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#340 L’accouchement de Justine, Belgique 2011

8 Fév

Nous sommes en 2010 quand mon compagnon et moi apprenons que je suis enceinte. Ayant très peur de l’accouchement, de l’hôpital, de l’acte médical, je ressens le besoin de suivre une préparation à l’accouchement. Cette préparation qui est l’haptonomie m’a vraiment rassurée dans le sens ou je me suis sentie capable d’accoucher, j’ ai pris confiance, nous étions serein.

Le 17 mars, je perds les eaux a 22h. Le papa et moi décidons de prendre notre temps avant d’aller à la maternité. Nous prenons les dernières photos à deux, …
Nous arrivons a minuit à la maternité. Je passe par l’admission et je me retrouve très vite dans une chambre ou on me dit d’essayer de dormir car les heures qui suivent vont être difficiles. Deux heures plus tard, les premières contractions arrivent, on m’apporte un ballon afin de me soulager. Mon compagnon et moi arrivons a bien gérer les contractions, Grace a notre préparation, je pense. Mais, je comprends très vite que le personnel est débordé, nuit de pleine lune ? Personnel insuffisant? … Je n’en saurais pas plus.
On m’envoie une stagiaire sage femme pour s’occuper de moi. Elle passe toutes les 1h30 plus ou moins afin de m’ausculter. Il est 12h la douleur est de plus en plus forte mais nous continuons a gérer les contractions tant bien que mal. Le travail est lent, mon col ne s’ouvre pas, je fatigue, … J’aperçois la sage femme, enfin, dans ma chambre, elle vient m’ausculter, la stagiaire sage femme m’ausculte aussi. J’avais mal, je ne voulais pas qu on m’ausculte une seconde fois mais je n’ai rien su dire.
Je comprends que mon col ne bouge pas, elles parlent entre elles mais ne me disent rien.
Dans la chambre d’a coté j’entends une maman en souffrance, qui crie beaucoup, j’ai peur mais je me concentre.
Vers 13heures, la sage femme me dit : ‘ la dame d’à côté demande la péridurale, si vous la voulez c’est maintenant car après je ne suis pas sûre que l’anesthésiste revienne’. Oui, j’aurais aimée essayer aller plus loin sans péridurale, oui je voulais un accouchement naturel, mais prise de panique, j’accepte.
Nous partons en salle de naissance, on me pose la péridurale qui fait très vite effet. On m’injecte une dose d’ocytocine, le travail n’allant pas assez vite à leur goût, je présume, on m’en injecte une deuxième.
Tout s’enclenche, je ne me sens pas bien, je ne vois plus, … Le rythme cardiaque de mon bébé chute, une dizaine de personnes rentrent dans la salle, mon compagnon était à côté de moi et tant bien que mal, il garde son calme, pour moi.
Personne ne m’explique rien mais je comprends que c’est grave. On me sonde, on me prépare … Mon gynécologue arrive … Enfin, un visage connu.
Et là d’un ton paternaliste, il m explique que ce n’est pas grave, le bébé va bien mais il ne faut plus tarder car il ne supporte plus les contractions, il pose sa main sur mon épaule et là d’un coup je me suis sentie en sécurité. J’avais besoin de ces explications, de ce ton rassurant.
Il accepte même la présence du papa en salle d’opération et nous partons en césarienne.
Arrive en salle d’opération on me prépare, et la je sens qu’on ouvre mon ventre, j’ai peur, je sens, je débats mes jambes, l’anesthésiste me fait respirer dans un masque, je m’endors. On sort mon fils de mon ventre, le papa accompagne la sage femme pour les premiers soins. Mon compagnon m’explique qu’il a dû insister pour que je vois mon fils avant d’aller en salle de réveil, on ne voulait pas me le montrer car j’étais endormie…. Pourtant je me souviens d’avoir entendu la voix du papa de loin m’appeler, je me réveille et je vois le visage de mon bébé à côté de moi quelques secondes, un moment rempli d’émotions.
Ensuite, on m’emmene en salle de réveil pendant deux heures.
Lors de mon réveil, on tarde a me ramener en chambre, une sage femme passe au bout de mon lit et me dit ‘qu’il est beau votre fils madame !’ Cette phrase résonne encore dans ma tête à l’heure actuelle, comment peut-elle se permettre de me dire ça à moi, qui a juste eu le droit que de l’apercevoir, moi qui n’attend qu’une chose c’est qu’on me remonte dans ma chambre afin de retrouver mon fils et mon compagnon?
Ce n’est que deux heures après sa naissance que notre histoire de vie à trois a pu commencer …
Il me manque des chapitres dans l’histoire de mon fils, j ai l’impression d avoir raté des choses, de ne pas avoir été là comme je l’aurais dû, comme je m’en étais fait l’idée…

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Accouchement d’une sage-femme, Belgique

31 Jan
J’ai mis au monde mon premier enfant le 24 décembre 2013.
Etant sage femme de profession, je connais beaucoup de choses et j’ai choisi d’accoucher auprès de mes collègues afin de maitriser certains souhaits dans la mesure du possible.
J’ai effectué, en couple, une préparation en haptonomie pour permettre au papa de s’intégrer un maximum et de trouver sa place tout au long de la grossesse et de l’accouchement.
J’ai également choisi de me préparer à l’autohypnose.
Enfin, j’ai réalisé un projet de naissance avec mon mari même si mes collegues me connaissent, je trouve cela très important.
Tout au long de la grossesse, nous avons beaucoup discuté avec sage femme et gynéco sur la façon dont nous voyions la naissance de notre petit garçon.
Je voulais accoucher à la maison mais attendant un gros bébé de passé 4kg200 a 40 semaines, mon mari n’était pas à l’aise, ma gynéco m’a gentillement expliqué que ce n’était peut-être pas la meilleure idée… J’ai donc cédé et me suis raisonnée… Je ferai une partie du travail à la maison !
Notre directive était : on ne se prend pas pas la tête, on souhaite être respecté mais si il y a un problème, on agit !
Mon travail a débuté le 24 décembre 2013 vers 1h du matin… Sous la tempête Dirck…
Je voulais faire une partie du travail à la maison, tranquille, avec mon mari et appeler la sage femme lorsque j’en ressentirai le besoin.
J’ai tout de suite eu des contractions toutes les 2 minutes et après deux bains, j’ai réveillé mon mari, j’avais besoin de lui. Nous avons appliqué les prolongements et positions apprises en haptonomie.
Vers 4h, je commencais à monter dans les sons et mon mari à préféré que nous appelions la sage femme. Elle est arrivée rapidement et m’a examinée à ma demande : 4 cm !
Elle m’a laissée tranquille, m’a soutenue mais voyant la tempête, m’a proposée de démarrer vers la maternité qui est a 30 minutes de la maison.
Dans la voiture, elle est venue derrière avec moi et m’a accompagnée dans mes contractions. J’ai demandé un bain pour lorsque nous arrivons. Elle a sonné afin qu’on me le prepare…
Arrivée là bas, le bain était rempli. La sage femme a voulu me placer un KT avant, au cas ou il y aurait un probleme. Nous en avions discuté, et c’était noté dans notre projet, nous n’étions pas contre puisque rien d’injecté jusque là.
Avant d’aller au bain, j’ai perdu beaucoup de glaires et j’ai donc demandé moi même qu’elle m’examine… 5h et 7 cm ! Ca va vite ! Mais bébé très haut, je le vois à mon ventre !

Je lui ai demandée de mettre un cd, de me donner mon homéopathie regulièrement.

Dans le bain, mon mari me massait, nous étions dans notre cocon sans être dérangés. J’avais un monitoring sans fil. J’ai donc pu bouger à mon gré dans cette très grande baignoire.

Vers 8h elle m’a proposée de verifier mon col car je voulais sortir du bain, je commencais à fatiguer. 9cm… Bébé pas encore engagé…

J’ai demandé à ce stade une péridurale, me rendant compte que le chemin de mon bébé était encore long…
Gentillement, elle m’a proposé de rompre la poche avant, afin de voir si il déscend puisque dans mon projet j’avais noté de me proposer autre chose et si fin de dilatation de me motiver  à éviter la peri dans la mesure du possible (sans que je sois fermée totalement à cela)
Elle a rompu la poche, j’ai tenu 1h00 et puis… Je n’ai plus vu clair… Plus d’hypnose et d’hapto qui tienne… Il me fallait être soulagée… Elle m’a donc rééxaminée…9 cm bébé à peine engagé…
J’ai donc eu une rachianesthesie de 2h00 pour me permettre de souffler et laisser mon enfant descendre. Au bout de ces 2h, mon bebe etait engagé a moitié et j’ai commencé a ressentir mes contractions et l’envie de pousser.
Elle a donc appelé la gynéco pour signaler que je poussais. Je me suis spontanément mise sur le coté et ni la gyneco ni la sage femme ne m’a forcée a me mettre sur le dos. Encore une fois c’était noté dans notre projet de naissance ; le choix de la position si celle-ci est efficace.

 

Mes contractions étant courtes, la gyneco a demandée de mettre un peu de syntocinon pour me permettre de pousser plus longtemps sur la contraction. Je n’etais pas contre mais aurais preferé eviter cela. Si mon corps m a permi de dilater vite avec des contractions courtes, iil m aurait permis de faire naitre mon enfant.

Mon mari avait émi le souhait de faire l’accouchement… Longtemps discuté avec la gyneco et la sage femme.

Son reve fut realisé ! Quel bonheur !

La naissance de notre enfant fut paisible et comme nous le voulions.
Nous avons profité d’un long peau à peau chacun et avons decidé au moment de faire les soins.
A refaire, je referais pareil. Ce fut un moment magique pour nous car nous avons eu le sentiment d’être respecté de tous.
Merci a elles !

L’accouchement de D. à Bruxelles, Belgique

10 Avr

Je tenais à partager avec vous les grandes lignes de mon accouchement, cela pour vous rassurer ! En effet, j’en garde un excellent souvenir et je trouve ça important de partager un point de vue positif car beaucoup trop de gens sont là pour essayer de vous faire douter de vos capacités à mettre votre enfant au monde !
D’abord, je tiens à préciser que le plus important est d’être bien entourée et bien préparée.
Pour ma part, j’ai choisi d’être suivie par une sage-femme pendant toute ma grossesse. C. me connait très bien, nous avons établi une relation de confiance qui m’a beaucoup rassurée pour le jour J. Mon cher mari s’est aussi beaucoup impliqué dès le début de la grossesse, il a donc aussi été d’un grand soutien pour l’accouchement .Pour la préparation, j’avais appris à bien respirer et à me détendre en piscine, c’était vraiment idéal.
Nous avions aussi suivi des séances d’haptonomie à Ixelles, cela m’a bien aidée pour l’accouchement.
D’abord, V. nous a fait un joli schéma où on voyait bien que le pic de douleur de la contraction est finalement très court dans la durée. Le voir sur le frigo m’a aidé à bien fixé ça dans ma tête. Ensuite, parler avec le bébé dès 5 mois de grossesse nous a aidé à tisser un lien très fort, utile pour travailler de concert pendant l’accouchement, et enfin, les séances de relaxation sont fondamentales pour arriver la plus détendue possible à l’accouchement.
Pour le jour J, disons que j’ai commencé à avoir de petites pertes, j’ai appelé C. ma sage-femme qui m’a dit de voir si ça passait en prenant un bain. Tout cela a commencé donc un lundi soir, vers 19h, je l’ai appelée à 21h puis 23h. J’ai pris mon bain vers 1h du mat puis j’ai essayé de dormir sans y parvenir, je n’avais pas vraiment mal, mais je sentais bien que ça travaillait. A 7h du mat, j’ai dit à mon mari de rappeler C. que je pensais vraiment que ce serait aujourd’hui. Lui ne me croyait pas trop, il ne me voyait pas souffrir donc il se disait que je fabulais un peu. C. est arrivée vers 8h30, elle m’a examiné et a vu que j’étais déjà dilatée à 6cm. On est alors partis pour l’hôpital. On s’est installé dans la salle « Nature », là nouvel examen, j’ai encore gagné un cm. Toujours pas mal. Après cela a été plus long et éprouvant. D’abord une partie du col ne voulait pas s’effacer. Ensuite, bébé a dut faire 7/8 de tour sur lui-même pour présenter le plus petit côté de sa tête. J’ai souvent changé de position, j’ai pris un long bain bien chaud et puis finalement j’ai pris la position gynécologique pour pousser. Je dois dire que les femmes ont normalement une envie irrépressible de pousser mais je ne l’ai jamais ressentie. Mon fils est resté assez longtemps dans la phase juste avant l’expulsion, je poussais, il sortait un peu, puis il rentrait, cela a bien duré 75 min ! Il a un coeur très solide car son rythme n’a jamais diminué alors que certains enfants sortent par césarienne à ce moment car cela dure trop longtemps. Il a fini par sortir sans forceps ni ventouse. Comme vous le voyiez, je n’ai pas eu de péridurale. Pendant tout mon accouchement j’étais très détendue, je me suis concentrée sur une contraction à la fois et sur ma respiration. J’ai aussi fait beaucoup de « oooooooooohhh » pour détendre le diaphragme.
La douleur était pour moi tout à fait gérable. Je suis sûre qu’elle l’était car, même avant ma grossesse, je m’étais toujours dit que je serais capable d’endurer l’accouchement sans anesthésie. J’en étais convaincue donc j’ai agi conformément avec ma conviction et le fait d’être massée et soutenue par C. et mon mari, le fait qu’eux aussi me faisaient confiance, cela m’a grandement aidée. A la fin, je me sentais vraiment fatiguée, alors deux autres sages femmes sont arrivées pour m’encourager, le fait de les avoir tous les 4 à me supporter m’a donner la dernière énergie nécessaire pour que bébé naisse un mardi à 19h39. Si je compte depuis le début des pertes, cela a donc duré 22h de travail.
Si j’ai une dernière recommandation c’est « soyez bien entourées, faites vous confiance ».
Un accouchement est une expérience formidable et je vous assure que le vivre de cette façon vous rend très fière de vous et vous conforte aussi dans votre rôle de mère. « Si j’ai pu accoucher moi-même, alors je pourrai aussi bien élever mon enfant moi-même. » Ne doutez pas de vous, les femmes accouchent depuis la nuit des temps, la majorité s’en sont bien sorti, il n’y a pas de raison pour qu’une femme jeune et en bonne santé n’y parvienne pas !

Maxime, en 2011, à Nîmes‏

10 Avr
Mon désir d’enfant est né tard, il fallait que je me sente installée dans la vie pour pouvoir porter la vie. Après mûre réflexion, une ré-assurance sur mes compétences de « gardienne-baby sitter »,  des informations recherchées sur une éventuelle transmission de ma surdité à un enfant et l’amour de mon mari, nous nous lançons dans cette aventure de la parentalité… ok, je suis prête, nous sommes le 01 août 2010.
Au mois de novembre 2010, j’apprends que ça y est, la vie commence à croître en moi. Nous sommes ravis et partageons cette nouvelle avec nos parents et amis proches.
La grossesse me transforme très vite, mon ventre grossit ; et plus je m’élargis, plus je m’ouvre au monde. Étant froide et distante avec les gens que je ne connais pas, je prends enfin plaisir à partager et communiquer.Ma grossesse se passe bien, hormis quelques nausées, pas la moindre contraction ni la moindre douleur, une prise de poids « maitrisée » jusqu’au 7ème mois.Je fais confiance aux pros et surtout à ma sage femme, à laquelle je ne rendrai jamais suffisamment hommage pour l’aide et le soutien qu’elle m’a apporté, pour traverser paisiblement le temps et apprendre à connaître mon enfant in utero. L’échographe n’était pas des plus sympas, un peu « bourrin », violent avec mon ventre qu’il maltraite pour vérifier les mesures. Jusqu’à l’écho des 5 mois, où je m’évanouis. Arrêt sur image, il comprend que ce n’est pas supportable et s’excuse. Il sera beaucoup plus doux les fois suivantes.

Entrant dans le huitième mois de grossesse, tout est prêt, nous attendons l’arrivée de notre fils, je suis en congé mater et profite de la vie. Je profite tant et si bien que je prends du poids de façon démesurée, la faute aux melons que je mange en quantité énorme ! Arrêt des jeux : le suivi à l’hôpital commence et les alertes sur ma santé. Bizarrement, j’écoute et fais de mon mieux pour suivre les instructions, mais rien ne m’inquiète : ni l’hypertension à l’effort, ni le poids…. Rien sauf le jour où je ne sens plus bouger cet enfant…. Je ne dis rien durant 12heures, puis confie à mon mari mon inquiétude, mon angoisse… Direction les urgences. je suis très bien accueillie, prise en charge rapidement, en chambre, le monito est en place, et… nous entendons battre le cœur de notre chenapan qui roupillait manifestement ! Ouf !
Je me suis excusée d’être venue pour rien… « Madame, vous ne viendrez jamais pour rien, nous faisons confiance à vos instincts de future maman »… Merci les sages femmes de votre confiance !

Neuvième mois, 24 kilos depuis le début de la grossesse. Il fait chaud,  je ne me suis jamais sentie aussi belle, calme, enchantée et paisible. La peur de l’accouchement  a disparu (pour moi, mon mari était lui en pleine angoisse!). Grâce à ma sage femme, je sais faire se déplacer mon bébé dans mon ventre, l’appeler, et mon mari aussi. Heureusement, il a beaucoup de place !
Mais mon col…  Ce col est toujours fermé, long, non mature… Bref, acupuncture, tisane, ménage (en douceur, car hypertension…), rien n’y fait, mon ange reste bien au chaud.

Du coup, nous avons le temps de préparer notre projet de naissance : je veux de la mobilité, une petite péridurale et certainement pas la position médicale d’accouchement, le peau à peau à la naissance. Pour l’allaitement, je ne sais toujours pas…je verrai quand il sera là, mais j’ai un a priori : ne suis je pas trop pudique?

Le 07 aout 2011, le col se modifie (ahhh!!!), j’ai dépassé le terme depuis 3 jours ! Les sages-femmes (dont un homme) me disent qu’il faut déclencher. Ok ! je n’ai pas de question, pas de peur, je me sens en sécurité et nous avons confiance. J’entre à l’hôpital (chambre double, avec la maman d’une petite Manon). J’ai peur d’accoucher la nuit, mon mari n’étant pas à mes cotés. Mais je sais que c’est pour demain!

Le 08 aout 2011, 7h45, après m’être douchée, mon col est inexistant (la nature a fait son travail…).Petite injection de je ne sais pas trop quoi en salle d’accouchement… Nous sommes si excités,! « Madame, ça va être un peu long, profitez de ces instants ». C’est parti, j’ai ma première contraction !
7h55 : « Bonjour, je suis Madame XX, vous êtes déjà perfusée? » -oui.. » -zut, quatre dames viennent d’arriver »…
9h : je demande à la SF s’il est possible que personne ne mette de masque : en raison de ma surdité, j’ai besoin de lire sur les lèvres de mes interlocuteurs…. Requête acceptée !
11h : je rigole avec mon mari, qui a du mal à ne pas regarder le monito (expirant dès qu’il annonce une contraction plus forte que la précédente). Je gère la douleur, tout va bien. Finalement, je ne bouge pas (perf oblige), mais je n’en ai pas envie…
A noter qu’à chaque TV, la personne se présentait et avait le sourire, malgré les nombreux accouchements en cours.

11:45, TV: « Mais Madame, je vous fais pipi dessus! », -« non Madame, c ‘est la poche des eaux » « -mais il y a beaucoup de liquide!!!!! »-« oui, et je n’ai pas enlevé ma main ! ».
La sage femme m’explique que je progresse bien, je suis à cinq, que les contractions vont être plus nombreuses et intenses. Pour la péridurale, j’attends encore….
Une femme hurlant dans le couloir me fait changer d’avis. A 7cm, on me pose la péri, peu dosée. Je sens tout mais je peux me « reposer » un peu ; Nous plaisantons toujours, les sages femmes viennent tour à tour et rient avec nous.
16h: dilatation complète, je ris un peu moins…Mais ça va. La sage femme m’explique que notre fils est haut, il faut le faire descendre et me propose que nous mettions en œuvre ce que nous avons appris avec l’haptonomie…
moment de calme et de tendresse à deux…
17h: Je sens que je dois pousser, je suis sur le côté et mon mari appelle la sage femme… Il est là, elle le voit et me dit qu’il faut y aller, que je fasse selon mes sensations…Ce que je fais. apparemment c »était une belle poussée, mais je veux me mettre en position « médicale », elle me laisse faire… et je pousse, m’agrippant au lit, m’arrêtant à peine pour la mise dans l’axe des épaules, il est là, sonné par cette naissance rapide, je ne le vois pas, mon mari suit les puéricultrices… On me fait signe que ça va, mais je ne l’ai pas « senti crier », j’ai peur… Ils sont enfin là mes deux hommes et tout va bien, le petit respire et me regarde…..

Le Choc, l’effet miroir, je reconnais en lui mes traits et ceux de son papa, je le vois tel que je le rêvais, je le sens se blottir contre moi…Le bonheur de ma vie, le sens de la vie…

L’ombre au tableau arrive : je le nommerai « la couturière », cet interne qui ne se présente pas, me dit qu »il n’a rien à foutre là » et qui sent le tabac…La couturière me dit que ça va faire mal, qu’il ne fera pas anesthésie, même si la déchirure est importante. Il coud durant 1h30. Ma douleur ne l’émeut pas, je lui tiendrai des propos désobligeants (présentez vous, je n’ai pas demandé à ce que ce soit vous..).
Il s’en suivra la peur de ne pas être bien recousue et 3 semaines couchée pour résorber les hématomes…

Sur l’allaitement, je n’étais pas renseignée, du fait de mon manque d’intérêt pour la question (j’ai un peu honte d’écrire ça..)…La sage femme m’a proposé de faire une tétée de bienvenue à mon petit ange, m’a aidée, m’a dit les positions… Essai validé : je me suis sentie « accomplie » par cet acte naturel et sain, en phase avec mon fils.
J’ai allaité mon fils durant 6 mois et demi, avec des hauts et des bas (la peur de ne pas avoir assez de lait, de faire trop de tétées, pas le bon timing…). 16 tétées par jour le premier mois n’ont pas eu raison de notre allaitement.
Les conseils de certains pédiatres non plus : j’allaite à la demande, c’est à dire A LA DEMANDE, pas à la demande toutes les 4 heures uniquement !!

Pour le soutien, le moral et l’aide, merci encore à ma sage femme d’avoir répondu à toutes mes questions, d’avoir su apaiser mes peurs de jeune maman et de m’avoir consolée après la visite chez le premier pédiatre (pas de tétine, ni 16 tétées, ni doudou… bref j’avais rien de bon…)

Je n’ai pas réussi à maintenir l’allaitement au delà de ma reprise de travail.
Pour mon second enfant, j’allaiterai aussi, en me posant moins de question et en me faisant confiance.

Hormis la couturière, je ne remercierai jamais assez l’équipe médicale de garde en cette journée du 08/08/2011, à Nîmes, qui a su nous mettre à l’aise, nous accompagner, nous aider et nous rassurer pour ce moment, qui bien que médicalisé, est magique pour nous.

La parentalité m’ a grandie, m’a ouverte et m’a fait découvrir une facette inconnue : je suis » mère », je protège et câline, je nourris et je berce, je rends autonome et j’aime, je touche et communique.
Merci à mon mari d’avoir eu plus confiance en mes capacités de mère que moi, merci à mon fils de sa confiance et  faire naitre en moi tant de joie et d’émotions.

Marine, à Paris en 2010

1 Mar

Pour la naissance de mon premier enfant en juin 2010, je savais dès le début de ce que je voulais, ou tout au moins de ce que je ne voulais pas !
C’était une insémination et vu le temps des protocoles de PMA et la déshumanisation de ces procédures, j’ai eu le temps de m’informer, de lire, d’avoir des témoignages, de voir des amies à moi avoir des enfants.

Je savais donc que je ne voulais pas d’un suivi « classique » mais d’un suivi global, y compris pour l’accouchement. Je savais aussi à quel point la plupart du temps le père n’est pas impliqué dans la grossesse alors que c’est quelque chose d’encore plus abstrait pour lui que pour nous. Il me fallait donc trouver où j’allais pouvoir trouver la perle rare qui nous accompagnerait mon mari et moi dans ce projet et donc trouver un plateau technique qui accueille les sage-femmes libérales .

Nous avons pris contact avec le CALM à Paris, mais nous ne rentrions pas dans les critères pour une raison de distance. Puis j’ai entendu parler du Groupe Naissance : ça tombait très bien l’une des sage-femmes (un homme) était en plus haptothérapeute : exactement ce qui nous tentait pour que le papa soit aussi impliqué que moi ou presque dans cette grossesse. Nous l’avons rencontré et ça c’est très bien passé. C’est donc avec lui que nous avons fait tout notre suivi dès le 3è mois et jusqu’au un an de notre fils. Le courant passait plutôt bien, il était doux, expliquait, il y avait de la discussion quoi qu’un peu directif, rien de méchant et ça rassurait mon mari. L’haptonomie est quelque chose de magique. Que mon mari puisse sentir et entrer en contact avec notre fils dès le début du 4è mois est simplement magique. Cela nous a beaucoup apporté pendant cette grossesse. Par contre je n’ai pas vraiment le sentiment que cela m’ait particulièrement aidé pour l’accouchement, ni mon mari d’ailleurs.

Ma grossesse se passe merveilleusement bien : je suis en forme, un peu fatiguée par moment, mais c’est tout. 10 jours avant je fais encore des marches de 2h sans problème. Tout va bien et je sens que je vais aller jusqu’au terme, rien n’a l’air de bouger, je n’ai jamais senti la moindre contraction.
Un samedi matin, avant veille du terme, je me réveille en me sentant bizarre, j’ai l’impression que c’est pour aujourd’hui, je le sens… Je sens quelques contractions non douloureuse qui viennent. Mon angoissé de mari veut appeler immédiatement la sage-femme, je le calme et le rassure en lui disant qu’il n’est pas encore temps. Les contractions sont régulières mais non douloureuse. Je vis ma vie dans le courant de la journée au rythme des contractions : lit, ballon, lit, repas pour manger un peu quand même malgré la chaleur, le rythme des contractions s’accélère progressivement. Je décide de prendre un bain, j’ai souvent lu que ça soulageait et que ça aidait à se débarrasser des « fausses contractions ». Ca ne fait ni l’un ni l’autre sur moi, mais vu que les contractions sont intenses mais peu douloureuses, ça ne me gène pas. A ce moment je me dis que si c’est comme ça tout le temps, c’est cool… On appelle notre sage-femme dans le milieu de l’après-midi qui nous dit de le rappeler quand les contractions ne seront plus espacées que de « x » temps, je ne me souviens plus combien. On le rappelle assez rapidement et on se donne rendez-vous à la maternité 1h30 plus tard.

Il fait chaud aujourd’hui dans les 30° début juin, la fenêtre de la voiture est ouverte et les gens me regardent un peu bizarrement faire des têtes et bruits étranges pendant les contractions. La positions imposée par les voiture ne me convient pas, j’espère qu’on va arriver vite. Ouf pas trop de bouchon, c’était pas gagné un samedi à une heure de pointe en région parisienne ! Évidemment pas de place pour se garer à proximité, mon mari me lâche devant la mater et va se garer plus loin.

Je suis prise en charge par une femme du personnel de la mater qui me dit que ma sage-femme n’est pas encore arrivée. Elle m’installe dans une salle de pré travail avec un ballon et me branche le monito, juste le cœur du bébé, pas les contractions pour l’instant. Je reste sur mon ballon ou debout. Mon mari et notre sage-femme arrivent en même temps dans la salle. Je m’allonge le temps qu’il m’examine et me dit que je suis à 1. Bon…

Il me branche le monito « contractions » pour voir comment ça évolue. Allongée sur le dos, elles sont moins fréquentes et peu actives. Je suis un peu déçue, mais ça va. Il nous transfère dans une des salle du Groupe naissance avec 2 spasfons : une grande chambre avec un lit double, un canapé, 2 fauteuils, une table basse et une grande baignoire. Il est environ 19h. Il repassera vers 22h pour voir comment ça évolue.

Mon mari part nous chercher à manger, en l’attendant je décide de profiter de cette baignoire, les contractions sont là, intenses et douloureuses, mais ça va, c’est surtout la chaleur qui m’épuise. Le bain, comme le 1er à la maison, ne me soulage pas particulièrement, je n’y reste pas longtemps je suis mieux dans d’autres positions. Sur le lit je tente de me reposer un peu, je me sens vraiment fatiguée par cette chaleur et la proximité des contractions. Sur le lit je passe de 4 pattes pendant la contraction à allongée entre 2 pour tenter de me reposer un peu. On mange, moi un peu, lui beaucoup. Finalement, là ou je me sens le mieux c’est sur un ballon qui me permet de faire « rouler » mon bassin, la tête appuyée sur les bras de mon mari pour me reposer un peu en même temps. Notre sage-femme revient, il doit être dans les 23h. Il m’examine et là c’est la déception, je suis toujours à 1 sauf que moi les contractions je les sens, bien rapprochées, et la chaleur et la fatigue aussi. Il nous renvoie chez nous avec du spasfon et nous rappelle bien de faire attention : en cas de rupture de la poche des eaux, il faut vérifier si le liquide est teinté ou pas : je suis positive au strepto B. Donc si c’est le cas, retour immédiat à la mater en l’appelant rapidement. Je suis déçue de rentrer chez moi, mais je ne dis rien, je suis fatiguée.

Il doit être minuit quand on arrive. Mon mari se met au lit et s’endort presque instantanément. Il fait meilleur à cette heure-ci, même s’il fait encore chaud et que je maudis mes voisins de faire de la friture à cette heure. J’arrive presque à m’endormir à coté de lui entre 2 contractions. J’ai repris ma danse 4 pattes/allongée. Et un moment je suis réveillée dans l’instant par une « ploc » que je sens en moi. Je file aux toilettes et voit que c’est la rupture de la poche des eaux. Je réveille mon mari en criant et la, LA je la vois la différence des contractions avant et après la rupture ! Bon sang c’est plus pareil, plus la même douleur, ni la même intensité. Le temps de vérifier : les eaux sont teintées : on rappelle en vitesse notre sage-femme et RDV le plus vite possible à la mater.

Pendant que mon mari récupère les affaires, ferme la maison… je bouge en essayant d’accueillir les contractions comme elles viennent. Des sons gutturaux comme des mantras sortent de ma bouche sans que ce soit moi qui les maitrise, enfin c’est moi, mais c’est mon corps qui gère pas mon esprit. C’est douloureux, très, mais en bougeant c’est encore possible. Là ou ça se corse c’est la voiture : plus de possibilité de bouger librement : je me met à 4 pattes à l’arrière, mais c’est trop tard, mon corps perd le contrôle et ça devient insoutenable, je hurle et j’ai peur que ça ne progresse toujours pas en plus. Les fenêtres sont ouvertes et il parait que mon mari s’est pris des regards plutôt inquiets et étranges des conducteurs voisins. On arrive à la mater, il est 1h, moins d’une heure à la maison.

A cette heure-ci il y a de la place en face, ça tombe bien j’aurais été incapable de marcher seule. Mon mari a du mal à me soutenir, notre sage-femme vient l’aider et on me porte presque jusqu’à la salle d’accouchement. Il n’est plus question de se poser la question de la péri ou non maintenant : je la veux ! Depuis que je n’ai plus été libre de mes mouvements, la douleur est insoutenable. L’anesthésiste est là rapidement, elle me pose la péri en m’expliquant tout ce qu’elle fait et ma sage-femme me demande si j’accepte qu’une stagiaire soit présente pour l’accouchement. J’accepte. La péri en route ça va mieux, j’arrive à me reposer.

Ma sage-femme m’a dit en arrivant que j’étais à 3 et que ça avançait vite maintenant. Lui et mon mari font des pronostics sur l’heure d’arrivée de bébé : selon eux à 5/6h il sera là. L’atmosphère est détendue, je me repose, ma sage-femme s’endort sur une chaise, la péri est bien dosée, tout va bien. Puis il ça vient, il va falloir pousser, je le sens, il me le confirme. Les 1ères poussées se passent bien et sont efficaces, à ce rythme ce sera rapide… Sauf que, peu de temps avant il a baissé la dose de la péri et que une fois que je le sens, je n’arrive plus du tout à pousse, ça me fait tellement mal que ça me bloque je n’y arrive pas. Il me prévient : on peut remettre une dose de péri mais il faudra appeler l’obstétricien (du groupe naissance aussi, donc sensibilité et pro naissance physio, je l’avais rencontré pendant la grossesse).

Je n’arrive pas à me décider, à me résigner à remettre une dose de péri. je sens mon sage-femme plus pressant, je prends ça pour une agression : « bon alors faut se décider, qu’est-ce qu’on fait ». Je comprends plus tard qu’il attendait que ce soit MOI qui prenne cette décision. Je finis par choisir une autre dose de péri, à regret. En pleurant, en disant à mon bébé que je suis désolée, que je n’y arrive pas. la sage-femme stagiaire est là et me rassure, me caresse, me console, elle est douce est gentille, je ne regrette pas du tout sa présence. Mon mari pendant tout ce temps est serein, se fait broyer la main en silence et m’accompagne, il est aussi très curieux donc reste près de la sage-femme pour voir ce qu’il se passe. Autant il panique et angoisse vite avant, autant une fois dans l’action il est stable, posé et résistant à tout !

La dose de péri agit et l’obstétricien est arrivé. Les poussées sont de nouveau efficaces et il est venu presque pour rien car tout va bien de nouveau. Il me masse le ventre entre les poussées et maintien le bébé pour qu’il ne remonte pas. Ma sage-femme me fait sentir sa tête, toute molle, ça y est il est là, il sort. Quelques minutes plus tard il est sur moi posé, calme et les yeux grands ouverts.

On l’emmène avec mon mari pour lui mettre du collyre à cause des eaux teintées et du strepto B, puis, mon mari l’habille, sans bain et on nous laisse un moment, il cherche le sein comme un fou et j’essaye de l’aider mais je ne peux pas bouger et remonter mon dossier… Mon mari angoissé est de retour : non non je fais rien on attends que la sage-femme revienne. Mais mon bébé il cherche là!!!! bon heureusement il revient vite et rigole… Il commence à le connaître mon homme ! Il nous présente Louis de manière haptonomique (assis en bouddha dans sa main). J’ai toute confiance en lui, mais… rendez-moi mon bébé !!!! Il est né vers 7h.

Il est l’heure de monter dans la chambre, j’ai une terrible envie d’uriner, mais tout le personnel refuse que je me lève, pourtant je me sens en forme et me sens capable de marcher. Mon fils est dans le berceau moche et impersonnel de la mater, c’est le seul passage qu’il y fera. Dans la chambre, on me dit qu’une infirmière va venir m’aider à aller aux toilettes, mais j’en peux plus c’est pas possible, j’y vais, sous l’œil angoissé de mon mari « t’es sure que tu arrives à marcher ? tu devrais attendre ». Tout va bien, retour sur mon lit dans la petite chambre surchauffée. Mon mari s’endort dans un fauteuil et moi je contemple notre petit miracle qui dort paisiblement.

Le séjour à la mater aura duré 3 jours avec un personnel génial. Mon fils a passé tout son séjour, hormis le transfert de la salle de travail à la chambre, dans mon lit avec moi, contre moi. L’allaitement a bien démarré, les quelques conseils des puer ont été bons sur les débuts de crevasses que j’ai pu avoir. Notre choix d’attendre pour le bain a été respecté, la proximité de mon bébé et moi et le portage encouragé. Bref je n’ai pas été déçue du tout de la prise en charge de la mater, bien au contraire. Malheureusement, elle a aujourd’hui fermé et c’est une autre maternité qui accueille désormais le Groupe Naissance.

Après cette expérience, il est impossible pour moi d’envisager à nouveau un circuit « classique » et quand je lis le témoignage de beaucoup de mamans je me dis que j’ai eu vraiment beaucoup de chance. Bien sur j’ai choisi et je me suis informée, mais je ne suis pas la seule et malgré tout, j’ai vraiment eu beaucoup de chance que nos envies aient été respectées, et que le personnel de la mater soit aussi ouvert et agréable.

Depuis cet accouchement, nous avons fait un peu de chemin et lors d’une grossesse qui s’est finalement finie par une fausse couche, nous avons choisi de nous tourner vers l’AAD. Je suis aujourd’hui de nouveau enceinte et ce projet d’AAD est de nouveau présent. C’est un très beau cadeau que me fait mon mari car je sais à quel point il lui est difficile de sortir du chemin traditionnel et de ses angoisses liées à la non médicalisation. Malgré tout c’est lui qui a pris cette décision, pour mon plus grand bonheur. Peut être un nouveau témoignage d’ici quelques mois ?

#175 Emilie, 2 accouchements très différents dans les Yvelines, 2009 et 2012

26 Fév

Je suis maman de 2 petites filles, l’une née en 2009, l’autre, en 2012.
Pour les 2, j’ai accouché au même endroit, à l’hôpital (France, Ile-de-France, Yvelines). Ces deux accouchements se sont déroulés très différemment.

Pour la 1ère, quand j’ai découvert que j’étais enceinte, je venais d’emménager dans ce secteur. J’ai pris rendez-vous chez un gynéco proche de chez moi, un peu au hasard. Il se trouve qu’il avait un étudiant avec lui, et que lors de ma visite, je me suis surtout sentie être un objet d’étude. J’ai refusé que l’étudiant assiste à l’examen médical à proprement parler. Lors de l’auscultation, le gynéco m’a fait mal. Je le lui ai dit. Je ne me souviens plus de la formule exacte, mais ce qu’il m’a répondu était proche de « ah ben si là ça vous fait mal, vous verrez le jour de l’accouchement! ». La visite a duré plus d’une heure (tout était expliqué en termes médicaux pour l’étudiant, incompréhensible), et quand j’ai signalé que j’avais des questions, on m’a répondu que peut-être, à la fin, si on avait encore 2 minutes, je pourrais les poser. Inutile de dire que je ne suis pas retournée le voir. J’ai demandé conseil dans mon entourage professionnel, et j’ai trouvé quelqu’un de bien mieux, mais très cher, avec des dépassements astronomiques pas pris en charge par ma mutuelle…
Je ne me suis pas posé beaucoup de questions sur mon lieu d’accouchement: pour moi, c’était évident que ce serait l’hôpital, pour y être en sécurité. Le plus proche était à 5 mn de chez nous en voiture. C’est un gros hôpital avec un grand service de maternité. Je m’y suis inscrite dès que cela a été possible, et je ne suis pas revenue sur mon choix.
J’ai beaucoup lu durant ma grossesse, et au fur et à mesure de mes découvertes, j’ai commencé à me poser des questions. Péridurale, pas péridurale? comment gérer la douleur? quel type de préparation? nous avons opté pour l’haptonomie, permettant d’impliquer le papa et d’entrer en contact avec notre bébé. Et puis, d’autres questions: allaitement, pas allaitement? la péridurale, quel impact sur les liens d’attachement maman/enfant? mes lectures se sont orientées vers des accouchements plus « naturels ». J’ai lu également avec beaucoup d’attention le livre d’Isabelle Brabant, « vivre sa grossesse et son accouchement, une naissance heureuse », qui m’a aidée à imaginer le déroulement d’un accouchement, les différentes phases pour le bébé, mais également le vécu de la maman. Mais pour autant, je ne me sentais pas prête à sauter le pas en accouchant ailleurs qu’à l’hôpital. J’ai cependant décidé de rédiger un projet de naissance, indiquant que je voulais essayer d’accoucher sans péridurale, et que je voulais le moins de gestes médicaux et invasifs possibles (épisio, …). Le rendez-vous avec l’anesthésiste peu de temps avec l’accouchement m’a bien refroidie, quand je lui ai dit que je voulais essayer sans péridurale:
« c’est votre premier?
– oui
– vous allez la demander en pleurant, votre péridurale! », regard méprisant à l’appui.
Premier enfant, je ne sais rien de ce qui m’attend, seulement ce que j’ai lu ou entendu. Je ne suis pas douillette, mais je ne connais pas mon seuil ultime de résistance à la douleur. Ces premières approches ne m’aident pas à avoir confiance en moi et en mon corps de femme.
Le jour J, le travail se déclenche assez soudainement. J’ai rapidement des contractions rapprochées. Pas angoissée, je n’avais pas complétement terminé ma valise. Avec mon compagnon, nous utilisons les gestes appris en haptonomie pour apprivoiser les contractions: c’est magique, dès que ses mains sont sur mon ventre, la douleur s’apaise. Il me faudra 3 heures pour finir ma valise et prendre un bain. Arrivés à la maternité, il est 3h du matin, pas un chat dans la salle d’attente, mais nous attendons ce qui me semble être une éternité d’être pris en charge. On nous installe dans un petit bureau, « votre carte vitale Madame? », des questions administratives, une prise de tension, une température. Je me tords de douleur sur ma chaise. Je ne sais pas quelle position pourrait me soulager, personne ne m’en propose, tout se passe comme si de rien n’était.
Nous passons en salle d’examen. Je suis dilatée à 5, c’est plutôt bon signe. Monitoring, allongée sur une table d’auscultation, c’est parti pour 30 mn. Les douleurs deviennent insoutenables, je ne sais pas comment me mettre. C’est à ce moment-là que je commence à perdre pied et à me laisser envahir par cette douleur. J’ai glissé mon projet de naissance dans mon dossier médical, les sages-femmes me disent l’avoir lu, mais je n’en sais pas plus. Ensuite, mes souvenirs deviennent flous. Je me souviens juste que j’ai mal. Je passe en salle de naissance, je suis accueillie par une sage-femme qui me propose un ballon, des draps suspendus: mais c’est trop tard, je ne contrôle plus rien, je ne gère plus rien, je demande à ce que cela cesse, je demande une péridurale, furieuse de donner raison à l’anesthésiste. La sage-femme me fait elle aussi une réflexion désagréable. Tant pis, je m’en fiche, j’ai trop mal. Je n’ai plus aucune notion du temps, l’anesthésiste de service arrive, s’y reprend à  3 fois pour poser la fameuse péridurale. Quand elle fait son effet, je suis épuisée, je m’endors. Peut-être mal positionnée, quand elle commence à s’estomper, j’appuie sur la pompe, mais rien ne se produit. J’ai de nouveau très mal. Un bon moment après nos appels répétés, une nouvelle dose m’est administrée. Ma fille naît à 10h30, je ne sens pas les contractions, je pousse quand on me dit de pousser. Je sens juste ses petits pieds. J’ai l’impression qu’elle bat des jambes dans mon ventre. L’effet de la péridurale s’atténue à nouveau: pas de chance, c’est à ce moment-là que j’ai droit à une petite séance de couture. Je n’ai pas eu d’épisio, conformément à mes souhaits, juste une petite déchirure. Du séjour en suites de couches, je garde un souvenir mitigé: des auxiliaires de puériculture pas toutes jeunes, mal à l’aise avec l’allaitement (auquel je tiens beaucoup). J’avais pris contact avec un groupe de maman allaitantes de mon secteur, mais je n’ai même pas le réflexe de les appeler: je suis complètement à côté de mes pompes. J’ai malgré tout réussi mon allaitement, mais sans l’aide du personnel sur place, et ma fille sera allaitée 3 mois exclusivement, 6 mois et demi en mixte (allaitement exclusif avec moi, biberon de lait artificiel quand elle est gardée).

Pour ma 2e fille, 3 ans plus tard, je choisis le même hôpital. Il n’est pas parfait, mais je le connais. J’ai trop la trouille d’un accouchement à domicile, la clinique est trop chère. On reprend le même, mais cette fois, je vais essayer de faire les choses différemment. J’ai compris de ma 1ère expérience que j’attendais véritablement d’être prise en charge, qu’on m’aiderait à gérer la douleur et à faire aboutir mon projet. J’ai compris que c’est dès la phase d’auscultation que j’ai perdu pied: j’essaierai de ne pas faire les mêmes erreurs, et on verra bien. Nous suivons également une préparation en haptonomie. La méthode Bonapace me séduit beaucoup, mais pas de sage-femme la propose dans mon secteur. J’achète donc des livres. Je potasse les positions qui soulagent, je relis plus que jamais le livre d’Isabelle Brabant, j’achète un ballon, je vais voir un homéopathe pour préparer l’accouchement. Cette fois-ci, je me tais: mon mari est d’accord pour m’accompagner dans l’accouchement sans péridurale – ce qu’il pense au début être une lubie – mais nous n’en parlons à personne autour de nous. Seul, le projet de naissance en fait mention.
Le jour J, l’équipe qui nous accueille nous dit qu’ils ont pris connaissance de mon projet de naissance, et me proposent tout de suite certains aménagements de la salle d’auscultation. Je leur demande un ballon, l’éclairage est au minimum. Je demande à avoir le monitoring semi-assise et je demande dans quelle mesure je peux bouger. JE suis encore peu dilatée, on me propose une promenade nocturne dans le jardin de l’hôpital. C’est là que je perdrai les eaux. En salle de naissance, nous sommes accueillis dans une salle dépouillée: là aussi, éclairage minimaliste, les appareils médicaux sont dans un coin et recouverts de draps. La sage-femme est douce, nous discutons des différentes options du matériel présent: le ballon est là, la table d’accouchement peut se transformer, on peut y accrocher des draps pour se suspendre… pour l’instant, je préfère le ballon, je gère bien les contractions, je respire. J’essaie d’écouter ce que me dit mon corps et j’essaie de trouver des positions qui me conviennent. Tout ce que j’ai pu lire pendant ma grossesse m’est très utile, je n’aurais pas eu l’idée moi-même de certaines positions. A un moment cependant, ça devient plus difficile, les contractions sont plus fortes et plus rapprochées. Je commence à envisager l’aide de la péridurale. A mon mari, qui m’a aidée et soutenue, mais qui me demande : « mais pourquoi tu tiens tant à accoucher sans péridurale? », je lui répond, tordue de douleur: « c’était pour fanfaronner! ». Un peu plus tard, c’est une évidence, il faut que je m’allonge. La table a le tiers inférieur démonté, mais qu’importe, je me couche sur le côté en chien de fusil. Les contractions sont très fortes, je ne suis plus en contact avec l’extérieur mais au plus profond de moi-même. J’émets des râles gutturaux, je supplie mon mari d’appeler pour avoir une péridurale. C’était, je pense, la phase de « désespérance », le moment où on perd pied. J’ai eu l’impression que j’allais mourir! La sage-femme, arrivée, m’accompagne, m’aide à reprendre mon souffle et le contrôle de la situation. Je sens la tête de ma fille s’engager dans le col, mais je n’arrive pas à le dire. Les contractions sont terribles et s’enchaînent sans répit. Tout ce qui me soulage, c’est de pousser très fort vers le bas. La sage-femme veut m’examiner, je suis toujours sur le côté et je ne veux pas bouger: elle m’examine ainsi et s’écrie: « mais elle est là, votre poulette, ne poussez pas, elle va arriver »!!! Petit moment de panique, elle appelle l’aide-soignante, elles s’habillent en vitesse, et je leur demande d’accoucher ainsi, en chien de fusil. J’avais émis le souhait, dans mon projet de naissance, de sortir moi-même mon bébé, mais la position que j’ai finalement choisie n’est pas très commode. Alors que la tête et l’épaule sont sorties, elle me propose de basculer sur le dos pour prendre mon bébé, mais je n’arrive pas à le faire; finalement, tant pis, je reste sur le côté et c’est la sage-femme qui me remet mon bébé. Comme la 1ère fois, une petite déchirure, et la séance de couture est quand même très douloureuse. Je garderai bébé sur mon buste, et lui offrirai une tétée de bienvenue.
Mon mari m’a vraiment soutenue et accompagnée, y compris physiquement: il ressort de cet accouchement complètement vidé, mais heureux!
Les suites de couches sont nettement plus satisfaisantes que la première fois. Fait des hormones ou expérience au 2e enfant? je ne sais pas, mais j’ai vraiment l’impression d’être « connectée » à mon bébé. L’allaitement se passe bien, je trouve moi-même des positions qui nous conviennent et le personnel est très bienveillant. A 2 jours, mon bébé perd un peu trop de poids mais je sais que ma montée de lait est imminente: j’ai l’aplomb de demander 24h de délai à la puéricultrice pour que mon bébé se « remplume » avant de le complémenter si besoin.
Pour ce bébé, j’ai appris de ma 1ère expérience, et j’ai mené mon projet jusqu’au bout. J’en suis très fière! J’ai allaité 5 mois exclusivement et jusqu’à 8 mois en mixte.
J’ai été confrontée à certains personnels médicaux plutôt misogynes, et très méprisants. Mais j’ai aussi eu la chance de rencontrer des sages-femmes à l’écoute et qui m’ont véritablement accompagnée.