Tag Archives: empathie

Timothé Alsace (67/bas-Rhin)‏

28 Nov

Timothé est notre deuxième enfant, notre second garçon, notre deuxième trésor. Attendu, désiré, mais il a tout de même suscité beaucoup de craintes pour moi quant à l’accouchement.
Tout d’abord par rapport au choix de la maternité: habitant à la campagne, la maternité toute proche n’existe plus et nous sommes à 30 minutes minimum d’un hôpital. De plus, les deux hôpitaux à cette distance ne me disent rien! Mais j’ai accouché du premier en quelques heures et même si on me répète que je n’accoucherai pas en cinq minutes, choisir un hôpital à près d’une heure de route me fait peur. Ce sera donc celui qui est proche du travail du papa. Tu parles d’un critère de choix!
Ensuite, j’ai eu le sentiment pour mon premier, de vivre l’accouchement en spectatrice. Déclenchement post terme, péridurale (que j’ai demandée!) … Même si l’équipe avait été bienveillante et sympathique, j’en garde un souvenir finalement très flou au niveau des sensations. J’avais envie, cette fois, de maîtriser de bout en bout mon accouchement, tout en ne me sentant pas capable de le faire.

Je me suis donc tournée vers le centre périnatal de proximité pour une préparation à cette nouvelle aventure. Grand bien m’en a pris! J’ai eu des séances de sophrologie suivies (ou précédées) de longues discussions sur mes attentes, mes craintes … La culpabilité que j’avais ressentie suite au premier accouchement et qui n’avait pas lieu d’être … Nous avons abordé les méthodes de gestion de la douleur, appris à l’accepter. Nous avons parlé au bébé… Je me suis préparée physiquement mais aussi mentalement à cette naissance, en arrêtant aussi de me faire des scénarii ou de viser un idéal. Je savais alors que je souhaitais accoucher sans péridurale et que j’en étais capable, mais que si je craquais, ce ne serait pas un échec. Parallèlement à ces séances, l’aquagym prénatale proposée par le centre et un rendez-vous sur l’allaitement m’ont permis d’être tout à fait sereine.
C’est le 8 août au matin que j’ai perdu les eaux. J’avais peur de ne pas savoir, mais cette fois c’était très clair. L’inondation! Heureusement, tout le monde est en vacances … Un coup de fil à la maternité: je n’ai pas de contractions, je peux me préparer tranquillement, prendre une petite douche et m’occuper du grand avant d’arriver. Finalement c’est le papa qui déposera le futur grand frère chez son papi. Moi, le moindre mouvement déclenche une inondation!
C’est les larmes aux yeux que je le vois partir, du haut de ses quatre ans et demi, sa petite main dans celle de son père … Je me rends compte que je dis adieu au bébé qu’il était. Il va devenir le « grand »!

De mon côté je prends un petit déjeuner raisonnable mais consistant … Je me rappelle des 24 heures sans manger, lors de mon premier accouchement! Le papa me presse, on prend les valises et on y va. Dans la voiture, nous nous disons que c’est une vraie chance de pouvoir se rendre à la maternité sans douleur et sans stress! J’appréhendais tellement ce trajet! Nous voilà qui discutons, écoutons une émission à la radio … j’envoie quelques SMS à mes amies proches et j’appelle ma mère. C’est parti pour une longue journée! J’ai un peu le trac, beaucoup de joie et surtout je me sens sûre de moi et prête à me défendre si besoin.

Arrivés à la maternité, nous sommes rapidement pris en charge par un sage-femme. Très sympathique, il a donné le ton de mon accouchement: c’est moi qui décide. Il me propose de m’examiner, et confirme que la poche des eaux est rompue. Le col est ouvert à « 2 petits doigts »… Une semaine plus tôt, il était à « un doigt large », autant dire qu’il n’a pas bougé!
Le sage-femme me demande si je souhaite faire accélérer le travail. Je lui dis que pour le moment, j’aimerais laisser faire la nature. Il m’explique que dans ce cas, nous allions faire un monitoring pour nous assurer que bébé va bien. Il allait ensuite me donner une chambre, et rendez-vous à 14h pour un monitoring et ainsi de suite jusqu’au lendemain, ou nous déciderions ensemble de la suite si rien n’a bougé. Pas de toucher d’ici là, c’est inutile selon lui, et je suis bien d’accord! Il prend également un prélèvement de sang, pour s’assurer qu’il n’y a pas de streptocoque B.

La journée se passe donc à marcher, marcher et marcher. Autour de l’hôpital, dans le couloir, … Quelques tisanes à la cafétéria, du ballon à gogo…. Rien ne se passe et les quelques monitoring ne montrent que de minuscules contractions irrégulières … 20h, second et dernier monitoring de la journée: ras ! … le papa rentre se reposer et je me prépare à passer la nuit en chambre. Je m’endors relativement tôt, car je sais que dans les heures qui viennent, j’aurais besoin de toute mon énergie!
Vers 1h du matin, je suis réveillée par des contractions de plus en plus fortes. Pour mieux les gérer je me concentre sur les images et mots positifs que j’avais préparé et je commence à regarder l’heure … 10 minutes … 7 minutes … Ça fait de plus en plus mal! Je décide de m’asseoir sur la chaise, cela me soulage. Le ballon aussi mais il est un peu dégonflé et moyennement efficace. Pour une raison que j’ignore, il me prend l’envie de chanter pendant la contraction : « Emmenez moi, au bout de la terre … » Miracle! Ça fonctionne!! Je gère comme une championne jusqu’à 5h du matin. Je sens que bientôt, le chant et le ballon ne suffiront plus et j’ai besoin qu’on m’accompagne. Je sonne. Une sage-femme arrive. Vu ma tête, elle me propose de m’examiner. Je suis très curieuse de voir ou j’en suis alors j’accepte! Pas facile entre deux contractions, mais elle fait preuve de patience et de douceur, et ne se moque pas quand je chante faux et fort pour gérer au mieux ! Fin du suspens, je suis dilatée à 5! Il va être temps d’appeler le papa, qui peut venir sans se presser! La question posée par la sage femme me ravie. Elle ne me demande pas si je veux une péridurale, mais : « Avez-vous des souhaits particuliers pour gérer la douleur? ». C’est sans doute anecdotique, mais ça m’a touché. Je lui ai expliqué que j’aimerais dans la mesure du possible gérer sans péridurale, mais que je ne l’exclurais pas complètement si besoin. Elle me propose le bain pour aider au travail, ce que j’accepte avec joie! Mais avant cela, petit monitoring : 10 minutes, dans la position que j’ai choisie (presque assise) et pose d’une voie veineuse au cas où, car j’ai perdu les eaux il y a presque 24 heures.
Petite anecdote : j’ai peur des piqûres. A la pose de la voie veineuse, je ferme les yeux en disant : « Je suis un peu chochotte, hein… ». Éclat de rire de la sage-femme: « Ca fait quatre heures que vous gérez toute seule vos contractions, j’ai vu plus chochotte que vous, quand même! ». Ah oui c’est vrai !! Cette petite reconnaissance de la part d’une « professionnelle de la naissance » m’a reboostée pour un bon moment!
Le papa arrive alors que je chante dans la baignoire. Je suis bien, je suis presque euphorique ! Chaque contraction me déchire le bas du ventre mais bébé avance, et j’arrive à redescendre sur terre dès qu’elles sont finies. Je crois que mon homme s’est senti un peu inutile, assis à-côté de la baignoire, le pauvre! Il n’a pas été très attentif et alors que je lui tendais la main pendant une contraction, le voilà qui baille les yeux fermés. Ok … Seconde contraction : non, là il se frotte les yeux, ben oui il est fatigué! Ça m’énerve, je lui dis d’aller prendre un café et je retourne dans ma bulle (il n’ira pas, heureusement!). Mais trois contractions plus tard, je ne gère plus. Je panique, il faut que je sorte de l’eau! Chaque tentative pour me lever me fait mal et m’oblige a redescendre. Je pense à ce moment-là que je vais mourir noyée dans la baignoire!! (Aucune chance !) Je crie « ça poussssseee!!!!! » Et je vois arriver la sage-femme en courant! Armée d’une serviette et aidée par mon amoureux, ils me sortent de l’eau. Je panique, je pleure, je mors (aie!!). Je veux la péridurale !!! Mais le col est effacé! Bébé arrive!!! Je suis heureuse qu’il soit trop tard mais en même temps je ne vois pas comment je vais pouvoir supporter la prochaine contraction…. On me propose le gaz, que j’accepte mais que je rejette rapidement: impossible de souffler dans ce masque!!!
Il descend! Il arrive!! J’ai l’impression que mon corps se déchire en deux, que je vais exploser … J’ai peur et j’ai mal. La sage-femme, l’aide soignante et mon amour m’aident à redescendre sur terre. Je pousse n’importe comment, je ne veux pas qu’il sorte. Ça fait trop mal!!!
Entre deux contractions je me résonne: il ne peut pas rester là. Je ne veux pas qu’on aille le chercher! Alors je pousse. Je hurle et je pousse. Je crois bien que j’envoie paître l’aide soignante qui veut que je la regarde dans les yeux (et je m’excuserai mille fois par la suite!!)
Voilà mon trésor qui arrive!!! J’entends un bruit métallique …. « Oh non!! J’ai oublié de vous dire que je ne veux pas d’épisio!!  »
Rire de la sage-femme: « je comptais pas en faire!! » Pourtant j’entends un « clic clac »… Et le voilà, tout contre moi. Il est beau, il est doux… Il me regarde et me découvre… Mais ne pleure pas, est-ce normal? Avec beaucoup de douceur (mais rapidement), on m’explique que le cordon était autour de son cou (c’était ça le clic clac!!) et qu’il faut l’aider un peu. Il part … Je m’inquiète mais je me rattache à ce regard plein de douceur et de vie! Il est de retour à peine deux minutes plus tard et se jette sur mon sein comme s’il l’avait toujours fait!
On nous laisse tranquille. L’équipe reste proche mais ne nous envahit pas. Il sera simplement pesé. Pas mesuré, ce n’est pas urgent! Nous sommes heureux. Il est 7h du matin.
Je fais une petite hémorragie et les sage-femmes aident mon placenta à sortir en m’appuyant sur le ventre. C’est douloureux et je n’ai plus envie d’avoir mal! Avec mon accord elles font passer un médicament provoquant les contractions dans la perfusion et le placenta finit par sortir. Elles m’ont expliqué leur inquiétude par rapport au sang que je perdais et j’ai eu mon mot à dire, tout du long.
Remontée en chambre, l’équipe de la maternité a montré la même gentillesse, humanité et discrétion que celle de la salle d’accouchement. Je suis repartie fière de moi et pleine de reconnaissance. Merci a eux pour avoir permis à Timothé de découvrir le monde à son rythme et dans un environnement si doux ! Je souhaite à toutes les futures mamans de vivre un accouchement comme le mien, quels que soient leurs choix!
Anne

Publicités

Dans un petit coin du Finistère

25 Nov

Voici le récit tel que je l’ai écrit environ 12 heures après l’accouchement qui a eu lieu à cheval sur le 9 et 10 mai 2012. C’est l’histoire d’une naissance TRES respectée. Je ne sais pas si cela ne tient qu’à cela mais aujourd’hui, mon bébé de neuf mois est un exemple de bébé pas stressé qui n’a pas la moindre angoisse de séparation !

___ ___

Ici, tout va bien, Petit bonhomme dort encore beaucoup. On fait énormément de peau-à-peau pendant que le papa nous bichonne.

J’ai eu exactement l’accouchement dont je rêvais. Je vous mentirais si je vous disais que j’ai conservé mon calme. J’ai bien cru que je n’y arriverais pas comme ça : tout d’un coup, un accouchement physiologique me paraissait une idée sordide et je rêvais non pas d’une péri mais carrément d’une anesthésie générale. J’ai supplié mon homme de m’emmener à l’hôpital. C’était la phase de désespérance et histoire drôle, à la même phase, ma soeur qui était à l’hôpital a supplié son homme de la ramener chez elle !

Mon récit : Ma sage-femme m’a conseillé de l’appeler « histoire d’eaux »

Le mardi, une petite bonne femme en pleine forme passait sa journée à Océanopolis à Brest avec ses frères et soeurs, neveux et nièces à admirer les enfants admirant les poissons et à marcher peut-être un peu plus qu’elle n’aurait dû.

La nuit suivante, à deux heures et demie, elle se réveille avec un besoin imminent d’aller faire pipi, tellement imminent que ça coule sur la route. Elle a rompu la poche des eaux. Elle réveille son homme pour lui annoncer et bien sûr, le couple a du mal à se rendormir. A 4h, la petite bonne femme ressent les premières contractions, elles ne sont pas douloureuses mais comme elle n’en avait pas senti pendant la grossesse, elle se dit que ça commence et elle chronomètre : toutes les huit minutes, elle se dit que ça va aller vite. Elle annonce à son amoureux qu’il sera papa avant midi. Le matin, elle appelle la sage-femme pour la prévenir. Elles décident qu’elle la rappellera quand les contractions s’intensifieront. La petite bonne femme sait qu’au bout de 24h, elle devra aller à l’hôpital et commence à s’inquiéter quand à 14h, le travail s’est plutôt ralenti. Sur les conseils de la sage-femme elle va se promener en forêt avec son homme. Les contractions se font plus fréquentes et l’obligent à s’arrêter toutes les trois minutes. La balade dure une heure. Elle a parcouru 500 mètres ! Au retour, la petite bonne femme attend une heure ou deux avant d’appeler la sage-femme pour lui dire qu’il y a eu intensification du travail. Il est un peu plus de 18h, la sage-femme arrivera deux heures plus tard. Le temps qu’elle arrive, son homme masse la petite bonne femme pour lui soulager les reins et quand elle arrive, la sage-femme (qui vient de braver une tempête en voiture) est surprise que la petite bonne femme parle encore. Elle éteint les lumières ne conservant que les veilleuses, cache les horloges, demande à l’homme d’éteindre les portables… Et commence à masser la petite bonne femme. Elle propose à l’homme de masser aussi. Lorsqu’ils ont terminé la petite bonne femme va se plonger seule dans un bain pour se retrouver dans l’eau avec son bébé comme elle l’a tant aimé pendant la grossesse. Là, le travail commence à être plus douloureux. La petite bonne femme a faim, elle sort de son bain et demande à son homme de lui préparer à manger. Elle gère ses contractions à grands coups de souffle et est encore assez fière d’elle. La sage-femme s’est couchée dans la pièce d’à côté pour être vaillante lorsqu’il le faudrait. Quand la petite bonne femme a fini de manger, son homme se couche à ses côtés, la petite bonne femme souffle, souffle… et écoute le bruit de la pluie sur les velux, et savoure la présence sécurisante de son homme qui lui caresse la main doucement. La sage-femme vient écouter le coeur du bébé, tout va bien. Et puis les temps de pause se raréfient et la douleur commence à faire crier la petite bonne femme et à la faire suer, de la sueur froide. S’en suit de grands moments de douleurs, de cris et de sueur dégoulinante. La petite bonne femme a l’impression de se noyer. La sage-femme lui conseille des positions, la masse encore, crie avec elle de façon à mener ses cris vers les graves. Son homme la caresse sans cesse, lui essuie toute la sueur pour qu’elle ait moins froid. La petite bonne femme qui avait très bien préparé son accouchement gardait en tête la phrase de sa mère : «  Quand tu n’en peux plus, c’est que c’est presque fini. » Sauf qu’elle avait mal compris sa mère, pour la petite bonne femme « c’est fini », c’était « le bébé sort ». Et là, la petite bonne femme n’en peut plus alors qu’elle n’a pas du tout commencé à pousser, ça ne PEUT pas être presque fini. Elle est épuisée, elle est perdue car elle veut trouver une position où elle puisse supporter les contractions et où elle puisse se reposer entre deux, c’est très compliqué. Comment va-t-elle faire ? Elle a envie de pleurer, se dit qu’elle n’y arrivera jamais. Elle en fait part à la sage-femme, elle demande pourquoi c’est si long. La sage-femme lui répond qu’un bébé a besoin de temps pour faire son chemin et lui conseille de retourner prendre un bain pendant qu’elle va se reposer un quart d’heure. La petite bonne femme, perdue, l’écoute. Une fois dans son bain, son homme et la sage-femme disparaissent peut-être trois minutes mais ça semble long à la petite bonne femme qui se sent abandonnée. Son homme la rejoint très vite, ça va mieux. Il lui fait couler de l’eau chaude sur les parties de son corps qui ne sont pas immergées. Très vite, la petite bonne femme commence à sentir que ça pousse. C’est moins douloureux et ça rassure la petite bonne femme ; ça avance. Au bout de deux ou trois poussées, la petite bonne femme demande à son homme d’aller chercher la sage-femme. Il y va et la sage-femme prend place près de la baignoire, elle constitue un appui pour le pied de la petite bonne femme pour qu’elle puisse accompagner efficacement les poussées. La petite bonne femme crie toujours mais cette fois-ci, ce sont des cris très graves d’encouragement du bébé « AAAAAAAllllllezz, tu y es presque ! » La petite bonne femme voudrait que ça aille vite, elle est quand même très fatiguée. Un moment, elle sent que son homme n’est plus là. La tempête dehors a provoqué une inondation dans la cuisine, il s’est offert une pause-serpillère. Au fil des poussées, la petite bonne femme sent le bébé avancer de l’anus vers le vagin, elle est prête à accoucher dans son bain mais la position allongée n’est pas forcément idéale. La sage-femme lui propose de se suspendre à la barre de douche et éventuellement de remonter dans la chambre pour la mise au monde. Mais quand la petite bonne femme arrive à s’extraire de la baignoire, elle ne peut plus marcher, elle sent une tête de bébé entre ses jambes. La sage-femme, jamais à court de ressources, prépare un coin dans la petite salle de bain, un tabouret haut pour l’homme et des serviettes par terre pour la petite bonne femme. L’homme s’assoit, la petite bonne femme s’accroupit devant en se maintenant sur les cuisses de l’homme et la sage-femme s’installe en face, elle demande à la petite bonne femme si elle peut regarder où se situe le bébé, elle regarde et comprend pourquoi la petite bonne femme ne pouvait plus marcher ! Deux poussées encore et…… sensations de brûlure, de déchirement. On le supporte parce qu’on sait que c’est la fin. La contraction s’arrête, il n’y a qu’un bout du crâne qui sort. La petite bonne femme doit attendre la prochaine contraction pour la suite. Encore !! Et voilà ! La tête. « C’est encore aussi dur les épaules ? » « Non, c’est bien plus facile. » Encore. Et la petite bonne femme tient son bébé dans ses bras. Le calvaire est fini, on va pouvoir aller dormir. La petite bonne femme se tourne vers son homme pour voir s’il est émerveillé. Pas tout à fait. Comme la petite bonne femme, le sentiment dominant est plutôt le soulagement. Mais à part son crâne oblong, le fait qu’il soit violet foncé et qu’il soit recouvert de vernix, il a l’air beau ce bébé, la sage-femme constate que le père ne peut pas avoir de doute, il est bien de lui ce bébé ! Elle constate aussi que la petite bonne femme n’est pas du tout déchirée.

  • Quelle heure est-il ?
  • 5 heure et quart !

On a dépassé les 24h !!

Maintenant, la petite bonne femme veut aller dormir. La sage-femme n’est pas tout à fait d’accord, il reste le placenta. La sage-femme voudrait que ça soit vite fait dans la salle de bains, la petite bonne femme n’est pas d’accord, elle insiste. La sage-femme capitule. On monte à l’étage, alèse et cordon entre les jambes et bébé contre soi. La sage-femme est impressionnée de la capacité de mouvements de la petite bonne femme. Elle tâte l’utérus de la petite bonne femme et pense que le placenta est décollé, elle demande à la petite bonne femme de pousser et en même temps, elle tire sur le cordon, la petite bonne femme a l’impression qu’on lui arrache les entrailles. Elle stoppe tout et demande à la sage-femme de lui laisser le temps de se reposer. La sage-femme part dans sa chambre une heure et revient. Même expérience. La sage-femme commence à paniquer, elle craint qu’il soit nécessaire de transférer la petite bonne femme à l’hôpital, elle trouve ça trop bête, la petite bonne femme ne saigne pas. Elle laisse encore du temps à la petite bonne femme et va appeler des collègues qui auraient peut-être des pistes à lui donner. Quand elle revient, l’utérus de la petite bonne femme s’est vraiment modifié et l’homme est sorti discrètement de la chambre. La délivrance se fait enfin. Deux heures et quart après la naissance… La sage-femme est euphorique et invite la petite bonne femme à manger un bout du placenta. Un petit bout de rien du tout vite avalé. La petite bonne femme est contente mais elle veut dormir. Elle a bien profité de son bébé en attendant la délivrance alors quand elle a coupé le cordon (l’homme ne le souhaitait pas) et que la sage-femme a fait les soins du bébé et qu’elle est prête à partir, la petite bonne femme demande à son homme de prendre le bébé et dort deux heures. Elle en avait un besoin juste immense. Et son homme avait besoin de ce moment-là aussi. Il se sent définitivement papa. Au bout de deux minutes, bien sûr, le bébé n’était plus violet, au bout d’un quart d’heure, le traumatisme de son crâne était passé et le vernix a séché rapidement, C’est un magnifique bébé absolument pas fripé. Le plus beau bébé du monde ? Sans doute, c’est le notre ! En plus depuis, il est sage… En peau-à-peau avec maman. Papa s’occupe de nous. On est bien à la maison !

Naissance de Gabriel

25 Nov

Jeudi au matin, je suis réveillée par des contractions à 3h du matin. D’abord non douloureuses, elles le deviennent vers 4h et s’intensifient petit à petit. Vers 7h se pose la question pour mon conjoint de partir ou non au travail. Les contractions sont toujours espacées de 10 minutes et douloureuses, mais je ne sens pas que c’est le bon moment. Il part donc au travail, mais a du mal à se concentrer. Vers 9h, les contractions diminuent un peu et s’espacent. C’est un jour de tempête, le vent souffle dans la maison. Cela faisait une semaine que j’étais malade, et ne pouvait dormir la nuit, allant mieux le mercredi, j’avais demande à bébé de me donner une journée pour me reposer, il a bien entendu le message apparemment.

Dans la journée, je me repose, je vais voir ma mère et ma sœur. Etrange comme ce contact, avant de devenir maman a de l’importance pour moi. Vers 14h, retour à la maison. Il y a toujours des contractions, au rythme d’une à deux par heure. J’appelle Aude, la sage-femme, simplement pour l’entendre et la tenir au courant de ces contractions. Vers 15h, les contractions se rapprochent et redeviennent un peu douloureuses. Elles resteront jusqu’à 22h puis s’apaiseront et ta maman va pouvoir dormir. 0h, réveil et contractions plus fortes. Je grignote des raisins secs, me lève pour m’accroupir lors des contractions, puis m’assoupis entre chaque. Elles sont toujours espacées de 5 à 10’. Martin dort profondément. 3h00, je m’endors. 3h20 : je me réveille, car la poche des eaux vient de se rompre. C’est l’inondation dans la chambre. Je réveille Martin : 3h22, une heure qui restera dans sa mémoire. Petite douche pour l’une, café pour l’autre et nous nous installons dans la voiture pour le départ. Les contractions commencent à se préciser. Il est 3h45 lorsque nous partons.

4h00, j’appelle Aude pour la prévenir de notre arrivée. Curieusement, elle s’était déjà réveillée d’elle-même. Les contractions s’intensifient rapidement, et sont toutes les 3’ à présent. Il nous tarde d’arriver à la maternité.

4h50 : arrivée à la maternité. Aude est déjà là à nous attendre. Monitoring de contrôle alors que je me tiens debout et marche de long en large.

5h30, nous ne sommes qu’à 2 doigts, il faut attendre.

6h30 : direction la douche, une douche bien chaude, accompagnée d’une berceuse et des caresses d’Aude. Détente et bien-être, entre deux contractions bien sévères.

7h05 environ : 6cm souple, mais c’est dur maintenant, et je demande une anesthésie. Aude décide de prélever un bilan et poser la voie veineuse. Elle sort de la pièce, mais une contraction t’amène bien plus bas et je dis à Martin d’aller la chercher. Oui, DC / PM*, tu es presque là bébé. A deux, ils m’aident à attraper la barre du bout du lit, à quatre pattes. Ne manquent plus que la table d’accouchement et l’auxiliaire. Je suis soulagée de voir arriver Yvette avec la table. Ça y’est, nous pouvons y aller. Quelques contractions plus tard, tu sors, jolie petite tête ronde avec un tour de cordon. 7h26 !! Encore deux poussées pour les épaules ! Aude te dépose au-dessous de moi. Je me redresse et te regarde, petit garçon aux yeux grands ouverts, qui a à peine crié puis reste calme. Je te découvre mon petit et t’essuie doucement, sous le regard de ton papa, les larmes aux yeux.

C’était le 28 Décembre 2012, 25 ans après la naissance de ton oncle.

Je m’étais préparée à tout, mais rien ne correspond à la réalité et au torrent d’émotions et de sensations vécues ce jour-là.

(*) DC/PM signifie : dilatation complète, bébé étant dans la partie moyenne du bassin.

Naissance de R. – 2009 – Bas Rhin

14 Nov

Un déménagement, une nouvelle grossesse et perte de tous les repères : il faut chercher de nouveau un suivi humain, une solution pour accoucher comme on le désire… Mon mari a peur d’un Accouchement A Domicile et de toutes façons, ce n’est pas possible sur le département où nous venons d’emménager. Pas de Plateau Technique non plus. Je trouve quand même une sage femme libérale trés sympathique, qui a le même point de vue que nous sur la grossesse et l’accouchement : ce ne sont pas des maladies et la femme est faite pour accoucher. Aprés renseignement sur les hôpitaux et cliniques proches, nous décidons de faire les 3h de route qui nous séparent de l’hôpital où nous avons accouchés deux ans auparavant. 3 semaines avant le terme, j’ai des contractions, régulières, assez fortes, pendant 2-3h puis ça se calme. Un vrai « faux travail » vu que le col ne bouge pas… 10 jours avant terme, je suis sûre que ça y est, des contractions bien régulières, fortes, il faut que je me mette dans ma bulle pour les supporter… Vu la route à faire, j’appelle mon mari et on part pour l’hôpital. Mais en cours de route, tout s’arrête et lors de l’examen d’entrée dans le service, le col n’a toujours pas bougé, rien de probant. Je suis tellement découragée que je demande un déclenchement qui est accepté vu le terme, l’état du col (il est quand même un peu mou et ouvert donc…) et mon état de fatigue. Le travail commence réellement à 3h du matin, on va donc en salle de travail où la SF me propose un ballon, un bain, etc… ce qui pourrait m’aider. Le bain ne me tente pas, du coup je prends le ballon et je vais y passer le plus clair de mon temps, jusqu’à 19h. La SF reste trés discrète, pas d’examens tant que je ne le demande pas (concrètement, j’en aurai un à 3h du matin lors du début du travail, un en début d’aprés midi et un en début de soirée, au changement d’équipe). Durant toute la journée, la marche, le ballon, tous les mouvements possibles ne sont pas d’une grande utilité pour faire avancer le travail qui reste trés lent. Mais la SF reste à proximité, nous demande de temps en temps si tout va bien et nous laisse gérer à notre rythme, à notre envie. Vers 20h30, tout s’accélère : là, je sens que c’est bientôt le moment ! Je monte sur la table d’accouchement mais je reste sur le côté, c’est la position dans laquelle je me sens le plus à l’aise. Et d’un coup, je sens que le bébé descend, la SF me dit « fais comme tu le sens », alors je suis mon instinct, je laisse le bébé descendre, puis sortir, c’est vraiment de la poussée instinctive, je ne maitrise rien, je suis juste mon corps et en trois poussées, il est là. La délivrance se passe bien ensuite, pas de déchirure, un peau à peau pendant 2h avant de peser, mesurer et habiller ce nouveau petit être. De nouveau on a eu affaire à une équipe à l’écoute, respectueuse et confiante dans les couples qui viennent accoucher à cet hôpital. Aprés une nuit de repos, nous sommes rentrés chez nous sans aucun souci, sans devoir négocier ce départ précoce avec l’équipe, c’est juste normal pour eux à partir du moment où tout va bien…

1er accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/302-naissance-de-s-2003-gironde/
2e accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/naissance-de-t-2004-gironde/
3e accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/naissance-de-y-2007-bas-rhin/

Cindy- son premier enfant -76

4 Oct

J ai 28 ans et je vais vous faire partager la naissance de mon premier enfant.

La naissance d une maman.

Nous sommes lundi 20 mai , j+1, rendez vous de dépassemen’ de terme à la maternité. J en peux plus, je veux voir ma fille, je ne fais que pleurer. Je craque avec la sage femme, que je connais car elle m’a suivi lors de ma menace d accouchement prématuré. Elle me fait acupuncture, décollement des membranes. Pas une seule contraction a l horizon….Le soir, chéri me fait un massage bien appuyé en bas du dos avec huille essentielle qui sont censées déclencher contractions et intensifier le travail.nous nous couchons et là grosse contraction soudaine. Il est 00h12. Saisi par la douleur et surtout la surprise, je crie un peu. Le futur papa comprend tout de suite que c est pour cette nuit et moi aussi. Je vais prendre une douche, graine un peu, contractions toutes les 7 minutes. Puis brusquement toutes les 5 minutes. On part…Arrivée a la maternité à 2h15. On attend assez longtemps, y a du monde apparemment. Le sage femme arrive, me demande ce que j ai décide pour gérer la douleur. Je lui dis le plus longtemps possible sans peri, jusqu’au bout si je tiens. Il ne me parlera plus jamais de peridurale a partir de ce moment! Monito vers 3h. Les contractions s intensifient. Je ne tiens plus allongée, je finis debout accrochée au monito. Le sage femme revient, il voit ma tête, il comprend que ça s’accélère. Il n y a pas de salle de libre, ils sont en train d’en préparer une. On va marcher dehors et là les choses sérieuses commencent… énormes contractions toutes les 2min30/3min…. au bout de 10 min on retourne dans la maternité et là j attends au moins 30 min dans le couloir. J’en peux plus. Je me cramponne à ce que j ai sous la main a chaque contraction… le futur papa, le mur….Le sage femme revient enfin, direction la salle nature et la bain après auscultation. Il ne veut pas me dire ou j en suis, au moins a 6 car monito continu a partir de maintenant. Dans le bain, je n ai plus de répit entre les contractions, je n y arrive plus, je veux mourir, me noyer dans cette baignoire ou je ne sais plus comment me mettre. Je vois mon homme qui n en peut plus de me voir souffrir…je demande une anesthésie générale ! Lol mais je n emploie pas le mot péri !!! Bah non j en veux pas au fond de moi !!! Le sage femme est super zen, il passe de temps en temps, dit que l accouchement se passe très bien, que ca va vite et que c est très bien etc. une aide soignante reste avec nous la dernière heure. Je me dis que je ne supporterai plus une seule contraction mais elles s enchainent encore et encore. Je sors de la baignoire direction la table d accouchement. Pour sortir de la baignoire….. mdr luc et l’aide soignante sont obligés de me porter , je n ai plus aucune force, je tremble de tous mes membres, mes jambes trembleront jusqu’à a l’expulsion.Au bout d un moment j ai envie de pousser, le sage femme me dit de faire comme je le sens, de pousser si j’en éprouve le besoin, il ne veut pas refaire de toucher vaginal, il dit que c est moi qui sait. Ce sage femme est génial. Je commence a pousser, luc tiens ma jambe gauche l aide soignante la droite, et le sage femme berce mes jambes entre les contractions et ça me soulage. La poche n est pas percée, le sage femme veut que je la perce naturellement, je pousse, elle sort mais ne rompt pas!!! Je la déteste ! Lol au bout de 6 à 8 poussées, il la rompt.et après ça fait encore plus mal, je ne pensais pas que c était possible !!! Maintenant c est la tête de bébé qui arrive…et la je pousse, il, me dit de faire tsss en poussant, la douleur est intense, je hurle, le ahhhh qui sort de je ne sais ou. Comment un tel cri peut sortir de moi !?! Lol je comprends tout de suite que le ahhhh augmente la douleur!!!! Je reprends mon tss, ne pousse de toutes mes forces…… ça ne passe pas….piqure de lidocaine et épisio. Le sage femme m’as laisser pousser plusieurs fois, il a voulu m éviter l episio mais pas le choix. Puis la tête sort,, je saurai après que le cordon etait autour de son cou mais pas serré. Puis les épaules. Je sens ensuite ses jambes sortir de mon ventre. C est magique. Je suis encore sous le coup de la douleur et de l intensité de ces dernières heures. Il est 6h55 et j ai ma fille dans mes bras. Pour conclure, j ai beaucoup souffert mais si j ai un deuxième enfant, ce sera sans péri !!! C est une expérience merveilleuse.

anonyme – seconde naissance

4 Oct

Je souhaitais accoucher à mon domicile, sans sage femme (car il n’y en a pas dans ma région). Mais ça s’est fini en maternité.

Pardonnez d’avance mes fautes d’orthographes. Quant à la façon de m’exprimer, c’est parce que j’ai rédigé ce souvenir le plus tôt possible par peur d’oublier des détails de cet accouchement dont je garde un excellent souvenir.

D’abord, la nuit du 26 mars 2011 ; j’avais des contractions toutes les 7 minutes environ. Donc je me suis dit « je vais peut être accouché entre cette nuit et demain » car pour mon premier les contractions ont commencer comme ça a minuit et j’avais accouchée à 20h43.

Le lendemain je suis restée beaucoup allongée, je me suis quasiment pas levée en fait. Les contractions ont diminuées (elles se sont espacées).

Ensuite la nuit du 27 pareil … des contractions ! Elles reviennent, puis au fil de la nuit se rapprochent et augmente en intensité. J’arrive a « dormir » un sommeil vraiment pas profond car je me réveille constamment gênée par les contractions. Et plus elles deviennent douloureuses, moins j’arrive à dormir. On avait le matelas par terre et juste à coté il y a une table basse a chaque contractions je m’agrippais a la table de toute mes forces pour essayer de maîtriser la contraction ; tout en respirant profondément. Jusque là … j’arrive a maîtriser ça va. J’ajoute aussi que je vais au toilettes plusieurs fois par heures ; bébé appuie sur la vessie car il descend grave. A ce moment j’ai aucune idée du stade du travail. En réalité le col de l’utérus était en train de se dilater ; car toute la dilatation du col s’est faite à la maison.

Vers 7h00 ça commence a devenir vraiment dur ! Je vais souvent m’asseoir sur les toilettes à l’envers (le ventre vers la chasse d’eau et le dos face à la porte). J’ai l’impression que ça me soulage un peu. J’appuie ma tête sur le mur car je suis trop fatiguée … mais il fait froid dans les toilettes alors je reste pas plus de 15 minutes maximum après je retourne au lit, puis quelques minutes plus tard je me relève pour y retourner a cause des contractions … ainsi de suite (je sais pas combien j’ai fait d’aller retour).

J’ai pas vraiment regarder l’heure ; je l’ai regardée que deux fois à 7h00 et vers 9h00 je crois.

Entre 8 et 9h les contractions sont très très très fortes, je vais me rasseoir sur les WC et je me plaint de la douleur ; et j’ai des mauvaise pensées sur mon mari car il dort et ça me saoule de le voir dormir alors que je ne peux pas lol. A partir de là, la douleur commence à me faire gémir, j’essaie de respirer comme j’ai appris, j’inspire profondément et j’expire lentement … mais bon quand ça fait mal … ça fait mal ! Je me dis que j’y arriverais jamais (a accoucher ici a la maison) ! Malgré que je garde espoir. Je fait que dire « aïe aïe aïe » que j’ai mal ect … Puis trop c’est trop ! J’appelle mon mari et en plus de ça mon premier se réveille.

Je vais a la salle de bain, sous la douche. L’eau me soulage grave !! Ca fait trop du bien l’eau chaude. Mais ma douche est pourrie !!! Elle refroidie trop vite ; alors faut couper l’eau de temps en temps pour que l’eau chaude revienne. C’est horrible ! les contractions sont insupportables, je cogne ma tête contre le mur pour avoir mal ailleurs ; et mon mari me dit stop.

Je demande a mon mari si je peux rentré dans la baignoire de mon fils (j’avais plus toute ma raison) ; et bien sur il me répond que non (beh oui c’est trop petit lol). A ce stade je pense que j’avais le col dilaté a 10 cm ; mais le problème c’est que je ne le sais pas du tout. Puis j’ai commencer a perdre la raison a cause de la douleur du coup je suis incapable de réfléchir et de me dire que c’est probablement le moment de pousser ! En tout cas ce qui est sur c’est que j’ai plus de raison, je peux plus me contrôler, la douleur est trop intense.

Je me met à quatre pattes dans la douche ; et mon mari m’arrose avec de l’eau chaude ; mais l’eau ne fait plus rien a ce stade du travail.

J’ai trop mal j’en peux plus ; j’arrive même pas a pleurer. Je dis a mon mari que je dois partir a la maternité (car en fait je me sens perdue je sais plus quoi faire, j’ai mal et je sais plus ce que je dois faire) ; il essaie de me retenir encore un peu car il sait que je voulais vraiment accouchée a la maison. Il y a mon premier qui crie avec moi de temps en temps c’est « drôle » lol.

Je vais toucher mon vagin je sens la poche des eaux. Elle veut pas se percée !! J’ai mis du temps avant de comprendre ça ! Et là première insulte : « Elle veut pas se percée la salope » (désolée pour la vulgarité). Mon mari rigole.

Mais là je peux plus ; je crois toutes les 2 ou 3 minutes je contracte ; donc je hurle en même temps. Et je dis a mon mari qu’il faut vraiment aller a la mater car je ne sais pas ce que je dois faire, n’ayant pas imaginer que la poche des eaux puisse refuser de se percée… On appelle ma cousine. Il faut que je m’habille avant qu’elle arrive, mais le problème j’arrive pas a bouger a cause que les contraction sont trop rapprochées ; elles me paralysent. Je suis toute mouillée, je sais même pas si je me suis séchée le corps, je crois pas. Je n’arrive pas à m’habiller, c’est mon mari qui le s’en charge.

Je suis a quatre pattes dans le couloir de l’appart, mon fils qui me regarde ; je hurle toujours a chaque contractions. Ma cousine me dit qu’il faut que je me leve, qu’il faut partir de suite mais j’arrive pas a me relever j’ai trop mal !! CA pousse entre mes jambes ça fait mal ! Je lui dit que j’ai mal que ca pousse, que j’ai envie de faire pipi ; que y a la poche des eaux qui veut pas se percée et qu’il faut qu’on me la perce tout de suite lol ; elle rigole et me dit que elle peut pas faire ça ; c’est aux sages femmes de le faire, qu’il faut qu’on parte mtn ! Je lui dit « et si elle se perce dans ta voiture ? » Elle me dit que c’est pas grave c’est que de l’eau lol.

Elle m’aide a me relever, et on part … dur dur de descendre les escaliers ! En bas de l’HLM on croise la femme qui s’occupe des poubelles et du ménage de l’HLM. Je m’accroche a la rampe car je sens que je vais contracté ; je souffle comme une folle !

La femme de ménage me regarde d’un air choqué (peut être surpris) ; elle demande si je suis tombée dans les escaliers, personne lui répond (je crois qu’ils ont pas entendu) ; j’ai peur qu’elle croit que mon mari m’a battue lol ; alors je lui dit « ‘j’accouche ! ». J’ai pas assez de force pour faire une phrase lol car il faut que je respire.

Ma cousine me demande ou je veux m’asseoir dans la voiture, je lui dit que je m’en fiche !! Puis je regarde sa voiture (c’est une sept place) je vois que derrière c’est un peu serré alors je lui dit que je vais me mettre devant a quatre patte car j’arrive pas a m’asseoir (beh oui j’ai la poche des eaux a l’entrée du vagin et bébé juste derrière (et je sais pas encore que bébé et juste derrière lol). Du coup je monte devant ; a quatre patte ; la tête entre les deux sièges (conducteur-passager). On démarre et on part. Je lui dit que j’ai envie de crier lol alors elle me dit « vazi crie » alors je hurle comme une tarée. Je dis a mon mari d’appeler l’hôpital pour les prévenir que j’arrive !!
Bref on arrive aux urgence maternité ça doit être 11h moins 20; des femmes viennent à la voiture avec un fauteuil roulant … je leur dit que je peux pas monter sur ca car je peux pas m’asseoir !! Contraction qui arrive … elles doivent patienter avant de me faire descendre car je peux pas bouger quand je contracte.

Elles m’emmènent dans une pièce de consultation (c’est pas la salle d’accouchement) ; elles veulent m’ausculter pour voir a quel stade je suis. Elles m’aident a m’allonger sur le siège de consultation ; je soulève ma robe ; elle me place un tuyau au bras ; le monitoring sur le ventre. Il est 11H moins 10.

Elles me demande si je veux la péridurale ; je leur répond que a mon avis c’est déjà trop tard !!! (Et tant mieux car en vrai j’en voulais pas mais parfois on se laisse vite influencer!) Alors elle me dise on va voir … elles regardent et la elles me disent que y a la poche des eaux ; je leur dit que je sais et que ça me fait mal (c’est quand même pour ça que je suis venue!) ; et elle rajoute que bébé et juste derrière donc va falloir pousser !

Elle vont chercher une cuvette en plastique ; et l’installe sous moi pour percer la poche. C’est vraiment pas confortable et je leur fait savoir ! Alors elles ont intérêt a se dépêcher ! Une des sage femmes perce la poche et la « Ah ca fait trop du bien !! » même ma cousine m’a entendu dire ca dans le couloir. Je sens l’eau qui part ça soulage grave (il parait que la sage femme est toute mouillée moi j’ai pas eu le temps de remarquer).

Et la je commence a pousser !!

A chaque contraction je dois pousser ; elles ont pas de machines pour savoir quand je contracte donc c’est a moi de faire attention a quand la contraction arrive pour bien respirer et pousser (ce qui est mieux d’ailleurs). En fait j’inspire profondément et j’expire lentement en poussant (car j’ai lu que ça diminue les risques de déchirures). Pour le moment les sages femmes me disent rien sur ma respiration et me laisse faire.

A chaque fois que je pousse on me dit que bébé et juste là alors que je dois pousser encore. Au début j’y croit (elles me mentent pas mais disons qu’on avait pas la même signification de « il est la »). Au bout de la troisième ou quatrième poussée par la j’en ai marre qu’on me dise qu’il est là ! Alors je demande a mon mari « tu le vois ou pas ? » lol, je vois qu’il rigole et qu’il met du temps a répondre puis il me dit qu’il le voit pas encore mais que il est pas loin lol. Alors je continue a pousser puisqu’il est pas loin ! Puis on me redis qu’il est là et que je dois pousser fort et tout. Alors je les croit plus et je vais vérifier avec ma main … et la je m’enerve lol car il est pas la du tout je dis « Mais non il est pas là !!! Il est loin !! » mdr les sages femmes sont mortes de rire.

Quand je pousser çà m’énerve car des fois elle allait toucher avec ses doigt et ça me faisait mal ! Alors je disait « Mais elle me fait mal elle avec ses doigts » Elle elle répondait que c’est pas elle c’est le bébé (mais bon je sais que c’est elle qui me faisait mal).

Là bébé est vraiment là ; alors je pousse. Les sages femmes commence a me dire d’inspirer l’air ; de le bloquer dans mes poumons et de pousser ! Pour qu’il sorte. Et moi je refuse car j’ai lu que quand on fait comme ça, ca augmente les risques de déchirures ! Et je leur dit. Alors elle me dise mais non mais non (mais bon moi je veux pas les croire !) alors je continue comme je faisait encore un peu. Jusqu’à ce que je le sente bien. des que je commence a sentir sa tête qui essaie de sortir complétement la je commence a bloquer et a poussé pour expulser sa tete.

Je sens que ca me brule grave ! Alors je demande si j’ai une déchirure parce que ca me brule et tout; elles me réponde que non j’ai aucune déchirure tout va bien.

A un moment elle me disent d’arrêter de pousser ; les trois sage femmes et mon mari me disent « ne pousse plus ne pousse plus » mais c’est facile a dire hein ! C’est plus fort que moi faut que je pousse …. je met plusieurs seconde pour arriver a arrêter de pousser.

Puis j’en voit une qui se ramène avec des ciseaux ! je flippe et je lui dit « je veux pas d’épisiotomie non non non !!!! » alors elle rigole et me dit que c’est pas pour ca ; alors je comprends que bébé a le cordon autour du coup et je suis soulagée qu’elle va pas me faire d’episio lol. Finalement le ciseau n’a pas été utilisé, car c’est le papa qui a coupé le cordon après l’expulsion.

Je repousse … et bébé est là ! hop ; elles le sortent et me le donne. 11H10.

Première impression : Je suis étonnée car il est très blanc (contrairement a mon premier) puis il est pas très beau il a le nez tout aplati.

Voila voila en gros comment ca s’est passé. Il y a eu des moments rigolos, en fait je leur disait des truc qui les faisait rire mais je me souviens pas de tout.

A un moment aussi j’avais peur qu’elle appelle quelqu’un d’autre car elles commençaient à se regarder et a être bizare et tout ; alors je leur disait que je veux personne d’autre dans la pièce, que trois sages femme ça suffit, et qu’il faut qu’elles arrêtent de me stresser et de me presser. Le problème des fois ils sont trop pressés les gens ! ils te laissent pas le temps c’est stressant. Alors plusieurs foi je leur ai dit de pas me presser.

Bon elles ont dit a mon mari que j’avais bcp d’humour ; c’est vrai qu’elles étaient tout le temps morte de rire ; je sais pas ce que j’ai pu leur raconter …

Marylene – naissance d’olivia – 71

4 Oct

samedi 29 juin, on avait passé une super journée en famille, à faire les derniers achats etc a 17h roo une contraction…puis une autre et ce a 5 minutes…et pendant 2 heures du coup 2 spasfons en rentrant oh! ça passe a 3 minutes… Zhom part chercher un mcdo a Milo afin d’aller chez mes parents pour qu’on aille juste faire un monito… au cas ou lol
Arrivé a l’hosto on me fait un monito et on décide d’arrêter le travail afin de me transférer a Dijon le lendemain pour une meilleure prise en charge.
Sauf que depuis qu’on m’a injecté le Loxen je suis passé a 2 minutes et ça contracte sur plus d’une minute… Du coup on appelle en urgence le SAMU pour me transférer en espérant que je n’accouche pas dans l’ambulance…
On rigole bien tout le long du trajet, mon col apparemment a légèrement bougé mais pour un 2ème ça peut aller vite donc on se dépêche.

J’arrive a Dijon a 2h30, le dimanche et là par contre j’ai cru vivre un cauchemar… 3 personnes m’ont sautés dessus et j’ai eu le droit en pleine contraction à un TV, une prise de sang et une prise de tensçon… j’ai hurlé de douleur… là par contre le travail a été stoppé quasiment net… l’ambulancière engueule littéralement l’équipe médicale qui la fout dehors… comme je ne contracte plus on me fait repasser une énième écho pour voir le poids de bébé, la quantité de liquide et mon col malgré que j’avais eu tout ces contrôle le lundi d’avant… je monte en chambre…

Le dimanche on m’explique que comme c’est le week-end ils ne m’aideront pas a relancer le travail…je ne verrais personne… je passe la journée sur le parking avec Zhom..
Lundi matin, nouvelle équipe qui veut laisser une chance a bébé de venir seul, on tente un décollement de membranes mais ma cicatrice empêche un touché correct… je passerais ma journée a marcher sur le parking, à monter les escalier et on tente de capter des contrax sur le monito mais RAS…

Mardi matin je devais avoir un tampon d’hormones pour déclencher le travail comme convenu et 1h avant le staff de équipe médicale je sens que ça se remet en route… mon col passe a un bon 2 en moins de 1 heure… pas de tampon direct on passe a l’ocytocine pour aider a rythmer et intensifier les contractions… je ne suis pas prête je pensais qu’il me restait 24h…mais tellement heureuse de sortir de cette chambre…
comme les contractions sont bien installées je ne sens pas de différence avec l’ocytocine… ce n’est pas douloureux… je sens que çà bouge mais pas de douleur…. Par contre chaque TV me fait horriblement mal: je m’arque boute sur la table et les larmes coulent seules… les SF aussi gentilles et douces soient elles ne peuvent pas voir si ca avance…et je sens que bébé n’appuie pas assez et que ca va durer… Les sage femmes commencent a me parler de peridurale non par convenance mais car je ne peux pas rester avec ma cicatrice douloureuse… ça les désole de me le proposer car je gère niquel les contractions… à ce moment la le cœur de nenette commence a chuter a chaque contractions. C’était la seule condition pour laquelle j’aurais accepter la peridurale, si la sante de bébé ou la mienne était en danger et là, bébé a besoin d’accélérer le travail et on ne pourra qu’avec la peridurale car s’il faut partir en césarienne je pourrais être consciente…

L’interne anesthésiste arrive, c’est un amour, moi je pleure de colère contre cette fichue cicatrice douloureuse, contre cette sage-femme qui m’a massacré il y a 31 mois… Il me parle tout doucement, prends le temps de m’écouter, il me masse durant les contractions le temps que les produits fassent effet, on rigole bien, d’ailleurs avec toutes les équipes on a rigolé…
il me met une dose minime et j’ai la poire pour redoser si besoin… au moment de me rallonger sur la table, PLOC !!! je perds les eaux…. Aaaaaah c’est trop bizarre comme sensation..je chuchote a la sage femme « je crois que ca coule… » elle jette un œil et me réponds en chuchotant « je confirme » on éclate de rire!
On me met sur le côté, pour aider à la descente… j’ai alterné les positions depuis le début donc malgré la peri on continue ^^
Changement d’équipe il est 19h30… nouvelle équipe tout aussi agréable que la 1ère, l’étudiante sage femme va rester un moment avec nous, si besoin elle appelle sa collègue mais sinon c’est elle qui s’occupe de nous… mon col est a 6, Zhom decide d’aller manger on a encore le temps.
5 minutes après son départ je suis prise de tremblements je sens que je pars…je me sens mal. La sage femme revient me rassure, elle contrôle et me dis « le col est effacé » « ah d’accord (je reflechis 1 minute) effacé ?? je suis a 10 ?? » elle rigole et me dit que oui j’ai bien retenu le principe lol.
on attends un peu voir si bébé avance ou pas…les sage femmes décident de téléphoner a Zhom pour qu’il se dépêche de revenir…il n’est parti que depuis 40 minutes, il est devant la porte des urgences il a couru ^^
on me fait pousser 1 fois pour voir car je ne supporte plus cette pression dans le bassin, bébé descend tout le bassin en 1 poussée… bon ben la plus de doute on s’y mets!
Zhom arrive, ne comprend pas trop ce qu’il se passe, la sage-femme fait pour me mettre les étriers car je ne sens pas du tout ma jambe gauche je lui dis « non s’il vous plait pas les étriers, les cales pieds mais pas les étriers s’il vous plait » elle me réponds que pas de soucis et me bloque les pieds sur les cale pieds, une sage femme et la puéricultrice m’aide a écarter les jambes durant la poussée et Fx m’aide a me relever a chaque poussée.
En 1 contraction, la tête sort a moitié et là je m’arrête net de pousser et « dis j’en peux plus mon périnée va exploser » ça a fait rire tout le monde mais moi aussi en rigolant ça fait descendre bébé doucement mais je suis incapable de repousser tellement je rie.. allez prochaine contraction je me concentre et en 2 poussées sa tête est sortie.
Bébé avait le cordon autour du coup, la sage-femme clampe et demande a Zhom s’il peut se rapprocher pour couper le cordon, on me demande d’arrêter de pousser mais ce n’est pas moi qui pousse c’est bébé ^^
je l’attrape et hop bébé glisse tout seul avec le reste de liquide amniotique je l’ai sur mon ventre.
Mes premiers mots : « il m’en manque un bout !!!» de nouveau un fou rire chez tout le monde, bébé me paraissait si petit, il était tout blanc
La puéricultrice nous demande « alooors fille ou garcon ?? » euh on a oublie de regardé loool
Elle reprend bébé pour la stimuler un peu (elle avait avaler du liquide)et a ce moment on découvre notre puce au grand complet…
Moi qui crie « c’est une pepette !!!! » et Zhom qui pleure ^^

On est fou de joie !!!

J’ai juste quelques suture dans le vagin car ça a recraqué là où ma cicatrice gênait…donc parfait !!! et la sage-femme m’a fait des coutures en surjet donc reparfait !!! Zhom a fait le 1er peau à peau durant ce temps, ensuite j’ai fait mon 1er vrai câlin a ma fille, elle a rampé et gobé mon sein comme une pro ^^

J’ai récupéré la mobilité de ma jambe le lendemain a 8h30 ^^, olivia a du passer sa 1ère nuit en nurserie sous scop, et de là a commencé la valse des examens pour ma puce mais surtout la découverte de l’allaitement ^^

En fait comme c’était la nuit, pas de chirurgien de dispo sauf de garde donc la puéricultrice nous a surveillé ainsi que la pédiatre de garde pour voir s’il y avait urgence et comme il n’y en avait pas on nous a laissé nos 2 heures de découverte en famille.

Valérie, 50 ans, France.

2 Juil
J’ai accouché de jumelles dans un petit hôpital de province en Bourgogne
C’était en 1990
j’ai eu affaire à deux gynécologues
Un jeune écolo, adepte des méthodes naturels
Un tunisien proche de la retraite et plus classique dans ses méthodes
Le jeune écolo m’a mis au régime et fait perdre du poids
Le Tunisien a donné des ordres pour que j’en reprenne
On m’a imposé l’accouchement naturel car la péridurale n’était pas au point
La nuit de mon accouchement, considéré à risques, après 3 mois d’hospitalisation, j’ai entendu le personnel paniqué un peu car il n’arrivait pas à joindre le gynécologue.
Je n’ai eu aucune préparation à l’accouchement mais le personnel a toujours été présent et chaleureux.
Un jeune « stagiaire » homosexuel vigilant m’a peut-être sauvé la vie alors qu’un soir, ma perfusion s’était décrochée et que je perdais peu à peu mon sang sur le sol.
J’ai été prise en charge principalement par le gynécologue tunisien et une sage-femme.
Un pédiatre, une aide-puéricultrice, un anesthésiste et deux aides-anesthésistes, quelques stagiaires que j’avais autorisés assistaient  ou se préparaient à intervenir mais ont su se faire très discrets.
Le gynécologue, un homme qui n’avait jamais pu avoir d’enfants, m’a accouchée comme s’il s’agissait de ses enfants. j’ai beaucoup souffert du dos.
Il m’a fait une épisiotomie d’office alors que les échographies montraient deux filles pas très grosses.
Mes deux filles de un kilo et un kilo huit ont été amenées de nuit par un chauffeur de taxi au centre de prématurés de Dijon à 80 kms. L’une avait pris trop de globules rouges à sa soeur.  Le médecin n’a pas voulu les séparer de peur que je m’attache plus à l’une. Je savais que ça ne serait pas le cas mais j’étais d’accord.
Le pédiatre s’est un peu énervé en examinant le placenta et a dit:
-je n’y comprends rien, je ne sais pas s’il s’agit de vraies ou fausses jumelles, vous le saurez plus tard.  je jette tout!
Personnellement, ça ne me préoccupait pas.
J’ai souffert de la séparation et « rêvais » qu’elles étaient mortes. j’ai du attendre 10 jours avant de les voir. Elles sont été très bien prises en charge au centre de prématurés ainsi que tous les autres bébés.
Le personnel portait les bébés dans des sacs kangourous quand c’était possible pour qu’ils aient des contacts chaleureux.
Hormis la douleur, plutôt des souvenirs positifs.

Nayad, en 2009 à Marseille

1 Juil

Nayad est née le 27 février 2009 à Marseille avec 3 semaines d’avance : 3kg430, 52 cm.

Vers 1h du matin, je sens un petit écoulement de liquide mais je ne m’affole pas, je suis fatiguée, je me rendors.
L’après-midi j’ai mon dernier cours de préparation à la naissance. A la fin du cours je dis à la sage-femme que j’ai eu des pertes dans la nuit, elle me dit de filer au bloc !
Ma mère m’accompagnait au cours, et mon mari venait nous chercher. Arrivés au bloc, mon mari dit à ma mère: « vous voulez l’accompagner ? » Je lui dis « non non, tu te défiles pas, tu viens !… »
Et en effet, le col commençait à se dilater, puis j’ai mes premières contractions, je suis ravie « ouais super, ça fait pas mal ! » LOL!!

La sage-femme met le monitoring et m’informe: « je suis désolée de vous dire ça mais vous ne souffrez pas assez… » Bon on attend, je marche pour accélérer les contractions… vers minuit, le col était à 5 cm (c’était bien vrai : 1 cm par heure, donc je fais le calcul, encore 5 HEURES !!) je souffrais le martyr, des larmes commençaient à couler et je me dis que je serais trop naze pour pousser dans 5 heures, je demande la péridurale. Mais l’anesthésiste est occupé à côté!!
Enfin on me la pose, quel bonheur! Je me suis endormie. Et en effet, vers 5h je commence à pousser (pas assez bien: épisio!)

5h27 on me la pose sur mon ventre « elle est toute chaude! »

La sage-femme a été ADORABLE, elle m’a tenu la main avec un infirmier lorsqu’on m’a posé la péridurale.
Elle était émue lorsque j’ai dis MARIE comme deuxième prénom car c’était son prénom à elle.
C’était celui de ma mère également.

Evie, une naissance à domicile envolée….‏

7 Mai
Voilà le récit de naissance d’Evie, naissance naturelle d’une prématurée (écrit la nuit de sa naissance).
Le 16 Août, je n’ai encore rien préparé… je ne suis pas prête dans ma vie de tous les jours : il me faut encore du temps, je veux être complètement sereine pour l’arrivée du bébé et je comptais bien sur mon congés maternité pour m’y préparer.  Je me commande sur Internet un livre de 423 pages : en me projetant dans sa lecture je me dis qu’à la fin du livre, je serais prête… prête à accueillir bébé. Il doit être livré  le 19 Août, je l’aurais pour mon début de congés maternité et je pourrais enfin me consacrer pleinement à ce temps intime entre moi et mon bidou.
Il est 22h30, je tricote devant la télé, je me sens maman pour la première fois ce soir et j’ai une barre dans le dos… Quelques contractions « bénignes » me gênent et me rappellent qu’il faut que j’aille me coucher. Je vais sur mon lit, et je prends mon ordi où je lirai quelques récits d’accouchement comme depuis une bonne quinzaine de jour. La seule chose que je retiens par dessus tout : la douleur nécessaire lors de l’accouchement et le dépassement de soi.
 
Le 17 Août, il est 5h,  un de nos chats réclame à sortir. J’émerge péniblement, je me lève, fais pipi,  et ça continue à couler, un bon gros verre   : M**** c’est la poche des eaux… je suis à 34 semaines et 2 jours… c’est pas trop le moment. Je ne suis pas stressée, je n’ai pas de contractions et le liquide est clair.  Moi je pense à mon ADD qui tombe à l’eau .
Colin aimerait qu’on aille à l’hôpital, j’en ai pas du tout envie.  Je suis d’accord pour aller vérifier que c’est bien la poche des eaux et que le bébé va bien.
On arrive aux urgences, on nous monte en maternité et je me fais ausculter. C’est bien la poche des eaux… et   ils me gardent, et de plus m’annoncent que je vais être transférée. Oui j’ai bien entendu,  ils n’ont pas de services adéquats pour les prématurés de 34 semaines.
On se résigne, on n’a pas le choix : fini l’AAD, bonjour maternité et le kit « médical » imposé : corticoïdes (pour maturer les bronches de bébé et lui éviter d’être anesthésier à la naissance pour pouvoir l’intuber), antibiotiques car s’il y eu rupture des eaux il y a forte chance que j’ai une infection et il faut protéger bébé, piqûre dans les fesses, cathéter, monitoring, TV, perfusion, prise de sang, échographie, prélèvement vaginal, analyse d’urine, commande d’un VSL pour mon transfert, : la totale…   Mais je ne suis pas prête.
Il est 13h, je pars pour Gap en ambulance. Colin et maman descendront en voiture. Je continue à perdre beaucoup d’eau, toujours pas de contractions douloureuses…
A 23h, on se couche avec Colin (il reste avec moi ce soir au cas où), on est naze, debout depuis 6h ce matin. Je suis claquée et je n’arrive pas à dormir, il y a du bruit dehors en pagaille et comme on est en été il fait trop chaud pour fermer les fenêtres. Des bébés pleurent dans les couloirs.
Le 18 Août,  1h du matin, quelques contractions viennent me chatouiller…Rien de très méchant pour commencer, j’essaye de me rendormir entre chacune d’elles. Je regarde mon téléphone pour voir l’heure de temps en temps. Elles sont espacées de 15 minutes à peu  prés. Pratiquement 24 h après rupture des eaux, je rentre enfin en travail. Je laisse Colin dormir. Je prends les contractions allongée sur le côté, je respire profondément et j’essaye de visualiser l’ouverture du col. Que c’est facile de faire ça quand la douleur n’est pas insurmontable !
Il est prés de 3h, Colin se fait réveiller par mes respirations devenues très soutenues car je commence à avoir bien mal. Je n’ai encore rien vu. Il est un peu angoissé et crevé à la fois. Du coup il me regarde faire des allées et venues dans la chambre sans se lever et me conseille d’appeler les sages-femmes. Hors de question ! Je ne risque pas de sauter sur une table d’auscultation dès ma première contraction. On est à l’hôpital, sur place donc je resterai dans ma chambre le plus longtemps possible.
Je commence à avoir très mal  donc je demande à Colin de m’aider à prendre une douche. L’eau chaude qui coule sur mon dos et mon bassin pendant les contractions me fait du bien. Je me suspends de temps à autre pour m’étirer le bassin, ça me fait du bien.  
4h30 Colin appuie sur la sonnette, je serais bien restée plus longtemps dans la chambre mais bon. La sage-femme arrive et me dit qu’on va commencer par un TV et un monitoring… Elle ajoute qu’il faut quand même vérifier que les contractions soient assez efficaces sur l’ouverture du col car en fait, la douleur est plus intense quand la poche des eaux est fissurée et parfois on douille et le col ne s’ouvre pas : comme pour les déclenchements !  De toute façon, je n’ai pas le choix. Elle m’examine tant bien que mal, mais j’ai des contractions sans arrêt et refuse de sortir entre deux, je suis horrifiée.
Je suis dilatée à 3cm, j’aurais vraiment du rester dans ma chambre ! Elle me propose de prendre quelque chose pour calmer les contractions, pas question. Pourtant j’ai si mal. Colin me masse le bas du dos à chaque contractions, je hurle comme une folle et essayant de faire des sons graves : ouvre, ouvre….. je parle à mon col… Je suis enchaînée au monitoring car on ne capte pas bébé très bien et elle veut être sûre qu’il n’y a pas de souffrance fœtale, moi je veux bouger, je prétexte d’avoir envie de me lever pour aller aux toilettes. Elle accepte au bout d’un long instant. 
Puis la sage femme me dit, on va aller prendre un bain après, je pensais que c’était pas bon mais elle essaye de m’accompagner pour que je ne flanche pas à réclamer la péridurale et prend le risque de m’en donner un.   Avant le bain, je redemande à retourner aux toilettes, j’ai besoin de rester mobile. Je suis projetée en avant dès que je marche et je prends deux contractions par-terre avant d’atteindre les toilettes.   Et nous voilà partis au bain. C’est une baignoire mal fichue, j’y suis pas bien et  l’eau me semble pas très chaude. La sage femme comme depuis le début nous installe mais nous fiche la paix avec Colin, on reste que tous les deux.
J’ai envie de lâcher prise et de me noyer tellement la position n’est pas agréable et que j’ai mal. Je bois la tasse à plusieurs reprises car je n’ai pas la force de soutenir ma tête hors de l’eau pendant les contractions. J’essaye de me mettre sur le côté car Colin peut me masser le dos pour m’aider à prendre les contractions…  Il me rassure et me dit que je fais du bon travail et m’indique de respirer pour qu le bébé respire aussi. Je me laisse accompagner par sa voix. 30 minutes après je sors du bain.
Je remonte sur le lit de la salle de pré-travail et j’essaye de prendre d’autres positions, à quatre pattes, enchaînée au monitoring, accroupie mais chaque mouvement m’apporte une nouvelle contraction et je me cambre. Mais je ne trouverai pas une position qui me va à la fin ?
J’ai maintenant l’impression que les contractions se chevauchent, je n’ai plus de répit entre deux et c’est horrible. Colin doit donc masser en permanence mon dos et s’il ne le fait pas, je lui hurle dessus. Grâce à lui je n’ai pas flancher et dieu sait que j’aurais réclamer la péridurale s’il n’avait pas été là. J’aurais donné n’importe quoi pour que la douleur s’arrête. J’ai même pensé à une césarienne…  Je continue à m’agripper à la voix de Colin qui m’encourage et me dit de me reposer dès qu’il voit que le pic de la contraction est passé, et me prépare pour la prochaine…
En deux heures, j’ai à la fois des contractions brèves très rapprochées voire imbriquées les unes aux autres (celles-ci sont moins douloureuses mais on ne peut pas se reposer entre deux) et celles qui durent très longtemps et qui sont insupportables, par contre elles sont espacées et me laissent le temps de les préparer. La sage femme m’examine, je suis à 5, je suis un peu déçue. Une autre contraction me submerge mais je tiens le bon bout, j’en suis à la moitié.
Au lieu de hurler à la fin de chaque respiration : ouvvvvvvvvvvvvre, la sage femme me conseille de souffler tout doucement et de prendre mes inspiration par le nez. Horrible mais ça marche, du moins au bout de trois quatre respiration, je suis moins crispée dans la contractions et du coup j’accepte mieux la douleur. Mais c’est difficile de se concentrer sur sa respiration tant on aurait envie de hurler tout ce qu’on peut.  Il est 7h30 et on me propose de passer en salle d’accouchement.
L’équipe de nuit s’en va et je fais connaissance avec l’équipe de jour. En commençant par l’anesthésiste, mon tentateur… Juste une visite de routine, il n’a pas de chance, avant même qu’il me pose des questions, je lui arrache la main et je lui serre de toute mes forces en prenant une contraction corsée, c’est une forte celle là, elle me fait très mal. Il me demande si je souhaite la péridurale, je dis non mais mon corps tout entier crie ouiiiiiiii… ouf, il s’en va… la tentation est finie, comme je comprends ces femmes qui acceptent.
Puis c’est au tour de la sage femme de faire son entrée :  Elle est douce et me tient la main à chaque contraction… Je commence à avoir envie de pousser à la fin de chacune d’entre elle. Il faut que je laisse faire, c’est mon bébé qui descend. Les sensations sont différentes et la douleur aussi. On continue à écouter le cœur du bébé et le monitoring me gêne franchement, il m’appuie sur le bas ventre et me fait mal… J’en ai marre, ils n’arrivent pas à capter le cœur du bébé depuis un moment et tant qu’il n’ont pas des mesures dans la moyenne ils me le laisseront.
Je prends toutes les contractions en me concentrant sur ma respiration mais je crois que mon cerveau est livide, je suis ailleurs, je ne parle plus, je réponds à peine à Colin qui m’encourage, j’en peux plus. Je suis exténuée.
Puis la sage femme m’examine pour savoir où j’en suis. Le col s’est effacé, je suis à dilatation complète, le bébé va arriver. C’est pour ça que j’avais commencé à avoir envie de pousser. Dès lors, mes contractions ne sont plus du tout pareilles, ce n’est plus une douleur qui prend le bas du dos et des reins mais une sensation d’avoir envie de pousser. Ça fait mal mais c’est tellement différent. A chaque contraction, j’effectue quatre à cinq poussées dans une rage féroce. Je me surprends avec ma voix, d’où vient-elle cette voix bestiale ? J’ai un peu honte et je me demande si Colin n’est pas trop effrayé de m’entendre hurler comme ça. Je parle au bébé, je lui dis : viens bébé, viens nous voir… Colin me dit d’arrêter de parler et de pousser… garde tes forces, pousse !
 Je commence à sentir la tête du bébé très proche mais à chaque fin de contraction elle repart en arrière…  Ça y est la tête est là, je pousse fort mais elle a le cordon autour du cou, faut que j’arrête de pousser. Puis deux poussées après le bébé est là…Il sort dans un grand ahhhhhh car il sort comme un boulet de canon et me déchire un peu.
J’ai accouché allongée sur le côté, j’écarte la jambe du dessus et j’attrape mon bébé qui pleure. Je sais pas ce que c’est, je m’y prends à deux fois mais j’ai le cordon qui m’empêche de voir. Puis c’est la sage femme qui nous annonce que c’est une fille, Colin pleure, il me regarde, il me dit c’est Evie, je lui réponds oui mon amour c’est Evie.
Elle m’est enlevée très rapidement car elle ne peut pas rester avec moi mais Colin la suit.
Moi je reste en surveillance pendant 2 heures.
J’apprends très rapidement qu’Evie respire seule, c’est une petite battante, pas besoin de la mettre sous respiration artificielle et puis c’est un beau bébé, elle pèse déjà 2kg120 et mesure 42cm. Je suis fière mais je ne réalise pas encore que c’est ma fille, je suis complètement dans le brouillard… J’ai hâte d’aller la voir, de faire connaissance en néo-natalité.