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Le deuxième accouchement d’Héloïse, Ille et Vilaine

1 Mar

Bonjour à toutes et à tous,

 

Je m’appelle Héloïse, j’ai 38 ans et j’ai déposé mon témoigage (n°328) pour raconter mon 1er accouchement qui a eu lieu lorsque j’avais 28 ans.

Mon corps, mon bébé et mon accouchement n’avaient pas du tout été respectés ainsi que le séjour qui a suivi et j’en étais restée traumatisée.

Presque 10 ans après, j’ai eu la joie de donner à nouveau la vie, dans une autre ville cette fois, à la maternité de V**** en Ille & Vilaine.

Par un heureux hasard, cette maternité a obtenu le label Ami des Bébés environ un mois avant la date présumée de mon accouchement.

Ma grossesse s’est bien déroulée dans l’ensemble malgré des problèmes d’hypertension et cette appréhension d’accoucher à nouveau…

Cette fois-ci je suis allée jusqu’au terme présumé, mon bébé, un deuxième garçon a décidé d’arriver 5 minutes avant la date prévue.

J’ai perdu les eaux dans la nuit et j’ai pris tout mon temps avant de partir à la maternité cette fois-ci.

Nous avons bien été encadrés et respectés dès le départ, mon dossier a été lu et mes antécédents pris en considération.

La journée a été rythmée par des douleurs de plus en plus fortes et j’ai été soutenue par une 1ère sage-femme.

En fin de journée tout s’est accéléré, la douleur des contractions est vraiment devenue difficile à supporter.

La perte des eaux qui avait continué s’est alors teintée de vert ce qui m’a donné un indicateur d’urgence.

Nous sommes allés en salle de naissance immédiatement et je me suis cramponnée au lit et à la main de mon chéri.

Malgré un ratage complet de la péridurale pour mon premier accouchement, je l’avais demandée à nouveau en espérant qu’elle fonctionne cette fois-ci !

Auparavant, j’ai fait de mon mieux pour maîtriser ma douleur le plus longtemps possible afin qu’elle ne soit pas posée trop tôt.

Je me revois en train de pleurer et d’hurler de douleur soutenue par mon chéri tout en me concentrant sur la progression de mon bébé dans mon bassin.

J’ai tenu de 17h à 19h45, puis l’anesthésiste est venu me libérer de cette douleur atroce, il a vraiment bien dosé l’anesthésie, et je lui en suis très reconnaissante.

Les gardes de 24h n’existant plus j’ai alors eu une deuxième sage-femme à partir de 20h pour l’accouchement proprement dit ! Une merveilleuse sage-femme !

Moi qui pouvait à peine prononcer ce nom, moi qui n’avait connu qu’une « sale-femme », une odieuse matronne qui avait gâché mon accouchement en 2004 !

Stéphanie, je peux la citer, à été formidable de douceur, d’écoute et de bienveillance, elle m’a soutenue et encouragée, j’ai enfin vécu un accouchement respecté.

Au delà des mots, son regard plein de confiance, et sa gentillesse, son sourire, m’ont portée. Je n’ai pas subi mon accouchement cette fois-ci, je l’ai vécu.

J’ai été actrice et non pas spectatrice de cet évènement si important, si précieux dans la vie d’une femme. Mon bébé est né tout doucement, pas d’épisiotomie, pas de révision utérine, juste une petite déchirure. J’ai senti passer sa petite tête, ses épaules, son petit corps, ses pieds. Nous étions en larmes avec son papa et on me l’a mis en peau à peau longtemps cette fois-ci, j’ai pu sentir toute sa chaleur me réchauffer le coeur et l’âme. Je veux dire à toutes les femmes qui ont connu une expérience douloureuse que non ce n’est pas une fatalité et qu’il y a un espoir de vivre un jour un bel accouchement respecté. Merci à vous Stéphanie. Et Merci de m’avoir lue.

Une naissance dans les Deux sèvre – août 2013

8 Jan

Lundi 19 Aout 2013

– Bébé est moins agité que d’habitude, bon après tout j’arrive en fin de grossesse, il parait que c’est normal… Pourquoi pas !?

Mardi 20 Aout 2013

– Je sens bébé encore moins bouger que la veille, alors oui je veux bien croire que en fin de grossesse il bouge moins, mais la c’est quasiment pas ! Après une partie de bowling, on décide d’aller à la maternité, à mon arrivé, on m’a mise sous monitoring, on m’a fait une prise de sang, et on a vérifié mon col, d’ailleurs une véritable galère : la sage-femme n’arrivait pas à le trouver. Au final, pour me dire que j’étais ouverte à 1 mais savait pas trop comment mon col était … Que j’étais peut-être en début de travail. Super la sage-femme, en plus elle m’a fait pisser le sang. Bref, au monitoring, tout va bien, bébé bouge, on me fait une échographie, nikel ! Bha Madame vous pouvez rentrer chez vous, tout va bien. … Ok !

Mercredi 21 Aout 2013

– On est en fin d’aprèm’, j’ai ma belle-famille et le parrain qui est à la maison, mon téléphone sonne, je décroche et là : « C’est la sage femme de la maternité de B., où vous êtes venue hier. On vous a fait une prise de sang, il y a un problème, il y a du sang de bébé dans votre sang. Est-ce que vous pouvez venir de suite ?  » OK j’arrive. Je dis à Guillaume de prendre les valises car je sens qu’on va pas rentrer de suite. Arrivés à la maternité, on m’installe dans une chambre provisoire, le medecin vient nous voir et explique que, pour le bien du bébé, pour éviter qu’il fasse de l’anémie, il serai bien de faire un déclenchement, chose que nous acceptons.

On me fait une échographie, il n’y a rien d’anormal, on me descend en salle de prétravail pour me poser un tampon (composé d’hormone afin de déclencher les contractions) et un monitoring de 2 heures. Il ne se passera rien mais je doit le garder jusqu’au lendemain après-midi. Entre-temps je suis montée dans ma chambre « officielle ». J’ai passer un nuit assez tranquille.

Jeudi 22 Aout 2013

– Le tampon n’a rien fait, mon col n’a pas bougé, on décide alors de me poser un ballonet (petit ballon qui font gonfler avec de l’eau entre le col et la poche des eaux afin d’aider le col à se dilater. Autant vous dire que j’ai vu la voie lactée ! Horrible ça fait super mal ! Après, pareil monito pendant 2 heures, puis je suis retournée dans ma chambre. Dans la nuit, j’ai eu des contractions, je me suis dit super … Mais j’avais trop mal pour dormir, donc injection de morphine … ça CALME !!!! oui ça m’a calmée jusqu’au lendemain midi, j’ai fait que dormir. Et les contractions ce n’était qu’un faux travail.

Vendredi 23 Aout 2013

– Après avoir dormi une bonne partie de la matinée, on decide de me l’enlever. Chose faite, ils vérifient mon col, mais rien n’a bougé… Ils décident de me mettre un gel avec des hormones, ils m’expliquent que se sont les mêmes hormones que le tampon mais en moins fort… Oui, moi non plus je n’ai pas compris l’intérêt, mais bref … ! Arrivé à 16h30 évidemment cela n’avait rien fait, donc ils décident de passer aux choses plus sérieuse, cette fois ça y est, je vais en salle de travail, on me met les perfusions, etc. Elle y vas doucement et revient de temps à autre pour augmenter le débit. Moi, je gère. On m’a mis la musique, et … je m’endors sur les contractions ! Oui, oui !! Plus tard, ils vérifient mon col, il s’est modifié, je suis ouverte à deux et il s’est modifié. Au bout d’un moment, malgré que je gère très bien les contractions, ils me posent la péridurale, l’anesthésiste s’y est repris à deux fois, j’ai bien eu mal !!! Mais une fois fait, whuaouu !!! c’est le pied !!! La sage-femme me perce la poche des eaux, avec Guillaume, on se paie un fou rire, car apparament sa chlingue !!!

Un peu plus tard, re-vérification, mais rien n’a bougé, ils me laissent une demie-heure et, si toujours rien, il faut penser à la césarienne. On essaye de pas désespérer. Mais une demie-heure plus tard, toujours rien de plus, alors ils nous expliquent que c’est la césarienne et qu’ils préparent le bloc. On a pleuré tout les deux, car même si je m’étais préparée à cette éventualité, ça reste toujours une déception.

Arrivés là-haut, Guillaume n’a pas eu le droit d’entrer au bloc, il devait rester derrière la porte. Il y avait quand même une petite fenêtre, pour voir.

Quand je fus anesthésiée des pieds jusqu’à la poitrine ils commencent, on m’explique les choses, on me rassure et au bout de quelques minutes à 23h18 j’entend les premiers cris de bébé. Cela à été un super soulagement. Les larmes ont coulé. Pareil quand ils me l’ont mis près de moi. J’ai pu l’embrasser et le toucher, mais cela à été très rapide. Ils l’ont enveloppé dans des couverture. J’ai pu de nouveau l’embrasser, puis ils sont partis avec le papa. Moi, ils ont passé une heure à me recoudre et mettre des agraffes et ensuite j’ai été une heure en salle de réveil, pour enfin redescendre dans ma chambre et retrouver mes deux hommes. Quand j’ai enfin pu avoir mon bébé en peau-à-peau, ça a été un moment très fort.

Voila, cela à été long et à la fois très rapide, des moments très forts et innoubliables.

Ajout : Même si il est vrai que la péridurale à été posée alors que sur le moment je n’en avais pas besoin, je l’avais demandée à mon rdv avec l’anesthésiste.

Pour la douleur, j’ai gérée toute seule, j’ai decidé de ma position que j’ai trouvée et ce qui m’avait aidé c’est aussi la musique. Ils m’ont demandé si je souhaitais un poste avec de la musique et j’ai accepté. Donc vu que je gerai bien mes contractions, je ne sais pas si ils pouvaient me proposer vraiment quelque chose.
Et pour la péridurale, de toute façon, vu comment cela c’est terminé, ce n’était pas plus mal, car si ils ne l’avait pas faite, il aurait certainement fallu monter au bloc d’urgence et finir en anesthésie générale, et là je crois que je l’aurais très très mal vécu.

Dans l’ensemble l’équipe a été super, ils ont fait du mieux qu’ils ont pu, ils ont attendu au maximum, mais pas trop pour éviter de mettre nos vie en danger. Donc bon… c’est quand même un accouchement respecté.

Troisième accouchement – Namur – 2013

28 Nov
Un 3ème bébé, un bébé surprise … un immense bonheur!

3 grossesses, 3 accouchements, 3 enfants !! Tous différents!

Je peux dire que la première grossesse fut parfaite! Aucun bobo, aucune crainte, naissance de ma fille à 39 semaines!
Mais accouchement long, très long, isolés avec le papa dans une salle d’accouchement, passages de mille personnes dans la salle durant le travail, anesthésiste désagréable, sage-femme distante et pas du tout encourageante, non-respect du projet de naissance, épisiotomie ratée, un mois sans réussir à m’asseoir après la naissance!
L’arrivée de ma première fille, un BONHEUR qui fait tout oublier!

Même si !!!
Un autre parcours fut mené pour la naissance de mon fils deux ans plus tard!
Un besoin de plus, d’autre chose, un besoin de pouvoir gérer les choses jusqu’au bout!
Une grossesse plus difficile, deux mois alitée (contractions et ouverture du col à 28 semaines).
Accouchement en maison de naissance à 37 semaines et 2 jours!
De l’intimité, du calme, du respect … un bonheur !!!
Mon fils est né après 12h de travail, de la manière la plus sereine au monde! Un rêve, mon rêve! 3,6 kg à 37 semaines de grossesse, un beau gros bébé! Pas d’épisiotomie, pas de déchirure, un allaitement exceptionnel!

Un 3ème bébé surprise, une autre grossesse
Une grossesse qu’il a d’abord fallu accepter!
Puis 5 mois alitée (dès les 16 semaines de grossesse et jusque 37 semaines)
Un printemps et un été dans un canapé à ne pas pouvoir porter les grands, jouer avec eux, les conduire à l’école, prendre le soleil!
Une organisation énorme durant les deux mois d’été!
L’aide d’une jeune fille au pair exceptionnelle!
Des grands enfants patients, adorables … les meilleurs! Mes amours !
L’arrêt des médicaments à 37 semaines avec l’idée que bébé viendra très vite comme son grand frère!
Et bien NON!
Ma fille a souhaité rester 3 semaines encore dans mon ventre! un bonheur! je revivais! j’ai profité un maximum de cette fin de grossesse!
4 novembre 2013, le jour du terme, 1h du matin!
Je pense au grand frère; né le 4 nov 2009, il a 4 ans aujourd’hui!
Les cadeaux sont prêts!
J’attends le matin pour les lui donner!
1h : je me couche, me disant qu’il est bien trop tard! Je n’arrivais pas à dormir ce soir-là!
2h : du liquide coule, pas énormément mais assez pour me faire penser à la poche des eaux! Je ne l’ai jamais perdue, les deux grands sont nés coiffés!
Je téléphone à ma sage-femme, elle me dit de me reposer et d’attendre les contractions!
Je me recouche sans réussir à dormir! jusque 4h j’ai bien eu 3 ou 4 contractions, douloureuses mais sans plus !
4h, PAFFFFF la poche se rompt complètement!
L’inondation dans ma salle de bain! ça ne s’arrête pas!
Directement les contractions deviennent bien plus fortes!
J’appelle ma maman pour qu’elle vienne garder les enfants (heureusement, elle habite à 200 m) et la sage-femme pour la prévenir qu’on sera à la maison de naissance dans 30 min!
Le voyage en voiture digne d’un film! Des contractions énormes et rapprochées! Obligation de s’arrêter à chacune d’entre elles!
4h45 on arrive, je m’installe, la sage-femme m’examine 6 cm! J’ai bien travaillé en même pas 1h de temps!
La tête du bébé appuie sur le col, les contractions y sont centralisées et extrêmement fortes!
Trop fortes, trop rapides! Je n’ai pas réussi à gérer!
6h : je dit au papa d’aller chercher la sage-femme et de lui dire que je veux partir! Je ne tiens pas, je suis tendue, je ne fais pas d’endorphine, je panique, j’étouffe!
Elle vient discuter quelques minutes avec moi pour être certaine que je prenne la bonne décision!
C’est décidé, je ne reviendrai pas en arrière!
Je m’habille, je remonte en voiture, accompagnée de ma sage-femme et je pars vers la maternité à 300 m de là!

De nouveau un scène digne d’un film!
J’entre par les urgences et la sage-femme veut que je prenne une chaise roulante!
Je refuse
A savoir pourquoi??? Que se passe-t-il dans la tête d’une femme en travail??
L’horreur au moins 600 m de couloirs et deux ascenseurs avec des contractions toutes les 2 min et d’une durée d’au moins 2 min!
Je ne voulais plus souffrir, je les supportais donc très mal! Puis j’étais plus âgée, plus mûre, plus expérimentée, je connaissais mieux mon corps! Alors pourquoi je n’y arrivais pas?

On m’installe en salle de travail, l’anesthésiste sera là dans 30 min, grand max!

Ma sage-femme est toujours à mes côtés, elle m’encourage, elle me dit qu’elle accompagne mon bébé, que le papa l’accompagne aussi! Que ma fille n’est pas seule à faire son travail!

On m’examine (7 cm)

L’anesthésiste arrive et la péridurale est très vite faite! Elle a été très gentille, compréhensive! Il doit être 7h du matin, je revis un petit peu mais j’ai encore très mal! Les contractions sont énormes!

Une seule sage-femme nous accompagne! La mienne est partie, je ne l’ai même pas remarqué!
La sage-femme de la maternité est parfaite, discrete, présente, encourageante!

7h30 ça pousse, je le sens

Je suis à 10cm

Mon gynécologue arrive bien vite! Je suis contente de le voir, il m’a toujours soutenue dans mes projets d’accouchements naturels!

Je lui demande de pouvoir accoucher couchée sur le côté! Il est hors de question que j’accouche en position gynécologique! Il dit OUI sans hésiter et ajoute : « Je vous laisse faire. »

Je sentais mes contractions mais n’avais plus mal!
A chacune je poussais « en soufflant, pas en bloquant », doucement, à mon aise! Personne ne me disait rien!
Après 4 poussées, ma fille est née, il était 8h02 en ce 4 novembre 2013!
Elle est née le jour de son terme et surtout le même jour que son grand frère!

Cet accouchement fut exceptionnel! Je ne pouvais pas imaginer mieux!
Même si j’aurai toujours un petit regret de ne pas être restée à la maison de naissance!
J’ai mis moi-même au monde ma fille! La péridurale était sans doute nécessaire, ce jour-là, cette année-là !!! Il en était ainsi pour moi!
Personne ne m’a jugée, ni ma sage femme de la maison de naissance, ni le personne de la maternité!
Personne ne m’a dit quoi faire durant le travail et la poussée!

Pas d’épisiotomie bien entendu, juste un point (pour l’esthétique m’a dit mon gynécologue) lié aux épaules larges de ma fille!
3,6 kg et 51 cm! Un bébé super zen, super super zen et en pleine santé!

Nous avons quitté l’hopital en fin d’après-midi vers 17h! Ici encore, nous n’avons eu aucune remarque, aucun jugement! Juste une demande que ma fille soit d’abord vue par le pédiatre! Ce qui est normal!

Le soir, nous fêtions en famille les 4 ans du grand frère!

Et la vie a repris! Nous étions juste 5 à la maison!

Voici l’histoire d’un accouchement respecté en milieu hospitalier!

Pourtant le même endroit que pour ma fille 6 ans avant!
Une maternité qui a bien évolué, qui a grandi, qui a décidé de respecter les mamans! Sachant que mon gynécologue y est pour beaucoup!

Ma fille a 3 semaines à présent! Elle  déja presque pris 1 kg (vive l’allaitement) et est en pleine forme!
De mon coté, deux jours après la naissance, je n’avais plus mal nulle part! Je pouvais, en douceur, refaire mes activités quotidiennes normales, aller chercher les grands à l’école, recevoir la famille et les amis!

Je n’aurai plus de bébé, je ne souhaite pas revivre une grossesse alitée et stressante!

3 grossesse, 3 naissances différentes!

Je suis la maman la plus heureuse du monde !!!!!!

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Lien vers le récit des précédents accouchements de Céline : Céline, en maison de naissance – 2009, Belgique

Linoa ou la renaissance d’une mère – Haute Garonne – 2013

28 Nov

Après avoir vécu deux accouchements traumatiques, j’ai vécu un dernier accouchement respectueux pour ma petite fille (en octobre 2013). Premiers récits ici :

https://moncorpsmonbebemonaccouchement.wordpress.com/2013/01/30/30-magali-naissances-dans-le-sud-de-la-france-2007-2010

Voici le récit :

"Linoa ou la renaissance d'une mère"

Linoa ou la renaissance d’une mère

Je suis née à nouveau grâce à ma dernière fille. Elle est arrivée chez nous et je me sens désormais, totalement différente. J’ai eu ma victoire, j’ai pu aller au bout de mon souhait et je sais que sans aide, sans soutien, je n’y serais pas parvenue.

Alors j’ai décidé d’assumer jusqu’au bout mes choix qu’ils plaisent ou qu’ils ne plaisent pas. Qu’on accroche ou qu’on n’accroche pas ; ceux-là restent mes choix. Avoir le choix aujourd’hui, relève presque de l’exploit, car le choix, finalement nous l’avons peu. Beaucoup le disent, la plupart du temps : « je n’avais pas le choix ; c’était comme ça, pas autrement … ». Eh bien, moi, j’ai eu cette chance d’avoir ce choix. Et ce choix, a bien failli m’échapper.

Après avoir vécu une césarienne, puis un accouchement par les voies naturelles, autrement appelé très poétiquement AVAC (accouchement vaginal après césarienne), puis une fausse-couche précoce, je suis retombée enceinte en début d’année 2013 et j’ai choisi un accompagnement tout à fait différent de ce que j’avais choisi pour mes autres grossesses. Tellement déçue, dévalorisée, infantilisée, humiliée, non respectée dans mon corps et le reste, je ne pouvais plus aborder la maternité comme quelque chose de purement médical. Il me fallait une approche humaine, saine, exempte de tout comportement intrusif et manipulateur. Je voulais du VRAI, de l’AUTHENTIQUE, du RESPECT à l’état pur. J’ai choisi un accompagnement global avec des sages-femmes libérales et j’ai vu là, toute la différence.

Dès le premier entretien, une confiance s’est installée, je l’ai senti tout de suite. Elle m’a expliqué comment ça se passait, comment elles fonctionnaient, c’était clair ; limpide même. J’ai dis « oui » pour le meilleur ou pour le pire car le pire, c’était de toute façon accoucher en structure et elles ne prennent aucun risque à ce niveau. C’était un contrat normal et moral entre elles et moi. J’ai eu la chance, de vivre le meilleur.

Début septembre 2013, une lettre parvient à chacune de mes sages-femmes, leur intimant de payer cette assurance responsabilité civile qui leur fait défaut car très élevée (20 000 euros par an et par sage-femme, sachant qu’elles gagnent à peine plus de cette somme sur une année complète). Cela fait des années qu’elles pratiquent les accouchements à domicile sans cette assurance, jusqu’à présent, plus ou moins tolérées, aujourd’hui plus du tout. La chasse aux sorcières vient de commencer…

Ayant vécu dans le doute tout le long de ma grossesse, avec des soucis de tous ordres entre soucis de santé au mois de mai, soucis de travail pour moi ensuite, déménagement, et j’en passe… j’arrivais en septembre, à me dire que je tenais enfin le bon bout, dernière échographie officielle faite avec une sage-femme fort sympathique, rendez-vous unique ; mon mari mis à contribution pour cette odyssée d’une heure et demi à voir notre enfant sous toutes les coutures ; elle, bien positionnée pour une sortie réussie ; enfin, tout devait enfin nous sourire !

Oui mais non.

Cette histoire d’assurances nous a plongés sous une nouvelle montagne de doutes, les sages-femmes ayant reçu ce courrier ne pouvant plus pratiquer d’AAD au delà de la date butoir du 1er octobre 2013. Mon terme étant au 11 octobre, d’un coup d’un seul, tout s’écroulait. Mon souhait, comme tous ces mois de préparation, à faire des trajets en train pour les rendez-vous mensuels, tout, tout, tout était encore remis en question. Ce dernier mois de grossesse a été vecteur de stress et d’inquiétude, j’ai espéré alors accoucher fin septembre, m’armant d’une volonté de fer et buvant 3 à 4 tasses de tisanes de feuilles de framboisier quotidiennement, prenant assidûment les granules d’homéopathie préparant mon corps à l’enfantement. Les derniers jours, malgré la douleur qu’insufflait mon corps, je marchais toujours un peu plus vite pour emmener ma grande à l’école, je m’acharnais mentalement contre cette assurance qui allait réduire à néant toutes mes attentes comme celles de nombreuses mères ayant fait ce choix tout comme moi … Je m’insurgeais me rangeant du côté de mes sage-femmes si ouvertes, si disponibles, si humaines …

Le 30 septembre, dernier jour avant la débâcle, je rédigeais un texte pour participer au soulèvement, au mouvement pour l’accouchement à domicile via le réseau social bleu, et je rédigeais un texte à faire parvenir à une émission de radio (je ne sais même pas si mon texte a été diffusé) mais cela a déchargé mon esprit et j’ai accepté finalement cet état de chose. Ma fille ne voulait pas naître en septembre et le moindre mal étant d’accoucher en plateau technique à une heure de mon domicile, dans un autre département, mes sages-femmes ayant encore et malgré tout ce recours, fort heureusement !

« Je suis une maman de deux enfants et enceinte de 8 mois et demi. Je viens vous parler de l’accouchement à domicile. Suite à deux accouchements en maternité qui se sont mal passés, j’ai fait le choix de vivre autre chose, et j’ai choisi un accompagnement global avec des sages-femmes libérales soucieuses de mon parcours, mon bien-être, celui de l’enfant que je porte, répondant à toutes mes questions sans limite de temps, respectueuses en tout et pour tout et connaissant bien leur métier. J’ai mis longtemps à me décider, ce n’était donc pas un caprice mais au contraire une réflexion profonde et je tenais énormément à l’aboutissement de mon projet en sachant néanmoins, qu’en cas de problème, je serais transférée dans une maternité.
Mon terme est prévu pour le 11 octobre 2013 et c’est tout mon projet qui tombe à l’eau à cause d’une réclamation d’assurance de 20 000 euros par an et par sage-femme. Evidemment, mes sages-femmes n’ont pas les moyens de s’assurer. Au-delà du 1er octobre 2013, elles ne pourront plus nous accompagner dans notre démarche sous peine d’amendes, et de radiation alors que cette assurance exorbitante ne correspond pas aux actes qu’elles pratiquent, vu le suivi qu’elles prodiguent, elles ne prennent aucun risque pour la mère et pour l’enfant puisque si problème il y a, il y a transfert immédiat. Oui, nos sages-femmes doivent s’assurer, mais que ces assurances soient en rapport avec ce qu’elles pratiquent !

J’ai espéré jusqu’à aujourd’hui, 30 septembre 2013, pouvoir accoucher chez moi mais mon bébé ne se décide pas. Alors, oui, c’est tout mon projet qui tombe à l’eau et ma colère est d’autant plus grande, que c’est encore mon choix de mère qui est bafoué, toute une préparation qui est totalement mise en échec. Une pétition sur change.org circule sur internet afin de changer tout ça. Pour moi, c’est foutu ! Mais je souhaite profondément que les femmes pourront continuer de choisir ce qui leur convient en matière d’accouchement, peu importe l’endroit ! Merci à tous d’intervenir !! »

Le 30 septembre au soir, après finalement avoir lâché-prise sur ce désir viscéral d’accoucher à la maison, et accepté le fait de faire le trajet jusqu’à la maternité avec plateau technique, des contractions douloureuses firent leur apparition. Je devrais même plutôt dire, des sensations désagréables comme me disait l’une des sages-femmes qui m’a fait les cours de préparation à l’accouchement, pour ne plus voir ces contractions comme des douleurs, quelque chose qui fait mal. D’ailleurs, au début, c’était plutôt vrai, c’était plus désagréable que vraiment douloureux.

Ces sensations désagréables ont duré toute la nuit, m’empêchant de dormir et s’accentuant d’heure en heure. A 4h51 du matin, je rédigeais un message à ma mère pour l’informer de la situation, sentant au final que les choses semblaient prendre une certaine envergure. Il était convenu qu’elle vienne s’occuper des enfants, je ne préférais rien laisser au hasard, quitte à ce qu’elle vienne pour rien, si les événements devaient se précipiter. De même, pour mon mari, il partait travailler ce matin-là, avec la consigne de rappliquer vite fait bien fait si bébé décidait finalement de se presser. Ma grande fille resta à la maison ce jour-là, me sentant incapable de faire le trajet jusqu’à l’école et je priais pour que ma mère prenne le premier train qui devait la mener chez moi !

Et ma mère prit le premier train, j’en fus soulagée car elle pensait au départ prendre, le second ! Mais je crois qu’elle comprit l’urgence et heureusement ! Elle insista aussi pour que j’appelle mes sages-femmes. N’étant pas certaine de l’avancement du processus, je n’appelais pas sur le numéro d’urgence mais sur le numéro ordinaire, celui d’H. Elle me rappela et me laissa un message pour me dire qu’elle passerait vers 17h30. OK, ça irait !

Ma mère arriva en début d’après-midi. Sa présence me soulagea grandement car après ma nuit blanche, j’étais bien en peine de répondre aux sollicitations de mes enfants ! Je regardais ma série préférée du moment « Les piliers de la Terre » tout en notant les heures et les minutes de mes contractions. Celles-ci n’étaient pas rapprochées, soit tous les quart d’heure, voire toutes les dix minutes, parfois moins, parfois plus ; bref, rien ne présageait que l’accouchement fut imminent. Je les notais, toutefois, cela m’aidait intérieurement, j’avais fais pareil pour mon fils, trois ans auparavant ! Ces contractions continuaient de s’intensifier en puissance, je commençais à faiblir sérieusement et le bonheur d’avoir sa maman proche, c’est qu’elle a toujours la bonne idée de rapporter des choses bonnes à manger. Juste avant de venir à la maison, elle avait pris soin d’aller à la boulangerie toute proche et de ramener des chocolatines et autres viennoiseries.

Je tentais une sieste histoire de me requinquer, mais au bout d’une demi-heure, je compris que les contractions m’empêcheraient de me reposer correctement.

En fin d’après-midi, toujours devant ma série, installée sur un petit matelas au sol, je vivais mes contractions de plus en plus difficilement. Je ne regardais plus vraiment, j’écoutais plus ou moins, j’attendais avec impatience H. qui tardait un peu, cinq minutes, dix minutes ; ma mère venant de temps en temps me voir, l’air un peu inquiet de me voir si mal, moi limite au bord des larmes, à me dire que sans plus de soutien, je ne tiendrai pas… 17h45, quelqu’un frappa à la porte et ma mère ouvrit ! C’était elle !! Elle arriva souriant, vint dans le séjour, déposa sa mallette, me regarda sur mon matelas, j’essayais de sourire mais en fait, je fondis en larmes. Elle s’approcha tout de suite vers moi et me prit dans ses bras, en me disant que ça irait, qu’elle allait rester, que je n’étais pas seule. Là, je fronçai les sourcils, quoi ? Elle restait ? C’était vraiment bon ? Elle me répéta que oui, le moment était vraiment là selon elle. Je me sentis instantanément en confiance. Elle me dit de laisser tomber ma feuille où je notais l’espacement de mes contractions, que je n’en avais plus besoin. Alors oui, je laissai tomber de bonne grâce ! Elle était là, plus besoin de tout ça ! Et elle me dit aussi, que j’allais faire ça, chez moi… ah bon ? Chez moi ?! C’est vrai ?!

Elle m’ausculta pour voir où j’en étais, et j’étais dilatée à 3. J’étais un peu surprise quand même, dans ma tête, je pensais faire comme pour mon fils, soit une éternité de contractions (des jours quoi) et là, même si ce n’était pas rapide non plus, ça avançait !

Je déménageai avec elle pour aller dans une atmosphère plus intime, direction ma chambre à coucher, que j’avais préparée pour mon accouchement à domicile, que j’avais décorée depuis peu dans ce sens-là. On avait emménagé durant l’été et ce fut la dernière pièce à être prête, j’avais acheté quelques accessoires courant septembre ; des bougeoirs, un plafonnier, quelques photos, de la musique, … Ambiance tamisée. H m’avertit qu’elle allait appeler sa collègue pour qu’elle vienne aussi. Et un peu plus tard dans la soirée, M., une autre sage-femme qui m’avait fait la préparation à l’accouchement et L., une étudiante sage-femme, sont venues nous rejoindre. J’étais très contente de voir M., je vins l’embrasser à la porte de chez moi et faire connaissance avec L., douce et agréable à première vue. H. m’avait demandé au préalable si sa présence me gênait et j’ai dis que si ça pouvait lui servir d’être là pour ses études et pour son expérience, je n’étais pas contre du tout.

J’étais bien, j’arrivais à vivre les contractions, je respirais, mes petites sages-femmes à m’aider en respirant avec moi, en faisant des AAAAAAH pour m’accompagner et pouvoir gérer au mieux. Ma mère gardait les enfants qui allaient et venaient tout joyeux du séjour à la salle de jeux ; ils savaient ce qui se tramait, ils étaient un brin surexcités et moi, heureuse de les entendre, de les savoir là tout proches alors que je voulais les faire partir au départ, l’un avec ma mère, l’autre avec ma belle-mère … chose qui m’a paru bien inconcevable le jour-même … En y réfléchissant, c’était plus simple de les garder à-côté ; ils étaient rassurés, et moi aussi ; complètement.

Mon homme rentra du boulot et il avait fait un détour pour aller chercher les sièges-autos qui nous manquaient pour faire le trajet jusqu’au plateau technique à 1h de route. H. et M. l’accueillirent dans la bonne humeur, moi j’étais toujours bien dans cette ambiance feutrée, savoir mon homme rentré enfin finit de me rassurer et je pouvais enfin me concentrer pleinement sur l’expérience numéro trois, mettre mon bébé au monde AT HOME sans aucune intervention et … sans péridurale ! Il se mit sur son 31 rien que pour moi, un bon jogging et des chaussettes haute-compétition et après avoir fait manger les enfants, il vint nous rejoindre pour se mettre au boulot et m’accompagner lui aussi dans cette expérience hors du commun. H. et M. me firent un petit monitoring pour savoir comment allait notre puce ; comme d’habitude, elle se portait comme un charme, comme d’habitude, elle n’aimait pas qu’on l’embête dans sa piscine qui allait bientôt faire un avis d’expulsion.

La soirée avançant, les contractions devinrent vraiment de plus en plus difficiles à gérer. Tantôt je hurlais aigu, tantôt je faisais comme un râle caverneux, mais l’épuisement d’une première nuit blanche, d’une journée complète de contractions allant croissant niveau intensité et la préparation d’une nouvelle nuit blanche m’apparaissait comme vraiment dur à vivre. Je n’avais plus qu’une hâte, que bébé sorte et que tout cela se termine au plus vite. Les enfants regardaient un dessin animé dans le séjour, où on avait préparé le canapé en lit en vue de les faire dormir tous les deux là-bas, soit suffisamment loin de la chambre pour qu’ils ne m’entendent pas. Et ils ne m’entendirent jamais tant ils dormaient bien. Ma mère, par contre, à quelques cloisons de là ne pouvait pas dormir. Elle était le témoin discret de notre accouchement à mon homme et moi, elle me dira plus tard qu’elle priait, cette-nuit là pour que je vive cet heureux événement le mieux possible, que je souffre raisonnablement si c’est possible de le dire ainsi … enfin bref, elle était avec moi corps et âme !! Elle m’avouera plus tard qu’elle avait aimé être là, précisément à ce moment-là, comme une petite lumière dans le noir, enchantée de vivre cet instant ultime de la rencontre avec notre enfant, chose, qui se faisait si naturellement dans le temps…

Et moi, en prise avec la douleur toujours s’intensifiant, surprise de constater que contraction après contraction, elle pouvait être encore plus forte, je soufflais et criait ce « Maman ! » telle une petite fille qui veut s’accrocher à une bouée de sauvetage ! Ce lien finalement, coupé à la naissance, reste et perdure au-delà des années …

Mes sages-femmes me massaient, m’encourageaient, me donnaient des indications, certaines à elles-trois que j’allais y arriver. Moi, je faiblissais, je ne demandais qu’à dormir, exaspérée par la longueur du travail, par la douleur, par le fait d’avoir si peur… Oui, je crois que c’était tellement long car je doutais cruellement en mes propres capacités, je doutais de mon corps … Et … c’était aussi la première fois que j’allais ressentir cette ultime étape, la naissance de mon enfant, la sortie et la fin du tunnel et la peur, la peur d’avoir encore plus mal me tenaillait et plus je luttais contre l’idée d’une douleur plus forte, plus la douleur persistait … au lieu de lâcher-prise …

A un moment, H. du partir car un autre accouchement était en cours ! J’étais contente d’apprendre qu’une maman qui était à son dernier jour du terme allait enfin vivre sa rencontre avec son bébé ! Elle n’eut pas à attendre longtemps par contre vu que son bébé est né avant l’arrivée de H. Tout allait bien pour elle et son petit, deux heures plus tard, H. revint vers moi pour finir de me soutenir dans mon combat personnel avec moi-même !

Mon mari, quant à lui, maître de lui, m’aidait au-delà de tout ce que j’avais espéré. Il assura comme un chef, sachant qu’il n’avait pas le droit de dormir, comme je lui avais demandé, tint bon malgré sa journée de travail. Il me massa, il resta près de moi à m’encourager aussi. Et dans les derniers moments, quand d’épuisement, je ne tins plus, que je demandais péridurale et césarienne, je lui pris le cou entre mes mains et je lui en voulus de m’avoir fait ce bébé que je désirais tant ! Pourquoi, est-ce toujours moi qui souffre !! Souffre, toi aussi ! J’ai dû serré un petit peu son cou … Oui, j’avoue !

Et ce geste malheureux, M. l’a vécu aussi, mais en souriant, s’esquiva de mes mains qui n’agissaient que par dépit. H. me parla un moment, un peu d’une façon autoritaire, elle me répéta que j’allais sortir ce bébé, qu’il fallait que je le fasse et que j’allais y arriver ! Toutes positions testées maintes fois, elles sortirent de je ne sais où, un petit siège spécial et comme une alternative non déplaisante, je m’installai sans force, soutenue par mon homme, derrière moi. Je sentis vaguement que nous y étions. Une envie de pousser irrépressible mais extrêmement douloureuse m’assaillait. Avec la gravité, je sentis d’un coup la tête du bébé descendre mais ce n’était pas fini. J’étais très surprise par cette sensation, mais je devais continuer même si ça me rebutait… M. me dit qu’elle voyait une petite tête pleine de cheveux, elle hallucinait sur les cheveux qui tombaient. Elle me demanda si je voulais toucher de ma main et j’ai refusé, je ne sais pourquoi … J’étais si fatiguée, une fatigue tellement présente, tellement écrasante que je me demandais où j’allais encore trouver la force de continuer … et pourtant, je n’eus vraiment aucun choix ; il fallait la chercher cette force, elle vint à moi de toute façon et je poussais encore une fois, un peu trop fort peut-être, les sages-femmes me disant d’y aller plus doucement … trop tard, elles réceptionnèrent un petit boulet de canon mouillé, qui trempa les pieds de tout le monde ! Un bref soulagement pour moi, épuisée de regarder ma petite fille aux cheveux noirs mais je refermais mes yeux. Mon mari réceptionna sa fille, il la compara à notre grande, née 6 ans et demi plus tôt, c’était vrai, un peu la même bouille ; moi aussi j’étais subjuguée !

On m’installa mieux sur le lit, mon homme toujours derrière moi avec notre fille fraîchement arrivée qui se soulagea très rapidement sur son père inondé de méconium. Puis, je pris aussi ma fille contre moi, et on attendit que le cordon cesse de battre pour que l’heureux papa le coupe. Puis vint le temps de l’attente pour la sortie du placenta. J’avais mal encore, j’avais espéré qu’une fois le bébé sorti, cette douleur me laisserait enfin tranquille mais ce ne fut pas le cas. J’avais du mal à la supporter après ces longues heures à souffrir sans cesse. Puis, dans une nouvelle contraction, le placenta sortit avec l’aide de M. qui m’avouera un peu plus tard avoir aidé à le chercher. Les deux sages-femmes mirent le placenta dans la bassine que j’avais réservé à cet effet et elles semblaient soucieuses. H, revint vers moi et m’affirma qu’elle allait devoir m’embêter encore un peu. Elle devait faire une révision utérine afin de vérifier que le placenta était sorti complètement et qu’il n’y avait pas de débris dans l’utérus. Cette intervention fut évidemment très douloureuse ; H. s’en excusa tout le long. Je fis une légère hémorragie qui s’arrêta spontanément.

Par précaution, elles décidèrent de me transférer à la maternité où j’étais inscrite en cas de problème. Elles appelèrent donc le samu. Entre temps, j’avais ma petite fille sur moi et elle tétait maintenant comme une chef. Toujours épuisée et ressentant mon corps comme une épave douloureuse, j’avais un peu de mal à savourer ces premiers instants. Le fait d’envisager de partir, ne m’aidait pas non plus, mais je sentais qu’il fallait, qu’elles avaient raison de ne prendre aucun risque. J’avais déjà vécu le plus beau, la naissance de mon enfant à la maison.

L’épisode à la maternité fut d’une nouvelle brutalité pour moi, rappelant des souvenirs de froideur, de regards distants et méprisants ; des paroles de dédains ; deux femmes m’invectivèrent : « Madame, c’est dangereux de faire ce que vous venez de faire, c’est totalement inconscient ! » et moi de lever les yeux au ciel, comme si c’était bien le moment pour moi de leur faire un cours d’humanité ! L’une d’elle m’appuya sur le ventre pour vérifier la tonicité de mon utérus et elle me fit un mal de chien ! Ne supportant plus aucune sensation douloureuse après tout ce que j’avais vécu, je retirais sa main par trois fois. Elle m’avertit que si je continuais, elle serait dans l’obligation de me refaire une révision utérine. Mon corps réagit aussitôt par des tremblements incontrôlés, des larmes de dégoût coulèrent de mes joues. Je restais silencieuse, ma gorge totalement nouée. Mais où était ma chère H. ! J’espérais tant qu’elle soit près de moi… Mais personne ne voulait la faire entrer. J’étais seule en proie à l’amertume. Me voyant si mal, les deux femmes se ravisèrent, se radoucissant, comprenant aussi le pourquoi de mon choix, me disant doucement que ce n’était pas ce que je voulais. Aaah Dieu soit loué, elles s’en rendaient donc compte !

Après quoi, on m’installa durant des heures dans la salle de réveil faute de chambre. J’attendis qu’on m’autorisa à sortir, ce qui fut le cas à 11h du matin seulement. Je devais pourtant rester deux heures m’avait-on dit… Et ce fut un dédale de passages en tout genre, de bruits, de femmes au téléphone ou discutant de tout et de rien. J’étais les deux bras attachés, le gauche au tensiomètre, le droit, à la perfusion. Toujours autant en proie à l’épuisement, je ne pus à aucun moment me reposer … et surtout, j’avais tellement envie de rentrer chez moi. Je pensais à mes enfants qui devaient être debout, à mon homme attendant avec notre fille dans le hall de la maternité entouré de mes deux sages-femmes qui attendaient, elles aussi… Je fis comprendre que je voulais rentrer chez moi et je signais une décharge afin de le faire le plus vite possible. J’allais bien, même si faible physiquement, mais j’étais heureuse au fond d’avoir réussi l’impensable pour moi ! J’étais si fière ! Même ce petit scénario d’enfer à la maternité n’enlèvera pas ce bien-être intérieur que je ressentais et que je ressens toujours.

Arrivés à la maison, nous montâmes vite voir mes enfants qui étaient toujours avec ma mère. Les deux, le sourire aux lèvres découvrirent leur petite soeur, fous de joie de savoir qu’elle était née pendant qu’ils dormaient !

Quant à moi, je remercie infiniment celles qui m’ont laissé ma chance. Je les adore.

Magali

Anonyme – « J’ai accouché, elles m’ont aidées à accoucher et pas l’inverse »

14 Nov

Après pas mal de difficultés pour conçevoir notre p’tit bout, j’ai eu la chance de vivre une grossesse plutôt zen et tranquille, avec un arrêt de travail très tôt en raison de mon métier de commerciale trop souvent en voiture et trop souvent stressée et d’une sciatique persistante du 4ème mois au dernier jour ! L’avant bébé un peu hard nous aide à relativiser et je prépare l’arrivée de notre bonhomme avec mon amoureux, B qui est aux petits soins pour nous.
Le terme est prévu le 20 septembre, tout mon entourage est heureux de ce happy end et lance les paris sur la date d’accouchement. Personne n’avait parié le 17 septembre 😉
Le lundi 16 septembre, tout est prêt depuis quelques jours. Je passe beaucoup de temps à me reposer car je ne dors pas bien, réveillée par l’inconfortable ventre incasable dans notre lit et les mouvements de notre fils qui s’éclate la nuit.
Je suis crevée et je traînasse. B est au boulot.
18h30 : début d’un mal de dos inhabituel. Je saute sur mon ballon, je bouge le bassin et je trompe mon cerveau qui a tendance à trop penser en jouant à la console. B rentre, on fait une partie ensemble sans oser croire que ça y est, le travail commence.
19h30 : première contraction. Je peux pas dire douloureuse mais pas agréable. Puis une autre dix minutes plus tard. A la troisième, B prépare le dîner. Je sais que ça y est, c’est parti. Je n’ai pas eu une contraction de ce genre avant.
Je vais fermer la valise. Je marche dans l’appartement, pour que ça aille vite. Ballon, allers retours cuisine-salon, ballon, salon-chambre …
21h00 : les contractions deviennent irrégulières mais largement plus carabinées. Quatre contractions en dix minutes, plus silence radio pendant douze minutes, retour des contractions …
22h00 : je ne peux plus rien faire pendant que le dos et le ventre contractent. Je stoppe tout et je respire en gonflant le ventre. Je visualise une grosse vague sous laquelle je dois plonger. Plus tard, j’imaginerais une fleur genre un nénuphar qui s’ouvre doucement, pétale par pétale. B me laisse faire, me masse quand je passe près de lui.
23h00 : bain chaud pour se détendre. Ça fonctionne super bien, pour chauffer mon ventre trop haut pour être immergé, je pose une serviette de bain dessus. Avec l’eau brûlante c’est top.
01h00 : je sors du bain et là gros mal de dos avec peu de pause entre chaque vague. C’est ce que je craignais, je prend toute la douleur dans les reins. Une série de contractions très rapprochées nous inquiètent un peu. On décide de partir à la mater pour voir. Au pire, on rentrera à la maison.
01h30 : B a roulé doucement pour ne pas empirer les contractions. Le gardien de nuit nous ouvre la porte et dit « c’est pour un accouchement ? » ( moi en train de souffler pour laisser passer une contraction je réponds mentalement : non c’est pour enfiler des perles) mais je souris et dis oui. On est admis de suite. Une sage femme m’examine. Le col est ouvert à 2. Elle nous installe en salle de pré travail  » parce que vous prenez tout dans le dos ». Monito ok. En chambre, B peut dormir dans un lit.
De 2h à 6h: Je fais du ballon, marche de long en large, en soufflant et en gonflant le ventre à fond.
6h30 : Je réveille B. J’ai mal dans le dos en continu et au milieu de chaque contraction, je pense que je ne supporterai pas la suivante. Mais je supporte la suivante aussi. Je commence à sentir les contractions dans le ventre en même temps. La chance va nous sourire : R, la sage femme qui a fait ma préparation entre dans la salle. Elle ne devait pas travailler aujourd’hui mais une copine à elle accouche le même jour. Alors elle va nous suivre de loin.
Elle me voit m’étirer le dos et me dit  » tu veux avoir mal ? » Je répond « non » Elle m’examine. On a gagné un petit cm en 4 heures. Mon moral en prend un coup mais R ne me laisse pas le temps de me prendre le chou. Elle nous emmène en salle d’accouchement. L’anesthésiste va passer. « Ça va être long mais tu vas y arriver »
Une troisième sage femme qui ne se présente pas arrive pour me poser une voie veineuse. Gros carnage. Elle me rate sur le bras droit, veine pétée. Pose sur la gauche mais n’importe comment. La voie veineuse me fera mal toute la journée. Elle enfile un gant pour examen et je n’ai même pas le temps de lui dire que R vient de le faire. Sans consentement et sans prévenir, elle me fait un mal de chien. Je serre les cuisses en la repoussant. Elle s’en va sans un mot. Heureusement, elle a fini son service et R vient nous présenter V, qui sera là tout au long de la naissance.
07h15: pose de la péridurale. B doit sortir. Je sens l’anesthésiste piquer un peu à droite. Ça ne fait pas mal mais c’est surprenant, on dirait qu’on injecte un Mister Freeze dans le dos. R me tient pour que je reste en bonne position. Elle me raconte son week-end. Tout se passe en douceur
7h45 : je pourrais embrasser l’anesthésiste. Mon amoureux revient et on se repose. On papote. Il m’amène à boire en douce. V passe toutes les heures. Parfois elle m’examine, parfois elle vient juste s’assurer que tout va bien. On entend au moins 3 ou 4 femmes accoucher dans les salles voisines. C’est long. Un cm, parfois un demi par heure. On dort un peu. Je change souvent de position pour bouger le bassin. Mon fils va bien, son rythme est tonique. Il supporte bien les contractions que nous suivons sur le monito.
13h00 : R oblige mon homme à aller manger. « Quitte la deux secondes pour aller manger parce qu’on aura pas le temps de te ramasser par terre si tu tombe dans les pommes ! » Du coup, il va se promener régulièrement ensuite. Boire un café, prendre l’air. Il me raconte qu’il croise de nombreux papas en stress qui fument et se caféinent à mort ! On rigole. C’est long pour lui aussi.
14h30 : ma gynéco J passe pour m’examiner. Je ne le vois pas mais elle est fait une drôle de tête. B a vu son expression mais ne me dit rien. Elle sort avec V. Je suis 9cm. Plus qu’un et je pourrais pousser mon fils dehors ! Je suis toute contente.
V revient et m’annonce que J veut me préparer pour une césarienne. Catastrophe. Mon fils arrive la tête tournée vers le ciel. Un bébé rêveur qui, en plus a de belles épaules à faire passer dans mon bassin un peu juste. Il ne pourra pas défléchir la tête normalement s’il ne se retourne pas avant la fin de la dilatation. Il faudra que je le pousse jusqu’au bout et J pense que je suis déjà trop fatiguée par le travail. Je m’effondre. Je n’ai aucun a priori sur la césa, mais après 20h00 de boulot, je le vis mal. Ça veut dire sonde urinaire à demeure (enfant, j’ai été opérée et sondée 2 fois à vif, sans anesthésie. Mon pire souvenir de douleur devenu phobie). Ça veut dire cicatrice. B est super mal de me voir comme ça. Il sait à quel point ça me fait peur d’échouer à ce moment.
V, elle y croit toujours, sûre que je peux accoucher par voie basse. Elle dit rien à personne et décide de m’aider.
Elle coupe la péridurale. J’ai une heure pour bouger le bassin dans toutes les positions qu’elle me fait prendre pour retourner le bébé. C’est le seul moment où je douille vraiment. Je m’agrippe à ce qu’il me passe sous la main et je bouge, je bouge. B se sent tellement mal qu’il fait les 100 pas. Sort. Revient. Repart. V me prépare pour la césa « au cas où », elle me rase, pose la sonde sans que je m’en apperçoive (une vraie magicienne).
R passe me voir. Son amie galère aussi. Je pleure un peu, les nerfs qui lâchent. Elle me carresse le bras et me dit « Ne lâche rien, accroche toi ».
V, la sage femme me réexamine. Mon fils est toujours tête en l’air. Elle me redonne de l’anesthésique. Vers 16h, elle enfile un gant et me dit  » on le retourne ? » Je dis oui. Elle commence mais j’ai mal. Alors elle me redonne une dose. Et la. Je plane. Je vois des ombres chinoises quand je ferme les yeux. Mais elle peut manipuler le bébé. Qui se retourne. Je le sens bouger. Du coup, V court appeler la gynéco pour lui dire que je peux pousser. Le temps que V revienne, le bébé s’est retourné à nouveau vers le ciel, mais on ne s’en rend pas compte à ce moment là. Il s’engage dans le bassin tranquillement. Je commence les poussées seule. V prépare la salle en speed.
B est derrière ma tête. Il me masse les cheveux. M’encourage à voix basse.
Avec 2 doses de péri, je ne sens pas du tout ce que je fais mais quand V se place entre mes jambes dix minutes plus tard, elle me dit qu’elle voit une belle touffe de cheveux châtains arriver et je pousse très bien. La gynéco arrive. Et constate de suite que le bébé est toujours tête en l’air. Trop tard pour m’arrêter. J ‘ai déjà bien travaillé. Je pousse encore, encore. Le temps me semble passer super vite. Entre deux séries de poussées, B me dit des mots d’amour dans les oreilles. Je n’oublierai jamais le regard qu’il pose sur moi à ce moment là. Je suis une foutue guerrière.
J et la sage femme nous laissent le plus d’intimité et de calme possible. Elles sourient, sont détendues et je sens bien qu’elles sont ravies de me voir réussir.
Une journée de travail et 30 minutes de poussées au total, une petite épisiotomie pour stopper une déchirure, j’entend J me dire  » il est là, attrapez le » et me voilà en train de tendre les bras de saisir mon fils. On se retrouve face à face et j’entend le papa s’exclamer de surprise et d’émotion.
Mon fils sur moi, B penché sur nous, tous les deux en larmes. Notre fils ne crie presque pas et nous regarde avec calme. Je n’ai rien vu des points, de la délivrance, de la toilette. J et V font tout pour nous laisser tranquille, elles travaillent vite et bien. On se retrouve tout les trois. Peau à peau de 2 heures sans personne pour nous embêter. Les soins se feront après dans la salle par V. Je suis là pour les mesures, le poids et B qui prend son petit dans les bras pour la première fois.
Conclusion 1 : Soyons flexibles et adaptons nous a l’accouchement tel qu’il est et pas tel que nous le voulons. Plus facile à dire qu’à faire, mais c’est inéluctable.
Conclusion 2 : Merci à J et surtout à V d’y avoir cru. Vous êtes merveilleuses ! Il est juste inconcevable que j’aille accoucher ailleurs pour son petit frère ou sa petite soeur. Être aussi bien entourés dans un moment pareil, c’est juste fantastique.
Conclusion 3 : C’est un moment incroyable où tout se mêle. Où l’on se dépasse, avec de bonnes surprises et de grosses douleurs qui s’imprime en nous comme un tatouage dans l’âme. Ne laissons personne le gâcher ou le voler. La fierté que je ressens me mets a l’abri de toute peine, atteinte, critique ou déprime. J’ai accouché, elles m’ont aidées à accoucher et pas l’inverse. Et je suis fière. J’ai donné la vie. Je souhaite à toutes les futures mamans de ressentir cette confiance en soi.
ANONYME.

8 février 2012 – hopital ami des bébés

20 Avr

Mon terme était pour le 7 février, donc le jour J je me suis présenté comme convenu à la maternité pour une visite de contrôle avec monito, et une petite écho pour vérifier que le niveau de liquide amniotique était encore suffisant.
– tout va bien madame, vous pouvez rentrer chez vous, si rien ne se passe d’ici là, revenez dans 48h.
parfait merci, bon bein attendons hein!!

(je précise que j’ai un mari formidable, très à l’écoute généralement. il devait être un peu en stress!)

le 8 février 2012, vers 20h, j’ai ressentis les premières contractions douloureuses… aille… elles se sont stabilisées vers 22h, et à minuit les 2h de contractions stables étant passées, je réveille mon cher et tendre

– chéri, réveille toi, si tu veux prendre une douche avant de partir, on va faire une balade cette nuit
– hmmmmmmm, t’es sure??
– oui oui, certaine!

le temps que chéri émerge, je bouge, me met dans tous les sens à chaque contraction pour essayer de supporter la douleur, un coup à 4 pattes sur le canapé, un coup assise sur le swiss ball… là mon homme a compris que je plaisantais pas, le moment était arrivé!
minuit trente, le bagage à la main, nous sortons de chez nous. une magnifique nuit où la lune baignait le sol enneigé de sa lumière, nous avons aperçus quelques biches gambader dans la prairie voisine, c’était magique…
chéri démarre la voiture, hop c’est parti…

– ça va? tu veux que je fasse doucement à cause des bosses ou quoi?
– non non chéri, fait vite, mais pas trop hein… zen!

je regardais l’horloge de la voiture, entre les contractions je me sentais tellement bien, à me demander si je ne les rêvais pas, jusqu’à la suivante
arrivés sur le parking de la maternité, chéri prend le petit bagage spécial salle de naissance dans le coffre, je m’appuie dessus pour la contraction en cours

– bon, on y va? il fait froid…
– heuh, tu permet? c’est un peu de moi qu’il s’agit là!

enfin arrivés à 1h du matin, la SF nous accueille, vérifie le dossier, m’examine (col à 1) installe le monito, me dit qu’on doit laisser faire le monito un certain temps… mais je ne tiens plus allongée sur le dos, c’est juste horrible. je ressens chaque contraction bien dans le ventre et dans le vagin. je sonne un peu plus tôt pour demander à bouger, c’est intenable. elle regarde la feuille de monito, et me dit que oui, c’est bon on va me libérer

– vous voulez essayer de prendre un bain?
– oh oui volontiers!

elle nous installe dans une toute petite salle de bain, avec une petite baignoire, et nous amène un poste CD avec de la musique douce… super!
bon et bien allons-y, pourvu que ça me soulage un peu…
pas de bol, non je ne suis pas du tout soulagée, chaque contraction est pénible, et le fait d’être immobilisée n’arrange pas la chose… donc au bout de 20 bonnes minutes je sonne

– désolée, ça m’aide pas du tout
– ne vous en faites pas, on va aller en chambre de naissance.

elle nous emmène dans une superbe pièce, très spacieuse, avec un lit spécial au milieu, des fresques au mur, un canapé dans un coin (chéri l’a tout de suite réquisitionné pour dormir un peu, le pauvre il était épuisé par sa journée de travail!) et nous laisse en toute intimité. je sors mon petit baladeur mp3, j’essaye de me détendre en marchant, me mettant sur le ballon à disposition, de nouveau je me lève, je p’appuie les coudes sur le lit… les contractions sont violentes… c’est à la limite du supportable…
puis j’entend de la chambre de naissance voisine
– aaaaaaahhhhhhhh, ça fait mal
bon sang, flûte alors, pendant une bonne dizaine de minutes ces cris de douleurs, moi qui souffrais déjà tant ça m’a fiche la trouille!
je ne voulais pas de péridurale à la base, mais finalement j’ai sonné et demandé à faire venir l’anesthésiste. moins de 5 minutes plus tard elle était là, et commencé la procédure. chéri a du sortir pendant ce temps…. flûte, en pleine installation:
– j’ai une contraction qui arrive!!!
– courage, ne bougez surtout pas, toujours le dos rond
quelqu’un me tenais les bras. et d’un coup soulagement… la péridurale fait vite son effet.
il est 3h30, mon col est à 5, on me dit que j’ai bien avancé.
je me repose un peu, j’ai même été tellement soulagée que je me suis assoupie une vingtaine de minutes. ce qui m’a fait du bien!

vers 4h30, la sage femme reviens, je commence a sentir de nouveau une de mes jambes, la droite je crois. elle m’examine, col à 6. elle me dit qu’elle va me percer la poche des eaux. bon ok, pas de problème…
– maintenant mettez vous un peu de côté, ça va éviter de trop ralentir le travail avec la péridurale
je m’exécute
– heuh, non ça va pas, ça coince entre les jambes
– ah, remettez vous sur le dos, je vais regarder….. bon c’est parti, vous allez accoucher
– hein quoi? là maintenant??
– oui oui, c’est parti.

elle place devant moi une arche métallique et me propose de m’accroupir. je fais, j’essaye, on commence. non ça ne va pas… mon surpoids et mon manque d’exercices de ces derniers mois se ressentent… tant pis elle me demande de me rallonger, et de poser les pieds sur l’arche pour les relever. ooui je me sens mieux comme ça.
mon mari d’un côté, une puéricultrice (si j’ai bien compris) de l’autre, ils me repoussent les genoux vers l’intérieur. car il semblerait que mon fort besoin de pousser me fasse trop écarter les jambes, ce qui referme le bassin.
je commence à pousser, mon mari commence à exploser de rire…

– toi, ta gu**le ou j’t’éclate!!!
– ne vous en faites pas madame, c’est nerveux
mon mari:
– non non pas du tout!!

bon, il se calme, on recommence, je pousse, le bébé descend bien. bon sang ça fait mal, je crois que la péridurale ne fait aucun effet en bas, je sens tout. moi qui n’en voulais pas à la base, c’est pas plus mal. mais ayeuuuhhh
je pousse, je souffre

– allez madame c’est super, vous faites un super travail… non non ne bloquez pas dans la gorge, tout en bas

et je continue je pousse… pause… aille, ça fait mal, je fais quoi… si je reste comme ça, j’ai mal, mais si je pousse fort, il va sortir vite (me faire très mal) mais après je serais libérée. bon, faut y aller, de toute façon pas le choix, on ne peux plus faire marche arrière…
et je pousse, encore, plus fort, aaahhhhhhhh

– stop, on ne pousse plus

mais si j’veux encore pousser moi!!

05h23
– vous voulez le prendre? regardez il vous tend les bras!!
– mon fils!!!!

je l’attrape par sous les bras, il n’était qu’a moitié sorti, je l’amène vers moi, et je sens ses petites jambes passer la sortie… mon dieu c’est magique!
je le pose sur moi, la puéricultrice défait les manches de ma blouse pour me mettre à nu et l’avoir en peau à peau, l’essuie à peine, lui met un bonnet et un drap chaud sur nous… elle a fait les quelques petites vérifications d’usage… c’est merveilleux, papa est aux anges, il a coupé le cordon, maman est toute chose….
nous voilà émerveillés par cette petite chose qui bouge un peu, ces tous petits sons qui sortent de sa bouche, c’est nous qui avons fait ça?
puis je sens que quelque chose passe de nouveau

– vous me faite quoi là????
– c’est le placenta.

puis elle me nettoie, et me fait une piqûre

– et là? c’est pour quoi?
– vous êtes un peu déchirée, je vais vous recoudre
– c’est vraiment nécessaire??
– c’est mieux oui

bon, épuisée, sur le coup des hormones, je ne cherche pas, je laisse faire (c’est mon seul regret, je vous expliquerai pourquoi)
nous profitons de notre bonheur, bébé remue, rampe un peu vers la tétée, hop un coup à droite, un coup à gauche… ça fait bizarre!
au bout des 2 heures de surveillance, on me prend (gentiment) mon fils pour l’examen, 3,900kg. on le mesurera demain.
elle l’habille, montre au papa une astuce pour mettre la couche.
pendant ce temps là, on m’enlève la perfusion, je met mon pyjama pour la montée en chambre, hop, dans la chaise roulante, bébé dans son mini berceau emmené par papa.
7h30, le personnel servait tout juste le p’tit dej… mais c’est parfait!!!

mon séjour s’est parfaitement déroulé… mais je comprend pourquoi je ne voulais pas être recousue, ça me brûle!!! je vide les stocks de glaçons pour mettre dans ma culotte, c’est horrible… je pense que je n’ai pas supporté les points de suture, car ils me brûlaient pendant plus de 2 semaines.
hormis ça, le personnel a été très à l’écoute, très gentil, très respectueux. ils m’ont laissé mon intimité, j’étais très libre en fait… l’allaitement s’est très bien installé naturellement, à J2 j’ai eu une méga montée de lait, j’ai douillé… bébé avait déjà repris son poids de naissance, et la courbe a vite monté.
j’ai eu l’agréable surprise de recevoir la visite d’une jeune ostéopathe.

J’ai accouché à L*** Le S******, la première maternité de France à recevoir le label ami des bébés.
Je suis actuellement à 6 semaines d’accoucher de mon 2ème garçon, et je compte bien tenir le coup sans péridurale cette fois. et refuser catégoriquement qu’on me recouse si jamais je suis déchirée.
je suis heureuse de pouvoir accoucher de nouveau là bas, mais j’ai peur que d’avoir eu un premier accouchement tellement parfait, celui ci ne se passe moins bien… je croise les doigts…