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#350 La naissance de K., dans l’Ardèche près de la Drôme

1 Mar

On est parti vendredi à la mater parce que j’avais des contractions, une fois là-bas on m’a dit que c’était une infection urinaire et que dans 48h je serais rentrée à la maison.
On m’a installée dans une chambre double au bout du couloir (la dernière disponible), « l’agréable » SF a insisté pour que chéri rentre, j’ai passé la nuit perfusé avec antibio et spasfon.
7h30 « l’agréable » SF arrive et boom je romps la poche des eaux devant elle pile poil au moment où elle me dit qu’elle avait raison et que c’était pas des contractions.
Changement d’équipe à la mater, on me demande après un monito de 20 minutes de faire un suppo « pour me vider » et de prendre une douche, et là je ne verrais plus personne….

J’ai senti et reconnu la poussée comme pour la naissance de ma 1ère fille ce qui a sauvée K. sinon elle serait née dans les toilettes/sous la douche… donc je me suis allongée sur mon lit.
La nouvelle SF est arrivée pour se présenter: Bonjour madame… euh attendez je l’attrape…
J’ai douillé pas mal, mais rien d’insurmontable mais surtout je me sens comme un chien qu’on a laissé de côté.
Officiellement ma fille est née à 8h25 c’est à dire l’heure à laquelle on est arrivé dans la salle de naissance.

Et je ne vais pas vous faire flipper en vous parlant de mon séjour qui a été la catastrophe, à me dégouter de faire un n°3!

Pour parler de mon séjour en lui même, voici quelques exemples:
– gros souci d’anémie, ils m’ont fait 3 poches de fer alors que normalement ils auraient dû me faire une transfusion sanguine, qu’ils m’ont imposée au bout de 4 jours sinon ils me laissaient pas sortir de la clinique, un professeur est venu spécialement pour nous faire flipper mon mari et moi comme quoi à la moindre coupure j’allais mourir (pas de pression du tout…)
– aucune considération du personnel qui m’ont réveillée tous les jours à 7h30 pour le petit dej suivi par le ménage de la chambre, on laissait la porte du couloir ouverte pour que ça sèche donc n’importe qui pendant ce temps avait une vision de ma chambre et de mon intimité
– dans un moment de fatigue de ma part, mon mari a demandé au personnel un biberon et la puéricultrice « lui a bouffé le nez » en lui répondant que quand on choisit l’allaitement on ne donne pas de biberon

Le summum c’est qu’à la visite des 6 semaines après l’accouchement mon gynéco m’a annoncé qu’il me restait un morceau de placenta donc il me reste 1 semaine pour que mon corps l’expulse sinon c’est opération sous AG, d’ailleurs c’est la seule personne du corps médical qui s’est excusé pour mon accouchement et le reste.

Pour essayer de me « reconstruire » je viens de commencer des rdv avec une psy spécialisée dans ce domaine, depuis mon retour à la maison je ne pouvais pas dormir seule, en fait je ne peux plus rien faire seule, j’ai peur de l’abandon et j’en veux énormément à mon époux qui n’a pas su me faire confiance quand je lui disait que j’allais accoucher.

#341 La naissance de jumeaux, dont un petit ange – 2012

8 Fév

J’ai 25 ans, 1an 1/2 d’attente avant d’être enceinte. Le jour de la 1ère écho, trop pressée et stressée à la fois!! Super, le gynéco qui annonce des juju!!! Wahou, l’aventure commence. Jusqu’a 6 mois 1/2 tout roule pas malade rien du tout et des échos tous les mois. 6ème écho la bouche en coeur nous arrivons pour voir nos loulous à l’ecran!! La tête du gynéco change, il sort de la piéce, revient tout blanc… Il annonce le décès de ma fille…
Il explique la suite, donc je porterais mes 2 enfants jusqu’à terme et j’accoucherais naturellement.
10 jours avant ma DPA, contractions toutes les 5 minutes. Je décide d’aller a la mater, monito, on me dit c’est du faux travail. Ok.
Le lendemain toutes les 3 minutes rebelotte j’y retourne. Monito. Le col a peu bouger. On decide de me garder pour la nuit et que sa serait justement dans la nuit. On continue le monito. L’equipe de jour finit son service. Une sage femme rentre dans la chambre, ne se présente pas, elle me fait un examen qui me fait hurler de douleur! Elle me dit le col est trop haut, mais je ne sais pas ce que je touche, si c’est le crâne ou bien un orbite… bref elle part de la chambre me laisse sous monito. 5 minutes plus tard elle revient en furie dans la chambre, me hurle dessus en disant « degagez du lit, j’ai une femme à dilatation complète! Allez vous habiller dans le couloir ». Elle me tire du lit par les bras. Je fais ce qu’elle me dit, choquée par ses propos et au bout des larmes. Je lui demande: mais les contractions… pas pu finir ma phrase elle crie « allez voir ma collègue, elle va vous donner un suppo »…
Retour à la maison difficile. Pas dormi de la nuit.
Le lendemain je ne pouvais plus marcher. Je retourne a la mater! Et la un sketch total! J’ai eu le droit à 5 échos entre 15h et 21h. Et plus d’une 15aine de touchers et tous cela parce que personne ne savait se qu’il « touchait »…
Un stress, une angoisse depuis la veille, une peur qu’il arrive quelque chose a mon bébé vivant!
J’ai été finalement declenchée. Mise sous morphine pour la douleur.
Une péridurale qui ne marche pas du coté gauche…
Et au moment de la dilatation complète, une sensation étrange: quelque chose glisse de moi! Juste le temps de dire à mon mari d’apeller une sage femme qu’elle rattrape ma fille au vol! Une fois mise dans un sac « poubelle » elle me demande: « vous voulez la voir?! »
Mon garçon a eu du mal à sortir, il était trop haut, beaucoup d’effort et d’aide du gynéco.
Le placenta qui est sorti a plus de 30 min et bien sûr un début d’hémorragie…
Tout compte fait, AUCUNE personne du personnel soignant de la maternité ne savait que j’attendais 2 bébés! Ils m’ont laissée souffrir du jeudi au dimanche midi!
Voilà mon histoire… aujourd’hui mon fils va fêter ses 2 ans au mois d’avril et lui c’est ma plus belle fierté.

#340 L’accouchement de Justine, Belgique 2011

8 Fév

Nous sommes en 2010 quand mon compagnon et moi apprenons que je suis enceinte. Ayant très peur de l’accouchement, de l’hôpital, de l’acte médical, je ressens le besoin de suivre une préparation à l’accouchement. Cette préparation qui est l’haptonomie m’a vraiment rassurée dans le sens ou je me suis sentie capable d’accoucher, j’ ai pris confiance, nous étions serein.

Le 17 mars, je perds les eaux a 22h. Le papa et moi décidons de prendre notre temps avant d’aller à la maternité. Nous prenons les dernières photos à deux, …
Nous arrivons a minuit à la maternité. Je passe par l’admission et je me retrouve très vite dans une chambre ou on me dit d’essayer de dormir car les heures qui suivent vont être difficiles. Deux heures plus tard, les premières contractions arrivent, on m’apporte un ballon afin de me soulager. Mon compagnon et moi arrivons a bien gérer les contractions, Grace a notre préparation, je pense. Mais, je comprends très vite que le personnel est débordé, nuit de pleine lune ? Personnel insuffisant? … Je n’en saurais pas plus.
On m’envoie une stagiaire sage femme pour s’occuper de moi. Elle passe toutes les 1h30 plus ou moins afin de m’ausculter. Il est 12h la douleur est de plus en plus forte mais nous continuons a gérer les contractions tant bien que mal. Le travail est lent, mon col ne s’ouvre pas, je fatigue, … J’aperçois la sage femme, enfin, dans ma chambre, elle vient m’ausculter, la stagiaire sage femme m’ausculte aussi. J’avais mal, je ne voulais pas qu on m’ausculte une seconde fois mais je n’ai rien su dire.
Je comprends que mon col ne bouge pas, elles parlent entre elles mais ne me disent rien.
Dans la chambre d’a coté j’entends une maman en souffrance, qui crie beaucoup, j’ai peur mais je me concentre.
Vers 13heures, la sage femme me dit : ‘ la dame d’à côté demande la péridurale, si vous la voulez c’est maintenant car après je ne suis pas sûre que l’anesthésiste revienne’. Oui, j’aurais aimée essayer aller plus loin sans péridurale, oui je voulais un accouchement naturel, mais prise de panique, j’accepte.
Nous partons en salle de naissance, on me pose la péridurale qui fait très vite effet. On m’injecte une dose d’ocytocine, le travail n’allant pas assez vite à leur goût, je présume, on m’en injecte une deuxième.
Tout s’enclenche, je ne me sens pas bien, je ne vois plus, … Le rythme cardiaque de mon bébé chute, une dizaine de personnes rentrent dans la salle, mon compagnon était à côté de moi et tant bien que mal, il garde son calme, pour moi.
Personne ne m’explique rien mais je comprends que c’est grave. On me sonde, on me prépare … Mon gynécologue arrive … Enfin, un visage connu.
Et là d’un ton paternaliste, il m explique que ce n’est pas grave, le bébé va bien mais il ne faut plus tarder car il ne supporte plus les contractions, il pose sa main sur mon épaule et là d’un coup je me suis sentie en sécurité. J’avais besoin de ces explications, de ce ton rassurant.
Il accepte même la présence du papa en salle d’opération et nous partons en césarienne.
Arrive en salle d’opération on me prépare, et la je sens qu’on ouvre mon ventre, j’ai peur, je sens, je débats mes jambes, l’anesthésiste me fait respirer dans un masque, je m’endors. On sort mon fils de mon ventre, le papa accompagne la sage femme pour les premiers soins. Mon compagnon m’explique qu’il a dû insister pour que je vois mon fils avant d’aller en salle de réveil, on ne voulait pas me le montrer car j’étais endormie…. Pourtant je me souviens d’avoir entendu la voix du papa de loin m’appeler, je me réveille et je vois le visage de mon bébé à côté de moi quelques secondes, un moment rempli d’émotions.
Ensuite, on m’emmene en salle de réveil pendant deux heures.
Lors de mon réveil, on tarde a me ramener en chambre, une sage femme passe au bout de mon lit et me dit ‘qu’il est beau votre fils madame !’ Cette phrase résonne encore dans ma tête à l’heure actuelle, comment peut-elle se permettre de me dire ça à moi, qui a juste eu le droit que de l’apercevoir, moi qui n’attend qu’une chose c’est qu’on me remonte dans ma chambre afin de retrouver mon fils et mon compagnon?
Ce n’est que deux heures après sa naissance que notre histoire de vie à trois a pu commencer …
Il me manque des chapitres dans l’histoire de mon fils, j ai l’impression d avoir raté des choses, de ne pas avoir été là comme je l’aurais dû, comme je m’en étais fait l’idée…

#240 Céline, à Toulouse en 2010

13 Mar
Je garde un souvenir très mitigé de mon accouchement et de mon séjour à la maternité.
Après 6 mois d’essais, en mars 2010, j’apprends que je suis enceinte de quelques semaines. Les différents médecins ne sont pas d’accord sur la date de conception et donc sur la date d’accouchement. Certains me disent que c’est pour le 25 novembre, d’autres pour le 2 décembre, ça commence bien!
Mon endocrinologue, qui est aussi gyneco me demande de me faire suivre dans l’hopital où elle travaille, pour pouvoir me suivre avec la sage-femme avec qui elle travaille. En effet, je n’ai pas de glande thyroïde de naissance alors il me faudra un suivi un peu plus poussé. Comme c’est la maternité où je suis inscrite pour accoucher, j’accepte !
J’ai surtout choisi cette maternité pour 2 raisons : c’est une maternité de niveau 3 et ce ne sont que des chambres individuelles où le papa peut rester dormir ! Donc après ma 1ère consultation avec mon endocrino et après l’écho des 12 semaines, on me demande de programmer toutes les consultations de suivi, ainsi que les échos des 22 et 32 semaines.
Sachant que depuis le 2è mois de grossesse, je vomis pratiquement tout ce que je mange, je n’ai envie que de melon et de petits-suisses. Mon homme stresse tellement qu’il a pris 4kg! Les 4kg que j’ai perdu pendant les 3 premiers mois sans doute.
Enfin au 4è mois, on me fait les tests pour les marqueurs de trisomie qui se révèlent mauvais ! Alors on programme une nouvelle écho. A l’écho la nuque est normale, on me dit que tout va bien mais que le bébé est un peu petit. On me dit de me reposer un peu plus jusqu’a l’écho des 22 semaines.
A l’écho des 22 semaines, on nous annonce que ce sera une petite fille. Nous sommes très contents, cela nous était égal que ce soit un garçon ou une fille. De plus, elle reste un petit gabarit mais elle est remontée dans les courbes donc tout va bien. On me demande tout de même de reprogrammer une écho à 6 mois au retour des grandes vacances.
Ça commence à être un peu la corvée les échos car à chaque fois les échographes me font mal, mon chéri a même été choqué des coups qu’on me donnait dans le ventre pour faire tourner le bébé,  j’en ai souvent eu les larmes aux yeux.
On me donne le feu vert pour partir en vacances. On doit remonter dans la famille et on a un mariage de prévu. Nous partons donc l’esprit tranquille.
Au retour des vacances, je passe mon écho et la on m’annonce qu’il va falloir que je reste allongée le plus possible pour qu’elle grossisse, de plus par le manque de repos et l’excès de voiture pendant les vacances, mon col s’est ouvert a 2 !
A l’écho des 32 semaines, le bébé a grossi mais il faut encore que je me repose au moins jusqu’à 34 semaines. Ok. Entre temps je suis suivie par une SF libérale pour la préparation a la naissance et elle me fait des monito dès que j’ai des contractions. A 34 semaines, elle me dit que je peux reprendre une vie “plus normale”!
Le temps passe et à 35 semaines, j’ai de + en + de contractions, je dors mal la nuit car la petite a les pieds sous mes côtes, donc dès qu’elle les bouge, ça me fait très mal. La sage-femme vient me voir a la maison dès que possible comme j’habite sur sa route, elle passe matin et soir car elle sent que je commence a être a bout ! A 36 semaines, elle me propose un décollement des membranes ! J’accepte ! C’est douloureux mais comme j’ai des contractions douloureuses depuis plusieurs jours, je ne suis plus à ça près !
Nous sommes le vendredi 29 octobre et donc je suis encore a 1 mois du terme ! Après le décollement, les contractions s’intensifient, le soir après 2h de contractions douloureuses et à peu près régulières, nous décidons d’aller à la mater ! La sage-femme des urgences s’appelle Céline (comme moi) et est très agréable, elle plaisante. Je lui dis que je suis très fatiguée ! J’accepte que ce ne soit pas le moment d’accoucher mais je voudrais pouvoir me reposer ! Elle me propose une perf avec un produit pour me détendre, j’accepte, on s’installe avec mon chéri. Très prévoyant il a apporté le pc portable avec des films alors on se fait une petite séance de ciné. On finit par s’endormir tous les 2.
Le lendemain matin (donc samedi 30), la sage-femme de l’équipe de jour après avoir vérifié mon col nous renvoie a la maison ! Elle est beaucoup moins agréable que celle de la nuit. Nous rentrons donc fatigués. A la maison, nous prenons un bon petit dej, mon homme me rassure et me dit d’être patiente ! Je me rendors sur le canapé.
Je n’ai plus de contractions et je me sens beaucoup mieux à mon réveil.
Je décide de prendre une bonne douche chaude (les bains me donnent la nausée) et demande à mon homme de se préparer pour qu’on aille promener notre chienne. Il me dit qu’il veut aller faire une course après. Je suis d’accord. Avant notre départ pour notre promenade, je perds le bouchon muqueux mais je sais que ça ne veut pas dire grand chose.
Puis nous partons pour le centre commercial situé a 10 min de la mater au cas où, même si je dis à chéri de ne pas prendre le pc car ce ne sera pas pour ce soir ! Je veux mon lit ! Il ne m’écoute pas… (tant mieux).
Nous arrivons sur le parking, je descends de la voiture et je fais 2 pas, je sens que ça coule mais pense au reste du bouchon, je fais un autre pas et la SPLASH ! Je m’arrête net ! Mon conjoint voit mon air choqué et me demande ce qu’il se passe “j’ai perdu les eaux!!!” “non?” “si regarde !” (je me retourne et il voit la grosse tache sur mes fesses). Aller on remonte en voiture tout excités, le temps de mettre un sac de courses sur le siège !
Arrivés a la mater (il est environ 19h), j’explique à la secrétaire de l’accueil des urgences ! Elle me demande si je suis sûre, je lui montre mon jean ! Elle n’est pas aimable… Et je n’aime pas comme elle me prends pour une demeurée!
Une sage femme arrive et me demande si j’ai des contractions : “non” et “votre bébé bouge bien?” “bein pas trop depuis ce matin”. Elle m’emmène vite faire un monito pour vérifier que tout va bien et demande a mon homme de terminer les papiers (il a l’air ravi!!!).
Là, une fois installée la sage femme de la veille arrive et me dit qu’elle espère voir mon bébé avant la fin de sa garde ! Je suis contente que ce soit elle! Elle me propose un bain car il y a une baignoire dans toutes les salles de pré-travail, je lui explique que je ne me sens pas bien dans un bain depuis le début de ma grossesse. Elle me propose donc le ballon. OK pour le ballon. Elle revient 30 min + tard en me disant qu’il n’y a pas de contractions et qu’on va m’installer en chambre et que papa devra rentrer car c’est une chambre double, je ne suis pas d’accord mais je n’ose pas trop le dire a la SF, par contre je dis a chéri que je ne veux pas qu’il parte !
Finalement elle me laisse encore 30 min pour que le travail se déclenche. 10 min plus tard, les contractions commencent tout de suite fortes et toutes les 7 min! Ok ça sera pour cette nuit! Chéri peut rester… oufff!
La SF dit à chéri qu’il vaut mieux qu’il aille manger maintenant car après ça sera plus difficile et la nuit risque d’être longue ! Il part en me laissant sur le ballon (il est dans les 22h)
Mes contractions se rapprochent mais je gère sur le ballon et devant un film ! La sage femme essaie de me soutenir mais elle reste discrète quand même. Vers 23h, chéri revient les contractions sont toutes les 4 min et durent 1 min ! Ca devient difficile!
La sage femme me demande à vérifier mon col! Ok : vous êtes a 2,5… pfff pourquoi on a fait un bébé? ça va être long ! La SF me dit qu’elle me ré-examinera dans 1h!
A minuit le col n’a pas bougé mais il s’est durci a cause de l’intensité des contractions et oui je suis à une contraction toutes les 2 min qui durent 1 min. 1 min pour souffler c’est trop court! La SF voit que je suis à bout! Elle me dit qu’elle va voir avec l’interne de garde ce qu’on fait car elle a peur que la petite souffre des contractions qui sont un peu trop fortes et pas assez espacées à son goût! A 00h15, elle vient me dire que ça y est on va m’installer en salle de naissance et que je vais avoir la péri! Oui piquez-moi!!!!
A 1h00 l’anesth arrive : ah je vois que je vous avez un début de hernie discale la où on pique habituellement alors je vais piquer + haut ! M. vous voulez sortir?” et moi “NON! Il reste la!!!” “Ok comme vous voulez. Alors vous ne bougez pas et vous me dites quand je suis au milieu”… 01h30 : “Ah ça y est j’ai réussi, vous étiez difficile à piquer, je suis fière de moi, j’ai failli vous rater! Votre zone péri est toute petite madame!” “Ah bein j’ai rien senti, on m’avait dit que c’était horrible” “Je vous félicite, vous n’avez pas bougé malgré la régularité et l’intensité de vos contractions!” “merci à vous je sens déjà les effets”.
On m’allonge sur le lit avec une couverture car j’ai froid. Vers 1h45, je somnole et chéri aussi (malgré la pauvre chaise en plastique qu’il a pour s’assoir)!
A 2h je me réveille en sursaut, je vois ma grand mère qui me dit au revoir de la main (elle est décédée a 2h20 cette même nuit). Je me dis que je dois halluciner à cause de la péri… J’essaye de me rendormir mais a 2h30 la SF de la salle de naissance vient me réexaminer et me présenter l’étudiante qui sera là jusqu’à la naissance de ma fille (elle a l’air intimidée), j’accepte sa présence ! La SF me dit que je ne suis qu’à 3 et me dit qu’elle va me mettre de l’ocytocine dans la perf, j’accepte car mes contractions se sont espacées. C ‘est la nuit du changement d’heure donc je ne sais pas si c’est la nouvelle h ou l’ancienne.
Toujours est-il qu’à 4h la SF me dit que je suis à 10 mais que déjà bébé est remonté a cause des contractions et que de toutes façons il n’y personne pour m’accoucher car il y a un accouchement de triplés à côté qui se passe mal et qu’ils ont besoin de tout le monde ! “et si ça pousse?” “Et bien vous serrez les jambes!”
Ok mais moi mes jambes je n’arrive pas a les lever (bein oui je me suis réinjectée de la péri a 3h45 car j’avais de nouveau mal).
L’étudiante reste présente et essaie de me rassurer même si elle n’est pas très convaincante car elle n’a pas l’air plus rassurée que moi. A 6h la SF arrive enfin, l’étudiante est pâle et parle tout bas à la SF, qui vient me dire qu’on va s’installer pour la poussée mais qu’il y a un problème, “on ne capte plus vos contractions au monito, votre uterus est trop rétracté, donc c’est vous qui allez nous dire quand vous aurez une contraction » “bon ok” “si au bout de 30 min bébé n’est pas la, on vous aidera!” “Ok” (pas le choix de toutes façons).
6h20 :  les pieds dans les étriers, le dossier relevé au maxi (pas évident avec le bidon) et “poussez madame” “c’est très bien!” plus le temps passe et plus je vois du monde autour de moi qui me dit de pousser!
6h40 toujours pas de bébé, j’entends le bruit caractéristique du métal (non je ne veux pas qu’on me touche ou qu’on touche mon bébé avec ces engins de torture, je vais y arriver sans, il le faut)!
6h44 : “la tête est sortie” j’entends mon bébé pleurer!  6h45: “poussez encore une fois pour l’épaule! Stop, arrêtez de pousser!” et Chéri : “Pousse, pousse, pousse…!” (à fond dedans) et ça y est bébé est là ! Elle crie et a déjà les yeux ouverts !
Elle est trop belle! On me l’a mise en peau à peau! J’ai vu une petite larme sur la joue de papa qui n’est pourtant pas émotif ! Papa a coupé le cordon! Maëlys est née!
On me dit qu’elle est un peu froide qu’on va la réchauffer un peu et la peser pendant qu’on me fait quelques points! 3 à l’intérieur et 2 à l’extérieur. Puis papa revient avec bébé et on me la remet en peau à peau pendant 2 bonnes heures.
Verdict 2,465kg et 43cm. Elle est petite mais très tonique! Chéri va avertir la famille. C’est là qu’on apprendra que ma grand mère est décédée. Quand il revient, il ne dit rien mais à ses yeux je comprends de suite. Là je lui passe la petite car j’ai besoin de pleurer ma grand mère seule. Une auxi puer me voit pleurer et me demande ce qu’il se passe, quand je lui réponds, elle me réconforte.
Pour me changer les idées, elle propose que Papa habille bébé à côté de moi. Et ça fonctionne ! J’ai tout de suite retrouvé le sourire. On me demande si je veux essayer de donner le sein, oui au moins la tétée d’accueil, après on verra ! On me dit qu’on va rester encore un moment en salle de naissance car il n’y a pas de chambre de disponible. Et puis vers 10h, on nous remet en salle de pré-travail car ils ont besoin du bloc. On s’y endort tous les 3, après que papa ait donné le biberon (le papa sur le lit avec moi, tellement il est fatigué). Vers midi, on nous réveille car il y a enfin une chambre de libre.
L’accouchement en lui-même ne s’est pas mal passé, mais j’aurais aimé qu’on me dise que je pouvais accoucher dans une autre position et à la fin de mon accouchement, il y avait tant de monde dans le bloc, que j’avais beaucoup de mal à me concentrer mais, même si j’avais envie de leur dire “de la fermer” (désolé mais c’est comme ça que je le pensais à l’époque), je ne voulais pas parler et risquer d’encore plus me déconcentrer. Pour l’allaitement on ne m’a pas demandé ce qui me faisait peur, j’ai arrêté car j’avais peur, peur d’avoir mal, peur de ne pas y arriver…
Le séjour à la maternité reste aussi mitigé :
Les soignants dans l’ensemble n’étaient pas patients.
On m’a obligée à aller à la selle alors que je n’avais pas envie (étant sous Levothyrox, je suis sujette à la constipation). J’ai fini par mentir pour qu’on me laisse tranquille.
J’ai eu un énorme œdème du périnée qui n’a été détecté que le lendemain de mon accouchement car la sage-femme ne m’a pas auscultée quand je suis montée en chambre. Du coup, 3 jours avec un bloc de glace entre les jambes. Je me suis fait reprendre parce que je ne voulais pas mettre des slips filets.
Lors du 1er bain de ma fille, je me suis aperçue juste après qu’elle n’avait plus son bracelet d’identification, l’auxi puer le lui avait enlevé! J’étais très en colère!
Il n’y avait pas de berceau pour ma fille car ils avaient eu 3 ou 4 accouchements de jumeaux et un accouchement de triplés dans la semaine. On a mis une de mes amies (qui avait accouché 3 jours avant moi) dehors pour récupérer le berceau de sa fille!
J’ai été très choquée de constater que le matin, alors que je prends normalement du lait, on me versait de l’eau tiède dans un bol en plastique où on enlevait une opercule sous laquelle il y avait du lait en poudre mélangé à du chocolat en poudre. Dans un hôpital ne pas servir du vrai lait est scandaleux je trouve.
Et puis il fallait que je réveille ma fille toutes les 3h pour l’obliger à manger alors qu’elle était fatiguée. Je trouve qu’on ne nous fait pas confiance et qu’on ne fait rien pour qu’on ait confiance en nous-même.
Mon chéri s’est fait réprimander pour des détails. On m’a demandé de retourner pour des contrôles à la mater parce que notre fille faisait moins de 2,5kg a la naissance mais j’ai préféré faire confiance à ma sage-femme libérale très présente et très à l’écoute.
Nous avons commencé les essais pour bébé 2 et je n’ai pas envie d’accoucher là-bas pour notre deuxième mais j’ai peur de connaitre pire ! Je demanderai l’avis de ma SF le moment venu! J’aimerai un AAD mais déjà le papa ne sera pas d’accord et j’ai trop peur qu’il y ait un problème. Pour moi l’idéal serait d’accoucher en plateau technique avec ma SF libérale ou en maison de naissance!
C’est vraiment dommage qu’au 21è siècle on ne respecte toujours pas les femmes et qu’on ne les écoute pas plus ! On nous dit que l’accouchement physiologique est meilleur pour le bébé et la maman mais a coté de ça, la majorité des établissements ne fait rien pour que ce soit le cas.

#03 H.P. – septembre 2011

28 Jan

France, Septembre 2011

J’avais pourtant fais un projet de naissance, mais pas le temps les sage femmes en consultation n’y ont même pas jeté un œil avant le jour j, et le jour j….. Je crois qu’il est resté bien rangé dans mon dossier, et que personne n’y a jeté un œil. Je suis primipare durant toute la durée de mon séjour là-bas (accouchement et post partum) je n’ai rien osé dire, jamais.

Ça n’a pas été l’horreur loin de là, médicalement tout c’est bien passé, mais moi j’ai une sorte d’amertume, on m’a volé des moments, on m’a volé mon rêve.

Le jour j était enfin arrivé, tôt le matin, nous somme allés sans rien dire à personne à la maternité, tv de contrôle je suis à 4 on va directement en salle de naissance, je n’ai pas encore trop mal; j’ai demandé la salle nature, elle est dispo; c’est bon !!

La salle est grande bien agencée. Je pense que je vais y rester toute la journée, pose du monitoring, pas assise allongée…. Ça ne sert donc à rien d’avoir tout cet espace, ce ballon, ces lianes si je ne peux pas m’en servir pour me soulager, après 1h on me délivre je peux enfin bouger mon bassin et ça va mieux.
Le temps passe, je veux aller dans la baignoire, le personnel a mieux à faire que de me sourire; on nous jette des serviettes et on nous laisse seuls encore, je vais dans l’eau il doit être a peu près 10h du matin, je gère encore, mon mari, lui, ne sais pas trop quoi faire pour m’aider; il est perdu ne s’attendait pas à cette douleur
Peut-être 2h dans l’eau je ne sais pas, je sors, j’ai mal je ne gère plus du tout, ni avec le ballon, je ne sais même pas ou j’en suis, nous sommes seuls dans cette pièce depuis des heures… une sage-femme revient, me dit qu’un nouveau monitoring doit être fait, et un tv, je suis à 8, elle repart, nous laisse seuls toujours, moi sanglée sur le lit incapable de gérer ma douleur dans cette position, mon mari à côté de moi, impuissant, quand elle revient on a eu le temps de craquer…. Je la veux la péridurale, je veux du monde et ce ne sera que comme cela que j’aurais du monde.

Là, tout change, la chambre, l’attitude du personnel… la nouvelle chambre est petite, médicalisée, froide, on me pose une perfusion, on fait sortir mon mari, et l’anesthésiste arrive; il admire mon tatouage, pique, pose la péridurale… je ne sens plus très bien mes jambes je dois rester allongée pour le coup même si c’est désagréable. Mon mari revient, il a pris le temps de manger, d’appeler les familles. Du personnel médical entre et sort, sans frapper, sans se demander si leurs actes me dérangent ou non, un étudiant est désigné pour me refaire un tv, il n’est pas sûr de lui, la sage-femme repasse donc derrière pour vérifier, cet homme restera jusqu’au bout, sans qu’on me demande mon avis. Je suis à 10, la sage-femme part, revient avec une bassine avec dedans des objet métalliques, et met les étriers en place sans me demander mon avis, me dit qu’elle va percer la poche toujours sans rien demander, et fait pivoter mon fils qui était face en avant, et là, il « faut » pousser, je n’ai pas de choix, juste avant que mon fils naisse, j’ai un éclair de conscience et je lui crie que je ne veux pas être découpée, elle ne le fera donc pas. Mon fils nait assez vite sous les « poussez, poussez, poussez !!! » de l’équipe. Il restera 5 minutes sur moi puis viendront tous ces tests que je ne voulais pas pour lui, il lui épargneront le collyre mais pas le reste, pendant ce temps j’expulse le placenta, je veux le voir la réponse est non, sans appel.

Le reste s’est bien passé, mais depuis j’ai ce goût amer, toutes ces choses si classiques, si protocolaires, je ne les voulais pas, je n’ai pas eu le soutien dont j’avais besoin, ni d’intimité une fois entrée dans leur protocole, je ne voulais pas de produits, pas de poussée dirigée, je voulais qu’on nous écoute ; cela n’a pas été fait et j’en suis déçue.

Pour un suivant, je refuse tout ce protocole médical, je veux un accouchement humain, à domicile.

H.P.