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#351 L’accouchement de Cendrine

1 Mar

Lorsque j’ai appris que j’étais enceinte, j’ai été tellement contente mais j’étais loin de savoir dans quel bazar je me lançais! Dès que tu annonces que tu es enceinte, on te demande tout un tas de papier et si en plus, tu souhaites accoucher à la maison alors là le parcours du combattant commence!

Ma grossesse fut idyllique : pas de nausée, j’ai été active jusqu’au 8ème mois et bien entourée. Ma sage-femme était très douce et très à l’écoute de ce que je souhaitais. Dans ma tête, il était presque impossible que je n’accouche pas à la maison mais on a quand même constitué un dossier à la maternité la plus proche afin de prévenir si l’accouchement ne se passait pas bien.
Lors de la constitution du dossier, je n’ai jamais dit que je souhaitais accoucher à la maison mais juste commencer le travail à la maison, mais même là je sentais déjà qu’on me jugeait comme une irresponsable.
Finalement, le terme est arrivé et à l’hôpital (peut-être parce qu’ils sentaient que je voulais sortir du cadre), ils voulaient me faire rentrer de suite. Il a fallu qu’on bataille pour au moins attendre une semaine. Malheureusement pour moi, les 7 jours ont passés sans que mon bébé ne montre l’envie de pointer le bout de son nez. Malgré le fait qu’il n’était pas en souffrance, nous avons dû aller à l’hôpital pour un déclenchement…
Ma sage-femme qui me prévenait toujours de ce qu’elle faisait, notamment lorsqu’elle voulait regarder le col; là je suis passé dans un autre monde! J’ai eu plusieurs palpés vaginaux pour « savoir où en était le travail » sauf qu’à chaque fois, elles me faisaient mal. Si je me plaignais, on me disait que mon col n’était pas facile d’accès… A mon avis, si elles avaient pris le temps, je n’aurais pu eu aussi mal. J’avais , avec certaines, l’impression de subir un fist-fucking (désolée pour le langage mais c’est comme cela que je l’ai vécu).
Toutes les sages-femmes et infirmières n’étaient pas insensibles, il y en avait une (la plus expérimentée) qui me mettait à l’aise et qui était compréhensive de ce que je vivais. J’ai pu lui dire qu’on avait souhaité un accouchement à domicile et que là, l’expérience était dur à vivre pour nous deux. Elle a essayé, tant qu’elle le pouvait, de nous adoucir le séjour mais la plupart voulaient que cet enfant sorte (à ce moment là, je ne savais pas si c’était un garçon ou une fille).
Ils ont donc décidé d’accélérer les choses  : après l’application d’ocytocines, voyant que le col ne s’ouvrait pas plus que 3 cm, ils ont voulu que j’ai une césarienne. Nouvelle bataille pour qu’on essaie au moins de le faire sortir par voie basse. Voyant notre résistance, ils font une deuxième application d’ocytocine.
Le travail fut long mais le col ne bougeait tjs pas. Une césarienne fut donc programmée. Arrive l’anesthésiste:  pas sympa, engueulant les infirmières et les sages-femmes, ne me parlant jamais directement alors que j’étais à 3 cm d’elle et faisant des remarques désobligeantes sur les « gens comme moi qui sont trop cambrés » sous-entendu les noirs parce qu’elle n’arrivait pas à me faire la péridurale!
Là je comprends que c’est la fin, qu’on a plus notre mot à dire et que plus rien ne va nous être expliqué! Ca n’a pas loupé, 2 secondes après on m’insérer une sonde urinaire sans me prévenir ( ça fait très mal!). Mon compagnon a été complètement mis de côté, il n’avait qu’une envie c’était qu’on en finisse, de voir son bébé, de me retrouver et qu’on nous fiche la paix!
Seule chose qu’on a pu négocier: la récupération du placenta pour pouvoir planter un arbre pour la naissance de notre enfant!
Finalement, à mon réveil j’ai appris que c’était un petit garçon et une fois mon fils sorti, ils nous ont fichu la paix. Enfin!
Quand dans les jours qui ont suivi, on me demandait avec des les yeux brillants « alors? Ce fut le plus beau jour de ta vie, non?! » euh…. comment dire! Non! J’étais très heureuse de voir mon fils mais après ma grossesse idyllique, je ne m’imaginais pas l’enfer que j’allais vivre! Ce fut dur pour nous deux et nous nous sommes sentis dépossédés d’un moment qui aurait dû être magique et beau, malgré la douleur.
Nous attendons un nouvel enfant et déjà, je sais que ça va être compliqué d’accoucher comme je le souhaite! En France, tu n’as pas la possibilité de vraiment choisir ton accouchement. Soit il n’y a pas de sages-femmes qui fassent d’accouchement à domicile, soit elles sont trop éloignées… Certains hôpitaux sont mieux que d’autres mais globalement, on ne devrait y aller qu’en cas d’accouchements compliqués ou pour ceux qui se sentent plus à l’aise pour y accoucher… Ce devrait être un choix et non une obligation!
Je garde espoir que dans quelques années, cela soit une réalité!
Merci de m’avoir donné la parole

Accouchement d’une sage-femme, Belgique

31 Jan
J’ai mis au monde mon premier enfant le 24 décembre 2013.
Etant sage femme de profession, je connais beaucoup de choses et j’ai choisi d’accoucher auprès de mes collègues afin de maitriser certains souhaits dans la mesure du possible.
J’ai effectué, en couple, une préparation en haptonomie pour permettre au papa de s’intégrer un maximum et de trouver sa place tout au long de la grossesse et de l’accouchement.
J’ai également choisi de me préparer à l’autohypnose.
Enfin, j’ai réalisé un projet de naissance avec mon mari même si mes collegues me connaissent, je trouve cela très important.
Tout au long de la grossesse, nous avons beaucoup discuté avec sage femme et gynéco sur la façon dont nous voyions la naissance de notre petit garçon.
Je voulais accoucher à la maison mais attendant un gros bébé de passé 4kg200 a 40 semaines, mon mari n’était pas à l’aise, ma gynéco m’a gentillement expliqué que ce n’était peut-être pas la meilleure idée… J’ai donc cédé et me suis raisonnée… Je ferai une partie du travail à la maison !
Notre directive était : on ne se prend pas pas la tête, on souhaite être respecté mais si il y a un problème, on agit !
Mon travail a débuté le 24 décembre 2013 vers 1h du matin… Sous la tempête Dirck…
Je voulais faire une partie du travail à la maison, tranquille, avec mon mari et appeler la sage femme lorsque j’en ressentirai le besoin.
J’ai tout de suite eu des contractions toutes les 2 minutes et après deux bains, j’ai réveillé mon mari, j’avais besoin de lui. Nous avons appliqué les prolongements et positions apprises en haptonomie.
Vers 4h, je commencais à monter dans les sons et mon mari à préféré que nous appelions la sage femme. Elle est arrivée rapidement et m’a examinée à ma demande : 4 cm !
Elle m’a laissée tranquille, m’a soutenue mais voyant la tempête, m’a proposée de démarrer vers la maternité qui est a 30 minutes de la maison.
Dans la voiture, elle est venue derrière avec moi et m’a accompagnée dans mes contractions. J’ai demandé un bain pour lorsque nous arrivons. Elle a sonné afin qu’on me le prepare…
Arrivée là bas, le bain était rempli. La sage femme a voulu me placer un KT avant, au cas ou il y aurait un probleme. Nous en avions discuté, et c’était noté dans notre projet, nous n’étions pas contre puisque rien d’injecté jusque là.
Avant d’aller au bain, j’ai perdu beaucoup de glaires et j’ai donc demandé moi même qu’elle m’examine… 5h et 7 cm ! Ca va vite ! Mais bébé très haut, je le vois à mon ventre !

Je lui ai demandée de mettre un cd, de me donner mon homéopathie regulièrement.

Dans le bain, mon mari me massait, nous étions dans notre cocon sans être dérangés. J’avais un monitoring sans fil. J’ai donc pu bouger à mon gré dans cette très grande baignoire.

Vers 8h elle m’a proposée de verifier mon col car je voulais sortir du bain, je commencais à fatiguer. 9cm… Bébé pas encore engagé…

J’ai demandé à ce stade une péridurale, me rendant compte que le chemin de mon bébé était encore long…
Gentillement, elle m’a proposé de rompre la poche avant, afin de voir si il déscend puisque dans mon projet j’avais noté de me proposer autre chose et si fin de dilatation de me motiver  à éviter la peri dans la mesure du possible (sans que je sois fermée totalement à cela)
Elle a rompu la poche, j’ai tenu 1h00 et puis… Je n’ai plus vu clair… Plus d’hypnose et d’hapto qui tienne… Il me fallait être soulagée… Elle m’a donc rééxaminée…9 cm bébé à peine engagé…
J’ai donc eu une rachianesthesie de 2h00 pour me permettre de souffler et laisser mon enfant descendre. Au bout de ces 2h, mon bebe etait engagé a moitié et j’ai commencé a ressentir mes contractions et l’envie de pousser.
Elle a donc appelé la gynéco pour signaler que je poussais. Je me suis spontanément mise sur le coté et ni la gyneco ni la sage femme ne m’a forcée a me mettre sur le dos. Encore une fois c’était noté dans notre projet de naissance ; le choix de la position si celle-ci est efficace.

 

Mes contractions étant courtes, la gyneco a demandée de mettre un peu de syntocinon pour me permettre de pousser plus longtemps sur la contraction. Je n’etais pas contre mais aurais preferé eviter cela. Si mon corps m a permi de dilater vite avec des contractions courtes, iil m aurait permis de faire naitre mon enfant.

Mon mari avait émi le souhait de faire l’accouchement… Longtemps discuté avec la gyneco et la sage femme.

Son reve fut realisé ! Quel bonheur !

La naissance de notre enfant fut paisible et comme nous le voulions.
Nous avons profité d’un long peau à peau chacun et avons decidé au moment de faire les soins.
A refaire, je referais pareil. Ce fut un moment magique pour nous car nous avons eu le sentiment d’être respecté de tous.
Merci a elles !

#326 Accouchement de Willyam, 2011

8 Jan

Je n’ai jamais pris le temps de l’écrire, depuis 2 ans et demi quasiment, je me lance enfin pour avoir un souvenir de cette journée

Retour en arriere, on est le 3 aout 2011, en debut d’apres midi, je me rends à la maternité pour des contractions officiellement, la réalité c’est que j’en ai marre j’ai envie de savoir si ça bouge, si je peux avoir un decolement des membranes (je ne connais pas les risques encore, mais voyais juste les avantages). Je suis à 40 sa + 2 jours, ma DPA est pour le 8 août. Comme toutes mes DPA, mes filles j’avais une DPA pour le 8 mars 2006 et j’ai accouché jour J, ma deuxieme j’avais une DPA du 8 juin 2009 et j’ai accouchée le 3 juin a 40sa + 2 jours.

Donc vers 13/14h, devant la porte des urgences maternité, je mentionne des contractions et l’envie de voir si ça bouge, on m’installe en salle d’examen, un pipi dans un boccal, une montée sur la balance (je n’ai pris que 2.5 kilos pour toute ma grossesse, j’ai étais diagnostiqué DG diabete gestationel à tort et, du coup, le regime imposé m’a rendu service quand même). Puis monito, c’est parti pour 30 minutes, « Je reviens plus tard Madame ».

Mon mari de l’époque, le père de mon fils, est là, il s’assoit sur une chaise et commence à somnoler car il avait bosser ce matin assez tôt (4h-13h). Je me retrouve seule avec mon mensonge puisqu’aucune contractions sur le monito, ou si peu. Je parle à mon fils pour qu’il m’aide puisque son père m’abandonne, mais mon petit homme dort, je suppose. La sage femme revient me dit que tout va bien, j’ai un col ouvert à ⅔ cm, court et mou, ça devrait pas tarder mais c’est pas imminent. Je commence à avoir les larmes aux yeux, toute femme qui était dans ma situation peut comprendre ce sentiment que l’on ressens à ce moment, une déception, un faux depart, un immense vide, on se dit qu’on ne va jamais accoucher, on ne se sens plus capable de mettre ce bébé au monde sans l’autorisation d’accoucher de quelqu’un! si la sage femme a dit que c’était pas pour tout de suite alors ça ne l’est pas! c’est fou cette faculté d’oublier que seul notre corps décide.

Je lui demande si elle peut pas m’aider (je pensais à un décollement) car j’en peux plus vraiment, je me souviens même après 2 ans passé, la souffrance physique mais morale dans laquelle j’étais. Mon accouchement de la miss 2 s’est déroulé très rapidement, j’étais déjà en chambre pour hypertension, lorsque j’ai sonné la sage femme à 5h, elle m’a mis en salle d’accouchement et j’ai accouché à 5h32, du coup, après cet élément la sage-femme décide d’en parler au chef gynécologue de garde et de revenir me dire. Elle revient avec le sourire donc dans ma tête c’est bon ils me font le décollement et je vais accoucher ce soir ou demain. En fait, non, elle m’annonce tout sourire : « On vous passe en salle d’accouchement et on vous déclenche ». J’étais sous le choc, je n’ai pas su quoi dire, je suis restée bouche ouverte pendant quelques segonde, j’ai demandé la date du jour pour voir si ça m’allait (et faire semblant que je maitrisais encore quelque chose) puis j’ai dis : « oui d’accord ». La sage-femme m’a dit qu’au vu de la grosseur estimé de mon bébé, de mon précédent accouchement rapide, de mon col et de la distance de la maternité, c’était la meilleur solution (mais la meilleur solution pour qui ?).

Nous voilà donc en salle d’accouchement, il est 15h, sans aucune explication, je suis mise sur la table sur le dos, une perfusion dans le bras, un monitoring et hop c’est partit pour une première dose, pour voir si je le tolère et mon enfant aussi. On me dit qu’il faut qu’ils appellent l’anesthésiste pour me faire une péridurale; je la refuse je n’en veux pas, ce à quoi on me répond : « Mais madame c’est obligatoire avec un déclenchement ». Je tiens tête, je n’aurai PAS de péridurale, je m’en fous de leur obligation, on verra plus tard, si j’en ai besoin. De toute façon, je n’ai pas fais la prise de sang obligatoire au 8ème mois, donc ils ne peuvent pas avant un bilan complet ! toc !

Je ne ressens rien, on parle avec le père de bébé, on rigole, puis la position sur le dos me fait du mal, je demande à avoir un ballon. On me répond que c’est pas possible tout de suite que je dois attendre, puis on augmente le produit, on m’examine sans trop me demander si j’étais d’accord, hop « Vous êtes à 4 cm, madame, c’est bien ».

Je n’ai pas mal du tout mais je ressens que ça coince, donc décide de me lever toute seule et je reste debout à bouger le bassin. La sage-femme vient car elle ne captait plus le coeur de bébé, je lui demande de m’enlever ce monito ça fait plus d’une heure que je l’ai. « Mais madame on ne vous a pas dit ? Vous devez garder le monito tout le long de l’accouchement puisque vous avez decidé d’être déclenchée » … Heu là sur le coup je me suis sentie mal, moi j’ai rien décider du tout, je n’ai pas était informé du déroulement, si j’avais su, jamais je n’aurais dis oui, je le supporte déjà plus ce truc sur mon ventre ça me gêne. Je réclame un ballon et TOUT DE SUITE! 30 minutes après j’ai mon ballon.

On revient souvent me demander de me mettre sur la table pour des TV, je n’en refuse aucun, et chaque fois ça me sort de ma bulle, je mets un certains temps à me recentrer sur moi-même. Pourtant je n’ai toujours pas « mal », ça sert de plus en plus mais je respire bien pendant la contraction et ça va. Je rigole toujours autant avec mon ex d’ailleurs, ou je chante, car monsieur finit par s’endormir sur sa chaise à l’opposé de la salle. Je n’ai pas eu la chance d’avoir un papa présent mentalement, qui m’aide à être sur le ballon, ou me fait des massages. Je devais me contenter d’un père à moitié là, entre deux ronflements.

Vers 17h, on ne capte plus trop le rythme de bb dans cette position assise, donc on me demande de me remettre sur le dos. Je dis non, je vais tenir le capteur et faire attention, promis! J’ai envie de faire pipi je demande à aller au toilette, la sage-femme m’aide avec la perfusion, j’essaye de vider tout ça pour être tranquille pour la poussée et je me voyais pas faire ça devant mon ex-mari sur la table dans une bassine. Je suis de retour sur mon ballon.

19h30/20h on m’annonce un col à 6 cm qui n’évolue plus. La sage-femme me dit : « On fait quoi ? ». Une question fermée, je précise elle avait déjà dans sa tête sa réponse qu’elle justifie ensuite par un : « La poche n’aide pas à la dilatation, je pense qu’on devrait la rompre. » Je refuse, je n’ai pas de péridurale si on la rompte je vais sortir de ma bulle, il me sera difficle d’y revenir. La sage-femme me dit qu’elle me laisse 1 heure pour faire bouger les choses, elle me parle de césarienne si ça bouge pas (comment faire du chantage à une femme en plein travail).

J’essaye de faire des 8 sur mon ballon, je décide de retourner à la toilette pour voir si c’est pas ma vessie qui bloque les choses. En sortant, je tombe sur le chef gynécologue qui me voit et qui parle à une sage-femme comme si je n’étais pas en sa présence : « Pourquoi on ne donne pas un bassin à cette dame ? » Ce à quoi la sage-femme répond : « Madame B. ne souhaite pas et préfére aller à la toilette seule. » Et le gynécologue répond : « Oui mais c’est pas un hall de gare, si toutes les femmes sortent de leur bloc, on s’en sort pas » ….

21h, l’échéance tombe, je monte sur la table et le TV annonce un 6 toujours! J’en aurais pleuré, je suis paniquée, je demande : « Qu’est-ce que l’on doit faire ? » J’en viens à leur remettre mon accouchement entre les mains, je ne suis pas capable de faire ouvrir mon col, j’ai peur , je vois la césarienne planer au-dessus de ma tête. Elle me reparle de percer la poche des eaux, et j’accepte…. Elle perce, la poche de l’eau coule partout, et j’ai mal, vraiment mal, la douleur est immédiate, je supporte pas allongée, je décide d’aller sur mon ballon, la sage-femme peste car je mets de l’eau partout, et quand je leur demande :  » ça vous dérange que je salisse? Je passerais la serpillère après, c’est pas grave » elle répond : « Non, pas du tout c’est pour ne pas que vous glissiez » oui, c’est ça, bien sûr !

J’ai très très mal, j’arrive plus à entrer dans ma bulle, je m’en doutais et je m’en veux d’avoir dit oui! j’hurle, je demande si l’anesthésite est là car si jamais je veux la péridurale qu’il soit pas trop loin. On me dit qu’on l’apelle et qu’il sera là rapidement!

J’hurle que je veux la péridurale j’ai vraiment trop mal, 7/8 minutes ce sont passées depuis la ruptures des eaux, à chaques contractions ça pousse en bas tout seul, j’accompagne la poussée ça me soulage terriblement. La sage-femme revient me voir et me demande de monter sur la table pour faire un toucher vaginal. Je re-demande la péridurale et je vois l’anesthésiste qui arrive et demande où est le bilan sanguin, la sage-femme lui dit que je ne l’ai pas fait et il répond : « Ben oui, mais c’était obligatoire », la sage femme lui dit que je voulais pas de péridural donc je l’ai pas fait et il répond : « Maintenant elle en veut une et j’ai pas de bilan donc je pourrai pas, fallait qu’elle y pense avant ». La sage-femme en même temps m’examine et elle m’annonce une dilatation complete et un bébé engagé.

Elle prépare son matériel et moi je pousse comme j’en ai envie, je sens la tête de mon fils descendre et commencer a sortir, elle me demande de l’attendre mais je n’en ai pas envie, si mon fils veut sortir, il sort tout de suite. Elle revient enfin et n’a plus qu’à acceuillir mon fils sorti en douceur sans ordre de la sage-femme.

Mon fils faisait 4.770 kg pour 54 cm, et je n’ai eu ni déchirure, ni épisiotomie.

Pour moi cet accouchement n’a duré que 10 minutes, à partir du moment ou elle m’a percé la poche des eaux, sinon il n’était que douceur, j’ai tellement apprécié, j’ai hate d’avoir la chance de recommencer et cette fois, sans déclenchement, sans ordre, voir sans sage-femme.

– Aurélia

#320 Cheminement entre 2 naissances, 2010 et 2013

7 Jan

Récit de mes deux naissances en 2010 et en 2013

Ma mère a accouché par voie basse de 3 enfants, à la maternité, dont deux sans péridurale (pour la 3e naissance, un gynécologue pressé lui a administré de l’ocytocine et elle n’a pas « tenu », mais regrettait de ne pas avoir pu sentir ce bébé naître). Elle considérait l’accouchement comme quelque chose de naturel et en me décrivant cela, me disait que « c’était passé comme une lettre à la poste ». J’ai donc grandi avec cette idée-là…

Ma première grossesse s’est déroulée merveilleusement bien. J’étais si heureuse et fière d’être enceinte! Quelques nausées à peine les 3 premiers mois et quelques insomnies. J’ai passé 9 mois sur mon petit nuage, planant dans l’euphorie à l’idée de ce petit être qui grandissait en moi. J’étais en pleine forme et globalement sereine mais me posais 1001 questions, sur la grossesse, l’évolution du bébé, les préparatifs, … je lisais beaucoup à ce sujet, des lectures plutôt « classiques ». Je ne m’en suis pas posé beaucoup quant au suivi de la grossesse et à la naissance en tant que telle. J’étais suivie par mon gynécologue, qui ne surmédicalisait pas du tout, me consacrait 15-20 minutes maximum (je préparais ma liste de questions pour être sûre de ne rien oublier, mais je sentais bien que le temps m’était compté). J’avais une échographie mensuelle que j’attendais avec impatience : quelle émotion de voir mon bébé bouger, grandir. La maternité dans laquelle mon gynécologue exerçait avait le label « Ami des bébés » et jouissait d’une excellente réputation. Le choix coulait de source. Aux alentours de 7 mois de grossesse, j’ai été assister à une journée organisée par l’association Alternatives, qui présentait et permettait d’expérimenter quelques techniques de préparation à la naissance. J’ai eu un coup de cœur pour l’haptonomie, mais cela ne parlait pas à mon mari, dommage… Ce fut une journée idyllique, sous le signe de l’écoute, du respect, de la complicité entre femmes… qui a semé des graines qui n’ont germé que bien plus tard… En fin de grossesse, mon gynécologue m’a recommandé des séances de préparation à la naissance chez une kiné. C’était des séances essentiellement collectives: exercices de respiration, exemples de postures qui favorisent la descente du bébé et la naissance, une explication du déroulement de l’accouchement, … Un mois avant la date prévue, nous avons été visiter la maternité en question. Cela me projetait vers ce moment tant attendu où nous allions faire enfin la connaissance de notre bébé et cela m’emplit d’impatience joyeuse. Lors d’un des derniers rendez-vous chez le gynécologue, je lui ai dit que je ne désirais pas d’épisiotomie. Il a eu une réponse un peu évasive qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille… Une semaine avant terme, j’ai perdu les eaux en garant la voiture devant chez nous… j’étais très surprise et bouleversée : dans 24h, j’allais enfin pouvoir serrer mon bébé dans les bras! Nous nous sommes rapidement mis en route vers la maternité. Les contractions ont démarré, tout doucement. La sage-femme qui était de garde nous a accueillis chaleureusement et était super! Occupée par d’autres tâches, elle venait de temps à autre pour voir l’évolution et prendre des nouvelles. Nous avions à disposition une belle salle de naissance avec ballon, baignoire, … j’ai fait les 100 pas dans les couloirs pour accélérer le travail, puis des exercices sur le ballon. Les contractions sont devenues plus intenses. Je n’avais pas peur, essayais de me détendre un maximum pour favoriser le travail. La sage-femme m’a dit lors d’un de ses passages qu’elle sentait que je pouvais accoucher sans péridurale. Elle m’a fait couler un bain qui a accentué encore l’intensité des sensations. Je ne savais pas à quoi m’attendre, je ne savais pas jusqu’où ça allait aller, je ne savais plus comment gérer… alors j’ai demandé une péridurale. Cela m’a soulagée, mais je crois qu’elle était trop fortement dosée : plus de sensations du tout et un tracé plat pour les contractions. J’ai pu dormir quelques heures, mais l’inquiétude montait en moi : et si le travail s’était arrêté? Et si cela finissait en césarienne ? A l’aube, la sage-femme a revérifié l’ouverture et, contre toute attente, j’étais à 10 cm. Elle a appelé le gynécologue. On a coupé la péridurale et injecté de l’ocytocine, je crois. La poussée a été très dure car je ne sentais rien, ni quand pousser, ni comment. Je faisais au plus fort, mais les paroles du gynécologue étaient décourageantes et négatives, celles de la sage-femme, motivantes! J’ai cru que je n’y arriverais jamais! A un moment donné, pressé je crois, de retrouver son lit et trouvant sans doute que cela durait trop longtemps, il m’a fait une épisiotomie. Il voulait aussi que la sage-femme appuie sur mon ventre pour accélérer la sortie, mais je sentais bien qu’elle était réticente, d’ailleurs, elle fit semblant de pousser… Pourtant, le bébé et moi allions bien, il était loin d’être gros et cela ne faisait pas une heure que je poussais… il finit par arriver enfin mon petit gars: un petit moustique de 2kg730, un peu palot, mais en bonne santé, qu’on a immédiatement mis en peau-à-peau sur moi pendant 2 longues et merveilleuses heures. Un moment bouleversant! Un séjour agréable en maternité où tout le monde était aux petits soins pour moi, prêt à répondre à toutes mes questions de nuit comme de jour. Cela m’a donné confiance car la mise en route de l’allaitement a été difficile : petit moustique n’arrivait pas bien à attraper le sein… j’ai dû m’accrocher, mais j’étais très décidée… pour finir, je l’ai allaité quasiment 2 ans mon moustique!

Bilan après 1 an: rien à redire quant à l’hôpital et la présence chaleureuse des sages-femmes et infirmières. J’étais très contente au début de la façon dont s’est déroulé l’accouchement, mais petit à petit, je me suis dit que ça aurait pu se passer autrement, plus naturellement…Je me suis rapidement jurée de changer de gynécologue pour la grossesse suivante.

Le temps a passé. J’ai eu l’occasion de longuement discuter avec deux copines, l’une qui avait accouché dans une maison de naissance et la seconde qui, enceinte, prévoyait d’accoucher sur un plateau-technique. L’idée a fait son chemin et, avant même d’être enceinte de mon second enfant, je savais que je voulais être suivie par une sage-femme et accoucher, si tout se déroulait bien, sur un plateau-technique, à deux pas de chez moi.

Quand les deux petites barres bleues tant attendues se sont affichées sur le test de grossesse, j’en ai à nouveau pleuré de bonheur! 1ère échographie qui m’a permis de voir ce petit haricot magique immobile et voir et écouter ce petit cœur battre. Moment bouleversant. J’ai ensuite pris rapidement contact avec les 4 sages-femmes qui allaient me suivre. Ce suivi était si différent, si humain et dans un cadre si chaleureux! Un RDV mensuel d’une heure, rien que pour moi, où confortablement installée dans un fauteuil ou sur un lit couvert de coussins moelleux, je pouvais parler de ma grossesse, mes petits maux, mes interrogations, mes émotions et inquiétudes, … en même temps que se faisait la prise de sang, que l’on écoutait le petit coeur battre, que l’on mesurait ce ventre qui s’arrondissait mois après mois. Une approche globale, une écoute exceptionnelle, qui me donnait confiance en moi, en mes ressentis, en mon bébé, en la naissance qui se rapprochait doucement. C’était exactement ce dont j’avais besoin. Cette 2ème grossesse était beaucoup plus fatigante, du fait de l’aîné, dont il fallait s’occuper, du fait d’un travail qui me sollicitait alors beaucoup plus. Je me sentais sur-sollicitée de toutes parts, les nerfs à fleur de peau… et venait cette oasis de paix et de sérénité qui me ressourçait. Mes lectures ont été toutes autres: Isabelle Brabant « Une naissance heureuse » et Ina May Gaskin « Le guide de la naissance naturelle ». J’ai eu 3 échographies à la maternité où j’allais accoucher, dont l’une qui a un peu ébranlé ma confiance en moi. Le gynécologue, un anxieux, a fait une fixette sur le poids du bébé, plus petit que la moyenne, disait-il (estimation du poids à la naissance: 3kg tout de même, c’est pas énorme, mais je suis de corpulence mince et mon aîné était plus maigrichon que cela) et insistait sur les causes médicales possibles… Les sages-femmes m’ont rassurée. Bienveillantes, elles ne prenaient toutefois aucun risque et j’étais rigoureusement suivie : une dernière écho prescrite en fin de grossesse (avec une autre gynécologue cette fois !) a dissipé les dernières interrogations. Un mois avant la naissance, nous avons visité la maternité. Même sentiment d’impatience joyeuse. Si toutes les conditions était réunies, je pourrais bénéficier de la salle « nature » avec une grande baignoire de naissance, un ballon, une écharpe suspendue, … et donner naissance en présence de mon mari, de ma sage-femme (celle qui serait de garde à ce moment-là) et de la sage-femme de garde de l’hôpital uniquement. C’est ce qu’on appelle un « plateau-technique », un nom bien barbare pour quelque chose de si simple : une salle de naissance « nature » mise à la disposition de ma sage-femme libérale. Pour la préparation à la naissance, j’ai fait de l’hypno-naissance: des lectures en la matière, des exercices de relaxation profonde, de visualisation et de respiration, écouté des suggestions positives pour une naissance naturelle, regardé sur Internet des « hypnonaissances » (à voir !). J’ai aussi rédigé mon projet de naissance. Le jour « J » prévu, alors que j’étais convaincue que ma petite belette poindrait plus tôt le bout de son nez, toujours rien… le soir vers 9h30, quelques contractions commencent doucement. Je suis convaincue que c’est un pré-travail et m’en rends à peine compte. Elles s’intensifient rapidement et je finis par me décider à terminer mes bagages, puis à demander à mon mari de chronométrer: toutes les 3-4 minutes (oh oh, quand même!). J’appelle ma sage-femme qui nous donne rendez-vous à la maternité et à ma mère qui doit venir garder mon p’tit bonhomme endormi, qui ne se doute de rien. Les contractions, c’est du costaud, aussi intense que quand j’ai supplié pour avoir une péridurale lors de mon précédent accouchement. Quand elles arrivent, je me mets dans ma position fétiche et reste concentrée, détendue. Je suis déjà un peu dans un autre monde, sans doute l’effet des endorphines. On arrive à la maternité vers minuit et demi (heureusement que c’était à 3 minutes en voiture, car j’étais agenouillée à l’arrière, seule position possible). Accueil chaleureux de ma sage-femme qui avait mis des lumières tamisées et tout préparé. Du silence, du calme, de la sérénité et les mots toujours justes, toujours au bon moment, de ma sage-femme qui comprend ce que je ressens, me guide, m’aide à rester concentrée, à ne pas perdre pied… au bout d’un moment, elle mesure l’ouverture et m’annonce à ma grande surprise que j’étais à 7 cm. Elle me fait couler un bain bien chaud dans lequel je plonge, toujours dans ma position fétiche. J’ai les yeux toujours fermés et suis dans mon monde. Des mains m’épongent le front avec un gant de toilette frais, me tendent une paille pour je boive de l’eau fraîche, me caressent le dos doucement pour favoriser la sécrétion d’endorphines. Je ne sais si ce sont celles de ma sage-femme ou de mon mari. Les contractions ne m’offrent plus aucun répit. Elles arrivent, telles un raz-de-marée, refluent pour revenir aussitôt. Et, petit à petit, une sensation nouvelle se précise à chaque contraction: mon corps se met à pousser, tout seul. Je comprends, ma sage-femme comprend. Cela fait du bien cette sensation et en même temps, c’est tellement gigantesque. A un moment, je dis : « Je n’en peux plus », même si je sais bien que ça ne sert à rien… ma sage-femme me dit que dans 3 ou 4 poussées le bébé sera là. Cela me donne du courage pour accepter ces sensations si incroyablement intenses… je sens la tête du bébé qui arrive, recule après la contraction, puis sort à la suivante. Ma sage-femme me demande de continuer à pousser pour dégager le reste du corps. Et je me retourne, pour recevoir ma belette dans mes bras, toujours dans l’eau. Je suis bouleversée. Il est 2h18 du matin.

Bilan après quelques mois: je ne serai jamais assez reconnaissante à mes sages-femmes qui m’ont accompagnée et soutenue pour que je puisse vivre cette expérience extraordinaire et si intense. Un merci tout particulier à A. Ce fut une merveilleuse naissance. Je n’aurais pu rêver mieux. Faire confiance à son corps qui sait très bien ce qu’il doit faire, mettre son cerveau en mode off et se laisser aller, malgré l’intensité des sensations… J’ai eu du mal à atterrir après avoir vécu quelque chose de si transcendant…

#318 Naissance de Loulou le 02/11/11 – France – 44

22 Déc

Je suis suivie par une sage-femme libérale, tandis que l’idée me turlupinait depuis un bon moment, nous sautons le pas et, à 6 mois de grossesse, nous décidons d’avoir notre bébé à la maison. C’est donc la collègue de ma sage-femme qui prend le relais et en qui j’ai confiance.

Forcément il faut que l’on me découvre une colonie de Strepto B au 8è mois, et là je m’effondre et me dis que c’est foutu pour l’AAD (accouchement à domicile) … Je me renseigne bien ou comme je peux sur cette colonie qui s’est invitée, la sage-femme est ok pour l’accouchement si je ne perds pas les eaux longtemps avant la sortie du bébé. Sinon c’est direction la mater’ avec perf d’antibio, etc.

Donc, évidement, je perds les eaux avant même d’avoir une contraction, d’ailleurs j’aurais les premières contractions 6h après, donc j’ai quand même appelé la sage-femme qui me dit : « Pas le choix, il faut aller à la mater’ », c’est d’ailleurs elle qui m’a conseillé d’attendre un max chez moi, et heureusement.

Sauf que ça m’a valu les remontrances dès notre arrivée à l’hopital. « Mais vous savez madame, il faut venir quelques heures maximum (2h) après que la poche ce soit rompue. Les risques et patati et patata que le bébé soit contaminé par le strepto… » alors moi je leur réponds « Ah bon, sur les conseils de ma sage-femme pourtant je suis venue 6h après, vu que je n’avais aucune contraction. » D’ailleurs j’y étais encore le lendemain alors …

Et là, je pleure, pleure, de me faire piquer pour avoir une perf, LE truc que je ne voulais pas avoir, des piqûres et bout de machin qui me gênent. Ca commence mal. Premier examen, allez un ptit 1 ou 2 cm je ne sais plus. Ça ne m’étonne pas plus que ça !

Hop, on file dans la salle de naissance « nature », on s’installe tranquillement. J’ai des contractions régulières, mais ça traine… on me propose le bain, alors que j’ai la poche des eaux rompue (je croyais qu’il ne fallait pas faire de bain dans ce cas là…). Nous voyons une autre sage-femme qui arrive avec son chew gum pas discret du tout, bref… A chaque fois qu’elle vient et repart je suis en pleurs, car elle me démotive complètement. Elle me dit même que je ne suis pas vraiment en travail vu que ça n’avance plus, alors que je suis à 3 ou 4 je ne sais plus… Elle me parle même d’un bébé qu’elle a perdu mort-né (si elle le fait avec chaque patiente qu’elle suit, au secours!)

J’ai même droit à une super phrase mot pour mot : « Vous allez vous faire doubler par une primipare !  Elle va accoucher avant vous ! » et elle me le répète deux fois ! J’ai cru rêver quand elle m’a dit ça. (c’est mon deuxième bébé et il a mis plus de temps à venir!)

Une autre phrase d’elle : « Je ne sais pas ce qu’il se passe, on dirait que votre corps ne veut pas accoucher, que vous n’êtes pas faite pour ça… »

Je ne retiens que des phrases comme celles-ci de l’accouchement et vraiment l’impression de ne plus être respectée en tant que femme mais comme un objet lors de (l’expulsion) la venue au monde de notre bébé.

Cette sage-femme réussit à nous convaincre de recevoir une injection d’ocytocyne, (je suis à 6-7), je demande la péridurale avant (car j’ai eu la même chose pour ma première et je sais que ce ne sont pas du tout les même contractions après l’injection). Nous voilà reparti dans le cercle infernal que nous ne voulions pas re-subir.

Je me « repose » et là, la sage-femme me dit : « C’est bon, on va y aller, vous allez pousser. »

Au dernier moment, j’ai eu le temps de dire STOP quand j’ai vu la sage-femme avec un rasoir orange bic ! Au secours, je ne me suis jamais rasé à cet endroit là, ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer ! Et je demande pourquoi elle veut faire ça « Au cas où nous devons faire une épisiotomie. » Alors j’ai répondu que non je ne veux pas être rasée et je ne souhaite pas d’épisiotomie (c’était noté dans mon projet de naissance), sauf si vraiment c’est nécessaire. Bilan : j’ai eu une petite déchirure et pas d’épisiotomie…

L’expulsion de notre bébé est assez rapide, mais je me suis sentie complètement contrôlée, elle m’avait dit d’appuyer beaucoup sur le bouton de la péridurale, que j’avais encore le temps avant d’être à dilatation complète, etc. Du coup je n’ai rien senti. Elle voulait finir sa garde avec moi et donc finir le travail ! Alors que je m’en serais bien passé.

La naissance a eu lieu plus de 24 heures après le début des premières contractions qui étaient déjà bien rapprochées.

Nous allons avoir un sacré travail à faire avant d’avoir un 3ème bébé… Je n’ai déjà pas beaucoup confiance en moi, mais là… 2 ans après j’en garde toujours un sentiment amère.

ANONYME

#303 Naissance de T. – 2004 – Gironde

14 Nov

Pour notre 2° enfant, je continue le suivi avec mon gynéco habituel, mais par contre, échaudée par l’accouchement du premier, je me renseigne sur les différentes possibilités d’accoucher « autrement », je découvre qu’une maison de naissance est censée ouvrir avant mon accouchement mais lorsque je téléphone aux SF responsables, elles sont malheureusement moins optimistes que moi… Avec raison puisque la maison de naissance, censée ouvrir à la rentrée 2004, n’ouvrira finalement qu’en 2010… Donc, je n’ai pas vraiment de choix, je retourne dans la clinique où accouche mon gynéco, en me disant que cette fois, je suis plus armée que pour mon premier accouchement, je ne partirais pas si tôt, je ne me laisserai pas faire etc…
La grossesse se passe bien, aucun souci à signaler. Le jeudi, jour du terme, arrive sans aucune manifestation de travail. A la clinique où nous allons pour le contrôle « obligatoire », on nous fixe rdv pour un déclenchement le lendemain matin (vous comprenez, après c’est le week end, on ne sait pas qui sera là ou pas, autant déclencher, au moins on peut contrôler). Abasourdis, on ne dit rien mais, de retour chez nous, on prend le temps de réfléchir et on décommande finalement le déclenchement. Arrivés chez nous, une fois notre premier couché, je suis prise d’une frénésie de ménage. Mon mari, épuisé, va se coucher, mais je continue sans répit. Vers 22h, tout est fait, propre, rangé, agréable… Et là, les premières contractions arrivent, rythmées comme pour mon premier, mais beaucoup plus espacées. Bon, je vais prendre un bain bien chaud, histoire de voir si oui ou non c’est un vrai travail. Et je pense aussi à prendre un spasfon, histoire de ne pas attendre 5h à la clinique pour rien… Dans le bain, je ne sens plus rien, somnole et profite du calme de la maison. Vers minuit, je sors enfin de la baignoire et là je me rends compte que non seulement les contractions sont toujours là, mais elles sont plus rapprochées, plus fortes et je dois me mettre dans ma bulle pour les supporter… Ca y est, cette fois, c’est la bonne ! Je réveille mon mari, on charge les affaires dans la voiture (nous sommes à 1h de la clinique), on réveille notre grand pour l’amener chez mes parents et on y va. Sur la route, les contractions s’intensifient mais ça reste encore supportable.
On arrive enfin chez mes parents, mon mari installe le grand dans sa chambre, et on repart pour 1/2h de trajet. On arrive finalement à la clinique vers 2h du matin, le temps d’être pris en charge, il est 2h30 et je suis dilatée à 7cm. On me propose la péridurale que je refuse (je ne suis pas arrivée jusque là pour la prendre maintenant !). Mais voilà, il faut absolument un monitoring, et pour cela, on reste couché sur le dos pendant 1/2h. Or je n’arrive à gérer les contractions que debout, appuyée sur un lit ou un meuble. Durant tout le monitoring, la SF passe et repasse pour me demander si vraiment je ne veux pas la péri, si je suis sûre si… alors que je lui ai bien précisé que je voulais m’en passer ! En désespoir de cause, à la fin du monitoring, j’accepte la péridurale. Tiens, même anesthésiste que la dernière fois, qui ne prévient pas et râle parce que j’ai bougé au moment où il allait piquer… « non mais vous vous rendez compte j’aurais pu piquer à côté » mais cette fois, je ne me laisse pas faire et râle « et si vous m’aviez prévenue, j’aurais su qu’il ne fallait pas bouger, je n’ai pas des yeux derrière la tête pour vous voir ! » il bougonne mais arrête de me crier dessus. Ouf !
Forcément, dès que la péri fait effet, les contractions diminuent et s’arrêtent presque. Donc on augmente l’ocytocine. Mais cela ne donne rien. La SF passe, fait un TV, me dit que la poche des eaux n’est pas rompue « oui je sais, je ne veux pas que vous la rompiez » « ah oui d’accord, pas de soucis » mais je la sens qui gratte pince… Et sa collègue arrive « la poche des eaux n’est pas rompue ? Ben vas y  » « non la dame veut pas, j’ai essayé de le faire à la main mais ça ne marche pas ».. Merci le respect de la demande du patient !
Et puis vers 5h, la SF repasse « ah, vous êtes toujours à 8, on va augmenter encore un peu l’ocytocine comme cela vous accoucherez avant que j’ai fini mon service ». Peu après, j’ai envie de pousser, on appelle la SF qui commence à me dire « bloquez, poussez » je ne l’écoute pas, je me mets à pousser comme je veux, comme je le sens et mon bébé nait enfin, sans épisio, juste une déchirure.
Pour les suites de couches, je me débrouille seule, sans appeler personne, juste une aide soignante adorable qui vient souvent me voir pour discuter et me dit avoir accepter de s’occuper de plus de chambre juste pour pouvoir aussi s’occuper de moi et discuter un peu… Aprés 2 jours, je sens qu’il y a qqch de bizarre au niveau de la cicatrice de la déchirure. La SF à qui je le signale vient vérifier et « ah oui, on avait oublié une compresse, bon ben on va vous mettre sous antibio au cas où parce que là…. ».
En bref, un accouchement non soutenu par l’équipe (qui heureusement aura été plus absente que pour mon premier donc j’ai été plus libre de faire comme je le sentais), des suites de couches déplorables et un départ le plus rapide possible pour me retrouver enfin chez moi avec ma famille.

Premier accouchement : https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/11/14/302-naissance-de-s-2003-gironde/

Eliot, en Bretagne en janvier 2013

27 Juin

A un mois et 4 jours de mon terme, j’ai eu de grosses contractions dans le bas du dos la nuit qui précède. Le lendemain matin, j’appelle mon ami pour qu’il revienne du travail et que l’on aille faire un contrôle a la maternité, en sachant qu’Eliot était en siège et l’après midi nous devions aller faire une écho de contrôle pour vérifier sa position.
Nous arrivons à 11h et là, au moment de l’examen, la sage femme nous dit que le travail a commencé, que je suis dilatée à 3cm et donc que c’est pour aujourd’hui et qu’elle me garde.
Alors là je me suis mise à stresser énormément car je n’étais pas du tout prête : pas vu l’anesthésiste, pas eu tous les cours de préparation… J’avais néanmoins pris ma valise mais c’était plus pour la promener qu’autre chose, on l’avait même laissée dans la voiture.

Tout s’est déroulé très vite mais calmement puisque je n’avais plus trop de contractions.
J’ai rencontré l’équipe médicale, sage-femme et médecin, ainsi que l’anesthésiste. Ils m’ont tout bien expliqué et j’étais beaucoup plus détendue.
J’ai fait un scanner du bassin car après l’écho il était toujours en siège, mais comme c’était un petit bébé et que mon bassin était assez large je pouvais accoucher « normalement ».

Tout se passe bien, pose de la péridurale, puis on m’injecte un produit pour provoquer les contractions car je n’en ai presque plus. Il est déjà 16h et toujours dilatée a 4cm, ça s’annonce très long… On me met sur le coté pour favoriser les échanges avec mon bébé et là… Tout le monde rentre dans la chambre et se précipite un peu sans trop nous le montrer, enfin au papa surtout car moi j’étais dans le gaz.

Ils m’ont emmenée au bloc très vite car son coeur a ralenti énormément et il ne fallait plus attendre. J’étais relativement cool du fait de la péri que je m’auto-dosais. Mon chéri en panique plus qu’autre chose car on nous a enlevés comme ça sans trop lui expliquer dû à l’urgence, mais très vite une auxiliaire est venue le rassurer : césarienne en urgence en étant endormie totalement.

Mais le plus beau est arrivé à 16h44 ce jour là ! Il ne pesait que 2,465kg mais il a vite récupéré et papa aussi de voir que nous allions bien tout les 2.
Un beau moment de stress et d’émotions en plus de l’inattendu.

Un très joli souvenir malgré cet accouchement spécial pour un premier enfant. Ce n’était peut être pas celui dont nous rêvions car aucun de nous n’y avons assisté vraiment mais c’est le bébé vraiment souhaité. En un mois il avait déjà pris plus d’1,300kg en étant allaité.
Je remercie encore l’équipe médicale et des suites de couches de l’hôpital sud de R. qui nous a offert le plus beau bébé du monde…

#271 – Marie, la naissance de Samuel en Pologne

30 Avr

J’avais du mal à comprendre pourquoi les femmes choisissent le plus souvent d’accoucher à l’hôpital. Peut-être parce que nous avons eu la sensation de nous débrouiller tout seul pendant toute la grossesse, je me disais que nous étions capables de le faire. Maintenant, je sais que pour un accouchement à la maison, il faut une vraie préparation.
27 Mars (J+6)
Nous allons à l’hôpital pour un contrôle. Le monito révèle des contractions régulières. Pour ma part je ne sens rien de particulier, du moins rien qui soit plus efficace que d’habitude. Mais j’écoute, si le monito l’a dit, il doit surement avoir raison. Nous sommes tout de même pris de court, sans affaires, sans même y croire. L’hôpital dans lequel nous sommes n’a plus de places : ils nous transfèrent ailleurs.
Dans un hôpital à l’air plutôt glauque, j’ai peur d’accoucher ici… Mais le personnel est très sympa. Après la batterie d’examens habituels, on nous dit d’aller chercher nos affaires, je dors ici et nous verrons demain. Apparemment ce n’est pas encore le moment. Nous cherchons à en savoir plus, s’il est vraiment nécessaire de passer la nuit ici. Finalement nous rentrons à la maison, mais à J+6 ils nous recommandent fortement de passer à l’hôpital avant le weekend.

28 Mars (J+7)
Nous passons un Jeudi tranquille, à espérer que tout ce fasse naturellement.
Rien, tu es bien là ou tu es.

29 Mars (J+8)
Nous décidons de faire une grande ballade, peut être que ça activera le travail. Quelques contractions pendant le chemin. Puis nous allons au restaurant. On mange des sucres lents, histoire d’être en forme si jamais quelque chose se passe.
Nous allons encore à Kopernika, c’est l’hôpital que nous avons choisi pour accoucher, il est proche de la maison nous pouvons y aller à pied et il a une très bonne réputation. Après les tests habituels, le médecin nous dit de revenir demain pour un déclenchement, à J+8 il faut commencer à agir, elle fait une ordonnance et la met de côté pour ses collègues. De toute façon aujourd’hui il n’y a plus de places.
J’insiste sur les battements de ton cœur au monito, il semblait s’arrêter quelque secondes et reprendre. J’ai peur, elle me dit que tu bouges beaucoup, c’est normal. Nous rentrons, rassurés et heureux de t’accueillir demain.

30 Mars (J+9)
Encore à Kopernika. Deux femmes sont avant nous et sont admises. Le médecin sort, discute un peu avec nous : il n’y a plus de places, nous devrions aller à Ujastek. Et, il n’a pas accès aux ordonnances d’hier. On bouillonne. C’est fatiguant cet hôpital sans jamais de places et personnes de sympathiques pour t’écouter.
On attend. On s’énerve. On part.
Ujastek est à Nowa Huta… L’ancien quartier communiste, et nous avons pleins de préjugés dessus. Nous y allons tout de même, pour voir. Et, découvrons un super hôpital. Tout neuf et l’ambiance y est super : amicale.
Finalement, Kopernica est un bon hôpital pour les urgences, ils ne savent pas gérer le reste.
Puis tout va très vite, le médecin m’examine, me demande à quelle semaine nous sommes : 41+2jours. Très bien il y a de la place pour un déclenchement aujourd’hui. Comme mon col est ouvert à 1,5cm et comme je n’ai pas de contractions efficaces je passerai la nuit ici et on déclenchera des contractions avec l’aide de la prostaglandine.
Il m’explique tout le processus, je suis d’accord. Le terme est dépassé depuis 9 jours maintenant, ça peut devenir dangereux pour toi et tu ne sembles pas réagir, peut être que ça n’est pas réellement grave, je sais qu’il y a des pays on l’on attend plus longtemps. Mais, je m’inquiète.
La prostaglandine agit très bien. Je sens des contractions et j’en suis vraiment heureuse.
Tu te places bizarrement dans mon ventre, sur le côté.
Ton papa rentre à la maison, nous nous retrouverons demain à 6H.

31 Mars (J+10)
Il est 6h. 5 en réalité c’est le jour du changement. De toute façon je n’arrivai plus à dormir. La sage-femme m’enlève la prostaglandine et m’examine, le col est ouvert à 4 ! Elle me dit que c’est super.
Nous commençons doucement, la chambre est géniale.
Comme c’est un déclenchement, je serai sous moniteur pour contrôler ton cœur. Je ne pourrai pas bouger, j’étais prête à cette éventualité. C’est bon.
Elle me demande si je veux la péridurale, je dis non. Je pensais qu’en Pologne ça n’était qu’en cas d’urgence, alors psychologiquement j’ai travaillé pour faire sans.
Nous commençons, mais avec très peu d’ocytocine, cette fameuse hormone qui te dis que la vie est à l’extérieure. Elle me dit que tout va bien, le col est très réceptif.  Elle revient quelques temps plus tard, le col est à 6. Tout va bien. Quoique la poche des eaux est toujours là et elle résiste, le médecin arrive pour la percer. Tu es mal positionné il faut te remettre droit, vers la sortie.
La sage-femme me propose de prendre une douche de 20 minutes, ça fait du bien. On se détend. Puis on y retourne. Les contractions sont de plus en plus fortes, j’ai mal, mais je sens que mon corps peut gérer. J’entends une femme crier, elle me donne du courage, je crie aussi. Je suis partie dans un autre monde.
Puis le moniteur me ramène à la vie, il bip. C’est inquiétant. Ton père va chercher la sage-femme.  Elle regarde le moniteur, ton cœur descend bas quand ma contraction est en pic. Elle va chercher le médecin, il dit que la poche des eaux résiste, malgré son intervention de tout à l’heure.  Il te replace encore une fois. Nous essayons de trouver une position pour la fin du travail, je suis presque à 10cm. Impossible d’entendre ton cœur au moniteur, c’est finalement sur le dos que l’on arrive à t’écouter. Ton cœur descend trop bas lors des contractions, tu es encore mal placé, les contractions te compriment, ta descente peut prendre du temps et ton coeur cesser de battre.
J’ai peur, je ne gère plus rien, mon corps tremble tout entier, je suis incapable de gérer la douleur et je n’ai qu’une envie c’est que ça s’arrête pour que tu ailles bien. La sage-femme le comprend, elle attrape mon regard et respire avec moi. Ça me fait du bien.
Nous avons le choix, agir tout de suite ou attendre encore et voir si l’accouchement se déroule bien.
Et s’il ne se déroule pas bien, ça veut dire quoi ? Que tu ne viendras pas au monde ? Qu’il faudra agir en urgence ?
Je suis persuadée qu’en me levant tu trouveras une bonne place, sans ce déclenchement j’aurai pu prendre toutes les positions possibles, c’est un hôpital qui le permet. Sans ce déclenchement peut être aussi que nous t’aurions fait courir un trop grand risque. Tout ce mélange dans ma tête. Est-ce que je dois m’en vouloir d’avoir agi contre la nature ou est-ce qu’au contraire ça t’as rendue service ? Est-ce qu’en jouant la carte du naturel tu serais né en bonne santé ?
Tout va très vite, et te sachant en danger j’aurai trop peur de mes contractions, et ne serait plus efficace. Même si ça m’a toujours parut important d’accoucher naturellement. Nous nous décidons pour la césarienne. Je vois ton papa, anxieux, sous stress. Je suis incapable de l’aider, j’essaye de sourire pour dire que tout va bien.
Je crois qu’il comprend. Il se rattrape à ce qu’il peut. Il est fort lui aussi.
L’équipe médicale m’emmène au bloc opératoire, à ce moment-là je repense à mon rêve. Cette nuit j’ai rêvé d’une césarienne.
On m’anesthésie, seulement le bas pour que je sois encore consciente. Je ne comprends pas tout ce qui se passe, on fouille à l’intérieur de moi. Ça prend du temps et en même temps je suis relaxée : dans pas longtemps tu seras la, tu iras bien.
J’entends tes premiers pleures, et la sage-femme qui m’a tenue la main pendant toute l’opération dire « c’est un garçon », je dis « c’est Samuel ». Une aide-soignante te récupère et te pose prêt de mon visage, je ne réalise pas encore, elle me dit qu’elle fait une toilette et une pesée puis revient tout de suite. Je dis oui, mais te cherche partout du regard.
Je pleure, c’est incontrôlable, tu vas bien.
Tu fais 3.5 kg et 56 cm. Il est 10h41.
L’aide-soignante te places à côté de mon visage. Tu es doux, tu sens bon, tu es beau. Je suis comme une maman chat et te fais des câlins du bout du nez.
Je ne réalise pas tout, mais tu vas bien. Je sais qu’aujourd’hui nous ne pourrons pas être ensemble, ce sera pour demain. Mais tu pourras voir ton papa, alors ça va.
On me transfère sur mon lit. Je n’avais pas remarqué avoir perdue l’usage de mes jambes. Ca reviendra dans 4h. Il faut que je me repose. Ton papa vient me voir. Je suis fatiguée. Il t’a vue lui aussi, il est sur une autre planète. Il me dit qu’il va essayer de t’amener ici pendant une petite heure, mais pour l’instant je dois me reposer. J’essaye, je gigote comme je peux, somnole. Puis tu arrives, ça n’est qu’à ce moment-là que la fatigue me gagne. Tu vas bien, je le vois, je peux me laisser aller. J’essaye d’être présente. Mais tout ce que j’arrive à faire c’est dormir en te serrant prêt de moi. C’est bon de t’avoir tout contre moi.
J’aurai aimé pouvoir t’allaiter tout de suite, mais c’est pour demain. Puis tu repars. Ton papa reste au prêt de moi, il est fatigué lui aussi des émotions de la journée. Il à été génial, comme d’habitude.
Il rentre à la maison. La nuit tombe, et l’anesthésie ne fait plus son effet, j’ai mal. Mon ventre brûle.
Je réalise n’avoir jamais envisagé la césarienne. Parce que j’en entendais parler par des femmes qui l’avaient choisi par « confort ». Je ne comprends pas quel confort il peut y avoir à vivre et se remettre d’une opération quand on peut faire autrement.
J’ai accouché, même si ça n’était pas comme je l’ai imaginé. J’ai mal parce que je t’ai donné la vie pour la sauver.
Une prochaine fois ce sera différent, on se préparera autrement. Aujourd’hui c’est toi qui compte, et comme pour me laisser le temps de me remettre, ce que tu aimes c’est téter et dormir. Tu restes tout calme quand ton papa te changes pour la première fois. Tu nous regarde avec tes grands yeux, tu scrutes le monde, tu à l’air sérieux, puis tu fais des sourires. Quant à moi mes trois premières tentatives pour me lever sont désastreuses, je n’ai aucune force pour me lever et fais des malaises. Tu es né dimanche et je fais mes premiers vrais pas mardi.

Parce que tu dors avec moi ce soir, il faut que je puisse réagir quand tu en as besoin. Et tu verras, ça ira de mieux en mieux avec le temps et l’exercice. Notre sortie est prévue pour mercredi. J’ai hâte d’y être.

​Marie, Marcin et notre Samuel​

#254 Gwladys, en Janvier 2011 à Nancy‏

7 Avr

J’ai passé 9 mois de rêve, où j’ai eu la sensation de toucher du doigt l’éternité, Ma DPA était au 29 janvier, mais j’étais persuadée d’accoucher le 23. Je fais vraiment partie de ces mamans qui ont adoré être enceinte. Le 31 décembre, je passe le cap de 37 SA, je dis à une amie bossant en neonat : « ça y est c’est bon, c’est sûr tu ne l’auras pas dans ton service ! ». Elle me répond alors : « ah mais tu ne sais jamais, il suffit d’une infection ! ». Mauvais présage, si j’avais su…

Nous voilà donc Samedi 22 janvier 10h : réveillée par 1 contraction un peu douloureuse, mais je suis fatiguée et reste au lit. 10h30, je décide de faire un câlin à mon chat qui est à mes pieds me mets assise et la « schplok » je me dis : « il faut vraiment que t’accouches ma pauvre fille car tu te fais pipi dessus rien qu’en faisant l’effort de te lever « . Je prends mon chat et en me recouchant je me rends compte que ça coule toujours et que c ‘est chaud : JE PERDS LES EAUX !!! Je réveille chéri en lui disant et hop ni une ni deux il est debout, habillé prêt à partir ! J’appelle la maternité pour savoir si je peux prendre une douche, ok feu vert je la prends et on arrive à la mat à 11h30.

11h30 on m’ausculte : ouvert à 1 et toujours postérieur, comme je suis positive au streptocoque B on me dit qu’on va me déclencher au tampon Propess pour accélérer la maturation du col et on me donne des antibios. Bon ok ça se passe pas comme je le pensais mais pas grave. Je monte en service anténatal, ils me servent un repas. J’ai des petites contractions mais rien de méchant. 13h, pose du premier tampon et c’est parti pour 2h de monitoring. Je rigole (encore) en voyant les contractions et je suis contente car elles sont régulières ! Par contre je ressens tout dans le dos et ça commence à être plutôt désagréable. A 16h on me débranche du monito, on m’ausculte, toujours postérieur ouvert à 1 ! On me dit donc d’aller marcher pour faire travailler tout ça, je suis contente car cela va enfin soulager mon dos ! 18h : les contractions commencent à me couper un peu le souffle, je pense à mes cours de prépa et respire calmement, ce qui me soulage assez, même si ça commence à être dur. Je suis fatiguée et mon moral en prend un coup car les choses n’avancent pas. On me dit d’aller prendre une douche chaude assise pour me soulager. Je la prends bouillante ça fait trop de bien ! 20h : col toujours ouvert à 1 et postérieur les contractions s’intensifient. Et je perds le tampon donc repose de tampon. Et là l’horreur prise de crise de paniques j’ai comme des convulsions,  impossible de maîtriser quoi que ce soit ! J’appelle la sage-femme qui me dit « mais non madame vous n’avez plus de contractions là allez calmez-vous enfin ! De toute manière je ne peux rien vous donner il va falloir vous accrocher c’est tout ! » Et elle repart. Finalement après les avoir suppliées, ils me descendent en salle des naissances.

23h15 : Miracle col centré ouvert à 3 ! Il me pose donc la péridurale et mon col s’ouvre à 5 en 1h ! En même temps ils me passent du Syntocinon en perfusion pour accélérer le travail. C’est là que tout se complique. Je commence à avoir de la fièvre. En plus je suis tachycarde tout le long malgré une bonne tension ce qui inquiète l’anesthésiste. Je me mets à trembler comme une feuille, hors de contrôle ! 3h40 : Je suis enfin à dilatation complète mais ils me prennent ma température : je monte à 39-6 et mon bébé commence à souffrir des contractions, il fait aussi de la tachycardie. Et là on m’annonce qu’il est fort probable que mon bébé ait été infecté par mon infection et qu’il partira donc en néonat pour un suivi. On me dit aussi que le pédiatre va venir pour s’occuper du petit et là je vois arriver l’interne, le pédiatre, l’auxiliaire puer, l’infirmière et l’étudiante infirmière, plus ma sage-femme et l’étudiante sage-femme et l’anesthésiste qui me remet une dose d’analgésie péridurale. Je ne sais alors pas pourquoi car je ne sens pas de douleur. Je comprends plus tard que c’était en prévision d’une césarienne en urgence. 5h15 : Je commence enfin à pousser mais là mon bassin est trop étroit au dégagement et bloque bébé car il tape dedans en défléchissant la tête trop tôt. En plus son cordon est trop court et est autour du cou et je vois le monito dans le rouge et biper où il y a son rythme cardiaque : il est en souffrance ! L’interne me dit qu’il va devoir couper et utiliser les forceps : ok épisio de bas en haut. 5h39 : Mon fils nait sans pleurer, il me le pose sur moi et il me regarde droit dans les yeux, c’est la plus belle image de mon accouchement, à ce moment il m’a transpercé le cœur et j’ai su à la seconde que je ferai dorénavant tout pour lui. Mais on me le prend tout de suite pour lui faire les examens et l’aspirer. Je l’entends enfin pleurer. Je demande s’il va bien mais on ne me répond pas ! J’apprends par la suite que mon mari a posé  la même question à l’infirmière qui lui a répondu « mais il peut mourir monsieur ! »  On me le met après 10 min en peau à peau puis on me le prend et je ne le reverrai pas avant 13h sans avoir fait une tétée alors qu’il voulait. Il part avec Papa et je me retrouve seule, on me recoud et je pleure, j’ai l’impression qu’on m’a volé mon bébé, et si je l’avais tué en attrapant une infection ? Je ne comprends pas ce qu’il se passe et je suis morte d’inquiétude. On ne sait pas pourquoi j’ai fait de la fièvre… Il sera sous antibiothérapie pendant 3 jours le temps de voir quelle infection on a attrapé mais finalement ni lui ni moi avions quelque chose !!!

J’ai été seule en chambre 2 nuits et 3 jours, avec un berceau vide à côté de moi et un tire lait au lieu de mon bébé. Je me suis levée la nuit pour aller en néonat l’allaiter pour avoir ma montée de lait, que j’ai eu le mardi quand il est revenu avec moi ! Je suis restée jusqu’au vendredi à la maternité, où j’ai vraiment été considérée comme maman seulement quand j’ai récupéré mon fils en chambre avec moi ! On l’a gavé au biberon aux soins intensifs de neonat (jusque 70 cc à 2 jours de vie !) alors que je souhaitais l’allaiter ! Je suis heureusement tombée sur une équipe de nuit formidable qui me l’a mis au sein pour la première fois à 23h le soir alors que mon bébé était né à 6h du matin. J’ai eu des crevasses atroces, et des tranchées horribles, on ne m’a rien donné juste un « faut serrer les dents madame ». J’ai subi mon accouchement, j’ai subi mon post-accouchement, et encore aujourd’hui, je ne sais pas ce qu’il s’est réellement passé. Mon fils a 2 ans aujourd’hui, c’est un enfant allergique (je suspecte l’antibiothérapie de masse et le gavage au lait artificiel d’avoir tué sa flore intestinale), mais il est plein de vie. Je sais que pour un deuxième enfant il faudra faire le vide de tout cela, et repartir à neuf, le cœur cicatrisé, enfin.

#240 Ana Maria, Bucaramanga en Colombie, avril 2011

8 Mar

Ma grossesse s’est très bien passée, et après avoir commencé le travail dans d’excellentes conditions je suis partie aux urgences. De là on m’a transférée en maternité, et à mon arrivée  j’ai dit à la cadre-infirmière que je n’autorisais l’injection d’ocytocine de synthèse sous aucun motif.

En salle d’accouchement, la première chose que demande le médecin de garde est que l’on m’injecte 2 mm de Pitosin (ocytocine de synthèse) alors que j’étais à 8 de dilatation??????????????WHAT???????

Je ne l’ai pas accepté, alors ils m’y ont obligée en me menaçant.

Cette nuit-là nous sommes 3 à avoir eu des complications pour notre accouchement, mon bébé avait le cordon autour du cou et à la fin, avec les forceps, ils ont saccagé mon vagin.

Pendant tout ce temps-là  le médecin était dans une chambre et regardait un film. On en a même parlé entre nous, avec les autres mamans qui ont accouché cette nuit-là, on a toute constaté la même chose.

Je suis allée me plaindre de ce qui s’est passé à la direction de la clinique, mais en vain,  c’est comme si on m’avait abusée 2 fois… en effet, au moment où je vous écris ce même médecin continue les gardes dans cette maternité, où il continue à imposer ses actes et à obliger les femmes à les accepter.

Dans mon pays, on ne donne aucune importance à la maltraitance en milieu médical, malheureusement.

Ici, souvent, les femmes subissent des choses dont elles n’osent pas parler, elles affrontent toutes seules des situations qui génèrent des traumatismes qui n’ont pas lieu d’être.

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Lleve a cabo un excelente embarazo y despues de un excelente trabajo de parto fui a urgencia y pase a maternidad, solicitandole por favor a la jefe de enfermeras que por ningun motivo autorizaba el uso de oxitocina sintetica en mi cuerpo, pase a la sala de maternas y lo primero que ordena el Dr. de turno es 2 mm de pitosin con 8 Cm de dilatacion??????????????WHAT??????? no autorice y bajo amenazas me sometieron a la oxitocina esa noche 3 mujeres sufrimos complicaciones con nuestros partos a mi bebe se le enredo el cordon y en el ultimo minuto con los forceps me destrozaron mi vagina, Habiendo pasado por esto puse la queja en la gerencia de la clinica y fue doble el abuso, en este momento aun este mismo Dr. cubre los turnos de maternidad y sigue obrando impositivamente y obligadamente, En mi pais nada pasa con el abuso en los medios de salud, desafortunadamente.

Esto sucede y el medico esta en una habitacion continua viendo una pelicula es como para corroborar historias con las maternas que estuvimos esa noche.

Aca suelen suceder cosas que las mujeres no saben que pueden compartir publicamente, cargan solas con situaciones que generan traumas ilogicos.