et au ventre je l’ai fait. Une fois je parlais avec une femme dans ma chambre et une de ses collègues et rentrait pour ce joindre à la conversation car elle écouté déjà derrière la porte. Comme j’avais de la tension je n’est pas pu prendre de cachet contre les montées lait. Quand la première est arrivé deux jours après mon accouchement (le jeudi 26/01), je me suis dit pourquoi pas allaiter, tant qu’a avoir du lait autant qu’il profite à mon fils. J’ai donc demandé un tire lait qui au début de marché pas et qui au final je trouve ne tire pas beaucoup. On m’a également donné une téterelle dans du Milton et dém**** toi. On m’a quand même dit qu’il fallait que je demande pour qu’on amène mon lait en néonatalogie. La première fois que j’ai demandé on m’a dit de le mettre au frigo et de le prendre quand j’irais voir mon bébé. A chaque fois que j’allais voir mon bébé j’avais une boule dans la gorge, j’avais envie de pleurer, parfois je pleurer même. Pourquoi nous ? Je sais que j’ai de la chance si je n’avais pas était à la maternité ce jour là, j’aurais fait des convulsions et on serait mort tout les deux. Je sais que mon bébé n’est pas un grand prématuré et qu’il avait juste besoins de reprendre du poids. Mais c’est tellement injuste, j’avais imaginé tellement de chose, pas des choses impossible, juste ce qui ce passe normalement. Je suis tellement triste de ne pas avoir pu lui donner son 1 er biberon (je me console en me disant que c’est le papa qui l’a fait juste après l’accouchement), de pas avoir pu changer sa couche, faire le soin de cordon, ni le laver pendant presque 3 semaines. L’assurance maladie prend en charge 12 jours (où un peu plus) à la maternité, je suis donc resté tout ce temps à la maternité (même j’en avais ras le bol vu comment était le personnel) pour être avec mon fils.

Je suis donc sorti le vendredi 3 février 2012 de la maternité, je suis rentré sans mon fils à la maison : encore un coup dure. Voir son petit lit vide … Desfaire sa valise car aucun des vêtement ne lui va (et tout façon à cet instant il n’en mettait pas encore). J’allais voir mon fils tout les soirs après que mon mari soi rentré du travail (je ne voyais pas l’intérêt de poireauté toutes la journées devant la couveuse à la fin je voulait même plus aller le voir, sa me déprimé à chaque fois). Le mardi 7 février quand nous sommes allés voir notre fils on nous a dit qu’il avait fait des prélèvement car il avait plein de bouton blanc et que c’était un germe (elle me dit « pourtant on le lave ») moi je pense qu’il a eu sa parce qu’il le lavé mal, tant qu’il était en couveuse il n’a pas eu de bain, ils le lavait juste avec un coton et du savon dans la couveuse . Par conséquent on ne pouvait pas le prendre dans nos bras et on ne pouvait le toucher que avec des gants. Elle nous à dit qu’il allait peut être passer en lit samedi mais qu’il ce laissé 48 h pour voir comment évolue son germe avec le traitement. Arrive le vendredi (depuis mardi on a pu eu notre fils dans les bras) et on nous dit que notre fils ne passera pas en lit avant lundi et là grosse déception moi quoi me faisait un joie de pouvoir profiter de lui tout le weekend. J’arrive le samedi matin (j’arrive seule car mon mari me déposé à l’entrée de l’hôpital pendant que lui allait de garer car c’était loin et comme ça je gagner 5 minute avec notre fils) j’arrive dans sa chambre et là plus de couveuse, plus de bébé, je m’inquiète. Je vais donc demandé et on me dit qu’il a changé de chambre, on m’y conduit et qu’est ce que que je vois en arrivant mon fils dans un lit et non plus dans une couveuse, j’étais trop heureuse. Je vois que mon mari arrive je vais le voir et en me voyant sourire il me demande ce que j’ai et je lui dit que notre fils est passé en lit. Malgrès la joie je ne trouve pas ça normal qu’ils ne nous est rien dit, je voulais être là et puis ils n’avaient pas ses vêtement, ils ont pris ceux de la néonat. On a pu le prendre de les bras (biensur à chaque fois il fallait demande car il était toujours relié à un scope), j’ai vraiment l’impression d’avoir un vrai bébé dans les bras J’ai demandé quand je pourrais lui donner le bain et on m’a dit que la première fois on me fait voir, la seconde je suis assistée et la troisième je me débrouille. Je crois qu’on m’a fait voir le bain le dimanche. Le lundi quand je suis arrivé l’infirmière m’a juste dit on vous déjà fait voir et comme j’ai dit oui et m’a laissé toute seule alors qu’il devait avoir quelqu’un avec moi. Je ne vais pas me plaindre, je n’avait pas peur de faire cela toute seul mais quand même je ne trouve pas cela normal de laissé une maman toute seul avec son bébé de à peine 2 kg pour le 1er bain. C’est bien clair, une fois qu’il est passé en lit il ne s’en occupé plus. Je passé toutes mes après midi avec lui, je lui donné le bain en arrivant puis son biberon et ils me demandaient toujours si je serais là pour le prochain biberon. Je restait là bas de 13 h à 19 – 20 h, et le papa me rejoignait à 18 h après son boulot. Je continuais à tirer mon lait mais je n’en avait pas beaucoup. J’ai demandé à ce qu’on m’aide à le mettre au sein mais l’infirmière où la puéricultrice n’est jamais venu. Je l’ai donc fait toute seule et je me suis dit que je le ferais quand il sera à la maison. Le mercredi 15 février on me dit qu’il pourrai surement sortir le lendemain (le poids de sorti étant 2 kg 400), qu’il fallait juste que ses résultats de prise de sang soit correcte.Je devais donc appelé le jeudi matin vers 11 h pour savoir si il pouvait sortir. Quand j’ai composé le numéro j’étais tellement stressée. La dame au téléphone me dit que c’est bon, qu’il pouvait sortir, j’étais trop contente, je crois que j’ai encore pleuré mais de joie cette fois ci ! Mon mari a pris sa demi journée et nous sommes allait le chercher en début d’après midi. Je lui est donné son bain, enlevé ses électrodes pour la dernières fois, je lui est mis des vêtements pour la 1 ère fois (avant il mettait des pyjamas), je lui est donné le biberons pour la dernière fois là bas. Ensuite on la mis dans sa nacelle, j’ai dit au revoir à ma copine de néonatalogie (sa fille avait était pendant quelques temps dans la chambre de Jules) et on est rentré à la maison.

Et là ce fut le plus beau jour de ma vie, comme une deuxième naissance pour mon fils. On a pu crée un lien, sa a mis du temps et on y est arrivé. Comme je n’est eu aucune aide j’ai arrêté l’allaitement. J’ai eu beaucoup de mal à le laissé aller à bras avec d’autre personnes que son père et moi. Quand je l’ai laissé à garder la première fois c’était chez mes parents j’ai déposé la nacelle et quand je l’ai repris 3 h plus tard il dormait toujours (sinon je ne l’aurait pas laissé). Je ne peut pas me séparer de mon fils, je ne veut manquer aucun moments de sa vie, c’est bien pour cela que je ne cherche pas de travail. Tout les soirs, jusqu’au 9 mois de mon fils (jusqu’a temps que j’écrive ce texte sur mon blog) quand je me couchait je repensait à ce qui m’est arrivée et souvent je pleurait, je ne sais pas pourquoi. Je n’arrive pas à oublier, à vivre avec les regrets. Depuis mon accouchement j’ai une sorte de haine en moi. Je leurs en veux de n’avoir rien vu (encore que je me dit que si ma gynécologue avait vu que mon fils ne ce développé pas bien dan mon ventre j’aurais accouché plus tôt et je l’aurais encore plus mal vécue) et je m’en veux aussi de n’avoir rien vu. Je n’avais pas un gros ventre, mon fils ne bougé pas beaucoup (son père ne l’a jamais senti). Quand je repense à des moments heureux de ma grossesse (une sortie dans un pub, noël, le nouvel an …) je me dit que j’étais trop insouciante, que pendant ce temps là mon fils souffrait dans mon ventre.

Encore une fois je sais que je n’est pas le droit de me plaindre, mon fils et moi on est en bonne santé mais c’est tellement dur quand je vois tout ce qu’on à raté. J’aime mon fils plus que tout, si je pouvais je ne ferais que l’embrasser, c’est indescriptible cet amour entre nous mais je n’arrive pas assez outre nos débuts ensemble. Paradoxalement je n’aimerais pas refaire l’histoire, souvent j’imagine un début différent mais je me dit que notre histoire ne serais pas là ou elle en ai maintenant.

Je croit que j’étais encore à la maternité que je pensé déjà à faire un petit frère où une petite soeur à mon fils. Au fil des mois j’y pense de plus en plus. J’imagine déjà comme je le faisait avant ma première grossesse. Cette fois ci c’est différent j’ai décidé de faire un projet de naissance : je veux que même en cas de césarienne avoir mon bébé avec moi pendant la période d’observation en salle de réveil (je sais que c’est possible), je veux que même s’il va en néonatalogie il n’est pas de biberons ni de tétines, je veux allaiter. Je pense que j’ai besoin de cette grossesse, que tout ce passe bien, d’aller jusqu’au ; d’accouché par voie basse ou non mais avec le papa, de crée ce lien ..

Aujourd’hui, je suis enceinte de bébé 2 qui est prévu pour le mois d’octobre et j’ai hâte de voir comment va ce passer cette grossesse.

Margaux.

# 150 Anonyme_ Seine st Denis

24 Fév

je suis une jeune maman ayant vécu un accouchement loin d’être idéal.
j’ai perdu les eaux le mardi 30 octobre dans la nuit, mon mari ma conduit a la clinique ou j’étais suivi en seine st denis. après examen mon col n’était pas dilaté, j’ai donc été conduite dans ma chambre et suivi de près.
le lendemain toujours aucun avancement, monitoring examen… mon col resté a 1 pas plus de dilatation et pourtant des contraction mais pas régulière.
Les médecins ont décidé de me posé un tampon propes pour accélérer la dilatation la journée a passée au moment de le retirer pour vérifier mon col été mou mais aucun avancement, et les douleurs et contractions qui se fessait de plus en plus ressentir,le lendemain mon reposée un autre tampon propes, car on peut posé jusqua deux tampon maximum. re-belote douleur encore pire mais pas de dilatation le médecin nous explique qu’on va essayer laisser passer la nuit pour voir au lendemain ce quil décide, alors entre la douleur des contraction la fatigue et colère car je comprenais pas quil décide pas de suite une injection d’ocytocine ou voir une césarienne, javais tout de même depuis 3 jours perdu les eaux.
mais durant la soirée contractions très rapprochées et plus du tout supportables vers minuit je vais de ma chambre au service sage femme où il me suivait et je dit là je tenais plus contraction trop douloureuse.malgré les injection morphine le sage femme me dit il m’emmène en salle d’accouchement pour la péridural malgré que mon col été a peine a 2.me font une injection ocytocine, péridural et la soulagement….

toute les heures le sage femme venait nous voir dans la salle d accouchement pour voir si l ocytocine faisait son effet.doucement ça avancait, à 3 h du matin j etais à 4. fatigue énorme, monitoring et échographie. la gynéco me dit que la tête de mon bébé est tournée vers le haut donc me possitionne accroupie pendant une heure pour essayer qu il se retourne en vain….

j’en pouvais absolument plus,a 9h du matin j’étais a 7.mais le médecin décide stop trop peu avancé en 9 h de temps et j’ai en plus déclenché une forte fièvre, en deux temps trois mouvement m’annonce bloc cesarienne risque infection pour mon bébé et moi j’aurais été dans l’incapacité de pousser. me voila partie au bloc en 2 minutes paniquée et soulagée quand même,mon mari ne peut assister à la cesarienne donc mattend a coté.
bref, mon fils né le samedi 3 novembre a 9h35 après avoir perdu les eaux depuis le mardi !

je n’ai, en plus, pu voir mon fils juste une minute pour un bisous car il a avalé liquide amniotique et risque d’infection comme j’étais en forte fièvre il a été mis au service néo pendant 10 jours

après la cesarienne 2h en salle repos.pour l’info j’ai vu mon fils que le lendemain après midi.car ne voulait pas me lever ni lemmener. comme je souhaitais l’allaiter vraiment pas génial. je me suis levée et été donc le lendemain en fauteuil roulant le voir.je demander a sortir 3 jours apres ma cesarienne et nous allions plusieurs fois par jour voir notre fils pour l’allaiter. j’ai allaite jusqu à ses 3 mois. mais je reste persuadée que la séparation n a pas été du tout bénéfique et a rien apporté de bon, il n a ni fait de peau a peau avec moi ou son papa. il avait commencé le traitement antibiotique au cas ou est de la fièvre. ne pouvais pas avant 10 jours le sortir du service néo. après les résultat il ses avéré qu’il n’avait absolument rien en pleine santé.

je regrette énormément de pas avoir eu mon fils de suite.pour le prochain il est clair que je demanderais une sesarienne programmé au vue des difficultés que j’ai eu a la dilatation.