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Mon accouchement à domicile

14 Jan
Je pensais me rendre à la maternité et faire « comme tout le monde » avais-je répondu à la sage-femme qui nous accompagnait à une préparation à l’accouchement…
Et puis, une lecture : « Naissance à visage humain », m’a parlé…. moi qui ai un rapport particulier au corps… et j’ai commencé à me renseigner sur les accouchements physio sans péridurale, et puis  j’ai fini par en parler, de ce rêve d’ado de donner la vie en piscine… dans l’eau quoi…
Et, j’ai fait la rencontre d’un obstétricien et d’une sage-femme qui ont convaincu mon conjoint du risque aussi important voire moins important encouru par le fait d’accueillir notre petit Héloïse chez nous… (à condition d’une grossesse sans risque) et il a dit oui alors que j’étais toujours en questionnement du où ? et avec qui ? hôpital qui respecte le lien mère-enfant et favorise les accouchements physio. Mais les dés étaient jetés, si ma grossesse continuait à bien se dérouler; ce serait à la maison !
Et fin février, 37ème semaine, quand l’obstétricien m’a confirmé que pour lui c’était ok et bien voilà, c’était parti ! Préparation matérielle en route ! J’ai alors beaucoup lu sur la douleur de l’accouchement pour disposer de plusieurs outils : chant avec sons graves, l’accueil de la douleur (qui était très conceptuel) et points d’acupuncture. J’ai aussi réalisé des massage du périnée à l’huile d’olive, moi !!????
J’étais intimement convaincue que ma volonté (l’intellect’) de ne pas faire de péridurale contribuerait à une bonne gestion de la douleur.
Et le vendredi 3 Mars, alors qu’un ami était venu partager un repas avec nous, j’ai senti des contractions… différentes de celles de la grossesse… j’ai rien dit, convaincue que mon premier accouchement durerait des heures et des heures… j’ai simplement dit avoir mal au ventre, et j’ai pris mon ballon pour me détendre alors que nous prenions l’apéritif… Notre ami est parti tôt et puis j’étais comme obsédée par le fait d’aller dormir pour être en forme pour le vrai travail !
J’ai dormi, comme on peut dormir en fin de grossesse… et puis… à 5h du matin, les contractions m’empêchaient de dormir alors… j’ai pris un 1er long bain. J’en suis sortie et j’ai indiqué à mon conjoint que c’était le jour… A 7h, j’ai appelé l’équipe d’accoucheurs : un obstétricien et une sache-femme et je leur ai indiqué que les contractions étaient régulières mais pas rapprochées. Le temps d’annuler leurs rendez-vous, ils sont arrivés pour 11h. Ils m’ont trouvée détendue… et m’ont conseillée de continuer ainsi, limite de ne pas penser à l’accouchement, au stress généré par ces nouvelles douleurs. Ils m’ont demandé de penser qui pourrait venir boire un thé avec moi l’après-midi… je n’en revenais pas… moi qui intellectualise tout, je devais ne pas penser à ce qui se passe…. mais j’ai exécuté les recommandations et j’allais au jardin quand les contractions arrivaient… Mon couple d’amis n’en revenait pas de mon état d’esprit. Eux qui 2 mois auparavant avaient vécu un accouchement hyper-médicalisé. Et puis, à 17h quand l’équipe est revenue, la sage-femme me disait que j’avais tellement décroché de ce que je vivais que le travail n’avait plus avancé. Le nouveau mot d’ordre était : concentration et là, j’ai commencé à entrer dans cette fameuse « bulle ». Doucement, les contractions se rapprochaient. Les heures passaient. Mon conjoint a éteint les lumières et allumé un feu de cheminée, j’ai pris un 2ème bain mais à minuit : pas de poche perçée et pas d’ouverture conséquente… je fatiguais bien sûr, alors ils ont décidé de percer la poche et là… oh oui que les vraies contractions de travail arrivaient ! ! ! J’ai utilisé ballon, écharpe pour me suspendre mais sur le tapis, je n’étais pas inspirée par les positions sur le côté…. peut-être plus tard me disais-je…. J’ai pris un 3ème bain dans le noir et je me rappellerai toute ma vie de cette atmosphère. J’avais convié mon conjoint à me suivre dans mes sons graves pour limiter la douleur. On aurait cru un temple boudiste avec nos :  » Oooaaaah » en stéréo. Au sortir du bain, tout a pris une autre dimension, je commençais à être à cours d’idées pour gérer la douleur. Le sol ne me permettait toujours pas d’être à l’aise et j’ai  alors demandé à mon conjoint le massage des points d’acupuncture sur les mains seulement les contractions m’empêchaient d’être dedans… j’attrapais mon conjoint assis sur le lit par les épaules à l’arrivée de chacune d’elles et le serrai très fort tout en continuant mon chant boudhiste dont le son commençait à monter ! J’ai voulu dormir donc nous avons dormi l’un contre l’autre entre deux contractions. Et puis, le moment de la délivrance approchait. La sage-femme me propose la baignoire, je lui dis non à la surprise de mon conjoint,  me sentant trop fatiguée pour l’atteindre et puis… c’est si peu confortable !  J’ai essayé une chaise physio avec laquelle visiblement je poussais comme il fallait mais l’obstétricien m’a arrêtée car mon flux sanguin était trop concentré dans mon bas ventre et il craignait une hémorragie, je re-tente le sol mais définitivement non et puis mes représentations m’ont rattrapées certainement et c’est le lit qui m’a interpellée. C’est bien le seul regret de cet accouchement ! Ensuite, j’ai « poussé » comme on dit, sans bien savoir si c’était comme ça… j’ai d’abord poussé avec mes abdos, ce qui ne sert à rien lors d’un accouchement comme tout le monde peut se l’imaginer…. Les contractions ressemblaient à de fortes vagues si puissantes qu’elles généraient chez moi comme un vent de panique. J’avais peur, si peur de laisser cet enfant mourir dans ce passage… ça a duré longtemps (je n’ose même pas l’écrire car JAMAIS on m’aurait accordé ce temps en hôpital) jusqu’à ce que l’obstétricien me crie : c’est comme ça ! Là, ma peur s’en est allé et mon intellect (je dis intellect alors que c’était sensoriel… je crois que j’avais à nouveau réuni corps et esprit) cela m’a permis de me concentrer pour reproduire à l’identique ce que je venais de faire… la tête était sortie, je n’y croyais pas ! tellement pas que je poussais alors que je n’avais plus de contractions. Ma sage femme m’a alors dit : tu n’as pas compris ? c’est la contraction qui fait sortir le bébé ! Oui je le savais mais non je ne l’avais pas encore intégré ! comme on dit on apprend en faisant ou plutôt quand tout est fini et que l’expérience nous a tout appris !
Le reste du corps est donc sorti sans aucune sensation avec la contraction suivante. Et là, c’est la rencontre !  Ma fille me regardais droit dans les yeux comme si elle savait que j’étais sa mère…. incroyable ! elle était là, vivante, en bonne santé, j’étais comblée, encore sous le choc mais comblée !
Ce que cette expérience m’a appris c’est que devenir mère ce n’est pas que dans le conscient… et que mon corps, si j’apprends à l’écouter peut m’aider à vivre les choses telles que je souhaite les vivre.  Il m’en a fait la démonstration. Ce temps que m’a accordé cette équipe pour que je trouve le chemin de la vie avec ma fille n’a pas de prix ! Moi qui ai vécu un trauma corporel avait inconsciemment dissocié corps et esprit depuis toujours… et ce vécu m’a permis de vivre pour la première fois un moment ou corps et esprit m’ont permis la plus belle réalisation qu’il soit donné : donner la vie dans la douceur.
Mon conjoint m’a avoué le jour qui a suivie l’arrivée de notre fille qu’il me remercié de l’avoir accompagné dans cette voie de l’intime car être à trois à la maison les heures qui suivent une naissance sont des moments uniques d’intimité.
Merci H., L., M. et M. pour ce cadeau que vous m’avez fait d’être avec moi pendant ces « longues » heures….
Je tiens à préciser que ce récit ne correspond forcément pas à la réalité dans la mesure où j’étais en train d’être actrice de mon accouchement et que j’en suis ravie de cet accouchement donc il doit y avoir des déformations, veuillez m’en excuser d’avance !
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Un accouchement respecté, Angers – 2013‏

8 Jan

J’ai accouché de mon premier enfant, un petit garçon, le 30 mars 2013 et j’ai été encadrée par équipe exceptionnelle (dont faisait partie mon compagnon!)

Tout au long de ma grossesse, je suis allée régulièrement au CHU pour les échos, les RDV du 8ème et 9ème mois, l’anesthésiste.
Et j’avais une idée assez précise de l’accouchement que je voulais : le plus naturel possible. Et mon compagnon toujours très ouvert, de me suivre dans l’aventure sans sourciller : « l’haptonomie? ouais on essaie » « les couches lavables? ouais on essaie »

1ère écho compliquée : on me dit de bien boire et ne pas faire pipi mais on nous reçoit en retard, ma vessie prête à exploser et là : « ah il va falloir vider votre vessie de 3/4 car on ne voit rien du tout! » Vider ma vessie de 3/4… il est rigolo lui! Bref, on a finit par réussir à tout voir et tout va bien!

2ème écho, rebelote! Mais pareil, l’échographiste finit par voir tout ce qu’il a besoin de voir, bébé est en pleine forme.

Il va falloir commencer la préparation à l’accouchement, je ne veux pas m’y prendre au dernier moment. Et heureusement, à quelques jours près, il était trop tard pour commencer l’hapto! Fin décembre, nous commençons à préparer l’accouchement avec une sage-femme « exceptionnellement exceptionnelle » qui nous a appris à écouter et ressentir bébé pour l’amener vers la sortie le jour où il sera prêt : « Monsieur, il faudra le guider vers l’entrée du toboggan!!! » Hum… beh on essaiera! 

3ème écho : tout va bien!

Visite du 8ème mois : tout va bien!
Visite du 9ème mois : tout va bien!
Visite avec l’anesthésiste : qu’est-ce qu’elle me gonfle! « Vous ne voulez pas de péridurale? C’est votre premier enfant, vous ne savez pas! » Ah mais si je sais, je n’en veux pas, je veux être dans une salle physio, je veux faire part de mon projet de naissance. « Trop tard pour le projet me dit-elle, il fallait le donner bien plus tôt. » C’est ce qu’on verra…

Le jour venu, vendredi 29 mars, mon compagnon part travailler mais j’ai mal au ventre depuis 6h du matin. « Tu es sûre que ça va aller? Tu ne t’es jamais plainte de toute ta grossesse, je crois que c’est le jour! »
« Mais non, part travailler tranquille, ça attendra ce soir »
Oui mais à 10h : « Chéri, reviens me chercher s’il te plaît »

11h15 : arrivée à la maternité, très bon accueil
« Madame, vu ce que vous me dites, je ne pense pas que c’est pour aujourd’hui mais on va vous examiner pour être sûr… Ahah, col ouvert à 4 cm vous restez avec nous.
Alors, dans votre dossier vous dites vouloir un accouchement le plus naturel possible. Un petit bain à 37°C, ça vous dit? » Et comment, j’ai même apporté mon maillot de bain!

12h30, les contractions se rapprochent, je veux sortir du bain, je suis sûre que bébé sera là dans l’après-midi…
(euh, je vais peut-être planter le suspens mais bébé est né à 3h31 le samedi matin soit 15 heures plus tard!!!)

On nous installe dans une salle où on m’examine régulièrement, l’étudiant « sage-homme » me faisant 2 fausses joies en disant « 7 cm euh non 5,5 cm en fait » Euh merci mais la prochaine fois tu te tais! Le pauvre, il s’est fait enguirlandé par son tuteur, je n’en ai pas rajouté une couche. L’après-midi est passé comme ça…

20h : changement d’équipe. Les filles prennent le temps de parler avec nous « alors, votre projet de naissance… » Quoi? Je n’ai rien donné car on m’avait dit que c’était trop tard. Elles me répondent qu’il n’est jamais trop tard et que lors de mes visites du 8ème et 9ème mois, la sage-femme que j’avais rencontrée a tout noté. Alors ils en tiennent compte à notre arrivée. Je suis tellement contente et rassurée.
Dans la foulée, on nous propose l’acupuncture pour faire avancer le travail et pour que cela soit moins douloureux. Et ça marche! Enfin, pas trop pour la douleur mais je suis soutenue par toute l’équipe et le futur-papa qui fait preuve d’une patience extrême et d’un calme incroyable.

0h : la sage-femme vient me voir et me dit que ça se complique car bébé n’est pas bien placé (il regarde en l’air) et ne descend pas, il est en souffrance. J’ai le choix : on continue encore un peu ou on pose une péridurale. Mais si on attend trop, c’est une césarienne en urgence.
Et là, je me dit que je ne veux quand même pas prendre de risque à ce point. Tant pis, posez-moi la péridurale, je suis quand même fière de ce que j’ai fait. « Vous pouvez » me répondent-elle aussi déçues que moi.

La suite, vous la connaissez presque : j’ai accouché par voies basses à 3h31, le samedi 30 mars 2013 d’un petit garçon en pleine forme.
Je ne remercierai jamais assez les équipes présentes d’avoir été à notre écoute et de nous avoir fait passer un moment magique.
Pour les autres, j’y retournerai, c’est sûr!

Do – 2ème accouchement – Aveyron 2013‏

8 Jan

4 ans après mon premier accouchement, que j’ai très mal vécu, me revoilà enceinte. Mon mari n’a toujours pas digéré de n’avoir pas pu voir sa première fille naître, il aimerait que j’accouche dans un autre établissement. Mais, là où nous habitons, il n’y a pas d’autre choix possible. Je lui ai dit : « On souhaite aller dans l’Aveyron, alors débrouille-toi pour trouver un travail avant la naissance ! » Mission accomplie nous déménageons 1 mois avant mon accouchement, gros soulagement de la part de nous deux.

Suivi de Grossesse dans notre ancienne région, la sage-femme qui me fait ma 2ème échographie m’annonce : « Vous faites un beau diabète gestationnel ! Il faut manger moins de sucre ! » et puis « Vous avez trop de liquide, c’est normal avec votre diabète ! ah non, d’après les mesures, tout va bien » « c’est étonnant, le bébé n’est pas gros ! » Donc, régime sans sucre et sans graisse pendant 4 mois … et 6 piqûres par jour pour vérifier ma glycémie. Je prends très peu de poids, mais bébé grossit normalement en pompant sur mes réserves (mes vêtements de grossesse deviennent trop grands au niveau des hanches).

J’arrive en Aveyron pour le rendez-vous du 9ème mois : « Ils ont été vache avec vous, pour nous vous n’avez pas de diabète ».

Toutes les personnes m’ayant examinées sont choquées des cicatrices de mon premier accouchement, alors qu’on me disait là-bas que c’était normal.

Pendant 10 jours, j’ai des contractions tous les soirs pendant 1 à 2 h, toutes les 5 min, mais, dès que je m’allonge, elles s’arrêtent. J’attends un autre signe pour pouvoir partir à la maternité.

Un soir, nous sortons à un petit concert dans le village. En rentrant à la maison, mes contractions du soir sont là, avec une douleur très légèrement supérieure. Je me couche et m’endors. A 1h40, je suis réveillée par une grosse contraction. Je me lève et m’aperçois que les 2 suivantes arrivent toutes les 3 minutes. Je réveille mon mari en lui disant qu’il faut partir vite. Branle-bas de combat : prendre les valises, notre fille, le chat : personne ne reviendra à la maison pendant 4 jours. Sachant qu’on ne me donnerait pas à manger à la maternité et pensant que ça sera surement long (17 heures pour la 1ère) je mange des bananes pour accumuler des forces.

2h20 nous partons, j’appelle mes parents, pour leur dire que l’on va venir déposer la grande.

Les virages de la route de montagne sont assez dur à supporter. J’ai de plus en plus mal et avec la position assise, je n’arrive pas à gérer les contractions. Je hurle de plus en plus dans la voiture et sens que tout s’accélère au bout de 20 min de trajet il reste encore 40 min … J’appelle mes parents pour qu’ils nous rejoignent à la maternité.

Nous arrivons à la maternité à 3h15. Mon mari me laisse aux urgences pendant qu’il attend mes parents pour laisser notre fille.

Je suis accueillie par une jeune sage-femme, quand elle me voie souffler très fort pendant les contractions me dit : « Faut vous calmer, sinon vous n’arriverez pas à garder du souffle jusqu’au bout » Elle demande si je souhaite la péridurale je lui réponds : « J’en voulais pas mais j’ai trop mal, oui je la veux ! » Elle m’examine et me dit : « Vous êtes à 8 cm, pour la péridurale ça me semble difficile. Je vais préparer la salle d’accouchement. » Je lui suis très reconnaissante de m’avoir annoncé avec une telle douceur que ça ne serait pas possible, de toute façon, au fond de moi, je ne la voulais pas.

Arrivée en salle d’accouchement, je n’ai qu’une peur, que mon mari n’arrive pas à temps, qu’il loupe une deuxième fois ce moment. Il arrive, ouf ! J’ai envie de pousser alors je pousse : la poche des eaux se rompt.

La sage-femme me dit de faire comme je le sens : je pousse lorsque j’en ai envie, arrête quand je veux. Au milieu de mes poussée : un éclair dans ma tête : je ne veux pas ravoir de grosses déchirures, je dis à la sage-femme : « Si y a besoin de couper, vous coupez ! » Elle me regarde d’un air effaré : « Nous n’en sommes pas là ! »

C’est magique, j’ai toutes les sensations qui m’avaient manquée lors de mon premier accouchement. Je sens la tête de bébé progresser au fur et à mesure de mes poussées. La tête est dehors, la sage-femme me demander d’arrêter de pousser, car il y a un double cordon autour du cou de bébé, elle est obligée de couper le cordon. 3h35 bébé est parmi nous. On me la pose sur le ventre et nous pouvons faire connaissance tranquillement. Moment magique ! A peine sortie, elle ouvre la bouche et cherche à téter. Je la mets au sein pour sa première tété, elle y restera 1h.

La sage-femme me recoud, trois petits points sur ma grosse cicatrice qui a un peu craquée. Elle est choquée lorsqu’on lui raconte mon 1er accouchement et essaie de me recoudre pour que j’ai le moins de gène possible. Elle a très bien fait car je n’ai eu aucune douleur.

Je remercie énormément cette sage-femme qui m’a permis de vivre pleinement mon accouchement. Elle est une petite fée qui a aidé ma fille à naître.

En résumé, mon accouchement fut très rapide, très intense mais tellement MAGIQUE !

Mon mari est sur un nuage d’avoir pu assister jusqu’au bout à la naissance de sa fille. Dès le lendemain je lui ai dit : « Nous aurons un 3ème ! », peut-être qu’à ce moment là, il pourra couper le cordon…

Dans cette maternité, les pères sont les bienvenus, ils ont à leur disposition un fauteuil se transformant en lit : il en profitera. Les aînés ont à leur disposition une salle de jeux, ça aura permis à notre grande de voir que l’on peut passer du temps pour elle, même s’il y a une petite sœur.

Lien vers le premier témoignage de Do : #323 – Do – 1er accouchement – Yonne 2009

#322 – Un accouchement volé – novembre 2009

7 Jan

Je vous remercie de nous permettre un moyen d’expression quant à ce sujet mal maîtrisé qu’est l’écoute des mamans.
J’ai 34 ans, à nouveau enceinte depuis un petit mois. Mon premier enfant a 4 ans aujourd’hui. Il s’appelle Enzo et l’accouchement a été une réelle épreuve, pour moi, mais aussi pour mon compagnon qui se sentait impuissant et interdit face à notre gynécologue.

2009 : Début de grossesse en février
J’ai des soucis de santé qui posent de vrais risques pour moi et mon enfant de l’ordre génétique. Pour être plus claire, j’ai un déficit en Protéine S sur le facteur V de mes gènes. Ce qui entraîne des complications au niveau de ma circulation sanguine.
Mon gynécologue a fait un bon suivi, prise de sang toutes les semaines dès le troisième mois et piqûres d’anti-coagulants 2 fois par jour, depuis mon 6ème mois de grossesse jusqu’à la fin de mon retour de couches, bas de contention, etc.
Ma grossesse s’est très bien passé, j’étais sereine en plus car j’étais suivie aussi par une jeune sage-femme hypnothérapeute et sophrologue, avec laquelle j’avais fais un réel travail de projection.
Cette sage-femme travaille dans la même structure que mon gynécologue de l’époque.
Mes problèmes de santé me classant dans les « hauts risques » voir limite « à très hauts risques », mon gynécologue a changé d’attitude avec moi dès le 7ème mois de grossesse, voulant me préparer à un accouchement déclenché. Car dans sa tête, ce ne serait pas autrement.
J’ai essayé de discuter avec lui lors de cette consultation, de lui expliquer que si aucun soucis médicaux ne venaient contrarier le bon déroulement de la fin de grossesse et le jour J de l’accouchement … de laisser les choses se faire d’elles-mêmes. Je refusais d’être en situation de “sur-médicalisation” et je sentais déjà que cela en prenait le chemin.
Il m’a fait comprendre que je ne pourrais pas maîtriser mon accouchement.
Cela m’a toujours heurté, car même si cela se passe mal, on doit pouvoir rester les premières actrices de nos accouchements.
Ma grossesse s’est très bien passée, jusqu’à une semaine du terme, où là, je sentais vraiment mon gynécologue en panique quant à mon déficit sanguin. Et moi qui était sereine, prête dans ma tête au travail, mon gynécologue m’a épuisée physiquement sur cette dernière semaine, et stressée.
Les discussions étaient de plus en plus tendues avec lui, car moi je ne voulais pas déclencher le travail et je ne voulais pas non plus de péridurale.
Il a commencé par me culpabiliser en me disant que j’étais une irresponsable de ne pas vouloir écouter et obéir à ses prédications. J’ai plus ou moins cédé …
Je m’explique :
La dernière semaine, il m’a fait descendre à B. 2 fois par jour pour faire monitoring et décollement des membranes une fois par jour. A cette époque, j’habitais sur les hauteurs à 30 minutes de B. Les deux allers-retours me prenaient donc deux heures par jour et m’ont littéralement épuisée.
Moi, qui était sereine jusque là, c’est le stress qui a pris le dessus, car plus les jours avançaient et plus les décollements de membranes me faisaient souffrir et devenaient dangereux.
Le terme était prévu pour le 5 novembre, le 2, mon gynécologue n’a pas voulu me laisser repartir chez moi car je commençais à faire des hypertonies au lieu de faire des contractions. Il a demandé aux sages-femmes de me coller une languette pour déclencher le travail.
J’avais déjà la vulve en feu à cause des décollements répétés tout au long de la semaine et ce “truc” n’a rien arrangé.
Et puis, franchement, rien que les décollements de membranes sont une épreuve en soi car c’est extrêmement douloureux, la sage-femme qui le pratiquait me disait que cela donnait de “l’amour au col”. Je sais que c’était pour me rassurer qu’elle me disait ça mais j’avais juste l’impression de me faire fouiller comme une vache, “alors tu parles d’un amour, toi” !! Rien de plus, ni rien de moins !!! D’ailleurs, je subis encore, 4 ans après, des problèmes réguliers d’irritations et de démangeaisons importantes depuis ces mésaventures.
Les sages-femmes, le jour de mon accouchement ont vraiment pris un rôle primordial pour nous, car elles n’étaient pas en accord avec le gynécologue quant au bon déroulement de mon accouchement.
Elles m’ont expliqué que cela n’aurait pas dû se passer comme ça, étant donné que nous allions bien, mon fils et moi.
Et les hypertonies que je faisais étaient dues aux décollements de membranes trop répétés et qui n’avaient pas lieu d’être. Ce n’est d’ailleurs pas elles qui me les faisaient.
Deux heures avant d’entrer en salle de travail, mon compagnon et moi avons vu notre gynécologue et cela s’est très mal passé. Je lui ai dis que je n’étais pas contente de me voir aussi stressée et que je me sentais extrêmement fatiguée pour ce qui m’attendait. Nous nous sommes engueulés, il m’a dit que, de toute façon, je n’étais pas médecin et que ce n’était pas à moi de décider de la bonne marche de mon accouchement ! J’en ai pleuré et lui ai répondu que dans la mesure où tout se déroulait normalement je devais rester maitresse de mon corps et de mon évènement.
Lors de cette altercation, les sages-femmes m’ont soutenues dans mon épreuve. Elles se sont opposées au gynécologue, en expliquant tant bien que mal que rien ne justifiait une telle prise en charge.
Elles m’ont d’ailleurs soutenues jusqu’à la fin car elles m’ont évité la césarienne.
Je suppose que le stress a beaucoup bloqué le travail car malgré le déclenchement, mon col ne s’ouvrait pas, ce qui stressait mon gynécologue.
A cinq heures de travail à 3 cm d’ouverture, j’ai cédé pour la péridurale car j’étais épuisée. Mais la dose a été mal dosée, j’avais la jambe gauche comme celle d’une poupée de chiffon et ressentait tout de l’autre côté. Au bout de huit heures passées à 3 cm, le gynécologue commençait à faire pression sur les sages-femmes pour qu’elles me transfèrent en bloc pour une césarienne.
Elles ne me l’ont pas dit à ce moment-là pour ne pas me bouleverser car j’étais très en colère après lui et il ne valait d’ailleurs mieux pas qu’il se pointe dans la salle d’accouchement !
Elles lui ont tenu tête et au bout de 10 heures de travail, toujours à 3, la plus ancienne d’entre-elles m’a fait prendre une position hyper inconfortable pour accélérer le travail. J’ai tenu cette position pendant 2 heures de temps, mais cela a été efficace car Enzo est né à la fin de ces 2 heures … sans césarienne !! La péridurale m’a perturbée tout autant que le reste car les sensations étaient très étranges, du fait que je ne ressentais absolument rien du côté gauche et absolument tout du côté droit. J’ai juste déchirée un peu mais sinon cela s’est très bien fini pour nous !
Je ne remercierai jamais assez les sages-femmes présentes pour ce qu’elles ont fait pour nous. Elles ont rassuré mon homme, qui était un peu perdu face à la culpabilisation permanente dans laquelle nous plaçaient le gynécologue.
Car elles ont fait barrage face au gynécologue et elles ont fait preuve d’un grand savoir-faire et d’un grand professionnalisme.
Les gynécologues obstétriciens ont monopolisé l’accouchement !! Mais les sages-femmes ont des millénaires d’expérience en ce domaine et le fait que ce soit en général des femmes, elles savent ce que cela représente en terme de douleurs, en terme d’amour-propre pour une femme et en savoir-faire technique bien évidement !!
Car je tiens quand même à dire que les gynécologue hommes sont maladroits avec les femmes enceintes et parce qu’ils sont médecins, ils pensent avoir tous les droits. Mais, c’est notre corps qui ressent toutes les sensations et la nature est bien faite. Il faut faire beaucoup plus confiance en notre capacité à accoucher !! Certes, la médecine obstétrique a considérablement réduit les décès de mères et enfants lors des naissances Mais ils n’ont pas les connaissances requises comme peuvent les avoir les sages-femmes et ne justifie en rien cette prise de pouvoir de la part des médecins obstétriciens.
Alors, étant donné que les restrictions budgétaires réduisent le nombre de maternités en France comme ailleurs. Et que l’on se retrouve à plus de trois quarts d’heure d’une maternité et que du coup cela représente un risque non négligeable pour les grossesses. Qu’une femme et son bébé meurent parce qu’ils n’ont pas eu le temps d’arriver à la maternité est aberrant !! Tout aussi aberrant que la sur-médicalisation, je demande à voir des maisons de naissance éclore un peu partout et que ces maisons soient gérées avant tout par des sages-femmes. Et qu’elles n’appellent les obstétriciens qu’en cas de besoin médical !!!
J’avais fais un petit projet de naissance pour Enzo : Pas de péridurale, pas de position couchée sur le dos avec les pieds dans les étriers, de la musique douce, éclairage doux, … mais je n’ai rien pu faire de tout cela, rien n’a été respecté. Je demandais à marcher pendant le travail car je sentais que j’en avais besoin mais même ça on me l’a refusé.

Alors comme je suis à nouveau enceinte et que cela aura prit son temps, je ne souhaite pas revivre la même chose.

Même si je comprend mieux aujourd’hui la réaction de ce gynécologue et que je ne lui en tiens plus rigueur, je ne le reprends pas pour ma seconde grossesse et mon projet de naissance sera beaucoup plus pointu et sera anticipé avec les sages-femmes. Car je souhaite vraiment être mieux écoutée et pouvoir “accoucher” et non “me faire accoucher” !! La différence est énorme et j’ai toujours le sentiment de m’être fait voler ce moment !! Pendant un accouchement, on est fragilisée, c’est vrai !! Mais on est pas que fragiles … on est fortes aussi, comme jamais on ne peut l’être dans notre quotidien … merci aux hormones pour cela !!!

Voilà, j’espère que mon expérience pourra servir à faire évoluer les choses en ce domaine.
Je vous remercie de tout coeur de la parole donnée.

J’espère vraiment que cette action que je trouve très bien, apportera une vraie avancée permettant la reconnaissance des sages-femmes en milieu hospitalier avec un vrai statut propre, permettant de voir d’autres vocations naitre en ce domaine et augmenter le nombre des 22000 sages-femmes actuelles.

Je souhaite vraiment voir se développer les maisons de naissance au même titre que les maisons de santé. Nous avons réellement besoin de cette proximité pour l’accès aux soins, prodigués par les sages-femmes (qui ont les mêmes responsabilités pénales que les gynécologues obstétriques), aux suivis des grossesses, aux conseils et à l’écoute.

Nos sages-femmes (et sages-hommes d’ailleurs) sont formidables et il est temps de leur témoigner la reconnaissance qu’elles méritent. Enfin, je sais que la reconnaissance des familles leur est pleinement acquise malheureusement insuffisante …

Cordialement.
Laëtitia M

Une naissance à domicile, septembre 2010

7 Jan

Septembre 2010

Je me réveille un papillon sur le coeur, semi sourire aux lèvres … Je pressens quelque chose … Je me lève et quelques instants plus tard, petit splash! tu t’annonces enfin! Je perds les eaux! Mon coeur se gonfle de joie, çà y est, c’est parti! Je fond de bonheur, mais je me dis, « ne te précipites pas, les contractons n’ont pas commencées, on va peut être attendre longtemps avant que la naissance arrive » J’entends Yoann qui est occupé au téléphone dans le salon, j’ai hâte de lui dire!

Je sors de la salle de bain et il suffit à mon homme de voir ma mine enjouée pour comprendre qu’il y a du nouveau. Nous nous serrons dans les bras l’un de l’autre, tout émus de l’évènement qui nous attend … Mais biiiip, on sonne à l’interphone, des amis arrivent pour boire un café, sauf que je ne me sens pas d’humeur sociable, alors hop je file au lit, et savoure toujours avec la grosse banane au visage ces derniers moments seule à seule. Dans ma tête défile cette belle grossesse que nous avons vécue à fond du début à la fin.

9 mois d’une grossesse merveilleuse, je me sens bien, épanouie, belle, et surtout heureuse, remplie de bonheur, et d’amour (au sens propre!)

Depuis quelques jours cependant, je deviens impatiente, je n’arrive pas à penser à autre chose qu’à l’accouchement et passe chaque minute à guetter les signes de ton arrivée. J’ai tellement hâte! De te connaitre, mais aussi de vivre cette naissance à laquelle je pense depuis des mois. Je me sens fin prête, mon homme aussi. Nous avons passé des heures à discuter de cette naissance, nous imaginant des scénarios possibles, confiants, et fiers des notre choix.

Ce projet de naissance à domicile, nous l’avons mené depuis bien longtemps, bien avant le début de la grossesse, influencés et encouragés par des proches qui ont déjà vécu la grande expérience d’une naissance naturelle, physiologique comme disent les bouquins. Pour moi, c’est une évidence, hors de question de me retrouvée allongée, branchée et les pieds dans les étriers. Je suis d’une nature indépendante, et je me sens capable d’affronter la douleur qui accompagnera la venue de mon bébé. Je pense à cette douleur comme à un rite initiatique, quelque chose qui m’aidera à m’ouvrir, à faire naître cette enfant.

Il y a quelques années, j’avais rencontré une sage-femme qui accompagne des naissances à domicile. A l’époque, je m’étais déjà dit « C’est elle, c’est elle qui sera là pour mes accouchements! » Et effectivement, dès le 2ème mois de grossesse, nous allons la rencontrer pendant une longue entrevue et elle nous confirme qu’elle est d’accord pour nous suivre. Dès ce premier rendez-vous, mon homme et moi ressentons cette ambiance ultra-zen dégagée par N.

Chaque mois, nous passons 1h30 tous les 3 à discuter de pleins de choses, de nos questionnements de futurs parents, et tout simplement de la vie! De beaux silences ponctuent régulièrement nos discussions, c’est toi, mon bébé qui t’immisce dans la conversation! Parfois, N. apprend à mon homme des massages de shia-tsu pour me soulager des petits maux de grossesse, quel bonheur!

Séance après séance, notre relation se construit, N. m’étonne de cette attitude ouverte et disponible, jamais elle ne nous imposera quoique ce soit. D’ailleurs dès le début du suivi, elle me dit que j’ai le droit de changer d’avis, que jusqu’à la dernière minute, je peux décider de partir à la clinique. Même si je n’en ai pas pas l’intention, cela me fait du bien de me sentir « autorisée ». Je ne veux pas que cet accouchement devienne un challenge, je souhaite seulement les meilleures conditions à la venue de ma fille.

Au final, nous parlerons assez peu du futur accouchement en lui même. Moi qui pensais qu’il me fallait « apprendre » à respirer, ou à me mettre dans certaines positions.. Et bien non! Avec N., je me sens encouragée à suivre mon instinct, à me faire confiance.

Pourtant une fois chez moi, chaque soir pendant le dernier trimestre de la grossesse, je lisais. J’en avais besoin, besoin de lire des témoignages d’abord. Et j’ai ensuite dévoré le livre d’Isabelle Barbant « Une naissance heureuse ». J’étais infiniment curieuse de savoir ce que j’allais vivre, ressentir, à tel point que je suis devenue quasi insomniaque, chaque nuit, je pensais avec envie à cette naissance..

Et nous voici au matin du 23 septembre, à 2 jours du terme prévu. Vers 10 heures, je me lève et vais rejoindre mon homme qui cherche à régler certains impératifs professionnels pour nous être disponible dans les jours qui vont venir. Et là, une fois debout, une première contraction arrive. Je la reconnais tout de suite, c’est exactement la même douleur que pendant mes règles. Je saute de joie, enfin une contraction douloureuse!! En effet, ces derniers jours, à chaque contraction je me demandais si l’accouchement démarrait, mais là c’est sûr, c’est différent! Je me sens rassurée car N. nous avait dit qu’après une perte des eaux, les contractions ne démarrent pas toujours naturellement.

Yoann part pour une petite heure, je me retrouve seule sans homme ni enfant pour la dernière fois! J’appelle N. en prenant mon petit déjeuner et lui explique où j’en suis. Elle me propose qu’on se rappelle tout au long de la journée, qu’elle pourra venir soit dans l’après-midi, soit en soirée après ses rendez-vous. Je lui dis : « Fais ta journée tranquillement, on se voit ce soir, je te rappelle! »

Je décide alors d’aller me promener dans le quartier. Je me souviendrai toute ma vie du chemin que j’ai parcouru ce matin-là. Les contractions se sont nettement rapprochées, mais de manière assez anarchiques. Parfois j’en avais 2 en 3 minutes, parfois aucune pendant 10 minutes. A chaque contraction, je me suis mise à expirer très doucement (pas besoin d’apprendre, çà vient tout seul!), et puis je prenais appui sur ce qui me tombait sous la main, un mur d’immeuble, une voiture! Entre 2 contractions, j’appelle quelques personnes de ma famille pour les prévenir. Ma mère est étonnée de m’entendre lui dire « ah en voilà une, elle fait mal, mais ouha, chouette, elle arrive ».

De retour à la maison, je décide d’aller m’allonger pour prendre des forces. Forte des enseignements du livre d’Isabelle Barbant, je veille à me positionner correctement pour ne pas bloquer le travail. Je me mets donc sur le coté, jambe du dessus très haute. Je m’assoupis entre 2 contractions qui sont toujours aussi irrégulières, irrégulières mais tout de même fréquentes.

Mon homme arrive à la maison, et comprend que c’est vraiment parti! Nous déjeunons tous les deux, sans nous rendre compte que quelques heures plus tard, notre fille sera là. Pendant tout l’après-midi, les contractions continuent à ce rythme irrégulier, ce qui nous fait croire que l’accouchement n’est pas pour tout-de-suite. Je ne sais pas pourquoi, mais tant que les contractions ne sont pas « régulièrement espacées », je me dis que je suis en « pré-travail » et que à sa venue prévue pour 19h, N. m’annoncera que je ne suis dilatée qu’à 2 cm. Je me préparais à l’idée d’un accouchement long. Mais avec du recul, je me dis aussi que si nous n’avons pas appelé N. plus tôt, c’est aussi que nous avions envie de vivre cette phase de la naissance à 2. C’est si beaux de vivre ces moments avec son amoureux …

Je me souviens qu’à un moment, me voyant tourner comme une lionne en cage, Yoann me propose de refaire un tour du quartier. Nous descendons l’immeuble, faisons 100 mètres, et je me plie en 2, morte de rire, je ne peux pas avancer car je continue de perdre les eaux, et que des flots coulent!! Nous sommes en plein fou rire, là, dans la rue, sans savoir que l’accouchement est déjà bien avancé.

Je continue donc de « prendre les contractions une par une », en me concentrant sur mon col pour l’ouvrir « en pensée ». Je marche dans l’appartement, je regarde de séries télé sur le ballon d’accouchement, tout cela en étant toujours persuadée que le travail n’avance pas. Après un dernier tour dehors, je décide de prendre un bain.

Une fois dans l’eau, je me concentre sur mon bébé, lui parle doucement, et là je me dis « allez tu vas pas y passer 3 jours, n’aies pas peur, accouche! » Je sors du bain et annonce à mon homme qui dessine tranquillou dans le salon, « C’est parti, je prends un goûter et après j’accouche! » Je dis cela en riant pourtant c’est bien ce qui va se passer!

Après ce fameux goûter, vers 17h, je vais m’installer dans la chambre du bébé, là où nous avons prévu d’accoucher. Mais je ne tiens plus en place, je vais aux toilettes, reviens dans le salon, m’appuyant et poussant les murs à chaque contraction, ça commence à faire vraiment mal, là!

De retour dans la chambre, je me mets sur le coté, mais la douleur devient insupportable. Yoann me masse vigoureusement le bas du dos, c’est là que se situe la douleur. Cela me fait un bien fou, j’ai d’ailleurs pris l’habitude de dire que Yoann et ses massages, c’était ma péridurale à moi! Les contractions s’accélèrent, la tempête commence!

Je me positionne à genoux, la tête sur une pile d’oreillers. Dans ma tête je me dis « Au secours, si çà, c’est le début de la dilatation, je vais péter un plomb! ». Sauf que peu de temps après, à un moment, je sens la tornade des contractions s’arrêter nette. Mon corps « s’arc-boute » en arrière, je me retrouve à quatre pattes, et je crie à Yoann « çà pooousse!!! » Il est 19H, et ce n’est qu’à ce moment-là que nous comprenons que nous sommes VRAIMENT en train d’accoucher et que nous sommes seuls, la sage-femme vivant à plus d’une demi-heure de chez nous. Yoann parvient à ne pas paniquer, et appelle N. qui lui explique calmement comment agir si le bébé arrive avant elle!

Yoann a alors le tact de ne pas me dire que la sage-femme était encore chez elle, et me fait croire qu’elle est sur la route … J’ai hâte qu’elle arrive car pour moi, il est hors de question d’accoucher tous les 2.

La douleur est partie, je suis maintenant dans l’énergie de la poussée, mais qui est complètement involontaire. Je ne pousse pas, c’est mon corps qui pousse, je bouge sans m’en rendre compte, mon corps agit sans ma tête! Quelle force! et quelle fatigue! Ces poussées m’exténuent, je pense d’ailleurs que je m’endormais entre 2.

Même si mon corps pousse très fort, ma tête le retient quand même un peu car j’ai besoin de ma sage-femme pour aller au bout de cette énergie. A un moment je dis quelque chose que Yoann ne comprend pas. Il me demande « Qu’est ce que tu veux? », et à ce moment on entend l’interphone sonner. Je réponds : « C’est çaaa que je veux!! » Yoann sort alors de la pièce pour ouvrir à N. et là je sens les poussées décupler d’intensité …

Il va encore se passer une deuxième heure de poussées régulières et très fortes! Ma fille avance centimètre par centimètre, doucement mais surement!! N. écoute son coeur et nous confirme que tout se passe bien pour elle. Elle me demande si je veux qu’elle m’ausculte, j’accepte bien sûr car j’ai encore besoin qu’elle m’assure que je suis complètement dilatée, alors que tout prouve que c’est bien le cas! effectivement elle me dit : « Oui, oui, elle est juste là, ta petite puce. »

Nous nous concentrons tous les 3, je sens les mains de N. qui me masse les jambes car j’ai des crampes, Yoann me passe régulièrement des linges mouillés sur le visage et la nuque car j’ai très chaud. Je ressemble à une lionne, à quatre pattes, les cheveux trempés, Yoann me dira après à quel point il m’a trouvé belle.

Mon bébé approche, au bout d’un moment, je sens qu’on atteint la phase finale. Mon sexe me brule énormément, j’ai très mal, je suis très impressionnée par cette sensation, un peu choquée de ce qui m’arrive. Mais il faut continuer! Alors je m’accroche, il faut en finir! Je sens sa tête arriver, je la touche de mes mains, sensation douce, chaude, humide et molle. Mais … nooooon! sa tête re-rentre, au secours!! Alors, là, non, je rassemble mes dernières forces, et je la pousse très fort, je la veux dehors maintenant!

Elle finit par glisser d’un coup, je m’écroule en avant sur le lit, j’avoue que là, j’ai quelques minutes de flou, de fatigue extrême qui m’ont fait décrocher des évènements!

Ah si, un des premiers souvenirs de sa vie, c’est cet instant inoubliable où N. après l’avoir réceptionnée la pose sur le lit, et deux mains se posent sur elle, la mienne et celle de Yoann. Nos mains touchent son ventre chaud, glissant, je vois Yoann incroyablement ému. Cet instant-là, c’est peut-être le moment le plus fort de ma vie. Je me souviens très précisément de la sensation de cette nouvelle peau, la main de mon homme partageant la même expérience tactile. Il pleure, ébahi.

Mon bébé pleure, je ne sais plus lequel de nous deux la prend dans ses bras. On a tous les deux le réflexe de se déshabiller, besoin d’être peau nue comme elle. Elle pleure encore, c’est qu’elle en fait du chemin pour en arriver là!

Quelques câlins plus tard, je m’allonge sur le coté et pose ma fille contre moi pour sa première tétée. La lionne est toujours là, c’est comme si j’avais déjà allaité des dizaines d’enfants, c’est naturel et facile pour moi, comme si ce n’étais pas un début, alors que c’est mon premier enfant. Pour elle, c’est moins évident, elle tourne autour du pot une dizaine de minutes, renifle tout autour du sein, lèche, cherche, et pour finir, s’y accroche et se met à téter parfaitement bien. Je dis : « Elle ne sera pas difficile à nourrir, celle-là!! », l’avenir prouvera que j’avais raison, elle est restée très gourmande!

Pendant cette première tétée, le placenta sort alors que je pousse sans savoir si je pousse assez, mais si, il est sorti, ouf, tout est fini et tout s’est bien passé! Pour cet accouchement à domicile, on avait tout préparé, prévu (matériel médical, médicament en cas d’hémorragie, bouteille d’oxygène, …) mais je savais d’instinct qu’on n’aurait pas besoin de tout ça. J’avais juste une appréhension pour le placenta, peur qu’il ne sorte pas, ou pas d’un coup, alors là, c’est le soulagement final, on a réussi, on a été au bout de ce projet de vie incroyable, un moment de partage entre mon homme et moi, entre mon corps et moi, une rencontre parfaite avec notre fille.

Je dis souvent que le gros avantage d’un accouchement à domicile, c’est après! Quel bonheur! On mange ce que l’on aime, on dort quand on en a besoin.

Notre enfant est née à 21h, et à minuit, on se couchait tous les 3 dans le lit où elle est née. Bon, on ne peut pas dire qu’on ait vraiment dormi!! mais on était ensemble, heureux, sur un nuage!

Lucie, Yoann, et Coline, Rennes, France, 2010

Second accouchement respecté V – 2013

7 Jan
Naissance du ptideuz le 21 mai 2013 à j-5 à T.

Dans la nuit de dimanche à lundi, je commence à avoir des contractions, des gentilles qui me réveillent mais ne m’empêchent pas de me rendormir, ça dure toute la nuit et elles continuent le lendemain toute la journée. Elles s’intensifient un peu au fur et à mesure de la journée pour commencer à devenir franchement dérangeantes vers 18h/19h. Elles se régularisent aussi, toutes les 5/7 min, quand une contraction arrive, je suis obligée de me concentrer et de respirer. Je prends 2 spasfons.

Le repas se passe, et ensuite je m’occupe de crapaud glouton avec l’aide de chéri. Je fais un énorme câlin à mon fils et lui dit que peut-être demain matin c’est sa mamie qui sera là au réveil car papa et maman seront peut-être à la maternité pour l’arrivée du bébé. J’ai un serrement au cœur, c’est peut-être son dernier câlin de fils unique.

J’ai tellement fait de faux travail pour mon 1er que j’ai encore des doutes sur le fait que ce soit le vrai travail qui commence. 21h30 j’appelle la maternité qui me dit de venir, je vais quand même tenter un bain voir si ça calme les contractions. 22h je décide qu’on va partir, on appelle ma mère, crapaud ne dort toujours pas, il m’appelle, et je vais le câliner à chaque fois. 22h30 encore un gros câlin, ma mère est arrivée, nous partons, je pleure de laisser mon grand.

23h30 on arrive à la maternité, monito et contrôle du col. Je dis à la sage-femme que si je suis à 2 cm je saute par la fenêtre car je suis fatiguée, je n’ai pas envie d’accoucher j’ai envie de dormir alors il faut que ça aille vite ! Et elle me dit que je suis à 2 doigts large, je suis dépitée ! et je suis si mal avec le monito, mais les contractions sont bien là, bien régulières, bien visibles, c’est bien pour cette nuit ! La sage-femme lit mon projet de naissance, elle me rassure sur son respect et elle propose qu’on me fasse couler un bain. Chéri me demande si c’est que j’ai moins mal que pour notre 1er ou si c’est que je gère mieux la douleur. En tout cas, les contractions ne sont pas dans les reins et c’est déjà pas mal, même si j’ai une barre dans le bas du ventre qui me cisaille à chaque contraction.

Au bout d’un moment, je me mets à vomir pendant les contractions, je suis abattue, je ne me sens pas l’âme courageuse ce soir. Je n’ai plus rien a vomir, je vais dans le bain, il est 00h30 je suis à 3 doigts larges. J’accueille les contractions les une après les autres, et la sage-femme me propose une séance d’hypnose pour m’aider, j’accepte. Je demande un contrôle du col (j’avoue mon obsession pendant cet accouchement) je suis à 4 doigts larges. Pour la séance, je suis allongée sur le coté, une jambe repliée, la sage-femme me fait choisir dans ma tête mon endroit de détente, me demande quel est mon accouchement idéal, puis me fais visualiser mon image du passage et de l’ouverture pour faire venir mon bébé, elle me dit d’accueillir chaque contraction avec plaisir car elle ouvre le passage et guide mon enfant, que nous allons nous rencontrer. Ça me fait du bien, ça me repose et à chaque contraction je dis à mon bébé, viens, tu vas voir la vie c’est formidable tu as des parents et un grand frère qui t’attendent et qui t’aime déjà, la vie c’est un cadeau, viens mon bébé.

Fin de la séance, je suis à 5, j’en profite pour lui demander un massage du col qui m’avait tant soulagé pour mon 1er accouchement, elle me le fait sur 3 contractions et ça me fait encore du bien, je suis à 6.
Je me mets debout pour gérer les contractions en m’appuyant sur le rebord du lit, je souffle, je visualise l’ouverture, je parle à mon bébé intérieurement. Je demande un lavement car je commence a voir envie d’aller à la selle je n’ai pas envie d’y aller toutes les 5 min. Je vais faire le lavement mais les contractions s’enchainent, je reviens, je vois l’heure dans le couloir, 2h10, combien de temps ça va durer ? Combien de temps je vais tenir ? Je reviens en salle de naissance, les contractions sont quasiment continues, j’ai envie d’aller à la selle, je demande a ce que chéri sorte, il en profite pour aller au toilettes car il reconnaît mes gémissements qui annonçaient le début de la fin et se dit que j’aurai besoin de lui après.

La sage-femme me dit que c’est le bébé qui appuie, elle propose une petite toilette, je me mets sur lit, elle me dit que la tête est là, je la touche, le poche des eaux se rompt un peu, ploc, c’est vrai, ce n’est pas possible !! Mais c’est tellement fort ! Je me mets à 4 pattes, je crie, je m’allonge sur le coté, non, je remets à 4 pattes et crie encore, je voudrais appeler chéri mais ce n’est qu’un son rauque qui sort de ma bouche. L’auxiliaire court le chercher, je voudrais attendre mais la tête est déjà sortie et mon corps pousse, je crie, mon bébé sort entier avec tout le liquide, je n’ai même pas le temps de l’attraper, il crie. La sage-femme l’essuie et me le donne. Chéri arrive, tout tremblant. Le cordon a déjà cessé de battre, mais il tremble trop pour le couper, c’est donc moi qui le fait. Je regarde entre ses jambes, c’est encore un garçon, je suis un peu surprise (dans la voiture on se disait que ce serait une fille car on ne trouvait pas de prénom garçon) mais contente. Il est 2h20. Un peu plus tard nous nous mettons d’accord sur le prénom.

La délivrance se passe sans accro, la sage-femme préfère me faire 2/3 points même si la déchirure est minime. Quand on sait que son périmètre crânien est de 37/37,5 je m’en sors plutôt bien.

Retour à la maison le lendemain car j’ai demandé une sortie précoce qui n’a posé aucun soucis à la mater.

Lien vers le Premier accouchement respecté de V – 2011- Corrèze

Naissance de Justine, en maison de naissance, 2013

7 Jan

Nuit du 3 au 4 janvier 2013
Je suis chez mes parents en visite à la suite de mon rendez-vous avec ma sage-femme en après-midi. Depuis ce fameux rendez-vous, j’ai des contractions et je me demande si ça peut annoncer le début d’un travail quelconque. Je remarque que quelques contractions se présentent l’une après l’autre avec une certaine intensité. J’essaye de ne pas en tenir compte puisque c’est arrivé bien des fois et que ça finissait toujours par s’arrêter tout seul. Sauf que cette fois-ci, elles sont régulières et font mal. Je décide donc d’appeler ma sage-femme et de la mettre au courant. Elle me suggère donc de revenir la voir en fin de soirée pour vérifier si quelque chose a changé. Ce n’est pas ma sage-femme qui est de garde, mais peu m’importe, J. est très compétente et j’ai déjà eu la chance de la rencontrer et de constater qu’elle est tout aussi gentille que ma sage-femme. Effectivement, je suis à 6 cm et complètement dilatée. YÉ !
Marc qui était retourné à la maison pour s’occuper des chevaux, car nous avions décidé de dormir à Nicolet reçoit mon coup de fil pour le mettre au courant. Il arrive donc à la maison de naissance tout excité à l’idée d’enfin rencontrer sa fille. Nous choisissons une chambre et puisque nous sommes les seuls, nous avons l’embarras du choix. On s’installe confortablement, la chambre est douillette, chaude et des chandelles sont allumées. On est si bien. On prend le temps de s’embrasser moi et Marc, de se dire que tout va bien aller, on prend une ou deux photos pour avoir des souvenirs.
Le travail continue d’aller en augmentant. J. passe nous voir et discute avec nous. Tout est calme, je me sens si bien avec eux. Je passe le ¾ de mon temps sur le ballon, car c’est ce qui me soulage le mieux des contractions. Marc me masse et J. me parle. Au bout de quelques heures, je décide d’aller dans le bain, mais surprise, les contractions s’arrêtent. Déception. Moi qui croyais rencontrer ma fille, ce ne sera pas pour aujourd’hui. On repart donc à la maison bredouille. Je passe le lendemain à pleurer parce que je croyais que le grand moment était arrivé.

Nuit du 6 au 7 janvier 2013
Il est tard, et j’écoute la télévision. Marc décide d’aller se coucher, mais moi je ne trouve pas le sommeil. J’ai quelques contractions, mais je n’ai pas envie de calculer, car je ne veux pas me faire de faux espoirs. Sauf qu’après avoir décidé de prendre un bain, je remarque que les contractions sont toujours présentes. Je réveille Marc qui calcule et on appelle la sage-femme, car le temps est venu d’aller à la maison de naissance 🙂
On quitte il est environ minuit. Le trajet en voiture est pénible, car les contractions sont de plus en plus fortes et assis, ce n’est pas facile à gérer. Enfin, on arrive il est 1 h du matin et je suis tout sourire. J. aussi. Encore une fois, on choisit la chambre qu’on préfère et je décide d’y aller pour une différente de la dernière fois, question de repartir à neuf. Mon meilleur ami m’y attend: le ballon. J’y passe quelques heures et je commence à trouver que ça fait mal, accoucher. Je me laisse le loisir de pleurer un peu, je suis sereine, même si c’est douloureux. Marc est merveilleux, toujours à côté de moi à l’écoute de mes moindres besoins.
Viens ensuite le temps du bain. Je veux accoucher dans l’eau et comme je suis à 8 cm, c’est le bon temps pour y aller. Je commence à avoir de la difficulté à maîtriser les sons qui sortent de ma bouche malgré moi. Ça fait mal et la seule façon que j’ai de laisser sortir le trop plein c’est de crier. Tout le monde est compréhensif et je l’apprécie. Un problème se présente alors: la bande de col ne laisse pas passer la tête de ma fille et je pousse depuis 2 heures pour rien. Ma sage-femme arrive pour prendre le relai, je suis si contente de la voir. Elle vérifie et me suggère d’essayer moi-même d’appuyer pour déplacer la bande de col pour laisser la place à Justine. Ça fait trop mal. Mais si je veux en finir au plus vite, on doit essayer. C’est donc L. qui s’en charge. Jamais de toute ma vie j’ai eu aussi mal. Je pleure, je regarde Marc en lui demandant de faire quelque chose, que je n’en peux plus, c’est trop intense. Je crie pendant que L. essaye de m’aider, c’est TROP difficile … je n’en peux vraiment plus.
Marc sort de la chambre, il en a assez de me voir souffrir, il a besoin d’air. Je décide de sortir du bain, je ne suis plus bien dedans. Je passe environ une demi-heure (je crois, car la notion du temps est difficile à savoir quand on accouche) assise sur la toilette à me reprendre tranquillement. Les sons deviennent plus graves dans ma gorge, je suis capable de focuser. L’ambiance change, je suis calme, résignée à la douleur et prête à voir ma fille. Je décide d’accoucher dans mon lit, couchée sur le côté, ma sage-femme qui tient ma jambe.
1 h 30 de poussée intense, Marc regarde tout ce qui se passe, mais moi je préfère me concentrer sur ce que j’ai à faire. Les sensations sont différentes et moins pénibles. Je sens ma fille qui s’en vient, une contraction à la fois. Je suis fière de moi, je pousse bien et Justine approche. La tête sort enfin. Je souris, car je sais que la contraction suivante, le reste de son corps sortira. Je dis à Marc: Regarde bien, la contraction d’après, une poussée et elle est avec nous. Et effectivement, la contraction suivante, je donne tout ce que j’ai et je sens tout son petit corps qui glisse tranquillement du mien. On dépose mon petit trésor sur mon ventre. Elle est chaude et humide, mais elle ne dit rien. Pourquoi elle ne dit rien ?! J. la prend avec elle et m’explique que Justine a besoin d’un peu d’aide pour démarrer sa respiration. Je demande à Marc d’accompagner notre cocotte juste pour voir comment elle va. Moi-même je la vois du coin de l’œil, car l’unité est directement dans notre chambre. Finalement, seulement 3 minutes après, j’ai mon bébé dans les bras, car elle va très bien. Je suis tellement soulagée que tout soit terminé.
On nous apporte un grand plateau de fruits et de croissants, car on est affamé. J’ai ma Justine au sein, Marc à côté de moi qui m’aide à manger et je suis si HEUREUSE. Fatiguée, mais heureuse.
Je revivrais ce moment encore et encore. Donner la vie est la plus belle chose qu’on puisse accomplir et je suis fière de l’avoir fait en maison de naissance de façon naturelle. J’ai non seulement eu la chance et le privilège de vivre tout à fond, mais aussi de rencontrer deux femmes formidables qui vont faire partie de mes souvenirs pour toujours.
Merci à la maison des naissances de la R. pour leur accueil et merci à mon chum qui a été un partenaire formidable dans cette belle aventure.
P.S. Certains éléments sont peut-être racontés à peu près, car mes souvenirs sont un peu brouillons par moment 🙂

Venue au monde en Maison de Naissance de mon premier enfant, 2011

7 Jan

Avant même de tomber enceinte, je m’étais vaguement intéressée au concept des maisons de naissance. Je n’ai jamais particulièrement apprécié le milieu médical, et je ne m’y sentais pas du tout à l’aise, ni rassurée.

Ce fut donc une évidence de me tourner vers la seule Maison de Naissance disponible dans cette grande ville de Suisse lorsque j’ai appris ma grossesse. La gynécologue qui me suivait essayait de me décourager et surtout, culpabilisait mon mari qui n’était pas franchement rassuré par mon choix au début. Il faut dire qu’il n’a jamais connu de grossesses physiologiques dans sa famille et aurait au début préféré m’aliter sous monitoring pour les prochains 9 mois … Maintenant, c’est un défenseur des Maisons de Naissance.

Dès le début du suivi, je n’ai pas du tout apprécié l’attitude de ma gynécologue. Elle était constamment à la recherche de pathologies, de choses qui lui confirmait que la grossesse était « à problèmes ». Face à mon refus de faire une prise de sang mensuelle pour vérifier la toxoplasmose (contre laquelle je n’étais pas immunisée), elle n’a pas hésité de me qualifier d’irresponsable – bien que je lui expliquais que cette pratique n’était plus conseillé depuis des années par l’office fédéral de santé, car le traitement prévu en cas d’infection n’a jamais prouvé une quelconque efficacité …
Elle n’a clairement pas appréciée mon attitude critique et informée, et lors de mon annonce que le suivi allait dorénavant se faire par ma sage-femme, qui lui transmettrait tous les résultat et m’adresserait vers elle uniquement en cas de complications, elle m’a tout bonnement mise à la porte. Ceci, ce fut lors de la première échographie, à 12 semaines de grossesse.
Je vous laisse imaginer les discussions avec mon mari qui ont suivi … il était présent ce jour-là, et m’a même sermonnée d’arrêter de remettre en question l’autorité médicale.

Je n’ai pas fléchi. Mon corps, mon accouchement. Je sentais très précisément ce qui était bon pour moi, j’étais confiante et détendue, et ce n’était certainement pas un suivi alarmiste qu’il me fallait.

Au fil des rendez-vous avec ma sage-femme, celle qui dirigeait la Maison de Naissance, mon mari prenait confiance. Elle était douce, calme, faisait un minimum d’interventions et travaillait surtout en prévention. Je me suis sentie très en sécurité tout le long.
Elle m’a annoncé à un moment donné que le bébé se trouvait bien la tête en bas mais « un peu vrillé, rien d’inquiétant ». Elle a alors copieusement évité de me parler de « position postérieure » sachant pertinemment que j’allais me renseigner sur le sujet et probablement angoisser. Par contre, elle m’a prescrit des exercices de position à prendre tous les jours pendant au moins 20 minutes les derniers semaines, afin que bébé « apprenne à se tourner pour faciliter sa sortie ».

Le seul moment de stress de ma grossesse, une fois suivie par cette sage-femme, était le dépassement du terme. Dans cette ville, il était tout bonnement légalement interdit d’accoucher en Maison de Naissance 10 jours après le terme (40 + 10 au maximum) et j’aurais été d’office provoquée dans la mégastructure hospitalière de la place. Après plusieurs tentatives toutes douces de mettre les choses en marche (promenades, faire l’amour, bain chaud, nettoyer les vitres, faire des escaliers,…) sans succès, ma sage-femme m’a envoyé en centre spécialisé d’échographie pour vérifier que tout était en ordre, puis m’a transmise sa recette pour un cocktail sans alcool, sensé aider aux contractions.

Une heure après avoir ingéré la dernière goutte de celui-ci, des toutes petites contractions se faisaient ressentir. Je me suis isolée, et j’ai même envoyé mon mari qui doutait que CE jour était LE jour, faire une ballade, afin de pouvoir me construire ma bulle et accueillir sans aucune distraction ces contractions. Comment je voulais qu’elles deviennent plus fortes, pour rencontrer notre bébé!

Trois heures après, les contractions devenaient plus régulières et fortes, et n’ont pas fléchi lorsque j’ai pris un bain chaud, comme me l’avait recommandé la sage-femme lors de l’entretien téléphonique quelques minutes auparavant. Nous nous sommes donc préparés et finalement arrivés à 22 heures à la Maison de Naissance. Le trajet ne fut pas sympathique, les virages font mauvais ménage avec les contractions et je ne pouvais pas bouger …
En arrivant, la Maison de Naissance était éclairée au moyen de bougies et de lumières tamisées, il y avait de la musique douce et des senteurs relaxants, tout était si accueillant. Mon excitation face à l’arrivée imminente de notre bébé était à son comble et je me sentais si bien, arrivée là-bas, dans cet antre accueillant et rassurant.

Là, la sage-femme m’ausculte (mon deuxième toucher vaginal de toute la grossesse, depuis qu’elle me suivait!) et m’annonce que mon col est ouvert à seulement 1 cm, qu’on était en début de travail. J’étais déçue, je m’attendais à plus vu l’intensité des contractions dans la voiture. Néanmoins, c’était largement gérable et je rigolais même avec mon mari entre deux contractions.
Je vais aussi aux toilettes pour vomir et aller à la selle, visiblement mon corps se déleste de toute cargaison inutile. Je me demande comment font les femmes en salle de naissance, ou il y a rarement des toilettes tout près? Est-ce la raison pourquoi certaines se retrouvent dans la position humiliante de déféquer au moment même qu’elles donnent naissance?
La sage-femme nous a donc dit qu’elle allait nous laisser et passer dans un petit moment pour voir l’avancement, et qu’on pouvait bien sur l’appeler à tout moment. Elle habite une maison adjacente à la Maison de Naissance.

A 23:30, elle repasse et là mes contractions sont clairement plus fortes – sûrement aussi du à la poche rompue sous le toucher vaginal (évidemment pas percée volontairement par la sage-femme, mais la simple irritation du col en touchant a provoqué la rupture). Plus question de bouger, ni même de ballon ou de rigolade, mes contractions sont si fortes que je me suis depuis un moment installée sur le lit (chose que je ne me voyais absolument pas faire avant, je suis du genre bougeotte) sur le coté gauche, et je m’endors entre deux contractions. Mon corps me dicte très clairement ce qu’il y a à faire, je me laisse emporter par mon instinct.
Plus tard, j’apprenais que la position allongée sur le coté gauche pendant les contractions d’ouverture, est la position qu’on fait prendre aux femmes lorsque le bébé se présente en position postérieure … Mon corps me l’a indiqué tout seul.

Elle me propose alors de faire l’impasse sur l’examen du col, puisque sous l’effet des contractions ça allait être désagréable et qu’on avait le temps de laisser faire des choses, le monitoring qu’elle fait à ce moment montrait que tout allait très bien. Elle me demande si je veux être soulagée au moyen de TENS (electrostimulation) ou de massages. Je ne veux rien du tout, juste de la présence de mon mari, sans un mot, ni toucher. Je me dis que je préférais garder ces options pour plus tard, au cas ou ça s’intensifie d’avantage.

A peine une heure plus tard, je ressens une irrésistible envie de pousser. Si forte que j’ai toujours de la peine à croire que certaines femmes se voient dire « arrêtez de pousser » et arrivent réellement à retenir cette impulsion. Impossible pour moi, à peu près comme arrêter de recracher alors qu’on est en plein en train de vomir… (pardon pour la comparaison). Je dis à mon mari d’appeler immédiatement la sage-femme, qui arrive sur les chapeaux de roue en disant « ouh, elle chante, c’est pour maintenant! je vois des cheveux! » et prépare tout en un rien de temps. Elle me dit de me mettre à quatre pattes. Je suis si prise par les contractions d’expulsion que je ne me vois pas tenir sur mes bras, et je demande à mon mari de se mettre lui aussi à quatre pattes, en perpendiculaire, afin que je puisse apposer le haut de mon corps sur son dos.
En trois ou quatre poussées de plus, notre enfant naît. Il est 0:56. Je prends immédiatement le bébé contre moi, il est magnifique, parfait, et sent merveilleusement bon. La sage-femme vérifie le score APGAR (pouls, respiration, couleur de peau, tonus, réaction à la stimulation) alors que le bébé est en peau-à-peau, il est 10/10/10/10/10. A 1:06, le bébé se met à chercher le sein et je le laisse « ramper » jusqu’au téton ou il retrouve visiblement le nirvana – et moi aussi. Quel moment émouvant et puissant! Quelques minutes plus tard, j’expulse le placenta.

Je suis indemne, j’ai pas de déchirure mais uniquement un petit étirement que la sage-femme recoud pour des raisons esthétiques, après m’avoir anesthésiée. Le bébé est confié à son papa et posé contre son torse nu pendant le temps qu’elle m’examine.
Ensuite, je prends une longue douche pendant que l’on nous prépare un repas pour nous redonner des forces. Bébé est placé dans un hamac et roupille paisiblement pendant que nous nous délectons du met tout chaud au milieu de la nuit.

Nous nous couchons à 3 dans le grand lit et passons une merveilleuse nuit ensemble, en famille.

Pas un seul regret. Au contraire, je me sens renforcée, plus moi-même, plus « entière » grâce à cette expérience. J’ai tellement apprécié de pouvoir la partager avec l’homme que j’aime, son soutien était si précieux et efficace. Aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de trouver cruel la séparation du papa du reste de la famille, pourtant si « habituelle » dans la majorité des hôpitaux et cliniques. Il fait partie de la famille au même titre que maman et bébé!

Et maintenant, numéro deux est en route – j’espère réitérer l’expérience, cette fois-ci, pourquoi pas, dans la baignoire de cette même Maison de Naissance.

Linoa ou la renaissance d’une mère – Haute Garonne – 2013

28 Nov

Après avoir vécu deux accouchements traumatiques, j’ai vécu un dernier accouchement respectueux pour ma petite fille (en octobre 2013). Premiers récits ici :

https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/01/30/30-magali-naissances-dans-le-sud-de-la-france-2007-2010

Voici le récit :

"Linoa ou la renaissance d'une mère"

Linoa ou la renaissance d’une mère

Je suis née à nouveau grâce à ma dernière fille. Elle est arrivée chez nous et je me sens désormais, totalement différente. J’ai eu ma victoire, j’ai pu aller au bout de mon souhait et je sais que sans aide, sans soutien, je n’y serais pas parvenue.

Alors j’ai décidé d’assumer jusqu’au bout mes choix qu’ils plaisent ou qu’ils ne plaisent pas. Qu’on accroche ou qu’on n’accroche pas ; ceux-là restent mes choix. Avoir le choix aujourd’hui, relève presque de l’exploit, car le choix, finalement nous l’avons peu. Beaucoup le disent, la plupart du temps : « je n’avais pas le choix ; c’était comme ça, pas autrement … ». Eh bien, moi, j’ai eu cette chance d’avoir ce choix. Et ce choix, a bien failli m’échapper.

Après avoir vécu une césarienne, puis un accouchement par les voies naturelles, autrement appelé très poétiquement AVAC (accouchement vaginal après césarienne), puis une fausse-couche précoce, je suis retombée enceinte en début d’année 2013 et j’ai choisi un accompagnement tout à fait différent de ce que j’avais choisi pour mes autres grossesses. Tellement déçue, dévalorisée, infantilisée, humiliée, non respectée dans mon corps et le reste, je ne pouvais plus aborder la maternité comme quelque chose de purement médical. Il me fallait une approche humaine, saine, exempte de tout comportement intrusif et manipulateur. Je voulais du VRAI, de l’AUTHENTIQUE, du RESPECT à l’état pur. J’ai choisi un accompagnement global avec des sages-femmes libérales et j’ai vu là, toute la différence.

Dès le premier entretien, une confiance s’est installée, je l’ai senti tout de suite. Elle m’a expliqué comment ça se passait, comment elles fonctionnaient, c’était clair ; limpide même. J’ai dis « oui » pour le meilleur ou pour le pire car le pire, c’était de toute façon accoucher en structure et elles ne prennent aucun risque à ce niveau. C’était un contrat normal et moral entre elles et moi. J’ai eu la chance, de vivre le meilleur.

Début septembre 2013, une lettre parvient à chacune de mes sages-femmes, leur intimant de payer cette assurance responsabilité civile qui leur fait défaut car très élevée (20 000 euros par an et par sage-femme, sachant qu’elles gagnent à peine plus de cette somme sur une année complète). Cela fait des années qu’elles pratiquent les accouchements à domicile sans cette assurance, jusqu’à présent, plus ou moins tolérées, aujourd’hui plus du tout. La chasse aux sorcières vient de commencer…

Ayant vécu dans le doute tout le long de ma grossesse, avec des soucis de tous ordres entre soucis de santé au mois de mai, soucis de travail pour moi ensuite, déménagement, et j’en passe… j’arrivais en septembre, à me dire que je tenais enfin le bon bout, dernière échographie officielle faite avec une sage-femme fort sympathique, rendez-vous unique ; mon mari mis à contribution pour cette odyssée d’une heure et demi à voir notre enfant sous toutes les coutures ; elle, bien positionnée pour une sortie réussie ; enfin, tout devait enfin nous sourire !

Oui mais non.

Cette histoire d’assurances nous a plongés sous une nouvelle montagne de doutes, les sages-femmes ayant reçu ce courrier ne pouvant plus pratiquer d’AAD au delà de la date butoir du 1er octobre 2013. Mon terme étant au 11 octobre, d’un coup d’un seul, tout s’écroulait. Mon souhait, comme tous ces mois de préparation, à faire des trajets en train pour les rendez-vous mensuels, tout, tout, tout était encore remis en question. Ce dernier mois de grossesse a été vecteur de stress et d’inquiétude, j’ai espéré alors accoucher fin septembre, m’armant d’une volonté de fer et buvant 3 à 4 tasses de tisanes de feuilles de framboisier quotidiennement, prenant assidûment les granules d’homéopathie préparant mon corps à l’enfantement. Les derniers jours, malgré la douleur qu’insufflait mon corps, je marchais toujours un peu plus vite pour emmener ma grande à l’école, je m’acharnais mentalement contre cette assurance qui allait réduire à néant toutes mes attentes comme celles de nombreuses mères ayant fait ce choix tout comme moi … Je m’insurgeais me rangeant du côté de mes sage-femmes si ouvertes, si disponibles, si humaines …

Le 30 septembre, dernier jour avant la débâcle, je rédigeais un texte pour participer au soulèvement, au mouvement pour l’accouchement à domicile via le réseau social bleu, et je rédigeais un texte à faire parvenir à une émission de radio (je ne sais même pas si mon texte a été diffusé) mais cela a déchargé mon esprit et j’ai accepté finalement cet état de chose. Ma fille ne voulait pas naître en septembre et le moindre mal étant d’accoucher en plateau technique à une heure de mon domicile, dans un autre département, mes sages-femmes ayant encore et malgré tout ce recours, fort heureusement !

« Je suis une maman de deux enfants et enceinte de 8 mois et demi. Je viens vous parler de l’accouchement à domicile. Suite à deux accouchements en maternité qui se sont mal passés, j’ai fait le choix de vivre autre chose, et j’ai choisi un accompagnement global avec des sages-femmes libérales soucieuses de mon parcours, mon bien-être, celui de l’enfant que je porte, répondant à toutes mes questions sans limite de temps, respectueuses en tout et pour tout et connaissant bien leur métier. J’ai mis longtemps à me décider, ce n’était donc pas un caprice mais au contraire une réflexion profonde et je tenais énormément à l’aboutissement de mon projet en sachant néanmoins, qu’en cas de problème, je serais transférée dans une maternité.
Mon terme est prévu pour le 11 octobre 2013 et c’est tout mon projet qui tombe à l’eau à cause d’une réclamation d’assurance de 20 000 euros par an et par sage-femme. Evidemment, mes sages-femmes n’ont pas les moyens de s’assurer. Au-delà du 1er octobre 2013, elles ne pourront plus nous accompagner dans notre démarche sous peine d’amendes, et de radiation alors que cette assurance exorbitante ne correspond pas aux actes qu’elles pratiquent, vu le suivi qu’elles prodiguent, elles ne prennent aucun risque pour la mère et pour l’enfant puisque si problème il y a, il y a transfert immédiat. Oui, nos sages-femmes doivent s’assurer, mais que ces assurances soient en rapport avec ce qu’elles pratiquent !

J’ai espéré jusqu’à aujourd’hui, 30 septembre 2013, pouvoir accoucher chez moi mais mon bébé ne se décide pas. Alors, oui, c’est tout mon projet qui tombe à l’eau et ma colère est d’autant plus grande, que c’est encore mon choix de mère qui est bafoué, toute une préparation qui est totalement mise en échec. Une pétition sur change.org circule sur internet afin de changer tout ça. Pour moi, c’est foutu ! Mais je souhaite profondément que les femmes pourront continuer de choisir ce qui leur convient en matière d’accouchement, peu importe l’endroit ! Merci à tous d’intervenir !! »

Le 30 septembre au soir, après finalement avoir lâché-prise sur ce désir viscéral d’accoucher à la maison, et accepté le fait de faire le trajet jusqu’à la maternité avec plateau technique, des contractions douloureuses firent leur apparition. Je devrais même plutôt dire, des sensations désagréables comme me disait l’une des sages-femmes qui m’a fait les cours de préparation à l’accouchement, pour ne plus voir ces contractions comme des douleurs, quelque chose qui fait mal. D’ailleurs, au début, c’était plutôt vrai, c’était plus désagréable que vraiment douloureux.

Ces sensations désagréables ont duré toute la nuit, m’empêchant de dormir et s’accentuant d’heure en heure. A 4h51 du matin, je rédigeais un message à ma mère pour l’informer de la situation, sentant au final que les choses semblaient prendre une certaine envergure. Il était convenu qu’elle vienne s’occuper des enfants, je ne préférais rien laisser au hasard, quitte à ce qu’elle vienne pour rien, si les événements devaient se précipiter. De même, pour mon mari, il partait travailler ce matin-là, avec la consigne de rappliquer vite fait bien fait si bébé décidait finalement de se presser. Ma grande fille resta à la maison ce jour-là, me sentant incapable de faire le trajet jusqu’à l’école et je priais pour que ma mère prenne le premier train qui devait la mener chez moi !

Et ma mère prit le premier train, j’en fus soulagée car elle pensait au départ prendre, le second ! Mais je crois qu’elle comprit l’urgence et heureusement ! Elle insista aussi pour que j’appelle mes sages-femmes. N’étant pas certaine de l’avancement du processus, je n’appelais pas sur le numéro d’urgence mais sur le numéro ordinaire, celui d’H. Elle me rappela et me laissa un message pour me dire qu’elle passerait vers 17h30. OK, ça irait !

Ma mère arriva en début d’après-midi. Sa présence me soulagea grandement car après ma nuit blanche, j’étais bien en peine de répondre aux sollicitations de mes enfants ! Je regardais ma série préférée du moment « Les piliers de la Terre » tout en notant les heures et les minutes de mes contractions. Celles-ci n’étaient pas rapprochées, soit tous les quart d’heure, voire toutes les dix minutes, parfois moins, parfois plus ; bref, rien ne présageait que l’accouchement fut imminent. Je les notais, toutefois, cela m’aidait intérieurement, j’avais fais pareil pour mon fils, trois ans auparavant ! Ces contractions continuaient de s’intensifier en puissance, je commençais à faiblir sérieusement et le bonheur d’avoir sa maman proche, c’est qu’elle a toujours la bonne idée de rapporter des choses bonnes à manger. Juste avant de venir à la maison, elle avait pris soin d’aller à la boulangerie toute proche et de ramener des chocolatines et autres viennoiseries.

Je tentais une sieste histoire de me requinquer, mais au bout d’une demi-heure, je compris que les contractions m’empêcheraient de me reposer correctement.

En fin d’après-midi, toujours devant ma série, installée sur un petit matelas au sol, je vivais mes contractions de plus en plus difficilement. Je ne regardais plus vraiment, j’écoutais plus ou moins, j’attendais avec impatience H. qui tardait un peu, cinq minutes, dix minutes ; ma mère venant de temps en temps me voir, l’air un peu inquiet de me voir si mal, moi limite au bord des larmes, à me dire que sans plus de soutien, je ne tiendrai pas… 17h45, quelqu’un frappa à la porte et ma mère ouvrit ! C’était elle !! Elle arriva souriant, vint dans le séjour, déposa sa mallette, me regarda sur mon matelas, j’essayais de sourire mais en fait, je fondis en larmes. Elle s’approcha tout de suite vers moi et me prit dans ses bras, en me disant que ça irait, qu’elle allait rester, que je n’étais pas seule. Là, je fronçai les sourcils, quoi ? Elle restait ? C’était vraiment bon ? Elle me répéta que oui, le moment était vraiment là selon elle. Je me sentis instantanément en confiance. Elle me dit de laisser tomber ma feuille où je notais l’espacement de mes contractions, que je n’en avais plus besoin. Alors oui, je laissai tomber de bonne grâce ! Elle était là, plus besoin de tout ça ! Et elle me dit aussi, que j’allais faire ça, chez moi… ah bon ? Chez moi ?! C’est vrai ?!

Elle m’ausculta pour voir où j’en étais, et j’étais dilatée à 3. J’étais un peu surprise quand même, dans ma tête, je pensais faire comme pour mon fils, soit une éternité de contractions (des jours quoi) et là, même si ce n’était pas rapide non plus, ça avançait !

Je déménageai avec elle pour aller dans une atmosphère plus intime, direction ma chambre à coucher, que j’avais préparée pour mon accouchement à domicile, que j’avais décorée depuis peu dans ce sens-là. On avait emménagé durant l’été et ce fut la dernière pièce à être prête, j’avais acheté quelques accessoires courant septembre ; des bougeoirs, un plafonnier, quelques photos, de la musique, … Ambiance tamisée. H m’avertit qu’elle allait appeler sa collègue pour qu’elle vienne aussi. Et un peu plus tard dans la soirée, M., une autre sage-femme qui m’avait fait la préparation à l’accouchement et L., une étudiante sage-femme, sont venues nous rejoindre. J’étais très contente de voir M., je vins l’embrasser à la porte de chez moi et faire connaissance avec L., douce et agréable à première vue. H. m’avait demandé au préalable si sa présence me gênait et j’ai dis que si ça pouvait lui servir d’être là pour ses études et pour son expérience, je n’étais pas contre du tout.

J’étais bien, j’arrivais à vivre les contractions, je respirais, mes petites sages-femmes à m’aider en respirant avec moi, en faisant des AAAAAAH pour m’accompagner et pouvoir gérer au mieux. Ma mère gardait les enfants qui allaient et venaient tout joyeux du séjour à la salle de jeux ; ils savaient ce qui se tramait, ils étaient un brin surexcités et moi, heureuse de les entendre, de les savoir là tout proches alors que je voulais les faire partir au départ, l’un avec ma mère, l’autre avec ma belle-mère … chose qui m’a paru bien inconcevable le jour-même … En y réfléchissant, c’était plus simple de les garder à-côté ; ils étaient rassurés, et moi aussi ; complètement.

Mon homme rentra du boulot et il avait fait un détour pour aller chercher les sièges-autos qui nous manquaient pour faire le trajet jusqu’au plateau technique à 1h de route. H. et M. l’accueillirent dans la bonne humeur, moi j’étais toujours bien dans cette ambiance feutrée, savoir mon homme rentré enfin finit de me rassurer et je pouvais enfin me concentrer pleinement sur l’expérience numéro trois, mettre mon bébé au monde AT HOME sans aucune intervention et … sans péridurale ! Il se mit sur son 31 rien que pour moi, un bon jogging et des chaussettes haute-compétition et après avoir fait manger les enfants, il vint nous rejoindre pour se mettre au boulot et m’accompagner lui aussi dans cette expérience hors du commun. H. et M. me firent un petit monitoring pour savoir comment allait notre puce ; comme d’habitude, elle se portait comme un charme, comme d’habitude, elle n’aimait pas qu’on l’embête dans sa piscine qui allait bientôt faire un avis d’expulsion.

La soirée avançant, les contractions devinrent vraiment de plus en plus difficiles à gérer. Tantôt je hurlais aigu, tantôt je faisais comme un râle caverneux, mais l’épuisement d’une première nuit blanche, d’une journée complète de contractions allant croissant niveau intensité et la préparation d’une nouvelle nuit blanche m’apparaissait comme vraiment dur à vivre. Je n’avais plus qu’une hâte, que bébé sorte et que tout cela se termine au plus vite. Les enfants regardaient un dessin animé dans le séjour, où on avait préparé le canapé en lit en vue de les faire dormir tous les deux là-bas, soit suffisamment loin de la chambre pour qu’ils ne m’entendent pas. Et ils ne m’entendirent jamais tant ils dormaient bien. Ma mère, par contre, à quelques cloisons de là ne pouvait pas dormir. Elle était le témoin discret de notre accouchement à mon homme et moi, elle me dira plus tard qu’elle priait, cette-nuit là pour que je vive cet heureux événement le mieux possible, que je souffre raisonnablement si c’est possible de le dire ainsi … enfin bref, elle était avec moi corps et âme !! Elle m’avouera plus tard qu’elle avait aimé être là, précisément à ce moment-là, comme une petite lumière dans le noir, enchantée de vivre cet instant ultime de la rencontre avec notre enfant, chose, qui se faisait si naturellement dans le temps…

Et moi, en prise avec la douleur toujours s’intensifiant, surprise de constater que contraction après contraction, elle pouvait être encore plus forte, je soufflais et criait ce « Maman ! » telle une petite fille qui veut s’accrocher à une bouée de sauvetage ! Ce lien finalement, coupé à la naissance, reste et perdure au-delà des années …

Mes sages-femmes me massaient, m’encourageaient, me donnaient des indications, certaines à elles-trois que j’allais y arriver. Moi, je faiblissais, je ne demandais qu’à dormir, exaspérée par la longueur du travail, par la douleur, par le fait d’avoir si peur… Oui, je crois que c’était tellement long car je doutais cruellement en mes propres capacités, je doutais de mon corps … Et … c’était aussi la première fois que j’allais ressentir cette ultime étape, la naissance de mon enfant, la sortie et la fin du tunnel et la peur, la peur d’avoir encore plus mal me tenaillait et plus je luttais contre l’idée d’une douleur plus forte, plus la douleur persistait … au lieu de lâcher-prise …

A un moment, H. du partir car un autre accouchement était en cours ! J’étais contente d’apprendre qu’une maman qui était à son dernier jour du terme allait enfin vivre sa rencontre avec son bébé ! Elle n’eut pas à attendre longtemps par contre vu que son bébé est né avant l’arrivée de H. Tout allait bien pour elle et son petit, deux heures plus tard, H. revint vers moi pour finir de me soutenir dans mon combat personnel avec moi-même !

Mon mari, quant à lui, maître de lui, m’aidait au-delà de tout ce que j’avais espéré. Il assura comme un chef, sachant qu’il n’avait pas le droit de dormir, comme je lui avais demandé, tint bon malgré sa journée de travail. Il me massa, il resta près de moi à m’encourager aussi. Et dans les derniers moments, quand d’épuisement, je ne tins plus, que je demandais péridurale et césarienne, je lui pris le cou entre mes mains et je lui en voulus de m’avoir fait ce bébé que je désirais tant ! Pourquoi, est-ce toujours moi qui souffre !! Souffre, toi aussi ! J’ai dû serré un petit peu son cou … Oui, j’avoue !

Et ce geste malheureux, M. l’a vécu aussi, mais en souriant, s’esquiva de mes mains qui n’agissaient que par dépit. H. me parla un moment, un peu d’une façon autoritaire, elle me répéta que j’allais sortir ce bébé, qu’il fallait que je le fasse et que j’allais y arriver ! Toutes positions testées maintes fois, elles sortirent de je ne sais où, un petit siège spécial et comme une alternative non déplaisante, je m’installai sans force, soutenue par mon homme, derrière moi. Je sentis vaguement que nous y étions. Une envie de pousser irrépressible mais extrêmement douloureuse m’assaillait. Avec la gravité, je sentis d’un coup la tête du bébé descendre mais ce n’était pas fini. J’étais très surprise par cette sensation, mais je devais continuer même si ça me rebutait… M. me dit qu’elle voyait une petite tête pleine de cheveux, elle hallucinait sur les cheveux qui tombaient. Elle me demanda si je voulais toucher de ma main et j’ai refusé, je ne sais pourquoi … J’étais si fatiguée, une fatigue tellement présente, tellement écrasante que je me demandais où j’allais encore trouver la force de continuer … et pourtant, je n’eus vraiment aucun choix ; il fallait la chercher cette force, elle vint à moi de toute façon et je poussais encore une fois, un peu trop fort peut-être, les sages-femmes me disant d’y aller plus doucement … trop tard, elles réceptionnèrent un petit boulet de canon mouillé, qui trempa les pieds de tout le monde ! Un bref soulagement pour moi, épuisée de regarder ma petite fille aux cheveux noirs mais je refermais mes yeux. Mon mari réceptionna sa fille, il la compara à notre grande, née 6 ans et demi plus tôt, c’était vrai, un peu la même bouille ; moi aussi j’étais subjuguée !

On m’installa mieux sur le lit, mon homme toujours derrière moi avec notre fille fraîchement arrivée qui se soulagea très rapidement sur son père inondé de méconium. Puis, je pris aussi ma fille contre moi, et on attendit que le cordon cesse de battre pour que l’heureux papa le coupe. Puis vint le temps de l’attente pour la sortie du placenta. J’avais mal encore, j’avais espéré qu’une fois le bébé sorti, cette douleur me laisserait enfin tranquille mais ce ne fut pas le cas. J’avais du mal à la supporter après ces longues heures à souffrir sans cesse. Puis, dans une nouvelle contraction, le placenta sortit avec l’aide de M. qui m’avouera un peu plus tard avoir aidé à le chercher. Les deux sages-femmes mirent le placenta dans la bassine que j’avais réservé à cet effet et elles semblaient soucieuses. H, revint vers moi et m’affirma qu’elle allait devoir m’embêter encore un peu. Elle devait faire une révision utérine afin de vérifier que le placenta était sorti complètement et qu’il n’y avait pas de débris dans l’utérus. Cette intervention fut évidemment très douloureuse ; H. s’en excusa tout le long. Je fis une légère hémorragie qui s’arrêta spontanément.

Par précaution, elles décidèrent de me transférer à la maternité où j’étais inscrite en cas de problème. Elles appelèrent donc le samu. Entre temps, j’avais ma petite fille sur moi et elle tétait maintenant comme une chef. Toujours épuisée et ressentant mon corps comme une épave douloureuse, j’avais un peu de mal à savourer ces premiers instants. Le fait d’envisager de partir, ne m’aidait pas non plus, mais je sentais qu’il fallait, qu’elles avaient raison de ne prendre aucun risque. J’avais déjà vécu le plus beau, la naissance de mon enfant à la maison.

L’épisode à la maternité fut d’une nouvelle brutalité pour moi, rappelant des souvenirs de froideur, de regards distants et méprisants ; des paroles de dédains ; deux femmes m’invectivèrent : « Madame, c’est dangereux de faire ce que vous venez de faire, c’est totalement inconscient ! » et moi de lever les yeux au ciel, comme si c’était bien le moment pour moi de leur faire un cours d’humanité ! L’une d’elle m’appuya sur le ventre pour vérifier la tonicité de mon utérus et elle me fit un mal de chien ! Ne supportant plus aucune sensation douloureuse après tout ce que j’avais vécu, je retirais sa main par trois fois. Elle m’avertit que si je continuais, elle serait dans l’obligation de me refaire une révision utérine. Mon corps réagit aussitôt par des tremblements incontrôlés, des larmes de dégoût coulèrent de mes joues. Je restais silencieuse, ma gorge totalement nouée. Mais où était ma chère H. ! J’espérais tant qu’elle soit près de moi… Mais personne ne voulait la faire entrer. J’étais seule en proie à l’amertume. Me voyant si mal, les deux femmes se ravisèrent, se radoucissant, comprenant aussi le pourquoi de mon choix, me disant doucement que ce n’était pas ce que je voulais. Aaah Dieu soit loué, elles s’en rendaient donc compte !

Après quoi, on m’installa durant des heures dans la salle de réveil faute de chambre. J’attendis qu’on m’autorisa à sortir, ce qui fut le cas à 11h du matin seulement. Je devais pourtant rester deux heures m’avait-on dit… Et ce fut un dédale de passages en tout genre, de bruits, de femmes au téléphone ou discutant de tout et de rien. J’étais les deux bras attachés, le gauche au tensiomètre, le droit, à la perfusion. Toujours autant en proie à l’épuisement, je ne pus à aucun moment me reposer … et surtout, j’avais tellement envie de rentrer chez moi. Je pensais à mes enfants qui devaient être debout, à mon homme attendant avec notre fille dans le hall de la maternité entouré de mes deux sages-femmes qui attendaient, elles aussi… Je fis comprendre que je voulais rentrer chez moi et je signais une décharge afin de le faire le plus vite possible. J’allais bien, même si faible physiquement, mais j’étais heureuse au fond d’avoir réussi l’impensable pour moi ! J’étais si fière ! Même ce petit scénario d’enfer à la maternité n’enlèvera pas ce bien-être intérieur que je ressentais et que je ressens toujours.

Arrivés à la maison, nous montâmes vite voir mes enfants qui étaient toujours avec ma mère. Les deux, le sourire aux lèvres découvrirent leur petite soeur, fous de joie de savoir qu’elle était née pendant qu’ils dormaient !

Quant à moi, je remercie infiniment celles qui m’ont laissé ma chance. Je les adore.

Magali

L’arrivée de Zoé – Pays de la Loire – 2013

28 Nov

L’arrivée de notre petite Zoé, ce samedi 27 juillet 2013.          Pays de la Loire,  France .

Je rêvais secrètement d’un accouchement à la maison … Je suis plutot sereine dans la vie, et j’avais envie d’accoucher le plus naturellement possible …

En 2001 , j’avais 20 ans, j’ai accouché en centre hospitalier, avec une sage-femme que nous ne sommes pas près d’oublier, elle râlait  pour tout et n’importe quoi, si bien que, pour finir, mon mari lui a demandé de se mettre au travail pour m’aider à faire sortir  cette pitchoune, ce fut un accouchement rapide, mais difficile à digérer pour moi … et qui a certainement contribué à la relation que j’ai parfois eue avec ma fille.

En octobre 2012, nous nous marions, et nous mettons en route notre petite dernière, le début d’une course-secrète contre la montre pour trouver une sage-femme qui acceptera un accouchement à domicile, fin janvier, par le plus grand des hasards, je rencontre une maman sur le point d’accoucher qui a prévue d’accoucher chez elle avec une sage-femme, elle me donne son nom, et en rentrant à la maison, j’en touche un mot à mon mari … J’avais déjà évoqué avec lui ce souhait. Je revois son regard, j’ai comme l’impression qu’il m’encourage à l’appeler tout en pensant le contraire … dès le lendemain, j’appelle L (notre sage-femme). Un premier rendez-vous à la maison  est pris dans la foulée.

Elle est calme, douce, et nous enfin, plutôt « je » décide de poursuivre l’aventure avec elle, nous nous reverrons tous les mois à partir de ce moment, pour faire connaissance, et préparer l’arrivée de bébé puis j’ai lu, je me suis informée sur les pour, les contres, et surtout je n’en ai pas parlé autour de moi, (officiellement j’accouche en clinique), seules quelques personnes sont au courant, comme ça, j’ai la paix, mais je suis grande, maintenant, je me connais bien, et je sais que le jour J , si je ne le sens pas , je ne prendrai pas de risque …

Ma  grossesse se passe très bien, j ai pu travailler jusqu’au congé de maternité, tout en faisant attention, même si j’ai un travail très physique , je m’y  sens bien, puis les jours passent, nous arrivons au jour du terme, et je suis toujours là, avec mon bidon. Bébé, n’est pas pressé de sortir, je me rends donc à la clinique pour l’examen de routine, où on m’explique ce qu’on y fait, et que si tout est ok, je peux rentrer à la maison, je leur reponds que de toute facon, travail en cours ou pas, je rentre à la maison,  je veux accoucher chez moi (j’ai bien sur eu droit à une belle discussion sur l’AAD, mais on respecte mon choix quand même) de toute façon l’écho et l’examen du col étaient ok,  je pouvais rentrer … pour revenir 2 jours après si rien entre-temps  ne s’était passé …

Me voilà de retour  2 jours après, mais rien de plus n’a bougé, je rentre donc à la maison, appelle ma sage-femme pour lui dire que tout est ok, elle me dit que de toute facon, je suis la seule de ses patientes à accoucher ces jours-ci,  qu’elle s’attend à ce que je l’appelle tres bientôt et qu’elle sera  prête … moi aussi je suis prête, mais rien ne se passe non plus pendant ces deux jours. Tout le monde attend cette naissance avec impatience, et inquietude aussi, on sent nos parents inquiets un peu (heureusement ils ne savaient pas pour l’AAD) j’ai envie d’avoir la paix, moi, mais il faut gérer tout ce petit monde. Je dois donc retourner aujourd’hui, à la clinique, pour 14 h et je sais pertinament, que l’on va me parler déclenchement, pour le lendemain, le protocole est de 5 jours après terme, ici.

Le stress monte pour aller à cette visite, c’est samedi, j’y vais accompagnée de Mr, en plus il fait très chaud, et j’ai 40 min. de route pour y aller,

Arrivée la bas, j’ai le droit encore à une nouvelle sage-femme, qui a déjà entendu parler de moi par ses collegues, elle a  l’air plutôt sympa, et a l’air d’avoir connaissance de mon dossier et de mon souhait, on en discute forcément, elle a cherché à savoir le pourquoi du comment, je lui ai donc raconté mon premier accouchement, mon séjour à la maternité, ils n ont pas l’habitude d’avoir des patientes qui souhaitent accoucher chez elle. Mais, elle, on la sent très ouverte sur le sujet, une fois le monito fait, elle me donne comme prévu la date de déclenchement, pour le lendemain matin à 8 h, à ce moment-là, j’ai craqué, ce n’était pas du tout ce que je souhaitais. Mon mari lui dit alors : « Et si demain matin, on ne vient pas ? que se passe-t-il? » On a senti un peu un malaise dans sa réponse, elle nous a dit que ca vexerai le doc de garde … Quelques minutes plus tard nous quittons  la clinique, il est quand meme plus de 17 h30, (elle a pris du temps pour nous, c’était une journée calme pour eux, elle nous a confié que la veille, ils avaient eu 17 accouchements en 12 h).

Je suis ravie de pouvoir rentrer chez moi, j’appréhendais d y rester, on previent nos parents que finalement ce ne sera pas pour aujourd’hui, sans parler de l’heure de déclenchement prévue pour éviter de les stresser plus … puis ,  je sens que Mr est perdu, il n’est plus très serein (en fait il ne l’a jamais été) de  rester  pour  l’accouchement à la maison, elle a réussi a lui mettre le doute en tête, … et s’il arrivait quelque chose ??? vous avez pensé aux risques ??

On en rediscute dans la voiture, moi de mon coté, je sens comme des picotements dans le ventre, puis à 10 mn de la maison, une premiere contraction,  enfin …… !!!!

Je comprends alors que finalement, le moment tant attendu n »est plus très loin, et que je vais pouvoir enfin donner naissance à ma pépette à la maison …

En arrivant à la maison, je remets un peu d’ordre dans mon dossier, puis je me pose un peu … Je sens que le travail a bien commencé, les contractions sont de plus en plus proches et de plus en plus fortes, j’hésite un peu pour appeler ma sage-femme, je ne voudrais pas la déranger pour rien, Mr commence à être stressé, je pense qu il a espéré jusqu’au bout que j’accouche en milieu médical.

Finalement vers 19h15, j’appelle L. je lui laisse un message, elle me rappellera vers 20 h, on fait le point sur la situation, elle me dit alors qu’elle prends la route car elle est à ce moment-là à 1h 30 de route de chez moi, elle me demande si je vais arriver à gérer d’ici son arrivée, je lui réponds que oui (j’avais bien repris du poil de la bête par rapport à ma sortie de clinique de l’après-midi) elle me demande donc, de me mettre dans ma bulle, de préparer mon petit cocon, et de prendre un bain si j’en ressens le besoin, me voilà rassurée, j’explique la situation à mon cheri qui me répond : « Comment veux-tu te mettre dans ta bulle avec les voisins partout autour dans les jardins? » On est en juillet, il fait beau, les voisins ont des invités c’est plus bruyant que d’habitude dans le quartier, mais moi, je m’en fous, je suis déjà dans ma bulle, il me dit qu’il est prêt à partir pour la mat’, qu’il a les clés de voiture dans ses poches, du coup on s’accroche un peu, et je lui réponds qu’il n’a pas compris. … il finira par me dire, que c’est à moi de décider, que c’est mon corps, et qu’il me fait confiance … du coup, je file dans la salle de bain, je me fais couler l’eau pendant que lui va se reposer un peu. En attendant l’arrivée de L. je me glisse dans l’eau en gérant sereinement mes contractions, vers 21h15, L. m’appelle pour me dire que d’ici 30 mn, elle serait là … et me demande comment ca va, moi, je suis dans ma bulle, les contractions sont assez rapprochées, je suis sereine, et concentrée aussi … j’attends quand même avec impatience son arrivée, j’ai comme l’impression que je commence à avoir envie de pousser. En effet, vers 21h 45, je sens que j’ai envie de pousser, j’invite chéri à me rejoindre dans la salle de bain, je vais avoir besoin de lui, on est encore tout seuls,  mais j’entends une voiture qui arrive, c’est certainement  L. Je le sens alors plus détendu, je crois qu’il est soulagé. L. arrive, tranquille, elle est détendue, mais s’excuse, elle est en tenue décontractée, short, tongs, mais peu m’importe, après tout je la dérange pendant le week-end, elle a aussi une vie en-dehors de son travail. Elle se met tout de suite au travail, et me demande où je veux accoucher et si elle doit m’examiner, pour voir où en est le travail, je suis restée dans la baignoire, la poche des eaux est arrivée très vite, elle m’a rassurée, me disant que je faisais bien ce qu il fallait et que bébé savait aussi ce qu’il devait faire, nous avons alors fait des vocalises avec chéri, il m’a aussi soulagée en me massant le sacrum, on a laissée L. manger un bout tranquille pendant ce temps,  puis peu de temps après, j’ai appelé L., la tête est apparue,  puis quelques poussées après les épaules, chéri a crié, tout ému : « C’est génial, c’est génial! » Bébé est arrivé à 23h40 avec le cordon autour du cou, en le sortant de l’eau, L.  m’a dit de ne pas m’inquiéter, elle l’a enlevé, puis a posé bébé sur moi, le temps pour papa de couper le cordon, j’ai pu profiter du peau-à-peau, jusqu’à la délivrance du placenta, qui devait se faire en dehors de la baignoire, mais qui s’est finalement faite dedans vu la rapidité. Je suis ensuite retournée dans le salon sur le matelas que nous avions préparé, et j’y ai passé avec ma puce notre première nuit. L. est restée jusqu’à 3h du matin.

Je me suis endormie avec ma puce dans mes bras, très sereinement, et ravie d’avoir pu vivre cet accouchement comme je le souhaitais, dans le calme, et chez moi … Dès le lendemain, nous nous sommes retrouvés avec nos filles, pour fêter cela, ce moment est gravé à tout jamais en moi, je me suis sentie respectée (je ne remercierai jamais assez notre sage-femme, L.), c’était magique, et je me sens grâce à tout cela de plus en plus proche de mes filles.

Cet accouchement a un peu réparé le premier …

Anonyme