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#329 – Accouchement non respecté (37), 2013

14 Jan

Nous sommes le 23 avril 2013, il est 21h. Depuis hier, j’ai dépassé le terme officiel des 41 SA, et ce soir, enfin, une petite contraction vient pointer le bout de son nez !

Je n’ai pas peur finalement. J’ai tellement attendu que le soulagement de voir un petit travail démarrer l’emporte sur la peur.
J’ai tout préparé en amont. Bien sûr, la valise, le linge dans la voiture en cas d’inondation, etc … mais surtout : l’accouchement en lui-même : quels sont les gestes médicaux à éviter, quels conseils pour tenir sans anesthésie, pourquoi moi, femme, je suis complètement capable d’accoucher …
La clinique et la gynécologue de la clinique m’avaient fait bonne impression. Méthode de Gasquet, possibilité de dire ce que l’on souhaite. J’avais d’ailleurs bien discuté avec elle, et j’avais pu bien mentionner ce que je voulais et ce que je refusais.
C’est donc en confiance que le 24 avril, à minuit tout pile, je me rends accompagnée de mon mari à la maternité.
Premier coup de massue : comme c’est la nuit, c’est le gynécologue de garde qui va s’occuper de moi. Ce n’est pas ma gynécologue !!!
La sage-femme m’accueille et me place en salle de monitoring. C’est bien un début de travail ! Mes contractions m’inconfortent (le mot est faible) mais on me laisse seule dans cette salle de monitoring sur une table d’auscultation très étroite et inconfortable. Je gère comme je peux, mon mari ne sait pas trop où se mettre.
Enfin, la sage-femme revient et me fait passer en salle de naissance, avec un ballon. Tout est prêt pour la péridurale bien que je n’en veuille pas, mais c’est juste le protocole, que ce soit prêt au cas où.
Je souffle, je grogne, je chantonne un peu.
On me propose de percer la poche, je refuse.
Je continue de lâcher prise tranquillement.
Rien n’avance, donc j’accepte qu’on me perce la poche.
Les contractions me font vomir, maintenant. Mais non, toujours pas de péri, merci.
La sage-femme me propose des positions sur le ballon et sur le « lit-table ».
Quand soudain, ça pousse !! Je hurle !!
La sage-femme tamise la lumière et m’aide à m’installer sur le côté.
Jusque là, on dirait presque un accouchement respecté, non ? Mais ça va se corser ….
La sage-femme appelle le gynécologue de garde. Et oui, nous sommes en clinique, c’est le gynécologue qui gère les 5 dernières minutes (et touche le pactole)
Dès qu’il entre dans la pièce, c’est « mettez-vous sur le dos ». Dans un état second, j’obtempère, enfin, surtout je me laisse faire par les gens autour de moi (tient, il y a une troisième personne … ah oui, la puer). Je pousse, je lâche TOUT, mais cela ne satisfait pas le gynécologue. Je réclame de changer de position, j’ai envie de me mettre à 4 pattes, ou au moins sur le côté. On me dit NON. Et là, une douleur atroce me transperce. Il vient de mettre un coup de ciseaux ! Je n’ai pas d’anesthésie, ça me fait un mal de chien ! Mes contractions à côté, c’était de la rigolade. J’hurle encore plus fort qu’avant, mais là c’est de douleur.
Enfin, j’entend la sage-femme dire « regardez madame! », j’ouvre les yeux, et je vois un petit bébé suspendu dans les airs, qui atterrit sur ma poitrine. Un cri, des mouvements incontrôlés … je reconnais ces petits coups de pieds. Mon bébé ? J’ai un bébé ? C’est une petite fille ! Il est 5h du matin, le jour se lève. Et moi je suis maman.
Tout de suite, on m’enlève mon bébé. Il faut recoudre. Une anesthésie locale plutôt réussie, sauf pour un point. ça fait vraiment mal, cette aiguille qui me transperce, ce fil qui me traverse. Mais, selon le gynécologue « à côté de ce que vous venez de vivre » … il n’a vraiment rien compris aux femmes, lui.
Mon mari tenait mon bébé, mais il s’est senti mal. Plutôt que de me revenir sur moi, ma petite fille a atterri dans une couveuse. Et elle hurlait, là, toute seule, loin de la chaleur de sa mère. Et moi en train de me faire recoudre, et personne autour pour me la donner. Mon bébé !
Enfin, la puer’ a la présence d’esprit de la mettre sur ma poitrine.
Et là, le calme après la tempête. Nous sommes là, tous les trois, avec ce tout petit bébé. Et c’est la première tétée.
Anonyme. Département 37

#328 Accouchement non-respecté en Charente Maritime, 2004

14 Jan

Je m’appelle Héloïse, j’ai 38 ans, mon fils est né en 2004 à l’hôpital (…) en Charente Maritime.

Mon corps, mon bébé et mon accouchement n’ont pas du tout été respectés ainsi que le séjour qui a suivi.

J’avais alors 28 ans et le terme théorique était prévu pour le 31/10/2004; tout s’était très bien déroulé jusque là.

Le 15/10 en toute fin de journée, dernier examen chez le gynécologue-obstétricien, examen peu agréable et douloureux.

Le 16/10 à 08h15, dès le saut du lit en allant aux toilettes comme par hasard la poche des eaux s’est rompue d’un seul coup …

Deux heures plus tard, je pars à l’hôpital naïvement, confiante et joyeuse à l’idée de donner la vie et de voir enfin mon bébé.

Arrivée au bureau des sages-femmes, je suis accueillie par la doyenne qui me présente à sa collègue qui est de garde ce jour-là pendant 24h à l’époque.

Déjà je ne la sens pas enchantée dès le départ, nous sommes un samedi, c’est donc sa garde du week-end du samedi 8h au dimanche 8h. Elle n’est visiblement pas d’humeur et commence par me faire un monitoring, pour détendre l’atmosphère je lui dis que c’est sympa d’avoir la même sage-femme pendant 24h. Là elle enfile ses gants d’examen et me dit sèchement : « maintenant je vais être nettement moins sympa » puis elle m’enfile ses gros doigts entre les jambes en me faisant atrocemment mal.

Elle est particulièrement sèche et désagréable, brutale dans ses gestes, elle m’annonce avec dédain : « Pfff vous n’êtes dilatée qu’à un doigt, dans 48h on y est encore » …

Elle repart en m’indiquant que je vais devoir patienter dans une chambre, mon conjoint n’en revient pas de son attitude, et ma mère qui l’a vue l’a qualifiera de matronne.

Je n’avais ni bu ni mangé depuis la veille et les contractions se sont accentuées d’heures en heures, la sage-femme n’est revenue me voir à aucun moment, j’ai géré mes contractions seule dans ma chambre. Vers 19h à bout de forces, je demande au personnel si je peux manger quelque chose, ils me servent juste une soupe que j’ai vomie.

J’ai donc sonné car je n’avais pas vomi une seule fois durant ma grossesse et cela m’a inquiétée, c’est la matronne qui est arrivée, visiblement je la dérangeais, « pfff ça arrive souvent avec les contractions, rappelez quand il y en aura toutes les deux minutes pendant 2h d’affilée » … Quel sens du dialogue et quelle écoute, quel soutien ! Vers 21h je pars enfin en salle de travail, je suis perfusée, cathétérisée, tensiométrisée, sans explication. La matronne se prend les pieds dans les fils de ma perfusion reliés à ma main et je hurle lorsque le pansement s’arrache. Pas une excuse, elle lève les yeux au ciel et repart. L’anesthésiste qui est beaucoup plus aimable vient me poser la péridurale à 3 cm de dilatation (trop tôt dans mon cas mais je ne le saurai qu’après). Au bout de 20 minutes elle ne fait aucun effet, je souffre horriblement car les contractions sont de plus en plus intenses. Je le dis à la sage-femme mais elle me dit que « non je ne peux pas avoir mal puisqu’on vient de me poser la péridurale »… Une fois de plus, je semble la déranger et elle ne me croit pas !! C’est mon corps, je sais si j’ai mal ou non, c’est tout de même incroyable de ne pas être crue quand on souffre !!! J’insiste et elle finit par rappeler l’anesthésiste qui lui me croit, et confirme que la péridurale a échoué, le produit ayant rebondi sur le nerf. Deuxième pose entre deux contractions douloureuses, le produit fonctionnera cette fois-ci mais pour une heure seulement, de 22h à 23h. Mon fils étant né à 01h15 je vous laisse imaginer la suite car à aucun moment je n’ai été informée de la durée des effets de la péridurale et de l’éventualité que je sentirai tout passer, à l’ancienne … Sanglée sur ce lit à l’horizontale (ce qui paraît aberrrant pour faire naître un bébé) reliée à des machines et à une sage-femme absolument odieuse, sans plus aucun effet de la péri, voilà comment j’ai fini les dernières heures de mon accouchement. De plus, lors des cours de préparation à l’accouchement, on a dit qu’il y aurait deux personnes maximum en salle de naissance (une SF et une Aux puer), et là il y avait 4 personnes, dont 3 dont j’ignorais totalement le statut médical puisque personne n’a pris le temps de se présenter. Des personnes entrent et sortent sans frapper, sans décliner leur identité ou sans même un simple bonjour alors que notre corps est à la vue de tout le monde en partie dénudé. A un moment deux des femmes sans identité se sont permis des remarques sur mon initmité comme si je n’étais pas présente : « tu as vu ça ? moi je n’avais encore jamais vu ça ! » … La nudité et la pudeur des patientes n’est pas respectée et il y a des remarques déplacées qui n’ont pas lieu d’être ! Le travail avançait lentement, environ 1cm par heure, ce qui semblait agacer la sage-femme ! Elle n’était pas non plus disposée à répondre à mes questions pourtant peu nombreuses durant le travail. Je lui ai demandé ce qui se passerait si mon bassin était trop petit, et elle s’est contentée de dire sèchement « mais pourquoi il serait trop petit votre bassin ? » A un moment elle a regardé sa montre et nous a dit « Bon je vais aller manger parce que j’ai pas que ça à faire! » Un comble pour une soit disant professionnelle qui est censée vous accoucher … De 23h30 à 01h15 mes douleurs sont devenues de plus en plus atroces, je ne m’attendais pas à une telle douleur, je ne maîtisais plus rien sauf la respiration que j’avais apprise aux cours de préparation. Là encore je n’ai pas été respectée, la matronne revenue de son dîner m’a fait comprendre sur un ton très autoritaire que la tête poussait et qu’on était à 1/2heure de l’expulsion donc il fallait oublier toutce que j’avais appris aupravant pour appliquer sa méthode. Les 4 se sont mises à me dicter en même temps leur façon à elle de respirer ou de pousser, sans aucun soutien, aucun encouragement, juste des informations contradictoires en me hurlant dessus. Quelle douleur, et rien d’apaisant autour, une position gynécologique imposée jambes écartées sous une lumière vive, avec des femmes censées vous aider mais qui vous crient dessus, aucune bienveillance, aucune empathie, rien ! C’est dans ce contexte que j’ai osé demander si j’allais avoir une épisiotomie et la sage-femme a alors répondu « mais c’est déjà fait! »… Un geste imposé, sans aucune discussion ni aucun consentement préalable ! J’ai l’impression d’avoir été trahie, découpée dans ma chair pour que ça aille plus vite, pour les arranger eux, parce qu’ils n’ont pas de temps à perdre … Là on est complètement dépossédées de notre  propre corps, ces instants nous sont volés à jamais, et aujourd’hui encore je porte cette cicatrice physique et psychologique, je me sens mutilée. J’estime que nos corps et nos âmes méritent un peu plus de considération et de respect, après tout c’est nous qui donnons la vie, non ? Lorsque la douleur a été au paroxysme, que la tête de mon bébé s’est engagée et que je voulais que tout s’arrête tant la douleur est aigüe, terrassante et irrationnelle, la sage-femme a prononcé cette phrase que je n’oublierai jamais : « Il y a un problème, il y a un problème … » On s’est regardés mon conjoint, les 3 autres femmes et moi avec inquiétude. La matronne a laissé passer quelques secondes qui ont paru des heures et a lancé un « c’est bon la tête va passer! »… Hillarant, très adapté à la situation, il fallait rire en plus ? Ce genre d’humour n’a pas sa place dans un moment pareil et c’est une honte d’être traitée ainsi dans un hôpital. Après cet épisode d’humour très déplacé, il restait encore les épaules de mon fils à faire passer, alors j’ai hurlé de toutes mes forces pour expulser cette douleur et aider mon bébé à sortir. Une des femmes a osé me dire « arrêtez de hurler vous allez faire peur à la maman d’à côté »… En plus on nous culpabilise, c’est révoltant d’être traitée ainsi dans un moment pareil ! Mon bébé arrive enfin et je peux le serrer dans mes bras, occultant tout le reste, je pleure en disant « Mon bébé, c’est mon bébé ! ». Il est bien au chaud tout contre moi, très calme, il me regarde et respire l’odeur de ma peau. Je l’aime tellement, c’est mon fils et il est enfin là ! Je tremble de froid et de fatigue, on me l’enlève déjà; moi qui allais très bien en arrivant, j’ai contracté un virus à l’hôpital et j’ai 39°5 de fièvre donc bébé part pour des examens, il me manque déjà, il n’a pas pu avoir sa tétée d’accueil comme je le souhaitais. Le placenta est expulsé entier dans le quart d’heure qui suit la naissance (je l’ai lu dans mon dossier). On me recoud la coupure de l’épisiotomie à vif …

Et j’ai droit à une révision utérine, manuelle, alors que mon placenta était entier !! C’est une douleur insupportable, cette main et ce bras dans vos entrailles qui semblent tout arracher de l’intérieur … « vous ne pouvez pas avoir mal, vous avez eu la péridurale » Décidéménent rien ne m’aura été épargné dans cet hôpital archaïque. Pourquoi tant de violence et d’irrespect envers les femmes ? On me ramène mon fils deux heures plus tard et enfin il, peut téter, allaitement maternel 100% réussi et qui durera 18 mois, et ce n’est pas grâce aux conseils que j’ai eus, contradictoires une fois encore, que j’ai réussi mon allaitement, mais grâce à ma seule volonté. La garde de la matronne se termine bientôt, elle me ramène dans ma chambre, veut vérifier avec sa collègue si je sais encore uriner, c’est le protocole, elles me regardent avec insistance assise sur les toilettes, il n’y aura pas une goutte, dans ces conditions ! Elles préfèrent aller voir le bébé, puis elles quittent la chambre, sans même un au revoir. Je ne reverrai jamais cette femme indigne de porter le qualificatif de sage, j’espère vraiment qu’elle a changé de métier depuis. J’ai croisé plus tard une de ses collègues dans un supermarché, elle m’a avoué que sa collègue en avait ras-le-bol des gardes de 24h … Merci de nous avoir gâché l’un des plus beaux moments de notre vie. Je ne reviendrai pas sur tous les détails du séjour qui a suivi tout aussi irrespectueux, 9 jours d’enfer, mon bébé ayant eu l’ictère du nourrisson et pour moi un virus inconnu, il a été placé d’officice en unité Kangourou avec les prématurés alors qu’il n’avait que 14 jours d’avance. Un matin il a été piqué 12 fois sur son petit bras parce qu’une étudiante qui ne savait pas faire les piqûres s’est acharnée sur lui … Les bébés et leurs mamans méritent le respect dans ce moment unique qui aurait dû être joie et douceur et qui s’est transformé en un moment de tristesse et d’amertume, tout cela parce que des personnes n’ont pas été à la hauteur de leur statut d’humain alors qu’on leur a donné toute notre confiance du fait de leur statut médical. Cet instant magique devenu une expérience traumatisante je ne souhaite à aucune femme de le vivre; j’attends mon deuxième enfant dont le terme est prévu pour le 28 janvier et 10 ans plus tard j’espère cette fois-ci une naissance respectée. Merci de m’avoir lue.

– Héloïse

#319 – Anonyme Verviers Belgique‏

7 Jan

Je souhaitais accoucher à la maison mais cela n’était pas possible car mon compagnon voulait assister à la naissance mais était angoissé par rapport à sa propre naissance où il avait risqué de perdre la vie. Nous avions néanmoins décidé de faire appel à une sage-femme indépendante pour attendre un peu à la maison avant de nous rendre ensemble à la maternité. Je souhaitais respecter un maximum la physiologie de l’accouchement et désirais essayer de me passer de la péridurale.

Jeudi dans la soirée, je ressens les premières contractions pourtant je ne les reconnaîtrai qu’à-posteriori. Vendredi soir, ça se précise, nous informons la sage-femme qui passe à la maison pour faire un monito. Bébé bouge beaucoup. Je ne suis pas inquiète. Elle me dit que le travail peut s’arrêter et me conseille de me reposer la nuit et de l’appeler chez elle en cas de besoin. Pourtant vers minuit impossible de fermer l’œil. Je décide donc de faire ce qui me détend le plus : prendre un bon bain. La totale, huiles essentielles en diffusion, playlist préférée et petite lumière d’ambiance. La nuit sera comme un véritable feu d’artifice : moi en tête-à-tête avec mon bébé. Je me voyais bien accoucher seule tellement je me sentais bien. Le jour se lève. Je suis très fatiguée après cette nuit aquatique.

Mon homme appelle la sage-femme pour un nouveau monito. Le toucher apporte une décourageante nouvelle : je ne suis qu’à  2 cm. La sage-femme craint que mon utérus ne fatigue à force de contracter trop longtemps. Elle me conseille de m’activer et de faire le ménage. Je n’ai qu’une envie ne rien faire dans mon lit , je suis d’humeur assez grise. Bien obligée, je me bouge, lessive, vaisselle, etc.,  je m’arrête et repars entre chaque contraction. A 15h, je suis morte de fatigue et je réussis à m’endormir. La sage-feeme indépendante nous rejoindra à 18h. Nous passons une bonne partie de la soirée dans la salle de bain. 23h à 5 cm nous nous mettons en route pour l’hôpital. Mon homme ne voulait pas à avoir à gérer un incident seul dans la voiture. J’embarque donc avec ma protectrice. Chaque changement d’ambiance provoque en moi un stress qui accentue la douleur : sortie du bain, dehors, dans la voiture, à la maternité. Arrivée à l’hôpital par les urgences, mon homme m’attend avec une chaise roulante. J’ai du mal à marcher mais la position assise est impossible à tenir pendant les contractions. Accueil bienveillant d’une sage-femme en salle d’accouchement. On me propose une blouse que je refuse, je m’allonge pour un monito et on me place une entrée pour la perf. Depuis le début, je gère chaque contraction en l’accompagnant de Ôooo long et graves. Le travail n’avance pas assez vite aux yeux des sages-femmes, on m’injecte du Buscopan je dilate immédiatement. Je perds les eaux debout, plus tard je ne couperai à l’ocytocine synthétique, les contractions seront alors une vraie torture. Laissée pour un instant seule avec C., je demandrai la péri, elle ne relaiera heureusement pas ma demande. Je suis maintenant à dilatation complète et pourtant je ne ressens pas le besoin de pousser. Bourrelet de col antérieur, je supplie d’arrêter les toucher vaginaux. Je ne sais pas si c’est ceux-ci, la contraction ou l’incompatibilité de la position avec la gestion de la douleur qui me font tant souffrir. Pourtant une sage-femme de l’hôpital m’enlèvera ce bourrelet dans une souffrance déchirante. Tout à coup, je vois qu’on intensifie l’éclairage qui devient aveuglant. Le gynécologue de garde arrive. La position couchée avec étrier ne me convient pas. On tentera de négocier le coucher sur le côté mais il refuse, j’aurai juste le droit de garder les pieds sur la table. Je vois le gynécologue qui prépare ses instrument. Il capte mon regard : « Ne vous inquiétez pas madame je ne fais que désinfecter ». Ivre de fatigue et incapable de parler je pense «  Prends moi pour une conne ! », dans un sursaut je trouve la force d’articuler « Faut pas clamper le cordon ». Réaction d’une des dames de l’hôpital : « Elle délire certainement », le gynécologue me demande de m’expliquer, je n’en ai pas la force.
On m’exhorte de pousser, on me dit que ce que je fais n’est pas bon. Je cherche le regard de mon accompagnatrice comme un agneau apeuré. Elle me fait oui de la tête, oui je peux y arriver. Je pousse de toutes mes forces, c’est comme si j’enfonçais un poignard dans mon propre bras. La tête est sortie le gynéco coupe le cordon enroulé autour de son cou, pas le choix, me dira-t-il. On me pousse sur le ventre, c’est désagréable. Mon bébé est là, je ne veux qu’elle, on me la dépose sur le ventre mais elle n’a pas encore pleuré. Après quelques secondes, ils la retirent, elle pleure, tout va bien nous nous cherchons des yeux : « Alors c’était toi qui était dans mon ventre ? »
Tout devient calme, on me recoud de l’incontournée épisiotomie. On tente la tétée de bienvenue, comme l’avenir nous le dira la puce est impatiente et exigeante avec elle-même, elle s’énervera de ne pas y arriver.

Premier accouchement – Seine maritime – 2009

4 Déc

En 2009, il m’a été donné de vivre la plus belle des aventures, celle de porter et de donner la vie!!

j’ai toujours pensé que j’étais venue au monde pour devenir mère! Chose faite en 2009! Ce que je n’avais pas pensé c’était la manière dont j’allais être actrice pour le devenir.

Après une grossesse quasi parfaite ( une petite MAP d’un mois) la fin de ma grossesse arrive a grand pas… a mon grand désespoir… j’aurais bien signé pour 1 mois supplémentaire!

J’appréhendais néanmoins le jour J, le travail, la douleur…. je n’avais jamais été a l’hôpital, jamais cassé un membre, jamais eu de point de suture ect… comment saurais je accepter la douleur?

J’entendais tout autour de moi, ces femmes qui décrivent ce jour comme étant le plus beau mais le plus atroce de leur vie….

Ma MAP m’ayant empêcher de suivre mes cours préparation a l’accouchement, mon stress était au plus haut niveau en imaginant ce jour….

Le jour J patiemment attendu arriva! les fameuses contractions aussi!!!!!

Je me dis que ce jour, c’est le mien! qu’il faut être a la hauteur! c’est a la fois excitant et terrorisant…. au terme de ses contractions, j’aurais un magnifique petit garçon, je serais responsable de lui toute ma vie, 24h/24h – 7j/7j. J’ai beau y avoir mûrement réfléchi pendant quelques années avant de me lancer, j’ai encore la trouille!!!!

8h: les contractions sont la, irrégulières, douloureuses, parfois non. je prend un bain, m’active, fais le ménage, vérifie pour la 50eme fois la valise de mon bébé garçon, 10 fois la mienne… on est « prêt »…!!!

13h :on mange, je sens que la journée va être longue, je mange des féculents a contre coeur, j’angoisse et les douleurs me donnent la nausée.

15h, : je souffre vraiment, les contractions sont dans mes reins, je ne sais absolument pas comment les accompagner et pire je les considère comme une ennemie…

Nous partons pour la maternité. Apres examen la Sage Femme m’annonce fièrement que j’ai bien travaillé que je suis a 4. Je suis dépitée… j’y suis depuis 8h du matin… Elle me propose la salle de travail avec la péridurale, ou continuer a marcher.  J’accepte de continuer a marcher. Mais avant nous devons passer par la phase « monito »… Pendant 30 mn je dois rester allongée sur le dos, la ceinture tenant les capteurs sur mon ventre me serre de trop, la douleur est horrible dans mes reins, je crois que je vais vomir, je ne supporte plus les contractions ni les mains de mon homme qui ce posent sur moi… Il le faut cet examen est obligatoire… fin de mon supplice,  nous allons nous promener dans les jardins de la maternité. Accrochée au bras de l’homme de ma vie, je reste totalement muette tellement la peur m’envahie. Pourtant il est si bon de savourer de ces derniers moments a « 2 et demi » le soleil de cet fin septembre nous réchauffait  délicatement le dos.

A 17H30:  nous partons en salle de naissance, je suis a 6. On me propose la péridurale, je doute encore, j’en ai tellement la trouille… la SF me propose de repasser dans 30 mn! peut être que d’ici la j’en saurais plus!

2 femmes arrivent a ce moment la, elles hurlent, crient, pleurent, implorent… digne d’un film d’horreur! je suis seule, mon homme est parti fumer. Je remet mes vêtements, prends mon sac et décide de partir d’ici, je ne POURRAIS pas accoucher ici!

La SF me voit partir et me rattrape, je fond en larmes, j’ai peur j’ai mal, je suis terrorisée. Elle me rassure du mieux qu’elle peut, je retourne en salle de travail… Et craque pour la péridurale.

Mon homme reviens, l’anesthésiste arrive, pose sa péridurale et repart en me lançant « bon courage »…un de plus a me terroriser!

La péridurale commence a faire effet et les effets secondaires aussi… A commencer sur mon bébé, qui verra son rythme cardiaque descendre a 45, des SF qui arrivent en hurlant, se jettent sur moi et me retournent sur le coté comme une crêpe, sans rien m’expliquer et repartent….

J’ai commencé a trembler aussi et ce, jusqu’à ce qu’on me pose mon fils sur moi…

Je n’ai plus aucunes sensation, je suis anesthésiée du ventre jusqu’aux orteils, impossible pour moi de lever une jambe ou bien même d’essayer.

On me demande si j’ai un « projet de naissance », jusqu’à ce moment la je n’avais jamais entendu ce terme, on m’explique vaguement, la position pour accoucher, le peau a peau, la mise au sein ect.

A 1h,  la SF décide qu’il est temps de sortir ce bébé, allongée sur le dos on m’explique comment je dois pousser, on essais, je ne sens même pas mes contractions et je ne sais donc pas quand je dois me préparer et pousser… on me guide. C’est long, très long… 50 mn de poussée, une episio ( sans consentement) et on me pose mon bébé sur le ventre!

il est 1h50, mon fils pousse son 1er cri! il ouvre ses yeux et les plonge dans les miens! De longues longues minutes… il me découvre, je le découvre, nous nous découvrons tous les 3! Nous sommes à pressent une famille! Il reste en peau a peau quelques temps sur moi le temps de la tétée d’accueil, pas besoin de lui montrer,  mon petit bonhomme sait déjà faire comme un pro! On fini par me le prendre, l’aspirer, le nettoyer un peau et l’habiller.

A 5h30 du matin nous remontons en chambre et finissons notre nuit magique!

Quelques jours après, j’avais une sensation étrange, celle d’avoir subi cet accouchement. Je l’ai bien vécu, j’ai survécu! Mais intimement  (et pourquoi qu’après),  je me dis qu’on peut donner naissance a son enfant sans subir son accouchement mais en etant actrice de celui ci!

Si 2eme il y a, je veux que cette accouchement sois différent……et 2eme il y a eu!!!!!!

Nikky

#310 De la grossesse aux suites de couches – Hauts-de-Seine

28 Nov
Je considère que la naissance c’est aussi le suivi de grossesse et les suites de l’accouchement.
Et là franchement, le respect des personnes est loin d’être garanti!
Le suivi de grossesse
Franchement très décevant.
La maternité de niveau 2 où j’étais inscrite prend des allures d’usine pour les consultations de suivi. On te demande de venir 30 minutes en avance et le gynécologue ou la sage-femme qui assure les consultations, avait presque toujours une heure de retard.
Examen rapide, aucune question sur le moral des troupes, les craintes, etc. Juste une phrase répétée au moins 2 millions de fois : si vous voulez la chambre individuelle, c’est 100€ et il faut réserver maintenant. Ok merci!
Le pire moment a été la 2ème écho. sortant d’une première écho géniale à 3 mois faite en clinique par une gynécologue attentionnée et qui a duré 45 minutes, on est arrivés la bouche en coeur, préparés à découvrir le sexe de notre bébé. Ma propre maman, elle-même sage-femme, m’avait expliqué que cette écho était généralement assez longue car on prend bien toutes les mesures et on voit bien le bébé.
Et ben raté! L’écho a duré 12 minutes au total dont 10 minutes durant lesquelles le médecin a engueulé son interne qui effectuait l’écho. On ne nous a rien montré, rien expliqué, bref on était invisibles! Ah si, juste à un moment, le médecin nous a demandé si on voulait connaître le sexe, on répond oui et là il dit c’est un garçon, point barre. Ce c**** ne nous a même pas montré le petit trilili.
Mais bon cela avait un côté pratique car tous les examens (urine, sang, prélèvement) étaient faits sur place et du coup, je n’avais pas besoin de retourner en labo après.
Heureusement, j’ai fait la prépa accouchement chez une sage-femme libérale très sympa : un peu trop pro-allaitement et anti-péri mais elle ne jugeait pas.
En dehors de tout ça, grossesse idyllique.
Fin de grossesse et accouchement
Bien vécu sur le moment mais peu d’informations.
Le jour J, rdv de contrôle : col ouvert à 1, épais et ramolli. On me décolle les membranes sans m’expliquer (oh b*rdel quel mal de chien!) et on me renvoie chez moi.
J+2 : j’avais rdv mais dans la nuit précédente, on s’est pointés à la maternité parce que j’avais eu des contractions (même pas douloureuses) + perte bouchon muqueux et qu’on était pressés surtout!
J+4 : rdv pour déclenchement. On avale un gros brunch avant d’y aller et on part de chez nous, sachant qu’on ne reviendra pas seuls.
8h30 : on me branche au monito + pose perf : j’ai des contractions régulières donc on me débranche vers 11h pour aller marcher et laisser faire la nature.
14h00 : retour au monito : les contractions se sont arrêtées donc on va lancer le déclenchement à 16h avec tampon. On m’informe juste qu’avec le tampon ça ira plus vite.
18h00 : on m’amène à la chambre car n’ayant que peu de contractions, ça sera sans doute long. On me prévoit un monito à 22h.
18h30 : les contractions démarrent c’est atroce tout de suite. Je me dis que je ne vais pas y arriver car un premier accouchement peut durer très longtemps.
21h30 : je suis un animal!
21h35 : j’appelle la sage-femme pour avoir un ballon. ça ne change rien et devant ma douleur, elle tente un toucher vaginal pour vérifier l’avancement du travail. Jamais ressenti une pareille douleur de toute ma vie, mon corps entier s’est cambré pour échapper au toucher.
En fait, mon col était postérieur et la tête de bébé devant, donc elle devait crocheter par derrière pour vérifier le col. EPOUVANTABLE!
Elle me propose donc de descendre en salle de naissance car les lits sont plus pratiques pour le toucher. Vu mon état, je n’ai pas cherché à comprendre.
22h00 : Arrivés en salle de naissance, elles s’y mettent à trois pour le toucher, dont 2 qui me maintiennent. Mon mari était dehors et il m’a avoué après avoir eu le sang glacé en entendant mes hurlements.
22h05 : Col épais mais mou et ouvert à 3, c’est ok pour la péri.
22h35 : l’anesthésiste arrive. On m’a prévenue que c’était pas des rigolos les anesthésistes. Ah oui effectivement! Mais bon, au moins ça crée de la complicité avec les sages-femmes.
22h50 : A plus mal du tout, youpi!
00h00 : perçage de la poche des eaux.
00h45 : je suis dilatée à 5 cm, le coeur de bébé ralentit donc je suis en code rouge, les sages-femmes débarquent toutes les 5 minutes pour me tourner ou m’expliquer des choses.
1h : il y a 6 personnes autour de moi qui passent leur temps à s’excuser de me faire mal alors que je sens rien (vive la péri!); elles me préparent pour une césa au cas où car le coeur de bb ralentit trop souvent. On me rase, on me lave, on met un nouveau produit à la perf.
1h10 : suis dilatée à 8cm (3 cm en 25 minutes, ouah!), col effacé mais comme le coeur ralentit toujours, les sages-femmes appellent le médecin.
1h30, dilatée à 9cm, le médecin me demande de pousser pour essayer de gagner le dernier cm. Elle est gentille, mais sous péri : tu sais pas ce que tu pousses, mais bon je pousse quand même…
Avec 9 personnes dans la salle, bonjour l’intimité mais bon.
Finalement, le médecin sort les spatules pour aller plus vite.
1h54 : mon fils est né, on le pose sur mon ventre avec les mêmes mots que dans les émissions : « le sang, c’est le vôtre ». Ils lui font une petite toilette pendant qu’on me recoud l’épisio + déchirure. Puis mise au sein et on nous laisse 2 heures tranquilles.
5h30 : retour dans ma chambre, épuisée, vidée!
Un accouchement très bien vécu car les sages-femmes étaient très pros et rassurantes mais j’aurais bien aimé qu’on m’explique qu’un déclenchement, certes c’est plus rapide mais aussi que les contractions ne s’intensifient pas, elles sont directes hyper-méga-violentes, ce qui ne laisse pas vraiment de temps au corps pour s’habituer à la douleur. Un avantage quand même : tu es moins crevée à la poussée car le travail est plus rapide.
Suites de couches
Une catastrophe!
Chambre sombre, déprimante et un vrai sauna!
On ne m’a rien expliqué sur les gestes d’hygiène pour mes points. Me suis débrouillée toute seule avec un peu de bon sens.
Les auxiliaires de puériculture n’étaient pas gentilles, sauf une de jour. Mais la nuit quand j’étais seule, elles étaient odieuses.
La deuxième nuit, après 2 heures de pleurs de mon bébé non-stop, j’ai voulu lui donner un bain pour qu’il se détende et là l’auxiliaire de puériculture que j’avais appelé m’a dit : « Vous ne pourrez pas le mettre sous la flotte chaque fois qu’il va pleurer, juste pour le calmer votre gosse ».
Conseils en allaitement inexistants.
Retour à la maison, baby-blues avec des idées bien noires et en rejet partiel de mon fils.
Quelques jours plus tard, mon mari me retrouve tremblante, claquant des dents : 40.5° de fièvre!
On appelle SOS médecins : on nous envoie dans la 1/2 heure (un exploit) un médecin qui ne s’est pas lavé les mains, qui puait l’alcool et le tabac. Il a palpé mes nichons, écouté mon coeur et c’est tout. Dieu merci, il n’a pas farfouillé là où je pense.
5 minutes de visite = 70€ svp avec une ordo d’antibio.
Comme il était pas net, on a fini par appeler les urgences gynécos. Sur leurs conseils, on s’y est rendus. On a poireauté 2 heures en salle d’attente et je me suis faite engueuler par une sage-femme qui voulait que je nourrisse mon fils dans la salle d’attente.
Pas en état de résister, je l’ai mis au sein, tout en me balançant d’avant en arrière tellement je délirais.
Finalement, on m’ausculte et là on me dit que j’ai une endométrite (infection de l’utérus). Pourtant il me propose de rentrer chez moi. Moi qui étais pressée de rentrer quelques jours plus tôt, là j’ai insisté pour rester car j’ai bien senti que ça n’allait pas.
Ils m’ont donc gardé. Chose curieuse : la chef de service a dit à mon mari que si la mutuelle ne prenait pas en charge la chambre, tous les frais seraient à la charge de l’hôpital. Ah tiens! Depuis quand un établissement semi-privé fait la charité? Une erreur médicale..?
Au final, j’ai été réhospitalisé 6 jours et j’ai contracté 3 infections : utérus, sein et urinaire, chouette!
J’ai abandonné l’allaitement car j’étais épuisée. Mais là aussi, problèmes avec les auxiliaires de puériculture :
1) elles ne se passaient pas le mot donc chacune avait l’air de découvrir que j’arrêtais l’allaitement;
2) les commentaires du style : « Vous n’allez pas faire ça??? » ou même « Vous savez qu’en l’allaitant, il sera plus intelligent et moins risque d’obésité ». C’est ça, traitez-moi de mauvaise mère, pendant que vous y êtes.
J’ai mis du temps à ne plus culpabiliser pour cet arrêt de l’allaitement.
Heureusement, mon mari lui était ravi de donner à manger à son fils alors ça m’a aidée.
En plus, j’ai passé l’hiver et mon congé maternel, à avoir la trouille des infections donc suis très peu sortie avec mon bébé et j’ai cru pété un câble!
Enfin, mes suites de couches m’ayant vidée, j’ai mis beaucoup de temps à être bien dans mon rôle de maman. Le lien a été rompu, mon mari a dû le prendre en charge les 2 premières semaines.
Il me faut du temps pour m’attacher, je n’ai pas eu l’amour maternel immédiat. Puis j’ai perdu mon papa brutalement.
Finalement, c’est venu, mon fils a maintenant un an et je n’imagine même pas ma vie sans lui, je l’aime plus que tout mon fils!
Véronique

#309 Naissance de J. – Haute Savoie

28 Nov
Par où commencer? Le travail a commencé le soir vers minuit chez moi, 2 jours avant le terme et a été très supportable et rapide pendant un bon moment, j’étais tranquille chez moi sur l’ordinateur, sur mon ballon, plus tard j’ai rejoint mon conjoint dans le lit en me disant que si je n’arrivais pas à dormir j’allais le réveiller pour le grand départ à la maternité.
Bien briefée sur le fait « qu’un premier c’est long » nous sommes partis à la maternité peu après 4h (et comme ça j’ai laissé dormir un peu monsieur!)
Nous sommes arrivés à 4h30 et une gentille sage-femme nous a installés en salle d’examen, j’étais dilatée à 3 cm, les contractions étaient toutes les 2 minutes donc le travail avait bien commencé. J’ai rapidement perdu les eaux à 4h50 et là j’ai commencé à avoir du mal à gérer les contractions.

A 5h30 enfin quelqu’un est venu nous voir et j’ai demandé à aller aux toilettes et après un toucher de peur que ce soit une envie de pousser (5cm) j’ai eu le droit d’y aller, et d’y rester! J’ai été abandonnée dans ces toilettes desquelles je n’arrivait plus à me relever tellement les contractions étaient fortes.

Ensuite nous sommes passés en salle d’accouchement et je ne tenais plus du tout, je ne savais plus comment gérer la douleur et personne ne me disait quoi faire, on nous a juste laissés dans la salle tout les deux (trois!) et mon pauvre homme me regardait souffrir sans pouvoir aider.
On m’a proposé un bain mais j’avais trop peur qu’on m’abandonne dans un bain sans aucun accompagnement. Du coup j’ai demandé une péridurale.
Au vu de plusieurs témoignages, on dirait que l’on fait exprès de nous laisser souffrir encore un bon moment avant d’y avoir droit afin d’être reconnaissante envers l’anesthésiste même s’il n’est pas sympa!

L’anesthésiste ayant pris son temps arriva à 6h30, après 3 tentatives et une engueulade de sa part car « mon dos n’était pas facile », je retrouvais le sourire! Par contre je n’ai pas eu le choix alors qu’en cours de préparation on m’avait parlé de péridurale ambulatoire.
Il était 7h et j’étais à 9 cm et une nouvelle sage-femme se présentait: « N’ayez pas peur si je ne trouve pas tout tout de suite c’est la 1ère fois que je travaille ici »… ok c’est rassurant!
On a laissé le travail continuer tranquillement, sur le côté, j’étais un peu déçue car je ne sentais vraiment plus rien du tout, même pas mes jambes, mais je préférais quand même ça à ce moment-là.
J’ai donc eu droit à une aide pour vider ma vessie sauf que pour cela j’ai du me mettre sur le dos et bébé n’a pas aimé du tout.. Donc retour sur le côté pour moi plus oxygène dans le nez.
Encore un grand moment seuls seuls seuls, la sage-femme était au téléphone avec mon gynécologue.
Il est arrivé un moment après, il a constaté que bébé était assez bas pour tenter de pousser mais par contre que la position n’était pas idéale, elle regardait les étoiles.. Et après son épisode de baisse de rythme cardiaque il a décidé que nous allions faire ça au bloc césarienne au cas où, et tout de suite.

Chéri était allé boire un café j’ai eu peur qu’il ne remonte pas à temps! (Et oui personne n’est allé le chercher.. En même temps quand il n’y a qu’une sage-femme de garde)

Du coup, une fin un peu violente à mon goût, j’ai poussé 3 fois et ma fille est arrivée à l’aide du docteur, ses forceps et une épisiotomie.
Je savais même plus ce que je devais faire, le docteur parlait à la sage-femme mais pas à moi…
Il s’est même loupé la 1ère poussée avec les forceps (il manquait une pièce je crois …) et est parti en arrière, a failli tomber et a engueulé tout le monde (moi aussi?) parce qu’il manquait cette pièce..
Je crois que j’étais préparée tellement « zen » pour mon accouchement que ça m’a un peu trop bousculée …
Finalement je me dis que je suis contente d’avoir eu la péridurale vue la suite des événements!
Mon conjoint est resté prés de moi du début à la fin, un soutien  indispensable dans un moment pareil.

Notre petite J. est arrivée a 10h30, elle pesait 3,420 g et mesurait 50 cm.

Pour la suite, mise en route de l’allaitement pourrie aussi … Je pense que bébé n’a rien mangé jusqu’au 3ème jour où, vue sa perte de poids, les sage-femmes et auxiliaires de puériculture ont commencé à se poser des questions … Et se sont finalement occupées de moi, sans que j’ai l’impression de les déranger constamment. Seulement, mes seins étaient déjà dans un sale état… Moi j’avais très mal à ma cicatrice aussi…

Je ne sais pas comment mais je me suis accrochée. Même quand elles ont proposé un complément j’ai réussi à avoir un tire-lait et une seringue au lieu du biberon … Mais bon, bébé avait quand même déjà du mal à téter, et ce encore aujourd’hui. Je ne sais pas si c’est leur faute mais je leur en veux beaucoup quand même. (Aujourd’hui à 5 mois je l’allaite toujours 2/3 fois par jour et c’est un vrai plaisir!)

Évidemment celles qui m’ont bien aidée ont mis la faute sur le manque de personnel.

Je suis désolée pour ça, mais une femme qui devient maman pour la première fois devrait être beaucoup plus accompagnée que ça.
Sans mon envie d’allaiter je serais sortie de la maternité déjà au biberon.
Sans mon envie d’accoucher par voie basse, je serai peut être allée directement en césarienne..

J’ai vraiment eu l’impression que j’aurais déjà tout du savoir faire avant d’accoucher et que c’était logique et évident pour tout le personnel mais pas pour moi. Et puis la phrase qui tue, à laquelle j’ai eu droit mille fois : « Le principal c’est que tout le monde est en bonne santé! »…
Heureusement je suis tombée sur une super sage-femme à domicile à mon retour à la maison qui a passée des heures et des heures avec moi.

Pour la suite, 3 mois après l’accouchement je pleurais encore quand j’en parlais et on m’a conseillé d’aller voir quelqu’un à Genève dans un centre périnatal car mon accouchement avait l’air de ne pas être « digéré » du tout. (J’habite à la frontière)
Heureusement en Suisse on se soucie un peu plus des mamans et en 2 séances c’était réglé, nous en avons conclu principalement que je n’avais jamais eu peur de l’accouchement durant toute ma grossesse et au final j’ai eu très, très peur sans forcément l’exprimer. (D’ailleurs, je crois que dans mon récit on ressent plus la solitude et l’incompréhension que la peur.)
Il y avait aussi tout un mélange de sentiments ressentis en même temps qui avait été très dur à gérer.

J’espère que si j’ai un deuxième enfant cela se passera mieux!
Merci de m’avoir lue.
Sophie

#308 – France, 92. 2007 – Un chemin de femme

26 Nov
Mon premier enfant est né alors que j’étais plus jeune que la moyenne des femmes, nouvelle dans ce monde de la maternité que je ne connaissais pas, personne n’y ayant fait d’incursion récente dans mon entourage ou ma famille.
 
J’y débarquais peu sûre de moi, à la pêche aux infos, écumant le net et les livres, avec une idée qui se précisait bien de ce que je voulais ou ne voulais pas, mais trop peu de confiance en moi pour réussir à m’imposer et me faire respecter, car dans le monde de la naissance médicalisée, il faut se battre pour gagner le droit au respect.
J’ai vécu une grossesse paisible et douce, pour autant la naissance de mon fils me laisse le souvenir d’une bataille terrible. Une bataille où j’ai été dominée, maltraitée, mais que j’ai gagnée car je l’ai mis au monde, en limitant les dégâts, dans cet environnement hostile.
 
Aujourd’hui, presque six ans après, j’ai fait du chemin grâce à cette impulsion, car comme on dit, ce qui ne te détruit pas te rend plus fort ! Aujourd’hui je me sens prête à donner la vie à nouveau, dans un environnement qui me sera sûr. 
 
Entre-temps j’ai vécu une deuxième « naissance », cette fois pour accompagner vers la mort, une fausse couche à deux mois de grossesse. Pas une bataille cette fois-ci, même si ce fut dur, très dur, physiquement surtout. Le sang, encore le sang, tout ce sang. Cette fois-là, j’ai pris ma liberté à bras le corps, et je me suis écoutée moi, personne d’autre, rien qui ne résonnait pas en moi. Je suis fière d’avoir su prendre mes responsabilités et écouter mon instinct, rester chez moi là où je me sentais bien et non pas me jeter dans la gueule du loup (et du curetage) à l’hôpital.
 
Je suis fière de mon chemin, j’en suis forte et je sais que je peux être libre de vivre une naissance telle que je la conçois.
 
Pour autant les semaines, les mois qui ont suivi mon premier accouchement n’ont pas été faciles. Passée l’euphorie des premiers jours, ce qui ne voulait pas être enterré a commencé à affleurer, de plus en plus.
Le sentiment de moins que rien, d’avoir été considérée comme tout autre chose qu’une personne, d’avoir été trahie dans la confiance que j’avais accordée. On ne peut pas dire que je n’étais pas au courant. Je savais, mais dans ma candeur je ne voulais (pouvais?) pas y croire. Pas possible qu’on mutile vraiment le sexe des femmes sans raison. Pas possible qu’on leur cloue le bec avec des drogues en profitant d’un état de vulnérabilité, qu’on veuille au fond, seulement rendre les femmes machines, appuyer sur un bouton pour donner la vie, et on n’en parle plus. Le père, s’il pouvait se faire oublier, ce serait mieux. Sinon, on le tolère à peine.
 
Alors, on a récupéré une jeune femme perdue dans l’intensité, dans la douleur, et on l’a collée, allongée, sur une table d’examen, assez étroite pour risquer d’en tomber à chaque contraction, puis, quand elle était assez perdue pour acquiescer à la péridurale malgré qu’elle avait fait noter dans son dossier qu’elle n’en voulait pas, on l’a amenée en salle de travail, on l’a piquée, et là ouf, elle s’est tue. Elle a dormi, cette après-midi là, attendu, mais dans son corps qu’elle ne sentait plus, le travail ralentissait, n’avançait pas. Alors l’effet boule de neige s’est accéléré, quand on marche sur la tête, pourquoi se retourner ?
On a percé la poche des eaux, on a perfusé à l’ocytocine de synthèse, et, tant qu’à faire, on a remis une dose de péridurale, même si elle ne sentait toujours pas son corps.
 
On lui a mis les pieds sur les étriers et ordonné de pousser. Elle ne sentait rien, voulait bouger, ne se sentait pas la force d’accompagner son petit vers la sortie dans cette position-là ! Trahie qu’on lui ait assuré avant, qu’elle aurait la liberté de se positionner comme elle le sentirait. Et la phrase qui tue, qui dépossède de ce qu’il peut rester comme dignité :  « Mais madame JE ne pourrai pas VOUS accoucher si vous n’êtes pas sur le dos ».
Comment pousser quand on ne sent pas ses muscles ?
Une demi-heure (?) a passé, plus personne en train d’accoucher, alors, cette salle-ci s’était remplie de sage-femmes qui regardaient, attendaient (que faisaient-elles là ?) et quelqu’un a décidé qu’il fallait appeler le gynécologue. Un homme. Pour elle qui n’avait jamais voulu se faire examiner par un homme. Elle qui pleure quand il l’examine.
« Mais pourquoi vous pleurez ? Vous n’avez pas de raison. »
Des sage-femmes autour, partout, tout près, qui lui tiennent les mains, qui s’approchent et qui s’allongent sur son ventre. Agression dont elle ne connaîtra le nom que plus tard, « expression abdominale », et qu’elle et son petit en ont réchappé belle : sans autre séquelle qu’un périnée mal en point.
 
On la menace des forceps, et ça, elle sait les dégâts que ça peut faire, alors elle se jure qu’elle sortira son bébé seule, et elle le fait. Ca y est, il est presque là ! 
Mais la dernière intervention, celle que le corps n’a pas senti non plus mais qu’elle a entendu, le bruit de la chair coupée aux ciseaux, elle reconnaît ce bruit, elle le connaît, quand elle était petite, son grand-père pêchait des truites et le ciseau faisait ce même bruit mouillé quand on coupait leurs ouïes et leur ventre… Les larmes, encore. Les sage-femmes qui se demandent, entre-elles, mais pourquoi elle pleure ? Et de répondre, c’est l’émotion…
 
Le papa choqué, impuissant et presque sans voix, au gynéco : « Vous auriez au moins pu prévenir ! » Mais ça, ça ne se fait pas, au mépris des droits des patients, dans les hôpitaux on mutile les femmes par surprise, en cachant les ciseaux pour qu’elles ne s’en doutent pas. « Parce que sinon vous comprenez elles sont tendues ».
 
Des mois de douleur malgré une cicatrisation « parfaite », sans point du mari, alors qu’en apparence tout va bien. Mais un sexe découpé fait mal ! Mal physiquement, faire pipi, ça fait mal, mais bon, à la limite ça va encore. Faire caca, quelle horreur ! Quelle angoisse de penser qu’on va devoir y aller, serrer les poings sur ses cuisses, avoir l’impression de se déchirer ! Et faire l’amour, n’en parlons pas. C’est « niet » durant de longs mois, et douloureux plus d’un an après.
Et mal dans son image de soi. Mal d’avoir été agressée dans son intimité, et que l’agresseur ait profité d’un moment de vulnérabilité.
 
Voilà le récit de la première fois où j’ai donné la vie, où je pensais que le respect m’était dû, et non pas qu’il fallait que je l’arrache. 
 
Aujourd’hui j’écris ce texte comme un manifeste, car je remercie la Vie, et je suis fière de mon chemin.
 
Mille témoignages pour une naissance respectée. Merci pour cette action, belle route aux Femmes.

 S.

Cindy- son premier enfant -76

4 Oct

J ai 28 ans et je vais vous faire partager la naissance de mon premier enfant.

La naissance d une maman.

Nous sommes lundi 20 mai , j+1, rendez vous de dépassemen’ de terme à la maternité. J en peux plus, je veux voir ma fille, je ne fais que pleurer. Je craque avec la sage femme, que je connais car elle m’a suivi lors de ma menace d accouchement prématuré. Elle me fait acupuncture, décollement des membranes. Pas une seule contraction a l horizon….Le soir, chéri me fait un massage bien appuyé en bas du dos avec huille essentielle qui sont censées déclencher contractions et intensifier le travail.nous nous couchons et là grosse contraction soudaine. Il est 00h12. Saisi par la douleur et surtout la surprise, je crie un peu. Le futur papa comprend tout de suite que c est pour cette nuit et moi aussi. Je vais prendre une douche, graine un peu, contractions toutes les 7 minutes. Puis brusquement toutes les 5 minutes. On part…Arrivée a la maternité à 2h15. On attend assez longtemps, y a du monde apparemment. Le sage femme arrive, me demande ce que j ai décide pour gérer la douleur. Je lui dis le plus longtemps possible sans peri, jusqu’au bout si je tiens. Il ne me parlera plus jamais de peridurale a partir de ce moment! Monito vers 3h. Les contractions s intensifient. Je ne tiens plus allongée, je finis debout accrochée au monito. Le sage femme revient, il voit ma tête, il comprend que ça s’accélère. Il n y a pas de salle de libre, ils sont en train d’en préparer une. On va marcher dehors et là les choses sérieuses commencent… énormes contractions toutes les 2min30/3min…. au bout de 10 min on retourne dans la maternité et là j attends au moins 30 min dans le couloir. J’en peux plus. Je me cramponne à ce que j ai sous la main a chaque contraction… le futur papa, le mur….Le sage femme revient enfin, direction la salle nature et la bain après auscultation. Il ne veut pas me dire ou j en suis, au moins a 6 car monito continu a partir de maintenant. Dans le bain, je n ai plus de répit entre les contractions, je n y arrive plus, je veux mourir, me noyer dans cette baignoire ou je ne sais plus comment me mettre. Je vois mon homme qui n en peut plus de me voir souffrir…je demande une anesthésie générale ! Lol mais je n emploie pas le mot péri !!! Bah non j en veux pas au fond de moi !!! Le sage femme est super zen, il passe de temps en temps, dit que l accouchement se passe très bien, que ca va vite et que c est très bien etc. une aide soignante reste avec nous la dernière heure. Je me dis que je ne supporterai plus une seule contraction mais elles s enchainent encore et encore. Je sors de la baignoire direction la table d accouchement. Pour sortir de la baignoire….. mdr luc et l’aide soignante sont obligés de me porter , je n ai plus aucune force, je tremble de tous mes membres, mes jambes trembleront jusqu’à a l’expulsion.Au bout d un moment j ai envie de pousser, le sage femme me dit de faire comme je le sens, de pousser si j’en éprouve le besoin, il ne veut pas refaire de toucher vaginal, il dit que c est moi qui sait. Ce sage femme est génial. Je commence a pousser, luc tiens ma jambe gauche l aide soignante la droite, et le sage femme berce mes jambes entre les contractions et ça me soulage. La poche n est pas percée, le sage femme veut que je la perce naturellement, je pousse, elle sort mais ne rompt pas!!! Je la déteste ! Lol au bout de 6 à 8 poussées, il la rompt.et après ça fait encore plus mal, je ne pensais pas que c était possible !!! Maintenant c est la tête de bébé qui arrive…et la je pousse, il, me dit de faire tsss en poussant, la douleur est intense, je hurle, le ahhhh qui sort de je ne sais ou. Comment un tel cri peut sortir de moi !?! Lol je comprends tout de suite que le ahhhh augmente la douleur!!!! Je reprends mon tss, ne pousse de toutes mes forces…… ça ne passe pas….piqure de lidocaine et épisio. Le sage femme m’as laisser pousser plusieurs fois, il a voulu m éviter l episio mais pas le choix. Puis la tête sort,, je saurai après que le cordon etait autour de son cou mais pas serré. Puis les épaules. Je sens ensuite ses jambes sortir de mon ventre. C est magique. Je suis encore sous le coup de la douleur et de l intensité de ces dernières heures. Il est 6h55 et j ai ma fille dans mes bras. Pour conclure, j ai beaucoup souffert mais si j ai un deuxième enfant, ce sera sans péri !!! C est une expérience merveilleuse.

#284 Une naissance presque respectée

16 Sep

Pendant ma grossesse, nous avons émis l’idée, avec mon conjoint, de donner naissance à notre enfant à la maison, afin de nous protéger au maximum des intrusions de la médicalisation à outrance de cet acte, qui pour nous, avait quelques rapports avec notre sexualité : le besoin d’intimité, de grande humanité, de la libre expression de notre amour pour ce bébé à naître.

Malheureusement, dans notre coin perdu entre la Gironde et la Charente-Maritime, aucune sage-femme ne se déplacerait jusqu’à nous et nous avons décidé, pour ce premier enfant, de nous tourner vers l’établissement le plus proche qui se trouvait également être le plus simple : peu d’accouchement (400 par ans environ), une petite équipe et des gynéco plutôt sympas et explicatifs.

 

Je voulais absolument accoucher naturellement, laisser mon corps libre de lui même, ne pas l’entraver de médicaments et autres sangles et fils, absolument allaiter mon enfant et j’avais un malaise terrible à l’idée de l’épisiotomie : une lame sur mon vagin, l’image me donnait la nausée, je faisais des cauchemars de cette vision, mon corps lui même, par un eczéma exprima cette angoisse profonde, qu’aucun médecin n’a su ni comprendre, ni écouter (j’avais beau leur donner l’idée de leur entailler l’urètre pour laisser mieux passer le flux de leur urine, aucun ne comprenait pourquoi j’angoissais d’un « acte médical si bénin »).

 

Nous n’avons rien écrit au delà de ce qu’on nous a proposé, une fiche sur laquelle nous pouvions inscrire nos attentes et appréhensions, nous n’avons pas fait de projet de naissance au delà du dossier complété séance après rendez vous avec les gynéco, SF et cours de prépa.

Tout fut oralisé en amont et le jour J, et certaines de nos attentes et demandes figuraient dans le dossier.

 Nous avons bataillé un peu, mais avons vite été entendus et soutenus lorsqu’on a parlé de déclenchement, et finalement (acupuncture ou psychologie…) le zouave dans mon ventre s’est mit en mouvement 5 jours après la « date de péremption »…

A 5h du mat, je sens bien que c’est bizarre cette nouvelle façon de contracter. A 11h, je mets le couvert en 1h30, me suspendant à ma chère cuisinière. A 12h, j’appelle la maternité qui me conseille de prendre un spasfon et d’attendre deux heures pour les rappeler. Mouais, j’oublie le spasfon, je prends un bain et à 15h, nous partons faire 20 mns de bagnole pour rejoindre les murs blancs et aseptisés.

 Nous y voilà, paperasse, installation dans ma chambre perso qui donne côté jardin (et cimetière et malheureusement à ce moment là, travaux…), et premiers touchers vaginaux. A l’époque docile, j’accepte tout ce que le corps médical juge comme « nécessaire » (à qui ? ben à lui en fait.)

On fait des écoutes de monito, et me voilà, bien sage, assise, alors que je le savais, je devrais marcher.

On prend un bain ? Allez zou c’est parti, petite musique Sigur Ros pour me sentir bien, mon homme tout près de moi me murmure des mots doux malgré son sentiment d’impuissance et de dépossession (second point que nous comprendrons bien plus tard).

De retour, c’est chouette, il est 20h je suis dilatée à 7 (nouveau TV, forcément) et je me porte bien, blaguant avec les SF et mon homme, excité comme une puce.

Le cadran tourne et je fatigue. On me propose un gaz, je ne sais pas quoi, entre deux contractions qui deviennent plus lancinantes, j’ai tellement faim (je n’ai rien mangé à midi…), je suis fatiguée, de plus en plus, et finalement, la SF « m’aide » et me fait aspirer un peu de son truc (en fait j’aspire moyen…).

 

Changement d’équipe. Un truc génial : elles font les transmission devant nous, on peut donner notre mot : « pas de péri, veut allaiter et peau à peau à la sortie. Elle veut sortir elle même l’enfant, ou le père. Elle s’en sort très bien, a pris un peu de gaz machin, j’ai prévenu l’anesthésiste, mais elle en aura sans doute pas besoin ». Et là, la nouvelle SF qui me dit « j’ai accouché deux fois : le premier avec péri, le second sans, l’attachement n’a vraiment pas été le même, on va tout faire pour que vous accouchiez sans » MERCI MERCI!!

Bon sauf que… Elle me propose d’accélérer le mouvement, « vous êtes très fatiguée, faudrait pas que ca complique l’expulsion » (j’ai FAIM!!!) si on perce, dans une heure, une heure trente vous êtes débarassée, sinon ca peut durer encore jusqu’à demain matin. Vu comme ca… J’ai les boules, j’ai pas envie de forcer les choses, mais je suis crevée, et mon homme est de l’avis de la SF (il bosse le lendemain à 6h, et puis c’est vrai, je semble exténuée… Mais il me soutiendra quelque soit ma décision.)

Quand je vous dis que je ne voulais pas aller à l’hopital. C’est ce genre de petite pression « pour votre bien »… Elle me laisse un quart d’heure pour réfléchir…

Bref, aller, on perce. J’ai 20 mns de répit, durant lesquelles je dors.

Bon ben après c’est pas pareil, hein, qu’on se le dise. Jusqu’à présent c’était pas agréable, là ca devient carrément flippant. Cette intensité! Cette force cette puissance en moi, qui pousse! Oh my god!!!

Ma SF prend le masque à gaz et me le colle sur le nez « allez inspirez à fond trois fois, ca va vous aider à vous détendre ! c’est pas du produit, ca va juste vous aider à mieux vous ouvrir » J’inspire trois fois et tout se met à tourner. Je n’ai plus aucune force dans mes jambes, dans mes bras… Comme si j’étais saoule, comme si j’avais sniffé de la colle…

C’est parti et soudain tout va très vite, tout s’agite autour de moi, la lumière est beaucoup trop forte, j’étais calme, me voilà stressée, de plus en plus, ca parle trop fort, la SF me parle et couvre mes cris, tout ca c’est trop !!! Entre deux contractions, je me jette dans les bras de mon homme, qui est tout habillé, tente de le sentir, je cherche son odeur, ses bras se referment sur moi, m’embrassent et me soutiennent.

La SF se lève et revient avec un petit chariot couvert d’un linge verdâtre ; dessous : des scalpels, seringues et ciseaux. D’une seule voix, nous nous opposons « on ne veut pas d’épisio !!! » « ah oui, mais si ca déchire, moi désolée, je coupe ! » 

Deux temps plus tard, comme par hasard je suis « raide à gauche ». La SF dit « j’interviens localement » et attrape une seringue. Mon homme s’interpose « hophophop, qu’est ce que vous faites ?! » « J’applique du spasfon en local, ne vous inquiétez pas, c’est juste du liquide, ca va détendre à gauche, là où ca se raidit », il me regarde, je crois que je fais un truc qui dit « j’abandonne » et je sens un truc glacé entre mes jambes. « Ah ca détend pas, hein » Elle intervient à nouveau. Puis ca bloque aussi à droite. Ce n’est pas du spasfon dont j’ai besoin, mais d’une main de femme, d’une voix douce, apaisante, qui me remette dans ma bulle, de solitude, d’intimité, je veux accoucher comme je jouis ! Seule avec mon homme ! Pas au regard et en pleine lumière, dans le bruit et à l’hôpital. Mais je n’ai pas eu le choix. Je n’ai pas fait celui d’accoucher parfaitement seule.

 Je me donne du courage en criant, en parlant à mon bébé. L’aide-soignante me propose un miroir et je l’envoie balader avec tact (j’arrive encore à ca ?!). On me tourne, on me met en sellette (et j’accoucherai ainsi, les jambes repliées, les mains sur mes genoux, le cul sur la chaise. La vulve bien en face des yeux de la SF) Ca déchire. Elle coupe. Je me souviens avoir demandé l’autorisation de toucher la tête à la sortie… Pff quand j’y repense, il faut vraiment que je me sois sentie infantilisée pour attendre qu’on m’autorise à toucher mon propre corps !!

Il est minuit zéro trois quand nous attrapons ensemble notre enfant, mon homme et moi. Mon visage se transforme, selon le souvenir ému de ce nouveau père : detendu et crispé, il s’ouvre et s’illumine soudain. J’ai mon bébé nu, sur ma peau, j’arrache ma chemise dégueu de l’hôpital, je le glisse sur ma peau, sur mon ventre, au dehors… « Mon dieu, regarde ce qu’on a fait !!! C’est nous ca, c’est nous qui avons fait ca ! Mon dieu !!! » On lui parle, on lui dit son nom, mille fois, on le lui répète, on lui dit qu’on l’aime, oh mon dieu, qu’on l’aime tellement !

 On essaie de le faire téter, mais il ne fait rien (il n’est pas très tonique, ce loulou, tout de suite à la sortie, il a l’air un peu sonné)… Puis la SF l’emmène, mon homme les suit. Il ne dit rien, observe tout… Elle vient le faire marcher devant moi. Je n’aime pas trop ça, je voudrais être tranquille, qu’on nous laisse tranquille, nous les guerriers.

Puis elle me le rapporte, je le prends, j’ai tant envie de le lécher, de le boire des yeux et pour la première fois, il prend mon sein dans sa bouche et tète, tète longuement. C’est là, semble-t-il que le placenta est sorti. Je ne m’en souviens absolument pas. Je me souviens juste de mon homme qui trouve que ça ressemble à de la sauce de pire (cf cuisine du terroir… à base de sang de porc, toujours glamour, mon mâle !). Je me souviens qu’on me recoud, que ça me fait mal. Mais je m’en fous. Mon bébé est là, avec nous, et il a tété. Mon homme l’a contre lui, ils vont dans ma chambre, puis on m’y amène en fauteuil, je me sens humiliée de ça, je suis sûre que je pourrais marcher. Je mange enfin ! Dans cette chambre moche transcendée par l’image de mon homme et de son fils endormis sur le fauteuil à mes côtés.

 Les quatre jours suivant, je me languis chaque nuit de mon homme, si loin de nous. Je rêve de lui, il me manque tant. Qu’on soit séparés à cet instant m’est insupportable. L’allaitement commence mal, mais grâce à une tante se continuera glorieusement bien. En tous cas, ma monté de lait se fait à l’hôpital, et zoulou a dépassé son poids de naissance à la sortie. Les SF n’ont pas été d’excellent conseil tout le temps, mais je sais comment elles sont formées. Je déplore seulement en savoir bien plus qu’elles à ce moment là déjà.

Elles me demandent de ne pas dormir avec lui, il pourrait tomber du lit. J’ai repris du poil de la bête, et comme elles refusent de mettre le matelas au sol, je fais ouioui et continue à le garder sur moi, tout le temps, tout le temps, tout le temps.

 Heureusement que je m’étais moi même préparée à tout cela. Que j’avais lu, échangé, appris sur l’allaitement. Lu, échangé et appris sur l’accouchement, sur sa physiologie. Heureusement que je savais ce que je voulais. Ç’aurait pu être bien pire. Et hôpital mis à part (et bien que je sois tombée sur une super équipe, je pense), j’ai adoré ça, c’est un merveilleux souvenir.

 Il me tarde le prochain, qui, cette fois, sera à la maison!

#272 Hélène, accouchement en Israël

1 Mai

Je m’appelle Hélène, j’ai 24 ans, j’habite à Tel Aviv en Israël et je suis maman d’une petite L. De 4 mois et Demi.
Je suis née en France, j’en suis partie à 20 ans pour diverses raisons et quand je lis certains autres témoignages je me dis encore une fois que j’ai bien fait de partir…
Ensuite j’ai vécu 3 ans en Italie, à Venise et c’est la bas que je rencontré mon amour, il était touriste et venait d’Israël…
4 mois après je quittais tout et partais le rejoindre dans son pays ! Nous sommes alors en novembre 2011.

Le 27 mars 2012 j’attends mes règles qui ne viendront pas !

Sur le site du consulat de France je trouve une liste de médecins obstétriciens francophones, 2 sont sur Tel Aviv, j’appelle le premier qui me donne rendezvous un mois après et quelques conseils (pas de bains chauds, pas de viandes et poisons crus, cure d’acide folique et j’apprends que j’aurais du en prendre 3 mois avant la conception, Mais je ne savais pas…).
Impatiente j’appelle le 2ème et il peut me voir plus tôt !
Nous allons donc ensemble à ce premier rendez-vous pour s’assurer que la grossesse est en route et qu’il n’y a pas de problème.
Le cabinet médical sent la cigarette ! Je trouve ça pas terrible pour un gynécologue obstétrique de fumer dans son cabinet… en plus il me tutoie sans ma permission et j’ai horreur de ça ! Bref, il me confirme que la grossesse a bien débuté dans l’utérus (mon ventre tirait beaucoup et j’avais peur d’une grossesse extra-utérine) et sinon il discute en hébreu avec mon compagnon, je ne comprends pas, je lui dit que je suis venue chez lui pour pouvoir comprendre, donc je lui demande de au moins parler anglais, car je trouve que la priorite c’est que moi je sache ce qu’il se passe. 15 minutes pour un premier entretien je trouve ça un peu expédié.
Nous décidons de ne pas le choisir pour le suivi de toute la grossesse.
Le 2ème médecin est bien mieux, il me parle en francais et traduit tout immediatement, pose des questions sur ma santé, mes antécédents familiaux et m’examine. Le rendez-vous dure plus d’une heure et est complet nous sommes contents mais il ne sera pas là pour le reste de la grossesse et transfert notre dossier à son remplacant qui ne parle que hébreu et anglais, donc j’abandonne ! Le suivi se FERA en anglais …!

Je n’ai pas d’assurance médicale là-bas, pas de visa donc je ne peux pas trouver de travail, tout arrive très vite, les visites et les examens sont hors de prix sans remboursement même rétroactif, je dois repartir tous les 3 mois pour renouveler le visa de touriste, l’assurance que je souscris sur place ne couvrira pas les dépenses car je suis déjà enceinte…très vite je n’ai plus un sou ! Et en plus nous devons déménager !
Lors des retours en France, je déclare ma grossesse, et récupère des vêtements pour bébé et autre linge à la croix rouge où ma tante est bénévole ! une sacrée dépense en moins !
La première prise de sang en France (également payante, 200€, miam!) révèle que je ne suis pas immunisée contre la toxoplasmose…

La grossesse en Israël est médicalisée de manière différente qu’en France. Les rendez-vous sont mensuels, mais pas de toucher vaginal, uniquement des échographies, mon col était surveillé de cette manière, prise de tension, on me m’a jamais pesée! Pas de pression de ce côté-là. Prises de sang tous les 2 ou 3 mois.
Par contre j’ai vraiment ressenti une volonté exagérée d’avoir un enfant parfait qui m’a beaucoup gênée. Un jour le medecin propose une amnio-synthèse (j’avais 23 ans!) apparement toutes la font! J’ai refusé bien sûr, il n’y avait aucune raison.
Il m’a même dit : « On ne veut pas d’enfant trisomique! » J’ai alors demandé qui était « on » et si c’était ce « on » qui allait s’occuper de mon enfant et l’éduquer ! il a donc compris ma position!
Nous sommes passé par des test génétiques de toute manière car nous sommes très mélangés, lui moitié irakien, moitié polonais, et moi moitié française, moitié italienne, au final notre fille a les fesses bleues ! C’est une tache mongoloide, indolore, résultant du sang mixe , je trouve ça très amusant !

Ma grossesse se passe très bien, j’ai pris presque 20 kilos et tout le monde m’a dit : « C’est bien ! c’est normal! » plutôt cool non !
J’ai juste eu 2-3 coups de blues du genre : « J’suis toute seule ici, j’comprends rien, j’ai pas d’argent, j’suis meme pas juiiiiiiive ! »… Vive les hormones!

Tout ça nous amène au 15 novembre 2012.
Jour mémorable car j’ai finalment eu mon visa et permis de travail… à 38 semaines ! Merci ça va me servir !
Cet après-midi du 15 novembre, je parlais avec mon père sur Skype chez moi, quand nous avons été interrompus par l’alarme…
Mon compagnon était au travail et m’avait prévenue la veille que ça pouvait arriver…
Gaza lancait des missiles sur Tel aviv.
J’ai rassuré mon père, coupé Skype, j’ai mis mes chaussures, j’ai entouré mon ventre avec la couette du lit et j’ai pris les oreillers pour mettre autour, et je suis allée me « protéger » entre les 2 murs en béton de la chambre, selon mon compagnon c’était l’endroit le plus sûr de la maison. Notre immeuble n’a pas de « safety room » la plus proche était dans l’école au bout de la rue. Mais était fermé car nous avons été pris par surprise.
J’ai entendu un boom.
J’avais pris mon téléphone, mon homme m’a appelée du refuge de l’immeuble où il travaille, il n’avait rien entendu…
J’ai rappelé mon père pour le rassurer. Mais c’était pas facile, le pauvre…
Je suis restée entre les murs dans la couette et les oreillers jusqu’à ce que mon homme revienne du travail, une heure après … heureusement j’avais pris une bouteille d’eau!
Nous avons pris les sacs préparés la veille en prévention d’une attaque et nous sommes partis chez ses parents, plus au Nord, hors de portée des missiles.
Mon ventre était dur comme de la pierre… à la radio dans la voiture ils communiquaient les villes en danger… »Tseva adom » (couleur rouge=alerte) Jérusalem, Ein ghedi… des villes normalement hors de portée des missiles de Gaza…
Nous sommes restés tout le temps du conflit chez ses parents et j’avais des contractions tous les soirs depuis l’alarme, c’est pour ça que mon ventre était dur, nous sommes allés à l’hopital, le bébé allait bien et j’étais ouverte à 2 cm!
Bonne nouvelle! A part que je ne voulais pas accoucher pendant le conflit. Alors je parlais à mon bébé, je lui disais de pas encore sortir parce qu’il faisait pas beau dehors…
Le conflit n’a heureusement duré qu’une semaine, il y avait eu beaucoup de morts en tout et je parlais à mon homme que ce n’était pas comme ça que j’avais imaginé la fin de ma grossesse, dans la terreur (car lui en plus, retournait travailler à Tel aviv tous les jours …) et que je n’avais pas l’intention de faire grandir un enfant dans cette atmosphère… nous n’avons toujours pas résolu ce problème.
Nous sommes rentrés chez nous et je me suis dépêchée de finir les préparatifs car j’avais des « séances de contractions » tous les soirs… !
A ce moment-là de la grossesse, nous avons rendez-vous une fois par semaine pour une heure de monitoring, prise de tension, température et analyse d’urine.

J’arrive à 40 semaines le dimanche 2 decembre.
Nous allons à l’hopital pour le contrôle de routine, j’ai des belles contractions environ 3-4 par heure, monitoring et examens, et c’est lors d’un toucher vaginal très douloureux que je prononce ma premiere phrase en hébreu :  » aiiiie, eh oh doucement ! Je viens pas dans ton cul avec un balai! »  (pardon pour la vulgarité de la traduction…)
Ce fameux docteur me fait saigner, tellement il m’examine avec délicatesse. Alors que je n’avait pas perdu une goutte de sang de toute la grossesse… ils me disent que c’est parce que j’ai eu une contraction au moment du toucher…
Ils ne veulent pas que je rentre chez moi et veulent me contrôler dans l’après-midi, nous avons 3 heures à tuer sans pouvoir sortir de la maternité…nous allons en bas acheter ce qu’il nous manque pour le bébé, nous mangeons au snack, et retournons attendre sur ces sièges beaucoup trop dur pour se reposer un peu.
Ce fut une journée épuisante par l’attente et le manque de confort.
Toujours ouverte à 2 cm, ils nous laissent repartir à 17 h. Nous sommes là-bas depuis 10 h ….
Arrivés à la maison je m’écroule sur le canapé et je dors enfin !
Une heure après seulement je suis réveillée par une contraction très différente, courte mais plus douloureuse.
Je mange un morceau de pain et je me rend compte que les contractions reviennent toutes les 5-7 minutes !
Mon homme commence à légèrement flipper !
On décide de retourner à l’hopital. Je prends juste une douche avec l’aide de mon homme.
Tout est prêt, en route, je lui dit de ne griller aucun feu rouge et de ne pas rouler trop vite…

Nous arrivons à l’hopital et retrouvons les mêmes personnes dans la salle d’attente !
Mes contractions sont toutes les 3 minutes, je suis surexcitée, je dis à mon homme que j’ai un peu peur et que s’il veut m’aider il doit me sourire pendant les contractions!
Les autres femmes nous sourient aussi.
Examens de routine les mêmes que j’ai fait déjà 2 fois dans la journée !
Il est 20 h, je ne souhaite pas la péridurale alors il ne peuvent pas encore me donner de chambre… Retour dans la salle d’attente, les autres femmes me disent que je suis « folle » pour celles qui ont déjà accouché ou  » courageuse » pour les primipares ! il y la Guerre aux info à la télé.
Mon homme trouve que c’est scandaleux que je doive passer le travail sur les sièges de l’accueuil avec mes sacs et à 23 h nous avons une chambre !
Je fais une douche chaude qui m’aide un peu, il y a une physio ball et je n’en comprends pas l’utilité… je n’ai pas pu faire de préparation à l’accouchement alors je découvre ce qui me soulage ou pas au moment.
Personne ne vient ni me voir ni me conseiller, je dis bien personne, pendant des heures.
Sachant que je ne veux pas de péridurale, ils m’ont simplement laissée me débrouiller…
Mon homme court après les docteurs et les sages-femme dans les couloir, malheureusement 36 autres femmes accouchent cette nuit-là !
Je cède la physio ball à une autre maman.
Ca devient dur de tenir le coup, j’ai sommeil, j’ai faim , je m’épuise et la dilatation n’avance pas beaucoup, j’ai peur de ne plus avoir de force pour pousser au moment venu si ca n’avance pas plus vite.
Je cède et demande la péridurale à 5 h du matin. Mon homme essaye de me dissuader car nous avions parlé que c’était important pour moi d’accoucher sans.
Je lui énumère toutes les raisons et il va demander à ce qu’on m’administre l’anesthésiant.
L’anesthésiste arrive 2 heures plus tard !!!!
Heureusement j’ai fait des progrès et la dilatation est à 5 cm !
Je ne sens absolument pas l’aiguille et l’effet est immediat. Un terrible froid m’envahit, ma machoire claque, je ne peux pas parler et, épuisée, je m’endors. Et mon homme aussi.
Je me réveille peu de temps après pour les examens, 3 hommes docteurs très beaux se questionnent sur mon compte en hébreu, je leur dis que je parle anglais, francais et italien et que j’aimerais pouvoir savoir ce quils disent. Surprise, un des 3 parle francais ! Ils se demandent si je vais pouvoir accoucher normalement car suite à un accident j’ai déjà eu 3 sutures au vagin. Je suis dilatée à 8 , les eaux se sont rompues après un toucher, ou peut être le docteur les a percées, je ne sais pas…
Je suis completement stone.

Apparemment, j’ai donne mon accord pour faire entrer ma belle-mère en salle de travail, je devrais vraiment être gravement droguée ! Heureusement elle s’en va vite…! elle est gentille mais c’est pas le moment !
Vers 10 h du matin le docteur francophone revient me voir, j’apprécie son côte protecteur, il me fait toucher le crâne de ma fille qui descend doucement à l’intérieur! J’en profite pour lui poser les dernières questions sur l’accouchement qui arrive bientôt et il me dit que pour l’aider je peux pousser doucement.

Et voila Ruth, la sage femme russe énorme, genre athlète de l’époque des stéroïdes en dose de cheval. Elle ne parle pas un mot d’anglais….
Une femme forte. Elle prend ma jambe droite et pose mon pied sur sa poitrine en poussant mon genou vers moi, mon homme à ma jambe gauche essaye de faire pareil !
Il me traduit que à chaque contraction je dois pousser de toutes mes forces. Je ne les sens pas alors il regarde le monitoring et me donne l’ordre.
Ruth prend mon bras et le pose sur ma jambe qu’elle tient dans la même position et elle …. s’en va !
Mon homme surprit la rappelle en criant mais ne veut pas me laisser alors il me prévient de la contraction et je pousse et ce 5 fois avant que quelqu’un revienne.
(après coup j’aurai aimé que bébé naisse pendant qu’on était que tous les deux !)
Ruth revient avec un docteur tout petit et tout jeune qui zozote et parle avec un fort accent américain.
Il m’explique qu’il doit faire un environnement stérile alors il emballe mes jambes s’assoie devant, met la lumière entre mes jambes et met ses gants et là j’ai entendu un bruit… comme du tissu qu’on déchire en tirant….une épisiotomie faite en deux fois sans prévenir… Mon homme a crié … J’ai poussé et il m’a posé ma fille sur le ventre !
J’étais glacée et elle si chaude que j’ai hésité à la toucher un quart de seconde. Mais je l’ai prise j’ai dit « bonjour mon amour, bonjour mon amour, bonjour mon amour ! » J’étais tellement surprise ! Je l’ai hissée vers ma poitrine Elle m’a regardée dans les yeux et a arrêté de pleurer alors mon homme s’est inquiété et la sage-femme a un peu secoué ma fille qui s’est remise à pleurer. Je savais que ça ne servait à rien. Mais mon homme était inquiet et seule moi pouvait comprendre qu’elle avait arrêté de pleurer car je lui souriais et je la regardais dans les yeux…
Le docteur a coupé le cordon avant même de dire qu’on voulait le faire, d’ailleurs je voulais attendre un peu pour le faire… pas eu le temps de le dire…
Elle a commencé à téter mais la sage-femme la prise apparemment il fallait d’abord la peser… Sauf qu’après la pesée sans que je le vois, elle me l’a emmaillotée à la russe vraiment, dans un drap vert, et je n’ai pas pu faire du peau à peau, je l’ai eu 5 minutes.
Elle est partie avec mon homme.
Je suis restée seule à me faire recoudre, ensuite une femme horrible m’a lavée…
Elle a pris une carafe d’eau en plastique remplie au robinet et je me l’a jetée sur le sexe. Elle m’a lavée comme on lave un quai de gare.

Elle m’a fait changer de lit. Mais j’avais encore l’effet de la péridurale et elle ne m’a même pas aidée. Ca m’a pris 5 minutes de changer de lit avec les jambes molles incontrôlables c’était horrible. Elle me regardait me traîner sans rien faire.
Je suis restée 2 heures en observation après l’accouchement dans une autre salle avec une autre femme derrière un rideau qui était avec sa famille.
Mes beaux-parents sont venus auprès de moi, mon beau-père m’a réchauffé les mains car je grelotais.
J’ai appelé mon père pour lui annoncer la nouvelle, on a pleuré.
On m’a amenée dans la chambre sur un lit à roulettes et l’homme qui m’a transférée prenait de l’élan et montait sur les roues comme on fait sur les caddies au supermarché. En fait ça m’a fait rire…!
J’ai accouché à 10 h48 ma fille m’a rejoint dans la chambre à 16 h …. c’était trop long après tous ces mois où l’on sent le moindre coup de pied…
Elle a tout de suite bien mangé, même si mes seins me faisaient très mal j’ai persévéré.
Les trois premières semaines d’allaitement, j’avais les larmes aux yeux tellement j’avais mal. Mais aujourd’hui elle a 4 mois et demi et on continue ça ne fait plus mal du tout.
Nous sommes sorties 2 jours après l’accouchement, sans que personne ne regarde les point de suture de l’épisiotomie.
Je suis très surprise de lire comment se passent les séjours post partum dans les hôpitaux français…
Je n’ai pas pu m’assoir pendant 5 semaines à cause de l’épisiotomie, mais mon homme me dit qu’il pense quelle n’aurait pas pu sortir sans.
Je le crois car je n’ai rien vu mais lui oui.
D’ailleurs il a été formidable lui qui est un peu chochotte la plupart du temps ! Il a été incroyablement fort même si maintenant il mange les steaks bien cuits..!
Pardon pour l’humour noir!

Après l’accouchement j’étais ravie, ce n’est que quelques mois après que j’ai commencé à regretter d’avoir pris la péridurale, même si ça n’a été que pour un tiers du temps et que si j’avais eu une meilleure journée la veille j’aurai peut-être réussis à m’en passer.
Pour le prochain, je saurai quoi faire, comment calmer la douleurs, là, j’étais trop seule et je ne savais rien.

Quand j’ai le blues, je pense que j’ai été faible, moins forte que toutes les femmes depuis le début de l’humanité.
Mon homme fait de son mieux pour que je réussisse à être fière de moi, mais il ne me comprend pas du tout, car la plupart des femmes cherchent à ne pas souffrir…
Mais je n’ai rien senti alors que je voulais être active, la sortir moi-même, etc…je n’arrive pas à être fière de moi et me persuade que les autres femmes sont plus fortes que moi. Toujours même quand c’est faux, je me voile la face….
J’avais pensé à accoucher chez moi mais mon homme avait peur et mon père est orphelin car sa mère est morte en faisait une hémorragie de la délivrance, alors j’ai renoncé.
Je suis consciente que, en général, on en demande beaucoup. Mais ce sont les hormones qui font ça, de plus nous sommes chouchoutées pendant 9 mois, on oublie vite que c’est la santé du bébé qui est prioritaire pour le milieu hospitalier et que parfois le corps de la femme est un obstacle à la sécurité vitale de l’enfant.
C’est pour ça qu’on se sent malmenées je pense.
J’ai trouvé le corps médical, la plupart du temps patient face à nous, femmes hystériques en souffrance aux idees parfois farfelues !

Merci de m’avoir lue, ça m’a fait beaucoup de bien de tout raconter et dire ce que je pense !
Ma fille est magnifique. Elle sourit et rigole tout le temps je suis très fière d’elle !

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Ajout (janvier 2014) :

Un an après avoir écrit ce témoignage, je me rends compte à quel point j’étais encore dans l’erreur. Je voudrais ré-écrire la fin, qui me fait honte. Non, les femmes n’ont pas des idées farfelues parce qu’elles sont pleines d’hormones, elles ont des souhaits sur un moment qui est très important dans leur vie et c’est bien normal. C’est plus que légitime. En fait je n’ai pas trouvé le corps médical patient, avec du recul je me rends compte qu’ils n’ont même pas eu envie une seconde d’être patients. Si je me suis sentie malmenée c’est que je l’ai été. Ma tristesse s’est un petit peu transformée en colère, en rage et je m’instruis aujourd’hui pour ne plus jamais devoir remettre mon corps, mon bébé, mon destin, entre les mains de gens qui n’en ont rien à faire, pour qui nous sommes parfois que des utérus à vider. J’ai peur pour les femmes, car on ne pense pas avant d’accoucher qu’il va falloir en fait s’informer soi-même sur tout, car c’est bien rare qu’on nous propose des alternatives et que ce qui est plus facile pour eux n’est pas le mieux pour nous. Ne laissez rien au hasard. Merci de me donner l’opportunité de m’exprimer encore une fois!