Tag Archives: dépassement de terme

#271 – Marie, la naissance de Samuel en Pologne

30 Avr

J’avais du mal à comprendre pourquoi les femmes choisissent le plus souvent d’accoucher à l’hôpital. Peut-être parce que nous avons eu la sensation de nous débrouiller tout seul pendant toute la grossesse, je me disais que nous étions capables de le faire. Maintenant, je sais que pour un accouchement à la maison, il faut une vraie préparation.
27 Mars (J+6)
Nous allons à l’hôpital pour un contrôle. Le monito révèle des contractions régulières. Pour ma part je ne sens rien de particulier, du moins rien qui soit plus efficace que d’habitude. Mais j’écoute, si le monito l’a dit, il doit surement avoir raison. Nous sommes tout de même pris de court, sans affaires, sans même y croire. L’hôpital dans lequel nous sommes n’a plus de places : ils nous transfèrent ailleurs.
Dans un hôpital à l’air plutôt glauque, j’ai peur d’accoucher ici… Mais le personnel est très sympa. Après la batterie d’examens habituels, on nous dit d’aller chercher nos affaires, je dors ici et nous verrons demain. Apparemment ce n’est pas encore le moment. Nous cherchons à en savoir plus, s’il est vraiment nécessaire de passer la nuit ici. Finalement nous rentrons à la maison, mais à J+6 ils nous recommandent fortement de passer à l’hôpital avant le weekend.

28 Mars (J+7)
Nous passons un Jeudi tranquille, à espérer que tout ce fasse naturellement.
Rien, tu es bien là ou tu es.

29 Mars (J+8)
Nous décidons de faire une grande ballade, peut être que ça activera le travail. Quelques contractions pendant le chemin. Puis nous allons au restaurant. On mange des sucres lents, histoire d’être en forme si jamais quelque chose se passe.
Nous allons encore à Kopernika, c’est l’hôpital que nous avons choisi pour accoucher, il est proche de la maison nous pouvons y aller à pied et il a une très bonne réputation. Après les tests habituels, le médecin nous dit de revenir demain pour un déclenchement, à J+8 il faut commencer à agir, elle fait une ordonnance et la met de côté pour ses collègues. De toute façon aujourd’hui il n’y a plus de places.
J’insiste sur les battements de ton cœur au monito, il semblait s’arrêter quelque secondes et reprendre. J’ai peur, elle me dit que tu bouges beaucoup, c’est normal. Nous rentrons, rassurés et heureux de t’accueillir demain.

30 Mars (J+9)
Encore à Kopernika. Deux femmes sont avant nous et sont admises. Le médecin sort, discute un peu avec nous : il n’y a plus de places, nous devrions aller à Ujastek. Et, il n’a pas accès aux ordonnances d’hier. On bouillonne. C’est fatiguant cet hôpital sans jamais de places et personnes de sympathiques pour t’écouter.
On attend. On s’énerve. On part.
Ujastek est à Nowa Huta… L’ancien quartier communiste, et nous avons pleins de préjugés dessus. Nous y allons tout de même, pour voir. Et, découvrons un super hôpital. Tout neuf et l’ambiance y est super : amicale.
Finalement, Kopernica est un bon hôpital pour les urgences, ils ne savent pas gérer le reste.
Puis tout va très vite, le médecin m’examine, me demande à quelle semaine nous sommes : 41+2jours. Très bien il y a de la place pour un déclenchement aujourd’hui. Comme mon col est ouvert à 1,5cm et comme je n’ai pas de contractions efficaces je passerai la nuit ici et on déclenchera des contractions avec l’aide de la prostaglandine.
Il m’explique tout le processus, je suis d’accord. Le terme est dépassé depuis 9 jours maintenant, ça peut devenir dangereux pour toi et tu ne sembles pas réagir, peut être que ça n’est pas réellement grave, je sais qu’il y a des pays on l’on attend plus longtemps. Mais, je m’inquiète.
La prostaglandine agit très bien. Je sens des contractions et j’en suis vraiment heureuse.
Tu te places bizarrement dans mon ventre, sur le côté.
Ton papa rentre à la maison, nous nous retrouverons demain à 6H.

31 Mars (J+10)
Il est 6h. 5 en réalité c’est le jour du changement. De toute façon je n’arrivai plus à dormir. La sage-femme m’enlève la prostaglandine et m’examine, le col est ouvert à 4 ! Elle me dit que c’est super.
Nous commençons doucement, la chambre est géniale.
Comme c’est un déclenchement, je serai sous moniteur pour contrôler ton cœur. Je ne pourrai pas bouger, j’étais prête à cette éventualité. C’est bon.
Elle me demande si je veux la péridurale, je dis non. Je pensais qu’en Pologne ça n’était qu’en cas d’urgence, alors psychologiquement j’ai travaillé pour faire sans.
Nous commençons, mais avec très peu d’ocytocine, cette fameuse hormone qui te dis que la vie est à l’extérieure. Elle me dit que tout va bien, le col est très réceptif.  Elle revient quelques temps plus tard, le col est à 6. Tout va bien. Quoique la poche des eaux est toujours là et elle résiste, le médecin arrive pour la percer. Tu es mal positionné il faut te remettre droit, vers la sortie.
La sage-femme me propose de prendre une douche de 20 minutes, ça fait du bien. On se détend. Puis on y retourne. Les contractions sont de plus en plus fortes, j’ai mal, mais je sens que mon corps peut gérer. J’entends une femme crier, elle me donne du courage, je crie aussi. Je suis partie dans un autre monde.
Puis le moniteur me ramène à la vie, il bip. C’est inquiétant. Ton père va chercher la sage-femme.  Elle regarde le moniteur, ton cœur descend bas quand ma contraction est en pic. Elle va chercher le médecin, il dit que la poche des eaux résiste, malgré son intervention de tout à l’heure.  Il te replace encore une fois. Nous essayons de trouver une position pour la fin du travail, je suis presque à 10cm. Impossible d’entendre ton cœur au moniteur, c’est finalement sur le dos que l’on arrive à t’écouter. Ton cœur descend trop bas lors des contractions, tu es encore mal placé, les contractions te compriment, ta descente peut prendre du temps et ton coeur cesser de battre.
J’ai peur, je ne gère plus rien, mon corps tremble tout entier, je suis incapable de gérer la douleur et je n’ai qu’une envie c’est que ça s’arrête pour que tu ailles bien. La sage-femme le comprend, elle attrape mon regard et respire avec moi. Ça me fait du bien.
Nous avons le choix, agir tout de suite ou attendre encore et voir si l’accouchement se déroule bien.
Et s’il ne se déroule pas bien, ça veut dire quoi ? Que tu ne viendras pas au monde ? Qu’il faudra agir en urgence ?
Je suis persuadée qu’en me levant tu trouveras une bonne place, sans ce déclenchement j’aurai pu prendre toutes les positions possibles, c’est un hôpital qui le permet. Sans ce déclenchement peut être aussi que nous t’aurions fait courir un trop grand risque. Tout ce mélange dans ma tête. Est-ce que je dois m’en vouloir d’avoir agi contre la nature ou est-ce qu’au contraire ça t’as rendue service ? Est-ce qu’en jouant la carte du naturel tu serais né en bonne santé ?
Tout va très vite, et te sachant en danger j’aurai trop peur de mes contractions, et ne serait plus efficace. Même si ça m’a toujours parut important d’accoucher naturellement. Nous nous décidons pour la césarienne. Je vois ton papa, anxieux, sous stress. Je suis incapable de l’aider, j’essaye de sourire pour dire que tout va bien.
Je crois qu’il comprend. Il se rattrape à ce qu’il peut. Il est fort lui aussi.
L’équipe médicale m’emmène au bloc opératoire, à ce moment-là je repense à mon rêve. Cette nuit j’ai rêvé d’une césarienne.
On m’anesthésie, seulement le bas pour que je sois encore consciente. Je ne comprends pas tout ce qui se passe, on fouille à l’intérieur de moi. Ça prend du temps et en même temps je suis relaxée : dans pas longtemps tu seras la, tu iras bien.
J’entends tes premiers pleures, et la sage-femme qui m’a tenue la main pendant toute l’opération dire « c’est un garçon », je dis « c’est Samuel ». Une aide-soignante te récupère et te pose prêt de mon visage, je ne réalise pas encore, elle me dit qu’elle fait une toilette et une pesée puis revient tout de suite. Je dis oui, mais te cherche partout du regard.
Je pleure, c’est incontrôlable, tu vas bien.
Tu fais 3.5 kg et 56 cm. Il est 10h41.
L’aide-soignante te places à côté de mon visage. Tu es doux, tu sens bon, tu es beau. Je suis comme une maman chat et te fais des câlins du bout du nez.
Je ne réalise pas tout, mais tu vas bien. Je sais qu’aujourd’hui nous ne pourrons pas être ensemble, ce sera pour demain. Mais tu pourras voir ton papa, alors ça va.
On me transfère sur mon lit. Je n’avais pas remarqué avoir perdue l’usage de mes jambes. Ca reviendra dans 4h. Il faut que je me repose. Ton papa vient me voir. Je suis fatiguée. Il t’a vue lui aussi, il est sur une autre planète. Il me dit qu’il va essayer de t’amener ici pendant une petite heure, mais pour l’instant je dois me reposer. J’essaye, je gigote comme je peux, somnole. Puis tu arrives, ça n’est qu’à ce moment-là que la fatigue me gagne. Tu vas bien, je le vois, je peux me laisser aller. J’essaye d’être présente. Mais tout ce que j’arrive à faire c’est dormir en te serrant prêt de moi. C’est bon de t’avoir tout contre moi.
J’aurai aimé pouvoir t’allaiter tout de suite, mais c’est pour demain. Puis tu repars. Ton papa reste au prêt de moi, il est fatigué lui aussi des émotions de la journée. Il à été génial, comme d’habitude.
Il rentre à la maison. La nuit tombe, et l’anesthésie ne fait plus son effet, j’ai mal. Mon ventre brûle.
Je réalise n’avoir jamais envisagé la césarienne. Parce que j’en entendais parler par des femmes qui l’avaient choisi par « confort ». Je ne comprends pas quel confort il peut y avoir à vivre et se remettre d’une opération quand on peut faire autrement.
J’ai accouché, même si ça n’était pas comme je l’ai imaginé. J’ai mal parce que je t’ai donné la vie pour la sauver.
Une prochaine fois ce sera différent, on se préparera autrement. Aujourd’hui c’est toi qui compte, et comme pour me laisser le temps de me remettre, ce que tu aimes c’est téter et dormir. Tu restes tout calme quand ton papa te changes pour la première fois. Tu nous regarde avec tes grands yeux, tu scrutes le monde, tu à l’air sérieux, puis tu fais des sourires. Quant à moi mes trois premières tentatives pour me lever sont désastreuses, je n’ai aucune force pour me lever et fais des malaises. Tu es né dimanche et je fais mes premiers vrais pas mardi.

Parce que tu dors avec moi ce soir, il faut que je puisse réagir quand tu en as besoin. Et tu verras, ça ira de mieux en mieux avec le temps et l’exercice. Notre sortie est prévue pour mercredi. J’ai hâte d’y être.

​Marie, Marcin et notre Samuel​

Publicités

#248 En Ile de France en 2007

21 Mar

En août 2007, je suis admise à la maternité pour un déclenchement en raison du dépassement du terme. Je suis confiante, j’ai déjà connu la même chose pour mon deuxième, ça va très bien se passer.

Au début, tout est normal : la sage-femme me pose le gel, puis quelques heures plus tard, la perfusion et la péri. Mon mari me rejoint en salle de travail, tout va bien.

En début de soirée, je commence à me dire que quelque chose ne va pas. Le travail n’avance pas, et le bébé ne supporte pas très bien les contractions. Fatiguée, je me prépare déjà à l’idée d’une césarienne. Plus tard dans la soirée, le gynéco de garde arrive. Il m’examine sans rien me demander, puis revient me refaire un tv à quelques minutes d’intervalle. Je me sens humiliée, j’ai envie que cela se termine. Le monito montre une souffrance foetale, il me faut une césarienne. Je suis épuisée, et soulagée de partir au bloc, même si je dois laisser mon mari.

C’est au bloc que les choses se gâtent : je me retrouve entièrement nue, devant une équipe de trois hommes âgés : le gynéco, l’anesthésiste, et un infirmier. Il y a aussi une jeune sage-femme présente au début, mais elle s’en va avec le bébé. Je n’ai ni de chemise chirurgicale, ni aucun drap ou champ couvrants ; seulement un petit « rideau » qui sépare le haut et le bas. J’entends les plaisanteries salaces de l’équipe, je n’entends pas tout, mais ils rigolent bien. Je demande qu’on me couvre le haut, ils refusent. A la fin, je tremble de plus en plus, j’ai déjà du mal à respirer. C’est là que l’anesthésiste me pose allégrement les mains sur la poitrine, me pince et me masse les seins, pendant que les deux autres plaisantent de la situation. Après l’opération, je reste encore nue sur un brancard, et je subis les commentaires débiles. Ce n’est qu’à la fin qu’ils me couvrent enfin d’un drap, l’instant avant l’arrivée des brancardiers.

Dans un premier temps, je suis tellement fatiguée et dans un état second que je décide de tout oublier et de faire comme si rien ne s’était passé. Ce n’est que deux ans plus tard, lors d’une nouvelle grossesse, que les souvenirs me reviennent, et je développe les symptômes d’un vrai stress post-traumatique. Là je décide de consulter un avocat, et je commence une procédure judiciaire. La suite est trop longue à raconter : audition, expertises, audiences… Tout cela est moralement épuisant et m’a bien sûr coûté beaucoup d’argent, et je ne crois pas que j’aurai gain de cause, car il est pratiquement impossible de prouver de tels faits. J’ai même dû faire face à un faux témoignage, de la part d’une infirmière ! C’est presque pire que l’agression elle-même. L’aventure judiciaire suit son cours, et maintenant j’en sais beaucoup plus sur la réalité du système judiciaire, très différente des idées reçues de l’opinion publique. Même si c’est perdu d’avance, je suis contente de l’avoir fait, je suis soulagée d’un poids, et je retrouve petit à petit une vie normale.

#239 Ludivine, novembre 2012 en Côte d’or

10 Mar

Pour mon premier accouchement ma date de terme était prévue le 8 novembre 2012 et on m’annonçait un bébé plus petit que la moyenne (d’ailleurs j’avais dû faire des échographies complémentaires pour suivre l’évolution de ma puce).

Arrivée à la date fatidique R.A.S donc direction l’hôpital pour une visite de contrôle, bébé va bien, assez de liquide donc on me renvoie chez moi et là RDV prévus toutes les 48h avec déclenchement à J+6 si le travail ne se met pas en route naturellement.

Le vendredi 9 je crois sentir des contractions j’appelle la maternité qui me dit de venir et là plus aucune contraction au monitoring la sage-femme m’annonce un faux-travail et me dit que si j’avais vraiment des contractions je ne pourrais plus parler (euh oui mais bon c’est mon premier et je suis à J+1!). Encore un RDV le samedi 10 RAS, à nouveau le lundi 12 et là, la sage femme  qui m’examine s’étonne qu’on ne m’ait pas proposé un décollement des membranes (Euh Kesako??), elle s’exécute (aie aie aie) et me dit d’aller marcher pour accélérer le travail et sinon rendez-vous pris le mercredi 14 pour un déclenchement à 8h du matin si jamais rien n’arrive…

Nous voila partis mon mari et moi, retour à la maison nous sommes donc à J+4 et… toujours rien!

Et là le lendemain matin soit le Mardi 13 novembre 2012, 6h je suis réveillée par une contraction, j’en ai de temps en temps et je les trouve différentes. 10h elles commencent à être régulières je prend du spasfon (car je savais déjà que si j’appelais la mat’ on allait me rembarrer en me disant d’en prendre avant de venir) mais elles s’accentuent. On prend donc la décision de partir pour la maternité en pensant qu’on allait nous renvoyer chez nous.

Il est 11h30 le parking de l’hôpital et celui des urgences sont remplis, nous devons nous garer dans une rue annexe et je dois marcher pour aller à la maternité. Comme les précédentes fois nous avions été directement aux urgences sans passer par la case enregistrement et que nous avions été gentiment invités à le faire, cette fois on va à l’accueil et là « Mais Madame il fallait aller directement aux urgences!! » « Euh bah faudrait savoir!! ». Nous arrivons aux urgences de la maternité je croise la sage-femme du faux travail « vous avez quoi Madame?? »

Là contraction je dois m’agripper au paravent qui se trouve à côté de moi et là elle comprend que c’est du sérieux! On passe en salle, TV ouverte à 2cm, bébé supporte bien les contractions on me pose une perfusion de spasfon, enfin on tente… Elève infirmière elle panique me claque une veine dans le bras droit (énorme bleu pendant 2 semaines), élève sage-femme essaye au bras gauche une autre veine de claquée, la sage-femme en chef me la pose finalement sur le dessus de la main droite difficilement.

La perfusion passée, les contractions sont de plus en plus douloureuses, le travail n’avance pas, on me déshabille et on me dit de rester car je suis quand même à J+5! Toutes les salles de naissance sont occupées donc il faut que je reste le plus longtemps possible dans cette petite chambre. On me propose le ballon, mais je sens trop les contractions, on me propose d’aller marcher pour accélérer le travail j’ai de plus en plus mal et je perds le bouchon muqueux en allant aux toilettes.

14h re TV toujours 2cm on m’annonce qu’il faut que je patiente car si on me pose la péri maintenant le travail peut s’arrêter et on se dirige vers une césarienne.. Je dis ok je vais essayer de tenir 1h. Au bout de 15min je pleure de douleurs et supplie mon mari d’appeler quelqu’un, une sage-femme arrive je vomis tellement j’ai mal mais toujours pas de place en bas…

16h, on vient me chercher une place s’est libérée, on me descend en chaise roulante car je ne peux pas marcher, pour le moment les sages-femmes étaient adorables et m’ont proposé ce que je voulais (ballon + mouvements).

Arrivée en salle de naissance, la sage-femme est expéditive voire franchement désagréable! Les internes sont en grève donc il faut encore patienter pour avoir la péri… TV je suis à 3cm.. Il faut encore qu’on me pose une perfusion du médoc pré-péri pour stabiliser la tension. L’anesthésiste rentre dans la chambre mais la sage-femme lui dit d’aller voir la dame en face qui a un bébé en siège.. 2 secondes après retour de l’anesthésiste la dame n’a pas encore « écoulé » son médoc c’est mon tour.. On fait sortir mon mari, la sage-femme essaye de me mettre la charlotte sur la tête elle ne regarde pas ce qu’elle fait, elle n’y arrive pas donc me dit de le faire moi-même.. (très sympa quand on est sur le bord du lit qu’on ne doit pas bouger et qu’on a des contractions atroces!).

Première piqûre pour endormir la zone, contraction, puis celle de la péri rien senti! On me dit de m’allonger, prochaine contraction je ressens moins, je respire enfin!

Mon mari rentre dans la salle et me retrouve enfin! Maintenant il faut attendre… On revient pour me percer la poche des eaux, je sens le liquide s’écouler, tout s’accélère!

18h30 re TV je suis passée de 3cm à dilatation complète en 2h30, l’élève sage femme qui effectue le toucher fait une drôle de tête, j’ai peur que le travail n’ait pas avancé, elle appelle sa chef et là « Et bah madame vous êtes à la dilatation complète, je sens les cheveux! » Sauf que ma fille est encore haute donc on lui laisse 2h pour descendre seule et j’annonce que je sens que ça pousse en bas!

19h00 Relève de garde une nouvelle sage-femme arrive une petite brune adorable accompagnée d’une puéricultrice, on m’annonce que je commencerai à pousser vers 20H30. La puéricultrice apporte le berceau, nous demande le prénom pour le carnet de santé..Tout devient réel!

20h15 la sage-femme arrive elle installe tout, enlève la plateforme sous mes fesses, met les étriers, et là elle me demande quelle poussée j’ai appris, je lui explique que j’ai appris la poussée soufflée avec ma sage-femme libérale donc prochaine contraction on essaye.. Rien ne se passe donc on essaye la poussée bloquée, là c’est bon elle et la puéricultrice m’encourage vivement ainsi que mon mari. J’ai du mal à pousser sur toute la contraction et le coeur de ma fille commence à ralentir.. Entre chaque contraction mon mari me fait respirer dans le masque à oxygène pour envoyer de l’air à ma fille et parallèlement la sage femme me dit qu’elle appelle le gynéco avec la ventouse car bébé a vraiment du mal à descendre..

Pas de problème je préfère la ventouse que les forceps! Le temps que le gyneco arrive et s’installe il pose la ventouse sur ma dernière poussée et je sors ma fille toute seule il n’a fait que la diriger mais voilà je l’ai « décoincé » trop vite.. Déchirure de 2e degré! Elle avait le cordon 2 fois autour du cou donc mon mari n’a pas pu le couper. On la pose sur moi, chutes du niagara ma fille est magnifique!

Pendant que je la serre contre moi, le gyneco me demande de pousser pour le placenta, je pousse fort une fois et hop c’est bon! Et voilà qui s’affaire pendant plus d’1h entre mes jambes pour me recoudre mais je ne sens rien avec la péri (heureusement!) la puéricultrice s’occupe de ma fille juste à côté j’ai juste à tourner la tête… 3,930kg et 54cm!! Et dire qu’elle était annoncée petite!! 20h50 précises ma vie a changé..

Je donne la première tétée de bienvenue mais on ne me dit rien donc elle reste 1h sur le sein gauche et 15min sein droit quand la puéricultrice se décide à me donner quelques infos. je remonte dans la chambre à 23h on m’apporte à manger et ma fille dort paisiblement..

Mon mari rentre dormir et la sage-femme vient m’expliquer que je dois l’appeler pour aller aux toilettes à cause de la péri. 4h du mat’ je l’appelle, impossible de faire je suis bloquée, j’y arrive quelques minutes plus tard 2/3 gouttes en 30min.. La sage-femme ne sait pas m’expliquer.. Peut-être les restes de la péri me dit-elle.

Le gyneco après m’avoir recousu m’a dit de ne pas hésiter à aller aux toilettes et je constate que je suis bien amochée.. Mon mari revient à 7h je donne le sein à ma fille mais j’ai extrêmement mal, une puéricultrice assez âgée vient elle me prend le sein sans précaution (euh madame c’est mon corps) pour le mettre dans le bec de ma fille.. Elle m’engueule pour que je me lève et lui donne le bain alors que je dois mettre 15min pour sortir de mon lit sans avoir mal.. D’ailleurs je n’ai pas pu m’asseoir correctement avant 3 semaines! J’ai du mal à avoir une position confortable pour allaiter car j’ai mal en bas, ma fille a un énorme besoin de succion et reste des heures au sein et les puéricultrices m’engueulent et me disent qu’il ne faut pas! Mais bien sur personne ne m’a rien dit avant !!

Au bout de 24h j’ai des crevasses injectées de sang ma fille a faim et perd trop de poids, on commence à vraiment me faire culpabiliser, au 2e soir j’appelle en pleurs, j’ai trop mal, ma fille ressent mon malaise c’est la grosse cata, je veux que ma fille soit bien donc j’abandonne et demande qu’on m’apporte un biberon et que je puisse la nourrir! Elle reprend 150g en 24h elle est apaisée et moi aussi! On me découvre une infection urinaire contractée pendant l’accouchement, un oedeme à ma cicatrice de déchirure et plus tard je découvrirais un abcès contracté aussi pendant l’accouchement..

Le biberon se passe bien mon mari peut me relayer car j’ai beaucoup de mal à me mouvoir j’ai très mal, je ne peux pas m’asseoir et j’ai un traitement antibiotique pour mon infection… Mais j’ai d’amères regrets de n’avoir pas pu nourrir ma fille au sein, surtout que je faisais de la tension donc on m’a donné le traitement homéopathique contre la montée de lait, qui a eu l’effet inverse, j’ai eu des montées de lait jusqu’à ce que je me décide à arrêter le traitement 3 semaines après l’accouchement.. Avec ce que je récupérais j’aurais pu nourrir des jumeaux… J’ai su plus tard que j’aurais pu reprendre l’allaitement à ce moment là après mon traitement mais trop tard!

Je ne m’étais pas imaginé ce qu’allait être mon accouchement je me suis donc laissée guider, je me suis sentie respectée mais dès que ma fille est née j’ai eu l’impression d’être entièrement mise de côté, il fallait que je sache tout, tout de suite et tant pis si j’avais mal!

Mais ce 13 novembre 2012 reste le plus beau jour de ma vie.

#222 Anonyme – Hérault

3 Mar

« Je suis rentrée à la maternité le 7 novembre pour déclencher l’accouchement suite à un dépassement du terme de 5 jours. N’étant pas prioritaire mon mari et moi avons attendu pendant 3h que quelqu’un s’occupe de nous. C’est pendant cette attente que contre toute attente, les contractions ont débuté et durant toutes la nuit elles se sont intensifiées et régularisées. Moi – qui m’étais préparée au déclenchement et à ses conséquences – étais heureuse, je prenais chaque contraction avec sérénité, le grand moment était venu.
Vers 6h du matin je me décide enfin à appeler une sage-femme lorsque l’intensité est telle (bien qu’aujourd’hui je n’ai pas le souvenir qu’elles étaient si fortes) que je m’évanouis et vomis le vide de mon estomac à chaque contraction. On m’installe alors en salle de travail et les heures passent tranquillement, j’ai droit au gaz pour soulager les douleurs et éviter vomissements et évanouissements. Le gaz me fait rigoler et mon mari se moque de moi. Nous sommes sereins et heureux. Vers 10h l’anesthésiste arrive enfin, maintenant je sens les contractions mais je n’ai pas mal, les effets du gaz disparaissent et je peux profiter un peu mieux de l’évènement. Toutes les heures la sage-femme vient vérifier l’avancée du travail. Il y a même une gynéco stagiaire qui l’accompagne. Elles sont très gentilles et sont de bons conseils. Le travail avance bien mais mon fils est trop haut et la poche des eaux ne se rompt pas. Seulement si la sage femme fissure la poche des eaux, le cordon risque d’être attiré vers le bas au moment où elle le ferait et mon fils ne pourrait plus sortir. Alors avec mon mari on parle à notre fils on lui demande de descendre et de venir nous rencontrer. Finalement lors d’un examen cette poche se rompt. Ça avance bien…
Et puis vient le moment où la sage-femme commence à m’interroger sur le poids estimé de montre bébé, sur le poids de mon frère et moi à la naissance et si ma mère a accouché par voie basse. Ces questions auraient du nous mettre un peu la puce à l’oreille ou du moins nous inquiéter un peu plus sur l’issue de ce travail. Puis soudain je commence à re-sentir douloureusement les contractions, la sage-femme tente alors de réinjecter de l’anesthésiant mais sans succès. On me redonne le gaz. Je recommence alors à perdre le fil de cet accouchement. Je sais que je crie, à plusieurs reprises je m’en excuse auprès de la sage-femme. Je commence aussi à raconter n’importe quoi… Sous l’effet du gaz j’entends les personnes parler « dilatation 6» depuis 3h le travail est arrêté. On me demande de pousser pour aider le bébé à descendre. Je change de position, une sage-femme vient me faire de l’acupuncture. L’anesthésiste revient et ne comprend pas pourquoi les nouvelles injections d’anesthésiant ne marchent pas, elle décide alors de me refaire une autre péridurale, qui marche. Il est surement vers les 16h30 et je reprends conscience de ce qui se passe autour de moi. C’est aussi le temps du changement d’équipe. Et là les choses se corsent, ils ne sont plus d’accord. La première équipe veut poursuivre l’accouchement par voie basse et me réinjecter de l’ocytocine. La deuxième ne veut pas car mon fils ne récupère pas assez bien. Consciente j’ai peur, mon mari aussi. Puis vient le gynéco en chef il m’ausculte, regarde le monito et demande qu’on prépare le bloc, si ça continue comme ça il ouvre. La sage-femme que j’ai eu toute la journée vient et me rase. Elle m’explique que s’est une précaution au cas où.
C’est la dernière fois où je la vois ce jour là, quelques minutes après le gynéco déclare qu’on va au bloc. Il est 17h45 environ. A ce moment il y a toute une nouvelle équipe autour de moi. Je ne saurais en reconnaître aucun. On me déplace sur un autre lit. On me demande de quitter mes lunettes et d’embrasser mon mari. On lui demande de sortir dans le couloir qu’on le préviendrait au moment venu. Dans ce lit roulant je traverse tout le service, les larmes aux yeux, je me sens si seule. Et je suis seule.
Seule. Plus personne ne s’occupe de moi, de moi en tant que personne. Je ne suis qu’un corps qu’on va ouvrir. On ne s’adresse plus à moi sauf pour me demander de tendre mon bras le droit puis le gauche. Autour de moi on s’agite dans tous les sens pour installer le matériel. Je ne sais pas ce qui se passe, on ne m’explique rien et je ne connais personne. Soudain je sens qu’on m’ouvre. Je demande si c’est normal que je « sente » la lame et les pressions exercées sur mon corps, pas de réponses. J’entends parler d’études de médecine, de centre de loisirs, des derniers achats d’une femme. Et moi je suis seule sur cette table, je ne vois rien, je sens des choses sur mon corps mais je ne sais pas ce qui se passe. Je pense alors à mon fils et à mon mari.
Et puis vient le moment de soulagement où j’entends mon fils pleurer. Je pleure aussi. En seulement 10 min il était né… On me le laisse apercevoir 2sd mais je n’aperçois qu’un infime bout de peau bleue. Aujourd’hui je me demande même si je l’ai réellement vu ou pas. Mais je l’ai entendu crier et je me raccroche à ça alors qu’on est déjà en train de me recoudre. Je ferme alors les yeux pour ne pas me concentrer sur ce qui se passe derrière ce tissu. Puis j’ai la nausée, on m’ordonne de me retenir que ce n’est pas le moment. Mais je n’y peux rien. Je me mets alors à fredonner un air inventé. Les femmes derrière moi rigolent, mais je n’ai trouvé que ça pour ne pas vomir ! Puis le chir’ se vantent de la rapidité du travail qu’avec deux stagiaires avec lui c’est trop rapide. Il quitte le bloc et je ne le revois plus. Il a fait son travail, il a sorti mon fils. Les femmes autour de moi s’affairent à ranger. Je reste les yeux fermés à attendre. Puis l’anesthésiste arrive au bloc et lance à l’assemblée « vous savez combien il pèse ce bébé ? 4kg 210 (alors qu’il était estimé à 3kg500)» je souris mais j’aurais aimé qu’on s’adresse à moi, qu’on me dise qu’il allait bien, qu’il était avec son père. Mais rien. Et puis je commence à avoir très froid. Je tremble. Je le dis. Mais on me répond que c’est normal. On continue de ranger. Puis j’ouvre un peu les yeux et dans un battement de porte, j’aperçois mon mari et mon fils dans la pièce en face du couloir. Je lui fais un signe de la main pour le rassurer. Je vais bien. Notre fils aussi va bien.
Il est 19h00 et je suis amenée auprès de mes deux hommes. Notre fils est en peau à peau avec son papa. Pendant qu’on me branche de partout, tremblante de froid, je les regarde tous les deux. Je suis apaisée. Mon mari me le présente je peux enfin le toucher du bout des doigts. Je suis faible et frigorifiée. Il me faudra bien une bonne heure pour ne plus trembler mais aussi pour reprendre mes esprits. J’appelle ma maman et je lui dis combien mon fils est beau et que je vais bien. Sa voix me fait du bien mais j’aimerai retourner dans ma chambre et ne plus avoir tous ces fils sur moi, pouvoir tenir mon fils contre moi.
Après 10h dans cette salle de réveil, on vient s’occuper de nous. On débranche une partie des fils, on me change, je me sens mieux. Et puis surtout on nous autorise à retourner dans notre chambre en famille.
La suite du séjour n’a pas été évidente non plus. D’un point de vue physique je n’avais pas à me plaindre, j’ai bien supporté l’opération. Le vendredi après midi, je me levais et marchais jusqu’aux toilettes. J’ai aussi pris une douche! Les sages-femmes étaient étonnées que je ne prenne pas de calmants. Mais je n’avais pas mal. J’avais du mal à faire les choses mais je n’avais pas mal. La première journée s’est bien passée, mon mari et moi tentions de nous reposer entre les visites du personnel. Et puis cette nuit là notre fils a fait de la température. On nous l’a prit pour des examens, on nous a parlé néonat’ et j’ai eu peur, je me suis dis pourquoi encore nous. Puis finalement au beau milieu de la nuit, le pédiatre est venu nous dire qu’il n’y avait pas de quoi s’alarmer mais qu’il fallait surveiller l’évolution d’une infection. Au final rien de grave puisque dans les jours suivants les analyses revenaient à la normale. Mais ce fut une nuit de plus de gâchée, une nuit de plus de fatigue. Le lendemain, la puéricultrice venue s’occupée de mon fils me reproche de ne pas mettre assez mon fils au sein. Elle est bien gentille mais seule je n’y arrive pas. Je ne peux pas le porter et le placer seule. Et lorsque quelqu’un le fait pour moi c’est toujours avec une position sur le ventre, merci pour la cicatrice ! Mais comme je tenais à allaiter – qu’au moins j’arrive à faire quelque chose – je m’accrochais. Mon mari m’aidait tant bien que mal. Les premières visites m’ont fait du bien, j’ai pu voir mes parents et cette présence était agréable. Mais le soir une fois seuls le cauchemar semblait revenir. Mon mari trop fatigué ne se réveillait pas aux pleurs ni à mes appels, j’appelais pour qu’on m’aide à la mise au sein, personne ne venait et mon fils pleurait de faim. Le lendemain épuisée, j’ai demandé qu’on amène des biberons que j’arrêtais. Seule je n’y arrivais pas, la montée de lait n’arrivait pas, j’avais envie de dormir. J’ai beaucoup regretté de faire ce choix mais plus personne ne me soutenait, même mon mari m’incitait au biberon. J’avais encore échoué dans la maternité que je voulais avoir. On a amené des biberons et mon fils s’est calmé. On m’a aussi donné des cachets contre la montée de lait. Je croyais qu’enfin nous allions être tranquille… si j’avais su. Le dimanche après midi, je me suis sentie comme aspirée vers le néant alors que je m’étais endormie. Puis malaise et vomissements sont venus s’ajouter à cette terrible sensation. Une sage-femme est venue, mais elle n’a rien pu faire. 2h après alors que j’étais toujours souffrante, elle revient et me parle de crise d’angoisse. Sur le coup je ne dis rien. La nuit rebelote. L’autre sage-femme me fait le même topo je fais des crises d’angoisse. Et je commence à y croire. Lendemain après midi à nouveau je ne suis pas bien. Maintenant je les crois. J’en viens à ne plus oser toucher mon fils de peur de lui faire du mal. Je me retranche dans la salle de bain et tente de penser à autre chose. Je veux partir de cet hôpital, il va me rendre folle. Je me crois folle et je le dis même à mon mari. J’ai la sensation de perdre la tête. Et puis on réfléchit car mon mari ne peut pas croire à des crises de panique. Et il s’aperçoit que j’ai été malade à chaque fois que j’ai pris le médicaments pour la montée de lait. Dans les 10min qui ont suivies. On en parle à la sage-femme qui nous assure que c’est impossible. On fait alors le test lundi soir. Je prends le cachet mais si je me sens mal on ne prévient personne car on a des chances de sortir le mardi matin. Evidemment je suis malade. Le mardi midi je ne prends pas le cachet – en plus nous avons l’accord pour sortir – je n’ai pas été malade. De retour à la maison et un détour à la pharmacie, nous achetons le produit en question car je dois continuer le traitement 15jours. On regarde la notice et en effets secondaires, il a tous les symptomes que j’ai eus pendant les derniers jours… Non, je ne fais pas des crises d’angoisse, je vais bien, je ne suis pas folle et je vais être une bonne mère… »

Anonyme – France, Hérault

Claire – Belgique – 2009

28 Fév

DILBEEK, le 26 avril 2009

Après la naissance si « parfaite » d’Assiya à la maison 2 ans plus tôt, c’est une évidence que je vais rester chez moi encore une fois… Ma prof de yoga est pensionnée, mais elle a acceptée de donner cours à un groupe de sage-femme, kiné, et une doula (première fois que j’entends ce mot-là à l’époque). Elle me dit que je peux venir également… Quelle chance  pour moi !! En plus Heidi ma sage-femme suit le cours aussi !!
Je suis également le cours de Heidi de prépapation dans l’eau… Pour avoir compris comme la préparation peut changer un accouchement, je me passionne pour le sujet…
Comme d’habitude à l’approche de l’évenement, l’ambiance est tendue à la maison. BB en retard comme d’habitude… Chez moi les bbs restent toujours un peu plus, quoique je fasse…Laver les fenêtres, planter les fleurs, marcher, prendre de l’huile de ricin… Chez moi le terme est plus long de quelques jours, c’est comme ça… Pourtant j’espère dès la semaine 36 un démoulage plus rapide… Ma maman garde les plus grands et voudrait savoir QUAND je vais accoucher… (??!!)
Le jours prévu de l’accouchement je dois aller en urgence chez ma dentiste car j’ai fort mal et je dois prenre le bus. Monsieur ne veut pas m’emmener (ou peut-être espère-t-il que le bus va déclencher les contractions?) Et donc je râle d’avoir 3 heures de bus aller-retour… En plus la dentiste veut que je prenne des antibio. Je refuse, je veux allaiter… Je me brosserai les dents avec une goute de he d’arbre à thé sur mon dentifrice bio (et d’ailleurs ça a été très bien comme ça !).
Ma maman garde les plus grands et voudrait savoir QUAND je vais accoucher… (??!!)
J+2 j’ai des contractions le soir et je perds le bouchon muqueux, mais je suis fatiguée… Je m’endors… Le lendemain, après une réconciliation sur l’oreiller, les contractions reprennent…
Quand Heidi arrive je suis dans ma chambre et je me pends à la planche supérieur d’une armoire. Avec les contractions, je me déhanche en m’appuyant sur une armoire à mi-hauteur.  La planche de l’armoire cède (elle n’est pas cassée, mais démise) et Heidi m’installe une écharpe de portage coincée dans l’espace entre le mur et le haut de la porte fermée pour que je puisse continuer à me pendre.
J’ai besoin de bouger, on descend dans le salon. Heidi me laisse faire et regarde un livre que j’ai avec de belles photos de foetus…  Je me pends à la bibliothèque, marche, me déhanche… C’est fatiguant et je m’assieds sur un chaise, face à son dossier pour me relaxer, comme je l’ai appris au cours de yoga… Je ferme les yeux, respire calmement par le ventre… Tiens je n’ai plus de contractions… Je me remets à bouger et elles reviennent… Heidi écoute le coeur du bébé et…  tout va bien. Il bat comme il faut…  Heidi me propose de me masser le bas du  dos et bien que je ne sois pas peruadée je  dis oui… J’ai  bien eu raison, car ca faisait vraiment du bien. Elle expliqua à Rachid comment faire et lui montra la tête du bb qui poussait dans mon dos… Je dois bouger et me repends à la bibliothèque. Les contractions sont plus fortes, je perds du liquide. Heidi me dit d’aller à la toilette et j’y vais. En revenant,j’ai une super contraction, et n’ai que le temps de m’aggripper à Heidi…
On en est  là, quand sonne  quelqu’un à la porte… Heidi et moi on dit qu’on veut personne, et – heureusement –  Rachid va voir… C’est Ineke (ma prof de yoga) en avance sur notre rendez-vous qui arrive comme par miracle juste au bon moment…  « Ineke »…Si Ineke est là, ca ne peut que BIEN se passer… Je m’appuie sur elle et Heidi lui explique que je suis prête, qu’on attend juste que le poche des eaux se rompe.
Ineke me dit « concentre-toi sur ta poche et dis lui de se rompre », ce que je fais… Et elle se rompt…Waow…
Après  j’ai un petit moment sans contraction, on installe ce qui faut pour l’expulsion: Rachid assis sur le fauteuil et moi devant lui accroupie, un genou au sol. J’ai un peu peur car je n’ai plus de contractions. Mais non Ineke est là tout va bien aller… Je pousse un peu et directement des contractions reprennent… Ineke m’aide à me recentrer entre chaque contractions « Adem diep door naar je kind »  (respire profondément vers ton enfant).  Je sens que je dois bouger et je m’accroupis complètement… Position qui libère mon petit chéri… Heidi le réceptionne. Je le prends et me couche dans le fauteuil, il est contre moi, pleure…Il reçoit un essuie sur lui. Ca brûle en bas mais je n’ai pas de déchirure… Ca va passer… C’est le bonheur complet. Heidi nous prend en photo. Cette fois aussi nous attendons pour couper le cordon, expulser le placenta. Et tout se fait à notre rythme et à l’aise…
Merci à mes deux bonnes fées d’avoir été là …

***

[Note de l’équipe:

Claire – Belgique (Dilbeek) – Naissance d’Assiya à la maison – 2007

28 Fév

Dilbeek, avril 2007
C’est mon 3ième enfant et cette fois-ci, j’ai choisi d’accoucher à la maison… Je suis encore frustrée de la naissance précédente à l’hôpital, et je veux être libre de mes mouvements… Je me suis préparée avec le Yoga, comme la fois précédente et j’ai lu énormément aussi des livres comme celui d’Isabelle Brabant « Une naissance heureuse », « La naissance, un voyage » de Muriel Bonnet del Valle et un livre de récit de naissances à la maison « au coeur de la naissance », et d’autres aussi très bons en Néérlandais. Par contre, j’avais jeté à la poubelle la grosse pile de feuilles décrivant toutes les complications possibles lors d’un accouchement, que ma maman avait trouvées sur internet et m’avait données à lire pour me dissuader. Cette pile de « complications » je l’ai jetée dans la poubelle à papier sans la lire, en disant à mon mari: « Ce sont les peurs de ma maman, pas les miennes ».

Ineke, ma prof de yoga, m’a appris le plus important: voir l’accouchement comme un moment merveilleux où chaque contraction  (seule douleur qui veut dire que tout va bien) me rapproche plus de mon bb dans mes bras… travailler avec les contractions pour s’ouvrir et lâcher-prise pour que mon bb puisse faire son entrée dans la vie aérienne en douceur…  Je remercie encore Ineke de m’avoir appris cela… Avant ces cours, je pensais qu’accoucher était juste un mauvais moment à passer… Et je vous assure que la façon de voir les choses influence vraiment leur déroulement !!
Je remercie aussi Heidi ma sage-femme qui à chaque fois m’a accompagnée dans le respect le plus total, qui a toujours eu de bonnes idées aux bons moments, qui m’a donné confiance en moi et  a cru en moi (même quand j’en doutais à la naissance de ma 5ième…)

Voic le récit de la naissance d’Assiya, écrit quelques jours plus tard…

Le 26 avril 2007, la sage-femme de l’hôpital et la gyneco décident sans nous demander notre avis de provoquer l’accouchement le lendemain à 7h du matin. Fatiguée d’attendre son arrivée prévue 8 jours plus tôt, fatiguée d’être « prête » depuis un mois, je n’ose pas les contredire, toute impatiente que je suis de voir enfin ma fille. Mais dans le voiture qui nous ramène à Dilbeek je prends conscience de ce que « provoquer » à l’hôpital veut dire: la dose de leur hormone synthétique, des contractions tellement douloureuses que souvent le recours à la péri est demandé, et par là même une naissance naturelle et physiologique non respectée… Non merci !!
Donnons un petit coup de pouce à la nature… J’ai eu droit à un stripping à l’hôpital, et MA sage-femme (Heidi)  me propose des granulés homéopathiques.
Le soir lorsque les enfans sont partis chez ma maman en vue de mon hospitalisation, je pars avec Rachid faire une promenade, et pour qu’assiya appuie bien sur mon col (et fasse démarrer la production des hormones indispensables aux contractions) je cours une partie du chemin. Les passants nous regardent, complètement ébahis de voir courrir une femme aussi enceinte que moi…
De retour à la maison, je suis censée faire ma valise, mais impossible… Blocage: je ne veux pas faire ma valise pour l’hôpital.
Par contre je rédige mon plan de naissance, histoire que soit bien clair ce que je désire. A peine terminé, je ressens les premières contractions: il est 22h environ… J’ai de l’espoir, mais je ne suis pas encore sûr car ca fait plusieurs semaines que j’en ai de temps en temps, mais qui s’arrêtent au bout de qques heures. Alors je marche en rond dans le salon, de temps en temps je m’accroupis, caresse  mon ventre pour l’encourager, et parle à Assiya pour lui dire qu’il faut sortir ce soir pour éviter l’hôpital …
23h, Rachid me demande si je ne vais pas dormir. J’ai déjà installé la protection sur le fauteuil et m’apprête à passer l’aspirateur en vitesse. Il me l’enlève des mains et passe un balai en me demandant si je ne suis pas folle de vouloir aspirer à cette heure-là. En installant un second drap sur le fauteuil, je réponds « Si on veut que ca arrive, il faut y croire ». Il est fatigué. je lui dis qu’il peut aller dormir et que je le réveillerai si nécessaire.
Jusqu’à 1h30 je « travaille » toute seule, dans la pénombre rosée de ma lampe à sel. Les contactions sont régulières et suffisamment douloureuses pour penser que c’est le grand jour. J’appelle Heidi et ensuite je n’ai plus de contractions pendant 10 min… Elles reprennent et Heidi arrive pour se faire une idée. C’est bien parti… 3 cm d’ouverture. Je lui dis que  je suis contente et nous rions… Je la rappellerai plus tard, elle va prévenir sa stagiaire Laurence. Elle me rappelle que je peux mettre une compresse chaude sur mon ventre pour soulager, et ca me fait penser, qu’à défaut de compresse, je peux essayer la douche. Mais à ce moment-là elles sont toute à fait gérables avec la « buikademhaling » – respirations par le ventre. Par contre, je me dis que si je ne suis qu’à 3 cm, ca passera  le temps de me relaxer dans le douche. Donc je vais à l’étage et douche mon ventre. Je finis par mettre le bouchon de la  baignoire – « toute cette eau qui s’en va » pensais-je. Lorsqu’elle est remplie, je me couche du côté droit.
Et là je suis complètement relaxée, presque prête à dormir. Quand la contraction arrive, je respire avec le ventre et tout va bien. J’imagine mon col comme une fleur qui s’ouvre au soleil… Je change de côté, puis je sens qu’il faut que je sorte pour réveiller Rachid. Je sors entre deux contractions, et je reste un peu près de lui et lui dit que j’ai besoin de lui, qu’il doit s’habiller. Je sens qu’il faut redescendre maintenant car bientôt je ne saurai plus. depuis ma sortie du bain elles sont plus fortes et rapprochées.
On va dans le fauteuil: Rachid est assis et moi à 4 pattes, ma tête sur lui. Dans ses bras j’ai l’impression que cela fait moins mal. Je dois faire appel à la respiration  » V van Vader hademhaling »  .  Mais dès le 4ième V, je sens que ça pousse et j’ai envie de pousser. Je me dis alors qu’il  faut appeler Heidi pour savoir si j’ai bien 10 cm d’ouverture. Il est environ 3 h. Le temps qu’Heidi arrive et me regarde « Ze duwt met haar hoofd » (elle pousse avec sa tête) et installe vite vite ce qu’il faut devant le fauteuil, je peux commencer à pousser. J’oublie le V ademhaling et pousse en gémissant. D’abord la poche des eaux se fend, puis elle « éclate ». Je demande à Rachid de se rasseoir sur le fauteuil. « Je veux toi » c’est tout ce que j’arrive à dire. Je suis accroupie, j’appuie ma tête sur la jambe de Rachid entre les contractions, et la relève pendant. Je m’accroche à ses vêtements et je l’ai même mordu, paraît-il… Je sens que je dois changer de position, et mets le genou droit par terre.
Très vite Heidi me dit que je peux sentir la tête et je fais rire tout le monde avec un « ho » plein de bonheur  étonné. Heidi me dit de pousser doucement et puis ca y est: la tête est là, ensuite « tu peux la prendre ». « Ma chérie, ma chérie » je répète en la mettant contre mon ventre. Je me relève puis m’installe dans le fauteuil… « Salam aleikoum » lui dis-je alors. On lui met  un essuie de bain sur le dos en couvrant aussi sa tête. Il est 4h25. Elle ne pleure pas  et se rendort dans mes bras. Heidi ne semble pas inquiète et Assiya respire… Nous attendons que le cordon cesse de battre et Rachid le coupe. Nous attendons que le placenta se détache et que j’aie des contractions pour l’expulser.Pendant ce temps Heidi change l’essui d’Assiya qui est mouillé pour lui mettre un sec. Enfin le placenta est prêt à sortir et en une poussée, il « vole » dehors. Heidi me demande si je veux le voir. Oui, je n’en ai encore jamais vu et elle nous l’explique. Elle remarque qu’il est en très bon état et qu’Assiya ne devait pas être si en retard que  ça. D’ailleurs elle est encore pleine de vernix…
Ensuite Heidi m’inspecte et pas de déchirure, elle me débarbouille… Pendant que Laurence s’occupe d’Assiya. Je demande mes lunettes pour pouvoir suivre les opérations de mes yeux. Elle me paraît toute petite, mais elle fait 3kg925… Après une petite douche Rachid, Assiya et moi allons nous reposer dans notre lit…

***

[Note de l’équipe :

Ses autres récits sont ici : – Naissance respectée de Kenza – Belgique, 2012‏, – Belgique – 2009, – une fausse couche tardive, 2008, – # 187 Claire – Belgique – 2004.

# 193 Maryline 2010

28 Fév

Quelques mois après l’arrêt de ma contraception, je me sens bizarre, nauséeuse, fatiguée. J’essaie de me souvenir de la date de mes dernières règles, je ne me souviens plus exactement, mais j’ai du retard. Je suis sûre que je suis enceinte, je fais un test, il est positif. J’avais une prise de sang à faire je ne sais plus pour quelle raison, je demande au labo d’en profiter pour confirmer que je suis bien enceinte, et je prends rendez-vous avec la gynéco de ville qui me suit habituellement. Je ne l’aime pas trop, elle n’est pas très aimable, mais c’est la seule gynéco du coin qui donne des rendez-vous dans la semaine (les autres que j’ai essayé de contacter, de toutes façons, ils ne prennent pas de nouvelles patientes). Elle me demande la date de mes dernières règles, je lui donne une date approximative (en fait, je me souviens que c’était un lundi, mais j’hésite entre 2 semaines), mais je lui explique que de toutes façons, j’ai toujours été irrégulière, et qu’à mon avis, cette date ne sert pas à grand chose. J’ai eu l’impression que du fait que je ne sâche pas cette date, elle m’a prise pour une espèce de « cassos », irresponsable, analphabète ou je ne sais quoi. Elle regarde le résultat de ma prise de sang, et râle parce qu’ils n’ont pas fait de dosage pour tenter de dater la grossesse. On prend alors rendez-vous pour une échographie quelques jours plus tard. Je fais donc une première connaissance avec ma crevette ce matin là. Elle détermine en fonction de la taille de l’embryon que la date de début de grossesse est le 27 octobre 2009. Un mardi donc. Sur le coup, un mardi, je trouve ça bizarre. Car si je ne connais pas la date de mes règles, je sais avec certitude (en fonction du programme TV…) que la date du rapport fécondant, c’était la nuit du dimanche au lundi (monsieur n’était pas en forme en octobre, donc on n’a pas eu 36 rapports, c’est forcément ce jour là. Et je me souviens que le lundi, j’ai ressenti une légère douleur côté gauche il me semble, comme cela me le fait parfois autour de l’ovulation (pas à chaque cycle, mais cette fois là, je me souviens l’avoir ressenti). Après, que la fécondation n’ai eu lieu réellement que le lendemain, c’est pas impossible, mais sur le coup, je penche plutôt pour un début de grossesse le lundi 26 octobre. Bon tout ça, la gynéco ne me laisse pas le temps d’en parler, c’est du genre pressée.

Arrive ensuite le jour de l’échographie officielle du 1er trimestre. Elle fait ce qu’elle a à faire, me renvoie chez moi, et là, en classant mes papiers, je constate qu’elle a changé la date de début de grossesse au vendredi 23 octobre. Curieux, elle a rien dit, je me demande si c’est une erreur ou si c’est fait exprès. Surtout que le 23, c’est pas possible étant donné que le rapport fécondant a eu lieu après (et que je ne suis pas la vierge Marie). Je n’ai pas pensé que cette date aurait une incidence sur la suite du déroulement de ma grossesse, je me suis naïvement dit que comme ça, je serais en congé mat quelques jours plus tôt, donc je n’ai pas relevé.

Sauf que dans la clinique où je me suis inscrite (il y en a 3 dans le coin : une clinique privée, une clinique mutualiste et un hôpital, j’ai choisit la plus près de chez moi, c’est la clinique privée), le protocole, c’est d’essayer de déclencher dès le jour J.

J’arrive donc là-bas pour un contrôle le vendredi 23 juillet 2010, je vois d’abord une sage-femme qui me fait un monito, puis un gynéco. Ayant entendu parlé du décollement de membrane, je lui précise bien que je ne veut pas qu’il le pratique. J’ai entendu dire que pas mal de gynécos le pratiquaient au cours d’examen sans même demander l’avis de la maman. Il me répond une fois que je suis installée en position gynécologique avec son doigt dans le vagin qu’il va regarder mon col, et que si c’est « favorable », il va déclencher. Je refus catégoriquement l’idée d’un déclenchement, il répète inlassablement « si le col est favorable, il va déclencher ». Je me sens prise au piège avec les quatre fers en l’air et un doigt dans le vagin, puis il finit par dire, que « le col est long et tonique », donc il déclenche pas aujourd’hui.

Je suis plutôt outrée de son comportement, et j’ai surtout très très mal. Je ne peux quasiment plus marcher, je marche comme un canard en fait. Je me demande qu’est-ce qu’il a bien pu faire pour que j’ai mal comme ça: il a dû enfoncer son doigt dans mon col comme un forçat ! Je me sens un peu perdue, humiliée aussi, avec le sentiment de m’être laissée faire…

D’après le protocole de la clinique, j’y retourne 2 jours plus tard pour un nouvel examen (la douleur est partie). Cette fois, je suis bien décidée à ne pas me laisser faire ! Mon compagnon qui ne peut pas venir avec moi m’encourage par un « cette fois, les laisse pas te défoncer le cul ». C’est un autre gynéco qui me reçoit. Je suis sur la défensive, je lui explique que la dernière personne que j’ai vue m’a fait mal, qu’il me parlait de déclenchement, et que c’était hors de question, j’essaie de lui expliquer pour la date qui n’est pas bonne, mais il ne prend pas le temps de m’écouter. par contre, il est beaucoup plus sympa que l’autre, et il commence à me dire que de toutes façons, il connaît une méthode de déclenchement totalement bio. Il a piqué ma curiosité, je me dis qu’il va peut-être me parler du fameux « déclenchement à l’italienne » qui consiste à faire un câlin avec le papa, ce qui a parfois pour conséquence de démarrer le travail. Je baisse la garde, je m’installe sur la table d’examen, il met son doigt, et il dit « bon vous voyez, là je suis en train de faire un décollement des membranes, ça va déclencher spontanément le travail ». Là, je suis carrément dégoûtée, je me sens trahie, bernée, bref totalement écoeurée.

Dans l’après-midi, j’ai quelques douleurs, de légers saignements, mais pas de réelles contractions.

2 jours plus tard, donc à officiellement J+4, je retourne de nouveau à la clinique, mais cette fois, je prépare un « projet de naissance express »: je prend le 1er que je trouve sur internet du style : « je ne veux pas de péri, pas de déclenchement, pas d’épisio etc. » et je signe. J’ai trouvé un texte qui n’est quand même pas trop extrémiste non plus, je ne suis pas anti-médecin, mais je veux être respectée et pouvoir disposer de mon corps.

C’est encore une autre personne qui me reçoit, une femme cette fois. Elle regarde le résultat du monito que je viens de faire et me dit :

« Votre fils va très bien »

Moi : est-ce que vous avez pris connaissance de mon projet de naissance ? (j’avais donné le document à la sage-femme qui lui a transmis)

– ah, c’est vous … (avec un ton qui veut tout dire…) Mais votre fils, il est en souffrance foetale !

– vous venez de me dire qu’il va bien

– oui, mais on voit pas tout sur un monito

Après, elle commence à me dire « vous savez, j’ai fait option éthique dans mes études, ne pas déclencher par convenance pour la mère, bla, bla, bla » (bon, là, elle inverse un peu les rôles je trouve).

Bref, je reste catégorique, pas de déclenchement, je tente vainement de lui expliquer pour les dates, que je ne suis pas vraiment à J+4 en plus, mais elle ne me laisse pas. Elle refuse donc de m’examiner, et elle me dit d’aller dans une autre clinique (elle m’indique la clinique mutualiste et me fait un plan sur une ordonnance pour m’expliquer l’accès).

J’arrive là-bas, j’ai une petit peu envie de rigoler quand j’explique que je viens de me faire virer de la maternité. Au début, ils ne veulent pas de moi non plus, je fini par pleurer, et ils acceptent finalement de m’inscrire.Ils m’expliquent que d’après leur protocole à eux, ils déclenchent systématiquement à J+5 dernier délai, par mesure de sécurité, j’ai beau raconter mon histoire de date, ils m’expliquent qu’ils ne veulent pas déroger à leur protocole.

Je finis par rentrer chez moi en fin d’après-midi. Je vais me coucher le soir comme d’habitude. J’ai en principe rendre-vous pour un déclenchement le lendemain matin à 8h. J’essaie un peu de réfléchir aux conséquences de na pas y aller et d’attendre que bébé pointe le bout de son nez quand il aura décidé… Vers 2 h du matin, des contractions de plus en plus fortes, bon ben finalement, il n’y aura pas besoin de déclenchement, c’et parti ! J’arrive à la clinique vers 5 – 6 heures, je ne sais plus trop. Une sage-femme avec une aura que je ne saurais décrire m’accueille (j’ai su plus tard que cette femme là avait mis au monde son dernier à domicile). Par contre, elle m’explique qu’elle finit bientôt sa garde et elle me présente la sage-femme qui va prendre le relais. Ce n’est pas le même profile: beaucoup plus jeune, très scolaire. je comprend assez vite qu’il n’y aura pas de place pour la physiologie avec elle. Je demande à pouvoir marcher, le seul moyen pour moi de calmer mes contractions de plus en plus douloureuse (je ne suis que à 3). Elle me dit OK, mais faut passer un monito d’abord, en principe 20 minutes. Mais je ne sais pas pourquoi, elle fait durer le monito « 20 minutes encore ». Mon col progresse un peu, 1 cm par heure. Il est 10h environ, je suis toujours sous monito, je commence à plus supporter, mon col est à 5. Je réitère ma demande de marcher « oui, oui, tout-à-l’heure », je n’en peux plus, une heure plus tard, toutjours le monito, toujours à 5, un heure après, idem. Je commence à craquer, je redemande à marcher, je lui dit que la douleur est insupportable. Elle me répond « Il n’y a plus que la péridurale maintenant, et on va mettre une perf d’ocytocyne ». C’est tout ce que je ne voulais pas, mais j’abandonne, je n’en peux tellement plus que je finis par réclamer cette p… de péri. Il me faudra quasiment 2 heures de « torture » avant d’y avoir droit, le temps de refaire une prise de sang vu que le terme est dépassé. Gros soulagement quand l’anesthésiste arrive, j’aurais vendu mon âme au diable à ce moment là (j’en ai encore honte d’ailleurs). Après, c’est assez logiquement que j’ai eu droit à la perf d’ocytocyne (finalement pas longtemps car le bébé supportait pas trop), rupture des membranes, poussage en force et en position gynéco (« inspirez, bloquez, poussez »), et poussage quand la sage-femme a décidé (le gynéco était dans le coin, donc c’était le moment, car à son avis, il y aurait besoin des ventouses pour finir). Finalement, il y a pas eu besoin des ventouses ni du gynéco (j’ai poussé comme une malade, merci le hémorroïdes après), et dans la suite logique de cette façon de pousser, épisio.

Aujourd’hui, je n’en veux pas à cette petite sage-femme, elle a fait comme on lui a appris, et elle m’a toujours expliqué ce qu’elle comptait faire avant de le faire, et d’attendre mon accord.

J’en veux aux gynécos de la 1ère clinique, j’hésite aujourd’hui à entamer une procédure contre eux (j’ai déjà fait la liste des articles du Code de la Santé Publique qu’ils n’ont pas respectés).

Et je m’en veux surtout à moi-même, de ne pas avoir suffisamment défendu mes convictions.

Maryline

# 166 -Avril 2004, en Gironde

26 Fév

Accouchement d’une femme atteinte de cardiopathie congénitale.

J’ai été très suivie pendant ma grossesse pour cause de cardiopathie congénitale opérée à 2 reprises. Mon angoisse: avoir un accouchement ultra médicalisé. Mon rêve: un accouchement sur le type de se qui se pratique en Europe du Nord et sans péridurale.

De par mon problème médical, je devais accoucher dans une maternité de type III sous antibiothérapie. Par chance, la sage-femme qui me suit à la maison pratique des accouchements dans une clinique sur le mode Europe du Nord (la parturiente commence le travail à la maison et se rend à la clinique avec la sage-femme).

Cette sage-femme a très bien compris mon souhait d’éviter la péridurale, d’avoir un accouchement le plus naturel possible tout en accouchant dans une maternité de type III.

Elle m’a formé et informé sur les différents moyens de supporter la douleur. Surtout, elle m’a convaincue que le travail se prépare tout au long de la grossesse par des exercices réguliers ayant pour but d’ouvrir le bassin…

J’avais commencé la préparation à l’accouchement dans ma maternité mais dès que j’ai évoqué la volonté de ne pas avoir de péridurale, j’ai été regardé par les autres femmes et la sage-femme comme une intégriste. La sage-femme m’a dit qu’il existait d’autres solutions mais sa phrase s’est arrêtée là.

J’ai donc arrêté cette préparation à la maternité et me suis concentrée sur les exercices de ma sage-femme.

J’ai tout de même rencontré l’anesthésiste au cas où j’aurai eu besoin d’une péridurale. L’anesthésiste m’a de suite annoncé que vu mon cas il faudrait une césarienne. Je l’ai donc remis à sa place en lui rappelant que la partie obstétrique était gérée par l’obstétricien qui ne voyait pas de raison de faire une césarienne (en accord avec ma cardiologue).

J’ai informé l’obstétricienne de quel type d’accouchement je « rêvais » et lui ai remis un projet de naissance.

Dans ce projet, j’insistais sur 2 choses: pas d’étudiant en salle d’accouchement et la volonté de bouger pendant le travail.

Les semaines ont passé, le terme a été dépassé et l’accouchement a dû être provoqué. Moral au fond des chaussettes, je voyais arriver la fameuse césarienne.

Le 19 avril, on m’a déclenché l’accouchement. Malgré mon projet et mes demandes répétées de me lever, je suis restée 8 heures avec monitoring… et une sage-femme qui me disait: ce n’est pas avec des contractions comme ça que vous allez accoucher.

Le soir, en pleurs, j’annonce à l’obstétricienne que je refuse de revivre une telle journée où je ne suis pas respectée et que, si le lendemain on ne m’écoute pas,  je me lèverai toute seule. Elle m’assure alors que cela ne devrait pas se produire, qu’elle ferait le nécessaire pour que je sois écoutée.

Le lendemain, à nouveau on me pose un gel pour provoquer les contractions. Une heure après, on me permet de me lever, d’aller avec mon mari dans ma chambre et de revenir en salle de travail quand je voulais. A partir de ce moment tout a été extra. Avec mon mari, j’ai pu bouger librement pour supporter les contractions et faire avancer le travail. Vers 12 heures, je suis redescendue en salle de travail. J’ai demandé une sage-femme car je sentais (je visualisais la tableau des phases du travail fourni par ma sage-femme à domicile) que la fin arrivait. La sage-femme a rigolé, elle m’a annonçait que j’allais encore souffrir pendant au moins 8 heures car c’était un premier et un accouchement déclenché. J’ai tenu tête jusqu’à ce qu’elle finisse par bien vouloir m’examiner; Là, surprise, la tête était là. La sage-femme n’a pas eu le temps d’enfiler une charlotte, aucun champ n’a été installé (mon mari a donc tout vu lui qui voulait attendre dans le couloir). On m’a envoyé en une minute la dose d’antibio qui devait passer en 1 heure. J’avais la sensation d’être dans un tonneau de piment. Le bébé est arrivé, je n’ai même pas pensé à demander ce que c’était et la sage-femme habituée aux parents qui connaissent le sexe n’a pas pensé à l’annoncer. C’est au moment de l’emmener faire les soins que l’on s’est aperçu que nous ne savions pas ce que nous avions. C’était une fille.

Moi, j’avais la pêche et sans péridurale, j’ai pu profiter de suite du bébé en étant debout.

J’ai eu le second 6 ans après dans le même hôpital à terme + 5 et sans péridurale avec 10 mn en salle de travail.

Ludivine, Paris, Janvier 2009

26 Fév

Le terme de cette grossesse a toujours été un peu foireux… Le 24 décembre indiquait le premier échographe qui se basait sur la date des dernières règles (la bourde à la noix !)… Le 4 janvier pour la sécu, qui se basait sur la date estimée de conception… Le 7 janvier pour ma sage femme après réétude des échographies.

Moi qui pensait accoucher en avance pour pas être dans la période de Noël, je me suis bien trompée !

Dimanche 12 Janvier : rendez-vous à la maternité pour monito et écho de contrôle. On est en dépassement de terme, mais tout va bien. Quantités de liquide ok. Placenta ok bien qu’un soupçon de début de calcification (normal, le placenta arrive au bout de son boulot, va pas falloir que ça traine encore trop mais « ça va »). Le cœur de bébé bat toujours aussi bien ! Elle a pas l’air pressée de sortir. Ma sage femme décide de donner un ‘tit coup de pouce en me faisant un décollement de membrane.

Parce que mine de rien, on arrive aux limites du dépassement accepté et ça risque de se terminer en déclenchement…

Elle me dit « ça va faire un peu mal et tu risques d’avoir de petits saignements cet après-midi. » Moi j’ai trouvé qu’elle avait été hyper douce (comme un TV normal) et je n’ai pas eu de saignements. Je me dis que ça se trouve, ça n’a rien fait… Et puis dans l’après-midi, je commence à ressentir quelques contractions. Légères, pas douloureuses, juste un peu gênantes. Avec mon mari, on part faire quelques courses pour bébé en voiture. On rentre manger, là ça se calme un peu… Ma sf m’a passé des feuilles de framboisier, de 18h à 22h30, j’en ai pris 5 gros bols ! Et pauses pipi toutes les 1/2h !!

Je n’ai jamais eu de contractions pendant ma grossesse, alors, je n’ai aucun moyen de comparaison. Mais je sens que ça travaille. Ça « crispe ».

 Vers 21h30 José se couche et me dit de venir dormir pour être en forme. Moi je suis sur mon ordi, j’ai pas sommeil. Je finis par me coucher vers 22h30. Satanée tisane ! Je me réveille brusquement vers 00H30 avec la vessie pleine ! Et un mal de bide vraiment bizarre ! Ça faisait tellement longtemps que je n’avais pas eu mes règles que j’en avais presque oublié les douleurs que ça me faisait. Là c’est la même chose mais en plus fort. J’ai espoir ! Peut-être que c’est ça une contraction !

Je me recouche mais n’arrive pas à m’endormir. Paf, ça recommence : 00H50. Idem à 1h10 puis 1H30. Et comme ça jusqu’à 3H30, avec pause pipi toutes les heures. J’arrive pas trop à me rendormir entre deux contractions. Cette fois, je sais que c’est « ça » une contraction ! Je somnole. La suivante est cette fois à 3h40 ! Ah, ça évolue… J’ai quand même peur que ce soit un faux travail. C’est pas super douloureux et assez éloigné…

Vers 7h30, le réveil sonne. J’explique à José la « superbe » nuit que je viens de passer et il me dit qu’il faudrait peut-être prévenir la sf. Même si ce n’est qu’un faux travail, au moins pour qu’elle soit au courant. Mais avec le jour qui se lève, j’ai l’impression que les contractions sont redevenues irrégulières. Je lui dis que je vais prendre une douche, paraît-il que l’eau chaude fait passer les contractions si c’est pas les vraies, et puis j’aime bien l’eau chaude, alors… Lui pendant ce temps, prépare les affaires pour partir. La valise de bébé était déjà prête, mais la mienne… Comme je n’avais pas l’intention d’y aller à la base ni d’y rester longtemps si je devais y aller, j’ai rien préparé.

Sous l’eau chaude, au lieu de diminuer, les contractions se régularisent. A chaque fois qu’une se finit, j’appelle et il regarde l’heure sur mon téléphone. Toutes les 6 minutes. Je lui dis ok, appelle. Il est doit être 8h30. Il appelle et me dit qu’il doit aller chercher du spasfon et que si ça passe pas, on se donne rendez-vous à la mater vers midi. Je lui dis que je viens avec lui. Ça me fera du bien de marcher et de prendre l’air. Je m’habille et en fait, je suis bien assise dans la cuisine, alors je lui dis, en fait non, vas-y je t’attends. J’ai bien fait, la pharmacie en bas de la rue était fermée, il a dû aller beaucoup plus loin. J’aurais pas pu. Il revient 15 minutes après. Il a couru. Je prends le spasfon. Rien ne change. Il est 10h45, je vais m’allonger, je supporte mieux les contractions. En fait ça me fait mal dans les reins, et ça commence à faire un peu mal. Je me met sur le coté, c’est pas mal.. Mais à genoux la tête dans l’oreiller, c’est mieux ! On finit par partir vers 11h40, juste après une contraction car debout, j’aime pas du tout ! A 11h46 j’ai une contraction, on est dans la voiture, et c’est pas agréable du tout. A 11h52, je me dis tiens c’est bizarre, j’ai pas eu la suivante.. Sur ce elle arrive… Grrr… 11h58, 12h04, 12h11. On trouve une place juste devant la maternité !

 On rentre et je ressens le besoin d’aller aux toilettes (j’ai rebu deux bols de tisane ce matin…) J’ai une contraction qui arrive quand je suis debout, ouille ! appuyée les coudes contre le mur, ça aide à la faire passer. Quand je sors, ma sf est là. Elle me demande comment ça va. Oh bien ! Sauf toutes les 6 minutes ! En effet, entre les contractions tout va bien ! Comme si de rien n’était !

 On monte. Il y a 2 salles de pré travail. Une avec la baignoire et une sans. Celle avec est occupée. On va dans l’autre. Monito et examen. Col effacé et à 3 (alors qu’il était encore mi-long à 2 la veille). Donc je suis rassurée, ce n’est pas un faux travail !! Ça a servi à quelque chose. Mon chéri a l’idée de mettre ses mains chaudes dans le bas de mon dos ! Aaah Qu’est ce que ça fait du bien !!! En appuyant avec ses pouces, aussi, la sf lui montre comment faire. Puis elle nous laisse pendant le monito. Comme je souhaitais un accouchement le plus naturel possible, tant qu’on gère bien à deux, elle nous laisse faire et n’intervient que si besoin. Monito fini. En allant aux toilettes, je remarque que l’autre salle avec la baignoire est vide. Je me dis qu’on va peut-être appeler la sage femme pour voir si on peut y aller. J’avoue que du chaud me ferait du bien. La je suis à califourchon sur un fauteuil, la tête appuyée contre le dossier avec des mains chaudes. Je gère… Limite, ça m’ennuie parce que je peux pas faire autre chose.. Et je me dis que en fait, un accouchement, ça fait pas mal tout le temps, en fait on passe tout son temps à attendre d’avoir mal ! C’est ennuyeux quoi… Je gérais super bien, mais les contractions n’étaient pas super fortes. Mais elles étaient dans les reins. Entre temps, José est allé faire quelques courses, infusions et sandwichs car on a toujours pas mangé ! Il doit être dans les 15-16h..

Bon, avant d’aller dans la baignoire avec des huiles essentielles et tout et tout, on vérifie où ça en est. Entre 4 et 5. Bon, ça va pas vite, mais suis plus pressée après 9 mois…

 Je vous passe les détails de la fin d’après-midi et soirée. Je suis restée quelques heures dans la baignoire. L’eau chaude me faisait vraiment du bien dans les reins, alors, la température a fini par monter à 41° ! En dessous, ça faisait pas effet…

J’ai aussi alterné avec le ballon pour aider, puis retournée dans la baignoire…

Ensuite, j’ai commencé à vraiment en avoir marre ! C’était trop long… C’est vers ce moment qu’on a vraiment capté qu’elle avait son dos contre le mien et que donc elle essayait de prendre appui sur mon ventre pour descendre, ce qui ne servait pas à grand chose (car un ventre, c’est tout mou !) C’est pour ça que c’était si long, elle n’appuyait pas suffisamment sur le col et les contractions n’étant pas super fortes non plus…

 

Ma sf me conseille donc des positions genre à quatre pattes les fesses en l’air pour l’aider à se tourner comme il faut. Mais la puce ne voulait pas tellement ! Après une petite séance 4 pattes dans la baignoire, on revérifie. Col à 9, donc c’est presque bon !

 Je sors et me met encore à 4 pattes les fesses en l’air sur le lit. Ma sf me dit que si j’ai envie de pousser pendant les contractions, je peux. Je tente un peu, mais pas vraiment envie. Ça me fait pas du bien du tout. Donc j’arrête. On tente sur le côté. Au bout d’un moment, je suis pas bien. Je sens que je suis dans une position inconfortable, mais j’ai plus la force de bouger. Je continue de prendre de l’homéopathie toutes les 15 minutes. Finalement, je me mets assise (enfin, allongée sur le lit, mais avec la tête du lit remontée presque à la verticale), ça va mieux. Et puis je commence à ressentir le besoin de pousser. Je savais pas que c’était vraiment « automatique ». A part que la puce ne m’aide vraiment pas ! Elle descend un peu… Et hop ! Elle remonte… Il est presque 2h du mat quand même.. Entre temps, une sage femme qui ne devait pas être là ce soir et qui fait de l’ostéopathie vient me manipuler un peu.. J’ai vraiment quelque chose de bloqué dans le bassin qui n’aide pas ma puce… Ça aide un peu à avoir moins mal, mais je douille quand même énormément !

 On fait des essais poussée dans plusieurs positions, mais ça n’agit pas tellement sur la puce. Il y a eu quelques séances de monito pour vérifier le cœur du bébé, toujours à 139, comme à chaque fois qu’on en a fait pendant la grossesse.. Tout va bien de son côté. Finalement, je retourne dans la baignoire, y a que l’eau chaude qui m’aide. Je m’assieds dedans les jambes écartées, presque en tailleur et je pousse en poussant aussi le bord de la baignoire avec mes bras. Comme ça mon dos est à plat contre l’autre bord et ça appuie, donc ça soulage… Mon homme vient me tenir le mains. Je lui ai broyé les doigts pendant plus de 4h comme ça !! Les sages femmes vont se reposer un peu et se relaient. Mais restent fidèles à l’attitude depuis le début. Tant qu’on gère, elles nous laissent à deux. Si on a besoin elles sont là. Et puis le coeur du bébé est bon, tant que ça va, aucune raison de se presser.

Finalement, vers 6h du mat, ma sf me voyant complètement épuisée (2ème nuit blanche) et avec la « pression » de l’équipe de jour qui va pas tarder à revenir, décide de relancer un peu les choses. En effet, j’ai parfois des pauses de 15 minutes entre les contractions et pendant ce temps, je dors presque ! Je suis tellement fatiguée, que j’ai presque plus de forces. Avec en plus la puce qui remonte encore ! J’arrive pas à pousser assez longtemps !

 Pourtant, quand je met un doigt dans mon vagin, je sens quelque chose de presque mou, légèrement granuleux et tout doux. C’est sa tête ! Ça me fais tout bizarre… Elle est là et elle est loin à la fois…

 Donc, je sors de la baignoire, je me pose à 4 pattes sur le lit. C’est peut-être à ce moment là, ou avant, je sais plus qu’on m’a proposé de percer la poche des eaux possible que ça aide la puce à s’engager bien…

Une sf me pose un cathéter, je retente de pousser avec une belle contraction qui arrive et puis zou, on passe en salle de naissance. Je me mets en position classique (moi qui voulait plus genre à 4 pattes ou autre, en fait celle là m’a bien aidé pour pousser !) mais avec la table relevée du coup je suis presque assise en fait. Elle met les étriers (qui m’ont aidé aussi parce que elle me disait de tirer mes jambes vers moi pour aider et en fait, j’avais les bras tendus qui tenaient je ne sais quoi dans l’articulation du lit, mais ça me faisait une super prise et je pouvais pas lâcher, alors je tirais sur les étriers avec les jambes !).

J’ai eu droit à une micro injection, les contractions sont reparties aussitôt et j’ai poussé. J’en pouvais plus ! J’étais super concentrée et même quand la sf m’a dit tu veux  toucher sa tête ? Je lui ai répondu « non j’ai pas le temps ! ». En fait, elle me déconcentrait ! Je pouvais pas penser à bouger mes bras. Si je lâchais l’articulation du lit, j’avais l’impression que ça arrêterait tous les efforts jusque là.

Et finalement, sa tête est sortie avec une impression de brûlure dingue ! J’ai arrêté de pousser le temps que ma sf tourne ma puce pour que les épaules passent sans dégâts. Ensuite j’ai repoussé une dernière fois super longue et elle est enfin sortie ! Là j’entends ma sf dire « qui veut l’attraper ? » Mon mari n’était pas trop tenté, mais moi, je me penche un peu, j’ouvre les yeux et là je la vois et sans réfléchir je la prends sous les bras et la pose sur moi. Et là, les contractions se sont arrêtées et il n’y avait plus aucune douleur… C’est impressionnant. Elle était trop belle ! Les yeux grands ouverts à regarder partout genre « Bon bah je suis où là ? C’est plus le ventre de maman ça ! » On nous couvre de draps et serviettes pour que la petite n’ait pas froid. Mon mari a les larmes aux yeux. On se regarde, on la regarde et on s’embrasse. On se rend compte à quel point on s’aime. On est mardi, il est 7h07 et Lorléana est née après 30h de travail. Quelques minutes après, le cordon ne bat plus, alors la sf propose à José de le couper.

 Ma sf regarde si le placenta veut sortir, mais en fait pas tout de suite. Elles nous laissent et nous disent de l’appeler si je sens quelque chose qui coule. Elle est à peine sortie que ça coule, alors on la rappelle. Elle me dit de pousser encore pour faire sortir le placenta.. J’essaye ! Je lui dis « ça marche là ? Parce que j’ai pas l’impression d’être super efficace ». Elle me dit : « non en effet, ya rien ! » Finalement, j’arrive à l’expulser. Il est gros aussi !!

Elle en profite pour m’examiner, j’ai une petite déchirure, elle pourrait faire un point ou deux, mais elle veut plus trop m’embêter là.. Ça pourra cicatriser tout seul.

 On se retrouve seuls tous les trois… Vers 8h, José la prend en photo avec son téléphone. Sans flash, dans la semi pénombre, la photo n’est pas terrible, mais on la voit bien quand même. Il l’envoie en MMS à tout le monde. Vers 9h, la sf revient avec les vêtement tous chauds. Comme elle avait du méconium partout (moi aussi !! Merci ma puce !) elle lui nettoie un peu là ou il y en a, mais pas de bain pour qu’elle garde l’odeur du liquide amniotique. On la pèse. 4,040 kg ! Et à peu près 52 cm. Un beau bébé ! On finit par monter dans la chambre vers midi et demi… Pour en sortir à 21h30 ! J’avais dormi 4 heures et mangé un bon repas vers 18h30, ça allait mieux ! Retour à la maison dns les 22h…

 J’ai du oublier quelques petits détails, genre les litres de tisanes au miel que j’ai bu (vu que le sandwich que j’ai mangé est ressorti peu après) pour m’hydrater et me donner de l’énergie surtout ! L’homéopathie tout du long, un peu d’acupuncture aussi, je sais plus trop quand… Enfin, « la totale du naturel » comme je dis…

 En tous cas, je crois que je remercierais jamais assez ma sage femme pour tout ce qu’elle a fait pour moi. Elle m’a permis de faire un maximum moi même avec mon mari, avec le minimum d’intrusion, les choses se sont faites le plus naturellement possible, avec juste un petit coup de pouce sur la fin…. Et elle m’a aussi avoué après coup, que si j’avais été dans un hôpital « classique » ou même avec une autre sage femme si ça se trouve, jamais on ne m’aurait laissé essayer de pousser aussi longtemps ! Et j’aurais surement eu droit à une césarienne pour travail trop long.

Comme quoi, si aucune urgence vitale (coeur du bébé qui suivait super bien), et bien, on PEUT attendre et laisser se faire les choses…