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Lucie, la naissance de Nathan en novembre 2013

5 Mar

Amour ? Je crois qu’on a un problème . Je tends le test de grossesse à ton papa, et là je vois la joie illuminer son visage, il n’en sait pas plus mais il t’aime déjà , toi petit être qui grandit en moi . On fera ce que tu décides a-t’ il dit . Mais je savais , il n’a pas pu cacher ses sentiments. C’est à ce moment précis, mon cœur, qu’on est devenu tes parents .

Ca fait pourtant que trois mois que nous sommes ensemble mais ton papa est un homme incroyable, j’ai confiance en lui, je me sens en sécurité, aimée, pour la première fois de ma vie je suis en paix. Mais moi ta maman, est ce que je vais arriver a être à la hauteur, a prendre soin de toi , et a t’aimer autant que tu le mérites …

Première échographie, mon petit prince, tu as la taille d’un petit haricot, on entend ton petit cœur battre, papa est tellement heureux, ému qu’il ne peut s’empêcher de sourire . On est dans le noir, heureusement, personne ne voit mes larmes couler . J’ai si peur mon bébé, je ne suis pas prête pour tout ça . ..

Voilà quatre mois que tu es dans mon ventre et cette nuit j’ai rêvé de toi , tu avais de grand yeux bleus.

Mon ventre ne s’arrondit que très peu , est-ce parce que tu sens que je ne voulais pas t’avoir si vite a mes cotés ? Ton papa le voit bien, je n’arrive pas a être comblée par cette nouvelle, mais il ne dit rien, il me soutiens.

Et le temps passe mon bébé , mon ventre grossit peu à peu, et mes angoisses avec…

Lors d’une échographie , la gynécologue dit que tu es trop petit , que l’accouchement risque de ne pas très bien se passer peut-être qu’on devra me faire une césarienne , il se peut que tu ne supportes pas les contractions , mais elle se trompe elle ne sait pas à quel point tu es fort et déterminé a être parmi nous. Nous devons faire des échographies tous les 15 jours et à chaque fois c’est une épreuve en plus , j’ai si peur qu’il t’arrive quelque chose, tu ne prends toujours pas de poids. Est-ce que c’est de ma faute ? Est-ce que c’est parce que j’ai peur ?

On a commencé les cours a l’accouchement et ton papa vient avec moi, la sage femme est une personne formidable, elle est a notre écoute, je lui fais part de mon histoire, de mes peurs, elle est avec nous, nous soutient. Grâce à elle je commence a prendre conscience de mon état de maman. Le huitième mois est la, mais je ne veux pas que tu arrives c’est bien trop tôt, je veux pas que ma vie change, je n’y arriverai pas, mais papa est toujours là, à mes cotés, il nous aime si fort, il est tellement sûr que je serais une maman parfaite pour toi que je vais finir par le croire. Nous sommes le 18 novembre et tu es prévu pour le 13 décembre. Il est minuit, la première contraction arrive, mais ce n’est pas le moment j’attends patiemment dans le lit, papounet se réveille, il s’inquiète et m’oblige a appeler l’hôpital . La sage femme que j’ai au téléphone me dit que c’est un faux travail que je dois pas m’inquiéter. Mais ça continue toute la nuit, c’est de pire en pire mais ce n’est pas régulier, je rappelle l’hôpital il me maintiennent que ce n’est rien, que ça va passer dans la journée. Il est neuf heures, papa reste à la maison et ne va pas travailler, et heureusement car a neuf heures trente je perds les eaux, et là c’est la panique, je n’ai pas préparée la valise, je ne trouve pas mes papiers , je cours dans tous les sens, j’ai tellement mal, je commence à paniquer, à pleurer, je n’y arriverais jamais, ça fait si mal, si ton papa n’avait pas été là j’aurais accouchée sur le canapé. Il reste calme, posé, il me guide mais dans son fort intérieur c’est un tsunami qui se prépare, avec le recul la situation était très comique. Je n’arrête pas de répéter que tu vas venir au monde dans la voiture, que c’est pas le moment, que je veux pas aller à l’hôpital, tu ne dois pas arriver maintenant, ta valise n’est même pas prête. Arrivée à l’hôpital on m’allonge, on me met des fils partout, je comprend pas très bien ce qui se passe, je veux me lever, mais je peux pas, les contractions sont insupportables, j’ai tellement soif , mais les sages femmes ne veulent pas que je bois, elle veulent pas que je me lève. Et moi je veux rentrer à la maison tout de suite, je veux pas être la, je comprend rien a ce que me dit l’anesthésiste il a un drôle d’accent polonais russe, il m’énerve. Bon sang, je veux me lever, mais non je dois rester allongée là et je dois pas bouger sinon le monitoring ne fonctionne pas ! Je voulais aller dans la baignoire, mais la sage femme ne veut pas, elle a beau être adorable, a ce moment précis ils m’énervent tous. La péridurale mise en place tout vas mieux, je me calme, me détend, ton papa a mes cotés. Et voilà petit bout, tu arrives il est 12H55, je pleure, j’ai mal mais c’est supportable, les sages femmes son formidables et drôles, je sens ton papa me serrer fort dans ses bras. Il est 13h05 et tu es avec nous mon amour.

Nous sommes une famille !

Aujourd’hui tu as trois mois et de grand yeux bleus, je vous aime tellement fort tous les deux, toutes les angoisses, toutes les peurs , tout ça s’est envolé quand je t’ai eu dans mes bras. On est si heureux tous les trois. Tu es la plus belle chose que j’ai faite dans ma vie, je ne regrette rien, tu es fait pour nous et nous sommes fait pour toi.

De Lucie pour mon Nathan que j’aime.

« Tous les enfants qui naissent sont la preuve que dieu n’est pas encore découragé de la race humaine »

#279 Pascaline – région lyonnaise

8 Mai

J’ai accouché il y a 7 mois, difficile de dire si on a écouté mon projet de naissance, je ne sais pas si j’ai vraiment eu le choix d’en avoir un.
J’ai vécu les 6 premiers mois de ma grossesse à me préparer à un accouchement physiologique.
Je m’étais inscrite dans une maternité de niveau III qui vient de faire construire un pôle physio (région de Lyon).
Et puis au 6ème mois, on me trouve un diabète gestationnel. Je passe sur la façon dont je l’ai appris. (Ma gynéco a manqué de tact.)
Au premier rdv avec la sage-femme de la maternité au 7ème mois, je lui fais part de mon projet, elle ne le lit pas, ne veut même pas en discuter, visiblement il est trop tôt.
L’orientation vers le pôle physio ne se fait qu’au 9ème mois. Inutile de parler donc de quoi que ce soit. Mais, jusque là, je rentrais encore dans les fameux critères.
On m’hospitalise un jour pour me montrer les dextros et on me fait rencontrer une diététicienne qui m’explique les choses à savoir pour un régime sans sucre.
Je stabilise donc mon diabète, ne prends quasi pas de poids pendant les 3 derniers mois. Sauf qu’aux échos mon bébé est en siège décomplété, ça se confirme au 7ème mois, et il est « gros ».
Je précise que je mesure 1,78m et son père 1,85m.
D’entrée de jeu, on me propose la version. Et on me fait comprendre que je n’ai pas d’autre choix.
En réfléchissant avec mon conjoint en rentrant chez moi, je n’ai pas envie de la version. Je trouve cela trop invasif pour moi et pour le bébé.
J’écris donc à la sage-femme qui m’a prescrit cette version et je lui dis que je refuse. Elle me dit qu’il faut que j’y aille quand même, pour rencontrer un médecin quitte à refuser la version après en avoir discuté.
Nous y allons donc. On nous fait miroiter la suite logique, une césarienne obligatoire. Car gros bébé en perspective à cause du diabète et en siège de surcroît. Mais on ne m’oblige finalement pas à faire la version. Même si on me culpabilise un maximum.
On me dit qu’il faut passer une radio de mes hanches pour voir s’il pourrait passer. Après les tests tout semble encore possible. On me dit, je cite, « Vous avez des hanches comme un boulevard ».
Bien sûr que moi je veux toujours mon accouchement physio.
Je ne veux pas d’une césarienne qui va me couper de toutes les sensations de la mise au monde. Je suis née par césarienne programmée, et je ne veux pas de ça pour mon bébé.
Je veux que mon bébé choisisse de venir quand il veut, et qu’il connaisse l’expérience du passage, du rituel qu’est la naissance…
Je ne voulais prendre le risque de devoir accoucher tous mes enfants comme ça non plus. J’avais peur que ça influe sur ma montée de lait… Bref j’avais plein d’arguments.
Mais dans ce cas-là, ils m’imposeront au moins la péridurale, s’ils m’autorisent un accouchement par voie basse.
On me prescrit à 15 jours du terme une énième écho pour voir si elle s’est retournée toute seule et comment elle grossit. Le bébé a stoppé sa courbe, et grossit moins, mais toujours en siège.
Le médecin de garde refuse tout accouchement par voie basse, et l’inscrit dans mon dossier, car la procédure préconise une césarienne programmée pour les bébés estimés à plus de 3,8kg.
Il me laisse néanmoins 15 jours pour accoucher naturellement. Après séances d’ostéo, d’acuponcture, en tous genres, le bébé ne veut pas sortir, ni se retourner.
A 4 jours du terme, la dernière écho évalue le bébé à 3,813kg, soit 13g de trop pour la fameuse procédure. La médecin de garde ne souhaite pas s’opposer à la sentence apposée par le précédent médecin dans le dossier.
Elle ne semble pas très fière d’elle et me dit texto : j’espère que le bébé fera plus de 3,8kg car sinon vous allez nous en vouloir.
Le lendemain soir je rentre à la maternité pour une césarienne programmée le lendemain matin. Le monitoring laisse entrevoir une possible détresse foetale (c’est pas flagrant visiblement), une heure après je suis au bloc.
J’avais demandé que mon compagnon soit avec moi au bloc, pas possible, j’avais demandé un peau à peau sur moi à la sortie du bébé, pas possible.
Un peau à peau avec le papa, pas eu le temps. Au finale Gabrielle pesait 3,750kg.
J’ai été très stressée les 3 derniers mois de ma grossesse. Le diabète a été très anxiogène pour moi, car j’ai été très mal accompagnée dans le traitement de cette pathologie.
Après il y eut la gestion du siège, qui en a rajouté une couche.

Au final la détresse « discutable » du bébé (c’était pas super évident, ils ont tranché car il y avait de la place au bloc) fait que je me dis que c’était peut-être mieux comme ça.

Mais le doute demeure.

La suite de couches a été assez difficile. En salle de réveil, j’ai insisté auprès de la puéricultrice pour mettre ma fille au sein (elle ne voulait pas à cause de l’éventualité d’avoir de nouveau à aspirer ses poumons).
Elle a tout de suite bien tété. Mais elle était très en demande tout le temps. J’ai été très peu accompagnée dans la mise au sein. Ce qui fait que rapidement j’ai eu des crevasses.
J’ai accouché dans la nuit de mercredi au jeudi. Cette nuit-là l’équipe de puéri de nuit, ont pris le bébé et me l’ont ramené au petit matin, quand elle a demandé le sein.
Idem pour la seconde nuit. Nuit complète pour le bébé comme pour moi. Et puis le vendredi, 2ème nuit de vie pour mon bébé, changement d’équipe. Je m’étais levée 1 minute dans la journée.
Quand j’ai dit à la puéri de nuit, ah c’est vous qui allez veiller sur mon bébé cette nuit, elle m’a répondu sèchement : votre bébé est un J+3, vous allez quand-même bien commencer à vous en occuper. (faux, elle était J+2)
J’étais bouche bée, j’ai dit OK et j’ai rien dormi de la nuit.
La journée d’après s’est bien passé. La nuit suivante par contre, j’ai eu ma montée de lait. Et j’ai eu aussi un énorme baby-blues, car crevée, et mes mamelons me faisaient un mal de chien (crevasses), je savais plus trop quoi faire de mon bébé glouton qui ne faisait que pleurer pour téter. Je passe l’épisode de la sage femme de nuit qui à 4heures du mat, gratte mon bébé comme une hystérique pour qu’elle reste éveillée pendant la tétée, et qui fourre mes mamelons endoloris dans sa bouche comme une brute, tout ça pour me montrer comment on met au sein son bébé. J’étais au bout du rouleau, complètement hagarde, j’ai même pas eu la présence d’esprit de lui dire de stopper le massacre et de nous respecter un peu plus moi et ma fille.
Alors que la maternité doit être faite pour vous seconder dans vos débuts de mère, là, je n’avais qu’une hâte, rentrer chez moi pour me reposer et trouver mes propres solutions. (on ne m’a JAMAIS parlé de l’efficacité des téterelles quand on a des crevasses, on ne m’a jamais proposé de biberons de complément pour rassasier ma fille).
J’ai rencontré des gens formidables dans cette maternité, certains m’ont beaucoup aidé, d’autres m’ont au moins entendue. J’ai tendance à dire que c’est une question de rencontres, d’individus et d’atomes crochus.
Mais certaines personnes sont vraiment trop dans le médical pur, ou dans leurs croyances, et pas dans le respect du lien à créer entre la mère et le bébé, ce qui pour moi est crucial.
Je me dis qu’une maman pas bien entourée, peut vraiment avoir du mal à rencontrer son bébé à ce moment-là, si personne est là pour veiller.
J’ai eu beaucoup de colère, très très longtemps après. L’allaitement a été très dur à tenir (3 mois, et c’est mon bébé qui a décidé de stopper). Je ne sais pas si c’est lié ou non.
Aujourd’hui, c’est derrière moi, mais ça restera toujours un gros regret, et j’aurais toujours le doute de savoir si on aurait pu faire autrement.
Et surtout je croise les doigts pour que cette césarienne n’ait aucune incidence sur ma prochaine grossesse, et mon prochain accouchement.

Dernière parenthèse, inutile de préciser, que pendant tout cette procédure avant accouchement, mon compagnon a été nié, ignoré, il a fait tapisserie pendant tous les rdv médicaux de l’hôpital.
On ne lui a jamais demandé quel était son avis, quelle était sa décision.

Pascaline

#202 Anonyme

28 Fév

J’ai eu une grossesse difficile,stressante et très stressée de par ma situation personnelle, le papa de mon fils m’en faisant voir de toutes les couleurs et étant quasiment totalement absent de cette grossesse…c’était très compliqué et c’est à de nombreuses reprises que je me suis retrouvée aux urgences obstétricales de l’hôpital, durant ma grossesse.
Parfois cela suivait une énorme crise d’angoisse, et j’avais extrêmement peur des conséquences que cela pouvait avoir sur mon bébé, et parfois je m’y retrouvais pour des douleurs abdominales, j’avais comme une barre qui traversait mon ventre de part et d’autre et bien sûr là aussi je me demandais ce que mon bébé pouvait ressentir alors que j’étais si mal.
De manière générale ces fois- là je me suis sentie écoutée et accueillie par l’équipe hospitalière, il m’ont très vite proposé la mise en place de la PMI et j’ai alors été suivie par une psychologue très attentive et très douce, ainsi que par une sage- femme PMI également très gentille, puis dans mon « malheur » j’ai également eu la chance de faire la connaissance d’une sage- femme libérale, qui m’a prise en charge du cinquième mois jusqu’à la fin de ma grossesse et qui a effectué tous mes monitorings prescrits principalement par rapport à mon stress et ma fragilité émotionnelle je crois, bref, qui m’a chouchoutée et rassurée tout du long, je pense que je lui dois beaucoup, elle était comme ma soupape de sécurité… c’est ce que j’imagine que font un peu les « doulas », je me trompe peut-etre?…
Bref, je suis à quelques jours du terme, toujours des monitos, de plus en plus rapprochés, mais pas de grandes contractions, pas de perte des eaux même si avec ma grande facilité à stresser, j’ai plusieurs fois cru que c’était ça…bien que, quand ça arrive, on se dise « ah oui difficile de confondre!! »
J’ai rdv à l’hôpital le 26 septembre, le jour présumé de mon terme, là je me retrouve en consultation avec environ 20 futurs mamans éparpillées dans le couloir qu’on tente plus ou moins de faire asseoir en attendant de les ausculter, une sage femme à peine aimable vient me chercher pour m’installer dans un lit,me pose le monito, questions habituelles puis elle disparait…longtemps!!
Heureusement j’ai un peu l’habitude des monitos maintenant je constate qu’il y a des petites contractions mais rien de transcendant…au bout d’un moment elle revient, me débranche et me dit vaguement qu’il vont me poser des aiguilles d’acuponcture, pour ça elle doit vérifier si mon col commence à s’ouvrir.
Elle m’emmène dans leur bureau où elle regarde les plannings, je me dis qu’elle va me faire revenir…mais non! Au fond de la pièce il y a un rideau qui « cache » une table gynéco!!elle m’y emmène, il y a trois autres sages-femmes au bureau en train de dire; « bon Mme une telle on la fait revenir dans deux jours, Mme Ci, demain et vous Mme, en s’adressant à moi, c’est quoi votre nom?? »
Bref je suis la première sage-femme derrière le rideau, le verdict tombe, mon col est totalement fermé, postérieur et long??? c’est mauvais?! apparemment… je n’aurai pas plus d’explications…
Je me rhabille et elle me fait attendre de nouveau dans le couloir…enfin plutôt entre deux portes dans un couloir d’1,50m avec 4 chaises, 5 femmes enceintes et 3 maris!…
J’ai attendu une bonne demi-heure, pour que la même sage-femme revienne me chercher m’installe à nouveau sur un lit et me pose une dizaine d’aiguilles d’acuponcture, sans même me regarder en me faisant mal pour deux d’entre elles et sans aucune intention ni conscience de ce qu’elle faisait, en apparence en tout cas…ce n’est pas exactement l’idée que je me faisais de l’acuponcture…mais je dois être trop idéaliste parfois…
Je reste dix minutes comme ça, elle revient me les enlever comme elle me les a mises et me donne un papier avec un rdv, je dois revenir le lendemain à 16h…Je lui demande; « je reviens demain pour voir où ça en est ou quoi? » elle me répond naturellement, comme si c’était évident; « ah mais après vous ressortirez avec votre bébé Madame! »…
Ok!! je repars perplexe et un un peu paniquée, j’appelle directement « ma » sage-femme et lui raconte, elle me dit; « ah ben il vont très certainement te déclencher!! »
J’ai donc à peine 24h pour me préparer à un déclenchement et pour tourner 1000 questions dans ma tête, même en ayant assisté à tous les cours de préparation à l’accouchement, même deux fois car je les ai refais à la Pmi, là pour le coup je me sens totalement perdue et dans un flou artistique absolu!!

Le lendemain 10h, je ressens que j’ai des pertes, je me demande à nouveau si je perds les eaux…du coup ayant rdv à 16h pour rentrer à la mater, je m’y retrouve vers 12h…pour rien mais bon…vous aurez compris que j’étais angoissée et sûre de plus grand chose à ce moment là.
Une longue attente commence, avec des ballades régulières même si j’ai beaucoup de mal à me déplacer, de par le poids que j’ai pris mais aussi de par la chaleur qu’il fait, dans ma région, même fin septembre c’est encore l’été!!mais bon il faut tenter de faire avancer tout ça…

Ils me mettront un pro-pesse le lendemain matin vers 10h alors que j’ai été réveillée; tenue de me doucher, habillée en blouse blanche bien trop petite pour ma taille de femme enceinte et sur le qui-vive, depuis 6h du matin…j’ai du dormir 3h en tout et pour tout cette nuit là!
mais bref!!
Aux urgences obstétricales, ce matin là je me retrouve en pleurs, car mon mari de l’époque est odieux ce matin là avec moi, encore une fois…Une sage-femme entre et me voit en pleurs; « ça va Madame? ben faut pas pleurer! »!!!!!……..
Je remonte dans ma chambre, encore beaucoup d’attente, passons, rien de passionnant, l’équipe où se trouve ma chambre à ce moment là, en grossesse pathologique est correcte avec moi et fait en sorte de me transférer côté maternité, en chambre seule.
C’est le cas en fin de journée et là la sage-femme de service de nuit est un homme…on dit que les hommes sont souvent plus doux dans ce milieu professionnel…et ben pas dans son cas, il est froid et fermé, il ne me regarde même pas quand il se présente et reste le moins de temps possible même quand il me pose des monitos.
Nous sommes à ce moment là le 28 septembre au soir…Je fais une dernière ballade vers 23h30 avec le père de mon enfant et mon mari à l’époque.
Je remonte et regarde un programme télé qui me fait rire, j’ai des contractions un peu plus fortes mais toujours rien d’insupportable.
Vers 00h30, 1h je ris à un squetch et là je sens comme une grosse quantité d’eau couler dans ma culotte, là je me dis que je viens de me faire pipi dessus en riant ou que pour le coup c’est bien la rupture de la poche des eaux et que dans ce cas oui c’est bien différent de tout ce que j’ai eu comme « perte ou fuite » jusque là!!
J’appelle la sage-femme homme…il me fait un toucher vaginal et ressors avec une substance jaunâtre sur les doigts, je m’inquiète, il me dit; « c’est du méconium, ça veut dire que le bébé est peut être en souffrance!il faut faire vite » et rajoute qu’ils vont me descendre au bloc obstétrical rapidement et s’en va……………
Je vous dit même pas comment cette phrase à raisonner en moi; »ça veut dire que le bébé est peut-être en souffrance, il faut faire vite »…c’était ma hantise et lui il ne me dit pas plus!!!
Il revient rapidement avec une autre personne, ils me descendent et mon ex-mari suit sagement.Ils plaisantent lui et sa collègue au dessus de moi, tout en allant assez rapidement et donc en ne faisant aucunement attention aux bosses, trous, portants et autres obstacles sur le chemin…alors que moi je ne supportais quasiment aucun accoups depuis mon 5ème mois de grossesse et que je galèrais trop à me déplacer, notamment en voiture à cause de ça!

Me voilà au bloc…une sage-femme que j’avais vu durant ma grossesse à l’occasion d’un de mes passages après une crise d’angoisse ou douleur abdominale, me prend en charge, accompagnée d’une étudiante sage-femme, très gentilles toutes les deux.
On me pose monito, électrode ,perf du produit pour accélérer ouverture du col, je me souviens plus du nom…bref tout le toutime!!
Premier examen du col DE LA NUIT, verdict; mon col est dilaté à 1,5cm….
Rien de très prometteur à leur visages mais bon elles sont tout de même rassurantes et me disent que mon bébé n’est pas en souffrance pour le moment…
Les contractions sont de plus en plus fortes et douloureuses…heureusement on me pose la péridurale pas très longtemps après, environ 45min je dirais.
On m’avait prévenu pour la pause de la péri que c’était pas une partie de plaisir et qu’il fallait que j’arrête de respirer, etc…
ça se passe « relativement » bien, l’anesthésiste me félicite même de mon « calme »…j’en suis contente.
Après ont suivi examens du col, augmentations de la perf, consultations avec le gynécologue de garde, pendant plus de 5h…vers 6h30 du matin mon col était toujours à 2cm de dilatation…Les sages-femmes avaient commencé à me préparer à la possibilité d’une césarienne une heure avant environ… Je priais donc dans mon fort intérieur pour que mon col se dilate miraculeusement…Elles m’avaient tout de même fait allusion à quelques passages de souffrances cardiaques de mon bébé…j’étais de plus en plus angoissée…
7h, le gynécologue de garde à peine réveillé entre dans ma chambre, on allume les lumières, réveille mon ex-mari, le gynécologue me dit; « on va faire une césarienne Madame, le col ne bouge pas, on ne peut plus attendre, ça serait trop risqué pour votre enfant. »
Je m’effondre… il me dit juste; »il ne faut pas pleurer, ça va aller. »
Pas pleurer pas pleurer…facile à dire, j’avais « vu » théoriquement ce qu’était une césarienne d’urgence en cours de préparation, et même si j’avais pas mal d’appréhension à l’idée d’accoucher par voie basse, j’avais encore plus peur de la césarienne, et je ne m’y étais pas du tout préparer psychologiquement.
A ce moment là tout va très vite, je n’ai presque plus le temps de penser à quoique ce soit, beaucoup de gens entrent et sortent de la pièce, on demande à mon ex-mari s’il veut être présent, il accepte, ils l’emmènent se préparer. On me prépare, anesthésiste, sages-femmes, infirmières, certains se présentent, d’autres pas, une sage-femme très speed et à peine aimable, me pose deux cathéters et décrète que c’est parce que le premier qu’on m’avait posé était mal posé et que le produit n’avait pas été bien diffusé et que c’était ça qui avait fait que mon col n’avait pas bougé que ça n’avait pas marché!!!
J’étais super énervée contre elle, de quel droit elle mettait en doute le travail de ses collègues et ça avait très bien diffusé selon moi car après mon accouchement j’ai eu des cathéters qui ont mal diffusé et ben je m’en suis bien rendue compte, ma main doublait de volume et ça faisait très mal!! mais j’étais difficile à piquer donc pour elle c’était ça!!
Ils m’ont transférer dans le bloc chirurgicale et là les nouvelles sages-femmes, celles de jour m’ont souhaité bon anniversaire…et oui mon fils est né le même jour que moi, 28 ans après!
Elles me disent; « c’est un beau cadeau d’anniversaire, votre fils! »
Moi je souris et dis « oui » timidement, et pense à l’intérieur, « une césarienne, tu parles d’un cadeau d’anniversaire »…
Évidemment, j’allais voir mon fils quelques minutes plus tard j’aurai du être la plus heureuse des mamans je suppose, mais j’étais terrorisée par cette césarienne et effondrée que ça se passe comme ça et je réalisais à peine que mon fils allait naître quelques minutes plus tard.
L’équipe préparait le champs stérile, et j’ai entendu l’anesthésiste dire au gynécologue « Putain on nous réveille à 6h30 pour être ici que maintenant »…il devait être 7h30!

Bref, on m’a opéré…et le seul moment agréable et de sérénité a été l’instant où j’ai entendu le premier cri de mon fils et où on me l’a montré, quelques minutes après….c’était hors du temps, hors du moment de douleurs extrêmes que

j’ai traversé, c’était très émouvant et ça m’a fait tout bizarre, c’était trop court, j’aurai aimé qu’on me l’amène, que je puisse le toucher, le sentir, le voir un peu plus, réaliser….
ça n’a pas été le cas…l’opération a continué, je sentais beaucoup, beaucoup trop, je me plaignais de la douleur, je criais régulièrement…mon ex-mari me tenait la main et l’anesthésiste se trouvant derrière moi, dont j’avais une vue partielle et à l’envers, jouait sur son portable je crois puis s’est approché de moi et m’a dit; « -Qu’est ce qu’il se passe Madame, pourquoi vous criez comme ça?
– Parce que j’ai mal! je réponds
– C’est pas normal que vous criiez comme ça, vous devriez pas avoir mal, me dit-il!
– Ben écoutez j’ai mal, vous avez déjà eu une césarienne? je lui demande, légèrement agacée par son ton supérieur et totalement détaché!!
– Non mais j’en ai fait suffisamment pour savoir que c’est pas normal que vous ayez mal comme ça!!! me dit-il!! »
J’avoue être restée un peu bouche bée…
Il reprend; « Si vous voulez je vous endors mais il y a des risques pour vous!! »
……………………………….
« Ben non alors, je préfère pas!! » et là je prends mon mal en patience pendant qu’on finit de me triturer le ventre, que l’anesthésiste reprends tranquillement son activité, que l’étudiante sage-femme qui est restée jusqu’à la fin au delà de son service, me soutient gentiment du regard, que mon ex-mari me tiens la main et essaye de me soutenir comme il peut lui aussi, cette fois il était présent pour le coup, et je pense avait autant envie que moi de tuer l’anesthésiste qui en plus, ironie du sort s’appelait « Jésus »!!!Je vous avoue que j’avais bien envie qu’il soit crucifier à ma place sur la table de césarienne, pour le coup!!!

A un moment, ça se finit…
Je sors du bloc et on me pose mon fils sur moi…peut être une minute peut être trois, le temps pour son père de prendre deux photos…pour moi ça a duré une micro seconde…et on m’emmène en salle de réveil…. je crie à son père tout en partant un faible « fais du peau à peau avec le bébé »….

Je suis triste d’être séparée de mon fils mais le sommeil prend le dessus, j’ai mal moralement et physiquement, mais je m’endors…j’entends des bruits des équipiers, « Jésus » revient!
il est là à un moment, ce fichu anesthésiste, j’aimerai lui parler, lui crier dessus mais je suis dans le coltar…je dors une petite heure…

Quand je remonte l’équipe me dit…il a faim votre fils! je culpabilise de pas avoir pu lui donner le sein avant et de pas avoir fait de peau à peau avec lui…Je suis inquiète qu’il ait vraiment trop faim…
J’arrive dans la chambre…il dort tranquillement, son père et sa grand-mère;ma mère sont là et l’admirent…
Il va bien, heureusement, je peux souffler un peu.

Je vais m’arrêter là pour ce témoignage…j’aurai encore tellement de choses à dire par rapport à mon séjour à la mater mais je n’en n’ai plus le courage pour cette nuit et je suis prise par le temps pour la fin du défi…ainsi que par mon bébé de cinq mois aujourd’hui qui va bientôt demander sa tétée de la nuit!;)

Merci à toute l’équipe de nous avoir donner un espace pour nous exprimer, pour témoigner et espérons le pour peut-être changer les choses…

Et merci à vous qui m’aurez lu je l’espère avec pas trop d’ennui…