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#300 Hélène – Avril 2006 – Ille et Vilaine

7 Nov

Ici commence ma douleur, le récit de mon accouchement

Je vais tenter de rembobiner une partie de ma vie qui d’habitude me fait souffrir une fois l’an. J’accepte aujourd’hui de m’y replonger afin d’apporter une pierre à l’édifice et faire comprendre qu’il est temps, grands temps de respecter les femmes lors de leur accouchement.

Je peux pas vraiment dire le jour où tout a basculé. Parce qu’en réalité, le recul m’a permi de voir que tout a commencé quelques jours auparavant. Évidemment, ou heureusement, certaines dates m’échappent. Disons que cela c’est déclenché à la 36ème semaine d’aménorrhée, à la fin de mon cours de préparation à l’accouchement quand j’ai fait par de ma prise de poids fulgurante ( 5 kilos en 3 jours), la sage femme m’a prise la tension. Je ne me souviens plus exactement quelle en était la mesure mais j’en avais suffisamment pour qu’elle m’envoie en surveillance à la maternité.
J’ai donc eu une première surveillance, avec monitoring et tensiomètre pendant quelques heures. La tension s’est calmée, on m’a laissé repartir avec une prescription de bandelettes urinaire, sans plus d’explication. Je devais vérifier régulièrement qu’il n’y ait pas d’albumine dans mes urines. Déjà là j’aurais aimer qu’on me dise ce qu’on vérifiait, je le savais très bien, je suis une patiente qui s’informe beaucoup, mais j’aurais souhaité qu’on me le dise. « Madame, on vérifie la présence d’albumine pour écarter l’hypothèse d’une toxémie gravidique ».
J’ai donc vérifié souvent mes urines, les bandelettes restaient correctes juste les leucocytes qui réagissaient un peu par moment, mais la sage femme m’a expliqué que c’était normal et que la réaction sur la bandelette restait très faible, vraiment pas de quoi s’inquiéter. Je vérifiais également ma tension, tension + albumine, c’est les signes précurseurs de la toxémie gravidique, je restais très vigilante.
Le lundi 3 avril 2006 au soir j’ai refait de la tension, on part avec mon mari à la maternité. Je reste sous surveillance monitoring+tensiomètre jusqu’à 23heures, puis je suis prise en consultation par le gynéco de garde. Là comme à leur habitude, j’ai le droit à un énième touché vaginal pour vérifier l’évolution du col. Il me fait un mal de chien, j’encaisse la douleur sans rien dire, me disant qu’il fait preuve de moins de délicatesse que mon gynéco habituel. Je sors de la consultation, j’ai mal, je dois rentrer, j’ai 30 km à faire en voiture, il est préférable que j’aille au toilette avant. Là je découvre que je saigne, au moment où je sors dans le couloir je croise le gynéco de garde, je lui en fais part avec inquiétude. Il me dis de ne pas m’en faire et de rentrer chez moi et conclut curieusement cet entretien en me disant «  peut être à toute à l’heure ! ». Mon mari et moi en restons étonner se disant que s’était quand même prématuré pour accoucher, mon terme étant pour le 28 avril 2006.
Le lendemain matin, mardi 4 avril, j’avais mon rdv du 9ème mois avec mon gynéco habituel, la route a été éprouvante, j’avais passé une mauvaise nuit, et j’ai eu mal au bas ventre tout le long de la route sans pour autant y identifier des contractions. Arrivée à la maternité, j’appelle ma meilleure amie qui habite à deux pas, je lui demande qu’elle me ramène chez moi à l’issue de mon rdv je sens que j’en aurai pas la force.
Il est pas loin de 10 h quand le gynéco me prend en consultation, il me prend ma tension qui est bonne, là il me fait encore un touché vaginal, je suis dilaté à 4, il me dit de passer dans l’autre bâtiment je suis en passe d’accoucher. Je réalise pas bien, je n’ai a proprement parler pas eu de contractions, j’ai des douleurs comme mes règles mais pas plus intense, je sors de ma consultation ma meilleure amie est là et m’attend dans la salle d’attente, je lui explique que je suis en train d’accoucher, elle croit que je la charrie. J’arrive donc dans le bâtiment adjacent celui des consultations, je m’annonce comme étant en train d’accoucher et sortant de mon rdv du 9ème mois. On m’installe dans une chambre, on me demande de récolter mes urines sur une bandelette, je sais maintenant les lire, les albumines restent muettes, ce qui me rassure. Le gynéco de garde me fait encore un touché vaginal, il me demande ce qu’est ce liquide que je perds. Je pense que c’est juste des fuites urinaires c’est courant en fin de grossesse, je porte un gros bébé, il appuie partout sur mes côtes et sur la vessie. Il me dit sur un ton condescendant que non ce n’est pas des fuites urinaires et voilà tout ce qu’il m’apprend et sort de la chambre. Je reste là telle une conne en me disant que j’ai une fissure de la poche des eaux, que c’est ce qu’il a sous entendu.
Mon mari arrive au moment où on me passe en salle de travail. Il prend le relais de mon amie qui restait jusqu’ici à mes cotés. Je suis semi allongée dans un lit avec le packaging regrettable d’un accouchement surmédicalisé. Je souhaitais pourtant un accouchement des plus naturels. On me pose un cathéter, sans m’expliquer à quoi servent les poches qui l’alimentent, je le regrette. Bien que je le sache déjà, j’aurais aimé que la sage femme fasse l’effort de m’expliquer ces gestes médicales alors même qu’un accouchement est un acte naturel, régit pas les lois de la nature où le corps médical de mon point de vue ne devrait intervenir qu’en cas de soucis.
On me laisse quelques temps avec la perfusion, le monito et le tensiomètre. Tout est normal, même le monito, j’ai bien des contractions mais le graphique montre clairement qu’elles sont de très faibles intensités. La sage-femme vérifie mon col, je suis dilaté à 6 il est un peu plus d’onze heure, du coup elle revient avec une longue aiguille et un bassinet. Elle me dit qu’elle va percer la poche des eaux. Là je commence à m’opposer, sans agressivité, je lui demande quelle nécessite de me la percer, elle va bien finir par rompre toute seule, sinon c’est que l’accouchement n’est pas pour maintenant. Elle insiste en me disant que cela va accélérer le travail. J’ai pas demandé à ce que ça aille plus vite, j’ai tout mon temps, je ne souffre pas de mes contractions. Elle persiste, prétextant une procédure habituelle, en me disant que l’anesthésiste va suivre. Bref, elle me perce la poche des eaux, je vois le liquide s’écouler, ça m’interpelle, je lui demande si c’est normal la couleur du liquide. Elle me réponds que oui, je me persuade que c’est elle la pro elle sait ce qu’elle fait. Mais le liquide amniotique est teinté marron. On persiste à me prendre pour une andouille, mais j’ai fait le choix de leur faire confiance et de me dire qu’ils savent ce qu’ils font, et je reste tout de même détendue. L’anesthésiste arrive, je lui dis que je ne souhaite pas de péridurale, que je ne vois pas l’intérêt, je ne souffre pas de mes contractions. La sage-femme est encore présente et soutient son collègue, je risque de beaucoup souffrir avec la poche des eaux percés les contractions sont plus douloureuses. Je reste septique, l’anesthésiste fini par me dire que les accouchements c’est pas comme au restaurant, c’est pas « à la carte ». J’abdique, alors que je connais mes capacités à encaisser la douleur, est-il si difficile que ça de respecter les choix des patients ? Il me pose sa péridurale, je suis consciente qu’il a galéré, pourtant j’ai prévenu lors du rdv anesthésiste que j’étais très sensible du dos à cause de ponctions lombaires pratiquées enfant sans anesthésie, mais l’ont-il seulement pris en compte, pris connaissance, noté sur mon dossier ?
La péridurale ne fait aucune différence, on attend, le travail s’est arrêté. Il est 16h maintenant. La sage-femme vient me voir. Elle me dit que si dans une heure la travail n’a pas avancé je passe en césarienne. Je suis surprise, pour un premier accouchement, on me laisse si peu de temps de travail, j’en ai lu des récits d’accouchement pendant ma grossesse. Je sais qu’un premier accouchement peut être très long, et là au bout de 6h de travail, on me passe au bloc. Je ne comprends pas, j’ai pas le temps d’acquiescer et qu’elle est déjà repartie. Les sentiments sont partagé, entre la sensation d’être une petite fille qu’on réprimande, « si t ‘as pas fait ton travail, on t’opère » et l’acceptation de devoir faire confiance au corps médical, se dire qu’ils ne font pas ça sans raison ? Oui mais alors pourquoi ? Une heure se passe, je conviens avec mon mari, que je veux qu’il suive notre enfant, pas question qu’il m’attende devant le bloc. Je veux que notre fils voit un de ses parents au moins.
Le travail n’a pas repris, finalement, ils m’ont laissé plus de temps, il est pas loin de 17h30 …
La sage-femme revient avec une tondeuse pour me couper les poils pubiens, elle n’y va pas en douceur, et elle me fait un mal de chien. Je réalise que ce n’est pas normal, mais là encore je n’ai pas le temps de lui dire, elle est déjà repartie. J’en fais part à mon mari, « c’est quand même pas normal de sentir le rasage avec une péri ? » Il essaye de me rassurer. On me passe sur un brancard, je demande la présence de mon mari dans le bloc, ils n’y voient aucune objection. Mon mari part se préparer. J’arrive au bloc, en scrutant la porte, j’ai froid, je claque des dents. On me badigeonne de bétadine. Ils respecte le protocole, sauf que la réponse n’est pas celle attendue :
« Madame, est ce que vous sentez du froid ?
Oui
A droite ou à gauche ?
Partout
Je lis sur leurs visages une certaine surprise. Ils s’affairent autour de moi, on me mets les bras en croix on me sangle les poignets, les jambes, le torse.
Ils commencent à basculer la table, dans le but de faire circuler le produit de la péridural, en vain. L’obstétricien demande une anesthésie générale que l’anesthésiste refuse. On ne me consulte pas je n’ai pas mon mot à dire, la sentence tombe : « on peut plus attendre, on doit commencer ».
Là, tout devient confus, heureusement la douleur trop fulgurante m’a laissé qu’un voile de souvenirs, juste de petites anecdotes. J’ai développé comme un syndrome de Stockholm vis à vis de mon bourreau, l’anesthésiste pourtant responsable de la mauvaise mise en place de ma péridurale, celui là même qui venait de refuser mon anesthésie générale est devenu mon point de repère, ma bouée de survie. Il me guide, me tend un masque pour m’aider à gérer la douleur, je me focalise sur lui parce que mon mari n’est pas là, je me reporte sur lui, le seul visage que je connais. Il me parle, me dit de respirer, car je suis plus capable de faire ça seule. Il doit s’absenter, comme il ne me dit plus de respirer j’ai arrêté de le faire. Une femme, une infirmière ? Me dit « respirez madame, respirez». C’est trop dure j’ai trop mal, ça dure trop longtemps. L’anesthésiste revient reprend sa liturgie : respirez, respirez, respirez … On vient de m’arracher les tripes, on m’interpelle, je tourne la tête, on me montre mon fils, je n’ai pas le temps de le voir, ni même l’honneur de le nommer. On m’a juste dis qu’il était très beau.
Je suis seule et vide, on est en train de me recoudre «  Arrêtez de bouger madame ! ». Cela semble durer une éternité, ça n’en était pas loin 1h30 de boucherie. Lorsqu’ils ont fini, je me mets à pleurer, l’anesthésiste me demande pourquoi ? POURQUOI !!
Quand je sors du bloc je suis mise en salle de réveil, le temps de me transférer dans ma chambre. Chambre qui n’aura pas été préparée pour une césarisée. Mon mari est là, semble soulagé, il n’a pas pu rentrer au bloc, ils lui ont juste dis que ça se passait mal et qu’il ne pouvait pas rentrer. Il a notre fils dans les bras, il le pose sur moi. Je suis incapable d’éprouver quoi que ce soit. Pourtant il me prend en photo, cette photo j’ai juste envie de la détruire.
J’aimerais dire que ça se finit là, mais le reste n’a était qu’un enchaînement de contrariétés dû au personnel médical, dû à l’incompétence de ressentir la moindre empathie. Je n’étais qu’une pauvre césarisée, rien de révolutionnaire la dedans.
Mercredi, matin, :« allez debout madame, faut se lever !
Je peux pas, j’ai trop mal.
Elles disent toute ça, mais votre douleur est psychologique. C’est juste que vous imaginez où a coupé le scalpel. ». J’avais juste envie de lui hurler dessus !
Je lui réclame mes cachets pour éviter la montée de lait, mais visiblement aucun de mes choix ne peut être respectés. Je les aurais 3 jours plus tard après les avoir réclamer de nombreuses fois. Avec des arguments bidons, du genre « ah mais vous auriez dû les apporter ». Oui mais voilà j’ai accouché avec 4 semaines d’avance donc les cachets je les ai pas…
Je leur ai signalé que je faisais une allergie, j’avais le dos en feu et il me démangeait énormément, ça n’a jamais été prise en compte. C’est ma mère qui a acheté un traitement en pharmacie et mon mari m’appliquait la crème pour soulager mon calvaire. Il existait également un psy envoyé lors des accouchement difficile, je ne l’ai jamais vu.
Lorsque j’ai été enceinte de mon deuxième, j’ai demandé mon dossier médicale. J’ai appris que je commençait une toxémie gravidique, que mon fils était en souffrance fœtal … Mais auparavant sur le carnet de santé de mon fils, j’ai appris que mon accouchement avait été déclenché, à aucun moment je n’ai été prévenue de ce déclenchement. J’avais bien compris qu’on m’avait décollé les membranes le lundi soir, mais cet acte également aurait dû mettre mentionné.
Aujourd’hui, 7 ans après, cette césarienne m’a laissé en héritage une adhérence, j’en ai fait part au gynéco mais là encore « c’est assez fréquent » fut sa seule réponse…

Hélène

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# 231 – Le premier accouchement de Malory

6 Mar

Premier accouchement Nîmes (30) – France.

En fait j’ai eu des contractions à partir de 4h du matin mais j’ai pas prêté attention. Quand je me suis réveillé à 10h j’en avais mais pareil j’ai pas vraiment fait attention, parce que pour moi c’était du faux travail…

Puis à 12h en faite je prends ma douche et j’ai toujours des contractions ça passe pas… J’en parle une copine, et on calcule l’écart entre, tout les 3 mins déjà, il est 12h48. Les heures passent, le papa se réveille à 15h j’ai toujours des contractions, il me demande si je veux aller à la mater, je dis que non parce que c’est supportable, enfin j’ai méga mal mais je gère.

Toutes les heures mon homme me demande si je veux y aller je réponds toujours non non ! Mais vers 19h il veut que qu’on y aille, vraiment, alors il appel le samu, on part, j’arrive, à la mater, on m’examine je suis à 3. Et gentiment on m’annonce qu’il n’y a plus de place, qu’on s’est soit disant toutes passées le mot pour accoucher aujourd’hui… Du coup on me dit que je vais être transférée ! J’ai pas envie, et j’avoue je pleure, mais apparemment pas le choix… Ils appellent une ambulance je suis transférée à une autre maternité de Nîmes (ouf, heureusement que j’ai dis que Gaëtan avait pas le permis si non j’étais partie pour Alès…), arrivée à l’autre maternité on m’ausculte je suis à 2.5 pour elle, donc elle me dit, on attend voir si ça évolue, sinon elle me raconte qu’elle me mettra un suppo pour régularisé tout ça. Elle repasse une demi heure après je suis à 4, rapide je trouve ! Du coup elle me dit bon bah on va passer à la péri alors, justement l’anesthésiste vient d’arriver « Vous avez de la chance », j’ai pas  su dire non j’étais tellement perturbé, pas ma maternité, pas de gens que je connais (enfin connais façon de dire), maintenant je regrette, j’ai pas attendu assez longtemps, j’avais mal mais j’aurai pu attendre encore, je gérais assez bien… Donc on me la pose, ça fait un mal de chien, c’te merde… Après j’ai été calmé, et je disais à Gaëtan que j’étais nulle parce que j’avais dis que je la ferai pas.. Il m’a dit que c’est pas grave c’est le premier on verra pour les autres… Je suis quand même déçue de moi… Le travail se passe assez vite, merci tout se qui passe par la perf’, le temps aussi passe vite, du moins je trouve, je suis arrivée à la première maternité à 19h15 environ, arrivé à la deuxième maternité à 20h environ, et tout est allé vite 21h pose péri, et à 2h je poussais…

La partie la moins agréable et que je suis méga triste encore en y pensant… La sf venait de remettre une dose de péri, je sentais plus rien, ensuite elle vérifie mon col et me dit que bébé est là, qu’il faut pousser… J’arrive pas, je sais même pas quand j’ai des contractions… Du coup la sage femme m’aide et me dit quand une contraction arrive… Je pousse, fort je vous assure ! Le gynéco me dit que je sais pas faire…Et que ça avance pas assez vite alors du coup il dit à la SF on va l’aider, et la épisio et forceps… Je sentais qu’il tirait, et essayait de dégager sa petite tête, horrible sensation, m’en souviendrai toujours…

Une fois la tête passé ça été tout seul, je l’ai attrapé et posé sur moi, il était magnifique mais avait des putain de trace énorme sur ses joues et sa pauvre tête toute tiré… Je l’ai gardé 5mins sur moi et ils l’ont emmenés pour aspirer tout son caca dans le nez et tout parce que le liquide était coloré… (ah oui, c’est la SF qui a percé la poches des eaux). Pendant ce temps il m’a recousu et fait sortir le placenta que j’ai évidemment pas senti… On me l’a ramené et voilà j’ai passé deux heures en peau à peau avec lui, ça a passé vite ! Résultat, Sacha est né à 2h31 est fait 3kg640 pour 52cm !

Même encore aujourd’hui, c’est encore difficile pour moi d’en parler.

#202 Anonyme

28 Fév

J’ai eu une grossesse difficile,stressante et très stressée de par ma situation personnelle, le papa de mon fils m’en faisant voir de toutes les couleurs et étant quasiment totalement absent de cette grossesse…c’était très compliqué et c’est à de nombreuses reprises que je me suis retrouvée aux urgences obstétricales de l’hôpital, durant ma grossesse.
Parfois cela suivait une énorme crise d’angoisse, et j’avais extrêmement peur des conséquences que cela pouvait avoir sur mon bébé, et parfois je m’y retrouvais pour des douleurs abdominales, j’avais comme une barre qui traversait mon ventre de part et d’autre et bien sûr là aussi je me demandais ce que mon bébé pouvait ressentir alors que j’étais si mal.
De manière générale ces fois- là je me suis sentie écoutée et accueillie par l’équipe hospitalière, il m’ont très vite proposé la mise en place de la PMI et j’ai alors été suivie par une psychologue très attentive et très douce, ainsi que par une sage- femme PMI également très gentille, puis dans mon « malheur » j’ai également eu la chance de faire la connaissance d’une sage- femme libérale, qui m’a prise en charge du cinquième mois jusqu’à la fin de ma grossesse et qui a effectué tous mes monitorings prescrits principalement par rapport à mon stress et ma fragilité émotionnelle je crois, bref, qui m’a chouchoutée et rassurée tout du long, je pense que je lui dois beaucoup, elle était comme ma soupape de sécurité… c’est ce que j’imagine que font un peu les « doulas », je me trompe peut-etre?…
Bref, je suis à quelques jours du terme, toujours des monitos, de plus en plus rapprochés, mais pas de grandes contractions, pas de perte des eaux même si avec ma grande facilité à stresser, j’ai plusieurs fois cru que c’était ça…bien que, quand ça arrive, on se dise « ah oui difficile de confondre!! »
J’ai rdv à l’hôpital le 26 septembre, le jour présumé de mon terme, là je me retrouve en consultation avec environ 20 futurs mamans éparpillées dans le couloir qu’on tente plus ou moins de faire asseoir en attendant de les ausculter, une sage femme à peine aimable vient me chercher pour m’installer dans un lit,me pose le monito, questions habituelles puis elle disparait…longtemps!!
Heureusement j’ai un peu l’habitude des monitos maintenant je constate qu’il y a des petites contractions mais rien de transcendant…au bout d’un moment elle revient, me débranche et me dit vaguement qu’il vont me poser des aiguilles d’acuponcture, pour ça elle doit vérifier si mon col commence à s’ouvrir.
Elle m’emmène dans leur bureau où elle regarde les plannings, je me dis qu’elle va me faire revenir…mais non! Au fond de la pièce il y a un rideau qui « cache » une table gynéco!!elle m’y emmène, il y a trois autres sages-femmes au bureau en train de dire; « bon Mme une telle on la fait revenir dans deux jours, Mme Ci, demain et vous Mme, en s’adressant à moi, c’est quoi votre nom?? »
Bref je suis la première sage-femme derrière le rideau, le verdict tombe, mon col est totalement fermé, postérieur et long??? c’est mauvais?! apparemment… je n’aurai pas plus d’explications…
Je me rhabille et elle me fait attendre de nouveau dans le couloir…enfin plutôt entre deux portes dans un couloir d’1,50m avec 4 chaises, 5 femmes enceintes et 3 maris!…
J’ai attendu une bonne demi-heure, pour que la même sage-femme revienne me chercher m’installe à nouveau sur un lit et me pose une dizaine d’aiguilles d’acuponcture, sans même me regarder en me faisant mal pour deux d’entre elles et sans aucune intention ni conscience de ce qu’elle faisait, en apparence en tout cas…ce n’est pas exactement l’idée que je me faisais de l’acuponcture…mais je dois être trop idéaliste parfois…
Je reste dix minutes comme ça, elle revient me les enlever comme elle me les a mises et me donne un papier avec un rdv, je dois revenir le lendemain à 16h…Je lui demande; « je reviens demain pour voir où ça en est ou quoi? » elle me répond naturellement, comme si c’était évident; « ah mais après vous ressortirez avec votre bébé Madame! »…
Ok!! je repars perplexe et un un peu paniquée, j’appelle directement « ma » sage-femme et lui raconte, elle me dit; « ah ben il vont très certainement te déclencher!! »
J’ai donc à peine 24h pour me préparer à un déclenchement et pour tourner 1000 questions dans ma tête, même en ayant assisté à tous les cours de préparation à l’accouchement, même deux fois car je les ai refais à la Pmi, là pour le coup je me sens totalement perdue et dans un flou artistique absolu!!

Le lendemain 10h, je ressens que j’ai des pertes, je me demande à nouveau si je perds les eaux…du coup ayant rdv à 16h pour rentrer à la mater, je m’y retrouve vers 12h…pour rien mais bon…vous aurez compris que j’étais angoissée et sûre de plus grand chose à ce moment là.
Une longue attente commence, avec des ballades régulières même si j’ai beaucoup de mal à me déplacer, de par le poids que j’ai pris mais aussi de par la chaleur qu’il fait, dans ma région, même fin septembre c’est encore l’été!!mais bon il faut tenter de faire avancer tout ça…

Ils me mettront un pro-pesse le lendemain matin vers 10h alors que j’ai été réveillée; tenue de me doucher, habillée en blouse blanche bien trop petite pour ma taille de femme enceinte et sur le qui-vive, depuis 6h du matin…j’ai du dormir 3h en tout et pour tout cette nuit là!
mais bref!!
Aux urgences obstétricales, ce matin là je me retrouve en pleurs, car mon mari de l’époque est odieux ce matin là avec moi, encore une fois…Une sage-femme entre et me voit en pleurs; « ça va Madame? ben faut pas pleurer! »!!!!!……..
Je remonte dans ma chambre, encore beaucoup d’attente, passons, rien de passionnant, l’équipe où se trouve ma chambre à ce moment là, en grossesse pathologique est correcte avec moi et fait en sorte de me transférer côté maternité, en chambre seule.
C’est le cas en fin de journée et là la sage-femme de service de nuit est un homme…on dit que les hommes sont souvent plus doux dans ce milieu professionnel…et ben pas dans son cas, il est froid et fermé, il ne me regarde même pas quand il se présente et reste le moins de temps possible même quand il me pose des monitos.
Nous sommes à ce moment là le 28 septembre au soir…Je fais une dernière ballade vers 23h30 avec le père de mon enfant et mon mari à l’époque.
Je remonte et regarde un programme télé qui me fait rire, j’ai des contractions un peu plus fortes mais toujours rien d’insupportable.
Vers 00h30, 1h je ris à un squetch et là je sens comme une grosse quantité d’eau couler dans ma culotte, là je me dis que je viens de me faire pipi dessus en riant ou que pour le coup c’est bien la rupture de la poche des eaux et que dans ce cas oui c’est bien différent de tout ce que j’ai eu comme « perte ou fuite » jusque là!!
J’appelle la sage-femme homme…il me fait un toucher vaginal et ressors avec une substance jaunâtre sur les doigts, je m’inquiète, il me dit; « c’est du méconium, ça veut dire que le bébé est peut être en souffrance!il faut faire vite » et rajoute qu’ils vont me descendre au bloc obstétrical rapidement et s’en va……………
Je vous dit même pas comment cette phrase à raisonner en moi; »ça veut dire que le bébé est peut-être en souffrance, il faut faire vite »…c’était ma hantise et lui il ne me dit pas plus!!!
Il revient rapidement avec une autre personne, ils me descendent et mon ex-mari suit sagement.Ils plaisantent lui et sa collègue au dessus de moi, tout en allant assez rapidement et donc en ne faisant aucunement attention aux bosses, trous, portants et autres obstacles sur le chemin…alors que moi je ne supportais quasiment aucun accoups depuis mon 5ème mois de grossesse et que je galèrais trop à me déplacer, notamment en voiture à cause de ça!

Me voilà au bloc…une sage-femme que j’avais vu durant ma grossesse à l’occasion d’un de mes passages après une crise d’angoisse ou douleur abdominale, me prend en charge, accompagnée d’une étudiante sage-femme, très gentilles toutes les deux.
On me pose monito, électrode ,perf du produit pour accélérer ouverture du col, je me souviens plus du nom…bref tout le toutime!!
Premier examen du col DE LA NUIT, verdict; mon col est dilaté à 1,5cm….
Rien de très prometteur à leur visages mais bon elles sont tout de même rassurantes et me disent que mon bébé n’est pas en souffrance pour le moment…
Les contractions sont de plus en plus fortes et douloureuses…heureusement on me pose la péridurale pas très longtemps après, environ 45min je dirais.
On m’avait prévenu pour la pause de la péri que c’était pas une partie de plaisir et qu’il fallait que j’arrête de respirer, etc…
ça se passe « relativement » bien, l’anesthésiste me félicite même de mon « calme »…j’en suis contente.
Après ont suivi examens du col, augmentations de la perf, consultations avec le gynécologue de garde, pendant plus de 5h…vers 6h30 du matin mon col était toujours à 2cm de dilatation…Les sages-femmes avaient commencé à me préparer à la possibilité d’une césarienne une heure avant environ… Je priais donc dans mon fort intérieur pour que mon col se dilate miraculeusement…Elles m’avaient tout de même fait allusion à quelques passages de souffrances cardiaques de mon bébé…j’étais de plus en plus angoissée…
7h, le gynécologue de garde à peine réveillé entre dans ma chambre, on allume les lumières, réveille mon ex-mari, le gynécologue me dit; « on va faire une césarienne Madame, le col ne bouge pas, on ne peut plus attendre, ça serait trop risqué pour votre enfant. »
Je m’effondre… il me dit juste; »il ne faut pas pleurer, ça va aller. »
Pas pleurer pas pleurer…facile à dire, j’avais « vu » théoriquement ce qu’était une césarienne d’urgence en cours de préparation, et même si j’avais pas mal d’appréhension à l’idée d’accoucher par voie basse, j’avais encore plus peur de la césarienne, et je ne m’y étais pas du tout préparer psychologiquement.
A ce moment là tout va très vite, je n’ai presque plus le temps de penser à quoique ce soit, beaucoup de gens entrent et sortent de la pièce, on demande à mon ex-mari s’il veut être présent, il accepte, ils l’emmènent se préparer. On me prépare, anesthésiste, sages-femmes, infirmières, certains se présentent, d’autres pas, une sage-femme très speed et à peine aimable, me pose deux cathéters et décrète que c’est parce que le premier qu’on m’avait posé était mal posé et que le produit n’avait pas été bien diffusé et que c’était ça qui avait fait que mon col n’avait pas bougé que ça n’avait pas marché!!!
J’étais super énervée contre elle, de quel droit elle mettait en doute le travail de ses collègues et ça avait très bien diffusé selon moi car après mon accouchement j’ai eu des cathéters qui ont mal diffusé et ben je m’en suis bien rendue compte, ma main doublait de volume et ça faisait très mal!! mais j’étais difficile à piquer donc pour elle c’était ça!!
Ils m’ont transférer dans le bloc chirurgicale et là les nouvelles sages-femmes, celles de jour m’ont souhaité bon anniversaire…et oui mon fils est né le même jour que moi, 28 ans après!
Elles me disent; « c’est un beau cadeau d’anniversaire, votre fils! »
Moi je souris et dis « oui » timidement, et pense à l’intérieur, « une césarienne, tu parles d’un cadeau d’anniversaire »…
Évidemment, j’allais voir mon fils quelques minutes plus tard j’aurai du être la plus heureuse des mamans je suppose, mais j’étais terrorisée par cette césarienne et effondrée que ça se passe comme ça et je réalisais à peine que mon fils allait naître quelques minutes plus tard.
L’équipe préparait le champs stérile, et j’ai entendu l’anesthésiste dire au gynécologue « Putain on nous réveille à 6h30 pour être ici que maintenant »…il devait être 7h30!

Bref, on m’a opéré…et le seul moment agréable et de sérénité a été l’instant où j’ai entendu le premier cri de mon fils et où on me l’a montré, quelques minutes après….c’était hors du temps, hors du moment de douleurs extrêmes que

j’ai traversé, c’était très émouvant et ça m’a fait tout bizarre, c’était trop court, j’aurai aimé qu’on me l’amène, que je puisse le toucher, le sentir, le voir un peu plus, réaliser….
ça n’a pas été le cas…l’opération a continué, je sentais beaucoup, beaucoup trop, je me plaignais de la douleur, je criais régulièrement…mon ex-mari me tenait la main et l’anesthésiste se trouvant derrière moi, dont j’avais une vue partielle et à l’envers, jouait sur son portable je crois puis s’est approché de moi et m’a dit; « -Qu’est ce qu’il se passe Madame, pourquoi vous criez comme ça?
– Parce que j’ai mal! je réponds
– C’est pas normal que vous criiez comme ça, vous devriez pas avoir mal, me dit-il!
– Ben écoutez j’ai mal, vous avez déjà eu une césarienne? je lui demande, légèrement agacée par son ton supérieur et totalement détaché!!
– Non mais j’en ai fait suffisamment pour savoir que c’est pas normal que vous ayez mal comme ça!!! me dit-il!! »
J’avoue être restée un peu bouche bée…
Il reprend; « Si vous voulez je vous endors mais il y a des risques pour vous!! »
……………………………….
« Ben non alors, je préfère pas!! » et là je prends mon mal en patience pendant qu’on finit de me triturer le ventre, que l’anesthésiste reprends tranquillement son activité, que l’étudiante sage-femme qui est restée jusqu’à la fin au delà de son service, me soutient gentiment du regard, que mon ex-mari me tiens la main et essaye de me soutenir comme il peut lui aussi, cette fois il était présent pour le coup, et je pense avait autant envie que moi de tuer l’anesthésiste qui en plus, ironie du sort s’appelait « Jésus »!!!Je vous avoue que j’avais bien envie qu’il soit crucifier à ma place sur la table de césarienne, pour le coup!!!

A un moment, ça se finit…
Je sors du bloc et on me pose mon fils sur moi…peut être une minute peut être trois, le temps pour son père de prendre deux photos…pour moi ça a duré une micro seconde…et on m’emmène en salle de réveil…. je crie à son père tout en partant un faible « fais du peau à peau avec le bébé »….

Je suis triste d’être séparée de mon fils mais le sommeil prend le dessus, j’ai mal moralement et physiquement, mais je m’endors…j’entends des bruits des équipiers, « Jésus » revient!
il est là à un moment, ce fichu anesthésiste, j’aimerai lui parler, lui crier dessus mais je suis dans le coltar…je dors une petite heure…

Quand je remonte l’équipe me dit…il a faim votre fils! je culpabilise de pas avoir pu lui donner le sein avant et de pas avoir fait de peau à peau avec lui…Je suis inquiète qu’il ait vraiment trop faim…
J’arrive dans la chambre…il dort tranquillement, son père et sa grand-mère;ma mère sont là et l’admirent…
Il va bien, heureusement, je peux souffler un peu.

Je vais m’arrêter là pour ce témoignage…j’aurai encore tellement de choses à dire par rapport à mon séjour à la mater mais je n’en n’ai plus le courage pour cette nuit et je suis prise par le temps pour la fin du défi…ainsi que par mon bébé de cinq mois aujourd’hui qui va bientôt demander sa tétée de la nuit!;)

Merci à toute l’équipe de nous avoir donner un espace pour nous exprimer, pour témoigner et espérons le pour peut-être changer les choses…

Et merci à vous qui m’aurez lu je l’espère avec pas trop d’ennui…

#155 Anonyme – La naissance de Liam, Québec

24 Fév

Québec, Janvier 2013

Ce n’est que 14 mois après mon accouchement que j’écris ceci. Avant cela, je ne me sentais pas prête. J’ai essayé à une ou deux reprises, mais j’en étais incapable. C’est en lisant  »Au coeur de la naissance » que j’ai compris pourquoi. Je ne me suis pas sentie respectée. Voici donc mon histoire, que j’ai écris au départ, afin d’en faire le deuil, et que je vous partage maintenant.

21 novembre 2011, 6h30. Je suis dans mon lit, tranquille. Tout à coup, j’entends un  »crac » bizarre qui proviens de mon entre-jambe. J’ai une soudaine envie de me lever. Je me dirige dans le bain car ça ne finit plus de couler. Le temps que mon mari vienne me rejoindre, je vois mes eaux qui sont un peu colorées vertes pâles. Je ne me rends pas compte de ce que ça veut dire, pour le moment.

Nous appellons à l’hôpital; puisque j’ai perdu mes eaux, même sans contractions, nous devons y aller. Heureusement, ma valise et mon plan de naissance sont prêts depuis un bon moment déjà. Demain, c’est ma  »date de péremption »… Et ma médecin prévoit déjà me provoquer dans une semaine si jamais il ne se passe rien d’ici là. À l’époque, je trouvais ça  »rassurant »…!

J’appelle mes beaux-parents pour les informer; ils nous rejoindront à l’hopital. Moi, je suis convaincue que je vais  »sprinter » mon accouchement en 3 heures, tout comme ma mère et ma grand-mère avant elle. J’appelle aussi ma mère, qui est à 2 heures de route, afin qu’elle soit à temps pour voir le bébé lors des visites de l’après-midi. Nous prenons le temps de se faire des bagels pour manger dans la voiture et sur le chemin vers l’hopital, nous sommes très fébriles! Je fais même plusieurs blagues. Je dis à mon mari  »À 12h, je vais être en train d’allaiter! ».

Arrivés au bureau des infirmières, on nous confirme que je resterai à l’hopital. C’est le protocole; j’ai perdu mes eaux et encore aucune contraction. Nous nous installons tranquillement dans une des 2 chambres de naissance. L’infirmière m’invite à me changer et mettre une jaquette d’hôpital. Je n’avais pas prévu en mettre une, je voulais être confortable, mais puisque mes eaux coule et que je dois mettre une grosse serviette, j’abdique. On me branche aussi sur le monitoring, puisqu’elles sont vertes. Tout est normal, le coeur du bébé bat très bien et lentement. On nous dis que c’est probablement du méconium, la première selle du bébé. On me fais une injection également, sans m’expliquer pourquoi. Je resterai branchée jusqu’à la toute fin de mon séjour; moi qui déteste ça. À mon souvenir, je demande si c’est nécessaire. On me dis que c’est préférable. Je déteste les piqûres, alors ça monte mon niveau de stress.

Je ne me souviens plus à quel moment, mais mon mari doit aller faire mon inscription en bas. Je me souviens que je n’aime pas cela, que j’ai hâte qu’il revienne. Ca me semble une éternitée. Je commence à me sentir  »malade »; avec la jaquette, l’injection, les eaux vertes… Je commence à trouver mon expérience désagréable. J’ai hâte que ce soit terminé.

On me fais bientôt un toucher vaginal et on confirme que rien n’a bougé. Ma médecin m’avait dit à mon dernier rendez-vous que j’étais ouverte à 1,5, col à 30%… Hé non. Rien du tout semble-il. Je suis découragée. C’est là qu’on me dis qu’avec les eaux crevées, j’ai 24 heures pour accoucher, sinon c’est dangeureux.

Les deux infirmières qui sont là sont jeunes. Très gentilles. Mais je me souviens dans ma tête d’avoir pensé  »Elles ont jamais eu de bébé surement elles, donc pas accouché… ». Mais malgré tout, elles me font rire… Youpi! Ce sont elles qui vont m’accoucher*. Mais non, à 9h, changement de  »shift ». J’apprends qu’il y en aura aussi un autre à 16h, et un autre à 20h…

*Le terme est bien choisi, dans les circonstances…

Je demande à mon mari de remettre mon plan de naissance à la plus vieille des deux infirmières, qui me réponds du tac au tac  »En principe, je n’ai même pas le droit de le lire ». Je suis complètement abasourdie; moi qui a passé minimum 3 heures à le faire. J’y avais mis BEAUCOUP d’efforts. J’avais fais des recherches pour prendre de bonnes décisions… Mais elle me rassure sur ce qui pour moi est le principal; je veux allaiter et je veux avoir mon bébé peau à peau directement après la naissance. À moins d’une urgence, c’est le protocole.

On me propose le pitocin vers 8h30. Je dis non; je veux marcher, faire du ballon… J’ai encore beaucoup de temps devant moi après tout? Alors on marche, mais leeeeentement. J’ai vraiment le sentiment d’être malade, entre autre à cause de tout ces fils qui pendent à mon bras. Ce n’est pas agréable. Je réussi à me faire enlever les fils, le temps que je bouge un peu. Par contre, je dois revenir de temps en temps pour le monitoring. À un moment donné, je suis tannée de marcher car je suis en jaquette d’hopital et il y a plusieurs inconnus dans les corridors de la maternité. Je préfère les marches, où nous sommes seuls, mais disons qu’après un bout, je suis tannée. Les hopitaux m’ont toujours déprimé. Et j’ai vraiment le sentiment que je veux être dans ma bulle; la chambre, c’est la meilleure  »bulle » que je puisse demander.

À 9h, la nouvelle infirmière vient se présenter. Elle ressemble à une de mes proches, que j’aime beaucoup… Mais pas le genre de personne que je voudrais qui soit présente à mon accouchement. Elle est plutôt froide. Sérieuse aussi. Elle me propose encore le pitocin…

Vers 11h, après 2-3 toucher vaginaux (que je demande puisque je stress – le travail avance t-il ou non? Le temps continue d’avancer… Il ne me reste qu’environ 19 heures pour accoucher!), rien n’a encore bougé. Je dis donc que je suis prête à recevoir du pitocin, ce que l’on s’empresse de faire.

Mon mari va dîner peu de temps après et c’est ma belle-mère, qui vient le remplacer. Je commence à être fatiguée (l’hopital m’épuise)… Je ris parfois, mais je pleure aussi. J’ai hâte qu’il revienne… Ma belle-mère est super correcte avec moi, mais ce n’est pas elle que je veux. Je me demande pourquoi on a pas voulu servir un diner d’hôpital à mon mari.

La porte de la chambre de naissance est ouverte la plupart du temps. À noter que dans mon plan de naissance, je demande à ce qu’on interdise l’accès à la chambre à tous le monde. Sauf que … la porte est toujours ouverte. Et il n’y a aucune surveillance. Des gens passent devant la porte régulièrement. Je me souviens avoir pensé dans ma tête  »Y’a trop de monde… ». Je me sens comme un freak show.

A ne pas oublier; je suis en robe de chambre et j’ai une grosse serviette entre les deux jambes que je dois changer aux 15 minutes; ça coule encore…

À partir de 13h, les contractions commencent, assez aprubtement, merci au pitocin… Ma belle-mère quitte peu de temps après. Je ne me souviens plus des heures rendu là cette étape, mais ça commence à faire mal, très mal… Je demande parfois à boire. Je demande si je peux aller marcher. Bref, des petites demandes bien ordinaires pour une femme qui est en train d’accoucher. Mais on me fais sentir comme une enfant qui fait des caprices.

Le monitoring me donne l’impression que mon bébé est en danger de mort. À tout moment, je m’imagine qu’il commence à faire des bruits et que les infirmières entrent dans la chambre en courant. J’ai l’impression que si le rythme change, je me ramasse avec une césarienne automatiquement. Ca deviens donc une obsession; je regarde le monitoring à toutes les 1-2 minutes. J’ai mal. Je me crispe à chaque contraction. Je n’exprime pas mes sentiments. Je me sens seule, mais en même temps, je me sens envahie. J’entends les infirmières dans le corridor. Je sais que ma famille aussi est dans le corridor, à attendre que j’accouche… Pourtant, le travail avance très peu.

Vers 18h, je demande l’épidurale; je suis enfin à 4 centimètres. Ca va venir beaucoup plus tard, vers 21h. Mes contractions s’intensifient. Je me sens paniquée, je veux crier mais je me retiens car il y a d’autres gens à l’entour et je ne veux pas qu’ils m’entendent. Dans ma tête, je perds totalement le contrôle. Je ne me concentre pas sur mes contractions ou respirations, je me concentre sur garder le contrôle pour ne pas déranger/avoir l’air folle.

Un moment donné, on me propose d’aller dans le bain tourbillon. Je ne veux pas sortir de la chambre en robe d’hopital… Il y a pleins d’étrangers dans le corridor! Je mets ma robe de chambre que j’ai apporté, mais avec les fils, c’est compliqué, c’est long… Et je me déplace à la vitesse d’une personne âgée, toujours avec l’impression que je suis gravement malade.

En sortant dans le corridor, je vois ma famille… Je sens qu’il faut que je fasse ça vite. Ils attendent après moi… Mais en même temps, je ne veux pas qu’ils quittent, car leur présence fait en sorte que je me sens plus  »chez moi », dans cet hopital si froid.

Le bain, ça me fait du bien. La pièce est chaude, petite, l’éclairage est doux. Mon mari est là. Je me sens bien, malgré les douleurs incroyables. Sauf que je stress, car selon l’infirmière (qui a changé encore, soit dit en passant), j’ai un temps limité. D’un coup qu’une autre femme enceinte en aurait besoin. Je stress donc de perdre ma place. Je me souviens avoir pensé  »je veux accoucher ici ». Je suis nue devant la petite infirmière qui semble etre plus jeune que moi. Je me sens gênée, mais j’ai tellement mal, et elle est quand même gentille.

Elle dit aussi, entre deux visites, que le concierge doit venir laver le bain entre deux utilisations, alors je stress pour ça aussi. Je me souviens penser  »d’un coup qu’il entre sans cogner ». Ce n’est pas tant que je suis pudique, mais je me sens vulnérable, nue et en contractions. Il faut dire que, je ne sais plus pourquoi, mais pendant un petit moment, mon mari est disparu. Je suis donc seule. L’idée de me faire voler ma place dans le bain m’agace trop. Et j’ai chaud. Je décide donc de retourner dans la chambre.

À deux reprises, parce qu’on me dis que je ne peux plus me lever, l’infirmière me rentre une aiguille dans l’urètre pour enlever l’urine de ma vessie. Ca me fait extrèmement mal. Je pleure. On ne m’explique pas pourquoi on dois faire cela et dans ma tête, je pense  »ma vessie va exploser si on ne le fais pas ». Alors je suis stressée, je veux refuser le traitement mais je dis oui quand même, par peur.

5 membres de ma famille, qui étaient dans le corridor, décident de partir. Ils entrent dans la pièce comme si de rien était et me disent qu’ils vont revenir le lendemain matin. Je me souviens avoir pensé  »Je m’en fou! Pourquoi on les as laissés entrer!? », mais en même temps, j’ai le sentiment de me sentir encore moins à mon aise. Que je le veuille ou non, le pourcentage de  »connus » dans l’unité de naissance vient de diminuer. Ca m’angoisse.

Je suis épuisée. Je commence à me fâcher pour avoir l’épidurale au plus vite. Quand l’anesthésiste arrive, je suis tellement contente. L’épidurale se passe bien, mais c’est stressant; je ne dois absolument pas bouger. Et j’ai aussi un profond sentiment d’échec immense qui m’envahit.

Après quelques minutes à demander quand ça fera effet, je me sens plus mes contractions. Je me sens vide… C’est comme si les contractions m’apportaient une chaleur et que maintenant, je suis seule dans le froid. On ferme les lumières de la chambre… Je somnole… J’ai hâte de pousser, mais ça me stress en même temps. Je suis un peu dans les vappes.

On dis à un certain moment que la dose de pitocin va être diminuée, il est trop fort. Le temps entre le 9 et le 10 de l’ouverture du col me semble une éternité. Finalement, la médecin (que je n’ai jamais rencontrée de ma vie) me dit que je peux commencer à pousser, mais ne semble même pas certaine que je suis ouverte à 10… Insécurisant!

Je pousse. Mon mari est à ma gauche mais j’aimerais qu’il soit plus près de mon corps. L’infirmière de nuit (une des deux premières du matin) est là et me dit  »Vas-y… Vas-y… ». Je vais avoir cette voix dans la tête plusieurs mois après mon accouchement. Je ne sais pas pourquoi, sur le coup, ça m’encourageait, mais après, ce souvenir m’agresse et me fais sentir toute croche. Comme si j’étais un enfant à qui on disais quoi faire. Comme si c’était elle qui fesait le travail à ma place.

Je pousse pendant 1h30. Entre les contractions, je somnole et je suis dans les vappes. On me donne de l’oxygène. Au moment ou je commence à me sentir bien dans ce que je fais, en confiance, j’entends qu’il est possible qu’on ne me donne pas mon bébé tout de suite à cause du méconium dans les eaux; ils doivent enlever les sécrétions du bébé. Je me souviens que ça me stress. Je veux être la première à prendre mon bébé, à le toucher! Je me souviens même à penser  »J’aimerais aller le chercher moi-même, mais ce n’est pas possible; j’ai l’épidurale ».

À un certain moment, je sens une tension dans la salle et j’entends que je devrai peut-être changer de position si la tête du bébé reste coincée. Je crois qu’on me demande de pousser même si je n’ai pas de contraction; gros stress, encore une fois. Je pousse de toutes mes forces. Je sens que ma tête va exploser. Mais ENFIN! Mon bébé sort!

À la sortie, on mets mon fils sur moi et je me souviens avoir pensé  »Ne me l’enlevez pas… ». Mais on le prends quelques minutes pour je ne sais quoi. Je dis à mon mari de rester près de lui. Moi, je dois évacuer le placenta. Je veux mon bébé, je veux le voir… Donnez moi mon bébé…

La médecin me recoud car j’ai déchiré au 2e degré. Je sens tout ce qu’elle fait, ça m’agresse au plus haut point. Je lui demande plusieurs fois si c’est bientôt terminé. C’est long… Ca me semble une éternité. Je veux mon bébé… Personne ne me prête attention. J’aimerais des encouragements, mais ils sont tous en train de s’occuper de mon fils, qui est en parfaite santé.

Quand on mets mon fils sur moi, je demande à l’allaiter. L’infirmière, me dit comment faire. Je me souviens de penser dans ma tête  »Elle a même pas de bébé elle, pourquoi elle me dit quoi faire? ». Je crois que si on m’avais laissé la chance d’écouter mon instinct, moi et mon fils, nous aurions sû comment. La première tétée se passe bien, sans douleurs. Mon bébé sent tellement bon. Je veux que cette première tétée dure toute la vie… Mon mari prends quelques photos. Enfin, la paix. On nous laisse un peu tranquilles.

Plus tard, on nous apporte dans notre chambre, en chaise roulante. J’ai mon fils dans mes bras. C’est très vague. Les lumières sont toutes fermées dans le corridor, mais je me souviens qu’il y a quelques étrangers autour. Je me souviens de penser  »Regardez ailleurs ». C’est comme si le mammifère en moi voulait protéger son bébé.

Les premieres heures sont vagues. Je me souviens d’être tellement heureuse avec mes amours, malgré tout. J’entends constamment les bébés de la pouponnière pleurer. C’est si triste! Mon mari va dormir à la maison, puisque le minuscule lit dans la chambre est inconfortable. C’est ma belle-mère qui reste avec moi. On me dis sans cesse d’essayer de dormir, mais j’en suis incapable. Je veux mon bébé. Profites-en, ils me disent, il dort! Tu dois récupérer!

Mais moi, je veux mon bébé dans mes bras. Je n’ai pas envie de dormir… Ma belle-mère berce un peu mon fils, et ça ne fait pas mon affaire. Je ne comprends pas pourquoi je me sens ainsi, mais c’est comme ça. Je me souviens être fâchée du sentiment d’impuissance qui m’habite depuis que je suis entré dans l’hôpital. Mais encore là, je ne dis rien. J’ai encore le sentiment d’être malade, que les autres savent mieux ce qui est bon pour moi.

Je décide d’aller prendre une douche, en soirée. Je dois passer a coté de pleins d’hommes qui sont en visite. Je me sens nue, je me sens mal… J’ai peur de tomber et de m’évanouir dans la douche. Je suis toute seule, j’ai peur que quelqu’un entre dans la pièce, qui n’est pas barrée. Je veux retrouver mon bébé et mon amoureux. J’aurais aimé qu’ils viennent dans la salle de bain avec moi, mais on me l’a refusé.

Lorsque la médecin qui m’a suivi durant ma grossesse arrive pour voir le bébé, elle est avec une étudiante… J’avais pourtant demandé pas d’étudiants dans mon plan de naissance, mais il n’a jamais été lu. Je respecte beaucoup l’idée que les étudiants doivent vivre ces expériences, mais moi, après la mienne, je n’ai pas envie de voir personne.

Mon fils et moi avons aussi de la difficulté avec l’allaitement. 3 quarts de travail, 3 infirmières par quart… Pour un total de 9 infirmières, qui me donnent des conseils totalement différents, parfois même opposés les uns des autres. J’ai peur que ça ne fonctionne pas. J’y tiens tellement! Je pleure parfois.

Le reste du séjour se passe relativement bien. Heureusement, nous avons une chambre privée! Nous quittons l’hopital plus tot que prévu, à notre demande. Les dernières heures sont interminables et stressantes. On nous donne l’impression qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Et l’épée de damoclès reste sur nos têtes, même rendus à la maison; la fameuse jaunisse.

De retour à la maison, malgré les difficultés d’allaitement, malgré le manque de sommeil, tout ça nous rends extremement heureux. Je suis comblée. Enfin dans nos affaires. Je peux maintenant accueillir mon fils, réellement.

Malgré le fait que d’accueillir mon fils fut le plus beau moment de ma vie, voici le souvenir que je garde de mon accouchement; Je me suis sentie comme une enfant qui fait une bêtise à qui on dis quoi faire, que l’on punis. Je me suis sentie violée dans mon intimité, rien de moins. Je me suis sentie seule, malgré la présence de mon mari, qui, je l’ai su par la suite, s’est senti aussi mal que moi dans tout ça.

C’est pourquoi, pour mon deuxième accouchement, je ferai des choix différents. Je veux que cet accouchement soit le nôtre; celui de notre futur bébé, le miens, celui de mon mari et celui de mon fils, grand-frère. J’ai espoir que cet accouchement sera à notre image; naturel, simple et tout en douceur. J’espère que la vie nous donnera bientôt cette chance…

-Anonyme