Tag Archives: épisiotomie

#309 Naissance de J. – Haute Savoie

28 Nov
Par où commencer? Le travail a commencé le soir vers minuit chez moi, 2 jours avant le terme et a été très supportable et rapide pendant un bon moment, j’étais tranquille chez moi sur l’ordinateur, sur mon ballon, plus tard j’ai rejoint mon conjoint dans le lit en me disant que si je n’arrivais pas à dormir j’allais le réveiller pour le grand départ à la maternité.
Bien briefée sur le fait « qu’un premier c’est long » nous sommes partis à la maternité peu après 4h (et comme ça j’ai laissé dormir un peu monsieur!)
Nous sommes arrivés à 4h30 et une gentille sage-femme nous a installés en salle d’examen, j’étais dilatée à 3 cm, les contractions étaient toutes les 2 minutes donc le travail avait bien commencé. J’ai rapidement perdu les eaux à 4h50 et là j’ai commencé à avoir du mal à gérer les contractions.

A 5h30 enfin quelqu’un est venu nous voir et j’ai demandé à aller aux toilettes et après un toucher de peur que ce soit une envie de pousser (5cm) j’ai eu le droit d’y aller, et d’y rester! J’ai été abandonnée dans ces toilettes desquelles je n’arrivait plus à me relever tellement les contractions étaient fortes.

Ensuite nous sommes passés en salle d’accouchement et je ne tenais plus du tout, je ne savais plus comment gérer la douleur et personne ne me disait quoi faire, on nous a juste laissés dans la salle tout les deux (trois!) et mon pauvre homme me regardait souffrir sans pouvoir aider.
On m’a proposé un bain mais j’avais trop peur qu’on m’abandonne dans un bain sans aucun accompagnement. Du coup j’ai demandé une péridurale.
Au vu de plusieurs témoignages, on dirait que l’on fait exprès de nous laisser souffrir encore un bon moment avant d’y avoir droit afin d’être reconnaissante envers l’anesthésiste même s’il n’est pas sympa!

L’anesthésiste ayant pris son temps arriva à 6h30, après 3 tentatives et une engueulade de sa part car « mon dos n’était pas facile », je retrouvais le sourire! Par contre je n’ai pas eu le choix alors qu’en cours de préparation on m’avait parlé de péridurale ambulatoire.
Il était 7h et j’étais à 9 cm et une nouvelle sage-femme se présentait: « N’ayez pas peur si je ne trouve pas tout tout de suite c’est la 1ère fois que je travaille ici »… ok c’est rassurant!
On a laissé le travail continuer tranquillement, sur le côté, j’étais un peu déçue car je ne sentais vraiment plus rien du tout, même pas mes jambes, mais je préférais quand même ça à ce moment-là.
J’ai donc eu droit à une aide pour vider ma vessie sauf que pour cela j’ai du me mettre sur le dos et bébé n’a pas aimé du tout.. Donc retour sur le côté pour moi plus oxygène dans le nez.
Encore un grand moment seuls seuls seuls, la sage-femme était au téléphone avec mon gynécologue.
Il est arrivé un moment après, il a constaté que bébé était assez bas pour tenter de pousser mais par contre que la position n’était pas idéale, elle regardait les étoiles.. Et après son épisode de baisse de rythme cardiaque il a décidé que nous allions faire ça au bloc césarienne au cas où, et tout de suite.

Chéri était allé boire un café j’ai eu peur qu’il ne remonte pas à temps! (Et oui personne n’est allé le chercher.. En même temps quand il n’y a qu’une sage-femme de garde)

Du coup, une fin un peu violente à mon goût, j’ai poussé 3 fois et ma fille est arrivée à l’aide du docteur, ses forceps et une épisiotomie.
Je savais même plus ce que je devais faire, le docteur parlait à la sage-femme mais pas à moi…
Il s’est même loupé la 1ère poussée avec les forceps (il manquait une pièce je crois …) et est parti en arrière, a failli tomber et a engueulé tout le monde (moi aussi?) parce qu’il manquait cette pièce..
Je crois que j’étais préparée tellement « zen » pour mon accouchement que ça m’a un peu trop bousculée …
Finalement je me dis que je suis contente d’avoir eu la péridurale vue la suite des événements!
Mon conjoint est resté prés de moi du début à la fin, un soutien  indispensable dans un moment pareil.

Notre petite J. est arrivée a 10h30, elle pesait 3,420 g et mesurait 50 cm.

Pour la suite, mise en route de l’allaitement pourrie aussi … Je pense que bébé n’a rien mangé jusqu’au 3ème jour où, vue sa perte de poids, les sage-femmes et auxiliaires de puériculture ont commencé à se poser des questions … Et se sont finalement occupées de moi, sans que j’ai l’impression de les déranger constamment. Seulement, mes seins étaient déjà dans un sale état… Moi j’avais très mal à ma cicatrice aussi…

Je ne sais pas comment mais je me suis accrochée. Même quand elles ont proposé un complément j’ai réussi à avoir un tire-lait et une seringue au lieu du biberon … Mais bon, bébé avait quand même déjà du mal à téter, et ce encore aujourd’hui. Je ne sais pas si c’est leur faute mais je leur en veux beaucoup quand même. (Aujourd’hui à 5 mois je l’allaite toujours 2/3 fois par jour et c’est un vrai plaisir!)

Évidemment celles qui m’ont bien aidée ont mis la faute sur le manque de personnel.

Je suis désolée pour ça, mais une femme qui devient maman pour la première fois devrait être beaucoup plus accompagnée que ça.
Sans mon envie d’allaiter je serais sortie de la maternité déjà au biberon.
Sans mon envie d’accoucher par voie basse, je serai peut être allée directement en césarienne..

J’ai vraiment eu l’impression que j’aurais déjà tout du savoir faire avant d’accoucher et que c’était logique et évident pour tout le personnel mais pas pour moi. Et puis la phrase qui tue, à laquelle j’ai eu droit mille fois : « Le principal c’est que tout le monde est en bonne santé! »…
Heureusement je suis tombée sur une super sage-femme à domicile à mon retour à la maison qui a passée des heures et des heures avec moi.

Pour la suite, 3 mois après l’accouchement je pleurais encore quand j’en parlais et on m’a conseillé d’aller voir quelqu’un à Genève dans un centre périnatal car mon accouchement avait l’air de ne pas être « digéré » du tout. (J’habite à la frontière)
Heureusement en Suisse on se soucie un peu plus des mamans et en 2 séances c’était réglé, nous en avons conclu principalement que je n’avais jamais eu peur de l’accouchement durant toute ma grossesse et au final j’ai eu très, très peur sans forcément l’exprimer. (D’ailleurs, je crois que dans mon récit on ressent plus la solitude et l’incompréhension que la peur.)
Il y avait aussi tout un mélange de sentiments ressentis en même temps qui avait été très dur à gérer.

J’espère que si j’ai un deuxième enfant cela se passera mieux!
Merci de m’avoir lue.
Sophie

Publicités

#308 – France, 92. 2007 – Un chemin de femme

26 Nov
Mon premier enfant est né alors que j’étais plus jeune que la moyenne des femmes, nouvelle dans ce monde de la maternité que je ne connaissais pas, personne n’y ayant fait d’incursion récente dans mon entourage ou ma famille.
 
J’y débarquais peu sûre de moi, à la pêche aux infos, écumant le net et les livres, avec une idée qui se précisait bien de ce que je voulais ou ne voulais pas, mais trop peu de confiance en moi pour réussir à m’imposer et me faire respecter, car dans le monde de la naissance médicalisée, il faut se battre pour gagner le droit au respect.
J’ai vécu une grossesse paisible et douce, pour autant la naissance de mon fils me laisse le souvenir d’une bataille terrible. Une bataille où j’ai été dominée, maltraitée, mais que j’ai gagnée car je l’ai mis au monde, en limitant les dégâts, dans cet environnement hostile.
 
Aujourd’hui, presque six ans après, j’ai fait du chemin grâce à cette impulsion, car comme on dit, ce qui ne te détruit pas te rend plus fort ! Aujourd’hui je me sens prête à donner la vie à nouveau, dans un environnement qui me sera sûr. 
 
Entre-temps j’ai vécu une deuxième « naissance », cette fois pour accompagner vers la mort, une fausse couche à deux mois de grossesse. Pas une bataille cette fois-ci, même si ce fut dur, très dur, physiquement surtout. Le sang, encore le sang, tout ce sang. Cette fois-là, j’ai pris ma liberté à bras le corps, et je me suis écoutée moi, personne d’autre, rien qui ne résonnait pas en moi. Je suis fière d’avoir su prendre mes responsabilités et écouter mon instinct, rester chez moi là où je me sentais bien et non pas me jeter dans la gueule du loup (et du curetage) à l’hôpital.
 
Je suis fière de mon chemin, j’en suis forte et je sais que je peux être libre de vivre une naissance telle que je la conçois.
 
Pour autant les semaines, les mois qui ont suivi mon premier accouchement n’ont pas été faciles. Passée l’euphorie des premiers jours, ce qui ne voulait pas être enterré a commencé à affleurer, de plus en plus.
Le sentiment de moins que rien, d’avoir été considérée comme tout autre chose qu’une personne, d’avoir été trahie dans la confiance que j’avais accordée. On ne peut pas dire que je n’étais pas au courant. Je savais, mais dans ma candeur je ne voulais (pouvais?) pas y croire. Pas possible qu’on mutile vraiment le sexe des femmes sans raison. Pas possible qu’on leur cloue le bec avec des drogues en profitant d’un état de vulnérabilité, qu’on veuille au fond, seulement rendre les femmes machines, appuyer sur un bouton pour donner la vie, et on n’en parle plus. Le père, s’il pouvait se faire oublier, ce serait mieux. Sinon, on le tolère à peine.
 
Alors, on a récupéré une jeune femme perdue dans l’intensité, dans la douleur, et on l’a collée, allongée, sur une table d’examen, assez étroite pour risquer d’en tomber à chaque contraction, puis, quand elle était assez perdue pour acquiescer à la péridurale malgré qu’elle avait fait noter dans son dossier qu’elle n’en voulait pas, on l’a amenée en salle de travail, on l’a piquée, et là ouf, elle s’est tue. Elle a dormi, cette après-midi là, attendu, mais dans son corps qu’elle ne sentait plus, le travail ralentissait, n’avançait pas. Alors l’effet boule de neige s’est accéléré, quand on marche sur la tête, pourquoi se retourner ?
On a percé la poche des eaux, on a perfusé à l’ocytocine de synthèse, et, tant qu’à faire, on a remis une dose de péridurale, même si elle ne sentait toujours pas son corps.
 
On lui a mis les pieds sur les étriers et ordonné de pousser. Elle ne sentait rien, voulait bouger, ne se sentait pas la force d’accompagner son petit vers la sortie dans cette position-là ! Trahie qu’on lui ait assuré avant, qu’elle aurait la liberté de se positionner comme elle le sentirait. Et la phrase qui tue, qui dépossède de ce qu’il peut rester comme dignité :  « Mais madame JE ne pourrai pas VOUS accoucher si vous n’êtes pas sur le dos ».
Comment pousser quand on ne sent pas ses muscles ?
Une demi-heure (?) a passé, plus personne en train d’accoucher, alors, cette salle-ci s’était remplie de sage-femmes qui regardaient, attendaient (que faisaient-elles là ?) et quelqu’un a décidé qu’il fallait appeler le gynécologue. Un homme. Pour elle qui n’avait jamais voulu se faire examiner par un homme. Elle qui pleure quand il l’examine.
« Mais pourquoi vous pleurez ? Vous n’avez pas de raison. »
Des sage-femmes autour, partout, tout près, qui lui tiennent les mains, qui s’approchent et qui s’allongent sur son ventre. Agression dont elle ne connaîtra le nom que plus tard, « expression abdominale », et qu’elle et son petit en ont réchappé belle : sans autre séquelle qu’un périnée mal en point.
 
On la menace des forceps, et ça, elle sait les dégâts que ça peut faire, alors elle se jure qu’elle sortira son bébé seule, et elle le fait. Ca y est, il est presque là ! 
Mais la dernière intervention, celle que le corps n’a pas senti non plus mais qu’elle a entendu, le bruit de la chair coupée aux ciseaux, elle reconnaît ce bruit, elle le connaît, quand elle était petite, son grand-père pêchait des truites et le ciseau faisait ce même bruit mouillé quand on coupait leurs ouïes et leur ventre… Les larmes, encore. Les sage-femmes qui se demandent, entre-elles, mais pourquoi elle pleure ? Et de répondre, c’est l’émotion…
 
Le papa choqué, impuissant et presque sans voix, au gynéco : « Vous auriez au moins pu prévenir ! » Mais ça, ça ne se fait pas, au mépris des droits des patients, dans les hôpitaux on mutile les femmes par surprise, en cachant les ciseaux pour qu’elles ne s’en doutent pas. « Parce que sinon vous comprenez elles sont tendues ».
 
Des mois de douleur malgré une cicatrisation « parfaite », sans point du mari, alors qu’en apparence tout va bien. Mais un sexe découpé fait mal ! Mal physiquement, faire pipi, ça fait mal, mais bon, à la limite ça va encore. Faire caca, quelle horreur ! Quelle angoisse de penser qu’on va devoir y aller, serrer les poings sur ses cuisses, avoir l’impression de se déchirer ! Et faire l’amour, n’en parlons pas. C’est « niet » durant de longs mois, et douloureux plus d’un an après.
Et mal dans son image de soi. Mal d’avoir été agressée dans son intimité, et que l’agresseur ait profité d’un moment de vulnérabilité.
 
Voilà le récit de la première fois où j’ai donné la vie, où je pensais que le respect m’était dû, et non pas qu’il fallait que je l’arrache. 
 
Aujourd’hui j’écris ce texte comme un manifeste, car je remercie la Vie, et je suis fière de mon chemin.
 
Mille témoignages pour une naissance respectée. Merci pour cette action, belle route aux Femmes.

 S.

#304 – Accouchement en 2006 – Essone

25 Nov
J’ai accouché le 3 avril 2006, à O., dans l’Essonne. Selon mon médecin, et le personnel : c’était un bel accouchement et tout s’est bien passé.

Sur le moment, je l’ai plutôt bien vécu : trop heureuse de serrer mon bébé dans mes bras, trop heureuse d’être en bonne santé, et d’avoir un bébé en bonne santé.

Néanmoins, je ne peux pas dire que ce fut un accouchement sans nuages…

Je suis arrivée tôt le matin, vers 7h, après rupture de la poche des eaux. Pas de stress, de très bonne humeur : j’étais sur le point de vivre le plus beau moment de ma vie, que pouvait-il m’arriver de mieux?

Après examen, la sage femme annonce à mon compagnon qu ce n’est que le début (je ne suis même pas en travail), qu’on me garde à cause de la rupture, mais qu’il peut aller travailler tranquille, on a le temps…

Evidemment, bourreau de travail, il saute sur l’occasion d’être déculpabilisé par le corps médical, et me laisse, seule.

Je suis d’abord installée dans ma chambre. Je regarde la télé, je lis. On me laisse gérer les premières contractions de travail : de toutes manières, j’ai dit que je ne souhaitais pas de péri.

Vers 10h on m’installe en salle d’accouchement. Je trouve les contractions très gérables. Je n’embête personne, on vient me voir à intervalles réguliers. J’ai faim, mon estomac se tord dans tous les sens, à la rigueur, c’est presque plus désagréable que les contractions!
13h : le travail avance bien, très bien, la sage-femme cherche à joindre le papa (il lui faut 2h pour rentrer) pour lui demander de rentrer vite, car bébé risque d’arriver dans l’après-midi.
à 14h : on me conseille la péri : je redis que je n’en veux pas. Le travail avance bien, je me sens en forme, je trouve cela gérable.
L’anesthésiste qui est là pour une autre maman vient me voir, et me gronde presque : dans une demi-heure, elle monte au bloc pour une opération, après il sera trop tard pour la demander, hors de question qu’elle descende en urgence si je ne gère pas. Elle me dit que les contractions là, ce n’est rien à-côté de celles que j’aurai à la fin, que je suis peut être là encore pour 7 ou 8 heures, que ce ne sera pas la peine de pleurer ensuite, que je suis mazo de préférer avoir mal.
Je demande si je peux à la rigueur avoir une toute petite dose, car je veux sentir ce qui se passe, je veux mettre au monde mon bébé (et non être accouchée par quelqu’un… je veux être active).
Elle me pose la péri à 15h, avec une dose de 12mg/heure (je crois, je me souviens du 12!), en me disant qu’elle est peu dosée.
Entre-temps mon compagnon est arrivé.
Une demi-heure après, je ne sens plus rien à partir de la taille, et mon corps non plus d’ailleurs : les contractions deviennent inefficaces, bébé s’endort…
Vers 18h, la sage-femme appelle l’anesthésiste pour changer la seringue de la péri (à tiens, je croyais qu’elle passerait le reste de la journée au bloc… étonnant).
A son entrée, je lui demande à ce qu’elle soit moins dosée, car je ne sens rien. Elle râle en disant qu’elle est déjà pas beaucoup dosée, que dans ces cas là, autant pas avoir de péri (ben tiens, mais au départ, je vous rappelle que je n’en voulais pas!) et dose à 9 (mg/heure?).
Le travail ne progresse pas plus pour autant. Alors vers 19h on m’installe pour accoucher, car le bébé fatigue, fait de l’arythmie, et moi je monte en fièvre, sans qu’on sache pourquoi.
J’ai du mal à sortir bébé, parce que je ne sens rien, même pas les contraction : on me dit quoi faire et quand, et je m’exécute en bon soldat, à l’aveugle, parce que je ne sens rien du tout. Bébé est potelé (4k110), ne sort pas vite, fatigue, alors on appelle le gynéco (ouf, le mien est de garde), et on y va aux forceps + expression abdominale. J’ai ouvert de grands yeux quand la sageefemme est montée sur la table, effrayée. Elle m’a rassurée me disant que ça ne me ferait pas mal avec la péri. A moi non, mais le bébé, lui n’est pas sous péri!!!! j’ai dans ma tête l’image de son petit squelette tout comprimé contre mon coccyx, et je me dis que ça ne doit pas être bien. Mais on me rappelle qu’il faut qu’elle sorte, maintenant!

Je dois reconnaître à mon gynéco d’avoir prévenu qu’il me faisait une épisio, et de m’avoir promis qu’elle serait toute petite. De fait, je n’ai eu que deux points.

Par la suite, j’ai vécu deux autres moments désagréables.

Après avoir eu 15 minutes de peau à peau avec bébé, et une première têtée, le papa l’a accompagnée pour les soins.

J’attendais la fin de la péri pour retourner en chambre. L’équipe de nuit à fait son entrée dans la salle (auxiliaire puer, et aides soignantes), en râlant sur l’état dans lequel la précédente équipe avait laissé la salle, en employant le terme de « boucherie » (à la délivrance, mon placenta a échappé des mains du gynéco et est allé s’écraser au sol éclaboussant entièrement la salle, je reconnais qu’on a refait la peinture… mais nous en avions bien ri!), tout cela sans même me dire bonjour! Finie la magie de la naissance, retour au monde réel et trivial : tout cela s’est envolée avec un seul mot : c’était une « boucherie ». Je passe l’humiliation pour moi, et la culpabilité (je me suis excusée 20 fois, et je voulais quitter cet endroit).

Dans la nuit qui a suivi, j’ai découvert après plusieurs sensations de malaise lorsque j’étais allongée que mon lit était bizarrement réglé : tête plus basse que le corps, et pieds surélevés.

J’ai cherché pendant une demi-heure comment le régler sans succès. Je me suis donc résignée à déranger encore le personnel. La personne qui est venue m’a répondu qu’elle ne savait pas comment le régler, qu’elle n’était pas mécanicienne. Elle a parlé tout fort et réveillé bébé. J’ai proposé alors de faire mon lit à l’envers (tête aux pieds, pour être couchée plus confortablement). Je me suis fait envoyer balader, car ce « n’était pas son travail »!!!

Alors à 2h du matin, j’ai défait et refait mon lit, avec bébé dans les bras, alors que j’avais accouché 6 heures plus tôt…

Le reste du séjour s’est bien passé. La surveillante ayant appris mes mésaventures est venue s’excuser pour son personnel peu diplomate, et j’ai été chouchoutée… ce qui m’a permis de garder de tout cela un bon souvenir malgré tout.

Cependant aujourd’hui, alors que je m’apprête à faire le projet d’un bébé, de nouvelles questions arrivent : sans péri, est-ce que les contractions seraient restées efficaces, est-ce que ma fille serait née plus « naturellement » (sans avoir été poussée d’un côté, tirée de l’autre).

J’ai constaté que de nombreuses mamans dans mon entourage ont vécu des choses similaires avec la péri (contractions moins efficaces, forceps pour finir, …).

J’ai eu le sentiment qu’on décidait pour moi (parce que eux savaient). J’ai eu le sentiment d’avoir été poussée au-delà de mon désir vers ce qui convenait aux équipes.

Je fais l’impasse sur les conseils catastrophiques en matière d’allaitement que j’ai reçu par la suite. Ou le fait qu’on ait donné du lait maternisé à mon bébé contre ma volonté, parce que la montée de lait tardait (elle est arrivée quelques heures après…).

Si mon mari (qui n’est pas le papa de ma première fille) n’était pas aussi paniqué par l’acte, j’aurais aimé accoucher à domicile pour le futur bébé. Aujourd’hui les restrictions d’assurances risquent de décourager les Sages-Femmes qui le pratiquaient encore, rendant mon projet impossible à mener à terme.

En revanche, je suis plus forte, plus sûre de moi, et j’aurai mon mari à mes côtés, pour imposer mes souhaits, et les faire respecter, me faire respecter.

Je pense que certains établissements sont plus à l’écoute que d’autres pour cela, et je prendrai le temps de faire un vrai choix!

H.

Anonyme – « J’ai accouché, elles m’ont aidées à accoucher et pas l’inverse »

14 Nov

Après pas mal de difficultés pour conçevoir notre p’tit bout, j’ai eu la chance de vivre une grossesse plutôt zen et tranquille, avec un arrêt de travail très tôt en raison de mon métier de commerciale trop souvent en voiture et trop souvent stressée et d’une sciatique persistante du 4ème mois au dernier jour ! L’avant bébé un peu hard nous aide à relativiser et je prépare l’arrivée de notre bonhomme avec mon amoureux, B qui est aux petits soins pour nous.
Le terme est prévu le 20 septembre, tout mon entourage est heureux de ce happy end et lance les paris sur la date d’accouchement. Personne n’avait parié le 17 septembre 😉
Le lundi 16 septembre, tout est prêt depuis quelques jours. Je passe beaucoup de temps à me reposer car je ne dors pas bien, réveillée par l’inconfortable ventre incasable dans notre lit et les mouvements de notre fils qui s’éclate la nuit.
Je suis crevée et je traînasse. B est au boulot.
18h30 : début d’un mal de dos inhabituel. Je saute sur mon ballon, je bouge le bassin et je trompe mon cerveau qui a tendance à trop penser en jouant à la console. B rentre, on fait une partie ensemble sans oser croire que ça y est, le travail commence.
19h30 : première contraction. Je peux pas dire douloureuse mais pas agréable. Puis une autre dix minutes plus tard. A la troisième, B prépare le dîner. Je sais que ça y est, c’est parti. Je n’ai pas eu une contraction de ce genre avant.
Je vais fermer la valise. Je marche dans l’appartement, pour que ça aille vite. Ballon, allers retours cuisine-salon, ballon, salon-chambre …
21h00 : les contractions deviennent irrégulières mais largement plus carabinées. Quatre contractions en dix minutes, plus silence radio pendant douze minutes, retour des contractions …
22h00 : je ne peux plus rien faire pendant que le dos et le ventre contractent. Je stoppe tout et je respire en gonflant le ventre. Je visualise une grosse vague sous laquelle je dois plonger. Plus tard, j’imaginerais une fleur genre un nénuphar qui s’ouvre doucement, pétale par pétale. B me laisse faire, me masse quand je passe près de lui.
23h00 : bain chaud pour se détendre. Ça fonctionne super bien, pour chauffer mon ventre trop haut pour être immergé, je pose une serviette de bain dessus. Avec l’eau brûlante c’est top.
01h00 : je sors du bain et là gros mal de dos avec peu de pause entre chaque vague. C’est ce que je craignais, je prend toute la douleur dans les reins. Une série de contractions très rapprochées nous inquiètent un peu. On décide de partir à la mater pour voir. Au pire, on rentrera à la maison.
01h30 : B a roulé doucement pour ne pas empirer les contractions. Le gardien de nuit nous ouvre la porte et dit « c’est pour un accouchement ? » ( moi en train de souffler pour laisser passer une contraction je réponds mentalement : non c’est pour enfiler des perles) mais je souris et dis oui. On est admis de suite. Une sage femme m’examine. Le col est ouvert à 2. Elle nous installe en salle de pré travail  » parce que vous prenez tout dans le dos ». Monito ok. En chambre, B peut dormir dans un lit.
De 2h à 6h: Je fais du ballon, marche de long en large, en soufflant et en gonflant le ventre à fond.
6h30 : Je réveille B. J’ai mal dans le dos en continu et au milieu de chaque contraction, je pense que je ne supporterai pas la suivante. Mais je supporte la suivante aussi. Je commence à sentir les contractions dans le ventre en même temps. La chance va nous sourire : R, la sage femme qui a fait ma préparation entre dans la salle. Elle ne devait pas travailler aujourd’hui mais une copine à elle accouche le même jour. Alors elle va nous suivre de loin.
Elle me voit m’étirer le dos et me dit  » tu veux avoir mal ? » Je répond « non » Elle m’examine. On a gagné un petit cm en 4 heures. Mon moral en prend un coup mais R ne me laisse pas le temps de me prendre le chou. Elle nous emmène en salle d’accouchement. L’anesthésiste va passer. « Ça va être long mais tu vas y arriver »
Une troisième sage femme qui ne se présente pas arrive pour me poser une voie veineuse. Gros carnage. Elle me rate sur le bras droit, veine pétée. Pose sur la gauche mais n’importe comment. La voie veineuse me fera mal toute la journée. Elle enfile un gant pour examen et je n’ai même pas le temps de lui dire que R vient de le faire. Sans consentement et sans prévenir, elle me fait un mal de chien. Je serre les cuisses en la repoussant. Elle s’en va sans un mot. Heureusement, elle a fini son service et R vient nous présenter V, qui sera là tout au long de la naissance.
07h15: pose de la péridurale. B doit sortir. Je sens l’anesthésiste piquer un peu à droite. Ça ne fait pas mal mais c’est surprenant, on dirait qu’on injecte un Mister Freeze dans le dos. R me tient pour que je reste en bonne position. Elle me raconte son week-end. Tout se passe en douceur
7h45 : je pourrais embrasser l’anesthésiste. Mon amoureux revient et on se repose. On papote. Il m’amène à boire en douce. V passe toutes les heures. Parfois elle m’examine, parfois elle vient juste s’assurer que tout va bien. On entend au moins 3 ou 4 femmes accoucher dans les salles voisines. C’est long. Un cm, parfois un demi par heure. On dort un peu. Je change souvent de position pour bouger le bassin. Mon fils va bien, son rythme est tonique. Il supporte bien les contractions que nous suivons sur le monito.
13h00 : R oblige mon homme à aller manger. « Quitte la deux secondes pour aller manger parce qu’on aura pas le temps de te ramasser par terre si tu tombe dans les pommes ! » Du coup, il va se promener régulièrement ensuite. Boire un café, prendre l’air. Il me raconte qu’il croise de nombreux papas en stress qui fument et se caféinent à mort ! On rigole. C’est long pour lui aussi.
14h30 : ma gynéco J passe pour m’examiner. Je ne le vois pas mais elle est fait une drôle de tête. B a vu son expression mais ne me dit rien. Elle sort avec V. Je suis 9cm. Plus qu’un et je pourrais pousser mon fils dehors ! Je suis toute contente.
V revient et m’annonce que J veut me préparer pour une césarienne. Catastrophe. Mon fils arrive la tête tournée vers le ciel. Un bébé rêveur qui, en plus a de belles épaules à faire passer dans mon bassin un peu juste. Il ne pourra pas défléchir la tête normalement s’il ne se retourne pas avant la fin de la dilatation. Il faudra que je le pousse jusqu’au bout et J pense que je suis déjà trop fatiguée par le travail. Je m’effondre. Je n’ai aucun a priori sur la césa, mais après 20h00 de boulot, je le vis mal. Ça veut dire sonde urinaire à demeure (enfant, j’ai été opérée et sondée 2 fois à vif, sans anesthésie. Mon pire souvenir de douleur devenu phobie). Ça veut dire cicatrice. B est super mal de me voir comme ça. Il sait à quel point ça me fait peur d’échouer à ce moment.
V, elle y croit toujours, sûre que je peux accoucher par voie basse. Elle dit rien à personne et décide de m’aider.
Elle coupe la péridurale. J’ai une heure pour bouger le bassin dans toutes les positions qu’elle me fait prendre pour retourner le bébé. C’est le seul moment où je douille vraiment. Je m’agrippe à ce qu’il me passe sous la main et je bouge, je bouge. B se sent tellement mal qu’il fait les 100 pas. Sort. Revient. Repart. V me prépare pour la césa « au cas où », elle me rase, pose la sonde sans que je m’en apperçoive (une vraie magicienne).
R passe me voir. Son amie galère aussi. Je pleure un peu, les nerfs qui lâchent. Elle me carresse le bras et me dit « Ne lâche rien, accroche toi ».
V, la sage femme me réexamine. Mon fils est toujours tête en l’air. Elle me redonne de l’anesthésique. Vers 16h, elle enfile un gant et me dit  » on le retourne ? » Je dis oui. Elle commence mais j’ai mal. Alors elle me redonne une dose. Et la. Je plane. Je vois des ombres chinoises quand je ferme les yeux. Mais elle peut manipuler le bébé. Qui se retourne. Je le sens bouger. Du coup, V court appeler la gynéco pour lui dire que je peux pousser. Le temps que V revienne, le bébé s’est retourné à nouveau vers le ciel, mais on ne s’en rend pas compte à ce moment là. Il s’engage dans le bassin tranquillement. Je commence les poussées seule. V prépare la salle en speed.
B est derrière ma tête. Il me masse les cheveux. M’encourage à voix basse.
Avec 2 doses de péri, je ne sens pas du tout ce que je fais mais quand V se place entre mes jambes dix minutes plus tard, elle me dit qu’elle voit une belle touffe de cheveux châtains arriver et je pousse très bien. La gynéco arrive. Et constate de suite que le bébé est toujours tête en l’air. Trop tard pour m’arrêter. J ‘ai déjà bien travaillé. Je pousse encore, encore. Le temps me semble passer super vite. Entre deux séries de poussées, B me dit des mots d’amour dans les oreilles. Je n’oublierai jamais le regard qu’il pose sur moi à ce moment là. Je suis une foutue guerrière.
J et la sage femme nous laissent le plus d’intimité et de calme possible. Elles sourient, sont détendues et je sens bien qu’elles sont ravies de me voir réussir.
Une journée de travail et 30 minutes de poussées au total, une petite épisiotomie pour stopper une déchirure, j’entend J me dire  » il est là, attrapez le » et me voilà en train de tendre les bras de saisir mon fils. On se retrouve face à face et j’entend le papa s’exclamer de surprise et d’émotion.
Mon fils sur moi, B penché sur nous, tous les deux en larmes. Notre fils ne crie presque pas et nous regarde avec calme. Je n’ai rien vu des points, de la délivrance, de la toilette. J et V font tout pour nous laisser tranquille, elles travaillent vite et bien. On se retrouve tout les trois. Peau à peau de 2 heures sans personne pour nous embêter. Les soins se feront après dans la salle par V. Je suis là pour les mesures, le poids et B qui prend son petit dans les bras pour la première fois.
Conclusion 1 : Soyons flexibles et adaptons nous a l’accouchement tel qu’il est et pas tel que nous le voulons. Plus facile à dire qu’à faire, mais c’est inéluctable.
Conclusion 2 : Merci à J et surtout à V d’y avoir cru. Vous êtes merveilleuses ! Il est juste inconcevable que j’aille accoucher ailleurs pour son petit frère ou sa petite soeur. Être aussi bien entourés dans un moment pareil, c’est juste fantastique.
Conclusion 3 : C’est un moment incroyable où tout se mêle. Où l’on se dépasse, avec de bonnes surprises et de grosses douleurs qui s’imprime en nous comme un tatouage dans l’âme. Ne laissons personne le gâcher ou le voler. La fierté que je ressens me mets a l’abri de toute peine, atteinte, critique ou déprime. J’ai accouché, elles m’ont aidées à accoucher et pas l’inverse. Et je suis fière. J’ai donné la vie. Je souhaite à toutes les futures mamans de ressentir cette confiance en soi.
ANONYME.

Cindy- son premier enfant -76

4 Oct

J ai 28 ans et je vais vous faire partager la naissance de mon premier enfant.

La naissance d une maman.

Nous sommes lundi 20 mai , j+1, rendez vous de dépassemen’ de terme à la maternité. J en peux plus, je veux voir ma fille, je ne fais que pleurer. Je craque avec la sage femme, que je connais car elle m’a suivi lors de ma menace d accouchement prématuré. Elle me fait acupuncture, décollement des membranes. Pas une seule contraction a l horizon….Le soir, chéri me fait un massage bien appuyé en bas du dos avec huille essentielle qui sont censées déclencher contractions et intensifier le travail.nous nous couchons et là grosse contraction soudaine. Il est 00h12. Saisi par la douleur et surtout la surprise, je crie un peu. Le futur papa comprend tout de suite que c est pour cette nuit et moi aussi. Je vais prendre une douche, graine un peu, contractions toutes les 7 minutes. Puis brusquement toutes les 5 minutes. On part…Arrivée a la maternité à 2h15. On attend assez longtemps, y a du monde apparemment. Le sage femme arrive, me demande ce que j ai décide pour gérer la douleur. Je lui dis le plus longtemps possible sans peri, jusqu’au bout si je tiens. Il ne me parlera plus jamais de peridurale a partir de ce moment! Monito vers 3h. Les contractions s intensifient. Je ne tiens plus allongée, je finis debout accrochée au monito. Le sage femme revient, il voit ma tête, il comprend que ça s’accélère. Il n y a pas de salle de libre, ils sont en train d’en préparer une. On va marcher dehors et là les choses sérieuses commencent… énormes contractions toutes les 2min30/3min…. au bout de 10 min on retourne dans la maternité et là j attends au moins 30 min dans le couloir. J’en peux plus. Je me cramponne à ce que j ai sous la main a chaque contraction… le futur papa, le mur….Le sage femme revient enfin, direction la salle nature et la bain après auscultation. Il ne veut pas me dire ou j en suis, au moins a 6 car monito continu a partir de maintenant. Dans le bain, je n ai plus de répit entre les contractions, je n y arrive plus, je veux mourir, me noyer dans cette baignoire ou je ne sais plus comment me mettre. Je vois mon homme qui n en peut plus de me voir souffrir…je demande une anesthésie générale ! Lol mais je n emploie pas le mot péri !!! Bah non j en veux pas au fond de moi !!! Le sage femme est super zen, il passe de temps en temps, dit que l accouchement se passe très bien, que ca va vite et que c est très bien etc. une aide soignante reste avec nous la dernière heure. Je me dis que je ne supporterai plus une seule contraction mais elles s enchainent encore et encore. Je sors de la baignoire direction la table d accouchement. Pour sortir de la baignoire….. mdr luc et l’aide soignante sont obligés de me porter , je n ai plus aucune force, je tremble de tous mes membres, mes jambes trembleront jusqu’à a l’expulsion.Au bout d un moment j ai envie de pousser, le sage femme me dit de faire comme je le sens, de pousser si j’en éprouve le besoin, il ne veut pas refaire de toucher vaginal, il dit que c est moi qui sait. Ce sage femme est génial. Je commence a pousser, luc tiens ma jambe gauche l aide soignante la droite, et le sage femme berce mes jambes entre les contractions et ça me soulage. La poche n est pas percée, le sage femme veut que je la perce naturellement, je pousse, elle sort mais ne rompt pas!!! Je la déteste ! Lol au bout de 6 à 8 poussées, il la rompt.et après ça fait encore plus mal, je ne pensais pas que c était possible !!! Maintenant c est la tête de bébé qui arrive…et la je pousse, il, me dit de faire tsss en poussant, la douleur est intense, je hurle, le ahhhh qui sort de je ne sais ou. Comment un tel cri peut sortir de moi !?! Lol je comprends tout de suite que le ahhhh augmente la douleur!!!! Je reprends mon tss, ne pousse de toutes mes forces…… ça ne passe pas….piqure de lidocaine et épisio. Le sage femme m’as laisser pousser plusieurs fois, il a voulu m éviter l episio mais pas le choix. Puis la tête sort,, je saurai après que le cordon etait autour de son cou mais pas serré. Puis les épaules. Je sens ensuite ses jambes sortir de mon ventre. C est magique. Je suis encore sous le coup de la douleur et de l intensité de ces dernières heures. Il est 6h55 et j ai ma fille dans mes bras. Pour conclure, j ai beaucoup souffert mais si j ai un deuxième enfant, ce sera sans péri !!! C est une expérience merveilleuse.

#297 Naissance de l. – Novembre 2012 – Var

3 Oct

Je ne suis pas seule pour écrire ce récit vu que j’étais complètement dans le gaz pendant mon accouchement dû à l’injection d’un produit pour ne pas développer d’infection suite à la perte des eaux, Papa Chou me fait donc la faveur de se joindre à moi et d’apporter plus de détails sur mon accouchement non respecté les petites étoiles « * » seront son point de vue …

Dès le commencement de ma grossesse, j’ai souffert de douleurs dans l’aine et de contractions auxquelles personne n’a jamais prêté la moindre attention malgré 3 gynécologues et 1 sage-femme au cours de ma grossesse. Les seules réponses que nous avons sont  » c’est normal  » ou la question est carrément éludée puisque stupide. Même si on ne pouvait rien y faire, le fait de savoir aurait aidé, c’est de la psychologie de base mais passons…

Le dimanche matin, à 37 semaines je ne me sent vraiment pas en forme et bien sûr ma douleur à l’aine est de moins en moins supportable, je décide donc d’appeler la maternité (la première fois) qui me demande de passer afin de faire un contrôle.

Arrivée là bas, je suis contente de voir que ma gynéco est de garde et donc qu’elle pourra s’occuper de moi, mais non, madame a d’autres choses à faire (merci le suivi qui coute un bras en clinique privée avec des gygys soit disant plus proches de leur patientes).

Après un monito et 2 touchés en 30 minutes (merci pour mon intimité) on me renvoie chez moi en me disant « 37 semaines, vous avez le temps ce ne sera pas pour cette semaine ».

( Je commence à en avoir vraiment plein le dos de ces douleurs et là, encore une fois aucune précision, on me somme de rentrer sans plus d’infos que ça ).

En fin de journée je suis HS mais impossible de dormir, je monte donc le berceau (un signe?) et étant bien fatiguée je m’endors enfin à 23h55.

Et vlan ! Me voilà réveillée à 00h00 par le remake du naufrage du Titanic, j’ai perdu les eaux. Je prends une douche pendant que Papa Chou appelle la mater qui me dit de venir.

A 2h30 j’arrive enfin dans une salle d’examens avec encore des touchés à répétition et une prise de sang. J’en profite pour demander à la sage-femme si elle sait pourquoi finalement j’ai perdu les eaux vu que ce n’était pas pour cette semaine. Elle me réponds « ben vous avez eu des contractions »… Merci mais je le savais déjà, ce n’était pas ça ma question… Passons… Elle me dit enfin que je suis à 2 doigts et on me met dans une chambre (individuelle, ce que j’avais demandé)…

Je suis arrivée en chambre à 3h30 et à partir de là on me dit « si il y a un souci venez nous voir mais là il faut dormir ». Dormir??? Impossible, j’ai des contractions à répétitions, je me lance donc dans le rangement de l’armoire, et je découvre mon semblant de salle de bain (au secours)… Vers 6h je n’en peux plus, mon chéri va donc voir pour que l’on nous donne un ballon, mais il revient bredouille(*) avec comme seule réponse « Il faut attendre qu’on vienne nous chercher », ok, vers 8h30 enfin quelqu’un, erf, ce n’est que le petit dej’…

J’attends jusqu’à 9h00 avant de voir quelqu’un : monito et touché, je suis à 5 (ça devient bon mais je n’ai toujours pas mon ballon).

9h30 on m’emmène en salle d’examen, encore un monito, encore un touché à l’arrivé, je suis à 6, on me laisse et on demande à Papa Chou d’aller faire l’entrée vu que je suis arrivée de nuit, il faut la faire maintenant, pas d’entrée pas de salle d’accouchement (ok…**), 30 minutes plus tard encore un touché, je suis à 7 il est 10h30. On me transfère en salle de naissance pour la pose de la péri que j’ai demandée et à laquelle on m’a répondu, on viendra vous la faire quand on aura le temps, coup de chance pour moi ce n’est pas le même anesthésiste et j’ai donc ma péri. On me pose aussi un cathéter en m’explosant la main (hein, sinon c’est pas drôle), à partir de là on me laisse avec un touché juste après la péri, je suis à 8, et on me pose un monito qui ne vas pas me quitter tant que ma fille ne sera pas dans mes bras… Il est 11h30 et à 12h la sage-femme revient pour m’injecter un produit et elle me prévient que je risque de me sentir mal et peut-être de vomir…

Elle repart, quelques minutes plus tard, toute seule avec Papa Chou, je commence à me sentir vraiment mal, il est tout seul et fouille partout pour me trouver un « truc » pour vomir… A partir de là, c’est du grand n’importe quoi, c’est lui qui appuie sur les boutons quand une machine sonne, c’est encore lui qui me donne ce qu’il faut pour vomir car on m’en a remis une dose. 13h, la sage femme arrive, encore un touchée je suis à 10. On teste une poussée mais je dors à moitié et surtout je vomi…

13h15 on se met définitivement en position et là c’est un marathon, je pousse, je dors, je vomi, je pousse, je dors, je vomi, puis heureusement que Papa Chou est là pour me demander si je veux ma Ventoline, « mais pourquoi elle est asthmatique ? », euh tu n’as pas lu le dossier, bon pas grave on y retourne.(***)

Il est 15h00 ma puce n’est toujours pas sortie, on fait enfin venir un gynéco, (la mater a appelée la mienne mais elle n’a pas voulu venir : c’est les vacances), il me dit que ma puce ne passe pas et que l’on va utiliser des spatules pour l’aider un peu. Il est 15h30, je le vois prendre un énorme ciseaux et hop épisio (euh on pourrait me demander ou m’expliquer non???), je pousse, ou m’appuie sur le ventre et hop 15h32 (soit à 37 semaines +1), ma puce est dans mes bras…

On me la laisse une petite minute puis on me l’embarque pour les premiers soins son papa suit le mouvement, en essayant de voir, je me rend compte que la porte qui donne sur la nurserie est en fait entre deux salles d’accouchement donc après avoir vécu le mien, je suis au premier rang pour vivre celui de ma voisine d’en face, charmant… (****)

On me recouds mais la péri ne fait plus effet mais je n’ose pas le dire et donc je souffre, mais bon 2 minutes plus tard ma puce revient pour un peau à peau de 2h. Deux heures pendant lesquelles la puéricultrice veut absolument que je mette I. au sein alors que je refuse. Je m’affirme, je gagne, Papa Chou lui donne son premier bibi.

* : J’arpente les couloirs, je dis bien arpenter car la maternité est au premier étage, accès possible via les escaliers, aucun personnel de sécurité, une sage femme seule sur un lit de camp à moitié des les vaps, je me dit qu’on ferait mieux de ranger les consoles portables et plus tard de dormir que sur une oreille.

 » bonsoir, serait-il possible d’avoir un ballon ?  »

 » Un ballon, ma foi non, vous n’avez pas porté le vôtre ? Attendez je demande … Allô on a un ballon quelque part ?.. ben pour un patient … Bon écoutez monsieur on va essayer d’en trouver un attendez qu’on vienne à votre chambre  »

C’était bien la peine de répéter les exos en se rassurant  » c’est vrai que ça aide bien le ballon  » … Pensez à tout, même au ballon !

** : là tout devient concret, on va la passer en salle d’accouchement, on va me passer la fameuse blouse et je vais vite savoir si je vais tourner de l’oeil ou pas. La pression est à son comble.

 » Monsieur il faut aller faire l’enregistrement, allez-y y’a le temps, allez-y sinon on peut pas aller en salle d’accouchement  »

 » Genre maintenant là ? on s’en fout un peu non ?  »

Je laisse donc ma femme derrière moi pour remplir des papiers de merde. Alors on va passer rapide sur la queue, les furieux, les gars qui vont à la clinique de la main avec des doigts explosés dans un bandage de fortune, ce n’est plus un accueil de clinique mais les urgences …

Les papiers remplis je retourne vers la salle, et personne. Je croise quelqu’un et je demande où se trouve ma chérie on me réponds  » ben en salle d’accouchement là-bas  » …

Presque amusé par tout ça mais aussi bien enclin à faire un massacre, on me tends une blouse, mettez-ça …

*** : bip bip bip apprenez à aimer ce bruit parce que même si nous restons seul dans la pièce pendant une heure, il ne faut pas couper le son. Là ma chérie est épuisée, nous sommes seuls, elle vomit en position allongée une aiguille enfoncée dans le bras, nous n’avons pas dormi mais simplement attendu, aucune précision ni présence, je fouille dans un meuble ouvert je prends une bassine en carton qui fera guise de sac à vomi, une dame entre ( une autre, je l’avais jamais vu celle-là ) Elle vomit c’est normal, on peut rien y faire je repasse dans une demi heure. Je coupe le bip invivable, qui se remet automatiquement, la péridurale est arrivée au bout de l’aiguille, ça sonne, tout sonne, j’ai soif et elle aussi, toute blanche à moitié endormie … Hmm

Bon allez on va voir, poussez madame hein …

Madame est foutue, je vois bien qu’elle ne pourrait même pas soulever un cupcake là, et donc on va pousser ?

Bien, l’effort fournit est tellement conséquent que je me demande comment va se passer l’accouchement à cause son asthme, je lui propose de la Ventoline, à la surprise générale, oui madame est asthmatique … Poussée inutile, encouragement bidon, des gens viennent chercher des trucs dans les meubles pour les autres salles, certains y vont de leur petit commentaire …

A ce moment là, le mot fiasco prends tout son sens, dès l’instant où j’ai posé un pied dans la clinique, les absurdités ont commencées, se sont accumulés jusqu’a une vraie parodie, une blague … Dites c’est une blague ? Quand j’ai vu les spatules, j’ai compris que non …

**** : Last but not least, je suis donc une sage femme, infirmière ou je sais même plus quoi, j’ai vu au moins 12 personnes différentes à cet accouchement, donc on pose la petite pour une série de tests, en face de moi une inconnue les jambes écartées, en chie littéralement, je détourne le regard, je m’intéresse un peu, la petite est là tout va bien  » vous faites quoi ? « ,  » des tests là « , oui ok c’est sûr, et là j’ai le malheur de tourner la tête vers la table d’accouchement et je vois le gynéco tenir un sachet plastique à la main, splotch par terre, et une infirmière de demander  » j’en fais quoi du placenta ?  »  » Ben vous le pesez …  » c’était donc pas un sachet le truc là, et me voici en face d’un tableau tellement pittoresque que je ne pourrai pas vous le décrire, mais disons que recoudre une pizza, maintenant, je sais faire …

La petite est arrivée c’est le plus beau jour de ma vie mais ça a aussi été un soulagement, celui que ce moment « magique » soit enfin fini, et dieu sait que pourtant j’apprécie la magie.

#295 Nolwenn, 2 accouchements en structure et un accouchement non-assisté

28 Sep

Je m’appelle Nolwenn, je suis l’heureuse maman de trois enfants, dont la dernière est née cet été, à la maison sans assistance médicale.

Voici mon histoire, et la raison qui a motivé mon dernier choix d’accouchement.

Mon ainé est né en 2003, en France, dans le département de l’Isère. Ce fut un accouchement déclenché 7 jours après le terme.

Je suis réstée 25 heures sous péridurale, qui n’a pas fonctionnée, mais qui m’a forcée a rester allongée… Mon fils a eu des défaillances cardiaques liées à la durée d’injection des produits. Après de fausses alertes où l’on m’annonçait que j’allais partir en césarienne, mon bébé est arrivé par voie basse. Il a fait ma fièrté, mais j’ai développé une peur de l’accouchement, le personnel soignant n’ayant pas cherché à me rassurer ce jour-là.

5 ans plus tard, en 2008, en Savoie, j’accouchais de mon deuxième garçon. La maternité ou je devais accoucher m’a renvoyé deux fois à la maison, me disant que les contractions n’étaient pas assez rapprochées. Au troisième refus de me prendre en charge, le personnel a proposé que je revienne une heure après dans le service. J’habitais alors à 30 minutes de la maternité.Lles contractions étant par les reins, comme le premier, et l’impression qu’on ne voulait pas s’occuper de moi, m’ont poussées à me rendre chez mon médecin traitant. Celui-ci a eu tellement peur que j’accouche dans son cabinet, qu’il m’a fait rentrer dans une autre maternité, qui ne savait rien de mon dossier. A peine arrivée, on m’a imposée une péridurale que j’avais refusée, et qui n’a pas fonctionnée, puis une épisiotomie car j’ai eu la bêtise de dire qu’on m’en avait fait une lors de mon premier accouchement.Mon deuxième petit prince est né 25 minutes après mon arrivée sur le parking de l’hôpital.

Je ne voulais plus avoir d’enfant ou plutôt, si le désir d’agrandir la famille était omniprésent, je ne voulais plus accoucher…

Mais la vie réserve parfois des surprises, et un bébé a décidé de nous rejoindre pour juillet 2013, dans la Drôme.

Ma première réaction fut la panique! Je ne voulais pas accoucher à l’hôpital. Mais il n’y avait pas de sage-femme pratiquant les accouchements à domicile près de chez nous.

J’ai alors pris une décision: faire le suivi de grossesse à la maternité, et si aucun problème ne nous était signalé, j’accoucherai seule chez moi. Au moins, je n’aurais pas à me battre pour être écoutée et prise en charge: je suis une femme, d’instinct je saurais accoucher par moi-même!

Nous avons préparé nos ainés à la naissance en leur laissant le choix d’être présents ou non. Bien sûr, ils voulaient être là, mais j’ai voulu leur laisser une porte de sortie en leur faisant comprendre que certains papa tournaient de l’oeil à la naissance de leur bébé, donc qu’ils pouvaient sortir lorsqu’ils le désiraient. Nous avons tout prévu nous-mêmes: matériel d’accouchement, premiers gestes de secours au cas où (cordon autour du cou, accouchement par le siège etc…) et un téléphone pour les secours qui peuvent être chez nous en 3 minutes.

Petite fée est arrivée de façon très rapide, contractions par les reins (jamais deux sans trois!) entourée de l’amour de ses frères nullement impressionnés mais fiers comme des paons, et de ses parents. Malgé la douleur, j’étais en paix, l’ambiance était calme, ce qui me changeait de mes expériences précédentes d’angoisse et de stress. Nous avons prétendu une naissance inopinée, lors de notre arrivée à la maternité, car nous savons que si nous avions parlé de choix d’un accouchement non-assisté, nous aurions eu les services sociaux sur le dos avec risque d’enlèvement de nos amours d’enfants. Après un contrôle de la sage-femme et la confirmation que je n’avais même pas besoin de point de suture car je n’étais pas déchirée au niveau du périnée, j’ai passé un séjour de trois jours en chambre de maternité dans le calme, car je n’ai quasiment pas vu de soignant, malgré un premier allaitement, et cela me convenait très bien! Personne ne m’a gâché mon bonheur, et si je devais avoir de nouveau un bébé, je recommencerais toute seule sans médecin.

Avec du recul, je trouve dommage que les équipes soignantes perdent leur humanité, n’écoutent pas le patient et ses désirs et besoins pour leur propre confort, que la suppréssion des maternités de campagne fabriquent des usines à bébé et non des maternités accueil de bébé et leur parents. Car ainsi, ils poussent des personnes comme moi à accoucher chez eux. Nous avons fait tout le suivi de grossesse, pris en considérations tous les risques avec une sage-femme qui nous à conseillée sans se rendre compte de notre décision.

Mais certains parents refusent un suivi et prennent ainsi le risque de perdre leur enfant, et même la maman par un risque d’hémorragie.

Si j’avais une demande au gouvernement à formuler, ce serait de réouvrir des maternités dans les petites villes, de faciliter le travail des sage-femmes accouchantes à domicile, et d’imposer l’application de la charte du patient à l’hôpital.

Nous sommes des êtres humains.

#294 Naissance de Nassim – Montpellier

25 Sep

J’ai 24 ans et j’attend mon 1er bebe, heureuse de cet événement j’ai tout de suite compris que cela aller changer ma vie…

j’arrive a mon terme et la peur s’installe n’ayant jamais vecu cette experience et mon mari aussi j’angoisse, 7 H du matin petite douleur, journée qui s’annonce chargée vers 15H j’arrive a l’hopitale on me fait attendre trois quart d’heure!!!!! ensuite une sage femme me prend en charge (enfin) monitoring prendent 2 H et les contractions sont inssuportable mon mari est sortit il pouvait plus me voir souffrir, je suis seule, je pleure

la sage femme revient me fait un toucher vaginale et me dit : « bon vous été ouverte a 5!!!  » ok et pour la péri j’ai vraiment mal je supporte plus rien…  » je vais voir l’anestesiste et il viendra vous voir » oui mais dans combien de temps? aucune reponse elle s’en va (morue)

la douleur est très forte je n’ai plus de patience je pleure encore et je crie, la sage femme reviens me dit de garder mes forces pour pousser elle m’a dit ensuite qu’il n’y aurait pas de péri donc que j’évite de me fatiguer pour RIEN !!!! je suis dégoutée, j’en veut a mon bébé de me faire autant souffrir j’en veut a mon mari d’être parti et cet morue qui fait absolument rien pour atténuer ma souffrance ma douleur, il est 22h15 et j’ai envie de pousser je sonne….. j’attend … je pousse elle est la me regarde et me dit attendez !!! 22h21 mon bebe est la née dans la salle de dilatation sans aucune aide médicale par une sage femme avec aucun sens morale juste après je n’est plus rien je ressent plus aucune douleur c’etait fini!!!!! et eu une épisiotomie alors qu’il n’en fallais pas bref un vrai carnage.

le jour qui été censé etre le plus beau jour de ma vie été en verité un vrai cauchemar j’ai accouché en 2012 et j’ai eu cet impression d’etre dans le village de mes parents en 1900 au maroc depuis je suis autan traumatise degouté des enfants des accouchement de la grossesse merci a vous, vous morue qui avez tout fait pour me laisser souffrir ou du moins vous qui n’avez rien fait !!!

#284 Une naissance presque respectée

16 Sep

Pendant ma grossesse, nous avons émis l’idée, avec mon conjoint, de donner naissance à notre enfant à la maison, afin de nous protéger au maximum des intrusions de la médicalisation à outrance de cet acte, qui pour nous, avait quelques rapports avec notre sexualité : le besoin d’intimité, de grande humanité, de la libre expression de notre amour pour ce bébé à naître.

Malheureusement, dans notre coin perdu entre la Gironde et la Charente-Maritime, aucune sage-femme ne se déplacerait jusqu’à nous et nous avons décidé, pour ce premier enfant, de nous tourner vers l’établissement le plus proche qui se trouvait également être le plus simple : peu d’accouchement (400 par ans environ), une petite équipe et des gynéco plutôt sympas et explicatifs.

 

Je voulais absolument accoucher naturellement, laisser mon corps libre de lui même, ne pas l’entraver de médicaments et autres sangles et fils, absolument allaiter mon enfant et j’avais un malaise terrible à l’idée de l’épisiotomie : une lame sur mon vagin, l’image me donnait la nausée, je faisais des cauchemars de cette vision, mon corps lui même, par un eczéma exprima cette angoisse profonde, qu’aucun médecin n’a su ni comprendre, ni écouter (j’avais beau leur donner l’idée de leur entailler l’urètre pour laisser mieux passer le flux de leur urine, aucun ne comprenait pourquoi j’angoissais d’un « acte médical si bénin »).

 

Nous n’avons rien écrit au delà de ce qu’on nous a proposé, une fiche sur laquelle nous pouvions inscrire nos attentes et appréhensions, nous n’avons pas fait de projet de naissance au delà du dossier complété séance après rendez vous avec les gynéco, SF et cours de prépa.

Tout fut oralisé en amont et le jour J, et certaines de nos attentes et demandes figuraient dans le dossier.

 Nous avons bataillé un peu, mais avons vite été entendus et soutenus lorsqu’on a parlé de déclenchement, et finalement (acupuncture ou psychologie…) le zouave dans mon ventre s’est mit en mouvement 5 jours après la « date de péremption »…

A 5h du mat, je sens bien que c’est bizarre cette nouvelle façon de contracter. A 11h, je mets le couvert en 1h30, me suspendant à ma chère cuisinière. A 12h, j’appelle la maternité qui me conseille de prendre un spasfon et d’attendre deux heures pour les rappeler. Mouais, j’oublie le spasfon, je prends un bain et à 15h, nous partons faire 20 mns de bagnole pour rejoindre les murs blancs et aseptisés.

 Nous y voilà, paperasse, installation dans ma chambre perso qui donne côté jardin (et cimetière et malheureusement à ce moment là, travaux…), et premiers touchers vaginaux. A l’époque docile, j’accepte tout ce que le corps médical juge comme « nécessaire » (à qui ? ben à lui en fait.)

On fait des écoutes de monito, et me voilà, bien sage, assise, alors que je le savais, je devrais marcher.

On prend un bain ? Allez zou c’est parti, petite musique Sigur Ros pour me sentir bien, mon homme tout près de moi me murmure des mots doux malgré son sentiment d’impuissance et de dépossession (second point que nous comprendrons bien plus tard).

De retour, c’est chouette, il est 20h je suis dilatée à 7 (nouveau TV, forcément) et je me porte bien, blaguant avec les SF et mon homme, excité comme une puce.

Le cadran tourne et je fatigue. On me propose un gaz, je ne sais pas quoi, entre deux contractions qui deviennent plus lancinantes, j’ai tellement faim (je n’ai rien mangé à midi…), je suis fatiguée, de plus en plus, et finalement, la SF « m’aide » et me fait aspirer un peu de son truc (en fait j’aspire moyen…).

 

Changement d’équipe. Un truc génial : elles font les transmission devant nous, on peut donner notre mot : « pas de péri, veut allaiter et peau à peau à la sortie. Elle veut sortir elle même l’enfant, ou le père. Elle s’en sort très bien, a pris un peu de gaz machin, j’ai prévenu l’anesthésiste, mais elle en aura sans doute pas besoin ». Et là, la nouvelle SF qui me dit « j’ai accouché deux fois : le premier avec péri, le second sans, l’attachement n’a vraiment pas été le même, on va tout faire pour que vous accouchiez sans » MERCI MERCI!!

Bon sauf que… Elle me propose d’accélérer le mouvement, « vous êtes très fatiguée, faudrait pas que ca complique l’expulsion » (j’ai FAIM!!!) si on perce, dans une heure, une heure trente vous êtes débarassée, sinon ca peut durer encore jusqu’à demain matin. Vu comme ca… J’ai les boules, j’ai pas envie de forcer les choses, mais je suis crevée, et mon homme est de l’avis de la SF (il bosse le lendemain à 6h, et puis c’est vrai, je semble exténuée… Mais il me soutiendra quelque soit ma décision.)

Quand je vous dis que je ne voulais pas aller à l’hopital. C’est ce genre de petite pression « pour votre bien »… Elle me laisse un quart d’heure pour réfléchir…

Bref, aller, on perce. J’ai 20 mns de répit, durant lesquelles je dors.

Bon ben après c’est pas pareil, hein, qu’on se le dise. Jusqu’à présent c’était pas agréable, là ca devient carrément flippant. Cette intensité! Cette force cette puissance en moi, qui pousse! Oh my god!!!

Ma SF prend le masque à gaz et me le colle sur le nez « allez inspirez à fond trois fois, ca va vous aider à vous détendre ! c’est pas du produit, ca va juste vous aider à mieux vous ouvrir » J’inspire trois fois et tout se met à tourner. Je n’ai plus aucune force dans mes jambes, dans mes bras… Comme si j’étais saoule, comme si j’avais sniffé de la colle…

C’est parti et soudain tout va très vite, tout s’agite autour de moi, la lumière est beaucoup trop forte, j’étais calme, me voilà stressée, de plus en plus, ca parle trop fort, la SF me parle et couvre mes cris, tout ca c’est trop !!! Entre deux contractions, je me jette dans les bras de mon homme, qui est tout habillé, tente de le sentir, je cherche son odeur, ses bras se referment sur moi, m’embrassent et me soutiennent.

La SF se lève et revient avec un petit chariot couvert d’un linge verdâtre ; dessous : des scalpels, seringues et ciseaux. D’une seule voix, nous nous opposons « on ne veut pas d’épisio !!! » « ah oui, mais si ca déchire, moi désolée, je coupe ! » 

Deux temps plus tard, comme par hasard je suis « raide à gauche ». La SF dit « j’interviens localement » et attrape une seringue. Mon homme s’interpose « hophophop, qu’est ce que vous faites ?! » « J’applique du spasfon en local, ne vous inquiétez pas, c’est juste du liquide, ca va détendre à gauche, là où ca se raidit », il me regarde, je crois que je fais un truc qui dit « j’abandonne » et je sens un truc glacé entre mes jambes. « Ah ca détend pas, hein » Elle intervient à nouveau. Puis ca bloque aussi à droite. Ce n’est pas du spasfon dont j’ai besoin, mais d’une main de femme, d’une voix douce, apaisante, qui me remette dans ma bulle, de solitude, d’intimité, je veux accoucher comme je jouis ! Seule avec mon homme ! Pas au regard et en pleine lumière, dans le bruit et à l’hôpital. Mais je n’ai pas eu le choix. Je n’ai pas fait celui d’accoucher parfaitement seule.

 Je me donne du courage en criant, en parlant à mon bébé. L’aide-soignante me propose un miroir et je l’envoie balader avec tact (j’arrive encore à ca ?!). On me tourne, on me met en sellette (et j’accoucherai ainsi, les jambes repliées, les mains sur mes genoux, le cul sur la chaise. La vulve bien en face des yeux de la SF) Ca déchire. Elle coupe. Je me souviens avoir demandé l’autorisation de toucher la tête à la sortie… Pff quand j’y repense, il faut vraiment que je me sois sentie infantilisée pour attendre qu’on m’autorise à toucher mon propre corps !!

Il est minuit zéro trois quand nous attrapons ensemble notre enfant, mon homme et moi. Mon visage se transforme, selon le souvenir ému de ce nouveau père : detendu et crispé, il s’ouvre et s’illumine soudain. J’ai mon bébé nu, sur ma peau, j’arrache ma chemise dégueu de l’hôpital, je le glisse sur ma peau, sur mon ventre, au dehors… « Mon dieu, regarde ce qu’on a fait !!! C’est nous ca, c’est nous qui avons fait ca ! Mon dieu !!! » On lui parle, on lui dit son nom, mille fois, on le lui répète, on lui dit qu’on l’aime, oh mon dieu, qu’on l’aime tellement !

 On essaie de le faire téter, mais il ne fait rien (il n’est pas très tonique, ce loulou, tout de suite à la sortie, il a l’air un peu sonné)… Puis la SF l’emmène, mon homme les suit. Il ne dit rien, observe tout… Elle vient le faire marcher devant moi. Je n’aime pas trop ça, je voudrais être tranquille, qu’on nous laisse tranquille, nous les guerriers.

Puis elle me le rapporte, je le prends, j’ai tant envie de le lécher, de le boire des yeux et pour la première fois, il prend mon sein dans sa bouche et tète, tète longuement. C’est là, semble-t-il que le placenta est sorti. Je ne m’en souviens absolument pas. Je me souviens juste de mon homme qui trouve que ça ressemble à de la sauce de pire (cf cuisine du terroir… à base de sang de porc, toujours glamour, mon mâle !). Je me souviens qu’on me recoud, que ça me fait mal. Mais je m’en fous. Mon bébé est là, avec nous, et il a tété. Mon homme l’a contre lui, ils vont dans ma chambre, puis on m’y amène en fauteuil, je me sens humiliée de ça, je suis sûre que je pourrais marcher. Je mange enfin ! Dans cette chambre moche transcendée par l’image de mon homme et de son fils endormis sur le fauteuil à mes côtés.

 Les quatre jours suivant, je me languis chaque nuit de mon homme, si loin de nous. Je rêve de lui, il me manque tant. Qu’on soit séparés à cet instant m’est insupportable. L’allaitement commence mal, mais grâce à une tante se continuera glorieusement bien. En tous cas, ma monté de lait se fait à l’hôpital, et zoulou a dépassé son poids de naissance à la sortie. Les SF n’ont pas été d’excellent conseil tout le temps, mais je sais comment elles sont formées. Je déplore seulement en savoir bien plus qu’elles à ce moment là déjà.

Elles me demandent de ne pas dormir avec lui, il pourrait tomber du lit. J’ai repris du poil de la bête, et comme elles refusent de mettre le matelas au sol, je fais ouioui et continue à le garder sur moi, tout le temps, tout le temps, tout le temps.

 Heureusement que je m’étais moi même préparée à tout cela. Que j’avais lu, échangé, appris sur l’allaitement. Lu, échangé et appris sur l’accouchement, sur sa physiologie. Heureusement que je savais ce que je voulais. Ç’aurait pu être bien pire. Et hôpital mis à part (et bien que je sois tombée sur une super équipe, je pense), j’ai adoré ça, c’est un merveilleux souvenir.

 Il me tarde le prochain, qui, cette fois, sera à la maison!

Valérie, 50 ans, France.

2 Juil
J’ai accouché de jumelles dans un petit hôpital de province en Bourgogne
C’était en 1990
j’ai eu affaire à deux gynécologues
Un jeune écolo, adepte des méthodes naturels
Un tunisien proche de la retraite et plus classique dans ses méthodes
Le jeune écolo m’a mis au régime et fait perdre du poids
Le Tunisien a donné des ordres pour que j’en reprenne
On m’a imposé l’accouchement naturel car la péridurale n’était pas au point
La nuit de mon accouchement, considéré à risques, après 3 mois d’hospitalisation, j’ai entendu le personnel paniqué un peu car il n’arrivait pas à joindre le gynécologue.
Je n’ai eu aucune préparation à l’accouchement mais le personnel a toujours été présent et chaleureux.
Un jeune « stagiaire » homosexuel vigilant m’a peut-être sauvé la vie alors qu’un soir, ma perfusion s’était décrochée et que je perdais peu à peu mon sang sur le sol.
J’ai été prise en charge principalement par le gynécologue tunisien et une sage-femme.
Un pédiatre, une aide-puéricultrice, un anesthésiste et deux aides-anesthésistes, quelques stagiaires que j’avais autorisés assistaient  ou se préparaient à intervenir mais ont su se faire très discrets.
Le gynécologue, un homme qui n’avait jamais pu avoir d’enfants, m’a accouchée comme s’il s’agissait de ses enfants. j’ai beaucoup souffert du dos.
Il m’a fait une épisiotomie d’office alors que les échographies montraient deux filles pas très grosses.
Mes deux filles de un kilo et un kilo huit ont été amenées de nuit par un chauffeur de taxi au centre de prématurés de Dijon à 80 kms. L’une avait pris trop de globules rouges à sa soeur.  Le médecin n’a pas voulu les séparer de peur que je m’attache plus à l’une. Je savais que ça ne serait pas le cas mais j’étais d’accord.
Le pédiatre s’est un peu énervé en examinant le placenta et a dit:
-je n’y comprends rien, je ne sais pas s’il s’agit de vraies ou fausses jumelles, vous le saurez plus tard.  je jette tout!
Personnellement, ça ne me préoccupait pas.
J’ai souffert de la séparation et « rêvais » qu’elles étaient mortes. j’ai du attendre 10 jours avant de les voir. Elles sont été très bien prises en charge au centre de prématurés ainsi que tous les autres bébés.
Le personnel portait les bébés dans des sacs kangourous quand c’était possible pour qu’ils aient des contacts chaleureux.
Hormis la douleur, plutôt des souvenirs positifs.