Tag Archives: manque d’informations

#302 Naissance de S. – 2003 – Gironde

14 Nov

ca y est, on attend un enfant, notre premier ! La grossesse se passe bien, avec des rdv classiques chez un gynéco toujours en retard, toujours pressé, pas vraiment à l’écoute mais qui fait lui même les séances de préparation à la naissance en piscine, qui nous donne confiance en nous en nous répétant que nous sommes faites pour être enceintes et accoucher, qu’il faut qu’on se fasse confiance le jour J, qu’on saura quoi et comment faire, qui nous apprend la poussée en soufflant et nous encourage à être à notre écoute…
Arrive le jour du terme, avec des contractions faibles mais régulières, toutes les 5 minutes, à partir de 6h. On attend tranquillement midi, sans grand changement puis j’ai une sensation de mouillé bizarre… La poche des eaux est fissurée apparemment donc on téléphone au gynéco qui nous conseille de partir à la clinique. On arrive donc tranquillement en début d’aprés midi, et là, on attend pendant 1h, accrochée au monitoring, qu’une SF vienne nous dire que c’est sûrement un pré-travail, le col n’est dilaté qu’à 1cm donc on va attendre pour voir si le travail se déclenche vraiment… On va donc dans une salle de naissance « au cas où » et on attend, tout l’aprés midi, avec toujours des contractions toutes les 5 minutes. Touché Vaginal toutes les heures « c’est le protocole, madame », sans jamais dire pourquoi ou prévenir que quelqu’un rentre dans la salle. Du coup, pas vraiment d’intimité et difficile de rentrer dans sa bulle. Et puis, c’est notre premier, on ne s’attendait pas vraiment à ça : aucune explication, pas d’encouragement, rien… A 21h, rien de nouveau, j’ai la tête qui tourne (je n’ai rien mangé depuis midi) et je demande à la SF si je ne peux pas manger quelque chose. Du coup, elle me donne (enfin !) un spasfon et là, toutes les contractions s’arrêtent. J’ai donc le droit d’aller dans une chambre, d’avoir un petit encas et de dormir… Mon mari rentre à la maison. Vers 7h le lendemain, je sens que cette fois, c’est parti ! J’appelle la SF pour vérifier, mais c’est le changement de service et, elle me promets de venir « dans 5 minutes » (elle n’arrivera qu’à 9h !). Quand enfin la SF vient me voir, le col est dilaté à 5cm, c’est enfin bon pour la salle de naissance. J’appelle mon mari, et on s’installe en salle d’accouchement. Tout de suite, la SF me propose la péridurale. Je suis tellement fatiguée que je l’accepte alors que je voulais un accouchement le plus naturel possible. L’anesthésiste arrive, me hurle dessus car je n’arrive pas faire le dos rond (en pleine contraction bien évidemment), mais quel soulagement quand enfin la péri fait effet ! Je peux enfin me reposer un peu. Vers 14h, je commence à avoir envie de pousser, j’appelle la SF qui vérifie et trouve encore un bout de col qui gène. Mais là, ça commence à faire longtemps, le personnel soignant stresse un peu pour le bébé (alors même que le monitoring ne montre aucun ralentissement du coeur ou quoi que ce soit) du coup j’ai droit à la visite du gynéco de garde, à mesurer la saturation en oxygène du bébé (qui est trés bonne, mais vous restez branchée quand même, pas moyen de bouger ou de faire quoi que ce soit)… Puis comme j’ai vraiment envie de pousser, on rappelle la SF (parce que bien sûr, on est resté seuls dans la salle, entre 2 TV et 2 retouches d’ocytocine : faut pas aller trop vite, il y a un autre accouchement alors on ralentit un peu chez vous…) qui appelle le gynéco vu que là, l’expulsion est pour bientôt. J’ai droit à une dilation manuelle de la part du gynéco (qui rentre sans un mot, sans se présenter, qui ne demande rien. Je ne crois pas qu’il existe plus irrespectueux !), il me fait tellement mal que je hurle mais « vous n’avez qu’à appuyer sur la pompe de la péri ! », à la fin, je le menace de lui envoyer mon pied dans la figure, il se vexe et va au fond de la salle pour regarder « de loin » l’air goguenard en précisant « et bien, on va voir comment vous vous débrouillez, puisque vous savez mieux que moi accoucher » ! Cynisme complet de la part d’un homme ! A partir de ce moment là, je n’écoute plus personne, juste les conseils de mon propre gynéco, la main de mon mari sur mon épaule et mon instinct. Et en 3 poussées, et une épisio mon bébé est enfin là ! En tout, le moment de poussée aura durée 30 minutes, tout à fait acceptable donc pour un premier, surtout un gros gabarit (plus de 4kg). Mais le mépris du gynéco, de la SF et de tout le personnel entré et sorti durant tout l’accouchement de la salle, sans se présenter, sans parler, aura duré bien plus longtemps dans mon esprit.
Pour les suites de couches, j’ai droit à « il ne sait pas téter attendez » et que je t’attrape le sein à pleines mains, la tête du bébé et on oblige tout ce petit monde à faire ce qu’on veut ! « Là, voilà, comme cela ça marche au moins » ! Et moi dans tout cela ? Je ne suis qu’un objet ? Un biberon sur pattes ?

Cet accouchement, que l’on rêvait « parfait » comme tous les parents je pense, a été finalement un vrai cauchemar, l’impression d’être uniquement un ventre à vider, une personne sans cervelle, sans capacité, « heureusement que les professionnels sont là sinon… » !

2e accouchement: https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/302-naissance-de-s-2003-gironde/

Publicités

Maman de 24 ans, Charente-Maritime

14 Nov

Ce samedi soir a 20h30 j’étais allongée sur mon lit devant la télé ,
quand tout à coup j’ai été pliée en deux par des douleurs horribles dans le bas du ventre qui ne cessaient pas depuis plusieurs minutes et qui ne s’arrêtaient pas.
Paniquée par cette douleur soudaine, je me suis empressée d’appeller la maternité qui ma dit que c’était sûrement des contractions.
La sage femme que j’ai eue au téléphone ma donc dit de prendre deux prises de deux spasfon à 30 minutes d’intervalle et que si la douleur était toujours là je devais me rendre aux urgences gynécologiques,
que c’était sûrement le travail qui commençait . Vers 22h les douleurs étant toujours là et toujours aussi fortes je prend ma valise et me rend a la maternité
Une sage femme m’a accueillie, m’a donnée direct un pot, m’a dit de faire pipi dedans sans m’expliquer pourquoi .
Ensuite elle m’a emmenée dans une salle, m’a mis sur une table gynécologique et à regardée mon col, elle m’a annoncée qu’il était ouvert de 3 doigts et que le travail pour un premier accouchement durait environ 13h, voir plus . Elle m’a annoncée qu’elle allait me mettre dans une chambre en attendant que je sois à 5 doigts .
Les douleurs étant tellement forte je lui ai demander d’avoir une péridurale rapidement car la fatigue plus le stress je ne les supportait vraiment plus .Elle est partie voir ses collègues et vu qu’ils avaient peu d’accouchements ce soir-là a accepter de me mettre en salle de travail . elle ma installé ma mis le monitoring ma expliquer a quoi sa servait ma montrer les écrans et ma expliquer ce que les chiffres inscrit dessus voulait dire etc … elle ma ensuite l donner une télécommande pour l’appeler au moindre souci et ma laisser seul avec mon copain . vers 23h30 elle et revenu avec l’anesthésiste pour la péridurale , la péridurale étant poser et elle m’a expliquer qu’elle allait regarder mon col et qu’il devait surement être ouvert de 4 doigt car sa s’ouvre de 1 doigt toute les heure environ et que sa allait surement prendre encore du temps , Elle ma donc examiner et ma annoncer que j’étais ouverte a 8 et es reparti , je trouvai que c’était plutôt rapide . j’allais bientôt voir ma princesse j’étais tellement heureuse et presser de découvrir sont visage et la serrer contre moi
vers 2 h du matin elle est revenu ma examiner et ma annoncer que la tête était la ,elle est parti chercher sa collègue ensuite , elle ma mis en position et sans rien m’expliquer ma demander de pousser en 3 pousser elle est sorti
elle me l’a mise direct dans les bras le papa a couper le cordon et ensuite elle nous a laisser seul une bonne demi heure tous les 3 pour faire connaissance
une autre femme est arriver a pris mon bébé la lavé me la redonner et ensuite elle ma emmener dans une chambre .

les sage femme été différentes elle été froide et chaque questions qu’ont leur posé avais l’air de les saoulés. je n’ai pas pu dormir de la nuit elle venais toute les heures pour vérifier mes saignement
le lendemain elle sont venu m’expliquer comment faire le bain etc ont voulu me mettre la petite au sein mais la fatigue étant la je n’y arrivait pas j’avais mal et je saignait j’ai donc demander un biberon mais la personne a qui j’avais a faire na rien voulu entendre et au bout de 15 minute de douleur et de pleur elle a enfin accepter de m’en donner un . la suite du séjour s’est plutôt bien passés

#301 Anonyme – Doubs

14 Nov

Tout a commencé un lundi très tôt le matin, je perds les eaux lors de l’un de mes nombreux allers retours aux toilettes.
Voilà le top départ tant attendu après ces longs mois de grossesse…

Je réveille le futur papa et on monte dans la voiture. Je suis calme et confiante, je repense à mon projet de naissance qui a été ajouté au dossier il y a quelques jours, je mettais en avant mon besoin de savoir ce qu’il se passe médicalement et ma crainte d’être « exposée à demi nue » à trop de personnes.

Si les équipes font attention à ces deux points, pas de risque que je vive trop mal ce moment… je suis impatiente de découvrir ce qui m’attend et de voir enfin la bouille de notre fils !

Arrivée à la mat à 3h, on nous accueillent et nous installent en salle de pré travail. Vérification que la poche des eaux est bien percée, c’est bien ça. « Mme, votre travail devrait se lancer, vous aller accoucher ! »

Première contraction… dans le dos ?! On ne m’a jamais expliqué qu’on pouvait avoir des contractions dans le dos, ça fait terriblement mal. On me dit que ça arrive, sans plus d’explications, on m’explique que la péridurale pourra être mise en place qu’une fois un enregistrement continu de 15mn effectué. Pas de problème de mon côté, si c’est comme ça que ça fonctionne, c’est qu’il doit y avoir une bonne raison…

Pose du monito, ils n’arrivent pas à capter les contractions et perdent tout le temps le coeur de bébé, les élèves sage femme passent me le remettre deux puis trois fois en me disant à chaque fois « désolée Madame, ça retarde encore un peu la péridurale on a pas eu les 15mn complètes ».
Je commence à me demander si cette « règle » est vraiment nécessaire, les contractions me provoquent des douleurs que je ne supporte pas du tout, j’ai besoin que d’une chose… un anti douleur !

Je commence à demander quelque chose pour la douleur aux élèves sage femmes, en attendant la péri, je leur dit que j’en peut plus… Une sage femme diplômée prend le relais et décide de me passer en salle de travail.
L’équipe au complet débarque pour une tentative de mise en place de sonde « en interne » (lecture du mode d’emploi à l’appuis…) afin d’avoir un tracé correct, mon besoin d’intimité en prend un coup.
La nouvelle sonde ne portant pas ses fruits et le travail aillant bien avancé l’équipe décide d’appeler l’anesthésiste, il est 7h30 !

L’interne en anesthésie arrive rapidement, il me pique une fois… raté, deux fois… raté. La forte douleur d’une de mes contractions me fait me toucher le dos, l’anesthésiste s’énerve « Je vous ai dit de ne pas toucher ! A cause de vous je dois tout re désinfecter!! ».
Je m’excuse, troisième essai… encore raté.
L’interne appelle sa chef qui me piquera une quatrième puis une cinquième fois, la péri est enfin en place au bout d’une heure quinze à faire le dos rond avec les contractions !

Je suis épuisée, je demande au futur papa de quitter la pièce pour me reposer un peu. Je m’endors une heure.

Un peu avant 10h, on me réveille pour une vérification du col, je suis à 10 ! Je me dis ça y est c’est parti, il va falloir assurer…

La sage femme, elle, me dit qu’elle n’arrive pas a sentir comment est la tête de bébé, qu’elle va demander au médecin de faire une écho pour voir ce qu’il en est.
Elle s’en va, le futur papa et moi on se sent bêtes, je me rends compte qu’on ne m’a rien dit à ce sujet depuis notre arrivée, je commence à douter de ce que me dit ou cache l’équipe.

Après le contrôle échographique, le médecin me dit que le bébé n’est pas tout à faire dans la bonne position, on me dit que je vais devoir faire du ballon pour essayer de lui faire trouver la bonne position pour la sortie.
Là, je me transforme en « femme de cirque », me voilà entrain de faire du ballon sur la table d’accouchement parce que le protocole dit qu’avec la péridurale on n’a pas le droit de descendre de la table !!
Le futur papa trouve ça dangereux et essai de me sécuriser, moi j’essai de faire au mieux. On m’a dit que j’avais 2h30 pour le faire bouger (un protocole de plus…).

Contrôle au bout d’une heure, rien n’a bougé, au bout de deux, rien non plus. Au bout de 2h30 une sage femme entre et me dit « Essayez de pousser Mme ».
Comment ça ? Là comme ça ?? Sans poignées ? Sans étriers ??
« Oui, allez y poussez pour voir, c’est pour vérifier quelque chose ».
Je n’ai jamais poussé de ma vie, j’essai une poussée, sans doute très mauvaise…

La sage femme me dit alors « Nous allons aller dans une pièce plus grande pour avoir plus de place ».
Je comprend qu’on m’emmène au bloc et la confiance qu’il me restait en l’équipe vient de s’écrouler… « une salle plus grande! ».
Je me rends compte qu’on ne m’a toujours pas expliqué la complication en cours, je comprends que je ne saurai rien. Je me referme sur moi même et essai de penser qu’à notre fils qui doit arriver.

Arrivée au bloc, une dizaine de personnes entre pour assister à l’accouchement, j’ai l’impression d’être humiliée, je suis là les fesses à l’air devant tous ces inconnus… je ne comprends rien à ce qu’il se passe.

Maintenant tout s’enchaîne, on me demande de pousser sur la table du bloc (le dos à plat), on me dit de ne plus appuyer sur la péri, les douleurs reviennent, une sage femme m’écrase le ventre pour aider bébé à sortir, on me gronde parce que je ne pousse pas assez bien, puis on me dit l’inverse…
Le médecin de garde fait son entrée, il fait sortir la moitié des personnes présentes dans la pièce (merci Monsieur !), il refait une écho et me dit que mon bébé ne regarde pas dans le bon sens et qu’il est coincé au dessus de mon bassin.
Je me rend compte que je pousse depuis 45mn alors que mon fils est coincé, mes larmes coulent, le médecin monte la ventouse dans mon bassin et retourne bébé, je ressent un douleur horrible, j’explose ! (ils appellent ça une « ventouse d’insertion »)

On me réactive la péridurale et me demande une dernière fois de pousser, en 4 fois mon fils est dehors. Il est 13h12
Je ne le verrai pas, il part immédiatement dans les bras d’une puéricultrice pour être désencombré, je pleure, mon accouchement est raté.

Après une révision utérine accompagnée d’une hémorragie de la délivrance (pour couronner le tout), je ferai enfin connaissance avec mon fils 4 heures après mon accouchement.

Je comprendrai tous les « aléas » de mon accouchement une fois mon dossier médical en mains.

#297 Naissance de l. – Novembre 2012 – Var

3 Oct

Je ne suis pas seule pour écrire ce récit vu que j’étais complètement dans le gaz pendant mon accouchement dû à l’injection d’un produit pour ne pas développer d’infection suite à la perte des eaux, Papa Chou me fait donc la faveur de se joindre à moi et d’apporter plus de détails sur mon accouchement non respecté les petites étoiles « * » seront son point de vue …

Dès le commencement de ma grossesse, j’ai souffert de douleurs dans l’aine et de contractions auxquelles personne n’a jamais prêté la moindre attention malgré 3 gynécologues et 1 sage-femme au cours de ma grossesse. Les seules réponses que nous avons sont  » c’est normal  » ou la question est carrément éludée puisque stupide. Même si on ne pouvait rien y faire, le fait de savoir aurait aidé, c’est de la psychologie de base mais passons…

Le dimanche matin, à 37 semaines je ne me sent vraiment pas en forme et bien sûr ma douleur à l’aine est de moins en moins supportable, je décide donc d’appeler la maternité (la première fois) qui me demande de passer afin de faire un contrôle.

Arrivée là bas, je suis contente de voir que ma gynéco est de garde et donc qu’elle pourra s’occuper de moi, mais non, madame a d’autres choses à faire (merci le suivi qui coute un bras en clinique privée avec des gygys soit disant plus proches de leur patientes).

Après un monito et 2 touchés en 30 minutes (merci pour mon intimité) on me renvoie chez moi en me disant « 37 semaines, vous avez le temps ce ne sera pas pour cette semaine ».

( Je commence à en avoir vraiment plein le dos de ces douleurs et là, encore une fois aucune précision, on me somme de rentrer sans plus d’infos que ça ).

En fin de journée je suis HS mais impossible de dormir, je monte donc le berceau (un signe?) et étant bien fatiguée je m’endors enfin à 23h55.

Et vlan ! Me voilà réveillée à 00h00 par le remake du naufrage du Titanic, j’ai perdu les eaux. Je prends une douche pendant que Papa Chou appelle la mater qui me dit de venir.

A 2h30 j’arrive enfin dans une salle d’examens avec encore des touchés à répétition et une prise de sang. J’en profite pour demander à la sage-femme si elle sait pourquoi finalement j’ai perdu les eaux vu que ce n’était pas pour cette semaine. Elle me réponds « ben vous avez eu des contractions »… Merci mais je le savais déjà, ce n’était pas ça ma question… Passons… Elle me dit enfin que je suis à 2 doigts et on me met dans une chambre (individuelle, ce que j’avais demandé)…

Je suis arrivée en chambre à 3h30 et à partir de là on me dit « si il y a un souci venez nous voir mais là il faut dormir ». Dormir??? Impossible, j’ai des contractions à répétitions, je me lance donc dans le rangement de l’armoire, et je découvre mon semblant de salle de bain (au secours)… Vers 6h je n’en peux plus, mon chéri va donc voir pour que l’on nous donne un ballon, mais il revient bredouille(*) avec comme seule réponse « Il faut attendre qu’on vienne nous chercher », ok, vers 8h30 enfin quelqu’un, erf, ce n’est que le petit dej’…

J’attends jusqu’à 9h00 avant de voir quelqu’un : monito et touché, je suis à 5 (ça devient bon mais je n’ai toujours pas mon ballon).

9h30 on m’emmène en salle d’examen, encore un monito, encore un touché à l’arrivé, je suis à 6, on me laisse et on demande à Papa Chou d’aller faire l’entrée vu que je suis arrivée de nuit, il faut la faire maintenant, pas d’entrée pas de salle d’accouchement (ok…**), 30 minutes plus tard encore un touché, je suis à 7 il est 10h30. On me transfère en salle de naissance pour la pose de la péri que j’ai demandée et à laquelle on m’a répondu, on viendra vous la faire quand on aura le temps, coup de chance pour moi ce n’est pas le même anesthésiste et j’ai donc ma péri. On me pose aussi un cathéter en m’explosant la main (hein, sinon c’est pas drôle), à partir de là on me laisse avec un touché juste après la péri, je suis à 8, et on me pose un monito qui ne vas pas me quitter tant que ma fille ne sera pas dans mes bras… Il est 11h30 et à 12h la sage-femme revient pour m’injecter un produit et elle me prévient que je risque de me sentir mal et peut-être de vomir…

Elle repart, quelques minutes plus tard, toute seule avec Papa Chou, je commence à me sentir vraiment mal, il est tout seul et fouille partout pour me trouver un « truc » pour vomir… A partir de là, c’est du grand n’importe quoi, c’est lui qui appuie sur les boutons quand une machine sonne, c’est encore lui qui me donne ce qu’il faut pour vomir car on m’en a remis une dose. 13h, la sage femme arrive, encore un touchée je suis à 10. On teste une poussée mais je dors à moitié et surtout je vomi…

13h15 on se met définitivement en position et là c’est un marathon, je pousse, je dors, je vomi, je pousse, je dors, je vomi, puis heureusement que Papa Chou est là pour me demander si je veux ma Ventoline, « mais pourquoi elle est asthmatique ? », euh tu n’as pas lu le dossier, bon pas grave on y retourne.(***)

Il est 15h00 ma puce n’est toujours pas sortie, on fait enfin venir un gynéco, (la mater a appelée la mienne mais elle n’a pas voulu venir : c’est les vacances), il me dit que ma puce ne passe pas et que l’on va utiliser des spatules pour l’aider un peu. Il est 15h30, je le vois prendre un énorme ciseaux et hop épisio (euh on pourrait me demander ou m’expliquer non???), je pousse, ou m’appuie sur le ventre et hop 15h32 (soit à 37 semaines +1), ma puce est dans mes bras…

On me la laisse une petite minute puis on me l’embarque pour les premiers soins son papa suit le mouvement, en essayant de voir, je me rend compte que la porte qui donne sur la nurserie est en fait entre deux salles d’accouchement donc après avoir vécu le mien, je suis au premier rang pour vivre celui de ma voisine d’en face, charmant… (****)

On me recouds mais la péri ne fait plus effet mais je n’ose pas le dire et donc je souffre, mais bon 2 minutes plus tard ma puce revient pour un peau à peau de 2h. Deux heures pendant lesquelles la puéricultrice veut absolument que je mette I. au sein alors que je refuse. Je m’affirme, je gagne, Papa Chou lui donne son premier bibi.

* : J’arpente les couloirs, je dis bien arpenter car la maternité est au premier étage, accès possible via les escaliers, aucun personnel de sécurité, une sage femme seule sur un lit de camp à moitié des les vaps, je me dit qu’on ferait mieux de ranger les consoles portables et plus tard de dormir que sur une oreille.

 » bonsoir, serait-il possible d’avoir un ballon ?  »

 » Un ballon, ma foi non, vous n’avez pas porté le vôtre ? Attendez je demande … Allô on a un ballon quelque part ?.. ben pour un patient … Bon écoutez monsieur on va essayer d’en trouver un attendez qu’on vienne à votre chambre  »

C’était bien la peine de répéter les exos en se rassurant  » c’est vrai que ça aide bien le ballon  » … Pensez à tout, même au ballon !

** : là tout devient concret, on va la passer en salle d’accouchement, on va me passer la fameuse blouse et je vais vite savoir si je vais tourner de l’oeil ou pas. La pression est à son comble.

 » Monsieur il faut aller faire l’enregistrement, allez-y y’a le temps, allez-y sinon on peut pas aller en salle d’accouchement  »

 » Genre maintenant là ? on s’en fout un peu non ?  »

Je laisse donc ma femme derrière moi pour remplir des papiers de merde. Alors on va passer rapide sur la queue, les furieux, les gars qui vont à la clinique de la main avec des doigts explosés dans un bandage de fortune, ce n’est plus un accueil de clinique mais les urgences …

Les papiers remplis je retourne vers la salle, et personne. Je croise quelqu’un et je demande où se trouve ma chérie on me réponds  » ben en salle d’accouchement là-bas  » …

Presque amusé par tout ça mais aussi bien enclin à faire un massacre, on me tends une blouse, mettez-ça …

*** : bip bip bip apprenez à aimer ce bruit parce que même si nous restons seul dans la pièce pendant une heure, il ne faut pas couper le son. Là ma chérie est épuisée, nous sommes seuls, elle vomit en position allongée une aiguille enfoncée dans le bras, nous n’avons pas dormi mais simplement attendu, aucune précision ni présence, je fouille dans un meuble ouvert je prends une bassine en carton qui fera guise de sac à vomi, une dame entre ( une autre, je l’avais jamais vu celle-là ) Elle vomit c’est normal, on peut rien y faire je repasse dans une demi heure. Je coupe le bip invivable, qui se remet automatiquement, la péridurale est arrivée au bout de l’aiguille, ça sonne, tout sonne, j’ai soif et elle aussi, toute blanche à moitié endormie … Hmm

Bon allez on va voir, poussez madame hein …

Madame est foutue, je vois bien qu’elle ne pourrait même pas soulever un cupcake là, et donc on va pousser ?

Bien, l’effort fournit est tellement conséquent que je me demande comment va se passer l’accouchement à cause son asthme, je lui propose de la Ventoline, à la surprise générale, oui madame est asthmatique … Poussée inutile, encouragement bidon, des gens viennent chercher des trucs dans les meubles pour les autres salles, certains y vont de leur petit commentaire …

A ce moment là, le mot fiasco prends tout son sens, dès l’instant où j’ai posé un pied dans la clinique, les absurdités ont commencées, se sont accumulés jusqu’a une vraie parodie, une blague … Dites c’est une blague ? Quand j’ai vu les spatules, j’ai compris que non …

**** : Last but not least, je suis donc une sage femme, infirmière ou je sais même plus quoi, j’ai vu au moins 12 personnes différentes à cet accouchement, donc on pose la petite pour une série de tests, en face de moi une inconnue les jambes écartées, en chie littéralement, je détourne le regard, je m’intéresse un peu, la petite est là tout va bien  » vous faites quoi ? « ,  » des tests là « , oui ok c’est sûr, et là j’ai le malheur de tourner la tête vers la table d’accouchement et je vois le gynéco tenir un sachet plastique à la main, splotch par terre, et une infirmière de demander  » j’en fais quoi du placenta ?  »  » Ben vous le pesez …  » c’était donc pas un sachet le truc là, et me voici en face d’un tableau tellement pittoresque que je ne pourrai pas vous le décrire, mais disons que recoudre une pizza, maintenant, je sais faire …

La petite est arrivée c’est le plus beau jour de ma vie mais ça a aussi été un soulagement, celui que ce moment « magique » soit enfin fini, et dieu sait que pourtant j’apprécie la magie.

#292 Anonyme – janvier 2012

24 Sep

Je suis une italienne installée par amour en France depuis presque 6 ans.

En janvier 2012 je suis tombée enceinte après un an d’essais.

Je ne savais pas trop où accoucher, je ne m’étais jamais posée la question et je n’ai pas su me renseigner…

Je n’étais pas vraiment au courant des pratiques françaises, alors j’ai tout simplement (et bêtement) décidé d’accoucher à la clinique où travaillait mon gynéco.

Je tiens quand même à préciser dès maintenant qu’il ne m’a même pas dit qu’au 4ème mois de grossesse j’avais droit à un entretien avec une sage femme, chose que j’ai découverte pendant le cours de préparation à l’accouchement soit 4 mois trop tard !

Enfin…

Le moment venu je me suis posée la question de la péridurale et jusqu’à la veille de l’accouchement je pensais décider en fonction de ce que ressentais pendant le travail et aller le plus loin possible.

J’en avais parlé à la sage femme, qui était tout à fait d’accord.

Le jour de l’accouchement, j’arrive à la clinique et j’attends une heure avant de voir une sage femme. Je suis à peine dilatée à deux qu’on me pose la péridurale sans me demander si je la voulais ou pas.

La péridurale a fait baisser ma tension (elle était à peine à 9) quand l’anesthésiste passe et m’injecte une deuxième dose sans me demander et sans me dire pourquoi.

Résultat : dilatée à 4 il a fallu que j’accouche parce que le bébé était en souffrance, du coup la péridurale était tellement forte que je ne sentais même pas le besoin de pousser, je poussais parce qu’on me disait de le faire, mais je n’avais aucune sensation.

Et un plus j’était tellement dans les vapes que je me suis à peine rendue compte que ma fille était née. Ils ont emmené de suite ma fille dans une autre salle pour les premiers soins, tellement vite que je ne l’ai même pas entendu pleurer.

Quand j’ai demandé à mon gynéco qu’est-ce qu’il s’était passé, il m’a dit : « il fallait qu’elle naisse et elle est née c’est tout ».

C’est la sage femme qui , soit dit en passant avait 7 accouchements en même temps, qui a quand même pris le temps de m’expliquer.

J’ai été très déçue par toute cette situation, je ne m’y attendais pas et encore aujourd’hui, un an plus tard, j’en pleure.

J’espère de tout cœur que cette action permettra à toutes les futures mamans de vivre l’accouchement plus sereinement pour que l’on puisse en garder des bons souvenirs.

#277 Coline, accouchement d’Elouenne en Juin 2011, dans l’Allier (03)

8 Mai

Je suit l’évènement Mon corps, mon bébé, mon accouchement – 1000 témoignages depuis le début, et je lis toujours chaque semaine les témoignages qui paraissent avec grand intérêt. Alors cette fois ci, je me lance, car je me rends compte combien c’est important de témoigner, pour peut être, permettre un changement vers un mieux.

Ma grossesse s’est plutôt bien passée dans l’ensemble, avec quelques désagréments « habituels » comme les nausées, mal de dos, etc…

Le lundi 6 juin 2011, je ressens les premières contractions, il est 17h. D’abord toutes les 10mn, puis après quelques heures toutes les 5mn. Avec mon homme on se met devant Mary Poppins, histoire de ne pas focaliser sur la douleur, de se détendre un peu. Je suis fébrile, je sens que bientôt, nous seront 4 !

Les deux heures de film se passent bien, les contractions sont toujours espacées de 5mn.

Vers 22h elles se rapprochent : je les ressens maintenant toutes les 3 minutes.

A 23h, on décide de partir pour la maternité. 30 minutes de routes à 50 à l’heure tant les contractions sont douloureuses…

Nous arrivons à la maternité vers 23h30 et sommes immédiatement pris en charge par une sage-femme (pose du monito et examen du col). Le bébé va bien, par contre, le col n’est pas ouvert….

Je prends un long bain chaud, mais les contractions ne me laissent plus en paix, j’ai si mal que l’eau ne me soulage plus. Il s’est écoulé environ deux heures depuis notre arrivée.

Vers 2h du matin, la sage femme examine à nouveau le col : toujours rien…

Elle m’explique qu’en fait, je fais du faux travail : les contractions sont bien là, et le col devrait normalement s’ouvrir, sauf que, ça bloque….

Vers 4h du matin, les contractions se sont arrêtées, et la sage femme me propose un produit (je ne me souviens plus le nom) qui apparemment permet de se détendre, et qui déclenche l’ouverture du col en le stimulant avec des contractions. Complètement perdue, j’accepte.

Après l’injection, je me sens drôle, comme « droguée »…je commence à somnoler, et à voir des images un peu « psychédéliques », la tête me tourne, je vomis, impossible de me détendre avec ce truc qui me fait perdre le sens de la réalité.

Vers 6h du matin, je suis épuisée, les hallucinations sont enfin parties et j’ai retrouvé « toute ma tête », pour la détente, par contre, c’est zéro…

Plus de contractions, pas de col ouvert, on me renvoi à la maison.

Mardi 7, à 14h, je ressens à nouveau les contractions, cette fois -ci elles sont intenses immédiatement, presque toutes les 3mn.

Je ne m’affole pas, et passe l’après midi et une partie de la soirée comme cela.

Quand les contractions deviennent plus rapprochées (toutes les 2minutes), on repart pour la maternité.

Le col n’est toujours pas ouvert. Ni à 23h, ni à 2h du matin, ni à 4h, ni à 5h… pourtant, la douleur est insupportable. Je suis complément épuisée, mon bébé aurait du naitre depuis longtemps !

La sage-femme me propose la péridurale (que je ne souhaitais pas), en me disant que vu mon état de faiblesse, elle a peur que je ne sois plus capable de pousser quand le col sera dilaté (ce qu’il ne s’est toujours pas décidé à faire d’ailleurs…)

Ne sachant pas quoi faire, ni à quoi m’attendre en ce qui concerne l’énergie nécessaire pour pousser mon bébé hors de mon ventre (c’est mon premier enfant), j’accepte.

La péridurale posée, les contractions deviennent plus indolore, on me tourne sur le coté pour faciliter la descente du bébé. Je dors un peu. Vers 7h du matin, la douleur est insupportable, surtout dans la région des reins. La péridurale est allée se ficher dans mon côté gauche, il n’y a plus que mes jambes que je ne ressens pas, tout le reste s’est réveillé !

La bonne nouvelle c’est que mon col s’est ouvert. Il faudra attendre encore jusqu’à 10h, pour que je ressente une envie irrépressible de pousser : me voici enfin prête.

Je pousse de toute mes forces, encore, et encore, et je tiens le plus longtemps possible.

Son papa est tout chamboulé, il me dit : « oh mon dieu, je vois sa tête ! »

9 minutes plus tard, à 10h09, mercredi 8 juin, je sens notre petite fille sortir, c’est le papa qui la rattrape et coupe le cordon. On la couvre avec une serviette et un bonnet, et on me la met contre moi.

Elle cherche le sein avec voracité, elle est en bonne santé, nous sommes très heureux !

Je suis assez contente de mon accouchement, car même si j’ai eu la péridurale, j’ai quand même le sentiment que j’ai « vraiment » accouché par moi-même, j’ai ressentis chaque contractions, j’ai ressenti mon bébé qui s’engageait puis l’atroce douleur qui déchire les entrailles lors du passage, et l’expulsion du placenta…

La seule partie de mon corps que je ne sentais pas, c’était mes jambes (toute une histoire pour les positionner dans les étriers !)

La mise en route de l’allaitement a été difficile, c’est un vrai parcours du combattant ! Que de douleurs et de pleurs les premières semaines, surtout le sein droit, je me crispe de douleur dès que je l’allaite. Finalement, au bout de quelques semaines, avec le sein droit tout va bien, avec le gauche je suis encore avec les bouts de seins, que j’abandonnerais définitivement quelques jours après.

Le discours des soignants sur l’allaitement est très contradictoire, je ne regrette pourtant pas de m’être accrochée, car au final, c’était 9 mois de bonheur, cet allaitement !

Le bémol, c’est aussi les défilé d’infirmières, pédiatres, internes, à longueur de journée… c’est usant…

Le quatrième jour, un interne rentre dans ma chambre, ma fille n’a pas dormi depuis 4 jours (elle crève de faim et attends la montée de lait), je suis donc vraiment épuisée -et seule-, il arrive donc avec sa mallette, l’ouvre, et me dit : je viens pour vacciner votre fille contre la coqueluche, la varicelle et blablabla…

Je refuse tout net : vacciner son enfant est un acte important, que je veux faire en conscience, avec un choix limité de vaccins (je refuse les vaccins pour les maladies infantiles, trop important à mon sens pour renforcer l’immunité).

Si je vaccine ma fille, je le ferai avec mon médecin traitant.

Il me dit que je suis une mère inconsciente, que si mon bébé meurt, ce sera entièrement ma faute…

Comme je reste inébranlable, il quitte la chambre, furieux…

Je me sens vidée après cette visite et complètement à plat psychologiquement.

Un tel discours dans la bouche d’un médecin, est tout à fait scandaleux, je l’ai d’ailleurs notifié à mon départ.

L’autre bémol, c’est l’injection de ce produit « hallucinogène », qui au final m’a fait perdre tous mes moyens, puis la pose de la péridurale, et enfin les antibiotiques perfusés pendant l’accouchement afin que mon bébé ne soit pas en contact avec mon streptocoque.

Au final, j’ai eu l’impression d’une surcharge de produits chimiques inutiles, et je me demande aujourd’hui encore ce que ma fille a absorbé de toutes ces substances.

Je suis convaincue qu’elles sont à l’origine de son comportement fébrile et extrêmement nerveux les premiers jours de sa vie (mais ce n’est qu’une intuition !)

En revanche, ce que j’ai appréciée, c’est qu’ils n’ont pas lavé mon bébé. Il était tout propre, et on m’a expliqué qu’à la naissance, la peau du bébé est recouverte d’une fine pellicule de graisse, qui est très bonne pour lui, et que si c’est possible, il faut laisser le temps à sa peau de l’absorber. je me souviens que mon bébé sentait vraiment bizarre, un peu comme une odeur de « vase », en fait, j’avais l’impression d’avoir un petit être « aquatique » contre moi.

J’avoue que j’ai été soulagée quand, le troisième jour, on l’a enfin lavée, même si je pense que cette phase était vraiment importante !

Pour mon prochain accouchement, je sais déjà que j’aimerais accoucher en maison de naissance (ici en Suisse, ou nous avons déménagé il y a peu, c’est assez répandu), sans tous ces produits, ni tous ces gens qui peuvent parfois être très culpabilisants, à un moment de notre vie ou nous sommes en état de grande fragilité.

Claire – Ile et Vilaine

29 Avr

A un mois et 4 jours de mon terme, j’ai eu de grosses contractions dans le bas du dos la nuit qui précède. Le lendemain matin, j’appelle mon ami pour qu’il revienne du travail et que l’on aille faire un contrôle a la maternité, en sachant qu’Eliot était en siège et l’après midi nous devions aller faire une écho de contrôle pour vérifier sa position.
Nous arrivons a 11h et là, au moment de l’examen, la sage femme nous dit que le travail à commencé, que j’étais dilaté à 3 cm et donc que c’était pour aujourd’hui et qu’elle me gardait.
Alors là je me suis mise à stresser énormément car je n’étais pas du tout prête: pas vu l’anesthésiste, pas eu tous les cours de préparation… J’avais néanmoins pris ma valise mais c’était plus pour la promener qu’autre chose, on l’avait même laissé dans la voiture.
Tout c’est déroulé très vite mais calmement puisque je n’avais plus trop de contractions.
J’ai rencontré l’équipe médicale, sage femme et médecin, ainsi que l’anesthésiste. Ils m’ont tout bien expliqué et j’étais très plus détendu.
J’ai fait un scanner du bassin car après l’écho il était toujours en siège, mais comme c’était un petit bébé et que mon bassin était assez large je pouvais accoucher « normalement ». Tout se passe bien, pose de la péridurale, puis on m’injecte un produit pour provoquer les contractions car je n’en ai presque plus. Il est déjà 16h et toujours dilatée a 4cm, ça s’annonce très long… On me met sur le coté pour favoriser les échanges avec mon bébé et là… Tout le monde rentre dans la chambre et se précipite un peu sans trop nous le montrer, enfin au papa surtout car moi j’étais dans le gaz. Ils m’ont emmené au bloc très vite car son cœur a ralentit énormément et il ne fallait plus attendre. J’étais relativement cool du fait de la péri que je m’auto-dosais. Mon chéri en panique plus qu’autre chose car on nous a enlevé comme ça sans trop lui expliquer du à l’urgence, mais très vite une auxiliaire est venue le rassurer: césarienne en urgence en étant endormie totalement. Mais le plus beau est arrivé a 16h44 ce jour là! Il ne pesait que 2,465kg mais il a vite récupéré et papa aussi de voir que nous allions bien tout les 2.
Un beau moment de stress et d’émotions en plus de l’inattendu.
Un très joli souvenir malgré cet accouchement spécial pour un premier enfant. Ce n’était peut être pas celui dont nous rêvions car aucun de nous n’y avons assisté vraiment mais c’est le bébé vraiment souhaité. En un mois il avait déjà pris plus d’1,300kg en étant allaité.
Je remercie encore l’équipe médicale et des suites de couches de l’hôpital sud d’Ile et Vilaine qui nous ont offert le plus beau bébé du monde…

Maxime, en 2011, à Nîmes‏

10 Avr
Mon désir d’enfant est né tard, il fallait que je me sente installée dans la vie pour pouvoir porter la vie. Après mûre réflexion, une ré-assurance sur mes compétences de « gardienne-baby sitter »,  des informations recherchées sur une éventuelle transmission de ma surdité à un enfant et l’amour de mon mari, nous nous lançons dans cette aventure de la parentalité… ok, je suis prête, nous sommes le 01 août 2010.
Au mois de novembre 2010, j’apprends que ça y est, la vie commence à croître en moi. Nous sommes ravis et partageons cette nouvelle avec nos parents et amis proches.
La grossesse me transforme très vite, mon ventre grossit ; et plus je m’élargis, plus je m’ouvre au monde. Étant froide et distante avec les gens que je ne connais pas, je prends enfin plaisir à partager et communiquer.Ma grossesse se passe bien, hormis quelques nausées, pas la moindre contraction ni la moindre douleur, une prise de poids « maitrisée » jusqu’au 7ème mois.Je fais confiance aux pros et surtout à ma sage femme, à laquelle je ne rendrai jamais suffisamment hommage pour l’aide et le soutien qu’elle m’a apporté, pour traverser paisiblement le temps et apprendre à connaître mon enfant in utero. L’échographe n’était pas des plus sympas, un peu « bourrin », violent avec mon ventre qu’il maltraite pour vérifier les mesures. Jusqu’à l’écho des 5 mois, où je m’évanouis. Arrêt sur image, il comprend que ce n’est pas supportable et s’excuse. Il sera beaucoup plus doux les fois suivantes.

Entrant dans le huitième mois de grossesse, tout est prêt, nous attendons l’arrivée de notre fils, je suis en congé mater et profite de la vie. Je profite tant et si bien que je prends du poids de façon démesurée, la faute aux melons que je mange en quantité énorme ! Arrêt des jeux : le suivi à l’hôpital commence et les alertes sur ma santé. Bizarrement, j’écoute et fais de mon mieux pour suivre les instructions, mais rien ne m’inquiète : ni l’hypertension à l’effort, ni le poids…. Rien sauf le jour où je ne sens plus bouger cet enfant…. Je ne dis rien durant 12heures, puis confie à mon mari mon inquiétude, mon angoisse… Direction les urgences. je suis très bien accueillie, prise en charge rapidement, en chambre, le monito est en place, et… nous entendons battre le cœur de notre chenapan qui roupillait manifestement ! Ouf !
Je me suis excusée d’être venue pour rien… « Madame, vous ne viendrez jamais pour rien, nous faisons confiance à vos instincts de future maman »… Merci les sages femmes de votre confiance !

Neuvième mois, 24 kilos depuis le début de la grossesse. Il fait chaud,  je ne me suis jamais sentie aussi belle, calme, enchantée et paisible. La peur de l’accouchement  a disparu (pour moi, mon mari était lui en pleine angoisse!). Grâce à ma sage femme, je sais faire se déplacer mon bébé dans mon ventre, l’appeler, et mon mari aussi. Heureusement, il a beaucoup de place !
Mais mon col…  Ce col est toujours fermé, long, non mature… Bref, acupuncture, tisane, ménage (en douceur, car hypertension…), rien n’y fait, mon ange reste bien au chaud.

Du coup, nous avons le temps de préparer notre projet de naissance : je veux de la mobilité, une petite péridurale et certainement pas la position médicale d’accouchement, le peau à peau à la naissance. Pour l’allaitement, je ne sais toujours pas…je verrai quand il sera là, mais j’ai un a priori : ne suis je pas trop pudique?

Le 07 aout 2011, le col se modifie (ahhh!!!), j’ai dépassé le terme depuis 3 jours ! Les sages-femmes (dont un homme) me disent qu’il faut déclencher. Ok ! je n’ai pas de question, pas de peur, je me sens en sécurité et nous avons confiance. J’entre à l’hôpital (chambre double, avec la maman d’une petite Manon). J’ai peur d’accoucher la nuit, mon mari n’étant pas à mes cotés. Mais je sais que c’est pour demain!

Le 08 aout 2011, 7h45, après m’être douchée, mon col est inexistant (la nature a fait son travail…).Petite injection de je ne sais pas trop quoi en salle d’accouchement… Nous sommes si excités,! « Madame, ça va être un peu long, profitez de ces instants ». C’est parti, j’ai ma première contraction !
7h55 : « Bonjour, je suis Madame XX, vous êtes déjà perfusée? » -oui.. » -zut, quatre dames viennent d’arriver »…
9h : je demande à la SF s’il est possible que personne ne mette de masque : en raison de ma surdité, j’ai besoin de lire sur les lèvres de mes interlocuteurs…. Requête acceptée !
11h : je rigole avec mon mari, qui a du mal à ne pas regarder le monito (expirant dès qu’il annonce une contraction plus forte que la précédente). Je gère la douleur, tout va bien. Finalement, je ne bouge pas (perf oblige), mais je n’en ai pas envie…
A noter qu’à chaque TV, la personne se présentait et avait le sourire, malgré les nombreux accouchements en cours.

11:45, TV: « Mais Madame, je vous fais pipi dessus! », -« non Madame, c ‘est la poche des eaux » « -mais il y a beaucoup de liquide!!!!! »-« oui, et je n’ai pas enlevé ma main ! ».
La sage femme m’explique que je progresse bien, je suis à cinq, que les contractions vont être plus nombreuses et intenses. Pour la péridurale, j’attends encore….
Une femme hurlant dans le couloir me fait changer d’avis. A 7cm, on me pose la péri, peu dosée. Je sens tout mais je peux me « reposer » un peu ; Nous plaisantons toujours, les sages femmes viennent tour à tour et rient avec nous.
16h: dilatation complète, je ris un peu moins…Mais ça va. La sage femme m’explique que notre fils est haut, il faut le faire descendre et me propose que nous mettions en œuvre ce que nous avons appris avec l’haptonomie…
moment de calme et de tendresse à deux…
17h: Je sens que je dois pousser, je suis sur le côté et mon mari appelle la sage femme… Il est là, elle le voit et me dit qu’il faut y aller, que je fasse selon mes sensations…Ce que je fais. apparemment c »était une belle poussée, mais je veux me mettre en position « médicale », elle me laisse faire… et je pousse, m’agrippant au lit, m’arrêtant à peine pour la mise dans l’axe des épaules, il est là, sonné par cette naissance rapide, je ne le vois pas, mon mari suit les puéricultrices… On me fait signe que ça va, mais je ne l’ai pas « senti crier », j’ai peur… Ils sont enfin là mes deux hommes et tout va bien, le petit respire et me regarde…..

Le Choc, l’effet miroir, je reconnais en lui mes traits et ceux de son papa, je le vois tel que je le rêvais, je le sens se blottir contre moi…Le bonheur de ma vie, le sens de la vie…

L’ombre au tableau arrive : je le nommerai « la couturière », cet interne qui ne se présente pas, me dit qu »il n’a rien à foutre là » et qui sent le tabac…La couturière me dit que ça va faire mal, qu’il ne fera pas anesthésie, même si la déchirure est importante. Il coud durant 1h30. Ma douleur ne l’émeut pas, je lui tiendrai des propos désobligeants (présentez vous, je n’ai pas demandé à ce que ce soit vous..).
Il s’en suivra la peur de ne pas être bien recousue et 3 semaines couchée pour résorber les hématomes…

Sur l’allaitement, je n’étais pas renseignée, du fait de mon manque d’intérêt pour la question (j’ai un peu honte d’écrire ça..)…La sage femme m’a proposé de faire une tétée de bienvenue à mon petit ange, m’a aidée, m’a dit les positions… Essai validé : je me suis sentie « accomplie » par cet acte naturel et sain, en phase avec mon fils.
J’ai allaité mon fils durant 6 mois et demi, avec des hauts et des bas (la peur de ne pas avoir assez de lait, de faire trop de tétées, pas le bon timing…). 16 tétées par jour le premier mois n’ont pas eu raison de notre allaitement.
Les conseils de certains pédiatres non plus : j’allaite à la demande, c’est à dire A LA DEMANDE, pas à la demande toutes les 4 heures uniquement !!

Pour le soutien, le moral et l’aide, merci encore à ma sage femme d’avoir répondu à toutes mes questions, d’avoir su apaiser mes peurs de jeune maman et de m’avoir consolée après la visite chez le premier pédiatre (pas de tétine, ni 16 tétées, ni doudou… bref j’avais rien de bon…)

Je n’ai pas réussi à maintenir l’allaitement au delà de ma reprise de travail.
Pour mon second enfant, j’allaiterai aussi, en me posant moins de question et en me faisant confiance.

Hormis la couturière, je ne remercierai jamais assez l’équipe médicale de garde en cette journée du 08/08/2011, à Nîmes, qui a su nous mettre à l’aise, nous accompagner, nous aider et nous rassurer pour ce moment, qui bien que médicalisé, est magique pour nous.

La parentalité m’ a grandie, m’a ouverte et m’a fait découvrir une facette inconnue : je suis » mère », je protège et câline, je nourris et je berce, je rends autonome et j’aime, je touche et communique.
Merci à mon mari d’avoir eu plus confiance en mes capacités de mère que moi, merci à mon fils de sa confiance et  faire naitre en moi tant de joie et d’émotions.

#222 Anonyme – Hérault

3 Mar

« Je suis rentrée à la maternité le 7 novembre pour déclencher l’accouchement suite à un dépassement du terme de 5 jours. N’étant pas prioritaire mon mari et moi avons attendu pendant 3h que quelqu’un s’occupe de nous. C’est pendant cette attente que contre toute attente, les contractions ont débuté et durant toutes la nuit elles se sont intensifiées et régularisées. Moi – qui m’étais préparée au déclenchement et à ses conséquences – étais heureuse, je prenais chaque contraction avec sérénité, le grand moment était venu.
Vers 6h du matin je me décide enfin à appeler une sage-femme lorsque l’intensité est telle (bien qu’aujourd’hui je n’ai pas le souvenir qu’elles étaient si fortes) que je m’évanouis et vomis le vide de mon estomac à chaque contraction. On m’installe alors en salle de travail et les heures passent tranquillement, j’ai droit au gaz pour soulager les douleurs et éviter vomissements et évanouissements. Le gaz me fait rigoler et mon mari se moque de moi. Nous sommes sereins et heureux. Vers 10h l’anesthésiste arrive enfin, maintenant je sens les contractions mais je n’ai pas mal, les effets du gaz disparaissent et je peux profiter un peu mieux de l’évènement. Toutes les heures la sage-femme vient vérifier l’avancée du travail. Il y a même une gynéco stagiaire qui l’accompagne. Elles sont très gentilles et sont de bons conseils. Le travail avance bien mais mon fils est trop haut et la poche des eaux ne se rompt pas. Seulement si la sage femme fissure la poche des eaux, le cordon risque d’être attiré vers le bas au moment où elle le ferait et mon fils ne pourrait plus sortir. Alors avec mon mari on parle à notre fils on lui demande de descendre et de venir nous rencontrer. Finalement lors d’un examen cette poche se rompt. Ça avance bien…
Et puis vient le moment où la sage-femme commence à m’interroger sur le poids estimé de montre bébé, sur le poids de mon frère et moi à la naissance et si ma mère a accouché par voie basse. Ces questions auraient du nous mettre un peu la puce à l’oreille ou du moins nous inquiéter un peu plus sur l’issue de ce travail. Puis soudain je commence à re-sentir douloureusement les contractions, la sage-femme tente alors de réinjecter de l’anesthésiant mais sans succès. On me redonne le gaz. Je recommence alors à perdre le fil de cet accouchement. Je sais que je crie, à plusieurs reprises je m’en excuse auprès de la sage-femme. Je commence aussi à raconter n’importe quoi… Sous l’effet du gaz j’entends les personnes parler « dilatation 6» depuis 3h le travail est arrêté. On me demande de pousser pour aider le bébé à descendre. Je change de position, une sage-femme vient me faire de l’acupuncture. L’anesthésiste revient et ne comprend pas pourquoi les nouvelles injections d’anesthésiant ne marchent pas, elle décide alors de me refaire une autre péridurale, qui marche. Il est surement vers les 16h30 et je reprends conscience de ce qui se passe autour de moi. C’est aussi le temps du changement d’équipe. Et là les choses se corsent, ils ne sont plus d’accord. La première équipe veut poursuivre l’accouchement par voie basse et me réinjecter de l’ocytocine. La deuxième ne veut pas car mon fils ne récupère pas assez bien. Consciente j’ai peur, mon mari aussi. Puis vient le gynéco en chef il m’ausculte, regarde le monito et demande qu’on prépare le bloc, si ça continue comme ça il ouvre. La sage-femme que j’ai eu toute la journée vient et me rase. Elle m’explique que s’est une précaution au cas où.
C’est la dernière fois où je la vois ce jour là, quelques minutes après le gynéco déclare qu’on va au bloc. Il est 17h45 environ. A ce moment il y a toute une nouvelle équipe autour de moi. Je ne saurais en reconnaître aucun. On me déplace sur un autre lit. On me demande de quitter mes lunettes et d’embrasser mon mari. On lui demande de sortir dans le couloir qu’on le préviendrait au moment venu. Dans ce lit roulant je traverse tout le service, les larmes aux yeux, je me sens si seule. Et je suis seule.
Seule. Plus personne ne s’occupe de moi, de moi en tant que personne. Je ne suis qu’un corps qu’on va ouvrir. On ne s’adresse plus à moi sauf pour me demander de tendre mon bras le droit puis le gauche. Autour de moi on s’agite dans tous les sens pour installer le matériel. Je ne sais pas ce qui se passe, on ne m’explique rien et je ne connais personne. Soudain je sens qu’on m’ouvre. Je demande si c’est normal que je « sente » la lame et les pressions exercées sur mon corps, pas de réponses. J’entends parler d’études de médecine, de centre de loisirs, des derniers achats d’une femme. Et moi je suis seule sur cette table, je ne vois rien, je sens des choses sur mon corps mais je ne sais pas ce qui se passe. Je pense alors à mon fils et à mon mari.
Et puis vient le moment de soulagement où j’entends mon fils pleurer. Je pleure aussi. En seulement 10 min il était né… On me le laisse apercevoir 2sd mais je n’aperçois qu’un infime bout de peau bleue. Aujourd’hui je me demande même si je l’ai réellement vu ou pas. Mais je l’ai entendu crier et je me raccroche à ça alors qu’on est déjà en train de me recoudre. Je ferme alors les yeux pour ne pas me concentrer sur ce qui se passe derrière ce tissu. Puis j’ai la nausée, on m’ordonne de me retenir que ce n’est pas le moment. Mais je n’y peux rien. Je me mets alors à fredonner un air inventé. Les femmes derrière moi rigolent, mais je n’ai trouvé que ça pour ne pas vomir ! Puis le chir’ se vantent de la rapidité du travail qu’avec deux stagiaires avec lui c’est trop rapide. Il quitte le bloc et je ne le revois plus. Il a fait son travail, il a sorti mon fils. Les femmes autour de moi s’affairent à ranger. Je reste les yeux fermés à attendre. Puis l’anesthésiste arrive au bloc et lance à l’assemblée « vous savez combien il pèse ce bébé ? 4kg 210 (alors qu’il était estimé à 3kg500)» je souris mais j’aurais aimé qu’on s’adresse à moi, qu’on me dise qu’il allait bien, qu’il était avec son père. Mais rien. Et puis je commence à avoir très froid. Je tremble. Je le dis. Mais on me répond que c’est normal. On continue de ranger. Puis j’ouvre un peu les yeux et dans un battement de porte, j’aperçois mon mari et mon fils dans la pièce en face du couloir. Je lui fais un signe de la main pour le rassurer. Je vais bien. Notre fils aussi va bien.
Il est 19h00 et je suis amenée auprès de mes deux hommes. Notre fils est en peau à peau avec son papa. Pendant qu’on me branche de partout, tremblante de froid, je les regarde tous les deux. Je suis apaisée. Mon mari me le présente je peux enfin le toucher du bout des doigts. Je suis faible et frigorifiée. Il me faudra bien une bonne heure pour ne plus trembler mais aussi pour reprendre mes esprits. J’appelle ma maman et je lui dis combien mon fils est beau et que je vais bien. Sa voix me fait du bien mais j’aimerai retourner dans ma chambre et ne plus avoir tous ces fils sur moi, pouvoir tenir mon fils contre moi.
Après 10h dans cette salle de réveil, on vient s’occuper de nous. On débranche une partie des fils, on me change, je me sens mieux. Et puis surtout on nous autorise à retourner dans notre chambre en famille.
La suite du séjour n’a pas été évidente non plus. D’un point de vue physique je n’avais pas à me plaindre, j’ai bien supporté l’opération. Le vendredi après midi, je me levais et marchais jusqu’aux toilettes. J’ai aussi pris une douche! Les sages-femmes étaient étonnées que je ne prenne pas de calmants. Mais je n’avais pas mal. J’avais du mal à faire les choses mais je n’avais pas mal. La première journée s’est bien passée, mon mari et moi tentions de nous reposer entre les visites du personnel. Et puis cette nuit là notre fils a fait de la température. On nous l’a prit pour des examens, on nous a parlé néonat’ et j’ai eu peur, je me suis dis pourquoi encore nous. Puis finalement au beau milieu de la nuit, le pédiatre est venu nous dire qu’il n’y avait pas de quoi s’alarmer mais qu’il fallait surveiller l’évolution d’une infection. Au final rien de grave puisque dans les jours suivants les analyses revenaient à la normale. Mais ce fut une nuit de plus de gâchée, une nuit de plus de fatigue. Le lendemain, la puéricultrice venue s’occupée de mon fils me reproche de ne pas mettre assez mon fils au sein. Elle est bien gentille mais seule je n’y arrive pas. Je ne peux pas le porter et le placer seule. Et lorsque quelqu’un le fait pour moi c’est toujours avec une position sur le ventre, merci pour la cicatrice ! Mais comme je tenais à allaiter – qu’au moins j’arrive à faire quelque chose – je m’accrochais. Mon mari m’aidait tant bien que mal. Les premières visites m’ont fait du bien, j’ai pu voir mes parents et cette présence était agréable. Mais le soir une fois seuls le cauchemar semblait revenir. Mon mari trop fatigué ne se réveillait pas aux pleurs ni à mes appels, j’appelais pour qu’on m’aide à la mise au sein, personne ne venait et mon fils pleurait de faim. Le lendemain épuisée, j’ai demandé qu’on amène des biberons que j’arrêtais. Seule je n’y arrivais pas, la montée de lait n’arrivait pas, j’avais envie de dormir. J’ai beaucoup regretté de faire ce choix mais plus personne ne me soutenait, même mon mari m’incitait au biberon. J’avais encore échoué dans la maternité que je voulais avoir. On a amené des biberons et mon fils s’est calmé. On m’a aussi donné des cachets contre la montée de lait. Je croyais qu’enfin nous allions être tranquille… si j’avais su. Le dimanche après midi, je me suis sentie comme aspirée vers le néant alors que je m’étais endormie. Puis malaise et vomissements sont venus s’ajouter à cette terrible sensation. Une sage-femme est venue, mais elle n’a rien pu faire. 2h après alors que j’étais toujours souffrante, elle revient et me parle de crise d’angoisse. Sur le coup je ne dis rien. La nuit rebelote. L’autre sage-femme me fait le même topo je fais des crises d’angoisse. Et je commence à y croire. Lendemain après midi à nouveau je ne suis pas bien. Maintenant je les crois. J’en viens à ne plus oser toucher mon fils de peur de lui faire du mal. Je me retranche dans la salle de bain et tente de penser à autre chose. Je veux partir de cet hôpital, il va me rendre folle. Je me crois folle et je le dis même à mon mari. J’ai la sensation de perdre la tête. Et puis on réfléchit car mon mari ne peut pas croire à des crises de panique. Et il s’aperçoit que j’ai été malade à chaque fois que j’ai pris le médicaments pour la montée de lait. Dans les 10min qui ont suivies. On en parle à la sage-femme qui nous assure que c’est impossible. On fait alors le test lundi soir. Je prends le cachet mais si je me sens mal on ne prévient personne car on a des chances de sortir le mardi matin. Evidemment je suis malade. Le mardi midi je ne prends pas le cachet – en plus nous avons l’accord pour sortir – je n’ai pas été malade. De retour à la maison et un détour à la pharmacie, nous achetons le produit en question car je dois continuer le traitement 15jours. On regarde la notice et en effets secondaires, il a tous les symptomes que j’ai eus pendant les derniers jours… Non, je ne fais pas des crises d’angoisse, je vais bien, je ne suis pas folle et je vais être une bonne mère… »

Anonyme – France, Hérault

#158 Emma, Nice, Novembre 2012

25 Fév

Une belle leçon de vie

L’arrivée de Raphaël était prévue aux environs du 10 novembre. La semaine qui précède le terme, de nombreux signes ont annoncé son arrivée, les gens ne cessaient de me dire que peut-être le bébé allait arriver en avance, j’avais pourtant prévu beaucoup de choses pour la semaine avant le terme. Un dîner familial le samedi, une après-midi avec une copine le mardi etc… Au yoga le jeudi matin, la professeur me conseillait de faire attention pour que les postures ne déclenchent pas le travail et je ne cessais de dire que le bébé était prévu pour le week-end suivant et qu’il n’y avait aucune raison pour qu’il arrive avant !

Le matin du 2 novembre 2012 vers 1h du matin je vais aux toilettes comme à mon habitude et en me relevant du siège je sens couler un liquide chaud. Je pense « elles sont abondantes ces pertes blanches », je soupire et je retourne me coucher. Je me rendors vite et suis à nouveau réveillée vers 3h30. Je retourne aux toilettes et à ce moment je découvre que mon pantalon et mes sous-vêtements sont mouillés. Je comprends immédiatement ce qui se passe. Ma sage-femme m’avait évoqué les différents signes d’un début de travail. Pour moi c’était une fissure de la poche des eaux ! J’avais imaginé tellement de fois comment cela débuterait… Je me sens bizarrement sereine, pas du tout angoissée, je suis tout simplement prête à faire l’une des plus incroyables expériences de ma vie. Je prend une douche rapide et je change de bas de pyjama ce qui réveille, le futur papa. Il me demande si tout va bien et je lui réponds « tout va bien, je viens de perdre les eaux, va te recoucher ». Il me regarde incrédule mais devant mon air confiant il retourne se coucher. Je fais de même en me disant que j’appellerai ma sage-femme le lendemain matin pour qu’elle soit au courant de ce premier signe.

A peine quelques minutes plus tard, je sens une première crampe d’estomac (ce que j’interprète ainsi sur le moment), deux autres vont suivre à quelques minutes d’intervalle. Je me lève car les contractions sont très désagréables allongée sur le lit. Je vais m’installer dans le canapé et je trouve une position confortable, les contractions s’enchaînent à une dizaine de minutes d’intervalles, je regarde la télévision, il est 4h du matin et je goûte le plaisir, dans la pénombre de ma salle à manger, de vivre pleinement l’instant.

Le papa se lève enfin et je lui dis la phrase qui tourne dans ma tête depuis plusieurs minutes : « j’ai des contractions depuis 4h du matin, le travail a commencé ». J’appelle aussi ma mère pour lui raconter les derniers événements. Je propose à à mon conjoint d’aller travailler ce matin, les contractions ne se sont pas intensifiées et le travail est toujours long pour un premier enfant. Il hésite, tourne en rond dans la maison et décide finalement de partir pour la matinée, nous devons nous rappeler vers midi pour faire le point. J’ai beaucoup insisté pour qu’il parte au travail, j’avais envie de vivre mes contractions tranquillement sans personne pour me déranger, je ne connais pas ces sensations et j’ai envie de vivre ça seule.

Une fois mon homme parti, j’appelle la sage-femme pour lui expliquer la situation et elle me demande si je désire qu’elle vienne, je lui dis que c’est inutile pour le moment,

Elle viendra en début d’après-midi si je ne la rappelle pas d’ici là. La matinée passe lentement, je reste dans le rocking-chair, je m’y sens bien. Vers le milieu de la matinée je me lève et m’active pour aider le travail, vers la fin de la matinée les contractions s’espacent un peu et j’ai peur que ça soit un faux travail.

Vers 12h mon conjoint rentre du boulot et les contractions se rapprochent à nouveau, en quelque sorte j’ai dû retenir l’avancée du travail car j’étais seule à la maison. Les contractions continuent au même rythme et la sage-femme arrive vers 16h00, je commençais à m’inquiéter qu’elle n’arrive pas. Pendant trois heures les contractions s’intensifient, je passe sur le ballon pour mieux les gérer et respirer à mon aise, le papa me masse le dos pendant un moment mais finalement je gère bien seule. La nuit arrive et je me lève pour mieux gérer les dernières contractions. A un moment de l’après-midi j’ai regardé ma sage-femme pour lui demander si, à son avis le travail avançait et elle m’a dit que tout allait bien, qu’elle faisait le moins d’examen possible, et que si j’avais besoin, je n’avais qu’à demander. A ce moment-là, j’ai répondu que je sentais que les choses avançaient et que je n’en avais pas besoin pour le moment.

Vers 20h je sens les contractions de plus en plus fortes, je me lève, m’appuie sur la table et accompagne les contractions par la respiration, entre deux je parle avec la sage-femme et mon conjoint et lorsque je sens une contraction qui arrive je m’enferme dans ma bulle. A ce moment, je demande à Alexandre de m’examiner, je suis dilatée à 10, je suis en travail depuis 4h du matin !!! Ma sage-femme passe en phase active, jusque là elle n’était pas intervenue. Les contractions sont plus fortes et je sens que le bébé pousse, elle propose de me suspendre aux bras de mon conjoint pour aider la descente. Il monte sur le canapé et m’attrape sous les bras : après une contraction ou deux je sens une progression mais rapidement la position m’est inconfortable et je décide d’en changer.

A partir de là les choses deviennent floues : la sage-femme tente de m’aider à trouver la position idéale et entre chaque position je marche en essayant d’accompagner mon bébé. Après la suspension, la sage-femme me fait me mettre à quatre pattes mais la douleur me fait perdre mes moyens et je perds la concentration au bout de deux respirations profondes. La sage-femme me propose un bain, j y entre et sens un véritable soulagement, les contractions sont beaucoup plus supportables. Je reprends courage et confiance, la sage-femme et Fred en alternance me versent de l’eau sur le ventre. Au bout de 3 ou 4 contractions, la douleur m’envahit à nouveau. Je ne cesse de répéter que je n’en peux plus et que je ne comprends pas ce qui se passe et elle me demande ce que je pense devoir faire pour aider. J’ai le sentiment que je dois me mettre debout pour aider à faire descendre mon fils dans mon bassin et je sors de la baignoire. Pendant encore une heure je vais essayer de faire avancer le travail, je passe beaucoup de temps assise sur les toilettes je marche en faisant bouger mon bassin, je tremble de froid et de fatigue entre chaque contraction. La sage-femme tente une dernière méthode. Nous descendons et remontons les escaliers de mon immeuble mais rien n y fait. La SF me fait un dernier examen et le bébé n’est toujours pas descendu dans mon bassin (j’appris par la suite qu’il était même remonté plus haut). A ce moment-là je suis allongée sur le canapé et la SF me parle doucement de mon transfert à la clinique, il serait bon pour moi que je demande la péridurale car je souffre trop.

Mon conjoint et la SF préparent en vitesse ma valise pendant que je m’habille entre deux contractions. Je reste debout à les regarder pendant qu’ils s’affairent, je suis en état de choc et je ne pense plus qu’au moment où on me soulagera de ma douleur. Nous descendons à la voiture et la sage-femme repart de son côté, je monte dans la voiture sans même dire au revoir, je suis trop épuisée. Le trajet me semble interminable, j’ai 3 ou 4 contractions dans la voiture et deux en montant à la clinique.

En arrivant au 1er étage nous sonnons et je suis accueillie par la sage-femme de garde au moment où une contraction me plie en deux, elle me demande de me calmer et de m’expliquer la situation. Je lui réponds au milieu de la contraction que je ne peux pas, à mon avis elle doit me prendre pour une douillette. Elle m’accompagne néanmoins en me tenant par le bras dans la salle d’accouchement où je commence à me déshabiller, la contraction est passée et je peux lui expliquer la situation.

Lorsque je lui dis que je devais accoucher à domicile elle me lance un regard surpris et choqué. A ce moment je suis dans un tel état que ce qu’elle pense m’est égal et je lui signifie clairement. A mon ton elle comprend qu’elle doit m’écouter et je peux enfin lui expliquer que je suis dilatée à 10 et que j’étais en poussée depuis 4h. Réaction de la sage-femme indignée « Quoi, votre sage-femme vous fait pousser depuis 4h ». Ce à quoi je réponds que ça pousse tout seul !

Elle m’allonge sur le lit et m’ausculte (en pleine contraction ! j’ai eu très mal !). Je suis bien dilatée à 10. Elle me demande si je veux qu’on appelle l’anesthésiste et s’exécute rapidement. 10 mn plus tard je suis enfin soulagée et je respire. Fred est resté dehors on ne l’a pas laissé entrer mais ça ne m’a pas gênée j’étais trop concentrée sur ma douleur. Mon conjoint rentre dans la salle au moment où l’anesthésiste arrive et on lui demande donc de sortir pendant qu’on me pose la rachianesthésie. Il arrive ensuite et reste auprès de moi. Il me rassure.

Le gynécologue arrive mais je n’ai plus aucune sensation depuis 15 mn et les minutes importent peu je ne souffre plus, de plus j’ai confiance en ce gynécologue, il connait ma situation et mon choix d’AAD qu’il respecte. Il a le sourire et me rassure. Un dernier examen et il m’annonce que mon bébé est descendu dans le moyen bassin ! Quelle surprise ! ça a du se passer dans la voiture, la sage-femme de l’hôpital me dit que ça arrive mais je comprends déjà que j’avais un blocage psychologique. Avec le recul je comprends mieux que ce diagnostic m’a peut être certainement évité une césarienne mais sur le moment ça ne m’a pas traversé l’esprit ! Le gynécologue s’affaire et je demande ce qui se passe, on ne fait que me désinfecter la vulve, c’est la dernière fois que je demande ce qui se passe, je vais passer le reste de l’accouchement à faire ce qu’on me demande.

Le gynécologue s’active, on m’a posé une perfusion à mon arrivée avec une solution saline et j’ai un tensiomètre à l’autre bras, la sage-femme m’a déserré le monitoring et de toute façon il ne me gêne pas le haut de mon ventre est déjà bas. La sage-femme touche mon ventre pour sentir les contractions venir et me demander de pousser un bloquant ma respiration. Après quelques contractions, le gynécologue décide d’utiliser la ventouse pour aider le bébé. Je n’ai aucune sensation et je me sens déconnectée de ce qui est en train de se passer même si je fais tout pour rester en lien avec mon bébé.

Après quelques contractions et peut-être 30-45mn on me demande de faire un autre type de poussée et tout de suite après le gynécologue me demander d’arrêter de pousser (à ce moment là il me fait une épisiotomie mais personne ne me le dit) et avant même que je comprenne j’entends dire le gynéco qu’on peut attraper le bébé, mon conjoint et moi avec les mains et en 3 secondes il est sur mon ventre. Quel soulagement, le temps s’arrête, je ne vois même pas bien son visage mais je l’entends chouiner et expulser de ses muqueuses les liquides qui s y trouvent ; il n’a même pas pleuré ! Le temps s’arrête et je ne pense à rien à part à la petite vie qui se tient sur moi. On me laisse Raphaël sur le ventre un bon moment et le gynéco me recoud, il prend son temps, il paraît que j’ai beaucoup saigné. J’apprendrais plus tard que le placenta est sorti tout de suite après le bébé, on ne me l’a pas dit. La sage-femme m’a ausculté le ventre à plusieurs reprises et je pensais que c’était parce qu’elle surveillait la sortie du placenta.

Le reste est assez rapide, la première chose que je dis à mon conjoint après avoir accouché c’est que je veux partir très vite de l’hôpital, nous avons rencontré quelques difficultés et beaucoup de mauvaise volonté mais nous avons pu sortir à 12h.

J’ai accouché le 3 novembre 2012 à 2h05 du matin à Nice, après près de 22 heures de travail. J’ai connu un accouchement à la fois très beau et violent sur le plan physique et psychologique, le fait de pouvoir tout sentir et ressentir en étant chez moi y compris la douleur d’un travail qui n’avance plus m’a rendu plus forte. J’ai dû aussi accepter la clinique et ses protocoles. Bien que très respectueuse et dans une optique physiologique l’équipe qui m’a accouchée…. m’a accouchée, alors que je voulais accoucher par moi-même.

Pour terminer je voudrais évoquer rapidement la manque de considération et la mauvais prise en charge des femmes qui viennent d’accoucher : à partir du moment où l’on m’a monté dans la chambre je me suis sentie abandonné, la personne qui est venue pour l’allaitement m’a balancé à la figure un discours tout fait sur un ton peu chaleureux et je ne l’ai pas revu avant mon départ ! Du coup je n’ai pas eu le réflexe de mettre mon fils au sein rapidement, et j’ai connu une semaine d’angoisse et de difficultés pour mettre en route l’allaitement. J’ai eu la chance à ma sortie de la clinique de retrouver ma sage-femme ainsi que ma famille qui ont été les guides dans mon nouveau statut de maman.