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#335 Charlène, dans le Sud de la France

2 Fév
Cette année devait être la plus belle à mes yeux, celle ou j’allais être maman pour la première fois…
J’ai 19 ans et je vis dans le SUD.
Dès que mon test de grossesse a été positif, je n’ai pas perdu 1 seconde pour me lancer dans l’aventure et j’ai pris mon premier rendez vous chez une gynécologue pour une échographie de datation.
La rencontre avec cette gynécologue à réellement lancé l’aventure qui c’est avérée être, un parcours du combattant.
Le jour du rendez vous, cette gynécologue m’a tout de suite traitée comme un chien. Elle a beaucoup insisté sur mon jeune âge et m’a demandé de me mettre nue sur son fauteuil. J’ai eu le droit à une écho vaginal sans même qu’on m’explique le principe. Au bout de 2 min, elle me demande de me rhabiller et me donne une feuille. Elle me demande de lui faire un chèque de 28€ et au revoir mademoiselle ! Sur le coup je n’ai pas réagis mais j’ai quand même demandé si j’étais bien enceinte et si mon bébé était vivant, ce à quoi elle a répondu :
‘ Si vous faites une fausse couche vous n’aurez qu’à remettre ça le mois prochain, 28€ s’il vous plait ‘ !
Ce fut le début de l’horreur pour moi. L’hôpital a refusé de me prendre avant 6 mois malgré ma grossesse à risque. J’ai été suivie par ma généraliste et l’échographie de mes 12 et 22 SA ont été faites dans un cabinet privé. Durant ces deux premiers trimestres j’ai beaucoup souffert, je me suis sentie seule et totalement délaissée. De plus, mon patron m’a forcé à me mettre en arrêt du fait de ma grossesse car : ‘ une femme enceinte c’est une femme handicapée, ça ne sert à rien dans l’entreprise … ‘
Je suis arrivée difficilement jusqu’à mes 26SA de grossesse, mal suivie, la peur au ventre, je ne savais pas ce qu’il allait se passer que ce soit pour mon accouchement ou pour la suite. J’ai été malade du premier jour de ma grossesse jusqu’à la fin, l’angoisse, le stress…
Puis à 5 mois je me suis retrouvée aux urgences pour contraction. On m’a mise en arrêt maladie et alitée, ce n’est pas pour autant qu’on m’a suivi plus tôt que prévu à l’hôpital. J’étais seule chez moi, toute la journée, en attendant de voir enfin un médecin en gynécologie.
Le 6ème mois est arrivé et j’ai enfin pu rencontrer une gynécologue, celle qui allait m’accoucher. Je suis arrivée à ce rendez vous heureuse et je suis ressortie en larmes. Quand je lui ai annoncé que je devais avoir une césarienne à cause de mes problèmes de coeur, elle m’a annoncée que non, elle m’accoucherait par voie basse malgré la lettre de mon cardiologue. Je n’ai pas le droit de pousser. Pour elle, il était plus simple de tirer le bébé avec une ventouse que de faire une césarienne. Ensuite après un touché et un tour sur la balance je suis partie. Le rendez suivant ( 1 mois après ) a été une bataille pour faire valoir la demande du cardiologue. Rebelote un simple touché et un tour sur la balance…
J’ai eu l’impression de n’être rien dans ce monde-là. J’ai eu la chance de trouver une sage femme qui m’a accompagné vers 7 mois jusqu’à la naissance de mon fils car sinon, je pense que j’aurais craqué. Etre seule dans ce milieu, malgré la présence de mon conjoint qui était lui aussi autant pommé que moi devant ce médecin sans aucun sentiment et qui avait l’air de se foutre complètement de mon état de santé était incompréhensible. Nous avons demandé à changer de gynécologue mais si je voulais changer, je n’avais qu’à accoucher ailleurs ! Donc trop loin de chez moi…
Je n’avais qu’une envie, arriver à la fin. Puis le 8ème mois est arrivée, je me suis sentie de plus en plus mal avec des douleurs atroces dans le ventre. 4 jours avant ma césarienne je me suis décidée à me rendre aux urgences après avoir tenté pendant 3h de joindre la maternité par téléphone…
Nous avons dans un premier temps rencontré une sage femme des urgences qui avaient l’air de se foutre totalement de mon état :  » Ha vous avez mal au ventre ? Ho mais vous stressez pour la césarienne c’est tout, prenez quelque chose pour vous calmer comme du spasfon et rentrez chez vous « . Après lui avoir fait comprendre que non je ne stressais pas et que j’avais mal, elle s’est enfin décidée à m’examiner. Col fermé mais on me met sous monito ‘ au cas ou ‘…
Après 1h de monito mes douleurs me reprennent et là s’affiche une grosse contraction et le coeur du bébé ralentit et ça à chaque douleur. Enfin on me prend au sérieux, enfin on m’écoute… Je suis restée 2h sans voir personne, accrochée à cette table… Puis on est venu me dire que j’avais le choix entre prendre de la morphine pour tenir 4 jours ou avoir la césarienne le lendemain. J’ai donc demandé ma césarienne car la douleur était insupportable.
J’ai passé ma nuit dans une chambre, seule avec une autre maman, sans aucune visite, personne n’a voulu me donner d’anti douleur ou m’expliquer pourquoi le coeur de mon fils ralentissait aux contractions…
Le lendemain à 8h une personne est venue me raser devant ma coloc de chambre, sans me cacher.. Ensuite une douche à la bétadine et on me conduit dans le fameux bloc. Je suis détendue, je n’ai pas peur, j’ai toujours su que j’aurais une césarienne. Puis ma gynécologue arrive, pas un regard, un petit bonjour et elle a détournée la tête… La césarienne commence.
Au bout de 10 min, j’ai compris que quelque chose clochait, ma gynécologue demande d’augmenter le son de la musique, je vois d’autres personnes rentrer, puis au bout de 15 min on m’annonce que mon fils est né, pas un pleur… d’un coup j’entends du bruit à côté, je vois des personnes partir en courant… Personne ne me dit rien. Puis j’entends des pleurs, enfin, j’ai cru ne jamais les entendre.
En salle de surveillance j’ai enfin mon fils dans les bras, il est plein de bleu, tout blanc, tout petit alors qu’il était estimé plus gros. On m’annonce que tout s’est très bien passé mais qu’on doit lui faire une radio du crane, qu’on fait ça à toutes les césariennes. Ensuite on m’explique qu’il a un soucis de pied tordu, mais pareil, ça arrive à toutes les césariennes… Première tété, mon fils tête très bien. Mais on le complète à la seringue, on m’explique qu’il fait de l’hypoglycémie et que c’est normal… Le soir, en retour en chambre, sans m’expliquer encore une fois, on sonde mon bébé, car, il ne garde pas assez son sucre.
Le lendemain on m’interdit d’allaiter pour ne pas le fatiguer… j’ai tapé des pieds et des mains pour avoir un tire lait.. on me laisse seule avec cette machine. On m’autorise à mettre mon fils à téter toutes les 6h sans m’expliquer comment le mettre au sein, je n’y arrive pas avec la césarienne, on ne m’aide pas, je suis seule… je demande de l’aide et au lieu de ça on me dit que ça fait trop longtemps que je stimule mon fils et qu’il se fatigue et on le remet sous sa sonde… bien sur qu’il n’a pas envie de se fatiguer à téter , il est nourrit H24 par cette sonde et ça lui suffit, il n’a pas perdu de poids…
J’ai demandé à savoir comment c’est passé ma césarienne, personne ne me répond sincèrement, on me ment, on me cache des choses. On me prend un rendez vous avec un spécialiste dans un autre hôpital, dans une autre région car mon fils a ‘ un soucis à la tête ‘ mais selon les pédiatres, rien de grave… On ne me donne pas le nom de sa maladie car ‘ soit disant ‘ on ne sait pas…
 4 jours après, on lui enlève sa sonde et j’ai râlé pour avoir une sage femme pro allaitement pour m’aider enfin à mettre mon fils au sein ! J’avais mes montées de lait, j’avais envie de tout faire pour réussir mon allaitement.. A j5 il commence une jaunisse, les médecins ne veulent pas le traiter pour le moment et préfèrent attendre qu’il soit dans la courbe critique… A j6 mon fils est enfermé dans cette machine H24 et ne sera sortie que pour téter… Je n’en pouvais plus de ce calvaire, de ces mensonges…
Je suis sortie à J9, après m’être fait manquer de respect par une sage femme. Elle avait prévue ma sortie au matin et mon conjoint ne pouvait venir que l’après midi… elle s’est permise de me dire que :  »  si il faut aller chercher votre fils à la crèche vous le laisserez dans la rue car vous ne pourrez pas arriver à l’heure ?  Vous devriez prendre un taxi, quoi ? Vous n’avez pas les moyens de payer un taxi ? Alors pourquoi vous faites un enfant si vous n’avez pas d’argent pour payer un taxi ? C’est quoi ces jeunes… Vos parents ne peuvent pas venir vous chercher car ils n’habitent pas la région ? Mais vous êtes comme tous ces jeunes qui viennent dans le SUD pour le soleil et le jour ou vous êtes dans la merde c’est bien fait pour vous !! ‘ Après tant de méchanceté je me suis permise de la remettre à sa place et elle m’a envoyé la psy pour être sûr de mon état psychologique pour sortir… Je lui avait juste demandé a sortir l’après midi au lieu du matin…
Durant cette grossesse je me suis sentie seule et durant ce séjour à la maternité j’ai été humiliée et on m’a menti et mise de côté…
10 jours après ma sortie, je reçois mon compte rendu venant de ma gynécologue qui explique que tout c’est bien déroulé durant la césarienne… 1 mois après je reçois un second compte rendu… celui du pédiatre… et là, j’ai enfin appris toute la vérité. La césarienne c’est mal passé, ma gynécologue a paniquée, elle aurait ratée son extraction avec les spatules et aurait tenté de sortir mon fils avec les mains. Mais comme elle n’a pas fait d’écho avant, malgré qu’on m’ait admise car il y avait un problème, elle ne savait pas que la position de mon fils était très mauvaise, coincé dans mon ventre, cordon autour du cou. Elle a donc sortie mon fils en le tirant par les pieds alors qu’il était tête en bas… une sortie brutale qui lui a valu un problème à la hanche et ses pieds ainsi que de nombreux bleus. Il ne respirait pas à la naissance. Et on a détecté une craniosténose dès le premier jour. Mais rien de tous ça ne m’a été dit… Rien du tout…
Je ne me sens pas prête a retenter l’expérience, je souffre encore de ces mensonges et de ce suivi catastrophique…
 Merci de m’avoir lu.

#334 – Le récit d’Abigaïl, Bretagne 2006

2 Fév

Ma plus grande fille est née il y a 8 ans en Bretagne (France). J’avais 33 ans. Mon récit pourra paraître très banal : à part quelques gestes isolés, il n’y a eu ni maltraitance ni violence manifestes, rien qu’un suivi et une naissance ultra médicalisés, comme en connaissent des milliers de femmes aujourd’hui en France… alors que mon bébé et moi-même étions en parfaite santé.

En fait j’ai mis de nombreux mois avant de reconnaître que j’avais été profondément minée par cette expérience. La césarienne (programmée par l’obstétricien pour cause de présentation du bébé par le siège, donc sans travail) m’apparaît comme l’aboutissement d’un processus subtil de dépossession et de déshumanisation. S’est installé sournoisement, à partir de mes premières visites chez le médecin, le sentiment que mon ventre ne m’appartenait plus, que mes questions et mes attentes n’avaient pas lieu d’être exprimés, que mon futur bébé courait potentiellement de graves dangers, bref que j’étais incompétente.

Pourtant sans être très informée, je m’intéressais à une approche respectueuse de la physiologie et du ressenti de la mère. J’avais choisi la maternité en conséquence. J’avais également choisi un médecin généraliste (que je connaissais depuis peu mais en qui j’avais confiance) pour le suivi des premiers mois, pensant qu’un médecin de famille serait moins interventionniste. C’était compter sans la suffisance et la malhonnêteté (sous des dehors foncièrement sympathiques) des professionnels qui m’ont « accompagnée », banalisant systématiquement les interventions « proposées » et taisant leurs conséquences les plus problématiques. Plus grave encore, à aucun moment, et sans qu’on puisse invoquer la raison de l’urgence, ces professionnels ne m’ont placée en position de faire des choix et de décider ce qui était préférable pour moi-même et pour mon bébé.
Le médecin était gentil mais focalisé, durant les 15 minutes que duraient les visites, sur la liste des examens à pratiquer, présentés comme incontournables, de routine. Que certains de ces examens soient pour moi source d’inconfort ou de stress inutile n’était pas intégré dans l’équation. La sage-femme qui animait les séances de préparation à l’accouchement était drôle et chaleureuse, dédramatisant beaucoup. J’ai apprécié les rencontres, qui atténuaient un peu mon anxiété croissante, même s’il y avait finalement peu de place pour la discussion. Je n’ai réalisé que plus tard à quel point le contenu des explications qui nous étaient « livrées » était pauvre : une seule séance consacrée à l’accouchement lui-même, et encore a-t-on eu plutôt un exposé (sans aucune distance critique) des protocoles hospitaliers.
À partir du 8e mois, le suivi de ma grossesse a été assuré par un jeune gynécologue-obstétricien de la maternité. Le bébé ayant adopté une position en siège, une version m’a été suggérée, suite à quoi, si le bébé ne bougeait pas et que la radiographie de mon bassin présentait une situation « défavorable », ce serait la césarienne, 2 à 3 semaines avant la date prévue d’accouchement. C’était là l’enchaînement programmé par le médecin, qui n’a mentionné aucune alternative, ni exposé les risques d’une intervention chirurgicale au regard d’un accouchement par voie basse. Je n’ai pas souvenir d’avoir été invitée à donner mon avis. À vrai dire, je n’osais même pas envisager un scénario si contraire à mes attentes. Tout ça me semblait très abstrait.
J’ai soumis la question de la version à la sage-femme, et c’est forte de ses propos rassurants que je me suis présentée au rendez-vous, seule et sans trop d’appréhension, d’autant que le médecin m’avait assuré qu’il « ne s’acharnerait pas ». 4 heures d’attente, à jeun, avant qu’une salle se libère, trois tentatives de version, certes courtes mais très douloureuses, échec, attente pendant 1/2 heure sur le dos (la position la plus pénible qui soit en fin de grossesse) et sanglée pour enregistrer le cœur du bébé et les contractions, au cas où… Je suffoquais, j’étais en colère, j’avais peur qu’on ait fait du mal à mon bébé. Ma confiance était sérieusement entamée, mais à partir de là, tout est allé très vite. Suite à l’examen radio, le médecin m’a annoncé qu’il procéderait à une césarienne : la gorge nouée, j’ai été incapable de poser une seule question. Je me suis sentie seule, piégée. Le cours des événements m’échappait.
J’ai ravalé ma déception, dans mon entourage les gens ont accueilli la nouvelle comme une banalité (au moins je n’aurais pas à endurer les douleurs de l’accouchement !). Je me suis présentée à la maternité le jour J pleine de courage et concentrée sur mon bébé à naître.
Je passe sur les affres d’une intervention chirurgicale majeure (avec tout de même la chance d’avoir eu mon conjoint près de moi et le bébé contre mon sein dès la salle d’opération et dans la salle de réveil) et d’un séjour prolongé à l’hôpital, la douleur physique intense et mal prise en charge, l’épuisement, le manque d’intimité, l’incompétence du personnel (dans un hôpital pourtant labellisé « ami des bébés ») pour m’accompagner dans la mise en route de l’allaitement. L’étendue des dégâts psychologiques (et sans doute physiques, même si on ne saura jamais dans quelle mesure la 1ère césarienne a déterminé la 2e, celle-ci décidée « en urgence ») causés par cette expérience ne m’est véritablement apparue que lors de ma grossesse suivante : profonde culpabilité (de ne pas avoir su réagir, protester, réclamer des explications…), stress et angoisse latents (malgré un suivi personnalisé à 1000 lieues de ce que j’avais connu la 1ère fois), peur phobique de l’hôpital, choc post-traumatique suite à une nouvelle césarienne qui a ravivé de manière dramatique les sentiments négatifs liés à mon « non-accouchement ».
Résonne en moi cette phrase terrible de la sage-femme qui m’avait « préparée » à mon premier accouchement, phrase dont je n’ai mesuré toute la portée que bien plus tard : « Si finalement vous subissez une césarienne, ne venez pas me dire après qu’on vous a volé votre accouchement. L’important, c’est que votre bébé soit en bonne santé. » J’ai deux petites filles magnifiques et en parfaite santé, je savoure ce bonheur chaque jour. Ma tristesse et ma blessure n’en sont pas moins profondes, et personne ne pourra me faire taire à ce sujet.

La naissance de ma grande fille est une naissance sans drame, sans transfert, sans contractions « à l’envers », sans peur de la déchirure (éléments qui ont conduit à ma 2e césarienne). C’est une naissance parfaitement maîtrisée et contrôlée… par l’institution médicale, une naissance dont j’ai été absente, physiquement (pas de travail, pas de sensations, bébé non pas conduit et expulsé par mon corps mais « extrait » par des mains étrangères) et symboliquement (drap tendu entre mon visage et mon ventre, aucune parole de la part des médecins qui opéraient – entre eux ils se sont répandus en bavardages…).
Je ne sais pas si j’ai bien rendu compte de l’intimidation (nourrie et acceptée socialement) que j’ai subie tout au long de ma grossesse jusqu’à la naissance. Pour avoir malheureusement vécu une agression sexuelle lorsque j’étais plus jeune, je peux sans hésitation faire le parallèle : j’ai laissé un tiers porter atteinte à mon intégrité physique et morale sous la menace, implicite ou explicite, de la mort de mon bébé. Un médecin (et ses acolytes), armé de son savoir, m’a privée de parole (cette parole que l’on dénie si ingénument aux femmes en leur assénant « l’important c’est que ton bébé aille bien! ») ; il a contourné mon consentement (obtenir le consentement « éclairé » du patient est pourtant obligatoire avant toute intervention médicale) et fait abstraction de mon désir et de ma capacité de décision.
Je peux le dire aujourd’hui : à travers cette naissance, j’ai subi un viol. J’ai été réduite à rien ou presque, un utérus sur pattes que l’on peut ausculter, triturer, charcuter à sa guise. Pourtant ce ventre a été parfaitement compétent pour porter et nourrir deux petites filles… en étroite relation avec mon cœur et ma tête. La violence (délibérée ou non, et à des degrés divers) est-elle un passage obligé pour devenir mère ? L’intervention médicale garantit-elle de meilleures conditions de naissance ? Les nombreux témoignages ici démontrent que non.

#289 Camille, le récit de trois césariennes

24 Sep

Je suis tombée par hasard sur votre défi de réunir 1000 témoignages en 1 an, sur la facon dont se passent les naissances en France et ailleurs.
Pour ma part, je garde un goût amer de tout ca…
Décembre 2006 j’apprends que je suis (enfin) enceinte, apres 18 mois de tentatives et plusieurs fausses couches spontanées. Ma grossesse se passe merveilleusement bien; je vis à Toulouse (31) j’arrive à m’entourer d’une sage femme incroyable qui me prépare à un accouchement le plus naturel possible. Dans ma tête, je m’imagine déja gérer le travail avec l’aide de mon époux, attraper mon fils a la sortie de mon ventre et le poser tout contre moi pour la tétée de bienvenue!
Oui mais voilà, à 8 mois de grossesse, le gynéco de la maternité de la clinique de N******* (11) m’envoit en urgence passer un scanner du bassin. Il ne m’explique pas pourquoi, et je pars la bouche en coeur passer cet examen. Le radiologue fait son travail en me disant que « de toute facon, je ne suis pas un gabarit de 1ière compétition »… Je ne comprends pas sa remarque mais ne demande pas plus d’explication. Je retourne voir mon gynéco avec les clichés de mon bassin; il me prend entre 2 rdv, dans une salle d’archive minuscule où on ne peut ni s’asseoir ni bouger. Et là, de but en blanc, il me dit « ouai bah on est à la limite de la césarienne! Allez on va aller planifier ca avec ma secrétaire » Je n’ai pas eu le temps de protester, de réagir, de demander quoique ce soit que déjà la date de naissance de mon fils était programmée « et bien je vous dit à mardi 14, à 7h au bloc! Allez voir la sage femme du bloc, elle vous expliquera plus en détails. Je vous laisse, une autre patiente m’attend »
J’ai passé les 10 jours suivant dans un état de demi conscience, ne sachant pas vers qui me tourner… J’avais 22 ans à peine, j’avais imaginé tous les scénarios catastrophe (prématurité, forceps, épisio) tous sauf la césarienne… Je ne trouve de réconfort auprés de personne: mon mari est soulagé que tout soit programmé; au moins y’aura pas d’imprévu. Mes tantes, belle mere, belles soeurs, etc s’extasient sur LA CHANCE que j’ai de ne pas connaitre les contractions. Bref, dès que j’essaye de parler de mon mal être, on me rabache que je n’ai pas a me plaindre, que je ne vais pas avoir à me poser de questions, je ne vais pas souffrir, mon bébé aura une belle tête ronde, et j’en passe des pires!
Je rentre donc la veille de la naissance de mon fils à la maternité. Les examens s’enchainent: prises de sang, frottis; une sage femme vient me raser le pubis; une seconde viendra 20 min plus tard vérifier que c’est bien fait (j’adore quand je suis respectée ainsi… « Baissez votre culotte madame! ») écho, monito, douche à la bétadine…. Nuit blanche, on me donne des cachets pour tenter de m’anesthésier le cerveau.
6h le lendemain matin. On vient me réveiller (enfin, me dire de me préparer) Je suis un zombie qui fait des gestes machinalement. On me presse, on me dit d’un ton peu sympathique « de me dépêcher!!!! » Les brancardiers m’emmènent. Le gynéco m’avait assuré que mon mari pourrait être présent, et là, juste devant les portes du bloc, on nous dit que non ça ne sera pas possible! Arrivée au bloc on m’installe. L’anesthésiste tarde à arriver donc pour gagner du temps on me pose la sonde urinaire à vif. Puis l’opération commence. Je suis mal, je pleure comme une enfant; le gynéco dit alors « faites entrer son mari! » Le soulagement quand je le vois arriver; il est aussi stressé que moi et ne cesse de me dire des trucs que je ne comprends pas. Soudain on entend un bébé pleurer; et on me montre une petite frimousse emmaillotée en me disant que c’est mon fils! Je ne réalise pas du tout…. Déja il part pour les soins (je ne le reverrais que 3h30 plus tard; pratique pour débuter un allaitement) La sage femme dit en rigolant « bon, on vous pose une fermeture éclair pour les prochains?! Ah ah ah »…. Les praticiens s’extasient sur le fait que je suis mince « c’est top de travailler dans ces conditions: ya pas un pet de graisse, on passe comme dans du beurre » …. J’ai envie de dormir pour ne plus entendre toutes ces méchancetés; je me sens vidée. Une fois l’opération terminée, le gynéco me félicite; je demande bêtement « pourquoi? » Je n’ai pas le sentiment d’etre bonne à féliciter.
En salle de réveil j’attends…. On me fait comprendre que je ne remonterai en chambre que lorsque je bougerai mes jambes. Je m’évertue a essayer; en vain. Une maman arrive 1h plus tard; et repartira avant moi… Y a vraiment des injustices partout, même en matière d’anesthésie! Un anesthésiste vient me voir, s’accoude à mon lit et me lance « alors, qu’est ce que vous avez eu? » Et moi de répondre « une césarienne ». Le médecin lève les yeux au ciel et réplique « Non mais ça je sais! C’est une fille ou un garcon? »… Les heures passent… Enfin je vais pouvoir remonter mais avant on me fait une toilette intime; les anesthésistes ne mettent ni rideau ni paravent: je suis nue et pas franchement à mon avantage dans une salle remplie d’autres patients. Quand j’en fais la remarque, on me rétorque que « de toutes façons, ils sont tous dans le gaz! » Tous peut-être, mais certainement pas l’autre maman qui est à côté de moi et qui détourne le visage, aussi génée que moi.
Je passe rapidement sur les « conseils » que je recevrais durant mon séjour en matiere d’allaitement: « De toute facon vous n’y arriverez pas, vous n’êtes pas motivée! » (J’ai allaité mon fils 16 mois; pour quelqu’un de pas motivée, je pense avoir fait fort!) Je ne m’attarderais pas non plus sur le biberon de lait qui fut donné a mon fils en pouponnière…. Et je ferais l’impasse sur le lit plus qu’inconfortable pour une maman césarisée (lit non relevable, sans potence pour s’aider à se lever, etc)
Suite à cette césarienne programmée par un gynéco frileux qui avait décrété que mon bassin était trop étroit, j’ai eu 2 autres césariennes (dont 1 non programmée et faite en urgence, car mon nouveau gynéco m’avait proposé de tenter une voie basse aprés deux césariennes) J’ai testé 3 établissements différents, et donc 3 gynécos. J’ai eu mon lot de remarques blessantes et déplacées. Par exemple, pour ma deuxieme césarienne (a dijon 21), le brancardier m’avait conduite au bloc puis laissée seule; lorsque l’infirmière est arrivée, elle m’a littéralement engueulée car je n’avais rien à faire là!!! Un comble tout de même! Elle a ensuite ralé car, ne connaissant pas le sexe de mon enfant (nous souhaitions garder la surprise afin d’avoir un petit moment de plaisir au bloc…) elle ne pouvait pas remplir ses dossiers!
Pour ma derniere césarienne (hopital de N******* 11), j’ai dû me frotter à beaucoup de critiques quand à mon souhait d’accoucher normalement apres deux césariennes. Les différents praticiens du service ne comprenaient pas mon envie, ne comprenaient pas que mon gynéco m’ait proposé ca (car oui, c’était sa proposition et non une demande de ma part!) Du coup j’ai été menacée de passer au bloc suivant quel gynéco serait de garde au moment où j’arriverais; on me faisait peur en me parlant de tous les risques que je prenais et faisais courir à mon enfant, on me jugeait, etc. Heureusement il y avait des sages femmes adorables, qui me comprenaient et me soutenaient. Le destin a voulu que le travail se mette en route à 2 jours du terme; j’ai rarement été aussi heureuse de ma vie! Mon gynéco est venu dans ma chambre pour m’ausculter, me décoller la poche des eaux et me dire de prendre une douche; et qu’il repasserait dans 2h pour voir comment ca évoluait. Ca a été la derniere fois que je l’ai vu… 1h apres une sage femme venait me chercher pour me conduire en salle de travail; et le temps que je prenne les affaires nécessaires à l’accouchement, elle revenait pour m’annoncer que la gynéco de garde refusait la voie basse et m’attendait au bloc pour…. la césarienne… J’ai essayé de protester, mais on ne fait pas le poids face à des médecins (meme enceinte de 9 mois…) J’ai à peine eu le temps de prévenir mon mari qui n’a pas eu le droit d’assister à l’opération. Au bloc il y avait beaucoup de monde; il y avait l’interne qui m’avait fait une écho le matin meme; il avait vu que ma fille avait le cordon en double circulaire et en avait informé la chef de service; est ce pour ca que j’ai eu une césarienne en urgence? Ou bien est-ce parce que mon utérus montrait des signes de faiblesse? Ou bien était-ce juste pour se protéger?…. Je n’ai jamais su! L’anesthésie était mal faite, j’ai souffert comme jamais et j’ai fini par faire un malaise tellement la douleur était insupportable; les médecins m’ont alors mise sous gaz hilarant pour m’aider à tenir le coup. Mon gynéco n’est jamais venu me revoir (je lui ai adressé une lettre longue de 4 pages, mais il n’a pas répondu) et je n’ai jamais vu la gynéco qui m’a opérée. J’ai appris par la suite grace a ma sage femme qu’il y avait eu des discussions plus que houleuses dans le service, et que depuis les accouchements voie basse apres 2 césariennes sont interdits.
Voilà je sais que c’est un récit tres long. Je sais aussi que je suis triste vis à vis des naissances de mes enfants mais que je dois m’estimer heureuse de les avoir tous les 3 en parfaite santé (et moi avec) Je garde le goût amer de ne jamais avoir accouchée; je ne connaîtrais jamais ce que toutes les femmes de mon entourage ont connu. Je ne me sentirais jamais une femme à part entiere. Je suis différente des autres, de celles qui savent accoucher. Je me sens inférieure. Je déteste toutes ces discussions entre voisines/copines, à la sortie de l’école, où chacune y va de son récit. Comme je me tais dans ces moments-là, quand parfois on me demande « et toi? » , je n’ai rien à dire, rien à répondre. Aujourd’hui je vis avec un regret sans fin « pourquoi suis-je aller voir ce gynéco pour mon fils ainé? Pourquoi ne suis-je pas partie en courant à l’annonce de la césarienne? Pourquoi n’ai-je pas exigé qu’on me laisse tenter un accouchement normal? »
J’aimerais, pour les autres femmes qui risquent de se retrouver dans ma situation (car je sais que je ne suis pas la seule), j’aimerais que les médecins arrêtent de vouloir tout contrôler, tout planifier! Ok, grace a eux le taux de mortalité des mères et des enfants à plus que baissé. Mais arrêtez de bousiller l’essence même de la femme: mettre un enfant au monde! Aidez-nous, protégez-nous, mais faites nous confiance!!!
Merci de m’avoir lue. J’espere que tous les témoignages feront bouger les choses dans le bon sens!

Ajout au 25 septembre 2013:

Pour mes fils (les 2 premieres césa programmées) mon mari a été présent; mais mes bébés ont été emmenés immédiatement, sans que je ne puisse les embrasser ou les toucher. Mon premier fils ne me sera rendu qu’en chambre, plus de 3h après et on le me mettra en peau à peau pour l’allaitement. Mon second fils sera placé sous oxygène pour une détresse respiratoire; mais la salle de réveil étant propre aux mamans césarisées, la couveuse sera amenée près de moi. En revanche on a refusé que je fasse du peau à peau et que je l’allaite… Je le mettrais au sein seule dans ma chambre, 4h après sa naissance, sans aucune aide et contre l’avis médical (la raison de ce refus était que mon bébé n’avait pas faim et ne tèterait donc pas) Idem une nuit, alors que mon fils était mis d’office en pouponnière, les soignantes avaient refusé de m’amener mon fils, disant qu’il ne tèterait pas car il avait des glaires (je passerais une nuit blanche a m’inquiéter et à me morfondre au fond de mon lit, tendant l’oreille à chaque fois que j’entendais pleurer un bébé, mais j’étais incapable de reconnaitre si c’était mon fils). Pour ma fille, j’ai fait le choix d’une maternité où le papa n’était pas présent au bloc mais où à la place j’aurais le droit d’avoir mon bébé contre moi dès la naissance! Dilemme difficile: je privais mon mari de la naissance de son enfant, pour que je puisse moi avoir enfin le bonheur de tenir mon enfant tout juste né! Mon mari a heureusement respecté mon choix. Malheureusement, étant mal anesthésiée, j’ai fais un malaise pendant que j’avais ma fille dans les bras; on me l’a donc enlevée au bout de quelques minutes à peine, et je ne la retrouverais que 3h plus tard, dans ma chambre. Là, avec mon expérience, j’ai exigé à ce que la sage-femme me donne ma fille en peau à peau (elle l’avait déjà habillée). J’ai ensuite refusée la mise en pouponnière (qui m’avait été imposée pour mes fils) et j’ai dormi toute la semaine avec ma fille dans mes bras. J’ai vidé dans le lavabo un bib de lait que la puéricultrice avait donné à mon mari un matin, car ma fille avait perdu trop de poids. Je me suis faite gronder; mais j’ai rétorqué que ma fille avait à peine 3 jours, que la montée de lait n’était pas faite. La puéricultrice m’a accordée 24h après quoi elle supplémenterait ma fille…. Le lendemain, ma fille avait repris 5g!!!! Enfin une victoire! 

#279 Pascaline – région lyonnaise

8 Mai

J’ai accouché il y a 7 mois, difficile de dire si on a écouté mon projet de naissance, je ne sais pas si j’ai vraiment eu le choix d’en avoir un.
J’ai vécu les 6 premiers mois de ma grossesse à me préparer à un accouchement physiologique.
Je m’étais inscrite dans une maternité de niveau III qui vient de faire construire un pôle physio (région de Lyon).
Et puis au 6ème mois, on me trouve un diabète gestationnel. Je passe sur la façon dont je l’ai appris. (Ma gynéco a manqué de tact.)
Au premier rdv avec la sage-femme de la maternité au 7ème mois, je lui fais part de mon projet, elle ne le lit pas, ne veut même pas en discuter, visiblement il est trop tôt.
L’orientation vers le pôle physio ne se fait qu’au 9ème mois. Inutile de parler donc de quoi que ce soit. Mais, jusque là, je rentrais encore dans les fameux critères.
On m’hospitalise un jour pour me montrer les dextros et on me fait rencontrer une diététicienne qui m’explique les choses à savoir pour un régime sans sucre.
Je stabilise donc mon diabète, ne prends quasi pas de poids pendant les 3 derniers mois. Sauf qu’aux échos mon bébé est en siège décomplété, ça se confirme au 7ème mois, et il est « gros ».
Je précise que je mesure 1,78m et son père 1,85m.
D’entrée de jeu, on me propose la version. Et on me fait comprendre que je n’ai pas d’autre choix.
En réfléchissant avec mon conjoint en rentrant chez moi, je n’ai pas envie de la version. Je trouve cela trop invasif pour moi et pour le bébé.
J’écris donc à la sage-femme qui m’a prescrit cette version et je lui dis que je refuse. Elle me dit qu’il faut que j’y aille quand même, pour rencontrer un médecin quitte à refuser la version après en avoir discuté.
Nous y allons donc. On nous fait miroiter la suite logique, une césarienne obligatoire. Car gros bébé en perspective à cause du diabète et en siège de surcroît. Mais on ne m’oblige finalement pas à faire la version. Même si on me culpabilise un maximum.
On me dit qu’il faut passer une radio de mes hanches pour voir s’il pourrait passer. Après les tests tout semble encore possible. On me dit, je cite, « Vous avez des hanches comme un boulevard ».
Bien sûr que moi je veux toujours mon accouchement physio.
Je ne veux pas d’une césarienne qui va me couper de toutes les sensations de la mise au monde. Je suis née par césarienne programmée, et je ne veux pas de ça pour mon bébé.
Je veux que mon bébé choisisse de venir quand il veut, et qu’il connaisse l’expérience du passage, du rituel qu’est la naissance…
Je ne voulais prendre le risque de devoir accoucher tous mes enfants comme ça non plus. J’avais peur que ça influe sur ma montée de lait… Bref j’avais plein d’arguments.
Mais dans ce cas-là, ils m’imposeront au moins la péridurale, s’ils m’autorisent un accouchement par voie basse.
On me prescrit à 15 jours du terme une énième écho pour voir si elle s’est retournée toute seule et comment elle grossit. Le bébé a stoppé sa courbe, et grossit moins, mais toujours en siège.
Le médecin de garde refuse tout accouchement par voie basse, et l’inscrit dans mon dossier, car la procédure préconise une césarienne programmée pour les bébés estimés à plus de 3,8kg.
Il me laisse néanmoins 15 jours pour accoucher naturellement. Après séances d’ostéo, d’acuponcture, en tous genres, le bébé ne veut pas sortir, ni se retourner.
A 4 jours du terme, la dernière écho évalue le bébé à 3,813kg, soit 13g de trop pour la fameuse procédure. La médecin de garde ne souhaite pas s’opposer à la sentence apposée par le précédent médecin dans le dossier.
Elle ne semble pas très fière d’elle et me dit texto : j’espère que le bébé fera plus de 3,8kg car sinon vous allez nous en vouloir.
Le lendemain soir je rentre à la maternité pour une césarienne programmée le lendemain matin. Le monitoring laisse entrevoir une possible détresse foetale (c’est pas flagrant visiblement), une heure après je suis au bloc.
J’avais demandé que mon compagnon soit avec moi au bloc, pas possible, j’avais demandé un peau à peau sur moi à la sortie du bébé, pas possible.
Un peau à peau avec le papa, pas eu le temps. Au finale Gabrielle pesait 3,750kg.
J’ai été très stressée les 3 derniers mois de ma grossesse. Le diabète a été très anxiogène pour moi, car j’ai été très mal accompagnée dans le traitement de cette pathologie.
Après il y eut la gestion du siège, qui en a rajouté une couche.

Au final la détresse « discutable » du bébé (c’était pas super évident, ils ont tranché car il y avait de la place au bloc) fait que je me dis que c’était peut-être mieux comme ça.

Mais le doute demeure.

La suite de couches a été assez difficile. En salle de réveil, j’ai insisté auprès de la puéricultrice pour mettre ma fille au sein (elle ne voulait pas à cause de l’éventualité d’avoir de nouveau à aspirer ses poumons).
Elle a tout de suite bien tété. Mais elle était très en demande tout le temps. J’ai été très peu accompagnée dans la mise au sein. Ce qui fait que rapidement j’ai eu des crevasses.
J’ai accouché dans la nuit de mercredi au jeudi. Cette nuit-là l’équipe de puéri de nuit, ont pris le bébé et me l’ont ramené au petit matin, quand elle a demandé le sein.
Idem pour la seconde nuit. Nuit complète pour le bébé comme pour moi. Et puis le vendredi, 2ème nuit de vie pour mon bébé, changement d’équipe. Je m’étais levée 1 minute dans la journée.
Quand j’ai dit à la puéri de nuit, ah c’est vous qui allez veiller sur mon bébé cette nuit, elle m’a répondu sèchement : votre bébé est un J+3, vous allez quand-même bien commencer à vous en occuper. (faux, elle était J+2)
J’étais bouche bée, j’ai dit OK et j’ai rien dormi de la nuit.
La journée d’après s’est bien passé. La nuit suivante par contre, j’ai eu ma montée de lait. Et j’ai eu aussi un énorme baby-blues, car crevée, et mes mamelons me faisaient un mal de chien (crevasses), je savais plus trop quoi faire de mon bébé glouton qui ne faisait que pleurer pour téter. Je passe l’épisode de la sage femme de nuit qui à 4heures du mat, gratte mon bébé comme une hystérique pour qu’elle reste éveillée pendant la tétée, et qui fourre mes mamelons endoloris dans sa bouche comme une brute, tout ça pour me montrer comment on met au sein son bébé. J’étais au bout du rouleau, complètement hagarde, j’ai même pas eu la présence d’esprit de lui dire de stopper le massacre et de nous respecter un peu plus moi et ma fille.
Alors que la maternité doit être faite pour vous seconder dans vos débuts de mère, là, je n’avais qu’une hâte, rentrer chez moi pour me reposer et trouver mes propres solutions. (on ne m’a JAMAIS parlé de l’efficacité des téterelles quand on a des crevasses, on ne m’a jamais proposé de biberons de complément pour rassasier ma fille).
J’ai rencontré des gens formidables dans cette maternité, certains m’ont beaucoup aidé, d’autres m’ont au moins entendue. J’ai tendance à dire que c’est une question de rencontres, d’individus et d’atomes crochus.
Mais certaines personnes sont vraiment trop dans le médical pur, ou dans leurs croyances, et pas dans le respect du lien à créer entre la mère et le bébé, ce qui pour moi est crucial.
Je me dis qu’une maman pas bien entourée, peut vraiment avoir du mal à rencontrer son bébé à ce moment-là, si personne est là pour veiller.
J’ai eu beaucoup de colère, très très longtemps après. L’allaitement a été très dur à tenir (3 mois, et c’est mon bébé qui a décidé de stopper). Je ne sais pas si c’est lié ou non.
Aujourd’hui, c’est derrière moi, mais ça restera toujours un gros regret, et j’aurais toujours le doute de savoir si on aurait pu faire autrement.
Et surtout je croise les doigts pour que cette césarienne n’ait aucune incidence sur ma prochaine grossesse, et mon prochain accouchement.

Dernière parenthèse, inutile de préciser, que pendant tout cette procédure avant accouchement, mon compagnon a été nié, ignoré, il a fait tapisserie pendant tous les rdv médicaux de l’hôpital.
On ne lui a jamais demandé quel était son avis, quelle était sa décision.

Pascaline

#213 Melissa, dans la Marne en 2009

2 Mar
J’ai accouché de mon 1er enfant le 14 Août 2009 dans le département de la Marne.
Ma grossesse s’est bien passée, de nature anxieuse j’avais bien sûr quelques angoisses.
J’ai cru jusqu’au dernier moment que je pourrais accoucher par voie basse mais lors de la dernière consultation chez le gynéco, mon bébé s’était mis en siège (il avait la tête en bas jusque là). Mon gynéco a essayé de faire une version mais il s’est aperçu à l’écho qu’il avait le cordon autour du cou. Il programme donc une césarienne pour  le 26 Août (le terme était le 29). Je fus donc extrêmement déçue mais c’était pour le bien de mon enfant.
Le 13 Août au soir, je perds les eaux, je pars donc pour la maternité où je suis reçue par la sage-femme avec qui j’avais fait mes cours de préparation à l’accouchement. Elle me connaissait donc.
C’était le soir vers 23h, l’équipe était donc au minimum. Ils me préparent  pour la césarienne sans trop d’urgence vu que bébé allait bien. L’anesthésiste passe me voir et je lui demande si le papa pouvait venir lors de la césarienne. Nous avons reçu un NON catégorique, voire agressif, comme si c’était une aberration de demander cela, j’ai été scotchée! Aucune négociation n’était possible.
Je suis donc partie seule au bloc tremblante de peur, mon mari attendait dans le couloir. La césarienne se passe bien, mon bébé avait en fait le cordon enroulé 4fois autour du cou mais tout allait bien. Il arriva le 14 Août à 00h49. Ils viennent me le montrer 1 quart de seconde à sa sortie puis vont le mesurer. Ils le mettent dans une couveuse et l’amènent en Pédiatrie (c’était le protocole !!!).
J’ai quand même eu la chance de l’avoir environ une heure après la césarienne sur moi car je ne suis pas allée en salle de réveil vu que c’était en pleine nuit. Autrement le protocole était d’aller en salle de réveil 2h heure après la césarienne, le bébé en pédiatrie et le papa dans la chambre….J’ai donc pu en profiter une demi-heure avant qu’ils le ramènent en couveuse en Pédiatrie. Ils me disent on vous le ramène demain à 9h après la visite du Pédiatre. On me monte donc ensuite seule dans ma chambre et mon mari repart chez nous. Et là c’est le vide totale, plus rien dans le ventre, pas de mari, personne pour vous rassurer et vous devez dormir!
Le lendemain, on me demande de me lever et de m’habiller à 8h du mat’ soit environ 7h après la césarienne….J’étais encore seule sans mari ni bébé. Personne ne me parle de mon bébé, on fait mon lit, le ménage et « bye bye ». Il est 9h, 10h, 11h je sonne demandant où est mon bébé. On me dit je vais me renseigner, 11h30 personne, 12h, je resonne (je me suis trouvée patiente d’attendre autant de temps avant de les harceler). Je réitère ma demande, on va encore se renseigner, ce n’était pas la même personne… Mon mari arrive à 13h, me demande où est le bébé et bien sûr je n’en sais rien. Une personne vient ensuite me dire qu’ils ont gardé mon bébé en pédiatrie car il avait une température faible, on était au mois d’août et il faisait 35 degrés dans la chambre…un peau à peau aurait largement suffit à mon sens.
Je décide donc d’aller le voir en Pédiatrie, mon mari va chercher un fauteuil roulant (avec une roue trouée…). Nous arrivons en Pédiatrie et mon mari m’amène devant un berceau avec des lampes au dessus. Il aurait pu me mettre devant n’importe lequel, je ne savais pas reconnaître mon bébé. Je demande à l’infirmière s’ils avaient pris la température, elle me dit « ben j’allais le faire…37,1°C ». Je dis « nickel alors il peut remonter ». Elle me dit « oui bien sûr, vous pouvez le ramener avec vous ». Je me demande vraiment, si je n’étais pas descendue si mon fils ne serait pas encore là-bas….
Je remonte donc avec mon bébé dans ma chambre et là je n’ai vu personne de la journée. On est venu me dire, on viendra pour faire votre première tétée mais personne. Mon bébé avait trop de glaire pour manger. La nuit a donc été épouvantable car bébé a pleuré énormément sûrement parce qu’il avait faim. J’ai essayé de le mettre au sein moi-même mais il n’arrivait pas à téter.
Le lendemain, l’équipe me faisait pression car il avait perdu beaucoup de poids et n’arrivait pas à manger. Il faisait que 2.950kg à la naissance. Il lui ont donc donner un biberon pour l’alimenter sans me donner mon avis. Moi je commençais à avoir un peu de lait donc je le tirais pour le donner à la seringue ensuite, c’était toujours ça. J’ai tout de même eu une auxiliaire puéricultrice à l’écoute et très humaine pour le bain et l’allaitement. Elle est venu 3 matins de suite avec toujours beaucoup de soutien et très compréhensive. Nous avons pu faire quelques mises au sein mais sans succès, même avec embout.
Je continuais à suivre ses conseils tout au long de la journée et la nuit. Je me tirais le lait car mon bébé refusait le sein et le reste de l’équipe n’était pas du tout patiente en ce qui concerne la mise au sein. Je me suis sentie vraiment seule, à cela se rajouter la fatigue et la baisse de moral face à l’échec de mon allaitement. Je n’ai senti à aucun moment du soutien sauf avec cette auxiliaire mais qui ne pouvait pas toujours être là.
Je suis rentrée chez moi épuisée avec mon tire-lait manuel, pour continuer à donner mon lait même si c’était au biberon. Je suis partie sans aucun conseil ou numéro à appeler en cas de questions ou autre. J’habitais dans un petit village, à l’écart de tout où j’ai fait mes 1ers pas avec mon bébé seule et cette mauvaise expérience en tête.
Voilà, j’ai vraiment très mal vécu cet accouchement et encore j’ai fait court. A cela se rajoute la douleur physique et psychologique de la césarienne. Pour moi j’ai raté mon accouchement et mon allaitement, j’ai loupé les 1ers instants de vie avec mon fils. Il les a passés avec des inconnues…
En espérant que tous ces témoignages puissent améliorer la prise en charge de l’accouchement avec une note à mettre sur le côté humain de ce moment de vie.

# 181 Elodie, dans les Côtes d’Armor

27 Fév

La naissance de mon Augustin

Alors que je vivais ma 2ème grossesse légère et confiante après un 1er accouchement ultra rapide dont je gardais un excellent souvenir, mon projet de naissance était clair: pas de péridurale, rester ambulatoire le plus longtemps possible, éviter l’épisiotomie et tout geste médical non-nécessaire. J’en étais presque à envisager d’accoucher à domicile mais mon homme n’était pas vraiment chaud et (surtout!) on ne trouve pas de sage femme qui le pratique par chez moi. et je savais que dans la clinique où j’étais suivie par mon gynécologue habituelle la taille limitée du service permettant au personnel d’être plus disponible pour les parturientes.

Donc voilà, ma grossesse avançait tranquillement, je sentais les grosses fesses de mon bébé en haut de mon ventre, comme celles de son frère 3 ans auparavant. La visite du 7ème mois arriva, le médecin pratiqua une échographie « alors, ici on a un pied. ah je n’arrive pas à distinguer le 2ème, il est sous ses fesses. et donc ici on a la tête. » ah zut, ce n’était pas ses grosses fesses que je sentais mais sa grosse tête, pas besoin d’être médecin pour comprendre qu’il est en siège. Bien bien bien. »Mais il a le temps de se retourner encore? » « oui, oui, il y a encore le temps. » « et si il se retourne pas? je peux accoucher quand même? » « alors je vais vous dire les choses clairement: moi quand c’est un siège complet, donc en tailleur comme votre bébé, je le fais pas, c’est une césarienne d’office. » Bien bien bien… il se justifiera en racontant une histoire à base de fusée, mais j’ai vite compris que c’était bien plus pour se couvrir que pour protéger les mères et leurs enfants, ce que je peux comprendre mais qui me laisse quand même perplexe…

Le temps passe, je sens toujours sa grosse tête que je prends plaisir à caresser, j’en parle à ma sage-femme qui me parle de positions pour aider le bébé à se retourner, éventuellement de l’acupuncture pour éviter de devoir avoir recours à une tentative de version que je redoute, j’attends de voir si Monsieur se décide à faire la galipette, je lui parle, essaie de l’aider à tourner en caressant mon ventre, je garde espoir.

Visite du 8ème mois, verdict à l’échographie: siège semi-décompleté, Monsieur a tendu une jambe devant son nez, les choses ne s’améliorent guère. Le médecin me propose de tenter une version, ce que j’accepte sur les conseils de ma sage-femme, le spectre de la césarienne commence à devenir plus présent, il me prescrit aussi un scanner du bassin pour voir si ça passera. Les choses s’accélèrent, je me sens comme prise au piège, je tente comme je peux de rester aux commandes de ma grossesse en prenant rdv pour des séances d’acupuncture qui ne fonctionneront pas, tout ce que j’ai gagné est un malaise lors de la dernière séance!

Arrive le jour de la version tant redoutée. la secrétaire avait déjà réussi à me rassurer un peu et à sécher mes larmes lors de la prise de rdv, en arrivant le jour j j’ai la joie de retrouver la sage-femme qui m’avait aidé lors de mon premier accouchement, c’est bon signe!

Elle demande à voir le scanner de mon bassin, me dit que c’est un boulevard! Je lui dis que je veux accoucher par voie basse, elle me rassure en me disant que les 3 critères pour tenter une voie basse en cas de siège sont la taille du bébé, la taille du bassin de la maman et sa motivation. à en juger par mon petit bidon tous les voyants sont au vert, je retrouve espoir! Le médecin s’y reprendra à plusieurs fois pour tenter de faire tourner mon bébé mais sa tête ne dépassera jamais l’endroit où elle bloque quand j’ai l’impression qu’il essaye lui-même de tourner. Il parviendra juste à lui tendre la 2ème jambe devant devant le visage, ce qui est de bonne augure dans l’optique dans accouchement par voie basse.

Arrive la visite du 9ème mois, je suis remontée comme un coucou, je dis à mon bébé que je sais que tous les 2 on est capable d’arriver à avoir un super accouchement. Echographie, mesure du périmètre crânien, le médecin s’y reprend à 3 fois « rah mais qu’est-ce que je fais moi! » mais semble y parvenir finalement, je ne remets même pas mes chaussures en sortant de la salle en vue de l’examen qui doit me dire où en est mon col, savoir si je vais bientôt accoucher! je suis toute excitée! « l’examen ne sera pas nécessaire. » ah… « le périmètre crânien est élevé, on est déjà au 95ème percentile, là ça passerait encore mais d’ici le terme (un peu plus de 3 semaines) ça ne passera plus il va falloir programmer une césarienne »  Là je craque, je pleure devant lui, quand il me demande ce qui me fait peur dans la césarienne je suis juste capable de bredouiller que j’ai l’impression qu’on me vole mon bébé, j’aurais voulu lui dire tout ce à quoi je renonce pour cette intervention, comment je dois oublier tout ce à quoi je crois concernant la naissance d’un enfant, tout ce que je veux pour mon bébé et moi mais il m’intimide, lui le médecin qui sait ce qu’il y a de mieux pour moi et mon enfant. comme je déteste cette phrase « l’essentiel c’est que le bébé soit en bonne santé », je ne sais pas combien de fois je l’ai entendu, et je passe sur ceux qui trouvent que c’est une chance d’avoir une césarienne. la nature fait que mon corps est fait pour faire grandir des bébés et les mettre au monde et c’est tout ce que moi je veux, donner naissance à mon enfant, et on me le refuse sous un prétexte plus que douteux.

Le rdv est pris pour un mardi, 10 jours plus tard « on aurait pu attendre jusqu’au vendredi mais l’équipe ne sera pas au complet » comme j’ai détesté cette secrétaire qui décidait de la date de naissance de mon enfant en fonction d’un problème de planning, et me refusait les quelques jours pendant lesquels le travail aurait pu se déclencher naturellement… admission la veille à 17h30 alors que j’habite à pieds de la clinique, intervention à 8h.
je passe les jours suivant comme un automate, le piège se referme, plus les jours passent et plus mon espoir de voir le travail commencer s’amenuise..

Arrive le lundi et nos derniers moments à 3, papa et mon grand m’accompagnent à la clinique, une sage-femme me rassure, je passerai les 2 heures de surveillance après la césarienne en salle de naissance avec mon bébé. elle m’examine afin de s’assurer que je ne suis pas en travail, et son commentaire me ravage « vue que c’est une césarienne je n’insiste pas mais sinon.. » et je comprends que mon col est déjà ben modifié, que l’accouchement était proche, je maudis cette organisation qui nous a volé les jours qui auraient peut-être suffi… la soirée seule est un calvaire, je pleure toutes les larmes de mon corps, je ne veux pas qu’on ouvre mon ventre pour en sortir mon  bébé qui n’a rien demandé… je suis en colère contre moi même, je m’en veux de ne pas avoir su dire ce que je voulais et ce que je ne voulais pas, je ne veux pas passer cette nuit toute seule dans cette chambre froide. le reste de la soirée sera bien triste jusqu’à ce que je m’endorme les yeux rougis.

Le lendemain matin on viendra me chercher pour que j’assiste à la naissance de mon 2ème enfant. La césarienne s’est très bien passée mais je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un pincement au coeur quand le gynéco a dit qu’il voyait mon bébé donner des coups de pieds dans mon ventre un fois l’incision faite, le pauvre petit ne se doutait même pas que quelques secondes plus tard on vendrait l’arracher à son paisible monde liquide…
je ne peux pas dire que la naissance d’Augustin ce soit mal passée mais elle s’est passée sans moi, je n’ai pas accouché de mon fils et quand j’en parle je ne peux dire que « ça » a été une césarienne. J’ai le sentiment que cette naissance m’a été volée, et jamais personne ne pourra me rendre ces instants.

# 151 Virginie _Nord

24 Fév

Notre histoire, ton histoire commence en décembre …

Je suis enceinte première écho tout se passe bien …

Je ne me pose pas de question je suis en plein rêve et n’imagine rien a part que l’on m’écoutera…

Je grossi, je gonfle au bout du 4 ème mois bas de contentions.

Je « réserve » ma place dans une clinique privée…

Tout se passe merveilleusement bien, à partir du 7 ème mois suivi dans une clinique privée (ou je pense être au mieux, écoéutée …)

On viens pour l’écho du 7ème mois … l’obstétricien me regarde et me dis « petit bassin » … on va faire un pelvimétrie pour s’en assurer … bon je ne me doute de rien jusque là … et pose quand même la question de ce que cela engendre …. il me répond qu’il ne prendra pas de risque si le bébé ne passe pas césarienne ….

Je fais ce scanner qui révèle que je suis en dessous de toutes les mesures, je sent mon accouchement s’envoler, balayer … au rendez vous suivant le diagnostique tombe « bassin rétréci = césarienne »

Je n’y crois pas je n’en veux pas … nous en remettant au avis des médecins mon homme veux croire en l’avis du « pro » et j’essaye de me convaincre que ça sera mieux ….

Je vois tout de même un ostéopathe qui me dis que mon bassin est un peu « rigide » …

Lundi 11 juillet 2011

Réveillée 4 h du matin une énorme envie de pisser me fais descendre au toilettes, je ne me sent pas bien, je bois un peu d’eau, je vais au toilettes, et là un ÉNORME PIPI … ( je saurais plus tard que j’ai perdu les eaux )..

Je me recouche a tes côtés mon chéri… je me rendors 7 h je me sent dégoulinante … je retourne aux toilettes… Je retourne aux côtés de chéri en lui demandant si il est réveillé … je lui dis qu’il fait beau le soleil brille et que je pense avoir perdu les eaux … Je lis dans son regard la panique …

Tu as le temps de boire un café et te préparer tranquillement …

Je vais chercher les valises je me sent calme et zen ….

Pas une contraction a l’horizon ….

Nous arrivons a la mat il est 8h30 quelques contractions supportable on m’installe dans une pièce a côté d’une autre dame en train de faire un monito de contrôle … Chéri est dehors attend dans le couloir ….

J’ai droit donc à un monito solo … et après une demie heure .. et 2 contractions « lègères » et un TV la personne a qui j’ai a faire me dis que la poche est rompue et que je suis dilatée a 2 ou 3 … (je ne me souviens plus … )

j’annonce que j’avais donc une césarienne programmée pour le 1 aout ….

là elle me met dans une chaise roulante me fais monter au bloc chéri nous suis et me demande ce qu’il va se passer je lui dis que l’on monte et que c’est « le jour » de la grande rencontre nous avions voulu garder la surprise et heureusement …

J’avais juste vu l’anesthésiste 3 jours avant…. elle se souvenais bien de moi et m’avais fait remarquer … que j’étais gonflée et que je faisait de l’oedème …. ( en cas ou je ne m’en étais pas rendue compte ..) j’avais des pieds ÉNORMES je ne savais plus quoi faire ….. les dernières semaines je ne sortais pour le minimum et restais allongé le reste du temps les jambes surélevées ….

Nous attendons sagement nous sommes contents excités .. et nous demandons comment tout va se dérouler …

Une infirmière ou sage femme vient me donne une blouse une charlotte me prépare .. beaucoup de monde ce jour là on nous dis : « on y va » et puis non .. une urgence … toujours presque ou pas de

contraction ….

Le temps est comme en suspens … aucune notion du temps qui passe …

Et puis voilà notre tour …. direction la salle d’opération en route vers la rencontre de ce bébé que je couve depuis 8 mois nous sommes dans la 36 èmes semaines …

On me demande comment nous allons appeler notre enfant si fille ML si garçon M

On me pose perfusions je suis sur une table d’ou je ne peut pas trop bouger ….

Je suis seule chéri m’attend à l’extérieur de la salle d’op et me fais des « coucou » je suis ravie de le voir et rassurée de le sentir tout proche on m’avais bien dis qu’il serais a mes côtés pendant la césa

L’anesthésiste arrive me reconnaît nous nous sommes vu il y a 3 jours , elle me demande ce que je fais là… (je suis là pour un tennis …)

Ah non je me suis percée ma poche des eaux .. non .. il y a quelqu’un de pressé dans mon corps…

Bon soit elle me pose cette rachi a un mal fou me demande de recourbé avec un gros ventre pas facile .. elle a du mal a me piquer tellement je suis gonflée … bon elle a fini oui de me dire que je suis gonflée …. commence à m’énerver ….

Bon elle y arrive je sent le froid envahir mon corps, je voit le champ se dresser devant moi chéri viens me retrouver le chirurgien arrive me reconnais me demande lui aussi ce que je fait là… un tennis ? Bref .. il dis de façon très banale que l’on va commencer « l’intervention » et donc je ne sent plus mon corps pendant ce temps là le chirurgien raconte son weekend avec les infirmières….

Et puis nous entendons un cri .. et c’est une fille !

On me présente notre fille je verse ma larme on la nettoyée emmaillotée mis un bonnet, on me recoud je passe en salle de réveil, je suis frigorifiée je voulais ma fille on la met en couveuse le temps que je me réchauffe et puis on me la remet pendant ce temps chéri est a nos côtés il regarde notre petit rayon de soleil …. il est a mes côtés je suis contente et ravie d’être a tes côtés .. merci Chéri.

Depuis je me suis poser beaucoup de question aurait elle pu passer ?

La césarienne était elle indispensable ?

Arrivée à 36 semaines avec son mini poids de 2kG650 j’imagine .. que oui

Je suis a nouveau enceinte de 5 mois j’ai changé de maternité, j’ai pris rendez vous avec une sage femme et fait mon entretien pré- natal cette fois ci …. et j’espère avoir au moins quelques contractions et avoir un sentiment de travail et non être un n° avec ouverture et me donner le bébé comme si c’était banal mais NON c’est le jour de notre enfant je ne comprendrais jamais pourquoi on ne m’a pas poser de questions .. et comment je me suis sentie passive les bras balants face au professionnels…