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Do – 2ème accouchement – Aveyron 2013‏

8 Jan

4 ans après mon premier accouchement, que j’ai très mal vécu, me revoilà enceinte. Mon mari n’a toujours pas digéré de n’avoir pas pu voir sa première fille naître, il aimerait que j’accouche dans un autre établissement. Mais, là où nous habitons, il n’y a pas d’autre choix possible. Je lui ai dit : « On souhaite aller dans l’Aveyron, alors débrouille-toi pour trouver un travail avant la naissance ! » Mission accomplie nous déménageons 1 mois avant mon accouchement, gros soulagement de la part de nous deux.

Suivi de Grossesse dans notre ancienne région, la sage-femme qui me fait ma 2ème échographie m’annonce : « Vous faites un beau diabète gestationnel ! Il faut manger moins de sucre ! » et puis « Vous avez trop de liquide, c’est normal avec votre diabète ! ah non, d’après les mesures, tout va bien » « c’est étonnant, le bébé n’est pas gros ! » Donc, régime sans sucre et sans graisse pendant 4 mois … et 6 piqûres par jour pour vérifier ma glycémie. Je prends très peu de poids, mais bébé grossit normalement en pompant sur mes réserves (mes vêtements de grossesse deviennent trop grands au niveau des hanches).

J’arrive en Aveyron pour le rendez-vous du 9ème mois : « Ils ont été vache avec vous, pour nous vous n’avez pas de diabète ».

Toutes les personnes m’ayant examinées sont choquées des cicatrices de mon premier accouchement, alors qu’on me disait là-bas que c’était normal.

Pendant 10 jours, j’ai des contractions tous les soirs pendant 1 à 2 h, toutes les 5 min, mais, dès que je m’allonge, elles s’arrêtent. J’attends un autre signe pour pouvoir partir à la maternité.

Un soir, nous sortons à un petit concert dans le village. En rentrant à la maison, mes contractions du soir sont là, avec une douleur très légèrement supérieure. Je me couche et m’endors. A 1h40, je suis réveillée par une grosse contraction. Je me lève et m’aperçois que les 2 suivantes arrivent toutes les 3 minutes. Je réveille mon mari en lui disant qu’il faut partir vite. Branle-bas de combat : prendre les valises, notre fille, le chat : personne ne reviendra à la maison pendant 4 jours. Sachant qu’on ne me donnerait pas à manger à la maternité et pensant que ça sera surement long (17 heures pour la 1ère) je mange des bananes pour accumuler des forces.

2h20 nous partons, j’appelle mes parents, pour leur dire que l’on va venir déposer la grande.

Les virages de la route de montagne sont assez dur à supporter. J’ai de plus en plus mal et avec la position assise, je n’arrive pas à gérer les contractions. Je hurle de plus en plus dans la voiture et sens que tout s’accélère au bout de 20 min de trajet il reste encore 40 min … J’appelle mes parents pour qu’ils nous rejoignent à la maternité.

Nous arrivons à la maternité à 3h15. Mon mari me laisse aux urgences pendant qu’il attend mes parents pour laisser notre fille.

Je suis accueillie par une jeune sage-femme, quand elle me voie souffler très fort pendant les contractions me dit : « Faut vous calmer, sinon vous n’arriverez pas à garder du souffle jusqu’au bout » Elle demande si je souhaite la péridurale je lui réponds : « J’en voulais pas mais j’ai trop mal, oui je la veux ! » Elle m’examine et me dit : « Vous êtes à 8 cm, pour la péridurale ça me semble difficile. Je vais préparer la salle d’accouchement. » Je lui suis très reconnaissante de m’avoir annoncé avec une telle douceur que ça ne serait pas possible, de toute façon, au fond de moi, je ne la voulais pas.

Arrivée en salle d’accouchement, je n’ai qu’une peur, que mon mari n’arrive pas à temps, qu’il loupe une deuxième fois ce moment. Il arrive, ouf ! J’ai envie de pousser alors je pousse : la poche des eaux se rompt.

La sage-femme me dit de faire comme je le sens : je pousse lorsque j’en ai envie, arrête quand je veux. Au milieu de mes poussée : un éclair dans ma tête : je ne veux pas ravoir de grosses déchirures, je dis à la sage-femme : « Si y a besoin de couper, vous coupez ! » Elle me regarde d’un air effaré : « Nous n’en sommes pas là ! »

C’est magique, j’ai toutes les sensations qui m’avaient manquée lors de mon premier accouchement. Je sens la tête de bébé progresser au fur et à mesure de mes poussées. La tête est dehors, la sage-femme me demander d’arrêter de pousser, car il y a un double cordon autour du cou de bébé, elle est obligée de couper le cordon. 3h35 bébé est parmi nous. On me la pose sur le ventre et nous pouvons faire connaissance tranquillement. Moment magique ! A peine sortie, elle ouvre la bouche et cherche à téter. Je la mets au sein pour sa première tété, elle y restera 1h.

La sage-femme me recoud, trois petits points sur ma grosse cicatrice qui a un peu craquée. Elle est choquée lorsqu’on lui raconte mon 1er accouchement et essaie de me recoudre pour que j’ai le moins de gène possible. Elle a très bien fait car je n’ai eu aucune douleur.

Je remercie énormément cette sage-femme qui m’a permis de vivre pleinement mon accouchement. Elle est une petite fée qui a aidé ma fille à naître.

En résumé, mon accouchement fut très rapide, très intense mais tellement MAGIQUE !

Mon mari est sur un nuage d’avoir pu assister jusqu’au bout à la naissance de sa fille. Dès le lendemain je lui ai dit : « Nous aurons un 3ème ! », peut-être qu’à ce moment là, il pourra couper le cordon…

Dans cette maternité, les pères sont les bienvenus, ils ont à leur disposition un fauteuil se transformant en lit : il en profitera. Les aînés ont à leur disposition une salle de jeux, ça aura permis à notre grande de voir que l’on peut passer du temps pour elle, même s’il y a une petite sœur.

Lien vers le premier témoignage de Do : #323 – Do – 1er accouchement – Yonne 2009

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Grand-Duché de Luxembourg – Accouchement non respecté (mais presque !)

7 Jan

Grand-Duché de Luxembourg – Accouchement non respecté (mais presque !)

J’avais lu que les méthodes de calcul du terme dit «anticipé » d’une grossesse, différaient d’un pays à l’autre, y compris au sein de l’UE. De fait, la naissance de notre 1er bébé était-elle anticipée à un certain jour « J » selon la méthode luxembourgeoise et à J+7 selon la méthode française. Il faut savoir que ce calcul impacte, en cas de dépassement dudit terme, la décision de déclencher médicalement l’accouchement, et, par voie de conséquence, la possibilité ou non d’accoucher sans acte médicaux lourds. Désirant accoucher naturellement, j’avais gardé précieusement le clignotant allumé, dans un coin de la tête. Je n’imaginais pas encore à quel point cela allait bouleverser le terme de ma (première, j’insiste) grossesse …

J’ai eu la chance de vivre une grossesse sans problème, et d’aimer cette période si particulière des prémices de la relation entre Chéri, Petit Bout et moi.

Dès le début, j’ai douté du gynécologue (« Dr Speed ») qui l’a pourtant suivi à 98%. Il semblait avoir les connaissances médicales requises mais il était très (trop ?) pressé, il n’avait jamais le temps de m’expliquer quoi que ce soit ; chaque échographie se concluait par un très lapidaire « Tout est ok ». J’avais pourtant des questions et tant besoin d’être rassurée !

S’il avait voulu y jeter un œil, Dr Speed aurait lu dans notre projet de naissance, notre désir de limiter au minimum les actes médicaux. Je voulais notamment éviter la péridurale, qui allonge le temps de travail et augmente le risque de recours aux forceps, à la ventouse et autres accessoires qui sont autant de sources de souffrances supplémentaires pour le bébé à naître. J’éprouvais le besoin d’être épaulée, soutenue par le médecin qui suivait ma grossesse, mais le fossé allait grandissant entre mes besoins, mes choix, mes convictions et l’attitude de Dr Speed. Son comportement me laissait présager que je serais un simple numéro devant accoucher en X heures, montre en main, avec une évolution du travail conforme aux protocoles établis par des bureaucrates raisonnant en termes de coûts financiers, d’optimisation des ressources et avides de placer le plus d’actes médicaux lucratifs possibles.
Comment Dr Speed pourrait-il prendre le temps de laisser faire la nature le jour de l’accouchement, alors qu’il ne le prenait pas le temps de m’informer durant la grossesse ?? Ma grossesse se déroulait bien mais mon inquiétude allait grandissante et ce que j’allais bientôt découvrir à la maternité n’allait pas arranger mon état…

Conviée à une réunion d’information organisée par la maternité où j’étais censée accoucher (la « Maternité « Usine »») je fus fortement étonnée d’apprendre qu’un lavage intestinal et un rasage étaient systématiquement pratiqués à l’arrivée des futures mamans à la maternité. Pourquoi imposer ces actes générateurs d’un stress supplémentaire à la mère et l’enfant ?? … Il est pourtant reconnu que cela peut avoir un impact négatif !?!

Des recherches un peu plus poussées me permirent d’accéder à des statistiques, certes assez anciennes, sur les actes médicaux pratiqués par diverses maternités du Grand-Duché de Luxembourg : la Maternité « Usine » avait un taux extrêmement élevé de péridurales, épisiotomies, etc.

Malgré cela, durant tous ces mois de grossesse, j’étais restée une patiente de Dr Speed ; je lui avais trouvé des excuses et m’étais (presque) convaincue que tout était normal et qu’aucune explication n’était nécessaire, que Dr Speed savait ce qu’il faisait et que mon inconfort provenait de ma peur de l’inconnu, de la peur de l’accouchement et du fait de devenir mère. C’est vrai, après tout, c’était ma 1ère grossesse, Dr Speed en avait connus pléthore, alors comment pouvais-je me permettre de le juger ? Il était le pro, le savant, j’étais l’inculte, novice dans les accouchements. Pour lui redonner du crédit, je gardais en tête qu’entre 2 portes, à 3 semaines du terme anticipé, il avait rapidement « confirmé » que je pourrais essayer d’accoucher dans la baignoire (ce que je souhaitais) mais il avait rapidement rajouté qu’il ne fallait pas mettre de côté les autres options. Quant à la Maternité Usine, elle aussi semblait laisser les mères (tenter d’) accoucher naturellement…

En fin de grossesse (9ème mois) mon instinct me disait pourtant que si je ne faisais rien, on n’allait pas me soutenir pour accoucher naturellement et qu’au contraire, on m’inciterait à prendre la péridurale et qu’au final, on me « volerait » mon accouchement et que Petit Bout souffrirait plus, ce que je regretterais toute ma vie. Mes amis me disaient que c’était insensé de vouloir accoucher sans péridurale de nos jours, ou que je m’inquiétais sans raison, que j’exagérais. Ils trouvaient mille et une excuses à la Maternité « Usine » et à Dr Speed. J’étais seule face à mes angoisses. Désespérée, j’ai appelé la BabyHotline de l’Initiativ Liewensufank (« IL »). Grand miracle, j’ai trouvé pour la 1ère fois oreille attentive (Ute Rock) et, enfin, on ne me prenait pas pour une folle, au contraire, mes craintes étaient comp-rises !!

Après cet appel, j’ai entrepris de changer de gynécologue et de maternité, mais je me suis rapidement résignée à ne rien faire; ne m’avait-on pas appris à ne pas faire de vague et à obéir?? Pour qui est-ce que je me prenais ?? Je me sentais plus intelligente que les autres, les spécialistes ou quoi ?! Et puis, encore une fois, entre 2 portes, j’avais finalement entendu que je pouvais tenter un « accouchement naturel » mais « qu’il ne fallait pas que je me bloque à toute autre option ». Alors pourquoi changer de médecin et de maternité, et ce aussi tardivement ? Non, j’avais décidé de ne rien faire car changer pour une maternité Amies des Bébés et des Mamans (« MABEMA ») signifiait que je prenais mon accouchement en mains, que je décidais activement d’essayer d’accoucher naturellement, sans péridurale… que je décidais de vivre l’accouchement dont j’avais toujours rêvé mais aussi que je décidais d’avoir mal et d’être celle qui éventuellement implorerait d’avoir une péridurale (car normalement, on ne me l’imposerait pas, là-bas). Ainsi donc, je perdrais le privilège de blâmer les autres, je serais la seule responsable de ma déception. Il est tellement plus facile et doux de blâmer les autres que soi-même… d’être la victime que l’auteur responsable…

Tout s’est bousculé lors d’une visite de contrôle chez Dr Speed le matin-même du terme du jour J: en m’examinant, la sage-femme a remarqué que le liquide amniotique avait diminué. Mr. Speed est arrivé, elle lui a fait part de ses observations, et il lui déclara que « de ce fait, puisqu’on est à terme, il faut déclencher l’accouchement le [J+1] ou [le J+2] au plus tard. Ah, non, pas [le J+2] [à cause d’un impératif personnel]». Il ne s’adressait qu’à la sage-femme. J’étais là, mais je n’existais pas. Il ne m’expliquait rien, ne proposait aucune alternative. J’étais désemparée et sous le choc.

Déclencher l’accouchement signifiait avoir des contractions beaucoup plus douloureuses et donc un risque accru de recours à la péridurale, sinon à la césarienne (j’avais lu que la péridurale pouvait réduire l’effet des contractions et ainsi une césarienne devenait la seule solution pour que le « travail » avance). Mr. Speed est reparti, la sage-femme s’est empressée d’appeler la Maternité Usine qui lui indique que je dois m’y rendre le lendemain, soit à J+1, à 6H30 du matin pour le déclenchement médicalisé … Je n’arrive pas à me contenir et pleure devant cette sage-femme en disant que je ne m’attendais pas à cette annonce brutale et que ça commence mal pour un accouchement naturel. Elle me répond gentiment que Mr. Speed ne fait pas cela contre moi mais pour le bien du bébé car finalement c’est sa santé qui est en danger. Je sors du cabinet en pleure et n’arrive pas à me résoudre à cette décision. Reprenant mes esprits, je réalise que cet argument de la santé du bébé (qui pèse lourd sur une – future – mère) n’est peut-être pas tout à fait vrai parce qu’au début Mr. Speed a dit que ça pouvait attendre J+2 puis il s’est rétracté car il avait un autre impératif – privé. Selon la méthode de calcul française, la grossesse n’était-elle d’ailleurs encore à son terme ? Alors pourquoi déclencher s’il n’y a rien de pathologique ? Pourquoi violenter mon Bébé en le forçant à sortir s’il n’est pas prêt ? Était-ce trop demander d’attendre au moins un jour de plus pour laisser une chance supplémentaire à Dame Nature ?

Je suis au pied du mur : si je ne veux pas qu’on me vole mon accouchement et qu’on violente Bébé, je dois agir. Si je ne fais rien, je me sentirai misérable et m’en voudrai toute ma vie.

J’appelle donc la MABEMA et explique la situation à la personne que j’ai au bout du fil, C., une sage-femme extrêmement professionnelle et humaine. Elle me trouve un rdv d’urgence pour un 2ème avis médical avec un gynécologue (« Dr Force Tranquille »). Elle me donne par ailleurs un rdv à la MABEMA dans l’après-midi pour constituer un « dossier maternité ». Je commence à retrouver espoir. Je rencontre Dr Force Tranquille; il décide que le déclenchement n’est, pour le moment, pas requis. Il décide aussi de me suivre quotidiennement par un CTG. Je suis rassurée, c’est ce qu’on pouvait me proposer de mieux ; Attendre mais faire un suivi renforcé pour que je reste sereine. C’est décidé, j’accoucherai à la MABEMA ! Chéri me laisse faire, même si je crois qu’il me prend un peu pour une folle, de changer de maternité au dernier moment.

Enfin, à J+7 (donc juste à terme selon la méthode de calcul française !) de petites contractions, qui deviennent rapidement régulières, se font sentir. Quelle réelle joie! Seule à la maison, je marche un peu pour calmer la douleur. Au bout d’1h30 je prends un bain ; les contractions ne passent pas, c’est confirmé, c’est pour ce soir ! Je suis heureuse. En attendant l’arrivée de Chéri, je suis mon instinct et je me berce à quatre pattes par terre pour réduire la douleur ou mieux la supporter. Je me motive en pensant que calme et repos suivent tempête et douleur de chaque contraction. Au bout de 2h, Chéri arrive du travail, l’émotion se lit dans son regard mais il ne perd pas son sang-froid et vérifie qu’on a bien tout ce dont on a besoin pour la maternité (la valise est prête depuis belle lurette). Il me laisse donner le « go » pour le départ direction la maternité, qui se trouve à 15 minutes de chez nous. Lors de notre arrivée à MABEMA (3 heures après le début des contractions), j’ai la joie de retrouver la fameuse C., qui est de garde ce soir-là. Ma bonne étoile brille. J’ai rapidement été invitée à m’installer dans la baignoire, conformément à notre projet de naissance (qui avait été lu !). Les contractions s’adoucissent un moment par l’effet de l’eau… puis elles s’intensifient de nouveau, mais elles sont toujours suivies d’une période de calme. Je me demande comment font toutes ces femmes qui accouchent sans péridurale. Quelle heure est-il ? Depuis combien de temps suis-je dans cette baignoire ? Est-ce que la nuit est tombée ? J’ai envie de vomir et j’ai soif, très soif. Chéri me donne de l’eau. J’ai mal… de plus en plus mal, alors finalement, je me résigne à la demander, cette fameuse péridurale dont je ne voulais pas… La sage-femme et Chéri me confortent et m’encouragent sans répondre à ma requête, certes émise timidement. J’ai l’impression de « sortir » de moi, de « partir ». Je n’ai plus de notion de temps. Je redemande la péridurale « plus tard », sans grande conviction et on me dit que dans dix minutes le col sera complètement dilaté et que la douleur diminuera. Dix minutes ? Allez, c’est possible de tenir ! Alors je tiens bon, toujours grandement soutenue par Chéri et la sage-femme.

Sans me donner la raison, la sage-femme me suggère de rompre la poche des eaux alors que le travail avance bien. Je ne comprends pas pourquoi, notre projet de naissance indiquait pourtant que je ne voulais pas de cet acte. Je suis dans un état second, je n’ai pas la force de réfléchir, ni de contester, ni de lutter contre cette proposition/décision. Je communique seulement mes craintes d’une douleur plus aiguë après cette rupture, mais la sage-femme le fait quand même. Je l’ai laissé faire … La phase d’expulsion commence, mon corps fait un spasme incontrôlable pour aider Petit Bout à sortir … puis plus rien, juste de « petites contractions ». Je ne comprends pas. Apparemment je serais en train de m’affaiblir, alors la sage-femme et Dr Force Tranquille me suggèrent de faire le reste du travail sur la « table normal » en position gynécologique. Je n’arrive pas à réfléchir ni même à discuter, je suis dans un état second (mais je ne perdrai jamais conscience) … Le projet de naissance indiquait pourtant de me proposer des positions aidant la sortie du bébé…. Là encore, je n’ai pas la force ni même l’idée de réagir … Alors je m’allonge, comme ils me le demandent, sur le dos. Il faut que je pousse mais apparemment je ne le fais pas correctement … Les contractions n’expulsent pas bébé du ventre, et la sage-femme pousse elle-même sur mon ventre pour sortir le bébé. La douleur des contractions semble avoir diminué, et ses gestes ne me font pas mal. Pourtant ces gestes me dérangent, d’ailleurs là encore, notre projet de naissance indiquait qu’on ne les souhaitait pas. Peut-être qu’ils ont été pratiqués pour de bonnes raisons, on ne me le dira jamais…. La tête de Petit Bout commence à se voir, mais le travail est apparemment lent. J’ai peur de la déchirure et cela me bloque. Dr Force Tranquille décide finalement de faire une épisiotomie. Là non plus, je n’ai pas lutté contre …

A notre grand bonheur, notre Petit Bout est arrivé dans ce monde sans péridurale et en douceur, en moins de 10 heures.

Trop de choses se bousculaient dans ma tête juste après son arrivée. C’est un miracle de voir ce petit être sortir de son corps. Je n’ai pas pu en dormir de la nuit. J’ai déposé Petit Bout à côté de moi, dans le lit, et l’ai observé toute la nuit durant. Chéri est resté à nos côtés, sur un lit d’appoint. Quel bonheur d’être enfin réunis tous les trois … Je n’ai pas eu de coup de foudre pour mon bébé, contrairement à ce qu’on peut lire dans des magazines, mais l’amour que je lui porte est indescriptible et n’a cessé de grandir depuis qu’il est entré dans ma vie.

Notre projet de naissance n’a pas été (pu être ?) respecté à la lettre et je regretterai certainement longtemps que la poche des eaux ait été rompue par la sage-femme (on ne m’a pas donné la raison de cette intervention). Je regretterai aussi longtemps d’avoir été mise en position gynécologique, et pas en position latérale ou à quatre pattes, où l’expulsion est plus facile. Ces dernières positions auraient peut-être évité l’épisiotomie qui a facilité l’arrivée de Petit Bout mais qui a aussi réduit les sensations de son passage … mais je venais de tellement loin … J’ai eu la chance d’avoir un accouchement rapide et c’est certainement cela qui m’a aidé à « coopérer » avec la douleur et à ne pas recourir à la péridurale. J’ai aussi eu la chance de croiser les bonnes personnes au bon moment et d’avoir eu les encouragements qu’il me fallait aux moments-clefs.

Le plus important dans tout cela, ce n’est pas d’avoir réussi à accoucher sans péridurale mais c’est de m’être sentie, au dernier moment, soutenue dans ma démarche et dans mes choix, d’avoir été rassurée et entendue … Les femmes doivent aujourd’hui se battre pour gagner le droit à un accouchement naturel. Il semble pourtant que c’est une question de bon sens !

La course au rendement (ou un brin de misogynie dans le monde médical?) rabaisse et ne respecte pas les femmes en ne leur permettant pas de se faire confiance et de faire confiance au pouvoir et à la force que Dame Nature leur a donné…

Quand est-ce que les femmes seront mises en confiance et rassurées quant à leur capacité à enfanter sans aide médicale, lorsqu’elles le souhaitent et bien sûr lorsque la grossesse le permet? A quand les maisons de naissance à Luxembourg ?!

Je fais ce témoignage dans le simple espoir que d’autres femmes s’y reconnaîtront et qu’il contribuera à leur donner la force de s’imposer raisonnablement devant la blouse blanche et de se faire confiance… Je remercie l’IL, Ute Rock, C. et Dr Force Tranquille de nous avoir accompagné dans cette belle aventure, ainsi que ma sœurette, qui est un peu mon ange gardien ! Et surtout, je remercie mon Chéri, qui est le port dans lequel je trouve chaque jour calme et bonheur.

– DoudouDiwana

PS : J’ai beaucoup réfléchi et relu les témoignages de votre site. Voici le texte un peu modifié et finalement, j’aimerai le voir classer dans respecté, car sans l’intervention du 2ème gynécologue (qui a accepté de ne pas déclencher et de faire le travail dans l’eau) j’aurai été l’objet d’une vraie boucherie …

# 193 Maryline 2010

28 Fév

Quelques mois après l’arrêt de ma contraception, je me sens bizarre, nauséeuse, fatiguée. J’essaie de me souvenir de la date de mes dernières règles, je ne me souviens plus exactement, mais j’ai du retard. Je suis sûre que je suis enceinte, je fais un test, il est positif. J’avais une prise de sang à faire je ne sais plus pour quelle raison, je demande au labo d’en profiter pour confirmer que je suis bien enceinte, et je prends rendez-vous avec la gynéco de ville qui me suit habituellement. Je ne l’aime pas trop, elle n’est pas très aimable, mais c’est la seule gynéco du coin qui donne des rendez-vous dans la semaine (les autres que j’ai essayé de contacter, de toutes façons, ils ne prennent pas de nouvelles patientes). Elle me demande la date de mes dernières règles, je lui donne une date approximative (en fait, je me souviens que c’était un lundi, mais j’hésite entre 2 semaines), mais je lui explique que de toutes façons, j’ai toujours été irrégulière, et qu’à mon avis, cette date ne sert pas à grand chose. J’ai eu l’impression que du fait que je ne sâche pas cette date, elle m’a prise pour une espèce de « cassos », irresponsable, analphabète ou je ne sais quoi. Elle regarde le résultat de ma prise de sang, et râle parce qu’ils n’ont pas fait de dosage pour tenter de dater la grossesse. On prend alors rendez-vous pour une échographie quelques jours plus tard. Je fais donc une première connaissance avec ma crevette ce matin là. Elle détermine en fonction de la taille de l’embryon que la date de début de grossesse est le 27 octobre 2009. Un mardi donc. Sur le coup, un mardi, je trouve ça bizarre. Car si je ne connais pas la date de mes règles, je sais avec certitude (en fonction du programme TV…) que la date du rapport fécondant, c’était la nuit du dimanche au lundi (monsieur n’était pas en forme en octobre, donc on n’a pas eu 36 rapports, c’est forcément ce jour là. Et je me souviens que le lundi, j’ai ressenti une légère douleur côté gauche il me semble, comme cela me le fait parfois autour de l’ovulation (pas à chaque cycle, mais cette fois là, je me souviens l’avoir ressenti). Après, que la fécondation n’ai eu lieu réellement que le lendemain, c’est pas impossible, mais sur le coup, je penche plutôt pour un début de grossesse le lundi 26 octobre. Bon tout ça, la gynéco ne me laisse pas le temps d’en parler, c’est du genre pressée.

Arrive ensuite le jour de l’échographie officielle du 1er trimestre. Elle fait ce qu’elle a à faire, me renvoie chez moi, et là, en classant mes papiers, je constate qu’elle a changé la date de début de grossesse au vendredi 23 octobre. Curieux, elle a rien dit, je me demande si c’est une erreur ou si c’est fait exprès. Surtout que le 23, c’est pas possible étant donné que le rapport fécondant a eu lieu après (et que je ne suis pas la vierge Marie). Je n’ai pas pensé que cette date aurait une incidence sur la suite du déroulement de ma grossesse, je me suis naïvement dit que comme ça, je serais en congé mat quelques jours plus tôt, donc je n’ai pas relevé.

Sauf que dans la clinique où je me suis inscrite (il y en a 3 dans le coin : une clinique privée, une clinique mutualiste et un hôpital, j’ai choisit la plus près de chez moi, c’est la clinique privée), le protocole, c’est d’essayer de déclencher dès le jour J.

J’arrive donc là-bas pour un contrôle le vendredi 23 juillet 2010, je vois d’abord une sage-femme qui me fait un monito, puis un gynéco. Ayant entendu parlé du décollement de membrane, je lui précise bien que je ne veut pas qu’il le pratique. J’ai entendu dire que pas mal de gynécos le pratiquaient au cours d’examen sans même demander l’avis de la maman. Il me répond une fois que je suis installée en position gynécologique avec son doigt dans le vagin qu’il va regarder mon col, et que si c’est « favorable », il va déclencher. Je refus catégoriquement l’idée d’un déclenchement, il répète inlassablement « si le col est favorable, il va déclencher ». Je me sens prise au piège avec les quatre fers en l’air et un doigt dans le vagin, puis il finit par dire, que « le col est long et tonique », donc il déclenche pas aujourd’hui.

Je suis plutôt outrée de son comportement, et j’ai surtout très très mal. Je ne peux quasiment plus marcher, je marche comme un canard en fait. Je me demande qu’est-ce qu’il a bien pu faire pour que j’ai mal comme ça: il a dû enfoncer son doigt dans mon col comme un forçat ! Je me sens un peu perdue, humiliée aussi, avec le sentiment de m’être laissée faire…

D’après le protocole de la clinique, j’y retourne 2 jours plus tard pour un nouvel examen (la douleur est partie). Cette fois, je suis bien décidée à ne pas me laisser faire ! Mon compagnon qui ne peut pas venir avec moi m’encourage par un « cette fois, les laisse pas te défoncer le cul ». C’est un autre gynéco qui me reçoit. Je suis sur la défensive, je lui explique que la dernière personne que j’ai vue m’a fait mal, qu’il me parlait de déclenchement, et que c’était hors de question, j’essaie de lui expliquer pour la date qui n’est pas bonne, mais il ne prend pas le temps de m’écouter. par contre, il est beaucoup plus sympa que l’autre, et il commence à me dire que de toutes façons, il connaît une méthode de déclenchement totalement bio. Il a piqué ma curiosité, je me dis qu’il va peut-être me parler du fameux « déclenchement à l’italienne » qui consiste à faire un câlin avec le papa, ce qui a parfois pour conséquence de démarrer le travail. Je baisse la garde, je m’installe sur la table d’examen, il met son doigt, et il dit « bon vous voyez, là je suis en train de faire un décollement des membranes, ça va déclencher spontanément le travail ». Là, je suis carrément dégoûtée, je me sens trahie, bernée, bref totalement écoeurée.

Dans l’après-midi, j’ai quelques douleurs, de légers saignements, mais pas de réelles contractions.

2 jours plus tard, donc à officiellement J+4, je retourne de nouveau à la clinique, mais cette fois, je prépare un « projet de naissance express »: je prend le 1er que je trouve sur internet du style : « je ne veux pas de péri, pas de déclenchement, pas d’épisio etc. » et je signe. J’ai trouvé un texte qui n’est quand même pas trop extrémiste non plus, je ne suis pas anti-médecin, mais je veux être respectée et pouvoir disposer de mon corps.

C’est encore une autre personne qui me reçoit, une femme cette fois. Elle regarde le résultat du monito que je viens de faire et me dit :

« Votre fils va très bien »

Moi : est-ce que vous avez pris connaissance de mon projet de naissance ? (j’avais donné le document à la sage-femme qui lui a transmis)

– ah, c’est vous … (avec un ton qui veut tout dire…) Mais votre fils, il est en souffrance foetale !

– vous venez de me dire qu’il va bien

– oui, mais on voit pas tout sur un monito

Après, elle commence à me dire « vous savez, j’ai fait option éthique dans mes études, ne pas déclencher par convenance pour la mère, bla, bla, bla » (bon, là, elle inverse un peu les rôles je trouve).

Bref, je reste catégorique, pas de déclenchement, je tente vainement de lui expliquer pour les dates, que je ne suis pas vraiment à J+4 en plus, mais elle ne me laisse pas. Elle refuse donc de m’examiner, et elle me dit d’aller dans une autre clinique (elle m’indique la clinique mutualiste et me fait un plan sur une ordonnance pour m’expliquer l’accès).

J’arrive là-bas, j’ai une petit peu envie de rigoler quand j’explique que je viens de me faire virer de la maternité. Au début, ils ne veulent pas de moi non plus, je fini par pleurer, et ils acceptent finalement de m’inscrire.Ils m’expliquent que d’après leur protocole à eux, ils déclenchent systématiquement à J+5 dernier délai, par mesure de sécurité, j’ai beau raconter mon histoire de date, ils m’expliquent qu’ils ne veulent pas déroger à leur protocole.

Je finis par rentrer chez moi en fin d’après-midi. Je vais me coucher le soir comme d’habitude. J’ai en principe rendre-vous pour un déclenchement le lendemain matin à 8h. J’essaie un peu de réfléchir aux conséquences de na pas y aller et d’attendre que bébé pointe le bout de son nez quand il aura décidé… Vers 2 h du matin, des contractions de plus en plus fortes, bon ben finalement, il n’y aura pas besoin de déclenchement, c’et parti ! J’arrive à la clinique vers 5 – 6 heures, je ne sais plus trop. Une sage-femme avec une aura que je ne saurais décrire m’accueille (j’ai su plus tard que cette femme là avait mis au monde son dernier à domicile). Par contre, elle m’explique qu’elle finit bientôt sa garde et elle me présente la sage-femme qui va prendre le relais. Ce n’est pas le même profile: beaucoup plus jeune, très scolaire. je comprend assez vite qu’il n’y aura pas de place pour la physiologie avec elle. Je demande à pouvoir marcher, le seul moyen pour moi de calmer mes contractions de plus en plus douloureuse (je ne suis que à 3). Elle me dit OK, mais faut passer un monito d’abord, en principe 20 minutes. Mais je ne sais pas pourquoi, elle fait durer le monito « 20 minutes encore ». Mon col progresse un peu, 1 cm par heure. Il est 10h environ, je suis toujours sous monito, je commence à plus supporter, mon col est à 5. Je réitère ma demande de marcher « oui, oui, tout-à-l’heure », je n’en peux plus, une heure plus tard, toutjours le monito, toujours à 5, un heure après, idem. Je commence à craquer, je redemande à marcher, je lui dit que la douleur est insupportable. Elle me répond « Il n’y a plus que la péridurale maintenant, et on va mettre une perf d’ocytocyne ». C’est tout ce que je ne voulais pas, mais j’abandonne, je n’en peux tellement plus que je finis par réclamer cette p… de péri. Il me faudra quasiment 2 heures de « torture » avant d’y avoir droit, le temps de refaire une prise de sang vu que le terme est dépassé. Gros soulagement quand l’anesthésiste arrive, j’aurais vendu mon âme au diable à ce moment là (j’en ai encore honte d’ailleurs). Après, c’est assez logiquement que j’ai eu droit à la perf d’ocytocyne (finalement pas longtemps car le bébé supportait pas trop), rupture des membranes, poussage en force et en position gynéco (« inspirez, bloquez, poussez »), et poussage quand la sage-femme a décidé (le gynéco était dans le coin, donc c’était le moment, car à son avis, il y aurait besoin des ventouses pour finir). Finalement, il y a pas eu besoin des ventouses ni du gynéco (j’ai poussé comme une malade, merci le hémorroïdes après), et dans la suite logique de cette façon de pousser, épisio.

Aujourd’hui, je n’en veux pas à cette petite sage-femme, elle a fait comme on lui a appris, et elle m’a toujours expliqué ce qu’elle comptait faire avant de le faire, et d’attendre mon accord.

J’en veux aux gynécos de la 1ère clinique, j’hésite aujourd’hui à entamer une procédure contre eux (j’ai déjà fait la liste des articles du Code de la Santé Publique qu’ils n’ont pas respectés).

Et je m’en veux surtout à moi-même, de ne pas avoir suffisamment défendu mes convictions.

Maryline