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#345 Lucie, dans le Val-de-Marne (94)

8 Fév

Je suis enceinte. J’ai 20 ans. Nous sommes en couple depuis 5 ans. Je suis déjà tombée enceinte un an plus tôt et nous avons fait le choix de l’avortement. Suite à cette IVG j’ai fais une dépression qui a nécessité un traitement médicamenteux. Mon traitement est arrêté en Août : au mois d’Octobre, je suis de nouveau enceinte.
Je suis très informée sur ce qu’est l’accouchement en France aujourd’hui : j’ai travaillé comme Auxiliaire de Puériculture dans de grandes maternités parisiennes. Je sais ce dont je ne veux pas. Je ne veux pas de cette violence industrialisée, banalisée. Je ne veux pas me sentir violée, anesthésiée, charcutée, comme je l’ai entendu parfois dans la bouche des mères auprès desquelles j’ai travaillé.
En fait, tout de suite, je veux accoucher chez moi, en sécurité. Là où je me sens bien. Je n’ai jamais été hospitalisée et je n’ai pas envie de commencer, surtout pas pour donner la vie. Je veux accoucher dans mon cocon, avec mon conjoint, la seule personne au monde en qui j’ai une absolue confiance, et éventuellement l’assistance d’une SageFemme.
Je me fantasme accouchant seule dans mon lit ou ma baignoire, en pleine possession de mon corps et gérant
ma douleur naturellement, instinctivement. Cette vision m’apaise et me sécurise.
Mon conjoint me fait confiance dans mes projets : c’est mon corps, mon instinct, je sais ce qui est bon pour notre bébé et moimême.
Il est un peu réticent, à peine, au sujet de l’accouchement à domicile, mais ma profonde conviction et mes arguments (appuyés par une documentation fournie !) ont vite raison de ses doutes.
Je parcours les numéros des SagesFemmes libérales de la région parisienne : l’une part en vacances à la date prévue de mon accouchement, l’autre est très froide au bout du fil et m’informe qu’elle ne prend plus de nouveaux parents. Je suis blessée et effrayée par la complexité de l’affaire : je me vois forcée d’accoucher à l’hôpital, faute d’alternative. Je n’ai pas le choix. Je me résigne à devoir accepter un accouchement en Maternité, et cette pensée me fait violence. Je me sens forcée.
A partir de ce moment de la grossesse, j’ai des phases régulières de panique en imaginant mon accouchement : je me vois ficelée à une table, le sexe ouvert mutilé, la lumière crue, tous ces gens, c’est un viol, voilà, c’est cela dans ma tête, rien d’autre. Mon conjoint ne comprend pas ma terreur et la minimise. Je me renferme. Je garde mon désespoir et ma peur en moi. J’envisage parfois d’accoucher seule à la maison, pendant que mon conjoint sera au travail, de ne pas me rendre à la Maternité. De faire ça toute seule, sans personne pour violer mon intimité. C’est la seule pensée qui m’apaise un peu, même si je sais qu’elle est illusoire : au fond de moi, je sens que je n’ai pas cette force d’être seule face à l’inconnu d’un premier accouchement.
Je découvre le concept du plateau technique, et un SageFemme libéral qui le pratique dans le grand hôpital à deux pas de chez nous. Cela me semble l’option la plus acceptable. Nous le rencontrons : il est sympathique, son approche de la grossesse et de la naissance me plaît, respectueuse et physiologique. Il accorde une grande place à l’entité parentale, pas seulement à la mère, et c’est important pour nous. Mon conjoint aussi est à l’aise avec lui. Nous ferons la route ensemble, même si je garde ce sentiment profond de faire un choix par défaut.
La grossesse se passe très bien physiquement. J’arrête cependant de travailler rapidement car je suis épuisée par les trajets interminables. Je sens que j’ai besoin de temps pour moi, pour me centrer et investir cette grossesse qui fait remonter à la surface d’anciens démons et beaucoup d’angoisses primitives. Quel bouleversement !
Le suivi de grossesse est respectueux : je n’aurais aucun toucher vaginal avant ma dernière consultation, car il n’y a aucune raison valable pour en faire. Je fais, avec mon SageFemme, une préparation à l’accouchement adaptée à mon souhait de ne pas prendre la péridurale : on discute des positions, de la gestion de la douleur, on fait de la sophrologie. Mais mon angoisse persiste malgré toute sa gentillesse. Je sens que je le pousse dans ses retranchements: je voudrais ne pas être perfusée d’office à l’arrivée à la Maternité, par exemple, et je me heurte à un
refus catégorique. Cela peut sembler anodin, mais le fait de sentir que je n’ai pas le droit de refuser un acte invasif creuse un fossé entre nous. Et je ne parviens plus à parler de ce qui me touche et m’inquiète : je le laisse se préoccuper de mon corps qui va si bien et je passe sous silence mon mental qui lui, ne suit pas.
Malgré mes efforts pour faire des choix éclairés, de nombreuses choses ne me conviennent pas. Mon SageFemme
ne fait pas les échographies et me dirige vers une gynécologue.. Son ton est froid. Elle me fait mal, elle a des remarques déplacées sur mon physique, elle ne nous met pas à l’aise. Je me souviens pourquoi je ne suis plus suivie gynécologiquement depuis des années, mais bizarrement, je n’ai pas la force de chercher quelqu’un d’autre. Je me sens piégée dans ma grossesse, dans ce qui m’est imposé à ce sujet : on attend de moi que je sois docile et béate. Je pensais que porter la vie me rendrait forte, puissante et fière; à l’inverse, je me sens infantilisée face au corps médical. Je m’estime “chanceuse” d’avoir opté pour un suivi global où je bénéficie d’un interlocuteur privilégié en la personne de notre SageFemme; je n’imagine pas ce qui se serait passé si j’avais opté pour un suivi plus conventionnel. Au moment où mon SageFemme remplira mon dossier pour la Maternité, il me demandera si
j’ai vécu des agressions sexuelles. Mon conjoint est à côté de moi. Oui, j’ai subis des violences sexuelles quand j’étais adolescente, mais comment vous dire ça maintenant, entre mon poids et mes antécédents familiaux ? Je ne dirais rien, et lui ne s’attardera pas sur mon malaise pourtant bien visible. Rien non plus sur mes addictions passées, quelques questions plus tard : trop tard, je suis fermée, vous m’avez fermée par votre indélicatesse. Dommage. J’aurais tellement eu besoin de parler de tout cela, précisément, de ces angoisses que la grossesse fait ressurgir. On
semble parfois oublier que la grossesse et l’accouchement sont des évènements de la vie sexuelle d’une femme, qu’ils sont dans la continuité de ses expériences, de son vécu. Mon ventre me semble dissocié de moi, on traite ma grossesse comme une personne à part entière.
J’ai du mal à investir ma grossesse, j’ai du mal à me projeter, à caresser mon ventre, à parler à mon bébé. Et je ne peux le dire à personne. A mesure que ma silhouette se transforme et que mon bébé donne des signes de vie, je parviens cependant à tisser ce lien délicat entre lui et moi.
L’échographie nous a montré qu’il s’agit d’une fille et j’en suis très heureuse. J’évite de penser à l’accouchement même si je suis toujours hantée par mes peurs. Je souffre aussi, malgré tout : je me sens lourde, impotente, douloureuse. Mais comme “tout va bien”, je n’ai pas vraiment l’autorisation de me plaindre. Mon conjoint et moi-même,
sentant la fin de la grossesse approcher, nous soudons face à l’inconnu. Mais je me sens toujours isolée et incomprise. Je regrette de ne pas avoir la force de demander de l’aide, mais j’ai la sensation que mon énergie
est monopolisée par et pour mon enfant. J’aurais souhaité qu’on me tende la main, qu’on fasse le premier pas, peut-être en me demandant sincèrement comment je me sentais, en tant que personne et pas seulement en tant que future mère.
La veille de mon terme prévu, je n’ai toujours aucun signe annonciateur de l’accouchement. Mon SageFemme
m’annonce que si je n’ai pas accouché à la date prévue, on me déclenchera à DPA+1 : c’est le protocole de l’hôpital dans lequel il officie et il n’a pas le pouvoir de lutter contre.
Je n’avais pas du tout envisagé cette possibilité et cela me révulse. Je déteste l’idée de mettre mon bébé dehors de force et dans la violence qu’induit un accouchement déclenché artificiellement, alors qu’il ne montre aucun signe de détresse. On ne nous laisse donc aucune chance ! Mais, moi non plus, je n’ai visiblement pas le pouvoir de lutter contre.
Le SageFemme me fait mon premier toucher vaginal pour contrôler l’état du col utérin, qui est légèrement ouvert. Je sens qu’il fait un geste sur mon col que je ne connais pas, désagréable. Il s’aperçoit que je l’ai remarqué et me fait un petit sourire en coin : “Je décolle les membranes”.
Je suis stupéfaite. Le décollement des membranes n’est pas anodin, et il ne m’a pas demandé mon avis. Il a fait ce geste sur mon corps, sur mon sexe, sur mon bébé, sans me demander mon avis. Il prend ce risque sans s’assurer que je sois informée des conséquences que cela peut engendrer.
Je n’arrive plus à parler. J’ai envie qu’on en finisse : j’ai mal partout, je suis épuisée d’avoir peur, d’appréhender, de sentir que mon corps m’échappe, que je ne contrôle rien. Le SageFemme est sûr que je vais accoucher dans la nuit, moi pas. Il s’aperçoit qu’il a oublié de faire un test important concernant la présence de Streptocoque B dans ma flore vaginale, et me demande de passer au laboratoire avant de rentrer chez moi.
Pendant le trajet, je sens que je commence à perdre les eaux. La poche est fissurée. A cause du geste qu’il a posé sans préavis, il a déclenché les évènements. Je marche toute l’après-midi, je passe au laboratoire. Je rentre chez moi. Je nettoie la maison du sol au plafond. Je ne pense plus à rien. Je préviens mon conjoint que l’accouchement ne va plus tarder. On prépare mon sac. Toute la nuit, je prête attention à mes contractions irrégulières, peu douloureuses, que
j’essaie de forcer en roulant du bassin sur mon ballon d’accouchement. Mais le travail n’a pas commencé. Je sais que ce n’est pas le moment, que mon bébé ne viendra pas tout seul, que la poche des eaux ne se serait jamais fissurée naturellement aujourd’hui. Je sais qu’en fait, mon SageFemme m’a déjà déclenchée artificiellement en décollant les membranes, parce qu’il voulait se conformer au protocole de son hôpital. Il n’a pas laissé à mon bébé une chance de
naître naturellement. Et je suis en colère contre lui, en qui j’avais une relative confiance jusqu’alors. Je n’ai même plus peur : je veux juste en finir, je veux que mon enfant naisse. J’ai le sentiment que la naissance de mon bébé est gâchée, et je culpabilise de ne pas mener ma grossesse à terme moimême, de ne pas savoir/pouvoir accoucher par moimême.
Le lendemain matin, les contractions se sont arrêtées. Le SageFemme essaie de me joindre au téléphone et je suis bien obligée de décrocher. Il vient d’avoir les résultats d’analyse : j’ai énormément de Streptocoques B. Comme la poche des eaux est fissurée depuis la veille et qu’il y a un risque d’infection pour le bébé, on doit déclencher l’accouchement. Une raison de plus, j’ai envie de dire. On se donne rendezvous à la Maternité. Il y a comme un sentiment d’urgence, de pression, je me sens forcée, pressée, compressée par son inquiétude.
Arrivés à la Maternité nous allons directement nous installer en salle de travail. C’est une trop grande salle froide carrelée, avec une baie vitrée donnant sur les arbres. Il y a une table d’accouchement sans étriers et face à la table, des placards et du matériel médical. C’est aseptisé, immense, étranger. J’ai du mal à me dire que je vais donner naissance à ma fille ici, dans cet endroit anonyme et froid, mais je me fais violence pour me “mettre dans le bain” :
après tout, je n’ai pas le choix, autant faire de mon mieux pour que cela se passe le moins mal possible. Je fixe mon attention sur le joli paysage par la fenêtre, dans le soleil de fin d’aprèsmidi.
Je passe la blouse de l’hôpital. Je ne veux pas enlever mon bracelet portebonheur, mais c’est obligatoire au cas où une intervention d’urgence serait nécessaire, alors j’obéis. La pose de la perfusion la première de ma vie m’arrache
des larmes de douleur. Comme l’accouchement est déclenché j’ai droit au monitoring en continu : je peux me déplacer sommairement avec, mais mes mouvements perturbent l’enregistrement et je dois sans cesse veiller à ce qu’il reste en place. Le SageFemme me dit de ne pas m’en préoccuper, mais c’est difficile d’occulter ce bruit permanent et tous ces fils. Il me prévient que la douleur des contractions va être plus violente et soudaine que si l’accouchement était spontané : mais plus violente que quoi ? Je n’ai encore jamais accouché !
Je m’assois sur le ballon, mon conjoint face à moi. Je gère les premières contractions ainsi : nous discutons tous les trois tandis que je bouge mon bassin au rythme des vagues qui se succèdent. Très vite, elles sont plus rapprochées et plus puissantes. Le SageFemme me prévient chaque fois qu’il augmente le débit de la perfusion, ce qui est plus anxiogène qu’autre chose. Quand la contraction arrive, je m’enroule sur moimême et je serre très fort les mains de
mon homme. Ce contact physique avec lui m’est indispensable en permanence, c’est la seule chose qui me garde sur Terre; sans ce contact je pars très loin… L’intensité des contractions me stupéfie. A chaque contraction, désormais, je n’entend plus rien, je ne vois plus rien, je suis submergée par cette douleur brûlante qui n’est pas localisée mais générale, dans ma chair et dans ma tête, partout en même temps. Rien à voir avec ce dont on avait parlé pendant la
préparation à l’accouchement.
J’entends les hommes qui discutent sans être capable de donner du sens à leurs mots. Leurs voix sereines me réconfortent cependant entre deux contractions, c’est un fond sonore agréable.
Parfois mon homme m’encourage doucement mais je ne peux pas lui répondre, ma voix ne sors pas. J’ai la sensation d’être dans un monde parallèle, de perdre le contrôle de mon corps, de mes sens, ce qui est déroutant et effrayant. La douleur prend de l’ampleur continuellement. J’ai du mal à reprendre mon souffle.
Je ne parviens plus à gérer la douleur assise, un poids pèse sur mon périnée en permanence.
Je crois que je le mentionne oralement car mon SageFemme me propose de me mettre debout en m’appuyant sur le lit. Je me lève en trébuchant : je me sens ivre. Est-ce que c’est ce qu’il y a dans la perfusion qui me rend ainsi ? Je pose les deux mains sur le lit et une contraction très violente arrive immédiatement. Je suis submergée par la douleur et par la peur. Debout au milieu de ce lieu inconnu, seule, noyée dans ma douleur sans le contact physique de mon homme, je me sens vulnérable, en danger. Je suis terrorisée.
On m’aide à monter sur le lit et je m’y retrouve allongée sur le dos, position fortement anxiogène pour moi, mais j’ai trop mal pour verbaliser mes émotions. Le SageFemme me propose un toucher vaginal pour vérifier l’avancée du travail : le col est ouvert à 4. Cette période de l’accouchement est très confuse dans ma mémoire : je déraille complètement. Je me dis que je ne vais pas survivre, je pleure comme une enfant en m’accrochant à mon homme. Comme s’il pouvait prendre ma douleur, j’attrape la main du SageFemme pour la poser sur mon ventre
pendant une contraction, mais il la retire, visiblement embarrassé.
J’ai une sensation profonde, bestiale, de mort imminente. Ce n’est plus de la douleur, c’est de la souffrance, il n’y a aucune pause entre les contractions. Allongée sur le dos, les cuisses serrées l’une contre l’autre, je me tortille à chaque contraction comme pour la bloquer, la freiner, mais en vain. J’en arrache même ma perfusion à force de me tordre de douleur mon SageFemme me dit qu’il n’a jamais vu ça avant.
Quelque part, le fait que les hommes restent sereins autour de moi me permet malgré tout de garder un contact avec la réalité. On essaie le masque de gaz relaxant, mais c’est pire, car je me sens étouffée en dessous. Le SageFemme
et mon homme me préviennent qu’ils vont sortir un instant. Mon homme me racontera lui avoir demandé s’il était normal que j’ai aussi mal, car il commençait à avoir peur pour moi. Ce moment de solitude est douloureux mais bénéfique : je suis profondément désespérée de ne pas être comprise et aidée, mais je comprends que je vais devoir lutter seule et que je dois trouver par moimême ce qui peut me soulager.
Le SageFemme me fait un nouveau toucher vaginal : le col est ouvert à 6. Il me propose de percer la poche des eaux : cela risque d’être plus intense ensuite, mais aussi d’accélérer considérablement l’avancée du travail, selon lui. J’accepte car j’ai envie d’en finir. Il perce la poche des eaux : j’ai un fou rire en sentant toute cette eau chaude jaillir hors de moi, c’est inattendu, cela me soulage d’un poids ! Nous rions un peu, l’atmosphère redevient plus sereine,
plus confortable. Le SageFemme me propose de m’asseoir en tailleur et installe une barre au dessus du lit de façon à ce que je puisse m’y accrocher au moment des contractions. Il me rappelle de me recentrer sur ma respiration et me propose de pousser sur la barre au moment de l’expiration. Sur un poste radio, il met la musique que nous utilisions pendant les séances de sophrologie : c’est rassurant même si j’en fais très vite abstraction, comme tous les sons
environnants. Dans le brouillard, j’entends la voix de mon SageFemme, cette parole isolée en réponse à mon homme inquiet : “Maintenant, elle est dans sa bulle.”
Je me concentre entièrement sur ma respiration, je la visualise et l’accompagne. Curieusement, la douleur des contractions a disparue : elle est remplacée par une puissante envie de pousser !
En fait, mon corps pousse tout seul, sans que je puisse maîtriser cet effort. Mon utérus est maître de la situation. C’est une sensation qui n’a jamais été mentionnée en cours de préparation à l’accouchement. Je suis soulagée de ne plus avoir mal, de ne plus être dans la douleur vive, mais cette sensation de poussée me déroute et me fait peur. C’est si dur de lâcher le contrôle quand on ne se sent pas parfaitement en confiance et sécurisée… Je ne peux pas.
Je voudrais, mais je ne peux pas. J’aurais tellement besoin d’être dans mon cocon familier, sentir l’odeur de mes draps, de mon homme contre moi, pour pouvoir enfin lâcher prise… Mais ici, de cette façon là, je ne peux pas.
Je signale à mon SageFemme que “ça pousse”. Il me répond simplement de laisser aller. Alors que j’aurais besoin d’être accompagnée, je me sens à nouveau piégée dans mon corps, seule. Malgré moi, je vais lutter contre cette poussée. Entre chaque contraction, je somnole sans m’en apercevoir. Je suis épuisée. Quand la poussée arrive, je suis incapable de la laisser aller. J’ai beau essayer de faire le vide dans mon esprit, mon bassin se bloque et je me retiens. Tous mes muscles tremblent dans cet effort. Je pourrais rester ainsi indéfiniment, suspendue dans le temps, dans les âges, entre deux états, entre deux étapes.
Subitement, j’entends la voix de mon SageFemme, anxieuse : “Bon, il faut y aller.”
J’ouvre les yeux. J’ai la sensation de me réveiller d’une très longue sieste : dehors, il fait nuit ! Je ne comprends pas. La sensation de poussée à disparue. Le SageFemme m’explique que le coeur de mon bébé commence à ralentir et qu’il va falloir pousser pour la faire sortir rapidement, tout en braquant sur mon corps l’énorme projecteur accroché au plafond. Je le vois préparer du matériel et enfiler un masque.
Je ne comprends plus rien. Je ne comprends pas comment j’en suis arrivée là, alors qu’il y a si peu de temps j’étais transpercée par cette poussée si puissante. Pourquoi est-ce qu’il ne m’a pas encouragée à pousser à ce moment là ? Pourquoi m’avoir laisser m’épuiser ainsi dans mes contractions, au point de m’endormir, alors que j’avais juste besoin qu’on m’encourage et qu’on me guide ?
Je suis assise sur le lit, les cuisses ouvertes au maximum, presque accroupie. J’ai toujours des contractions, mais elles semblent ralenties, anesthésiées, endolories comme tout le reste de mon corps. Mon homme est à ma droite et me tient la main. Une Aidesoignante est à ma gauche. Elle demande au SageFemme : “Tu vas faire une (poussée) dirigée ?”. Je me sens impuissante, incapable. Je m’efforce de pousser tandis que l’Aidesoignante appuie sur mon ventre. Elle s’excuse de me faire mal car elle y met vraiment toute sa force : je me souviens lui esquisser un sourire et lui répondre quelque chose comme “au point où j’en suis”.
Mais je n’arrive pas à pousser correctement. Mon corps m’échappe une nouvelle fois, traître. J’ai du mal à rassembler mes forces et à comprendre comment je dois pousser, maintenant que la sensation de poussée naturelle a disparue. Le SageFemme me dit qu’il va faire une anesthésie locale et, sans même me demander mon avis, enfonce une aiguille d’une taille considérable dans mon aine pour injecter le produit. C’est extrêmement douloureux. Mais pourquoi une
anesthésie maintenant ? Je n’avais pas mal ! Il semble confus de ma réaction et bredouille que maintenant, il est bien obligé de faire l’autre côté… J’en pleure de douleur tandis qu’il pique à nouveau. C’est complètement inutile.
Je pousse encore, mais cette anesthésie locale m’empêche de sentir correctement ce que je fais. Déjà que je n’ai plus envie de pousser depuis un moment, ça devient très compliqué… Le SageFemme me menace : si je n’y arrive pas toute seule, il faudra faire venir le Gynécologue.
Je balbutie en pleurant que je ne comprends pas comment je dois pousser. Finalement, je ne sais trop comment, je parviens à faire émerger la tête chevelue de mon bébé : je vois son reflet dans le carrelage du mur. Mon conjoint va jeter un coup d’oeil ému puis revient vite me tenir la main pour m’encourager. Cette vision furtive me donne la force de la sortir complètement à la poussée suivante.
J’ouvre les yeux le temps de voir ma fille, un peu violette, passer au dessus de mon corps sans s’y poser. Je crois lui avoir dit “Je t’aime”. Le SageFemme et l’AideSoignante partent immédiatement avec elle dans la salle adjacente. Mon homme me regarde avec inquiétude. Je crie : “Vas avec elle !” et il disparaît lui aussi. Cet instant de solitude semble durer une éternité.
Ma fille qui ne pleure pas, mon corps douloureux, vide, écartelé. Par respect pour elle, je ne pleure pas non plus jusqu’à ce que son premier cri me parvienne enfin. Alors les larmes coulent toutes seules. Ma tête est vide, je ne pense plus. Je suis seule. Je suis vide. Je voudrais mes amours près de moi, ma fille, mon homme. L’AideSoignante
passe à côté de mon lit. Je lui demande si tout va bien pour ma fille, et elle me répond avec surprise que oui, bien sûr, qu’elle avait juste besoin qu’on la stimule un peu car elle était fatiguée, mais que tout va bien maintenant. Puis elle me félicite, me souhaite une bonne nuit et s’éclipse.
Le SageFemme revient avec ma fille dans les bras : il propose à mon homme de la prendre en peau à peau pendant qu’il me fait quelques soins. Il appuie sur mon ventre, c’est désagréable, et me demande de pousser pour voir : le placenta sort d’un coup. Le SageFemme nous demande si on veut le voir : on jette un coup d’oeil, mais ça ne nous passionne pas autant que lui. Il m’ausculte. J’ai deux déchirures, sur la lèvre et à l’entrée du vagin, mais le périnée est intact. Il va me recoudre à vif : je suppose qu’il ne peut pas faire une nouvelle anesthésie locale aussi rapidement après la première, bien qu’elle ne fasse absolument pas effet. Je sens tout. C’est insupportable. Il minimise ma douleur sur le ton de l’humour.
Je ne lâche pas des yeux ma fille, blottie nue contre le torse de son Papa, dans une couverture chaude. Cette vision merveilleuse me permet d’endurer en silence la douleur. Ils partagent ces premiers instants et cela me réconforte de savoir qu’ils vont bien, qu’ils sont ensemble, qu’ils se câlinent.
La “couture” est longue et douloureuse. Je n’en peux plus, je suis toujours dans la position où j’ai accouché et mes cuisses tremblent comme des feuilles mortes. Je me sens partir, je suis comme shootée, j’ai de gros vertiges. Je le signale à mon SageFemme qui ne semble pas s’en affoler et termine son travail. Mon homme est impatient de me présenter ma fille et me la dépose dans les bras : son corps chaud contre le mien me fait un bien infini. Elle se met rapidement à gémir et à se tortiller : je lui propose spontanément le sein, qu’elle atrappe facilement pour une
première tétée. Je devrais déborder de bonheur, mais je me sens anesthésiée, vidée. Je contemple ma magnifique petite fille sans parvenir à ressentir quoi que ce soit d’autre que mon épuisement et ma douleur.
Notre SageFemme nous laisse un moment seuls et nous profitons de cette tendre intimité à trois. Je me sens dissociée de mon corps, toujours ivre. Je suppose que cet état second, qui se poursuivra toute la nuit, est un effet des médicaments qui m’ont été injectés. Lorsque le SageFemme revient, ma fille est toujours au sein : j’aurais apprécié qu’il vérifie ma position d’allaitement, mais je n’ai pas le temps de lui demander, car il nous signale qu’il faut monter en chambre. Mon conjoint habille ma fille car je suis trop épuisée pour le faire. Le SageFemme
me nettoie, me met une protection hygiénique et m’aide à m’installer dans le fauteuil roulant. Je ne tiens plus sur mes jambes. Mon homme me dépose ma fille toute emmitouflée dans les bras. La tenir serrée contre moi est déjà un effort physique considérable, dans l’état où je me trouve. Mon homme nous embrasse une dernière fois avant de partir : il n’a pas le droit de passer la nuit avec nous. Je suis installée dans une chambre double. La mère qui est allongée dans le lit à côté du mien dort profondément, elle n’a pas son bébé avec elle. La sonnette destinée à alerter le personnel médical est accrochée dans son lit : il n’y en a qu’une pour nous deux.
Je m’installe seule, maladroitement, avec ma fille dans mon lit car elle a toujours envie de téter.
J’ai très mal au sexe et je sens que je saigne. J’ai des vertiges, des frissons, je tremble. J’ai froid et je me sens toujours shootée : j’ai des pertes d’équilibres et la vue brouillée. Je voudrais me lever pour aller aux toilettes car j’ai envie d’uriner et que j’ai besoin de vérifier mes saignements, mais je ne peux pas me lever seule. Je ne peux pas non plus appeler quelqu’un pour m’aider, puisque la sonnette est inaccessible.
Je vais donc rester ainsi de longues heures. J’essaie de trouver une position confortable pour allaiter et somnoler en même temps. En plein milieu de la nuit, une infirmière entre dans la chambre. Elle vient vérifier quelque chose concernant ma voisine. Je lui demande si elle peut m’aider à aller aux toilettes : elle me répond sèchement que puisque je n’ai pas pris la péridurale, je peux me lever seule. Je lui explique que j’ai très mal et des vertiges importants, mais elle fait mine de ne pas m’entendre. Je me débrouille pour aller seule jusqu’aux toilettes mais je dois
faire plusieurs pauses en chemin car je suis au bord du malaise. La seule réaction de l’infirmière devant mon état sera de m’ordonner de laisser la porte des toilettes ouverte au cas où je m’évanouirais.
Je lui demande si elle peut me procurer d’autres protections hygiéniques, car je saigne très abondamment et les miennes ne sont pas suffisantes : elle rechigne. Elle ne m’en apportera pas de la nuit. Uriner provoque une douleur extrême à cause de la suture récente et je ne sais pas si c’est normal. Lorsque je regagne mon lit, l’infirmière est déjà partie.
J’apprendrais plus tard que le personnel médical de l’établissement est très réticent à acceuillir les mères qui accouchent en plateau technique : en effet, tous seront ignorants, froids et même dédaigneux avec nous. Notre SageFemme nous dira sur le ton de la blague qu’à notre arrivée,
l’équipe soignante a parié avec lui sur le fait que je réclamerais une péridurale et sur l’heure de mon accouchement; et que nous avons “gagné”. Je préfère ne pas rapporter en détails l’attitude du personnel à mon égard : pour simplifier les choses, lorsque je n’ai pas été tout bonnement ignorée, j’ai reçu des critiques et des remarques infantilisantes et moqueuses.
Ainsi, on ne viendra se préoccuper de moi que le lendemain en début d’après-midi: auscultée par une infirmière, j’apprends que j’ai deux hématomes importants aux aines et le sexe tuméfié, ce qui explique mes intenses douleurs. Elle est très étonnée de découvrir qu’on ne m’a pas donné d’antalgique. Je souffre également de crevasses aux seins car personne ne s’est soucié de savoir comment se passait mon allaitement. Plus grave : personne ne s’est préoccupé de savoir comment se portait ma fille, pendant tout ce temps…
Le lendemain, mon homme me trouve dans un état d’épuisement avancé. Je n’ai pas dormi et je n’ai toujours pas reçu le moindre antalgique. Notre SageFemme fait un passage éclair dans la chambre pour vérifier mes saignements et mes sutures : il semble nerveux et confus devant le récit de ma nuit. Il insiste pour me prescrire une contraception hormonale alors qu’il n’y a aucune urgence, et ne se préoccupe pas de savoir si mon allaitement se déroule bien. Il nous dit être très occupé et ne pas pouvoir rester plus longtemps, nous nous verrons demain, lors du suivi à domicile que nous avons organisé.
En effet, nous avions prévu une sortie précoce, mais les transmissions n’ont pas été faites correctement au sein de l’équipe médicale et nous devons attendre de longues heures la visite du pédiatre avant de pouvoir quitter l’établissement. Nous apprenons, lors de cet examen, que les prélèvements faits sur notre bébé afin de vérifier qu’il n’a pas été infecté par le Streptocoque B, ont été perdus dans la nuit. Notre fille subit donc une seconde fois ce geste invasif. Nous devrions théoriquement attendre les résultats d’analyse avant de quitter l’hôpital, mais c’est tout à fait hors de question pour nous. Nous signons une décharge et nous partons aussi rapidement que possible. Je veux retrouver mon cocon, ma maison, mes repères, et pouvoir enfin dormir et être aidée par mon homme. Je veux pouvoir être suffisamment à l’aise et sécure pour enfin prendre le temps de tisser ma relation avec mon bébé, car jusqu’à ce que nous soyons rentrés chez nous, je serais trop mal physiquement et psychiquement pour investir ce lien autrement qu’en répondant à ses besoins primaires.
J’ai accouché il y a 18 mois.
Je peux enfin faire le récit de cette naissance sans être envahie par des émotions négatives, même si j’ai encore besoin de travailler sur ce traumatisme qu’à constitué l’accouchement pour le surpasser définitivement. J’allaite toujours ma fille aujourd’hui, et cet allaitement plein de douceur et de tendresse est une victoire, car à aucun moment je n’ai été conseillée ou guidée malgré mes difficultés de démarrage.
Nous ne savons pas encore quand nous aurons un deuxième enfant, mais une chose est sûre, c’est qu’il viendra au monde chez nous. Je n’aurais jamais pensé adopter un point de vue aussi extrême avant de vivre cette expérience, mais si aucune SageFemme ne peut nous accompagner dans un projet d’accouchement à domicile, nous nous débrouillerons seuls, pour éviter d’avoir à revivre ces évènements.

#338 La naissance prématurée de Y. et N.

4 Fév

Après avoir vu des amies se lancer  pour contribuer a votre défi à mon tour…voici la naissance de mes filles, arrivées trop tôt a 32sa suite a une pré éclampsie. j’ai écrit ce texte il y a un moment déjà, elles ont aujourd’hui 1 an et sont en pleine forme mais leur naissance restera un jour si particulier dans nos vies….Je ne sais pas trop si ce témoignage pourra vous aider, malheureusement en cas de naissance prématuré des choix….il y en a peu à faire…..heureusement nous avons eu le chance de croiser la route de quelques SF, de puéricultrices, d’aide soignantes pleine de douceur et de bienveillance dont je garde un souvenir encore très fort aujourd’hui. Merci à eux d’avoir été un soutien si important quand dans les yeux des autres je me sentais tant jugée et si peu.

Avoir l’impression que « tout ça » c’était réglé, bien rangé au rang des souvenirs désagréables, que j’étais en paix avec ce morceau de grossesse qu’il me manque, cette césarienne, leur naissance si violente et la prématurité…mais non..
Avoir l’impression que tout ça remonte d’un coup, comme un tsunami, cette force si violente qui écrase tout sur son passage…
« Replonger » dans cette naissance et avoir l’impression qu’on a eu chaud…relire les compte rendu de leur arrivée dans ce monde… mon mari m’a parlé de son arrivée en néonat pour voir les filles, je pensais pas que ça avait été si mouvementé…j’avais pas compris, pas vu pas voulu voir,je sais pas, peut être un mécanisme inconscient de protection
Avoir l’impression de pas avancer car quand j’essaye d’en parler on me dit « arrêtes de ressasser, tes filles sont là elles vont bien c’est l’essentiel, oublies tout ça c’est du passé », oui c’est vrai tout ça c’est dernière nous, j’ai essayé d’oublier, d’enfouir loin loin ces moments mais apparemment pas assez….

alors écrire

il est 2h du matin j’ai du mal a respirer, ça fait 3 semaines maintenant qu’on nous surveille comme du lait sur le feu…des protéines dans les urines, une maman qui rivalise avec le bibendum michelin tellement elle a de l’oedeme, des prises de sang pas normales…Je suis hospitalisée depuis quelques jours, je sens que ça va plus tarder, dejà plusieurs fausses alertes, plusieurs fois les SF qui viennent en me demandant si mon mari travaille jusqu’à tard, si j’ai déjà été rasé pour la césarienne.les injections de celestene sont faites…Les gynécos sont un peu perdus…tableau de pré-éclampsie, helpp syndrome mais sans l’hypertension….mais là je sais que c’est pour bientôt, je n’urine plus depuis plus de 18h malgré la sonde , j’ai mal a la poitrine, j’ai eu le droit a une echo cardiaque verdict oedeme autour du cœur, trop d’eau dans ce corps qui n’évacue plus alors on déconne plus ce sera pour dans quelques heures, on a grappillé tout ce qu’on a pu avec des pds toutes les 6h pour s’assurer que ça ne s’aggrave pas trop là on a atteint la limite pour moi…32 sa tout pile….c’est peu, si peu…comment ça va se passer? qu’est ce qu’il nous attend?avec mon homme on ne dormira plus maintenant, on réfléchit, on écoute de la musique la nuit est calme, on pleure un peu on a un peu peur…dans quelques heures on sera parents, elles seront là….pourvu que tout aille bien. quelques photos, les dernières de ce ventre plein et l’attente…

8 janvier

Il y à déjà deux césa en urgence au bloc on attend, le SF vient me passer un produit pour la maturation neurologique et me donner la prémédication, le produit a de drôle d’effet secondaire couplé aux calmants, me voilà qui perd pieds et en pleine crise d’angoisse, il faut y aller, écourter cette attente.

Le bloc…alors c’est ici qu’elles verront le jour, leurs premiers regard…bof il fait froid, c’est tout métallique, trop éclairé,, pas comme j’imaginais leur arrivée. Je reconnais la sf, elle s’était occupé de moi au service de suivi des grossesse patho, elle a un caractère fort ça me plait. Un dernier coup de monito et le galop de vos cœurs réchauffent la pièce. Aujourd’hui c’était le jour de l’écho du 3eme trimestre, je vous verrais en vrai..L’anesthésiste me demande de m’installer pour la péri, ce que j’aurais voulu éviter si j’avais pu les emmener plus loin et leur offrir une vraie naissance.je m’installe et j’essaye de faire le dos rond des les aider, la sf m’encourage mais rien à faire ils n’y arrivent pas, déjà une demi heure qu’ils y sont je me sens mal j’ai froid, j’ai peur je suggère à la sf qu’on recommence demain là j’en ai marre, j’ai la tête qui tourne et l’anesthésiste ne veut pas que je m’allonge, la sf me retient comme elle peut, me rassure me donne la main, j’aimerai tellement que mon homme soit là..Une dizaine d’essais, quelques larmes plus tard enfin c’est posé…mon mari rentre enfin tout habillé en bleu….il est d’un calme (il m’avouera plus tard que c’était que l’air, dedans c’était le panique!), il me caresse le visage, je lui prendrais bien la main mais je suis attachée…
On me badigeonne le ventre « mais héhéhé stop je sens tout là!!! » quelqu’un me répondra « c’est normal vous allez sentir sans souffrir » et c’est parti..ah oui je sens mais ça fait pas mal…c’est étrange. J’entends un « olala mais c’est quoi, vous avez beaucoup d’endométriose madame, ça va nous compliquer la tache… ». Je sens leur mains qui fouillent dans mon ventre, ça sent le cramé, plein de drôles de bruits, ils aspirent le liquide et j’entends « attention voilà une tête » et quelques secondes après un cri…si petit si aigu mais si puissant, ma N. ma toute petite te voilà, « bienvenue mon amour »,….mon homme pleure il est submergé, N. pleure quel soulagement, je la vois dans les bras de la SF, pas si petite je trouve, un petit passage auprès des pédiatres et on me l’approche du visage..je la sens, l’embrasse, me frotte le visage contre elle , c’est animal…Il faut vite l’emmener pour les soins. « Ah voilà une paire de fesse » et un second cri, Y. te voilà ma douce « bienvenue ma puce ». elle pleure moins je ne la vois que rapidement, elle est prise en charge vite par l’équipe de pédiatrie, ça y est…elles sont là….on nous annonce les poids, 1670 grammes et 1620 grammes, bravo mes amours!! Il faut maintenant prendre soin de vous, voie centrale, intubation, ventilation..que de douleurs et de violences pour vos premiers instants de vie…excusez moi….
Je lâche prise. Mon mari me câline le visage ,nous pleurons en espérant que tout va bien….et d’un coup j’ai mal je hurle, la SF prévient vite l’anesthésiste que je bouge les jambes, il faut réinjecter du produit vite, j’ai si mal….l’anesthésiste me pose un masque et me demande de respirer profondément je sens que je m’endors, je n’arrive plus a parler j’ai la sensation d’étouffer, et ces mains qui tirent, appuient…vite que ça se termine, ça fait mal,ça me semble long, j’arrive plus a parler (mon mai m’a raconté que je grognais) mais j’entends, tout le monde s’agite, je saigne beaucoup, ma tension descend, ils ont beaucoup de mal a replacer l’utérus dans le ventre, l’endométriose gêne beaucoup,ils prennent beaucoup de précautions mais j’entends que c’est compliqué. je ne sais pas trop quand mon mari sort, on m’agrafe et on m’emmène en salle de réveil,Je suis complètement amorphe, je saigne encore pas mal, je n’ai qu’une hâte voir mes bébés, comment vont elles? où sont elles? elles sont nées a 11h57 et 11h58 je ne les verrais qu’a 18h30.
Les suites de couche furent très douloureuses, une grosse anémie m’a beaucoup fatiguée , je suis encore très surveillée mais mon corps se remet en route. Le besoin d’être près de mes trésors m’a fait me lever et reprendre le dessus. Mes trésors, lovées dans leur cocon de tissu à l’étage du dessus, entourées de fils et de tuyaux dans leurs couveuses.J’ai pu prendre N. dans mes bras le lendemain et Y. le 10 (à cause de l’intubation ça n’était pas possible avant). Elles sont parfaites, leur peau est si douce, toute chaude, elles ne sont pas si petites, ne nous impressionnent pas. Mon mari a pris plein de photo que je regarde en boucle dans ma chambre, les premiers jours je ne reste pas très longtemps en réa mais plus les jours passent moins je suis dans ma chambre. Elles évoluent bien, ce sont des battantes, elles ont une telle force de vie qu’elles nous imposent un respect et une admiration profonde….Mes filles….l’histoire de la néonat , les joies, les peurs, c’est une autre histoire que je n’ai pas encore la force de coucher sur le papier, pas aujourd’hui en tout cas, les longues heures a pleurer auprès des couveuse dans le silence feutré de ce service, à m’excuser auprès de ces bébés de ne pas avoir pu les emmener plus loin, de pas avoir réussi a leur offrir la chaleur de mon giron plus longtemps sont encore trop présentes dans mon esprit. Notre allaitement trop court reste aussi douloureux, celles qui ont fait la triste expérience de la néonat comprendront, le tire lait 8  à 10 fois par jour, les sondes gastriques, les 3h entre chaque tétées à respecter, les 1001 conseils contradictoires, les chiffres, les doubles pesées…..j’ai donné tout ce que j’ai pu malgré des douleurs très fortes pendant les tétées….on me disait c’est normal ça va passer….et ça ne passait pas….j’ai baissé les bras. J’ai tenu 2 mois, 2 tout petit mois…plus tard j’ai appris que ces douleurs (comme un millier d’aiguilles qui cherchent a sortir du sein, une brûlure qui irradie jusque dans l’épaule) n’étaient en fait pas normal….candidose des canaux lactifères…..apparemment un traitement aurai suffit et nous avions tous les symptômes (moi les douleurs, mes filles les mycoses) mais personne n’a su, n’a vu. Je n’ai pas trouvé la force de tenter une relactation.  Je leur donne leur biberon avec autant d’amour que mon propre lait mais je garde un gout amer de ces « ce n’est rien c’est normal ça va passer…. ». Manque d’information? manque d’écoute? Trop de travail (il n’y avait qu’une conseillère en lactation pour toute la néonat)? Je n’en sais rien mais j’aurais souhaité autre chose. On se sent déjà si peu face aux équipes soignantes, cet allaitement était la seule chose que seul moi pouvais leur donner j’y tenais beaucoup, j’aurais réussi un peu mais pas assez.

voilà

Après tout ça l’impression de n’avoir qu’une certitude : l’amour inconditionnel que je porte a ces deux êtres, mes filles, Y. et N., mon oxygène, mon énergie…je ne regrette rien de la galère parcouru pour qu’elles viennent se nicher en moi, ça en valait la peine

Elles ont déjà 3 mois…

Elles me sourient….

#336 Un accouchement idyllique, la suite un peu moins

2 Fév

J’ai accouchée le 16 décembre 2012 à 20h55 à la maison, dans le calme et la douceur avec F., mon compagnon et E. ma super sage femme.
Il y a eu juste ce moment où mon loulou a fait une détresse respiratoire, très vite réglée par E. Cependant avec l’inquiétude je me suis mise a saigner. Pas beaucoup, mais assez pour que E. me demande d’aller a l’hôpital. C’était le deal. Au moindre couac, direction la maternité!
Nous y sommes arrivé vers 23h. E. est venue avec nous.
Dès notre arrivée, une auxiliaire de puériculture m’a enlevé mon bébé pour l’emmener « faire les examens d’usages ». Le papa a pu aller avec lui (sans le toucher bien sur, c’est fragile ces choses là monsieur, laissez faire les professionnels!).
Pendant ce temps la sage femme de service a voulu vérifier la suture que E. avait fait sur ma déchirure. J’avais un œdème et lorsqu’elle a touché pour essayé de voir les points ça m’a fait extrêmement mal. Elle m’a également appuyé fort sur le bas ventre pour évacuer le sang et fais une petite toilette a l’eau froide. Malgré tout elle a été gentille et m’expliquait ce qui se passait.
Une fois la première partie de la torture finie (elle m’a appuyé fort sur le ventre jusqu’à environ 4h du matin, j’ai eu un hématome sur le point d’appuis le lendemain) le pédiatre (je l’ai lu sur son badge et son air condescendant) a fait son  apparition pour me « rassurer » suivit par F.
« Madame, ce que vous avez fait est très grave! Votre fils a failli mourir! Bon il va bien maintenant que nous l’avons aspiré et mit sous oxygène! Vous pourrez le voir dans la matinée! »
A moitié sous le choc de cette tirade j’ai osé demander a le voir plus tôt ne serait-ce que pour lui donner la tétée, il n’avait pas voulu prendre le sein a la naissance et du coup n’avait pas encore mangé.
« Ha! Mais ne vous inquiétez pas nous lui avons déjà donné un biberon! » avant de faire volte face et de nous planter là.
J’ai regardé avec de grands yeux, mon compagnon, E. puis la sage femme.
« J’espère que vous n’avez pas fait ça… C’est une entorse a la charte du patient! Je ne suis pas dans les vapes, ni le papa! Vus DEVIEZ nous dire ce que vous alliez faire!! »
J’étais fatiguée, a bout de nerfs et de patience. E. me caressait doucement les cheveux en me demandant de rester calme. La sage femme avait l’air de ne pas comprendre les paroles du pédiatre.
« Ils ne lui ont rien donné, en tout cas pas encore, Monsieur est resté avec le petit jusqu’à ce qu’il entre en néo natalogie, le temps qu’ils le scopent et qu’il l’installent… Venez Monsieur je vais vous emmener le voir comme ça vous pourrez leur dire de ne pas lui donner de biberon. »
Je l’ai chaudement remerciée, ils sont revenus quelques minutes après, le petit avait pris une pipette de lait… Bon, adieux ma première tétée, mais c’est toujours mieux que le biberon.
E. est partie après une dernière pression utérine. Elle aura été avec nous pendant plus de 12h.
Ne tenant pas sur mes jambes, la sage femme m’a installée sur un fauteuil, et nous a emmené F et moi voir notre bébé. Elle est repartit après s’être assurée que quelqu’un pourra nous conduire a notre chambre.
Nous avons été reçu comme il se doit…
-« Qu’est ce que vous faites encore là? Voir le petit? Il est fatigué et a besoin de se reposer! Et vous aussi madame allez dans votre chambre! »
En regardant derrière elle j’ai pu apercevoir mon tout petit, allongé sur le dos, des fils partout, un tuyaux a oxygène dans le nez entrain de hurler. J’ai senti monter une fois de plus mon envie de meurtre.
-« Il a surtout besoin de sa maman et moi j’ai besoin de lui! De plus j’aimerais lui donner le sein, il n’a pas tété encore et je ne voudrais pas manquer ma montée de lait! »
-« Mais madame, c’est pas en lui donnant le sein que le lait va monter! C’est en vous reposant! »
-« Je ne vous ai pas demandé votre avis… Je ne partirais pas sans avoir vu mon fils… »
Il y avait une autre maman dans la pièce avec un minuscule bébé dans les bras qui observait la scène. Je pense que si elle n’avait pas été là, la puéricultrice m’aurait tout simplement fermé la porte au nez.
J’ai pu enfin serrer mon fils dans mes bras, chose que je n’avais pas fait depuis presque 6h. Je suis restée avec lui de courtes minutes puis F. exténué, m’a demander d’aller en chambre qu’on puisse se reposer quelques heures.
Arrivé en chambre j’ai demandé un tire lait. L’aide soignante m’en a apporté un et m’a expliqué comment faire.
J’ai dormi un peu et après le changement d’équipe je suis retournée voir mon petit.
La puer de jour n’était pas beaucoup plus engageante que celle de la nuit, m’enfin elle a débranché les fils de la machine et m’a mis mon fils dans les bras. Il n’avait plus d’oxygène, par contre ils lui avait laissé d’affreux sparadrap sur les joues.
Je suis restée avec lui jusqu’à midi, puis la sage femme de jour est venue me chercher car elle voulait voir la suture.
Elle n’a pas été douce du tout. Quand j’ai osé gémir alors qu’elle écartelait mon intimité tout oedémaciée elle m’a dit que d’arrêter mes enfantillages et que quand on fait n’importe quoi il fallait en assumer les conséquences. Du coup je lui ai demandé si sa mauvaise humeur faisait partie des conséquences a assumer. J’ai eu encore plus mal ensuite. Elle m’a enlevé ma perfusion et m’a entouré le bras de sparadrap avec un petit sourire satisfait.
j’ai donné mon plateau repas a F. (puisque personne nous avait proposé de plateau accompagnant) et suis retournée en néo nat.
En fin de journée, voyant les fils constamment débranché j’ai demandé a la puer si je pourrais avoir mon petit en chambre.
-« Non! il faut surveiller son taux d’oxygène dans le sang! »
-« Mais il a passé sa journée débranché! »
-« oui mais vous le surveillez »
-« Ben je peux le surveiller dans ma chambre… »
-« Non c’est non. »
Au final j’ai récupéré mon fils que le lendemain soir. Je n’ai pas connu les équipes suivantes, je m’arrangeait pour ne pas être dans ma chambre lorsqu’elles passaient et elle ne sont pas venu me chercher.
J’ai vu un second pédiatre le matin de mon hypothétique sortie.
-« Il va très bien cet enfant, vous pouvez sortir… Attendez c’est vous qui avez accouché a domicile? »
-« ……..oui……. »
– » Le taux de sucre est trop bas, surveillance glycémique de 24h! »
Je devait réveiller mon loup toutes les 3h pour le faire piquer et ainsi « surveiller sa glycémie », pendant la nuit, la sage femme de garde m’a dit que c’était un prétexte pour me garder 24h de plus car dans cet hôpital « on ne sort pas avant 3 jours ».
Au matin, lorsque le pédiatre est entré dans ma chambre je lui ai dit cash
-« Soit vous me laissez sortir, soit vous me donnez une décharge, dans tout les cas a midi je ne suis plus dans vos murs »
-« Si vous aimez jouer avec la vie de votre enfant, ce n’est pas mon problème, donnez le moi je dois au moins faire la visite du 3eme jour »
Je lui ai laissé faire sa visite puis j’ai plié bagage et a 11h je n’étais plus dans leurs murs.
Je suis enceinte de mon deuxième enfant et j’ai bien l’intention de recommencer l’expérience de l’accouchement a domicile. J’ai changé de maternité de secours et le peu que je les ai vu les sages femmes ont l’air plus engageantes. Nous verrons bien en avril!

#335 Charlène, dans le Sud de la France

2 Fév
Cette année devait être la plus belle à mes yeux, celle ou j’allais être maman pour la première fois…
J’ai 19 ans et je vis dans le SUD.
Dès que mon test de grossesse a été positif, je n’ai pas perdu 1 seconde pour me lancer dans l’aventure et j’ai pris mon premier rendez vous chez une gynécologue pour une échographie de datation.
La rencontre avec cette gynécologue à réellement lancé l’aventure qui c’est avérée être, un parcours du combattant.
Le jour du rendez vous, cette gynécologue m’a tout de suite traitée comme un chien. Elle a beaucoup insisté sur mon jeune âge et m’a demandé de me mettre nue sur son fauteuil. J’ai eu le droit à une écho vaginal sans même qu’on m’explique le principe. Au bout de 2 min, elle me demande de me rhabiller et me donne une feuille. Elle me demande de lui faire un chèque de 28€ et au revoir mademoiselle ! Sur le coup je n’ai pas réagis mais j’ai quand même demandé si j’étais bien enceinte et si mon bébé était vivant, ce à quoi elle a répondu :
‘ Si vous faites une fausse couche vous n’aurez qu’à remettre ça le mois prochain, 28€ s’il vous plait ‘ !
Ce fut le début de l’horreur pour moi. L’hôpital a refusé de me prendre avant 6 mois malgré ma grossesse à risque. J’ai été suivie par ma généraliste et l’échographie de mes 12 et 22 SA ont été faites dans un cabinet privé. Durant ces deux premiers trimestres j’ai beaucoup souffert, je me suis sentie seule et totalement délaissée. De plus, mon patron m’a forcé à me mettre en arrêt du fait de ma grossesse car : ‘ une femme enceinte c’est une femme handicapée, ça ne sert à rien dans l’entreprise … ‘
Je suis arrivée difficilement jusqu’à mes 26SA de grossesse, mal suivie, la peur au ventre, je ne savais pas ce qu’il allait se passer que ce soit pour mon accouchement ou pour la suite. J’ai été malade du premier jour de ma grossesse jusqu’à la fin, l’angoisse, le stress…
Puis à 5 mois je me suis retrouvée aux urgences pour contraction. On m’a mise en arrêt maladie et alitée, ce n’est pas pour autant qu’on m’a suivi plus tôt que prévu à l’hôpital. J’étais seule chez moi, toute la journée, en attendant de voir enfin un médecin en gynécologie.
Le 6ème mois est arrivé et j’ai enfin pu rencontrer une gynécologue, celle qui allait m’accoucher. Je suis arrivée à ce rendez vous heureuse et je suis ressortie en larmes. Quand je lui ai annoncé que je devais avoir une césarienne à cause de mes problèmes de coeur, elle m’a annoncée que non, elle m’accoucherait par voie basse malgré la lettre de mon cardiologue. Je n’ai pas le droit de pousser. Pour elle, il était plus simple de tirer le bébé avec une ventouse que de faire une césarienne. Ensuite après un touché et un tour sur la balance je suis partie. Le rendez suivant ( 1 mois après ) a été une bataille pour faire valoir la demande du cardiologue. Rebelote un simple touché et un tour sur la balance…
J’ai eu l’impression de n’être rien dans ce monde-là. J’ai eu la chance de trouver une sage femme qui m’a accompagné vers 7 mois jusqu’à la naissance de mon fils car sinon, je pense que j’aurais craqué. Etre seule dans ce milieu, malgré la présence de mon conjoint qui était lui aussi autant pommé que moi devant ce médecin sans aucun sentiment et qui avait l’air de se foutre complètement de mon état de santé était incompréhensible. Nous avons demandé à changer de gynécologue mais si je voulais changer, je n’avais qu’à accoucher ailleurs ! Donc trop loin de chez moi…
Je n’avais qu’une envie, arriver à la fin. Puis le 8ème mois est arrivée, je me suis sentie de plus en plus mal avec des douleurs atroces dans le ventre. 4 jours avant ma césarienne je me suis décidée à me rendre aux urgences après avoir tenté pendant 3h de joindre la maternité par téléphone…
Nous avons dans un premier temps rencontré une sage femme des urgences qui avaient l’air de se foutre totalement de mon état :  » Ha vous avez mal au ventre ? Ho mais vous stressez pour la césarienne c’est tout, prenez quelque chose pour vous calmer comme du spasfon et rentrez chez vous « . Après lui avoir fait comprendre que non je ne stressais pas et que j’avais mal, elle s’est enfin décidée à m’examiner. Col fermé mais on me met sous monito ‘ au cas ou ‘…
Après 1h de monito mes douleurs me reprennent et là s’affiche une grosse contraction et le coeur du bébé ralentit et ça à chaque douleur. Enfin on me prend au sérieux, enfin on m’écoute… Je suis restée 2h sans voir personne, accrochée à cette table… Puis on est venu me dire que j’avais le choix entre prendre de la morphine pour tenir 4 jours ou avoir la césarienne le lendemain. J’ai donc demandé ma césarienne car la douleur était insupportable.
J’ai passé ma nuit dans une chambre, seule avec une autre maman, sans aucune visite, personne n’a voulu me donner d’anti douleur ou m’expliquer pourquoi le coeur de mon fils ralentissait aux contractions…
Le lendemain à 8h une personne est venue me raser devant ma coloc de chambre, sans me cacher.. Ensuite une douche à la bétadine et on me conduit dans le fameux bloc. Je suis détendue, je n’ai pas peur, j’ai toujours su que j’aurais une césarienne. Puis ma gynécologue arrive, pas un regard, un petit bonjour et elle a détournée la tête… La césarienne commence.
Au bout de 10 min, j’ai compris que quelque chose clochait, ma gynécologue demande d’augmenter le son de la musique, je vois d’autres personnes rentrer, puis au bout de 15 min on m’annonce que mon fils est né, pas un pleur… d’un coup j’entends du bruit à côté, je vois des personnes partir en courant… Personne ne me dit rien. Puis j’entends des pleurs, enfin, j’ai cru ne jamais les entendre.
En salle de surveillance j’ai enfin mon fils dans les bras, il est plein de bleu, tout blanc, tout petit alors qu’il était estimé plus gros. On m’annonce que tout s’est très bien passé mais qu’on doit lui faire une radio du crane, qu’on fait ça à toutes les césariennes. Ensuite on m’explique qu’il a un soucis de pied tordu, mais pareil, ça arrive à toutes les césariennes… Première tété, mon fils tête très bien. Mais on le complète à la seringue, on m’explique qu’il fait de l’hypoglycémie et que c’est normal… Le soir, en retour en chambre, sans m’expliquer encore une fois, on sonde mon bébé, car, il ne garde pas assez son sucre.
Le lendemain on m’interdit d’allaiter pour ne pas le fatiguer… j’ai tapé des pieds et des mains pour avoir un tire lait.. on me laisse seule avec cette machine. On m’autorise à mettre mon fils à téter toutes les 6h sans m’expliquer comment le mettre au sein, je n’y arrive pas avec la césarienne, on ne m’aide pas, je suis seule… je demande de l’aide et au lieu de ça on me dit que ça fait trop longtemps que je stimule mon fils et qu’il se fatigue et on le remet sous sa sonde… bien sur qu’il n’a pas envie de se fatiguer à téter , il est nourrit H24 par cette sonde et ça lui suffit, il n’a pas perdu de poids…
J’ai demandé à savoir comment c’est passé ma césarienne, personne ne me répond sincèrement, on me ment, on me cache des choses. On me prend un rendez vous avec un spécialiste dans un autre hôpital, dans une autre région car mon fils a ‘ un soucis à la tête ‘ mais selon les pédiatres, rien de grave… On ne me donne pas le nom de sa maladie car ‘ soit disant ‘ on ne sait pas…
 4 jours après, on lui enlève sa sonde et j’ai râlé pour avoir une sage femme pro allaitement pour m’aider enfin à mettre mon fils au sein ! J’avais mes montées de lait, j’avais envie de tout faire pour réussir mon allaitement.. A j5 il commence une jaunisse, les médecins ne veulent pas le traiter pour le moment et préfèrent attendre qu’il soit dans la courbe critique… A j6 mon fils est enfermé dans cette machine H24 et ne sera sortie que pour téter… Je n’en pouvais plus de ce calvaire, de ces mensonges…
Je suis sortie à J9, après m’être fait manquer de respect par une sage femme. Elle avait prévue ma sortie au matin et mon conjoint ne pouvait venir que l’après midi… elle s’est permise de me dire que :  »  si il faut aller chercher votre fils à la crèche vous le laisserez dans la rue car vous ne pourrez pas arriver à l’heure ?  Vous devriez prendre un taxi, quoi ? Vous n’avez pas les moyens de payer un taxi ? Alors pourquoi vous faites un enfant si vous n’avez pas d’argent pour payer un taxi ? C’est quoi ces jeunes… Vos parents ne peuvent pas venir vous chercher car ils n’habitent pas la région ? Mais vous êtes comme tous ces jeunes qui viennent dans le SUD pour le soleil et le jour ou vous êtes dans la merde c’est bien fait pour vous !! ‘ Après tant de méchanceté je me suis permise de la remettre à sa place et elle m’a envoyé la psy pour être sûr de mon état psychologique pour sortir… Je lui avait juste demandé a sortir l’après midi au lieu du matin…
Durant cette grossesse je me suis sentie seule et durant ce séjour à la maternité j’ai été humiliée et on m’a menti et mise de côté…
10 jours après ma sortie, je reçois mon compte rendu venant de ma gynécologue qui explique que tout c’est bien déroulé durant la césarienne… 1 mois après je reçois un second compte rendu… celui du pédiatre… et là, j’ai enfin appris toute la vérité. La césarienne c’est mal passé, ma gynécologue a paniquée, elle aurait ratée son extraction avec les spatules et aurait tenté de sortir mon fils avec les mains. Mais comme elle n’a pas fait d’écho avant, malgré qu’on m’ait admise car il y avait un problème, elle ne savait pas que la position de mon fils était très mauvaise, coincé dans mon ventre, cordon autour du cou. Elle a donc sortie mon fils en le tirant par les pieds alors qu’il était tête en bas… une sortie brutale qui lui a valu un problème à la hanche et ses pieds ainsi que de nombreux bleus. Il ne respirait pas à la naissance. Et on a détecté une craniosténose dès le premier jour. Mais rien de tous ça ne m’a été dit… Rien du tout…
Je ne me sens pas prête a retenter l’expérience, je souffre encore de ces mensonges et de ce suivi catastrophique…
 Merci de m’avoir lu.

#328 Accouchement non-respecté en Charente Maritime, 2004

14 Jan

Je m’appelle Héloïse, j’ai 38 ans, mon fils est né en 2004 à l’hôpital (…) en Charente Maritime.

Mon corps, mon bébé et mon accouchement n’ont pas du tout été respectés ainsi que le séjour qui a suivi.

J’avais alors 28 ans et le terme théorique était prévu pour le 31/10/2004; tout s’était très bien déroulé jusque là.

Le 15/10 en toute fin de journée, dernier examen chez le gynécologue-obstétricien, examen peu agréable et douloureux.

Le 16/10 à 08h15, dès le saut du lit en allant aux toilettes comme par hasard la poche des eaux s’est rompue d’un seul coup …

Deux heures plus tard, je pars à l’hôpital naïvement, confiante et joyeuse à l’idée de donner la vie et de voir enfin mon bébé.

Arrivée au bureau des sages-femmes, je suis accueillie par la doyenne qui me présente à sa collègue qui est de garde ce jour-là pendant 24h à l’époque.

Déjà je ne la sens pas enchantée dès le départ, nous sommes un samedi, c’est donc sa garde du week-end du samedi 8h au dimanche 8h. Elle n’est visiblement pas d’humeur et commence par me faire un monitoring, pour détendre l’atmosphère je lui dis que c’est sympa d’avoir la même sage-femme pendant 24h. Là elle enfile ses gants d’examen et me dit sèchement : « maintenant je vais être nettement moins sympa » puis elle m’enfile ses gros doigts entre les jambes en me faisant atrocemment mal.

Elle est particulièrement sèche et désagréable, brutale dans ses gestes, elle m’annonce avec dédain : « Pfff vous n’êtes dilatée qu’à un doigt, dans 48h on y est encore » …

Elle repart en m’indiquant que je vais devoir patienter dans une chambre, mon conjoint n’en revient pas de son attitude, et ma mère qui l’a vue l’a qualifiera de matronne.

Je n’avais ni bu ni mangé depuis la veille et les contractions se sont accentuées d’heures en heures, la sage-femme n’est revenue me voir à aucun moment, j’ai géré mes contractions seule dans ma chambre. Vers 19h à bout de forces, je demande au personnel si je peux manger quelque chose, ils me servent juste une soupe que j’ai vomie.

J’ai donc sonné car je n’avais pas vomi une seule fois durant ma grossesse et cela m’a inquiétée, c’est la matronne qui est arrivée, visiblement je la dérangeais, « pfff ça arrive souvent avec les contractions, rappelez quand il y en aura toutes les deux minutes pendant 2h d’affilée » … Quel sens du dialogue et quelle écoute, quel soutien ! Vers 21h je pars enfin en salle de travail, je suis perfusée, cathétérisée, tensiométrisée, sans explication. La matronne se prend les pieds dans les fils de ma perfusion reliés à ma main et je hurle lorsque le pansement s’arrache. Pas une excuse, elle lève les yeux au ciel et repart. L’anesthésiste qui est beaucoup plus aimable vient me poser la péridurale à 3 cm de dilatation (trop tôt dans mon cas mais je ne le saurai qu’après). Au bout de 20 minutes elle ne fait aucun effet, je souffre horriblement car les contractions sont de plus en plus intenses. Je le dis à la sage-femme mais elle me dit que « non je ne peux pas avoir mal puisqu’on vient de me poser la péridurale »… Une fois de plus, je semble la déranger et elle ne me croit pas !! C’est mon corps, je sais si j’ai mal ou non, c’est tout de même incroyable de ne pas être crue quand on souffre !!! J’insiste et elle finit par rappeler l’anesthésiste qui lui me croit, et confirme que la péridurale a échoué, le produit ayant rebondi sur le nerf. Deuxième pose entre deux contractions douloureuses, le produit fonctionnera cette fois-ci mais pour une heure seulement, de 22h à 23h. Mon fils étant né à 01h15 je vous laisse imaginer la suite car à aucun moment je n’ai été informée de la durée des effets de la péridurale et de l’éventualité que je sentirai tout passer, à l’ancienne … Sanglée sur ce lit à l’horizontale (ce qui paraît aberrrant pour faire naître un bébé) reliée à des machines et à une sage-femme absolument odieuse, sans plus aucun effet de la péri, voilà comment j’ai fini les dernières heures de mon accouchement. De plus, lors des cours de préparation à l’accouchement, on a dit qu’il y aurait deux personnes maximum en salle de naissance (une SF et une Aux puer), et là il y avait 4 personnes, dont 3 dont j’ignorais totalement le statut médical puisque personne n’a pris le temps de se présenter. Des personnes entrent et sortent sans frapper, sans décliner leur identité ou sans même un simple bonjour alors que notre corps est à la vue de tout le monde en partie dénudé. A un moment deux des femmes sans identité se sont permis des remarques sur mon initmité comme si je n’étais pas présente : « tu as vu ça ? moi je n’avais encore jamais vu ça ! » … La nudité et la pudeur des patientes n’est pas respectée et il y a des remarques déplacées qui n’ont pas lieu d’être ! Le travail avançait lentement, environ 1cm par heure, ce qui semblait agacer la sage-femme ! Elle n’était pas non plus disposée à répondre à mes questions pourtant peu nombreuses durant le travail. Je lui ai demandé ce qui se passerait si mon bassin était trop petit, et elle s’est contentée de dire sèchement « mais pourquoi il serait trop petit votre bassin ? » A un moment elle a regardé sa montre et nous a dit « Bon je vais aller manger parce que j’ai pas que ça à faire! » Un comble pour une soit disant professionnelle qui est censée vous accoucher … De 23h30 à 01h15 mes douleurs sont devenues de plus en plus atroces, je ne m’attendais pas à une telle douleur, je ne maîtisais plus rien sauf la respiration que j’avais apprise aux cours de préparation. Là encore je n’ai pas été respectée, la matronne revenue de son dîner m’a fait comprendre sur un ton très autoritaire que la tête poussait et qu’on était à 1/2heure de l’expulsion donc il fallait oublier toutce que j’avais appris aupravant pour appliquer sa méthode. Les 4 se sont mises à me dicter en même temps leur façon à elle de respirer ou de pousser, sans aucun soutien, aucun encouragement, juste des informations contradictoires en me hurlant dessus. Quelle douleur, et rien d’apaisant autour, une position gynécologique imposée jambes écartées sous une lumière vive, avec des femmes censées vous aider mais qui vous crient dessus, aucune bienveillance, aucune empathie, rien ! C’est dans ce contexte que j’ai osé demander si j’allais avoir une épisiotomie et la sage-femme a alors répondu « mais c’est déjà fait! »… Un geste imposé, sans aucune discussion ni aucun consentement préalable ! J’ai l’impression d’avoir été trahie, découpée dans ma chair pour que ça aille plus vite, pour les arranger eux, parce qu’ils n’ont pas de temps à perdre … Là on est complètement dépossédées de notre  propre corps, ces instants nous sont volés à jamais, et aujourd’hui encore je porte cette cicatrice physique et psychologique, je me sens mutilée. J’estime que nos corps et nos âmes méritent un peu plus de considération et de respect, après tout c’est nous qui donnons la vie, non ? Lorsque la douleur a été au paroxysme, que la tête de mon bébé s’est engagée et que je voulais que tout s’arrête tant la douleur est aigüe, terrassante et irrationnelle, la sage-femme a prononcé cette phrase que je n’oublierai jamais : « Il y a un problème, il y a un problème … » On s’est regardés mon conjoint, les 3 autres femmes et moi avec inquiétude. La matronne a laissé passer quelques secondes qui ont paru des heures et a lancé un « c’est bon la tête va passer! »… Hillarant, très adapté à la situation, il fallait rire en plus ? Ce genre d’humour n’a pas sa place dans un moment pareil et c’est une honte d’être traitée ainsi dans un hôpital. Après cet épisode d’humour très déplacé, il restait encore les épaules de mon fils à faire passer, alors j’ai hurlé de toutes mes forces pour expulser cette douleur et aider mon bébé à sortir. Une des femmes a osé me dire « arrêtez de hurler vous allez faire peur à la maman d’à côté »… En plus on nous culpabilise, c’est révoltant d’être traitée ainsi dans un moment pareil ! Mon bébé arrive enfin et je peux le serrer dans mes bras, occultant tout le reste, je pleure en disant « Mon bébé, c’est mon bébé ! ». Il est bien au chaud tout contre moi, très calme, il me regarde et respire l’odeur de ma peau. Je l’aime tellement, c’est mon fils et il est enfin là ! Je tremble de froid et de fatigue, on me l’enlève déjà; moi qui allais très bien en arrivant, j’ai contracté un virus à l’hôpital et j’ai 39°5 de fièvre donc bébé part pour des examens, il me manque déjà, il n’a pas pu avoir sa tétée d’accueil comme je le souhaitais. Le placenta est expulsé entier dans le quart d’heure qui suit la naissance (je l’ai lu dans mon dossier). On me recoud la coupure de l’épisiotomie à vif …

Et j’ai droit à une révision utérine, manuelle, alors que mon placenta était entier !! C’est une douleur insupportable, cette main et ce bras dans vos entrailles qui semblent tout arracher de l’intérieur … « vous ne pouvez pas avoir mal, vous avez eu la péridurale » Décidéménent rien ne m’aura été épargné dans cet hôpital archaïque. Pourquoi tant de violence et d’irrespect envers les femmes ? On me ramène mon fils deux heures plus tard et enfin il, peut téter, allaitement maternel 100% réussi et qui durera 18 mois, et ce n’est pas grâce aux conseils que j’ai eus, contradictoires une fois encore, que j’ai réussi mon allaitement, mais grâce à ma seule volonté. La garde de la matronne se termine bientôt, elle me ramène dans ma chambre, veut vérifier avec sa collègue si je sais encore uriner, c’est le protocole, elles me regardent avec insistance assise sur les toilettes, il n’y aura pas une goutte, dans ces conditions ! Elles préfèrent aller voir le bébé, puis elles quittent la chambre, sans même un au revoir. Je ne reverrai jamais cette femme indigne de porter le qualificatif de sage, j’espère vraiment qu’elle a changé de métier depuis. J’ai croisé plus tard une de ses collègues dans un supermarché, elle m’a avoué que sa collègue en avait ras-le-bol des gardes de 24h … Merci de nous avoir gâché l’un des plus beaux moments de notre vie. Je ne reviendrai pas sur tous les détails du séjour qui a suivi tout aussi irrespectueux, 9 jours d’enfer, mon bébé ayant eu l’ictère du nourrisson et pour moi un virus inconnu, il a été placé d’officice en unité Kangourou avec les prématurés alors qu’il n’avait que 14 jours d’avance. Un matin il a été piqué 12 fois sur son petit bras parce qu’une étudiante qui ne savait pas faire les piqûres s’est acharnée sur lui … Les bébés et leurs mamans méritent le respect dans ce moment unique qui aurait dû être joie et douceur et qui s’est transformé en un moment de tristesse et d’amertume, tout cela parce que des personnes n’ont pas été à la hauteur de leur statut d’humain alors qu’on leur a donné toute notre confiance du fait de leur statut médical. Cet instant magique devenu une expérience traumatisante je ne souhaite à aucune femme de le vivre; j’attends mon deuxième enfant dont le terme est prévu pour le 28 janvier et 10 ans plus tard j’espère cette fois-ci une naissance respectée. Merci de m’avoir lue.

– Héloïse

#323 – Do – 1er accouchement – Yonne 2009

8 Jan

En 2009, j’attend ma première fille. La grossesse se passe très bien malgré de nombreuses contractions à partir du 6ème mois.

Je me réveille vers 3h du matin par des contractions régulières : toutes les 5 minutes. Au bout d’une heure je me décide de réveiller papa, de prendre une douche et de partir tranquillement à la maternité.

Une fois sur place, on me dit que le travail n’a pas commencé mais comme j’habite loin (40 km) ils vont me mettre dans une chambre et revenir dans un « petit moment » m’ausculter et décider très certainement de me renvoyer à la maison. Les contractions s’enchaînent toujours toutes les 5 min et sont douloureuses mais gérables grâce à la respiration et en marchant. Les heures défilent et toujours personne pour m’ausculter. Au bout de 6 heures, j’envoie mon mari chercher une sage-femme. Elle arrive et quand elle me voit s’exclame : « Vous n’avez pas la tête d’une personne qui va accoucher ! » elle daigne quand même me faire un toucher vaginal et me dit : « Vous êtes à 3 cm, vous allez en salle d’accouchement ».

Une fois en salle d’accouchement, on commence à me mettre une perf et je demande pourquoi c’est, réponse : « Vous n’avez pas fait de cours de préparation ? alors vous devez bien savoir ! » Seul position permise : sur le dos. Au bout d’une heure, on me propose la péridurale, c’est maintenant ou jamais. Je la prend. Elle m’endort tout le bas du corps mais les contractions dans le dos sont toujours douloureuses. La seule position qui m’est permise en allongée sur le dos. Les heures passent et mon col se dilate assez vite. A 17h30 je suis à dilatation complète, mais bébé n’est pas assez engagé. Une gynécologue passe et me dit : « Vous tenez le bon bout, c’est bientôt fini », elle reviens 2 h après et me demande : « Vous êtes encore là ? » Bébé ne veut toujours pas descendre. La sage-femme de service me dit qu’elle ne sera pas là pour l’accouchement. La nouvelle équipe arrive et, alors qu’un quart d’heure avant ce n’était pas le moment, maintenant ça presse. Je n’ai aucune sensations dans le bas du ventre, je ne sens pas bébé qui pousse.

On m’installe vers 20h05. Il faut pousser quand il y a une contraction, je pousse qund je commence à avoir les douleurs dans le ventre. Après de nombreuses poussées : « Vous n’êtes plus de tout efficace ! Il faut y aller ! ». Je n’ai plus de forces. On me propose d’utiliser la ventouse pour faire sortir bébé. J’accepte. Une jeune interne arrive, elle souhaite le faire toute seule alors que les autres membres de l’équipe lui disent : « T’es sûre que tu ne veux pas qu’elle vienne ? »

Papa est mis hors de la salle, il refuse mais il n’a pas le choix et on lui dit : « Si vous voyez ça, vous ne voudrez plus toucher votre femme de toute votre vie » gloups !

La ventouse est posée et en une poussée bébé est dehors. Je tends les mains pour prendre ma fille, je ne peux même pas la toucher elle est déjà partie en dehors de la pièce.

Papa voit sa fille passer devant lui, sans un mot elle est amenée dans un pièce où est inscrit : « Réanimation » Il demande : « Elle va mal ? » « Non, la pièce s’appelle comme ça mais c’est là qu’on amène tous les bébés, on s’occupe de votre femme qui fait une hémorragie » Il blêmi, on lui dit : « Elle saigne juste un peu ».

L’interne me recoud pendant un long moment. A la fin, elle vient me voir, ne sait plus où se mettre et me dit : « Vous avez eu 2 déchirures, ne vous inquiétez pas, j’ai bien recousu, vous aurez de belles cicatrices ! Dans une dizaine de jours ça sera cicatrisé et les points tomberont tous seuls. » Je lui demande combien j’ai de points : « Je ne me suis pas amusée à les compter ! »

Au bout d’une heure, on me ramène bébé, je ne pense qu’à une chose : la faire téter. Je demande de la mettre au sein, on me répond : « Si elle y va toute seule, laissez-la faire. Sinon, on vous la mettra après. » Suite à un harcèlement de ma part, on daigne me montrer comment la mettre au sein.

On remonte en chambre vers 23h30. On demande à papa de partir, il refuse et reste dans le fauteuil ! Pendant la nuit on vient souvent me voir pour que j’aille uriner mais je n’y arrive pas, la sage-femme abandonne sans me sonder. Pendant la nuit, papa arrive à calmer notre fille en la berçant dans les bras, une puéricultrice arrive lui arrache des bras, la met dans les miens et dit : « Elle est mieux avec sa mère ! ».

Les jours suivants, je reste dans la chambre et appelle le moins possible. Je reste sur un sentiment d’échec, de ne pas avoir su pousser comme il fallait pour la faire sortir.

Ma sage-femme libérale quand elle m’examine a fait un drôle de tête et m’a dit qu’il n’y a pas 2 mais 3 déchirures. J’ai du mal à m’asseoir pendant plusieurs jours. La cicatrisation durera 4 mois ! et la plus grosse cicatrice me ferra mal pendant 1 an.

Ma gynécologue me raconte que c’est normal car j’ai une peau de rousse.

Il m’aura fallut plus de 2 ans pour imaginer être de nouveau enceinte.

Ce n’est que 4 ans après, lors de ma deuxième grossesse que j’ai appris que la ventouse avez eu lieu, non pas parce que je n’avais pas su pousser, mais parce que bébé ne progressait pas.

Lien vers le second témoignage de Do : Do – 2ème accouchement – Aveyron 2013‏ 

#313 Premier accouchement – 2012

28 Nov

J. est née en mars 2012. Première enfant, première expérience.

Je crois que globalement j’ai eu de la chance sur tous les points :
– un travail qui a commencé tout doux à la maison
– Une perte des eaux qui n’a pas laissé d’ambiguïté dans le « j’y vais ? j’y vais pas ? »
– Départ très tôt le matin avec le papa à mes côtés tout de suite pour m’accompagner.
Il est 6h quand nous arrivons à la maternité. Nous attendons tout de même une petite heure avant que je sois auscultée. Heureusement mes contractions n’étaient pas encore douloureuses, nous étions avec le papa détendus.
Une fois sur la table d’auscultation, on m’apprend avec joie que je suis déjà à 3 cm de dilatation.
On me monte directement en salle de naissance. Apparemment le fait que je sois positive au streptocoque B me rendait plus vulnérable … et donc il fallait me perfuser tout de suite.
On m’installe, me pose la perf. Je tente timidement de demander ce qu’il y a dedans : l’antibio et de l’ocytocine pour accélérer le travail. Ah bon ?!
Bien entendu je n’avais rien demandé de tel, mais je suis plutôt bon public pour les médecins, je leur fais confiance et ne bronche pas.
Mon homme parti régler les joies administratives, je suis seule en salle d’accouchement. C’est là que je ressens les premières contractions douloureuses. J’essaie de me remémorer ma prépa accouchement spécialisée sophro. Mais c’est tout de même beaucoup plus compliqué dans le vif du sujet de repenser à la plage !
La sage-femme repasse me voir. Elle avoue qu’elle est submergée, car seule à gérer tous les accouchements. Ils (les accouchements) étaient nombreux apparemment ce jour-là.
Je tente toujours d’en savoir plus sur le déroulement, notamment la douleur. Elle me dit que la douleur augmentera mais le plus dur à gérer sera finalement la répétitivité de la douleur et l’épuisement qui en découlera. Je l’écoute, elle me demande si je veux la péri, je dis oui.
20 min plus tard elle m’annonce que l’anesthésiste est là. Je lui dis « déjà ? »
Oui déjà car pour moi la douleur était tout de même gérable. Bien entendu, elle me dissuade de patienter, car en gros j’allais en ch*** et puis le médecin est là surtout 🙂
La pose de la péridurale se fait bien, je remercie d’ailleurs l’auxiliaire qui a su parler de choses insignifiantes pour ne pas me focaliser sur cette aiguille plantée dans le dos !
J’avoue que ce fut la détente immédiate cette péri !
Avec le papa, nous avons très bien vécu l’attente, nous étions même à rigoler ensemble, à prendre des photos, etc.
Encore une fois j’ai eu cette chance que le travail avance vite et bien (chose rare apparemment pour un premier !) et puis la sage-femme m’a mise dans une position idéale pour m’ouvrir le bassin.
A 13h30, dilatation complète, hop ! on me met les pieds à l’étrier et poussez Madame. J’ai eu cette impression de monter sur les montagnes russes ! Je pousse, fort, et hop ! voila ma petite princesse sur moi ! Magique rencontre 🙂
J’ai donc bien poussé, mais sans rien sentir ! C’est là ou j’ai tout de même le sentiment de n’avoir rien fait…
J’ai eu les félicitations de mon gynécologue plutôt avare de ce genre de compliments habituellement !
Je n’ai pas eu d’épisiotomie, juste une déchirure.
Et luxe du luxe, ma fille et moi étant bien, nous sommes restées 2 heures avec elle et le papa, elle têtait puis nous regardait.
De retour dans la chambre après les premiers soins de maman et bébé, c’est une petite fille zen qui regardait partout autour d’elle.
Finalement, le plus dur pour moi a été les jours qui ont suivi. J’ai eu la préparation d’avant accouchement, mais après ce fut une autre affaire. Peu de conseils avisés pour l’allaitement, une petite qui dormait pas de la nuit, l’épuisement me gagnait…
Ce que je retiendrai c’est que globalement, ayant respecté leurs procédures, j’ai été du coup « la patiente pas chiante » comme ils me l’ont avoué et donc un accouchement finalement classique sans complication.
Mais ma plus grande déception aura été le manque disponibilité pour l’allaitement que je n’ai pas réussi à mener. Mais ça, c’est une une autre histoire épineuse !
J’attends mon 2ème aujourd’hui, et mes questions sont d’autant plus grandes !
mais j’ai encore 7 mois et demi pour y réfléchir !
Marie

#312 Second accouchement de M.

28 Nov

Tout à commencé dans la nuit du 17 au 18 février, la veille grosse balade au parc en famille. Le soir à l’heure de dîner je me sens barbouillée mais pas inquiète plus que ça vu les efforts fournis pour la balade. Mon homme part au lit, il est 23h, je suis toujours devant la télé je ne sens pas la fatigue venir. Vers 1h du matin, je vais à la selle, puis 30min après, je pense à une gastro, vers 2h du matin je réussis à m’endormir mais 30 min plus tard me voilà de nouveau debout pour aller encore à la selle, mais de là des douleurs apparaissent dans le ventre et dos, je me dis qu’il est trop tôt car encore à 15 jours de mon terme. Mais la douleur ne passe pas, je me retourne 100 fois dans le lit et vers 6h la douleur devient vraiment douloureuse, je réveille le futur papa qui lui dormait bien et lui dit que c’est le moment, de là il part chercher mon père pour garder notre plus grand, je fais donc attention à ne pas réveiller notre fils qui lui dort, je prends une douche, j’ai du mal à me déplacer. Vers 7h, ils arrivent enfin, on part direction la maternité, il m’aura fallut 20 min pour arriver à la voiture. En route, on appelle les urgences pour dire qu’on arrive, je hurle dans la voiture j’ai vraiment mal, mon homme me dit que j’exagère car je criais pas comme ça pour le premier, j’avais envie de le tuer ! Bref on arrive vers 7h45 aux urgences, de là je suis rapidement prise en charge, on m’aide à me déshabiller entre 2 contractions, on m’enfile une blouse et hop on m’examine, je suis à presque 7 cm de dilatation, on me propose la péridurale rapidement car l’anesthésiste était dispo à ce moment-là, j’accepte car vraiment trop mal. De là, l’interne arrive pour me la poser, je me mets en position, ne bouge pas malgré la douleur, il pique une première fois, loupé, une deuxième plus bas, encore loupé et tout ça au nombre de 4 tentatives échouées, j’ai trop mal et en plus on me reproche de bouger, lui aussi j’avais envie de le tuer … De là, ils appellent le chef anesthésiste, qui lui va au plus vite et me pose une rachi-anesthésie (plus adaptée aux césariennes), tout ça sans un bonjour, et là il me dit : « Bon, il y a du sang dans le cathéter, donc vous ferez qu’avec cette dose, je ne pourrais pas en remettre une, donc vous avez 1h grand max d’anesthésie. » Au bout de 10 min la douleur passe, papa est là, je me sens mieux, j’en profite pour faire la connaissance de la sage-femme qui était là depuis le début et que j’avais à peine vue à cause des douleurs, on remplit le dossier, elle me perce la poche des eaux (très résistante) pour accélérer le travail. En 20 min, je suis à dilatation complète et on attend un peu que bébé veuille bien descendre un peu et quand on s’installe parce que bébé est descendu, je sens que l’anesthésie est très faible, de là je comprends que je vais accoucher sans … Je pleure, je panique, on me rassure vite fait en me disant que les femmes peuvent endurer cette douleur, bref je commence à pousser, un peu n’importe comment au début, je me fais un peu engueuler on me dit que je devrais faire ça bien vu que c’est mon second mais la douleur m’empêche de me centrer correctement sur les poussées, je crie de douleur … De là, je finis par bien pousser, je sens qu’il me gêne, j’ai mal, j’en peux plus, elle me dit d’arrêter de pousser mais je ne l’écoute pas, j’arrivais pas à retenir, je me fais encore engueuler, mais tant pis je pousse comme une folle quoi qu’il arrive je veux le sortir … Ça y est il est dehors, enfin, un beau bébé de 3 kg 700 qui était estimé à tout juste 3 kg, donc belle surprise et au final une petite déchirure, qu’elle va recoudre à vif, je peux pas profiter de mon bébé, moment encore dur à passer … Bref, on monte au bout de 4h en suites de couches, on doit m’aider pour l’allaitement, au final à chaque fois que j’appelais pour l’heure de la tétée elle arrivait 30 min après, donc je l’attendais pas et je m’en sortais plutôt bien sans elle ! On est sortis au bout de 2 jours car ça me gonflait d’être là-bas. Au final mon accouchement est pas si terrible que ça, là où j’ai le plus mal vécu, c’est lors de la pose de la péridurale …

M.

#311 Edith, Bourgogne

28 Nov
Accouchement mal préparé ou mauvaise écoute ?‏
Le doute restera pour longtemps. Me suis-je mal préparée à mon accouchement ou n’a-t-on pas souhaité être à mon écoute ?
Rien ne s’est passé comme j’aurais pu l’imaginer. « Vous aurez des contractions de plus en plus fortes et rapprochées ou vous perdrez les eaux et vous devrez venir à la maternité « ! Mes contractions ont été tout de suite très intenses et ne s’espaçaient que de quelques minutes pendant deux jours avec une acalmie au milieu. Je ne savais plus quand partir à la maternité. La sage-femme m’avait renvoyée chez moi car le travail n’avançait pas au-delà d’un centimètre d’ouverture du col … Lorsque je suis revenue à la maternité, j’étais fatiguée de ces deux jours de souffrance, j’avais besoin de soutien. Mon mari n’avait pas ses repères. Il était sous le coup de l’émotion et de la fatigue car lui aussi m’a vue souffrir pendant ces dernières 24 heures. Lors de mes précédants passages à la maternité on m’a demandé si je souhaitais la péridurale. J’avais répondu que je ne l’acceptais que si je ne parvenais plus à gérer la douleur. Ceci a été inscrit dans mon dossier. Lors de mon accouchement, en salle de travail, je m’accrochais aux paroles encourageantes et réconfortantes de la sage-femme présente cette nuit-là, jusqu’à ce qu’elle décide que je rejoigne ma chambre car le travail n’avançait pas assez vite selon elle. Je précise que j’étais la seule personne à accoucher pendant ce temps. Elle me laisse seule avec mon mari et un ballon. « Prenez une douche si vous y arrivez et appelez-moi si vous n’en pouvez plus pour qu’on vous fasse la péridurale … » Evidemment, je n’ai pas tenu plus de 20 minutes. J’avais mal, mais j’avais surtout peur. Cette douleur que j’ai su gérer à la maison devenait incontrôlable pour moi dans cette chambre d’hôpital en présence de mon mari, lui aussi désemparé. Je ne tenais pas debout.
Parce que je demande la péridurale – je dirais même que je l’ai suppliée – je me retrouve en salle d’accouchement de nouveau entourée de cette sage-femme … C’est pratique, je n’ai plus mal et je n’ai plus qu’à dormir ou attendre. Elle ne vient me voir qu’une fois de temps en temps pour vérifier l’avancée du travail. Elle manipule mes perfusions sans m’expliquer quoi que ce soit ou en répondant vaguement à mes questions. Elle finit sa nuit de garde et me laisse entre les mains d’une nouvelle sage-femme. Le monitoring présentait bien pourtant. Cependant le col était à 9 centimètres depuis 2 heures. La nouvelle sage-femme me demande de l’appeler lorsque je sentirai l’envie de pousser. La péridurale était-elle trop forte même si je sentais mes contractions ? Je n’ai jamais ressenti l’envie de pousser. Elle a donc décidé elle-même que c’était le moment. En moi, j’étais convaincue du contraire. Elle m’a fait comprendre que je devais pousser car ce serait mieux pour l’enfant et pour moi car je devais bien « en avoir marre aussi … » Evidemment, je ne savais pas ce que je faisais. Je ne sentais rien. L’enfant ne sortait pas malgré tous mes efforts acharnés. J’ai voulu accoucher sur le côté. Je demande qu’on me maintienne les pieds. La personne à mes pieds n’a fait que semblant de me maintenir … seul mon mari m’encourageait. La sage-femme parlait très peu. Elle me fait comprendre que c’est mieux d’accoucher sur le dos… « Poussez bien sinon j’appelle le gynecologue ! » Je pousse tellement fort que j’en deviens bleue. Je pleure de desespoir car je ne sais pas si le bébé avance ou ce qui ce passe en moi. Elle appelle le gynécologue. J’ai ressenti ça comme une punition parce que j’avais mal poussé … Il pratique la ventouse et forceps après m’avoir dit : « Surtout n’oubliez pas de pousser, je suis pas le seul à bosser ici ! » Je lui réponds que je pousse évidemment. Je ne comprends pas pourquoi ils ne le voient pas ! Mon bébé sort enfin pour mon plus grand bonheur mais je vomis toute la bile que j’ai dans le ventre. Le gynécologue demande à la puericultrice de retirer l’enfant avant que je ne le recouvre de ce que je renvois : « Ce n’est rien, me dit-on, ce sont les produits que vous avez dans le corps, ça va passer … » Quand j’ai fini, la puericultrice pose à nouveau ma fille sur moi. J’étais assoiffée et vidée.
Ma petite ne parvenait pas à téter malgré la bonne volonté de toutes les sage-femmes et puericultrices qui sont venues dans ma chambre m’aider chacune à leur façon. Elles venaient parfois à 4 pour me la mettre au sein. Voyant qu’elle perdait du poid, on me propose de tirer mon lait.
Sortie de la maternité, à raison de 8 fois une demi-heure de tire-lait par jour + tentatives de mise au sein + biberons, j’ai fini par abandonner.
J’ai pu commencer à tisser des liens avec ma fille à ce moment-là.
Merci d’avoir lu ce témoignage.
A présent, je souhaite effacer tout ça de ma mémoire au plus vite. Je sais bien que je ne suis pas seule à vivre ces moments-là et que d’autres femmes ont subi des accouchements bien plus terribles. Pourtant, il est important de dire que certaines d’entre-nous ont eu le sentiment que tout aurait pu être si simple avec un accompagnement verbal et sans rupture. Des paroles réconfortantes aident autant sinon bien plus que le recours médical…
Edith, Bourgogne

#310 De la grossesse aux suites de couches – Hauts-de-Seine

28 Nov
Je considère que la naissance c’est aussi le suivi de grossesse et les suites de l’accouchement.
Et là franchement, le respect des personnes est loin d’être garanti!
Le suivi de grossesse
Franchement très décevant.
La maternité de niveau 2 où j’étais inscrite prend des allures d’usine pour les consultations de suivi. On te demande de venir 30 minutes en avance et le gynécologue ou la sage-femme qui assure les consultations, avait presque toujours une heure de retard.
Examen rapide, aucune question sur le moral des troupes, les craintes, etc. Juste une phrase répétée au moins 2 millions de fois : si vous voulez la chambre individuelle, c’est 100€ et il faut réserver maintenant. Ok merci!
Le pire moment a été la 2ème écho. sortant d’une première écho géniale à 3 mois faite en clinique par une gynécologue attentionnée et qui a duré 45 minutes, on est arrivés la bouche en coeur, préparés à découvrir le sexe de notre bébé. Ma propre maman, elle-même sage-femme, m’avait expliqué que cette écho était généralement assez longue car on prend bien toutes les mesures et on voit bien le bébé.
Et ben raté! L’écho a duré 12 minutes au total dont 10 minutes durant lesquelles le médecin a engueulé son interne qui effectuait l’écho. On ne nous a rien montré, rien expliqué, bref on était invisibles! Ah si, juste à un moment, le médecin nous a demandé si on voulait connaître le sexe, on répond oui et là il dit c’est un garçon, point barre. Ce c**** ne nous a même pas montré le petit trilili.
Mais bon cela avait un côté pratique car tous les examens (urine, sang, prélèvement) étaient faits sur place et du coup, je n’avais pas besoin de retourner en labo après.
Heureusement, j’ai fait la prépa accouchement chez une sage-femme libérale très sympa : un peu trop pro-allaitement et anti-péri mais elle ne jugeait pas.
En dehors de tout ça, grossesse idyllique.
Fin de grossesse et accouchement
Bien vécu sur le moment mais peu d’informations.
Le jour J, rdv de contrôle : col ouvert à 1, épais et ramolli. On me décolle les membranes sans m’expliquer (oh b*rdel quel mal de chien!) et on me renvoie chez moi.
J+2 : j’avais rdv mais dans la nuit précédente, on s’est pointés à la maternité parce que j’avais eu des contractions (même pas douloureuses) + perte bouchon muqueux et qu’on était pressés surtout!
J+4 : rdv pour déclenchement. On avale un gros brunch avant d’y aller et on part de chez nous, sachant qu’on ne reviendra pas seuls.
8h30 : on me branche au monito + pose perf : j’ai des contractions régulières donc on me débranche vers 11h pour aller marcher et laisser faire la nature.
14h00 : retour au monito : les contractions se sont arrêtées donc on va lancer le déclenchement à 16h avec tampon. On m’informe juste qu’avec le tampon ça ira plus vite.
18h00 : on m’amène à la chambre car n’ayant que peu de contractions, ça sera sans doute long. On me prévoit un monito à 22h.
18h30 : les contractions démarrent c’est atroce tout de suite. Je me dis que je ne vais pas y arriver car un premier accouchement peut durer très longtemps.
21h30 : je suis un animal!
21h35 : j’appelle la sage-femme pour avoir un ballon. ça ne change rien et devant ma douleur, elle tente un toucher vaginal pour vérifier l’avancement du travail. Jamais ressenti une pareille douleur de toute ma vie, mon corps entier s’est cambré pour échapper au toucher.
En fait, mon col était postérieur et la tête de bébé devant, donc elle devait crocheter par derrière pour vérifier le col. EPOUVANTABLE!
Elle me propose donc de descendre en salle de naissance car les lits sont plus pratiques pour le toucher. Vu mon état, je n’ai pas cherché à comprendre.
22h00 : Arrivés en salle de naissance, elles s’y mettent à trois pour le toucher, dont 2 qui me maintiennent. Mon mari était dehors et il m’a avoué après avoir eu le sang glacé en entendant mes hurlements.
22h05 : Col épais mais mou et ouvert à 3, c’est ok pour la péri.
22h35 : l’anesthésiste arrive. On m’a prévenue que c’était pas des rigolos les anesthésistes. Ah oui effectivement! Mais bon, au moins ça crée de la complicité avec les sages-femmes.
22h50 : A plus mal du tout, youpi!
00h00 : perçage de la poche des eaux.
00h45 : je suis dilatée à 5 cm, le coeur de bébé ralentit donc je suis en code rouge, les sages-femmes débarquent toutes les 5 minutes pour me tourner ou m’expliquer des choses.
1h : il y a 6 personnes autour de moi qui passent leur temps à s’excuser de me faire mal alors que je sens rien (vive la péri!); elles me préparent pour une césa au cas où car le coeur de bb ralentit trop souvent. On me rase, on me lave, on met un nouveau produit à la perf.
1h10 : suis dilatée à 8cm (3 cm en 25 minutes, ouah!), col effacé mais comme le coeur ralentit toujours, les sages-femmes appellent le médecin.
1h30, dilatée à 9cm, le médecin me demande de pousser pour essayer de gagner le dernier cm. Elle est gentille, mais sous péri : tu sais pas ce que tu pousses, mais bon je pousse quand même…
Avec 9 personnes dans la salle, bonjour l’intimité mais bon.
Finalement, le médecin sort les spatules pour aller plus vite.
1h54 : mon fils est né, on le pose sur mon ventre avec les mêmes mots que dans les émissions : « le sang, c’est le vôtre ». Ils lui font une petite toilette pendant qu’on me recoud l’épisio + déchirure. Puis mise au sein et on nous laisse 2 heures tranquilles.
5h30 : retour dans ma chambre, épuisée, vidée!
Un accouchement très bien vécu car les sages-femmes étaient très pros et rassurantes mais j’aurais bien aimé qu’on m’explique qu’un déclenchement, certes c’est plus rapide mais aussi que les contractions ne s’intensifient pas, elles sont directes hyper-méga-violentes, ce qui ne laisse pas vraiment de temps au corps pour s’habituer à la douleur. Un avantage quand même : tu es moins crevée à la poussée car le travail est plus rapide.
Suites de couches
Une catastrophe!
Chambre sombre, déprimante et un vrai sauna!
On ne m’a rien expliqué sur les gestes d’hygiène pour mes points. Me suis débrouillée toute seule avec un peu de bon sens.
Les auxiliaires de puériculture n’étaient pas gentilles, sauf une de jour. Mais la nuit quand j’étais seule, elles étaient odieuses.
La deuxième nuit, après 2 heures de pleurs de mon bébé non-stop, j’ai voulu lui donner un bain pour qu’il se détende et là l’auxiliaire de puériculture que j’avais appelé m’a dit : « Vous ne pourrez pas le mettre sous la flotte chaque fois qu’il va pleurer, juste pour le calmer votre gosse ».
Conseils en allaitement inexistants.
Retour à la maison, baby-blues avec des idées bien noires et en rejet partiel de mon fils.
Quelques jours plus tard, mon mari me retrouve tremblante, claquant des dents : 40.5° de fièvre!
On appelle SOS médecins : on nous envoie dans la 1/2 heure (un exploit) un médecin qui ne s’est pas lavé les mains, qui puait l’alcool et le tabac. Il a palpé mes nichons, écouté mon coeur et c’est tout. Dieu merci, il n’a pas farfouillé là où je pense.
5 minutes de visite = 70€ svp avec une ordo d’antibio.
Comme il était pas net, on a fini par appeler les urgences gynécos. Sur leurs conseils, on s’y est rendus. On a poireauté 2 heures en salle d’attente et je me suis faite engueuler par une sage-femme qui voulait que je nourrisse mon fils dans la salle d’attente.
Pas en état de résister, je l’ai mis au sein, tout en me balançant d’avant en arrière tellement je délirais.
Finalement, on m’ausculte et là on me dit que j’ai une endométrite (infection de l’utérus). Pourtant il me propose de rentrer chez moi. Moi qui étais pressée de rentrer quelques jours plus tôt, là j’ai insisté pour rester car j’ai bien senti que ça n’allait pas.
Ils m’ont donc gardé. Chose curieuse : la chef de service a dit à mon mari que si la mutuelle ne prenait pas en charge la chambre, tous les frais seraient à la charge de l’hôpital. Ah tiens! Depuis quand un établissement semi-privé fait la charité? Une erreur médicale..?
Au final, j’ai été réhospitalisé 6 jours et j’ai contracté 3 infections : utérus, sein et urinaire, chouette!
J’ai abandonné l’allaitement car j’étais épuisée. Mais là aussi, problèmes avec les auxiliaires de puériculture :
1) elles ne se passaient pas le mot donc chacune avait l’air de découvrir que j’arrêtais l’allaitement;
2) les commentaires du style : « Vous n’allez pas faire ça??? » ou même « Vous savez qu’en l’allaitant, il sera plus intelligent et moins risque d’obésité ». C’est ça, traitez-moi de mauvaise mère, pendant que vous y êtes.
J’ai mis du temps à ne plus culpabiliser pour cet arrêt de l’allaitement.
Heureusement, mon mari lui était ravi de donner à manger à son fils alors ça m’a aidée.
En plus, j’ai passé l’hiver et mon congé maternel, à avoir la trouille des infections donc suis très peu sortie avec mon bébé et j’ai cru pété un câble!
Enfin, mes suites de couches m’ayant vidée, j’ai mis beaucoup de temps à être bien dans mon rôle de maman. Le lien a été rompu, mon mari a dû le prendre en charge les 2 premières semaines.
Il me faut du temps pour m’attacher, je n’ai pas eu l’amour maternel immédiat. Puis j’ai perdu mon papa brutalement.
Finalement, c’est venu, mon fils a maintenant un an et je n’imagine même pas ma vie sans lui, je l’aime plus que tout mon fils!
Véronique