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#344 Servane, la naissance de Tinael

8 Fév

Mercredi 18 septembre 2013

Ta naissance est imminente alors je profite des derniers instants avec ta sœur comme fille unique : nous allons faire une longue balade pour rechercher des coquilles d’escargots. Nous marchons presque 1h, elle veut aller voir le tractopelle en bas de la rue et me montrer la cantine. De retour à la maison, je fais un peu de repassage, prépare le repas et nous allons coucher Malou. On regarde un peu la télévision avec papa mais on monte vite se coucher, on fait un câlin avant de s’endormir.

Jeudi 19 septembre

2h29 : pause pipi de la nuit. Quand je remonte, une contraction douloureuse. Je regarde l’heure, on ne sait jamais, j’ai toujours eu le pressentiment que tu naîtrais aujourd’hui, une semaine tout juste avant ma DPA, comme pour ta sœur. J’essaie de me rendormir mais impossible, les contractions reviennent toutes les 7 à 10 minutes. Je reste 1h dans le lit mais elles commencent à devenir difficiles à gérer sans bouger et sans faire trop de bruit pour ne pas réveiller ton papa. Je décide donc de descendre dans le salon. J’allume les bougies et je me pose un peu sur le ballon puis à genoux, les contractions se calment un peu, j’en profite pour dessiner les plans de notre future maison.

Finalement, je remonte me coucher vers 4h40 et je réussis à m’endormir jusqu’au passage du camion poubelle qui comme toutes les semaines réveille ta sœur qui court jusque notre chambre pour qu’on la porte afin qu’elle puisse le regarder. Elle vient ensuite finir sa nuit dans notre lit mais pour le coup, les contractions sont de retour et je ne peux pas les gérer avec elle si près de moi.

Je décide donc de me relever et d’aller prendre un bain. Je fais couler de l’eau bien chaude, allume deux bougies et m’installe dans la baignoire. Mais je ne suis pas à l’aise, je ne sais pas comment m’installer… Allongée, les contractions sont trop difficiles à gérer et je ne suis pas très bien assisse ou à genoux. Je sors donc rapidement et je retourne dans le salon.

Les contractions seront facilement gérables toute la matinée mais m’empêcheront tout de même de me reposer car dès que je tente de m’allonger sur le canapé, elles se font plus douloureuses. Quand je suis sur le ballon, elles s’estompent me faisant douter que c’est bien le jour J… Finalement, je demande à papa d’aller chercher Malou à l’école, les contractions sont facilement gérables, je veux profiter d’elle comme fille unique encore un peu. Le repas se passe bien, peu de contractions mais quand elles sont là, je dois me concentrer pour les accepter. Malou finit par repartir à l’école, je la préviens que peut être ce sera Virginie qui viendra la chercher car maman a mal au ventre et que le bébé devrait bientôt arriver : elle est très contente et moi, je suis soulagée de voir qu’elle accepte bien la situation. Une fois partie, j’appelle la sage-femme pour la tenir au courant et savoir si elle peut venir pour confirmer un début de travail et éventuellement m’accompagner un maximum à la maison comme on l’avait convenu. Pour elle, le travail n’est pas encore réellement lancé car les contractions sont trop anarchiques, elle me dit donc de la rappeler si elles deviennent régulières et/ou trop douloureuses. Je suis un peu déçue car au fond de moi, je sais que le travail est lancé, je sais que tu es en chemin pour nous rejoindre. Je continue donc à accueillir les contractions sur le ballon, sur le canapé ou en marchant pour essayer de régulariser tout ça.

15h25 : Les contractions sont régulières, toutes les 6 minutes. Je décide de rappeler la sage-femme, je lui laisse un message. Je demande aussi à papa de prévenir Virginie qu’elle devra garder Malou ce soir. Les contractions commencent à s’accentuer un peu, j’ai du mal à trouver une position qui me soulage vraiment mais je me sens bien à genoux par terre, la tête enfouie dans les coussins du canapé. Je balance mon bassin pendant la contraction en essayant d’en visualiser l’ouverture pour ton passage ou une jeune fille blonde aux cheveux longs dans un champ de blé, réchauffée par les rayons du soleil (va savoir pourquoi c’est cette image qui me vient alors que pendant toute la grossesse, je m’étais imaginé que je penserais à la mer, élément qui me détend profondément)

Papa passe rapidement après l’école pour prendre les affaires de Malou, j’en profite pour lui faire un dernier bisou, je sais que quand je la reverrais elle sera grande sœur, ça me fait un léger pincement au cœur. Il part l’emmener chez Virginie puis essaie de joindre la sage-femme qui n’a toujours pas rappelé. Elle finira par répondre vers 18h30, elle ne pourra pas venir mais au vue des descriptions faites par papa, elle pense que le travail est déjà bien avancé et qu’il ne faut pas trop tarder à la maison, encore 1h ou 2 maxi. De mon côté,  je continue à gérer les contractions, les accompagnant de OOOOoooh graves. Je demande aussi à papa de me préparer des gants d’eau très chaude pour soulager mon dos qui commence à être douloureux pendant les contractions. Sur les conseils de la sage-femme, il me prépare un bain chaud. Cette fois je m’y sens bien, je m’installe à 4 pattes dans la baignoire et au moment de la contraction, il me met le jet d’eau chaude sur le dos, ça me soulage +++. Mais l’heure tourne et je crois qu’il a peur que j’accouche à la maison donc il me presse un peu pour partir à la maternité : je suis mitigée entre envie et peur de savoir où j’en suis. Et si je n’étais dilatée qu’à 3/4cm et que je sois obligée de rester à la maternité ?

20h : Arrivée à la maternité. Je gère une contraction devant l’entrée et c’est parti. Une sage-femme très gentille nous accueille et nous installe en salle d’examen. Elle me pose le monito, fini de remplir mon dossier (et râle après le sage-femme acupuncteur que j’ai vu 3 fois depuis la semaine dernière et qui ne l’a pas fait !) et me demande si je veux attendre un peu pour avoir un TV. Non, je veux être fixée maintenant et là, bonne surprise, je suis dilatée à 7/8cm, je suis trop contente et tellement soulagée ! Ta tête est cependant trop en avant pour s’engager dans le bassin. Elle part préparer la salle de travail puis nous installe et nous laissera tranquille jusque 22h. Je me remets sur le ballon, comme à la maison et papa continue de me mettre des cotons imbibés d’eau chaude sur le dos pour me soulager. Je me sens bien, je gère.

22h : Nouveau TV et col toujours à 7/8 cm. Elle me propose de percer la poche des eaux pour que tu puisses mieux s’engager et appuyer sur le col. Je ne sais pas trop, je sais que les contractions avec une poche rompue sont plus douloureuses et je commence à avoir du mal à gérer alors des contractions plus  fortes ? On décide de se laisser encore une heure et on verra ce qu’on décide alors. Je demande conseils à Colette pour aider bébé à s’engager dans le bassin, je m’installe à genoux sur la table, face au dossier et balance mon bassin en faisant des ronds pour essayer de t’aider à t’engager.

22h40 : Je lui demande de m’examiner à nouveau, les contractions sont de moins en moins gérables. Pas d’évolution. On décide donc de percer la poche des eaux mais avec la péridurale. Elle me rappelle mon PDN mais on en a discuté avec papa, je suis vraiment fatiguée et la péri me permettra de ma reposer un peu avant la poussée. Elle part dons chercher l’anesthésiste puis prépare tout le matériel. Dans ma tête, je doute de ma décision : quand je vois tout ce qu’elle prépare (perf, capteur au doigt, tensiomètre) je me dis que ce n’est pas ce que je veux, j’ai peur de regretter mais je suis tellement fatiguée… L’anesthésiste arrive, il me fait m’asseoir en pleine contraction ! Il pose la péri puis la sage-femme perce la poche des eaux (23h15) Quelques minutes plus tard, je ressens les contractions très fortes du côté gauche mais rien du côté droit, la sage-femme me propose alors de me mettre sur le côté pour aider le produit à mieux de répandre mais sans effet, c’est même pire car voilà qu’elle ne fonctionne plus du tout au niveau du ventre et du dos mais juste au niveau des jambes. Les contractions sont difficilement gérables, j’aimerais me mettre à genoux mais les sages femmes refusent, elles pensent que c’est trop dangereux, que je pourrais tomber, je suis donc quasi assise mais une douleur aux adducteurs vient me terrasser à chaque contraction.

2h (je crois) : Je suis à dilatation complète, tu es descendu et engagé mais bloque dans le détroit inférieur. La sage-femme me propose de m’injecter du synto pour aider les choses car mes contractions sont pour elle trop espacées et pas assez longues. Je sais que la douleur sera encore une fois plus intense, je ne tiendrais pas donc je refuse. Papa me dira plus tard que ça l’a énervée mais qu’elle a finalement compris mon choix quand je lui ai expliqué à son retour dans la salle. Elle me propose d’essayer de pousser pour t’aider à descendre et à te fixer. Du coup, elles « m’installent », je demande si je peux ne pas avoir les étriers, elles me mettent donc les pieds  dans des supports pour pousser dessus. Sur chaque contraction, je m’exécute mais à priori je pousse mal et ma douleur aux adducteurs est trop intense, je ne tiens plus. J’insulte l’anesthésiste et je commence à m’énerver car personne ne veux croire que cette fou*** péri ne fonctionne pas ! Une autre sage-femme vient essayer de m’aider à gérer les contractions en me conseillant de faire des AAAAaaaah graves et ça m’aide un peu et je visualise toujours cette image dans le champ de blé. Je continue à pousser sur les contractions, papa me dit quand elles diminuent sur le monito, ça m’aide, je sais que la douleur disparaitra dans quelques secondes…  On essaie la position semi assisse et sur le côté mais rien n’y fais, j’ai trop mal. Je finis par accepter le synto, je n’en peux plus, je veux que ça se termine vite ! Le sort est avec moi, leur machine ne fonctionne pas. La sage-femme finit par aller chercher le médecin, je sais que je n’y arriverais pas toute seule et qu’il faut qu’il t’aide à sortir : ce sera la ventouse. Le gynécologue est une femme qui me parait très gentille, son visage m’inspire confiance, je suis soulagée (je n’aurais pas dû) Elle m’explique que je dois pousser sur la prochaine contraction et qu’elle t’aidera avec la ventouse. La contraction arrive, je pousse de toute mes forces 2 fois puis je hurle de douleur, je repousse. Elle me dit que ta tête est là, que je dois encore faire un effort alors je pousse autant que je peux. Ta tête est sortie, je veux la toucher. La sage-femme à côté de moi, me prend la main et je la touche, je touche la tête de mon fils, quelle sensation unique. Mais la gynécologue me l’enlève. Elle sort les épaules puis le reste de ton petit corps avant de te poser sur mon ventre, il est 3h53. Et là, grand moment d’émotion, j’ai réussi, on a réussi. Tu es né par voie basse !!! Elle demande à papa s’il veut couper le cordon mais il ne le souhaite pas, elle le fait donc (sans attendre qu’il est cessé de battre comme je l’avais demandé) puis s’attaque à la délivrance. Elle tire sur le cordon pour faire sortir le placenta,  il sort très rapidement, je demande si je pourrais le voir et qu’elle m’explique son fonctionnement, il n’y aura pas de problème. Ils me proposeront même de le garder mais papa n’y tiens pas. J’ai le droit à un massage du ventre pas très agréable puis elle recoud mon épisio. La sage-femme me dit qu’elle n’est pas très grande mais elle sera bien douloureuse ! Tu es parti faire quelques soins avec papa mais tu reviens vite près de moi pour un moment de peau à peau. J’essaie de te mettre au sein mais mon petit d’Homme ne veut pas têter, ce sera pour plus tard. Au bout d’une heure, je te pose tout de même dans ton berceau car la fatigue est trop importante, je m’endors jusqu’au retour de la sage-femme vers 7h pour le retour en chambre.

Je suis heureuse de mon accouchement, fière d’avoir tenu aussi longtemps à la maison et même si les premiers jours j’étais déçue d’avoir eu recours à la péri, je n’ai plus de regrets car je sais qu’à ce moment là j’en avais besoin et qui aurait pu savoir qu’elle n’allait pas fonctionner correctement ? Les seuls regrets que j’ai encore sont par rapport au gynécologue qui n’a pas respecté mon PDN (épisio, ne pas pouvoir toucher bébé à sa sortie, ne pas pouvoir l’accompagner pour le poser moi-même sur mon ventre, attendre que le cordon ait cessé de battre avant de le clamper). Je ne comprends pas pourquoi, elle n’a pas respecté mes choix et ça me laisse l’impression d’avoir couru un marathon pour que quelqu’un d’autre franchisse la ligne d’arrivée à ma place… Elle m’a volé la fin de mon accouchement alors que je pense qu’une fois la tête sortie avec la ventouse, elle aurait très bien pu laisser les choses se terminer naturellement et me laisser pousser pour sortir seule mon fils.

Je suis ravie d’avoir eu une équipe comme celle-là pour m’accompagner lors de cette naissance car je sais que la sage-femme a été au-delà de ses limites pour respecter mes choix (elle !) et c’est grâce à elle que j’ai pu avoir mon accouchement par voie basse !

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Naissance d’Ambre – Juillet 2013

7 Oct

J’ai déjà raconté un récit d’accouchement ici, un accouchement que j’ai eu du mal à digérer. J’avais très peu pour cette nouvelle grossesse, parce que j’avais eu une césarienne la première fois et que je n’en voulait absolument pas une seconde.

4 Juillet2013

C’est la fin de ma grossesse. Je ne pensais pas tenir jusque là. J’étais persuadée que j’allais accoucher le 23 juin. On est le 4 juillet, et je suis toujours à la maison, à tourner en rond. Je peste. Je me sens lourde, gauche, je n’en peux plus. Je suis à deux jours du terme. Je n’ai jamais été enceinte aussi longtemps. La demoiselle n’a pas l’air de vouloir sortir. D’ailleurs, j’en suis sûre, c’est fini, elle ne sortira jamais. Ou du moins, pas sans aide. Le 7, j’aurais une césarienne. Parce que sinon, elle ne naîtra pas.
Ce matin-là, Aloys, mon petit garçon de 22 mois m’apporte mes chaussures alors que je suis aux toilettes, alors qu’il ne l’a pas fait depuis des mois. Mais je refuse de prendre ça comme un signe. J’ai déjà pris trop de choses comme des signes et j’ai déjà été trop déçue. La journée avance donc, sans que rien ne change. Puis vers 13h, je couche mon bambin et je vais moi aussi rejoindre mon lit pour une sieste bien méritée. Mais je dors mal. J’ai des remontées acides qui me brûlent atrocement. 14H mon homme part au boulot après m’avoir fait un petit bisous, il commence à 14h30. Il me dit ‘à ce soir ! Et en rigolant, je lui réponds : ‘peut être avant !’ comme pratiquement tous les jours depuis 2 semaines. Vers 14h30, après avoir dormi un peu, je décide que j’en ai assez, qu’il faut que je me lève. Mais je suis pas tout à fait décidée. Traîner dans le lit est une meilleure perspective que d’aller faire la vaisselle du midi qui m’attend sur la table. Je me redresse sur un coude, et là… AIE. Ah. Ca ça fait mal. Une belle contraction qui me fait mal. Je m’assieds sur le lit aussi rapidement que je peux et je sens qu’il y a quelque chose qui coule. Vite, je vais aux toilettes, pour voir. Ah, du liquide, et en plus c’est rosé. Bon, eh bien, on va appeler le beau père, je file à la mater !
Je vais chercher le doudou qui est loin d’avoir fini sa sieste, mais qui se lève sans problème, avec le sourire même. Chose rare, puisque d’ordinaire, je mets 3 plombes à le réveiller. Là, il m’attend, souriant, m’aide à l’habiller, bref, il savait qu’aujourd’hui j’allais partir. J’en suis sûre.

J’appelle aussi mon chéri pour lui dire que je vais à la maternité, je lui dis de ne pas bouger, que je le tiens au courant. J’appelle mes parents et envoie un sms à ma sœur. On est tous convaincus que cette fois, c’est la bonne (oui, une fausse alerte de perte de liquide fin juin …).
Arrivée à la maternité après avoir confié mon doudou à ma belle mère, j’ai le droit au coton tige pour savoir si c’est bien du liquide amniotique, mais le résultat n’est pas probant me dit la sage femme. Pour moi, c’est simple : il est devenu gris, donc quoi qu’elle dise, y A du liquide, sinon, il serait resté blanc. Le monito ne montre pas de contractions et le col n’est ouvert qu’à un. Je suis un mystère, elle ne sait pas quoi faire de moi. Elle appelle donc mon gynécologue qui lui dit de me donner une chambre, on avisera le lendemain.

A 15h30, je suis donc en chambre, je m’ennuie, je ne contracte pas, j’ai même oublié mon chargeur. J’ai juste ma valise… Alors je fais des 8 avec mon bassin pour essayer de faire avancer les choses. Je fais même la danse du ventre, dans ma grande chambre double. Finalement, la poche se fissure franchement, et je dois passer aux protections hospitalières. A 22h, une sage femme vient m’examiner à ma demande, elle confirme que la poche est belle et bien fissurée, pas besoin du coton magique, et elle me donne un antibiotique, pour prévenir les infections. Le col, lui, n’a pas bougé et le monito est toujours plat. Rien avance. J’ai peur de la césarienne. Je la sens avancer à grands pas, et j’ai peur.

Mon chéri est passé dans la soirée, m’a ramené mon chargeur et mon livre, je décide donc de lire. Jusqu’à 23h, puis j’éteinds tout et me couche. Mais alors que je commence à vraiment m’endormir, je suis tirée du sommeil par une contraction. Qui pique. Et ça revient. Régulièrement. Et de plus en plus fort. Toute la nuit, j’ai fait des allés et retours dans le petit service de maternité, parce que ma chambre n’était pas assez grande pour contenir les milliards de pas que j’ai fait cette nuit là. Si je ne marchais pas, les contractions me noyaient. J’avais la tête qui tournait, des sueurs froides, une douleur insupportable… Alors je marchais. Malgré les jambes et le dos douloureux, malgré la fatigue, parce que mine de rien, depuis la veille, je n’ai pas vraiment dormi. La nuit la plus longue de ma vie. Les copines avec qui j’ai parlé tous l’aprem par texto dorment, ma mère et mon chéri aussi. Je suis seule avec ma douleur, mais je gère. Vers 4h, j’envoie un message à une amie susceptible d’être réveillée. Elle l’est par miracle et elle m’est d’un grand secours pour ne pas me noyer dans la douleur et la fatigue.

5 juillet 2013

Vers 7h, la douleur se calme un peu, mais j’ai la nausée. Je finis par vomir, juste avant le petit déjeuner. Après, je me sens mieux, alors je mange, je suis persuadée que je vais accoucher aujourd’hui, il me faut des forces ! C’est peine perdue, lui aussi se retrouve aux toilettes !
Vers 9h mon chéri fini par arriver. J’ai un monito, qui me désespère parce que selon lui, mais contractions, c’est de la gnognote. Mais la SF me rassure : la toco ne veut rien dire du tout. Ca me soulage. Juste avant, une autre SF m’a fait un touché vaginal et elle me dit que rien a bougé. J’étais au bord des larmes. Toute cette douleur pour rien. Juste après le monito, cette SF bien gentille me réosculte parce que la première SF m’a dit quelque chose de différent de ce qu’elle a dit en salle de réunion. Et finalement si, le col s’est raccourci un peu, amolli et surtout je suis à 2 petits doigts au lieu du 1 de la veille. C’est pas énorme, mais ça avance ! Je suis aux anges… !

Toute la matinée, je marche, je continue d’avoir mal. Je ne veux pas de la péridurale, mon chéri est là, et je m’accroche à lui comme une moule à son rocher. Seul bémol, c’est qu’il doit partir à 14h30 pour aller travailler. Juste avant qu’il parte, il me convainc d’aller parler avec la SF pour réclamer un examen, et qu’on parle péridurale, car lui, en me voyant, préfèrerait que je la prenne. On parle donc avec cette SF super gentille (finalement, j’ai oublié de demandé l’examen, puisqu’une heure plus tôt j’étais à 3…). Elle me fait promettre de venir demander la péridurale si j’en ai besoin. Je lui dis oui sans y croire. Je racompagne mon chéri en bas, et il part. Sans lui,c ‘est pas possible, au bout de même pas une demi heure, je vais voir les sages femmes pour avoir la péridurale. J’arrive donc en salle d’accouchement et l’anesthésiste arrive à peine 10 minutes après. La pose de la péri m’a fait très mal, j’en ai pleuré sur l’épaule le l’auxilliaire. Mais j’étais pas un cas facile, j’étais prévenue. Il était étonné (et très très content de son travail!) de voir que finalement ça ai marché !

Après, j’ai parlé avec une élève sage femme très gentille, j’ai dormi, je me suis faite examinée (sans douleur, que ça fait du bien!), mais j’étais toujours surprise de voi tout ce sang : mon col saignait depuis la veille, et de plus en plus…le travail avançait plus vite, malgré mon angoisse que la péri le ralentisse. Arrivé à 5, la poche s’est rompue totalement, alors que la sage femme voulait la percer. A partir de là, la péri ne fait plus effet que sur les ¾ de mon utérus, et finira par ne plus faire effet du tout à la fin.

19h, je suis dilatée à 7, on me conseille d’appeler mon compagnon, et qu’il a interet à arriver fissa. On me met en position gynéco. Je commence à réaliser que oui, mon AVAC je vais l’avoir…. 19H30, je suis à 9. Mon compagnon arrive à 19h45, alors que je suis à dilatation complète, et que la sage femme me dit qu’ « on va commencer à essayer de pousser ? ». Toute l’eau qui était restée bloquée par la tête de ma puce est évacuée. Je pousse, je pousse tout ce que je peux, avec la sage femme en bas et mon gynéco qui surveille les contractions et qui me dit quand pousser (accouchement à risque puisqu’ AVAC, c’est pour ça qu’il est là). Mon chéri devient pâle, et on lui ordonne de se coucher par terre jambes relevées. Ca me fait marrer. Un moment, alors que ma mère m’a toujours dit qu’un bébé en phase de faire le grand plongeon ne bouge pas, le gynéco et moi, on se regarde en rigolant, totalement perplexes parce qu’on ne sait pas s’il y a une contraction : la puce bouge comme pas possible !
Puis je n’ai plus envie de pousser. C’est trop dur, j’ai déjà assez poussé ça ne sert à rien du tout, ils ont qu’à finir sans moi, j’en ai marre. Je pousse n’importe comment du coup. Le gynéco me dit en souriant que ça serait dommage de devoir sortir les spatules, il n’en a pas envie ! Et là… là je sens. J’ai envie de pousser. Il FAUT que je pousse. Alors je donne tout ce que j’ai. La tête sort, je le sens, mais il faut que je continue, ça me gêne trop, je continue à pousser, et je crie, j’ai mal, je sens que bébé tourne à l’interieur (et j’entends la sage femme dire qu’elle tourne beaucoup pour ‘un dos à gauche’), je sens la sage femme qui la tire vers l’extérieur, je crie comme j’ai jamais crié et je pousse !

« Arrêtez de pousser! »

Et là je sens les jambes de ma fille sortir de moi. Et on me la pose sur moi. Quand j’ouvre les yeux (ou du moins que je recommence à voir) elle est là, sur moi, toute chaude, toute violette, et magnifique.

20h11
« C’est moi qui aies fait ça ?! Tu es belle ma chérie, tu es magnifique, tu es toute petite! »
Et là, j’entends le gynéco rire et me dire « Ah non ! » Discètement, je soulève le cordon pour vérifier qu’ils ne se sont pas trompés, que c’est bien une fille, et oui, s’en est une, je n’arrive à rien trouver du tout sous ce cordon !
Bientôt on me l’enlève pour la toilette, j’ai juste le temps de dire à la puéricultrice que je ne veux pas qu’elle prenne de bain, mais l’autorise à lui laver les cheveux au sérum phy.
Et là, j’entends…
« 4kg650 ! » Non. Pas possible… Mes deux gynéco m’avaient prévu un bébé de maximum 3kg900, alors autant ?! « 55cm ! » J’hallucine totalement que ma fille nous fasse cette surprise, comme si c’était fait exprès pour que je connaisse les joies de l’accouchement par voie basse ! Il avait raison, elle n’est pas petite !

Pendant la suture (puisque grosse déchirure, mais pas d’épisio) , je regardais ma merveille, en couveuse près de moi, son papa de l’autre côté, et on savourait. Rapidement, nous sommes tous les trois retournés dans la chambre (petite maternité, 2 salles d’accouchements et une maman qui avait besoin de la salle) pour notre toute première tétée….

Ambre est née le 5 juillet 2013, un jour avant le terme, à 20h11 et pesait 4,650kg pour 55cm. Et cette petite géante

nous comble de bonheur!

PicMonkey Collage

#293 Anonyme – le récit d’un AVAC (accouchement par voie basse après une césarienne)

25 Sep

Début de grossesse, je suis heureuse mais les questions sur l’accouchement me tourmentent déja (1er enfant par césarienne pour siége sur bassin limite, qui en me renseignant pour le deuxiéme n’était pas limite). Bref, je refuse la césarienne itérative.

Je décide de prendre en suivi ma sage femme libérale. Je sais qu’elle croit en moi, qu’elle me donnera son avis en se basant sur des textes, lectures… récentes.

Je décide également de choisir une maternité à une heure de chez moi car elle est labellisé amis des bébés et respecte davantage le choix des femmes…

Je vois le gynécologue de cette maternité qui parle pathologie (comme tous les gynécos que j ai rencontré). Il m indique que je risque les forceps (car mes mesures sont dans la norme mais une limite) ou une césarienne aprés un long travail. Je refuse catégoriquement la césarienne programmée. Il respecte mes choix (pas comme à mon premier enfant).

Mon terme approche, bébé toujours au chaud. Le gynécologue me parle de déclenchement au terme. Il sent ma non adhérence à ce projet, il me propose des monitorings et de me revoir quelques jours aprés le terme.

Même si il m’a fait peur, pleurer, douter, il m’a toujours écouté, à sorti ses arguments mais je me suis toujours sentie respectée.

Il me parle cependant du travail devant avancé à un centimétre à l heure!  Je ne suis pas d’accord, ce n est plus d’actualité!!! Je n insiste pas sur ce point car je ne peux pas me batailler sur tout mais, c est noté, j’avance le travail toute seule chez moi pour échapper à cette série médicale!

J’aurais aimée être accompagnée et accoucher à mon domicile mais dans notre département, ce n est pas possible (encore moins avec une césarienne au précédent!!!).

Puis vient la veille du terme, je me réveille sur une contraction, je perds les eaux. Puis, calme plat. Pas de contractions. J’ai peur. Je sais que si je vais à la maternité sans contractions, ils vont tous faire pour que je l’ai cette césarienne. Puis mes contractions arrivent doucement… Je prends mon temps, prépare mon premier (malgré les contractions qui s’accelèrent), j’ai le temps. J’ai retenu que si j’arrive trop tôt, on va m’accrocher au monito, surveiller ma dilatation, me perfuser, me déshabiller pour me mettre une blouse dépersonnalisante…

Les contractions se déchainent, se rapprochent à grande vitesse… J’ai envie de pousser (ce n’est pas possible, ça ne fait que 2heures!!), mon mari me force à partir.

Ma sage femme libérale que j’ai prévenue me rappelle. Elle comprend que je suis en train de donner naissance et que je ne pourrais pas aller dans la maternité choisie. Nous allons donc à la plus proche. Je refuse la position sur le dos (de toute façon, je ne la supporte pas), je me sens bien accroupie sur mes genoux mais les sages femmes ont besoin de voir l’évolution du travail (je ne les sens pas à l’aise du tout). On finit par m’installer sur le coté (compromis). Elles discutent entres elles, je n’entends pas ce qu’elles disent. Je regarde le monito qui est normal. Je leur demande à plusieurs reprises s’il y a un souci, elles me disent que non. L’aide soignante finira par me dire qu’elles s’arrangent car il y a trop d’accouchements. Une des sages femmes me fait plusieurs touchers (plus que des touchers, selon mon mari) sans jamais me prévenir. Je me sens violée dans mon intimité. Puis viens l’heure du « pousser ». Personne ne cherche à savoir ce que je ressens. Oui j’ai envie de pousser mais pas forcément quand elles le disent exactement. Mon accouchement est standardisé comme tous ceux fait par péridurale. On me fait accélérer la poussée (je résiste plus ou moins car j’ai peur des forceps si ça n avance pas assez vite pour eux). Je pense: « y a du monde qui attend ». Mon bébé naîtra, j’aurais l’honneur de l’attrapper et de le mettre directement sur moi. Il y restera trois heures. La sage femme qui est restée a respectée mon choix de ne pas l’aspirer…. Je serais resté à peine 40 min pour accoucher. J’ai eu une grosse déchirure du périnée. Je ne pense pas que cette accélération du travail m’ait permis de garder mon périnée intact!  J’ai failli accoucher chez moi (mon mari n’aurait pas été la, je n’y serai pas aller) à cause de cette peur des protocoles… Vouloir obliger les femmes, les ficeler,… ne feront qu’accentuer les accouchements sauvages qui seront là dangereux pour la mére et l’enfant!

#256 – Chemin de naissances, les trois accouchements de Sylvie

10 Avr

Chemin de naissances…

31 octobre 2004. C’est la Saint Quentin aujourd’hui…

Il est environ 7h du matin et je suis impatiente depuis un moment d’aller, enfin, faire ce test de grossesse… Je tremble toute entière… Mais enfin! Après tout il faut juste « faire pipi » et attendre… Et quelle attente… Je reste là… Devant ce bâtonnet blanc et mauve qui va m’indiquer dans les secondes à venir si je vais devenir « Maman »…

Mon cœur bat tellement vite… Pierre dort…

Mon Dieu que ces quelques secondes sont longues…

Enfin, une deuxième ligne apparaît légèrement… Je suis tellement fatiguée, est-elle bien réelle? … Oui!!! Elle est légère mais bien là! Les mots tout bas sortent tout seuls; « Je suis enceinte »!! Et les larmes commencent à couler … En pyjama, je retraverse rapidement, comme dans un rêve, le couloir me séparant de ma chambre. Je ne peux pas attendre, je m’assois à côté de mon homme qui dort toujours et je le pousse doucement… Les larmes ne s’arrêtent plus… « Mon Amour… » Il ouvre les yeux et me regarde intrigué, un peu inquiet de me voir pleurer… « Je suis enceinte »… Je pleure et le plus magique des sourires se colle à mes lèvres sans plus pouvoir me quitter…

Pierre me prend dans ses bras, nous partageons tellement de tendresse et de joie…

Je n’ai que 21 ans, nous sommes mariés depuis à peine 2 mois et j’ai l’impression d’avoir attendu ce moment si longtemps pourtant…

A ce moment là, nous n’avons pas encore internet à notre disposition (tant mieux… ?) et nous faisons le choix, à 3 mois de grossesse de déménager pour un petit nid plus douillet. Nous sommes donc un peu plus éloignés de la famille et de nos proches, et je n’ai pas de voiture. Je n’aime pas conduire de toute façon et vivre dans ce petit coin de campagne me plaît.

Je vis donc cette grossesse assez calmement, sans influence, parlant beaucoup « intérieurement »  à notre bébé. Déjà très sensible avant la grossesse, cela s’accentue encore et je deviens réellement hyper sensible à tout, la moindre chose, le moindre mot dit, ou non-dit d’ailleurs, le moindre évènement me touche énormément.

Nous ne choisissons pas un suivi de grossesse particulier, nous allons régulièrement chez le gynécologue, « comme tout le monde » pour « voir si tout va bien » et faisons les examens prescrits. Nous ne nous posons même pas la question. Nous ne sommes pas informés qu’il existe d’autres possibilités de suivi de grossesse… Ou, simplement, que nous avons le choix de réaliser ou non les examens prescrits par le gynécologue…

Ma maman est sage-femme et en partie responsable du service de maternité depuis un moment. Je sais que je peux lui poser mes questions, lui téléphoner quand je veux si besoin et ce simple fait est suffisant pour moi. Je suis rassurée. Le service de maternité m’est familier. Je ne suis donc assez sereine et nous nous émerveillons chaque jour de la grossesse et des plaisirs des premiers contacts que nous avons avec notre bébé.

Je lis un livre ou l’autre concernant la grossesse de façon générale mais je ne plonge pas pour autant dans un tas de lectures. Nous choisissons cependant, comme préparation à la naissance, des séances d’haptonomie dont j’ai appris l’existence et le principe durant ma formation d’éducatrice, ce qui m’énormément plu.

Pour le reste, j’attends sans doute simplement les « informations spontanées » de la part de ma maman… Nous ne nous posons pas vraiment de questions particulières mais sommes pourtant naturellement curieux et excités de l’aventure que nous allons vivre! De la nouvelle vie que nous allons commencer…

(…)

Doucement, la grossesse touche à sa fin, nous sommes mi-juin, il commence à faire chaud… Notre bébé est théoriquement prévu pour le 26 mais je ne suis pas braquée sur la date. Je me réjouis de l’avoir tout contre moi, je suis impatiente de vivre cette naissance, découvrir si il est un petit gars ou une petite fille, de voir Pierre avec notre tout-petit dans ses bras… Mais j’adore être enceinte… Je caresse mon ventre si rond… Dans la cuisine, dans mon bain, dans mon lit, dans le fauteuil… Je prends énormément de plaisir à le voir et le sentir bouger et je lui parle…

Je me souviens m’être adressée à mon bébé en lui disant « (…) garde toujours confiance en toi, n’oublie jamais ça »…

Après un des derniers RDV chez le gynécologue, je sors stressée, j’ai peur, une foule de questions m’envahissent… Le problème vient de mon bassin… Ou de mon bébé… Ou les deux… Mon bassin semble très étroit et mon bébé approche des 3,500kg/4kg…  « Si bébé est « trop gros », il faudra faire une césarienne… »

Je suis déçue, tout allait si bien jusque là ! … Il faut aller passer une pelvimétrie (radio du bassin) pour voir si notre bébé pourra s’engager dans le bassin et passer… Je n’ai pas envie de passer cette pelvimétrie et l’idée de la césarienne me donne envie de pleurer.

(…)Je passe finalement cette radio et manque de m’évanouir car, devant rester couchée sur le dos un moment, ma veine cave était écrasée avec le poids de bébé… « Ne bougez pas, ne bougez pas! » Ils en ont de bonnes eux! Je me sens « tomber dans les pommes » moi! Je voudrais les y voir! … Tout ça pour  entendre dire que mon bassin n’est pas très grand mais qu’en principe « ça devrait passer »… (En bref, un très mauvais moment à passer pour n’avoir pas plus d’infos pertinentes au bout du compte…)

Préférant me rassurer, je garde ces mots: « ça devrait passer » en tête et met de côté l’idée de la césarienne…

Les jours suivants, j’essaie de marcher beaucoup pour stimuler un peu le travail. Il paraît que l’huile de ricin pourrait déclencher le travail, j’en prends donc de temps en temps… Rien ne semble bouger cependant…

Mais je me sens BIEN enceinte, j’ai beaucoup de plaisir à porter mon bébé malgré un sacrum bien douloureux et n’ai, au fond de moi, pas plus envie que ça que le travail commence déjà…

Quelques jours plus tard. Nous sommes le 21 juin. Chez le gynécologue, j’ai à nouveau droit, comme tous les mois depuis le début de la grossesse et comme tous les quelques jours depuis 2 semaines à une échographie, et un toucher vaginal. Bébé est toujours bien « haut ». Au niveau du col, rien de très spécial: un peu mou, toujours fermé. Je pense que c’est cette fois là, j’ai eu mal… Il a « décollé les membranes » ou il a essayé…

Fin de la consultation, il  nous dit qu’il a peur que le bébé grossisse encore et que pour finir il ne sache pas passer, il faudrait alors faire une césarienne. … (Et voilà que ça recommence…). Il nous propose donc d’entrer à la clinique le soir même et d’essayer d’induire le travail durant la nuit pour que l’accouchement se fasse demain. (…) J’ai un moment de doutes… Nous nous regardons Pierre et moi. Je ne suis pas plus certaine que ça et en même temps il me stresse avec sa menace de césarienne (puisque c’est bien ça finalement, une menace…) J’hésite… Il reprend, voyant notre hésitation: « On essaie. Si le travail se met en route, vous restez. Sinon, on attendra… » Vu sous cet angle, nous « cédons » et acceptons. Nous rentrons donc préparer nos affaires et nous nous mettons en route pour la clinique…

Une infirmière viendra placer un premier comprimé près du col vers minuit. Pierre a pris un lit d’appoint, il passe la nuit avec moi! Je ne dors pas, Pierre non-plus. Impossible de fermer l’œil!! Nous allons probablement être parents dans les heures qui suivent! Nous allons enfin voir et prendre notre petit dans nos bras! Garçon? Fille? … Nous sommes excités, nous nous posons un tas de questions, nous imaginons notre bébé et nous avons tellement hâte de ce moment!

Les heures passent et je guette les contractions… Rien…

6heures… Je dois me lever et aller en salle de travail où l’on me mettra sous perfusion… (Je ne sais même pas à ce moment là ce que je vais recevoir comme produits, etc.!) On ne m’explique pas très clairement mais je ne pose pas de questions non plus… Peut –être le fait d’être avec des collègues de ma maman me donne t’il un sentiment de (trop grande) confiance et me fait oublier le reste… Je ne sais pas mais nous suivons, Pierre et moi, « comme des moutons » ce que l’on nous dit de faire et/ou ne pas faire.

On me place le monitoring. Les contractions commencent à se faire sentir et sont très vite vraiment douloureuses… Je ne m’attendais pas à une montée si vive de la douleur et je n’ai pas le temps de bien comprendre ce qui se passe, de me laisser aller vers l’accueil de mon bébé sereinement. En fait, je ne suis pas vraiment connectée à lui du tout… le contexte (joie, réjouissance, stress, incompréhension de cette soudaine douleur, etc.) me fait un peu perdre pied et je commence à pleurer… Evidemment, ma maman (sage-femme donc) arrive à ce moment là. Difficile pour une maman de voir sa fille avoir mal. Elle me propose donc de demander la péridurale… Non, je ne la souhaite pas. »L’anesthésiste est justement là… Peut-être qu’après il sera trop tard… » … Je finis par céder (une fois de plus…). On me pose la péridurale, le monitoring est alors branché en continu et les capteurs me font mal à cause de la peau tendue de mon ventre qui contracte. C’est si gênant que je demande à ma maman pour enlever ça ou le changer de position. Je pense qu’elle prend ça comme un « caprice » ou ne se rend pas bien compte de la gêne que ça m’occasionne et n’entend pas réellement ma demande…. Les capteurs resteront là jusqu’à ce que je les bouge un peu moi-même…

Les heures passent, je suis couchée dans ce lit en attendant, comme si mon bébé devait faire ce chemin tout seul… Comme s’il n’avait pas besoin de moi. Je l’aime pourtant déjà si fort! Mais je suis perdue…

On me change de position, un peu sur le côté gauche, un peu sur le côté droit, un peu plus redressée, un peu moins… On me sonde pour vider ma vessie… Quel geste désagréable… Un toucher vaginal, puis encore un autre par une autre sage-femme pour avoir son avis…!

Le travail se poursuit, mon col s’ouvre malgré tout, les contractions sont toujours là et petit à petit l’effet de la péridurale se fait moins sentir mais je choisis de ne pas appuyer sur bouton pour prolonger les effets de l’anesthésie mais bien pour sentir un peu mieux mon corps.

14h, changement de pause, ce sont donc de nouvelles sages-femmes qui me « suivront »… (Ma maman, elle, restera bien sûr.)

Vers le milieu d’après-midi, on décide de percer la poche des eaux, sans doute pour  tenter d’accélérer le travail… S’en suivent à nouveau des touchers, palpations de mon ventre et manipulations pour voir comment ce bébé est mis. Il est encore si haut…

Au milieu de tout cela, aucune parole ne sera adressée à mon tout petit, laissé « seul » à trouver son chemin… Aucune explication… Aucun encouragement lui étant directement adressé… Non pas par méchanceté ou malveillance bien sûr mais… de toute évidence, une routine installée, un (maudit!) protocole à respecter, un manque de sensibilité (?), une banalisation du moment précieux qu’est la naissance pour l’enfant à naître et ses parents,… ça, sans doute! Un accouchement, une naissance, une de plus parmi toutes les autres…

17h, mon col est entièrement ouvert. Le gynécologue est arrivé. On fait un essai de poussée « pour voir »… (De mon côté, j’ai une jambe toute endormie, l’autre moins… Et je ne sens pas que je dois pousser, mais on me le dit, alors…) Une fois, deux fois… Rien ne bouge et notre bébé ne s’engage pas. Il est haut! Toujours et encore haut comme nous l’entendons sans cesse répéter depuis le matin. Cela fait  11h… Son rythme cardiaque s’accélère nettement durant les poussées. Je vois bien que ce n’est pas bon. Le gynécologue fait une drôle de tête, ma maman aussi. Ils sortent en me disant qu’on va laisser le rythme reprendre un peu puis que l’on réessayera d’ici 5/10 minutes… Je prends peur, je suis vraiment inquiète pour mon enfant et je n’ai même plus envie d’essayer de pousser sachant ce qui se passe. J’ai envie de pleurer, de tout recommencer à zéro, je n’ai plus envie d’être là et je veux qu’on nous laisse tranquilles… Je vis tout cela mais de l’intérieur car je ne dis rien ou si peu, à Pierre avec qui je partage mes peurs et ma déception…

2ème essai de poussée… Je n’y mets sans doute pas tout mon cœur… Et rien ne change. Le rythme cardiaque est toujours mauvais. Je me sens si seule dans mes angoisses.

« Sylvie, on va préparer la salle de césarienne. On va essayer encore une poussée là-bas puis, si ça ne va pas on sera déjà prêts pour faire une césarienne, OK? » (…) A la fin de cette phrase, un point d’interrogation qui en provoque tellement en moi… Je n’ai le courage que d’acquiescer… A quoi bon? Personne ne semble avoir le temps de me demander ce que MOI je vis, si j’ai des questions, des craintes, comment je me sens et quels sont mes besoins? Et Pierre? …

Personne ne vient nous expliquer comment cela peut se passer…

Malgré tout, j’ai encore tellement d’espoirs de voir notre bébé naître par voie basse… J’essaie de rassembler mes forces et mise tout là-dessus…

Avec le recul, je me demande comment j’ai pu garder tant d’espoirs alors que pour le corps médical l’issue devait être tellement évidente… La poussée en salle de césarienne, c’était juste pour « enjoliver » non?  …

Transfert en salle de césarienne… Il fait si froid ici! Je grelotte, je suis nue avec une insignifiante blouse d’hôpital sur moi en guise de réconfort. Pierre doit s’habiller avec blouse et bonnet et attendre quelques instants que tout soit prêt… Si il y a une personne dont j’ai besoin par dessus tout, c’est pourtant bien lui…

Le gynécologue, deux sages-femmes et Pierre autour de moi pour cet ultime essai de voir naître notre tout-petit… Bien sûr, c’était joué d’avance… Et la crainte augmentant lorsque je vois les forceps arriver n’aide pas… Difficile de se sentir en sécurité, détendue, heureuse et de mettre tout son cœur pour son accouchement dans de telles conditions… La décision de césarienne est prise… C’est le branle-bas de combat autour de moi. Je me sens me décomposer, je me rempli d’une infinie tristesse et d’un immense sentiment d’échec, j’avais tellement rêvé mon accouchement… J’étais bien loin d’imaginer que ça tournerait de cette façon. Je m’en veux, je meurs de froid, je suis tellement angoissée pour mon bébé et moi. Je ne trouve autour de moi aucune oreille attentive, aucun mot doux de réconfort, pas d’explication. Pierre est aussi désemparé… Mais il est à mes côtés.

L’anesthésiste arrive, avec l’assistante gynécologue, j’ai l’impression d’un final de pièce de théâtre où tous les acteurs se rassemblent pour venir saluer! Il y a tellement de monde qui s’agite autour de nous et prépare l’opération…

Ils commencent…

Après ces désagréables sensations d’être bousculée et remuée de l’intérieur, je vois enfin mon bébé sortir… Ca y est, il est enfin là… Mon, Bébé, notre tout petit… Pierre m’annonce: « C’est un garçon ma Puce! » Je suis si heureuse! Ce cadeau, cette surprise de découvrir le sexe de notre bébé, au moins personne ne nous l’a volée… Notre petit Quentin est né!

J’ai à peine le temps de le voir quelques si petites secondes que déjà on l’emmène dans la petite pièce de soins à côté. Pierre va avec. Personne ne me dit si tout va bien… Je suis toujours inquiète et ne sais pas profiter pleinement de ce moment qui devrait être si merveilleux!

Maman et Pierre reviendront près de moi un peu plus tard avec Quentin, un moment avant de le voir qui me sembla être si long! Pierre le mettra tout contre ma joue. Je ne le vois pas bien car je suis couchée et lui est déjà emmailloté et porte un petit bonnet. Spontanément, je déplace mon bras droit (sous perfusion) pour le toucher, le caresser… Mais je suis bien vite rappelée à l’ordre par l’anesthésiste. On ne bouge pas! … Je viens de voir mon premier enfant et je ne peux pas le toucher…

Je tremble de colère, de froid, de tristesse, de découragement… On me recoud durant ce temps et ça n’en finit pas…

« Tu pourras l’avoir après… » Dans le brouhaha, je comprends vaguement que je ne vais pas encore pouvoir voir Quentin  tout de suite mais que l’on compte me mettre en salle de réveil (pour surveillance) juste après la fin de la suture! … Ca gronde à l’intérieur de moi-même, je suis tellement en colère! Je dois tout deviner! Personne n’avait pris la peine de me dire ça!!! Mais moi je ne VEUX PAS aller dans cette foutue salle de réveil et être séparée de mon bébé!! Comment peut-on faire ça!?!?! Séparer une maman de son bébé qui vient de naître! C’est insensé!

« Ecoute, Sylvie, on va réduire le temps au strict minimum et puis on vient te rechercher pour te ramener dans ta chambre, tu ne resteras qu’une demi-heure » … Mais ça ne m’intéresse pas moi!! Je me sens bien, je ne veux pas aller là et être loin de Pierre et Quentin! Qu’on me laisse dans le couloir avec eux et qu’on surveille là! Je veux qu’on nous laisse tranquilles plus que tout! … La demi-heure passée en salle de réveil sera la plus longue de ma vie et me laissera à tout jamais un goût très amer de la maternité…

Lorsque je rejoins ENFIN Pierre et notre petit bonhomme, dans ma chambre, j’ai tellement envie de pleurer pour décharger toute cette déception vécue, ce stress intense, mes remords et mes regrets … Je mets Quentin au sein et le garde contre moi… Nous sommes pour la première fois juste tous les 3… Et ce moment me rend heureuse! (…) Mais tout ce que nous venons de vivre vient de détruire entièrement la belle image que j’avais toujours eue de la maternité… Il me reste à « apprivoiser » tout ce vécu brut…

Alors que je n’ai rejoins ma chambre que depuis une heure ou deux, un autre gynécologue, que je ne connais pas, entre en même temps que ma maman. Elle lui dit « Voilà ma fille qui vient d’avoir son petit garçon. » Elle précise que c’était une césarienne et il répond en me regardant: « Ah! Ben comme ça vous saurez comment ça se passera les prochaines fois! » … Il m’achève et j’ai envie de le frapper! Il entre, sans se présenter, sans dire bonjour et voilà toutes les paroles réconfortantes auxquelles j’ai droit… Mon Dieu, est-ce possible d’éprouver autant de colère alors que mon enfant vient de naître?!?!!

Chaque jour durant des mois et des mois, je n’ai pu empêcher les larmes de couler encore et encore… Sans être soulagée…

Bien sûr j’étais tout à fait consciente et tellement reconnaissante pour cette chance que nous avions d’avoir un enfant et en bonne santé. J’allais physiquement bien aussi, j’avais une belle relation avec mon petit bonhomme à qui j’ai énormément parlé et expliqué le pourquoi de toute cette tristesse en précisant que bien sûr il n’y était pour rien et qu’en rien je ne lui en voulais! A côté de cela, l’allaitement se passait merveilleusement bien! Sans aucune question ou presque, tout simplement… Comme une évidence…

Mais cela n’empêche pas les autres sentiments bien présents, découlant du contexte de cette naissance… Les ressentis sont là. Tristesse, remords, colère, déception, et tant d’autres sentiments…  Ils s’imposent et il faut bien faire avec… Les écouter, essayer de les comprendre et de voir ce que ça implique pour l’avenir quant auquel nous nous posons énormément de questions et ne sommes pas rassurés. Il faut essayer de faire « bonne figure » devant les gens qui ne cessent de répéter « tout va bien Sylvie! Ton petit bonhomme et toi êtes en bonne santé, c’est ce qui compte! » … (Même si c’est, évidemment, vrai que c’est le plus important! Il n’en est pas moins difficile de vivre avec ce vécu douloureux et le deuil de l’accouchement rêvé.) J’ai aussi entendu « Sylvie, fais attention, ne sois pas triste parce qu’alors le petit il le ressent hein »… Ou encore, comme une prédiction: « vraiment, ça serait mieux de vous préparer à autre césarienne parce qu’avec un bassin trop petit en plus… » … Autant de paroles qu’il faut essayer de digérer en plus du reste…

Débute ici un long chemin de réflexion concernant la grossesse et sa prise en charge, l’écoute et le respect des futur-parents et de l’enfant à naître, l’information donnée aux couples tant durant la grossesse que durant la naissance et le post-partum pour leur permettre de faire des choix éclairés, en connaissance de cause, cela étant primordial.

Il ne s’agit pas d’un combat contre le personnel (para-)médical mais bien de prendre conscience de l’importance des choix à faire susceptibles de se présenter durant la grossesse et la naissance et de ce que ceux-ci impliquent afin de vivre ces moments de façon plus sereine et plus respectueuse.

C’est ainsi que lorsque  j’ai eu la chance d’être enceinte de notre deuxième enfant, j’ai fait le choix de noter ce qui me posait encore question, ce qui me faisait peur, ce que je souhaitais réellement et qui avait de l’importance pour nous. Nous avons identifié clairement nos besoins afin d’inscrire dans un projet de naissance les choix que nous avions faits après nous être informés clairement sur chaque point. Ce qui nous a permis d’être beaucoup plus sereins le jour de la naissance puisque nous avions fait part de notre projet au gynécologue et l’avions déposé au préalable à la maternité.

Mon souhait le plus cher à ce moment étant de faire tout mon possible pour donner naissance à notre enfant dans des conditions agréables, dans une ambiance sereine où nous étions impliqués et respectés. Je souhaitais plus que tout essayer un accouchement par voie basse, sans péridurale (convaincue des effets néfastes de l’induction de l’accouchement et de la péridurale, lors de la naissance de Quentin…).

Il nous a fallu une bonne dose de confiance en nous… « Nous » en couple, mais également « nous » et notre bébé à venir… Car un projet comme celui-là n’est pas toujours bien vu… Vouloir accoucher par voie basse après une césarienne… Cela est encore parfois perçu comme de l’inconscience. D’où l’importance d’être toujours bien informés, le mieux possible et de façon objective, afin de savoir de quoi on parle et de prendre de la distance et d’évaluer la pertinence des informations que l’on reçoit (que ce soit du corps médical ou des livres, des « on-dit », etc.) Cela permet également de poser des questions plus ciblées au personnel (para)médical et de faire des choix, quels qu’ils soient, tout à fait éclairés.

Le 30 septembre 2007, après du chemin parcouru à travers beaucoup de réflexions…, nous avons accueilli avec beaucoup d’émotions notre petit Simon… Né par voie basse et sans péridurale…

Le travail ayant débuté (presque…) seul (après un toucher vaginal de fin de grossesse…), n’ayant pas souhaité de péridurale pour pouvoir toujours bouger et surtout ayant souhaité de l’aide, un accompagnement, des encouragements  afin de m’aider à ne pas me tourner vers cette option, j’ai pu marcher et changer de position selon MES ressentis, selon MES besoins, MES envies… J’ai pu profiter du pouvoir de l’eau en prenant une douche chaude durant les fortes contractions. Notre bébé, pourtant encore bien haut et pas engagé au début du travail, est descendu et s’est engagé dans mon bassin (que l’on supposait pourtant encore si étroit par rapport au poids de mon enfant…). Mon col s’est ouvert de façon régulière et Simon est né… Tout simplement…

Dommage que l’on ait percé la poche des eaux (avec mon consentement cela dit…), dommage pour la position gynécologique (tellement inconfortable et gênante voire humiliante!) que  je n’avais bien sûr pas choisie… Dommage pour l’épisiotomie (dont je n’ai pas été prévenue avant!!) si douloureuse à cicatriser, dommage de ne n’avoir pas pu pousser alors que mon corps me l’imposait si clairement… et d’avoir dû pousser au moment où d’autres décidaient pour moi…

Mais quel chemin, quelle ambiance différente de la première naissance que nous avions vécue! Quel bonheur et quelle joie d’être « récompensés » d’avoir eu confiance en nous!!! …

C’est un sentiment très fort en tant que maman de pouvoir retrouver cette confiance en son corps qui avait été si vite détruite…

Lorsque j’ai eu mon petit bonhomme dans les bras et que j’ai un peu réalisé que nos choix avaient porté leurs fruits j’ai eu l’envie furieuse de rendre espoir à toutes les mamans ayant vécu une césarienne de façon douloureuse, de leur dire: « Si! Croyez-en vous! Faites-vous confiance! A vous et votre enfant à naître… » On peut vivre une naissance heureuse même après un vécu difficile et même si tous les souhaits ne sont pas « assouvis ». Je sais aussi que si j’avais dû, à nouveau, vivre une césarienne, elle m’aurait été beaucoup plus douce que la première car nous avions préparé cette naissance sous les différents angles. Et notre projet nous aidait dans ce sens.

J’avais donc envie de partager cette joie si intense! J’ai eu envie d’accompagner les futures-mamans, les futurs-parents… Comme un hommage à leur rendre. Et j’ai décidé de devenir doula…

Beaucoup de lectures, de vidéos et de rencontres exceptionnelles, l’écoute de mamans de mon entourage, ou croisées par hasard, la chance d’avoir pu suivre une formation d’accompagnante à la naissance au Québec, mes questionnements à des professionnels et des (futurs-) parents, et le prolongement de mes propres réflexions personnelles m’ont poussée toujours plus loin sur cette route que je poursuis encore…

C’est pour ma 3ème grossesse, informée alors que l’on pouvait être suivie uniquement par une sage-femme pour une grossesse se présentant « normalement », que ce choix est devenu une évidence! Avec le projet d’un accouchement en maison de naissance. …Mais il me reste à ce moment là l’épine qu’un AVAC (Accouchement Vaginal Après une Césarienne), même avec un accouchement par voie basse déjà réussi entre les deux, reste un AVAC… Il m’a donc fallu chercher un peu pour trouver une sage-femme qui soit d’accord et à l’aise de me suivre durant ma grossesse mais aussi l’accouchement en maison de naissance.

Ce choix de départ nous a permis d’expliquer les raisons pour lesquelles nous nous tournions vers elle et elle de comprendre cela, de cibler nos besoins et ainsi nous guider au mieux.

Nous avons alors vécu un suivi de grossesse tout particulièrement respectueux, en étant informés clairement concernant les choix que nous avions à faire et ce que cela impliquait ou non. Avec beaucoup de bienveillance, elle a été présente et nous a accompagnés jusqu’à la fin de notre grossesse… et après! Nous avons fait connaissance et beaucoup discuté. C’est important et tellement plus agréable de partager réellement des moments ensemble, de créer une relation de confiance, avec la personne qui sera sans doute présente lors de la naissance de son enfant!

Au fil des mois, notre choix s’est plutôt orienté vers l’accouchement à domicile et nous avons préparé cela ensemble. Nous, en réalisant à nouveau un projet de naissance, « notre » sage-femme en prenant connaissance de celui-ci, et chacun de nous en tenant compte des attentes, besoins et « conditions » de tous. Un accouchement à domicile, ne s’improvise pas et l’on ne sait, finalement, qu’au tout dernier moment, si celui-ci se déroulera en effet à domicile ou non.

Le 29 novembre 2011, notre sage-femme est en France pour accompagner une autre maman qui doit elle aussi accoucher à ce moment… C’est alors sa collègue, qui travaille dans la même optique et que nous avons également rencontrée avant la fin de la grossesse, que nous appelons pour nous accompagner car j’ai perdu les eaux durant la nuit. Le travail s’est mis en route, les contractions sont déjà fortes et augmentent encore.

Lorsqu’elle arrive, le travail est bien avancé… Ma sœur et la marraine de notre bébé à naître sont présentes chez nous pour s’occuper de nos grands qui n’iront pas à l’école aujourd’hui… jour tout spécial pour chacun de nous. Nous sommes en confiance, tout se passe bien et est bien organisé… Une petite heure plus tard, tendrement accompagnée par mon homme qui me soutient depuis le début et sous l’œil bienveillant mais discret de la sage-femme, notre petite Fanny naît dans, notre chambre, tout en douceur… Pour notre plus grand BONHEUR!!!! …

Pas de « dommage pour ceci, pour cela… », à l’exception peut-être que la sage-femme qui nous accompagnait depuis le début n’ait pas été là… Mais comme nous étions préparés et nous étions rencontrés avant, tout s’est vraiment bien déroulé et dans une relation de confiance.

Pas de péridurale, pas d’épisiotomie, pas de position gynécologique ni de poussée imposée, pas besoin « d’exclure » les enfants, ils sont là, dans la maison, pas loin de nous. Pas de gestes invasifs, pas un nombre incalculable de va et vient de personnes entrant dans ma chambre sans demander s’ils ne dérangent pas, …

Juste…Respect, Soutien, Tendresse et Douceur, Confiance, Bienveillance, Simplicité… et un Bonheur infini à partager de rencontrer notre enfant dont nous ne connaissions pas le sexe, une petite fille, Fanny, venue agrandir notre famille…

MERCI…

Chemin de naissances, chemin de vie,… Ensemble et avec chacun de nos enfants nous grandissons, nous apprenons, nous nous éveillons. Laissons-les nous guider… en confiance…

Anonyme – voie basse après césarienne – 2011

19 Fév

Mon accouchement voie basse après césarienne en 2011
La fin de grossesse commençait vraiment à me peser. Pourtant, j’étais encore à une dizaine de jours du terme. J’avais donc commencé en plus des tisanes de framboisier, à prendre des gélules d’huile d’onagre.
J’étais dans l’attente du début de travail surtout que j’avais des contractions de préparation (du « faux travail ») depuis une semaine. J’espérais toujours que mon fiston se déciderait pour arriver un weekend pour que son papa soit là.
Donc, le vendredi j’étais ravie d’avoir pas mal de contractions, mais comme le weekend précédent, elles se sont nettement calmées le samedi. Encore un coup pour rien…
Pourtant le samedi dans la soirée, elles reviennent avec une intensité nouvelle. Elles me serrent vraiment très fort le bas du ventre. Je ne m’emballe pas et j’attends toujours que ça se régularise parce que ça reste très anarchique.
Le dimanche midi, j’en suis toujours au même point. Mon mari reprend le train. L’après-midi passe. En début de soirée, je commence à avoir des contractions plus régulières. Je vais prendre un bain avec mon fils en espérant calmer ce faux travail.
Une fois sortie de l’eau pourtant, elles sont toujours là, mince ! Je surveille l’heure dès que j’ai une contraction, aïe, ça se rapproche en plus ! Dans le doute, je vérifie toutes mes affaires pour la maternité. Puis au bout d’1h30 de contractions tous les quart d’heure, je vais reprendre un bain. Il faut que je sois sûre de moi. Là, non seulement ça ne se calme pas, mais ça paraît s’accélérer. Je suis déjà à une contraction toutes les 5 min ! Au bout d’une heure, après avoir beaucoup tergiversé, je me décide : il faut aller à la maternité. J’ai peur parce que ça va trop vite et que je ne peux pas gérer un début de travail seule à la maison avec mon fils (pourtant endormi dans le canapé). Il est déjà tard, 23h à peu près et je préfère partir maintenant que de devoir réveiller tout le monde plus tard dans la nuit.
Je préviens ma doula, on en discute, je suis toujours décidée à aller à la maternité. Je réussis à avoir l’amie qui doit me garder mon fils (elle rentre à peine de weekend). Tout le monde doit arriver dans moins d’une demi-heure.
Je ne préviens pas encore mon mari (il m’a envoyé un sms à 22h30 pour me dire qu’il était bien arrivé à Strasbourg), je veux être sûre que c’est bien le début du travail pour éviter qu’il ne s’inquiète pour rien.
Tout le monde arrive, on met mon fils endormi dans la voiture, il se réveille un peu, je lui fais un câlin et lui explique la situation. Il commence à pleurer, donc mon amie se dépêche de partir. La seconde voiture est chargée, on se met en route.
Sur le trajet de 35 min, les contractions s’espacent (j’en ai à peine 3 ou 4). Je préviens, non sans mal, la maternité de mon arrivée par téléphone. Dans la voiture, on discute et on plaisante. J’indique la route à la conductrice (on est quatre avec le fils de ma doula).
Une fois arrivés, après une bonne contraction qui me plie en deux devant l’accueil de la maternité, nous sommes accueillies par une SF très gentille, que je n’ai encore jamais rencontré. Elle me dit qu’elle a commencé à lire mon PDN après mon appel et me propose de m’examiner. Je suis dilatée à 1 cm et mon col est raccourci. Elle m’emmène faire un monito. Elle me propose un ballon pour m’installer. Je suis super bien assise dessus pour gérer les contractions. La SF revient assez vite, elle a fini de consulter mon dossier. Elle va aussi me poser une perfusion d’antibios comme je suis porteuse du streptocoque B. Elle me dit qu’il vaut mieux que je reste à la maternité du coup. Ma doula va donc installer toutes mes affaires dans une chambre.
J’ai toujours des contractions toutes les 5 min, mais je suis bien sur mon ballon à faire tourner mon bassin. La maternité est calme cette nuit-là. Je suis zen. J’attends ce moment depuis longtemps, je suis centrée sur moi. Je fais les sons graves que j’ai appris en chant prénatal pour accompagner chaque contraction. C’est très efficace.
Nous partons ensuite nous installer dans ma chambre. On propose un lit d’appoint à ma doula. J’ai emmené le gros ballon avec moi (mon meilleur ami pour cette longue nuit).
Il est 1h30, j’appelle (et je réveille) mon mari. Il me dit qu’il va prendre le premier train pour revenir. J’envoie un sms à mes parents dans la foulée.
La nuit passe doucement. Je prends des douches bien chaudes, je bois de la tisane, je me suspends au lit avec un rebozo. On discute avec Aurore, elle prend quelques photos. Je ne vois pas le temps passer, je suis entièrement concentrée sur le moment présent. De temps en temps quand même je demande l’heure à ma doula. Et si pour moi, le temps est arrêté, l’horloge continue à tourner. J’ai un nouveau monito/ perfusion au milieu de la nuit. Mon bébé bouge et le capteur n’arrête pas de perdre son coeur. Le col est dilaté à 2 cm, tout va bien.
Je commence à être très crispée dans le bas du dos. Chaque contraction entretiens cette douleur. Aurore me masse le dos longuement. Je suis toujours sur mon ballon.
Vers 6h, je me décide à aller prendre un bain. L’eau chaude me relaxe, j’arrive presque à somnoler. Mais les contractions sont difficilement supportables allongée. Je reste quand même un long moment dans la baignoire.
Je retourne dans ma chambre, réveille Aurore qui s’était assoupie. On ouvre le volet de la chambre, l’aube point à peine. J’ai moins mal au dos, je me sens mieux.
J’ai encore droit à un ou plusieurs monitos (?). On m’en refait un notamment parce que bébé bouge beaucoup et que le temps de surveillance de son coeur est trop court. Je refuse un toucher vaginal. Je suis sûre que ça n’a pas ou peu progressé et je ne veux pas me décourager. On me remet aussi la perfusion. Qui ne passe pas… Ca traîne en longueur (normalement 10 min, là, je reste plus d’une heure avec la perf). On rappelle la SF, qui envoie l’étudiante, parce que débordée. La pauvre galère… Je me retrouve avec le pantalon de pyjama mouillé par une poche d’antibios tombé par terre… Je commence à avoir du mal à gérer les contractions sur le ballon, je reste debout.
Lorsque je suis enfin libérée du monito et de la perfusion, j’ai très mal et je perds pied à chaque contraction.
Je suis seule à présent. Mon fils est là à l’hôpital en train de manger avec ma doula et une amie. Je suis complètement dépassée par la douleur. A chaque contraction, je me dis que je n’en supporterai pas plus et je rêve de la péridurale. Je me plie en deux en m’accrochant au lit ou au lavabo et je hurle. Dès que c’est passé, je retrouve un peu mes esprits et me résous à attendre encore.
J’appelle finalement une SF, je n’en peux plus. Elle m’examine, je suis à 4 cm. J’abdique, je veux qu’on me pose la péridurale. J’ai dépassé le cap fatidique des 3 cm. C’est une espèce de renoncement pour moi, je laisse l’équipe médicale me prendre en charge, je perds la maîtrise de la situation.
Mais, je veux voir mon fils avant d’aller en salle de travail. Dès que j’y serai, je ne pourrai plus le voir. J’essaie de joindre ma doula avec difficultés, mais elle revient enfin avec mon fiston. Il n’est pas spécialement enthousiaste de me retrouver, plutôt intrigué. Je lui fais un gros bisous, avant d’avoir une nouvelle contraction. J’ai de nouveau très mal dans le bas du dos.
Je pars en salle de travail. Je mets la blouse de la maternité (au moins celle-ci est en tissus et pas en papier comme pour mon premier accouchement). Ma doula m’amène ma musique, mon appareil photo. La SF appelle l’anesthésiste. Le temps me paraît bien long en l’attendant.
Il arrive finalement, exige un infirmier anesthésiste pour l’aider. On doit donc encore attendre. Et enfin, ils commencent à tout préparer pour poser la péridurale.
Là, je dois dire, ça a été très dur pour moi. Dès que l’anesthésiste essayait de prendre ses repères (et donc appuyait sur mon dos avec ses doigts), j’avais terriblement mal. C’était plus fort que les contractions, c’était insoutenable. Du coup, je me crispais et l’anesthésiste râlait parce que bien sûr, il ne pouvait rien faire. La SF en face de moi, me parlait, essayait de m’aider à me calmer, mais rien n’y faisait. J’essayais de prendre sur moi, d’arrondir mon dos, mais c’était plus fort que tout cette douleur dès qu’il me touchait. Je pleurais à chaudes larmes, j’avais trop mal. Je commençais même à me dire qu’il allait finir par repartir sans me poser la péridurale.
Finalement l’infirmier m’a prise dans ses bras en me maintenant. Je me suis cramponnée à ses bras de toutes mes forces. Et enfin, la péridurale a pu être posée.
J’étais bouleversée, mais soulagée que ce soit fini. Je me suis excusée auprès de l’infirmier de lui avoir fait mal, qui m’a répondu avec le sourire, qu’il avait l’habitude puisqu’il avait accompagnée sa femme lors de ses 4 accouchements.
J’attends impatiemment que le produit fasse effet. Je subis encore 4 ou 5 contractions. Puis, ça se calme enfin. Je suis maintenant branchée de partout (tensiomètre, monito, perfusion…), allongée sous de grosses couvertures polaires, mais je n’ai plus mal. On M’a enfin posé un nouveau cathéter pour la perfusion, ça marche bien mieux. Je sens encore les contractions, ce qui me rassure. La SF me perce la poche des eaux pour aider le travail à continuer sa progression. Elle me parle aussi d’un appareil de mesure qu’elle a l’intention de mettre sur mon col (?). Je pose des questions, ça m’inquiète un peu (surtout l’appareil de mesure), mais je n’ai plus l’envie/le courage de contester l’utilité de ses gestes.
Un homme « inconnu » entre dans la salle de travail : « Bonjour, je suis le Dr …, je viens me présenter, je suis le gynéco de garde. Tout se passe bien ? Vous en êtes où ? 4 cm ? C’est bien, la dernière fois le travail s’était arrêté à 3, n’est-ce pas ? Super, bonne continuation alors ! » On s’est regardé avec Aurore. Ouf, ce n’est pas la gynéco que j’ai vu à mon dernier RDV. Et en plus, il a l’air cool et confiant.
On me laisse un peu tranquille et je me repose allongée sur le côté. J’écoute ma musique, mon CD préféré je crois bien. Je suis un peu seule, je somnole.
Mon mari, enfin revenu, vient me voir en début d’après-midi. Je suis très émue de le retrouver. Je suis aussi très déçue. Je n’ai plus de contractions du tout. Je lui explique donc que je suis très heureuse de tout cette nuit de contractions et que peu importe maintenant la façon dont ça finira. Il ne comprend pas trop mon défaitisme. Je lui dis alors que je n’ai plus aucune contraction depuis un long moment.
« Ben, si je les vois sur le monito ! »
Incrédule, je regarde avec lui. En effet, j’ai toujours des bonnes contractions, elles se sont même encore rapprochées. Je suis soulagée, tout va encore bien. Je peux continuer d’y croire. Je félicite mon pitchoune qui appuie fort sur mon col et qui fait tout pour sortir « du bon côté ».
Nouvel examen, je suis à 5 cm. Ca me conforte encore plus. La SF ne me parle plus de l’appareil de mesure interne des contractions, tant mieux. Je commence à ravoir des douleurs du côté droit (dans la hanche, puis la cuisse). Mon mari me conseille de me retourner. L’anesthésiste repasse justement un peu plus tard et confirme que se mettre sur l’autre côté aidera le produit anesthésiant à se diffuser partout. Effectivement, ça marche bien.
La fin d’après-midi est là. On commence à se poser des questions d’organisation. Qui reste avec moi pour la fin de l’accouchement ? Qui s’occupera de mon fils pour la soirée et la nuit ?
Je ne veux pas imposer à mon mari de rester (je suis heureuse et soulagée de l’avoir vu avant d’accoucher) et j’ai aimé l’accompagnement d’Aurore jusqu’à présent. J’en parle avec lui. Il a envie de rentrer avec son fils. Il est fatigué et se sent inutile près de moi. Il préfère me confier à Aurore. Nous sommes donc d’accord. Il m’offre la soirée en tête-à-tête avec le bébé, lui qui a eu les premiers instants de notre aîné. Il reviendra le lendemain matin avec notre fils.
J’ai de nouveau mal au dos et un peu dans le ventre à chaque contraction. Nouvel examen et fausse joie : dilatation complète, euh, non, en fait, mais ça avance, donc tout va bien.
Par contre, elle me dit que le bébé regarde vers le ciel (il n’a pas fléchi la nuque, donc, ce sera plus dur pour lui de sortir). Elle me parle d’injecter des hormones (?) pour l’aider à bouger. Je lui demande si je ne peux pas commencer par me mettre à 4 pattes pour qu’il ait la place de bien se positionner. Elle est d’accord et m’aide à bouger. Je parle à mon bébé et lui explique qu’il devrait fléchir la nuque pour faciliter sa sortie.
Je commence à avoir presque aussi mal que lorsque j’ai demandé la péri. Je recommence donc à crier (hurler ?). Je me fatigue, le répit entre les contractions est trop court pour récupérer. Je pleure, je suis désespérée. On appelle la SF. Nouvel examen, c’est presque la fin. On parle de l’utilité ou non de remettre une dose d’anesthésiant. On décide d’attendre un peu. Mais je n’en peux plus. L’anesthésiste (un autre plus sympa) me fait finalement un « bolus ». Je peux enfin arrêter de crier.
Nouveau toucher vaginal, ça y est : dilatation complète !!
La SF me dit : « Vous allez pouvoir commencer à pousser, dans 2 h, votre bébé sera là ! »
Elles ramènent le nécessaire pour le bébé, démonte le bas de la table pour la poussée.
Je suis assommée (encore/seulement 2 h ?!). Je me remets à pleurer, de soulagement cette fois. Je sens la tête de mon bébé qui descend et pousse. Je suis dans un état second, je pousse de toutes mes forces (c’est une poussée dirigée, j’ai les jambes sur les étriers). J’entend les encouragements de la SF et d’Aurore. Je ne sens plus la douleur des contractions. Je dis plusieurs fois : « Il est là ! » d’une voix incrédule et étonnée, lorsque je sens sa tête pousser. Lorsque la SF et la puéricultrice me disent qu’elle voit ses cheveux, je touche son crâne pour constater qu’en effet il est presque là.
La SF commence à m’expliquer qu’elle va faire une épisiotomie. Et là, je m’entends répondre simplement : « Non. » Une autre personne parle de vaseline. Ok, on tente d’en badigeonner mon vagin pour faciliter la sortie. (Je n’ai finalement eu que quelques point pour une toute petite déchirure.)
Et quelques poussées plus tard, on me dit de pousser encore une fois pour sortir les épaules. On me donne enfin un petit bébé tout blanc (de vernix?). Je pleure de plus belle. Nous avons réussi ensemble. Je l’aime de toutes mes forces ce petit « warrior ». Il est calme, il ne pleure pas. Je l’embrasse, le sens, me remplis de lui.

Anonyme

Lien vers 1er accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/02/19/128-anonyme-finistere-2009/

#05 Sandra – 2009

28 Jan

Bonjour,

Je m’appelle Sandra j’ai 27 ans et deux enfants.

je veux vous raconter mon premier « accouchement ».

Tout a commencé le 18 avril 2009 à 4h du matin avec les premières contractions, déjà bien douloureuses et espacées tout de suite de 5 minutes !

vers 12/13h on décide de partir pour la maternité.

Les souvenirs restent vagues, mais la journée s’est passée, elle fut longue, vers 22h, ils demandent si je souhaite la péri ou non, je leur dis que je veux attendre car je ne sais pas pourquoi mais ma hantise c’est qu’elle ne fonctionne plus au moment de l’expulsion.

Vers 23h je n’en peux plus et la demande.

J’avais vraiment peur de cette grosse piqûre et faire le dos rond avec un gros bidou et 35 kg en plus ce n’est vraiment pas facile, la sage-femme me sort sèchement « et bin dis donc heureusement que l’anesthésiste est gentil, ça aurait été un autre, vous ne l’auriez pas eu !!! » :0

Bref la péri posé, maintenant on attend, mon col s’ouvre vraiment doucement. La nuit passe et la travail avance, on me demande de me mettre sur le côté pour faciliter la descente de mon fils, mais il n’apprécie pas et son petit cœur ralenti donc je me remets sur le dos.

Aux alentours de 8h45, mon gynéco prend sa garde et viens me voir, et là, ça chuchote, des messes basses.

Le gynéco me dit « ça ne passera jamais, on vous fait une césarienne » !!!

A ce moment là, tout s’accélère, je suis entre deux, soulagée peut-être parce que j’en ai marre, je suis fatiguée et aussi parce que je me dis que je n’arriverai sûrement à sortir mon bébé naturellement, que je ne sais pas comment faire.

Mais j’ai aussi très peur et je suis très frustrée d’en être arrivée à dilatation complète « pour rien ».

J’arrive au bloc, une pièce horrible , froide pas accueillante pour un sou pour l’arrivée de mon petit bébé d’amour !

On m’attache les bras et l’OPERATION commence.

Là, ce fut les plus horribles minutes de ma vie, je ne pensais pas qu’une telle douleur pouvait exister, je sens tout, la péri ne fonctionne plus : le bistouri, les écarteur, je les sens me farfouiner dans le ventre..

je hurle, je leur dis que j’ai trop mal qu’il faut arrêter, là, l’infirmière anesthésiste me dit que c’est normal de sentir mais que je n’ai pas mal !!

Je me débats, ils finissent par me faire une anesthésie générale après d’interminables minutes de souffrance…

Mon amour de bébé Noann naîtra à 9h23 le 19 avril 2009 il pèse 3,540 et 49 cm.

Je suis endormis, on me monte en salle de réveil, et là j’entends parler mais je ne peux pas réagir, j’entends une femme dire « et bin dis donc elle a craqué de partout celle là » 😦

Je finis par me réveiller avec bcp de stimulations aux alentours de 13h, je pleure, je ne sais pas ce qu’il m’arrive et je me demande ce que je fais là !

On me dit qu’on va m’amener mon fils ! mon fils ??? quel fils ? je n’ai pas accouché, ce n’est pas le mien, je ne veux pas le voir !!!

Finalement ils me l’apporteront et là je tombe amoureuse pour la 2ème fois de ma vie ❤

j’ai mis 1 an et demi à me remettre psychologiquement de cette naissance, pour mon fils, ça été très dur aussi, moi je n’étais pas bien donc lui non plus !

je pensais ne plus pleurer en repensant à ce jour et à cette « accouchement » mais en écrivant les larmes me montent…

Heureusement j’ai connu par la suite j’ai tout l’inverse avec la naissance de ma fille Yaëlle le 15 mai 2012, ce fût le jour le plus magique ! un accouchement par voie basse comme tout le monde en rêverait (mise à part la déchirure lol)