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#281 La naissance de Léo

25 Juin

Je suis  enceinte de mon second enfant, nous sommes tellement heureux mon compagnon et moi. Cette grossesse fut parfaite d’un bout à l’autre. Nous la désirions tellement. Elle nous a permis de nous affirmer en tant que parents, malgré notre jeunesse. Nous ne connaissons pas le sexe de ce bébé à naître, par choix. Fille ou garçon, cela nous est égal, même si je penche un peu pour un petit garçon.

Physiquement, j’ai pris plus de poids que pour ma première grossesse, mais qu’importe ! Je me sens épanouie, dans tous les sens du terme et mon compagnon me trouve magnifique ! C’est dans cette ambiance de doux bonheur, alors que notre fils aîné a 23 mois, que le travail se lance pendant la nuit du 29 au 30 octobre 2006.
Au début, sans doute un peu de faux travail car les contractions sont anarchiques et courtes. Mais déjà douloureuses ! Je me lève très tôt le matin du 30 octobre, avec l’intuition que la naissance de mon bébé est pour bientôt. J’ai hâte ! Je suis à quatre jours de mon terme, je n’en peux plus, je suis impatiente ! Et pourtant, j’adore être enceinte, mais là, vivement que je vois la frimousse de mon tout-petit ! Et puis, cette fois, je me sens prête, je sais que je suis capable. J’aimerais aller jusqu’au bout sans péridurale.
Je me pose devant mon ordinateur pour discuter un peu avec mes copinautes. Pendant toute la journée, je supporterai sans trop de difficulté des contractions de plus en plus fréquentes et douloureuses. Mon compagnon et moi sommes très excités, la peur a (presque) complètement disparu. Nous n’allons pas vers l’inconnu, nous savons que nous sommes capables cette fois-ci !
Le soir, nous allons faire quelques courses, puis nous nous décidons à appeler la tata pour qu’elle garde notre fils aîné. Ce qui me gêne, c’est que je ne suis pas sûre d’être en travail. Pour la première naissance, j’avais perdu les eaux avant même d’avoir mes premières contractions, je n’avais donc eu aucun doute quant au moment de partir pour la maternité. Mais là, c’est très différent ! Cependant, la tata nous prend Sébastien et nous conseille de nous reposer pour notre dernière soirée avant l’arrivée du bébé. Elle semble aussi heureuse que nous !
Nous passons donc une soirée très calme. Mon compagnon nous prépare mon plat favoris : des fajitas. Mais je n’en mange qu’à peine, je suis prise par des contractions de plus en plus fortes et de plus en plus fréquentes, mon estomac est comme noué. Après le repas, nous nous posons un peu dans notre chambre, sur notre lit, nous discutons de choses et d’autres. C’est bon d’être « juste » ensemble comme ça, si simplement. De ne pas être stressés, de ne pas devoir rendre de comptes, d’être aussi « libres ».Puis, vers 23h, nous nous décidons à partir pour la maternité.
Nous n’avons qu’une petite dizaine de minutes à parcourir en voiture pour nous y rendre, mais sur le chemin, deux contractions me surprennent par leur intensité. Je commence à me dire que c’est peut-être bien de vraies contractions. Je suis aux anges. A notre arrivée, une sage-femme m’examine et m’annonce que mon col n’a pas bougé. Je suis déconfite !! Près de 24h de contractions pour rien ?! Ah non, il n’en est pas question ! J’insiste, je lui demande de vérifier sur mon dossier, je suis sûre d’être en travail. Elle me tempère et me pose le monitoring, puis m’encourage à me mettre sur le ballon. Je me souviens avoir beaucoup aimé ça lors de mon premier accouchement, j’y vais donc spontanément.
La sage-femme repart et mon compagnon également pour aller faire les papiers de mon admission. Je reste seule pendant un bon moment. Les contractions s’enchaînent de plus en plus et, sur le ballon, mes douleurs me semblent décuplées. Je tourne, je bouge, je cherche une position plus confortable, mais rien à faire, le bébé appuie tellement que quoique je fasse, j’ai mal ! Enfin, mon compagnon revient, puis un peu plus tard, la sage-femme. Je lui demande de m’enlever le monito pour que  je puisse descendre du ballon, je n’en peux plus de cette position. Elle accepte et m’examine de nouveau. Effectivement, je suis à deux doigts larges, presque 3 cm et mes contractions sont régulières et puissantes. Elle me propose un bain pour voir si cela calme les contractions ou encourage le travail. En fonction du résultat, je rentrerai chez moi ou resterai à la maternité. Je la trouve un peu lente à comprendre : je SUIS en travail !!
Me voilà donc dans la baignoire, je savoure l’eau chaude qui m’enveloppe, comme pour me protéger. Cela me détend énormément et me permet de moins paniquer à l’approche des contractions. Cela dit, je constate qu’il me faut plus de force pour les affronter. La vapeur et l’humidité me font suffoquer lorsque j’ai besoin de prendre de grandes goulées d’air pour supporter la douleur et le fait d’avoir de l’eau jusqu’au thorax me comprime la cage thoracique, ce qui me donne une très désagréable sensation d’étouffement. Comme je suis petite, il m’est bien difficile de me redresser suffisamment lors de la contraction pour avoir de l’eau seulement sur le ventre. J’y reste néanmoins une heure, car j’ai conscience que l’eau atténue fortement mes contractions. Je commence à grimacer, à devoir vraiment me concentrer à chacune d’elles. Puis je me décide enfin à sortir, devant l’insistance de la sage-femme. Je me rallonge dans la salle d’examen. Je ne suis pas bien, j’ai froid, je tremble comme une feuille. Elle me rééxamine et me regarde avec un drôle d’air. Je suis à 5 cm ! Je vous l’avais bien dit que j’étais en travail !
Elle me dit qu’on va passer en salle de naissance. J’entre dans la salle debout, j’en suis fière ! Je me dis que cette fois, j’irai peut-être bien jusqu’au bout. Je m’en sens capable. La sage-femme me pose une perfusion et je m’asseois sur la table d’accouchement. Je ne m’allonge pas car les contractions sont si difficiles à supporter lorsque je suis allongée ! Je ne puis les supporter qu’assise, tendance qui se confirmera dans mes accouchements suivants.
Soudain, je sens que tout s’accélère. J’ai mal, j’ai vraiment très mal ! Les contractions semblent s’être rapprochées et sont tellement intenses que je suffoque ! Je n’arrive plus à respirer, au pic de la contraction, je me sens « partir ». Ma respiration s’emballe, la tête me tourne. La sage-femme appelle l’anesthésiste… Je suis dépitée. Je me mets à pleurer, la douleur est immense et je suis si déçue de ne pas y arriver toute seule, si déçue parce que je sens que cette femme n’a pas confiance en moi, elle préfère que je sois sous anesthésie, c’est plus confortable. Et moi j’ai si mal, je n’ose pas lui dire que je serais capable de le faire. J’aurais besoin, au contraire, qu’elle me le dise !
La pose de la péridurale est rapide et sans problème. Mon compagnon m’aidera autant que la première fois, un peu plus cette fois, car je n’ai pas envie de cette péridurale. On me met à disposition une pompe pour que je dose l’analgésie. Je n’appuie pas dessus. La sage-femme appuie un coup elle-même, cela m’agace ! Le monitoring est reposé et elle m’examine de nouveau. J’en suis à 7 cm ! Je suis vraiment déçue et agacée ! En une demi-heure, je suis passée de 5 à 7 cm !! Avec un peu de chance, j’aurais pu accoucher une demi-heure ou une heure plus tard sans péridurale !
Mais la péri va tout ralentir. Mes contractions vont s’espacer un peu et s’atténuer. Au bout de deux heures (comme quoi, le travail est allé beaucoup plus lentement après la pose de la péri !!), la sage-femme me dit que je suis à dilatation complète et que le bébé est descendu, mais il reste la poche des eaux. Elle la rompt artificiellement. Je n’aime pas la sensation que cela me fait, on aurait dit un gros ballon de baudruche que l’on éclate. Je trouve ça désagréable et je m’inquiète de ce que mon bébé ressent. Si la poche ne s’est pas rompue, c’est sans doute qu’il y a une raison !!
Puis, la sage-femme repart !! Mon compagnon et moi ne comprenons pas bien pourquoi elle repart alors que je suis à dilatation complète et que le bébé s’est engagé !! Et d’ailleurs, cinq minutes plus tard, j’ai envie de pousser. Je n’ai pas rappuyé sur le bouton de la péridurale depuis deux heures qu’elle m’a été posée et je ne compte pas le faire. Je sens l’envie de pousser, je sens les contractions bien qu’elles soient très atténuées. Je commence à paniquer, je ne parviens pas à me retenir de pousser. J’appuie sur la sonnette, mais comme personne ne vient, mon compagnon se précipite dans le couloir, il appelle, restant devant la porte au cas où le bébé sortirait. La sage-femme finit par revenir. Elle me dit de ne pas paniquer, qu’il y a encore le temps. Mais qu’est-ce qu’elle a à la fin cette femme à croire que je panique pour un rien ?! Je lui dis que non, le bébé arrive là, maintenant ! Je le sens ! Cinq minutes plus tard, mon bébé sortira de moi comme un boulet de canon, en une seule poussée ! La sage-femme me le tend, mon compagnon s’exclame « c’est un petit gars ! ».
Tout en prenant mon garçon, je m’exclame « non, ce n’est pas possible ! » Je ne comprends toujours pas aujourd’hui d’où m’est venu cet étrange refus !
Je voulais un deuxième garçon et dès que mon bébé fut sur moi, j’ai littéralement fondu d’amour pour lui ! Il était tout chaud, tout dodu, il avait de grosses joues à bisous, il était à moi, je l’avais fait toute seule, sans foyer, sans éducateur, sans ASE, sans personne !! J’étais si fière ! J’étais fière d’avoir deux fils. Je me sentais femme, je me sentais mère. Léo pleura rapidement et nous restâmes un peu en peau à peau. Le cordon fut clampé bien trop vite à mon goût et le placenta dû sortir rapidement. La sage-femme vérifia si je n’étais pas déchirée, je lui dis que non, je n’étais pas déchirée, à peine éraillée à la limite. Elle vérifia quand même… Cela m’agaça. Dès le début, elle n’avait eu aucune confiance en moi et elle continuait !! Constatant que j’avais raison, elle appuya une nouvelle fois sur la pompe de la péridurale !!! Je ne compris jamais pourquoi !! Alors que mon bébé était sorti, quel besoin y avait-il de me remettre une dose d’analgésie ?!
Léo fut emmené pour être examiné et il me fut rendu sans avoir été habillé cette fois, ni lavé ! Ouf ! J’adorais son odeur si particulière ! Je restai deux heures en salle de naissance, seule. J’étais très fatiguée et à certains moments, je piquais du nez. Mais j’avais trop peur de faire tomber mon bébé que je tenais dans mes bras. Là aussi, je n’ai pas compris qu’on nous laisse si seul ! Si je m’étais endormie, mon bébé aurait pu tomber de la table !!! Et personne n’était là ! Mon compagnon étant reparti dormir quelques heures.
Au petit matin, je fus amenée dans ma chambre. J’eus la nausée pendant plusieurs heures, sans explication. Avec le recul, je pense vraiment que la dernière dose de péridurale n’y est pas étrangère. Encore une fois, je ne comprendrais jamais le geste de cette sage-femme ! J’ai presque eu l’impression qu’elle voulait me punir pour avoir eu raison depuis le début ! J’ai mis au monde Léo 4h seulement après mon arrivée à la maternité ! Alors qu’elle voulait me renvoyer chez moi ! Pourtant, je garde un très bon souvenir de cette naissance. Elle fut calme, heureuse, j’étais sûre de moi, bien dans ma peau et tellement fière d’avoir un second petit garçon !
Note : Elisabeth nous a envoyé les témoignages des naissances de ses autres enfants, Sébastien, Marie et Chloé, que l’on peut lire aux adresses suivantes (par ordre chronologique)

#278 – Julie – accoucher trop vite

8 Mai

Cet accouchement a eu lieu il y a 15 mois maintenant et voici seulement maintenant que j’arrive à en parler sans pleurer. Ce qui n’a pas été respecté, accueilli, c’est mon mal-être… J’ai passé ma grossesse à culpabiliser de ne pas parvenir à créer du lien avec mon bébé. J’en ai parlé, beaucoup, autour de moi, à ma sage-femme libérale, à la psychologue de la maternité et m’a parole n’a pas été accueillie. on m’a dit : ne vous inquiétez pas, ça va venir, ça finit toujours par venir! Sauf que ce n’est pas venu.

Mon accouchement s’est passé vite, trop vite. Je n’ai pas pu réaliser ce qui se passait et pas eu le temps de me préparer à la rencontre avec ce bébé. Mes contractions sont arrivées un matin au réveil et ont très vite pris une dimension ingérable. Une heure après, j’avais laissé mon grand chez la voisine et dilatée à 7 à la mat. La sage-femme, bienveillante « quelle chance vous avez que votre travail avance si vite » « mais non, je ne suis pas prête à l’accueillir cet enfant, je ne suis toujours pas parvenue à m’y attacher »  « mais si vous allez voir, ça viendra tout seul »…

Rapidement montée en salle d’accouchement, je ne contrôlais plus rien, je hurlais au secours. Cette même sage-femme, professionnelle « ne vous inquietez pas monsieur, elle est en phase de desespérance, le bébé sera bientôt là »  « mais non, je ne veux pas, pas si vite », mais elle n’écoutait plus..

La poche des eaux s’est rompue et là la phase de désespérance devint vraiment désespérante! L’envie de pousser arrive, mon corps le pousse malgré moi « c’est très bien Julie, le bébé sera là très vite »

Et ce bébé qui voulait naître très vite se retrouva finalement coincé dans mon bassin, regardant vers le ciel. « il est coquin ce bébé, je n’arrive pas à le tourner et en plus il a une grosse tête ». Je n’ai saisi qu’une seule chose « il a une grosse tête », mais à quoi il va ressembler ce bébé?? Je n’arrivais plus à écouter la sage-femme. Je me retrouve au bloc, au froid, sans le papa, un masque sur le nez, shootée, on me parle de ventouse et on me pose mon bébé, trop vite..

Soudain tout s’arrête, le papa est là, on revient en salle d’accouchement mais j’avais raison, le lien ne se crée pas. Et pire, je lui en veut, d’être venu trop vite, de ne pas m’avoir laissé le temps de me préparer et puis de s’être coincé, de ne pas m’avoir permis de le sortir par moi même.

14 mois après, j’avais toujours raison, je n’aimais toujours pas mon bébé. Je l’aimais bien mais je ne l’aimais pas. Coupable mais au clair avec mes pensées, j’en parlais facilement autour de moi : les sages-femme, la psy de la mat, unanimement la même réponse : « mais si vous l’aimez, differemment du premier, mais vous l’aimez » Et pourtant non. Je n’ai pas été respectée, accueillie dans ma souffrance.

J’ai trouvé le courage de lui parler droit dans les yeux à ce petit bonhomme, de lui dire tout ce que je ressentais, sans jolis mots, juste la vérité, dure à dire et à entendre. Il m’a écouté, sans bouger, et quand j’ai eu fini il m’a dit : « Maman », le premier, et le lien s’est crée, 15 mois après sa naissance…

#259 Charlotte – Charente – avril 2010

20 Avr

Alors, le 1er avril il y a 3 ans a été le début d’une série de 4 jours dans la souffrance.
Je me réveille ce jour là à 5 h du matin avec des contractions douloureuses, je me lève, me fait une tisane, retourne essayer de dormir.
Dans la journée, les contractions augmentent en intensité et en nombre. Inquiète car étant enceinte de mon premier enfant et habitant à 3/4 d’heure de la clinique, j’appelle le service des sages femme. On me répond « Ne vous inquiétez pas, tant que vous pouvez parler, c’est que ce n’est pas ça. Vous ne serez plus capable de prononcer un mot quand les vraies contractions seront là! » Moi qui n’étais déjà pas rassurée (mère seule avec une séparation compliquée pendant la grossesse en plus de la peur qu’évoque l’inconnu d’un premier accouchement), ben là j’avais réellement les pétoches!
Dans la journée, les contractions augmentent et reviennent toutes les 12 minutes, ma mère m’emmène donc à la maternité. On m’ausculte, on me donne un suppo de salbumol.
Nuit horrible, des contractions qui se rapprochent et s’intensifient encore malgré le suppo.
Le lendemain, j’en ai toutes les 7 minutes, j’appelle et on me dit « Ben franchement, vous pouvez venir mais je vous pas ce qu’on va faire pour vous! »
J’y vais donc, on m’ausculte, on me garde la nuit en me faisant des injections de salbumol en me disant que c’est du faux travail, qu’il faut le stopper. Le lendemain on me faire sortir avec, encore une fois des suppo. Le gyneco me dit que s’ils n’agissent pas, c’est qu’il s’agit de vraies contractions.
Je rentre donc, les contractions reprennent encore plus intensément. Les suppo ne font rien, j’appelle la clinique, on me dit de prendre du spasfon et de m’asseoir dans la douche o.O
Je le fais sans résultat.
Le soir, les contractions sont espacées de moins de 5 minutes, sans appeler la maternité avant, ma mère m’y conduit donc. La sage femme m’accueille en me disant « Vous savez, vous n’êtes pas malade, vous êtes juste enceinte! Et puis un accouchement ça se fait dans la souffrance alors autant vous y faire tout de suite! » (tout ça non pas dans l’humour mais avec une forte agressivité).
Elle m’ausculte, va demander conseil au gynéco et revient en me disant « Bon ben on vous garde, vous êtes contente? »
Je passe une nuit horrible, je souffre. Durant la nuit, à deux reprises on me fait une injection de morphine. J’ai pas de chance, quelle idée d’accoucher le weekend de Pâques franchement!
Tôt le matin, on me branche sous monitoring en me demandant de ne pas bouger. Personne ne me donne de conseils sur les positions à adopter pour aider mon bébé à descendre.
Le matin on appelle le gynéco, il arrive en fin de matinée, à ce moment là je m’évanouis entre les contractions tellement la douleur est devenue insupportable! Je perds les eaux, elles sont brunes! Là on se décide à appeler l’anesthésiste pour me faire une péridurale.
On m’emmène en salle d’accouchement, à chaque fois que la sage femme m’ausculte, le gynéco le fait aussi, il ne semble pas faire confiance à cette professionnelle!
Mon col reste à 6cm, ne se dilate pas davantage. Le gynéco m’annonce « on vous emmène au bloc, on vous fait une césarienne » de façon froide. Je suis complètement paniquée, la fatigue, la douleur, le stress, tout ça n’a jamais été pris en compte par le personnel. Je craque, je demande si ma mère peut m’accompagner, j’ai très peur. On me répond simplement « non ». Je demande si j’aurai mon enfant tout de suite étant donné que je l’allaite. On me répond que je devrai attendre deux heures. Je demande alors que ma mère puisse s’en occuper pendant ce laps de temps, la sage femme me dit que ce sera le cas.
A la fin de la césarienne on me dit que tout s’est bien passé, or j’apprends deux jours après que j’ai fait une hémorragie!!!
A ma sortie du bloc, je demande à parler à ma mère au téléphone, on me dit qu’elle est partie alors que ce n’est pas vrai!
Quand je remonte, j’apprends qu’on a refusé à ma mère qu’elle prenne mon fils alors que j’en avais fait la demande!!! C’est mon fils merde!!!! Il est resté seul dans une couveuse pendant deux heures, ça n’a pas suffit qu’on le sorte de mon ventre sans que ça vienne de nous deux, qu’il n’ai pas pu bénéficier aussitôt du lait de sa mère, on lui refuse tout contact humain alors que sa maman l’avait expressément demandé!
Voilà, je pourrait aussi parler de la suite de mon séjour dans cette maternité, de l’équipe de nuit qui n’était pas du tout à mon écoute, mais je n’en finirais pas. Heureusement, j’ai le petit garçon le plus mignon du monde mais je garde un souvenir amer de cet accouchement qui est le seul que j’ai pu vivre. Je n’arrive même pas à dire que j’ai accouché, pour moi, on a sorti mon bébé de mon ventre, on ne m’a pas permis d’être actrice de cet accouchement, à aucun instant.

Charlotte G, Charente (16)

#253 Octobre 2011 en Haute Savoie

5 Avr

Samedi 1er Octobre.

Enceinte de mon 1er enfant, j’ai dépassé mon terme de 3 jours. Je me rends à la maternité le samedi 1er octobre 2011 vers 20h pour fissure de la poche des eaux.

Je suis accueillie par une sage femme gentille qui m’explique tout ce qu’elle va me faire, comment ça va se passer pour la suite.

Après 1h de monitoring qui ne donne rien, on me met en salle de pré-travail toute la nuit.

Le Dimanche matin changement de sage-femme. Celle ci est tout suite plus désagréable. Elle voit que rien n’a bougé durant la nuit. Donc on me met dans une chambre toute la journée. On viendra me voir que 2-3 fois pour monito et toucher sans rien me dire de plus.

Le soir, le repas arrive pour la maman qui est dans le même chambre que moi… Mais au bout d’un moment je me dis qu’on m’a oubliée… Et c’est seulement 1h 1h30 après qu’on me dit « vous vous mangez pas car on vous déclenche ce soir et interdit de boire aussi !! » Ok merci de m’avoir prévenue… Je n’ai pas mangé depuis midi et je n’ai pas pu depuis déjà un moment, j’aurais aimé être prévenue dans la journée pour m’y préparer un peu!!

Le soir je retombe avec la sage femme gentille, donc super elle m’explique, ce qu’elle va me faire, poser un tampon.

Le Lundi matin je suis toujours au même point rien n’a bougé!!!  Re changement de sage femme. Pas de bol c’est le même qu’hier dans la journée. Elle me passe en salle d’accouchement pour me déclencher.

Elle me passe l’ocytocine. Et toute de suite j’ai de fortes contractions. J’appelle, elle ne voit rien sur le monito elle me dit limite que je dis n’importe quoi sur le fait que j’ai des contractions. En fait le monito était mal placé!! Elle me rajoute une dose, j’ai de plus en plus mal j’appelle elle revient et me rajoute une dose, je rappelle, je demande la péri, elle veut pas, et me rajoute une dose. J’appelle je ne sais combien de fois pour demander la péri mais à chaque fois la même chose. Au bout d’un moment que je hurle, que je débats sur le lit, que mon conjoint me tient pour pas que j’arrache les perfs, il l’appelle et lui dit que maintenant ça suffit et qu’elle appelle l’anesthésiste. Ce qu’elle fait, mais en disant que ca va ralentir le travail et que je risque de finir en césarienne!! Mais à ce moment là je m’en fiche tant qu’on me soulage.

L’anesthésiste arrive et là je sens du liquide qui coule donc je le dis et la sage femme me répond c’est rien!! Ouais enfin c’était juste la poche des eaux bref  on me met en position pour la péri, j’ai une grosse contraction je n’arrive pas a rester en place, je le dis et la sage femme répond « on s’en fout de la contraction il faut faire abstraction »…euh non impossible j’ai envie de lui répondre, l’anesthésiste rétorque « non non il faut attendre qu’elle passe ». Enfin la péri, je peux me reposer un peu. Je sens toujours une douleur en haut a droite mais je pensais que c’était mon bébé qui tapait. Je le dis à la sage femme elle me répond « ouais bin il faudrait peut être qu’il descende » sur un ton énervé !!

Je m’endors pendant je ne sais combien de temps, la sage femme me réveille pour un toucher, et quelques minutes après je sens des douleurs de plus en plus en fortes, je l’appelle elle me dit « c’est à cause du toucher que vous avez mal », il y encore de la péri donc ça va. Et elle me dit « je pars en césarienne »!!!

Quelques minutes plus tard les douleurs encore plus intenses et j’entends en biiiiiiiip j’appelle et une autre sage femme vient et me dit « votre péridurale est finie. Mais l’anesthésiste est en césarienne il faudra attendre. Je préviens votre sage femme. »

Rebelote, je hurle de douleur !!!! Ma sage femme revient et me dit « ah oui votre péri est finie j’appelle l’anesthésiste !!! » Et j’attends j’attends j’attends en hurlant!!!! enfin il revient et m’en remet une.

Quelque temps après elle revient me voir pour me vider la vessie, et en même temps un toucher, et là elle me dit « a ba le bébé arrive plus vite que prévu, il faut qu’on s’installe. »

Je précise qu’elle venait vérifier l’avancée du travail très rarement!!!

Je sentais bien quelques contractions qui poussaient mais m’étant fait remballer tellement de fois je n’ai rien dit !!

Mon gynécologue, arrive a la mater’ car il voulait voir où j’en étais et j’étais en plein accouchement donc il était pas très content qu’on l’ait pas prévenu.

Mon bébé sort plutôt assez vite mais elle avait le cordon autour du cou… donc elle est sortie toute violette.. on me prend assez vite la petite pour lui passer de l’oxygène.

On me la ramène après les soins, j’étais nue sur le lit, la porte de la salle était ouverte, des personnes passaient devant donc pouvaient me voir nue, l’intimité n’était vraiment pas respectée en plus des personnes du service pouvaient venir dans ma salle pour prendre des choses donc super d’être à poil comme ça devant tout le monde!!

Avant de me ramener dans ma chambre, une auxiliaire me demande si j’ai faim (il est 17h00) je dis oui elle dit à la sage femme on peut lui donner quelques chose ? sa réponse: « NON », l’auxiliaire insiste mais la sage femme dit toujours « NON »

Finalement l’auxiliaire sera venue me donner quand même un yaourt!!

La suite de mon séjour était aussi mauvaise. on me ramène dans la chambre avec bébé mais on me laisse comme ça sans rien me dire. je ne savais pas quoi faire quand lui donner a manger etc!!!

Je garde un très mauvais souvenir de mon accouchement.. on dit qu’on oublie une fois le bébé là mais moi c’est toujours là. Et j’appréhende énormément pour le deuxième!!!!!

#251 Anonyme décembre 2012

30 Mar

Arrivée à 8h30 le matin, contractions toutes les 5 minutes à partir de 9h, toutes les 2 minutes à partir de 17h….
Aucune écoute, aucun soutien, aucun anti-douleur, juste des: « prenez sur vous, dormez, calmez vous, allez dormir, il se fait tard il faut dormir »
Après une perte des eaux (vers 20h30) je m’entends me dire « çà va couler jusqu’à demain »…J’ai eu beau leur dire que j’allais accoucher, que mon premier accouchement s’est déroulé pareil, non on m’a laissé en chambre (même pas en salle d’accouchement ou de surveillance).
J’ai commencé le travail avec mon mari, on a appelé à 22h30 personne n’est venu. Mon mari s’est entendu dire « maintenant elle se calme elle prend sur elle, faut qu’elle dorme »….Mon bébé était engagé et coincé lorsqu’elles sont venus faire un contrôle à 23h15…..Mon bébé est né a 23h25 sans aucune aide médicale et sans péridurale dans mon lit….honteux à notre époque! Heureusement que la sage-femme du bloc qui m’a accouché été très humaine sinon je ne sais vraiment pas comment j’aurai pu vivre la suite de cet accouchement.

Suite à un échange de mail avec la maman, voici le récit plus complet de l’accouchement :

Donc jour de dpa on devait aller à la maternité pour 08h30

départ 7h50 : perte de sang donc je me doute que le travail est en route

8h30 arrivée maternité : mon gynéco est là il me visite col ouvert a 1 doigt, poche des eaux fissurées, on me met en chambre étage maternité c’est-à-dire l’étage où l’on met les mamans avec leur bébé…. (sachant que le bloc obstétrical n’est pas au même étage)

9h – 9h30 : les premières contractions arrivent et continuent toutes les 5 minutes de plus en plus fortes.

Je prends sur moi car pour mon premier accouchement mon col est resté longtemps ouvert à 1 avec des contractions violentes pour se dilater ensuite complètement rapidement.

Vers 13h30 : je sonne pour la première fois de la journée car les contractions sont toujours régulières et la douleur très intense. La sage-femme présente me visite dans la chambre avec un col toujours ouvert à 1. Elle me fait un monitoring pendant une heure à peu près, suite à cela le col n’a toujours pas bougé.

Cette sage-femme me dit donc qu’il faut bouger, marcher, que ce n’est pas à rester en chambre que le bébé va descendre. A savoir que j’avais des contractions très douloureuses et qu’il m’était impossible d’aller parcourir les couloirs dans cet état (étage de maternité donc visite pour les mamans). Elle me propose un ballon pour y faire des exercices. Je vais donc passer une bonne partie de l’après-midi sur le ballon à y passer les contractions douloureuses avec l’aide et le soutien de mon conjoint.

Je ne vois personne de l’après-midi……

18h30 : les contractions se sont rapprochées toutes les 2/3 minutes et les douleurs continuent de s’intensifier donc je sonne pour la deuxième fois de la journée
Je monte au bloc, où la sage-femme vient me visiter et me dit que mon col n’a toujours pas bougé et elle se demande même si c’est un col court ! Mon conjoint lui demandera ironiquement à son tour si un col se rallonge ! Elle nous passe en salle pour faire un monitoring pendant 1h, vers 19h30 la sage-femme me visite à nouveau et me dit que le col n’a pas bougé et que je retourne dans ma chambre – j’ai beau lui dire que mon premier accouchement s’est passé de la même façon et que quelques heures après mon fils été né, mais on peine à m’écouter et à me prendre au sérieux ! Une dame me ramènera dans ma chambre ;  les contractions sont toujours très très douloureuses et rapprochées, j’ai du mal à marcher, je suis pliée en deux, je gère comme je peux, mais je n’ai de toute façon pas le choix ! Elle me dit qu’on me donnera peut-être des antalgiques pour calmer les douleurs.

Une fois en chambre la sage-femme de l’étage m’amène un suppositoire de salbumol – fait pour arrêter les contractions !! On ne m’explique même rien on me le donne avec un petit sourire !

J’avoue avoir hésité à le prendre car je ne comprenais pas le pourquoi du comment ! Je ne comprends pas pourquoi on me donne du salbumol alors que les signes d’un accouchement proche sont quand même présents. Et à savoir que j’ai déjà été hospitalisée 2 fois pour contractions et que le salbumol n’a aucun effet sur moi….

20h30 : je perds les eaux ! Je sonne pour la troisième fois de la journée.

Une auxiliaire de puériculture vient voir – et là ! Elle me dit de me calmer, que c’est le soir, qu’il va falloir que je me repose, que je dorme –je suis pliée en deux de douleurs, et je viens de perdre les eaux – elle me dit que je suis trop stressée, qu’il va falloir DORMIR ! Elle me dit de demander de l’antarax pour DORMIR ! de prendre une douche aussi car je vais « couler jusqu’à demain », ce que je vais faire vu que je viens de perdre les eaux. Je lui rappelle qu’à mon premier j’ai eu le même tour et qu’il est arrivé 3h après ça. Elle me répondra que je dois DORMIR, me calmer, et peut-être on me déclenchera le lendemain !

 Je crois être folle à ce moment là, du manque de prise au sérieux et de la façon de procéder !

Elle me ramène de l’antarax et elle repart, sans qu’aucune sage-femme ne vienne voir ce qui se passe. Je reste donc en chambre, avec mon conjoint qui me soutient énormément et qui m’aide à passer les contractions en me massant, je commence à avoir la nausée, des suées.

Vers 22h je commence à ne plus trop sentir les contractions, mais il se passe autre chose, comme des poussées….

22h30 mon conjoint part chercher quelqu’un de l’étage car je lui dis que ce n’est pas normal et que j’ai l’impression qu’il va sortir.

Mon conjoint verra le personnel dans le couloir et on lui répondra « « dite à votre femme qu’elle prenne sur elle-même faut qu’elle se calme et qu’elle dorme » PERSONNE ne viendra voir pour évaluer la situation !!! Aberrent. Comment juger de l’état de mon bébé aussi à ce moment là ?

Je comprendrai par la suite, que j’étais en train d’accoucher en chambre avec mon conjoint, car j’ai bel et bien eu au moins une dizaine de poussées dans la chambre !!! Et ça a duré comme ça jusqu’à 23h15 où par miracle on se décide à venir voir ce qui se passe !

La sage-femme de l’étage me dira de m’allonger dans le lit – chose quasi impossible – on me parlera très mal à ce moment là aussi ! Heureusement que mon conjoint est là et qu’il m’aide à m’allonger entre deux poussées ! Et là la sage-femme me visite et se rend compte que je suis en train d’ACCOUCHER !!!!! Elle n’aura que le temps d’appeler ses collègues où on m’emmènera  au bloc dans mon lit (où on me demandera sans cesse d’arrêter de pousser mais ce n’est plus possible à ce moment la car le bébé s’est engagé).

La sage-femme du bloc très réactive n’aura le temps  que de monter  dans le lit et de m’accoucher, la tête du bébé est là mais mon bébé est resté coincé dans le bassin à cause des épaules et le cordon ombilical été comprimé,– ce qui aurait pu provoquer des graves séquelles – il fallait le sortir rapidement, mais chose aussi qui aurait pu être évitée si on m’avait prise au sérieux et passée en salle d’accouchement plus tôt soit au moment de la perte des eaux soit à 22h30 ! J’aurais pu accoucher dans la chambre si mon bébé n’était pas resté coincé ! Et ce n’est pas faute de les avoir prévenus que mon premier accouchement s’est déroulé pratiquement pareil. Mon bébé est né avec un score apgar à 4 et à dû être ballonné au masque et cela uniquement de leur faute car il était en souffrance….j’ai quand même mis au monde un  bébé de 4kg !

#180 Anne M., métropole Lilloise, 2006

27 Fév

J’avais à peine 25 ans quand j’ai perdu les eaux… Nous étions le 7 mars, mon fils était prévu pour le 27 avril. Un risque de prématuré que nous connaissions, auquel
nous nous étions un minimum préparé.
Le coeur aussi léger que possible, aussi sereins que possible, nous nous sommes présentés à la maternité. Conscients des risques et des difficultés auxquels nous risquions d’être confrontés, nous sommes arrivés sourire aux lèvres.

Quelle erreur !!! Quelle 1ère erreur !!! La sage-femme était outrée… nous aurions dû pleurer et montrer notre anxiété…

Les heures qui ont suivi étaient semblables à ces quelques instants. Aucune écoute, aucune humanité, aucune considération de la jeune femme que j’étais…
Branchée à la perfusion pour arrêter les contractions, ligotée au monitoring, mon coeur s’emballait et je me sentais partir… Mais j’étais une chochotte… J’ai passé la nuit tant bien que mal, monitoring coupé de mon côté pour que je ne puisse pas suivre ni mon rythme cardiaque ni celui de mon bébé…

7H plus tard, au changement de garde, une nouvelle sage-femme a fait irruption dans la pièce, totalement paniquée. J’avais passé la nuit à 150 de rythme cardiaque, personne ne m’avait pris en charge, il fallait que j’accouche au plus vite !
Je passerai les détails… mais au bout de 3H de souffrance, 3H à dire qu’il y avait un problème, qu’il fallait une césarienne, j’étais enfin entendue !
40 mn plus tard, mon fils était extrait de mon ventre… 10 mn d’extraction… mon fils est né bleu… tout bleu… bleu noir… Il respirait et respire toujours. Ils l’ont transporté au plus vite en néonatologie après un bref baiser éclair…
2H plus tard, en regagnant ma chambre sans mon bébé, je demandais un tire lait pour enfin assumer et assurer mon rôle de mère nourricière. Avec un tact fou, l’auxiliaire m’a répondu : « Mais Madame, reposez-vous, vous vous occuperez de ça demain »…
Comment créer du lien quand on vous coupe toutes les ficelles reliant mère et enfant ? Comment se sentir mère quand le peu que vous pouvez faire ne vous est pas autorisé, pas encouragé ?…
J’ai été confrontée, comme nombreuses femmes, à des étapes difficiles et douloureuses, mais ô combien enrichissantes de sens quand nous sommes bien guidées.
Malgré ces difficultés, Merci la Vie pour tout ce parcours accompli depuis la naissance de mon fils, et ce, grâce à cette traversée chaotique !

#40 Dounia – Lille

31 Jan

Je fus très déçue de mes accouchements en maternité. Je me suis sentie humiliée.

Sans que je le veuille une femme m’a rompu la poche des eaux lors de mon arrivée à la maternité pour ma troisième. Sans m’en avertir, j’aurais dit non.

J’ai refusé la péridurale l’équipe médicale m’a fait du forcing… Ils m’ont dit que je n’avais pas à pleurer, ni à crier, que je ne devais pas me plaindre. Malgré le fait que j’insistais l’anesthésiste est quand même venu dans la salle d accouchement en me disant qu’il allait partir que je devais accepter la péridurale sinon j’allais souffrir… J’ai accepté…

Une femme venait de vérifier l’avancement du travail, elle a retiré ses gants et m’a dit que je n étais pas prête d’accoucher. Je lui ai dit mon enfant arrive elle a refusé de me croire puis elle n’a pas eu le temps de remettre ses gants que ma fille était là…

J’ai eu le droit à trois épisiotomies… Un jour alors que j’étais dans ma chambre un homme est entré sans frapper. Il était accompagné d’une dizaine d’étudiants. Une seule personne m’a dit bonjour… L’ homme a soulevé mon drap, a retiré ma culotte et expliqué la cicatrisation de l’épisiotomie aux autres… Puis il a tout remis et tout le monde est parti. J’étais tellement choquée par ce manque de respect que je n’ai rien su dire et je m’en veux encore.

Le lendemain de l’un de mes accouchements, j’ai eu mes seins qui avaient doublé de volume. J’ai demandé de l’aide et on m’a dit que ce n était pas possible d’avoir des montées de lait le lendemain d’un accouchement. J’ai dû me pencher, prendre deux verres et avec la pression le lait coulait dans les verres que je versais ensuite dans le lavabo…

Être de suite allongée sous perfusion, ne pas avoir le droit de bouger, de boire… Cela m’a marquée. Pour ma dernière il y avait beaucoup de femmes qui allaient mettre au monde leur enfant. J’ai senti la pression le fait que je devais aller vite pour accoucher… J’ai eu le droit à dépêchez vous sinon on appelle le médecin pour une césarienne, menace de faire sortir ma fille avec les forceps… J’ai eu peur, j’ai forcé au point d’avoir des tâches de sang au niveau du visage et du torse (éclatement des vaisseaux sanguins). Ma fille avait la même chose quand je l’ai vue la première fois, peut être qu’elle aussi a mal vécu le moment…

Je voulais allaiter à la demande. Je me suis fait engueuler car ma fille dormait depuis plusieurs heures et que pour la personne il fallait la réveiller toutes les trois heures…

J’ai demandé à changer de position durant le travail j’ai eu le droit à un refus…

J’en passe, je voulais juste ne pas avoir de perfusion avec un produit inconnu sans demander mon avis comme à chaque acte. Pouvoir être libre de mes mouvements. Je voulais qu’on m’explique et me demande mon avis sur certains actes. Qu’on respecte mon intimité. Je ne voulais pas de péridurale…