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#345 Lucie, dans le Val-de-Marne (94)

8 Fév

Je suis enceinte. J’ai 20 ans. Nous sommes en couple depuis 5 ans. Je suis déjà tombée enceinte un an plus tôt et nous avons fait le choix de l’avortement. Suite à cette IVG j’ai fais une dépression qui a nécessité un traitement médicamenteux. Mon traitement est arrêté en Août : au mois d’Octobre, je suis de nouveau enceinte.
Je suis très informée sur ce qu’est l’accouchement en France aujourd’hui : j’ai travaillé comme Auxiliaire de Puériculture dans de grandes maternités parisiennes. Je sais ce dont je ne veux pas. Je ne veux pas de cette violence industrialisée, banalisée. Je ne veux pas me sentir violée, anesthésiée, charcutée, comme je l’ai entendu parfois dans la bouche des mères auprès desquelles j’ai travaillé.
En fait, tout de suite, je veux accoucher chez moi, en sécurité. Là où je me sens bien. Je n’ai jamais été hospitalisée et je n’ai pas envie de commencer, surtout pas pour donner la vie. Je veux accoucher dans mon cocon, avec mon conjoint, la seule personne au monde en qui j’ai une absolue confiance, et éventuellement l’assistance d’une SageFemme.
Je me fantasme accouchant seule dans mon lit ou ma baignoire, en pleine possession de mon corps et gérant
ma douleur naturellement, instinctivement. Cette vision m’apaise et me sécurise.
Mon conjoint me fait confiance dans mes projets : c’est mon corps, mon instinct, je sais ce qui est bon pour notre bébé et moimême.
Il est un peu réticent, à peine, au sujet de l’accouchement à domicile, mais ma profonde conviction et mes arguments (appuyés par une documentation fournie !) ont vite raison de ses doutes.
Je parcours les numéros des SagesFemmes libérales de la région parisienne : l’une part en vacances à la date prévue de mon accouchement, l’autre est très froide au bout du fil et m’informe qu’elle ne prend plus de nouveaux parents. Je suis blessée et effrayée par la complexité de l’affaire : je me vois forcée d’accoucher à l’hôpital, faute d’alternative. Je n’ai pas le choix. Je me résigne à devoir accepter un accouchement en Maternité, et cette pensée me fait violence. Je me sens forcée.
A partir de ce moment de la grossesse, j’ai des phases régulières de panique en imaginant mon accouchement : je me vois ficelée à une table, le sexe ouvert mutilé, la lumière crue, tous ces gens, c’est un viol, voilà, c’est cela dans ma tête, rien d’autre. Mon conjoint ne comprend pas ma terreur et la minimise. Je me renferme. Je garde mon désespoir et ma peur en moi. J’envisage parfois d’accoucher seule à la maison, pendant que mon conjoint sera au travail, de ne pas me rendre à la Maternité. De faire ça toute seule, sans personne pour violer mon intimité. C’est la seule pensée qui m’apaise un peu, même si je sais qu’elle est illusoire : au fond de moi, je sens que je n’ai pas cette force d’être seule face à l’inconnu d’un premier accouchement.
Je découvre le concept du plateau technique, et un SageFemme libéral qui le pratique dans le grand hôpital à deux pas de chez nous. Cela me semble l’option la plus acceptable. Nous le rencontrons : il est sympathique, son approche de la grossesse et de la naissance me plaît, respectueuse et physiologique. Il accorde une grande place à l’entité parentale, pas seulement à la mère, et c’est important pour nous. Mon conjoint aussi est à l’aise avec lui. Nous ferons la route ensemble, même si je garde ce sentiment profond de faire un choix par défaut.
La grossesse se passe très bien physiquement. J’arrête cependant de travailler rapidement car je suis épuisée par les trajets interminables. Je sens que j’ai besoin de temps pour moi, pour me centrer et investir cette grossesse qui fait remonter à la surface d’anciens démons et beaucoup d’angoisses primitives. Quel bouleversement !
Le suivi de grossesse est respectueux : je n’aurais aucun toucher vaginal avant ma dernière consultation, car il n’y a aucune raison valable pour en faire. Je fais, avec mon SageFemme, une préparation à l’accouchement adaptée à mon souhait de ne pas prendre la péridurale : on discute des positions, de la gestion de la douleur, on fait de la sophrologie. Mais mon angoisse persiste malgré toute sa gentillesse. Je sens que je le pousse dans ses retranchements: je voudrais ne pas être perfusée d’office à l’arrivée à la Maternité, par exemple, et je me heurte à un
refus catégorique. Cela peut sembler anodin, mais le fait de sentir que je n’ai pas le droit de refuser un acte invasif creuse un fossé entre nous. Et je ne parviens plus à parler de ce qui me touche et m’inquiète : je le laisse se préoccuper de mon corps qui va si bien et je passe sous silence mon mental qui lui, ne suit pas.
Malgré mes efforts pour faire des choix éclairés, de nombreuses choses ne me conviennent pas. Mon SageFemme
ne fait pas les échographies et me dirige vers une gynécologue.. Son ton est froid. Elle me fait mal, elle a des remarques déplacées sur mon physique, elle ne nous met pas à l’aise. Je me souviens pourquoi je ne suis plus suivie gynécologiquement depuis des années, mais bizarrement, je n’ai pas la force de chercher quelqu’un d’autre. Je me sens piégée dans ma grossesse, dans ce qui m’est imposé à ce sujet : on attend de moi que je sois docile et béate. Je pensais que porter la vie me rendrait forte, puissante et fière; à l’inverse, je me sens infantilisée face au corps médical. Je m’estime “chanceuse” d’avoir opté pour un suivi global où je bénéficie d’un interlocuteur privilégié en la personne de notre SageFemme; je n’imagine pas ce qui se serait passé si j’avais opté pour un suivi plus conventionnel. Au moment où mon SageFemme remplira mon dossier pour la Maternité, il me demandera si
j’ai vécu des agressions sexuelles. Mon conjoint est à côté de moi. Oui, j’ai subis des violences sexuelles quand j’étais adolescente, mais comment vous dire ça maintenant, entre mon poids et mes antécédents familiaux ? Je ne dirais rien, et lui ne s’attardera pas sur mon malaise pourtant bien visible. Rien non plus sur mes addictions passées, quelques questions plus tard : trop tard, je suis fermée, vous m’avez fermée par votre indélicatesse. Dommage. J’aurais tellement eu besoin de parler de tout cela, précisément, de ces angoisses que la grossesse fait ressurgir. On
semble parfois oublier que la grossesse et l’accouchement sont des évènements de la vie sexuelle d’une femme, qu’ils sont dans la continuité de ses expériences, de son vécu. Mon ventre me semble dissocié de moi, on traite ma grossesse comme une personne à part entière.
J’ai du mal à investir ma grossesse, j’ai du mal à me projeter, à caresser mon ventre, à parler à mon bébé. Et je ne peux le dire à personne. A mesure que ma silhouette se transforme et que mon bébé donne des signes de vie, je parviens cependant à tisser ce lien délicat entre lui et moi.
L’échographie nous a montré qu’il s’agit d’une fille et j’en suis très heureuse. J’évite de penser à l’accouchement même si je suis toujours hantée par mes peurs. Je souffre aussi, malgré tout : je me sens lourde, impotente, douloureuse. Mais comme “tout va bien”, je n’ai pas vraiment l’autorisation de me plaindre. Mon conjoint et moi-même,
sentant la fin de la grossesse approcher, nous soudons face à l’inconnu. Mais je me sens toujours isolée et incomprise. Je regrette de ne pas avoir la force de demander de l’aide, mais j’ai la sensation que mon énergie
est monopolisée par et pour mon enfant. J’aurais souhaité qu’on me tende la main, qu’on fasse le premier pas, peut-être en me demandant sincèrement comment je me sentais, en tant que personne et pas seulement en tant que future mère.
La veille de mon terme prévu, je n’ai toujours aucun signe annonciateur de l’accouchement. Mon SageFemme
m’annonce que si je n’ai pas accouché à la date prévue, on me déclenchera à DPA+1 : c’est le protocole de l’hôpital dans lequel il officie et il n’a pas le pouvoir de lutter contre.
Je n’avais pas du tout envisagé cette possibilité et cela me révulse. Je déteste l’idée de mettre mon bébé dehors de force et dans la violence qu’induit un accouchement déclenché artificiellement, alors qu’il ne montre aucun signe de détresse. On ne nous laisse donc aucune chance ! Mais, moi non plus, je n’ai visiblement pas le pouvoir de lutter contre.
Le SageFemme me fait mon premier toucher vaginal pour contrôler l’état du col utérin, qui est légèrement ouvert. Je sens qu’il fait un geste sur mon col que je ne connais pas, désagréable. Il s’aperçoit que je l’ai remarqué et me fait un petit sourire en coin : “Je décolle les membranes”.
Je suis stupéfaite. Le décollement des membranes n’est pas anodin, et il ne m’a pas demandé mon avis. Il a fait ce geste sur mon corps, sur mon sexe, sur mon bébé, sans me demander mon avis. Il prend ce risque sans s’assurer que je sois informée des conséquences que cela peut engendrer.
Je n’arrive plus à parler. J’ai envie qu’on en finisse : j’ai mal partout, je suis épuisée d’avoir peur, d’appréhender, de sentir que mon corps m’échappe, que je ne contrôle rien. Le SageFemme est sûr que je vais accoucher dans la nuit, moi pas. Il s’aperçoit qu’il a oublié de faire un test important concernant la présence de Streptocoque B dans ma flore vaginale, et me demande de passer au laboratoire avant de rentrer chez moi.
Pendant le trajet, je sens que je commence à perdre les eaux. La poche est fissurée. A cause du geste qu’il a posé sans préavis, il a déclenché les évènements. Je marche toute l’après-midi, je passe au laboratoire. Je rentre chez moi. Je nettoie la maison du sol au plafond. Je ne pense plus à rien. Je préviens mon conjoint que l’accouchement ne va plus tarder. On prépare mon sac. Toute la nuit, je prête attention à mes contractions irrégulières, peu douloureuses, que
j’essaie de forcer en roulant du bassin sur mon ballon d’accouchement. Mais le travail n’a pas commencé. Je sais que ce n’est pas le moment, que mon bébé ne viendra pas tout seul, que la poche des eaux ne se serait jamais fissurée naturellement aujourd’hui. Je sais qu’en fait, mon SageFemme m’a déjà déclenchée artificiellement en décollant les membranes, parce qu’il voulait se conformer au protocole de son hôpital. Il n’a pas laissé à mon bébé une chance de
naître naturellement. Et je suis en colère contre lui, en qui j’avais une relative confiance jusqu’alors. Je n’ai même plus peur : je veux juste en finir, je veux que mon enfant naisse. J’ai le sentiment que la naissance de mon bébé est gâchée, et je culpabilise de ne pas mener ma grossesse à terme moimême, de ne pas savoir/pouvoir accoucher par moimême.
Le lendemain matin, les contractions se sont arrêtées. Le SageFemme essaie de me joindre au téléphone et je suis bien obligée de décrocher. Il vient d’avoir les résultats d’analyse : j’ai énormément de Streptocoques B. Comme la poche des eaux est fissurée depuis la veille et qu’il y a un risque d’infection pour le bébé, on doit déclencher l’accouchement. Une raison de plus, j’ai envie de dire. On se donne rendezvous à la Maternité. Il y a comme un sentiment d’urgence, de pression, je me sens forcée, pressée, compressée par son inquiétude.
Arrivés à la Maternité nous allons directement nous installer en salle de travail. C’est une trop grande salle froide carrelée, avec une baie vitrée donnant sur les arbres. Il y a une table d’accouchement sans étriers et face à la table, des placards et du matériel médical. C’est aseptisé, immense, étranger. J’ai du mal à me dire que je vais donner naissance à ma fille ici, dans cet endroit anonyme et froid, mais je me fais violence pour me “mettre dans le bain” :
après tout, je n’ai pas le choix, autant faire de mon mieux pour que cela se passe le moins mal possible. Je fixe mon attention sur le joli paysage par la fenêtre, dans le soleil de fin d’aprèsmidi.
Je passe la blouse de l’hôpital. Je ne veux pas enlever mon bracelet portebonheur, mais c’est obligatoire au cas où une intervention d’urgence serait nécessaire, alors j’obéis. La pose de la perfusion la première de ma vie m’arrache
des larmes de douleur. Comme l’accouchement est déclenché j’ai droit au monitoring en continu : je peux me déplacer sommairement avec, mais mes mouvements perturbent l’enregistrement et je dois sans cesse veiller à ce qu’il reste en place. Le SageFemme me dit de ne pas m’en préoccuper, mais c’est difficile d’occulter ce bruit permanent et tous ces fils. Il me prévient que la douleur des contractions va être plus violente et soudaine que si l’accouchement était spontané : mais plus violente que quoi ? Je n’ai encore jamais accouché !
Je m’assois sur le ballon, mon conjoint face à moi. Je gère les premières contractions ainsi : nous discutons tous les trois tandis que je bouge mon bassin au rythme des vagues qui se succèdent. Très vite, elles sont plus rapprochées et plus puissantes. Le SageFemme me prévient chaque fois qu’il augmente le débit de la perfusion, ce qui est plus anxiogène qu’autre chose. Quand la contraction arrive, je m’enroule sur moimême et je serre très fort les mains de
mon homme. Ce contact physique avec lui m’est indispensable en permanence, c’est la seule chose qui me garde sur Terre; sans ce contact je pars très loin… L’intensité des contractions me stupéfie. A chaque contraction, désormais, je n’entend plus rien, je ne vois plus rien, je suis submergée par cette douleur brûlante qui n’est pas localisée mais générale, dans ma chair et dans ma tête, partout en même temps. Rien à voir avec ce dont on avait parlé pendant la
préparation à l’accouchement.
J’entends les hommes qui discutent sans être capable de donner du sens à leurs mots. Leurs voix sereines me réconfortent cependant entre deux contractions, c’est un fond sonore agréable.
Parfois mon homme m’encourage doucement mais je ne peux pas lui répondre, ma voix ne sors pas. J’ai la sensation d’être dans un monde parallèle, de perdre le contrôle de mon corps, de mes sens, ce qui est déroutant et effrayant. La douleur prend de l’ampleur continuellement. J’ai du mal à reprendre mon souffle.
Je ne parviens plus à gérer la douleur assise, un poids pèse sur mon périnée en permanence.
Je crois que je le mentionne oralement car mon SageFemme me propose de me mettre debout en m’appuyant sur le lit. Je me lève en trébuchant : je me sens ivre. Est-ce que c’est ce qu’il y a dans la perfusion qui me rend ainsi ? Je pose les deux mains sur le lit et une contraction très violente arrive immédiatement. Je suis submergée par la douleur et par la peur. Debout au milieu de ce lieu inconnu, seule, noyée dans ma douleur sans le contact physique de mon homme, je me sens vulnérable, en danger. Je suis terrorisée.
On m’aide à monter sur le lit et je m’y retrouve allongée sur le dos, position fortement anxiogène pour moi, mais j’ai trop mal pour verbaliser mes émotions. Le SageFemme me propose un toucher vaginal pour vérifier l’avancée du travail : le col est ouvert à 4. Cette période de l’accouchement est très confuse dans ma mémoire : je déraille complètement. Je me dis que je ne vais pas survivre, je pleure comme une enfant en m’accrochant à mon homme. Comme s’il pouvait prendre ma douleur, j’attrape la main du SageFemme pour la poser sur mon ventre
pendant une contraction, mais il la retire, visiblement embarrassé.
J’ai une sensation profonde, bestiale, de mort imminente. Ce n’est plus de la douleur, c’est de la souffrance, il n’y a aucune pause entre les contractions. Allongée sur le dos, les cuisses serrées l’une contre l’autre, je me tortille à chaque contraction comme pour la bloquer, la freiner, mais en vain. J’en arrache même ma perfusion à force de me tordre de douleur mon SageFemme me dit qu’il n’a jamais vu ça avant.
Quelque part, le fait que les hommes restent sereins autour de moi me permet malgré tout de garder un contact avec la réalité. On essaie le masque de gaz relaxant, mais c’est pire, car je me sens étouffée en dessous. Le SageFemme
et mon homme me préviennent qu’ils vont sortir un instant. Mon homme me racontera lui avoir demandé s’il était normal que j’ai aussi mal, car il commençait à avoir peur pour moi. Ce moment de solitude est douloureux mais bénéfique : je suis profondément désespérée de ne pas être comprise et aidée, mais je comprends que je vais devoir lutter seule et que je dois trouver par moimême ce qui peut me soulager.
Le SageFemme me fait un nouveau toucher vaginal : le col est ouvert à 6. Il me propose de percer la poche des eaux : cela risque d’être plus intense ensuite, mais aussi d’accélérer considérablement l’avancée du travail, selon lui. J’accepte car j’ai envie d’en finir. Il perce la poche des eaux : j’ai un fou rire en sentant toute cette eau chaude jaillir hors de moi, c’est inattendu, cela me soulage d’un poids ! Nous rions un peu, l’atmosphère redevient plus sereine,
plus confortable. Le SageFemme me propose de m’asseoir en tailleur et installe une barre au dessus du lit de façon à ce que je puisse m’y accrocher au moment des contractions. Il me rappelle de me recentrer sur ma respiration et me propose de pousser sur la barre au moment de l’expiration. Sur un poste radio, il met la musique que nous utilisions pendant les séances de sophrologie : c’est rassurant même si j’en fais très vite abstraction, comme tous les sons
environnants. Dans le brouillard, j’entends la voix de mon SageFemme, cette parole isolée en réponse à mon homme inquiet : “Maintenant, elle est dans sa bulle.”
Je me concentre entièrement sur ma respiration, je la visualise et l’accompagne. Curieusement, la douleur des contractions a disparue : elle est remplacée par une puissante envie de pousser !
En fait, mon corps pousse tout seul, sans que je puisse maîtriser cet effort. Mon utérus est maître de la situation. C’est une sensation qui n’a jamais été mentionnée en cours de préparation à l’accouchement. Je suis soulagée de ne plus avoir mal, de ne plus être dans la douleur vive, mais cette sensation de poussée me déroute et me fait peur. C’est si dur de lâcher le contrôle quand on ne se sent pas parfaitement en confiance et sécurisée… Je ne peux pas.
Je voudrais, mais je ne peux pas. J’aurais tellement besoin d’être dans mon cocon familier, sentir l’odeur de mes draps, de mon homme contre moi, pour pouvoir enfin lâcher prise… Mais ici, de cette façon là, je ne peux pas.
Je signale à mon SageFemme que “ça pousse”. Il me répond simplement de laisser aller. Alors que j’aurais besoin d’être accompagnée, je me sens à nouveau piégée dans mon corps, seule. Malgré moi, je vais lutter contre cette poussée. Entre chaque contraction, je somnole sans m’en apercevoir. Je suis épuisée. Quand la poussée arrive, je suis incapable de la laisser aller. J’ai beau essayer de faire le vide dans mon esprit, mon bassin se bloque et je me retiens. Tous mes muscles tremblent dans cet effort. Je pourrais rester ainsi indéfiniment, suspendue dans le temps, dans les âges, entre deux états, entre deux étapes.
Subitement, j’entends la voix de mon SageFemme, anxieuse : “Bon, il faut y aller.”
J’ouvre les yeux. J’ai la sensation de me réveiller d’une très longue sieste : dehors, il fait nuit ! Je ne comprends pas. La sensation de poussée à disparue. Le SageFemme m’explique que le coeur de mon bébé commence à ralentir et qu’il va falloir pousser pour la faire sortir rapidement, tout en braquant sur mon corps l’énorme projecteur accroché au plafond. Je le vois préparer du matériel et enfiler un masque.
Je ne comprends plus rien. Je ne comprends pas comment j’en suis arrivée là, alors qu’il y a si peu de temps j’étais transpercée par cette poussée si puissante. Pourquoi est-ce qu’il ne m’a pas encouragée à pousser à ce moment là ? Pourquoi m’avoir laisser m’épuiser ainsi dans mes contractions, au point de m’endormir, alors que j’avais juste besoin qu’on m’encourage et qu’on me guide ?
Je suis assise sur le lit, les cuisses ouvertes au maximum, presque accroupie. J’ai toujours des contractions, mais elles semblent ralenties, anesthésiées, endolories comme tout le reste de mon corps. Mon homme est à ma droite et me tient la main. Une Aidesoignante est à ma gauche. Elle demande au SageFemme : “Tu vas faire une (poussée) dirigée ?”. Je me sens impuissante, incapable. Je m’efforce de pousser tandis que l’Aidesoignante appuie sur mon ventre. Elle s’excuse de me faire mal car elle y met vraiment toute sa force : je me souviens lui esquisser un sourire et lui répondre quelque chose comme “au point où j’en suis”.
Mais je n’arrive pas à pousser correctement. Mon corps m’échappe une nouvelle fois, traître. J’ai du mal à rassembler mes forces et à comprendre comment je dois pousser, maintenant que la sensation de poussée naturelle a disparue. Le SageFemme me dit qu’il va faire une anesthésie locale et, sans même me demander mon avis, enfonce une aiguille d’une taille considérable dans mon aine pour injecter le produit. C’est extrêmement douloureux. Mais pourquoi une
anesthésie maintenant ? Je n’avais pas mal ! Il semble confus de ma réaction et bredouille que maintenant, il est bien obligé de faire l’autre côté… J’en pleure de douleur tandis qu’il pique à nouveau. C’est complètement inutile.
Je pousse encore, mais cette anesthésie locale m’empêche de sentir correctement ce que je fais. Déjà que je n’ai plus envie de pousser depuis un moment, ça devient très compliqué… Le SageFemme me menace : si je n’y arrive pas toute seule, il faudra faire venir le Gynécologue.
Je balbutie en pleurant que je ne comprends pas comment je dois pousser. Finalement, je ne sais trop comment, je parviens à faire émerger la tête chevelue de mon bébé : je vois son reflet dans le carrelage du mur. Mon conjoint va jeter un coup d’oeil ému puis revient vite me tenir la main pour m’encourager. Cette vision furtive me donne la force de la sortir complètement à la poussée suivante.
J’ouvre les yeux le temps de voir ma fille, un peu violette, passer au dessus de mon corps sans s’y poser. Je crois lui avoir dit “Je t’aime”. Le SageFemme et l’AideSoignante partent immédiatement avec elle dans la salle adjacente. Mon homme me regarde avec inquiétude. Je crie : “Vas avec elle !” et il disparaît lui aussi. Cet instant de solitude semble durer une éternité.
Ma fille qui ne pleure pas, mon corps douloureux, vide, écartelé. Par respect pour elle, je ne pleure pas non plus jusqu’à ce que son premier cri me parvienne enfin. Alors les larmes coulent toutes seules. Ma tête est vide, je ne pense plus. Je suis seule. Je suis vide. Je voudrais mes amours près de moi, ma fille, mon homme. L’AideSoignante
passe à côté de mon lit. Je lui demande si tout va bien pour ma fille, et elle me répond avec surprise que oui, bien sûr, qu’elle avait juste besoin qu’on la stimule un peu car elle était fatiguée, mais que tout va bien maintenant. Puis elle me félicite, me souhaite une bonne nuit et s’éclipse.
Le SageFemme revient avec ma fille dans les bras : il propose à mon homme de la prendre en peau à peau pendant qu’il me fait quelques soins. Il appuie sur mon ventre, c’est désagréable, et me demande de pousser pour voir : le placenta sort d’un coup. Le SageFemme nous demande si on veut le voir : on jette un coup d’oeil, mais ça ne nous passionne pas autant que lui. Il m’ausculte. J’ai deux déchirures, sur la lèvre et à l’entrée du vagin, mais le périnée est intact. Il va me recoudre à vif : je suppose qu’il ne peut pas faire une nouvelle anesthésie locale aussi rapidement après la première, bien qu’elle ne fasse absolument pas effet. Je sens tout. C’est insupportable. Il minimise ma douleur sur le ton de l’humour.
Je ne lâche pas des yeux ma fille, blottie nue contre le torse de son Papa, dans une couverture chaude. Cette vision merveilleuse me permet d’endurer en silence la douleur. Ils partagent ces premiers instants et cela me réconforte de savoir qu’ils vont bien, qu’ils sont ensemble, qu’ils se câlinent.
La “couture” est longue et douloureuse. Je n’en peux plus, je suis toujours dans la position où j’ai accouché et mes cuisses tremblent comme des feuilles mortes. Je me sens partir, je suis comme shootée, j’ai de gros vertiges. Je le signale à mon SageFemme qui ne semble pas s’en affoler et termine son travail. Mon homme est impatient de me présenter ma fille et me la dépose dans les bras : son corps chaud contre le mien me fait un bien infini. Elle se met rapidement à gémir et à se tortiller : je lui propose spontanément le sein, qu’elle atrappe facilement pour une
première tétée. Je devrais déborder de bonheur, mais je me sens anesthésiée, vidée. Je contemple ma magnifique petite fille sans parvenir à ressentir quoi que ce soit d’autre que mon épuisement et ma douleur.
Notre SageFemme nous laisse un moment seuls et nous profitons de cette tendre intimité à trois. Je me sens dissociée de mon corps, toujours ivre. Je suppose que cet état second, qui se poursuivra toute la nuit, est un effet des médicaments qui m’ont été injectés. Lorsque le SageFemme revient, ma fille est toujours au sein : j’aurais apprécié qu’il vérifie ma position d’allaitement, mais je n’ai pas le temps de lui demander, car il nous signale qu’il faut monter en chambre. Mon conjoint habille ma fille car je suis trop épuisée pour le faire. Le SageFemme
me nettoie, me met une protection hygiénique et m’aide à m’installer dans le fauteuil roulant. Je ne tiens plus sur mes jambes. Mon homme me dépose ma fille toute emmitouflée dans les bras. La tenir serrée contre moi est déjà un effort physique considérable, dans l’état où je me trouve. Mon homme nous embrasse une dernière fois avant de partir : il n’a pas le droit de passer la nuit avec nous. Je suis installée dans une chambre double. La mère qui est allongée dans le lit à côté du mien dort profondément, elle n’a pas son bébé avec elle. La sonnette destinée à alerter le personnel médical est accrochée dans son lit : il n’y en a qu’une pour nous deux.
Je m’installe seule, maladroitement, avec ma fille dans mon lit car elle a toujours envie de téter.
J’ai très mal au sexe et je sens que je saigne. J’ai des vertiges, des frissons, je tremble. J’ai froid et je me sens toujours shootée : j’ai des pertes d’équilibres et la vue brouillée. Je voudrais me lever pour aller aux toilettes car j’ai envie d’uriner et que j’ai besoin de vérifier mes saignements, mais je ne peux pas me lever seule. Je ne peux pas non plus appeler quelqu’un pour m’aider, puisque la sonnette est inaccessible.
Je vais donc rester ainsi de longues heures. J’essaie de trouver une position confortable pour allaiter et somnoler en même temps. En plein milieu de la nuit, une infirmière entre dans la chambre. Elle vient vérifier quelque chose concernant ma voisine. Je lui demande si elle peut m’aider à aller aux toilettes : elle me répond sèchement que puisque je n’ai pas pris la péridurale, je peux me lever seule. Je lui explique que j’ai très mal et des vertiges importants, mais elle fait mine de ne pas m’entendre. Je me débrouille pour aller seule jusqu’aux toilettes mais je dois
faire plusieurs pauses en chemin car je suis au bord du malaise. La seule réaction de l’infirmière devant mon état sera de m’ordonner de laisser la porte des toilettes ouverte au cas où je m’évanouirais.
Je lui demande si elle peut me procurer d’autres protections hygiéniques, car je saigne très abondamment et les miennes ne sont pas suffisantes : elle rechigne. Elle ne m’en apportera pas de la nuit. Uriner provoque une douleur extrême à cause de la suture récente et je ne sais pas si c’est normal. Lorsque je regagne mon lit, l’infirmière est déjà partie.
J’apprendrais plus tard que le personnel médical de l’établissement est très réticent à acceuillir les mères qui accouchent en plateau technique : en effet, tous seront ignorants, froids et même dédaigneux avec nous. Notre SageFemme nous dira sur le ton de la blague qu’à notre arrivée,
l’équipe soignante a parié avec lui sur le fait que je réclamerais une péridurale et sur l’heure de mon accouchement; et que nous avons “gagné”. Je préfère ne pas rapporter en détails l’attitude du personnel à mon égard : pour simplifier les choses, lorsque je n’ai pas été tout bonnement ignorée, j’ai reçu des critiques et des remarques infantilisantes et moqueuses.
Ainsi, on ne viendra se préoccuper de moi que le lendemain en début d’après-midi: auscultée par une infirmière, j’apprends que j’ai deux hématomes importants aux aines et le sexe tuméfié, ce qui explique mes intenses douleurs. Elle est très étonnée de découvrir qu’on ne m’a pas donné d’antalgique. Je souffre également de crevasses aux seins car personne ne s’est soucié de savoir comment se passait mon allaitement. Plus grave : personne ne s’est préoccupé de savoir comment se portait ma fille, pendant tout ce temps…
Le lendemain, mon homme me trouve dans un état d’épuisement avancé. Je n’ai pas dormi et je n’ai toujours pas reçu le moindre antalgique. Notre SageFemme fait un passage éclair dans la chambre pour vérifier mes saignements et mes sutures : il semble nerveux et confus devant le récit de ma nuit. Il insiste pour me prescrire une contraception hormonale alors qu’il n’y a aucune urgence, et ne se préoccupe pas de savoir si mon allaitement se déroule bien. Il nous dit être très occupé et ne pas pouvoir rester plus longtemps, nous nous verrons demain, lors du suivi à domicile que nous avons organisé.
En effet, nous avions prévu une sortie précoce, mais les transmissions n’ont pas été faites correctement au sein de l’équipe médicale et nous devons attendre de longues heures la visite du pédiatre avant de pouvoir quitter l’établissement. Nous apprenons, lors de cet examen, que les prélèvements faits sur notre bébé afin de vérifier qu’il n’a pas été infecté par le Streptocoque B, ont été perdus dans la nuit. Notre fille subit donc une seconde fois ce geste invasif. Nous devrions théoriquement attendre les résultats d’analyse avant de quitter l’hôpital, mais c’est tout à fait hors de question pour nous. Nous signons une décharge et nous partons aussi rapidement que possible. Je veux retrouver mon cocon, ma maison, mes repères, et pouvoir enfin dormir et être aidée par mon homme. Je veux pouvoir être suffisamment à l’aise et sécure pour enfin prendre le temps de tisser ma relation avec mon bébé, car jusqu’à ce que nous soyons rentrés chez nous, je serais trop mal physiquement et psychiquement pour investir ce lien autrement qu’en répondant à ses besoins primaires.
J’ai accouché il y a 18 mois.
Je peux enfin faire le récit de cette naissance sans être envahie par des émotions négatives, même si j’ai encore besoin de travailler sur ce traumatisme qu’à constitué l’accouchement pour le surpasser définitivement. J’allaite toujours ma fille aujourd’hui, et cet allaitement plein de douceur et de tendresse est une victoire, car à aucun moment je n’ai été conseillée ou guidée malgré mes difficultés de démarrage.
Nous ne savons pas encore quand nous aurons un deuxième enfant, mais une chose est sûre, c’est qu’il viendra au monde chez nous. Je n’aurais jamais pensé adopter un point de vue aussi extrême avant de vivre cette expérience, mais si aucune SageFemme ne peut nous accompagner dans un projet d’accouchement à domicile, nous nous débrouillerons seuls, pour éviter d’avoir à revivre ces évènements.

#342 Deux récits de césarienne dans le 92, France

8 Fév

Ma deuxième grossesse s’est aussi bien passée que la première, pas de problème de santé et en pleine forme jusqu’au bout. Seul l’accouchement a été « problématique ».
Lors de la première, j’avais prévu un accouchement à domicile avec mon mari et une sage-femme. J’étais aussi suivie à l’hôpital afin d’avoir un dossier là-bas, au cas où je ne puisse pas accoucher à domicile. J’avais fait un projet de naissance physiologique, très mal accueilli par le responsable du service de maternité. Malheureusement j’ai dépassé le terme (41SA+5jours) et comme à l’hôpital les monitorings ont montré des anomalies de rythme cardiaque, j’y suis restée et j’ai été déclenchée sur un col non mature. Je m’inquiétais pour mon enfant et j’ai demandé une césarienne qui m’a été refusée au motif que ce n’était pas à moi de décider mais à eux. Je crois plutôt qu’il voulaient suivre mon projet de naissance voie basse, ce qui était absurde puisque j’avais bien écrit dedans que je ne voulais cela qu’en l’absence de tout risque. Au bout de 36h finalement j’ai eu une césarienne d’urgence (mon bébé fatigant vraiment) pour échec de déclenchement, après avoir subi la totale: perçage de la poche des eaux, perfusion, ocytocine, péridurale, etc, avec un défilé de personnes dans la salle. Cela dit je n’ai pas souffert mais c’était bien loin de mon idée d’un accouchement de rêve. Ça a été hyper-médicalisé. Mon fils ainé pesait 4,360kg à la naissance. Je l’ai à peine vu, et j’ai du aller attendre seule pendant 2 heures en salle de réveil avec des gens malades qui se réveillaient d’opérations diverses, 2 heures avant de pouvoir mettre mon fils au sein. J’ai eu une cicatrice de travers, avec un gros bourrelet de chair qui s’est formé au-dessus, car la cicatrice était trop basse et les peaux ont adhéré. Difficile de cacher ce bourrelet, visible même sous un maillot de bain.
Pour cette deuxième grossesse, j’attendais des jumeaux. Cela a remis en cause tout ce que j’aurais voulu pour l’accouchement: j’aurais enfin voulu accoucher à domicile, cela n’allait encore pas pouvoir être le cas.

Je me suis inscrite sur des forums de césarisées et me suis documentée sur les bénéfices et risques d’une voie basse de jumeaux sur utérus cicatriciel, comparé à une césarienne itérative. J’ai lu les recommandations scientifiques et mon choix s’est porté sur la voie basse.
J’avais fait une FIV. Le gynécologue qui me suivait, dans une clinique privée des Yvelines où j’habite, m’a tout de suite dit qu’avec lui ce serait une césarienne programmée à 38SA. Quand j’ai voulu argumenter il m’a dit sur un ton sec que je ne trouverai personne qui accepte autre chose et que, si je n’acceptais pas, il faudrait que je trouve un autre gynécologue, qu’il ne me suivrait plus car il ne suivait que celles qui accouchaient avec lui. Sympa!
Je suis ensuite allée voir l’hôpital public d’à côté, où j’avais accouché la première fois, sans beaucoup d’enthousiasme, vu la façon dont avait été accueillie mon projet de naissance de mon ainé. Le même gynécologue responsable de la maternité m’a accueillie et, quand j’ai parlé de ma volonté d’accoucher par voie basse, ce qu’on appelle un AVAC (accouchement voie basse après césarienne), il a été méprisant et très autoritaire, me prenant de haut et me disant que ce n’est pas moi qui décidait, que ce serait une césarienne à 38SA et rien d’autre. J’ai voulu lui donner mes arguments mais il n’a même pas voulu les écouter, pourtant je m’étais longuement documentée sur les risques d’une voie basse sur utérus cicatriciel et sur les risques comparés d’une 2ème césarienne, et j’avais fait mon choix en connaissance de cause, mais il m’a prise de haut en me disant que je ne trouverai personne qui accepte. Il m’a ensuite fait un toucher vaginal, inutile à ce stade, sans ménagement et douloureux.
Ça a été difficile de trouver une équipe qui accepte une voie basse. Grâce aux forums de césarisées, j’ai trouvé dans d’autres départements 2 hôpitaux qui acceptaient une voie basse mais médicalisée (péridurale, puis extraction du 2ème jumeau en allant le chercher à la main). Et j’ai trouvé un groupe physiologique dans le 92 qui acceptait une voie basse non médicalisée, une naissance physiologique. J’ai donc été suivie par une sage-femme libérale de ce groupe, connue pour faire des accouchements à domicile, et j’ai vu à 3 reprises le gynécologue qui participerait. L’accouchement était prévu en plateau technique dans une clinique privée. Le tarif était très cher, et non remboursé par la sécurité sociale.
Le suivi s’est bien passé, hormis le fait que la sage-femme est particulière: elle est persuadée que toutes celles qui ont eu une césarienne ont été victimes d’inceste. Elle essaiera de me « psychologiser » mais sur les forums on m’avait prévenue alors je ne m’en formaliserai pas. J’aurais dû!
Au début mon projet de naissance a été accepté. Le gynécologue m’avait même dit qu’il ne me mettrait jamais la pression sur le dépassement de terme et ne me déclencherait pas et qu’au pire ce serait une césarienne à 42SA.
Puis quand j’ai approché du terme, vers 38SA, je les ai senti se raidir. Tout d’un coup ils voulaient relire mon projet de naissance et remettaient en cause plusieurs choses. Le gyneco voulait me faire des touchers vaginaux inutiles et s’énervait que je refuse (alors que c’était dans mon projet de naissance) et disait que c’était indispensable sans me fournir un argument médical, et se vexait que je demande des explications. Pour lui c’était un manque de confiance de ma part. Alors que j’avais toujours dit et écrit que j’accepterai tout à partir du moment où on me donnait un argument médical. Je les avais choisi pour être intégrée au processus de décision et ne pas subir mon accouchement comme à l’hôpital et j’étais bien déçue.
Ils ont parlé de déclenchement à partir de 39SA et je ne voulais pas. J’avais l’impression de m’être fait avoir: au début ils m’avaient dit que mon projet de naissance ne posait aucun problème, puis à la fin ils remettaient tout en question.
À 40SA+1 jour, les contractions se déclenchent. La sage-femme, qui avait promis de venir chez moi vérifier le col et faire le pré-travail à domicile, refuse et me demande sur un ton directif d’aller à la maternité. J’arrive avec une accompagnante (une mère de 8 enfants rencontrée virtuellement sur Facebook, et ayant accouché chez elle de jumelles). La sage-femme est désagréable, agressive. Je lui dis que j’ai été contrariée qu’elle ne vienne pas chez moi comme prévu, elle me rétorque qu’elle n’avait pas envie que je veuille rester accoucher chez moi. Je lui demande pourquoi un tel manque de confiance, elle me répond que comme je n’ai pas confiance en eux, eux non plus. Je dis que ce n’est pas parce que je refuse certains actes non justifiés que je n’ai pas confiance, et que c’était dans mon projet de naissance, et que je veux clarifier la situation avec elle, qu’on en parle avant que j’aille en salle de travail sinon ça va me bloquer, elle refuse catégoriquement de parler et s’énerve.
Puis elle me fait un toucher vaginal, je ne suis quasiment pas dilatée, et elle râle comme si c’était ma faute!
Je passerai 23h avec elle faisant la gueule, agressive parfois, et me disant des choses désagréables (« de toute façon tu n’y arrivera pas », « le deuxième jumeau ne va pas sortir », etc). A chaque fois que j’étais dans la même pièce qu’elle mes contractions ralentissaient, puis quand elle sortait pour fumer sa cigarette, le travail recommençait à s’intensifier.
Heureusement ma copine m’encourageait.
Quand j’en suis arrivée à 3 de dilatation, le gynécologue est passé pour m’engueuler car je refusais la voie veineuse, et m’a dit que je les « utilisais » (j’appris plus tard qu’il n’avait toujours pas digéré mon refus du toucher vaginal). J’étais en larmes, je ne comprenais pas pourquoi ils m’agressaient alors que si je les avais choisi c’était pour vivre un moment intime et entourée de gens bienveillants. J’essayais de lui demander la raison médicale de me poser à ce moment là une voie veineuse, aucun argument ne me fut donné, ils étaient outrés que je pose la question. L’anesthésiste est venu, m’a expliqué en quoi ça pouvait lui être utile (enfin une personne respectueuse et qui consent à me donner des explications) et bien qu’il n’y ait pas d’utilité absolue (c’est plus du confort pour eux), j’acceptais pour leur faire plaisir.
Puis les heures qui ont suivies je fis tout mon possible pour dilater (montée des escaliers, etc).
La sage-femme vérifie et je suis presque à 7 de dilatation. Elle veut qu’on quitte la salle nature très intime et confortable pour aller en salle de naissance, ce dont je n’ai pas du tout envie. J’ai peur que ça bloque la progression du travail et je demande à rester encore un peu. Refus catégorique de la sage-femme qui m’ordonne de la suivre. Arrivée en salle naissance, elle m’interdit d’en sortir et de continuer à monter et descendre les escaliers. Elle veut que je monte sur la table, je refuse. Ma copine met une couverture par terre et je m’accroupis en me tenant au lit. La sage-femme me fixe d’un air toujours aussi désagréable et mes contractions ralentissent, le travail stagne. Elle s’éclipse sans aucune explication. Je sors dans le couloir et l’entend dire au gyneco qu’elle fait préparer le bloc pour la césarienne. Elle ne m’en aura même pas parler avant! Pourtant je vais bien et le monitoring montre que les bébés aussi vont bien.
Le gyneco revient, il n’est plus agressif et dit vouloir m’aider. Je vient de fissurer la poche des eaux. Il propose de finir de la percer et j’accepte. Je dilate à 8. Alors il me dit qu’il va essayer une manœuvre manuelle et sinon c’est la césarienne. Je demande pourquoi vu que le monito est bon, il ne me donne aucune raison mais exige que je fasse un choix entre les 2 options qu’il me donne. J’accepte la manœuvre mais je demande la péridurale ou un anesthésique, il refuse (pourtant il n’y avait pas urgence et l’anesthésiste avait dit qu’il pouvait venir à tout moment). Je lui dit qu’avec la péridurale si le travail ralentit il peut quand même utiliser de l’ocytocine puisqu’il l’a fait pour une autre patiente avec qui j’avais sympathisé, qui m’avait raconté son accouchement, et qui avait comme moi stagné à 7. La sage-femme me dit que ça ne me regarde pas ce qu’ils ont fait avec elle ( sauf qu’elle m’a tout écrit en detail!) et le gynécologue marmonne que moi c’est différent (pourquoi? je ne sais pas).
J’accepte donc la manœuvre. Deux sages-femmes m’écartent et me tiennent les jambes et lui plonge sa main profondément et tente d’écarter le col avec ses doigts. La douleur est atroce. Il me dit de pousser pendant les contractions, mais comment pousser alors qu’il enfonce son bras… c’est impossible et trop douloureux, surtout allongée sur le dos. Je lui crie d’arrêter. J’en suis à 9 de dilatation. Je lui redemande la péridurale pour réessayer mais il refuse.
Je me demande dans quelle mesure cette manœuvre n’était pas faite exprès pour que j’accepte la césarienne.
Je suis donc charcutée pour la deuxième fois. Mes bébés vont bien et je peux les allaiter de suite après avoir été recousue, mais la déception de n’avoir pas pu les mettre au monde naturellement est grande, et je suis mortifiée des moments si importants de la naissance qui ont été si tendus et stressants.
J’avais le sentiment que ça aurait pu se passer autrement, qu’il ne m’aurait fallu que du calme, de la bienveillance, de l’intimité pour y arriver. Plus tard le gynécologue me dira que la poche du deuxième jumeau bloquait le passage du premier. Si c’est vrai je ne peux me plaindre que de l’ambiance qui a régné.
Je me sens heureuse de ce que j’ai pu faire pendant cet accouchement. J’ai réussi à gérer sans péridurale les contractions jusqu’à dilatation quasi-complète. Mais je suis en colère contre ma sage-femme  qui a été vraiment nocive et m’a gâché ce moment. Je me demande si j’aurais réussi avec une autre équipe en acceptant une péridurale d’office, je ne le saurais jamais.
C’était à 41 ans sans doute mon dernier accouchement et raté encore une fois. Et si jamais je devais tomber  enceinte dans 3 ou 4 ans (très peu probable), j’ai un utérus ayant eu 2 césariennes et aucun gynécologue ne m’autorisera à tenter une voie basse. Cela veut donc dire que tout espoir de vivre ce moment naturellement est fichu.
J’ai vite mis de côté cet accouchement décevant et me suis consacrée à mes bébés.

#341 La naissance de jumeaux, dont un petit ange – 2012

8 Fév

J’ai 25 ans, 1an 1/2 d’attente avant d’être enceinte. Le jour de la 1ère écho, trop pressée et stressée à la fois!! Super, le gynéco qui annonce des juju!!! Wahou, l’aventure commence. Jusqu’a 6 mois 1/2 tout roule pas malade rien du tout et des échos tous les mois. 6ème écho la bouche en coeur nous arrivons pour voir nos loulous à l’ecran!! La tête du gynéco change, il sort de la piéce, revient tout blanc… Il annonce le décès de ma fille…
Il explique la suite, donc je porterais mes 2 enfants jusqu’à terme et j’accoucherais naturellement.
10 jours avant ma DPA, contractions toutes les 5 minutes. Je décide d’aller a la mater, monito, on me dit c’est du faux travail. Ok.
Le lendemain toutes les 3 minutes rebelotte j’y retourne. Monito. Le col a peu bouger. On decide de me garder pour la nuit et que sa serait justement dans la nuit. On continue le monito. L’equipe de jour finit son service. Une sage femme rentre dans la chambre, ne se présente pas, elle me fait un examen qui me fait hurler de douleur! Elle me dit le col est trop haut, mais je ne sais pas ce que je touche, si c’est le crâne ou bien un orbite… bref elle part de la chambre me laisse sous monito. 5 minutes plus tard elle revient en furie dans la chambre, me hurle dessus en disant « degagez du lit, j’ai une femme à dilatation complète! Allez vous habiller dans le couloir ». Elle me tire du lit par les bras. Je fais ce qu’elle me dit, choquée par ses propos et au bout des larmes. Je lui demande: mais les contractions… pas pu finir ma phrase elle crie « allez voir ma collègue, elle va vous donner un suppo »…
Retour à la maison difficile. Pas dormi de la nuit.
Le lendemain je ne pouvais plus marcher. Je retourne a la mater! Et la un sketch total! J’ai eu le droit à 5 échos entre 15h et 21h. Et plus d’une 15aine de touchers et tous cela parce que personne ne savait se qu’il « touchait »…
Un stress, une angoisse depuis la veille, une peur qu’il arrive quelque chose a mon bébé vivant!
J’ai été finalement declenchée. Mise sous morphine pour la douleur.
Une péridurale qui ne marche pas du coté gauche…
Et au moment de la dilatation complète, une sensation étrange: quelque chose glisse de moi! Juste le temps de dire à mon mari d’apeller une sage femme qu’elle rattrape ma fille au vol! Une fois mise dans un sac « poubelle » elle me demande: « vous voulez la voir?! »
Mon garçon a eu du mal à sortir, il était trop haut, beaucoup d’effort et d’aide du gynéco.
Le placenta qui est sorti a plus de 30 min et bien sûr un début d’hémorragie…
Tout compte fait, AUCUNE personne du personnel soignant de la maternité ne savait que j’attendais 2 bébés! Ils m’ont laissée souffrir du jeudi au dimanche midi!
Voilà mon histoire… aujourd’hui mon fils va fêter ses 2 ans au mois d’avril et lui c’est ma plus belle fierté.

#339 Le deuxième accouchement de Anne, Belgique

7 Fév

Madame, Monsieur,

Le contenu  de cette lettre que vous êtes en train de lire avait été fait il y a 4 ans mais je l’avais jetée. En effet, écrire enfin cette lettre et vous l’envoyer est pour moi, la dernière étape d’un long cheminement sur une épreuve que j’ai eu à traverser. Je ne l’ai pas envoyée plus tôt car je savais que la réponse que vous me donneriez n’enlèverait rien à notre souffrance voir même la discréditerait probablement. Aujourd’hui, nous réclamons une justice…non pas pour moi égoïstement  mais surtout pour ma fille. En effet, depuis quelques mois, Emma a des difficultés comportementales. Bien logiquement, nous avons mis ça sur le compte de l’arrivée de sa sœur car ça a commencé lorsque j’étais enceinte. Aussi, après des mois et même des années de galères car Emma est une petite fille tourmentée depuis toujours, nous avons décidé de faire un bilan dans une ASBL pour enfants en difficultés. Là, une expertise psychologique, neuro-psychologique et logopédique a été réalisée par des spécialistes. Cette semaine, nous avons reçu le rapport et il semblerait qu’elle soit toujours traumatisée par sa naissance et qu’elle a des difficultés d’apprentissage type TDAH et des troubles de la compréhension verbale. Il nous semble très clair que rien ne peut dire formellement que sa naissance et la grossesse soit en cause mais rien ne dit l’inverse non plus. Aussi, elle ne m’a pas encore posé de questions sur sa naissance  mais au vu de ces circonstances, je vais devoir lui expliquer. Cette démarche vis à vis de vous nous semble difficile car je sais que notre vécu risque d’être discrédité mais tant pis…Emma a le droit de savoir que son papa et sa maman demandent des comptes pour elle, pour elle se construire plus tard.

Voici mon histoire de sa conception à la période post-partum… Il y a 5 ans après avoir traversé un AIT suite à une hypofibrinolyse modérée, j’étais enceinte d’un bébé attendu depuis très longtemps, une grossesse longtemps post-posée pour stabiliser ma santé. J’ai eu connaissance de ma grossesse le 18 octobre 2008. C’est Mme V. qui me suivait, nous avons eu un bon contact soignant-soignée mais elle m’annonce de suite qu’elle est enceinte et donc, elle ne pourra suivre en intégralité ma grossesse. Au premier trimestre, j’étais malade avec des nausées mais ça ne se passait pas si mal. Ensuite, vers 8 semaines, j’ai attrapé une bronchite qui m’a donné une dyspnée à l’effort invalidante. Lors d’une consultation chez Mme V., elle constate le problème et demande un avis cardiologique qui sera effectué dans l’hôpital le plus proche de mon domicile, l’examen sans particularité et le cardiologue (Dr L.) m’a ensuite envoyée chez le pneumologue (Dr H.) qui m’a diagnostiqué vers le mois de février une hyperréactivité bronchique. Il a instauré un traitement à base de Qvar. Début mars, j’étais donc à environ 23 semaines, Mme V. est partie en congé prénatal et j’ai donc été suivie successivement par Mme C. qui m’a accordé 10 min de consultation pour moi alors qu’elle ne connaissait pas et surtout que je n’étais pas spécialement bien. Devant ce manque d’intérêt, j’ai longtemps hésité avant de changer et en concertation avec la sage-femme indépendante qui me suivait, j’ai été dirigée contrainte et forcée par les secrétaires chez Mme J. à la consultation ONE car pas de place ailleurs. Début du suivi, à part des contractions et  toujours cette dyspnée importante à l’effort qui me ronge.  Je me suis plainte plusieurs fois d’être à court d’haleine et d’être oppressée…Mme J. m’avait fait un papier pour donner à mon pneumologue en disant que le Qvar contenait de la cortisone et que ça donnait un retard de croissance intra-utérin et qu’elle n’était pas vraiment contre mais pas pour non plus, elle voulait autre chose comme traitement. J’ai donc contacté le pneumologue qui s’est interrogé sur la raison de cette demande car il m’a dit que la corticothérapie est essentielle dans un traitement de l’asthme atopique, il a ajouté du Ventolin, il avait raison. J’avais également des contractions et j’ai donc été mise sous U********* 2 comp 3X/ jour ainsi que de l’A***** suivi d’un repos au lit car j’avais des contractions très fréquemment sans modification de mon col. A savoir que j’ai des antécédents de choléstase gravidique pour ma première grossesse et que le bilan hépatique n’a pas réalisé fréquemment semble t il. Le suivi a donc continué avec un test de O’sullivan positif, un triangle hyperglycémique réalisé également montrant juste la nécessité de suivre des mesures diététiques sans sucre. A signaler également, j’avais téléphoné 1X à Mme J. pour des contractions et l’accueil a été plutôt glacial. En consultation, je pesais mes mots à savoir que j’avais une sage-femme libérale qui venait à la maison me faire des monitos et elle avait envoyé un courrier avec le rapport de tous les monitos et elle m’a chargée de dire à la sage-femme que ses rapports ne servaient à rien alors qu’il lui était tout à fait possible de l’appeler et de lui dire directement. Bref, j’ai du entendre les doléances de Mme J. sur des autres praticiens en plus de la charge d’une grossesse déjà bien compliquée. Aussi, au vu de mon problème de coagulation, je prenais et je prends toujours de la cardioaspirine 100 mg à vie mais à 35 semaines, l’aspirine a été stoppée en vue de passer à la c******. Il existait un schéma fait par la coagulopathe(Mme M) avec une proposition de F******. J’avais pas forcément facile à me déplacer et j’y suis allée péniblement tout ça pour m’entendre dire qu’elle ne donnerait pas ce que Mme M. avait préconisé. Je ne savais pas vraiment comment je devais faire pour l’accouchement car elle ne m’a rien expliqué, ni à quel moment je devais arrêté la C****** et comment juger si je devais la faire ou pas chaque jour, à savoir que je contractais toujours énormément et que c’était très dur à juger à savoir que je ne suis ni médecin, ni sage-femme. A 36 semaines, j’avais tellement ras le bol de ce manque de sérieux car je contractais toujours, j’étais tellement dyspnéïque que je ne savais plus marcher 100 mètres sans devoir m’arrêter tellement j’étais tachycarde à 160-180 à l’effort. J’avais extrêmement mal partout du à l’alitement et aux dorsalgies chroniques. Je décide donc de reprendre mon dossier et d’aller ailleurs. Malheureusement, le lendemain de mes démarches…mon ventre a commencé à me gratter intensément et je me rends compte que mes médicaments habituels me rendent malades.  Donc vu les contacts que j’avais avec Mme J. j’ai contacté ma sage-femme qui me renvoie en urgence chez mon médecin traitant, celui-ci est très inquiet et me fait une prise de sang. Quelques heures plus tard, je reçois les résultats et le verdict tombe, mes enzymes hépatiques sont au plafond. Elle contacte donc la gynécologue sans arriver à lui parler et elle me le signale. Fin de cette journée, Mme J. m’appelle en me disant que je n’ai pas à la déranger en consultation, je lui signale que je ne l’ai pas appelée mais que c’était mon médecin traitant. Elle baisse immédiatement d’un ton et me demande ce qu’il se passe, je lui explique que mon ventre me gratte que mes enzymes hépatiques sont très élevés. Elle me dit que c’est très grave, qu’il faut que j’accouche la semaine d’après mais je dois avoir un monitoring fœtal journalier obligatoirement car je risque de perdre mon bébé. Je lui demande si c’est la seule solution et je doute un peu, je lui demande si c’est le seul traitement et elle me répond que si je refuse le déclenchement de mon accouchement, elle refuse de continuer à faire mon suivi. Contrainte et forcée, la mort dans l’âme et surtout dégoûtée, je n’ai pas d’autre choix que de me plier à sa volonté et j’annule toutes mes démarches pour aller ailleurs. A ce moment là, je n’ai donc plus été vue par Mme J. depuis 3 semaines…

 

Le jour J à 6h(le 3 juin 2009), je suis arrivée mais la peur au ventre avec un asthme instable non contrôlé malgré le Q*** et le v*******, une choléstase gravidique aigüe, un utérus contractile, un diabète non insulino-requérant sans vraiment avoir eu un suivi correct et une écoute, des douleurs chroniques que l’ostéopathe n’est pas parvenu à contrôler vu la grossesse… sans même avoir été rassurée par la gynécologue. Mon médecin traitant étant aussi perplexe que ma sage-femme sur la qualité du suivi. Voilà, à ce moment là, je me suis dit que je n’étais pas dans les conditions optimales pour mettre au monde ma petite fille. Ensuite, vers 9h, on s’occupe de moi, La sage-femme m’examine et m’explique que mon col est ouvert à 2 cm et que ce n’est pas gagné car je ne suis qu’à 37 semaines. Elle me met donc un gel qui brûle et fait mûrir mon col…puis une seconde fois plus tard dans la matinée car pas de résultat…puis la perfusion avec les occytocines sont placées vers 11h30 puis vers 12h30, le cathéter péridural. Soudainement vers 14h environ au changement de service, j’ai eu affaire à une dénommée «C.» une jeune sage femme du quartier de naissance. Elle est entrée sans même m’avoir examinée, elle dit d’emblée que la péridurale ralentissait mon travail et m’a dit qu’il était désormais plus possible d’injecter l’anesthésiant dans le cathéter mais elle a augmenté la perfusion en doublant la vitesse de perfusion. Je n’ai rien dit et j’ai essayé de mettre en pratique ce que ma sage-femme m’avait appris en préparation à l’accouchement. Mais plus le temps passait et plus ça devenait ingérable. Sur 3 ou 4 heures de temps, je suis passée de quelques cc/h  à 125 cc/h de solution de synthocinon. Pour ensuite se terminer par moi à quatre pattes, en détresse respiratoire avec la perfusion qui coulait en écoulement libre avec la roulette à fond.  Ensuite, 2h avant d’accouchement, quand j’ai vu que je n’arrivais plus à respirer, je me suis mise à pleurer car je sentais que ça n’allait pas. J’ai dit à cette «C.» plusieurs fois que je n’allais pas bien avant…je n’ai jamais vu la gynécologue, jamais la sage-femme ne m’a mis de l’oxygène ni même pris ma saturation, je ne respirais pas bien du tout. Ensuite, J’ai senti l’angoisse m’envahir  et il n’y a rien de pire que ça… jusqu’à ce que je rassemble mes dernières mots de ceux que j’arrivais encore à prononcer à ce moment là à savoir qu’accoucher comme ça en 2009,c’est un scandale !! Que même une vache, on ne lui fait pas ça !! Cette soignante m’a répondu que je n’avais pas le choix, que j’étais là pour raison médicale, la raison médicale explique la brutalité ? Elle est partie quelques instants pour ensuite revenir, ouvrir la porte de la pompe et l’ouvrir à fond, me mettre à quatre pattes et s’en aller juste après. Je me sentie abandonnée dans ma détresse et pas que morale mais physique aussi. Je pleurais sans même savoir parler…et puis, je me suis remise sur mon dos car j’étouffais. Mon mari l’a rappelée et elle est revenue…elle a dit sans même m’avoir regardée en face et en regardant mon ventre et mon anatomie intime : »et bien voilà madame, à 4 pattes, ça marche bien pour faire descendre le bébé… » Elle a ensuite appelé Mme J. qui une fois entrée, s’est inquiétée de mon état respiratoire…ENFIN !!!  Elle s’est énervée sur la sage-femme en lui disant, il faut du V******* tout de suite, elle a couru voir dans sa pharmacie et elle n’en avait pas. Donc, elle nous a dit que ça n’irait pas si je n’avais pas mes puffs alors elle s’est tournée vers mon mari pour voir s’ il avait mon puff de V*******. J’ai essayé comme j’ai pu d’inspirer mes puffs mais tout n’est pas arrivé dans mes bronches donc, Mme J. a dit : « allez !!! Vous allez devoir mettre le paquet car ça risque de mal se terminer si vous ne poussez pas efficacement » J’ai donc rassemblé le reste de force qu’il me restait et j’ai poussé 3 fois et ça a suffit…toujours sans oxygène, sans monitoring, sans saturomètre… Quand j’ai accueilli ma petite fille enfin quand j’ai essayé de l’accueillir…je me suis dit que le bon dieu avait été avec nous ce jour là…que j’étais en vie et qu’elle aussi…La détresse respiratoire s’est levée car j’ai refait des puffs de v******** et que les contractions se sont arrêtées. Après cela, ma petite fille n’a pas été vue par un pédiatre car le poids était supérieur à 2kg 300. C’est la réponse qui m’a été donnée par les sage-femmes lorsque j’ai demandé si elle devait aller en néonatalogie.

J’ai accouché à 18h24 et je suis arrivée vers 22h30-23h dans ma chambre à la maternité. Ensuite, après m’être endormie vers 1h du matin, une sage-femme du quartier de naissance est revenue me faire signer les papiers pour le don de sang de cordon. Jusque là ok mais vers 6h, elle est revenue me réveiller, encore pour me faire signer les mêmes papiers signés 5h plus tôt car perdus… Tout ça pour apprendre 15 jours plus tard qu’ au vu du délai entre le prélèvement et l’analyse, le don n’avait pas pu être traité.

Le séjour en maternité s’est très bien passé et ça m’a aidé un peu à commencer ma reconstruction mentale et physique. Le lendemain, Mme J. est passée me voir visiblement embêtée et inquiète de mon état respiratoire et a reconnu verbalement qu’il aurait fallu un meilleur suivi pneumo, qu’elle aurait du insister. Il était un peu tard pour ça et Mme H m’a vue en post-partum et m’a instauré un traitement correct et je la remercie rien que pour ça ; J’ai eu un traitement à base de s******* 50/500, m********** 10mg, v******* et f******** a***.

Pendant des mois, j’ai vécu avec ce qu’on appelle un stress post-traumatique du à l’accouchement mais je ne savais pas qu’on pouvait en souffrir suite à un accouchement… J’ai fait des cauchemars pendant des mois du personnel soignant en train de me courir après pour me faire accoucher… j’avais des angoisses, je n’étais pas bien. En février 2012 donc 3 ans en vue de me lancer dans une autre grossesse et pour tourner la page, j’ai entrepris une thérapie par l’hypnose et ça a très bien marché. Je ne pleure plus le jour anniversaire de ma fille et je vais bien mais la route a été si longue. Aujourd’hui, je vais bien. Malgré tout, je viens d’avoir une 3ème petite fille le 27 juin 2013 après un combat acharné qui a mobilisé sage-femmes indépendantes, hospitalières, diabétologues, pneumologues et gynécologues. J’ai eu les mêmes complications pour cette grossesse que pour la grossesse d’Emma, hormis que cette fois, le personnel soignant m’a écoutée et suivie comme il se doit. Ce fût une expérience douloureuse mais tellement positive.  Je n’ai strictement rien à reprocher lors de ma prise en charge de cette 3ème grossesse. Mais quand on voit l’énergie que chaque soignant a dépensé pour que ma fille et moi, nous nous en sortions sans encombre. On peut être en mesure de se dire que Emma et Moi, nous sommes des miraculées. Cependant, cette dernière grossesse m’a donné les pires angoisses car on ne peut pas faire un black out sur tout. Cela dit, je tiens à dire que hormis la situation difficile que j’ai eu à traverser en 2009, Vous avez un personnel soignant qui est formidable mais comme partout il y a des personnes moins professionnelles à certains moments et quand vous tombez sur des personnes comme celles-là à un moment comme une grossesse et un accouchement, ça laisse une marque indélébile non pas que pour la maman mais aussi pour l’enfant et le futur adulte qui se construit. Pour ma dernière grossesse, elle a bien été préparée et je suis allée voir Mme H à Bruxelles, une spécialiste des grossesses à risque bien connue dans le milieu et elle m’a confirmé qu’il y a eu des manquements dans ma prise en charge.

Je suis désolée d’avoir été si longue mais tous ces évènements s’étalent sur des années…Nous n’attendons pas grand-chose de vous, mon travail sur moi-même est terminé mais celui de ma fille ne fait que commencer et la route sera très longue. Nous voudrions que les manquements soient reconnus et que vous reconnaissiez votre responsabilité. Nous voudrions que vous reconnaissiez la souffrance psychologique de notre fille et la nôtre même si nous avons dépassé ce cap. Je n’ai qu’un souhait que chaque femme enceinte ait droit à une prise en charge dans sa globalité. Que plus jamais une horreur pareille ne se reproduise…

Bien à vous.

Anne P.

Infirmière 32 ans

Maman de 3 petites filles.

Anne, 1er accouchement – mai 2013, Paris‏

8 Jan
Je suis tellement heureuse d’être enceinte. Et mon mari est ravi également. Nous avons hâte de rencontrer ce petit bébé qui a grandi pendant 9 mois bien au chaud dans mon ventre. Ce moment est prévu pour le 16 mai…

Seulement, malgré la date qui approche, je ne sens rien venir. Je n’ai pas eu véritablement de contractions pendant ma grossesse, mais je pensais que ça finirait par arriver… Et rien.

A la date du terme, nous allons faire un check up à la maternité. Mon col n’est pas prêt, même pas ouvert à 1, à peine ramolli. Le bébé va bien.
On y retourne deux jours après. Rien de nouveau. On nous précise que si rien ne s’est passé dans trois jours, l’accouchement sera déclenché.
Deux jours après, nouveau check-up. Le col n’a pas avancé. Rendez-vous le lendemain matin pour le déclenchement.
Comme le col n’est pas prêt, on me pose un tampon de prostaglandine. Je passe la journée sans qu’il se passe quoi que ce soit, mes parents viennent me voir, on bavarde. Le soir vers 22h, je commence à sentir quelque chose. On va faire un monitoring. Je suis en pré-travail, il faut attendre. Je commence à avoir un peu mal. Avec mon mari, on décide d’essayer de dormir un peu. A 4h du matin, les contractions commencent à être douloureuses mais espacées et irrégulières. Je n’arrive plus à dormir. On descend pour que je puisse prendre un bain pour me détendre. ça marche et on retourne se coucher jusqu’à 7h, heure, où je ressens à nouveau les contractions.
J’essaie le ballon, je marche, je parle avec mon mari. Tout va bien.
On retourne faire un monitoring et un examen et on nous dit de revenir vers 14h.
14h, on descend tranquillement, je n’ai même pas pris mon coussin. Et là on nous annonce que je vais rester, le travail est -enfin- en cours! Mon mari remonte en vitesse chercher les affaires.
Je suis à deux. On me pose une perfusion, glucose et ocytocine pour accélérer le travail.
Je suis à trois, on me propose la péridurale, j’accepte même si je gère encore bien, je sais qu’un accouchement déclenché peut être très douloureux.
L’anesthésiste est en retard. Les contractions deviennent vraiment douloureuses (je dois être à quatre). Je bouge beaucoup, m’agite, m’agrippe à mon mari. J’ai mal.
L’anesthésiste arrive, au bout de 3 essais elle me pose la péridurale, j’étais trop crispée. Soulagement quasi immédiat. Youpi, je n’ai plus mal!
Dans la maternité que j’ai choisie, la dose de péridurale est à renouveler (environ toutes les heures ou toutes les deux heures, selon la tolérance à la douleur).
Une sage-femme me perce la poche des eaux, une autre me pose une sonde urinaire.
Le temps passe… Je commence à me gratter, vraiment beaucoup. La sage-femme est embêtée, elle vérifie le col (qui est à 5) et prévient l’anesthésiste du fait que je fais une réaction à la morphine.
L’anesthésiste me prépare un autre produit. Justement je commence à avoir très mal et je demande une nouvelle dose. Nouveau produit, on attend 10 minutes qui me paraissent très longues, j’ai toujours très mal, l’anesthésiste teste un autre produit, 10 minutes après toujours aucun effet, je la supplie de me redonner de la morphine. Entre temps, la sage-femme très sympathique me fait respirer du protoxyde d’azote. J’ai toujours très mal, ça ne marche pas, mais j’arrive à calmer un peu ma respiration.
On me remet une dose de produit. Je me sens complètement shootée (j’ai eu trois doses de produit en 40 minutes) mais ça finit par faire un peu effet, même si les contractions montent en intensité et deviennent très violentes.
Je tremble comme une feuille puis je m’endors. Trente minutes après, réveil en sursaut. La sage-femme m’examine et me dis : ça y est, vous êtes à 10! Il va falloir pousser! (j’ai à peine le temps de réaliser que je suis passée de 5 à 10 de dilatation en 45 minutes).
Je tremble toujours, je n’arrive pas à soulever mes jambes et à me positionner dans les étriers. Tout ça me semble complètement irréel. Mon mari se met derrière moi sur la table d’accouchement et aide la sage-femme à soulever mes jambes. Il m’encourage, ça fait même rire la sage-femme.
Mes poussées sont efficaces mais je ne les sens pas. Le rythme du bébé commence à inquiéter la sage-femme, elle appelle la gynécologue. Elle arrive et me dit : encore un essai, si le bébé ne sort pas, on devra y aller aux forceps. Je pense en moi même : non pas les forceps!, je pousse du mieux que je peux, elle va chercher les forceps, je la vois les manier mais ne sens rien. Je vois aussi les ciseaux pour l’épisiotomie.
Mon mari me dit : je vois la tête, pousse ma chérie! Je pousse et notre fils est là, il est magnifique, les yeux bien ouverts. Il a le cordon autour du cou donc il ne pleure pas tout de suite mais très vite je l’entends. Je répète : mon bébé, c’est mon bébé, il est tellement beau. La sage-femme et l’obstétricienne sourient.
Le placenta sort, je demande s’il est complet, on me dit que oui, je suis rassurée. On me met notre fils sur ma peau. On l’aime déjà infiniment, c’est incroyable l’aventure qu’on a vécue!
J’appelle mes parents dès que la sage-femme et l’obstétricienne (qui a recousu mes trois points d’épisiotomie, ça a été très bien fait) sont sorties. Mon mari a déjà envoyé des messages à nos familles.
J’ai du mal à réaliser ce qui vient de se passer. Même six mois après d’ailleurs! Mais ce que j’ai vécu, avec l’aide et la présence de mon mari, qui a été vraiment génial, je ne l’oublierai jamais.
J’ai apprécié l’encadrement, pour l’allaitement également car je ne sais pas si j’aurais si bien réussi sans toutes ces personnes qui m’ont aidée. D’ailleurs encore aujourd’hui j’allaite matin, soir et nuit mon petit loulou.
Bilan : même si mon accouchement ne s’est pas du tout passé comme je l’avais prévu/voulu, j’en  garde un merveilleux souvenir.
J’estime que mon accouchement a été accompagné de manière très respectueuse par l’équipe.

#326 Accouchement de Willyam, 2011

8 Jan

Je n’ai jamais pris le temps de l’écrire, depuis 2 ans et demi quasiment, je me lance enfin pour avoir un souvenir de cette journée

Retour en arriere, on est le 3 aout 2011, en debut d’apres midi, je me rends à la maternité pour des contractions officiellement, la réalité c’est que j’en ai marre j’ai envie de savoir si ça bouge, si je peux avoir un decolement des membranes (je ne connais pas les risques encore, mais voyais juste les avantages). Je suis à 40 sa + 2 jours, ma DPA est pour le 8 août. Comme toutes mes DPA, mes filles j’avais une DPA pour le 8 mars 2006 et j’ai accouché jour J, ma deuxieme j’avais une DPA du 8 juin 2009 et j’ai accouchée le 3 juin a 40sa + 2 jours.

Donc vers 13/14h, devant la porte des urgences maternité, je mentionne des contractions et l’envie de voir si ça bouge, on m’installe en salle d’examen, un pipi dans un boccal, une montée sur la balance (je n’ai pris que 2.5 kilos pour toute ma grossesse, j’ai étais diagnostiqué DG diabete gestationel à tort et, du coup, le regime imposé m’a rendu service quand même). Puis monito, c’est parti pour 30 minutes, « Je reviens plus tard Madame ».

Mon mari de l’époque, le père de mon fils, est là, il s’assoit sur une chaise et commence à somnoler car il avait bosser ce matin assez tôt (4h-13h). Je me retrouve seule avec mon mensonge puisqu’aucune contractions sur le monito, ou si peu. Je parle à mon fils pour qu’il m’aide puisque son père m’abandonne, mais mon petit homme dort, je suppose. La sage femme revient me dit que tout va bien, j’ai un col ouvert à ⅔ cm, court et mou, ça devrait pas tarder mais c’est pas imminent. Je commence à avoir les larmes aux yeux, toute femme qui était dans ma situation peut comprendre ce sentiment que l’on ressens à ce moment, une déception, un faux depart, un immense vide, on se dit qu’on ne va jamais accoucher, on ne se sens plus capable de mettre ce bébé au monde sans l’autorisation d’accoucher de quelqu’un! si la sage femme a dit que c’était pas pour tout de suite alors ça ne l’est pas! c’est fou cette faculté d’oublier que seul notre corps décide.

Je lui demande si elle peut pas m’aider (je pensais à un décollement) car j’en peux plus vraiment, je me souviens même après 2 ans passé, la souffrance physique mais morale dans laquelle j’étais. Mon accouchement de la miss 2 s’est déroulé très rapidement, j’étais déjà en chambre pour hypertension, lorsque j’ai sonné la sage femme à 5h, elle m’a mis en salle d’accouchement et j’ai accouché à 5h32, du coup, après cet élément la sage-femme décide d’en parler au chef gynécologue de garde et de revenir me dire. Elle revient avec le sourire donc dans ma tête c’est bon ils me font le décollement et je vais accoucher ce soir ou demain. En fait, non, elle m’annonce tout sourire : « On vous passe en salle d’accouchement et on vous déclenche ». J’étais sous le choc, je n’ai pas su quoi dire, je suis restée bouche ouverte pendant quelques segonde, j’ai demandé la date du jour pour voir si ça m’allait (et faire semblant que je maitrisais encore quelque chose) puis j’ai dis : « oui d’accord ». La sage-femme m’a dit qu’au vu de la grosseur estimé de mon bébé, de mon précédent accouchement rapide, de mon col et de la distance de la maternité, c’était la meilleur solution (mais la meilleur solution pour qui ?).

Nous voilà donc en salle d’accouchement, il est 15h, sans aucune explication, je suis mise sur la table sur le dos, une perfusion dans le bras, un monitoring et hop c’est partit pour une première dose, pour voir si je le tolère et mon enfant aussi. On me dit qu’il faut qu’ils appellent l’anesthésiste pour me faire une péridurale; je la refuse je n’en veux pas, ce à quoi on me répond : « Mais madame c’est obligatoire avec un déclenchement ». Je tiens tête, je n’aurai PAS de péridurale, je m’en fous de leur obligation, on verra plus tard, si j’en ai besoin. De toute façon, je n’ai pas fais la prise de sang obligatoire au 8ème mois, donc ils ne peuvent pas avant un bilan complet ! toc !

Je ne ressens rien, on parle avec le père de bébé, on rigole, puis la position sur le dos me fait du mal, je demande à avoir un ballon. On me répond que c’est pas possible tout de suite que je dois attendre, puis on augmente le produit, on m’examine sans trop me demander si j’étais d’accord, hop « Vous êtes à 4 cm, madame, c’est bien ».

Je n’ai pas mal du tout mais je ressens que ça coince, donc décide de me lever toute seule et je reste debout à bouger le bassin. La sage-femme vient car elle ne captait plus le coeur de bébé, je lui demande de m’enlever ce monito ça fait plus d’une heure que je l’ai. « Mais madame on ne vous a pas dit ? Vous devez garder le monito tout le long de l’accouchement puisque vous avez decidé d’être déclenchée » … Heu là sur le coup je me suis sentie mal, moi j’ai rien décider du tout, je n’ai pas était informé du déroulement, si j’avais su, jamais je n’aurais dis oui, je le supporte déjà plus ce truc sur mon ventre ça me gêne. Je réclame un ballon et TOUT DE SUITE! 30 minutes après j’ai mon ballon.

On revient souvent me demander de me mettre sur la table pour des TV, je n’en refuse aucun, et chaque fois ça me sort de ma bulle, je mets un certains temps à me recentrer sur moi-même. Pourtant je n’ai toujours pas « mal », ça sert de plus en plus mais je respire bien pendant la contraction et ça va. Je rigole toujours autant avec mon ex d’ailleurs, ou je chante, car monsieur finit par s’endormir sur sa chaise à l’opposé de la salle. Je n’ai pas eu la chance d’avoir un papa présent mentalement, qui m’aide à être sur le ballon, ou me fait des massages. Je devais me contenter d’un père à moitié là, entre deux ronflements.

Vers 17h, on ne capte plus trop le rythme de bb dans cette position assise, donc on me demande de me remettre sur le dos. Je dis non, je vais tenir le capteur et faire attention, promis! J’ai envie de faire pipi je demande à aller au toilette, la sage-femme m’aide avec la perfusion, j’essaye de vider tout ça pour être tranquille pour la poussée et je me voyais pas faire ça devant mon ex-mari sur la table dans une bassine. Je suis de retour sur mon ballon.

19h30/20h on m’annonce un col à 6 cm qui n’évolue plus. La sage-femme me dit : « On fait quoi ? ». Une question fermée, je précise elle avait déjà dans sa tête sa réponse qu’elle justifie ensuite par un : « La poche n’aide pas à la dilatation, je pense qu’on devrait la rompre. » Je refuse, je n’ai pas de péridurale si on la rompte je vais sortir de ma bulle, il me sera difficle d’y revenir. La sage-femme me dit qu’elle me laisse 1 heure pour faire bouger les choses, elle me parle de césarienne si ça bouge pas (comment faire du chantage à une femme en plein travail).

J’essaye de faire des 8 sur mon ballon, je décide de retourner à la toilette pour voir si c’est pas ma vessie qui bloque les choses. En sortant, je tombe sur le chef gynécologue qui me voit et qui parle à une sage-femme comme si je n’étais pas en sa présence : « Pourquoi on ne donne pas un bassin à cette dame ? » Ce à quoi la sage-femme répond : « Madame B. ne souhaite pas et préfére aller à la toilette seule. » Et le gynécologue répond : « Oui mais c’est pas un hall de gare, si toutes les femmes sortent de leur bloc, on s’en sort pas » ….

21h, l’échéance tombe, je monte sur la table et le TV annonce un 6 toujours! J’en aurais pleuré, je suis paniquée, je demande : « Qu’est-ce que l’on doit faire ? » J’en viens à leur remettre mon accouchement entre les mains, je ne suis pas capable de faire ouvrir mon col, j’ai peur , je vois la césarienne planer au-dessus de ma tête. Elle me reparle de percer la poche des eaux, et j’accepte…. Elle perce, la poche de l’eau coule partout, et j’ai mal, vraiment mal, la douleur est immédiate, je supporte pas allongée, je décide d’aller sur mon ballon, la sage-femme peste car je mets de l’eau partout, et quand je leur demande :  » ça vous dérange que je salisse? Je passerais la serpillère après, c’est pas grave » elle répond : « Non, pas du tout c’est pour ne pas que vous glissiez » oui, c’est ça, bien sûr !

J’ai très très mal, j’arrive plus à entrer dans ma bulle, je m’en doutais et je m’en veux d’avoir dit oui! j’hurle, je demande si l’anesthésite est là car si jamais je veux la péridurale qu’il soit pas trop loin. On me dit qu’on l’apelle et qu’il sera là rapidement!

J’hurle que je veux la péridurale j’ai vraiment trop mal, 7/8 minutes ce sont passées depuis la ruptures des eaux, à chaques contractions ça pousse en bas tout seul, j’accompagne la poussée ça me soulage terriblement. La sage-femme revient me voir et me demande de monter sur la table pour faire un toucher vaginal. Je re-demande la péridurale et je vois l’anesthésiste qui arrive et demande où est le bilan sanguin, la sage-femme lui dit que je ne l’ai pas fait et il répond : « Ben oui, mais c’était obligatoire », la sage femme lui dit que je voulais pas de péridural donc je l’ai pas fait et il répond : « Maintenant elle en veut une et j’ai pas de bilan donc je pourrai pas, fallait qu’elle y pense avant ». La sage-femme en même temps m’examine et elle m’annonce une dilatation complete et un bébé engagé.

Elle prépare son matériel et moi je pousse comme j’en ai envie, je sens la tête de mon fils descendre et commencer a sortir, elle me demande de l’attendre mais je n’en ai pas envie, si mon fils veut sortir, il sort tout de suite. Elle revient enfin et n’a plus qu’à acceuillir mon fils sorti en douceur sans ordre de la sage-femme.

Mon fils faisait 4.770 kg pour 54 cm, et je n’ai eu ni déchirure, ni épisiotomie.

Pour moi cet accouchement n’a duré que 10 minutes, à partir du moment ou elle m’a percé la poche des eaux, sinon il n’était que douceur, j’ai tellement apprécié, j’ai hate d’avoir la chance de recommencer et cette fois, sans déclenchement, sans ordre, voir sans sage-femme.

– Aurélia

#325 – Naissance de ma fille, novembre 2013

8 Jan

06/11/13

RV au service gynéco-obstétrique du CHU.

Arrivée à 10:30 pour un contrôle, mon gynécologue me dit qu’il ne préfère pas me laisser continuer, souffrir, etc. Il me propose de me déclencher dans un 1er temps avec un tampon. (Qu’on m’a mis à 11:30). On attend 12 à 24h pour voir si ça mature mon col (qui n’est ouvert qu’à 1 cm et pas encore effacé). Après on verra pour utiliser d’autres moyens de déclenchement si besoin. Donc wait and see. La pose du cathéter a été show Time. Elles s’y prennent à 2 (1 sage-femme et 1 Ide) et me piquent 5 fois pour me poser la perf´… je passe du service urgences obstétriques au service grossesses pathologiques (à 13:00 où on me donne à manger) où je suis surveillée jusqu’à l’accouchement. Après choupetta et moi serons dans une chambre de mater’ pour nous deux.

Futur papa prend dès ce jour ses congés naissance pour être avec moi. Sa présence me rassure. La sage-femme me conseille de me reposer, prendre des forces pour quand le travail arrivera …

14h. Etat d’esprit : Oui … Se dire que ça va arriver, d’après la sage-femme au mieux dans la nuit; d’après Dr le lendemain semble probable ou même le surlendemain …

C’est curieux, être là à attendre, un nombre incalculable de pensées viennent à moi … Bientôt je vais enfin pouvoir serrer ma fille contre moi … la sentir … Je vais enfin être maman après toutes ces fausses-couches, toutes ces craintes … Et déjà je suis dans l’inquiétude de savoir si elle va bien, si elle a ce qu’il faut là où il faut …

15h. Après une micro-sieste, je suis réveillée par des douleurs continues au bas-ventre … Personne n’est encore venu me voir. J’attends encore … Je sais que mon col doit s’effacer et que je ne peux pas non plus passer de 1 cm à 10 cm aussi vite.

Les contractions douloureuses sont présentes depuis 14:45. La sage-femme passe à 15:30 et je suis sous monito. Bébé bouge beaucoup. Ma tension est basse.

16:15. Chéri revient. Ouf je suis soulagée de ne pas souffrir seule.

17h. Je sens bien la petite appuyer sur le col. La sage-femme dit qu’il faut attendre … Je viens d’aller marcher un peu dehors, et là je suis de nouveau dans la chambre.

Ça va pour l’instant, c’est les douleurs qui m’occupent le plus. Elles me prennent toute la sangle abdominale. J’ai l’impression d’avoir le dos coupé en deux.

17:45. Mal de tête, sensation de fièvre. On me branche le tensiomètre.

18:45. Tension légèrement supérieure, contractions ++. La sage-femme va demander à ce qu’on me voit.

19h51. Toujours personne n’est venu, je note mes contractions, chéri s’impatiente de savoir comment ça se passe s’il part, s’il peut revenir, etc. La sage-femme présente n’a pas l’air très efficace. Mes parents ont téléphoné, je leur ai dit être déclenchée, et qu’ils ont le temps de venir que quand j’aurais accouché.

21:30. La sage-femme vient m’examiner. Mauvaise nouvelle : mon col n’a pas bougé. J’ai un « faux travail » = douloureux mais inefficace. Je pleure de douleur.

22:00. On m’emmène au service urgences obstétriques, monito + tension et injection de Nubin, un dérivé morphinique. Là, je « plane » … ; je ne sens quasi plus les douleurs.

23:30. De retour dans ma chambre, je suis shootée, j’ai envie de dormir.

07/11/13

1h … 2h … Réveillée. Chéri est là, ça me rassure.

3h30. Une aide soignante rentre dans la chambre, semble étonnée de voir le papa et lui fait une remontrance car une autre maman doit arriver.  » Dites donc monsieur, il va falloir partir, personne ne vous a autorisé à rester la nuit, c’est pas une chambre d’accompagnant. Ce « réveil » houspillant me fait monter dans les tours… je m’énerve aussi sur sa manière d’houspiller. « Ok mea culpa. Y’a pas mort d’homme. » Elle peut dire la même chose sans gueuler et encore moins prendre ce ton d’houspillade comme si on avait 5 ans, et qui de plus est, un autre soignant avait justement autorisé Monsieur à rester … Bref.

Finalement, chéri part, un peu à contre-coeur … ; mais ni lui ni moi, on a la force du débat…

4:30. Alors que je cherche le sommeil, j’ai quelques contractions … je perds les eaux. Je ne peux rien retenir. J’appelle les soignants. Je file aux wc. Je perds aussi le tampon … C’est la sage-femme qui est davantage présente. L’aide-soignante est là mais bon …

4:50. Le doc dit de me mettre sous monito / surveillance. Et en réunion doc à 8h ils décideront si on me remet un tampon ou s’ils passent à une autre méthode. J’espère la 2ème optique ! A présent les contractions sont plus intenses …

5:10. La sage-femme me fait une piqûre pour tenter soulager douleur, mais rien n’y fait.

5h30. la sage-femme relève le monito, bébé va bien. Elle m’explique qu’il n’y a pas d’autres choix que de faire en sorte de laisser maturer le col. (Jusque demain 😦 ) . D’ici là, ils peuvent essayer de calmer douleurs par le même dérivé morphine qu’hier soir (espacé de 8h) et tenter de remettre un tampon ou du gel de prostaglandine qui pourrait éventuellement aider. A ce moment précis, ils ne peuvent pas mettre l’ocytocine sous perf´ car le col n’est pas encore effacé, et on m’explique que quand ils le font c’est quitte ou double, la seule issue après c’est la césarienne.

7:30. La sage-femme me renvoie aux urgences obstétriques pour voir si on m’administre une piqûre, etc.

7:50. Aux urgences obstétriques, la sage-femme force mon 1 cm en 2 doigts car mon col est maintenant centré (et non plus postérieur). Elle me parle d’une éventuelle péridurale.

8:00. La sage-femme me fait une piqûre de dérivé morphinique, le même calmant que la veille au soir. Elle pense que le travail maintenant va commencer.

J’essaie de téléphoner à Chéri mais je crois qu’il est dans les bras de Morphée il n’entend pas le tél.

Là où je m’attendais à ne pas souffrir, ce n’est pas le cas. Je suis seule, les contractions augmentent, chéri n’arrive pas. Je ne veux pas accoucher sans lui. Le stress se mêle à la douleur. Ma mère téléphone … Mon dieu, c’est pas le moment, j’ai trop mal …

10:30. Arrivée du chéri. Je suis à bout… Attente de mon col à 3 cm pour avoir une péridurale.

11:50. 1ère péridurale : douloureuse, longue et inefficace.

14:00. Ma sage-femme s’énerve un peu contre l’anesthésiste et demande qu’un autre vienne.

14:40. Le 2ème anesthésiste arrive, fait le geste et s’en va… Donc 2ème péridurale qui, enfin, me soulage … Allant même jusqu’une petite sieste.

17:30. Travail en cours. Je ne m’attends pas à avoir quand même mal sous péridurale. L’anesthésiste me rajoute un produit … Dilatée à 5 cm … Il faut attendre encore … Côté état d’esprit : fatiguée par douleurs et manque de nourriture, et je commence à essayer d’imaginer Louise qu’on posera sur moi (histoire de me booster ) !

18:30. On trouve le bon dosage de péridurale pour soulager mes douleurs. Ouf je respire un peu … et surtout je dors … Je me prépare mentalement à accoucher.

19:30. La sage-femme de nuit vient se présenter et m’expliquer la suite : 1 visite par heure avec augmentation du Syntol + massage du col.

Là, s’alternent des phases où je dors, avec les phases où des soins me sont prescrits.

22:30. L’interne gynécologue présent ce soir là m’explique la possibilité d’une césarienne. Les indications médicales sont : le col qui ne bouge pas, le bébé macrosome, et aussi que j’atteins presque les 36h de déclenchement-travail …

23:30. On m’examine et le gynécologue me dit qu’il n’y a guère 36 autres méthodes. Et on me monte au bloc. Et là c’est trop bizarre j’ai la sensation de dormir éveillée … Je me souviens être allongée et attachée, entendre des voix de médecins autour de moi … Je panique, et réussit à me détacher les bras. Je bouge, les médecins s’énervent sur le fait que je bouge. J’entends la sage-femme me dire de ne pas bouger, puis plus rien. Je saurai plus tard que pour le bien de mon bébé et pour mon bien, ils m’ont rajouté un anesthésiant… Du coup, je dors … et du coup, je ne vis rien de mon accouchement.

08/11/13

00:14. Je suis réveillée par des claques, et des coups sur le front par la sage-femme qui me dit « Madame, Madame, embrassez votre fille ! » … Je suis attachée, je ne réalise rien, je vois (tout flou) mon bébé, j’embrasse ma fille, mais déjà, ils partent avec pour s’occuper de ma fille. 4,120 kg pour 54 cm…

2:30 J’émerge, en salle de réveil. Chéri est avec bébé et elle sous couveuse qui est prescrit pour toutes les césariennes mais aussi qui est là pour le transport. Je suis totalement à l’ouest. Chéri m’explique qu’il vient de passer deux heures avec notre fille, à m’attendre … que je peux la toucher … La sage-femme habille notre fille … Enfin, on me la pose sur moi … et nous avons le droit à un moment tous les trois avant qu’on ne nous transfère à notre chambre en maternité …

J’avoue que ces 36 h ont été très longues … À un moment, j’aurais voulu partir … Quand le travail était si pénible, avant la 1ère péridurale et la 2ème … en fait, j’ai vécu et subi à peu près tout ce dont je pouvais avoir peur … Rester des heures à souffrir pour rien … Ou vivre une césarienne …

Une naissance dans les Deux sèvre – août 2013

8 Jan

Lundi 19 Aout 2013

– Bébé est moins agité que d’habitude, bon après tout j’arrive en fin de grossesse, il parait que c’est normal… Pourquoi pas !?

Mardi 20 Aout 2013

– Je sens bébé encore moins bouger que la veille, alors oui je veux bien croire que en fin de grossesse il bouge moins, mais la c’est quasiment pas ! Après une partie de bowling, on décide d’aller à la maternité, à mon arrivé, on m’a mise sous monitoring, on m’a fait une prise de sang, et on a vérifié mon col, d’ailleurs une véritable galère : la sage-femme n’arrivait pas à le trouver. Au final, pour me dire que j’étais ouverte à 1 mais savait pas trop comment mon col était … Que j’étais peut-être en début de travail. Super la sage-femme, en plus elle m’a fait pisser le sang. Bref, au monitoring, tout va bien, bébé bouge, on me fait une échographie, nikel ! Bha Madame vous pouvez rentrer chez vous, tout va bien. … Ok !

Mercredi 21 Aout 2013

– On est en fin d’aprèm’, j’ai ma belle-famille et le parrain qui est à la maison, mon téléphone sonne, je décroche et là : « C’est la sage femme de la maternité de B., où vous êtes venue hier. On vous a fait une prise de sang, il y a un problème, il y a du sang de bébé dans votre sang. Est-ce que vous pouvez venir de suite ?  » OK j’arrive. Je dis à Guillaume de prendre les valises car je sens qu’on va pas rentrer de suite. Arrivés à la maternité, on m’installe dans une chambre provisoire, le medecin vient nous voir et explique que, pour le bien du bébé, pour éviter qu’il fasse de l’anémie, il serai bien de faire un déclenchement, chose que nous acceptons.

On me fait une échographie, il n’y a rien d’anormal, on me descend en salle de prétravail pour me poser un tampon (composé d’hormone afin de déclencher les contractions) et un monitoring de 2 heures. Il ne se passera rien mais je doit le garder jusqu’au lendemain après-midi. Entre-temps je suis montée dans ma chambre « officielle ». J’ai passer un nuit assez tranquille.

Jeudi 22 Aout 2013

– Le tampon n’a rien fait, mon col n’a pas bougé, on décide alors de me poser un ballonet (petit ballon qui font gonfler avec de l’eau entre le col et la poche des eaux afin d’aider le col à se dilater. Autant vous dire que j’ai vu la voie lactée ! Horrible ça fait super mal ! Après, pareil monito pendant 2 heures, puis je suis retournée dans ma chambre. Dans la nuit, j’ai eu des contractions, je me suis dit super … Mais j’avais trop mal pour dormir, donc injection de morphine … ça CALME !!!! oui ça m’a calmée jusqu’au lendemain midi, j’ai fait que dormir. Et les contractions ce n’était qu’un faux travail.

Vendredi 23 Aout 2013

– Après avoir dormi une bonne partie de la matinée, on decide de me l’enlever. Chose faite, ils vérifient mon col, mais rien n’a bougé… Ils décident de me mettre un gel avec des hormones, ils m’expliquent que se sont les mêmes hormones que le tampon mais en moins fort… Oui, moi non plus je n’ai pas compris l’intérêt, mais bref … ! Arrivé à 16h30 évidemment cela n’avait rien fait, donc ils décident de passer aux choses plus sérieuse, cette fois ça y est, je vais en salle de travail, on me met les perfusions, etc. Elle y vas doucement et revient de temps à autre pour augmenter le débit. Moi, je gère. On m’a mis la musique, et … je m’endors sur les contractions ! Oui, oui !! Plus tard, ils vérifient mon col, il s’est modifié, je suis ouverte à deux et il s’est modifié. Au bout d’un moment, malgré que je gère très bien les contractions, ils me posent la péridurale, l’anesthésiste s’y est repris à deux fois, j’ai bien eu mal !!! Mais une fois fait, whuaouu !!! c’est le pied !!! La sage-femme me perce la poche des eaux, avec Guillaume, on se paie un fou rire, car apparament sa chlingue !!!

Un peu plus tard, re-vérification, mais rien n’a bougé, ils me laissent une demie-heure et, si toujours rien, il faut penser à la césarienne. On essaye de pas désespérer. Mais une demie-heure plus tard, toujours rien de plus, alors ils nous expliquent que c’est la césarienne et qu’ils préparent le bloc. On a pleuré tout les deux, car même si je m’étais préparée à cette éventualité, ça reste toujours une déception.

Arrivés là-haut, Guillaume n’a pas eu le droit d’entrer au bloc, il devait rester derrière la porte. Il y avait quand même une petite fenêtre, pour voir.

Quand je fus anesthésiée des pieds jusqu’à la poitrine ils commencent, on m’explique les choses, on me rassure et au bout de quelques minutes à 23h18 j’entend les premiers cris de bébé. Cela à été un super soulagement. Les larmes ont coulé. Pareil quand ils me l’ont mis près de moi. J’ai pu l’embrasser et le toucher, mais cela à été très rapide. Ils l’ont enveloppé dans des couverture. J’ai pu de nouveau l’embrasser, puis ils sont partis avec le papa. Moi, ils ont passé une heure à me recoudre et mettre des agraffes et ensuite j’ai été une heure en salle de réveil, pour enfin redescendre dans ma chambre et retrouver mes deux hommes. Quand j’ai enfin pu avoir mon bébé en peau-à-peau, ça a été un moment très fort.

Voila, cela à été long et à la fois très rapide, des moments très forts et innoubliables.

Ajout : Même si il est vrai que la péridurale à été posée alors que sur le moment je n’en avais pas besoin, je l’avais demandée à mon rdv avec l’anesthésiste.

Pour la douleur, j’ai gérée toute seule, j’ai decidé de ma position que j’ai trouvée et ce qui m’avait aidé c’est aussi la musique. Ils m’ont demandé si je souhaitais un poste avec de la musique et j’ai accepté. Donc vu que je gerai bien mes contractions, je ne sais pas si ils pouvaient me proposer vraiment quelque chose.
Et pour la péridurale, de toute façon, vu comment cela c’est terminé, ce n’était pas plus mal, car si ils ne l’avait pas faite, il aurait certainement fallu monter au bloc d’urgence et finir en anesthésie générale, et là je crois que je l’aurais très très mal vécu.

Dans l’ensemble l’équipe a été super, ils ont fait du mieux qu’ils ont pu, ils ont attendu au maximum, mais pas trop pour éviter de mettre nos vie en danger. Donc bon… c’est quand même un accouchement respecté.

#322 – Un accouchement volé – novembre 2009

7 Jan

Je vous remercie de nous permettre un moyen d’expression quant à ce sujet mal maîtrisé qu’est l’écoute des mamans.
J’ai 34 ans, à nouveau enceinte depuis un petit mois. Mon premier enfant a 4 ans aujourd’hui. Il s’appelle Enzo et l’accouchement a été une réelle épreuve, pour moi, mais aussi pour mon compagnon qui se sentait impuissant et interdit face à notre gynécologue.

2009 : Début de grossesse en février
J’ai des soucis de santé qui posent de vrais risques pour moi et mon enfant de l’ordre génétique. Pour être plus claire, j’ai un déficit en Protéine S sur le facteur V de mes gènes. Ce qui entraîne des complications au niveau de ma circulation sanguine.
Mon gynécologue a fait un bon suivi, prise de sang toutes les semaines dès le troisième mois et piqûres d’anti-coagulants 2 fois par jour, depuis mon 6ème mois de grossesse jusqu’à la fin de mon retour de couches, bas de contention, etc.
Ma grossesse s’est très bien passé, j’étais sereine en plus car j’étais suivie aussi par une jeune sage-femme hypnothérapeute et sophrologue, avec laquelle j’avais fais un réel travail de projection.
Cette sage-femme travaille dans la même structure que mon gynécologue de l’époque.
Mes problèmes de santé me classant dans les « hauts risques » voir limite « à très hauts risques », mon gynécologue a changé d’attitude avec moi dès le 7ème mois de grossesse, voulant me préparer à un accouchement déclenché. Car dans sa tête, ce ne serait pas autrement.
J’ai essayé de discuter avec lui lors de cette consultation, de lui expliquer que si aucun soucis médicaux ne venaient contrarier le bon déroulement de la fin de grossesse et le jour J de l’accouchement … de laisser les choses se faire d’elles-mêmes. Je refusais d’être en situation de “sur-médicalisation” et je sentais déjà que cela en prenait le chemin.
Il m’a fait comprendre que je ne pourrais pas maîtriser mon accouchement.
Cela m’a toujours heurté, car même si cela se passe mal, on doit pouvoir rester les premières actrices de nos accouchements.
Ma grossesse s’est très bien passée, jusqu’à une semaine du terme, où là, je sentais vraiment mon gynécologue en panique quant à mon déficit sanguin. Et moi qui était sereine, prête dans ma tête au travail, mon gynécologue m’a épuisée physiquement sur cette dernière semaine, et stressée.
Les discussions étaient de plus en plus tendues avec lui, car moi je ne voulais pas déclencher le travail et je ne voulais pas non plus de péridurale.
Il a commencé par me culpabiliser en me disant que j’étais une irresponsable de ne pas vouloir écouter et obéir à ses prédications. J’ai plus ou moins cédé …
Je m’explique :
La dernière semaine, il m’a fait descendre à B. 2 fois par jour pour faire monitoring et décollement des membranes une fois par jour. A cette époque, j’habitais sur les hauteurs à 30 minutes de B. Les deux allers-retours me prenaient donc deux heures par jour et m’ont littéralement épuisée.
Moi, qui était sereine jusque là, c’est le stress qui a pris le dessus, car plus les jours avançaient et plus les décollements de membranes me faisaient souffrir et devenaient dangereux.
Le terme était prévu pour le 5 novembre, le 2, mon gynécologue n’a pas voulu me laisser repartir chez moi car je commençais à faire des hypertonies au lieu de faire des contractions. Il a demandé aux sages-femmes de me coller une languette pour déclencher le travail.
J’avais déjà la vulve en feu à cause des décollements répétés tout au long de la semaine et ce “truc” n’a rien arrangé.
Et puis, franchement, rien que les décollements de membranes sont une épreuve en soi car c’est extrêmement douloureux, la sage-femme qui le pratiquait me disait que cela donnait de “l’amour au col”. Je sais que c’était pour me rassurer qu’elle me disait ça mais j’avais juste l’impression de me faire fouiller comme une vache, “alors tu parles d’un amour, toi” !! Rien de plus, ni rien de moins !!! D’ailleurs, je subis encore, 4 ans après, des problèmes réguliers d’irritations et de démangeaisons importantes depuis ces mésaventures.
Les sages-femmes, le jour de mon accouchement ont vraiment pris un rôle primordial pour nous, car elles n’étaient pas en accord avec le gynécologue quant au bon déroulement de mon accouchement.
Elles m’ont expliqué que cela n’aurait pas dû se passer comme ça, étant donné que nous allions bien, mon fils et moi.
Et les hypertonies que je faisais étaient dues aux décollements de membranes trop répétés et qui n’avaient pas lieu d’être. Ce n’est d’ailleurs pas elles qui me les faisaient.
Deux heures avant d’entrer en salle de travail, mon compagnon et moi avons vu notre gynécologue et cela s’est très mal passé. Je lui ai dis que je n’étais pas contente de me voir aussi stressée et que je me sentais extrêmement fatiguée pour ce qui m’attendait. Nous nous sommes engueulés, il m’a dit que, de toute façon, je n’étais pas médecin et que ce n’était pas à moi de décider de la bonne marche de mon accouchement ! J’en ai pleuré et lui ai répondu que dans la mesure où tout se déroulait normalement je devais rester maitresse de mon corps et de mon évènement.
Lors de cette altercation, les sages-femmes m’ont soutenues dans mon épreuve. Elles se sont opposées au gynécologue, en expliquant tant bien que mal que rien ne justifiait une telle prise en charge.
Elles m’ont d’ailleurs soutenues jusqu’à la fin car elles m’ont évité la césarienne.
Je suppose que le stress a beaucoup bloqué le travail car malgré le déclenchement, mon col ne s’ouvrait pas, ce qui stressait mon gynécologue.
A cinq heures de travail à 3 cm d’ouverture, j’ai cédé pour la péridurale car j’étais épuisée. Mais la dose a été mal dosée, j’avais la jambe gauche comme celle d’une poupée de chiffon et ressentait tout de l’autre côté. Au bout de huit heures passées à 3 cm, le gynécologue commençait à faire pression sur les sages-femmes pour qu’elles me transfèrent en bloc pour une césarienne.
Elles ne me l’ont pas dit à ce moment-là pour ne pas me bouleverser car j’étais très en colère après lui et il ne valait d’ailleurs mieux pas qu’il se pointe dans la salle d’accouchement !
Elles lui ont tenu tête et au bout de 10 heures de travail, toujours à 3, la plus ancienne d’entre-elles m’a fait prendre une position hyper inconfortable pour accélérer le travail. J’ai tenu cette position pendant 2 heures de temps, mais cela a été efficace car Enzo est né à la fin de ces 2 heures … sans césarienne !! La péridurale m’a perturbée tout autant que le reste car les sensations étaient très étranges, du fait que je ne ressentais absolument rien du côté gauche et absolument tout du côté droit. J’ai juste déchirée un peu mais sinon cela s’est très bien fini pour nous !
Je ne remercierai jamais assez les sages-femmes présentes pour ce qu’elles ont fait pour nous. Elles ont rassuré mon homme, qui était un peu perdu face à la culpabilisation permanente dans laquelle nous plaçaient le gynécologue.
Car elles ont fait barrage face au gynécologue et elles ont fait preuve d’un grand savoir-faire et d’un grand professionnalisme.
Les gynécologues obstétriciens ont monopolisé l’accouchement !! Mais les sages-femmes ont des millénaires d’expérience en ce domaine et le fait que ce soit en général des femmes, elles savent ce que cela représente en terme de douleurs, en terme d’amour-propre pour une femme et en savoir-faire technique bien évidement !!
Car je tiens quand même à dire que les gynécologue hommes sont maladroits avec les femmes enceintes et parce qu’ils sont médecins, ils pensent avoir tous les droits. Mais, c’est notre corps qui ressent toutes les sensations et la nature est bien faite. Il faut faire beaucoup plus confiance en notre capacité à accoucher !! Certes, la médecine obstétrique a considérablement réduit les décès de mères et enfants lors des naissances Mais ils n’ont pas les connaissances requises comme peuvent les avoir les sages-femmes et ne justifie en rien cette prise de pouvoir de la part des médecins obstétriciens.
Alors, étant donné que les restrictions budgétaires réduisent le nombre de maternités en France comme ailleurs. Et que l’on se retrouve à plus de trois quarts d’heure d’une maternité et que du coup cela représente un risque non négligeable pour les grossesses. Qu’une femme et son bébé meurent parce qu’ils n’ont pas eu le temps d’arriver à la maternité est aberrant !! Tout aussi aberrant que la sur-médicalisation, je demande à voir des maisons de naissance éclore un peu partout et que ces maisons soient gérées avant tout par des sages-femmes. Et qu’elles n’appellent les obstétriciens qu’en cas de besoin médical !!!
J’avais fais un petit projet de naissance pour Enzo : Pas de péridurale, pas de position couchée sur le dos avec les pieds dans les étriers, de la musique douce, éclairage doux, … mais je n’ai rien pu faire de tout cela, rien n’a été respecté. Je demandais à marcher pendant le travail car je sentais que j’en avais besoin mais même ça on me l’a refusé.

Alors comme je suis à nouveau enceinte et que cela aura prit son temps, je ne souhaite pas revivre la même chose.

Même si je comprend mieux aujourd’hui la réaction de ce gynécologue et que je ne lui en tiens plus rigueur, je ne le reprends pas pour ma seconde grossesse et mon projet de naissance sera beaucoup plus pointu et sera anticipé avec les sages-femmes. Car je souhaite vraiment être mieux écoutée et pouvoir “accoucher” et non “me faire accoucher” !! La différence est énorme et j’ai toujours le sentiment de m’être fait voler ce moment !! Pendant un accouchement, on est fragilisée, c’est vrai !! Mais on est pas que fragiles … on est fortes aussi, comme jamais on ne peut l’être dans notre quotidien … merci aux hormones pour cela !!!

Voilà, j’espère que mon expérience pourra servir à faire évoluer les choses en ce domaine.
Je vous remercie de tout coeur de la parole donnée.

J’espère vraiment que cette action que je trouve très bien, apportera une vraie avancée permettant la reconnaissance des sages-femmes en milieu hospitalier avec un vrai statut propre, permettant de voir d’autres vocations naitre en ce domaine et augmenter le nombre des 22000 sages-femmes actuelles.

Je souhaite vraiment voir se développer les maisons de naissance au même titre que les maisons de santé. Nous avons réellement besoin de cette proximité pour l’accès aux soins, prodigués par les sages-femmes (qui ont les mêmes responsabilités pénales que les gynécologues obstétriques), aux suivis des grossesses, aux conseils et à l’écoute.

Nos sages-femmes (et sages-hommes d’ailleurs) sont formidables et il est temps de leur témoigner la reconnaissance qu’elles méritent. Enfin, je sais que la reconnaissance des familles leur est pleinement acquise malheureusement insuffisante …

Cordialement.
Laëtitia M

La naissance de Tristan, 3ème bébé de Lauren – en Allemagne

22 Déc
J’ai 3 enfants, mes 2 premiers sont nés en Irlande, à Cork, ce n’était pas des accouchements physiologiques, je n’avais même pas envisagé cette méthode car je n’avais alors pas l’ouverture d’esprit que j’ai aujourd’hui.
2 accouchements où j’ai été passive, en attendant qu’on me dise : « Poussez madame ! »
Mais pour ma 3ème grossesse, en ayant beaucoup discuté avec des mamans sur Facebook, je decide qu’il en sera autrement. Je veux me reconcilier avec ce processus, le rendre naturel et normal, qu’on me rende le pouvoir, qu’on me laisse faire, je veux un personnel qui ne soit pas intrusifs mais qui m’assiste juste au cas où.Tristan est né en Allemagne.
Voici mon récit.
C’est donc ma 3ème grossesse et on me détecte un petit diabète gestationnel. Je dis à mon gynécologue que j’accouche toujours après terme (déclenchement des 2 autres, pour bb1 à 10 jours après le terme et pour bb2 4 jours après, décollement des membranes sans me demander mon avis…), donc je souhaitais de tout coeur que Tristan naisse le jour où il le décide, que tout se fasse en douceur sans « qu’on le mette dehors ». Mais gygy me dit qu’avec le diabète gestationnel, je serai déclenchée le jour du terme… Arf, je suis dégoûtée, je sais que je vais y avoir droit. Je n’ai pas de contractions à 9 mois, juste des Braxton Hicks, rien de bien méchant.
Le 6 janvier, date de péremption, tout le monde dehors! Je tiens à avoir un accouchement physiologique, je veux me reconcilier avec ce processus de la naissance, je veux qu’on me rende le pouvoir, de me laisser faire seule. Dans ma maternité allemande, je suis ravie de voir qu’ils sont équipés comme des « salles nature » avec un lit ergonomique, des ballons, une baignoire, des écharpes pour se suspendre et des tabourets de naissance. C’est ce que je voulais. J’avais espéré que Tristan se décide avant pour échapper au déclenchement, mais je ne me faisait pas d’illusions… arf salete de diabète gestationnel, si je ne l’avais pas eu, j’aurais laissé faire la nature…
Donc le 6 janvier, à 40 SA, on va a la maternité. Mon mari est là avec moi et il traduit pour moi car je ne parle pas allemand et ils parlent très peu l’anglais… L’obstétricienne me demande comment s’est passé mon precedent accouchement, alors je lui racconte vite fait, que deuz était un gros bébé (4,460 kg), qu’il n’avait pas la position adéquate (au lieu d’avoir la tête tournée vers le bas, de regarder en bas, elle était tournée vers le haut) quand j’étais à 8 cm. Il est parvenu à se retourner en 1h jusqu’à la dilatation complète mais sûrement cette rotation plus son gros poids, ont fait qu’il s’est cassé la clavicule :/). L’obstétricienne allemande ne comprend pas très bien, malentendu… elle me fait une écho pour déterminer le poids de Tristan. Il fait autour des 4kg comme ses frères. Alors elle me propose une césarienne, car elle me dit que parfois les gros bébés peuvent avoir le nerfs de l’épaule coincé dans le passage du bassin et que ça peut entraîner une paralysie du bras… Mon mari devient blanc comme un linge, mais, dans ma tête, la decision est toute prise, j’aurai certainement pas de césarienne, j’ai très bien pu sortir deux patates de 4kg, alors je ne vois pas pourquoi ça poserait problème pour celui-là! Donc, va pour la voie basse. On m’examine, col verrouillé à double-tour, comme je l’avais imaginé, postérieur long de 2cm. On me pose le tampon au niveau du col. Comme arrive midi, on me donne mon plateau repas, j’apprécie parce que, pour les 2 autres (nés en Irlande), on ne m’avait pas donné mon repas à midi et je crevais de faim! Donc je mange absolument tout pour bien prendre des forces. J’ai la bonne idée d’aller aux toilettes aussi LOL. Et j’attends.Une heure plus tard, ça commence. Alors je marche, tant que je le peux. Ca va vite, la douleur augmente vite, alors je retourne dans mon lit, pour m’allonger sur le côté. Les sages-femmes me donnent un sac de noyaux de cerise chauds pour mettre sur les reins, ça soulage. La douleur augmente, alors pour m’aider à la canaliser, je pousse des longs « ooooooooohhhh!! », je ne crie pas car je tiens à garder un peu de dignité LOL. Les sages-femmes m’examinent à 15h, je suis dilatée à 4 et ça va très vite, il faut que j’aille en salle de naissance. On n’a pas le temps de me couler un bain, arf, j’aurais voulu accoucher dans l’eau!! Mais avec la douleur des contractions toutes les minutes, je ne peux pas vraiment argumenter. Je tiens à rester à la verticale le plus possible pour aider Tristan à descendre, alors je m’appuie juste contre le lit, les mains crispées sur le matelas.
Ces vagues de douleurs sont terribles mais, entre chaques contractions, je me dis : « Je l’ai supportée celle-là, je l’ai supportée!! Notre corps est fait pour supporter cette douleur, tu peux le faire!! » Mais quand même, la péridurale m’effleure l’esprit, j’ai trop mal… Arf non!!! Je peux y arriver!! Je m’allonge sur le côté pour que la sage-femme m’examine. Ma poche des eaux est toujours intacte, bombée. On a du me la percer pour les 2 autres aussi… Le coeur de Tristan ralentit, la sage-femme me demande de me tourner, arf j’ai si mal, mais je me tourne quand même. Elle me demande si elle peut percer la poche des eaux, que ca va accélérer les choses. Je lui donne son accord, splash… et une minute après, je ressens cet ordre formidable que me dicte mon corps : POUSSE!!!! Je ne peux pas me retenir, mais je suis dans la mauvaise position, allongée sur mes coudes. Je vois la tête de la sf et ses yeux qui s’ecarquillent, elle ne s’attendait pas à ce qu’il arrive si vite, c’est le moment M! Elle me dit : « Lauren, get up right now, your baby is coming! » (Lauren, debout, votre bébé arrive!) J’ai juste le temps de me lever, de me mettre sur le tabouret de naissance et d’empoigner les écharpes, que la prochaine contraction arrive. Je pousse. La douleur cesse, je ressens juste un petite brûlure. Sa tête est dehors. Deux minutes après, une autre contraction, j’envois toute mon énergie, je tire sur les echarpes et là, les épaules passent, Tristan arrive, dans la douceur des lumières tamisées de la salle, la sage-femme l’attrape, il pousse déjà son premier cri. Encore une contraction, le placenta est dehors. On me défait les attaches de ma robe de princesse et on me met Tristan en peau à peau contre moi, toute tremblante. Je n’oublierai jamais son odeur, je m’enivre avec. Il est tout chaud, tout contre moi, le temps s’arrête. Je me sens comme la femme la plus forte de l’univers. 10 minutes après, la sage-femme prend Tristan, elle le pèse et le mesure, 3,780 kg (le plus léger de la fratrie) et 54 cm (le plus grand de la fratrie 😉 ) je me suis allongée sur la table, je me languis qu’elles aient finit. Elle me donne Tristan, je le mets tout contre ma peau, contre mon sein. Il machouille ses petites poings pendant 20 minutes puis trouve mon sein auquel il s’accrochera pendant plus d’une heure. Voila 🙂
Lauren