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Naissance respectée de jumeaux, dans le 92

9 Fév

Suivie en accompagnement global par le groupe naissance en région parisienne, on m’avait vendu le respect de la physiologie, du terme 41SA, aucun geste médical non motivé etc.
effectivement j’ai eu peu d’échographie, très peu de toucher vaginal (peut-être 3), et pas de déclenchement… même si je suis allée voir un acupuncteur le 23 décembre à 40SA +4, le gynéco commençant à stresser pas mal. Mon col était ouvert à 4 ou 5 cm, depuis déjà une ou deux semaines. Le premier jumeau est en siège. Nous ne connaissons pas les sexes. J’ai déjà fait 2 accouchements sans péridurale, mais à chaque fois avec une anesthésie générale pour une révision utérine.

J’ai écrit à peu près ça le jour de la naissance :

Je n’arrivais pas à trouver le sommeil. Vers 1h du matin je me suis levée. Vers 1h20 j’ai trouvé que les contractions faisaient plus mal que d’habitude. Elles étaient interminables, impossible de déterminer une fréquence. Vers 1h40 j’ai appelé F. (FCD). ma sage-femme : elle m’a donné rendez-vous à la maternité. Nous avons rassemblé les dernières affaires, et réveillé mon père qui était resté pour garde les aînés. Les grands dormaient trop profondément… Arrivée à la maternité vers 2h, en même temps que F. qu’on trouve à la porte. Dans la salle de naissance elle me dit que je suis presque à dilatation complète. Nous gérons les contractions douloureuses. Moi debout penchée appuyée sur un plan de travail, D (le papa) massant le bas du dos. les mains caressantes de F. sur les fesses font du bien aussi. Nous essayons de bien nous comprendre pour que D. comprenne ce que je demande « masse le point », « masse de bas en haut ». La douleur, grâce à ces massages, est vraiment beaucoup plus facilement supportable. du liquide commence à couler. Nous n’avons pas oublié les remèdes homéopathiques. F. prend une veine, très difficilement (elle y arrive enfin à la troisième tentative..) elle écoute le coeur des bébés. N. (le gynéco) arrive. Après 30 minutes.1h ils me demandent de laisser pousser… mais je ne sens rien qui pousse !

Je m’installe à genoux sur la table d’accouchement, notamment parce que je commençais à me sentir mal (baisse de tension). La tête dans les oreillers, je suis mieux. J’ondule… les contractions sont très douloureuses j’ai vraiment besoin des massages. D. et F. se relayent. Ils me demandent encore de pousser alors que je ne sens pas pousser. je fais du mieux que je peux… Et effectivement, je sens passer les fesses, puis .. les épaules.. ? puis la tête du premier bébé : moment magique, incroyable ! Ils me disent de l’attraper. Mais de ne pas le tirer trop fort sur le cordon. C’est une fille ! je déboutonne ma chemise pour l’avoir contre moi. Elle est belle ! Peut-être la pédiatre entre à ce moment-là, prend son pouls. Le cordon est coupé.

N. me dit qu’il va encore avoir besoin de moi dans 5 min. Il est 3h. Ma première fille va contre le ventre de son papa.

N. a besoin que je sois sur le dos pour vérifier la présentation du deuxième bébé. Je suis heureuses et épuisée, je veux voir mon premier bébé, il est sous le T-shirt de son papa ! Pour le deuxième, c’est bien une tête, F. maintient le bébé dans l’axe. Je peux me remettre à genoux (difficilement, je n’ai pas envie). N. perce la deuxième poche avant. « c’est obligatoire ? » je demande. « oui c’est obligatoire » il répond. Je tremble de tous mes membres difficile d’y retourner. Les contractions reprennent même si je les sens peu au début : mon ventre est déjà beaucoup plus distendu. Je dois de nouveau pousser « dans le vide ». Voyant que ça me gêne de pousser quand ils demandent, N. me dit que je peux gérer comme je veux. Je n’aime pas sentir ses doigts, ça me fait mal, je râle. Il comprend que quelque chose n’est pas tout à fait comme attendu, ça devrait être plus facile. Il me fait m’installer sur le côté, une jambe dans l’étrier, l’autre sur son épaule. Je pousse le plus fort possible.. (en bloquant, depuis le début, j’y arrive mieux qu’en soufflant comme ils demandent). D. est loin, avec le premier bébé.. Je pousse tellement sur N. qu’il ne peut plus opérer, F. remplace son épaule. « elle a de la force », dit-il ! Finalement la tête du deuxième sort, et ils me demandent d’arrêter de pousser, de laisser sortir le reste du bébé. Ouf ! Je l’attrape et la met sur moi, elle est un peu bleue, c’est une fille ! On me rassure sur sa couleur.

La pédiatre passe faire un deuxième tour et je récupère mes deux bébés sur moi. L’anesthésiste passe la tête pour nous féliciter. N. prévient que ça n’est pas fini, il reste la délivrance.

Je sens effectivement N. appuyer sur le ventre, ça fait mal ; je sens le sang couler. Je me concentre sur le si beau visage de ma première fille, pour l’instant je vois peu la deuxième, qui est bien confortablement sur mon sein. Je pousse pour le placenta, je le sens passer. . N. n’a pas l’air de vouloir en finir, il en reste, je me concentre sur le visage de mes filles, il me fait mal en appuyant sur le ventre. F. injecte (pour la deuxième fois ?)du syntocinon pour aider. Et finalement il arrête, mais je dois lui demander si c’est bon. « pour l’instant oui » dit-il.  « Ah mais dites-le je m’inquiète moi ». Finalement il « vérifie » encore une fois Argh !

On enlève complètement chemise et soutien gorge, et nous restons là tranquillement à proposer le sein. On prend ma tension qui est bonne. Vers 4h15 je crois on pense à aller peser les petites. Avant d’aller en chambre et que D. déballe les affaires, N. m’explique que la deuxième était en « os » (occipito-sacré) c’est à dire le regard tourné vers le ventre de la maman plutôt que vers les fesses. Il vient de me répéter que c’est un sacré exploit de l’avoir sortie sans instruments… Eh bien, un siège, un OS, voie basse sans péridurale, on peut être fiers de nous ! Et tout ça en 2h Smile (1h30 à la maternité)

Elles pesaient 2kg880 et 3kg170 à la naissance.

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# 142 Stéphanie – Belgique – 1996 et 1999

23 Fév
Stéphanie, 2 enfants
Mon désir était de permettre à notre bébé d’atterrir sur planète Terre d’une façon douce, respectueuse et de la façon la plus naturelle possible, comme décrite dans les livres que j’avais lu de Frederick Leboyer et Michel Odent. Mon désir était d’être présente, pleinement consciente et dans mon potentiel inné – et pour cela il me semblait logique aussi d’être le plus possible en position verticale… pour aider – grâce à la loi de la pesanteur- mon bébé à sortir de cet espace étroit qu’était devenu mon corps…
Oui, mais ma gynécologue n’était pas prète à se mettre « à 4 pattes par terre pour accueillir le bébé », comme elle disait…
Ma gynéco m’avait dit que je pouvais prendre la position que je voulais (même le poirier!) durant la phase de préparation avant son arrivée, mais à partir du moment où elle allait être là pour la phase finale de l’accouchement, j’étais obligé de m’installer dans la fameuse chaise gynécologique, les pieds en l’air dans les étriers… Quelle déception! Quelle méconnaissance des lois de la nature…
A l’époque (en 1996) je n’étais pas encore suffisemment rebelle que pour changer de gynéco – et donc, je me suis contentée d’amener quelques CD’s paisibles, mon gros ballon spécialement acheté pour l’accouchement et toute une série de granules homéopathiques que mon homéopathe m’avait renseignées pour les différents cas de figure qu’un accouchement peut présenter en cours de route…
Pour moi c’était évident que je voulais éviter à tout prix une chose comme cette seringue d’anaesthésie épidurale – et je voulais à tout prix pouvoir  mettre mon bébé au sein le plus vite possible pour lui permettre une première têtée dès son arrivée…
J’ai refusé le baxtère qu’on voulait me mettre dès le départ pour faciliter la chose au cas où… Mais puisque mon idée était que je n’allais pas rencontrer de difficultés, je ne voyais pas l’utilité de cette médicalisation inutile sous forme de « laisse » de chien. D’ailleurs, je voulais pouvoir bouger librement et un maximum le plus longtemps possible.
Je m’étais préparée pour l’accouchement avec une sophrologue et je m’étais dit que finalement chaque contraction avait son sens et allait m’approcher de la venue de ce bébé désiré. Bref, en pensant aussi à toutes ces femmes dans la brousse qui accouchent seules derrière un bouisson dans la nature d’une façon tout à fait naturelle, je n’avais pas peur de l’évènement ni des douleurs – et donc j’ai paisiblement fait mes aller-retours dans le couloir de la maternité et passé des heures à faire des mouvements de rotation pour aider notre bébé à trouver le chemin vers la sortie… Mon mari présent à mon dos m’accompagnait patiemment, (même pas besoin d’appeller la sophrologue!), j’arrivais à très bien gérer les contractions jusqu’au bout en respirant comme appris durant les séances de préparation. On me regardait comme une extra-terrestre, car dans toute la maternité, j’étais la seule à ce moment-là de ne pas avoir voulu de péridurale. Régulièrement, on venait voir si tout allait bien pour moi, si je tenais le coup, on s’étonnait… je me sentais presque « chouchoutée », car j’étais apparemment la seule « au travail » (active) durant cette nuit. Les autres femmes « dormaient » toutes et laissaient faire le travail par le baxtère… Bref, j’évoluais bien, bébé aussi, et le matin à 8h46 notre fille était née. Ma gynécologue me disait qu’elle n’avait jamais vu une femme pousser avec autant de force… Ben non, puisqu’elles sont toutes anaesthésiées, en général… coupées de leur puissance et de leur connection intuitive, je suppose…
Le papa a pu couper le cordon ombilical lui-même, a donné le premier bain de sa fille comme souhaité et tout avait l’air de bien se passer…
Sauf que bébé, à partir d’un moment donné durant sa première journée de vie a décidé de ne plus arrêter de pleurer…
Toute la maternité avait finalement bien entendu qu’elle était arrivée sur terre et que quelque chose ne lui plaisait pas apparemment, car vers minuit (ou en tout cas tard dans la nuit) elle « gueulait » encore… et je commençais quand même à me poser des questions par rapport à ce qui pouvait bien lui déplaire chez moi en tant que mère… Rien ne pouvait la calmer, et un moment donné on me conseillait de me permettre un peu de repos en laissant les infirmières de nuit prendre soin de mon bébé pendant ce temps-là… Ah, si j’avais sû à ce moment-là que les infirmières allaient perdre patience un moment donné et décider (sans me demander avant!) de lui donner de l’eau avec du sucre pour essayer d’apaiser le nouveau-né frustré, je n’aurais pas accepté la proposition… Du SUCRE!!! Comment peut-on donner à un nouveau-né de l’eau sucrée, m’étais-je dit… J’étais fière que ma petite a apparemment même refusé de boire cela! Hihi! Maline, la cocotte!  😉  Elle avait son caractère « têtu » dès le départ… 🙂 Quand elle sait ce qu’elle veut, elle le sait… encore aujourd’hui avec ses 16 ans… 😉
L’allaitement n’était pas évident à démarrer, car j’avais un moment donné des crevasses douloureuses aux mamelons – et on me donnait un « capuchon » de protection et une crème – qui ne facilitait pas vraiment la têtée. Mais je voulais et j’allais allaiter mon bébé – et donc, heureusement j’étais suffisemment persévérante que pour gagner le pari (après quelques jours ou une semaine, si mes souvenirs sont bons).
Pour mon deuxième accouchement je voulais absolument pouvoir éviter cette façon peu naturelle d’accoucher avec les pieds dans les étriers. Je voulais pouvoir accoucher dans la douceur jusqu’au bout et éventuellement même dans l’eau. Je n’étais pas encore prête d’accoucher à la maison avec une sage-femme, mais j’étais prête de lâcher ma gynécologue. J’en avais trouvé une autre qui me plaisait énormément parce qu’elle était tout à fait ouverte à mes désirs et habituée de travailler comme ça. Cela impliquait aussi de la suivre à l’hôpital où elle accouchait d’habitude, ce que j’ai fait sans aucune hésitation. L’accouchement dans l’eau n’y était à l’époque (en 1999) pas encore possible, mais par contre prendre un bain durant la phase de préparation était tout à fait faisable (sauf que je n’avais plus le temps pour cela).
En arrivant à la maternité, j’étais déjà bien avancée et je pouvais immédiatement avoir le lavement et la procédure de préparation classique. Ma déception était grande par contre quand on nous expliquait que mon mari devait d’abord passer à l’accueil à l’étage du bas pour compléter ou finaliser mon inscription. Du coup, je me retrouvais donc seule dans la pièce, car après m’avoir donné le lavement, l’infirmière avait quitté la chambre aussi et je me sentais seule avec des contractions qui devenaient tout à coup très violentes et douloureuses.
Cela m’a paru avoir duré une éternité avant de revoir arriver mon mari qui était lui aussi frustré de cette façon de procéder, d’autant plus que notre arrivée était prévue et que nous étions quand-même dans une maternité avec réputation d’accueil du bébé de façon douce et respectueuse…
Ce qui est peut-être valable pour les bébés, ne me semblait en tout cas pas être valable pour les parents… et cela a fort perturbé mon processus de démarrage, à mon avis. Ma sérénité intérieure et mon calme étaient complètement perdus. Je ne trouvais pas mes repères, ni ma position idéale pour accompagner mon bébé comme je l’avais fait lors de mon premier accouchement. Mon mari me manquait et le grand ballon n’avait pas l’air de fonctionner cette fois-ci, ce qui m’a frustrée. Finalement le lit classique a été notre choix final pour accoucher, mais j’avais l’impression d’avoir traversé bien plus de douleurs que pour l’accouchement de ma fille… Pour un deuxième accouchement je ne m’étais pas attendu à cela, je dois dire. A 18h35, après seulement quelques heures de travail, notre fils est né – et nous étions super-heureux qu’on nous laissait l’accueillir en paix, juste à nous 3, dans ce grand lit de 2 personnes… avec une douce musique de fond.
Je ne trouvais pas génial par contre qu’on lui a administré une crème (Aureomycin) dans les yeux juste après, sans demander mon avis ou expliquer à quoi cela allait servir. J’avais l’impression que cela faisait partie du traitement imposé d’office après chaque naissance – et j’en étais tellement perplexe que je n’arrivais pas à dire quoi que ce soit. Avant que j’arrivais à réfléchir si j’étais d’accord ou pas, la crème était déjà dans ses yeux… Un point, c’est tout. Je ne suis absolument pas d’accord avec cette façon de faire sans réellement informer avant, ni sans se renseigner si les parents veulent cela – ou non. Cette crème peut avoir tout son sens, mais j’aime pouvoir décider moi-même de ce qui est administré à mon enfant.
L’allaitement ne posait aucun problème cette fois-ci et après 2 jours j’étais à nouveau à la maison.
J’aimerais juste ajouter encore une chose qui s’était passé lors de la 30ème semaine de grossesse. Je m’étais réveillée et levée le matin en constatant que j’avais perdu du liquide aqueux en me levant. Je ne sentais aucune douleur, aucune contraction, mais cela m’a évidemment quand même effrayé, et donc j’ai immédiatement téléphoné au numéro qu’on m’avait donné en cas de souci. Le conseil qu’on me donnait était de venir à l’hôpital immédiatement, de préférence en position couchée, car il était probable qu’il y avait rupture des poches. En arrivant à l’hôpital le plus proche on m’a immédiatement examiné et mis sous monitoring pour observer l’évolution, et on m’a expliqué qu’il y avait des chances que notre bébé allait arriver prématurément, et donc, on ne voulait pas prendre de risques et on m’a fait une piqure de cortisone à 2 reprises pour stimuler la croissance/maturité des poumons de bébé pour qu’il puisse mieux s’adapter au monde extra-utérin en cas de naissance prématurée. Panique à bord évidemment. Mais en fait, il n’y avait pas grand-chose à observer par rapport à des contractions qui étaient (quasi?) absentes…
Aucune preuve de rupture de poche non plus, à part que j’étais absolument sûre d’avoir perdu une certaine quantité de liquide ce matin-là…
On me gardait sous observation, mais rien ne se passait les 2 ou 3 jours qui suivaient. Comment est-ce possible? Je n’y comprenais rien – et les infirmières et médecins n’avaient pas l’air beaucoup plus malins que moi, en fait. La seule explication qu’ils me donnaient était la supposition que la fissure était peut-être quelque part « en haut » ou qu’elle s’était refermée d’elle même… « ça arrive parfois… » me disait-on. Mais j’avais l’impression qu’ils n’étaient pas vraiment convaincus eux-mêmes de ce qu’ils me racontaient… Bref, après 2 ou 3 jours et aucune douleur ni autre perte de liquide, je décidais de vouloir rentrer à la maison.
11 ans plus tard, ma kinésiologue m’éxplique le terme de « femme fontaine » (jamais entendu auparavant – mon éducation sexuelle ne s’est pas faite par des parents initiés au tantra ou autre personne éclairée…). Subitement, le souvenir de perte de liquide durant la 30ième semaine de ma deuxième grossesse me revient à l’esprit – et je me pose la question si ce liquide perdu à l’époque n’aurait pas peut-être été en lien avec ce phénomène-là… Aucune idée si techniquement c’est possible que mon bébé dans le ventre aurait pu déclencher ce phénomène, mais en tout cas cette idée m’a bien fait sourire… Apparemment, les médecins et infirmières trouvaient ce sujet ou cette explication un peu trop délicate que pour m’expliquer l’éventualité de cette version-là…? Je pense qu’il y aurait eu moins de panique à bord, en tout cas… et 2 piqures de cortisone en moins!