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#338 La naissance prématurée de Y. et N.

4 Fév

Après avoir vu des amies se lancer  pour contribuer a votre défi à mon tour…voici la naissance de mes filles, arrivées trop tôt a 32sa suite a une pré éclampsie. j’ai écrit ce texte il y a un moment déjà, elles ont aujourd’hui 1 an et sont en pleine forme mais leur naissance restera un jour si particulier dans nos vies….Je ne sais pas trop si ce témoignage pourra vous aider, malheureusement en cas de naissance prématuré des choix….il y en a peu à faire…..heureusement nous avons eu le chance de croiser la route de quelques SF, de puéricultrices, d’aide soignantes pleine de douceur et de bienveillance dont je garde un souvenir encore très fort aujourd’hui. Merci à eux d’avoir été un soutien si important quand dans les yeux des autres je me sentais tant jugée et si peu.

Avoir l’impression que « tout ça » c’était réglé, bien rangé au rang des souvenirs désagréables, que j’étais en paix avec ce morceau de grossesse qu’il me manque, cette césarienne, leur naissance si violente et la prématurité…mais non..
Avoir l’impression que tout ça remonte d’un coup, comme un tsunami, cette force si violente qui écrase tout sur son passage…
« Replonger » dans cette naissance et avoir l’impression qu’on a eu chaud…relire les compte rendu de leur arrivée dans ce monde… mon mari m’a parlé de son arrivée en néonat pour voir les filles, je pensais pas que ça avait été si mouvementé…j’avais pas compris, pas vu pas voulu voir,je sais pas, peut être un mécanisme inconscient de protection
Avoir l’impression de pas avancer car quand j’essaye d’en parler on me dit « arrêtes de ressasser, tes filles sont là elles vont bien c’est l’essentiel, oublies tout ça c’est du passé », oui c’est vrai tout ça c’est dernière nous, j’ai essayé d’oublier, d’enfouir loin loin ces moments mais apparemment pas assez….

alors écrire

il est 2h du matin j’ai du mal a respirer, ça fait 3 semaines maintenant qu’on nous surveille comme du lait sur le feu…des protéines dans les urines, une maman qui rivalise avec le bibendum michelin tellement elle a de l’oedeme, des prises de sang pas normales…Je suis hospitalisée depuis quelques jours, je sens que ça va plus tarder, dejà plusieurs fausses alertes, plusieurs fois les SF qui viennent en me demandant si mon mari travaille jusqu’à tard, si j’ai déjà été rasé pour la césarienne.les injections de celestene sont faites…Les gynécos sont un peu perdus…tableau de pré-éclampsie, helpp syndrome mais sans l’hypertension….mais là je sais que c’est pour bientôt, je n’urine plus depuis plus de 18h malgré la sonde , j’ai mal a la poitrine, j’ai eu le droit a une echo cardiaque verdict oedeme autour du cœur, trop d’eau dans ce corps qui n’évacue plus alors on déconne plus ce sera pour dans quelques heures, on a grappillé tout ce qu’on a pu avec des pds toutes les 6h pour s’assurer que ça ne s’aggrave pas trop là on a atteint la limite pour moi…32 sa tout pile….c’est peu, si peu…comment ça va se passer? qu’est ce qu’il nous attend?avec mon homme on ne dormira plus maintenant, on réfléchit, on écoute de la musique la nuit est calme, on pleure un peu on a un peu peur…dans quelques heures on sera parents, elles seront là….pourvu que tout aille bien. quelques photos, les dernières de ce ventre plein et l’attente…

8 janvier

Il y à déjà deux césa en urgence au bloc on attend, le SF vient me passer un produit pour la maturation neurologique et me donner la prémédication, le produit a de drôle d’effet secondaire couplé aux calmants, me voilà qui perd pieds et en pleine crise d’angoisse, il faut y aller, écourter cette attente.

Le bloc…alors c’est ici qu’elles verront le jour, leurs premiers regard…bof il fait froid, c’est tout métallique, trop éclairé,, pas comme j’imaginais leur arrivée. Je reconnais la sf, elle s’était occupé de moi au service de suivi des grossesse patho, elle a un caractère fort ça me plait. Un dernier coup de monito et le galop de vos cœurs réchauffent la pièce. Aujourd’hui c’était le jour de l’écho du 3eme trimestre, je vous verrais en vrai..L’anesthésiste me demande de m’installer pour la péri, ce que j’aurais voulu éviter si j’avais pu les emmener plus loin et leur offrir une vraie naissance.je m’installe et j’essaye de faire le dos rond des les aider, la sf m’encourage mais rien à faire ils n’y arrivent pas, déjà une demi heure qu’ils y sont je me sens mal j’ai froid, j’ai peur je suggère à la sf qu’on recommence demain là j’en ai marre, j’ai la tête qui tourne et l’anesthésiste ne veut pas que je m’allonge, la sf me retient comme elle peut, me rassure me donne la main, j’aimerai tellement que mon homme soit là..Une dizaine d’essais, quelques larmes plus tard enfin c’est posé…mon mari rentre enfin tout habillé en bleu….il est d’un calme (il m’avouera plus tard que c’était que l’air, dedans c’était le panique!), il me caresse le visage, je lui prendrais bien la main mais je suis attachée…
On me badigeonne le ventre « mais héhéhé stop je sens tout là!!! » quelqu’un me répondra « c’est normal vous allez sentir sans souffrir » et c’est parti..ah oui je sens mais ça fait pas mal…c’est étrange. J’entends un « olala mais c’est quoi, vous avez beaucoup d’endométriose madame, ça va nous compliquer la tache… ». Je sens leur mains qui fouillent dans mon ventre, ça sent le cramé, plein de drôles de bruits, ils aspirent le liquide et j’entends « attention voilà une tête » et quelques secondes après un cri…si petit si aigu mais si puissant, ma N. ma toute petite te voilà, « bienvenue mon amour »,….mon homme pleure il est submergé, N. pleure quel soulagement, je la vois dans les bras de la SF, pas si petite je trouve, un petit passage auprès des pédiatres et on me l’approche du visage..je la sens, l’embrasse, me frotte le visage contre elle , c’est animal…Il faut vite l’emmener pour les soins. « Ah voilà une paire de fesse » et un second cri, Y. te voilà ma douce « bienvenue ma puce ». elle pleure moins je ne la vois que rapidement, elle est prise en charge vite par l’équipe de pédiatrie, ça y est…elles sont là….on nous annonce les poids, 1670 grammes et 1620 grammes, bravo mes amours!! Il faut maintenant prendre soin de vous, voie centrale, intubation, ventilation..que de douleurs et de violences pour vos premiers instants de vie…excusez moi….
Je lâche prise. Mon mari me câline le visage ,nous pleurons en espérant que tout va bien….et d’un coup j’ai mal je hurle, la SF prévient vite l’anesthésiste que je bouge les jambes, il faut réinjecter du produit vite, j’ai si mal….l’anesthésiste me pose un masque et me demande de respirer profondément je sens que je m’endors, je n’arrive plus a parler j’ai la sensation d’étouffer, et ces mains qui tirent, appuient…vite que ça se termine, ça fait mal,ça me semble long, j’arrive plus a parler (mon mai m’a raconté que je grognais) mais j’entends, tout le monde s’agite, je saigne beaucoup, ma tension descend, ils ont beaucoup de mal a replacer l’utérus dans le ventre, l’endométriose gêne beaucoup,ils prennent beaucoup de précautions mais j’entends que c’est compliqué. je ne sais pas trop quand mon mari sort, on m’agrafe et on m’emmène en salle de réveil,Je suis complètement amorphe, je saigne encore pas mal, je n’ai qu’une hâte voir mes bébés, comment vont elles? où sont elles? elles sont nées a 11h57 et 11h58 je ne les verrais qu’a 18h30.
Les suites de couche furent très douloureuses, une grosse anémie m’a beaucoup fatiguée , je suis encore très surveillée mais mon corps se remet en route. Le besoin d’être près de mes trésors m’a fait me lever et reprendre le dessus. Mes trésors, lovées dans leur cocon de tissu à l’étage du dessus, entourées de fils et de tuyaux dans leurs couveuses.J’ai pu prendre N. dans mes bras le lendemain et Y. le 10 (à cause de l’intubation ça n’était pas possible avant). Elles sont parfaites, leur peau est si douce, toute chaude, elles ne sont pas si petites, ne nous impressionnent pas. Mon mari a pris plein de photo que je regarde en boucle dans ma chambre, les premiers jours je ne reste pas très longtemps en réa mais plus les jours passent moins je suis dans ma chambre. Elles évoluent bien, ce sont des battantes, elles ont une telle force de vie qu’elles nous imposent un respect et une admiration profonde….Mes filles….l’histoire de la néonat , les joies, les peurs, c’est une autre histoire que je n’ai pas encore la force de coucher sur le papier, pas aujourd’hui en tout cas, les longues heures a pleurer auprès des couveuse dans le silence feutré de ce service, à m’excuser auprès de ces bébés de ne pas avoir pu les emmener plus loin, de pas avoir réussi a leur offrir la chaleur de mon giron plus longtemps sont encore trop présentes dans mon esprit. Notre allaitement trop court reste aussi douloureux, celles qui ont fait la triste expérience de la néonat comprendront, le tire lait 8  à 10 fois par jour, les sondes gastriques, les 3h entre chaque tétées à respecter, les 1001 conseils contradictoires, les chiffres, les doubles pesées…..j’ai donné tout ce que j’ai pu malgré des douleurs très fortes pendant les tétées….on me disait c’est normal ça va passer….et ça ne passait pas….j’ai baissé les bras. J’ai tenu 2 mois, 2 tout petit mois…plus tard j’ai appris que ces douleurs (comme un millier d’aiguilles qui cherchent a sortir du sein, une brûlure qui irradie jusque dans l’épaule) n’étaient en fait pas normal….candidose des canaux lactifères…..apparemment un traitement aurai suffit et nous avions tous les symptômes (moi les douleurs, mes filles les mycoses) mais personne n’a su, n’a vu. Je n’ai pas trouvé la force de tenter une relactation.  Je leur donne leur biberon avec autant d’amour que mon propre lait mais je garde un gout amer de ces « ce n’est rien c’est normal ça va passer…. ». Manque d’information? manque d’écoute? Trop de travail (il n’y avait qu’une conseillère en lactation pour toute la néonat)? Je n’en sais rien mais j’aurais souhaité autre chose. On se sent déjà si peu face aux équipes soignantes, cet allaitement était la seule chose que seul moi pouvais leur donner j’y tenais beaucoup, j’aurais réussi un peu mais pas assez.

voilà

Après tout ça l’impression de n’avoir qu’une certitude : l’amour inconditionnel que je porte a ces deux êtres, mes filles, Y. et N., mon oxygène, mon énergie…je ne regrette rien de la galère parcouru pour qu’elles viennent se nicher en moi, ça en valait la peine

Elles ont déjà 3 mois…

Elles me sourient….

#337 Un accouchement en siège et un accouchement inopiné

2 Fév

Premier accouchement :

Mercredi (40sa + 4) : rdv dépassement de terme. Le col n’a pas bougé depuis 2 mois, il est toujours mou et ouvert à 2. Mon bébé est toujours en siège décomplété mais est bien positionné pour un accouchement par voie basse donc la voie basse est toujours ok mais la césarienne est programmée pour lundi prochain. Mon bébé n’a plus que quelques jours pour arriver tout seul. La sage-femme qui m’examine décide de tenter un décollement des membranes. Cela me fait mal donc elle arrête et a l’impression qu’elle n’a pas fait grand-chose.
Toute l’après-midi, j’ai des douleurs dans le ventre. Rien de vraiment violent mais c’est désagréable.

Jeudi : à 3h du matin, je suis réveillée par une contraction. Jusqu’à présent mes contractions n’étaient jamais douloureuses mais là elles le sont même si ça reste supportable. Comme je veux être sûre de ne pas aller à la maternité pour rien, je regarde l’heure et le temps entre chaque contraction. Elles sont espacées de 7 à 10 minutes et pas régulières mais j’ai l’impression qu’elles se rapprochent toutes les 5 minutes et que la douleur augmente. Je dois m’asseoir dans le lit pour mieux les supporter. Vers 4h30, je me lève et vais prendre du spasfon. Les contractions se rapprochent encore et sont toutes les 3 à 5 minutes au moment où mon mari se réveille et me demande pourquoi je souffle comme ça dans le lit. Il est 5h30. J’étais prête à le réveiller donc je lui réponds : il faut que tu m’amènes à la maternité.
Là, je décide malgré tout de prendre une douche rapide pour me sentir mieux. Mon mari s’habille et grignote un truc en vitesse. On arrive vers 6h30 à la maternité. On m’examine : mon col est ouvert à 3 donc les contractions sont efficaces. On m’installe en salle d’accouchement et on me demande si je veux la péri. Les contractions sont douloureuses et cela me rassure moi et le personnel d’en avoir une donc je dis oui. En attendant, je m’assoie sur le lit en bougeant le bassin pour me soulager à chaque contraction. On me pose la péri et 5 minutes après, je sens un liquide chaud couler entre mes jambes. La poche des eaux vient de se percer. Le liquide est clair donc tout va bien.
Le dosage de la péri n’est pas évident car il y a un temps de réaction. J’ai donc appuyé un peu trop sur le bouton pour doser et j’ai commencé à ne plus sentir mes jambes car elles étaient toutes engourdies. Je décide donc de ne plus appuyer sur le bouton tant que je n’ai pas récupéré mes sensations pour la poussée. Pendant ce temps, la sage-femme, l’élève sage-femme et la gynéco viennent examiner la dilatation de mon col toutes les heures. Et je sens une hésitation sur leur visage car ce qu’elles touchent, ce n’est pas les fesses de mon bébé comme pour un siège décomplété mais les pieds de mon bébé qui se présentent en premier. Je me dis que la césarienne va être décidée et finalement la gynéco me demande si je suis toujours motivée pour la voie basse, je lui réponds oui donc la décision est prise : pas de césarienne pour l’instant.

L’accouchement continue tranquillement jusqu’à ce que je sente quelque chose entre mes jambes. Je pense : « non, pas déjà » car il n’y a personne autour de moi à part mon mari. Je sonne pour qu’on vienne m’examiner. C’est normal, les pieds de mon bébé sont en train de sortir. Mon mari peut déjà voir le premier pied. On me propose de les toucher mais je n’ose pas tout de suite. Je les ai touchés ensuite quand les 2 pieds ont été sortis. C’est une sensation très particulière sachant que mon bébé est encore dans le ventre. Il a dû s’écouler environ 1 à 2h pendant que les pieds de mon bébé continuaient tranquillement de sortir de mon ventre.
Je ne suis pas encore à dilatation complète mais elle avance bien. Et à chaque fois qu’on m’examine, il y a des pertes marron sur les gants utilisés. Mon bébé est déjà en train d’évacuer son méconium et va même en recouvrir complètement ses 2 pieds.
Les douleurs dans le bas du dos reviennent mais je veux garder toutes mes sensations pour la poussée donc je me concentre pour les supporter le mieux possible malgré ma position allongée sur le dos et mes jambes toutes engourdies.
Enfin on m’examine et je suis à dilatation complète. On me pose les jambes sur les étriers car je ne peux pas le faire moi-même. Tout le monde vient dans la salle : 8 personnes au total (mon mari les a comptés). On m’explique que je dois pousser après avoir bloqué ma respiration quand on me le dira car je ne sens pas bien mes contractions. Le premier essai n’a pas été très concluant. Donc on attend la deuxième contraction. Je ne la sens pas encore arriver mais j’entends la gynéco dire : vous êtes sûrs qu’il n’y a pas de contraction, ça avance tout seul. La poussée qui a suivi a donc été très efficace car j’avais senti que ça avançait à l’intérieur et je savais où pousser. Maintenant je vois ses 2 pieds qui sortent de mon ventre. Ses jambes sont croisées. La troisième contraction s’est faite attendre quelques minutes. Et je recommence à pousser très fort et d’un coup je sens que ça sort d’un coup de mon ventre. La gynéco me dit « on pousse à nouveau » et mon mari me dit : il ne reste plus que la tête à sortir. Je ne voulais pas attendre 5 minutes de plus une nouvelle contraction pour sortir la tête donc j’ai de nouveau poussé de toutes mes forces et la tête et les bras sont sortis très rapidement. Encore une sensation vraiment particulière car avec la péri, je n’avais pas mal (excepté dans le bas du dos) mais j’ai bien senti la tête sortir. La poussée a duré 10 minutes au total (j’ai demandé au personnel après coup). Le personnel était tellement pris dans l’action qu’ils ont oublié de prélever le sang du cordon. Il n’en restait plus beaucoup à prélever quand ils s’en sont rendus compte. (les boulets^^)
Puis j’entends mon bébé pleurer et là on me le pose sur le ventre.
Quelques minutes après, ils veulent faire les premiers soins à mon bébé mais j’insiste pour que mon mari fasse le premier détachement de mon bébé avec moi. C’est donc lui qui a pris notre fille pour lui montrer rapidement le monde dans lequel elle vient tout juste d’arriver puis l’a ensuite tendu au personnel médical. Tout va bien donc on me rend ma fille pour la première tétée en salle d’accouchement. Elle était toute emmaillotée mais mon mari a demandé à ce qu’elle soit en peau à peau avec moi.
Pendant ce temps on me recoud car j’ai eu une petite déchirure donc ils m’ont fait un point.

Tout le personnel m’a félicité pour cet accouchement. J’ai ainsi appris que l’anesthésiste avait été très soulagé quand il a vu la tête sortir…
Pour me transférer dans ma chambre, ma fille est de nouveau emmaillotée et est dans les bras de son papa. Et moi dans un fauteuil roulant car avec la péri, j’ai encore les jambes engourdies même si je peux désormais les bouger moi-même.

Après cette naissance, le séjour à la maternité a malheureusement été catastrophique avec un personnel donnant des informations contradictoires sur l’allaitement, me jugeant sur mes choix, me faisant culpabiliser d’affamer ma fille car j’avais choisi l’allaitement. Le méconium était sorti entièrement en salle de naissance. Il n’a donc pas pu sortir les premiers jours et cela a inquiété le personnel qui considérait une naissance en siège comme une naissance difficile. Je n’étais pas dans la norme des protocoles et cela a clairement posé un problème au personnel qui me l’a bien fait ressentir. Après plusieurs jours à pleurer, ma fille a subitement repris du poids en une nuit de façon miraculeuse (une balance qui ne fonctionne pas correctement, une personne qui ne sait pas s’en servir et un bébé gavé au lait artificiel juste avant sous prétexte que ma fille est affamée, ça fait des miracles…) La sortie de la maternité a été un énorme soulagement. Aujourd’hui encore, je considère ce séjour comme un séjour en prison car j’ai eu l’impression que l’on m’empêchait de sortir pour de faux prétextes. La meilleure preuve est la courbe de poids de ma fille (totalement biaisée).
Deuxième accouchement :
Ca y est, je suis arrivée à 41 semaines d’aménorrhée et je n’ai toujours pas accouché. Plus que quelques jours et je serai déclenchée.
J’ai rendez-vous à 14h30 à la maternité pour un monitoring et une échographie pour s’assurer que tout va bien. Bilan : tout est normal : placenta, quantité de liquide amniotique. J’ai eu un toucher vaginal : le col est encore fermé. J’appelle M. la sage-femme qui a suivi ma grossesse (et avec qui je dois accoucher en plateau technique) alors que je suis encore sur le parking de la maternité (heure de l’appel : 15h55). Je discute avec lui sur comment essayer d’aider l’accouchement (homéo, acupuncture, ostéo). On se revoit dans 2 jours pour le prochain monitoring. Nous rentrons donc chez nous en faisant un détour par la pharmacie pour acheter l’homéo pour ouvrir le col. Je mets le tube dans mon sac en me disant que je le prendrai quand on sera rentrés (je n’aurai finalement pas le temps de m’en servir).
Nous passons récupérer notre fille de 2 ans chez la nounou et nous discutons un peu car la nounou a 4 enfants et elle a aussi connu le dépassement de terme avec monitoring tous les 2 jours. Vers 17h30, nous commençons à nous lever pour rentrer chez nous. En me levant, je sens un peu de liquide couler. Je demande à aller aux toilettes et je vois ma culotte trempée. Je décide d’accélérer le mouvement pour m’assurer que c’est bien du liquide amniotique. Arrivée devant la voiture, ça coule nettement plus le long des jambes. Plus de doute, c’est bien la poche des eaux qui est fissurée. J’attends 5 min devant la voiture que mon mari et notre fille arrivent. Je dis à mon mari de protéger le siège de la voiture, ce qu’il fait avec un plaid de pic-nic. Et en m’asseyant, toute la poche se vide. Ouf, le plaid est bien étanche !
On rentre chez nous (5 min de voiture). Les contractions ont commencé dans la voiture donc à peine rentrés, je rappelle M. pour l’en informer (heure de l’appel : 17h42). Je lui laisse un message sur son répondeur. Puis je vais aux toilettes : mon corps se prépare clairement pour l’accouchement car j’ai du mal à me retenir. Je vais ensuite dans ma chambre et sur mon lit pour gérer au mieux les contractions qui sont finalement assez rapprochées (toutes les 3-4 minutes) mais pas vraiment douloureuses.
17h52 : M. me rappelle. Une autre maman a également rompu la poche des eaux, c’est son 3ème et elle a accouché rapidement pour son 2ème donc il ne sait pas quoi faire. Mon premier accouchement a duré 10h donc nous décidons de refaire le point par téléphone dans 1h sur l’évolution des contractions. Je demande à mon mari d’appeler A. qui doit garder notre fille pendant l’accouchement, ce qu’il fait (heure de l’appel : 18h01). Notre fille a l’air contente car « nounou A. va revenir ». Tant mieux !
Mon mari prépare la chambre pour A., fait un peu de ménage, mets les sacs dans la voiture tout en s’occupant de notre fille. Moi je reste dans la chambre à gérer les contractions. Je sais que je dois me reposer entre chaque alors je cherche une position pendant la contraction et une position de repos entre les contractions. La porte de la chambre est restée ouverte et notre fille peut venir comme elle en a envie. Elle ne comprend pas trop ce qui se passe. Et j’ai droit à des « Maman fait pipi par terre. », « Maman fait pipi dans le lit ». Car à chaque contraction, je perds du liquide. Mais elle n’a pas l’air plus choquée que ça.
L’intensité des contractions augmente et à chaque fois, je cherche la position qui me soulagera le plus. Assise au milieu du lit, penchée vers l’avant au début. Et je me mets à faire des sons graves, ce qui soulage en partie la douleur. Après 2-3 contractions à faire des sons, j’entends ma fille dans la pièce à côté : « ya maman qui fait l’avion ». Une fois la contraction finie, j’éclate de rire jusqu’à la contraction d’après. La douleur arrive à nouveau, je me remets à faire des sons et à me pencher en avant. Les contractions augmentent. Désormais, je n’ai plus le temps de m’allonger entre 2 contractions donc je m’appuie sur le mur de la chambre. De toute façon, tout ça m’épuise et il faut que je me repose même pour 10 secondes. Pour la contraction suivante, je m’assoie sur le bord du lit et m’accroche au lit bébé qui est juste à côté. Lorsque mon point se referme, je sens que ça ne va pas. Donc je prends appui sur le lit en le repoussant, ce qui me convient mieux. Les contractions s’intensifient jusqu’à ce que je ne sache plus dans quelle position me mettre. Je tente de me mettre à 4 pattes, la seule position que je n’ai pas encore testée et j’appelle mon mari qui met sa main sur le bas de mon ventre. Ça me soulage en partie. La contraction se termine et je pose la tête sur le lit car je commence à être épuisée et si ça doit durer un moment, il faut que je me repose. Je me suis même dit qu’avec une douleur pareille, si elle doit se prolonger, je comprends toutes ces femmes qui demandent la péri. Elles doivent être épuisée et n’en peuvent plus de la douleur. Puis une autre contraction arrive et je relève la tête et les bras pour me remettre à 4 pattes. Là, je sens que ça pousse. Je crie pour soulager la douleur et je crie ensuite à mon mari : « Elle arrive, Appelles M. » Fin de la contraction : la tête de mon bébé appuie sur la vulve qui s’est étirée. Je lui touche la tête. Je sens la fatigue revenir d’un coup donc je repose ma tête sur le lit. A la contraction suivante, je me remets à crier pour accompagner la sortie du bébé car ça me soulage. Et le voilà, mon bébé qui vient de naître : elle est posée sur le lit. Mon mari est là, avec elle. Puis je vois A. qui vient d’arriver. Elle s’occupe de notre fille qui a eu peur quand j’ai crié. J’aperçois le téléphone posé à côté de ma tête sur le lit : le médecin du SAMU répond. Car mon mari a appelé, en même temps, M. et les pompiers qui sont donc déjà en route. Puis mon mari me met notre bébé dans les bras et suit les consignes du médecin par téléphone (sécher ma fille et la mettre au chaud). Quand M. rappelle 2 minutes après, c’est donc A. qui va lui répondre et lui expliquer la situation. Puis A. et mon mari nouent le cordon avec un bout de tissu (un paréo). Vu le temps mis à trouver ce tissu, je sais que le cordon ne bats plus donc je m’en fiche. Puis, tout s’enchaîne : les pompiers arrivent. Et alors que mon bébé était déjà bien au chaud contre moi avec des plaids, il faut l’emballer dans la couverture de survie. Ils clampent le cordon avec les pinces. Le SAMU arrive (3 femmes) et là, sans même me demander mon avis, elles m’enlèvent mon bébé qui se retrouve nu et vérifient son taux de sucre. Puis elles l’enveloppent dans un sac plastique spécial (une couverture de survie pour nourrisson) avant de la remettre sur moi avec une couverture polaire par-dessus. (Sachant que nous sommes chez nous, que nous sommes début août et que nous avons de quoi la réchauffer, je ne comprends pas l’utilité du sac plastique où ma fille est nue et mal à l’aise mais je ne dis rien car elles sont très directives et ne semblent pas ouvertes au dialogue. Je me dis que ça doit être le protocole en cas d’urgence. Quelle urgence y a-t-il à ce moment-là puisque ma fille était déjà maintenue au chaud contre moi ? Je n’ai toujours pas de réponse.)
Toujours sans poser aucune question, elles demandent à mon mari de sortir de la pièce. Elles m’expliquent qu’elles vont me poser une perfusion pour être transfusée en cas de besoin. Comme il ne comprend pas pourquoi il doit sortir juste pour une piqûre dans le bras et moi non plus, il refuse. Sa réponse ne leur plaît pas et nous serons automatiquement considérés comme des marginaux qui ont fait le choix d’accoucher à domicile alors que c’est hyper dangereux.
Puis on ouvre les volets de la chambre (qui étaient restés fermés pour que le soleil ne chauffe pas trop la chambre) pour faire de la lumière. Mais mon bébé a trop de lumière dans les yeux, en plus d’être emballée nue dans son sac plastique et pleure énormément donc mon mari referme un peu les stores, ce qui ne plait encore pas aux médecins du SAMU et ce qu’elles perçoivent à nouveau comme une opposition.
Elles s’occupent alors du cordon qu’il faut couper. Et l’une d’entre elles propose de faire couper le cordon au papa. Ce à quoi une autre répond : « Non, certainement pas, vu son comportement ». Nous ne répondons rien car je sais que mon mari n’a pas envie de couper le cordon. Mais je n’en pense pas moins… Je la trouve pathétique de libérer son stress de cette façon. Mon bébé pleure depuis le début et c’est difficile de la consoler donc je ne veux pas en rajouter. Puis on essaye d’établir l’heure de la naissance car le placenta n’est pas encore sorti. Je ne sais pas exactement mais je sais établir entre 18h45 et 19h (heure d’arrivée des pompiers). Vers 19h20, les contractions recommencent petit à petit. Elles me paraissent ridicules comparées à tout à l’heure. Vers 19h30, elles me demandent de pousser car j’ai à nouveau des contractions et le placenta est presque sorti. Je pousse et il sort sans problème. Par peur de l’hémorragie de la délivrance, elles m’ont perfusées avec de l’ocytocine donc les contractions continuent mais sans être vraiment plus intenses. Elles veulent me transférer à la maternité mais sur le moment, je préfère attendre l’arrivée de M. qui avait un peu plus de route à faire. Elles comprennent notre réponse comme un refus d’être transféré.
Mon bébé essaye de téter ses mains mais emballée dans le sac plastique, elle n’y arrive pas donc je lui libère les mains. Je le fais en expliquant distinctement et droit dans les yeux à la personne du SAMU qui est avec moi dans la chambre que je ne lui sors que les mains du plastique.
Finalement M. arrive et nous discutons tranquillement de ce qui vient de se passer car je me sens en confiance, ce qui était loin d’être le cas avec le SAMU. On enlève mon bébé de son sac plastique, on l’habille et je la mets au sein. Elle va téter au moins 10 minutes : le temps qu’on décide de l’organisation du transfert à la maternité où j’avais prévu d’accoucher et où j’étais quelques heures plus tôt. Je serai dans un brancard et mon bébé dans notre siège auto à côté de moi. Pour des raisons de sécurité, je ne pourrai pas la voir pendant le trajet. Heureusement, elle a dormi. J’arrive donc à la maternité avec les pompiers, toujours dans le brancard. En discutant avec les pompiers dans le camion, j’apprends que l’appel aux urgences a été passé entre 18h48 et 18h53. J’estime donc l’heure de la naissance à 18h50.
Le séjour en maternité a été très court (2 nuits) car je souhaitais rentrer chez moi rapidement et car j’étais en accompagnement global. Avec le recul, j’aurai préféré rester chez moi puisque tout s’était bien passé mais dans l’action, j’ai suivi les conseils de la sage-femme pour avoir un bon soutien pour la mise en route de l’allaitement. Ce deuxième allaitement s’est d’ailleurs très bien passé.

#328 Accouchement non-respecté en Charente Maritime, 2004

14 Jan

Je m’appelle Héloïse, j’ai 38 ans, mon fils est né en 2004 à l’hôpital (…) en Charente Maritime.

Mon corps, mon bébé et mon accouchement n’ont pas du tout été respectés ainsi que le séjour qui a suivi.

J’avais alors 28 ans et le terme théorique était prévu pour le 31/10/2004; tout s’était très bien déroulé jusque là.

Le 15/10 en toute fin de journée, dernier examen chez le gynécologue-obstétricien, examen peu agréable et douloureux.

Le 16/10 à 08h15, dès le saut du lit en allant aux toilettes comme par hasard la poche des eaux s’est rompue d’un seul coup …

Deux heures plus tard, je pars à l’hôpital naïvement, confiante et joyeuse à l’idée de donner la vie et de voir enfin mon bébé.

Arrivée au bureau des sages-femmes, je suis accueillie par la doyenne qui me présente à sa collègue qui est de garde ce jour-là pendant 24h à l’époque.

Déjà je ne la sens pas enchantée dès le départ, nous sommes un samedi, c’est donc sa garde du week-end du samedi 8h au dimanche 8h. Elle n’est visiblement pas d’humeur et commence par me faire un monitoring, pour détendre l’atmosphère je lui dis que c’est sympa d’avoir la même sage-femme pendant 24h. Là elle enfile ses gants d’examen et me dit sèchement : « maintenant je vais être nettement moins sympa » puis elle m’enfile ses gros doigts entre les jambes en me faisant atrocemment mal.

Elle est particulièrement sèche et désagréable, brutale dans ses gestes, elle m’annonce avec dédain : « Pfff vous n’êtes dilatée qu’à un doigt, dans 48h on y est encore » …

Elle repart en m’indiquant que je vais devoir patienter dans une chambre, mon conjoint n’en revient pas de son attitude, et ma mère qui l’a vue l’a qualifiera de matronne.

Je n’avais ni bu ni mangé depuis la veille et les contractions se sont accentuées d’heures en heures, la sage-femme n’est revenue me voir à aucun moment, j’ai géré mes contractions seule dans ma chambre. Vers 19h à bout de forces, je demande au personnel si je peux manger quelque chose, ils me servent juste une soupe que j’ai vomie.

J’ai donc sonné car je n’avais pas vomi une seule fois durant ma grossesse et cela m’a inquiétée, c’est la matronne qui est arrivée, visiblement je la dérangeais, « pfff ça arrive souvent avec les contractions, rappelez quand il y en aura toutes les deux minutes pendant 2h d’affilée » … Quel sens du dialogue et quelle écoute, quel soutien ! Vers 21h je pars enfin en salle de travail, je suis perfusée, cathétérisée, tensiométrisée, sans explication. La matronne se prend les pieds dans les fils de ma perfusion reliés à ma main et je hurle lorsque le pansement s’arrache. Pas une excuse, elle lève les yeux au ciel et repart. L’anesthésiste qui est beaucoup plus aimable vient me poser la péridurale à 3 cm de dilatation (trop tôt dans mon cas mais je ne le saurai qu’après). Au bout de 20 minutes elle ne fait aucun effet, je souffre horriblement car les contractions sont de plus en plus intenses. Je le dis à la sage-femme mais elle me dit que « non je ne peux pas avoir mal puisqu’on vient de me poser la péridurale »… Une fois de plus, je semble la déranger et elle ne me croit pas !! C’est mon corps, je sais si j’ai mal ou non, c’est tout de même incroyable de ne pas être crue quand on souffre !!! J’insiste et elle finit par rappeler l’anesthésiste qui lui me croit, et confirme que la péridurale a échoué, le produit ayant rebondi sur le nerf. Deuxième pose entre deux contractions douloureuses, le produit fonctionnera cette fois-ci mais pour une heure seulement, de 22h à 23h. Mon fils étant né à 01h15 je vous laisse imaginer la suite car à aucun moment je n’ai été informée de la durée des effets de la péridurale et de l’éventualité que je sentirai tout passer, à l’ancienne … Sanglée sur ce lit à l’horizontale (ce qui paraît aberrrant pour faire naître un bébé) reliée à des machines et à une sage-femme absolument odieuse, sans plus aucun effet de la péri, voilà comment j’ai fini les dernières heures de mon accouchement. De plus, lors des cours de préparation à l’accouchement, on a dit qu’il y aurait deux personnes maximum en salle de naissance (une SF et une Aux puer), et là il y avait 4 personnes, dont 3 dont j’ignorais totalement le statut médical puisque personne n’a pris le temps de se présenter. Des personnes entrent et sortent sans frapper, sans décliner leur identité ou sans même un simple bonjour alors que notre corps est à la vue de tout le monde en partie dénudé. A un moment deux des femmes sans identité se sont permis des remarques sur mon initmité comme si je n’étais pas présente : « tu as vu ça ? moi je n’avais encore jamais vu ça ! » … La nudité et la pudeur des patientes n’est pas respectée et il y a des remarques déplacées qui n’ont pas lieu d’être ! Le travail avançait lentement, environ 1cm par heure, ce qui semblait agacer la sage-femme ! Elle n’était pas non plus disposée à répondre à mes questions pourtant peu nombreuses durant le travail. Je lui ai demandé ce qui se passerait si mon bassin était trop petit, et elle s’est contentée de dire sèchement « mais pourquoi il serait trop petit votre bassin ? » A un moment elle a regardé sa montre et nous a dit « Bon je vais aller manger parce que j’ai pas que ça à faire! » Un comble pour une soit disant professionnelle qui est censée vous accoucher … De 23h30 à 01h15 mes douleurs sont devenues de plus en plus atroces, je ne m’attendais pas à une telle douleur, je ne maîtisais plus rien sauf la respiration que j’avais apprise aux cours de préparation. Là encore je n’ai pas été respectée, la matronne revenue de son dîner m’a fait comprendre sur un ton très autoritaire que la tête poussait et qu’on était à 1/2heure de l’expulsion donc il fallait oublier toutce que j’avais appris aupravant pour appliquer sa méthode. Les 4 se sont mises à me dicter en même temps leur façon à elle de respirer ou de pousser, sans aucun soutien, aucun encouragement, juste des informations contradictoires en me hurlant dessus. Quelle douleur, et rien d’apaisant autour, une position gynécologique imposée jambes écartées sous une lumière vive, avec des femmes censées vous aider mais qui vous crient dessus, aucune bienveillance, aucune empathie, rien ! C’est dans ce contexte que j’ai osé demander si j’allais avoir une épisiotomie et la sage-femme a alors répondu « mais c’est déjà fait! »… Un geste imposé, sans aucune discussion ni aucun consentement préalable ! J’ai l’impression d’avoir été trahie, découpée dans ma chair pour que ça aille plus vite, pour les arranger eux, parce qu’ils n’ont pas de temps à perdre … Là on est complètement dépossédées de notre  propre corps, ces instants nous sont volés à jamais, et aujourd’hui encore je porte cette cicatrice physique et psychologique, je me sens mutilée. J’estime que nos corps et nos âmes méritent un peu plus de considération et de respect, après tout c’est nous qui donnons la vie, non ? Lorsque la douleur a été au paroxysme, que la tête de mon bébé s’est engagée et que je voulais que tout s’arrête tant la douleur est aigüe, terrassante et irrationnelle, la sage-femme a prononcé cette phrase que je n’oublierai jamais : « Il y a un problème, il y a un problème … » On s’est regardés mon conjoint, les 3 autres femmes et moi avec inquiétude. La matronne a laissé passer quelques secondes qui ont paru des heures et a lancé un « c’est bon la tête va passer! »… Hillarant, très adapté à la situation, il fallait rire en plus ? Ce genre d’humour n’a pas sa place dans un moment pareil et c’est une honte d’être traitée ainsi dans un hôpital. Après cet épisode d’humour très déplacé, il restait encore les épaules de mon fils à faire passer, alors j’ai hurlé de toutes mes forces pour expulser cette douleur et aider mon bébé à sortir. Une des femmes a osé me dire « arrêtez de hurler vous allez faire peur à la maman d’à côté »… En plus on nous culpabilise, c’est révoltant d’être traitée ainsi dans un moment pareil ! Mon bébé arrive enfin et je peux le serrer dans mes bras, occultant tout le reste, je pleure en disant « Mon bébé, c’est mon bébé ! ». Il est bien au chaud tout contre moi, très calme, il me regarde et respire l’odeur de ma peau. Je l’aime tellement, c’est mon fils et il est enfin là ! Je tremble de froid et de fatigue, on me l’enlève déjà; moi qui allais très bien en arrivant, j’ai contracté un virus à l’hôpital et j’ai 39°5 de fièvre donc bébé part pour des examens, il me manque déjà, il n’a pas pu avoir sa tétée d’accueil comme je le souhaitais. Le placenta est expulsé entier dans le quart d’heure qui suit la naissance (je l’ai lu dans mon dossier). On me recoud la coupure de l’épisiotomie à vif …

Et j’ai droit à une révision utérine, manuelle, alors que mon placenta était entier !! C’est une douleur insupportable, cette main et ce bras dans vos entrailles qui semblent tout arracher de l’intérieur … « vous ne pouvez pas avoir mal, vous avez eu la péridurale » Décidéménent rien ne m’aura été épargné dans cet hôpital archaïque. Pourquoi tant de violence et d’irrespect envers les femmes ? On me ramène mon fils deux heures plus tard et enfin il, peut téter, allaitement maternel 100% réussi et qui durera 18 mois, et ce n’est pas grâce aux conseils que j’ai eus, contradictoires une fois encore, que j’ai réussi mon allaitement, mais grâce à ma seule volonté. La garde de la matronne se termine bientôt, elle me ramène dans ma chambre, veut vérifier avec sa collègue si je sais encore uriner, c’est le protocole, elles me regardent avec insistance assise sur les toilettes, il n’y aura pas une goutte, dans ces conditions ! Elles préfèrent aller voir le bébé, puis elles quittent la chambre, sans même un au revoir. Je ne reverrai jamais cette femme indigne de porter le qualificatif de sage, j’espère vraiment qu’elle a changé de métier depuis. J’ai croisé plus tard une de ses collègues dans un supermarché, elle m’a avoué que sa collègue en avait ras-le-bol des gardes de 24h … Merci de nous avoir gâché l’un des plus beaux moments de notre vie. Je ne reviendrai pas sur tous les détails du séjour qui a suivi tout aussi irrespectueux, 9 jours d’enfer, mon bébé ayant eu l’ictère du nourrisson et pour moi un virus inconnu, il a été placé d’officice en unité Kangourou avec les prématurés alors qu’il n’avait que 14 jours d’avance. Un matin il a été piqué 12 fois sur son petit bras parce qu’une étudiante qui ne savait pas faire les piqûres s’est acharnée sur lui … Les bébés et leurs mamans méritent le respect dans ce moment unique qui aurait dû être joie et douceur et qui s’est transformé en un moment de tristesse et d’amertume, tout cela parce que des personnes n’ont pas été à la hauteur de leur statut d’humain alors qu’on leur a donné toute notre confiance du fait de leur statut médical. Cet instant magique devenu une expérience traumatisante je ne souhaite à aucune femme de le vivre; j’attends mon deuxième enfant dont le terme est prévu pour le 28 janvier et 10 ans plus tard j’espère cette fois-ci une naissance respectée. Merci de m’avoir lue.

– Héloïse

# 307 – N. 2 accouchements

26 Nov

Par hasard je suis tombée sur le blog et je trouve l’idée géniale après avoir bien sur lu tout ces témoignages. Donc voici le mien en Belgique:

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En Belgique on accouche généralement dans l’hôpital de notre gynécologue.
Ma gynécologue qui me suit depuis des années en cabinet privé travaille dans un hôpital que je déteste et loin de chez moi.
Par respect pour moi et parce qu’elle me connait depuis longtemps elle a accepté de venir m’accoucher dans l’hôpital de mon choix, juste à-côté de chez moi, avec le label « ami des bébés ».

Pour ma première grossesse tout s’est bien passé sauf que j’avais appris au huitième mois, que la forme de mon bassin ne me permettrai sans doute pas d’accoucher par voie basse, ce qui m’avait totalement démoralisée étant donné que cela ne correspondait en rien à mes plans!  J’ai perdu les eaux une nuit, dix jours en avance. Je me suis rendue à pied à l’hôpital, à cinq minutes de là munie des radios de mon bassin. A peine arrivée j’ai demandé aux sages-femme de tout faire pour que je puisse malgré tout accoucher par voie basse.
J’ai passé la nuit à attendre le début du travail qui ne venait pas. Le matin, ma gynécologue est arrivée pour provoquer le travail. Elle a promis d’essayer de me faire accoucher par voie basse mais elle a dit, je cite: « On va essayer, tout est une question de temps, si ça prends trop de temps, je ne veux plus t’entendre négocier, on file à la découpe ». Je lui ai passé son jeu de mot, on se connaissait suffisamment pour que cela me fasse rire.
Les contractions ont débuté vers midi. Comme la salle d’accouchement n’était pas prête, les sages-femmes m’ont fait passée par le bain, et j’ai patienté là avec des contractions atroces. J’ai vite craqué et demandé au plus vite la péridurale. Une fois la salle d’accouchement libérée, on m’a placé la péridurale. Sauf que voilà, je fais partie des personnes sur qui la péridurale ne fonctionne pas.
L’hôpital permet aux femmes qui le désire de faire venir en salle d’accouchement plus d’une personne. C’est donc armée de ma mère, du père de l’enfant, de ma kiné, de ma gynécologue que j’ai pu commencer à pousser.
Le décalage entre ma gynécologue qui vient d’un autre établissement qui écoute moins le désir des futures mère et cet hôpital possédant le label « ami des bébé » et « ami des maman » était tellement grand, que finalement je ne me suis pas sentie écoutée. A ma demande de lumière tamisée ma gynécologue a répondu qu’il lui fallait de la lumière pour voir, à ma demande de sentir le cordon finir de battre, elle m’a répondu « à quoi ça sert »? Ma kiné et elle se sont « frittées » quelques fois et au final c’est ma mère qui m’a fait reprendre courage au moment où j’ai perdu pied, en disant que je voulais rentrer à la maison et qu’on arrêtait tout là…
C’est par la suite également que j’ai pu apprécier toute l’étendue du concept « ami des bébés et des mamans », je n’arrivais pas à allaiter et je n’aimais pas ça. Sans me culpabiliser, les sages-femmes m’ont permis de tirer mon lait plutôt que d’allaiter directement.
Et puis, plus que le baby-blues, j’ai fait une grosse dépression qui a duré plus de trois mois, justement en grande partie à cause de l’allaitement et, là, l’hôpital n’a absolument pas géré.

Pour la seconde grossesse, j’ai fait un accouchement fulgurant, d’une intensité incroyable, autant du point de vue de la douleur que de l’émotion une fois le bébé dans mes bras. J’ai accouché seule, parce que personne n’a eu le temps d’arriver. Il n’y avait que la sage-femme, le père et ma mère (et oui à nouveau). Ca faisait un quart d’heure que je disais qu’il était là et qu’il poussait. On va plutôt dire que je hurlais. Mais ma gynécologue était en chemin et coincée dans les embouteillages. C’est elle qui m’avait dit un quart d’heure plus tôt que je ne risquais pas d’accoucher dans l’heure et qu’elle reviendrait trois heures plus tard. Perdu! J’était bel et bien passée de 4 cm à 10 cm en quelques minutes. La sage-femme qui était là, était heureusement très rassurante et devant mon air épouvanté à l’annonce de : « On va y aller alors. » m’a dit, je cite: « Si vous voulez, on peut attendre que tout le monde soit là mais il faut le retenir alors! » Après un rapide calcul et sentant que je n’était plus capable de retenir quoi que ce soit, j’ai poussé de toutes mes forces. J’ai accouché toute seule sans même l’intervention de la sage-femme et mon homme a même dit, qu’on aurait pu accoucher au café que ce serait revenu au même! Elle estimait que je pouvais le faire seule et elle avait raison, j’ai adoré ça!

Autant le premier accouchement était ultra-médicalisé, autant celui-ci était naturel et extrêmement douloureux et d’autant plus apprécié!

J’ai eu droit pour ce séjour en maternité à un sage-femme masculin. Il était d’une empathie rare et a tout fait pour faire comprendre à mon homme que je n’était pas faite pour allaiter ni pour tirer mon lait et qu’il ne servait à rien de me culpabiliser ou me forcer. L’hôpital m’a même gardée un jour supplémentaire afin que je sois mentalement plus forte pour contrer ma belle-famille et mon homme concernant cette histoire d’allaitement. Ils ont même fait intervenir une psychologue. Et je n’ai plus fait de dépression. Le petit s’est très bien habitué au biberon et il va très bien! Et tout ça malgré qu’il porte le label « ami des bébé » qui signifie entre-autre qu’une des conditions est que l’hôpital ait son quota de mères qui allaitent. C’est ça qui prouve qu’ils ont également le label « ami des mamans » parce qu’à ce niveau-là, j’ai été plus qu’écoutée, j’ai été entendue, entourée et surtout encouragée à faire au mieux pour moi et pour mon bébé.

N.

#304 – Accouchement en 2006 – Essone

25 Nov
J’ai accouché le 3 avril 2006, à O., dans l’Essonne. Selon mon médecin, et le personnel : c’était un bel accouchement et tout s’est bien passé.

Sur le moment, je l’ai plutôt bien vécu : trop heureuse de serrer mon bébé dans mes bras, trop heureuse d’être en bonne santé, et d’avoir un bébé en bonne santé.

Néanmoins, je ne peux pas dire que ce fut un accouchement sans nuages…

Je suis arrivée tôt le matin, vers 7h, après rupture de la poche des eaux. Pas de stress, de très bonne humeur : j’étais sur le point de vivre le plus beau moment de ma vie, que pouvait-il m’arriver de mieux?

Après examen, la sage femme annonce à mon compagnon qu ce n’est que le début (je ne suis même pas en travail), qu’on me garde à cause de la rupture, mais qu’il peut aller travailler tranquille, on a le temps…

Evidemment, bourreau de travail, il saute sur l’occasion d’être déculpabilisé par le corps médical, et me laisse, seule.

Je suis d’abord installée dans ma chambre. Je regarde la télé, je lis. On me laisse gérer les premières contractions de travail : de toutes manières, j’ai dit que je ne souhaitais pas de péri.

Vers 10h on m’installe en salle d’accouchement. Je trouve les contractions très gérables. Je n’embête personne, on vient me voir à intervalles réguliers. J’ai faim, mon estomac se tord dans tous les sens, à la rigueur, c’est presque plus désagréable que les contractions!
13h : le travail avance bien, très bien, la sage-femme cherche à joindre le papa (il lui faut 2h pour rentrer) pour lui demander de rentrer vite, car bébé risque d’arriver dans l’après-midi.
à 14h : on me conseille la péri : je redis que je n’en veux pas. Le travail avance bien, je me sens en forme, je trouve cela gérable.
L’anesthésiste qui est là pour une autre maman vient me voir, et me gronde presque : dans une demi-heure, elle monte au bloc pour une opération, après il sera trop tard pour la demander, hors de question qu’elle descende en urgence si je ne gère pas. Elle me dit que les contractions là, ce n’est rien à-côté de celles que j’aurai à la fin, que je suis peut être là encore pour 7 ou 8 heures, que ce ne sera pas la peine de pleurer ensuite, que je suis mazo de préférer avoir mal.
Je demande si je peux à la rigueur avoir une toute petite dose, car je veux sentir ce qui se passe, je veux mettre au monde mon bébé (et non être accouchée par quelqu’un… je veux être active).
Elle me pose la péri à 15h, avec une dose de 12mg/heure (je crois, je me souviens du 12!), en me disant qu’elle est peu dosée.
Entre-temps mon compagnon est arrivé.
Une demi-heure après, je ne sens plus rien à partir de la taille, et mon corps non plus d’ailleurs : les contractions deviennent inefficaces, bébé s’endort…
Vers 18h, la sage-femme appelle l’anesthésiste pour changer la seringue de la péri (à tiens, je croyais qu’elle passerait le reste de la journée au bloc… étonnant).
A son entrée, je lui demande à ce qu’elle soit moins dosée, car je ne sens rien. Elle râle en disant qu’elle est déjà pas beaucoup dosée, que dans ces cas là, autant pas avoir de péri (ben tiens, mais au départ, je vous rappelle que je n’en voulais pas!) et dose à 9 (mg/heure?).
Le travail ne progresse pas plus pour autant. Alors vers 19h on m’installe pour accoucher, car le bébé fatigue, fait de l’arythmie, et moi je monte en fièvre, sans qu’on sache pourquoi.
J’ai du mal à sortir bébé, parce que je ne sens rien, même pas les contraction : on me dit quoi faire et quand, et je m’exécute en bon soldat, à l’aveugle, parce que je ne sens rien du tout. Bébé est potelé (4k110), ne sort pas vite, fatigue, alors on appelle le gynéco (ouf, le mien est de garde), et on y va aux forceps + expression abdominale. J’ai ouvert de grands yeux quand la sageefemme est montée sur la table, effrayée. Elle m’a rassurée me disant que ça ne me ferait pas mal avec la péri. A moi non, mais le bébé, lui n’est pas sous péri!!!! j’ai dans ma tête l’image de son petit squelette tout comprimé contre mon coccyx, et je me dis que ça ne doit pas être bien. Mais on me rappelle qu’il faut qu’elle sorte, maintenant!

Je dois reconnaître à mon gynéco d’avoir prévenu qu’il me faisait une épisio, et de m’avoir promis qu’elle serait toute petite. De fait, je n’ai eu que deux points.

Par la suite, j’ai vécu deux autres moments désagréables.

Après avoir eu 15 minutes de peau à peau avec bébé, et une première têtée, le papa l’a accompagnée pour les soins.

J’attendais la fin de la péri pour retourner en chambre. L’équipe de nuit à fait son entrée dans la salle (auxiliaire puer, et aides soignantes), en râlant sur l’état dans lequel la précédente équipe avait laissé la salle, en employant le terme de « boucherie » (à la délivrance, mon placenta a échappé des mains du gynéco et est allé s’écraser au sol éclaboussant entièrement la salle, je reconnais qu’on a refait la peinture… mais nous en avions bien ri!), tout cela sans même me dire bonjour! Finie la magie de la naissance, retour au monde réel et trivial : tout cela s’est envolée avec un seul mot : c’était une « boucherie ». Je passe l’humiliation pour moi, et la culpabilité (je me suis excusée 20 fois, et je voulais quitter cet endroit).

Dans la nuit qui a suivi, j’ai découvert après plusieurs sensations de malaise lorsque j’étais allongée que mon lit était bizarrement réglé : tête plus basse que le corps, et pieds surélevés.

J’ai cherché pendant une demi-heure comment le régler sans succès. Je me suis donc résignée à déranger encore le personnel. La personne qui est venue m’a répondu qu’elle ne savait pas comment le régler, qu’elle n’était pas mécanicienne. Elle a parlé tout fort et réveillé bébé. J’ai proposé alors de faire mon lit à l’envers (tête aux pieds, pour être couchée plus confortablement). Je me suis fait envoyer balader, car ce « n’était pas son travail »!!!

Alors à 2h du matin, j’ai défait et refait mon lit, avec bébé dans les bras, alors que j’avais accouché 6 heures plus tôt…

Le reste du séjour s’est bien passé. La surveillante ayant appris mes mésaventures est venue s’excuser pour son personnel peu diplomate, et j’ai été chouchoutée… ce qui m’a permis de garder de tout cela un bon souvenir malgré tout.

Cependant aujourd’hui, alors que je m’apprête à faire le projet d’un bébé, de nouvelles questions arrivent : sans péri, est-ce que les contractions seraient restées efficaces, est-ce que ma fille serait née plus « naturellement » (sans avoir été poussée d’un côté, tirée de l’autre).

J’ai constaté que de nombreuses mamans dans mon entourage ont vécu des choses similaires avec la péri (contractions moins efficaces, forceps pour finir, …).

J’ai eu le sentiment qu’on décidait pour moi (parce que eux savaient). J’ai eu le sentiment d’avoir été poussée au-delà de mon désir vers ce qui convenait aux équipes.

Je fais l’impasse sur les conseils catastrophiques en matière d’allaitement que j’ai reçu par la suite. Ou le fait qu’on ait donné du lait maternisé à mon bébé contre ma volonté, parce que la montée de lait tardait (elle est arrivée quelques heures après…).

Si mon mari (qui n’est pas le papa de ma première fille) n’était pas aussi paniqué par l’acte, j’aurais aimé accoucher à domicile pour le futur bébé. Aujourd’hui les restrictions d’assurances risquent de décourager les Sages-Femmes qui le pratiquaient encore, rendant mon projet impossible à mener à terme.

En revanche, je suis plus forte, plus sûre de moi, et j’aurai mon mari à mes côtés, pour imposer mes souhaits, et les faire respecter, me faire respecter.

Je pense que certains établissements sont plus à l’écoute que d’autres pour cela, et je prendrai le temps de faire un vrai choix!

H.

Valérie – Bouches du Rhône – 2012

14 Nov

On a respecté mon envie mais on m’a laissé poireauté pendant 1h dans ma douleur…

Bon, alors… Donc Jour J prévu, le 18 novembre 2012, au contrôle ils ont vu que rien n’avait changé. J’ai donc eu rendez-vous le mardi 20 pour un autre contrôle (monito powa). On arrive là-bas, la sage-femme nous fait “Ah vous rentrez ce soir ?”. Nous on croit qu’elle veut dire qu’on va être à la maison le soir-même… Puis quand elle revient elle nous explique que les gynécologues ont eu une réunion le lundi 19 et ont décidé de mettre le fameux tampon imprégné de prostaglandine. Nous on dit oui si le col n’a pas bougé depuis le 18… La sage-femme examine est nous répète la phrase qu’on a entendu plus d’une fois “Col ouvert à 1 large postérieur”… On pousse donc un gros soupir puis elle nous donne rendez-vous le soir même à 18h (elle m’a pris du sang pour des analyses pour qu’on puisse venir plus tard).

Arrivée donc à 18h, mon homme et moi on part défaitiste car la sage-femme nous explique que le tampon n’agit que minimum 6h après la pose. Elle nous explique qu’elle va me poser ce machin au fond du vagin contre le col (génial la ficelle de 3m de long…).

Bref, je me fais servir le repas à 18h, puis on attend devant la tv 21h. La sage-femme revient et me met le tampon (aïe ça a fait mal !! une impression de fouissement).

Assez rapidement, dans les 15 minutes après la pause, je sens une drôle de sensation, comme si il y avait un cachet effervescent dedans.

Et quelques minutes après, je commence à avoir des contractions douloureuses et régulières. En gros, toutes les 5 minutes. Un peu de douleur mais il suffit de bien respirer et j’ai presque pas mal.

Ensuite je me met sur le côté et essaie de me reposer. J’ai mal comme quand j’ai des règles mais ça va, la douleur est largement supportable. Mon homme finit par se coucher également (ils lui ont filé un lit pour qu’il dorme avec moi) et on dort.

Je me réveille vers 1h30 en gros. Et vers 2h du matin, j’ai très très mal. Je commence à avoir de la peine à supporter les douleurs. Je vois que mon homme s’éveille et je lui dis de venir vers moi et d’appuyer sur les points de pression pour atténuer les douleurs… En temps normal, c’est des points qui font vraiment super mal (au niveau du sacrum), bah là… limite je sens pas la douleur et je lui dis de tenir la pression sur les points tout du long de la contraction.

15 minutes plus tard, de plus en plus mal, je me décide à appeler une sage-femme. Elle arrive et sans même m’ausculter fait “Ce n’est que le début, quand ce sera le vrai travail, vous aurez vraiment mal” (j’étais souriante, parce que j’arrivais encore tout juste à supporter la douleur). Peu après son départ les contractions sont espacées de 2-3 minutes environ.

2h30 du matin, je commence à sentir comme une pression sur le col. Quand la petite appuyait volontairement sur le col ça picotait un peu, bah là, pareil… J’essaie de respirer le mieux que je peux pour atténuer les douleurs… Mais rien n’y fait je sens que ça appuie vers le bas de plus en plus… Je me dis que ça va pas tarder, je demande donc à mon homme de retourner voir la sage-femme pour qu’elle revienne parce que j’ai de plus en plus mal et que je pense pas tenir le coup.

Il revient quelques minutes plus tard et me dit “y a pas de sage-femme de dispo, les 3 salles d’accouchement sont occupés et y a une césarienne…”.

À partir de ce moment-là, j’ai commencé à retenir ce qui descendait… Et plus le temps passait et plus j’avais mal. À un moment donné, j’ai demandé à mon homme de m’aider à aller aux wc parce que là aussi ça poussait et j’allais me faire dessus… À peine les fesses posées, tout est sorti (même le tampon !!!)… Une belle diarrhée !

Vers 3h30, je ne supporte vraiment plus du tout les contractions qui sont espacées en gros de 1-2 minutes max. Je broie la main de mon homme à chaque fois et je respire comme un chien.

Je lui dis “Maintenant va chercher une sage-femme ou qqn de compétent sinon j’accouche sur place !” (Je lui demande aussi d’enlever ma culotte parce que je n’ai plus du tout de doute!).

La sage-femme qui est venue 1h avant m’ausculte et dit “Ah oui, c’est la poche des eaux que vous sentez ! Bon, ben, on va aller en salle d’accouchement hein…”. Mon mari demande “Elle est ouverte à combien ?”. Elle répond “Col effacé”.

Là, ils m’emmènent en 4ème vitesse dans la salle, on me dit que la salle est pas nickel, je répond “je m’en fous, tant que je peux pousser !”

Entre deux contractions on me fait passer sur la table d’accouchement, on me met les étrillés, on m’aide à mettre mes jambes dessus. (Au moment où on me dit de pousser, une crampe à la jambe… ça c’est sympa…)

Après bah, la sage-femme appelée Emeline (pas celle qui m’a gonflé) m’assiste. Une autre sage-femme à côté de moi et mon homme vers ma tête pour me motiver.

Donc, passage de la tête, ça va… Bien qu’au début j’avais pas capté que c’était à cet endroit qu’il fallait pousser ! Emeline a percé la poche des eaux et après, bah, j’ai poussé.

La tête passée, ça va… Par contre j’en ai chié pour les épaules… Plus je poussais et plus j’avais mal. Dès que j’ai réussi après tous les encouragements (je me suis dit que de tte manière je pouvais pas rester comme cela et que autant que je n’ai plus mal !)

3h48, après 10 minutes de poussées, elle est arrivée. 3kg360 (ouf pas si grosse que cela !) pour 49 cm (mesurée le lendemain) !!

Après ils me l’ont mise direct sur moi (mon homme n’a pas pu couper le cordon, il était autour de son cou et de son corps), puis mon homme est parti dans la salle d’à côté pour la peser, contrôler que tout va bien…
Pendant ce temps, Emeline m’a enlevé les morceaux de placenta qui étaient restés accrochés (deux morceaux) puis elle a commencé à me recoudre… 4 points au vagin (rien senti) et 4 points à la peau (j’ai tout senti, il s’était passé trop de temps entre la sortie et qu’on me recouse. En plus ils m’ont refait un point à double qui avait craqué… )

Après, on a dû aller direct dans ma chambre (après m’avoir fait me lever et changer de lit) pour 2h de repos avant de me faire lever ^^. Ils ont essayé de me mettre la petite au sein dans la salle d’accouchement et dans la chambre mais la petite n’y arrivait pas.

Dans les jours qui ont suivi, j’ai essayé de faire téter la petite au sein mais rapidement on a vu qu’elle arrivait pas à bien prendre mes tétons (sont trop gros et grand) et qu’elle a une trop petite bouche.

Coup de blues deux jours avec des larmes et finalement on a décidé que je tirerais le lait pour ce que je peux et que on donnerait un complément en lait artificiel. Ainsi, moins dépendant de mes seins et on peut alterner pour les réveils la nuit.
Lily-rose 073

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En relisant mon récit je vois que j’ai oublié de dire une partie :

 

Révision utérine car 2 morceaux de placenta étaient restés accrochés. Ils ont appuyés sur mon ventre, puis ont cherché dans le col les fragments.

Puis, ils ont commencé à me recoudre. À ce moment, la ptite est arrivée avec Papa. Une vieille puéricultrice est arrivée pour la mise au sein alors qu’on me recousait. Je sursautais à chaque fois qu’on me plantait l’aiguille dans ma peau, la sage-femme me disait de pas bouger mais j’avais tellement mal ! Se faire recoudre à vif !
Et la puéricultrice qui me pinçait les seins pour que la petite tète…

Au final, quand j’étais recousue, on m’a aidé à me déplacer sur mon lit pour vite aller dans ma chambre pour 2h de repos bien mérité… Et c’est là qu’on a vu la première grosse crevasse…

Dès que la petite a demandé à manger, j’ai rappelé une puéricultrice et on a essayé sur mon sein valide…

Re-crevasse !

Le lendemain, mon mari m’apportait des téterelles pour essayer de mieux guider la petite. Re-crevasses !

Au bout d’un moment, une spécialiste de l’allaitement m’a donné un double tire-lait pour stimuler un max. Pendant ce temps nous avons donné de mon lait tiré avec une seringue et un tube d’aspiration.
Ensuite un osthéopathe est passé et a regardé si il y avait un blocage… Ensuite, ils ont regardé si elle avait pas un frein de langue…

Au finale, les sages-femmes et puéricultrices n’arrêtaient pas de se contredire. Et il n’y avait rien à faire pour mes crevasses (on ne m’a par exemple jamais parlé des compresses de lait maternel !).

Puis, 3 jours après la naissance, j’ai eu une poussée de fièvre => la montée de lait, très douloureuse… Et là mon baby blues a commencé. Je ne savais plus quoi faire pour donner de mon lait, je voulais allaiter au sein mais la petite se décourageait et ne prenait pas une bonne position.

Au final c’est une simple dame de nettoyage qui m’a réconforté en me disant qu’elle n’avait pas allaité et que ses enfants l’aimaient quand même. Merci à cette dame joyeuse de m’avoir réconforté de la sorte, sans elle, j’y serais encore !

Après j’ai tiré mon lait pendant environ 2 mois (et même les tire-laits me faisaient des crevasses) puis à force de me sentir « vache à lait », j’ai arrêté le carnage.

Du côté de ma cicatrice, ça a vite cicatrisé, un peu trop vite même et j’ai eu des douleurs pendant pas mal de mois…

Mais c’est surtout la peine et le choc d’avoir enduré autant de douleurs seule (juste avant de pousser et l’allaitement loupé) qui m’ont fait de la peine et qui m’en font encore 1 an après la naissance de ma fille… Nous pensons à lancer bb2, mais… Jamais je ne me laisserais faire comme pour cet accouchement… Quitte à faire semblant d’avoir mal, de crier, je ferais tout pour ne plus souffrir autant… Je demanderais une piqure anesthésiante si il y a déchirure, je demanderais à faire de longs peau à peau avec ma fille… Bref, je ne me laisserais pas faire !

 

#235 Muriel : Accouchement de rêve, début d’allaitement traumatisant (avec des jumeaux dedans)‏ Loire-Atlantique

7 Mar

1ère partie : l’accouchement de rêve…

Février 2011. J’apprends que je suis enceinte. Chouette!
C’est ma troisième grossesse, tout naturellement, je m’inscrit tout de suite dans la maternité où j’ai accouché pour mes aînées, puisque ça s’était très bien passé. C’est un lieu que j’avais déjà choisi bien avant d’être enceinte pour la première fois, parce qu’il correspondait à ce que j’attendais : qu’on me respecte, moi et mon bébé, qu’on nous accompagne dans ce moment, en douceur, sans en faire « trop ».
1ère écho: oups ! Y’en a 2 ! On s’y attendait un peu, on est ravis.
Ça amène beaucoup de questions, je me demande si je vais tout de même pouvoir accoucher comme je le souhaite, sans surmédicalisation, sans péridurale, etc… Au final pas de soucis, on respecte totalement tous mes désirs/choix.

Début de la 37ième SA, je dis à mon homme combien je suis contente d’être arrivée jusque-là, que maintenant, ils sont en forme, et qu’il y a peu de chance qu’ils aient des soucis à la naissance. Il me dit super, tu accouches ce week-end!

37 SA + 2 jours :

Il est 6h30 du matin. Ma fille me réveille en pleurant un peu dans son sommeil, et là, je sens que je suis trempée… Je réveille mon homme : « chéri, attrape mon peignoir, je perds les eaux … ». Lui, grave sur le coup (alors que d’habitude, il lui faut une bonne heure pour émerger du sommeil… ) réagit direct !

On se lève, petite douche et petit dèj rapide, on prépare les filles, les dépose chez une copine et hop, en route pour la maternité !

Vers 8h : arrivée à la maternité, on me pose le monito, j’ai des petites contractions, mais rien de plus que pendant la grossesse, pas de douleur. Ils sont un peu occupés, ma sage-femme me laisse jusque 9h30 : elle m’examine : col déjà ouvert à « 2…3…4… ah non, 5 ! »

On me fait passer en salle d’accouchement, je suis toujours tranquille, je ressens aucune douleur, tout juste si je sens que j’ai des contractions…

Je leur dis que je ne souhaite pas de péridurale, ça ne pose pas de problème (tant mieux, parce que je me serais pas laissée faire !!).

Mon homme passe le temps en réparant la porte de la salle d’accouchement qui refusait de se refermer (ben oui, je suis pas particulièrement pudique, mais bon quand même…).

Vers 10h30, je fais des tours de lits pour accélérer la venue des contractions, un aller-retour et hop, je m’assois le temps de la contraction, toujours pas vraiment mal, mais ça commence à être désagréable quand je suis debout pendant les contractions, c’est tout.

Vers 11h, ma sage-femme me réexamine et dit que je suis à 8, mais que le col est bien effacé, que je vais bientôt pouvoir essayer de pousser.

Je change de position, mais je ne suis pas bien, je rechange, elle veut me reposer un monito, elle est donc à côté de moi, je lui dis que je sens que ça pousse, que j’ai envie de pousser, et finalement que je pousse (tout ça dans la même phrase !!). Je pousse, une fois, et,  sans difficulté et sans douleur, voilà mon fils au bout du lit, sans personne pour l’accueillir, la sage-femme s’est faite surprendre (elle s’en excusera après, mais y’avait vraiment pas de quoi !), elle est toujours à côté de moi à essayer de poser le monito !

Elle en oubli même de regarder l’heure pendant un moment puis la demande à mon homme : D’un coup tout s’agite, elle appel dans le couloir, le gygy débarque avec du monde pour faire l’écho et voir ce que fait ma puce en attendant de sortir : tout va bien, elle a toujours la tête en bas. J’ai mon fils dans les bras, il est calme, il n’a pas pleuré, il a les yeux grand ouverts et me regarde, tout curieux de découvrir le monde…

Son papa coupe son cordon.

La sage-femme perce la poche de ma puce. Le gygy me dit de pousser quand je sentirai la prochaine contraction, j’en sens pas… j’attends… mais je sens rien. Je donne mon fils à son papa, et j’essaie quand même de pousser, je sens la tête de ma fille sortir, mais c’est plus dur que pour son frère, je sens que ça coince, je commence à fatiguer et à me demander si je vais trouver la force… Finalement, en 3 poussées, elle est dehors, et je comprends alors pourquoi c’était plus difficile : elle a le cordon autour du cou, du pied et du bras. On la libère, elle est en pleine forme et se rendort directement sur moi. Ils ont tout juste 10mn d’écart. Je coupe son cordon.

J’expulse les 2 placentas en une poussée, et on nous laisse tous les 4.

Je reprends mes 2 amours sur moi, et on savoure…

Le lendemain je demanderai à mon homme si j’ai rêvé ou si l’accouchement a vraiment été aussi facile et sans douleur que dans mon souvenir, lui non plus n’en revient pas, mais oui, ça a vraiment été un accouchement de rêve…

On l’a presque fait seuls finalement, la sage-femme n’était pas loin, mais c’est tout, pas d’équipe de 15 personnes comme beaucoup de maman de jumeaux l’ont vécu… Respect total de nos souhaits. Parfait.

Le séjour à la maternité qui a suivi a été beaucoup plus difficile, mais cet accouchement que je craignais un peu en raison de tous les inconnus liés aux jumeaux aura finalement été le plus facile de mes 3 accouchements.

2ème partie : Le séjour à la maternité, ou comment on a tenté de saboter notre allaitement…

J’avais donc déjà 2 filles, que j’ai chacune allaitée pendant 1 an environ, sans soucis majeur, ça n’a été que du bonheur.
Lorsque j’ai appris que j’attendais des jumeaux, la question ne s’est même pas posée (dans mon esprit en tout cas), il était évident que j’allaiterais ces 2 bébés de la même façon que j’avais allaité les autres. 2 bébés, 2 seins, pas de problème.
Bien sûr, quand j’annonçais la nouvelle autour de moi, les gens me posaient souvent la question d’un air surpris (au minimum…) : « tu vas les allaiter ? », mais je n’aurais jamais cru que le fait de croire qu’on ne peut pas allaiter 2 enfants était parvenu jusque dans ma maternité…

Car en ce lieu que j’avais choisi depuis toujours pour venir mettre au monde mes enfants, dans cette maison de la naissance où je me suis sentie si bien, où j’ai senti tout le soutien dont j’avais besoin pour démarrer mes premiers allaitements (surtout le premier, une jeune maman se pose toujours beaucoup de questions…), ce lieu où l’on encourage pourtant les mamans au cododo, à garder leurs enfants près d’elles au lieu de les laisser en nurserie la nuit, ce lieu où bien sûr, l’allaitement est soutenu et mis en avant, je n’aurais jamais cru que l’on puisse y faire autre chose que de me soutenir dans mon choix (et encore moins tenter carrément d’aller à son encontre…).
Et pourtant, après un accouchement de rêve, j’ai eu droit à un séjour en maternité désastreux, déprimant, destructeur, traumatisant…

Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir été rapidement prise en charge par le service de néonatalogie (au lieu du service normal comme lors de mes autres séjours), mais très rapidement, j’ai eu le sentiment d’être complètement dépossédée de mon rôle de mère.
Pourtant mes enfants étaient en pleine forme, avec des poids « respectables » pour des jumeaux.
Mais mon fils avait un taux de sucre un peu faible à la naissance, du coup, malgré le fait que les premières tétées s’étaient bien passées, ont lui a très vite donné des compléments (sans vraiment me laisser le choix, en me faisant bien comprendre que je serais une criminelle de ne pas accepter…). Rapidement, gavé par les compléments, il n’avait pas faim au moment où on me disait de le réveiller pour le faire téter (au bout de 3 heures), donc, il ne tétait pas, donc, il fallait « absolument ! » lui donner un complément… Le cercle vicieux était lancé…
Ma fille tétait aussi très bien, pas de problème de sucre, mais comme elle ne tétait pas assez longtemps à leur goût (elle s’endormait après quelques minutes), il a vite « fallu » la complémenter elle aussi, ce qui a bien sûr eu sur elle le même effet que sur son frère…
Ma montée de lait est arrivée, mes seins ont explosé, j’ai eu des douleurs atroces, parce que du coup, aucun des deux bébés ne pouvaient plus me désengorger les seins…

Ils tétaient de moins en moins, avaient de plus en plus de compléments…
Avec les changements d’équipe, je rencontrais au minimum 4 ou 5 personnes différentes par jours, et donc 4 ou 5 discours différents…
Je faisais ce qu’une personne me disait (« comme ils prennent bien, vous pouvez ne pas donner le complément systématiquement, mais seulement s’ils ont encore faim après la tété »), pour me faire engueuler pas la suivante (« mais non ! Il faut leur donner le complément systématiquement, pour qu’ils reprennent du poids !! »), bref, on m’a complètement infantilisée, irresponsabilité, on a absolument pas écouté mes sentiments et mes instincts de mère (qui avait quand même déjà allaité 2 bébés…), et on m’a même souvent totalement méprisée (par exemple une nuit, alors que je discutais avec la puéricultrice de l’utilité d’un complément qu’elle voulait donner à un de mes petits –pas que j’étais radicalement contre, simplement, je voulais être sûre que chacun d’eux soit vraiment nécessaire, afin de laisser une chance à mon allaitement- je l’ai entendu me répondre qu’elle n’avait pas l’intention de « batailler » avec moi toute la nuit et qu’elle allait m’envoyer le pédiatre ! Constructif ce genre de menace…).
Plus les jours passaient, plus je me sentais mal, je me sentais fliquée, je devais demander l’autorisation avant de mettre mes enfants au sein, le faire en présence d’un membre du personnel (afin qu’ils vérifient s’ils tétaient correctement et viennent donner le complément). On me disait que ce n’était pas dramatique de ne pas les allaiter, et que peut-être plus tard, ils auraient envie d’y revenir… On m’a forcé à les mettre au biberon (au début, ils étaient au doigt-seringue) si je voulais rentrer chez moi, bref, un cauchemar, je n’avais qu’une hâte : partir !!!

J’y suis finalement parvenue, je suis rentrée chez moi (parce que je me suis battue et que les petits pouvaient y être suivi par une sage-femme).
Avec le sentiment de sortir de prison…
Avec mon fils qui prenait le sein + des compléments, et ma fille qui ne tétait pratiquement plus…
J’ai vécu des moments très difficiles, parce que même si je me disais que le plus important était qu’ils aillent bien, allaiter fait pour moi tellement parti de mon rôle de mère, que ne pas y parvenir aurait été pour moi une souffrance énorme…

Depuis le début, je sentais bien que ces fichus compléments coupaient l’appétit de mes enfants, les gavaient, et que 3h après, ils n’avaient pas faim ! Je voyais bien que quand ils n’en prenaient pas, ils tétaient beaucoup mieux, plus efficacement, plus longtemps. Mais les pédiatres et les puéricultrices de la maternité (du moins, presque tous), m’avaient tellement culpabilisée sur le poids de mes loulous, m’avaient fait me sentir tellement inutile et irresponsable (comme si j’allais laisser mes enfants crever de faim…), que je doutais de moi, de mon jugement, de ma capacité à savoir ce qui était bon pour eux.

Fort heureusement, il y a eu ma sage-femme, celle qui m’avait déjà suivie pour mes précédentes grossesses, celle qui me connaît un peu, sait que je ne suis pas irresponsable. Elle m’a fait confiance, en marchant sur des œufs, elle m’a laissé juste assez de marge de manœuvre, m’a offert suffisamment de confiance pour que je puisse relancer mon allaitement.
Elle m’a laissé tenter de ne pas donner de complément à mon fils, il a continué à prendre du poids. Elle a pris du temps pour m’aider à faire téter ma fille, elle a recommencé à téter, j’ai pu diminuer ses compléments. Puis, comme je ne supportais plus de galérer pendant des heures à tenter -en vain- de réveiller ma puce, avant de devoir la gaver de force avec le biberon, j’ai tenté de supprimer ses compléments également. Elle a tout de suite mieux tété. C’est même là que j’ai entendu ses pleurs de faim pour la première fois (je n’aurais jamais cru qu’entendre l’un de mes enfants pleurer puisse m’apporter autant de joie), elle s’éveillait, enfin !!

J’ai pu enfin ranger mon tire-lait et mes biberons. Ils avaient presque 3 semaines. 3 semaines de perdues, 3 semaines de gâchées… Et les doutes semés en moi par ces personnes à la maternité m’ont encore hantée quelques temps… Et puis, ils se sont estompés, petit à petit…

J’ai chaleureusement remercié ma sage-femme hier (en lui offrant des chocolats !!), parce que même si elle n’a pas fait grand-chose dans la pratique, je pense que sans son soutien et sa confiance, je n’aurais sans doute pas retrouvé celle que j’avais en moi-même et en mes capacités de mère, et je n’aurais sans doute pas réussi à allaiter ma fille.

Ensuite, tout est rentré dans l’ordre, mon allaitement n’a été que du bonheur.
Les allaiter séparément m’apportait la même joie immense que pour mes filles. Les allaiter ensemble, voir leurs 2 petites têtes et leurs petits yeux derrière mes seins en même temps me comblait à point que je n’aurais même pas imaginé…
Mais je m’interroge : et si ça avait été mes premiers enfants ? Et si je n’avais pas déjà l’expérience et l’assurance d’une mère qui a déjà allaité plusieurs bébés, aurais-je tenu ? Serais-je arrivée à allaiter mes enfants ?
Je suis persuadée que non.
Je suis quelqu’un qui a du caractère, je ne me laisse pas facilement démonter, mais malgré cela, ils ont réussi à me faire douter de moi et de mes bébés, alors une jeune maman sans expérience n’aurait eu aucune chance… Elle serait sans aucun doute passée à côté de la joie immense d’allaiter ses bébés.
Tout ça parce que des gens pensent savoir ce qui est le mieux pour nous (et nos bébés).
Tout ça parce que les préjugés idiots ont la peau dure et que certains croient que ce qui sort de l’ordinaire est impossible…
Je trouve cela injuste, les mamans de jumeaux devraient recevoir encore plus que les autres le soutien nécessaire à l’accomplissement de leur allaitement, et pas se voir mettre des bâtons dans les roues par des personnes qui ne savent sans doute même pas de quoi elles parlent !! »

Aujourd’hui, ils ont 17 mois, ma fille tète encore et mon fils boit encore mon lait que je tire pour lui ( depuis qu’il refuse de boire à la source…), j’en suis fière, j’y suis parvenue, malgré eux.
Pourtant, contrairement à ce que j’espérais à l’époque, et malgré tout le bonheur que m’ont apporté ces long mois d’allaitement avec eux, ces débuts difficiles ont laissé une trace en moi, comme une plaie ouverte, quelque chose qu’on m’a volé et que je ne pourrais jamais récupérer…

#225 Marie – Lyon 2012

3 Mar

Je n’ai jamais été plus sereine que pendant ma grossesse. Enfin mon début de grossesse.
A 26SA, des contractions violentes, très violentes, au point que mon compagnon m’emmène aux urgences. Au départ, on ne me croit qu’à moitié puis le monitoring confirme mes dires. La SF me dit qu’elle me fait un arrêt de 3 jours parce que là j’ai mon RDV de suivi mais qu’elle doute que je serais arrêtée plus longtemps. J’ai beau lui dire que je travaille debout toute la journée et un week-end sur deux, elle me fait une fleur avec cet arrêt. Et en même temps elle me dit que si je ne me repose pas je risque d’accoucher prématurément. Ce double discours de la maternité, je l’aurai toute ma fin de grossesse, que j’ai passée allongée sur mon canapé avec ordre de bouger le moins possible. Mais quand je me renseigne sur la préparation à l’accouchement, le discours change: « Oui, vous avez des contractions et il faut vous reposer mais ça ne vous empêche pas de suivre la prépa à l’hôpital ». Ah mais le médecin m’interdit de me lever sauf pour aller aux toilettes et a demandé un suivi avec monitoring une fois par semaine par une SF libérale (et venir le voir à l’hôpital bien sûr). Et là on me répond que mon médecin dramatise. Je ne comprends pas mais c’est ma première grossesse et je n’ose pas trop remettre en cause ce qui m’est dit par le personnel médical. Finalement, j’accoucherai à 37SA, donc presque à terme.

La veille de l’accouchement, je me présente aux urgences avec des pertes de sang et des contractions. Là on m’accueille plutôt bien avant de me dire que ce n’est pas le jour, que la maternité est bondée et que si je ne perdais pas du sang on m’aurait déroutée dans un autre hôpital. Et là je me dis: « à quoi ça sert de s’inscrire dans une maternité qu’on a choisi avec soin alors? » Toute la nuit, je vais souffrir de contractions intermittentes, sans pouvoir dormir, qui s’accélèrent quand je marche et ralentissent dès que je m’assois. Je marche dans les couloirs une grande partie de la nuit tandis que mon compagnon dort un peu sur un fauteuil. Je croiserai beaucoup de SF inoccupées dont aucune ne me demandera comment je me sens. Je tiens en me disant qu’on m’a promis un déclenchement pour le lendemain matin si le travail ne se lance pas vraiment. Après une nuit sans sommeil, avec toujours des contractions, je suis à bout. On me reparle de déclenchement mais pas avant le soir. Je demande en pleurant à être soulagée. La SF me répond que je ne suis pas assez dilatée mais qu’elle revient avec une perf’. Je ne l’ai jamais revue. A 13h, je calcule que cela fait 15h que je suis là, à marcher malgré la fatigue, la douleur et je n’en peux plus. Mon compagnon va faire le forcing auprès des SF. Et cela paie, on me passe en salle de naissance et l’anesthésiste arrive 15 minutes plus tard. L’infirmière anesthésiste me dit qu’il faudra un quart d’heure pour sentir l’effet de la péridurale. Je lui réponds qu’au bout de 15h de douleur, je peux même patienter une demi-heure de plus s’il faut. Je lis la surprise dans ses yeux mais elle ne dit rien.

Enfin je peux me reposer et envisager plus sereinement ce qui m’attend. Je discute avec mon compagnon et je lui rappelle que ce sera à lui d’énoncer nos choix si je suis dans le coltard. Il me tranquillise. La SF qui s’occupe de nous est bien plus humaine que celles que j’ai rencontrées avant. Elle me soutient dans mon choix d’accoucher sur le côté et nous explique tout ce qu’elle fait. A 18h, au moment du changement d’équipe, elle nous présente sa remplaçante. A 18h30, je sens que ça pousse. La SF me dit qu’il y en a encore pour plusieurs heures mais que, pour nous tranquilliser, on « révisera » la poussée vers 20h. A l’heure dite, elle se présente avec l’équipe qui l’assistera pendant l’accouchement. Elle me ré-explique comment pousser puis me dit d’essayer. Tout à coup elle me dit « Arrêtez tout. Il faut qu’on se prépare, le bébé arrive ». Je pousserai en tout et pour tout 3 séries de 3 fois. Puis elle me dit que la tête est sortie. Dans ma tête, tout se bouscule: le père qui demande à voir, le « ouf, je peux me reposer quelques instants » et surtout, surtout une pensée « Oh p*****, je ne l’entends pas pleurer! ». Les 10 secondes les plus longues de ma vie s’écouleront avant que j’entende un petit miaulement et que je me dise « Tout va bien, elle respire ». Je repousse une fois et ma fille est dehors. Tout de suite on me la présente et me la met dans les bras. La puéricultrice m’explique comment va se passer la première tétée et moi je flotte, les yeux dans ceux de ma fille, tout en vérifiant qu’elle a bien deux bras et deux jambes.
Nous passerons deux heures tous les trois à faire connaissance après que le père a pu donner les premiers soins à sa fille dans la salle de naissance.

Puis on me conduit dans ma chambre. Et c’est là que le pire a commencé: d’abord les entrées dans la chambre à toute heure de la nuit, en allumant la lumière; les réflexions limites désobligeantes quand je demande à attendre le père qui arrive dans cinq minutes pour le premier bain, et surtout un abandon total en ce qui concerne l’allaitement. Ah j’ai amèrement ri en repensant à l’après-midi consacrée à ‘allaitement dans la préparation où il nous a été dit et répété que les puéricultrices et SF étaient bien formées et qu’elles étaient là pour nous épauler, que l’allaitement ne faisait pas mal et qu’en cas de douleur, on serait aidée. Dès la première tétée, j’ai signalé ma douleur et on m’a répondu que c’était normal, qu’il fallait que mes seins se fassent. Quand j’ai montré mes crevasses le lendemain, on m’a dit: « Aïe c’est douloureux, vous avez de la crème à mettre dessus? » Mais rien en ce qui concerne la position de tétée, le fait que ma fille semblait avoir du mal à gérer ma quantité de lait. Tout ce qu’on me répétait, c’était que si elle perdait trop de poids, elle serait complétée au biberon, malgré mon opposition farouche.
Le summum a été atteint la seconde nuit. Une puéricultrice passe en pleine nuit pour me demander comment ça va. Bêtement, je lui réponds que je suis fatiguée parce que ma fille pleure beaucoup et qu’en plus les tétées se passent mal. Et là, elle prend mon enfant et en la secouant presque, elle lui dit: « Bon maintenant, ça suffit! Tu vas laisser maman dormir! Maman a besoin de sommeil et toi aussi. Alors arrête de pleurer c’est inutile! » Le reste de son discours s’est effacé de ma mémoire, horrifiée que j’étais par la façon dont elle s’est adressée à ma fille. J’avais besoin d’être rassurée et elle s’est attaquée à un petit bébé de deux jours à peine en lui disant qu’il dérangeait. Autant de violence m’a sidérée. J’ai passé le reste de mon séjour à me taire concernant l’allaitement.

Heureusement ma SF libérale ne m’a pas lâchée. Elle est venue au moins dix fois à la maison, me conseiller et me rassurer, m’aider pour l’allaitement et les soins. Sans sa présence et ses conseils, j’aurais sombré malgré la présence constante de mon compagnon et toute l’aide qu’il m’a apporté durant ces premiers jours à la maison. Aujourd’hui ma fille est toujours allaitée. Mes crevasses ont mis plus de deux mois à cicatriser et le site de la Leche League a été une ressource vitale pour m’aider à tenir le coup, à comprendre pourquoi les tétées étaient compliquées et pourquoi ma fille préférait téter assise. En fait j’avais tout simplement trop de lait, et elle n’arrivait pas à gérer le flux. Donc elle fermait sa bouche avant de prendre le sein et pinçait pour diminuer le flux. Avec la bonne position et beaucoup de patience, nous y sommes arrivées ensemble, tous les trois. Mon compagnon installait ma fille au sein quand je n’y arrivais plus, quand j’étais à bout de nerf et de douleur.

Aujourd’hui je me rends compte, avec un an de recul, que mon accouchement s’est plutôt bien passé mais qu’avec un peu d’écoute supplémentaire, ça aurait été mieux. J’en veux en revanche aux puéricultrices de cette maternité qui encourage l’allaitement car j’ai été abandonnée et qu’on m’a laissée me débrouiller seule. Je ne regrette pas d’y avoir accouché mais d’y avoir séjourné.
Une chose est sûre pour moi: pour une deuxième grossesse, je me ferai suivre par une SF libérale (la même que pour ma première grossesse) et, si j’accouche à l’hôpital, je demanderai à sortir le plus tôt possible.

#214 Births stories of Barbara, USA – 1975, 1977, 1978, 1980, 1982, 1988, 1989, 1990, 1992, 1994

3 Mar

I had 10 pregnancies, 7 live births. They all happened in the USA. number 3 was in Red Bluff, California. Number 4 was in Forest Grove, OR. All others were in Portland, OR.

1. Benji – 1975I was told by a friend to have a natural birth, to go to birthing classes where I should choose my birthing options, and to do most of the labor at home. I chose rooming in, no drugs. I did all that, just as I understood I was supposed to do. My classes were at the same hospital. But, the hospital did not obey any of my chosen birthing plan.

I did not like the prenatal visits with the man doctor. They used a cold, hard, metal thing to look in my vagina. It was uncomfortable. It was embarrassing to have a man attendant.

I labored at home for about 24 hours.

I went to the hospital at about 9 PM. (The baby was born about 2AM.) They ushered me into a labor room. I asked for my husband to be with me. He was denied for an hour for no reason. They made me take my clothes off and put on a hospital gown, too short and open in the back. I felt humiliated, naked, embarrassed. I said I was cold. They said they were all out of blankets. I asked whether I could put on some of my clothes, then. They said, « No. » I asked to be warmed up more than once. They had no remedy.

They checked me internally, and said I was 8cm. I realize now that I did not need any drug help. They hooked up an IV and began Pitocin, which I did not understand.

I was left alone. The LaMaze ideas of trying to distract myself by staring at a dot did not work. How can one ignore one’s body during Pitocin pain? The waves of pain rolled over me. I chanted, desperately, « I don’t want to. I don’t want to, » as I watched the clock and predicted the next contraction -all alone.

I threw up. A nurse was there to help me for that with a bowl. The nurse did not stay long. I asked for someone to stay with me. They said, « No, » because they were under-staffed.

I tried to do the breathing that was taught at the prenatal classes. I hyperventilated. A nurse told me I was doing it wrong. She put an oxygen mask on me, when I think a paper bag is what is called for.

The baby’s head was showing. I was 10 cm. It was in that condition that I was asked to move myself to another bed, so that I could go into a different room. I was not told why, but simply told what to do. I was afraid that this moving would harm the baby. It was hard to move.

We entered a room with an Arabic doctor. He never looked at me in my eye, nor talked to me. That scared me. I spoke to him, and asked quick questions, with no reply. I asked, « What are you doing now? » All of my prenatal choices were ignored.

I was given an epidural, an episiotomy, which caused a tear. Then the baby was laid crying on a counter nearby. I asked, quietly, guiltily, crying, « May I touch the baby? » I thought I was probably asking for too much. It was like they were there to be served.

They said nothing to me but proceeded to weigh the flailing, crying baby laying on his back, and did a circumcision right then. I would have wanted that done on the 8th day, but was not asked. What if I did not want that at all? They put drops in his eyes. There was absolutely no possibility of disease, so drops were unnecessary.

I spoke once in awhile, stuck, laying on my back, « What are you doing now? » No one answered me. I wondered if my voice had any volume. Couldn’t anyone hear me? Why didn’t they talk? I asked,  « How many stitches are you giving me? How long will this be? » No reply. I was a nobody.

I did not get rooming in. They fed him sugar water. He was not hungry when they brought him around for nursing. I prodded him to nurse and tried for long periods, if they did not take him away . My breasts got big and painful on the second day. I asked to have the baby, they said. « No. » They needed to watch him, keep him on a schedule, to poke his heal, to give him shots, to put lights on him. All of these things I did not approve of.

What good were the hospital’s birthing classes?

A nurse told me that my breasts were not enlarged, could not have milk the second day, and physically forced a spray shot of something up my nose. I asked what that was for. She said it was to lessen my milk supply. I said that I wanted the milk for the baby. Did she believe I had milk or not?

They said the baby had jaundice at the end of the second day. I snuck in some vitamin E after visiting hours. I gave some to the baby when they brought him to me. The next day they came to me and were puzzled. They said the baby had a miraculous healing overnight and no longer had jaundice. But, we could not go home because they wanted to wait and take another jaundice test. We were not allowed to go home until the fourth day.

They allowed a private person to lay the baby on his back, use a strong flash, and take his picture without asking. Everyone was so violent with the baby. Every hospital worker  loved his own procedures more than my wishes. Then, I was required to pay for the baby picture.

Just before I left the hospital, a doctor came in. He said my body lost too much blood and my body was to blame. I only have ever heard that from my two hospital births, never from home birth attendants. I told him that the Vit E cured the jaundice and he disagreed. He was defensive. He had no faith in vitamins, and said it did not help. He said that I could not know. Why couldn’t he just listen to my idea? Why are doctors so arrogant, so sure that they are the only know-it-alls in the room? He was almost offended that I had an opinion.

The pain from the Pitocin was so bad that I could not talk about having another baby, could not even think about it for six months. And I did want more. Nothing is so all-consuming painful. And I now know that Pitocin is harmful and unnecessary.

The baby was born on Sunday, early. We left the hospital on Wednesday afternoon, finally.
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The episiotomy cut tore. There had been a lot of stitches. There was an end of stitching string left hanging off. I did not know that was the reason that it hurt so much to walk.

I had to work very hard to learn how to nurse. I had a good book, « Breastfeeding and Natural Child Spacing, » by Sheila Kippley, for which I am most grateful. I was progressing.

I asked my husband to look and see why it hurt me to walk. He described the end of the stitches string hanging out. I asked if he would carefully cut it shorter. But, first would he please boil the instrument for 10 minutes? He said, « No, it will be OK ». He would not clean it, but he would cut the stiff thread. That did the trick. I could walk without that scratching pain.

On Friday, suddenly, I was in a lot of pain, so bad that I didn’t care about anything. We gave the baby to a neighbor, stranger, who was a doctor student. And I spent 3 days in the hospital. Since it was over a weekend, no doctor was available. I asked if the baby could room in for nursing. They said no. My poor husband had to work a labor job, long hours, six days a week, and shuffle the baby around to 3 babysitters. One older lady said the baby cried for 30 minutes because she did not know that the formula bottle had a seal that should be broken.

The hospital tried to do a procedure to me to make my milk dry up. They tied a strong towel around my breasts. I argued, « But I want to nurse! » Again, they were forcing procedures on me. I took it off. They finally taught me to pump my milk out to keep up my supply.

A nurse came in and gave me some medicine, then took some medicine over to the other bed and called my roommate by my name. I complained that I had gotten my roommate’s medicine. I wanted the doctor called. They were reluctant. They blamed it on being under-staffed.

If they gave me the wrong medicine, why couldn’t I just go home and nurse my baby? Because patients are captives, not allowed to leave.

They let my IV go dry. The flow reversed and I saw blood flowing back up the IV tube. Again, they said it was the under-staffing problem. So, I set myself to guarding the flow of my own IV. I slowed down the drip. I wouldn’t go to sleep. I checked every medicine that they gave me. I pumped milk. They came to take blood and failed repeatedly to make it work. I was stabbed too many times. I was vigilant to ask for the head nurse each time. She could always find my vein.

Finally, they did a good thing! They sent in a loving, gentle, kind nurse’s aide. She convinced me to relax. She convinced me that the nurses were competent. I slept.

It took me a whole week after I went home to get balanced about the nursing interruption. The baby was two weeks old then and lucky that he was being nursed, in spite of everything.

Years later it occurred to me that I almost died from that infection because my husband worked at a slaughter house and he wouldn’t clean the fingernail clippers. It was a germ called clostridium.

Sometimes women are all alone and powerless.

Benji’s birth cost under $10. I did not like the attendants.

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2. Andy, 1977a miscarriage, 22 weeks.
I had spotting at 19 weeks. A doctor from my same hospital said it was placenta privia. And he advised complete bed rest. I had an 18-mo-old to watch, and my husband worked 6 days a week. I did not trust that hospital/doctor group because of my past experience.

I went shopping for an alternative doctor. I knew that there must be a better way to have a baby. I found a quack doctor, who said that I should be up and around, that if I lost the baby, it would be OK. I could always have more. If I lost the baby, could I please give him the dead fetus to put in a jar? He had a collection of dead fetuses on a counter.

I thought he was going to help my baby live. He gave me what he said was a shot of Vitamin K. Immediately I started to have a pain all around my middle.

My husband did not help me worry about my condition. I think, if a husband would go to the doctor visits with his wife, he would recognize a quack.

I should have stayed home. But we went out to see a basketball team walk through the airport. I was left in the back of the crowd with the 18-mo-old. Benji got scared of the crowd of fans. I picked him up, which I had been avoiding. I felt something pop in my tummy.

The next day we went to the hospital. They said the baby had died. I asked to be able to birth the baby naturally. They said, « No. » They put me to sleep. When I woke up, I said, « May I see the baby? » They said, « No. It’s already in the garbage can. » I said, « Let me see it. » They said it was all cut up in pieces and I would not like to see it. They were chatting with each other cheerfully, when I thought it was a somber occasion. I have always felt like they performed an abortion on me. I mean, they were insensitive. I have ever since then wanted to put a tombstone with Andy’s name in the hospital yard, « This is where they threw my baby in the garbage can. » Years later I put a paper which said, « Andy » in a jewelry box and we buried that in our back yard.

I had talked 2 of my friends into using this same alternative doctor. One of their babies miscarried. One was born without enough oxygen and lived a short, painful life, which caused the couple to divorce. The alternative quack doctor disappeared. Even his name was suspicious, Dr Boggess.

Andy’s hospital miscarriage cost us under $5, because of insurance. I did not like the attendants. I wanted what was best, not what was cheapest.

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3. Jennifer – 1978
I wanted a natural, respectful birth. I imagined that a home-birth midwife was possible to find. I invented the thought in my mind. But, I was afraid to not use a regular doctor. So, I did both.

I requested all of the natural things from the regular doctor. He told me, « Yes, » to all my natural wishes, but always added, « if everything goes well. » I began asking more and more questions, « What might not go well? » He said, « Well, for example, if the baby gets cold, then you cannot have rooming in. We would need to take the baby away to warm it up. » I went to the hospital and noticed a wall thermometer in the delivery room that was 50 degrees. I asked, « Why so cold? » Their answer was, « To keep the doctor awake . » And I asked, « How often do you have to take the baby away to warm it up? » They said, « Quite often, actually. »

I figured out quickly that the hospital would take away my power with their procedures instead of doing what was good for the baby.

I sat on my couch with the phone and began a long, determined look for a midwife who would help me birth at home. Was there such a thing? It took me days of calling, calling, asking questions, until I finally found her.

Again books came to the rescue. « The Home Birth Book » by Charlotte Ward, and « Birth Without Violence » by Frederick Laboyer. They were very helpful.

And I got a birthing book by Dr Robert Bradley. It was not helpful.

I found a hippy-type midwife who lived up the mountain. She helped me have prenatals and to have the baby at home.

I’m a Christian and I did not appreciate her religious symbols at her living room/waiting room. But she was my only choice. I was lucky to find her, only one hour from my home. I am grateful for her.

That was in a state where home births were not accepted.  It was my understanding that we were engaged in an illegal, criminal activity. Midwives could be prosecuted. My idea was religious in that midwives are mentioned in the Bible, so it was my inalienable right to have a baby at home with a midwife.

I do wish that there could have been more freedoms, so that more people would choose to be home birth midwives, so that I could have shopped and chosen one that I liked better. But there was only one to be found.

The midwife gave me a nice list of things to buy, and detailed instructions of how to clean the room and how to sterilize the clothes and bedding. I really liked this. My future midwives did the same.

I traveled an hour to her house for prenatals. I also went to the regular doctor for prenatals. I liked the midwife’s visits better because she gave me more time, answered my questions patiently. The doctor’s answers were never satisfactory.

I asked the midwife to teach me to eat better, but she was reluctant for some reason.

When I was ready, the lady midwife and her man came and brought oxygen tanks and equipment. They said they knew how to help women, so had never needed to use their equipment. Every home birth I had after that was thus equipped. They were at my house all night while I labored, and seemed quite competent and knowledgeable. She and my husband made the lights low, talked quietly.

My first child, a 3 yr old, was able to sleep in his own bed, and wake up to a new baby, without any disruption to his schedule. My husband was able to serve the midwife, move furniture, whatever was required, happily serve everyone, and be treated with respect. My husband felt as if he were really helping and managing the whole details of the day. A nurse friend got to come over. My husband’s brother got to be in the next room. Everyone was treated with dignity.

They let me labor on my knees, next to the bed, and they humbly kneeled next to me to help me. Such an attitude of service was so much better than my hospital stays with my first baby and my first miscarriage.

The last couple of hours was distressful enough that I was afraid of the pain. I kept my knees together and wished it would stop and happen another day.  But, it was way better than having Pitocin. I did not know how to cooperate with my body.

My daughter was born with a low apgar score. It was then that the midwife swore out loud, which I wished that she had not done.  The baby was blue, not moving, and not breathing. The midwife competently, gently ran her finger up the baby’s back and the man tickled the baby’s feet. The baby arched her back, objected, cried out, and pinked up. It was all so gentle.

I had no tearing because the midwife was attentive to her part. Midwives know what, how, when, and where to touch to prevent tearing. Hospital doctors apparently only watch and then cut.

Midwives serve the mother and baby and family.  In a hospital setting, I was there to serve the doctor.

I thought the midwife did not charge enough. We paid $100. I thought she was worth more.

The baby weighed 5 pounds on a fish scale. The midwife seemed displeased with that number and with the looks of the placenta. I asked why. The midwife said, « Because you had a poor diet. » I said, « O my! That’s why I drove to your house for prenatals. You were supposed to teach me. What did I do wrong? »

I did my own study of my diet. I decided that what I did wrong was not eat enough and not use the salt shaker. I repented of that and never had a low-birth-weight baby again. The book that helped me was « What Every Pregnant Woman Should Know » by Brewer. There is now a web page, « drbrewerpregnancydiet.com »

I wish that my first midwife would have intruded on my diet habits. I wish that I had not believed in low calories and in low salt.

My husband read the Birth Without Violence book and gave the baby a nice, gentle, first bath right soon after the birth. The baby’s face was relaxed and happy.

When we went to the courthouse to register the birth, the midwife was not at home to take a phone call to advise us. Her man was afraid of the law and said that he thought we ought to keep their business a secret. So, we wrote that my husband was the birth attendant. It was a time to be afraid of the government when we walked up to the courthouse to register the birth! One should not be afraid of one’s own government.

The next day the lady midwife said she was sorry that her name wasn’t on the birth-certificate request, because she wanted to help the cause of midwifery. Each recorded home birth is a good thing.

I’m very grateful for that brave midwife, who stood alone in a scary state to be of service to me.

Ten days later, I took my daughter to the regular doctor, because I was afraid that this was required. They made her cry for a full half hour. I felt like a criminal, enabling this torture of such a little one. « Never again! » Was my commitment. The baby lost some if her happiness that day, and acted a bit differently. It was the wrong place to take her.  I did not protect her from violence.

Jennifer’s birth cost $100. I liked the midwife and her sidekick man.

I did not like the regular doctor. I don’t remember what he cost for his visits.
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4. Lincoln – 1980We moved to a new state. There were at least 8 midwives to interview! The options were wonderful. I chose one who was competent, but was grumpy and tired. I changed quickly and chose one that was my midwife for the next 7 pregnancies.

I was treated with kind respect by this, MY midwife. She was well- read and had time and an answer for all of my questions.

I still was afraid of the government, so I went to the free regular-doctor visits. But the doctor had no time for me, and did not give me satisfactory answers to my questions. I wanted to be educated in the birthing process.

I did not want to use contraceptives any more. I had been pressured by a local Planned Parenthood to use spermicide. I never liked it. I did not need it. They did not treat me with respect nor seem to listen when I said that yes I did want children.

I am not Catholic, but I was treated with respect in a Natural Family Planning class. When I got pregnant with this third live birth, I called to apologize and I got the most pleasant comment I ever got before. « Barbara, It’s OK to have a baby. » It was respectful and cheerful and optimistic, and was actually what I wanted to hear from someone. It made me giggle and smile, and think, « Oh yeah. I knew that! »

I worried and prayed and begged for birthing knowledge. I wanted a pain-free, distress-free birth.  I tried to read the Bradley book again about a birthing method. The book was not helpful! It said we need to make the doctor comfortable! Therefore the mother has to labor flat on her back and a strong light has to be facing the baby’s head at birth. I yelled at the book!  I prayed and worried some more.

Then I found a book! « Special Delivery » by Rahima Baldwin.  It was a direct answer to prayer. This book worked to help my subsequent births be almost painless. After this knowledge, after a birth, I could say, « I could do this again right now! » I could have a birth without distress!

At the end of this pregnancy, I called my midwife and asked her to come. It is so nice when they are rushing to travel around instead of me doing that. I could stay put while others were driving. She came and observed some meconium staining. She said we had to go to the hospital, but that she would go with me.

I had two friends who were invited to observe the birth. They were allowed to come. I was allowed to labor on my knees. The doctor said he would go take a nap. Wake him up when the birth is imminent. I did not want the doctor. I told my midwife that I had confidence that she would do just fine with whatever was needed. Indeed, my home birth midwife managed my hospital birth.

My midwife was always concerned with liability. She held back because she was afraid I, or someone else, would sue her.  I overcame that problem by asking her, « What would you do if it were your baby? » After that question she always gave me honest answers.

I did not tell my midwife until the baby was almost coming out, because I wanted her and not the doctor.  She suctioned the baby’s mouth to keep the baby from breathing-in the meconium. She did everything perfectly. She made me have no tearing.

We did not wake up the doctor until after the baby was born. He came in and immediately acted bossy. He pushed on my tummy to try to make the placenta come out. We have a picture right then with my mouth open in objection! I had read that you leave it alone and let the placenta come out by itself. He did not know safe procedures. Then he sat down to tell me my body was bad and my body bled too much and now my bad body was anemic. Only in the two hospital births with the two men did I ever bleed too much. He was creepy. Later I learned that he was an abortionist, and only helped midwives because he was libertarian.  I wish that he would not have touched me.

The hospital nurses wanted to take the baby away to do their procedures. I said, « No. » They pressured me, got my husband on their side against me, and promised to not make the baby cry. I wanted a birth without violence. I could not walk without almost fainting. I asked my husband to go along and protect the baby. They took the baby away from me. They made him cry loudly for half an hour with no letup and I could not get up to protect my baby. Why poke, stick, pull, measure, in such a torturing way?

I liked the midwife and the assistant she brought. We bartered in payment. We made and gave the midwife a stained-glass window for Lincoln’s birth.

I did not like the doctor or the hospital. They never sent me a bill and I never reminded them.

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5. Anna – 1982My midwife was wonderful. I was in good hands. I finally got my non-violent birth.

Again I also went to the regular doctor for pre natals. About halfway through the pregnancy I went to my last visit with the regular doctor. I thought it had been such a waste of time with no value. It was free to me, but offensive. I was scared every time I went. The regular doctors always talked down to me as if I had no brain. I quit. I was finally not straddling the fence any longer.

At the end of this pregnancy, I called my midwife to come. She saw signs of meconium staining. We both knew she could handle it and she did.

My midwife made the lights low, the music soft, spoke in whispers, let me labor on my knees, knelt next to me to serve me, did my first laundry. There was almost no blood, no anemia, and no tearing. I could walk without fainting. The baby was treated kindly, gently, and there was no crying, tortured baby. My husband was allowed to manage everything to his liking, choose the music. Our three other children were asleep in the next room. Everyone was treated with honor.

The midwife poked the baby’s heal, but did it with great wisdom and gentleness. The baby did not cry.

I made and gave the midwife a couple of quilts I think for Anna’s birth. I did not pay her enough that time. I liked the midwife and the assistant she brought.

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6. Lucas, 1988
Miscarriage.
I managed it, myself, at home, alone, with midwife advice over the phone. I wish my husband had been more sympathetic. I was so glad that I did not use a hospital. They are so rude and arrogant. Only a little amount came out. We buried it with dignity in a jewelry case in the back yard with a silly little family ceremony. We gave the baby a name.  I wanted to teach the children that life is sacred and honorable. It made my husband embarrassed. He was afraid the neighbors would see us.

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7. Robert – 1989My midwife again was wonderful.

She even found an alternative for me to the poking of the baby’s heals. We did urine tests after that. Thank You My Midwife!  I wanted to treat newborns with gentleness.

There was something that I did not like. I thought it was disrespectful to me. My midwife and my husband turned up the heat to 80 for some reason. I figured that if it were so uncomfortably hot for me, then it was bad for the baby. They would not listen to me to turn it down. It made me feel so powerless. I therefore stripped off all my clothes to help the baby. I hate to be naked, and in front of my midwife and my husband at the same time. I wish they would have turned down the heat at my request.

My baby was born with a rash on his face that took a month to go away.  Was it because of the heat? I don’t know.

My midwife knew her job well. She spoke sweetly and kindly. I was always glad she was there. Even though I tell you a complaint about something, I was still continually aware of my gratitude to her.

Our four other children were right there, sleeping in the next room. We woke them up early. My third oldest child, Lincoln, was 8. He got on my bed, had a hymnal, and made us all sing together (in 3 part harmony), « Now Thank We All Our God » all 4 verses. It was wonderful.

I think I paid $700 for my midwife and another good midwife that she brought along.

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8. Abigail – 1990

My midwife came to my house, as she had always done, monthly, for my prenatals. She usually stayed an hour.

Three weeks before the due date my water broke. My midwife proceeded to instruct me that regular hospital procedure required that the baby was required to be born inside of 24 hours. I would not go to the hospital.

My midwife was very nervous and kept wanting me to go to a hospital because of fear of infection and fear of liability.

My husband got heavy into agreeing with my midwife. I felt all alone. I prayed and felt sure that my labor would start when the time was right. I did not believe in labor induction.

I got on the phone and searched and called and found some people who agreed that one could wait a week if certain things were OK.

My midwife came and explained that she attended meetings with other midwives who judged each others’ cases. This self-monitoring group is a really good thing that some midwives do!  Her friends were putting pressure on her to make me go to the hospital. I appealed, « I will not go to the hospital. But, I will do anything that they want me to do. »

With that in mind, the midwives met and decided in a list of minimum requirements for me. They wanted me to comply with that list. I was allowed to make a chart where I wrote down everything that happened about several things -hourly. Temp. My heart rate. Baby’s heart rate. Placenta heart rate. Water loss. Urine amount approx. Water intake. Etc.

I went to buy some herbs to help me. I called my midwife because I realized that I did not know which herbs to buy. My midwife was very knowledgeable and was able to instruct the herb lady what to sell me.

My baby was born in the fourth day after the water broke.

On the fourth day, the midwife came and announced that she hadn’t slept for worry for me. She begged me to call my doctor and go to the hospital. My husband got on the bandwagon to pressure me. I did not think it was right to induce this baby and to allow the hospital to hit me over the head with their hammers, or whatever they would choose to do. A nurse friend of mine called up and verbally lashed me for not being responsible and for not going to the hospital right then! I felt all alone in protecting this baby from intervention.

But, I was now powerless. My baby could be ruined by others. I called a doctor who was kind to midwives. He wanted me to have the baby at home! Hahaha. What a twist. He said I could not get such good care at the hospital, and he would not have been able to have such a good chart filled out under his hospital care. He just did not have enough staff.

So, my home-birth midwife wanted me to go to the hospital. And my hospital doctor wanted me to have the baby at home. Amazing!

Thankfully, my labor started and the baby was born at home in a couple hours after that, posterior, but not distressful, laying on my back on the bed, which was unusual for me. Another non-violent birth. Good!

Then they turned on the basketball game and quit paying attention to me.  And I joked, « What do I have to do to get attention around here? »

I think I paid $900 for my midwife and another good midwife that came to the birth.

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9. Kevin – 1992There were four things about this pregnancy that I did not like. Other than that, it was a really gentle birth.

I was really, really tired in about the middle of this pregnancy. Something was wrong. I was sent to get a blood test. « It could be leukemia, » my midwife said. « I would like you to look in your books and find a possibility that is easier to fix. And give me how many days to try to work on that. » She helpfully read me a list of possibilities for that type of blood-test result. I chose « a possible deficiency in Vit B (something) and folic acid ». She gave me three weeks. After that time, I got a good blood test result back! The lab said it must be in error because no one gets well that fast. I felt deflated, not believed, not respected. I said, « Wait a minute! I feel better! I’m not tired! It did work! »

I did not like the birthing stool. I wish I had not been pressured to use it. I believe it hurt my insides in some way. I should have been encouraged to take the position that felt best for me.

My Midwife told my husband to observe the baby’s breathing. So he watched him all night. I wanted to hold the baby to get the bonding. I think the midwife should have included me in that discussion. I did not like being left out of Kevin’s first night. It is my understanding that a newborn baby needs his mother.

We found a doctor who would do a circumcision on the 8th day. He did not do it just right, which caused the baby a few days of pain. We were shy of going back to the doctor to complain because we had had so much trouble with doctors in the past. Finally, we did go back. We were treated with respect, speed, accuracy, apology, for a quick remedy. I must say we were surprised. We shouldn’t have waited so long.

I paid $900 for my gentle, competent midwife and for another good midwife who also came.

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Miscarriage, 1994My midwife’s assistant, another midwife in the area, helped us with competence, intelligence, and kindness. I needed to stop bleeding, and she helped me to find a prescription for it from a doctor who helped midwives. I only needed one of the pills to stop the bleeding. She bought the rest from me. I thought it was all decent and honorable. Midwives should be allowed to carry a couple of emergency medicines.

The problem I had with that pregnancy/miscarriage happened when my husband decided that I needed a regular doctor. I did not know one good reason to do that. But he made us park in a hospital emergency parking lot for a few hours, just in case. It was uncomfortable, and a waste of time. Why do hospital doctors have so much unnecessary power to scare us like this? Why don’t they be more available so we can just ask them simple questions like when I call a home-birth midwife?  If I had gone in, they could decide how long I would have to stay in there and what they would do to me. I would have been a captive.

I enjoyed the care that the midwife gave me in my house.

I felt humiliated cowering in the hospital parking lot.

I liked this midwife. I paid about $100 for this.

===Thank you for listening to my birthing stories, with emphasis on whether I was treated with respect.

I wish the midwives could get more respect and a little more pay. I wish that they would only be overseen by other midwives.

-Sincerely, Barbara

Naissance de Damien, Québec – 2011

28 Fév

Naissance de Damien, Québec, Canada
Le lundi le 24 octobre 2011, à 5h52, est né notre fils.
Bébé pesait 7 livres 4 onces pour 20,5 pouces.
Le travail a duré environ 8 heures dont 2 heures de poussées.

L’accouchement comme tel fut respecté et très beau. Suite au transfert à l’hôpital, les choses se sont corsées toutefois.

*     *     *
Le lendemain de la fête de ton papa, je faisais pipi sur un petit bout de plastique qui allait m’annoncer le plus grand changement de toute ma vie… j’allais devenir maman! À partir de ce moment, j’ai su que les jours et les nuits ne seraient plus jamais les mêmes, ma tête et mon cœur allaient d’instinct vers toi, je voulais – et je veux toujours – ce qu’il y a de mieux pour toi! Les semaines ont passées, mon ventre gonflait et je te sentais de plus en plus présent. À vrai dire, tu étais dans mon ventre un petit bébé très vigoureux! Tu adorais communiquer avec nous et faire sentir ta présence. Quels beaux moments nous avons passé ensemble quand tu n’étais encore qu’un fœtus dans mon bedon! Nous avions nos façons de communiquer, nos petits moments privilégiés. Et toi, tu te faisais remarquer, en général en me donnant des coups de pieds dans le côté droit, juste sous les côtes ou en faisant ce que j’appelais « la baleine »…des belles grosses vagues de bedaine! Et plus le temps passait, plus nous étions prêts à t’accueillir. Ta chambre, tes vêtements, ton prénom…tout cela était planifié avec amour. Même avec toute notre bonne volonté et les livres lus, jamais nous n’aurions pu imaginer le raz-de-marée que tu allais causer petit bébé!
Dès les premières semaines de grossesse, je me doutais bien que j’attendais un petit garçon et je me doutais aussi que tu allais être un petit pressé… Et bien oui, après la moitié de la grossesse avec de fausses contractions, le travail préparatoire s’était fait petit à petit et c’est le jour des 37 semaines – le moment où tu étais considéré « à terme » dans le jargon, que le vrai travail a débuté. Ma nuit du samedi au dimanche avait été la plus belle depuis des lunes. Un sommeil profond et réparateur m’a fait filer jusqu’à tard dans l’avant-midi. Puis, nous sommes partis, ton papa et moi, déjeuner avec la famille. Aux dires de tous, ma bedaine était bien basse. Et moi, j’avais disons un peu trop d’énergie pour une fille aussi ronde! Ton papa se doutait bien de quelque chose… je vivais le fameux phénomène de la couvade! Je voulais que tout soit parfait pour ton arrivée… Rien de trop beau pour mon bébé! Alors donc, nous avons marché longtemps, une heure, tous les restos étaient pleins. J’étais fatiguée, mais je me disais que c’était bien normal, je n’avais pas mangé! Après le repas, tour aux toilettes et encore une fois, je perdais un peu de sang. Depuis jeudi, le moment où j’avais perdu les premiers petits bouts de bouchon muqueux, je saignotais un peu. Ça commençait à m’inquiéter. Et si tu n’allais pas bien?
En revenant à la maison après notre petit déjeuner familial, vers 15 heures, les contractions habituelles se faisaient plus insistantes, mais rien de dramatique. Rien pour nous empêcher, ton papa et moi, d’écouter quelques épisodes collés sur le divan! Mais après le souper, elles devenaient plus inconfortables, assez pour aller m’installer sur le gros ballon et penser à bien respirer. Un peu avant 21h, je me suis dirigée vers la douche pour tenter de me relaxer un peu avant d’aller me coucher. Alors que les saignements du col m’inquiétaient malgré les dires rassurants de notre stagiaire sage-femme, l’instant où j’ai perdu mes eaux m’a semblé tout à fait normal. J’ai entendu et senti un gros CRAC dans le bas de mon ventre et, dans la douche, un torrent d’eau chaude s’est mis à couler le long de mes jambes. Tu t’es mis à bouger, j’ai l’impression que ça t’a surpris mon amour! Je sentais encore mieux tes coups de pieds et tes mouvements, mais j’ai tranquillement terminé ma douche. J’allais être belle pour le grand jour de ta naissance! Après m’être essuyée tranquillement en sortant de la douche, j’ai dit à ton papa par la porte de la salle de bain ce qui venait d’arriver et lui a fait signe à notre sage-femme par téléphone que le moment était venu. Et oui, déjà! À 37 semaines tout juste… Les choses se sont mises à débouler très vite. Les contractions se sont intensifiées beaucoup après avoir parlé à une autre sage-femme. Elle ne croyait pas ton papa que mes contractions duraient 1 minute et qu’elles se succédaient aux minutes. C’était très intense! J’étais dans ma bulle, couchée sur le côté gauche, dans mon grand lit. Je pensais à toi.
Ton papa a alors pris les choses en main. Il a récupéré les choses qui manquaient dans nos bagages qui n’étaient pas complètement terminés (je croyais avoir encore du temps dans les semaines à venir). Nous avions un tas de choses inutiles! Il a téléphoné un taxi qui est arrivé rapido presto et dans lequel je suis embarquée un peu à contre cœur, je m’y sentais coincée… Je n’avais aucune envie de sentir les nids de poule des routes de Québec à ce moment si crucial pour nous!
Alors nous voilà, filant à travers la ville endormie pour nous rendre vers la maison de naissance. On nous accueille et m’invite à prendre l’ascenseur pendant que ton papa et le chauffeur de taxi déchargent nos milles et une choses. Notre première sage-femme et sa stagiaire que nous aimons beaucoup sont là, mais pour le moment, elles sont occupées, une autre naissance est en cours. En fait, nous sommes quatre femmes en travail dans la nuit du 23 au 24 octobre. Ça bouge, ça crie, mais l’atmosphère demeure paisible sur l’étage. On nous conduit à notre chambre. Elle est petite, mais je m’en fiche, je m’y sens bien. Il fait chaud, les lumières sont tamisées et déjà, je rêve du bain tiède qu’on propose rapidement de me faire couler. On dirait que les déplacements ont accentué mes contractions. Je m’appuie sur le bord du lit, je me laisse aller dans la douleur. Décidément, le quatre-pattes sera ma position fétiche lors de ta naissance. Je dois donc être examinée, mais c’est plus difficile que prévu. Mon col est dur à atteindre, mais on m’apprend éventuellement que je suis environ à 5 cm de dilatation, si mon souvenir est bon. Les sages-femmes écoutent ton petit cœur régulièrement. Il bat bien. Bravo mon champion!
Les minutes filent, je suis dans le bain chaud, ton papa est près de moi. Mais ces contractions sont si vives et si rapprochées! Ouf…on me propose de l’homéopathie pour aider à les espacer et me permettre d’atteindre la béatitude des endorphines. Ça marche! Je plane littéralement entre chaque contraction. C’est formidable!  Assise en indien dans le bain, les yeux fermés, je me balance. Et hop, dès qu’une contraction arrive, à genou sur le bord du bain! Je dois me rappeler de bien respirer et de chanter mes contractions le moins aiguës possible, car comme dit ma sage-femme, Bébé ne sortira pas par la bouche!
Au fil des heures, j’essaie de sortir du bain à quelques reprises, mais c’est un échec, je me sens mieux dans l’eau, j’ai moins froid. Je vois ton papa qui commence à être fatigué de toutes ces émotions, mais qui demeure près de moi, toujours présent. Et les sages-femmes rôdent autour, mais toujours de façon subtile et dans le respect du moment que nous sommes en train de vivre. Quelle intensité, quelle beauté que de mettre un enfant – son enfant – au monde! J’ai de la difficulté à placer les évènements dans le temps. Je sais simplement que j’ai soudainement eu envie de pousser, mais on m’apprend qu’il est beaucoup trop tôt. J’en suis à 7 cm. La route est longue encore à parcourir. Je dois donc faire des sons graves pour t’aider à frayer ton chemin et moi je ne dois pas tenter de te pousser à l’extérieur trop tôt, car mon col pourrait enfler et te barrer la route. Quel calvaire que d’essayer de retenir cette envie impérieuse. Mon corps veut trop! On se rend donc compte que tu t’es tourné petit tannant. En postérieur. C’est cela qui me donne envie de pousser, nous sommes dos à dos! On me propose donc différentes positions pour t’aider à mieux te placer. Ouf… Et voilà, on me propose une manœuvre avec ta tête pour te donner un coup de pouce dans ta rotation. Et c’est un succès! Notre sage-femme est surprise de constater que je suis soudainement complète et que je peux commencer à pousser. Des émotions, il y en a dans l’air pendant ta naissance!
Alors voilà, nous sommes 5-6 personnes dans le grand lit et je dois tenter d’apprivoiser l’idée de la poussée. C’est étrange, libérateur en même temps, mais étrange. Et je travaille fort! J’ai besoin de soutien. De la main de ton papa et de celle de toutes les femmes présentes autour de moi. J’ai si mal que j’en vomis. On doit m’installer un soluté pour m’aider à garder mon énergie, car la route est longue. Deux heures de poussée pour arriver à te faire sortir mon amour! Et toi, tu devais travailler bien fort aussi, mais de l’intérieur…quel courage mon bébé! Ton papa m’a épongé le front avec amour, il m’a donné des gorgées d’eau, il m’a réconfortée. Et il m’a encouragée! On voyait ta petite tête avancer, tes petits cheveux. Et je t’ai touché. Tu étais encore dans mon ventre à ce moment. Puis, les choses ont déboulé. Dans ma tête, c’était un point de non-retour. Je voulais tellement te voir! Alors, j’ai poussé. Fort. Et ça brûlait horriblement, mais je voulais te tenir dans mes bras… Ta tête est sortie. Puis j’ai senti tes petites épaules se glisser et enfin tout ton corps, comme un petit poisson. Tu étais là mon amour! Je t’ai pris sur mon ventre, Tu étais tout chaud, tu sentais bon. Ta tête était sur mon cœur et je te trouvais magnifique! Te voilà enfin mon amour! Et ton papa m’apprend que tu es un petit garçon. Mon Damien d’amour!Naissance Damien 008
Ton papa a dû couper rapidement ton cordon, car les choses se sont mises à aller très vite. Tu n’avais pas l’air de bien aller. Ta respiration était difficile et tu ne prenais pas assez de couleur. Et moi j’avais peur, je voulais te tenir sur mon sein, mais tu as du aller sur la table de réanimation. Tu étais minuscule, loin de moi. Mais les sages-femmes ont fait tout ce qu’il fallait. Elles ont été formidables. Elles étaient comme des abeilles autour de toi, mon tout-petit. De mon côté, j’espérais que ce n’était qu’un mauvais moment à passer et que tu serais sur moi dans peu de temps. Mais les minutes passaient. Ton placenta est sorti. La délivrance qui a mis un peu de baume sur mes brûlures. Mais toi, tu as du partir en ambulance. Mon bébé. Et ton papa t’a suivi. Je pleurais, je voulais vous avoir près de moi. Mais je savais que ta vie était en jeu. Notre sage-femme nous a permis quelques instants ensemble avant ton départ. J’ai pu te serrer contre mon cœur, te sentir, te dire que je t’aime. Puis tu es allé dans la grande civière… À plus tard mon amour! Maman va rester forte et je viendrai te voir dès que possible…
C’est ma maman à moi qui est venue me rejoindre pour me réconforter pendant les suites de ta naissance. Trois heures après ta grande sortie qui avait eu lieu à 5h52 – tu es né avec le levé du jour mon amour – j’étais sur mes jamNaissance Damien 002bes et je partais te rejoindre. C’était un peu irréel tout ça. Ton papa était si fatigué, mais il avait veillé au grain pendant mon absence pour ne pas qu’on te donne un de ces milles biberons de PCN (préparation commerciale pour nourrissons) proposés et s’assurer que les infirmières soient douces avec toi. Je demeurais confiante, même si je te voyais dans ce grand incubateur, relié à tant de fils à-côté de tous ces minuscules bébés malades du service de néonatalogie. Ma première nuit sans ma belle bedaine et bien je la passais loin de toi, mais malgré l’inquiétude quant à tes petits poumons, je savais que les choses allaient s’arranger. À toutes les trois heures, j’ai tiré à la main mon colostrum, c’était ma façon de te dire que j’étais avec toi malgré la distance qui nous séparait.
Et la vie nous a souri mon amour…
Le jeudi 27 octobre, je t’habillais dans ton petit habit d’hiver, je t’installais dans ton siège d’auto… Et nous sommes partis de l’hôpital, où tu avais été transféré le mardiNaissance Damien 012 précédent, pour nous rendre à la maison après un arrêt à la maison de naissance pour s’assurer que ton siège d’auto te protégeait bien.
En route vers la maison, j’ai eu l’impression que l’ordre des choses se replaçait après ces dures journées à l’hôpital, à recevoir milles conseils contradictoires sur la façon de te nourrir et de prendre soin de toi. Après ces nuits sans ton papa qui n’avait pas le droit de rester avec nous, ces nuits où tu devais rester à la pouponnière, loin de moi… Nous allions enfin être réunis. Nous avons fait confiance à notre instinct de parents. Nous nous sommes battus pour que tu n’aies que le bon lait de maman et qu’on diminue progressivement le soluté qu’on te donnait. Nous avons fait tout en notre pouvoir pour que tu prennes du mieux et que tu sois respecté dans ton unicité, mais ces quelques jours à l’hôpital resteront gravés dans nos cœurs et nos corps pour toujours. Trop de larmes et d’aiguilles, pas assez d’écoute et d’empathie. Une chance que nos sages-femmes restaient présentes et pleines de compassion au bout du fil pour nous soutenir. Une chance que nous étions informés. Une chance que nous avons eu le cran de nous battre pour nos convictions et nos droits de parents.
Quel bonheur que de t’avoir près de mon cœur… Mon fiston sans fils ni soluté. Que de la belle petite peau rose, une petite bouche en cœur et des yeux plein de magie! Bienvenue Damien…
Ta maman, Anne-Marie