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#336 Un accouchement idyllique, la suite un peu moins

2 Fév

J’ai accouchée le 16 décembre 2012 à 20h55 à la maison, dans le calme et la douceur avec F., mon compagnon et E. ma super sage femme.
Il y a eu juste ce moment où mon loulou a fait une détresse respiratoire, très vite réglée par E. Cependant avec l’inquiétude je me suis mise a saigner. Pas beaucoup, mais assez pour que E. me demande d’aller a l’hôpital. C’était le deal. Au moindre couac, direction la maternité!
Nous y sommes arrivé vers 23h. E. est venue avec nous.
Dès notre arrivée, une auxiliaire de puériculture m’a enlevé mon bébé pour l’emmener « faire les examens d’usages ». Le papa a pu aller avec lui (sans le toucher bien sur, c’est fragile ces choses là monsieur, laissez faire les professionnels!).
Pendant ce temps la sage femme de service a voulu vérifier la suture que E. avait fait sur ma déchirure. J’avais un œdème et lorsqu’elle a touché pour essayé de voir les points ça m’a fait extrêmement mal. Elle m’a également appuyé fort sur le bas ventre pour évacuer le sang et fais une petite toilette a l’eau froide. Malgré tout elle a été gentille et m’expliquait ce qui se passait.
Une fois la première partie de la torture finie (elle m’a appuyé fort sur le ventre jusqu’à environ 4h du matin, j’ai eu un hématome sur le point d’appuis le lendemain) le pédiatre (je l’ai lu sur son badge et son air condescendant) a fait son  apparition pour me « rassurer » suivit par F.
« Madame, ce que vous avez fait est très grave! Votre fils a failli mourir! Bon il va bien maintenant que nous l’avons aspiré et mit sous oxygène! Vous pourrez le voir dans la matinée! »
A moitié sous le choc de cette tirade j’ai osé demander a le voir plus tôt ne serait-ce que pour lui donner la tétée, il n’avait pas voulu prendre le sein a la naissance et du coup n’avait pas encore mangé.
« Ha! Mais ne vous inquiétez pas nous lui avons déjà donné un biberon! » avant de faire volte face et de nous planter là.
J’ai regardé avec de grands yeux, mon compagnon, E. puis la sage femme.
« J’espère que vous n’avez pas fait ça… C’est une entorse a la charte du patient! Je ne suis pas dans les vapes, ni le papa! Vus DEVIEZ nous dire ce que vous alliez faire!! »
J’étais fatiguée, a bout de nerfs et de patience. E. me caressait doucement les cheveux en me demandant de rester calme. La sage femme avait l’air de ne pas comprendre les paroles du pédiatre.
« Ils ne lui ont rien donné, en tout cas pas encore, Monsieur est resté avec le petit jusqu’à ce qu’il entre en néo natalogie, le temps qu’ils le scopent et qu’il l’installent… Venez Monsieur je vais vous emmener le voir comme ça vous pourrez leur dire de ne pas lui donner de biberon. »
Je l’ai chaudement remerciée, ils sont revenus quelques minutes après, le petit avait pris une pipette de lait… Bon, adieux ma première tétée, mais c’est toujours mieux que le biberon.
E. est partie après une dernière pression utérine. Elle aura été avec nous pendant plus de 12h.
Ne tenant pas sur mes jambes, la sage femme m’a installée sur un fauteuil, et nous a emmené F et moi voir notre bébé. Elle est repartit après s’être assurée que quelqu’un pourra nous conduire a notre chambre.
Nous avons été reçu comme il se doit…
-« Qu’est ce que vous faites encore là? Voir le petit? Il est fatigué et a besoin de se reposer! Et vous aussi madame allez dans votre chambre! »
En regardant derrière elle j’ai pu apercevoir mon tout petit, allongé sur le dos, des fils partout, un tuyaux a oxygène dans le nez entrain de hurler. J’ai senti monter une fois de plus mon envie de meurtre.
-« Il a surtout besoin de sa maman et moi j’ai besoin de lui! De plus j’aimerais lui donner le sein, il n’a pas tété encore et je ne voudrais pas manquer ma montée de lait! »
-« Mais madame, c’est pas en lui donnant le sein que le lait va monter! C’est en vous reposant! »
-« Je ne vous ai pas demandé votre avis… Je ne partirais pas sans avoir vu mon fils… »
Il y avait une autre maman dans la pièce avec un minuscule bébé dans les bras qui observait la scène. Je pense que si elle n’avait pas été là, la puéricultrice m’aurait tout simplement fermé la porte au nez.
J’ai pu enfin serrer mon fils dans mes bras, chose que je n’avais pas fait depuis presque 6h. Je suis restée avec lui de courtes minutes puis F. exténué, m’a demander d’aller en chambre qu’on puisse se reposer quelques heures.
Arrivé en chambre j’ai demandé un tire lait. L’aide soignante m’en a apporté un et m’a expliqué comment faire.
J’ai dormi un peu et après le changement d’équipe je suis retournée voir mon petit.
La puer de jour n’était pas beaucoup plus engageante que celle de la nuit, m’enfin elle a débranché les fils de la machine et m’a mis mon fils dans les bras. Il n’avait plus d’oxygène, par contre ils lui avait laissé d’affreux sparadrap sur les joues.
Je suis restée avec lui jusqu’à midi, puis la sage femme de jour est venue me chercher car elle voulait voir la suture.
Elle n’a pas été douce du tout. Quand j’ai osé gémir alors qu’elle écartelait mon intimité tout oedémaciée elle m’a dit que d’arrêter mes enfantillages et que quand on fait n’importe quoi il fallait en assumer les conséquences. Du coup je lui ai demandé si sa mauvaise humeur faisait partie des conséquences a assumer. J’ai eu encore plus mal ensuite. Elle m’a enlevé ma perfusion et m’a entouré le bras de sparadrap avec un petit sourire satisfait.
j’ai donné mon plateau repas a F. (puisque personne nous avait proposé de plateau accompagnant) et suis retournée en néo nat.
En fin de journée, voyant les fils constamment débranché j’ai demandé a la puer si je pourrais avoir mon petit en chambre.
-« Non! il faut surveiller son taux d’oxygène dans le sang! »
-« Mais il a passé sa journée débranché! »
-« oui mais vous le surveillez »
-« Ben je peux le surveiller dans ma chambre… »
-« Non c’est non. »
Au final j’ai récupéré mon fils que le lendemain soir. Je n’ai pas connu les équipes suivantes, je m’arrangeait pour ne pas être dans ma chambre lorsqu’elles passaient et elle ne sont pas venu me chercher.
J’ai vu un second pédiatre le matin de mon hypothétique sortie.
-« Il va très bien cet enfant, vous pouvez sortir… Attendez c’est vous qui avez accouché a domicile? »
-« ……..oui……. »
– » Le taux de sucre est trop bas, surveillance glycémique de 24h! »
Je devait réveiller mon loup toutes les 3h pour le faire piquer et ainsi « surveiller sa glycémie », pendant la nuit, la sage femme de garde m’a dit que c’était un prétexte pour me garder 24h de plus car dans cet hôpital « on ne sort pas avant 3 jours ».
Au matin, lorsque le pédiatre est entré dans ma chambre je lui ai dit cash
-« Soit vous me laissez sortir, soit vous me donnez une décharge, dans tout les cas a midi je ne suis plus dans vos murs »
-« Si vous aimez jouer avec la vie de votre enfant, ce n’est pas mon problème, donnez le moi je dois au moins faire la visite du 3eme jour »
Je lui ai laissé faire sa visite puis j’ai plié bagage et a 11h je n’étais plus dans leurs murs.
Je suis enceinte de mon deuxième enfant et j’ai bien l’intention de recommencer l’expérience de l’accouchement a domicile. J’ai changé de maternité de secours et le peu que je les ai vu les sages femmes ont l’air plus engageantes. Nous verrons bien en avril!

Valérie, 50 ans, France.

2 Juil
J’ai accouché de jumelles dans un petit hôpital de province en Bourgogne
C’était en 1990
j’ai eu affaire à deux gynécologues
Un jeune écolo, adepte des méthodes naturels
Un tunisien proche de la retraite et plus classique dans ses méthodes
Le jeune écolo m’a mis au régime et fait perdre du poids
Le Tunisien a donné des ordres pour que j’en reprenne
On m’a imposé l’accouchement naturel car la péridurale n’était pas au point
La nuit de mon accouchement, considéré à risques, après 3 mois d’hospitalisation, j’ai entendu le personnel paniqué un peu car il n’arrivait pas à joindre le gynécologue.
Je n’ai eu aucune préparation à l’accouchement mais le personnel a toujours été présent et chaleureux.
Un jeune « stagiaire » homosexuel vigilant m’a peut-être sauvé la vie alors qu’un soir, ma perfusion s’était décrochée et que je perdais peu à peu mon sang sur le sol.
J’ai été prise en charge principalement par le gynécologue tunisien et une sage-femme.
Un pédiatre, une aide-puéricultrice, un anesthésiste et deux aides-anesthésistes, quelques stagiaires que j’avais autorisés assistaient  ou se préparaient à intervenir mais ont su se faire très discrets.
Le gynécologue, un homme qui n’avait jamais pu avoir d’enfants, m’a accouchée comme s’il s’agissait de ses enfants. j’ai beaucoup souffert du dos.
Il m’a fait une épisiotomie d’office alors que les échographies montraient deux filles pas très grosses.
Mes deux filles de un kilo et un kilo huit ont été amenées de nuit par un chauffeur de taxi au centre de prématurés de Dijon à 80 kms. L’une avait pris trop de globules rouges à sa soeur.  Le médecin n’a pas voulu les séparer de peur que je m’attache plus à l’une. Je savais que ça ne serait pas le cas mais j’étais d’accord.
Le pédiatre s’est un peu énervé en examinant le placenta et a dit:
-je n’y comprends rien, je ne sais pas s’il s’agit de vraies ou fausses jumelles, vous le saurez plus tard.  je jette tout!
Personnellement, ça ne me préoccupait pas.
J’ai souffert de la séparation et « rêvais » qu’elles étaient mortes. j’ai du attendre 10 jours avant de les voir. Elles sont été très bien prises en charge au centre de prématurés ainsi que tous les autres bébés.
Le personnel portait les bébés dans des sacs kangourous quand c’était possible pour qu’ils aient des contacts chaleureux.
Hormis la douleur, plutôt des souvenirs positifs.

#282 Eden à Marseille, octobre 2012

1 Juil

Eden est née le 8.10.12 à Marseille, avec 2 semaines d’avance : 4kg180, 54 cm.

Cela faisait une semaine que j’avais des contractions, légères, irrégulières.
Je vois le gynéco le matin, il me dit: « ce n’est pas pour tout de suite, le col est long, le bébé bien haut… Et ne vous inquiétez pas, les vraies contractions vous les reconnaitrez ».
Bon d’accord, moi je la sens bien basse… mais je le crois.

Le soir, mon mari doit partir travailler, il me demande quinze fois si je suis sûre qu’il peut partir, si ça va aller… « oui vas-y je t’appelle si je perds les eaux » Il part vers 20h.
Les contractions sont de plus en plus fréquentes, mais je gère la douleur, je me masse le ventre, le dos…
Je marche pour accélérer et pour me soulager…
Je préviens quand même ma copine qui doit garder Nayad au moment venu, que c’est peut-être (j’espère !) pour cette nuit… Je regarde un film à la télé, tranquille.

A 23h je vais me coucher, en me disant « est-ce que je vais arriver à dormir avec ces contractions?? » Je prends une serviette de bain au cas où et je me couche. Ah ça va j’arrive à me détendre. Et POF! Bouchon de champagne!!
Je perds les eaux « glou glou glou » ça ne s’arrête pas, au moins 2 litres, sur mon lit !

J’attends que ça s’arrête, j’appelle mon mari puis ma copine « j’ai perdu les eaux. – ok, j’arrive »
Et je me lève pour prendre une douche, pensant que j’ai largement le temps, comme pour mon premier accouchement… Mais là : une poussée incontrôlable ! Je me rallonge en vitesse car j’ai vraiment l’impression qu’elle va sortir et donc tomber par terre (se cogner sur le rebord de la douche !!)
Et je pousse, je pousse, je ne peux pas m’en empêcher. Complétement désespérée, en panique, j’appelle les pompiers.
10 ou 15 minutes après, mon mari arrive. Ma fille aînée se lève à ce moment là (Dieu soit loué !! heureusement qu’elle ne s’est pas levée avant, me voyant hurler et me tordre dans mon lit). Puis les pompiers arrivent, ils me disent « ne poussez pas madame, attendez le médecin… » JE RÊVE!! Je leur hurle que je ne peux pas me retenir, que je sens la tête, je touche ses cheveux! Alors un pompier me dit « bon mettez-vous en position… » Mais je ne peux pas, je suis mieux sur le côté gauche. Et je pousse une bonne fois, je me lâche. La tête sort, enfin! Là je me mets en position « gynécologique », mais je n’ai plus envie de pousser. Alors j’appuie sur mon ventre avec les deux mains, je la pousse. C’est bon, il est 23h25, elle est sortie! Et le pompier veut la sécher, je lui hurle « donnez -la moi! donnez-la moi ! »
Enfin je la tiens dans mes bras, toute nue toute gluante… et toujours avec ce cordon énorme qui nous relie!

Puis le SAMU est arrivé pour me conduire à l’hôpital, et le SAMU pédiatrique a emmené mon bébé dans une 2ème ambulance, heureusement que je connaissais les médecins (par pur hasard !).
J’ai dû rester 2 heures au bloc d’accouchement, sans boire ni manger, je tremblais comme une feuille.
Et le gynéco a tiré sur le cordon pour faire sortir le placenta, alors que je lui demandais si je devais pousser !
Après il m’a recousu les multiples déchirures, une horreur ! Et je voyais tout grâce à une vitre au plafond…

Le pire souvenir de mes 2 accouchements reste les points de suture, surtout que les douleurs durent…

Evie, une naissance à domicile envolée….‏

7 Mai
Voilà le récit de naissance d’Evie, naissance naturelle d’une prématurée (écrit la nuit de sa naissance).
Le 16 Août, je n’ai encore rien préparé… je ne suis pas prête dans ma vie de tous les jours : il me faut encore du temps, je veux être complètement sereine pour l’arrivée du bébé et je comptais bien sur mon congés maternité pour m’y préparer.  Je me commande sur Internet un livre de 423 pages : en me projetant dans sa lecture je me dis qu’à la fin du livre, je serais prête… prête à accueillir bébé. Il doit être livré  le 19 Août, je l’aurais pour mon début de congés maternité et je pourrais enfin me consacrer pleinement à ce temps intime entre moi et mon bidou.
Il est 22h30, je tricote devant la télé, je me sens maman pour la première fois ce soir et j’ai une barre dans le dos… Quelques contractions « bénignes » me gênent et me rappellent qu’il faut que j’aille me coucher. Je vais sur mon lit, et je prends mon ordi où je lirai quelques récits d’accouchement comme depuis une bonne quinzaine de jour. La seule chose que je retiens par dessus tout : la douleur nécessaire lors de l’accouchement et le dépassement de soi.
 
Le 17 Août, il est 5h,  un de nos chats réclame à sortir. J’émerge péniblement, je me lève, fais pipi,  et ça continue à couler, un bon gros verre   : M**** c’est la poche des eaux… je suis à 34 semaines et 2 jours… c’est pas trop le moment. Je ne suis pas stressée, je n’ai pas de contractions et le liquide est clair.  Moi je pense à mon ADD qui tombe à l’eau .
Colin aimerait qu’on aille à l’hôpital, j’en ai pas du tout envie.  Je suis d’accord pour aller vérifier que c’est bien la poche des eaux et que le bébé va bien.
On arrive aux urgences, on nous monte en maternité et je me fais ausculter. C’est bien la poche des eaux… et   ils me gardent, et de plus m’annoncent que je vais être transférée. Oui j’ai bien entendu,  ils n’ont pas de services adéquats pour les prématurés de 34 semaines.
On se résigne, on n’a pas le choix : fini l’AAD, bonjour maternité et le kit « médical » imposé : corticoïdes (pour maturer les bronches de bébé et lui éviter d’être anesthésier à la naissance pour pouvoir l’intuber), antibiotiques car s’il y eu rupture des eaux il y a forte chance que j’ai une infection et il faut protéger bébé, piqûre dans les fesses, cathéter, monitoring, TV, perfusion, prise de sang, échographie, prélèvement vaginal, analyse d’urine, commande d’un VSL pour mon transfert, : la totale…   Mais je ne suis pas prête.
Il est 13h, je pars pour Gap en ambulance. Colin et maman descendront en voiture. Je continue à perdre beaucoup d’eau, toujours pas de contractions douloureuses…
A 23h, on se couche avec Colin (il reste avec moi ce soir au cas où), on est naze, debout depuis 6h ce matin. Je suis claquée et je n’arrive pas à dormir, il y a du bruit dehors en pagaille et comme on est en été il fait trop chaud pour fermer les fenêtres. Des bébés pleurent dans les couloirs.
Le 18 Août,  1h du matin, quelques contractions viennent me chatouiller…Rien de très méchant pour commencer, j’essaye de me rendormir entre chacune d’elles. Je regarde mon téléphone pour voir l’heure de temps en temps. Elles sont espacées de 15 minutes à peu  prés. Pratiquement 24 h après rupture des eaux, je rentre enfin en travail. Je laisse Colin dormir. Je prends les contractions allongée sur le côté, je respire profondément et j’essaye de visualiser l’ouverture du col. Que c’est facile de faire ça quand la douleur n’est pas insurmontable !
Il est prés de 3h, Colin se fait réveiller par mes respirations devenues très soutenues car je commence à avoir bien mal. Je n’ai encore rien vu. Il est un peu angoissé et crevé à la fois. Du coup il me regarde faire des allées et venues dans la chambre sans se lever et me conseille d’appeler les sages-femmes. Hors de question ! Je ne risque pas de sauter sur une table d’auscultation dès ma première contraction. On est à l’hôpital, sur place donc je resterai dans ma chambre le plus longtemps possible.
Je commence à avoir très mal  donc je demande à Colin de m’aider à prendre une douche. L’eau chaude qui coule sur mon dos et mon bassin pendant les contractions me fait du bien. Je me suspends de temps à autre pour m’étirer le bassin, ça me fait du bien.  
4h30 Colin appuie sur la sonnette, je serais bien restée plus longtemps dans la chambre mais bon. La sage-femme arrive et me dit qu’on va commencer par un TV et un monitoring… Elle ajoute qu’il faut quand même vérifier que les contractions soient assez efficaces sur l’ouverture du col car en fait, la douleur est plus intense quand la poche des eaux est fissurée et parfois on douille et le col ne s’ouvre pas : comme pour les déclenchements !  De toute façon, je n’ai pas le choix. Elle m’examine tant bien que mal, mais j’ai des contractions sans arrêt et refuse de sortir entre deux, je suis horrifiée.
Je suis dilatée à 3cm, j’aurais vraiment du rester dans ma chambre ! Elle me propose de prendre quelque chose pour calmer les contractions, pas question. Pourtant j’ai si mal. Colin me masse le bas du dos à chaque contractions, je hurle comme une folle et essayant de faire des sons graves : ouvre, ouvre….. je parle à mon col… Je suis enchaînée au monitoring car on ne capte pas bébé très bien et elle veut être sûre qu’il n’y a pas de souffrance fœtale, moi je veux bouger, je prétexte d’avoir envie de me lever pour aller aux toilettes. Elle accepte au bout d’un long instant. 
Puis la sage femme me dit, on va aller prendre un bain après, je pensais que c’était pas bon mais elle essaye de m’accompagner pour que je ne flanche pas à réclamer la péridurale et prend le risque de m’en donner un.   Avant le bain, je redemande à retourner aux toilettes, j’ai besoin de rester mobile. Je suis projetée en avant dès que je marche et je prends deux contractions par-terre avant d’atteindre les toilettes.   Et nous voilà partis au bain. C’est une baignoire mal fichue, j’y suis pas bien et  l’eau me semble pas très chaude. La sage femme comme depuis le début nous installe mais nous fiche la paix avec Colin, on reste que tous les deux.
J’ai envie de lâcher prise et de me noyer tellement la position n’est pas agréable et que j’ai mal. Je bois la tasse à plusieurs reprises car je n’ai pas la force de soutenir ma tête hors de l’eau pendant les contractions. J’essaye de me mettre sur le côté car Colin peut me masser le dos pour m’aider à prendre les contractions…  Il me rassure et me dit que je fais du bon travail et m’indique de respirer pour qu le bébé respire aussi. Je me laisse accompagner par sa voix. 30 minutes après je sors du bain.
Je remonte sur le lit de la salle de pré-travail et j’essaye de prendre d’autres positions, à quatre pattes, enchaînée au monitoring, accroupie mais chaque mouvement m’apporte une nouvelle contraction et je me cambre. Mais je ne trouverai pas une position qui me va à la fin ?
J’ai maintenant l’impression que les contractions se chevauchent, je n’ai plus de répit entre deux et c’est horrible. Colin doit donc masser en permanence mon dos et s’il ne le fait pas, je lui hurle dessus. Grâce à lui je n’ai pas flancher et dieu sait que j’aurais réclamer la péridurale s’il n’avait pas été là. J’aurais donné n’importe quoi pour que la douleur s’arrête. J’ai même pensé à une césarienne…  Je continue à m’agripper à la voix de Colin qui m’encourage et me dit de me reposer dès qu’il voit que le pic de la contraction est passé, et me prépare pour la prochaine…
En deux heures, j’ai à la fois des contractions brèves très rapprochées voire imbriquées les unes aux autres (celles-ci sont moins douloureuses mais on ne peut pas se reposer entre deux) et celles qui durent très longtemps et qui sont insupportables, par contre elles sont espacées et me laissent le temps de les préparer. La sage femme m’examine, je suis à 5, je suis un peu déçue. Une autre contraction me submerge mais je tiens le bon bout, j’en suis à la moitié.
Au lieu de hurler à la fin de chaque respiration : ouvvvvvvvvvvvvre, la sage femme me conseille de souffler tout doucement et de prendre mes inspiration par le nez. Horrible mais ça marche, du moins au bout de trois quatre respiration, je suis moins crispée dans la contractions et du coup j’accepte mieux la douleur. Mais c’est difficile de se concentrer sur sa respiration tant on aurait envie de hurler tout ce qu’on peut.  Il est 7h30 et on me propose de passer en salle d’accouchement.
L’équipe de nuit s’en va et je fais connaissance avec l’équipe de jour. En commençant par l’anesthésiste, mon tentateur… Juste une visite de routine, il n’a pas de chance, avant même qu’il me pose des questions, je lui arrache la main et je lui serre de toute mes forces en prenant une contraction corsée, c’est une forte celle là, elle me fait très mal. Il me demande si je souhaite la péridurale, je dis non mais mon corps tout entier crie ouiiiiiiii… ouf, il s’en va… la tentation est finie, comme je comprends ces femmes qui acceptent.
Puis c’est au tour de la sage femme de faire son entrée :  Elle est douce et me tient la main à chaque contraction… Je commence à avoir envie de pousser à la fin de chacune d’entre elle. Il faut que je laisse faire, c’est mon bébé qui descend. Les sensations sont différentes et la douleur aussi. On continue à écouter le cœur du bébé et le monitoring me gêne franchement, il m’appuie sur le bas ventre et me fait mal… J’en ai marre, ils n’arrivent pas à capter le cœur du bébé depuis un moment et tant qu’il n’ont pas des mesures dans la moyenne ils me le laisseront.
Je prends toutes les contractions en me concentrant sur ma respiration mais je crois que mon cerveau est livide, je suis ailleurs, je ne parle plus, je réponds à peine à Colin qui m’encourage, j’en peux plus. Je suis exténuée.
Puis la sage femme m’examine pour savoir où j’en suis. Le col s’est effacé, je suis à dilatation complète, le bébé va arriver. C’est pour ça que j’avais commencé à avoir envie de pousser. Dès lors, mes contractions ne sont plus du tout pareilles, ce n’est plus une douleur qui prend le bas du dos et des reins mais une sensation d’avoir envie de pousser. Ça fait mal mais c’est tellement différent. A chaque contraction, j’effectue quatre à cinq poussées dans une rage féroce. Je me surprends avec ma voix, d’où vient-elle cette voix bestiale ? J’ai un peu honte et je me demande si Colin n’est pas trop effrayé de m’entendre hurler comme ça. Je parle au bébé, je lui dis : viens bébé, viens nous voir… Colin me dit d’arrêter de parler et de pousser… garde tes forces, pousse !
 Je commence à sentir la tête du bébé très proche mais à chaque fin de contraction elle repart en arrière…  Ça y est la tête est là, je pousse fort mais elle a le cordon autour du cou, faut que j’arrête de pousser. Puis deux poussées après le bébé est là…Il sort dans un grand ahhhhhh car il sort comme un boulet de canon et me déchire un peu.
J’ai accouché allongée sur le côté, j’écarte la jambe du dessus et j’attrape mon bébé qui pleure. Je sais pas ce que c’est, je m’y prends à deux fois mais j’ai le cordon qui m’empêche de voir. Puis c’est la sage femme qui nous annonce que c’est une fille, Colin pleure, il me regarde, il me dit c’est Evie, je lui réponds oui mon amour c’est Evie.
Elle m’est enlevée très rapidement car elle ne peut pas rester avec moi mais Colin la suit.
Moi je reste en surveillance pendant 2 heures.
J’apprends très rapidement qu’Evie respire seule, c’est une petite battante, pas besoin de la mettre sous respiration artificielle et puis c’est un beau bébé, elle pèse déjà 2kg120 et mesure 42cm. Je suis fière mais je ne réalise pas encore que c’est ma fille, je suis complètement dans le brouillard… J’ai hâte d’aller la voir, de faire connaissance en néo-natalité.

Elisabeth, à son domicile

3 Avr

J’avais déjà deux fils, nés tous les deux en structure, avec la péridurale malgré mon souhait de ne pas l’avoir. Je souhaitais un accouchement le plus naturel possible, sachant que les précédentes naissances s’étaient très bien passées sur le plan médical. Ma fille, Marie, née à la maison, est décédée quatre mois plus tard d’une maladie cardiaque (rien à voir avec l’accouchement). J’ai eu une autre fille 2 ans après, née par césarienne d’urgence pour cause de cordon ombilical très serré autour du cou. Si je tiens à transmettre cette naissance en particulier, c’est parce que j’ai ressenti un vraie ambiguïté suite à cette naissance. Un mélange de bonheur immense d’avoir réussi à faire ça « toute seule » mais aussi un immense traumatisme suite à la douleur à laquelle je n’étais pas préparée. S’il y a possibilité, j’aimerais également vous transmettre la naissance de ma seconde fille, par césarienne d’urgence. Il y a eu du respect dans cette naissance, de l’écoute qui me semble bon de transmettre. Mais également des bévues de la part de certains membres du personnel qui me semble importantes de dénoncer. Cependant, si un seul témoignage par personne est possible, je préfère transmettre la naissance de ma troisième enfant que voilà :

Le 1er septembre, 3h du matin. Je me réveille en sueur. Ça y est, on n’est plus en août. Marie sera définitivement un bébé de septembre.
J’avais tant espéré qu’elle naîtrait en août. J’ai mal au cœur, je dors mal. Le sommeil me quitte alors que j’ai conscience d’en avoir besoin. J’ai mal aussi. Une grosse contraction qui me fait serrer les dents. Mais j’ai l’habitude. Ces maudites contractions, ce « faux travail » comme on l’appelle qui m’a tant de fois fait croire que c’était LE jour. J’ai tellement hâte de rencontrer ma fille et en même temps, tellement d’appréhension.
Ma fille… ça sonne bizarre à mon oreille, comme surréaliste.
Je me recouche et essaye de me rendormir. Je ne cède pas à l’excitation, pas cette fois ! Et je parviens à me rendormir.
A 7h, je me lève. Les gars sont réveillés depuis une bonne demi-heure et jouent (bruyamment) dans leur chambre.
En m’accrochant au berceau et en serrant mes pauvres abdos écartés, je parviens à m’asseoir sur le bord du lit. Et là : aïïïe !!! Elle était belle celle-là ! Je me lève et vais aux toilettes pour faire mon 10è pipi de la nuit ! Aux toilettes, je m’aperçois que je perds des filaments de sang gluant et bien rouge. ENFIN !!! ça y est, c’est enfin LE jour !! Ce n’était peut-être pas du faux travail finalement !!
Je réveille mon chéri et lui dit. Il me calme un peu, sachant que ça fait 15 jours que je lui dis tout excitée « ça y est » pour finir la journée en pleurant parce que finalement c’était pas encore le bon jour !
On se lève, on fait déjeuner les garçons devant un petit dessin animé. Ils sont surexcités mais pas parce que j’ai des contractions ! C’est parce que demain c’est l’école !! On déjeune tranquillement. Je souffle et souffre. Je chronomètre mes contractions : elle sont espacées de 5 à 7 minutes et durent de 40 à 60 secondes. J’en suis au tout début du travail. J’espère en mon for intérieur que ça ira plus vite que pour les garçons. Mais je suis peu optimiste. A chaque contraction, j’essaye de favoriser l’ouverture du col : ma position favorite étant accroupie. Je parle à ma fille. Vas-y ma pimousse ! On va y arriver et dans quelques heures, on sera ensemble toi et moi !
Le déjeuné pris, les enfants habillés, ils jouent dans leur chambre. Mon chéri débarrasse la table et commence à croire que c’est le jour. Selon lui, je suis dans un autre monde, décalée. C’est aussi ce que je ressens. Il y a un grand soleil dehors, il fait chaud, un belle journée d’été. Seul bémol : on est en septembre. Il va falloir que je me fasse à l’idée que je n’aurais pas un bébé d’août. Je n’ai pas particulièrement envie que ça soit aujourd’hui alors forcément, ça va être aujourd’hui !!
Je vais sur des forums pour dire à mes copinautes que ça y est, c’est mon jour ! J’aimerais bien que mon bébé soit dans mes bras dans l’après-midi mais je penche plutôt pour ce soir ou même cette nuit. Je ne sais pas pourquoi, j’avais imaginé que mon bébé naîtrait la nuit, avec une lumière tamisée et une petite musique douce… Ce qu’on s’imagine quand même ! Vers 10h, je vais prendre une douche. Je ne veux pas prendre de spasfon ! Pas à 1 jour de mon terme ! Ces fichues contractions, je les ai trop attendues pour tenter de les atténuer ou de les stopper ! Je les accueille avec envie et hâte, sachant que bientôt je les maudirai ! Sous la douche, deux contractions m’obligent à me mettre accroupie. C’est sûr : ce sont de vraies contractions ! Je monte m’habiller, comme tous les jours je mets un jogging de grossesse (le seul truc que j’arrive encore à mettre), un T-shirt de grossesse et mon bola. Je suis habillée en noir et blanc et bizarrement, tout sera comme ça aujourd’hui ! Je continue de chronométrer mes contractions.
Les enfants ont compris qu’il se passait quelque chose. On leur explique que Bébé Marie est en route pour sortir de maman et que ça fait mal à maman mais ce n’est pas grave. Pour les calmer un peu et parce que c’est un jour particulier, mon chéri accepte que les gars regardent un autre dessin animé ! Les trois gars se plantent devant Toys Story 3 ! Moi je ne regarde pas vraiment. Je vaque à mes occupations, je rangeote, je lavote tout en supportant les contractions accroupie à chaque fois. Elles s’espacent maintenant de moins de 5 minutes et durent plus d’1 minute. Le dessin animé arrive à sa fin, je fais à manger. Je me pose 5 minutes avec les gars durant les dernières scènes. Assez émouvantes de surcroît. Je surprends mon homme en train de pleurer… Bon, c’est vraiment LE jour ! Tout est décidément complètement anormal aujourd’hui ! Mon homme qui pleure devant un dessin animé, y a un truc dans l’air !
On met la table et les gars mangent. Moi je n’ai pas faim. En revanche, qu’est-ce que j’ai soif ! C’est un vrai bonheur de pouvoir boire à volonté ! Mon chéri me regarde et me dit que je devrais appeler la sage-femme. Oui, il a raison. Je m’exécute donc. Je tombe sur le répondeur de son portable et lui laisse un message. Comme j’ai un doute quant au fait qu’elle consultera son portable avant que ma fille ne naisse, je décide de la déranger chez elle. Elle est très émue que ça soit enfin LE jour. Elle est en route ! Je l’attends sans impatience aucune. J’ai envie d’être absolument seule, comme pour mes précédents enfants. Mais un professionnel de la naissance me semble indispensable pour garantir notre sécurité. L’accouchement non accompagné, ce n’est pas pour moi.
Je suis complètement déconnectée de la vie quotidienne. Les enfants que font-ils ? Mon mari à quoi s’occupe-t-il ? Je n’en sais rien ! Il est environ 13h30 lorsque ma sage-femme arrive accompagnée d’une petite étudiante sage-femme. Je les accueille. Ma sage-femme est aussi sûre que mon homme : je suis bel et bien en travail. La seule qui pourrait encore en douter, paradoxalement, c’est moi ! J’ai soudain très faim. Je me fais du riz et nous décidons avec mon homme que les enfants vont aller chez leur tata pour l’après-midi. Ils sont très excités et nous ne sommes pas au top pour nous en occuper. Mon chéri est aussi déphasé que moi. Il prépare les sacs pour les garçons. Je m’inquiète de ce qu’il y met : « pense à ci, pense à ça »…
Je commence à avoir très mal et je ne me sens pas bien en bas. En bas, c’est le salon, on y accueille des invités, on voit la rue, … J’ai besoin d’intimité. Je monte dans ma chambre, accompagnée par ma sage-femme. Elle me propose de regarder où en est mon col mais je refuse. Je sais que je ne suis pas encore très avancée et je n’ai pas envie de me décourager.
La tata arrive. Pendant que mon chéri prépare les garçons, elle monte me faire un coucou. Elle est calme, elle sourit. Nous sommes quatre dans ma chambre. Quatre femmes. Nous avons toute connu les douleurs de l’enfantement, nous savons toutes et les mots sont ici inutiles. Un silence religieux s’installe tandis que je supporte une contraction. Puis, elle s’en va, me rassurant gentiment que les garçons seront entre de bonnes mains avec elle. Elle me souhaite bon courage.
Nous préparons la chambre. J’ai soudain un intense besoin de nidifier. Je change les draps, les remplace par des draps usés que je n’ai pas peur de tacher. Je mets une alèse pour protéger le matelas. Je tiens à le faire moi-même. Je vais chercher les alèses jetables, le désinfectant, le thermomètre, la couverture pour le bébé… Je mets tout ça près de moi, ajuste le berceau. Tout me semble prêt. Chaque contraction me mure dans un profond silence, sans même un souffle. Je ne les supporte qu’assise.
Ma sage-femme me redemande gentiment si je veux bien qu’elle m’examine. Bon, cette fois d’accord. Je ne m’allonge cependant pas sur le dos, cette position m’étant particulièrement inconfortable. Je me positionne semi-assise au bord du lit. Elle m’annonce un bon 5cm. J’ai fait la plus grosse partie du travail.
Je me met à quatre pattes pour que la sage-femme puisse me poser l’ovule vaginal qui permet de rééquilibrer ma flore. J’ai le streptocoque B, j’essaye donc d’assainir un peu tout ça avant le passage de mon bébé. Je reste un moment à quatre pattes, la tête posée contre un oreiller. Je crois même que je m’assoupis un peu. Ma sage-femme s’est eclipsée. Dans la chambre toujours mais elle s’est assise dans un coin et ne fait plus un bruit. Ce respect pour mon intimité m’émeut et me permet de passer le cap des contractions.
Soudain, une énorme contraction me fait gémir de douleur. Ma respiration s’emballe et je sens mon corps mobilisé par la seule douleur. Je suis forcée de me redresser. Je sens que les choses s’accélèrent. J’ai besoin de mon mari. Elle l’appelle, il vient. Il se met derrière moi, me touche, me rassure. Il ne parle pas, il n’y a pas besoin. Ma sage-femme s’éclipse.
Je n’accueille plus les contractions, je les subis. Elles sont violentes, elles m’ouvrent, elles m’assaillent… Le bébé appuie, il se fraye un chemin. Je gémis, je vocalise… Je me crispe.
Mon chéri est derrière moi, il applique ses mains tendres sur mon ventre dur. Il aime sentir la puissance de mes contractions, la puissance de la mise au monde. Mais lui comme moi découvrons autre chose à présent. La péridurale m’avait été posée pour les précédentes naissance. Celle-ci n’a aucun artifice. Nous allons devoir aller jusqu’au bout. La puissance de la mise au monde ? Nous ne savons pas encore ce que c’est !
Je ne peux plus supporter les contractions. Je me mets à crier. La sage-femme revient. Elle n’essaie pas de me calmer, ne me demande pas de ne pas crier. Au contraire. Elle est calme, douce. Je crie, je dis des choses qui ne veulent rien dire. Chaque contraction me semble encore pire que la précédente et j’ai si peu de répit.
Mon chéri est toujours derrière moi, il a toujours les mains sur mon ventre.
Personne n’essaye de me contenir, je suis juste accompagnée. Personne ne sait mieux que moi, tout le monde est là que pour moi et mon bébé. Dans ce moment où je ne peux pas veiller à ce que mon intégrité soit respectée, en ce moment où je ne peux pas me défendre, c’est fantastique de se savoir entourée par des personnes respectueuses.
N’entendez pas là que les sage-femmes en maternité ne le sont pas !! Mais elles sont occupées par d’autres femmes en train d’accoucher, elles obéissent au protocole, elles ont besoin que la femme ne crie pas pour faire régner l’ordre dans le service… Humainement, elles ne peuvent être autant à l’écoute que ma sage-femme dans ce moment où elle n’est là que pour moi et mon bébé. C’est ce que je recherchais avant tout : un accouchement humain.
Je me crispe à chaque contraction. C’est violent. Je crie, je bouge, je ne sais plus quoi faire pour me soulager. Je me rends compte qu’à chaque fois qu’une contraction arrive, un liquide chaud s’écoule. J’ai besoin de pousser, je ne me retiens pas. Le liquide, c’est la poche des eaux qui s’est rompue.
Je regarde l’heure bêtement : il est 15h25, c’est l’heure à laquelle est né mon fils aîné. Je pense à lui. Ma sage-femme me demande si j’accepte d’être à nouveau examinée. J’accepte. Elle me dit qu’elle sent encore un bord de col. Je suis presque à dilatation complète ! Mais je ne réalise pas vraiment ce que ça veut dire.
Je hurle que je n’y arriverai pas, que je ne l’ai jamais fait. Ma sage-femme me rétorque avec douceur « ah bon ? Mais qui d’autre a mis tes enfants au monde alors ? »
J’entre dans la phase de désespérance : je pense que je vais mourir, je ne veux plus accoucher, je n’en peux plus, je souhaite que tout s’arrête… J’ai l’impression que je ne pourrai plus supporter une contraction de plus mais elles s’enchaînent de plus en plus. Ma sage-femme me regarde et me dit « mais c’est bien, tu es forte, ton bébé arrive là ». Je lui crie que ça n’est pas possible. Dans ma tête de femme conditionnée, alors que j’avais pourtant choisi mon accouchement, j’étais persuadée que mon bébé ne pouvait pas venir puisque je n’étais pas à la maternité ! Tout était décalé, encore une fois, tout semblait surréaliste. Tout l’était !
Soudain, une énorme contraction me fit basculer en arrière. J’ai senti un « crac » et j’ai dû m’allonger. Mon bébé passait mon bassin. Je le sentais tout contre mes os, je le sentais se hisser vers l’extérieur, la force impérieuse de la vie, le bébé qui veut naître… Il paraît que la naissance, c’est comme un coucher de soleil : on ne peut ni le ralentir, ni l’accélérer… ça semble tellement évident à ce moment là.
J’étais sur le dos, on me dit que la tête de mon bébé est là, on me propose de la toucher mais j’ai trop mal. Je me dis que je n’aurai jamais assez de forces pour pousser. Mais je n’ai pas le choix : lorsqu’une contraction arrive, douleur ou pas, je pousse de toutes mes forces.
Je sens sa tête qui sort et re-rentre. Je me dis que je n’y arriverai jamais. Puis soudain, une poussée plus puissante que les autres et la tête sort.
Je sens tout, absolument tout. Je n’ai pas besoin de voir, je sens tout. La sage-femme n’a pas besoin de me dire, je sais. Je sais que la tête de mon bébé est sortie, je sais que dans quelques secondes la prochaine contraction me fera sortir les épaules. Je me dis que de toutes façons maintenant, il faut que je la sorte ! Je me met à pousser de toutes mes forces. Plus question de crier, il s’agit d’accoucher !! Je sens les épaules qui passent, je me sens écartelée, ouverte à l’extrême pour laisser passer ce petit être.
Puis soudain, tout se referme. Tout. La douleur s’arrête. Et j’entends un petit cri. Le premier cri de mon bébé. On me la donne, elle est toute chaude, toute gluante, elle crie doucement… Oh mon bébé… Ma petite fille… Je n’ai plus du tout mal. Les contractions ? De vieux souvenirs… Ma récompense ultime est là. Mon bébé a la bouille toute fripée et les cheveux tellement noirs…
Soudain, je sens un tiraillement très désagréable : ma sage-femme tire sur le cordon, je sens le placenta qui se détache. J’hallucine d’avoir autant de sensations ! Le cordon bat toujours, il n’est donc pas encore coupé. Ma puce est contre moi et se repose un peu de notre combat. Elle est forte ! Elle ouvre ses petits yeux, je plonge dedans littéralement. Une fois que le cordon a cessé de battre, il est clampé et mon chéri le coupe, comme pour nos précédents enfants.
La sage-femme tire encore un peu plus sur le cordon et mes contractions reprennent. Mais ça ne s’arrêtera donc jamais ?! Les contractions sont puissantes mais beaucoup moins douloureuses : d’une j’ai mon bébé sur moi, de deux, le col est déjà ouvert. Je sens le placenta qui sort, je pousse un peu mais je n’ai plus beaucoup de force. Et je le sens passer complètement. Sensation très bizarre, je saisis la vraie signification du mot « délivrance ».
Ma puce se met à téter sur mon sein gauche. Elle est goulue et tète fort. Ma sage-femme me masse l’utérus pour évacuer le sang, ça me fait mal. Marie est toute calme. Un rayon de soleil de fin de journée vient lui caresser le visage…
Il m’a fallu plusieurs jours pour réaliser. J’ai mis du temps à comprendre… comprendre que mon rêve s’était réalisé. Le sait-on vraiment quand nos rêves se réalisent ? Tout m’a semblé surréaliste du début à la fin, même mon homme n’arrivait pas à réaliser qu’on était vraiment restés à la maison. Il me confiera plus tard que jusqu’au bout (comme moi), il a cru qu’on partirait pour la maternité. C’était violent et animal et nous en avons été choqués tous les deux. Marie est notre troisième enfant et pourtant, c’est la première fois qu’on met au monde… Et pourtant, cette naissance est notre plus beau souvenir !
Je pense que toutes les femmes devraient pouvoir vivre un accouchement 100% respecté comme celui que j’ai vécu. Néanmoins, je regrette de n’avoir pas été mieux préparée à la douleur incroyable qui fut celle des contractions. J’en ai gardé un souvenir très présent qui m’a énormément pesé lors de la naissance suivante. Pendant plusieurs semaines, je n’ai pas pu dormir dans ma chambre, dans ce lit, j’évitais cette pièce. Je me suis toujours sentie mal de l’avoir aussi mal vécu. Mon accouchement a duré 13h et mes douleurs ne m’ont pas rendue plus forte. Cela dit, je suis heureuse d’avoir vécu cette expérience.
Note : Elisabeth nous a envoyé les témoignages des naissances de ses autres enfants, Sébastien, Léo et Chloé, que l’on peut lire aux adresses suivantes (par ordre chronologique)

Ecoute et douleur

6 Mar

J’avais 28 ans et j’attendais avec impatiente l’arrivée de notre petit dexième. Mais la cigogne était en grève cette année là et ce fut le papa noël qui nous a apportés notre fils. En effet, le 25 décembre à 6heures du matin je me réveilles à cause des contractions. Elle ne sont pas douloureuses mais elle sont régulières et espacée de 15 minutes. J’appelle la maternité pour savoir si je dois y aller tout de suite et la sage femme me réponds d’attendre un espacement toute les dix minutes.
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> > Vers 7h30, c’est le moment d’y aller. J’essaye de réveiller z’hom qui à un peu de mal ce matin là. Le temps que Mr se réveille et que nous fassions garder la grande (un peu difficilement en ce jour de noël) nous ne partons à la maternité qu’à 9h, les contractions ne sont toujours pas douloureuses mais elle sont de plus en plus rapprochées (toutes les 6minutes). Heureusement nous n’habitons pas loin de la maternité et je n’ai pas eu à m’inquiéter d’accoucher sur la route!
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> > Une fois arrivée à la maternité, la sage femme présente se souviens de mon appel, vérifie notre dossier et pratique un toucher vaginal. Je suis à 5 de dilatation et il est déjà temps d’aller en salle d’accouchement. Ce qui m’a fais bien plaisir dès mon arrivée c’est que chaque personne qui est rentrée dans la chambre s’est présentée. J’étais encore tout à fait en forme et souriante, toujours pas de douleurs. L’anesthésiste viens quand même me poser la péridurale car je la demande, pour le premier accouchement celà m’avait bien soulagée au moment voulu et je n’avais pas envie d’attendre que ce soit trop tard pour être soulagée. Deux heures d’attente en toute sérénité avec mon compagnon, discutant une dernière fois du prénom. Pendant ce temps la poche des eaux se perce, je suis à 8 de dilatation où on m’injecte une dose d’anesthésiant pour éviter la douleur pendant l’accouchement, puis 10 très rapidement.
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> > Et c’est là que tout à commencé. J’ai senti notre petit bout pousser sur mon vagin et bin qu’ayant connu un premier accouchement je n’ai jamais eu aussi mal. C’était comme si on essayait de faire passer une pastèque dans le trou d’une serurre! J’étais complètement envahie par la douleur et les poussées étaient horribles. Puis ça à été l’affolement autour de moi, la sage femme me dit qu’il y a un petit soucis sur le monitoring et qu’il va falloir le sortir très vite. Je comprends alors que le coeur de bébé se met à ralentir et la pression se fait sentir dans la salle. Finalement la gynécologue découvre que le cordon est autour du cou et fait de son mieux pour l’enlever. En plus bébé est bien la tête en bas mais regarde vers le haut et non vers le bas, ce qui est plus difficile pour pousser. La gynéco décide alors d’utiliser les ventouses. Bébé est déjà à moitié engagé et je sens absolument tout du déplacement des doigts de la gynéco à l’intérieur de moi, du placement de la ventouse, de toute la manipulation pour enlever le cordon. Une fois la ventouse placée quelques poussées de plus et bébé était là à 11h40.
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> > Mais il ne pleure pas, il est très bleu. Le pédiatre est appelé en urgence. Le temps se déroule comme au ralentit jusqu’à ce que l’on entende enfin les pleurs de notre fils. Juste après je sens comme une aiguille qui s’enfonce dans ma chair, j’ai eu une déchirure et on est en train de me recoudre. J’essaye de me concentré sur notre fils et le bonheur de l’avoir mais la douleur était trop présente. Suite à cet accouchement difficile et pourtant pas long, on me pose notre fils en peau à peau lui donnant une chance de se réchauffé et de se calmer contre maman plutôt qu’en couveuse. Il a lui aussi mal vécu se moment et en tremble de tout son corps. Ce n’est finalement qu’une heure et demi après qu’il s’est enfin calmé.
> >
> > Le lendemain lorsque la pédiatre est entrée dans la chambre pour la visite de contrôle, la première chose qu’elle ai dite c’est « ah c’est vous que l’anesthésiste à raté! ». C’est bien ce que j’avais pensé et je comprends mieux la douleur aussi élevée. Donc papa noël, le cadeau que tu m’a amené est très beau, c’est d’ailleurs désormais le premier homme dans mon coeur, mais s’il y a une prochaine fois, je pourrais avoir le supplément sans douleur et sans frayeur s’il te plait?

# 150 Anonyme_ Seine st Denis

24 Fév

je suis une jeune maman ayant vécu un accouchement loin d’être idéal.
j’ai perdu les eaux le mardi 30 octobre dans la nuit, mon mari ma conduit a la clinique ou j’étais suivi en seine st denis. après examen mon col n’était pas dilaté, j’ai donc été conduite dans ma chambre et suivi de près.
le lendemain toujours aucun avancement, monitoring examen… mon col resté a 1 pas plus de dilatation et pourtant des contraction mais pas régulière.
Les médecins ont décidé de me posé un tampon propes pour accélérer la dilatation la journée a passée au moment de le retirer pour vérifier mon col été mou mais aucun avancement, et les douleurs et contractions qui se fessait de plus en plus ressentir,le lendemain mon reposée un autre tampon propes, car on peut posé jusqua deux tampon maximum. re-belote douleur encore pire mais pas de dilatation le médecin nous explique qu’on va essayer laisser passer la nuit pour voir au lendemain ce quil décide, alors entre la douleur des contraction la fatigue et colère car je comprenais pas quil décide pas de suite une injection d’ocytocine ou voir une césarienne, javais tout de même depuis 3 jours perdu les eaux.
mais durant la soirée contractions très rapprochées et plus du tout supportables vers minuit je vais de ma chambre au service sage femme où il me suivait et je dit là je tenais plus contraction trop douloureuse.malgré les injection morphine le sage femme me dit il m’emmène en salle d’accouchement pour la péridural malgré que mon col été a peine a 2.me font une injection ocytocine, péridural et la soulagement….

toute les heures le sage femme venait nous voir dans la salle d accouchement pour voir si l ocytocine faisait son effet.doucement ça avancait, à 3 h du matin j etais à 4. fatigue énorme, monitoring et échographie. la gynéco me dit que la tête de mon bébé est tournée vers le haut donc me possitionne accroupie pendant une heure pour essayer qu il se retourne en vain….

j’en pouvais absolument plus,a 9h du matin j’étais a 7.mais le médecin décide stop trop peu avancé en 9 h de temps et j’ai en plus déclenché une forte fièvre, en deux temps trois mouvement m’annonce bloc cesarienne risque infection pour mon bébé et moi j’aurais été dans l’incapacité de pousser. me voila partie au bloc en 2 minutes paniquée et soulagée quand même,mon mari ne peut assister à la cesarienne donc mattend a coté.
bref, mon fils né le samedi 3 novembre a 9h35 après avoir perdu les eaux depuis le mardi !

je n’ai, en plus, pu voir mon fils juste une minute pour un bisous car il a avalé liquide amniotique et risque d’infection comme j’étais en forte fièvre il a été mis au service néo pendant 10 jours

après la cesarienne 2h en salle repos.pour l’info j’ai vu mon fils que le lendemain après midi.car ne voulait pas me lever ni lemmener. comme je souhaitais l’allaiter vraiment pas génial. je me suis levée et été donc le lendemain en fauteuil roulant le voir.je demander a sortir 3 jours apres ma cesarienne et nous allions plusieurs fois par jour voir notre fils pour l’allaiter. j’ai allaite jusqu à ses 3 mois. mais je reste persuadée que la séparation n a pas été du tout bénéfique et a rien apporté de bon, il n a ni fait de peau a peau avec moi ou son papa. il avait commencé le traitement antibiotique au cas ou est de la fièvre. ne pouvais pas avant 10 jours le sortir du service néo. après les résultat il ses avéré qu’il n’avait absolument rien en pleine santé.

je regrette énormément de pas avoir eu mon fils de suite.pour le prochain il est clair que je demanderais une sesarienne programmé au vue des difficultés que j’ai eu a la dilatation.