Tag Archives: menace de déclenchement

#345 Lucie, dans le Val-de-Marne (94)

8 Fév

Je suis enceinte. J’ai 20 ans. Nous sommes en couple depuis 5 ans. Je suis déjà tombée enceinte un an plus tôt et nous avons fait le choix de l’avortement. Suite à cette IVG j’ai fais une dépression qui a nécessité un traitement médicamenteux. Mon traitement est arrêté en Août : au mois d’Octobre, je suis de nouveau enceinte.
Je suis très informée sur ce qu’est l’accouchement en France aujourd’hui : j’ai travaillé comme Auxiliaire de Puériculture dans de grandes maternités parisiennes. Je sais ce dont je ne veux pas. Je ne veux pas de cette violence industrialisée, banalisée. Je ne veux pas me sentir violée, anesthésiée, charcutée, comme je l’ai entendu parfois dans la bouche des mères auprès desquelles j’ai travaillé.
En fait, tout de suite, je veux accoucher chez moi, en sécurité. Là où je me sens bien. Je n’ai jamais été hospitalisée et je n’ai pas envie de commencer, surtout pas pour donner la vie. Je veux accoucher dans mon cocon, avec mon conjoint, la seule personne au monde en qui j’ai une absolue confiance, et éventuellement l’assistance d’une SageFemme.
Je me fantasme accouchant seule dans mon lit ou ma baignoire, en pleine possession de mon corps et gérant
ma douleur naturellement, instinctivement. Cette vision m’apaise et me sécurise.
Mon conjoint me fait confiance dans mes projets : c’est mon corps, mon instinct, je sais ce qui est bon pour notre bébé et moimême.
Il est un peu réticent, à peine, au sujet de l’accouchement à domicile, mais ma profonde conviction et mes arguments (appuyés par une documentation fournie !) ont vite raison de ses doutes.
Je parcours les numéros des SagesFemmes libérales de la région parisienne : l’une part en vacances à la date prévue de mon accouchement, l’autre est très froide au bout du fil et m’informe qu’elle ne prend plus de nouveaux parents. Je suis blessée et effrayée par la complexité de l’affaire : je me vois forcée d’accoucher à l’hôpital, faute d’alternative. Je n’ai pas le choix. Je me résigne à devoir accepter un accouchement en Maternité, et cette pensée me fait violence. Je me sens forcée.
A partir de ce moment de la grossesse, j’ai des phases régulières de panique en imaginant mon accouchement : je me vois ficelée à une table, le sexe ouvert mutilé, la lumière crue, tous ces gens, c’est un viol, voilà, c’est cela dans ma tête, rien d’autre. Mon conjoint ne comprend pas ma terreur et la minimise. Je me renferme. Je garde mon désespoir et ma peur en moi. J’envisage parfois d’accoucher seule à la maison, pendant que mon conjoint sera au travail, de ne pas me rendre à la Maternité. De faire ça toute seule, sans personne pour violer mon intimité. C’est la seule pensée qui m’apaise un peu, même si je sais qu’elle est illusoire : au fond de moi, je sens que je n’ai pas cette force d’être seule face à l’inconnu d’un premier accouchement.
Je découvre le concept du plateau technique, et un SageFemme libéral qui le pratique dans le grand hôpital à deux pas de chez nous. Cela me semble l’option la plus acceptable. Nous le rencontrons : il est sympathique, son approche de la grossesse et de la naissance me plaît, respectueuse et physiologique. Il accorde une grande place à l’entité parentale, pas seulement à la mère, et c’est important pour nous. Mon conjoint aussi est à l’aise avec lui. Nous ferons la route ensemble, même si je garde ce sentiment profond de faire un choix par défaut.
La grossesse se passe très bien physiquement. J’arrête cependant de travailler rapidement car je suis épuisée par les trajets interminables. Je sens que j’ai besoin de temps pour moi, pour me centrer et investir cette grossesse qui fait remonter à la surface d’anciens démons et beaucoup d’angoisses primitives. Quel bouleversement !
Le suivi de grossesse est respectueux : je n’aurais aucun toucher vaginal avant ma dernière consultation, car il n’y a aucune raison valable pour en faire. Je fais, avec mon SageFemme, une préparation à l’accouchement adaptée à mon souhait de ne pas prendre la péridurale : on discute des positions, de la gestion de la douleur, on fait de la sophrologie. Mais mon angoisse persiste malgré toute sa gentillesse. Je sens que je le pousse dans ses retranchements: je voudrais ne pas être perfusée d’office à l’arrivée à la Maternité, par exemple, et je me heurte à un
refus catégorique. Cela peut sembler anodin, mais le fait de sentir que je n’ai pas le droit de refuser un acte invasif creuse un fossé entre nous. Et je ne parviens plus à parler de ce qui me touche et m’inquiète : je le laisse se préoccuper de mon corps qui va si bien et je passe sous silence mon mental qui lui, ne suit pas.
Malgré mes efforts pour faire des choix éclairés, de nombreuses choses ne me conviennent pas. Mon SageFemme
ne fait pas les échographies et me dirige vers une gynécologue.. Son ton est froid. Elle me fait mal, elle a des remarques déplacées sur mon physique, elle ne nous met pas à l’aise. Je me souviens pourquoi je ne suis plus suivie gynécologiquement depuis des années, mais bizarrement, je n’ai pas la force de chercher quelqu’un d’autre. Je me sens piégée dans ma grossesse, dans ce qui m’est imposé à ce sujet : on attend de moi que je sois docile et béate. Je pensais que porter la vie me rendrait forte, puissante et fière; à l’inverse, je me sens infantilisée face au corps médical. Je m’estime “chanceuse” d’avoir opté pour un suivi global où je bénéficie d’un interlocuteur privilégié en la personne de notre SageFemme; je n’imagine pas ce qui se serait passé si j’avais opté pour un suivi plus conventionnel. Au moment où mon SageFemme remplira mon dossier pour la Maternité, il me demandera si
j’ai vécu des agressions sexuelles. Mon conjoint est à côté de moi. Oui, j’ai subis des violences sexuelles quand j’étais adolescente, mais comment vous dire ça maintenant, entre mon poids et mes antécédents familiaux ? Je ne dirais rien, et lui ne s’attardera pas sur mon malaise pourtant bien visible. Rien non plus sur mes addictions passées, quelques questions plus tard : trop tard, je suis fermée, vous m’avez fermée par votre indélicatesse. Dommage. J’aurais tellement eu besoin de parler de tout cela, précisément, de ces angoisses que la grossesse fait ressurgir. On
semble parfois oublier que la grossesse et l’accouchement sont des évènements de la vie sexuelle d’une femme, qu’ils sont dans la continuité de ses expériences, de son vécu. Mon ventre me semble dissocié de moi, on traite ma grossesse comme une personne à part entière.
J’ai du mal à investir ma grossesse, j’ai du mal à me projeter, à caresser mon ventre, à parler à mon bébé. Et je ne peux le dire à personne. A mesure que ma silhouette se transforme et que mon bébé donne des signes de vie, je parviens cependant à tisser ce lien délicat entre lui et moi.
L’échographie nous a montré qu’il s’agit d’une fille et j’en suis très heureuse. J’évite de penser à l’accouchement même si je suis toujours hantée par mes peurs. Je souffre aussi, malgré tout : je me sens lourde, impotente, douloureuse. Mais comme “tout va bien”, je n’ai pas vraiment l’autorisation de me plaindre. Mon conjoint et moi-même,
sentant la fin de la grossesse approcher, nous soudons face à l’inconnu. Mais je me sens toujours isolée et incomprise. Je regrette de ne pas avoir la force de demander de l’aide, mais j’ai la sensation que mon énergie
est monopolisée par et pour mon enfant. J’aurais souhaité qu’on me tende la main, qu’on fasse le premier pas, peut-être en me demandant sincèrement comment je me sentais, en tant que personne et pas seulement en tant que future mère.
La veille de mon terme prévu, je n’ai toujours aucun signe annonciateur de l’accouchement. Mon SageFemme
m’annonce que si je n’ai pas accouché à la date prévue, on me déclenchera à DPA+1 : c’est le protocole de l’hôpital dans lequel il officie et il n’a pas le pouvoir de lutter contre.
Je n’avais pas du tout envisagé cette possibilité et cela me révulse. Je déteste l’idée de mettre mon bébé dehors de force et dans la violence qu’induit un accouchement déclenché artificiellement, alors qu’il ne montre aucun signe de détresse. On ne nous laisse donc aucune chance ! Mais, moi non plus, je n’ai visiblement pas le pouvoir de lutter contre.
Le SageFemme me fait mon premier toucher vaginal pour contrôler l’état du col utérin, qui est légèrement ouvert. Je sens qu’il fait un geste sur mon col que je ne connais pas, désagréable. Il s’aperçoit que je l’ai remarqué et me fait un petit sourire en coin : “Je décolle les membranes”.
Je suis stupéfaite. Le décollement des membranes n’est pas anodin, et il ne m’a pas demandé mon avis. Il a fait ce geste sur mon corps, sur mon sexe, sur mon bébé, sans me demander mon avis. Il prend ce risque sans s’assurer que je sois informée des conséquences que cela peut engendrer.
Je n’arrive plus à parler. J’ai envie qu’on en finisse : j’ai mal partout, je suis épuisée d’avoir peur, d’appréhender, de sentir que mon corps m’échappe, que je ne contrôle rien. Le SageFemme est sûr que je vais accoucher dans la nuit, moi pas. Il s’aperçoit qu’il a oublié de faire un test important concernant la présence de Streptocoque B dans ma flore vaginale, et me demande de passer au laboratoire avant de rentrer chez moi.
Pendant le trajet, je sens que je commence à perdre les eaux. La poche est fissurée. A cause du geste qu’il a posé sans préavis, il a déclenché les évènements. Je marche toute l’après-midi, je passe au laboratoire. Je rentre chez moi. Je nettoie la maison du sol au plafond. Je ne pense plus à rien. Je préviens mon conjoint que l’accouchement ne va plus tarder. On prépare mon sac. Toute la nuit, je prête attention à mes contractions irrégulières, peu douloureuses, que
j’essaie de forcer en roulant du bassin sur mon ballon d’accouchement. Mais le travail n’a pas commencé. Je sais que ce n’est pas le moment, que mon bébé ne viendra pas tout seul, que la poche des eaux ne se serait jamais fissurée naturellement aujourd’hui. Je sais qu’en fait, mon SageFemme m’a déjà déclenchée artificiellement en décollant les membranes, parce qu’il voulait se conformer au protocole de son hôpital. Il n’a pas laissé à mon bébé une chance de
naître naturellement. Et je suis en colère contre lui, en qui j’avais une relative confiance jusqu’alors. Je n’ai même plus peur : je veux juste en finir, je veux que mon enfant naisse. J’ai le sentiment que la naissance de mon bébé est gâchée, et je culpabilise de ne pas mener ma grossesse à terme moimême, de ne pas savoir/pouvoir accoucher par moimême.
Le lendemain matin, les contractions se sont arrêtées. Le SageFemme essaie de me joindre au téléphone et je suis bien obligée de décrocher. Il vient d’avoir les résultats d’analyse : j’ai énormément de Streptocoques B. Comme la poche des eaux est fissurée depuis la veille et qu’il y a un risque d’infection pour le bébé, on doit déclencher l’accouchement. Une raison de plus, j’ai envie de dire. On se donne rendezvous à la Maternité. Il y a comme un sentiment d’urgence, de pression, je me sens forcée, pressée, compressée par son inquiétude.
Arrivés à la Maternité nous allons directement nous installer en salle de travail. C’est une trop grande salle froide carrelée, avec une baie vitrée donnant sur les arbres. Il y a une table d’accouchement sans étriers et face à la table, des placards et du matériel médical. C’est aseptisé, immense, étranger. J’ai du mal à me dire que je vais donner naissance à ma fille ici, dans cet endroit anonyme et froid, mais je me fais violence pour me “mettre dans le bain” :
après tout, je n’ai pas le choix, autant faire de mon mieux pour que cela se passe le moins mal possible. Je fixe mon attention sur le joli paysage par la fenêtre, dans le soleil de fin d’aprèsmidi.
Je passe la blouse de l’hôpital. Je ne veux pas enlever mon bracelet portebonheur, mais c’est obligatoire au cas où une intervention d’urgence serait nécessaire, alors j’obéis. La pose de la perfusion la première de ma vie m’arrache
des larmes de douleur. Comme l’accouchement est déclenché j’ai droit au monitoring en continu : je peux me déplacer sommairement avec, mais mes mouvements perturbent l’enregistrement et je dois sans cesse veiller à ce qu’il reste en place. Le SageFemme me dit de ne pas m’en préoccuper, mais c’est difficile d’occulter ce bruit permanent et tous ces fils. Il me prévient que la douleur des contractions va être plus violente et soudaine que si l’accouchement était spontané : mais plus violente que quoi ? Je n’ai encore jamais accouché !
Je m’assois sur le ballon, mon conjoint face à moi. Je gère les premières contractions ainsi : nous discutons tous les trois tandis que je bouge mon bassin au rythme des vagues qui se succèdent. Très vite, elles sont plus rapprochées et plus puissantes. Le SageFemme me prévient chaque fois qu’il augmente le débit de la perfusion, ce qui est plus anxiogène qu’autre chose. Quand la contraction arrive, je m’enroule sur moimême et je serre très fort les mains de
mon homme. Ce contact physique avec lui m’est indispensable en permanence, c’est la seule chose qui me garde sur Terre; sans ce contact je pars très loin… L’intensité des contractions me stupéfie. A chaque contraction, désormais, je n’entend plus rien, je ne vois plus rien, je suis submergée par cette douleur brûlante qui n’est pas localisée mais générale, dans ma chair et dans ma tête, partout en même temps. Rien à voir avec ce dont on avait parlé pendant la
préparation à l’accouchement.
J’entends les hommes qui discutent sans être capable de donner du sens à leurs mots. Leurs voix sereines me réconfortent cependant entre deux contractions, c’est un fond sonore agréable.
Parfois mon homme m’encourage doucement mais je ne peux pas lui répondre, ma voix ne sors pas. J’ai la sensation d’être dans un monde parallèle, de perdre le contrôle de mon corps, de mes sens, ce qui est déroutant et effrayant. La douleur prend de l’ampleur continuellement. J’ai du mal à reprendre mon souffle.
Je ne parviens plus à gérer la douleur assise, un poids pèse sur mon périnée en permanence.
Je crois que je le mentionne oralement car mon SageFemme me propose de me mettre debout en m’appuyant sur le lit. Je me lève en trébuchant : je me sens ivre. Est-ce que c’est ce qu’il y a dans la perfusion qui me rend ainsi ? Je pose les deux mains sur le lit et une contraction très violente arrive immédiatement. Je suis submergée par la douleur et par la peur. Debout au milieu de ce lieu inconnu, seule, noyée dans ma douleur sans le contact physique de mon homme, je me sens vulnérable, en danger. Je suis terrorisée.
On m’aide à monter sur le lit et je m’y retrouve allongée sur le dos, position fortement anxiogène pour moi, mais j’ai trop mal pour verbaliser mes émotions. Le SageFemme me propose un toucher vaginal pour vérifier l’avancée du travail : le col est ouvert à 4. Cette période de l’accouchement est très confuse dans ma mémoire : je déraille complètement. Je me dis que je ne vais pas survivre, je pleure comme une enfant en m’accrochant à mon homme. Comme s’il pouvait prendre ma douleur, j’attrape la main du SageFemme pour la poser sur mon ventre
pendant une contraction, mais il la retire, visiblement embarrassé.
J’ai une sensation profonde, bestiale, de mort imminente. Ce n’est plus de la douleur, c’est de la souffrance, il n’y a aucune pause entre les contractions. Allongée sur le dos, les cuisses serrées l’une contre l’autre, je me tortille à chaque contraction comme pour la bloquer, la freiner, mais en vain. J’en arrache même ma perfusion à force de me tordre de douleur mon SageFemme me dit qu’il n’a jamais vu ça avant.
Quelque part, le fait que les hommes restent sereins autour de moi me permet malgré tout de garder un contact avec la réalité. On essaie le masque de gaz relaxant, mais c’est pire, car je me sens étouffée en dessous. Le SageFemme
et mon homme me préviennent qu’ils vont sortir un instant. Mon homme me racontera lui avoir demandé s’il était normal que j’ai aussi mal, car il commençait à avoir peur pour moi. Ce moment de solitude est douloureux mais bénéfique : je suis profondément désespérée de ne pas être comprise et aidée, mais je comprends que je vais devoir lutter seule et que je dois trouver par moimême ce qui peut me soulager.
Le SageFemme me fait un nouveau toucher vaginal : le col est ouvert à 6. Il me propose de percer la poche des eaux : cela risque d’être plus intense ensuite, mais aussi d’accélérer considérablement l’avancée du travail, selon lui. J’accepte car j’ai envie d’en finir. Il perce la poche des eaux : j’ai un fou rire en sentant toute cette eau chaude jaillir hors de moi, c’est inattendu, cela me soulage d’un poids ! Nous rions un peu, l’atmosphère redevient plus sereine,
plus confortable. Le SageFemme me propose de m’asseoir en tailleur et installe une barre au dessus du lit de façon à ce que je puisse m’y accrocher au moment des contractions. Il me rappelle de me recentrer sur ma respiration et me propose de pousser sur la barre au moment de l’expiration. Sur un poste radio, il met la musique que nous utilisions pendant les séances de sophrologie : c’est rassurant même si j’en fais très vite abstraction, comme tous les sons
environnants. Dans le brouillard, j’entends la voix de mon SageFemme, cette parole isolée en réponse à mon homme inquiet : “Maintenant, elle est dans sa bulle.”
Je me concentre entièrement sur ma respiration, je la visualise et l’accompagne. Curieusement, la douleur des contractions a disparue : elle est remplacée par une puissante envie de pousser !
En fait, mon corps pousse tout seul, sans que je puisse maîtriser cet effort. Mon utérus est maître de la situation. C’est une sensation qui n’a jamais été mentionnée en cours de préparation à l’accouchement. Je suis soulagée de ne plus avoir mal, de ne plus être dans la douleur vive, mais cette sensation de poussée me déroute et me fait peur. C’est si dur de lâcher le contrôle quand on ne se sent pas parfaitement en confiance et sécurisée… Je ne peux pas.
Je voudrais, mais je ne peux pas. J’aurais tellement besoin d’être dans mon cocon familier, sentir l’odeur de mes draps, de mon homme contre moi, pour pouvoir enfin lâcher prise… Mais ici, de cette façon là, je ne peux pas.
Je signale à mon SageFemme que “ça pousse”. Il me répond simplement de laisser aller. Alors que j’aurais besoin d’être accompagnée, je me sens à nouveau piégée dans mon corps, seule. Malgré moi, je vais lutter contre cette poussée. Entre chaque contraction, je somnole sans m’en apercevoir. Je suis épuisée. Quand la poussée arrive, je suis incapable de la laisser aller. J’ai beau essayer de faire le vide dans mon esprit, mon bassin se bloque et je me retiens. Tous mes muscles tremblent dans cet effort. Je pourrais rester ainsi indéfiniment, suspendue dans le temps, dans les âges, entre deux états, entre deux étapes.
Subitement, j’entends la voix de mon SageFemme, anxieuse : “Bon, il faut y aller.”
J’ouvre les yeux. J’ai la sensation de me réveiller d’une très longue sieste : dehors, il fait nuit ! Je ne comprends pas. La sensation de poussée à disparue. Le SageFemme m’explique que le coeur de mon bébé commence à ralentir et qu’il va falloir pousser pour la faire sortir rapidement, tout en braquant sur mon corps l’énorme projecteur accroché au plafond. Je le vois préparer du matériel et enfiler un masque.
Je ne comprends plus rien. Je ne comprends pas comment j’en suis arrivée là, alors qu’il y a si peu de temps j’étais transpercée par cette poussée si puissante. Pourquoi est-ce qu’il ne m’a pas encouragée à pousser à ce moment là ? Pourquoi m’avoir laisser m’épuiser ainsi dans mes contractions, au point de m’endormir, alors que j’avais juste besoin qu’on m’encourage et qu’on me guide ?
Je suis assise sur le lit, les cuisses ouvertes au maximum, presque accroupie. J’ai toujours des contractions, mais elles semblent ralenties, anesthésiées, endolories comme tout le reste de mon corps. Mon homme est à ma droite et me tient la main. Une Aidesoignante est à ma gauche. Elle demande au SageFemme : “Tu vas faire une (poussée) dirigée ?”. Je me sens impuissante, incapable. Je m’efforce de pousser tandis que l’Aidesoignante appuie sur mon ventre. Elle s’excuse de me faire mal car elle y met vraiment toute sa force : je me souviens lui esquisser un sourire et lui répondre quelque chose comme “au point où j’en suis”.
Mais je n’arrive pas à pousser correctement. Mon corps m’échappe une nouvelle fois, traître. J’ai du mal à rassembler mes forces et à comprendre comment je dois pousser, maintenant que la sensation de poussée naturelle a disparue. Le SageFemme me dit qu’il va faire une anesthésie locale et, sans même me demander mon avis, enfonce une aiguille d’une taille considérable dans mon aine pour injecter le produit. C’est extrêmement douloureux. Mais pourquoi une
anesthésie maintenant ? Je n’avais pas mal ! Il semble confus de ma réaction et bredouille que maintenant, il est bien obligé de faire l’autre côté… J’en pleure de douleur tandis qu’il pique à nouveau. C’est complètement inutile.
Je pousse encore, mais cette anesthésie locale m’empêche de sentir correctement ce que je fais. Déjà que je n’ai plus envie de pousser depuis un moment, ça devient très compliqué… Le SageFemme me menace : si je n’y arrive pas toute seule, il faudra faire venir le Gynécologue.
Je balbutie en pleurant que je ne comprends pas comment je dois pousser. Finalement, je ne sais trop comment, je parviens à faire émerger la tête chevelue de mon bébé : je vois son reflet dans le carrelage du mur. Mon conjoint va jeter un coup d’oeil ému puis revient vite me tenir la main pour m’encourager. Cette vision furtive me donne la force de la sortir complètement à la poussée suivante.
J’ouvre les yeux le temps de voir ma fille, un peu violette, passer au dessus de mon corps sans s’y poser. Je crois lui avoir dit “Je t’aime”. Le SageFemme et l’AideSoignante partent immédiatement avec elle dans la salle adjacente. Mon homme me regarde avec inquiétude. Je crie : “Vas avec elle !” et il disparaît lui aussi. Cet instant de solitude semble durer une éternité.
Ma fille qui ne pleure pas, mon corps douloureux, vide, écartelé. Par respect pour elle, je ne pleure pas non plus jusqu’à ce que son premier cri me parvienne enfin. Alors les larmes coulent toutes seules. Ma tête est vide, je ne pense plus. Je suis seule. Je suis vide. Je voudrais mes amours près de moi, ma fille, mon homme. L’AideSoignante
passe à côté de mon lit. Je lui demande si tout va bien pour ma fille, et elle me répond avec surprise que oui, bien sûr, qu’elle avait juste besoin qu’on la stimule un peu car elle était fatiguée, mais que tout va bien maintenant. Puis elle me félicite, me souhaite une bonne nuit et s’éclipse.
Le SageFemme revient avec ma fille dans les bras : il propose à mon homme de la prendre en peau à peau pendant qu’il me fait quelques soins. Il appuie sur mon ventre, c’est désagréable, et me demande de pousser pour voir : le placenta sort d’un coup. Le SageFemme nous demande si on veut le voir : on jette un coup d’oeil, mais ça ne nous passionne pas autant que lui. Il m’ausculte. J’ai deux déchirures, sur la lèvre et à l’entrée du vagin, mais le périnée est intact. Il va me recoudre à vif : je suppose qu’il ne peut pas faire une nouvelle anesthésie locale aussi rapidement après la première, bien qu’elle ne fasse absolument pas effet. Je sens tout. C’est insupportable. Il minimise ma douleur sur le ton de l’humour.
Je ne lâche pas des yeux ma fille, blottie nue contre le torse de son Papa, dans une couverture chaude. Cette vision merveilleuse me permet d’endurer en silence la douleur. Ils partagent ces premiers instants et cela me réconforte de savoir qu’ils vont bien, qu’ils sont ensemble, qu’ils se câlinent.
La “couture” est longue et douloureuse. Je n’en peux plus, je suis toujours dans la position où j’ai accouché et mes cuisses tremblent comme des feuilles mortes. Je me sens partir, je suis comme shootée, j’ai de gros vertiges. Je le signale à mon SageFemme qui ne semble pas s’en affoler et termine son travail. Mon homme est impatient de me présenter ma fille et me la dépose dans les bras : son corps chaud contre le mien me fait un bien infini. Elle se met rapidement à gémir et à se tortiller : je lui propose spontanément le sein, qu’elle atrappe facilement pour une
première tétée. Je devrais déborder de bonheur, mais je me sens anesthésiée, vidée. Je contemple ma magnifique petite fille sans parvenir à ressentir quoi que ce soit d’autre que mon épuisement et ma douleur.
Notre SageFemme nous laisse un moment seuls et nous profitons de cette tendre intimité à trois. Je me sens dissociée de mon corps, toujours ivre. Je suppose que cet état second, qui se poursuivra toute la nuit, est un effet des médicaments qui m’ont été injectés. Lorsque le SageFemme revient, ma fille est toujours au sein : j’aurais apprécié qu’il vérifie ma position d’allaitement, mais je n’ai pas le temps de lui demander, car il nous signale qu’il faut monter en chambre. Mon conjoint habille ma fille car je suis trop épuisée pour le faire. Le SageFemme
me nettoie, me met une protection hygiénique et m’aide à m’installer dans le fauteuil roulant. Je ne tiens plus sur mes jambes. Mon homme me dépose ma fille toute emmitouflée dans les bras. La tenir serrée contre moi est déjà un effort physique considérable, dans l’état où je me trouve. Mon homme nous embrasse une dernière fois avant de partir : il n’a pas le droit de passer la nuit avec nous. Je suis installée dans une chambre double. La mère qui est allongée dans le lit à côté du mien dort profondément, elle n’a pas son bébé avec elle. La sonnette destinée à alerter le personnel médical est accrochée dans son lit : il n’y en a qu’une pour nous deux.
Je m’installe seule, maladroitement, avec ma fille dans mon lit car elle a toujours envie de téter.
J’ai très mal au sexe et je sens que je saigne. J’ai des vertiges, des frissons, je tremble. J’ai froid et je me sens toujours shootée : j’ai des pertes d’équilibres et la vue brouillée. Je voudrais me lever pour aller aux toilettes car j’ai envie d’uriner et que j’ai besoin de vérifier mes saignements, mais je ne peux pas me lever seule. Je ne peux pas non plus appeler quelqu’un pour m’aider, puisque la sonnette est inaccessible.
Je vais donc rester ainsi de longues heures. J’essaie de trouver une position confortable pour allaiter et somnoler en même temps. En plein milieu de la nuit, une infirmière entre dans la chambre. Elle vient vérifier quelque chose concernant ma voisine. Je lui demande si elle peut m’aider à aller aux toilettes : elle me répond sèchement que puisque je n’ai pas pris la péridurale, je peux me lever seule. Je lui explique que j’ai très mal et des vertiges importants, mais elle fait mine de ne pas m’entendre. Je me débrouille pour aller seule jusqu’aux toilettes mais je dois
faire plusieurs pauses en chemin car je suis au bord du malaise. La seule réaction de l’infirmière devant mon état sera de m’ordonner de laisser la porte des toilettes ouverte au cas où je m’évanouirais.
Je lui demande si elle peut me procurer d’autres protections hygiéniques, car je saigne très abondamment et les miennes ne sont pas suffisantes : elle rechigne. Elle ne m’en apportera pas de la nuit. Uriner provoque une douleur extrême à cause de la suture récente et je ne sais pas si c’est normal. Lorsque je regagne mon lit, l’infirmière est déjà partie.
J’apprendrais plus tard que le personnel médical de l’établissement est très réticent à acceuillir les mères qui accouchent en plateau technique : en effet, tous seront ignorants, froids et même dédaigneux avec nous. Notre SageFemme nous dira sur le ton de la blague qu’à notre arrivée,
l’équipe soignante a parié avec lui sur le fait que je réclamerais une péridurale et sur l’heure de mon accouchement; et que nous avons “gagné”. Je préfère ne pas rapporter en détails l’attitude du personnel à mon égard : pour simplifier les choses, lorsque je n’ai pas été tout bonnement ignorée, j’ai reçu des critiques et des remarques infantilisantes et moqueuses.
Ainsi, on ne viendra se préoccuper de moi que le lendemain en début d’après-midi: auscultée par une infirmière, j’apprends que j’ai deux hématomes importants aux aines et le sexe tuméfié, ce qui explique mes intenses douleurs. Elle est très étonnée de découvrir qu’on ne m’a pas donné d’antalgique. Je souffre également de crevasses aux seins car personne ne s’est soucié de savoir comment se passait mon allaitement. Plus grave : personne ne s’est préoccupé de savoir comment se portait ma fille, pendant tout ce temps…
Le lendemain, mon homme me trouve dans un état d’épuisement avancé. Je n’ai pas dormi et je n’ai toujours pas reçu le moindre antalgique. Notre SageFemme fait un passage éclair dans la chambre pour vérifier mes saignements et mes sutures : il semble nerveux et confus devant le récit de ma nuit. Il insiste pour me prescrire une contraception hormonale alors qu’il n’y a aucune urgence, et ne se préoccupe pas de savoir si mon allaitement se déroule bien. Il nous dit être très occupé et ne pas pouvoir rester plus longtemps, nous nous verrons demain, lors du suivi à domicile que nous avons organisé.
En effet, nous avions prévu une sortie précoce, mais les transmissions n’ont pas été faites correctement au sein de l’équipe médicale et nous devons attendre de longues heures la visite du pédiatre avant de pouvoir quitter l’établissement. Nous apprenons, lors de cet examen, que les prélèvements faits sur notre bébé afin de vérifier qu’il n’a pas été infecté par le Streptocoque B, ont été perdus dans la nuit. Notre fille subit donc une seconde fois ce geste invasif. Nous devrions théoriquement attendre les résultats d’analyse avant de quitter l’hôpital, mais c’est tout à fait hors de question pour nous. Nous signons une décharge et nous partons aussi rapidement que possible. Je veux retrouver mon cocon, ma maison, mes repères, et pouvoir enfin dormir et être aidée par mon homme. Je veux pouvoir être suffisamment à l’aise et sécure pour enfin prendre le temps de tisser ma relation avec mon bébé, car jusqu’à ce que nous soyons rentrés chez nous, je serais trop mal physiquement et psychiquement pour investir ce lien autrement qu’en répondant à ses besoins primaires.
J’ai accouché il y a 18 mois.
Je peux enfin faire le récit de cette naissance sans être envahie par des émotions négatives, même si j’ai encore besoin de travailler sur ce traumatisme qu’à constitué l’accouchement pour le surpasser définitivement. J’allaite toujours ma fille aujourd’hui, et cet allaitement plein de douceur et de tendresse est une victoire, car à aucun moment je n’ai été conseillée ou guidée malgré mes difficultés de démarrage.
Nous ne savons pas encore quand nous aurons un deuxième enfant, mais une chose est sûre, c’est qu’il viendra au monde chez nous. Je n’aurais jamais pensé adopter un point de vue aussi extrême avant de vivre cette expérience, mais si aucune SageFemme ne peut nous accompagner dans un projet d’accouchement à domicile, nous nous débrouillerons seuls, pour éviter d’avoir à revivre ces évènements.

Publicités

#322 – Un accouchement volé – novembre 2009

7 Jan

Je vous remercie de nous permettre un moyen d’expression quant à ce sujet mal maîtrisé qu’est l’écoute des mamans.
J’ai 34 ans, à nouveau enceinte depuis un petit mois. Mon premier enfant a 4 ans aujourd’hui. Il s’appelle Enzo et l’accouchement a été une réelle épreuve, pour moi, mais aussi pour mon compagnon qui se sentait impuissant et interdit face à notre gynécologue.

2009 : Début de grossesse en février
J’ai des soucis de santé qui posent de vrais risques pour moi et mon enfant de l’ordre génétique. Pour être plus claire, j’ai un déficit en Protéine S sur le facteur V de mes gènes. Ce qui entraîne des complications au niveau de ma circulation sanguine.
Mon gynécologue a fait un bon suivi, prise de sang toutes les semaines dès le troisième mois et piqûres d’anti-coagulants 2 fois par jour, depuis mon 6ème mois de grossesse jusqu’à la fin de mon retour de couches, bas de contention, etc.
Ma grossesse s’est très bien passé, j’étais sereine en plus car j’étais suivie aussi par une jeune sage-femme hypnothérapeute et sophrologue, avec laquelle j’avais fais un réel travail de projection.
Cette sage-femme travaille dans la même structure que mon gynécologue de l’époque.
Mes problèmes de santé me classant dans les « hauts risques » voir limite « à très hauts risques », mon gynécologue a changé d’attitude avec moi dès le 7ème mois de grossesse, voulant me préparer à un accouchement déclenché. Car dans sa tête, ce ne serait pas autrement.
J’ai essayé de discuter avec lui lors de cette consultation, de lui expliquer que si aucun soucis médicaux ne venaient contrarier le bon déroulement de la fin de grossesse et le jour J de l’accouchement … de laisser les choses se faire d’elles-mêmes. Je refusais d’être en situation de “sur-médicalisation” et je sentais déjà que cela en prenait le chemin.
Il m’a fait comprendre que je ne pourrais pas maîtriser mon accouchement.
Cela m’a toujours heurté, car même si cela se passe mal, on doit pouvoir rester les premières actrices de nos accouchements.
Ma grossesse s’est très bien passée, jusqu’à une semaine du terme, où là, je sentais vraiment mon gynécologue en panique quant à mon déficit sanguin. Et moi qui était sereine, prête dans ma tête au travail, mon gynécologue m’a épuisée physiquement sur cette dernière semaine, et stressée.
Les discussions étaient de plus en plus tendues avec lui, car moi je ne voulais pas déclencher le travail et je ne voulais pas non plus de péridurale.
Il a commencé par me culpabiliser en me disant que j’étais une irresponsable de ne pas vouloir écouter et obéir à ses prédications. J’ai plus ou moins cédé …
Je m’explique :
La dernière semaine, il m’a fait descendre à B. 2 fois par jour pour faire monitoring et décollement des membranes une fois par jour. A cette époque, j’habitais sur les hauteurs à 30 minutes de B. Les deux allers-retours me prenaient donc deux heures par jour et m’ont littéralement épuisée.
Moi, qui était sereine jusque là, c’est le stress qui a pris le dessus, car plus les jours avançaient et plus les décollements de membranes me faisaient souffrir et devenaient dangereux.
Le terme était prévu pour le 5 novembre, le 2, mon gynécologue n’a pas voulu me laisser repartir chez moi car je commençais à faire des hypertonies au lieu de faire des contractions. Il a demandé aux sages-femmes de me coller une languette pour déclencher le travail.
J’avais déjà la vulve en feu à cause des décollements répétés tout au long de la semaine et ce “truc” n’a rien arrangé.
Et puis, franchement, rien que les décollements de membranes sont une épreuve en soi car c’est extrêmement douloureux, la sage-femme qui le pratiquait me disait que cela donnait de “l’amour au col”. Je sais que c’était pour me rassurer qu’elle me disait ça mais j’avais juste l’impression de me faire fouiller comme une vache, “alors tu parles d’un amour, toi” !! Rien de plus, ni rien de moins !!! D’ailleurs, je subis encore, 4 ans après, des problèmes réguliers d’irritations et de démangeaisons importantes depuis ces mésaventures.
Les sages-femmes, le jour de mon accouchement ont vraiment pris un rôle primordial pour nous, car elles n’étaient pas en accord avec le gynécologue quant au bon déroulement de mon accouchement.
Elles m’ont expliqué que cela n’aurait pas dû se passer comme ça, étant donné que nous allions bien, mon fils et moi.
Et les hypertonies que je faisais étaient dues aux décollements de membranes trop répétés et qui n’avaient pas lieu d’être. Ce n’est d’ailleurs pas elles qui me les faisaient.
Deux heures avant d’entrer en salle de travail, mon compagnon et moi avons vu notre gynécologue et cela s’est très mal passé. Je lui ai dis que je n’étais pas contente de me voir aussi stressée et que je me sentais extrêmement fatiguée pour ce qui m’attendait. Nous nous sommes engueulés, il m’a dit que, de toute façon, je n’étais pas médecin et que ce n’était pas à moi de décider de la bonne marche de mon accouchement ! J’en ai pleuré et lui ai répondu que dans la mesure où tout se déroulait normalement je devais rester maitresse de mon corps et de mon évènement.
Lors de cette altercation, les sages-femmes m’ont soutenues dans mon épreuve. Elles se sont opposées au gynécologue, en expliquant tant bien que mal que rien ne justifiait une telle prise en charge.
Elles m’ont d’ailleurs soutenues jusqu’à la fin car elles m’ont évité la césarienne.
Je suppose que le stress a beaucoup bloqué le travail car malgré le déclenchement, mon col ne s’ouvrait pas, ce qui stressait mon gynécologue.
A cinq heures de travail à 3 cm d’ouverture, j’ai cédé pour la péridurale car j’étais épuisée. Mais la dose a été mal dosée, j’avais la jambe gauche comme celle d’une poupée de chiffon et ressentait tout de l’autre côté. Au bout de huit heures passées à 3 cm, le gynécologue commençait à faire pression sur les sages-femmes pour qu’elles me transfèrent en bloc pour une césarienne.
Elles ne me l’ont pas dit à ce moment-là pour ne pas me bouleverser car j’étais très en colère après lui et il ne valait d’ailleurs mieux pas qu’il se pointe dans la salle d’accouchement !
Elles lui ont tenu tête et au bout de 10 heures de travail, toujours à 3, la plus ancienne d’entre-elles m’a fait prendre une position hyper inconfortable pour accélérer le travail. J’ai tenu cette position pendant 2 heures de temps, mais cela a été efficace car Enzo est né à la fin de ces 2 heures … sans césarienne !! La péridurale m’a perturbée tout autant que le reste car les sensations étaient très étranges, du fait que je ne ressentais absolument rien du côté gauche et absolument tout du côté droit. J’ai juste déchirée un peu mais sinon cela s’est très bien fini pour nous !
Je ne remercierai jamais assez les sages-femmes présentes pour ce qu’elles ont fait pour nous. Elles ont rassuré mon homme, qui était un peu perdu face à la culpabilisation permanente dans laquelle nous plaçaient le gynécologue.
Car elles ont fait barrage face au gynécologue et elles ont fait preuve d’un grand savoir-faire et d’un grand professionnalisme.
Les gynécologues obstétriciens ont monopolisé l’accouchement !! Mais les sages-femmes ont des millénaires d’expérience en ce domaine et le fait que ce soit en général des femmes, elles savent ce que cela représente en terme de douleurs, en terme d’amour-propre pour une femme et en savoir-faire technique bien évidement !!
Car je tiens quand même à dire que les gynécologue hommes sont maladroits avec les femmes enceintes et parce qu’ils sont médecins, ils pensent avoir tous les droits. Mais, c’est notre corps qui ressent toutes les sensations et la nature est bien faite. Il faut faire beaucoup plus confiance en notre capacité à accoucher !! Certes, la médecine obstétrique a considérablement réduit les décès de mères et enfants lors des naissances Mais ils n’ont pas les connaissances requises comme peuvent les avoir les sages-femmes et ne justifie en rien cette prise de pouvoir de la part des médecins obstétriciens.
Alors, étant donné que les restrictions budgétaires réduisent le nombre de maternités en France comme ailleurs. Et que l’on se retrouve à plus de trois quarts d’heure d’une maternité et que du coup cela représente un risque non négligeable pour les grossesses. Qu’une femme et son bébé meurent parce qu’ils n’ont pas eu le temps d’arriver à la maternité est aberrant !! Tout aussi aberrant que la sur-médicalisation, je demande à voir des maisons de naissance éclore un peu partout et que ces maisons soient gérées avant tout par des sages-femmes. Et qu’elles n’appellent les obstétriciens qu’en cas de besoin médical !!!
J’avais fais un petit projet de naissance pour Enzo : Pas de péridurale, pas de position couchée sur le dos avec les pieds dans les étriers, de la musique douce, éclairage doux, … mais je n’ai rien pu faire de tout cela, rien n’a été respecté. Je demandais à marcher pendant le travail car je sentais que j’en avais besoin mais même ça on me l’a refusé.

Alors comme je suis à nouveau enceinte et que cela aura prit son temps, je ne souhaite pas revivre la même chose.

Même si je comprend mieux aujourd’hui la réaction de ce gynécologue et que je ne lui en tiens plus rigueur, je ne le reprends pas pour ma seconde grossesse et mon projet de naissance sera beaucoup plus pointu et sera anticipé avec les sages-femmes. Car je souhaite vraiment être mieux écoutée et pouvoir “accoucher” et non “me faire accoucher” !! La différence est énorme et j’ai toujours le sentiment de m’être fait voler ce moment !! Pendant un accouchement, on est fragilisée, c’est vrai !! Mais on est pas que fragiles … on est fortes aussi, comme jamais on ne peut l’être dans notre quotidien … merci aux hormones pour cela !!!

Voilà, j’espère que mon expérience pourra servir à faire évoluer les choses en ce domaine.
Je vous remercie de tout coeur de la parole donnée.

J’espère vraiment que cette action que je trouve très bien, apportera une vraie avancée permettant la reconnaissance des sages-femmes en milieu hospitalier avec un vrai statut propre, permettant de voir d’autres vocations naitre en ce domaine et augmenter le nombre des 22000 sages-femmes actuelles.

Je souhaite vraiment voir se développer les maisons de naissance au même titre que les maisons de santé. Nous avons réellement besoin de cette proximité pour l’accès aux soins, prodigués par les sages-femmes (qui ont les mêmes responsabilités pénales que les gynécologues obstétriques), aux suivis des grossesses, aux conseils et à l’écoute.

Nos sages-femmes (et sages-hommes d’ailleurs) sont formidables et il est temps de leur témoigner la reconnaissance qu’elles méritent. Enfin, je sais que la reconnaissance des familles leur est pleinement acquise malheureusement insuffisante …

Cordialement.
Laëtitia M

# 234 Emilie, en 2007

6 Mar

La naissance longue et intense de notre ptite lune :

Ce 21avril 2007 une nouvelle magique, une annonce à mon chéri avec un beau tshirt et une bouteille de bulles :
Après presque 3ans de galère et de traitements, notre premier bébé était enfin prévue pour le 3 janvier 2008…

Une grossesse médicalisée « normale » suivie par le gynéco qui nous a aidé à avoir ce bébé, des séances de prépa plutôt tendance physio quand on le demandait, parfait pour nous…

Le 25 décembre jour de Noël j’ai passé mon temps à lui dire qu’il ne fallait pas arriver ce jour là …ouf pas de signes, sauf cette sensation de courbature au bassin et dans le dos de plus en plus intense…

Le 26 décembre les douleurs au bassin augmentent en flèche, je n’arrive même plus à marcher dans l’appart’ …on dirait une mamie qui marche et encore j’ai besoin d’aide pour me lever du canapé !!! Le soir je demande un massage à chéri qui ne se fait pas prier et doit voir à quel point je ne suis pas dans mon assiette ….donc un long massage pendant plus d’une heure qui me soulage sur le coup …mais seulement sur le coup …mais c’est déjà du bonheur …minuit passe …

Le 27 décembre 2007, chéri va se coucher vers 1H …Moi je ne sais pas, je me sens bizarre …pas bien …je traine sur le net pour passer le temps et à 3H je me dis que je dois aller dormir pour prendre des forces au cas où…

3H couchée entre mes 5 coussins et ma couette sur le canapé.

3H30 je me réveille …je me sens mouillée …pas beaucoup mais assez pour me demander quand même : fuite urinaire ? Les eaux ? Pfff comment je sais ? Ben je ne sais pas …Je vais aux WC effectivement bien mouillée (même le pantalon) mais pas un seau non plus, je bois un coup …tourne en rond et boum 1ère contraction 5 minutes plus tard …Puis une autre 3 minutes après, et encore une …et ca se poursuit …oups …serait ce le grand jour ?

4H, futur papa se lève j’ai dû faire un peu de bruit … Je lui raconte en lui disant que je ne suis sûre de rien …Je lui dis que même si dans l’heure après avoir perdu les eaux on est censé aller à la mater’ je préfère attendre …être plus sûre …Je le renvoie au lit (au moins faut que lui se repose je vais avoir besoin de lui) et je lui fais chauffer des pâtes, on avait prévu de manger tous les deux avant de partir pour avoir des forces, mais les nausées m’embêtent donc je ne peux rien avaler …Je retourne au toilettes, je tremble comme une feuille …impressionnant …
Je file prendre une douche et prends une dose d’homéopathie mais ça ne passe pas …J’essaye de me relaxer, je réveille mon homme …
Il se prépare doucement lui aussi, on est super tranquilles… étonnamment zen…

5H, j’appelle la mater’, la sage femme me dit de venir dès que je peux pour vérifier si c’est bien la perte des eaux …

6H, ca fait drôle de se dire que je vois une dernière fois l’appart’ avant l’arrivée de notre bébé … Titine démarre, oups les dos d’âne !!! Une place juste devant la mater’ ouf !!! Et nous sommes arrivés …on prend l’ascenseur en se disant que ça fait quand même bizarre …
Les sages-femmes nous installent en salle de pré-travail, mon col est à 2doigts mais c’est bien les eaux …la poche n’est que fissurée (Je ne savais pas que le placenta avait 2 poches collées, moi une seule était rompue donc je n’ai pas réellement perdu les eaux, juste une partie), au monitoring on confirme contractions toutes les 4 minutes puis 3…

6H30, une prise de sang et je leur confie mon « projet de naissance » qu’elles acceptent sans problème mais je précise bien que c’est surtout des envies et non des ordres …
Je dois patienter pour voir l’évolution du travail, c’est dur les contractions et elles me laissent peu de répit, chéri est là et fait de l’humour pour me détendre …

8H, le col toujours à 2doigts et contractions toujours toutes les 3 minutes …si à 17H l’aprem’ je n’ai pas évolué on déclenche je sais d’avance que ça ira jusque là …je le sens …Du coup on me descend dans les étages .D’abord dans une chambre double avec une femme charmante qui sort avec sa puce puis avec beaucoup de gentillesse les sages-femmes de l’étage m’installent en chambre seule.

14H, pas d’évolution…

16H, la sage-femme m’amène un gros ballon pour essayer de faire évoluer tout ça et me dit en passant que la baignoire en salle de travail est libre …J’accepte d’essayer sans y croire, je n’en peux plus, je suis crevée, mon homme aussi, il passe son temps à ma faire des massages et a me faire de l’acupuncture avec les doigts pour me soulager …Il a mangé rapidement le midi mais aurait bien dormi un peu …Je le comprends …

16H30, je me plonge dans l’eau chaude et avec bonheur je découvre combien ça me permet d’atténuer les contractions …J’y reste un peu en espérant aussi que ça aide mon col …

17H, j’ai peur mais il faut contrôler …et bien sûr col toujours à deux, contractions encore toutes les 3 minutes mais plus douloureuses …
On doit me déclencher et on me propose soit la perf’ soit en perçant la poche des eaux, avec mon homme on choisit cette solution …Ça ne fait pas mal mais la sage-femme doit forcer car ma poche est solide, et ça fait une drôle d’impression : SPLASH !!! Et hop tout chaud !!! On dirait qu’on renverse un seau d’eau !!!
Et de suite, boum !!! Des contractions qui sont très intenses, whouahouh que ça fait mal, et très rapprochées !!! J’ai à peine le temps de souffler un coup entre deux …Purée c’est dur !!! Pour le monito faut que je m’allonge un peu sur le dos mais ça fait trop mal !!! C’est dur cette position, je me mets sur le côté …Ça va un peu mieux …mais qu’est ce que c’est douloureux !!!! Ouille !!!
Ma première question c’est de savoir si l’intensité va empirer …car si c’est le cas je ne suis pas sûre de tenir …Elle me dit que là ça ne sera pas pire, juste de plus en plus souvent et long mais ça m’est égal…. Je continue …
La sage-femme me propose le ballon, je suis tentée car en cours de prépa ça me soulageait bien et ça va aider bébé a descendre, Je m’y installe entre deux contractions …Ça fait du bien …. et là une contraction ………Je bondis !!! C’est horrible, pire qu’un chat sauvage je rebondis me réfugier sur le lit et me remets sur le côté …Pourtant mon homme me faisait un câlin derrière moi et un massage mais pas possible le ballon …
La sage-femme me propose la position debout, j’ai peur de laisser le lit et ma position où je me sens bien, mais je pense à mon bébé et mon chéri est là, avec ses mains qui me soulagent, ses mots qui m’accompagnent en douceur.
Je me mets debout …accoudée sur le lit les jambes écartées, guidée seulement par mon instinct qui me fait faire le balancier avec mon bassin …
C’est dur car j’ai les jambes qui tremblent avec la douleur, mais ce n’est pas pire que sur le côté et là je sens bébé progresser …

18H, la sage-femme me demande de me rallonger 2 minutes pour contrôler mon col et voir le monito correctement …La position « poulet de Bresse » les pattes en l’air, très peu pour moi, je souffre !!! Mais on doit surveiller bébé, alors je ne pense qu’à ça mais c’est tellement dur, J’ai envie de craquer …mais mon homme est là et me dis que j’en suis capable, la sage-femme me dis que ce que je fais c’est très bien, ça me motive et là bonheur en 1 heure mon col est passé de 2 à 6 !!! Yes !!! Dès qu’elle me le permet je saute presque du lit pour me remettre debout !!!
Et je continue, chéri est derrière moi, il me masse, me parle, me rassure, il est mon énergie, mon oxygène à ce moment, mon moyen de me concentrer sur moi-même, je sais à ce moment là que je ne pourrais pas réussir sans lui…Je n’accouche pas mais nous accouchons ensemble, en harmonie …La sage-femme à quatre-pattes entre mes jambes pour tenir le monito …et me motive aussi, elle s’appelle Stéphanie elle est géniale et me dit à ce moment là …Je vous préviens je finis à 20 heures je veux voir votre bébé !!! Ç’aurait pu me frustrer mais non ça me motive encore plus !!! Je continue je balance mon bassin d’avant en arrière, de droite à gauche sans savoir pourquoi vraiment : l’instinct toujours …C’est dur mais je suis recentrée sur moi, j’écoute mon corps, je crie au plus dur des contractions, j’essaye de souffler comme dans les cours de prépa mais ça marche moins bien, je demande même à la sage-femme si y’a des autres mamans dans les salles d’à côté en lui disant que faut que je me calme sinon je vais leur faire peur …mais je suis seule …(2 autres mamans attendent des césariennes mais pas de mamans en train d’accoucher par voie basse) En même temps je ne peux m’empêcher de crier !!!Je ne me reconnais pas moi plutôt pudique à l’habitude mais là tant pis …

19H à peu près … J’ai envie de pousser. Je sens que quelque chose arrive dans mon bassin, je sais que c’est bébé… Je me sens tranquille malgré la douleur si intense, étonnante…
La sage-femme me demande de me remettre sur le lit pour la sortie de bébé, je me remets sans réfléchir sur le côté gauche, l’infirmière me tient la jambe gauche et je pousse sur elle avec comme pour m’étirer au maximum, ma jambe gauche relevée et pliée mon chéri me la tient tout en me faisant des câlins très fort à chaque contractions …J’ai besoin de le sentir me serrer fort alors je lui demande des câlins ne sachant pas comment lui dire ce dont j’ai besoin, ça fait sourire la sage-femme et l’infirmière mais lui comprends pas besoin de mots …
Mon col est à 9 et demi, la sage-femme m’aide un peu avec son doigt car on voit les cheveux, bizarre cette sensation, je commence à pousser, il parait que je me débrouille bien, moi je pensais que la tête sortait presque d’un coup mais non je trouve ça super long …La sage-femme me dit de me reposer entre 2 poussées mais non je le fais comme je le sens et je continue …je respire quand je peux …Je suis épuisée mais ça marche bien.
Je ne voulais pas que chéri aille voir la sortie de bébé, par peur de le dégouter mais je vois qu’il regarde et qu’il a envie, je ne dis rien, je veux qu’il profite de cette événement comme il le sent, et à un moment au grand étonnement de tout le monde, en pleine douleur, je m’arrête et regarde mon homme, je lui dis : « Ça va toi ? », tout le monde rigole, moi je trouve ça tellement naturel, j’ai tellement besoin de savoir qu’il est bien lui aussi, qu’il est heureux…Je vois que ça va alors je me concentre …C’est lui qui me dit qu’on voit les cheveux, puis les yeux, le nez la bouche …Là la sage-femme me dis de pousser moins fort, c’est dur !!! Mais je me concentre je pense à mon périnée en me disant que je ne veux pas de point de suture (et oui on se demande ce qui nous passe par la tête des fois !!!)
La tête est sortie, ouf, ça brûle mais c’est fait !!! j’ai envie d’arrêter je suis naze mais y’a les épaules …allez je pousse encore elles sortent et la une impression d’avoir un truc qui s’échappe, sensation bizarre, magique, indescriptible… bébé est dehors, la sage-femme le donne à son papa qui me la dépose sur le ventre , c’est tout chaud, tout liquide aussi, magique, bizarre …indescriptible, je regarde mon homme qui ne sait plus quoi dire …concentré lui aussi sur ce qu’il doit faire …très zen !!!

La sage-femme lui propose de couper le cordon, je le regarde car j’étais curieuse de savoir comment c’était fait, chéri pense à lui dire qu’on voulait que le cordon s’arrête de battre avant de couper mais le cordon est très court et me fait mal, ça tire …Alors il le coupe. Ça y est bébé est vraiment là tout chaud contre moi …Et là la sage-femme nous demande si on veut savoir ce que c’est : ben oui après 9mois à ne pas savoir, nous n’y avons même pas pensé !!! Elle montre à chéri qui exprès ne me dit rien et la sage-femme me montre en soulevant …notre fille !!!!!!!!!!!!!!!!
Nous sommes heureux elle va bien !!! Nous avons réussi cette naissance, celle de notre fille et la nôtre en tant que parents !!! Que d’émotions, de bonheur …Les douleurs sont déjà estompées !!! Il faut encore pousser pour le placenta, avec l’épuisement c’est presque ce que j’ai trouvé le plus dur …Nous restons 3 heures ensemble en salle de naissance car j’ai perdu beaucoup de sang, papa et la puce partent faire les premiers soins pendant que l’infirmière me fait mes soins à moi : pas d’épisio, des déchirures où il n’y a pas besoin de points et je ne sens rien, j’ai tellement eu mal pour l’accouchement que mon corps me fait grâce des douleurs d’après, tout est encore endolori …Je demande juste un petit antalgique dans la perf’ (j’avais juste un cathlon que l’infirmière m’a piqué après la naissance, pas de perf’ branchée) pour le moment où ça va se réveiller …Le temps que ça passe toute l’équipe de la salle de naissance vient me voir pour me féliciter, il parait que pour un premier, j’ai assuré, ça fait chaud au cœur, je suis fière de moi, de nous …On me demande le pourquoi du sans péri, comment j’ai ressenti, je remercie la sage femme qui doit partir et est contente d’avoir réussi son pari d’avoir vu bébé avant de partir …l’équipe de nuit est adorable…papa et ma fille m’attendent dans le couloir, on nous redescend en chambre, je n’en peux plus, la puce non plus et ne tête pas le sein …pas grave on est heureux ….Fous de joie, on appelle les tonton, tata, cousins, grand parents …trop heureux d’annoncer enfin la jolie surprise !!!! On l’admire …C’est notre bébé, tout plein d’Amour entre nous 3 déjà … On est une famille !!!

Notre p’ti trésor, notre lune est née le 27 décembre 2007 à 19H46, pèse 3kg465 et mesure 49,5cm !!!! On t’aime bébé !!!

la suite… mon 1er allaitement gâché …épreuve d’un début de maternité …

Notre fille est née en maternité, elle nous a fait devenir parents d’une manière douce et sereine, une naissance en émotions, en fusion, physiologique et respectée, tout pour bien démarrer…Mais qui dit naissance longue dit bébé fatiguée… Elle était épuisée, et dormait paisiblement sur moi, après 3h en salle de naissance pour soins à maman, elle n’avait pas encore tété … Une auxiliaire a voulu absolument la faire téter « car il faut que les bébés tètent une fois pour qu’on voie avant que vous redescendiez en chambre!!! c’est important!!! » 1er bébé je ne savais pas, personne n’avait allaité autour de moi, de chéri non plus, nous pensions pouvoir être en confiance, l’auxiliaire a secoué notre puce pour la réveiller péniblement…a pris sa ptite tête et l’a collé au sein, maintenue …elle a hurlé …elle si sereine qui n’a qu’à peine gémi a sa naissance a hurlé …j’étais peinée mais je pensais qu’elle avait raison! A la suite de ça  elle n’a jamais voulu retéter, effrayée dès qu’elle approchait de mon sein malgré les câlins et le peau a peau …si on ajoute a ça  la mise en nurserie fortement conseillée(voir imposée) « car c’est nécessaire le repos des mamans » et ce que j’ai appris ensuite un complément au biberon + une tétine alors que j’étais farouchement opposée aux 2 et l’avait bien spécifié par écrit dans mon projet de naissance et à l’oral … Ça a donné un tire allaitement de quelques semaines qui m’a épuisée  avec des essais réguliers de remises au sein avec des personnes compétentes, mais inefficaces, une maman épuisée en déprime, j’ai échappé de peu au babyblues …merci chéri … j’ai été si écoeurée de tout cela que lors de seconde grossesse j’ai eu un temps où je me suis dit ne pas vouloir allaiter…et puis j’ai été rassurée par une super SF en cours de prépa et surtout par mon 2eme qui même mal installé a grimpé seul au sein et ne l’a plus jamais lâché …Merci mon bébé, mes mes bébés de m’avoir fait grandir autant et de vos leçons de respect et d’humilité…

Emilie, en 2011

4 Mar
La naissance de notre étoile …filante !!!Nous avons appris en novembre (après quelques mois de traitements de nouveau), avec une grande joie la venue prochaine et si désirée de notre 3ème bébé…Prévu le 12 août 2011 !!
Après une puce d’hiver et un ti lou du printemps voilà donc un bébé d’été !!!Comme pour sa sœur et son frère nous choisissons de garder la surprise et ne voulons pas savoir qui se cache dans mon bidon….donc 9mois de pronostics : bébé frère ou bébé sœur???

Grossesse sereine, sans trop de soucis, si ce n’est quelques œdèmes pénibles, mais rien de grave …juste faire attention parce que j’aurai travaillé jusqu’au bout et que bébé est très descendu, déjà appuyé sur le col bien trop tôt …faudrait pas qu’il soit trop pressé de sortir (!!!)

Nos grands sont très tendres avec mon ventre, des bisous, des chansons, c’est du bonheur à l’état pur!!!

Juillet arrive…Nous prévoyons une naissance un peu en avance donc nous essayons d’avoir du monde vers nous dès mi juillet pour garder les grands au cas où …tout le monde attend et bébé continue d’appuyer bien bas…Juillet se poursuit et juillet passe !!! A notre surprise à tous bébé sera bien du mois d’août !!! Séances d’acupuncture, d‘ostéopathie, tisanes et homéopathie pour préparer au mieux cette naissance …

Rendez-vous de contrôles à la maternité, mon col bouge grâce à l’acupuncture, bébé ne va pas tarder nous dit-on …La valise est prête et chaque soir en embrassant mes « bébés » je me dis que peut-être ça sera la dernière fois avant que …

Les jours passent, la pression se fait sentir, je pense vraiment que la naissance se fera le vendredi 5août, 1semaine avant comme mes 2autres loulous et non …rien de rien… Chéri parie sur le mardi 9août, jolie date que la St Amour ….Et non …Ce jour-là on nous parle sérieusement de déclenchement à la maternité !!! On nous met un peu la pression …dur dur pour moi, j’ai mes convictions sur la naissance et sa physiologie, je ne veux pas avoir à imposer ça à notre enfant et à moi-même mais ils ne me laissent pas le choix et me disent que le dimanche 14 (le terme étant le vendredi 12) je devrai si bébé n’est pas là de lui-même, me présenter pour déclencher …c’est pas négociable…on me propose même un déclenchement par décollement des membranes en avance avec l’une des sages-femmes que l’on connait le mercredi soir, mais là je prends la décision de ne pas y aller…
C’est trop tôt je le sais …

Vendredi 12, jour du terme, nous y sommes …Je suis hyper stressée, pas les bonnes conditions pour aider bébé à se décider…9h10 rendez-vous de contrôle à la maternité…Tout va bien, col ouvert à 2, court, ça c’est pas mal, on discute avec la sage-femme, on décide ensemble de ne pas décoller les membranes, ce geste me parait trop « dur » pour nous …Je lui dis que j’ai fait quelques faux ou pré travail dans la semaine et cette nuit mais que là rien …Et là elle parle à bébé, je la rejoins et on lui explique que quand même se décider tout seul ça serait bien…Elle me branche le monitoring et calme plat…sauf que …au bout de quelques minutes : des contractions !!!Toutes les 4minutes, je les sens bien étant sur le dos !!!J’hésite à prévenir chéri qui part bosser à cette heure précise …Je le préviens mais il va au travail quand même …La sage-femme me libère du monito et je repars chez moi à pied histoire de voir ce que ça donne …

La journée passe, avec des câlins aux enfants, une ballade au parc, à l’aire de jeux.
Une chouette journée !!! Avec toujours ces contractions …Je les sens …elles sont là mais ne me gênent pas assez encore ….Elles sont juste là présentes …

La soirée passe, nous avons du monde…Jolie soirée bien agréable, loulous un peu surexcités que l’on va tarder à coucher mais de bons moments…

Là pour la première fois, moi qui me sentais pourtant prête, je parle à mon bébé, je lui dis que là, c’est notre dernière chance de se donner le merveilleux cadeau d’une naissance sereine, je lui explique les enjeux et surtout les effets d’un déclenchement pour lui et moi, que je sais qu’ensemble nous pouvons éviter ça …Que maintenant c’est à lui de jouer et que surtout j’ai envie de savoir qui il est : il ou elle? Qui se cache là …papa lui dit aussi qu’il a envie de le voir …on se couche …

Dans la nuit, je dors …pas bien, je me lève bien 8fois faire pipi, comme d’hab depuis 2 mois ç’en est impressionnant mais je me rendors, plusieurs fois je sais que je me réveille avec un mal de ventre assez important mais mon cerveau est en mode veille, comme si il m’épargnait tout ça et me laissait du repos, du répit …Je ne comprendrai qu’après que c’était les premières contractions …

6H : Réveillée par une vraie contraction qui me fait mal, bien mal…Est-ce que ?! …Je n’ose même pas y croire…Chéri dort, je le laisse et me lève …Je vais sur les toilettes.

6h05, notre fille se lève et réclame papa, elle a fait un cauchemars et parle du bébé, je suis toujours sur les toilettes, ça travaille là dedans, je m’y cache en espérant que papa va recoucher la puce dans son lit à elle et pas dans le nôtre…ouf ça marche, elle se rendort de suite !!!Bizarre quand même …pile à ce moment là elle parle de bébé ?..

Chéri comprends …Je sors des toilettes, les contractions semblent rapprochées à cet instant je ne regarde pas la pendule, pas envie …Je dis à chéri que je pense que c’est le moment, je ne suis pas sûre(!!!) mais ça fait vraiment très mal…Il s’habille et boit son café, je commence à avoir du mal, il me fait des points d’acupression ouffff…Je lui demande de me rappeler à ce moment là « pourquoi je dis que j’aime accoucher ? Je suis folle? » hihi…

6H14 sur la pendule …Je retourne sur les toilettes…J’y reste j’ai mal au ventre et au dos, ça serre fort en même dur dur mais j’ai mal bien 7 fois au moins…Je pense être restée là longtemps…je ressors et regarde la pendule : 6h25 !!!
Euh chéri on part viiiite!!!!! 7contractions en 11minutes???Elles sont courtes mais rapprochées et très intenses, si on ne veut pas consciemment le faire seuls sur le canapé (même si j’avoue m’être très sérieusement posé la question) va peut-être falloir qu’on se bouge …

La descente des escaliers, un grand moment 3 étages 4contractions et une en faisant un câlin au mur frais du hall d’immeuble …bonheur !!!…

6h40 : devant chez nous…Il fait beau, bon, un beau ciel bleu déjà …bah euh la voiture …faut pouvoir y monter, aller moitié assise et moitié à genoux, pas attachée tant pis…chéri a eu le temps de mettre des carrés absorbants j’ai pas envie de refaire les sièges si je perds les eaux …Bouh j’aime pô les contractions en voiture!!! En plus chéri il m’aime, chéri l’a pris l’itinéraire sympa AVEC les dos d’âne hihi …je l’aurai un jour, je l’aurai …me vengerai !!!

6h50 : Bref, on arrive et miracle une place devant l’entrée de la maternité!!!C’est une rue difficile pour se garer, coup de bol, Titine nous attendra là tout le séjour…Là je me souviens de chaque endroit, précisément où je me suis arrêtée pour les contractions, je commence à me demander si j’arriverai à ne pas faire naître bébé sur le trottoir…Elles me broient le dos, le ventre et les cuisses …comme pour notre deuxième, la seule chose que mon corps sait faire en pleine contraction : pousser !!! Oups allez motivée hein …Le gardien nous ouvre la grille sans rechigner, ouf !!! On sonne : « c’est pour quoi? » et chéri tout zen lance un joyeux « bébé arrive!!! » hop on nous ouvre, le couloir, l’ascenseur, je suis émue de regarder ces grands couloirs vides que je connais si bien et que j’ai quand même l’impression de redécouvrir d’un nouvel œil…Suis sereine bizarrement, je sais que bébé a choisi ce moment précis parce que c’est le bon moment, son moment, notre moment …L’ascenseur, arrivés au 3ème étage, on sonne, l’infirmière de nuit nous ouvre, je ne la connais pas, là petite appréhension de savoir quelle sage-femme sera là, si on la connait, si elle sera capable d’adhérer à notre projet…Tellement mal et tellement de choses en tête mais aussi assez sereine quand même …Et là arrivés dans le couloir, une blouse rose sort de la seule salle de naissance occupée : grand éclat de rire et immense apaisement…Stéphanie, LA sage-femme, « notre » sage-femme, celle qui m’a si bien accompagné pour notre fille et a aussi été présente pour notre fils…Elle me regarde, cherche et demande mon nom et rit elle aussi, ça lui arrive parfois de s’occuper de 2naissances dans une famille mais jamais 3 !! Ça sera pour nous !!! Elle prend mon dossier (qui était déjà là puisque déclenchement prévu le lendemain) elle me demande si je veux choisir « ma » salle et je demande celle avec la baignoire « la Désirade », la même que notre fille, la même que ma cure de Vénofer quelques semaine auparavant…Cette salle je la connais par cœur, elle m’apaise elle aussi baignée les premiers rayons de soleil de la journée, tout en douceur …Une infirmière de nuit se présente, adorable …Chéri me dira plus tard qu’il a été impressionné par la façon dont je me suis apaisée au moment ou j’ai vu la sage-femme, comme mon visage a changé …Il croit maintenant aussi fort que moi à l’importance du mental dans la réussite d’une naissance, l’importance de se sentir écoutés, en confiance, sereins…autant lui que moi …

On s’installe, elle me propose une blouse blanche que j’enfile, elle me tient pile chaud comme il faut, j’y suis au final mieux qu’avec mon débardeur et mon paréo cette fois…

Toujours les contractions, on discute entre deux, on plaisante, on rit même !!! Jamais je n’aurais imaginé être sereine à ce point …C’est vraiment le mot qui me vient, je m’étonne moi-même de réussir à être autant dans la détente entre 2 contractions et a autant réussir à lâcher prise, à décrocher ma conscience pour laisser faire mon corps quand une contraction arrive et me serre tant, si fort de partout, de plus en plus …

7h : On regarde l’heure quand on arrive dans la salle, 7h tout pile, notre sage-femme nous dit sur le coup qu’elle finit à 8h, qu’elle aurait adoré voir notre bébé mais que le laps de temps est court …avec un clin d’œil et un sourire…Elle rajoute qu’elle peut attendre jusque 8h10 mais pas vraiment plus …Elle m’avait dit les même mots pour notre fille puisque ce jour là, elle finissait à 20h et après 18h de travail elle était née à …19h46 ….Alors qui sait ..??…
Et là une nouvelle contraction, que j’accueille aussi doucement qu’elle est violente, intense…elle me parait insurmontable …la sage-femme sourit quand elle se termine et me dit « Je ne vous examine même pas !!!Vu votre tête vous êtes en fin de travail, ça se voit!!! » Sur le coup, je suis étonnée de sa phrase mais aussi ravie que la « technique » soit éloignée, et elle part faire mon admission sur informatique tout en demandant(en m’expliquant) à l’infirmière de me piquer une prise de sang pour l’hémoglobine surtout et un cathéter vu mon antécédent d’hémorragie de la délivrance pour nos deux, surtout notre fils…Je suis bien entendu d’accord puisque c’est cela qui m’a amené à venir de nouveau donner la vie en ce lieu…
L’infirmière prépare tout son matériel…
La sage-femme revient, me demande 30secondes d’être sur le dos(Je suis toujours debout) histoire de placer le monitoring et de voir si bébé est toujours dos à droite, et qu’une fois tout ça calé, je pourrai bouger de nouveau …Je m’installe avec pas mal d’appréhension, chéri aussi, il sait combien je n’aime pas cette position sur le dos, combien je suis convaincue qu’elle est néfaste pour moi, pour bébé …Je me retrouve sur le dos, jambes pliées par réflexe avec chéri qui me tient la main à chaque contraction qui me fait souffler très très fort, ça continue de pousser un peu tout seul depuis qu’on est descendus de voiture, doucement …Je pense aux (mauvais) films où les femmes sont scotchées sur le dos sans avoir le choix, je trouve ça tellement bête…bref je pourrai bientôt bouger hein ?!

Elle me propose un toucher que j’accepte, j’ai besoin de savoir où j’en suis…Les contractions me font perdre pied, je le sais c’est bien et normal mais j’ai besoin de savoir …Elle affiche un beau sourire en m’annonçant un 7 !!! Ouf c’est chouette, pas mal hein en 1h suis passée de 2 à 7 …Bébé toujours dos à droite, je lui demande de me réexpliquer les conséquences, elle me dit juste que si il ne tourne pas avant de sortir la tête on devra surement l’aider avec les mains ou des instruments mais qu’on en est pas là, elle va juste préparer au cas où, car bébé aura ¾ de tour à faire pour sortir au lieu d’¼ quand il est positionné dos à gauche…Juste un peu plus long me dit elle …Nous verrons …Il doit être 7h05 peut être 1 ou 2minutes de plus je n’ai plus la notion du temps …
On me propose de m’aider à bouger, je demande un peu de temps, que là je ne pourrai pas…pas de suite …
La sage-femme me dit qu’elle me laisse à l’infirmière et à mon homme quelques minutes pour aller voir sa seule autre patiente qui est aussi en fin de travail, pas de souci, ça va on gère dit-on en riant !!! Avant qu’elle sorte de la pièce, la poche des eaux se rompt, non elle ne se perce pas elle …explose littéralement, d’une telle force qu’elle en soulève le draps blanc qu’on avait placé par pudeur sur mes genoux !!! Une force impressionnante, je repeins la salle et s’en suit un nouvel éclat de rire général !!! La sage-femme venait de me dire que si je voulais bien elle ne laisserait pas bébé naître coiffé car une étude montrait que c’était sain pour eux d’être en contact avec la flore vaginale, bon bah la question ne se pose plus …Elle sort de la salle, l’infirmière s’approche pour enfin tenter de me piquer et me demande gentiment si elle peut ou si elle attend …
J’allais lui dire d’y aller mais …Quelque chose me chiffonne…Je n’ai aucun de mes repères habituels en étant sur le dos même si je n’y suis pas si mal…J’ai l’impression que ça pousse plus fort et que là bébé n’est pas loin, avec ma permission l’infirmière regarde entre mes jambes, rit encore et me demande quelques secondes et sort en criant « Stephanieeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee viens vite !!! » j’entends « Elle accouche?! J’en étais sûre!!! »
Elle revient avec son sourire qui fait du bien….Moi toujours mes contractions que je ne supporte plus donc je décroche de ce qui se passe autour, je souffle fort fort …Ça fait du bien elles me laissent moins de 30secondes entre 2 et sont tellement fortes, bon sang …Entre 2, j’arrive assez à réfléchir pour penser à chéri (comme d’hab’ à ce moment là, ça devient une habitude hihi) et demander à la sage-femme si tout se passe bien qu’il exauce son souhait d’attraper lui-même bébé, il voulait me soutenir et du coup était resté près de moi sans oser demander… elle est d’accord, ils cherchent des gants pour elle et lui…Une contraction encore plus intense je sens que mon corps s’écartent, la tête débute sa sortie(quoi déjà?!!!)
Là l’image surréaliste qui me reste gravée … L’infirmière a laissé tomber les piqûres, et mon homme à gauche, la sage-femme a droite et les 2 qui …galèrent à mettre les gants!!!Là c’est moi qui rit un bon coup, c’est juste totalement hallucinant, il fait moite dans la salle et du coup ils n’arrivent pas à les enfiler, la sage-femme qui me guide de loin me disant de pousser tout doucement pour ne pas me déchirer et chéri qui me dit qu’il voit le front, les yeux, puis le nez, que bébé a plein de cheveux, puis que ouf la tête est sortie…je souffle un peu, je pense en avoir le temps …Et là, une douleur hallucinante, une sensation indescriptible de force, de quelque chose de bizarre dans mon bassin, et là, encore tout le monde qui rit, je ne comprends pas..notre bébé trop fort déjà qui fait ses ¾ de tour tout seul !!! Comme un grand, il avait sorti sa tête du « mauvais côté » et se remet seul dans le bon sens !!!sans aucune aide et poursuit son aventure en dégageant seul une épaule puis l’autre, je vois chéri s’approcher ému et bébé se pose dans ses mains, tout seul, en douceur …Chéri me le pose sur moi avec un bisou en me disant que c’est un pti gars !!!

Un bébé frère est né …Whaouh!!!! Déjà, on a tellement attendu cette naissance et il est là sur moi, il crie un coup, le cordon a déjà cessé de battre, chéri va pour le couper, je mets ma main sur la sienne pour l’aider à rompre ce lien si particulier…Bébé regarde partout déjà !!! Je n’arrive même plus à respirer tellement je suis étonnée de ce qui vient de se passer …Il y a un silence impressionnant dans cette salle …La sage-femme a oublié de regarder l’heure avec tout ça mais chéri a assuré, lui y a pensé : 7h14 !!! Quoi ? Bah voui il ne s’est passé que 14minutes entre notre arrivée ici et sa naissance, je n’en reviens pas, ca m’a paru tellement long, bon, intense, joyeux …

La sage-femme nous montre ses gants en nous disant « sont propres, avec vous 2 suis au chômage technique!!! Vous avez assuré !!! Encore une fois … » Elle ajoute qu’elle est impressionné vu comme je « sais » accoucher …Je lui répond que je ne « sais »pas mieux accoucher qu’une autre que j’accepte juste de ressentir plutôt que de vouloir contrôler …

Je ne sais même plus quoi dire, je bisouille notre nouveau fils, le sens, le respire, le caresse…Je remercie l’infirmière et leur sage-femme, de leur savoir « laisser-faire », de leur gentillesse…

Le placenta s’est décroché déjà seul, du coup on laisse tomber la prise de sang et le cathéter, elle me demande l’autorisation de nous faire 2 misères : à moi une IM d’ocytocine, par précaution en plus de mettre bébé au sein, je dis oui bien sûr, l’infirmière est douce…Je ne saigne quasi pas…ouf!!!!Quel soulagement…Périnée intacte, pas éraillures, pas de déchirure, pas d’œdème, rien de rien …Je me moque gentiment de chéri qui a ce moment là, fait du peau à peau avec bébé, pile en face de mon anatomie plutôt que de détourner le regard, et là il me dit tout zen que vu ce qu’il a vu juste avant ….rah sacré lui !!! Et elle me demande l’autorisation d’aspirer bébé, elle m’explique qu’il y avait beaucoup de méconium dans son liquide et qu’on voit qu’il en a avalé, je ne sais pas, je regarde chéri qui me confirme pour le liquide …Du coup on accepte le test (qui sera négatif 48h plus tard ouf) j’explique à bébé en le serrant fort contre moi pendant le sondage gastrique mais en détournant le regard, je ne peux pas regarder …La sage-femme le fait rapidement …Et on repart dans un long peau à peau et pour la 1ère tétée…

La sage-femme file aidé l’autre maman et quelques minutes plus tard nous avons entendu la jumelle de bébé pousser son premier cri !!! On est émus aussi …Notre sage-femme accepte de poser pour une photo souvenirs que l’on pourra montrer à nos 3loulous plus tard et termine sa garde en venant nous dire au revoir…Nous sommes émus et un peu triste de la voir partir et la remercions encore pour avoir su nous aider en trouvant les mots et les gestes pour nous accompagner …Je lui demande juste comme faveur de ne pas changer…Nous ne l’oublierons pas …

Nous resterons 5h en salle de naissance, tranquilles car pas de chambre disponible et l’équipe du matin veut absolument nous donner une grande chambre que je puisse profiter de mes 3loulous au mieux quand nos 2 minis grands seront là …J’aurai même droit à un pti déj dans la matinée…Nous passerons ce temps à rire encore de cette naissance avec chéri…Ce qui l’étonne encore aujourd’hui c’est que pour la première fois je n’ai pas crié, juste soufflé et ri …rien d’autre… On s’en souviendra!!!Et là, il se moque de moi, en me rappelant combien je radote sur le fait que ce n’est pas bien d’accoucher sur le dos, ni pour bébé, ni pour maman et que ….je viens moi, d’accoucher sur le dos, d’ailleurs il se moque encore aujourd’hui …Coquin lui !!!

Vers 11h, la sage-femme et l’auxiliaire puer’ me proposent de faire les soins de bébé, je leur demande de venir aussi, elles avaient déjà prévu le fauteuil !!! On joue a estimer bébé, il est grand mais niveau poids on dit tous un 3.8kg …Loupé !!! Il n’aura pas de vitamines dans les yeux, ils ne le font plus, chouette et réussit tous les ptis tests faits à la naissance.

Notre joli cœur, né ce samedi 13 août 2011 à 7h14, dans les rires et la sérénité, mesure 51.5cm (il était déjà déplié tout seul) pour un beau 4.130kg et un périmètre crânien de 37cm !!! Chapeau pti gars !!! Et merci de nous avoir offert un si beau moment bébé, je suis fière de toi, de moi et de ton papa …

Nous voilà partis pour la vie à 5 !!! Une jolie étoile qui va grandir aux côtés de notre lune et notre soleil qui sont complètement gagas, la première rencontre a été douce, magique et comme tout le reste : sereine !!! Ils sont déjà très unis, et ont droit aux premiers sourires de bébé frère …Bonheur, bonheur …