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#340 L’accouchement de Justine, Belgique 2011

8 Fév

Nous sommes en 2010 quand mon compagnon et moi apprenons que je suis enceinte. Ayant très peur de l’accouchement, de l’hôpital, de l’acte médical, je ressens le besoin de suivre une préparation à l’accouchement. Cette préparation qui est l’haptonomie m’a vraiment rassurée dans le sens ou je me suis sentie capable d’accoucher, j’ ai pris confiance, nous étions serein.

Le 17 mars, je perds les eaux a 22h. Le papa et moi décidons de prendre notre temps avant d’aller à la maternité. Nous prenons les dernières photos à deux, …
Nous arrivons a minuit à la maternité. Je passe par l’admission et je me retrouve très vite dans une chambre ou on me dit d’essayer de dormir car les heures qui suivent vont être difficiles. Deux heures plus tard, les premières contractions arrivent, on m’apporte un ballon afin de me soulager. Mon compagnon et moi arrivons a bien gérer les contractions, Grace a notre préparation, je pense. Mais, je comprends très vite que le personnel est débordé, nuit de pleine lune ? Personnel insuffisant? … Je n’en saurais pas plus.
On m’envoie une stagiaire sage femme pour s’occuper de moi. Elle passe toutes les 1h30 plus ou moins afin de m’ausculter. Il est 12h la douleur est de plus en plus forte mais nous continuons a gérer les contractions tant bien que mal. Le travail est lent, mon col ne s’ouvre pas, je fatigue, … J’aperçois la sage femme, enfin, dans ma chambre, elle vient m’ausculter, la stagiaire sage femme m’ausculte aussi. J’avais mal, je ne voulais pas qu on m’ausculte une seconde fois mais je n’ai rien su dire.
Je comprends que mon col ne bouge pas, elles parlent entre elles mais ne me disent rien.
Dans la chambre d’a coté j’entends une maman en souffrance, qui crie beaucoup, j’ai peur mais je me concentre.
Vers 13heures, la sage femme me dit : ‘ la dame d’à côté demande la péridurale, si vous la voulez c’est maintenant car après je ne suis pas sûre que l’anesthésiste revienne’. Oui, j’aurais aimée essayer aller plus loin sans péridurale, oui je voulais un accouchement naturel, mais prise de panique, j’accepte.
Nous partons en salle de naissance, on me pose la péridurale qui fait très vite effet. On m’injecte une dose d’ocytocine, le travail n’allant pas assez vite à leur goût, je présume, on m’en injecte une deuxième.
Tout s’enclenche, je ne me sens pas bien, je ne vois plus, … Le rythme cardiaque de mon bébé chute, une dizaine de personnes rentrent dans la salle, mon compagnon était à côté de moi et tant bien que mal, il garde son calme, pour moi.
Personne ne m’explique rien mais je comprends que c’est grave. On me sonde, on me prépare … Mon gynécologue arrive … Enfin, un visage connu.
Et là d’un ton paternaliste, il m explique que ce n’est pas grave, le bébé va bien mais il ne faut plus tarder car il ne supporte plus les contractions, il pose sa main sur mon épaule et là d’un coup je me suis sentie en sécurité. J’avais besoin de ces explications, de ce ton rassurant.
Il accepte même la présence du papa en salle d’opération et nous partons en césarienne.
Arrive en salle d’opération on me prépare, et la je sens qu’on ouvre mon ventre, j’ai peur, je sens, je débats mes jambes, l’anesthésiste me fait respirer dans un masque, je m’endors. On sort mon fils de mon ventre, le papa accompagne la sage femme pour les premiers soins. Mon compagnon m’explique qu’il a dû insister pour que je vois mon fils avant d’aller en salle de réveil, on ne voulait pas me le montrer car j’étais endormie…. Pourtant je me souviens d’avoir entendu la voix du papa de loin m’appeler, je me réveille et je vois le visage de mon bébé à côté de moi quelques secondes, un moment rempli d’émotions.
Ensuite, on m’emmene en salle de réveil pendant deux heures.
Lors de mon réveil, on tarde a me ramener en chambre, une sage femme passe au bout de mon lit et me dit ‘qu’il est beau votre fils madame !’ Cette phrase résonne encore dans ma tête à l’heure actuelle, comment peut-elle se permettre de me dire ça à moi, qui a juste eu le droit que de l’apercevoir, moi qui n’attend qu’une chose c’est qu’on me remonte dans ma chambre afin de retrouver mon fils et mon compagnon?
Ce n’est que deux heures après sa naissance que notre histoire de vie à trois a pu commencer …
Il me manque des chapitres dans l’histoire de mon fils, j ai l’impression d avoir raté des choses, de ne pas avoir été là comme je l’aurais dû, comme je m’en étais fait l’idée…

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#311 Edith, Bourgogne

28 Nov
Accouchement mal préparé ou mauvaise écoute ?‏
Le doute restera pour longtemps. Me suis-je mal préparée à mon accouchement ou n’a-t-on pas souhaité être à mon écoute ?
Rien ne s’est passé comme j’aurais pu l’imaginer. « Vous aurez des contractions de plus en plus fortes et rapprochées ou vous perdrez les eaux et vous devrez venir à la maternité « ! Mes contractions ont été tout de suite très intenses et ne s’espaçaient que de quelques minutes pendant deux jours avec une acalmie au milieu. Je ne savais plus quand partir à la maternité. La sage-femme m’avait renvoyée chez moi car le travail n’avançait pas au-delà d’un centimètre d’ouverture du col … Lorsque je suis revenue à la maternité, j’étais fatiguée de ces deux jours de souffrance, j’avais besoin de soutien. Mon mari n’avait pas ses repères. Il était sous le coup de l’émotion et de la fatigue car lui aussi m’a vue souffrir pendant ces dernières 24 heures. Lors de mes précédants passages à la maternité on m’a demandé si je souhaitais la péridurale. J’avais répondu que je ne l’acceptais que si je ne parvenais plus à gérer la douleur. Ceci a été inscrit dans mon dossier. Lors de mon accouchement, en salle de travail, je m’accrochais aux paroles encourageantes et réconfortantes de la sage-femme présente cette nuit-là, jusqu’à ce qu’elle décide que je rejoigne ma chambre car le travail n’avançait pas assez vite selon elle. Je précise que j’étais la seule personne à accoucher pendant ce temps. Elle me laisse seule avec mon mari et un ballon. « Prenez une douche si vous y arrivez et appelez-moi si vous n’en pouvez plus pour qu’on vous fasse la péridurale … » Evidemment, je n’ai pas tenu plus de 20 minutes. J’avais mal, mais j’avais surtout peur. Cette douleur que j’ai su gérer à la maison devenait incontrôlable pour moi dans cette chambre d’hôpital en présence de mon mari, lui aussi désemparé. Je ne tenais pas debout.
Parce que je demande la péridurale – je dirais même que je l’ai suppliée – je me retrouve en salle d’accouchement de nouveau entourée de cette sage-femme … C’est pratique, je n’ai plus mal et je n’ai plus qu’à dormir ou attendre. Elle ne vient me voir qu’une fois de temps en temps pour vérifier l’avancée du travail. Elle manipule mes perfusions sans m’expliquer quoi que ce soit ou en répondant vaguement à mes questions. Elle finit sa nuit de garde et me laisse entre les mains d’une nouvelle sage-femme. Le monitoring présentait bien pourtant. Cependant le col était à 9 centimètres depuis 2 heures. La nouvelle sage-femme me demande de l’appeler lorsque je sentirai l’envie de pousser. La péridurale était-elle trop forte même si je sentais mes contractions ? Je n’ai jamais ressenti l’envie de pousser. Elle a donc décidé elle-même que c’était le moment. En moi, j’étais convaincue du contraire. Elle m’a fait comprendre que je devais pousser car ce serait mieux pour l’enfant et pour moi car je devais bien « en avoir marre aussi … » Evidemment, je ne savais pas ce que je faisais. Je ne sentais rien. L’enfant ne sortait pas malgré tous mes efforts acharnés. J’ai voulu accoucher sur le côté. Je demande qu’on me maintienne les pieds. La personne à mes pieds n’a fait que semblant de me maintenir … seul mon mari m’encourageait. La sage-femme parlait très peu. Elle me fait comprendre que c’est mieux d’accoucher sur le dos… « Poussez bien sinon j’appelle le gynecologue ! » Je pousse tellement fort que j’en deviens bleue. Je pleure de desespoir car je ne sais pas si le bébé avance ou ce qui ce passe en moi. Elle appelle le gynécologue. J’ai ressenti ça comme une punition parce que j’avais mal poussé … Il pratique la ventouse et forceps après m’avoir dit : « Surtout n’oubliez pas de pousser, je suis pas le seul à bosser ici ! » Je lui réponds que je pousse évidemment. Je ne comprends pas pourquoi ils ne le voient pas ! Mon bébé sort enfin pour mon plus grand bonheur mais je vomis toute la bile que j’ai dans le ventre. Le gynécologue demande à la puericultrice de retirer l’enfant avant que je ne le recouvre de ce que je renvois : « Ce n’est rien, me dit-on, ce sont les produits que vous avez dans le corps, ça va passer … » Quand j’ai fini, la puericultrice pose à nouveau ma fille sur moi. J’étais assoiffée et vidée.
Ma petite ne parvenait pas à téter malgré la bonne volonté de toutes les sage-femmes et puericultrices qui sont venues dans ma chambre m’aider chacune à leur façon. Elles venaient parfois à 4 pour me la mettre au sein. Voyant qu’elle perdait du poid, on me propose de tirer mon lait.
Sortie de la maternité, à raison de 8 fois une demi-heure de tire-lait par jour + tentatives de mise au sein + biberons, j’ai fini par abandonner.
J’ai pu commencer à tisser des liens avec ma fille à ce moment-là.
Merci d’avoir lu ce témoignage.
A présent, je souhaite effacer tout ça de ma mémoire au plus vite. Je sais bien que je ne suis pas seule à vivre ces moments-là et que d’autres femmes ont subi des accouchements bien plus terribles. Pourtant, il est important de dire que certaines d’entre-nous ont eu le sentiment que tout aurait pu être si simple avec un accompagnement verbal et sans rupture. Des paroles réconfortantes aident autant sinon bien plus que le recours médical…
Edith, Bourgogne

#300 Hélène – Avril 2006 – Ille et Vilaine

7 Nov

Ici commence ma douleur, le récit de mon accouchement

Je vais tenter de rembobiner une partie de ma vie qui d’habitude me fait souffrir une fois l’an. J’accepte aujourd’hui de m’y replonger afin d’apporter une pierre à l’édifice et faire comprendre qu’il est temps, grands temps de respecter les femmes lors de leur accouchement.

Je peux pas vraiment dire le jour où tout a basculé. Parce qu’en réalité, le recul m’a permi de voir que tout a commencé quelques jours auparavant. Évidemment, ou heureusement, certaines dates m’échappent. Disons que cela c’est déclenché à la 36ème semaine d’aménorrhée, à la fin de mon cours de préparation à l’accouchement quand j’ai fait par de ma prise de poids fulgurante ( 5 kilos en 3 jours), la sage femme m’a prise la tension. Je ne me souviens plus exactement quelle en était la mesure mais j’en avais suffisamment pour qu’elle m’envoie en surveillance à la maternité.
J’ai donc eu une première surveillance, avec monitoring et tensiomètre pendant quelques heures. La tension s’est calmée, on m’a laissé repartir avec une prescription de bandelettes urinaire, sans plus d’explication. Je devais vérifier régulièrement qu’il n’y ait pas d’albumine dans mes urines. Déjà là j’aurais aimer qu’on me dise ce qu’on vérifiait, je le savais très bien, je suis une patiente qui s’informe beaucoup, mais j’aurais souhaité qu’on me le dise. « Madame, on vérifie la présence d’albumine pour écarter l’hypothèse d’une toxémie gravidique ».
J’ai donc vérifié souvent mes urines, les bandelettes restaient correctes juste les leucocytes qui réagissaient un peu par moment, mais la sage femme m’a expliqué que c’était normal et que la réaction sur la bandelette restait très faible, vraiment pas de quoi s’inquiéter. Je vérifiais également ma tension, tension + albumine, c’est les signes précurseurs de la toxémie gravidique, je restais très vigilante.
Le lundi 3 avril 2006 au soir j’ai refait de la tension, on part avec mon mari à la maternité. Je reste sous surveillance monitoring+tensiomètre jusqu’à 23heures, puis je suis prise en consultation par le gynéco de garde. Là comme à leur habitude, j’ai le droit à un énième touché vaginal pour vérifier l’évolution du col. Il me fait un mal de chien, j’encaisse la douleur sans rien dire, me disant qu’il fait preuve de moins de délicatesse que mon gynéco habituel. Je sors de la consultation, j’ai mal, je dois rentrer, j’ai 30 km à faire en voiture, il est préférable que j’aille au toilette avant. Là je découvre que je saigne, au moment où je sors dans le couloir je croise le gynéco de garde, je lui en fais part avec inquiétude. Il me dis de ne pas m’en faire et de rentrer chez moi et conclut curieusement cet entretien en me disant «  peut être à toute à l’heure ! ». Mon mari et moi en restons étonner se disant que s’était quand même prématuré pour accoucher, mon terme étant pour le 28 avril 2006.
Le lendemain matin, mardi 4 avril, j’avais mon rdv du 9ème mois avec mon gynéco habituel, la route a été éprouvante, j’avais passé une mauvaise nuit, et j’ai eu mal au bas ventre tout le long de la route sans pour autant y identifier des contractions. Arrivée à la maternité, j’appelle ma meilleure amie qui habite à deux pas, je lui demande qu’elle me ramène chez moi à l’issue de mon rdv je sens que j’en aurai pas la force.
Il est pas loin de 10 h quand le gynéco me prend en consultation, il me prend ma tension qui est bonne, là il me fait encore un touché vaginal, je suis dilaté à 4, il me dit de passer dans l’autre bâtiment je suis en passe d’accoucher. Je réalise pas bien, je n’ai a proprement parler pas eu de contractions, j’ai des douleurs comme mes règles mais pas plus intense, je sors de ma consultation ma meilleure amie est là et m’attend dans la salle d’attente, je lui explique que je suis en train d’accoucher, elle croit que je la charrie. J’arrive donc dans le bâtiment adjacent celui des consultations, je m’annonce comme étant en train d’accoucher et sortant de mon rdv du 9ème mois. On m’installe dans une chambre, on me demande de récolter mes urines sur une bandelette, je sais maintenant les lire, les albumines restent muettes, ce qui me rassure. Le gynéco de garde me fait encore un touché vaginal, il me demande ce qu’est ce liquide que je perds. Je pense que c’est juste des fuites urinaires c’est courant en fin de grossesse, je porte un gros bébé, il appuie partout sur mes côtes et sur la vessie. Il me dit sur un ton condescendant que non ce n’est pas des fuites urinaires et voilà tout ce qu’il m’apprend et sort de la chambre. Je reste là telle une conne en me disant que j’ai une fissure de la poche des eaux, que c’est ce qu’il a sous entendu.
Mon mari arrive au moment où on me passe en salle de travail. Il prend le relais de mon amie qui restait jusqu’ici à mes cotés. Je suis semi allongée dans un lit avec le packaging regrettable d’un accouchement surmédicalisé. Je souhaitais pourtant un accouchement des plus naturels. On me pose un cathéter, sans m’expliquer à quoi servent les poches qui l’alimentent, je le regrette. Bien que je le sache déjà, j’aurais aimé que la sage femme fasse l’effort de m’expliquer ces gestes médicales alors même qu’un accouchement est un acte naturel, régit pas les lois de la nature où le corps médical de mon point de vue ne devrait intervenir qu’en cas de soucis.
On me laisse quelques temps avec la perfusion, le monito et le tensiomètre. Tout est normal, même le monito, j’ai bien des contractions mais le graphique montre clairement qu’elles sont de très faibles intensités. La sage-femme vérifie mon col, je suis dilaté à 6 il est un peu plus d’onze heure, du coup elle revient avec une longue aiguille et un bassinet. Elle me dit qu’elle va percer la poche des eaux. Là je commence à m’opposer, sans agressivité, je lui demande quelle nécessite de me la percer, elle va bien finir par rompre toute seule, sinon c’est que l’accouchement n’est pas pour maintenant. Elle insiste en me disant que cela va accélérer le travail. J’ai pas demandé à ce que ça aille plus vite, j’ai tout mon temps, je ne souffre pas de mes contractions. Elle persiste, prétextant une procédure habituelle, en me disant que l’anesthésiste va suivre. Bref, elle me perce la poche des eaux, je vois le liquide s’écouler, ça m’interpelle, je lui demande si c’est normal la couleur du liquide. Elle me réponds que oui, je me persuade que c’est elle la pro elle sait ce qu’elle fait. Mais le liquide amniotique est teinté marron. On persiste à me prendre pour une andouille, mais j’ai fait le choix de leur faire confiance et de me dire qu’ils savent ce qu’ils font, et je reste tout de même détendue. L’anesthésiste arrive, je lui dis que je ne souhaite pas de péridurale, que je ne vois pas l’intérêt, je ne souffre pas de mes contractions. La sage-femme est encore présente et soutient son collègue, je risque de beaucoup souffrir avec la poche des eaux percés les contractions sont plus douloureuses. Je reste septique, l’anesthésiste fini par me dire que les accouchements c’est pas comme au restaurant, c’est pas « à la carte ». J’abdique, alors que je connais mes capacités à encaisser la douleur, est-il si difficile que ça de respecter les choix des patients ? Il me pose sa péridurale, je suis consciente qu’il a galéré, pourtant j’ai prévenu lors du rdv anesthésiste que j’étais très sensible du dos à cause de ponctions lombaires pratiquées enfant sans anesthésie, mais l’ont-il seulement pris en compte, pris connaissance, noté sur mon dossier ?
La péridurale ne fait aucune différence, on attend, le travail s’est arrêté. Il est 16h maintenant. La sage-femme vient me voir. Elle me dit que si dans une heure la travail n’a pas avancé je passe en césarienne. Je suis surprise, pour un premier accouchement, on me laisse si peu de temps de travail, j’en ai lu des récits d’accouchement pendant ma grossesse. Je sais qu’un premier accouchement peut être très long, et là au bout de 6h de travail, on me passe au bloc. Je ne comprends pas, j’ai pas le temps d’acquiescer et qu’elle est déjà repartie. Les sentiments sont partagé, entre la sensation d’être une petite fille qu’on réprimande, « si t ‘as pas fait ton travail, on t’opère » et l’acceptation de devoir faire confiance au corps médical, se dire qu’ils ne font pas ça sans raison ? Oui mais alors pourquoi ? Une heure se passe, je conviens avec mon mari, que je veux qu’il suive notre enfant, pas question qu’il m’attende devant le bloc. Je veux que notre fils voit un de ses parents au moins.
Le travail n’a pas repris, finalement, ils m’ont laissé plus de temps, il est pas loin de 17h30 …
La sage-femme revient avec une tondeuse pour me couper les poils pubiens, elle n’y va pas en douceur, et elle me fait un mal de chien. Je réalise que ce n’est pas normal, mais là encore je n’ai pas le temps de lui dire, elle est déjà repartie. J’en fais part à mon mari, « c’est quand même pas normal de sentir le rasage avec une péri ? » Il essaye de me rassurer. On me passe sur un brancard, je demande la présence de mon mari dans le bloc, ils n’y voient aucune objection. Mon mari part se préparer. J’arrive au bloc, en scrutant la porte, j’ai froid, je claque des dents. On me badigeonne de bétadine. Ils respecte le protocole, sauf que la réponse n’est pas celle attendue :
« Madame, est ce que vous sentez du froid ?
Oui
A droite ou à gauche ?
Partout
Je lis sur leurs visages une certaine surprise. Ils s’affairent autour de moi, on me mets les bras en croix on me sangle les poignets, les jambes, le torse.
Ils commencent à basculer la table, dans le but de faire circuler le produit de la péridural, en vain. L’obstétricien demande une anesthésie générale que l’anesthésiste refuse. On ne me consulte pas je n’ai pas mon mot à dire, la sentence tombe : « on peut plus attendre, on doit commencer ».
Là, tout devient confus, heureusement la douleur trop fulgurante m’a laissé qu’un voile de souvenirs, juste de petites anecdotes. J’ai développé comme un syndrome de Stockholm vis à vis de mon bourreau, l’anesthésiste pourtant responsable de la mauvaise mise en place de ma péridurale, celui là même qui venait de refuser mon anesthésie générale est devenu mon point de repère, ma bouée de survie. Il me guide, me tend un masque pour m’aider à gérer la douleur, je me focalise sur lui parce que mon mari n’est pas là, je me reporte sur lui, le seul visage que je connais. Il me parle, me dit de respirer, car je suis plus capable de faire ça seule. Il doit s’absenter, comme il ne me dit plus de respirer j’ai arrêté de le faire. Une femme, une infirmière ? Me dit « respirez madame, respirez». C’est trop dure j’ai trop mal, ça dure trop longtemps. L’anesthésiste revient reprend sa liturgie : respirez, respirez, respirez … On vient de m’arracher les tripes, on m’interpelle, je tourne la tête, on me montre mon fils, je n’ai pas le temps de le voir, ni même l’honneur de le nommer. On m’a juste dis qu’il était très beau.
Je suis seule et vide, on est en train de me recoudre «  Arrêtez de bouger madame ! ». Cela semble durer une éternité, ça n’en était pas loin 1h30 de boucherie. Lorsqu’ils ont fini, je me mets à pleurer, l’anesthésiste me demande pourquoi ? POURQUOI !!
Quand je sors du bloc je suis mise en salle de réveil, le temps de me transférer dans ma chambre. Chambre qui n’aura pas été préparée pour une césarisée. Mon mari est là, semble soulagé, il n’a pas pu rentrer au bloc, ils lui ont juste dis que ça se passait mal et qu’il ne pouvait pas rentrer. Il a notre fils dans les bras, il le pose sur moi. Je suis incapable d’éprouver quoi que ce soit. Pourtant il me prend en photo, cette photo j’ai juste envie de la détruire.
J’aimerais dire que ça se finit là, mais le reste n’a était qu’un enchaînement de contrariétés dû au personnel médical, dû à l’incompétence de ressentir la moindre empathie. Je n’étais qu’une pauvre césarisée, rien de révolutionnaire la dedans.
Mercredi, matin, :« allez debout madame, faut se lever !
Je peux pas, j’ai trop mal.
Elles disent toute ça, mais votre douleur est psychologique. C’est juste que vous imaginez où a coupé le scalpel. ». J’avais juste envie de lui hurler dessus !
Je lui réclame mes cachets pour éviter la montée de lait, mais visiblement aucun de mes choix ne peut être respectés. Je les aurais 3 jours plus tard après les avoir réclamer de nombreuses fois. Avec des arguments bidons, du genre « ah mais vous auriez dû les apporter ». Oui mais voilà j’ai accouché avec 4 semaines d’avance donc les cachets je les ai pas…
Je leur ai signalé que je faisais une allergie, j’avais le dos en feu et il me démangeait énormément, ça n’a jamais été prise en compte. C’est ma mère qui a acheté un traitement en pharmacie et mon mari m’appliquait la crème pour soulager mon calvaire. Il existait également un psy envoyé lors des accouchement difficile, je ne l’ai jamais vu.
Lorsque j’ai été enceinte de mon deuxième, j’ai demandé mon dossier médicale. J’ai appris que je commençait une toxémie gravidique, que mon fils était en souffrance fœtal … Mais auparavant sur le carnet de santé de mon fils, j’ai appris que mon accouchement avait été déclenché, à aucun moment je n’ai été prévenue de ce déclenchement. J’avais bien compris qu’on m’avait décollé les membranes le lundi soir, mais cet acte également aurait dû mettre mentionné.
Aujourd’hui, 7 ans après, cette césarienne m’a laissé en héritage une adhérence, j’en ai fait part au gynéco mais là encore « c’est assez fréquent » fut sa seule réponse…

Hélène

#249 Maëva, en 2011

21 Mar

On est le 30 août 2011, et il est 16h. J’attends pour voir le gynéco qui va m’accoucher. On a convenu d’un rendez vous à 2 semaines du terme, parce que bébé est plutôt gros, et peut être qu’il va me déclencher. Je souffre. Mon ventre est énorme, j’ai les pattes énormes et douloureuses, je commence à être à bout, surtout avec la chaleur qui est revenue.

Pendant ce rendez vous, il m’annonce qu’il va déclencher l’accouchement. Mais mon col n’est pas favorable. D’ailleurs, il m’a fait mal en auscultant, il a forcé pour passer un doigt. Mais « il n’a pas le choix, c’est comme ça ». Je suis à 1 doigt, le col est long et dur. Mais il veut quand même me déclencher. Demain matin, 9h.

Je rentre donc chez moi, les derniers préparatifs sont faits. On s’endort. Enfin, en réalité, je dors peu, j’ai des contractions à cause de son toucher vaginal. Pourtant, le lendemain matin, je me lève, le sourire aux lèvres. Aujourd’hui, je vais rencontrer mon fils ! Mon chéri et moi, on est excités comme des puces.

A 9h pétantes, on est à la maternité, et on est reçus par une sage femme, qui m’installe pour le monitoring d’usage. Pendant une heure, on papote, excités à l’idée de bientôt découvrir le visage de notre fils. Je demande à me tourner sur le côté, je souffre vraiment avec le poids de mon ventre, couchée sur le dos.

A 10h, la sage femme vient me revoir pour poser le gel destiné à dilater le col. Je suis toujours à 1, le col n’est toujours pas favorable. Soit. Elle pose le gel et s’en va. Pas très aimable la dame. Pas méchante, mais froide comme un roc. A peine a-t-elle passé la porte que les contractions commencent. Rapidement, je demande à être débranchée du monito pour aller marcher. Je ne supporte plus d’être allongée. Je marche, aidée par mon chéri. Je descends les escaliers, on va dehors, doucement, avec beaucoup de pauses. J’ai mal. Je pensais pas que je pouvais avoir aussi mal. Vers 11h30, on remonte, elle va me refaire un toucher vaginal, un monito, et me servir à manger. Le col n’a pas bougé d’un centimètre. Bébé va bien, mais sur le monito, je ne distingue pas ou peu les contractions. Peut être que je suis nulle, et je ne sais pas lire. Je ne sais pas. En tous cas, j’ai mal.

Finalement, je n’ai pas mangé. Je n’ai pas faim. J’ai trop mal. Je bois énormément, on m’a apporté des bouteilles d’eau. Mon chéri mange mon repas, et il s’ennuie. Il ne sait pas quoi faire pour m’aider, et ça dure. Longtemps. La journée sera rythmée par les douleurs et les touchers vaginaux. On me reposera même un gel. Et finalement, on me donne une chambre pour la nuit. Mon homme est obligé de partir à 21h, me laissant seule avec ma douleur, ma chambre double vide, ma fatigue et mon fils qui ne veut pas sortir. Visite du gynéco avant que je me couche, il me dit de sonner si les douleurs changent ou si je perds les eaux, mais il ajoute avec un petit rire sardonique « mais je n’y crois pas ahaha ». Merci. Ça m’encourage ça…

Je n’ai quasiment pas dormi de la nuit. Des contractions toutes les deux minutes m’ont tenue éveillée et la douche que j’ai prise ne les a calmées que quelques minutes. Mon ventre a changé de forme. A nouveau, il me gène. Bébé est remonté. Il n’est pas l’heure de sortir. Il est bien là…

A 6h, on vient me réveiller alors que je viens de m’endormir, température, tension, monito et enfin petit dej. Je n’ai encore rien avalé, si ce n’est de l’eau. A 8h, le gynéco passe. Me fait un toucher vaginal toujours aussi douloureux. J’ai gagné 1/2cm. C’est déjà ça de pris ! Repose de gel. Mon homme arrive à ce moment là, et c’est reparti. J’ai mal. Je ne me rappelle pas des heures, de ce que j’ai fait, de ce que j’ai dit. J’étais seule dans ma douleur. Ah si, j’ai entendu vaguement la sage femme du matin dire à une autre que je gérais la douleur.

A un moment, elles me cherchent pour un toucher vaginal, mais je ne me manifeste pas. J’attends un peu avant. Toute manière, ça changera rien. Vu comment bébé est placé, je suis certaine que ça n’a pas changé. Et j’avais raison. Le midi, je mange peu à nouveau. Après le repas une nouvelle sage femme arrive. Elle me repose un gel, et c’est la première à le faire sans me faire mal. Je lui ai dit que j’avais mal quand on me touchait. Elle m’a dit que tout irait bien, qu’elle ferait attention. Je n’ai pas eu mal. Je retourne marcher avec mon chéri, j’essaie de faire redescendre bébé en bougeant du bassin, en faisant des aller et retour dans les escaliers. Mais il ne veut pas. Je suis fatiguée.

A 17h, la sage femme vient me voir, elle m’annonce qu’on va me poser une perf, que ça fera encore plus mal, mais que ça avancera enfin. On percera également la poche des eaux. Je fond en larmes. Je veux pas avoir plus mal que ça. Je ne peux pas avoir plus mal que ça ! Je pleure pour avoir la péridurale. Alors que je ne la voulais pas. En plus, j’ai froid. Tout le monde a chaud, et je demande à éteindre le ventilo de la salle de naissance. Je crois que j’ai de la fièvre. Oui, 38,5°. Du coup, la péri est en suspens, on me fait des analyses. On attend les résultats du labo pendant qu’on me prépare. On me nettoie pour me poser une sonde urinaire. Autour de moi, ça parle césarienne, mais ils attendent les résultats. Au fond de moi, je sais que j’aurais une césarienne. On me nettoie et on me pose une sonde urinaire . En fait, ils ont déjà décidé. On me rase le pubis. Cette fois c’est sûr, je vais descendre au bloc. Je n’ai pas peur. J’ai juste mal. Paradoxalement, c’est moi qui rassure mon amoureux qui est près de moi et qui me tient la main.

Les résultats n’arrivent pas. Je ne sais pas quelle heure il est, mais il est l’heure de descendre au bloc.

Le bloc est froid, mais la gentille sage femme est là, et une infirmière aussi. Elles sont aux petits soins avec moi. J’ai laissé le papa devant l’ascenseur, il n’a pas le droit de venir. Je sais qu’il s’inquiète. Moi aussi, je commence à avoir un peu peur. Elles me rassurent, l’anesthésiste arrive rapidement et me pose la rachi. L’infirmière m’aide à garder le dos rond. L’anesthésiste est adorable. On me couche, et l’anesthésiste me demande de lui décrire ce que je ressens, de bouger les orteils, la jambe, mais rien. On peut commencer. Il est resté toute l’intervention près de moi, à m’expliquer ce que faisait le gynéco. Gynéco qui faisait des ‘blagues’ pour le moins douteuses sur mon poids, celui de mon bébé, le poids plume de mon homme. Bref, je n’ai pas apprécié ces remarques, comme si je n’étais qu’un (gros) ventre posé sur une table. Comme si le champ stérile m’isolait de ses paroles… Puis j’ai senti une pression sur mon ventre et une sensation de délivrance, une bouffée d’oxygène, un poids en moins sur mes poumons, et j’ai entendu le son le plus beau que j’ai jamais entendu. Le cri de mon fils. Il a été nettoyé pendant ce qui me semble être une éternité, puis la sage femme me l’a apporté pour que je l’embrasse, que je l’admire, qu’il était beau ! Et elle a été le présenter à son papa. Puis, le temps que je sois recousue, elle l’a laissé en couveuse, à portée de mes yeux pour que je me repaisse de la vision de son petit visage.

Aloys est donc né par césarienne à 18h46 le 1er septembre 2011, après 37 dures heures de ‘faux travail’. Un beau bébé de 4kg460 et 54cm, quand on m’annonçait un gros, mais petit bébé. J’en suis sortie tellement épuisée que j’avais peur de mourir en dormant les deux nuits qui ont suivi, tellement je respirais faiblement.

J’ai été ignorée pendant ces longues heures. Je ne voyais quelqu’un que pour les touchers vaginaux. On n’a pas essayé de soulager ma douleur, qui était pourtant manifestement soulageable, puisque c’était du faux travail. On m’a fait tellement de touchers vaginaux que j’en ai fait une infection urinaire qui a conduit à ma césarienne (on ne l’a su que le lendemain après midi!), puisque je suis déjà très sensible à ce niveau là.

J’ai très mal vécu cette césarienne et ce déclenchement en général. Sachant que mon bassin était assez large pour laisser passer un gros bébé, j’aurais préféré qu’on me laisse rentrer chez moi le premier soir, puisque ça ne marchait manifestement pas. J’ai eu du mal à m’en remettre moralement, bien que physiquement, je n’ai pas du tout souffert des suites de l’opération (mis à part une rétroversion de l’utérus que je n’ai appris qu’en retombant enceinte, je n’ai pas eu de douleur ou de problème!)

J’attends mon second enfant pour juillet, j’accoucherai au même endroit, avec un autre médecin, et cette fois-ci je me ferai entendre…. !

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Je vous joins une photo de la première fois que papa tient son bébé dans les bras, avec émotion (même si on ne le voit pas…!) pendant que j’étais en train de me faire recoudre au bloc.

#242 Pascaline, en 2012 en Ile de France

14 Mar
9 mois. J’aurai fait mes 9 mois réglementaires.
A 2 jours du terme, je perds le bouchon muqueux. 2h plus tard, ma culotte se teinte de rose. La poche est percée. Je ne ressens rien. Je n’ai pas le sentiment que c’est pour maintenant, je ne veux pas aller à la maternité, souffrir des cahots sur la route, porter ce gros ventre, avec cette crainte qu’on me garde pour la nuit, pour rien, juste pour surveiller ou pire, m’entendre dire de rentrer chez moi. En fait je veux rester chez moi et sentir que Bébé arrive. Ressentir ces douleurs dont on me parle depuis 9 mois, appliquer les conseils des cours à l’accouchement, être actrice pour au moins une partie de cet évènement. Car je sais que je veux la péridurale et je sais qu’avec, notre accouchement nous échappe souvent. Alors je voudrais encore un peu me recroqueviller sur moi, mon corps, mes sensations avant d’être livrée au corps médical, toutes cuisses ouvertes, ma hantise…
Mais avec la poche percée, même en n’ayant aucune douleur, je dois y aller.
Nous sommes de bonne humeur dans la voiture, pas de stress, on rigole. Arrivés à 21h, tests d’usage, examen : col à 2, on me garde. Enfin, on ne me le spécifie pas, mais on m’enjoint de me déshabiller et passer cette affreuse blouse qui sera mienne pour un moment. Laisser ses vêtements, c’est laisser comme une peau, là, par terre. Un peu de dignité. Etre nue sous cette blouse d’hôpital, comme une malade, alors que je ne me sens pas malade justement. Je vais super bien ! J’ai trop connu les hôpitaux et les opérations, je déteste cette blouse, même si là elle signifie autre chose qu’un charcutage. Enfin j’espère !
Blouse et perfusion. Pourquoi une perf’ ? Je ne sais pas. Et dedans ? Je ne sais pas.
Cela renforce ma sensation d’être une patiente malade et non une future maman.
Monitoring. Bébé va bien. On va entendre son coeur pendant 2h. 2h à rester là, dans une salle de consultation où s’enchaînent les autres couples à côté, juste séparés de nous par un rideau. On entend tout de leur vie, des conversations médicales, des pleurs, des craintes. Et nous, on est là, à attendre. Attendre quoi déjà ? Ah oui, un bébé. Je vais tellement bien, aucune douleur, que des fois je me demande ce que je fais là, alitée, en blouse impudique. J’aimerai être chez moi et manger !
D’ailleurs, mon homme crie famine. Il va se chercher à manger et lorsqu’il revient avec une pizza pour moi (adorable !) c’est trop tard : ils viennent de me passer un produit dans la perf’ qui interdit toute nourriture. Lequel et pourquoi ? Je ne sais pas.
Il est 23h. On me dit d’aller marcher 1h pour accélérer le travail. Je suppose donc qu’ils m’ont injecté un produit type ocytocine… Je suppose….
En 1h de temps, je suis pliée en 2 par des douleurs jamais ressenties. Voilà les fameuses contractions. Sauf que c’est à peine si je peux revenir dans la chambre de consultation. La douleur est fantastique, surprenante, envahissante. Et ne va pas aller en diminuant. On me propose du Doliprane. Je ricane mais je prends. On me propose un suppo. Je ricane encore mais je prends. Une différence dans les douleurs ? Non.
Heu… Madame, je pourrai avoir une péridurale peut-être ? Non car on ne peut pas monter en salle de naissance, elles sont toutes prises.
Donc je reste là, en salle d’examen, et cette fois, c’est moi que les autres entendent souffrir et souffler. Mon homme est le seul qui me soulage en me prêtant son bras. Les contractions ne me laissent pas respirer, c’est atroce.
Quand une -infirmière ? sage-femme ? auxiliaire ? brancardière ? plombière ?- (elle ne s’est jamais présentée) vient m’examiner, elle me déchire les entrailles. Son toucher me fait plus de mal encore que le reste ! Elle m’annonce que ça n’a pas bougé, toujours col à 2 et là j’ai envie de hurler. Tout ça pour RIEN ? Ça n’avance pas ? C’est une blague ? Je ne tiendrai pas longtemps dans cet état !
2h de plus comme ça, j’en oublie tous mes cours de respiration… Je n’arrive même pas à pleurer car je n’ai pas de répit. Mon homme a le bras « décédé » comme il dit ^_^. La femme revient et veut me réexaminer, je dis non. Hors de question qu’elle me re-farfouille, je ne le supporterai pas. Elle m’annonce que je monte en salle de naissance, il y a une place. Chouette alors, un ticket enfin gagnant !
Il est 2h du matin. Bébé sera donc du 18 septembre. L’anesthésiste est là de suite. J’ai très mal et elle a des mots durs pour me faire me calmer. Ça ne me plait pas, mais curieusement ça me remet les idées en ordre. Je subis la pose et en 10 minutes, je suis détendue. Examen. Je ne sens rien et c’est agréable de ne pas avoir mal lors d’un toucher vaginal ! Surtout qu’elles y vont fort, ces dames ! Col à 3. Y’a plus qu’à attendre. Je demande à baisser la lumière, sinon elles m’auraient laissé là comme en plein été !
Moi, je plane. Ça va bien mieux. Mais je sens mes contractions : la péridurale ne fonctionne pas sur la gauche. Pose latérale de rigueur. Je parviens même à m’assoupir de temps en temps. Mon homme s’est écroulé sur une paillasse. Je suis réveillée par le monito qui s’affole régulièrement et le débarquement de 2 sages-femme qui viennent contrôler de suite : Bébé a du mal à supporter mes contractions, qui sont réellement très fortes. Parfois, elles sont 3 et repartent dès que Bébé reprend un rythme cardiaque normal. Je me fais examiner par l’interne gynéco de garde (qui se présente) et m’annonce qu’elle va faire un examen sur mon bébé en prélevant un peu de matière sur son crâne. Je n’ai rien compris aux explications réclamées, au pourquoi du comment. Au bout d’une heure, je demande où ça en est cet examen et on m’annonce qu’il ne sera pas fait car la machine est en panne. « Tant mieux », me dis-je. Gratouiller mon bébé même pas encore né… Tssss… Laissez-le tranquille !
Je sens une ambiance plus tendue lorsqu’on me fait mettre sur le dos pour m’examiner de nouveau. Bébé s’affole, il faut faire vite. Col dilaté, allez, c’est parti. En 3h, les contractions auront été très efficaces. On me place dans les étriers, à moi de bosser ! Apparemment, je pousse très bien, mais Bébé souffre et reste trop haut. Je suis remise en position latérale : Bébé reprend un rythme cardiaque normal. Et ça sera ainsi à chaque fois qu’on a essayé de me faire pousser. A aucun moment quelqu’un n’ a pensé à me faire accoucher de côté, puisque Bébé supportait bien cette position… Et moi, je n’y ai pas pensé non plus, entièrement remise au corps médical, docile.
La gynéco revient une 2ème fois et là, c’est tendu. Il y a bien 4 personnes autour de moi, pas un mot, des mines graves. Je demande des explications. Elle m’annonce qu’on va aller au bloc pour essayer les forceps, bébé ne descend pas et son coeur flanche trop régulièrement. « Et pourquoi pas ici ? » Pas de réponse.
Arrivés là-bas, on me fait réessayer une poussée. Je pousse, bonne élève. Et là… « STOP ! On ouvre ! »
Mon homme blanchit, on me dit de l’embrasser, il doit sortir, je suis très vite préparée pour une césarienne d’urgence. Je ne veux pas être attachée ! Je ne le serai pas.
Jusque là, je n’ai pas de réel grief envers l’équipe et le déroulement de mon accouchement. Mais en 10min je bascule dans l’horreur.
L’anesthésiste me dit que je sentirai tout mais n’aurai pas mal. Rassurant ? Je ne sais pas… Mais pas le choix. En plus je suis zen, j’ai confiance, ils savent ce qu’ils font, non ? Si mon bébé a besoin d’être aidé, je suis pour !
Sauf que.
Ils avaient oublié que ma péridurale ne fonctionnait pas à gauche et l’incision a commencé là. J’ai hurlé, on m’a fait taire. Ensuite, j’ai senti qu’on m’appuyait très très fort sur le ventre, une pression effroyable, j’ai hurlé. Oh oui je sentais bien tout, pas de souci là-dessus ! Et le pompon ? Au-dessus de moi, le plafonnier en aluminium qui reflétait du rouge écarlate. Mon sang. Partout. Et moi qui voyait ça. Comment ne pas hurler ? Peur, souffrance, terreur…
J’entends un cri. Mon bébé ! ! Puis je ne l’entends plus. « Je ne l’entends pas, je ne l’entends pas ! » criais-je affolée. Et de m’entendre répondre : « Si vous arrêtiez de crier vous l’entendriez ! ».
Je ne l’ai même pas vu, ils l’ont emporté de suite et moi, ils m’ont fait une anesthésie générale, sans me prévenir. Résultat, quand j’ai ouvert les yeux j’étais dans un état de panique et de terreur inimaginable car je m’étais endormie en plein bloc, du sang, des cris, de la douleur et réveillée d’un coup juste au moment où on me ramenait en salle d’accouchement.
Je tourne la tête et découvre mon homme et notre bébé en tendre peau à peau au milieu de la pièce. Mes larmes ont redoublé. Je n’ai pensé qu’à une chose : je voulais ma maman, là, avec moi. J’avais eu si peur, si mal, que seule une maman pouvait calmer tout ça. Paradoxe, c’était moi la maman maintenant =)
Amaury est donc littéralement sorti de mon ventre, comme le disent les petits. Il était 6h18, ce 18 sept.2012. La vie allait changer. Mais il me faudra du temps pour avoir envie de repasser par là.

# 236 Anonyme – 1er accouchement – Val de Marne

7 Mar

Récit de mon 1er accouchement, avec du recul :

Ma DPA était au 25, mais cela faisait 1 mois que je n’en pouvais plus d’etre enceinte, mon bébé était annoncé à un poids supérieur à 4kg confirmé par 2 échographies et ma SF libérale, mais la maternité ne souhaitais pas donner un coup de pouce à la nature pour avancer l’accouchement.
Pas une seule contraction à mon actif… jusqu’au 20 au soir où elles ont commencés très légèrement.
Le 21 au matin c’était très régulier mais pas du tout douloureux, n’étant pas véhiculée j’ai profité que quelqu’un pouvais me conduire pour aller à la maternité tout de suite.

Arrivé sur place monito, touché, mon col n’est pas ouvert. On me garde pour voir si ca bouge, après plusieurs heures ça ne s’ouvre pas et les contractions diminuent.
Ma mère habitant a 2 pas de la maternité je vais chez elle avec le papa. Nous faisons un calin pour booster la nature, allons chercher un fast food, puis restons devans la TV. Les contractions sont revenues elles sont toutes les 7 minutes mais la mater m’a dis de revenir à 5 min… J’en ai marre ça persiste à 7min j’y retourne.

Monito, touché, je suis a 2 doigts et les contractions sont bien là. Au bout d’un moment comme ça n’avance pas une SF me propose de passer en salle de travail avec une perfusion pour « aider » mais il faudrait obligatoirement la péridurale dont je ne veux pas!

Il est 18h, Blasée j’accepte cette perfusion mais pas la péri, tout le monde me prend pour une folle.
Le col s’ouvre lentement, reste à 5, on me perce la poche des eaux, les heures passent et la douleur devient insoutenable, je fini par demander la péri.
La péri m’est posée 30 min passent et rien ne se passe! Ils décident de me remettre une dose de produit.
A partir de là je suis totalement anesthésiée du bas, je ne sent plus mes jambes et je suis tellement fatiguée que je ne me rappelle de rien.

Le 22, vers 4h30 on me « réveille » il faut pousser, chose que j’effectue sans rien sentir mais bébé ne veux pas s’engager, au bout d’un moment le personnel commence à s’agiter et me menace de césarienne, un médecin (celui qui restera dans ma tete le boucher) me fait une épisiotomie sans mon accord, puis la panique totale autour de moi, j’apprendrais plus tard que j’ai fais une hémorragie à l’épisio!
Il est 5h23 enfin mon bébé est là, mais je suis fatiguée je ne réalise pas.

Par la suite dans ma chambre je ne pourrais pas sortir de mon lit et ce pendant 2 jours, jusqu’à ce que les médecins réalise qu’il me faut une transfusion.
Après 3 poches de sang je re-vis, je me lève quel bonheur!
Mon bébé m’a été enlevé pour les 2 premières nuits et je souhaitais l’allaiter mais des biberons lui ont été donné sans m’en avoir parlé, ainsi qu’une tototte.
Le 3ème jour une adorable femme s’est occupé de mon allaitement et m’a aidé pour la mise au sein qui fut très difficile. J’ai pu allaiter 1 an dont 2 mois avec des bouts de seins exclusivement.

Le 5ème jour je devais sortir mais le personnel a bien faillit me faire rester alors que toute ma famille était là pour mon retour, c’est à 13h après négociations que je suis enfin sortie de cet endroit horrible… oui enfin…
C’était sans compter qu’une semaine après mon accouchement mon épisio très douloureuse se rouvrirait! Sur 4 points en surface les 2 du haut ont littéralement déchirés ma peau! Je retourne donc aux urgences maternité et là catastrophe!!! c’est le « boucher » qui m’ouvre la porte! Après hésitation il décide de me remettre des points, ceux ci finirons dans mon bac à douche le lendemain, ils se sont dénoués et mon épisio ne se refermera jamais totalement.

Anonyme

#219 Naissance de Tite Pomme, 2006

3 Mar

Le 11 octobre 2006, je suis à 3 jours de mon terme théorique et je commence à trouver le temps long!

On est le beau milieu de la nuit lorsque je ressens une 1ere contraction un peu douloureuse. Je n’ai jamais senti de contraction jusqu’à ce jour, alors dans un demi-sommeil j’espère que c’est le début, que cette contraction annonce le grand jour! J’en ressens une 2eme puis une 3eme… au bout de 6 ou 7, j’ouvre un œil et je décide de vérifier avec le réveil si elles sont régulières…. il est 3h58. Elles sont régulières! Toutes les 10mn!!

Je suis super heureuse! J’attendais ce grand moment avec impatience, donner la vie, quoi de plus magique!? Contrairement à beaucoup de primipare s je n’ai pas du tout peur d’accoucher, je suis une femme, je suis faite pour ça, j’ai parfaitement confiance. Je trouve cela surtout très excitant, encore plus que mon mariage finalement, c’est un moment hors du temps, qui arrive peu de fois dans une vie, un moment magique et bouleversant!! Bref, je suis impatiente!!

À 6h30 le réveil de mon mari sonne. Je l’éteins en lui disant que non, aujourd’hui il n’ira pas travailler, il va devenir papa!

Mes contractions sont régulières toutes les 7mn, douloureuses mais très gérables. Je n’arrive pas à me rendormir tellement je suis heureuse, je continue les yeux rivés sur le réveil à chronométrer… à 8h, on se lève. Je me rends compte alors que mes contractions ne sont plus du tout douloureuses une fois que je suis debout!! on déjeune donc tranquillement, je prend une grande douche on se regarde un DVD… on fait passer le temps comme on peut… on décide de partir faire une grande promenade car j’ai lu que ça aide l’avancée du travail et je suis inquiète de sentir si peu les contractions… je me rappelle que la SF lors des cours de préparation à l’accouchement que nous avons consciencieusement suivis avec Julien (on a même pris des notes!) la SF nous a dit « il ne faut pas vous leurrer, un accouchement on le sent passer »…

A midi j’ai des contractions toutes les 5mn depuis 1h mais je les sens à peine. Je commence à m’inquiéter de savoir si c’est un vrai travail… on décide de prendre le temps de manger. On est supposés partir quand les contractions sont rapprochées toutes les 5mn depuis 2h. À 13h elles sont là toutes les 4mn… mais toujours non douloureuses. Je ne sais pas trop quoi faire? Julien me dit qu’on devrait aller à la mat vérifier… j’ai peur qu’on me dise que je me trompe que je ne suis pas en travail… à 14h on décide d’y aller pour être fixés.

Je n’ai jamais été hospitalisée de ma vie, pas même pour une appendicite donc je ne connais rien au milieu hospitalier. J’ai toute confiance en eux. La SF lors des cours nous a tout expliqué ce qui allait se passer. Tout est fait pour notre bien, non? Je suis persuadée qu’ils ne feront que ce qu’il est vital de faire. J’ai 100% confiance, je n’ai même pas cherché à me renseigner… j’ai juste précieusement noté tout ce qu’on m’a dit.

Nous voici arrivés à la mat. je déclare comme une fleur à la secrétaire que j’ai des contractions toutes les 4mn depuis plus de 2h. Je la sens sceptique. Moi aussi je suis sceptique, je m’imaginais arriver tordue par la douleur avec un Julien sur-stressé… on est bien loin de ce que j’avais imaginé!!

On nous fait patienter, une jeune SF arrive un peu plus tard et me dit qu’on va faire un monito. Une fois allongée j’ai mal! Bien mal! La SF me dit qu’il n’y en a que pour 30mn. Elle revient et m’annonce que les contractions sont petites… elle ausculte donc mon col (1er toucher vaginal ce jour-là) et m’annonce, surprise que j’en suis à 4cm de dilatation! Julien et moi nous sommes super ravis!! Aujourd’hui on va rencontrer notre puce!! Aujourd’hui je vais accoucher!! Quel grand moment, je ne me sens plus d’excitation!! Une fois debout je n’ai à nouveau plus mal, mais peu m’importe je sais maintenant que je suis vraiment en travail!! Les papiers d’entrée remplis nous faisons un petit tour sur le parking puis nous remontons en salle de travail comme on nous l’a demandé.

On me dit que non, je vais directement en salle d’accouchement. Allons-y! On m’installe couchée, on me met une perf avec de l’ocytocine (je ne proteste pas, pourquoi le ferais-je? la SF nous a dit que cela se passerait comme cela pour aider le travail, je leur fais confiance), le monito et un brassard qui prendra ma tension régulièrement. Il est 14h30. Couchée comme cela j’ai très mal!! Surtout à cause de la perf qui a accentué les contractions. Mais cela reste gérable, je souffle bien quand une contraction passe, elles sont rapprochées toutes les 3mn j’ai le temps de me remettre entre chaque… et de savourer… je n’arrête pas de répéter à Julien « tu te rends compte!?? Je suis en train d’accoucher!! » ce qui le fait rire.

Une nouvelle SF arrive ausculte mon col sans trop rien me dire (2eme toucher vaginal…) et m’annonce 5cm… « Voulez-vous la péridurale? » non, je réponds que je voudrais m’en passer pour l’accouchement, elle ne fait aucun commentaire. Un peu plus tard de nouveau la 1ere SF qui vient ausculter mon col (3eme toucher vaginal…), 6cm! youpi! ça avance bien!! Elle me propose à nouveau la péridurale, je la refuse à nouveau. Elle m’annonce que bientôt elle percera la poche des eaux et qu’à partir de ce moment ça va devenir extrêmement douloureux, que j’ai intérêt à me décider avant… bon, on en parle avec Julien, mais non je voudrais vraiment faire sans.

A 16h on entend dans la pièce à coté une femme en train d’accoucher qui hurle à plein poumons, qu’elle souffre qu’elle n’en peut plus, qu’elle veut mourir… je me mets à stresser… cela dure et dure et elle hurle comme si on l’égorgeait… je me demande si à ce point c’est atroce??? Une autre SF revient, m’ausculte (4eme toucher vaginal…), j’en suis à 7cm… Je suis super fière, j’ai mal mais je gère bien! Elle me dit qu’on va percer la poche des eaux pour accélérer le travail (à ce stade je ne pense même pas à dire que le travail avance très bien, qu’il n’y a aucune raison de l’accélérer! mais non, c’est marqué dans mes petites notes qu’on va venir percer la poche des eaux…) et me redemande « êtes-vous sure de ne pas vouloir la péridurale? » je refuse encore une fois.

Je demande si la jeune femme à coté va bien, elle me répond « ah ben elle a voulu faire sans péridurale, voyez ce que ça donne » (comme nous avons partagé ensuite la même chambre, j’apprendrais que c’était faux, elle avait bien la péridurale). Elle se tourne vers moi et me dit « écoutez, il faut vous décider maintenant, après il sera trop tard, ça ne sert à rien de jouer aux héroïnes ». Je regarde mon mari, je ne sais plus quoi penser. Lui aussi semble inquiet… pleine de regret déjà, j’annonce que d’accord je vais prendre la péridurale… 16h15, l’anesthésiste arrive et me pose la péridurale (une SF passe me faire un énième toucher vaginal, le 7ème en 2h…)

5mn plus tard c’est vrai que je ne sens plus la douleur! 10 mn plus tard je ne sens plus non plus les contractions… je demande à Julien de regarder sur le monito s’il y a des contractions, il me dit que oui. Bon j’attends patiemment. Je m’ennuie un peu puisque que je n’ai plus la douleur à gérer, j’ai l’impression de perdre un peu le contact avec mon bébé. Je me mets donc à lire… je ne suis plus en train d’accoucher, je patiente, mon corps fait le boulot sans moi. A 17h une SF revient et m’ausculte (8eme toucher vaginal): à peine plus de 7cm… Elle me dit qu’elle va augmenter la dose d’ocytocine et que je dois me mettre sur le coté pour que le travail reparte. Je me mets difficilement sur le coté… difficilement car entre la péridurale et le monito et le brassard j’ai bien du mal à me mouvoir! Au bout de quelques minutes dans cette position je commence à avoir mal… mais d’un coté seulement, le coté gauche. 5 mn plus tard c’est vraiment trop douloureux et inconfortable, je n’arrive rien à gérer ni même à respirer dans cette position je tente de me redresser… à ma grande stupeur ma jambe droite est impossible à bouger!! Je ne la sens plus, même quand je la pince je ne sens rien, elle est comme morte!! Je demande à Julien de m’aider à me redresser, on y arrive enfin, une jambe morte c’est fou ce que ça pèse!!

18h: la SF revient: 9eme toucher vaginal, j’en suis à 8cm. Elle me dit que ça n’est pas assez rapide, elle me demande pourquoi je me suis redressée. Je lui explique que j’avais vraiment trop mal dans la position sur le coté elle me rétorque: « et vous vouliez vous passer de la péridurale!? » elle me remet sur le coté et s’en va… je me remets donc à souffrir… je n’ose pas me redresser mais en même temps j’ai trop mal comme ça! Encore une fois je demande à Julien de me redresser.

30mn plus tard à peine, la SF revient avec une auxiliaire de puériculture… elles discutent entre elles et sans ni interrompre leur conversation ni me parler ni même me prévenir elles me soulèvent et me remettent sur le coté puis repartent en continuant leur discussion… je me sens complètement humiliée! J’ai mal et pourtant je ne sens plus aucune contraction! Ma jambe morte m’écrase l’autre jambe sans que je puisse la bouger d’un millimètre, dans cette position je peux à peine respirer… je me mets à pleurer c’est plus fort que moi. Mon grand jour est gâché, je ne l’imaginais pas comme ça… je me sens traitée comme une personne handicapée mentale qui ne comprendrait rien, j’en ai marre de ce travail qui n’avance plus alors que je souffre tellement plus que tout à l’heure…

19h15: la SF revient, encore un énième toucher vaginal, je ne peux plus bouger donc elles y ont accès sans même avoir à me demander ou me prévenir, mon vagin est en libre-service !! Je suis restée sur le coté cette fois ci… elle m’annonce que « enfin on en est à 9cm, ça va bientôt être le moment de pousser ». Puis elle repart. J’en ai marre qu’on ne s’occupe que de mon col!! Moi j’ai une jambe morte qui pèse et j’ai trop mal sans rien pouvoir faire pour me soulager à quoi sert cette foutue péridurale!?? Il n’y a que le travail que ça à arrêté et la sensation des contractions!!! Mais une main de fer par contre me broie le rein gauche et la hanche gauche…

19h30: toucher vaginal, « vous êtes quasiment à dilatation complète, vous n’avez pas envie de pousser? » non, je ne sens rien… 19h45: toujours pas envie de pousser? Non je leur dis que je ne sens rien à part mon rein droit en feu.

20h: Enième toucher vaginal, on m’annonce que tant pis je dois pousser quand-même, je suis à dilatation complète depuis plus de 20mn. On m’installe les étriers, mais je n’arrive pas à y mettre ma jambe morte, elle pèse trop lourd et je ne peux pas la bouger. La SF me la positionne sur l’étrier. Mais je suis incapable de la tenir, elle appelle donc une puéricultrice pour me la tenir.

« Quand vous avez une contraction, poussez!» mais je ne sens aucune contraction. La SF me pose une main sur le ventre et regarde le monito et me dit « quand je vous dis de pousser, poussez »… « Allez-y poussez! » je pousse comme on m’a appris de toute mes forces en bloquant ma respiration… « Encore, encore! Allez, allez, poussez!! C’est bon arrêtez! »

J’arrête. La SF a l’air dépité je n’ai pas dû faire ça correctement. Elle part chercher une autre SF et lui demande de m’appuyer sur le ventre pour éviter au bébé de remonter. « Allez y poussez!! » je me remets à pousser!! Difficile sans sentir les contractions, avec la SF qui m’appuie sur le ventre et qui me fait trop mal comme ça, la puer qui tient ma jambe morte et l’autre SF qui garde les yeux sur le monito pour déterminer la fin de la contraction. On réessaie encore 2mn plus tard… à la fin de cette contraction la SF qui regardait le monito sort de la pièce, et revient avec le gynéco. Il enfonce sa main dans mon vagin sans même me saluer ni me jeter un regard et dit à la SF « il me faut les forceps ».

Le mot me fait peur! Je demande « pourquoi?? Qu’est-ce qui se passe?? ». .. Aucune réponse de personne. Je sens juste la main de Julien, qu’on a relégué dans un coin, qui vient prendre ma main… je le regarde je le vois aussi inquiet que moi. La SF donne les forceps, le gynéco s’étonne et prononce cette phrase qui me met en état de panique « mais ils sont morts ces forceps! Ils sont montés à l’ envers! Ce n’est pas grave on y va ». Je cris « quoi?? Comment ça ils sont morts ?? Pourquoi les forceps ???» mais personne ne semble m’entendre… et d’un coup je sens dans mon coté gauche les forceps qui s’introduisent et j’ai l’impression que mon bassin va casser! Je hurle, la SF qui a les mains sur mon ventre me crie de pousser j’essaie mais je n’y arrive pas, c’est trop horrible cette douleur !!! Je ne sens que les forceps à gauche et j’ai l’impression qu’ils me poussent à gauche (ce qui est faux c’est juste parce que je ne ressens rien à droite) malgré cela je sens que l’on tire, que l’on arrache mon bébé hors de mon corps…

20h10: « venez chercher votre bébé » j’entends cette phrase comme dans un rêve!! Malheureusement entre ma jambe morte et le monito et la douleur lancinante dans mon côté gauche je suis incapable de me redresser… on me la tend donc, je suis sous le choc… je suis ébahie… déjà? Elle est née? Je ne m’en suis pas rendue compte!

Puis on l’emporte de suite sans que j’ai le temps de plus me poser de questions… je suis extrêmement déçue, dans mes petites notes des cours la SF nous avait dit qu’ils nous laissaient le bébé 2h en peau à peau!!

Julien file les rejoindre, on ne fait pas attention à lui… nouvelle déception, on nous avait dit que c’était le papa qui donnait le 1er bain…

Pendant ce temps on me recoud… 22 points de suture… comme je ne sens toujours rien (ma jambe restera inerte jusqu’au lendemain midi!) je demande si j’ai eu une épisio… le gynéco me répond « ah oui!! Une sacré épisio, vous allez avoir bien mal aux fesses » et au moins sur ce coup-là il aura été honnête, elle m’empêchera de marcher correctement pendant 2 mois et me fera souffrir 18 mois….

je ne dis rien pendant ces 40mn, j’attends ma puce… on me la rapporte toute habillée, avec turbulette et bonnet… je ressens une immense frustration à la voir si emmitouflée… je l’aurais voulue toute nue, collé contre ma peau. Je la prends dans mes bras et j’attends la vague d’amour dont on m’a si souvent parlé… mais rien n’arrive… je suis en admiration mais je ne réalise pas que c’est MA fille… Je n’arrive pas à faire le lien entre ce poupon magnifique tout emmitouflé et ce bébé que j’ai couvé pendant 9 mois qui était encore dans mon ventre il y a 45mn… A peine 1h plus tard on me la reprendra pour la nuit car je suis en chambre double, donc mon bébé doit aller en pouponnière…

Malgré toute ma bonne volonté, il me faudra plus de 5 jours pour avoir un sentiment de filiation avec ma fille, et il m’aura fallu de nombreux mois avant de comprendre qu’on ne m’a pas laissée accoucher, on l’a arrachée de mon corps. 2 mois plus tard un ostéopathe m’expliquera que ma puce a eu la clavicule déboîtée par les forceps, personne ne s’en était rendu compte, elle devra avoir 6 mois de rééducation pour réussir à tourner la tête à droite, car depuis sa naissance son côté droit la fait souffrir. Il me faudra également attendre 18 mois pour apprendre pourquoi j’ai eu les forceps : la rupture de la poche des eaux ayant été faite mécaniquement (c’est-à-dire qu’on ne l’a pas laissé se rompre toute seule, bien naturellement), cela a fait bouger ma puce d’un coup, elle a donc modifié la position de sa tête et présentait la face… Si on avait juste laissé faire la nature j’aurais pu éviter tout ça….

#04 Ju

28 Jan

Je suis maman de 3 enfants, je vais vous raconter l’expérience de mes trois accouchement en France.

Pendant mes grossesses je n’ai pas eu de soucis particuliers, rien ne me vient à l’esprit si ce n’est ce fameux test du glucose qui est juste à vomir et que j’ai supporté difficilement.

Mon premier, mon petit garçon, j’étais renseignée, j’ai assisté aux cours mais j’étais franchement pas rassurée du haut de mes presque 19 ans, alors je me suis laissée guider, je n’ai pas trop de regret si ce n’est que de ne pas avoir eu la sensation d’être intégrée, je me suis laisser couler. Alors je ne sais pas du coup ce que l’on m’a injecté ou si j’avais d’autre possibilité.

Je pense que le fait que je sois sous péridurale arrangeait la sage-femme car elle était débordée ce soir-là, mais je garde tout de même un doux souvenir de me sentir malgré tout en sécurité.
Je ne sentais pas mes contractions, je ne savais pas quand ni comment pousser, ce moment était très insécurisant pour moi

J’ai eu une hémorragie suite à mon épisiotomie, on m’a dit que c’était parce que j’étais très vascularisée (sauf que pour mon deuxième j’ai re-eu une épisio pas d’hémorragie, bizarre bizarre …)

Pour le séjour, je suis ravie de ne pas allaiter. J’entends la dame de la chambre d’à coté pleurer tout ce qu’elle peut et se faire disputer par-dessus le marché.

Moi je me suis faite envoyée paître dans le champs d’à coté, parce que je ne pouvais pas faire pipi tout seule et que c’était dans ma tête (bhé oui on aime tous se retrouver par terre les pieds en l’air parce qu’on est encore tombé dans les pommes) donc j’ai appuyé la sonnette jusqu’à voir quelqu’un de compatissant et c’est une puéricultrice qui m’a accompagnée jusqu’à que je puisse me déplacer seule et quel soulagement qu’elle soit venue m’appuyer car non je ne faisais pas de « comédie ».

Pour mon deuxième petit garçon je voulais être maîtresse de mon accouchement mais la première sage-femme ne m’a même pas écouté, j’ai besoin de bouger, de marcher mais non il faut que je reste allongé pour le monito, je me sens contrainte et absolument pas en droit de dire quoi que ce soit et je n’ose vraiment pas.
J’ai senti mon accouchement s’envoler sous mes yeux et j’ai répondu « oui » à la péridurale alors que je voulais essayer sans et je me laisse couler là aussi…
Changement de sage-femme, elle m’écoute et me dit tout ce qu’elle fait (oh tu pouvais pas prendre ton service plus tôt non ?) mon accouchement est allé vite, je me retrouve encore une fois frustrée; je n’arrive pas à sentir comment pousser.

Le placenta ne se décolle pas donc le médecin décide d’aller le chercher et du coup merci la péridurale car même avec, ce moment était brrrr affreux et désagréable.

Et si ils avaient attendu ? Est ce qu’il serait sortit seul m’évitant cette désagréable expérience ? Je sais pas.
Pour mon allaitement, j’essaie de me débrouiller seule, étonnée que personne ne vienne m’aider. J’ai su par la suite qu’ils pensaient que je connaissais et que visiblement je me débrouillais bien, informée que ce soit mon premier allaitement, le personnel se montre plus vigilant. Un séjour au top avec une bonne ambiance.

Pour mon troisième, je me sens armée jusqu’aux dents je veux cet accouchement sans péridurale, et « armée jusqu’aux dents » va prendre tout son sens.

J’attends le max pour pouvoir faire une bonne partie de mon travail au calme à la maison à pouvoir bouger, manger comme je l’entends.

Avec mon bol incroyable je tombe sur une sage-femme de la très très très vieille école.

J’arrive et direct je demande si je peux faire le monito debout ou même ne pas le faire et la réponse « bah vous allez faire quoi ?? »

Donc ok ça me met de suite dans l’ambiance, j’ai qu’une envie c’est de m’enfuir et accoucher chez moi mais c’est pas possible donc je réponds que j’aimerai marcher. La sage-femme n’a pas l’air de l’entendre de cette oreille et commence tout de même à préparer le monito, là j’ai qu’une envie c’est pleurer, mon assurance et ma force semblent s’envoler.

Elle regarde, je suis à 5 large donc elle me garde. Je suis contente de moi d’avoir fait le début à la maison.
La sage-femme insiste encore dans la salle d’accouchement pour que je fasse monito, je repousse et fais mine de faire mille et une chose, puis j’ai un gros coup de barre donc je cède et cherche une bonne position pour me sentir bien, tant pis si je bouge le monito.

La sage-femme ne trouve pas mes analyses, chouette !, le labo ne leur a pas envoyer le double comme ça je garde mon accouchement sans péri en tête, ils me font tout de même la prise de sang avec la laborantine de la mater mais je sens ma détermination revenir peu à peu.

Vient le moment où elle veut me perfuser, « qu’est ce que c’est ? » elle me répond « une perfusion » (bah oui prends moi pour une gourde aussi !) donc j’insiste en disant que je vois bien mais que j’aimerais savoir ce que c’est qu’il y a dedans « c’est pour ouvrir une voie veineuse » et moi, comme je me dis que quitte à être considérée comme une gourdasse autant la faire hein « ah oui et c’est quoi du coup comme produit ? » elle s’agace et me répond qu’elle vient de me le dire.

Elle continue et me pose le cathéter et moi je continue en lui disant, « c’est mon bras, madame, j’ai le droit de savoir » et elle me répond « oui oui et je vous ai répondu » et elle s’en va. Je suis scotchée, j’ai une perfusion, j’ai absolument pas dit oui et en plus je sais pas ce que c’est. Le comble c’est que plus tard je me rend compte qu’une perfusion surprise s’est incrusté, je l’ai même pas vue me la mettre, on ne m’a rien demandé ni même avertie.
J’ai pas le temps d’en placer une qu’elle veut me percer la poche des eaux et là, élan de déterminisme je dis un NON bien ferme. Décontenancée, elle me dit qu’elle me laisse maxi une heure, je vais devoir faire avec elle de toute manière donc j’essaie de m’apaiser un peu pour ne pas me gâcher le jour de la naissance de ma fille. Donc j’accepte quelle attende le max (pour elle) pour me la percer. Finalement, elle me laissera une heure et trente minutes pour la percer, je demande à voir avec quoi elle percera et elle me montre. Je suis bien contente d’avoir attendu pour percer car le début du travail, c’est de la gnognotte à coté de ce déferlement de contractions, je sens que je vais bientôt pousser, je me sens dans tout mes états et en attendant de finir le bout de dilatation qu’il me reste je demande le gaz.

Le médecin (qui à l’air aussi fin que la sage-femme, chouette comme je suis bien entourée !) arrive.

Il y a deux jeunes sages-femmes qui demandent si elles peuvent rester, elles ont l’air tellement adorables que j’accepte; ça me changera un peu des deux vieux coucous.

Et comme si on ne m’avait pas imposé suffisamment, je DOIS accoucher allongée avec les jambes sur des repose jambe où je n’ai aucun appui sur mes pied, j’ai beau leur dire que ça n’ira pas, que je veux pas accoucher comme ça, personne ne m’écoute alors je les préviens qu’ils risquent de se prendre tous mes pieds dans leurs tronches à la prochaine contraction, c’est pas faute de les avoir prévenus, ils ont l’air étonné de mon balais de jambes !

Tout le monde tente de me donner des conseils, je suis dans un gros brouahaha incompréhensible qui me stresse alors je balance un gros « chut ! » de colère, tout le monde se tait, je place mes mains sur ma vulve et me concentre, JE prend le contrôle de MON accouchement et en deux poussée ma fille sort en remerciant le médecin avec un gros jet de liquide. (oui je savoure !)

Le médecin et la sage femme se félicitent (houhhhhouuuu je suis là !!!!)

A peine le cordon coupé, le médecin commence à appuyer sur mon ventre et à tirer sur le cordon, on ne me prévient pas donc ma réaction est virulente, je saisis sa main et la jette, il comprend qu’il va falloir me ficher la paix.
A son retour je lui explique que je veux que l’on me prévienne et que je ne veux pas que l’on me sorte le placenta ou que l’on me fasse mon point avec ma fille dans les bras, il acquiesce.

J’ai gardé ma puce tout contre moi en peau à peau.

Puis la sage-femme me dit « et bien voilà vous l’avez eu votre accouchement sans péri, un bel accouchement ». Jusqu’aux changement d’équipe, elle s’est occupé de moi, elle est resté douce et respectueuse, j’aurais voulu qu’elle se comporte comme ça dès le début…

La suite de mon séjour se passe très bien j’ai même un berceau de cododo.

Ca fait un peu tableau noir là mais je suis fière de mes accouchements qui restent, malgré ces petits points négatifs, les plus beaux moments de ma vie.

Je déplore juste ce manque d’écoute et cette impression de se faire accoucher à la chaine.