Tag Archives: Hémorragie de la délivrance

Naissance de Y. – 2007 – Bas-Rhin

14 Nov

Aprés la naissance de mes 2 grands, et les mauvaises expériences d’accouchement, je suis assez échaudée et me renseigne un maximum sur les droits et devoirs des gynécologues et personnels soignants, sur le suivi de grossesse etc… Lorsque je tombe enceinte de notre 3° enfant, je sais comment je veux être suivie et comment je veux accoucher mais ce n’est malheureusement pas tout à fait possible sur mon département (charente) : pas de SF libérale, pas d’Accouchement A Domicile, pas de plateau technique… Je vais donc chez le seule gynéco du coin, qui se fâche rouge brique lorsque je refuse un Touché Vaginal (aprés une écho approfondie où il venait de mesurer le col et tout le tutti quanti). Je claque donc la porte et me retrouve à 5 mois de grossesse sans personne… Heureusement le centre de périnatalité de la PMI a une SF qui assure les consultations de grossesse, qui m’écoute, comprend mes craintes et mon désir d’avoir le moins d’examens possibles. Elle trouve cela tout à fait raisonnable et c’est avec plaisir que je continue le suivi avec elle.
Le jour où je dois accoucher, on doit aussi assister à un mariage, à 1000km de chez nous… Et pas moyen d’y couper ! Donc on se renseigne sur les possibilités d’accoucher là-bas dans le Bas Rhin. Le choix est vite fait : ma belle-soeur étant SF, elle nous propose de présenter notre dossier à son équipe, ce qui nous permettra d’être connus et d’être mieux acceptés et écoutés que des « gens qui débarquent sans qu’on ne sache rien d’eux ».
Le mariage se passe sans alerte, on reste jusqu’à 2h puis je vais coucher les enfants et moi par la même occasion. On est en plein été, il fait trés chaud et je n’en peux plus. Le lendemain, rdv à l’hopital pour vérifier que tout va bien (après tout, je suis en dépassement de terme !).
Cette fois, on s’est blindé, on a un projet de naissance qu’on veut absolument voir respecté, j’ai briefé mon mari sur quoi dire/quoi faire par rapport au personnel soignant etc… Mais l’équipe ouvre de grands yeux devant nos demandes… Ce qu’on a écrit (ne pas rompre la poche des eaux, nous soutenir plutôt que de nous proposer la péri, expliquer les gestes effectués) est tellement naturel pour l’équipe qu’ils n’arrivent pas à imaginer qu’il puisse en être autrement ailleurs.
Finalement, on doit se résoudre à un déclenchement à J+4 car, si on attend plus longtemps, il risque de ne plus rester assez de liquide amniotique pour que le bébé ne soit pas en souffrance lors d’un accouchement normal. Je rentre donc à l’hopital le soir, pour un déclenchement le matin. Les contractions arrivent assez vite, mais restent gérables. On me propose la salle nature, avec une grande baignoire, une écharpe, un ballon, lumière tamisée, etc… C’est un vrai plaisir que de rester dans un bain chaud pendant que les contractions s’amplifient. La SF qui me suit frappe et attend la réponse systématiquement avant de rentrer dans la salle, parle doucement, me propose les examens et si je refuse parce que je ne le sens pas, me propose simplement de revenir plus tard. On est complètement ébahis avec mon mari de voir un tel respect de la personne et de son ressenti.
Vers le milieu de l’aprés midi, je n’en peux plus, je perds pied, j’ai l’impression de ne plus rien gérer du tout, et lorsque la SF passe, je réclame la péri… Elle m’examine d’abord et me dit franchement « vous en êtes déjà à 8cm, c’est normal de perdre pied, ça serait dommage de prendre la péri maintenant, vous avez fait le plus gros du boulot sans. On va chercher un autre moyen de vous soulager pour que vous puissiez aller au bout de votre projet sans péri. Ca vous va ? » quoi ? on n’insiste pas ? on me dit que je fais bien ? Ca fait tellement de bien de se sentir soutenue par la SF que j’accepte sa proposition. On va donc passer aux massages, un peu de morphine aussi et c’est déjà le moment de pousser. « vous poussez comme vous le sentez, quand vous le voulez… oui c’est trés bien continuez. Bon, vous n’y arrivez plus ? alors reposez vous, respirez et après on repart. Voilà, super, allez encore un peu je vois sa tête déjà ». Mon bébé sort rapidement, sans déchirure, sans épisio, et avec les encouragements de la SF et de la puéricultrice (oui, il n’y a que 2 personnes dans la salle, alors que pour mes précédents accouchements, le minimum était de 5…).
Malgré une hémorragie de la délivrance (trés bien gérée par ailleurs, avec de nouveau beaucoup de respect de la part du personnel soignant), cela reste mon meilleur souvenir d’accouchement : enfin un moment où J’AI accouché, où le personnel soignant a été là pour m’aider et non pour me remplacer, où la confiance a régné entre l’équipe et nous.

1er accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/302-naissance-de-s-2003-gironde/
2e accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/naissance-de-t-2004-gironde/

#301 Anonyme – Doubs

14 Nov

Tout a commencé un lundi très tôt le matin, je perds les eaux lors de l’un de mes nombreux allers retours aux toilettes.
Voilà le top départ tant attendu après ces longs mois de grossesse…

Je réveille le futur papa et on monte dans la voiture. Je suis calme et confiante, je repense à mon projet de naissance qui a été ajouté au dossier il y a quelques jours, je mettais en avant mon besoin de savoir ce qu’il se passe médicalement et ma crainte d’être « exposée à demi nue » à trop de personnes.

Si les équipes font attention à ces deux points, pas de risque que je vive trop mal ce moment… je suis impatiente de découvrir ce qui m’attend et de voir enfin la bouille de notre fils !

Arrivée à la mat à 3h, on nous accueillent et nous installent en salle de pré travail. Vérification que la poche des eaux est bien percée, c’est bien ça. « Mme, votre travail devrait se lancer, vous aller accoucher ! »

Première contraction… dans le dos ?! On ne m’a jamais expliqué qu’on pouvait avoir des contractions dans le dos, ça fait terriblement mal. On me dit que ça arrive, sans plus d’explications, on m’explique que la péridurale pourra être mise en place qu’une fois un enregistrement continu de 15mn effectué. Pas de problème de mon côté, si c’est comme ça que ça fonctionne, c’est qu’il doit y avoir une bonne raison…

Pose du monito, ils n’arrivent pas à capter les contractions et perdent tout le temps le coeur de bébé, les élèves sage femme passent me le remettre deux puis trois fois en me disant à chaque fois « désolée Madame, ça retarde encore un peu la péridurale on a pas eu les 15mn complètes ».
Je commence à me demander si cette « règle » est vraiment nécessaire, les contractions me provoquent des douleurs que je ne supporte pas du tout, j’ai besoin que d’une chose… un anti douleur !

Je commence à demander quelque chose pour la douleur aux élèves sage femmes, en attendant la péri, je leur dit que j’en peut plus… Une sage femme diplômée prend le relais et décide de me passer en salle de travail.
L’équipe au complet débarque pour une tentative de mise en place de sonde « en interne » (lecture du mode d’emploi à l’appuis…) afin d’avoir un tracé correct, mon besoin d’intimité en prend un coup.
La nouvelle sonde ne portant pas ses fruits et le travail aillant bien avancé l’équipe décide d’appeler l’anesthésiste, il est 7h30 !

L’interne en anesthésie arrive rapidement, il me pique une fois… raté, deux fois… raté. La forte douleur d’une de mes contractions me fait me toucher le dos, l’anesthésiste s’énerve « Je vous ai dit de ne pas toucher ! A cause de vous je dois tout re désinfecter!! ».
Je m’excuse, troisième essai… encore raté.
L’interne appelle sa chef qui me piquera une quatrième puis une cinquième fois, la péri est enfin en place au bout d’une heure quinze à faire le dos rond avec les contractions !

Je suis épuisée, je demande au futur papa de quitter la pièce pour me reposer un peu. Je m’endors une heure.

Un peu avant 10h, on me réveille pour une vérification du col, je suis à 10 ! Je me dis ça y est c’est parti, il va falloir assurer…

La sage femme, elle, me dit qu’elle n’arrive pas a sentir comment est la tête de bébé, qu’elle va demander au médecin de faire une écho pour voir ce qu’il en est.
Elle s’en va, le futur papa et moi on se sent bêtes, je me rends compte qu’on ne m’a rien dit à ce sujet depuis notre arrivée, je commence à douter de ce que me dit ou cache l’équipe.

Après le contrôle échographique, le médecin me dit que le bébé n’est pas tout à faire dans la bonne position, on me dit que je vais devoir faire du ballon pour essayer de lui faire trouver la bonne position pour la sortie.
Là, je me transforme en « femme de cirque », me voilà entrain de faire du ballon sur la table d’accouchement parce que le protocole dit qu’avec la péridurale on n’a pas le droit de descendre de la table !!
Le futur papa trouve ça dangereux et essai de me sécuriser, moi j’essai de faire au mieux. On m’a dit que j’avais 2h30 pour le faire bouger (un protocole de plus…).

Contrôle au bout d’une heure, rien n’a bougé, au bout de deux, rien non plus. Au bout de 2h30 une sage femme entre et me dit « Essayez de pousser Mme ».
Comment ça ? Là comme ça ?? Sans poignées ? Sans étriers ??
« Oui, allez y poussez pour voir, c’est pour vérifier quelque chose ».
Je n’ai jamais poussé de ma vie, j’essai une poussée, sans doute très mauvaise…

La sage femme me dit alors « Nous allons aller dans une pièce plus grande pour avoir plus de place ».
Je comprend qu’on m’emmène au bloc et la confiance qu’il me restait en l’équipe vient de s’écrouler… « une salle plus grande! ».
Je me rends compte qu’on ne m’a toujours pas expliqué la complication en cours, je comprends que je ne saurai rien. Je me referme sur moi même et essai de penser qu’à notre fils qui doit arriver.

Arrivée au bloc, une dizaine de personnes entre pour assister à l’accouchement, j’ai l’impression d’être humiliée, je suis là les fesses à l’air devant tous ces inconnus… je ne comprends rien à ce qu’il se passe.

Maintenant tout s’enchaîne, on me demande de pousser sur la table du bloc (le dos à plat), on me dit de ne plus appuyer sur la péri, les douleurs reviennent, une sage femme m’écrase le ventre pour aider bébé à sortir, on me gronde parce que je ne pousse pas assez bien, puis on me dit l’inverse…
Le médecin de garde fait son entrée, il fait sortir la moitié des personnes présentes dans la pièce (merci Monsieur !), il refait une écho et me dit que mon bébé ne regarde pas dans le bon sens et qu’il est coincé au dessus de mon bassin.
Je me rend compte que je pousse depuis 45mn alors que mon fils est coincé, mes larmes coulent, le médecin monte la ventouse dans mon bassin et retourne bébé, je ressent un douleur horrible, j’explose ! (ils appellent ça une « ventouse d’insertion »)

On me réactive la péridurale et me demande une dernière fois de pousser, en 4 fois mon fils est dehors. Il est 13h12
Je ne le verrai pas, il part immédiatement dans les bras d’une puéricultrice pour être désencombré, je pleure, mon accouchement est raté.

Après une révision utérine accompagnée d’une hémorragie de la délivrance (pour couronner le tout), je ferai enfin connaissance avec mon fils 4 heures après mon accouchement.

Je comprendrai tous les « aléas » de mon accouchement une fois mon dossier médical en mains.

#288 Anonyme – Ile de France – février 2013

24 Sep

Mon petit garçon, C., je l’ai aimé dès que j’ai appris son existence. Il faut dire qu’il était désiré et qu’il s’est fait attendre 10 mois. C’était ma première grossesse. J’ai eu de la chance, elle s’est bien déroulée, je n’ai eu aucun problème particulier, hormis un placenta bas inséré qui m’a valu une frayeur et une visite aux urgences pour pertes de sang en début de grossesse. Heureusement, je n’ai aucun problème par la suite.
J’avais décidé d’accoucher à l’hôpital, probablement pour me rassurer et me dire qu’il y aurait tout ce qu’il faut en cas de problème pendant la naissance. Je savais donc à l’avance que ce n’était pas l’endroit le plus chaleureux du monde, mais je ne pensais pas que ça serait aussi médicalisé que cela. Je précise également que je vis en Ile de France et que les maternités sont débordées : deux établissements ont refusé que j’accouche chez eux car ils étaient déjà complets… pour l’hôpital où j’ai accouché, j’ai été en liste d’attente (!) avant d’être acceptée quelques semaines plus tard.

Mon fils a décidé de pointer le bout de son nez 2 semaines avant le terme. Je me suis réveillée à 5h30 avec une douleur dans le bas du ventre, puis une autre quelques minutes plus tard. J’avais suivi les cours de préparation à l’accouchement avec une sage-femme libérale, qui avait expliqué qu’une contraction durçit en général tout le ventre. Pour ma part, j’avais essentiellement mal dans le bas du ventre. Je ne me suis donc pas inquiétée plus que ça et ai essayé de me rendormir. Le papa est parti travailler (en voiture au cas où), mais à peine était-il arrivé à son travail que je l’ai appelé pour lui demander de revenir aussitôt : les contractions, toujours dans le bas du ventre, étaient toutes les 6 minutes! Plus de doute, la régularité était le signe qui m’a fait comprendre que c’était le grand jour. Le papa est revenu une heure plus tard, ce qui m’a permis de me préparer et de grignoter un peu (grand bien m’a pris, je n’ai eu le droit ni de boire ni de manger jusqu’au lendemain!) en l’attendant. Une fois arrivés à la maternité (aux urgences gynecologiques puisque c’est là qu’il fallait aller pour accoucher), j’ai annoncé à l’accueil que j’étais en train d’accoucher : « c’est-à-dire? » m’ a répondu sèchement la dame. Puis, après avoir pris mon nom, elle m’a dit d’aller patienter dans la salle d’attente. C’est ici que les femmes, quelque soit leur stade de grossesse, se croisent puisque ce sont les urgences. Il était 9h30. Nous avons patienter un moment (contractions toutes les 6 minutes, j’ai eu le temps de voir le temps passer), j’ai eu les prises de sang nécessaires, pipi dans le bocal et cie, quand enfin une sage-femme relativement froide m’a examiné pour me dire que oui effectivement j’accouchais mais que « la journée serait longue » (col à 1 cm). Et qu’il fallait que j’aille en salle de naissance directement. Je gardais en mémoire les séances de préparation à l’accouchement avec le ballon, la respiration mais je n’ai eu le temps de rien faire de tout cela : on m’a demandé de m’allonger de suite sur le dos, et de ne plus bouger! Je précise qu’à ce moment là le papa avait été envoyé au bureau d’accueil pour l’inscription et que je suis restée seule un moment en me demandant ce que je faisais là…
Finalement le papa m’a retrouvée, on m’a demandé si je voulais la péridurale de suite ; je me suis dit « pourquoi pas, autant éviter de souffrir dès maintenant puisque ça va etre long ». L’anesthésiste est arrivée, elle m’a posée la péridurale mais j’ai de suite senti des sensations étranges dans le haut du dos, comme des picotements. Je lui en fait part, elle m’a dit que ça devait être le scotch dans le dos qui me tirait la peau! Je n’ai pas osé la contrarié, elle a changé le scotch et m’en a mis un autre. Evidemment, ça n’a rien changé mais ai patiemment attendu que la péridurale fasse effet. Je ne savais pas comment ça fonctionnait, j’ai demandé combien de fois il fallait appuyer sur le bouton pour avoir moins mal, la seule réponse a été : « c’est vous qui voyez ». Je me suis demandée si je n’étais pas une sacrée chochotte car j’avais beau appuyer et rien ne se passait : je souffrais toujours. A un moment je me suis acharnée sur le bouton, rien non plus. J’ai continué d’attendre…

La sage-femme qui m’avait examinée venait me voir toutes les 2h, examinait mon col et repartait aussitot. J’avais bien compris qu’il ne fallait pas trop poser de questions, qu’elle était pressée et débordée. Je n’étais pas la seule à accoucher ce jour là m’avait on précisé le matin.
Vers 13h, elle a percé la poche des eaux, sans me demander mon avis d’ailleurs. Elle est arrivée, a percé la poche et est repartie aussitôt. Le papa était parti manger un morceau, j’étais donc seule à nouveau quand les contractions sont devenues presque insupportables. Elle ne m’avait pas averti que le fait de percer la poches des eaux augmentait les douleurs, remarque j’étais censée être sous péridurale…. quand le papa est enfin revenu, je lui ai demandé, pliée en 2, d’aller chercher quelqu’un car ce n’était pas normal que je souffre ainsi sous péridurale! Une aide soignante est vite arrivée, a appelé l’anesthésiste qui m’a dit « je ne comprends pas, je l’ai bien posé » mais a quand même recommencé… et là j’ai senti la différence! 3 pressions sur le bouton suffisent amplement… L’après midi s’est déroulé tranquillement, je n’avais plus mal, d’ailleurs je ne ressentais plus rien! Vers 17h30, la sage-femme est revenue accompagnée de 2 autres personnes (très gentilles, je tiens à le préciser) qui m’ont expliqué que c’était « le » moment, celui de la poussée.
Sur le dos, j’ai poussé comme j’ai pu pendant une demi-heure mais visiblement ça n’a pas suffit, car épuisée et ne sentant aucune sensation, mon bébé restait bloqué près de la sortie.
Respectant le protocole m’ont-elles dit, elles ont appelé du monde à la rescousse (je ne saurais dire ni qui ni combien) et m’ont dit qu’il fallait aidé le bébé à sortir sinon c’était dangereux pour lui. Ils ont pris la ventouse, sans me demander mon avis ni celui du papa, et sorti ainsi mon petit garçon. On me l’a mis sur le ventre, et une personne a faire sortir pendant ce temps là le placenta. A vrai dire comme je ne ressentais rien et que j’étais en train d’admirer et de découvrir mon bébé, je les ai laissé faire sans broncher. J’ai quand même vu qu’ils se mettaient à plusieurs et qu’il y avait beaucoup de sang… et cela m’a semblé long. Je sais que j’ai eu une épisiotomie (et une déchirure mais ça je l’ai appris plus tard). Et que justement pendant que l’on me recousait, la personne s’est coupé avec l’aiguille et m’a demandé si ça ne me dérangeait pas que l’on me prélève encore du sang de suite pour savoir si je n’avais pas le HIV, hépatite et cie! J’ai accepté, mais commençais à en avoir assez que l’on me prélève du sang ou que l’on m’injecte des tas de produits.

Puis, un instant plus tard je me suis sentie mal. Moi qui n’ai pas l’habitude de faire des malaises, je me suis sentie partir, envie de vomir. Juste le temps de leur dire, le papa a pris notre bébé, et le personnel hospitalier s’est affairé autour de moi. On m’a injecté des tas de produits, dont on ne m’a pas dit l’utilité, qui ont fait effet car je me suis sentie un peu mieux.
Finalement, la sage-femme m’a dit que je perdais beaucoup de sang (sans me dire pour quelle raison), qu’ils m’avaient mis dans le vagin une sorte de « broche » (je ne me souviens plus du terme exact) pour aspirer le sang et éviter que ça continue de couler, et qu’il fallait surveiller d’ici 15 minutes. Et que si ça continuait de couler autant, il fallait réouvrir et refaire une épisiotomie après! Et que du coup il valait mieux me refaire à nouveau une péridurale pour ne pas que je souffre au cas où il faille intervenir. En fait, ils ont hésité car ça n’était pas sûr qu’il faille faire quelques chose (15 minutes à attendre pour le savoir) mais comme l’anesthésiste de garde était dans la pièce et qu’il partait après il fallait profiter de sa présence! (c’est ce qu’ils se disaient entre eux) Ils ont discuté ainsi devant moi, sans me demander mon avis une nouvelle fois. Quant au papa, pas curieux pour 2 sous, lui n’a posé aucune question. Ils m’ont donc refait une péridurale et là ça a été tellement fort que je n’ai plus senti mes jambes! Impossible de les bouger! Je leur ai dit, paniquée, l’anesthésiste m’a répondu que ça allait passer d’ici quelques heures! Finalement ça a été fait pour rien, car la perte de sang était moindre.
Et puis j’ai eu une seconde perte de connaissance : rebelotte, on m’a injecté à nouveau des produits.

J’ai pu enfin monter dans ma chambre vers minuit après avoir récupéré la sensation dans mes jambes (vu ce que j’avais vécu on m’a gentiment attribué une chambre seule), avec mon bébé. J’étais très affaiblie, mais heureuse d’avoir mon bébé avec moi. Seulement, comme mon état ne s’améliorait pas le lendemain, que j’avais des vertiges et étais très faible, j’ai eu droit d’abord à une perfusion de fer puis, comme il n’y avait pas d’amélioration, à une transfusion de 2 poches de sang. Sans compter les piqures et les prises de sang plusieurs fois par jour, à chaque fois faites par des personnes, si gentilles soient-elles, différentes.
Et surtout impossible de savoir ce que j’ai eu, le pourquoi de tout cela. C’est seulement à ma sortie, 4 jours plus tard, que la sage-femme libérale qui m’avait suivie pendant ma grossesse, à la lecture de mon dossier m’a expliqué ce que j’avais vécu : une hémorragie de la délivrance.

Si j’ai le bonheur d’avoir un jour un second enfant, je ne ferai pas du tout les mêmes choix : je me tournerai vers une structure plus « humaine » où l’on n’est pas juste un numéro de chambre ou de dossier et où l’on informe le patient. Car même si j’ai été bien soignée et qu’au final mon bébé et moi-même sommes en bonne santé, je ne garde pas un bon souvenir de mon accouchement. J’ai le sentiment désagréable d’avoir été dépossédée de ce qui aurait du être un moment incroyable, de ne pas avoir accompagnée mon fils dans sa naissance. C’est mon grand regret.

#259 Charlotte – Charente – avril 2010

20 Avr

Alors, le 1er avril il y a 3 ans a été le début d’une série de 4 jours dans la souffrance.
Je me réveille ce jour là à 5 h du matin avec des contractions douloureuses, je me lève, me fait une tisane, retourne essayer de dormir.
Dans la journée, les contractions augmentent en intensité et en nombre. Inquiète car étant enceinte de mon premier enfant et habitant à 3/4 d’heure de la clinique, j’appelle le service des sages femme. On me répond « Ne vous inquiétez pas, tant que vous pouvez parler, c’est que ce n’est pas ça. Vous ne serez plus capable de prononcer un mot quand les vraies contractions seront là! » Moi qui n’étais déjà pas rassurée (mère seule avec une séparation compliquée pendant la grossesse en plus de la peur qu’évoque l’inconnu d’un premier accouchement), ben là j’avais réellement les pétoches!
Dans la journée, les contractions augmentent et reviennent toutes les 12 minutes, ma mère m’emmène donc à la maternité. On m’ausculte, on me donne un suppo de salbumol.
Nuit horrible, des contractions qui se rapprochent et s’intensifient encore malgré le suppo.
Le lendemain, j’en ai toutes les 7 minutes, j’appelle et on me dit « Ben franchement, vous pouvez venir mais je vous pas ce qu’on va faire pour vous! »
J’y vais donc, on m’ausculte, on me garde la nuit en me faisant des injections de salbumol en me disant que c’est du faux travail, qu’il faut le stopper. Le lendemain on me faire sortir avec, encore une fois des suppo. Le gyneco me dit que s’ils n’agissent pas, c’est qu’il s’agit de vraies contractions.
Je rentre donc, les contractions reprennent encore plus intensément. Les suppo ne font rien, j’appelle la clinique, on me dit de prendre du spasfon et de m’asseoir dans la douche o.O
Je le fais sans résultat.
Le soir, les contractions sont espacées de moins de 5 minutes, sans appeler la maternité avant, ma mère m’y conduit donc. La sage femme m’accueille en me disant « Vous savez, vous n’êtes pas malade, vous êtes juste enceinte! Et puis un accouchement ça se fait dans la souffrance alors autant vous y faire tout de suite! » (tout ça non pas dans l’humour mais avec une forte agressivité).
Elle m’ausculte, va demander conseil au gynéco et revient en me disant « Bon ben on vous garde, vous êtes contente? »
Je passe une nuit horrible, je souffre. Durant la nuit, à deux reprises on me fait une injection de morphine. J’ai pas de chance, quelle idée d’accoucher le weekend de Pâques franchement!
Tôt le matin, on me branche sous monitoring en me demandant de ne pas bouger. Personne ne me donne de conseils sur les positions à adopter pour aider mon bébé à descendre.
Le matin on appelle le gynéco, il arrive en fin de matinée, à ce moment là je m’évanouis entre les contractions tellement la douleur est devenue insupportable! Je perds les eaux, elles sont brunes! Là on se décide à appeler l’anesthésiste pour me faire une péridurale.
On m’emmène en salle d’accouchement, à chaque fois que la sage femme m’ausculte, le gynéco le fait aussi, il ne semble pas faire confiance à cette professionnelle!
Mon col reste à 6cm, ne se dilate pas davantage. Le gynéco m’annonce « on vous emmène au bloc, on vous fait une césarienne » de façon froide. Je suis complètement paniquée, la fatigue, la douleur, le stress, tout ça n’a jamais été pris en compte par le personnel. Je craque, je demande si ma mère peut m’accompagner, j’ai très peur. On me répond simplement « non ». Je demande si j’aurai mon enfant tout de suite étant donné que je l’allaite. On me répond que je devrai attendre deux heures. Je demande alors que ma mère puisse s’en occuper pendant ce laps de temps, la sage femme me dit que ce sera le cas.
A la fin de la césarienne on me dit que tout s’est bien passé, or j’apprends deux jours après que j’ai fait une hémorragie!!!
A ma sortie du bloc, je demande à parler à ma mère au téléphone, on me dit qu’elle est partie alors que ce n’est pas vrai!
Quand je remonte, j’apprends qu’on a refusé à ma mère qu’elle prenne mon fils alors que j’en avais fait la demande!!! C’est mon fils merde!!!! Il est resté seul dans une couveuse pendant deux heures, ça n’a pas suffit qu’on le sorte de mon ventre sans que ça vienne de nous deux, qu’il n’ai pas pu bénéficier aussitôt du lait de sa mère, on lui refuse tout contact humain alors que sa maman l’avait expressément demandé!
Voilà, je pourrait aussi parler de la suite de mon séjour dans cette maternité, de l’équipe de nuit qui n’était pas du tout à mon écoute, mais je n’en finirais pas. Heureusement, j’ai le petit garçon le plus mignon du monde mais je garde un souvenir amer de cet accouchement qui est le seul que j’ai pu vivre. Je n’arrive même pas à dire que j’ai accouché, pour moi, on a sorti mon bébé de mon ventre, on ne m’a pas permis d’être actrice de cet accouchement, à aucun instant.

Charlotte G, Charente (16)

#258 Anonyme – Février 2013 – Meuse

20 Avr

 Nous voila fin février 2013, le grand jour approche à grands pas, on est la veille du terme !

Après une grossesse qui s’est globalement bien passée, et n’ayant ressenti aucune contraction pendant la grossesse, je me languis que notre petit bout décide de pointer le bout de son nez!!!

Les pronostics vont bon train !!

Nous voilà le 25 février, à 1h du matin je vais aux toilettes, et je ressens quelque chose de bizarre, ça coule !!! Aucun doute, je perds les eaux (moi qui avais peur de ne pas m’en rendre compte !!! )

A ce moment là je me dis ça y est le travail a commencé, c’est le grand jour, je ne serai pas déclenchée ! (car j’avais peur d’un déclenchement si je dépassais le terme ! A ce moment là je pensais vraiment que la possibilité d’un déclenchement était exclue, je me trompais)

J’appelle la maternité pour les prévenir!  On se prépare et nous partons pour la maternité qui est à 45 minutes de notre domicile, et nous voilà partis !!

Le trajet se passe bien, aucune contraction douloureuse !

Nous arrivons là-bas, nous sommes de suite pris en charge par une sage-femme, elle m’examine et me met sous monitoring ! Le col est à peine ouvert et toujours postérieur, mais il y a des contractions non douloureuses certes mais elles sont là !

On nous emmène à ma chambre et nous laisse nous reposer !!

Quelques heures après, on revient m’examiner et nous refaisons un monitoring ! Le monitoring indique que bébé va bien et qu’il y a des contractions, de plus le liquide est clair, donc on nous dit qu’on laisse le travail se déclencher naturellement !!!

Toute la journée on nous laisse tranquille, j’en profite pour me reposer, vu que j’avais quasiment pas dormi la veille !

Dans l’après-midi, je vois les regards des aides-soignantes et autres, qui me regardent me reposer d’un air un peu étonné !!! Arrivé le soir, on me réexamine, col ouvert à peine à 1 !!! Les contractions ne sont pas efficaces du tout et toujours très peu douloureuses je l’avoue !

On me dit on vous ausculte demain et on verra à ce moment là, on laisse encore les choses se faire naturellement.

Pour cette première journée, où tous mes proches y croyaient, moi arrivée à la mi-journée je me rends compte moi-même que ce n’était pas pour aujourd’hui ! J’ai demandé au personnel soignant combien de temps ils attendaient après une perte des eaux, ils me disent grand maxi 2 à 3 jours ! Donc j’ai été un peu informée à ce moment là qu’il pouvait y avoir un déclenchement, moi qui en avais peur, je me dis ce lundi soir qu’il se peut que je n’aie pas le choix ! Alors je me dis on verra demain matin !

Le mardi matin arrive, on m’examine, ouvert d’un petit doigt à peine !

Le travail n’avance pas, la sage-femme me dit qu’ils vont parler de ma situation en réunion le matin avec le chef de service car cela fait déjà une journée révolue, et le travail ne se lance pas !

Elle revient quelques temps après leur réunion, et m’explique que là il va falloir penser au déclenchement, et qu’on va me poser un gel pour faire ouvrir le col et donc accentuer les contractions !!! (Ma sœur, lors de son premier accouchement, a été déclenchée au gel pendant plusieurs jours après terme, donc je savais à ce moment là que ça serait douloureux, mais j’espérais que ça enclencherait le travail)

Vers 9h, on me pose le gel, une demi heure après les contractions sont régulières toutes les 5 minutes et douloureuses ! On pense avec mon copain que c’est enfin le grand jour ! On me réexamine et m’explique que suivant l’état du col, on risque peut-être de me remettre du gel l’après-midi, et là on me dit ouvert à un doigt donc on ne remet pas de gel, et on laisse les contractions faire leur travail ! On me dit de marcher, de bouger pour aider le col à s’ouvrir !

Je me repose à peine, mange à peine le midi car les contractions sont vraiment douloureuses, je marche dans la maternité, les escaliers, dans la cour, je fais du ballon etc…. On me propose un bain de balnéo pour me soulager et me détendre, et aider aussi le travail !

Pendant une heure et demi je reste dans le bain, ça fait du bien, les contractions sont toujours là, mais ça me détend un peu ! Ensuite examen, col ouvert à 2 serré !!!! Je n’en reviens pas, toute cette douleur pour ce résultat !! Enfin c’est comme cela !

La sage-femme aimerait me déclencher l’accouchement par la perf à ce moment là, mais il faut attendre d’être ouvert à 4 pour avoir droit à la péridurale, elle demande quand même à l’anesthésiste, il ne veut pas car je ne suis qu’à 2 !

Donc la sage femme m’explique que l’on me programme le lendemain matin un déclenchement à la perf à 6h, car ça fera deux jours révolus le lendemain !

Là j’ai peur de souffrir encore plus le lendemain, mais c’est vrai que rien ne va comme il faut ! On me propose une piqûre de morphine pour m’aider à me reposer la nuit, j’accepte ! On me propose quand même mon repas du soir, j e n’ai vraiment pas faim, j’ai trop mal et souhaite juste me reposer,on me fait la piqûre et quelques minutes plus tard, c’est magique,l a douleur diminue je me sens bien, et arrive à dormir et me repose !

Mercredi matin, on me fait descendre en salle de travail pour le déclenchement à la perf, la sage femme m’examine, elle me dit 2 doigts larges !! A ce moment là elle me voit désespérée,et me dit, non c’est bien, c’est quasiment 3 !!

On met la perf et à 4 on appellera l’anesthésiste pour la péridurale !

Le déclenchement est déclenché à 6h envion, une heure après je suis à 4, donc on appelle l’anesthésiste et à 7h péri posée !! OUF !!! La péri fait effet je me sens super bien ! Jusqu’à 10h elle fait bien effet, ensuite elle ne fait plus effet entièrement malgré qu’on me réinjecte une dose ! Je sens mon bébé descendre dans mon bassin et les contractions ! De 10 à 12H, je passe de 7 à dilatation complète,12h on commence les poussées.

Là commencent un peu les complications, je pousse comme je peux mais je n’y arrive pas, on insiste, c’est pas simple pour moi ! On m’appuie sur le ventre pour m’aider mais rien n’y fait.

Ensuite la sage femme me dit qu’elle va etre obligee de pratiquer une épisiotomie (je précise qu’on en avait parlé quelques heures avant la dilatation complète,et qu’elle n’était pas pour les épisiotomies systématiques) sinon il faudra appeler le gynécologue et ce sera ventouse ou forceps !

Donc j’accepte car je sens bien que mes poussées ne sont pas efficaces ! Donc épisiotomie, et là miracle les poussées sont efficaces ! Mon bébé arrive on me le met sur moi ! Je le contemple, suis émerveillée et émue de voir ce petit être sur moi ! Ca y est mon fils est là !

On me dit de pousser pour le placenta, je pousse il sort tout est là ! Elle recoud.

Ensuite mon bébé ne pleure pas il geint, donc on nous explique qu’ils appellent le pédiatre car ce n’est pas normal que le bébé gémisse mais qu’il ne faut pas nous inquiéter ! Ils disent à mon compagnon d’aller dans la salle à côté faire du peau à peau avec le petit en attendant le pédiatre !

 Commencent pour moi les complications, je saigne, la sage-femme cherche d’où cela vient, elle appelle le gynéco, il cherche et découd (là je me dis c’est pas vrai, logique on aime déjà pas cela donc c’est pas top) il cherche puis ça saigne encore au col, donc il recoud, ça saigne toujours ! Ils ont trouvé d’où ca vient, mon utérus est atone, il  ne repart pas comme il le devrait!

Là commence ma torture (comme moi je l’ai ressentie dû à la douleur). Le gynécologue me fait ce que l’on appelle un massage de l’utérus, autrement dit, il appuie dessus pour essayer de le faire repartir ! C’est très douloureux, au début je supporte même si je crie ! Mais au bout de quelques minutes je n’en peux plus, hurle, c’est insuportable, j’ai l’impression qu’on est en train d’aller dans mes entrailles ! On m’a expliqué pendant ce qu’il faisait et pourquoi, et surtout je voyais leurs visages à tous, la sage-femme le gynécologue et le personnel présent, ils étaient pâles, et je voyais leur tête quand je hurlais, je voyais l’empathie sur leur visages !

La sage-femme demande au gynécologue d’arrêter, elle appelle l’anesthésiste elle me propose une anesthésie générale pour ma douleur, car ils doivent continuer le massage, mais ma tolérance à la douleur étant descendue à zéro, et la péridurale ne faisant plus effet, j’accepte ! L’anesthésiste arrive au bout de quelques secondes, on m’explique ce qu’on va me faire, et on m’endort !

Environ deux heures après, je me réveille toujours dans la salle de travail, je suis emmitouflée sous une couverture avec du chauffage, mon compagnon est redescendu, il ne savait pas ce qu’il m’arrivait, car il était monté avec le pédiatre et le petit en néo-nat ! Il a eu très peur de me voir comme cela !!

En fait je venais de faire ce que l’on appelle une hémorragie post-partum ! On m’a transfusé 2 poches de sang et 2 poches de plasma, j’ai perdu 800 ml donc une hémorragie modérée ! On m’explique que je reste sous surveillance, si tout va bien, on me remontera dans ma chambre en fin de journée ! Mon compagnon reste avec moi, nous demandons s’il peut rester avec moi dans la chambre et demandons un lit d’appoint ! La sage-femme nous dit pas de souci, elle va faire le nécessaire !

Fin de soirée, je remonte enfin, on m’emmène voir mon fils en néo-nat avant, je le vois mon bébé de 3kG700 dans une couveuse, ça me fait bizarre, je suis heureuse et inquiète en même temps !

Il a eu la tête en pain de sucre car il est resté trop longtemps dans mon bassin, et il a avalé du liquide juste avant de sortir, et venait de faire le méconium ! Donc il a une sonde gastrique ! On nous explique qu’il restera en néo-nat pour l’instant ! Nous redescendons dans ma chambre, et là surprise je ne vois pas de lit d’appoint ! Apparemment la sage-femme d’en bas n’a jamais fait la demande, car là le personnel va regarder s’ils en ont, et les trois qu’ils avaient ont été donnés à d’autres ! La première déception, mon compagnon dormira sur le fauteuil ! La sage femme à ce moment là insiste, et elle insistera au moins encore deux fois dans la nuit, en disant « Votre compagnon serait mieux chez vous que dans le fauteuil, il devrait rentrer, j’ai beau lui expliquer qu’il est tard et que nous habitons a 45 minutes, qu’il serait imprudent, elle insiste « gentiment » .

Mon compagnon reste, il ne vas pas rentre faire de la route  a 2H du matin, alors qu’il a eu très peur pour moi !!! A ce moment là, je suis étonnée et déçue de cette personne !

 Pour les suites de couches, le séjour s’est globalement bien passé, juste j’ai accouché le mercredi et n’ai récupéré mon bébé avec moi dans la chambre que le lundi suivant, ensuite le mercredi nous sortions ! Suite a l’hémorragie, je n’ai pas eu de souci ! Pour mon petit on passe deux échos des transfontanelles, apparemment rien de grave mais à surveiller !

Le séjour s’est bien passé, on surveillait régulièrement mon état et tout allait bien !

Je ne peux pas dire que mon accouchement s’est passé comme je l’aurais souhaité, loin de là !Ce n’est pas la faute de l’équipe, ce sont les circonstances qui ont fait que cela s’est passé ainsi ! Pendant cette hémorragie je me suis sentie en confiance avec l’équipe, je ressentais dès le début que la sage-femme réagissait très rapidement ! L’équipe a donc bien réagi par rapport a mon hémorragie et pour mon bébé aussi !

Donc on m’a respectée pendant mon accouchement, malgré l’hyper-médicalisation,laquelle je ne souhaitais pas bien entendu ! Mais après une perte des eaux, si le travail ne s’enclenche pas, on ne peux laisser comme cela, ce que j’ai vite compris.

Après hémorragie, une sage femme est venue pendant plus d’une heure dans ma chambre pour que l’on revoie ensemble le déroulement de l’accouchement ! Ça m’a fait énormément de bien de pouvoir revivre ce déroulement avec elle, elle avait mon dossier sous les yeux et moi aussi ! Quand j’ai demandé s’il y avait une raison à cette hémorragie, elle m’a effectivement dit qu’il n’y avait pas toujours de raison, cela pouvait être dû à la longueur du travail ou autre, on ne pouvait vraiment savoir ! Donc je me dis bien sûr que hémorragie est peut être arrivée dûe au déclenchement mais dans le cas de figure où j’avais perdu les eaux, il était difficile de laisser trop longtemps comme cela !!!

#241 Carmen – Lorraine – 2012

13 Mar

Une grossesse sous haute surveillance car MAP à 26sa et début de pré éclampsie, ils ont réussi à la maintenir jusqu’au 21 janvier 2012..
Ce fameux 21, grosses douleurs aux jambes, à l’estomac et à la tête, je file à la mat pour un contrôle (conseil d’une copinaute).
J’arrive là haut vers 13h ils m’annoncent qu’ils me gardent car j’ai des contractions (que je ne ressens absolument pas), de la tension (15) et des albumines, protéines dans les urines! Les résultats sanguins tombent le dimanche 22, je fais une pré éclampsie !!!
Le gygy décide alors de me déclencher! Je mange mon repas de midi, une sf vient me chercher à 16h pour aller en salle de naissance pour me posé le petit tampon miracle ! J’étais tellement heureuse que je ne tenais pas en place, j’avais les larmes aux yeux de savoir que d’ici 48h maximum mon petit bout serait dans mes bras !
16h30 les contractions commencent, je ressens mon ventre se durcir mais aucune douleur, elles sont régulières, toutes les 10min. A 20h mon homme rentre et me dit de me reposer. 22h impossible de dormir j’ai tellement mal, j’appelle la SF elle m’ausculte, je suis ouverte à 2 doigt large , déception, elle me dit de rappeler si vraiment j’ai trop mal !
4h du matin je n’en peux vraiment plus j’ai quand même pu dormir un peu ! J’appelle et là elle m’annonce que je suis à 4/5 cm!!
Hop douche, préparation des habits du petit (je ne pensais pas accoucher dans la nuit alors je n’avais rien préparé lol) et direction la salle de naissance toute en marchant !
Arrivée en salle on m’annonce que l’anesthésiste aller venir, ouf 5h30 il me pose la péri.
6h mon homme est là je suis crevée mais on rigole. 7h30 la péri ne marche plus! J’appelle la SF qui appelle l’anesth, il revient et me crie dessus car le cathétère était ressorti ..Il me la repose, elle fonctionne 30 min et ne fait plus effet :s !
9h la SF m’ausculte je suis à 7/8cm ! Elle me dit que c’est pour bientôt ouf sa me permets d’essayer de gérer ces contractions à plus de 100 qui durent plus d’une minute !!!
J’ai trop mal tellement mal je hurle !
Une aide soignante vient dans la salle et me dit que je suis folle de crier comme ça que je ne suis pas la première à accouchée que je fais peur à toute la mat! Je lui gueule dessus je lui dis de dégager sinon elle reçoit la bombe d’eau dans la tronche lol!
12h la sf revient m’ausculter toujours à 7/8cm je n’en peux plus et guillaume est mal placé, rien ne marche, elle met ses mains, essaie de le retourner, j’hurle ça ne marche pas !
Son coeur descend à 60 il faut faire une césarienne vite !!
On me prépare je pleure, c’est une réelle déception !
L’anesth revient me faire la rachi, elle ne fonctionne encore pas ! Je sens tout! Je sens lorsqu’on me met le glaçon, je sens quand on me pince.
Le gygy ne me croit pas et de toute façon ils n’ont plus le temps ! J’hurle et je tombe dans les pompes, je ne vois pas mon fils, je comprends rien j’ai mal ! Ils m’endorment pour recoudre et me mettent en salle de réveil ! J’ai mal tellement mal au ventre, je n’arrive pas à bouger, j’essaie de parler, je n’arrive pas ! Une sf vient me voir et là elle s’aperçoit que je fais une hémorragie, elle m’appuie sur le ventre toutes les 5/10 min, je perds beaucoup trop alors je reste en salle de réveil jusqu’au lendemain matin!
Ca m’a valut 3 mois de rétablissement :s et 11 jours à la mat ! 3 culots de sang transfusé et une ré-opération de la cicatrice car 3 hématomes non résorbés :s !
Malgré cet accouchement horrible je suis fière d’être maman ! J’ai souffert pour mettre au monde une pure merveille Guillaume le 23/01/2012 à 13h02

#237 Anonyme

7 Mar
Voici l’accouchement de mon 2eme enfant :Le 24 vers 2h30 je me réveille en sursaut en sentant du liquide jaillir entre mes jambes, je pense avoir perdu les eaux, je cours à la salle de bain, allume la lumière et là horreur je découvre en fait du sang!
Zhom s’est réveillé je lui demande mon portable, j’appelle ma SF (j’avais prévu un AAD) complètement paniquée, elle m’explique que c’est sans doute le col qui saigne ce n’est pas forcement grave, si ça s’arrête de couler je peux me recoucher. Sauf que ça ne s’arrête pas et j’ai vraiment peur donc je décide de partir a la mater la + proche, celle où n°1 est né.
J’appelle ma mère pour la prévenir et on dépose n°1 chez elle qui habite sur le chemin de la mater.Vers 3h30 on est aux urgences, accueillis par une nana super charmante qui m’aurait laissée crever à la porte parce que j’ai pas de dossier! Super ça commence bien moi qui déteste les hôpitaux!
Une sage-femme va m’installer et appeler un interne pour me faire une écho, les saignements viennent peut être du col mais il n’est même pas sûr. Je suis dilatée à 2 doigts larges et j’ai des contractions régulières mais pas vraiment douloureuses, on me passe en salle de travail pour voir comment ça évolue.

Une demie heure plus tard j’ai une horrible sensation sur le rectum, je fais appeler la sage femme, c’est normal c’est bébé qui descend, toujours à 2 doigts larges.
Encore 30min plus tard je douille sévère je fais rappeler la sage femme : vous êtes à 8!!! a ben tu m’étonnes que je douille!
On passe en salle de naissance, la SF me propose de percer la poche pour aller encore + vite, niet!, les contractions sont vraiment intenses je m’accroche à zhom et je me surprends à faire des cris aigus qui font du bien!
Je commence à avoir envie de pousser, et paf pendant une contrax la poche explose.
La SF arrive pour commencer a pousser, c’est là que ça se corse, j’y arrive pas, elle m’aide pas elle préfère me dire que je suis nulle pour pas y arriver sans péri!

Après plusieurs poussées ils m’annoncent que la petite a le visage en 1er et est donc coincée. Je suis épuisé, on me pose une spatule, sans péri j’ai douillé mais j’ai senti ma puce passer c’est juste magnifique!

Ça y est 6h32 est là elle pèse 3kg350 et mesure 50,5cm. Je vais l’avoir seulement 2 secondes sur le ventre car l’hémorragie viens apparemment du placenta, il a 15min chrono pour sortir, ce qui ne va bien évidement pas arriver donc anesthésie générale et révision utérine.
Heureusement j’ai dormi a peine 3/4 d’heure, à mon réveil on m’a redonné direct la puce. J’ai dû rester 8h en surveillance en salle de travail (mon dieu que c’est long!) mais la puce a pu rester contre moi tout le temps.
Dès mon retour en chambre j’étais en forme et j’ai pu me lever, la miss allais très bien mis a part des petits vaisseaux éclatés sur son visage, elle n’a pas eu le droit de prendre le sein tout de suite a cause de l’anesthésie mais heureusement ça n’a pas posé de problème pour prendre le sein ensuite.
J’ai demandé une sortie anticipée, me voila donc rentré tranquille a la maison au bout de 2 jours!

# 236 Anonyme – 1er accouchement – Val de Marne

7 Mar

Récit de mon 1er accouchement, avec du recul :

Ma DPA était au 25, mais cela faisait 1 mois que je n’en pouvais plus d’etre enceinte, mon bébé était annoncé à un poids supérieur à 4kg confirmé par 2 échographies et ma SF libérale, mais la maternité ne souhaitais pas donner un coup de pouce à la nature pour avancer l’accouchement.
Pas une seule contraction à mon actif… jusqu’au 20 au soir où elles ont commencés très légèrement.
Le 21 au matin c’était très régulier mais pas du tout douloureux, n’étant pas véhiculée j’ai profité que quelqu’un pouvais me conduire pour aller à la maternité tout de suite.

Arrivé sur place monito, touché, mon col n’est pas ouvert. On me garde pour voir si ca bouge, après plusieurs heures ça ne s’ouvre pas et les contractions diminuent.
Ma mère habitant a 2 pas de la maternité je vais chez elle avec le papa. Nous faisons un calin pour booster la nature, allons chercher un fast food, puis restons devans la TV. Les contractions sont revenues elles sont toutes les 7 minutes mais la mater m’a dis de revenir à 5 min… J’en ai marre ça persiste à 7min j’y retourne.

Monito, touché, je suis a 2 doigts et les contractions sont bien là. Au bout d’un moment comme ça n’avance pas une SF me propose de passer en salle de travail avec une perfusion pour « aider » mais il faudrait obligatoirement la péridurale dont je ne veux pas!

Il est 18h, Blasée j’accepte cette perfusion mais pas la péri, tout le monde me prend pour une folle.
Le col s’ouvre lentement, reste à 5, on me perce la poche des eaux, les heures passent et la douleur devient insoutenable, je fini par demander la péri.
La péri m’est posée 30 min passent et rien ne se passe! Ils décident de me remettre une dose de produit.
A partir de là je suis totalement anesthésiée du bas, je ne sent plus mes jambes et je suis tellement fatiguée que je ne me rappelle de rien.

Le 22, vers 4h30 on me « réveille » il faut pousser, chose que j’effectue sans rien sentir mais bébé ne veux pas s’engager, au bout d’un moment le personnel commence à s’agiter et me menace de césarienne, un médecin (celui qui restera dans ma tete le boucher) me fait une épisiotomie sans mon accord, puis la panique totale autour de moi, j’apprendrais plus tard que j’ai fais une hémorragie à l’épisio!
Il est 5h23 enfin mon bébé est là, mais je suis fatiguée je ne réalise pas.

Par la suite dans ma chambre je ne pourrais pas sortir de mon lit et ce pendant 2 jours, jusqu’à ce que les médecins réalise qu’il me faut une transfusion.
Après 3 poches de sang je re-vis, je me lève quel bonheur!
Mon bébé m’a été enlevé pour les 2 premières nuits et je souhaitais l’allaiter mais des biberons lui ont été donné sans m’en avoir parlé, ainsi qu’une tototte.
Le 3ème jour une adorable femme s’est occupé de mon allaitement et m’a aidé pour la mise au sein qui fut très difficile. J’ai pu allaiter 1 an dont 2 mois avec des bouts de seins exclusivement.

Le 5ème jour je devais sortir mais le personnel a bien faillit me faire rester alors que toute ma famille était là pour mon retour, c’est à 13h après négociations que je suis enfin sortie de cet endroit horrible… oui enfin…
C’était sans compter qu’une semaine après mon accouchement mon épisio très douloureuse se rouvrirait! Sur 4 points en surface les 2 du haut ont littéralement déchirés ma peau! Je retourne donc aux urgences maternité et là catastrophe!!! c’est le « boucher » qui m’ouvre la porte! Après hésitation il décide de me remettre des points, ceux ci finirons dans mon bac à douche le lendemain, ils se sont dénoués et mon épisio ne se refermera jamais totalement.

Anonyme

#141 Anonyme, La Rochelle, 2012

23 Fév
Première étape : l’accouchement !!!
Bonjour,
A vrai dire, je n’ai pas réellement établi de projet de naissance, parce que la grossesse a été un moment de détresse terrible. A l’époque…. [j’ai écrit un article sur Questions philosophiques et psychologiques à propos de l’avortement.(https://www.facebook.com/photo.php?fbid=402185006493890&set=a.402184983160559.88499.126016494110744&type=3&theater) ]
Bref, je suis allée finalement jusqu’au bout de cette aventure, et j’ai à l’heure d’aujourd’hui un très beau petit garçon.
Je voulais cependant témoigner de mon accouchement et de la mise en place de l’allaitement.
J’ai été déclenchée un lundi matin, à 6h30. A 10 jours de la naissance naturelle.
(Avant d’être enceinte, je m’étais dit que si un jour je devais l’être, je souhaiterais un accouchement à la maison, ou dans une maison plus respectueuse de la naissance. Voire dans l’eau. )
Pour des raisons de santé, il ne m’a pas été possible (du moins je ne suis pas encore informée du contraire), d’accoucher autrement qu’en maternité. (Et à mon regret, cela ne le sera pas pour de futures grossesses, non plus).
A 22h 30, on m’a enfin acceptée en salle de travail….. ! une journée à déguster… avant d’avoir selon l’équipe soignante présente ce jour là assez de contractions rapprochées.
Personnellement je souhaitais éviter autant que possible la péridurale. J’ai passé une nuit terriblement douloureuse (deux malaises).
J’ai été déclenchée parce que l’année d’avant quelques mois avant de tomber enceinte, j’ai fait une embolie pulmonaire très grave, qui a bien failli me laisser sur le carreau. Alors même si cela m’a permis de voir la vie, encore, sous un angle différent, j’ai eu des séquelles de cet accident à partir de la date « anniversaire ». A l’époque enceinte de 6 mois 3/4. Et depuis cette date là, jusqu’ à quelques mois après l’accouchement, je n’arrivais plus à respirer correctement. Je l’ai vécu comme une menace, une angoisse vive…. !
Comment réussir à accoucher de mon enfant si je n’étais pas en mesure de respirer, de l’accompagner, …. comment allais-je m’en sortir ? Pour supporter les douleurs ? Pour supporter les contractions ? Aider mon enfant ?
J’avais prévenu l’équipe soignante. De ma crainte, de ma détresse que je ressentais de nouveau, de la peur de ne pas réussir à accoucher mon enfant, tant je me sentais menacée, tant j’avais peur de m’étouffer et de faire périr mon enfant.
j’avais changé de sage femme lors des dernières séances de préparation, parce que je ne me sentais pas écoutée, parce qu’elle m’oppressait encore plus. Parce qu’elle ne voulait pas entendre mon désespoir, ma peur de ne pas réussir à donner la vie…. parce que je m’étouffais, parce que je ne respirais plus. Parce que la sophrologie qu’elle me proposait ne tenait pas compte de cette difficulté véritable de respirer. Parce que sans doute elle était désemparée de ne pouvoir m’aider, et de ce fait, elle me disait que je ne faisais pas d’efforts, que j’étais trop sensible. Plusieurs séances ont fini en larmes, parce que si ! si ! si j’en faisais des efforts !!!
Au final, je ressortais des cours en colère, et encore plus étouffée. Je manquais d’air !
Pendant le travail de 22h 30 à 11h du matin le mardi, j’ai souffert de ce manque de compréhension, d’écoute, lorsque j’essayais d’expliquer ma difficulté à respirer, à tenir mes inspi et mes expi. Pourtant je les avais prévenu(e)s. Je me suis sentie ignorée, engueulée. Je n’avais qu’ une hâte, qu’on me change d’interlocutrice. Ce qui n’a malheureusement pas pu être fait. J’ai fais deux malaises pendant ce travail.
Puis on m’ a proposé la péri que j’ai accepté parce que en dépit de ma volonté de départ, je ne supportais plus souffrir, et ma respiration était telle que je n’arrivais pas à me soulager.
Dans ma vie de tous les jours, je suis suivie en psych, pour mon travail personnel. J’ai pris conscience de tout un tas de choses et notamment sur ma respiration chaotique . Ayant également un souci musculaire…. autant vous dire si j’ai été soulagée par la péri ;-)…. Du moins…. durant une heure….
Première péri : malaise… On recommence…. waouw….. deuxième : soulagement assez rapide…. mais on ne peut pas encore commencer…. à 12h…. seulement…. Et là ! INCROYABLE ! je ne sais pas comment….. mais d’après les infirmières je me suis dépatouillée comme une reine pour les contractions. Ma respiration était impeccable. Seulement on me demandait de refaire exactement la même chose, mais j’étais bien totalement incapable de reproduire quelque chose que je ne comprenais pas, que je n’arrivais pas du tout à contrôler. Mais j’ ai réussi…. Enfin je croyais…. Si si j’ y arrivais, mais y’ avait un truc qui clochait et qui d’après les infirmières ne dépendaient pas de moi, ni de ma volonté. J’avais demandé à mettre ma musique dans la salle d’accouchement, et cela avait été possible. Cela me relaxait. Et j’ai eu des compliments sur les choix musicaux…. au début cela allait…. et puis si au début du gros travail, vers midi  je ne sentais plus déjà trop la péri, je finis par ne plus la sentir du tout assez rapidement et de nouveau ce fut épouvantable. J’ai eu les ventouses, et les forceps sans avoir été prévenue.
Les forceps : comment décrire…. cet arrachement ? J’ai eu la sensation que l’on me déracinait. Qu’on me violentait. Qu’on m’extirpait mes membres, mes organes, l’un après l’autre. Dépouillée de mon moi, avec une telle violence…. ! Un tel acharnement….. Une fois, deux fois trois fois, et quatre fois….. !!! J’avais l’impression d’être un bout de bidoche que l’on torturait….
Au bout de la première , j’ai demandé ce que c’était, qu’est ce qu’il se passait ? On m’a laissé seule…. sans réponses…. j’ai demandé à ce que cela soit arrêté….. mais non…. j’ai entendu au bout de la troisième fois, on passe à la césarienne…. et la césarienne, je n’en voulais pas, je n’en voulais pas. je ne voulais pas d’une marque d’une empreinte sur mon corps de cette grosse synonyme de détresse. Et j’ai crié, NONNNNNNNNNN, et j’ai tout donné, tout absolument tout….. et mon enfant est sorti….. !
De là, je n’ai pu l’avoir qu’une toute petite seconde dans les bras, avant que l’on me l’enlève. Le père n’a pas pu couper le cordon, comme nous l’avions souhaité. Notre enfant avait le cordon autour du cou. Mon placenta ne sortait pas. J’ai fais une hémorragie, et eu une épisiotomie…. ( la marque finalement je n’ y ai pas échappé !)
J’aurais aimé avoir mon enfant de suite avec moi et pendant un long moment….. afin qu’il puisse trouver réconfort dans mes bras…. (hou je suis émue…)…mais je ne l’ai eu qu’ à 21h environ…. et lui, mon enfant est sorti à 15h27 !!!!!! avec une ribambelle de toubibs autour de moi….Entre 21h et 22h, on ne me laisse guère le choix…. On me met une téterelle sur un des seins, car notre bébé (On ne sait pas encore le prénom…) n’arrive pas à attraper mon mamelon ; M’enfin… elles ne nous ont pas laissé essayer longtemps…. !Vers 22 h, on nous a descendu…. ENFIN dans une vraie chambre….. Enfin, seule avec mon enfant, mon tout petit….. et le popa…Une première nuit un peu difficile….., mais soulagée de cet accouchement enfin fini…. ! Je me suis dit dans mon for intérieur…. «  hé bien j’attendrais un peu avant un deuxième….non remise de mes émotions….  ».Non vraiment pas remise de mes émotions…. D’ailleurs, mon fils a maintenant 6 mois et demi, et je garde en mémoire, encore cet épouvantable passage des forceps….Le lendemain, notre bébé part en néo-nat…. hélas durant quelques jours…. impossibilité de me déplacer même sur un fauteuil…. Je ne tenais ni assise, ni debout….j’étais très mal en point.

Du coup l’allaitement a été difficile à mettre en place, vous devez vous en douter !

Les lendemains de l’accouchement ont été pénibles sur bien des niveaux. C’était vraiment difficile de savoir mon bébé en néo nat. Je souffrais le « martyr » de l’épisiotomie, je ne me remettais pas de ces forceps….. De cette violence…. que je « devais » oublier avec mon petit bonhomme dans les bras.
Ma grossesse avait donc été épouvantablement éprouvante… Avec mon compagnon, cela ne fonctionnait pas, et j’étais mal à en avoir envie de mourir, d’être enceinte de quelqu’un qui m’écoeurait…Dès que ça allait mieux entre nous, j’étais la plus heureuse…. malheureusement cela ne durait pas…. et j’ai vécu de minuscules petits hauts, et des bas très violents, péniblement longs, infinis….Une grossesse comme je ne la souhaite à personne, pas même les pires cons… Je n’avais pas envie de mourir, non pire… Au départ, incapable de me résoudre à avorter quand il était encore temps…et encore après…Je souhaitais que le fœtus meure. Je l’ai souhaité tellement fort par moment, qu’aujourd’hui je culpabilise, et en ai peur !
La plupart du temps prostrée sur mon lit, immergée dans une détresse totale.
J’aime profondément la VIE, et l’Amour, et comment vous dire, je me sentais tellement inhumaine de ressentir de tels sentiments, envers l’être à l’intérieur de moi…, mais surtout envers moi, envers cet homme que je ne supportais plus et que je me refusais à quitter…. Bref, sans rentrer dans les détails de ce douloureux épisode de ma vie, il était nécessaire que je vous l’esquisse pour comprendre la suite….L’allaitement : je le souhaitais plus que tout ! Ma mère ne m’avait pas allaité, et j’ai toujours ressenti un manque, d’autant que mes frères l’ont été !
Quand mon petit est parti en néo-nat, il n’avait toujours pas de prénom ce qui n’a pas facilité l’histoire…, il a été nourri à la pipette, puis au biberon. On m’a dit pour me « soulager » de cette séparation, « ne vous inquiétez pas, vous pourrez tirer votre lait », moi qui voulait tant l’allaiter, lui donner mon sein… le nourrir, cet enfant ! Lui donner la vie, et continuer à lui donner la vie en le nourrissant ! Il fallait que je me console de ça ?? !! tirer mon lait ? Très glamour !!
Mais tirer mon lait a été dur. Je n’avais pas de lait, ça ne venait pas…ou trop peu…. Si bien qu’ils ont fini par lui donner des biberons. Je ne voyais pas mon fils, ne pouvant toujours pas me déplacer, excepté les deux derniers jours sur les cinq !
J’entendais dire, que si mon lait ne venait pas c’est que sans doute je n’avais pas vraiment envie de l’allaiter, ou quand lorsque nous avons essayé de mettre mon bébé au sein quand il est revenu de la néo nat, quand il pleurait, que cela signifiait qu’il ressentait ma véritable envie qui était de ne pas l’allaiter, et qu’il fallait que j’accepte finalement que je n’en avais pas réellement envie !
Bref, on ne m’entendait pas dans ce désir, et ce besoin d’ être au plus près de mon enfant, que cela revêtait une importance réelle. Que ce n’était nullement un caprice ou que sais je ? !!!Cependant, je continuais à tirer mon lait, à recueillir quelques gouttes, puis quelques ml…. A finir par le mélanger au lait artificiel. En parallèle, je m’essayais aux seins, avec les téterelles. Plusieurs des infirmières m’ont demandé pourquoi je m’évertuais à vouloir donner mon sein…Je leur donnais toujours la même réponse… cette importance pour moi de lui donner.
Et comme je n’ai pas ma langue dans ma poche, je ne me laissais pas faire… ! Je demandais de l’aide pour la mise au sein. Je doutais fortement de moi… ! Hélas durant ces treize jours passés à la maternité, je n’ai rencontré que deux trois personnes à l’écoute ; un stagiaire, un puériculteur et une infirmière.
Pourquoi on ne voulait pas m’entendre ?????Avec la fibromyalgie, j’en ai bavé sévère des conséquences de l’accouchement, du passage des forceps ! Et de l’épisio !! Et je ne m’en remettais pas. J’ai ainsi reçu mille et un petits pics du style « vous êtes douillette, on se remet en 4 jours d’une épisiotomie, madame… ! » « AH ! Ah bon….  ».
Je ne participais pas aux soins du bébé, incapable que j’étais de me lever !!! Le papa qui ne travaillait pas à l’époque restait avec moi durant le séjour. Et c’est lui qui s’occupait des soins de mon fils. Mais une nuit il a ûu partir d’urgence de la maternité à cause d’une suspicion de gastro.
Depuis cette fameuse nuit, je prenais le relais, tandis que je ne me sentais pas encore capable de me tenir debout….On considérait à tort que je devais savoir désormais les gestes de soins, que je n’avais pas encore prodigués depuis l’accouchement. Il fallait donc que j’insiste pour que l’on puisse me les montrer !
Epuisée par mon bout de chou qui ne trouvait pas le sommeil dans cette ambiance, par le stress ambiant, l’équipe désagréable, les tensions de mon couple, etc j’ai trouvé un jour une oreille plus attentive de la part d’un des puériculteur. Lui expliquant le pourquoi de mon stress, de mes craintes…
Je me suis retrouvée le lendemain avec une assistante sociale au derrière, et toute une équipe pluridisciplinaire soit disant pour m’aider….ça a été l’horreur… ! On me dissuadait de plus en plus l’arrêt de l’allaitement. On profitait de mon état de fatigue intense pour me poser des tas de questions sur ma vie passée…. Avant cela une infirmière a eu le toupet de me dire que je n’avais pas à me plaindre, car je ne savais pas ce qui se passait dans la chambre d’à côté, que j’avais un très beau garçon et que je devais être la plus heureuse des mamans. Sur ce, j’ai répondu qu’elle ne savait rien de ma vie, qu’elle ne se fiait qu’ aux apparences, qu’elle était loin de tout savoir, et que c’était stérile de faire des comparaisons sans les tenants et les aboutissants.Bref, je ne supportais plus d’être dans cette ambiance démoralisante. Je n’avais qu’une hâte sortir et rentrer chez moi. Mon fils ne reprenait pas son poids, et on ne voulait pas me faire sortir.
Quand je suis rentrée chez moi, j’ai pu reprendre des forces et de l’énergie.Quand bien même j’ai souffert d’un abcès à l’épisiotomie…. Durant un mois, je me suis assise sur une bouée. J’ai eu la force de me séparer de tout ce qui avait été mis en place par la maternité pour assurer le suivi du bébé et de ma santé psychologique….. (avec des associations x, y). Finalement suivie par ma psychanalyste, et suivant mon intuition de mère j’ai réussi à mener mon allaitement et à mettre en place une relation équilibrée, et saine avec mon fils.
A ses deux mois, mon fils tétait sans aucune téterelle.
Assez rapidement, d’autres soucis apparaissaient. Je ne comprenais pas pourquoi mon fils refusait de téter…. et j’ai failli abandonner, me disant que les infirmières avaient finalement sans doute eu raison… Qu’inconsciemment, au fond de moi, je ne souhaitais sans doute pas allaiter, et que je m’accrochais à une envie idiote. Mais j’ai compris que je faisais des réflexes d’éjections forts, et que mon fils n’avait pas du tout l’intention de cesser le sein. Cette compréhension de la situation m’ a permis de ne pas abandonner, et à l’heure actuelle mon fils est nourri aux seins exclusivement.
J’ai encore vécu un moment difficile, et depuis j’ai tendance à culpabiliser…. un médecin pédiatre-homéopathe m’a demandé de commencer l’introduction des solides, à l’âge de 4 mois et demi. Je ne le souhaitais pas et je n’en ai rien fait, et à 5 mois et une semaine, trouvant que mon fils n’avait passez pris en 20 jours m’a expliqué qu’en Afrique, les femmes qui allaitaient exclusivement jusqu’aux 6 mois de l’enfant, provoquaient chez leurs bébés des séquelles, et que certains d’entre eux mourraient d’être trop mal nutri. Je lui demandais pourquoi il me racontait cela, et il me disait que je risquais de malmener mon enfant, si je continuais à l’allaiter. Que mon lait n’était plus nourrissant… !!!
Je suis restée outrée. Tout le monde me dit que mon bébé est un beau bébé. Il a 6 mois et demi, fait 8kg. 69 cm. Très tonique, rieur, agréable à vivre…. !
C’est un merveilleux bébé. Je me dis que s’il avait faim, il me réclamerait encore ! Je continue de le nourrir à la demande, avec plaisir.Dernièrement, j’ai eu la chance de connaitre une ostéopathe qui m’a permis de « revivre la naissance ». Autant mon fils n’ a pas trop souffert de séquelles physique apparentes lors du passage des forceps, autant la force avec laquelle il a été arrachée de mon corps nous a traumatisé tous les deux. Mon fils n’arrive pas à dormir ailleurs que dans mes bras, ou tout près de moi. L’ostéopathe m’a expliqué qu’il devait revivre le traumatisme de l’abandon à chaque fois qu’il était séparé des bras de sa maman. Nous avons donc tenter de travailler une re-naissance.
Maintenu par la tête par l’osthéo, et par moi même au niveau des jambes, nous le maintenions dans une position similaire à celle qu’il avait dans l’utérus au moment de la poussée. Le but étant qu’il pousse sur ses jambes pour s’expulser de cette position. C’était très difficile pour moi de le voir pleurer, n’arrivant pas à comprendre dans quel sens ses jambes devaient pousser pour sortir de cette position difficile. Et au moment où il a réussi à pousser et sortir de cette position, l’émotion m’ a envahie. Et m’envahit encore. Il se libérait de lui même. Je l’ y aidais. prenant conscience de sa difficulté à sortir, et de mes fortes émotions. Je dois maintenant faire un travail…. rassembler ce que j’ai ressenti. Lui parler, lui exprimer ce que nous avons vécu. Je sens que je ne suis pas encore capable de mettre des mots sur ces souffrances. Je sens que je ne suis pas loin, qu’un jour nous serons vraiment libérés.Merci.

Si il y a une prochaine naissance, c’est sûr et certain, ce ne sera pas dans le même endroit !

#77 Aurélia, Juin 2012

11 Fév
Bonjour, voilà presque 8 mois que j’ai accouché dans la maternité niveau 2 de ma ville. J’attendais mon premier enfant alors bien sûr beaucoup de questions se bousculaient dans ma tête ! Le mardi 12 juin 2012 autour de 4h du matin j’ai été réveillée par de violentes douleurs, mon objectif étant de “ gérer “ le plus longtemps possible mes contractions à mon domicile ce n’est que vers midi et demie que j’ai appelé la sage femme, pour elle mes contractions n’étaient pas assez régulières alors je lui ai fait croire que j’avais l’impression d’avoir une fissure à la poche des eaux pour qu’elle accepte que je vienne ( je sais ce n’est pas bien ! ) mais je n’en pouvais plus. Arrivée à la maternité j’ai été examinée et mise sous monitoring j’étais déjà dilatée à 4 alors les choses se sont précipitées je suis passée en salle d’accouchement et comme j’en avais exprimé le souhait la péridurale a été posée, les sages femmes étaient très sympathiques et rassurantes, l’anesthésiste … beaucoup moins ! Enfin soulagée j’ai pu souffler un peu ! Je suis ensuite restée des heures sur le lit sur le dos sans pouvoir trop bouger. Vers 19h30 je suis enfin en dilatation complète, à aucun moment on me demande comment je veux accoucher, dans cet établissement c’est position gynécologique et c’est tout, ce qui est bien dommage.
Après plusieurs minutes de poussées la sage-femme veux me faire une épisiotomie, que je refuse je lui demande de me laisser encore 1 minute et cela paye puisque mon petit bout finit par arriver à 20 h 07 pour notre plus grand bonheur. Je l’ai eu tout de suite en peau à peau pendant 1 heure ce qui était tout simplement génial. Ce soir là le personnel est débordé nous nous sommes toutes données le mot pour accoucher en même temps  !
Après trois heures passées en salle d’accouchement on commence à me préparer pour partir en chambre avec mon bébé, mais là ils se sont aperçus que quelque chose n’allait pas, et là tout s’est accéléré j’ai hurlé de douleur, j’étais en train de faire une hémorragie, en effet le placenta a été vérifié par une sage femme encore à l’école et la sage femme titulaire n’ayant pas le temps de vérifier lui a dit qu’elle lui faisait confiance   or cette jeune femme était là pour apprendre et non pas pour tout faire seule. J’ai eu alors une rachianesthésie ayant refusé d’être sous anesthésie générale  pour subir une révision  utérine, j’ai eu un nombre incalculable de prise de sang. J’ai ensuite passé la première nuit de vie de mon fils seule en service réanimation ou j’ai été clairement laissée de coté dans une chambre très limite. Avec tout cela j’ai fait de l’hypertension et j’avais une prise de tension toutes les 10 minutes pendant 24 h. J’étais clairement épuisée lorsqu’enfin j’ai regagné ma chambre vers 9h, j’ai pu revoir mon fils mais je n’ai pas pu le prendre tout de suite étant très faible et branchée de partout. Cela a été très difficile à vivre.  Le reste de mon séjour s’est bien passé avec mon bébé même si je dois dire que je n’ai vu personne pour me demander si j’avais besoin d’aide avec le petit, heureusement que je n’en avais pas besoin sinon cela aurait été pareil ! Et pour finir le manque d’hygiène ( draps inchangés pendant 5 jours entre autres ) m’a provoqué une éruption cutanée sur les jambes et les bras, cela a duré 15 jours et s’est guéri grâce à une pommade à la cortisone. Malgré tout cela je garde un bon souvenir de la naissance de mon fils car le mettre au monde a été plus fort que tout mais pour mon second enfant j’irai ailleurs !!!!