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#289 Camille, le récit de trois césariennes

24 Sep

Je suis tombée par hasard sur votre défi de réunir 1000 témoignages en 1 an, sur la facon dont se passent les naissances en France et ailleurs.
Pour ma part, je garde un goût amer de tout ca…
Décembre 2006 j’apprends que je suis (enfin) enceinte, apres 18 mois de tentatives et plusieurs fausses couches spontanées. Ma grossesse se passe merveilleusement bien; je vis à Toulouse (31) j’arrive à m’entourer d’une sage femme incroyable qui me prépare à un accouchement le plus naturel possible. Dans ma tête, je m’imagine déja gérer le travail avec l’aide de mon époux, attraper mon fils a la sortie de mon ventre et le poser tout contre moi pour la tétée de bienvenue!
Oui mais voilà, à 8 mois de grossesse, le gynéco de la maternité de la clinique de N******* (11) m’envoit en urgence passer un scanner du bassin. Il ne m’explique pas pourquoi, et je pars la bouche en coeur passer cet examen. Le radiologue fait son travail en me disant que « de toute facon, je ne suis pas un gabarit de 1ière compétition »… Je ne comprends pas sa remarque mais ne demande pas plus d’explication. Je retourne voir mon gynéco avec les clichés de mon bassin; il me prend entre 2 rdv, dans une salle d’archive minuscule où on ne peut ni s’asseoir ni bouger. Et là, de but en blanc, il me dit « ouai bah on est à la limite de la césarienne! Allez on va aller planifier ca avec ma secrétaire » Je n’ai pas eu le temps de protester, de réagir, de demander quoique ce soit que déjà la date de naissance de mon fils était programmée « et bien je vous dit à mardi 14, à 7h au bloc! Allez voir la sage femme du bloc, elle vous expliquera plus en détails. Je vous laisse, une autre patiente m’attend »
J’ai passé les 10 jours suivant dans un état de demi conscience, ne sachant pas vers qui me tourner… J’avais 22 ans à peine, j’avais imaginé tous les scénarios catastrophe (prématurité, forceps, épisio) tous sauf la césarienne… Je ne trouve de réconfort auprés de personne: mon mari est soulagé que tout soit programmé; au moins y’aura pas d’imprévu. Mes tantes, belle mere, belles soeurs, etc s’extasient sur LA CHANCE que j’ai de ne pas connaitre les contractions. Bref, dès que j’essaye de parler de mon mal être, on me rabache que je n’ai pas a me plaindre, que je ne vais pas avoir à me poser de questions, je ne vais pas souffrir, mon bébé aura une belle tête ronde, et j’en passe des pires!
Je rentre donc la veille de la naissance de mon fils à la maternité. Les examens s’enchainent: prises de sang, frottis; une sage femme vient me raser le pubis; une seconde viendra 20 min plus tard vérifier que c’est bien fait (j’adore quand je suis respectée ainsi… « Baissez votre culotte madame! ») écho, monito, douche à la bétadine…. Nuit blanche, on me donne des cachets pour tenter de m’anesthésier le cerveau.
6h le lendemain matin. On vient me réveiller (enfin, me dire de me préparer) Je suis un zombie qui fait des gestes machinalement. On me presse, on me dit d’un ton peu sympathique « de me dépêcher!!!! » Les brancardiers m’emmènent. Le gynéco m’avait assuré que mon mari pourrait être présent, et là, juste devant les portes du bloc, on nous dit que non ça ne sera pas possible! Arrivée au bloc on m’installe. L’anesthésiste tarde à arriver donc pour gagner du temps on me pose la sonde urinaire à vif. Puis l’opération commence. Je suis mal, je pleure comme une enfant; le gynéco dit alors « faites entrer son mari! » Le soulagement quand je le vois arriver; il est aussi stressé que moi et ne cesse de me dire des trucs que je ne comprends pas. Soudain on entend un bébé pleurer; et on me montre une petite frimousse emmaillotée en me disant que c’est mon fils! Je ne réalise pas du tout…. Déja il part pour les soins (je ne le reverrais que 3h30 plus tard; pratique pour débuter un allaitement) La sage femme dit en rigolant « bon, on vous pose une fermeture éclair pour les prochains?! Ah ah ah »…. Les praticiens s’extasient sur le fait que je suis mince « c’est top de travailler dans ces conditions: ya pas un pet de graisse, on passe comme dans du beurre » …. J’ai envie de dormir pour ne plus entendre toutes ces méchancetés; je me sens vidée. Une fois l’opération terminée, le gynéco me félicite; je demande bêtement « pourquoi? » Je n’ai pas le sentiment d’etre bonne à féliciter.
En salle de réveil j’attends…. On me fait comprendre que je ne remonterai en chambre que lorsque je bougerai mes jambes. Je m’évertue a essayer; en vain. Une maman arrive 1h plus tard; et repartira avant moi… Y a vraiment des injustices partout, même en matière d’anesthésie! Un anesthésiste vient me voir, s’accoude à mon lit et me lance « alors, qu’est ce que vous avez eu? » Et moi de répondre « une césarienne ». Le médecin lève les yeux au ciel et réplique « Non mais ça je sais! C’est une fille ou un garcon? »… Les heures passent… Enfin je vais pouvoir remonter mais avant on me fait une toilette intime; les anesthésistes ne mettent ni rideau ni paravent: je suis nue et pas franchement à mon avantage dans une salle remplie d’autres patients. Quand j’en fais la remarque, on me rétorque que « de toutes façons, ils sont tous dans le gaz! » Tous peut-être, mais certainement pas l’autre maman qui est à côté de moi et qui détourne le visage, aussi génée que moi.
Je passe rapidement sur les « conseils » que je recevrais durant mon séjour en matiere d’allaitement: « De toute facon vous n’y arriverez pas, vous n’êtes pas motivée! » (J’ai allaité mon fils 16 mois; pour quelqu’un de pas motivée, je pense avoir fait fort!) Je ne m’attarderais pas non plus sur le biberon de lait qui fut donné a mon fils en pouponnière…. Et je ferais l’impasse sur le lit plus qu’inconfortable pour une maman césarisée (lit non relevable, sans potence pour s’aider à se lever, etc)
Suite à cette césarienne programmée par un gynéco frileux qui avait décrété que mon bassin était trop étroit, j’ai eu 2 autres césariennes (dont 1 non programmée et faite en urgence, car mon nouveau gynéco m’avait proposé de tenter une voie basse aprés deux césariennes) J’ai testé 3 établissements différents, et donc 3 gynécos. J’ai eu mon lot de remarques blessantes et déplacées. Par exemple, pour ma deuxieme césarienne (a dijon 21), le brancardier m’avait conduite au bloc puis laissée seule; lorsque l’infirmière est arrivée, elle m’a littéralement engueulée car je n’avais rien à faire là!!! Un comble tout de même! Elle a ensuite ralé car, ne connaissant pas le sexe de mon enfant (nous souhaitions garder la surprise afin d’avoir un petit moment de plaisir au bloc…) elle ne pouvait pas remplir ses dossiers!
Pour ma derniere césarienne (hopital de N******* 11), j’ai dû me frotter à beaucoup de critiques quand à mon souhait d’accoucher normalement apres deux césariennes. Les différents praticiens du service ne comprenaient pas mon envie, ne comprenaient pas que mon gynéco m’ait proposé ca (car oui, c’était sa proposition et non une demande de ma part!) Du coup j’ai été menacée de passer au bloc suivant quel gynéco serait de garde au moment où j’arriverais; on me faisait peur en me parlant de tous les risques que je prenais et faisais courir à mon enfant, on me jugeait, etc. Heureusement il y avait des sages femmes adorables, qui me comprenaient et me soutenaient. Le destin a voulu que le travail se mette en route à 2 jours du terme; j’ai rarement été aussi heureuse de ma vie! Mon gynéco est venu dans ma chambre pour m’ausculter, me décoller la poche des eaux et me dire de prendre une douche; et qu’il repasserait dans 2h pour voir comment ca évoluait. Ca a été la derniere fois que je l’ai vu… 1h apres une sage femme venait me chercher pour me conduire en salle de travail; et le temps que je prenne les affaires nécessaires à l’accouchement, elle revenait pour m’annoncer que la gynéco de garde refusait la voie basse et m’attendait au bloc pour…. la césarienne… J’ai essayé de protester, mais on ne fait pas le poids face à des médecins (meme enceinte de 9 mois…) J’ai à peine eu le temps de prévenir mon mari qui n’a pas eu le droit d’assister à l’opération. Au bloc il y avait beaucoup de monde; il y avait l’interne qui m’avait fait une écho le matin meme; il avait vu que ma fille avait le cordon en double circulaire et en avait informé la chef de service; est ce pour ca que j’ai eu une césarienne en urgence? Ou bien est-ce parce que mon utérus montrait des signes de faiblesse? Ou bien était-ce juste pour se protéger?…. Je n’ai jamais su! L’anesthésie était mal faite, j’ai souffert comme jamais et j’ai fini par faire un malaise tellement la douleur était insupportable; les médecins m’ont alors mise sous gaz hilarant pour m’aider à tenir le coup. Mon gynéco n’est jamais venu me revoir (je lui ai adressé une lettre longue de 4 pages, mais il n’a pas répondu) et je n’ai jamais vu la gynéco qui m’a opérée. J’ai appris par la suite grace a ma sage femme qu’il y avait eu des discussions plus que houleuses dans le service, et que depuis les accouchements voie basse apres 2 césariennes sont interdits.
Voilà je sais que c’est un récit tres long. Je sais aussi que je suis triste vis à vis des naissances de mes enfants mais que je dois m’estimer heureuse de les avoir tous les 3 en parfaite santé (et moi avec) Je garde le goût amer de ne jamais avoir accouchée; je ne connaîtrais jamais ce que toutes les femmes de mon entourage ont connu. Je ne me sentirais jamais une femme à part entiere. Je suis différente des autres, de celles qui savent accoucher. Je me sens inférieure. Je déteste toutes ces discussions entre voisines/copines, à la sortie de l’école, où chacune y va de son récit. Comme je me tais dans ces moments-là, quand parfois on me demande « et toi? » , je n’ai rien à dire, rien à répondre. Aujourd’hui je vis avec un regret sans fin « pourquoi suis-je aller voir ce gynéco pour mon fils ainé? Pourquoi ne suis-je pas partie en courant à l’annonce de la césarienne? Pourquoi n’ai-je pas exigé qu’on me laisse tenter un accouchement normal? »
J’aimerais, pour les autres femmes qui risquent de se retrouver dans ma situation (car je sais que je ne suis pas la seule), j’aimerais que les médecins arrêtent de vouloir tout contrôler, tout planifier! Ok, grace a eux le taux de mortalité des mères et des enfants à plus que baissé. Mais arrêtez de bousiller l’essence même de la femme: mettre un enfant au monde! Aidez-nous, protégez-nous, mais faites nous confiance!!!
Merci de m’avoir lue. J’espere que tous les témoignages feront bouger les choses dans le bon sens!

Ajout au 25 septembre 2013:

Pour mes fils (les 2 premieres césa programmées) mon mari a été présent; mais mes bébés ont été emmenés immédiatement, sans que je ne puisse les embrasser ou les toucher. Mon premier fils ne me sera rendu qu’en chambre, plus de 3h après et on le me mettra en peau à peau pour l’allaitement. Mon second fils sera placé sous oxygène pour une détresse respiratoire; mais la salle de réveil étant propre aux mamans césarisées, la couveuse sera amenée près de moi. En revanche on a refusé que je fasse du peau à peau et que je l’allaite… Je le mettrais au sein seule dans ma chambre, 4h après sa naissance, sans aucune aide et contre l’avis médical (la raison de ce refus était que mon bébé n’avait pas faim et ne tèterait donc pas) Idem une nuit, alors que mon fils était mis d’office en pouponnière, les soignantes avaient refusé de m’amener mon fils, disant qu’il ne tèterait pas car il avait des glaires (je passerais une nuit blanche a m’inquiéter et à me morfondre au fond de mon lit, tendant l’oreille à chaque fois que j’entendais pleurer un bébé, mais j’étais incapable de reconnaitre si c’était mon fils). Pour ma fille, j’ai fait le choix d’une maternité où le papa n’était pas présent au bloc mais où à la place j’aurais le droit d’avoir mon bébé contre moi dès la naissance! Dilemme difficile: je privais mon mari de la naissance de son enfant, pour que je puisse moi avoir enfin le bonheur de tenir mon enfant tout juste né! Mon mari a heureusement respecté mon choix. Malheureusement, étant mal anesthésiée, j’ai fais un malaise pendant que j’avais ma fille dans les bras; on me l’a donc enlevée au bout de quelques minutes à peine, et je ne la retrouverais que 3h plus tard, dans ma chambre. Là, avec mon expérience, j’ai exigé à ce que la sage-femme me donne ma fille en peau à peau (elle l’avait déjà habillée). J’ai ensuite refusée la mise en pouponnière (qui m’avait été imposée pour mes fils) et j’ai dormi toute la semaine avec ma fille dans mes bras. J’ai vidé dans le lavabo un bib de lait que la puéricultrice avait donné à mon mari un matin, car ma fille avait perdu trop de poids. Je me suis faite gronder; mais j’ai rétorqué que ma fille avait à peine 3 jours, que la montée de lait n’était pas faite. La puéricultrice m’a accordée 24h après quoi elle supplémenterait ma fille…. Le lendemain, ma fille avait repris 5g!!!! Enfin une victoire! 
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#246 Prisca, Nogent-sur-marne en Janvier 2013‏

17 Mar

« 28 Janvier 2013, 5h du matin; en plein sommeil, je suis surprise: je perds les eaux.

Je suis à 1 semaine de mon terme; j’avais tellement hâte que ce jour arrive, on y est, je vais pouvoir voir mon fils!!
Je réveille mon homme au cri : « Chou, je perd les eaux, réveille toi! ». Le pauvre, il sursaute et me demande ce qu’il doit faire. Je suis très calme bizarrement; il me ramène une serviette pour que je puisse me coucher dessus car je suis encore allongée. J’ai déjà des contractions.
Je lui demande d’appeler le Samu pour qu’on nous envoie une ambulance pour m’emmener à la clinique où je dois accoucher. Je prends une bonne douche pour calmer les contractions qui se rapprochent… Je termine de ranger mes affaires pour la maternité; j’ai mal mais c’est supportable, il est 6h.
Mon homme a appelé le Samu entre temps; il n’y a pas d’ambulance de disponible avant 8H30, demande trop forte, je vais devoir attendre. Je les appelle moi même et discute avec un médecin qui me demande comment je me sens; je lui dit que j’ai des contractions depuis 2h et j’ai peur d’accoucher chez moi si je n’ai pas une ambulance d’ici là; il ne peut rien faire, je vais devoir attendre ! Incroyable. Les ambulances privées n’ouvrent qu’à partir de 8h30. Je commence à paniquer et j’ai de plus en plus mal. Il est 7h.
Je contacte un ami qui habite pas loin de chez nous. Il arrive 30 mn après, nous emmène à la clinique en 45 mn; il est 8H30. J’ai toujours mes contractions mais la douleur est gérable.
Après les analyses d’usage, nous sommes installés dans une grande salle. Tout le confort y est, rien à dire. Mon lit donne sur 2 grandes fenêtres, la pièce est ensoleillée, pleine de lumière, ça me détend.  J’ai mal. De plus en plus. J’ai pris la péridurale en option et pour le moment je ne la veut pas. Je n’arrêterai alors plus de regarder l’horloge en face de moi, c’est horrible !
La sage femme s’active autour de moi; elle me parle (je ne connais pas son prénom) mais c’est agréable, j’en oublie la douleur de temps en temps, elle dit des choses marrantes. Le monitoring est posé, mon bébé va bien.
Elle m’ausculte; aaaahhhhhggg, de déteste ça; les touchers vaginaux m’ont répugnée pendant toute ma grossesse, et là je dois encore les subir pfffff…mais je n’ai pas le choix. Le liquide ne présente pas une belle couleur, il y a du méconium. Mon gynécologue est présent, c’est lui qui va m’accoucher. Mais on va attendre, je dilate bien. On est à 4, il est environ 09h. J’ai horriblement mal mais je veux supporter. J’ai pris peu de médicaments durant toute ma grossesse; je veux que mon accouchement soit le moins médicalisé possible. Je tremble de froid, de peur?
Vers 10h30, je suis encore lucide, la douleur devient insupportable, mon homme est intimidé par toute cette agitation autour de moi, car la sage femme n’arrête pas d’aller et venir, elle lui demande de remplir des documents administratif pendant que je me tord de douleurs, elle prépare les affaires du bébé pour sa sortie. La douleur est si intense que je suis ballotée entre l’éveil est le sommeil; je suis épuisée, quand je m’assoupis un peu j’ai une contraction qui « m’arrache le bas ventre » ! Mais je tiens, je veux vivre cette naissance ! Je m’inquiète pour mon chéri qui tombe de sommeil, a faim et ne sait pas quoi faire pour me soulager. Je lui demande de s’asseoir près de moi (la salle est tellement grande que je me sens seule quand je ne l’ai pas dans mon champs de vision) pour me tenir la main. On discute un peu puis il s’endort.
Quand la sage femme revient, je lui dit que j’ai trop mal, elle n’y peut rien. Je dois supporter. Elle sort,  je m’assoupis un peu et quand elle revient, elle est accompagnée de l’anesthésiste; je suis comme droguée par la douleur que je ne réagis pas trop quand il me dit qu’il va me me poser la péridurale. Je dis oui; j’ai trop mal. Ça va vite, en 5mn elle est posée et je me sens un peu mieux mais je suis déçue. Je n’ai pas tenu, je ne comprends pas ce qui s’est passé, pourquoi me l’ont-il posée alors que je ne la voulais pas? Néanmoins, j’ai moins mal.
La péridurale ne tient que 30mn, les douleurs reviennent, plus intenses. Je tremble toujours autant malgré les couvertures. Je ne dilate plus. Je suis à 5. Au contraire mon utérus SE CONTRACTE.
On me remet une dose de péridurale. Pourquoi? La SF me dit que c’est sûrement les contractions qui font que j’ai arrêté de dilater. Elle contacte mon gynécologue. Il dit qu’on attend encore 1h pour voir comment ça évolue. Je panique. est-ce normal ? Serait-ce de ma faute ? Je n’ai pas de réponse claire, sauf que si je ne me remet pas à dilater, une césarienne sera nécessaire.
Non pas ça. Je me met à envisager le pire. Je ne sens plus mes jambes à cause de la péridurale, je suis comme paralysée, il n’y a que mes mains que je peux bouger. Je ne veux pas de cette césarienne. Pas ça Seigneur!
Finalement le verdict tombe: 30 mn après (on attend plus 1h?) la SF m’ausculte et m’annonce que je descend au bloc! Je me met à pleurer; mon homme ne comprend pas non plus mais reste lucide. Je ne sens plus une partie de mon corps, je serai seule en salle d’opération, mon homme ne peut pas entrer en salle d’op. En 10 mn, je sors sur un brancard, accompagnée de ma SF et d’une SF en stage. Cette dernière tente de m’apaiser en me caressant la main au vu de mes larmes… Je lui en suis reconnaissante mais ma déception est si grande! J’avais tout envisagé sauf ça!
Au bloc, je suis préparée dans un brouhaha qui m’étonne : l’anesthésiste se prend la tête avec ses collègues. La stagiaire est restée près de moi, elle me regarde en souriant, me caresse la joue; c’est la seule d’ailleurs à se soucier de moi qui suis allongée au milieu de la salle, tremblotante ! On me prépare comme une pièce de viande prête à être dépecée. Je me laisse faire. Je ne sens rien de toute façon. J’en oublie même que j’ai un bébé dans le ventre, le pauvre…
Mon gynécologue arrive, et m’explique ce qu’il va faire. Il en me dit pas par contre que je vais tout sentir. L’anesthésiste est à mon chevet, il me parle, je l’écoute à peine. Je regarde le plafond et me sens si seule. Je ne sais pas ce qui m’attend. Un grand rideau bleu, me sert d’écran.
Il incise, ça ne fait pas mal; puis je sens comme une déchirure; j’ai la sensation qu’on m’arrache les intestins,qu’on m’écartèle. Il tire quelque chose de moi, si fort que je lâche un cri de douleur!
Et là, je l’entends crier, mon bébé. Nathanaël est parmi nous. On me le montre. Il pleure et moi aussi, de joie, d’amour ! La dame qui le tient l’approche de mes lèvres et je peux l’embrasser plusieurs fois, je l’aime tellement. J’oublie quelques instants comment il est né. Puis elle l’emmène. Le gynécoloque me dit qu’il est en bonne santé.
Il remet je ne sais quoi en place après, j’ai mal, je crie. On me dit presque de me taire, que c’est fini. L’anesthésiste me demande de lui faire un sourire. Dans l’état ou je suis?
Mon bébé est né à 15h15. Je ne l’ai retrouvé qu’à 20h. Il n’a pas eu de peau à peau avec son père qui est resté près de lui.
Je me suis renseignée après d’une autre SF: dans les cas où une femme ne dilate plus, elle donne un anxiolytique… et ça fonctionne.
Néanmoins, mon bébé se porte comme un charme aujourd’hui. »

#202 Anonyme

28 Fév

J’ai eu une grossesse difficile,stressante et très stressée de par ma situation personnelle, le papa de mon fils m’en faisant voir de toutes les couleurs et étant quasiment totalement absent de cette grossesse…c’était très compliqué et c’est à de nombreuses reprises que je me suis retrouvée aux urgences obstétricales de l’hôpital, durant ma grossesse.
Parfois cela suivait une énorme crise d’angoisse, et j’avais extrêmement peur des conséquences que cela pouvait avoir sur mon bébé, et parfois je m’y retrouvais pour des douleurs abdominales, j’avais comme une barre qui traversait mon ventre de part et d’autre et bien sûr là aussi je me demandais ce que mon bébé pouvait ressentir alors que j’étais si mal.
De manière générale ces fois- là je me suis sentie écoutée et accueillie par l’équipe hospitalière, il m’ont très vite proposé la mise en place de la PMI et j’ai alors été suivie par une psychologue très attentive et très douce, ainsi que par une sage- femme PMI également très gentille, puis dans mon « malheur » j’ai également eu la chance de faire la connaissance d’une sage- femme libérale, qui m’a prise en charge du cinquième mois jusqu’à la fin de ma grossesse et qui a effectué tous mes monitorings prescrits principalement par rapport à mon stress et ma fragilité émotionnelle je crois, bref, qui m’a chouchoutée et rassurée tout du long, je pense que je lui dois beaucoup, elle était comme ma soupape de sécurité… c’est ce que j’imagine que font un peu les « doulas », je me trompe peut-etre?…
Bref, je suis à quelques jours du terme, toujours des monitos, de plus en plus rapprochés, mais pas de grandes contractions, pas de perte des eaux même si avec ma grande facilité à stresser, j’ai plusieurs fois cru que c’était ça…bien que, quand ça arrive, on se dise « ah oui difficile de confondre!! »
J’ai rdv à l’hôpital le 26 septembre, le jour présumé de mon terme, là je me retrouve en consultation avec environ 20 futurs mamans éparpillées dans le couloir qu’on tente plus ou moins de faire asseoir en attendant de les ausculter, une sage femme à peine aimable vient me chercher pour m’installer dans un lit,me pose le monito, questions habituelles puis elle disparait…longtemps!!
Heureusement j’ai un peu l’habitude des monitos maintenant je constate qu’il y a des petites contractions mais rien de transcendant…au bout d’un moment elle revient, me débranche et me dit vaguement qu’il vont me poser des aiguilles d’acuponcture, pour ça elle doit vérifier si mon col commence à s’ouvrir.
Elle m’emmène dans leur bureau où elle regarde les plannings, je me dis qu’elle va me faire revenir…mais non! Au fond de la pièce il y a un rideau qui « cache » une table gynéco!!elle m’y emmène, il y a trois autres sages-femmes au bureau en train de dire; « bon Mme une telle on la fait revenir dans deux jours, Mme Ci, demain et vous Mme, en s’adressant à moi, c’est quoi votre nom?? »
Bref je suis la première sage-femme derrière le rideau, le verdict tombe, mon col est totalement fermé, postérieur et long??? c’est mauvais?! apparemment… je n’aurai pas plus d’explications…
Je me rhabille et elle me fait attendre de nouveau dans le couloir…enfin plutôt entre deux portes dans un couloir d’1,50m avec 4 chaises, 5 femmes enceintes et 3 maris!…
J’ai attendu une bonne demi-heure, pour que la même sage-femme revienne me chercher m’installe à nouveau sur un lit et me pose une dizaine d’aiguilles d’acuponcture, sans même me regarder en me faisant mal pour deux d’entre elles et sans aucune intention ni conscience de ce qu’elle faisait, en apparence en tout cas…ce n’est pas exactement l’idée que je me faisais de l’acuponcture…mais je dois être trop idéaliste parfois…
Je reste dix minutes comme ça, elle revient me les enlever comme elle me les a mises et me donne un papier avec un rdv, je dois revenir le lendemain à 16h…Je lui demande; « je reviens demain pour voir où ça en est ou quoi? » elle me répond naturellement, comme si c’était évident; « ah mais après vous ressortirez avec votre bébé Madame! »…
Ok!! je repars perplexe et un un peu paniquée, j’appelle directement « ma » sage-femme et lui raconte, elle me dit; « ah ben il vont très certainement te déclencher!! »
J’ai donc à peine 24h pour me préparer à un déclenchement et pour tourner 1000 questions dans ma tête, même en ayant assisté à tous les cours de préparation à l’accouchement, même deux fois car je les ai refais à la Pmi, là pour le coup je me sens totalement perdue et dans un flou artistique absolu!!

Le lendemain 10h, je ressens que j’ai des pertes, je me demande à nouveau si je perds les eaux…du coup ayant rdv à 16h pour rentrer à la mater, je m’y retrouve vers 12h…pour rien mais bon…vous aurez compris que j’étais angoissée et sûre de plus grand chose à ce moment là.
Une longue attente commence, avec des ballades régulières même si j’ai beaucoup de mal à me déplacer, de par le poids que j’ai pris mais aussi de par la chaleur qu’il fait, dans ma région, même fin septembre c’est encore l’été!!mais bon il faut tenter de faire avancer tout ça…

Ils me mettront un pro-pesse le lendemain matin vers 10h alors que j’ai été réveillée; tenue de me doucher, habillée en blouse blanche bien trop petite pour ma taille de femme enceinte et sur le qui-vive, depuis 6h du matin…j’ai du dormir 3h en tout et pour tout cette nuit là!
mais bref!!
Aux urgences obstétricales, ce matin là je me retrouve en pleurs, car mon mari de l’époque est odieux ce matin là avec moi, encore une fois…Une sage-femme entre et me voit en pleurs; « ça va Madame? ben faut pas pleurer! »!!!!!……..
Je remonte dans ma chambre, encore beaucoup d’attente, passons, rien de passionnant, l’équipe où se trouve ma chambre à ce moment là, en grossesse pathologique est correcte avec moi et fait en sorte de me transférer côté maternité, en chambre seule.
C’est le cas en fin de journée et là la sage-femme de service de nuit est un homme…on dit que les hommes sont souvent plus doux dans ce milieu professionnel…et ben pas dans son cas, il est froid et fermé, il ne me regarde même pas quand il se présente et reste le moins de temps possible même quand il me pose des monitos.
Nous sommes à ce moment là le 28 septembre au soir…Je fais une dernière ballade vers 23h30 avec le père de mon enfant et mon mari à l’époque.
Je remonte et regarde un programme télé qui me fait rire, j’ai des contractions un peu plus fortes mais toujours rien d’insupportable.
Vers 00h30, 1h je ris à un squetch et là je sens comme une grosse quantité d’eau couler dans ma culotte, là je me dis que je viens de me faire pipi dessus en riant ou que pour le coup c’est bien la rupture de la poche des eaux et que dans ce cas oui c’est bien différent de tout ce que j’ai eu comme « perte ou fuite » jusque là!!
J’appelle la sage-femme homme…il me fait un toucher vaginal et ressors avec une substance jaunâtre sur les doigts, je m’inquiète, il me dit; « c’est du méconium, ça veut dire que le bébé est peut être en souffrance!il faut faire vite » et rajoute qu’ils vont me descendre au bloc obstétrical rapidement et s’en va……………
Je vous dit même pas comment cette phrase à raisonner en moi; »ça veut dire que le bébé est peut-être en souffrance, il faut faire vite »…c’était ma hantise et lui il ne me dit pas plus!!!
Il revient rapidement avec une autre personne, ils me descendent et mon ex-mari suit sagement.Ils plaisantent lui et sa collègue au dessus de moi, tout en allant assez rapidement et donc en ne faisant aucunement attention aux bosses, trous, portants et autres obstacles sur le chemin…alors que moi je ne supportais quasiment aucun accoups depuis mon 5ème mois de grossesse et que je galèrais trop à me déplacer, notamment en voiture à cause de ça!

Me voilà au bloc…une sage-femme que j’avais vu durant ma grossesse à l’occasion d’un de mes passages après une crise d’angoisse ou douleur abdominale, me prend en charge, accompagnée d’une étudiante sage-femme, très gentilles toutes les deux.
On me pose monito, électrode ,perf du produit pour accélérer ouverture du col, je me souviens plus du nom…bref tout le toutime!!
Premier examen du col DE LA NUIT, verdict; mon col est dilaté à 1,5cm….
Rien de très prometteur à leur visages mais bon elles sont tout de même rassurantes et me disent que mon bébé n’est pas en souffrance pour le moment…
Les contractions sont de plus en plus fortes et douloureuses…heureusement on me pose la péridurale pas très longtemps après, environ 45min je dirais.
On m’avait prévenu pour la pause de la péri que c’était pas une partie de plaisir et qu’il fallait que j’arrête de respirer, etc…
ça se passe « relativement » bien, l’anesthésiste me félicite même de mon « calme »…j’en suis contente.
Après ont suivi examens du col, augmentations de la perf, consultations avec le gynécologue de garde, pendant plus de 5h…vers 6h30 du matin mon col était toujours à 2cm de dilatation…Les sages-femmes avaient commencé à me préparer à la possibilité d’une césarienne une heure avant environ… Je priais donc dans mon fort intérieur pour que mon col se dilate miraculeusement…Elles m’avaient tout de même fait allusion à quelques passages de souffrances cardiaques de mon bébé…j’étais de plus en plus angoissée…
7h, le gynécologue de garde à peine réveillé entre dans ma chambre, on allume les lumières, réveille mon ex-mari, le gynécologue me dit; « on va faire une césarienne Madame, le col ne bouge pas, on ne peut plus attendre, ça serait trop risqué pour votre enfant. »
Je m’effondre… il me dit juste; »il ne faut pas pleurer, ça va aller. »
Pas pleurer pas pleurer…facile à dire, j’avais « vu » théoriquement ce qu’était une césarienne d’urgence en cours de préparation, et même si j’avais pas mal d’appréhension à l’idée d’accoucher par voie basse, j’avais encore plus peur de la césarienne, et je ne m’y étais pas du tout préparer psychologiquement.
A ce moment là tout va très vite, je n’ai presque plus le temps de penser à quoique ce soit, beaucoup de gens entrent et sortent de la pièce, on demande à mon ex-mari s’il veut être présent, il accepte, ils l’emmènent se préparer. On me prépare, anesthésiste, sages-femmes, infirmières, certains se présentent, d’autres pas, une sage-femme très speed et à peine aimable, me pose deux cathéters et décrète que c’est parce que le premier qu’on m’avait posé était mal posé et que le produit n’avait pas été bien diffusé et que c’était ça qui avait fait que mon col n’avait pas bougé que ça n’avait pas marché!!!
J’étais super énervée contre elle, de quel droit elle mettait en doute le travail de ses collègues et ça avait très bien diffusé selon moi car après mon accouchement j’ai eu des cathéters qui ont mal diffusé et ben je m’en suis bien rendue compte, ma main doublait de volume et ça faisait très mal!! mais j’étais difficile à piquer donc pour elle c’était ça!!
Ils m’ont transférer dans le bloc chirurgicale et là les nouvelles sages-femmes, celles de jour m’ont souhaité bon anniversaire…et oui mon fils est né le même jour que moi, 28 ans après!
Elles me disent; « c’est un beau cadeau d’anniversaire, votre fils! »
Moi je souris et dis « oui » timidement, et pense à l’intérieur, « une césarienne, tu parles d’un cadeau d’anniversaire »…
Évidemment, j’allais voir mon fils quelques minutes plus tard j’aurai du être la plus heureuse des mamans je suppose, mais j’étais terrorisée par cette césarienne et effondrée que ça se passe comme ça et je réalisais à peine que mon fils allait naître quelques minutes plus tard.
L’équipe préparait le champs stérile, et j’ai entendu l’anesthésiste dire au gynécologue « Putain on nous réveille à 6h30 pour être ici que maintenant »…il devait être 7h30!

Bref, on m’a opéré…et le seul moment agréable et de sérénité a été l’instant où j’ai entendu le premier cri de mon fils et où on me l’a montré, quelques minutes après….c’était hors du temps, hors du moment de douleurs extrêmes que

j’ai traversé, c’était très émouvant et ça m’a fait tout bizarre, c’était trop court, j’aurai aimé qu’on me l’amène, que je puisse le toucher, le sentir, le voir un peu plus, réaliser….
ça n’a pas été le cas…l’opération a continué, je sentais beaucoup, beaucoup trop, je me plaignais de la douleur, je criais régulièrement…mon ex-mari me tenait la main et l’anesthésiste se trouvant derrière moi, dont j’avais une vue partielle et à l’envers, jouait sur son portable je crois puis s’est approché de moi et m’a dit; « -Qu’est ce qu’il se passe Madame, pourquoi vous criez comme ça?
– Parce que j’ai mal! je réponds
– C’est pas normal que vous criiez comme ça, vous devriez pas avoir mal, me dit-il!
– Ben écoutez j’ai mal, vous avez déjà eu une césarienne? je lui demande, légèrement agacée par son ton supérieur et totalement détaché!!
– Non mais j’en ai fait suffisamment pour savoir que c’est pas normal que vous ayez mal comme ça!!! me dit-il!! »
J’avoue être restée un peu bouche bée…
Il reprend; « Si vous voulez je vous endors mais il y a des risques pour vous!! »
……………………………….
« Ben non alors, je préfère pas!! » et là je prends mon mal en patience pendant qu’on finit de me triturer le ventre, que l’anesthésiste reprends tranquillement son activité, que l’étudiante sage-femme qui est restée jusqu’à la fin au delà de son service, me soutient gentiment du regard, que mon ex-mari me tiens la main et essaye de me soutenir comme il peut lui aussi, cette fois il était présent pour le coup, et je pense avait autant envie que moi de tuer l’anesthésiste qui en plus, ironie du sort s’appelait « Jésus »!!!Je vous avoue que j’avais bien envie qu’il soit crucifier à ma place sur la table de césarienne, pour le coup!!!

A un moment, ça se finit…
Je sors du bloc et on me pose mon fils sur moi…peut être une minute peut être trois, le temps pour son père de prendre deux photos…pour moi ça a duré une micro seconde…et on m’emmène en salle de réveil…. je crie à son père tout en partant un faible « fais du peau à peau avec le bébé »….

Je suis triste d’être séparée de mon fils mais le sommeil prend le dessus, j’ai mal moralement et physiquement, mais je m’endors…j’entends des bruits des équipiers, « Jésus » revient!
il est là à un moment, ce fichu anesthésiste, j’aimerai lui parler, lui crier dessus mais je suis dans le coltar…je dors une petite heure…

Quand je remonte l’équipe me dit…il a faim votre fils! je culpabilise de pas avoir pu lui donner le sein avant et de pas avoir fait de peau à peau avec lui…Je suis inquiète qu’il ait vraiment trop faim…
J’arrive dans la chambre…il dort tranquillement, son père et sa grand-mère;ma mère sont là et l’admirent…
Il va bien, heureusement, je peux souffler un peu.

Je vais m’arrêter là pour ce témoignage…j’aurai encore tellement de choses à dire par rapport à mon séjour à la mater mais je n’en n’ai plus le courage pour cette nuit et je suis prise par le temps pour la fin du défi…ainsi que par mon bébé de cinq mois aujourd’hui qui va bientôt demander sa tétée de la nuit!;)

Merci à toute l’équipe de nous avoir donner un espace pour nous exprimer, pour témoigner et espérons le pour peut-être changer les choses…

Et merci à vous qui m’aurez lu je l’espère avec pas trop d’ennui…

#09 Fanny – 2009

29 Jan
 Tout d’abord je souhaite préciser que nous avions un projet de naissance à la maison.
Dès les premiers mois de grossesse nous avons été accompagnés par une Sage-Femme qui avait à l’époque plus de 350 accouchements à domicile à son actif.
L’accompagnement était magnifique.
Malheureusement le dépassement du terme nous a orientés vers la maternité. C’était un des accords que nous avions passé avec la sage-femme.
La maternité qui nous a accueillis était au courant de notre projet. Nous nous étions inscrits là-bas au cas où et notre projet avait reçu un accueil si ce n’est positif tout au moins respectueux.
Le respect n’a pas été suffisamment au rendez vous le jour de l’accouchement.
Nous avons tout d’abord été traités de « tueurs d’enfant » par le médecin qui nous a accueilli. Il nous a sermonné et a tenté de discréditer les compétences de notre sage-femme.
Nous avons eu droit à de merveilleuses répliques du type « si vous aviez été dans mon pays je ne vous aurais même pas ausculté », « même en Afrique les femmes n’accouchent plus à la maison ».
Alors que j’allais aux toilettes, il a demandé à mon conjoint de me « reprendre en main ».
Puis il a voulu déclencher l’accouchement après avoir réalisé une écho sans nous montrer l’écran et nous avoir annoncé qu’il n’y avait plus de liquide amniotique.
Je ne l’ai pas cru, je sentais mon enfant bouger avec aisance dans mon ventre.
J’ai signé une décharge pour quitter la maternité.
Bien sur nous ne pouvions prendre de risque et nous sommes retournés à la maternité le lendemain matin après une nuit à pleurer et à écrire un projet de naissance en urgence. J’étais épuisée moralement.
A notre arrivée, le médecin de la veille et venu nous voir de peur que je porte plainte contre lui (alors que ça ne m’avait pas vraiment traversé l’esprit).
Nous avons discuté et il m’a avoué qu’il m’avait menti sur le caractère d’urgence de l’intervention afin que je n’accouche pas à la maison. Il a eu peur. Et son manque de sang froid a balayé 9 mois de préparation dédiée à un accouchement tel que je le voulais : RESPECTUEUX.
Un autre médecin a procédé au déclenchement. Celui-ci a été sans réel effet.
Je crois que j’avais décidé de ne pas mettre au monde mon enfant parmi ces barbares.
 
Entre-temps j’ai fait connaissance avec un nouveau médecin qui a pratiqué sur moi un toucher vaginal si violent que j’ai hurlé de douleur. Mon homme qui était dans la salle d’attente m’a entendu et a accouru. La sage femme qui était présente était extrêmement mal à l’aise. Elle m’avouera plus tard que je n’étais pas une exception…
Après cet étonnant premier contact, ce médecin a du avoir le béguin pour moi car j’ai eu l’honneur de le voir pointer son nez à deux reprises en salle de travail alors que mon accouchement était alors physiologique.
La première fois, il est venu alors que l’anesthésiste polonais me faisait ma péridurale en me disant avec un fort accent des pays de l’est « pas bouger » (je vous rappelle que tout dans cette histoire est véridique.. hélas…).
Lui aussi avait cru bon de faire une bonne blague en me disant « alors? je croyais qu’on voulait pas de péri? » Lors de notre rendez-vous je lui avais dit « a priori, non ».
Sauf que son vocabulaire devait être limité et sa connaissance du français réduite au langage canin.
Bref, j’ai demandé à l’aide-soignante présente de mettre mon nouveau copain médecin dehors.
Elle lui a demandé de sortir.
Mais le bonhomme était pervers, il a profité plus tard d’un de mes moments de solitude pour revenir enfiler ses plus beaux gants en latex.
Il venait « vérifier que tout allait bien » m’a-t-il dit en tentant de m’écarter les jambes.
Je l’ai copieusement mis à la porte. Il m’a dit que je ne savais pas à qui je m’adressais ; ce à quoi j’ai répondu qu’il ne se fasse pas de soucis car je n’oublierai pas son nom.
Après de longues heures dans cet endroit (je suis arrivée à 7h et ai accouché le lendemain à 23h), le corps médical a souhaité que je tente de pousser.
Mon col était ouvert à 5. Aberration. Une de plus.
Epuisée par ce faux travail, abattue par cette lutte avec tous ces médecins, douloureuse car aucune des doses d’anesthésie n’a fonctionné, j’ai demandé une césarienne.
Ils ont accéléré la manœuvre et m’ont emmenée au bloc car mon fils était en souffrance foetale.
Là encore, pas de chance. Une urgence plus urgente que moi est passée au bloc avant moi, me laissant seule, dans une salle à côté du bloc.
Je ne me suis jamais sentie aussi abandonnée de ma vie. J’ai cru que mon enfant allait mourir dans l’indifférence.
Lorsqu’ils ont enfin pu me faire entrer au bloc, c’est mon copain médecin au doigté incomparable qui s’est pointé.
La mauvaise blague.
Mais je suis une fille positive! Et j’ai vu en lui le professionnel, pas le pervers.
Alors que l’anesthésiste (le seul humain croisé durant ces deux jours) me caressait les cheveux en m’expliquant ce qui allait se passer, mon médecin chéri à commencer à m’ouvrir le ventre.
L’anesthésie n’avait pas eu le temps de faire effet. J’ai commencé à me débattre, j’ai entendu l’anesthésiste engueuler le médecin et puis j’ai vu le masque sur mon visage et je me suis endormie. 
Après… après il y a la rencontre avec Marceau, l’allaitement, le cododo, les massages, le portage, les câlins. Il a bien fallu tout ça. 
Je n’ai pas pu voir de médecin pendant plus d’un an et demi.  Je n’ai pas revu de gynéco non plus. Jusqu’à ce que je rencontre, deux ans et demi plus tard celle qui m’a ouvert sa maternité pour me permettre le plus beau des accouchements physiologiques. Mais ça, c’est une autre histoire. 
Fanny S

#05 Sandra – 2009

28 Jan

Bonjour,

Je m’appelle Sandra j’ai 27 ans et deux enfants.

je veux vous raconter mon premier « accouchement ».

Tout a commencé le 18 avril 2009 à 4h du matin avec les premières contractions, déjà bien douloureuses et espacées tout de suite de 5 minutes !

vers 12/13h on décide de partir pour la maternité.

Les souvenirs restent vagues, mais la journée s’est passée, elle fut longue, vers 22h, ils demandent si je souhaite la péri ou non, je leur dis que je veux attendre car je ne sais pas pourquoi mais ma hantise c’est qu’elle ne fonctionne plus au moment de l’expulsion.

Vers 23h je n’en peux plus et la demande.

J’avais vraiment peur de cette grosse piqûre et faire le dos rond avec un gros bidou et 35 kg en plus ce n’est vraiment pas facile, la sage-femme me sort sèchement « et bin dis donc heureusement que l’anesthésiste est gentil, ça aurait été un autre, vous ne l’auriez pas eu !!! » :0

Bref la péri posé, maintenant on attend, mon col s’ouvre vraiment doucement. La nuit passe et la travail avance, on me demande de me mettre sur le côté pour faciliter la descente de mon fils, mais il n’apprécie pas et son petit cœur ralenti donc je me remets sur le dos.

Aux alentours de 8h45, mon gynéco prend sa garde et viens me voir, et là, ça chuchote, des messes basses.

Le gynéco me dit « ça ne passera jamais, on vous fait une césarienne » !!!

A ce moment là, tout s’accélère, je suis entre deux, soulagée peut-être parce que j’en ai marre, je suis fatiguée et aussi parce que je me dis que je n’arriverai sûrement à sortir mon bébé naturellement, que je ne sais pas comment faire.

Mais j’ai aussi très peur et je suis très frustrée d’en être arrivée à dilatation complète « pour rien ».

J’arrive au bloc, une pièce horrible , froide pas accueillante pour un sou pour l’arrivée de mon petit bébé d’amour !

On m’attache les bras et l’OPERATION commence.

Là, ce fut les plus horribles minutes de ma vie, je ne pensais pas qu’une telle douleur pouvait exister, je sens tout, la péri ne fonctionne plus : le bistouri, les écarteur, je les sens me farfouiner dans le ventre..

je hurle, je leur dis que j’ai trop mal qu’il faut arrêter, là, l’infirmière anesthésiste me dit que c’est normal de sentir mais que je n’ai pas mal !!

Je me débats, ils finissent par me faire une anesthésie générale après d’interminables minutes de souffrance…

Mon amour de bébé Noann naîtra à 9h23 le 19 avril 2009 il pèse 3,540 et 49 cm.

Je suis endormis, on me monte en salle de réveil, et là j’entends parler mais je ne peux pas réagir, j’entends une femme dire « et bin dis donc elle a craqué de partout celle là » 😦

Je finis par me réveiller avec bcp de stimulations aux alentours de 13h, je pleure, je ne sais pas ce qu’il m’arrive et je me demande ce que je fais là !

On me dit qu’on va m’amener mon fils ! mon fils ??? quel fils ? je n’ai pas accouché, ce n’est pas le mien, je ne veux pas le voir !!!

Finalement ils me l’apporteront et là je tombe amoureuse pour la 2ème fois de ma vie ❤

j’ai mis 1 an et demi à me remettre psychologiquement de cette naissance, pour mon fils, ça été très dur aussi, moi je n’étais pas bien donc lui non plus !

je pensais ne plus pleurer en repensant à ce jour et à cette « accouchement » mais en écrivant les larmes me montent…

Heureusement j’ai connu par la suite j’ai tout l’inverse avec la naissance de ma fille Yaëlle le 15 mai 2012, ce fût le jour le plus magique ! un accouchement par voie basse comme tout le monde en rêverait (mise à part la déchirure lol)