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#350 La naissance de K., dans l’Ardèche près de la Drôme

1 Mar

On est parti vendredi à la mater parce que j’avais des contractions, une fois là-bas on m’a dit que c’était une infection urinaire et que dans 48h je serais rentrée à la maison.
On m’a installée dans une chambre double au bout du couloir (la dernière disponible), « l’agréable » SF a insisté pour que chéri rentre, j’ai passé la nuit perfusé avec antibio et spasfon.
7h30 « l’agréable » SF arrive et boom je romps la poche des eaux devant elle pile poil au moment où elle me dit qu’elle avait raison et que c’était pas des contractions.
Changement d’équipe à la mater, on me demande après un monito de 20 minutes de faire un suppo « pour me vider » et de prendre une douche, et là je ne verrais plus personne….

J’ai senti et reconnu la poussée comme pour la naissance de ma 1ère fille ce qui a sauvée K. sinon elle serait née dans les toilettes/sous la douche… donc je me suis allongée sur mon lit.
La nouvelle SF est arrivée pour se présenter: Bonjour madame… euh attendez je l’attrape…
J’ai douillé pas mal, mais rien d’insurmontable mais surtout je me sens comme un chien qu’on a laissé de côté.
Officiellement ma fille est née à 8h25 c’est à dire l’heure à laquelle on est arrivé dans la salle de naissance.

Et je ne vais pas vous faire flipper en vous parlant de mon séjour qui a été la catastrophe, à me dégouter de faire un n°3!

Pour parler de mon séjour en lui même, voici quelques exemples:
– gros souci d’anémie, ils m’ont fait 3 poches de fer alors que normalement ils auraient dû me faire une transfusion sanguine, qu’ils m’ont imposée au bout de 4 jours sinon ils me laissaient pas sortir de la clinique, un professeur est venu spécialement pour nous faire flipper mon mari et moi comme quoi à la moindre coupure j’allais mourir (pas de pression du tout…)
– aucune considération du personnel qui m’ont réveillée tous les jours à 7h30 pour le petit dej suivi par le ménage de la chambre, on laissait la porte du couloir ouverte pour que ça sèche donc n’importe qui pendant ce temps avait une vision de ma chambre et de mon intimité
– dans un moment de fatigue de ma part, mon mari a demandé au personnel un biberon et la puéricultrice « lui a bouffé le nez » en lui répondant que quand on choisit l’allaitement on ne donne pas de biberon

Le summum c’est qu’à la visite des 6 semaines après l’accouchement mon gynéco m’a annoncé qu’il me restait un morceau de placenta donc il me reste 1 semaine pour que mon corps l’expulse sinon c’est opération sous AG, d’ailleurs c’est la seule personne du corps médical qui s’est excusé pour mon accouchement et le reste.

Pour essayer de me « reconstruire » je viens de commencer des rdv avec une psy spécialisée dans ce domaine, depuis mon retour à la maison je ne pouvais pas dormir seule, en fait je ne peux plus rien faire seule, j’ai peur de l’abandon et j’en veux énormément à mon époux qui n’a pas su me faire confiance quand je lui disait que j’allais accoucher.

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#336 Un accouchement idyllique, la suite un peu moins

2 Fév

J’ai accouchée le 16 décembre 2012 à 20h55 à la maison, dans le calme et la douceur avec F., mon compagnon et E. ma super sage femme.
Il y a eu juste ce moment où mon loulou a fait une détresse respiratoire, très vite réglée par E. Cependant avec l’inquiétude je me suis mise a saigner. Pas beaucoup, mais assez pour que E. me demande d’aller a l’hôpital. C’était le deal. Au moindre couac, direction la maternité!
Nous y sommes arrivé vers 23h. E. est venue avec nous.
Dès notre arrivée, une auxiliaire de puériculture m’a enlevé mon bébé pour l’emmener « faire les examens d’usages ». Le papa a pu aller avec lui (sans le toucher bien sur, c’est fragile ces choses là monsieur, laissez faire les professionnels!).
Pendant ce temps la sage femme de service a voulu vérifier la suture que E. avait fait sur ma déchirure. J’avais un œdème et lorsqu’elle a touché pour essayé de voir les points ça m’a fait extrêmement mal. Elle m’a également appuyé fort sur le bas ventre pour évacuer le sang et fais une petite toilette a l’eau froide. Malgré tout elle a été gentille et m’expliquait ce qui se passait.
Une fois la première partie de la torture finie (elle m’a appuyé fort sur le ventre jusqu’à environ 4h du matin, j’ai eu un hématome sur le point d’appuis le lendemain) le pédiatre (je l’ai lu sur son badge et son air condescendant) a fait son  apparition pour me « rassurer » suivit par F.
« Madame, ce que vous avez fait est très grave! Votre fils a failli mourir! Bon il va bien maintenant que nous l’avons aspiré et mit sous oxygène! Vous pourrez le voir dans la matinée! »
A moitié sous le choc de cette tirade j’ai osé demander a le voir plus tôt ne serait-ce que pour lui donner la tétée, il n’avait pas voulu prendre le sein a la naissance et du coup n’avait pas encore mangé.
« Ha! Mais ne vous inquiétez pas nous lui avons déjà donné un biberon! » avant de faire volte face et de nous planter là.
J’ai regardé avec de grands yeux, mon compagnon, E. puis la sage femme.
« J’espère que vous n’avez pas fait ça… C’est une entorse a la charte du patient! Je ne suis pas dans les vapes, ni le papa! Vus DEVIEZ nous dire ce que vous alliez faire!! »
J’étais fatiguée, a bout de nerfs et de patience. E. me caressait doucement les cheveux en me demandant de rester calme. La sage femme avait l’air de ne pas comprendre les paroles du pédiatre.
« Ils ne lui ont rien donné, en tout cas pas encore, Monsieur est resté avec le petit jusqu’à ce qu’il entre en néo natalogie, le temps qu’ils le scopent et qu’il l’installent… Venez Monsieur je vais vous emmener le voir comme ça vous pourrez leur dire de ne pas lui donner de biberon. »
Je l’ai chaudement remerciée, ils sont revenus quelques minutes après, le petit avait pris une pipette de lait… Bon, adieux ma première tétée, mais c’est toujours mieux que le biberon.
E. est partie après une dernière pression utérine. Elle aura été avec nous pendant plus de 12h.
Ne tenant pas sur mes jambes, la sage femme m’a installée sur un fauteuil, et nous a emmené F et moi voir notre bébé. Elle est repartit après s’être assurée que quelqu’un pourra nous conduire a notre chambre.
Nous avons été reçu comme il se doit…
-« Qu’est ce que vous faites encore là? Voir le petit? Il est fatigué et a besoin de se reposer! Et vous aussi madame allez dans votre chambre! »
En regardant derrière elle j’ai pu apercevoir mon tout petit, allongé sur le dos, des fils partout, un tuyaux a oxygène dans le nez entrain de hurler. J’ai senti monter une fois de plus mon envie de meurtre.
-« Il a surtout besoin de sa maman et moi j’ai besoin de lui! De plus j’aimerais lui donner le sein, il n’a pas tété encore et je ne voudrais pas manquer ma montée de lait! »
-« Mais madame, c’est pas en lui donnant le sein que le lait va monter! C’est en vous reposant! »
-« Je ne vous ai pas demandé votre avis… Je ne partirais pas sans avoir vu mon fils… »
Il y avait une autre maman dans la pièce avec un minuscule bébé dans les bras qui observait la scène. Je pense que si elle n’avait pas été là, la puéricultrice m’aurait tout simplement fermé la porte au nez.
J’ai pu enfin serrer mon fils dans mes bras, chose que je n’avais pas fait depuis presque 6h. Je suis restée avec lui de courtes minutes puis F. exténué, m’a demander d’aller en chambre qu’on puisse se reposer quelques heures.
Arrivé en chambre j’ai demandé un tire lait. L’aide soignante m’en a apporté un et m’a expliqué comment faire.
J’ai dormi un peu et après le changement d’équipe je suis retournée voir mon petit.
La puer de jour n’était pas beaucoup plus engageante que celle de la nuit, m’enfin elle a débranché les fils de la machine et m’a mis mon fils dans les bras. Il n’avait plus d’oxygène, par contre ils lui avait laissé d’affreux sparadrap sur les joues.
Je suis restée avec lui jusqu’à midi, puis la sage femme de jour est venue me chercher car elle voulait voir la suture.
Elle n’a pas été douce du tout. Quand j’ai osé gémir alors qu’elle écartelait mon intimité tout oedémaciée elle m’a dit que d’arrêter mes enfantillages et que quand on fait n’importe quoi il fallait en assumer les conséquences. Du coup je lui ai demandé si sa mauvaise humeur faisait partie des conséquences a assumer. J’ai eu encore plus mal ensuite. Elle m’a enlevé ma perfusion et m’a entouré le bras de sparadrap avec un petit sourire satisfait.
j’ai donné mon plateau repas a F. (puisque personne nous avait proposé de plateau accompagnant) et suis retournée en néo nat.
En fin de journée, voyant les fils constamment débranché j’ai demandé a la puer si je pourrais avoir mon petit en chambre.
-« Non! il faut surveiller son taux d’oxygène dans le sang! »
-« Mais il a passé sa journée débranché! »
-« oui mais vous le surveillez »
-« Ben je peux le surveiller dans ma chambre… »
-« Non c’est non. »
Au final j’ai récupéré mon fils que le lendemain soir. Je n’ai pas connu les équipes suivantes, je m’arrangeait pour ne pas être dans ma chambre lorsqu’elles passaient et elle ne sont pas venu me chercher.
J’ai vu un second pédiatre le matin de mon hypothétique sortie.
-« Il va très bien cet enfant, vous pouvez sortir… Attendez c’est vous qui avez accouché a domicile? »
-« ……..oui……. »
– » Le taux de sucre est trop bas, surveillance glycémique de 24h! »
Je devait réveiller mon loup toutes les 3h pour le faire piquer et ainsi « surveiller sa glycémie », pendant la nuit, la sage femme de garde m’a dit que c’était un prétexte pour me garder 24h de plus car dans cet hôpital « on ne sort pas avant 3 jours ».
Au matin, lorsque le pédiatre est entré dans ma chambre je lui ai dit cash
-« Soit vous me laissez sortir, soit vous me donnez une décharge, dans tout les cas a midi je ne suis plus dans vos murs »
-« Si vous aimez jouer avec la vie de votre enfant, ce n’est pas mon problème, donnez le moi je dois au moins faire la visite du 3eme jour »
Je lui ai laissé faire sa visite puis j’ai plié bagage et a 11h je n’étais plus dans leurs murs.
Je suis enceinte de mon deuxième enfant et j’ai bien l’intention de recommencer l’expérience de l’accouchement a domicile. J’ai changé de maternité de secours et le peu que je les ai vu les sages femmes ont l’air plus engageantes. Nous verrons bien en avril!

#335 Charlène, dans le Sud de la France

2 Fév
Cette année devait être la plus belle à mes yeux, celle ou j’allais être maman pour la première fois…
J’ai 19 ans et je vis dans le SUD.
Dès que mon test de grossesse a été positif, je n’ai pas perdu 1 seconde pour me lancer dans l’aventure et j’ai pris mon premier rendez vous chez une gynécologue pour une échographie de datation.
La rencontre avec cette gynécologue à réellement lancé l’aventure qui c’est avérée être, un parcours du combattant.
Le jour du rendez vous, cette gynécologue m’a tout de suite traitée comme un chien. Elle a beaucoup insisté sur mon jeune âge et m’a demandé de me mettre nue sur son fauteuil. J’ai eu le droit à une écho vaginal sans même qu’on m’explique le principe. Au bout de 2 min, elle me demande de me rhabiller et me donne une feuille. Elle me demande de lui faire un chèque de 28€ et au revoir mademoiselle ! Sur le coup je n’ai pas réagis mais j’ai quand même demandé si j’étais bien enceinte et si mon bébé était vivant, ce à quoi elle a répondu :
‘ Si vous faites une fausse couche vous n’aurez qu’à remettre ça le mois prochain, 28€ s’il vous plait ‘ !
Ce fut le début de l’horreur pour moi. L’hôpital a refusé de me prendre avant 6 mois malgré ma grossesse à risque. J’ai été suivie par ma généraliste et l’échographie de mes 12 et 22 SA ont été faites dans un cabinet privé. Durant ces deux premiers trimestres j’ai beaucoup souffert, je me suis sentie seule et totalement délaissée. De plus, mon patron m’a forcé à me mettre en arrêt du fait de ma grossesse car : ‘ une femme enceinte c’est une femme handicapée, ça ne sert à rien dans l’entreprise … ‘
Je suis arrivée difficilement jusqu’à mes 26SA de grossesse, mal suivie, la peur au ventre, je ne savais pas ce qu’il allait se passer que ce soit pour mon accouchement ou pour la suite. J’ai été malade du premier jour de ma grossesse jusqu’à la fin, l’angoisse, le stress…
Puis à 5 mois je me suis retrouvée aux urgences pour contraction. On m’a mise en arrêt maladie et alitée, ce n’est pas pour autant qu’on m’a suivi plus tôt que prévu à l’hôpital. J’étais seule chez moi, toute la journée, en attendant de voir enfin un médecin en gynécologie.
Le 6ème mois est arrivé et j’ai enfin pu rencontrer une gynécologue, celle qui allait m’accoucher. Je suis arrivée à ce rendez vous heureuse et je suis ressortie en larmes. Quand je lui ai annoncé que je devais avoir une césarienne à cause de mes problèmes de coeur, elle m’a annoncée que non, elle m’accoucherait par voie basse malgré la lettre de mon cardiologue. Je n’ai pas le droit de pousser. Pour elle, il était plus simple de tirer le bébé avec une ventouse que de faire une césarienne. Ensuite après un touché et un tour sur la balance je suis partie. Le rendez suivant ( 1 mois après ) a été une bataille pour faire valoir la demande du cardiologue. Rebelote un simple touché et un tour sur la balance…
J’ai eu l’impression de n’être rien dans ce monde-là. J’ai eu la chance de trouver une sage femme qui m’a accompagné vers 7 mois jusqu’à la naissance de mon fils car sinon, je pense que j’aurais craqué. Etre seule dans ce milieu, malgré la présence de mon conjoint qui était lui aussi autant pommé que moi devant ce médecin sans aucun sentiment et qui avait l’air de se foutre complètement de mon état de santé était incompréhensible. Nous avons demandé à changer de gynécologue mais si je voulais changer, je n’avais qu’à accoucher ailleurs ! Donc trop loin de chez moi…
Je n’avais qu’une envie, arriver à la fin. Puis le 8ème mois est arrivée, je me suis sentie de plus en plus mal avec des douleurs atroces dans le ventre. 4 jours avant ma césarienne je me suis décidée à me rendre aux urgences après avoir tenté pendant 3h de joindre la maternité par téléphone…
Nous avons dans un premier temps rencontré une sage femme des urgences qui avaient l’air de se foutre totalement de mon état :  » Ha vous avez mal au ventre ? Ho mais vous stressez pour la césarienne c’est tout, prenez quelque chose pour vous calmer comme du spasfon et rentrez chez vous « . Après lui avoir fait comprendre que non je ne stressais pas et que j’avais mal, elle s’est enfin décidée à m’examiner. Col fermé mais on me met sous monito ‘ au cas ou ‘…
Après 1h de monito mes douleurs me reprennent et là s’affiche une grosse contraction et le coeur du bébé ralentit et ça à chaque douleur. Enfin on me prend au sérieux, enfin on m’écoute… Je suis restée 2h sans voir personne, accrochée à cette table… Puis on est venu me dire que j’avais le choix entre prendre de la morphine pour tenir 4 jours ou avoir la césarienne le lendemain. J’ai donc demandé ma césarienne car la douleur était insupportable.
J’ai passé ma nuit dans une chambre, seule avec une autre maman, sans aucune visite, personne n’a voulu me donner d’anti douleur ou m’expliquer pourquoi le coeur de mon fils ralentissait aux contractions…
Le lendemain à 8h une personne est venue me raser devant ma coloc de chambre, sans me cacher.. Ensuite une douche à la bétadine et on me conduit dans le fameux bloc. Je suis détendue, je n’ai pas peur, j’ai toujours su que j’aurais une césarienne. Puis ma gynécologue arrive, pas un regard, un petit bonjour et elle a détournée la tête… La césarienne commence.
Au bout de 10 min, j’ai compris que quelque chose clochait, ma gynécologue demande d’augmenter le son de la musique, je vois d’autres personnes rentrer, puis au bout de 15 min on m’annonce que mon fils est né, pas un pleur… d’un coup j’entends du bruit à côté, je vois des personnes partir en courant… Personne ne me dit rien. Puis j’entends des pleurs, enfin, j’ai cru ne jamais les entendre.
En salle de surveillance j’ai enfin mon fils dans les bras, il est plein de bleu, tout blanc, tout petit alors qu’il était estimé plus gros. On m’annonce que tout s’est très bien passé mais qu’on doit lui faire une radio du crane, qu’on fait ça à toutes les césariennes. Ensuite on m’explique qu’il a un soucis de pied tordu, mais pareil, ça arrive à toutes les césariennes… Première tété, mon fils tête très bien. Mais on le complète à la seringue, on m’explique qu’il fait de l’hypoglycémie et que c’est normal… Le soir, en retour en chambre, sans m’expliquer encore une fois, on sonde mon bébé, car, il ne garde pas assez son sucre.
Le lendemain on m’interdit d’allaiter pour ne pas le fatiguer… j’ai tapé des pieds et des mains pour avoir un tire lait.. on me laisse seule avec cette machine. On m’autorise à mettre mon fils à téter toutes les 6h sans m’expliquer comment le mettre au sein, je n’y arrive pas avec la césarienne, on ne m’aide pas, je suis seule… je demande de l’aide et au lieu de ça on me dit que ça fait trop longtemps que je stimule mon fils et qu’il se fatigue et on le remet sous sa sonde… bien sur qu’il n’a pas envie de se fatiguer à téter , il est nourrit H24 par cette sonde et ça lui suffit, il n’a pas perdu de poids…
J’ai demandé à savoir comment c’est passé ma césarienne, personne ne me répond sincèrement, on me ment, on me cache des choses. On me prend un rendez vous avec un spécialiste dans un autre hôpital, dans une autre région car mon fils a ‘ un soucis à la tête ‘ mais selon les pédiatres, rien de grave… On ne me donne pas le nom de sa maladie car ‘ soit disant ‘ on ne sait pas…
 4 jours après, on lui enlève sa sonde et j’ai râlé pour avoir une sage femme pro allaitement pour m’aider enfin à mettre mon fils au sein ! J’avais mes montées de lait, j’avais envie de tout faire pour réussir mon allaitement.. A j5 il commence une jaunisse, les médecins ne veulent pas le traiter pour le moment et préfèrent attendre qu’il soit dans la courbe critique… A j6 mon fils est enfermé dans cette machine H24 et ne sera sortie que pour téter… Je n’en pouvais plus de ce calvaire, de ces mensonges…
Je suis sortie à J9, après m’être fait manquer de respect par une sage femme. Elle avait prévue ma sortie au matin et mon conjoint ne pouvait venir que l’après midi… elle s’est permise de me dire que :  »  si il faut aller chercher votre fils à la crèche vous le laisserez dans la rue car vous ne pourrez pas arriver à l’heure ?  Vous devriez prendre un taxi, quoi ? Vous n’avez pas les moyens de payer un taxi ? Alors pourquoi vous faites un enfant si vous n’avez pas d’argent pour payer un taxi ? C’est quoi ces jeunes… Vos parents ne peuvent pas venir vous chercher car ils n’habitent pas la région ? Mais vous êtes comme tous ces jeunes qui viennent dans le SUD pour le soleil et le jour ou vous êtes dans la merde c’est bien fait pour vous !! ‘ Après tant de méchanceté je me suis permise de la remettre à sa place et elle m’a envoyé la psy pour être sûr de mon état psychologique pour sortir… Je lui avait juste demandé a sortir l’après midi au lieu du matin…
Durant cette grossesse je me suis sentie seule et durant ce séjour à la maternité j’ai été humiliée et on m’a menti et mise de côté…
10 jours après ma sortie, je reçois mon compte rendu venant de ma gynécologue qui explique que tout c’est bien déroulé durant la césarienne… 1 mois après je reçois un second compte rendu… celui du pédiatre… et là, j’ai enfin appris toute la vérité. La césarienne c’est mal passé, ma gynécologue a paniquée, elle aurait ratée son extraction avec les spatules et aurait tenté de sortir mon fils avec les mains. Mais comme elle n’a pas fait d’écho avant, malgré qu’on m’ait admise car il y avait un problème, elle ne savait pas que la position de mon fils était très mauvaise, coincé dans mon ventre, cordon autour du cou. Elle a donc sortie mon fils en le tirant par les pieds alors qu’il était tête en bas… une sortie brutale qui lui a valu un problème à la hanche et ses pieds ainsi que de nombreux bleus. Il ne respirait pas à la naissance. Et on a détecté une craniosténose dès le premier jour. Mais rien de tous ça ne m’a été dit… Rien du tout…
Je ne me sens pas prête a retenter l’expérience, je souffre encore de ces mensonges et de ce suivi catastrophique…
 Merci de m’avoir lu.

#311 Edith, Bourgogne

28 Nov
Accouchement mal préparé ou mauvaise écoute ?‏
Le doute restera pour longtemps. Me suis-je mal préparée à mon accouchement ou n’a-t-on pas souhaité être à mon écoute ?
Rien ne s’est passé comme j’aurais pu l’imaginer. « Vous aurez des contractions de plus en plus fortes et rapprochées ou vous perdrez les eaux et vous devrez venir à la maternité « ! Mes contractions ont été tout de suite très intenses et ne s’espaçaient que de quelques minutes pendant deux jours avec une acalmie au milieu. Je ne savais plus quand partir à la maternité. La sage-femme m’avait renvoyée chez moi car le travail n’avançait pas au-delà d’un centimètre d’ouverture du col … Lorsque je suis revenue à la maternité, j’étais fatiguée de ces deux jours de souffrance, j’avais besoin de soutien. Mon mari n’avait pas ses repères. Il était sous le coup de l’émotion et de la fatigue car lui aussi m’a vue souffrir pendant ces dernières 24 heures. Lors de mes précédants passages à la maternité on m’a demandé si je souhaitais la péridurale. J’avais répondu que je ne l’acceptais que si je ne parvenais plus à gérer la douleur. Ceci a été inscrit dans mon dossier. Lors de mon accouchement, en salle de travail, je m’accrochais aux paroles encourageantes et réconfortantes de la sage-femme présente cette nuit-là, jusqu’à ce qu’elle décide que je rejoigne ma chambre car le travail n’avançait pas assez vite selon elle. Je précise que j’étais la seule personne à accoucher pendant ce temps. Elle me laisse seule avec mon mari et un ballon. « Prenez une douche si vous y arrivez et appelez-moi si vous n’en pouvez plus pour qu’on vous fasse la péridurale … » Evidemment, je n’ai pas tenu plus de 20 minutes. J’avais mal, mais j’avais surtout peur. Cette douleur que j’ai su gérer à la maison devenait incontrôlable pour moi dans cette chambre d’hôpital en présence de mon mari, lui aussi désemparé. Je ne tenais pas debout.
Parce que je demande la péridurale – je dirais même que je l’ai suppliée – je me retrouve en salle d’accouchement de nouveau entourée de cette sage-femme … C’est pratique, je n’ai plus mal et je n’ai plus qu’à dormir ou attendre. Elle ne vient me voir qu’une fois de temps en temps pour vérifier l’avancée du travail. Elle manipule mes perfusions sans m’expliquer quoi que ce soit ou en répondant vaguement à mes questions. Elle finit sa nuit de garde et me laisse entre les mains d’une nouvelle sage-femme. Le monitoring présentait bien pourtant. Cependant le col était à 9 centimètres depuis 2 heures. La nouvelle sage-femme me demande de l’appeler lorsque je sentirai l’envie de pousser. La péridurale était-elle trop forte même si je sentais mes contractions ? Je n’ai jamais ressenti l’envie de pousser. Elle a donc décidé elle-même que c’était le moment. En moi, j’étais convaincue du contraire. Elle m’a fait comprendre que je devais pousser car ce serait mieux pour l’enfant et pour moi car je devais bien « en avoir marre aussi … » Evidemment, je ne savais pas ce que je faisais. Je ne sentais rien. L’enfant ne sortait pas malgré tous mes efforts acharnés. J’ai voulu accoucher sur le côté. Je demande qu’on me maintienne les pieds. La personne à mes pieds n’a fait que semblant de me maintenir … seul mon mari m’encourageait. La sage-femme parlait très peu. Elle me fait comprendre que c’est mieux d’accoucher sur le dos… « Poussez bien sinon j’appelle le gynecologue ! » Je pousse tellement fort que j’en deviens bleue. Je pleure de desespoir car je ne sais pas si le bébé avance ou ce qui ce passe en moi. Elle appelle le gynécologue. J’ai ressenti ça comme une punition parce que j’avais mal poussé … Il pratique la ventouse et forceps après m’avoir dit : « Surtout n’oubliez pas de pousser, je suis pas le seul à bosser ici ! » Je lui réponds que je pousse évidemment. Je ne comprends pas pourquoi ils ne le voient pas ! Mon bébé sort enfin pour mon plus grand bonheur mais je vomis toute la bile que j’ai dans le ventre. Le gynécologue demande à la puericultrice de retirer l’enfant avant que je ne le recouvre de ce que je renvois : « Ce n’est rien, me dit-on, ce sont les produits que vous avez dans le corps, ça va passer … » Quand j’ai fini, la puericultrice pose à nouveau ma fille sur moi. J’étais assoiffée et vidée.
Ma petite ne parvenait pas à téter malgré la bonne volonté de toutes les sage-femmes et puericultrices qui sont venues dans ma chambre m’aider chacune à leur façon. Elles venaient parfois à 4 pour me la mettre au sein. Voyant qu’elle perdait du poid, on me propose de tirer mon lait.
Sortie de la maternité, à raison de 8 fois une demi-heure de tire-lait par jour + tentatives de mise au sein + biberons, j’ai fini par abandonner.
J’ai pu commencer à tisser des liens avec ma fille à ce moment-là.
Merci d’avoir lu ce témoignage.
A présent, je souhaite effacer tout ça de ma mémoire au plus vite. Je sais bien que je ne suis pas seule à vivre ces moments-là et que d’autres femmes ont subi des accouchements bien plus terribles. Pourtant, il est important de dire que certaines d’entre-nous ont eu le sentiment que tout aurait pu être si simple avec un accompagnement verbal et sans rupture. Des paroles réconfortantes aident autant sinon bien plus que le recours médical…
Edith, Bourgogne

#310 De la grossesse aux suites de couches – Hauts-de-Seine

28 Nov
Je considère que la naissance c’est aussi le suivi de grossesse et les suites de l’accouchement.
Et là franchement, le respect des personnes est loin d’être garanti!
Le suivi de grossesse
Franchement très décevant.
La maternité de niveau 2 où j’étais inscrite prend des allures d’usine pour les consultations de suivi. On te demande de venir 30 minutes en avance et le gynécologue ou la sage-femme qui assure les consultations, avait presque toujours une heure de retard.
Examen rapide, aucune question sur le moral des troupes, les craintes, etc. Juste une phrase répétée au moins 2 millions de fois : si vous voulez la chambre individuelle, c’est 100€ et il faut réserver maintenant. Ok merci!
Le pire moment a été la 2ème écho. sortant d’une première écho géniale à 3 mois faite en clinique par une gynécologue attentionnée et qui a duré 45 minutes, on est arrivés la bouche en coeur, préparés à découvrir le sexe de notre bébé. Ma propre maman, elle-même sage-femme, m’avait expliqué que cette écho était généralement assez longue car on prend bien toutes les mesures et on voit bien le bébé.
Et ben raté! L’écho a duré 12 minutes au total dont 10 minutes durant lesquelles le médecin a engueulé son interne qui effectuait l’écho. On ne nous a rien montré, rien expliqué, bref on était invisibles! Ah si, juste à un moment, le médecin nous a demandé si on voulait connaître le sexe, on répond oui et là il dit c’est un garçon, point barre. Ce c**** ne nous a même pas montré le petit trilili.
Mais bon cela avait un côté pratique car tous les examens (urine, sang, prélèvement) étaient faits sur place et du coup, je n’avais pas besoin de retourner en labo après.
Heureusement, j’ai fait la prépa accouchement chez une sage-femme libérale très sympa : un peu trop pro-allaitement et anti-péri mais elle ne jugeait pas.
En dehors de tout ça, grossesse idyllique.
Fin de grossesse et accouchement
Bien vécu sur le moment mais peu d’informations.
Le jour J, rdv de contrôle : col ouvert à 1, épais et ramolli. On me décolle les membranes sans m’expliquer (oh b*rdel quel mal de chien!) et on me renvoie chez moi.
J+2 : j’avais rdv mais dans la nuit précédente, on s’est pointés à la maternité parce que j’avais eu des contractions (même pas douloureuses) + perte bouchon muqueux et qu’on était pressés surtout!
J+4 : rdv pour déclenchement. On avale un gros brunch avant d’y aller et on part de chez nous, sachant qu’on ne reviendra pas seuls.
8h30 : on me branche au monito + pose perf : j’ai des contractions régulières donc on me débranche vers 11h pour aller marcher et laisser faire la nature.
14h00 : retour au monito : les contractions se sont arrêtées donc on va lancer le déclenchement à 16h avec tampon. On m’informe juste qu’avec le tampon ça ira plus vite.
18h00 : on m’amène à la chambre car n’ayant que peu de contractions, ça sera sans doute long. On me prévoit un monito à 22h.
18h30 : les contractions démarrent c’est atroce tout de suite. Je me dis que je ne vais pas y arriver car un premier accouchement peut durer très longtemps.
21h30 : je suis un animal!
21h35 : j’appelle la sage-femme pour avoir un ballon. ça ne change rien et devant ma douleur, elle tente un toucher vaginal pour vérifier l’avancement du travail. Jamais ressenti une pareille douleur de toute ma vie, mon corps entier s’est cambré pour échapper au toucher.
En fait, mon col était postérieur et la tête de bébé devant, donc elle devait crocheter par derrière pour vérifier le col. EPOUVANTABLE!
Elle me propose donc de descendre en salle de naissance car les lits sont plus pratiques pour le toucher. Vu mon état, je n’ai pas cherché à comprendre.
22h00 : Arrivés en salle de naissance, elles s’y mettent à trois pour le toucher, dont 2 qui me maintiennent. Mon mari était dehors et il m’a avoué après avoir eu le sang glacé en entendant mes hurlements.
22h05 : Col épais mais mou et ouvert à 3, c’est ok pour la péri.
22h35 : l’anesthésiste arrive. On m’a prévenue que c’était pas des rigolos les anesthésistes. Ah oui effectivement! Mais bon, au moins ça crée de la complicité avec les sages-femmes.
22h50 : A plus mal du tout, youpi!
00h00 : perçage de la poche des eaux.
00h45 : je suis dilatée à 5 cm, le coeur de bébé ralentit donc je suis en code rouge, les sages-femmes débarquent toutes les 5 minutes pour me tourner ou m’expliquer des choses.
1h : il y a 6 personnes autour de moi qui passent leur temps à s’excuser de me faire mal alors que je sens rien (vive la péri!); elles me préparent pour une césa au cas où car le coeur de bb ralentit trop souvent. On me rase, on me lave, on met un nouveau produit à la perf.
1h10 : suis dilatée à 8cm (3 cm en 25 minutes, ouah!), col effacé mais comme le coeur ralentit toujours, les sages-femmes appellent le médecin.
1h30, dilatée à 9cm, le médecin me demande de pousser pour essayer de gagner le dernier cm. Elle est gentille, mais sous péri : tu sais pas ce que tu pousses, mais bon je pousse quand même…
Avec 9 personnes dans la salle, bonjour l’intimité mais bon.
Finalement, le médecin sort les spatules pour aller plus vite.
1h54 : mon fils est né, on le pose sur mon ventre avec les mêmes mots que dans les émissions : « le sang, c’est le vôtre ». Ils lui font une petite toilette pendant qu’on me recoud l’épisio + déchirure. Puis mise au sein et on nous laisse 2 heures tranquilles.
5h30 : retour dans ma chambre, épuisée, vidée!
Un accouchement très bien vécu car les sages-femmes étaient très pros et rassurantes mais j’aurais bien aimé qu’on m’explique qu’un déclenchement, certes c’est plus rapide mais aussi que les contractions ne s’intensifient pas, elles sont directes hyper-méga-violentes, ce qui ne laisse pas vraiment de temps au corps pour s’habituer à la douleur. Un avantage quand même : tu es moins crevée à la poussée car le travail est plus rapide.
Suites de couches
Une catastrophe!
Chambre sombre, déprimante et un vrai sauna!
On ne m’a rien expliqué sur les gestes d’hygiène pour mes points. Me suis débrouillée toute seule avec un peu de bon sens.
Les auxiliaires de puériculture n’étaient pas gentilles, sauf une de jour. Mais la nuit quand j’étais seule, elles étaient odieuses.
La deuxième nuit, après 2 heures de pleurs de mon bébé non-stop, j’ai voulu lui donner un bain pour qu’il se détende et là l’auxiliaire de puériculture que j’avais appelé m’a dit : « Vous ne pourrez pas le mettre sous la flotte chaque fois qu’il va pleurer, juste pour le calmer votre gosse ».
Conseils en allaitement inexistants.
Retour à la maison, baby-blues avec des idées bien noires et en rejet partiel de mon fils.
Quelques jours plus tard, mon mari me retrouve tremblante, claquant des dents : 40.5° de fièvre!
On appelle SOS médecins : on nous envoie dans la 1/2 heure (un exploit) un médecin qui ne s’est pas lavé les mains, qui puait l’alcool et le tabac. Il a palpé mes nichons, écouté mon coeur et c’est tout. Dieu merci, il n’a pas farfouillé là où je pense.
5 minutes de visite = 70€ svp avec une ordo d’antibio.
Comme il était pas net, on a fini par appeler les urgences gynécos. Sur leurs conseils, on s’y est rendus. On a poireauté 2 heures en salle d’attente et je me suis faite engueuler par une sage-femme qui voulait que je nourrisse mon fils dans la salle d’attente.
Pas en état de résister, je l’ai mis au sein, tout en me balançant d’avant en arrière tellement je délirais.
Finalement, on m’ausculte et là on me dit que j’ai une endométrite (infection de l’utérus). Pourtant il me propose de rentrer chez moi. Moi qui étais pressée de rentrer quelques jours plus tôt, là j’ai insisté pour rester car j’ai bien senti que ça n’allait pas.
Ils m’ont donc gardé. Chose curieuse : la chef de service a dit à mon mari que si la mutuelle ne prenait pas en charge la chambre, tous les frais seraient à la charge de l’hôpital. Ah tiens! Depuis quand un établissement semi-privé fait la charité? Une erreur médicale..?
Au final, j’ai été réhospitalisé 6 jours et j’ai contracté 3 infections : utérus, sein et urinaire, chouette!
J’ai abandonné l’allaitement car j’étais épuisée. Mais là aussi, problèmes avec les auxiliaires de puériculture :
1) elles ne se passaient pas le mot donc chacune avait l’air de découvrir que j’arrêtais l’allaitement;
2) les commentaires du style : « Vous n’allez pas faire ça??? » ou même « Vous savez qu’en l’allaitant, il sera plus intelligent et moins risque d’obésité ». C’est ça, traitez-moi de mauvaise mère, pendant que vous y êtes.
J’ai mis du temps à ne plus culpabiliser pour cet arrêt de l’allaitement.
Heureusement, mon mari lui était ravi de donner à manger à son fils alors ça m’a aidée.
En plus, j’ai passé l’hiver et mon congé maternel, à avoir la trouille des infections donc suis très peu sortie avec mon bébé et j’ai cru pété un câble!
Enfin, mes suites de couches m’ayant vidée, j’ai mis beaucoup de temps à être bien dans mon rôle de maman. Le lien a été rompu, mon mari a dû le prendre en charge les 2 premières semaines.
Il me faut du temps pour m’attacher, je n’ai pas eu l’amour maternel immédiat. Puis j’ai perdu mon papa brutalement.
Finalement, c’est venu, mon fils a maintenant un an et je n’imagine même pas ma vie sans lui, je l’aime plus que tout mon fils!
Véronique

#01 Danaé

28 Jan

Tout a commencé avec un retard dans mes menstruations. Moi qui étais naturellement réglée comme une horloge, je m’interrogeais sur ce sang qui ne coulait pas. Bien sûr, je ressentais d’autres choses en moi, des choses qui auraient pu me mener sur une piste, mais je ne voulais pas leur prêter attention. J’ai souhaité attendre. Quelques heures, quelques jours, une semaine. J’avais tellement peur de me retrouver face à cette réalité, celle qui grandissait dans mon intérieur. Puis, n’en pouvant plus de tous ces doutes qui m’assaillaient, de tout ce futur potentiel qui se dessinait mais qui restait incertain, nous nous sommes décidés, mon Compagnon et moi, à aller acheter un test de grossesse. Je suis restée dans la voiture. Et c’est avec un large sourire que je l’ai vu revenir, un sachet à la main. La réponse à toutes mes questions était là, dans cette petite boîte en carton. Nous avons suivi à la lettre les consignes d’utilisation.
J’ai bu, beaucoup, et ai espéré très fort que le matin arrive vite tellement j’avais envie d’aller aux toilettes. Au lever du jour, je me suis glissée discrètement dans cette pièce, endroit peu chaleureux pour accueillir une telle nouvelle, pour effectuer le rituel. Je n’ai même pas eu à attendre que déjà deux barres très nettes s’affichaient, comme pour m’indiquer un chemin. Mon coeur battait fort avant cela. Puis, plus rien. J’étais seule face à moi-même et j’hésitais. Non pas à garder cet enfant, la question de l’avortement ne se posait pas, mais à partager la nouvelle avec celui qui était soudain devenu papa grâce à cet étrange objet. J’hésitais à lui mentir car je ne le sentais pas prêt. Je ne l’étais d’ailleurs pas moi-même. Quand, une fois dans la chambre, je me suis retrouvée face à son regard plein d’azur et d’étoiles, je n’ai pas pu lui cacher la vérité. Nous vivions un petit moment de bonheur, perchés sur notre nuage. Et celui-ci fut très court…

Les évènements se sont succédés à un rythme effréné. À tel point que j’avais l’impression que mon ventre grossissait à vue d’oeil. Les trois premiers mois ont été très difficiles. Pas de nausées ou autres symptômes habituels, mais une intense douleur dans le côté gauche de mon ventre, inexplicable. À cela se sont ajoutées une immense fatigue et une profonde dépression. C’est simple, je ne faisais que dormir et pleurer. Je ne m’alimentais pas ou mal, ne me lavais pas… bref, j’étais dans un état d’abandon le plus total. Je n’avais même pas la force de lutter. Et puis il y a eu l’échographie, la première. Je crois que c’est en voyant ce petit Être que j’ai pris conscience de sa réalité. Je ne pouvais quitter l’écran des yeux et ma figure illuminait la pièce d’un large sourire. La douleur s’est estompée pour finalement disparaître. J’avais vraiment la sensation qu’elle signifiait la fragilité du foetus, et que, du coup, son absence voulait dire que celui-ci était bien accroché. Je me suis reprise en mains et j’ai commencé à me laisser bercer par cet état magique, indescriptible. J’ai pas mal bouquiné sur le sujet. Je voulais entreprendre des activités en lien avec la grossesse. Et bien que le second semestre se soit passé avec délice, je n’ai rien fait ni rencontré personne. Au milieu du troisième mois, je suis entrée en contact avec mon Bébé. Un soir, alors que j’étais allongée et que je caressais mon ventre comme à chaque fois avant de m’endormir, je l’ai senti bouger différemment. Je l’ai alors observé. Et à ma grande surprise, quelques minutes plus tard, dans un geste lent, tendre et délicat, une petite main venait se poser non loin de mon nombril. Émue au plus profond de moi, je lui répondais par une caresse, paume contre paume. Je n’ai ensuite plus cessé de toucher mon ventre. Les trois derniers mois ont été plus éprouvants. Le ventre devenait lourd et je fatiguais rapidement. Comme pour me préparer à affronter un quotidien plus proche que je ne le pensais (et qui dure aujourd’hui encore), des insomnies se sont installées.

Cette grossesse, vous l’aurez compris, n’était pas préméditée. Nous étions un jeune couple, en pleine découverte de l’autre, avec un goût prononcé pour l’aventure, et nous sommes passés d’un coup au statut de maman et papa. Notre adaptation s’est faite au fur et à mesure, tant bien que mal. Chaque point lié à la venue au Monde d’un enfant, à son accueil, à ses besoins, à son développement… etc, soulevait en nous de nombreuses interrogations. Il fallait faire des recherches et palabrer longtemps pour que d’une part chacun trouve ce qui lui semblait bon, et d’autre part pour mettre en commun nos décisions. Notre quotidien a très vite pris l’apparence d’un casse-tête chinois. De mon côté, j’étais très intuitive. Je savais ce que je voulais ou ne voulais pas, mais ne pouvais expliquer avec des mots mes choix. Ce qui mettait un frein à la communication. Ce n’est que plus tard, à la lecture de certains témoignages, informations, données scientifiques, que j’ai pu me compléter en apportant des explications à mes ressentis. Et cela m’a fait un bien fou, dans ce tourbillon d’incertitude, d’apprendre que ce qui me paraissait naturel voire nécessaire était recommandé et appliqué par delà nos frontières, dans des cultures qui accordaient encore de l’importance à la Vie. Je désirais accoucher à domicile et redoutais plus que tout l’hôpital. Nous avions atterri chez mes parents à mon septième mois de grossesse, après bien des péripéties et n’ayant trouvé aucune autre solution. Malgré un climat quelque peu tendu et non confiant entre nous, ceux-ci avaient accepté, non sans peur, mon choix qui leur semblait extravagant. J’avais également fait la rencontre d’une Sage-Femme qui avait répondu favorablement à mon projet, malgré un suivi qui, on le savait, allait être très court. Tout semblait bien se dessiner. Jusqu’au jour où j’ai appris le décès de mon Oncle,
le 28 Mars. Il se trouvait dans un état transitoire depuis des mois, accroché à un semblant de Vie par des fils. Je n’étais pas proche de lui, mais plutôt de sa Femme, à qui j’aurais volontiers donné le nom de maman étant petite, ainsi que de leur troisième enfant, mon Cousin, qui a toujours été comme un grand frère pour moi. Sentir toute l’émotion que cette nouvelle générait autour et à l’intérieur de moi m’a profondément bouleversée. Ce que je savais c’est que sa mort allait donner la Vie.. Le lendemain, je me suis levée.. différente. J’avais du mal à marcher, mon bassin semblait complètement ouvert, et puis il y avait les contractions. Je ne leur ai pas accordé beaucoup d’importance au début car leur intensité m’était familière. Seulement ce jour-là elles étaient régulières; elles ne se sont ni estompées ni arrêtées. Le travail avait commencé… Je suis restée dans cet état durant encore deux jours. C’est-à-dire sans pouvoir ni dormir ni manger (ou très peu), ne supportant que la position assise sur mon ballon de gymnastique, m’accrochant de toutes mes forces aux barreaux du lit, et apprenant à respirer pour faire passer la douleur.. qui était insoutenable. Ma Sage-Femme était là depuis le début; elle faisait des aller-retour entre son domicile et celui de mes parents. C’était long. C’était lent. Mon col s’était pourtant ouvert très tôt, mais rien ne semblait avancer. Alors, au bout de mes limites, au bout de moi-même, accablée par la douleur que je voulais faire taire et par la déception, j’ai demandé à aller à l’hôpital. Je ne sentais pas d’évolution dans mon corps et je ne trouvais pas cela normal. Surtout au bout de trois jours! C’est aux urgences de l’hôpital où j’avais moi-même vu le jour, 26 ans auparavant, que l’on a arraché le petit Être qui se trouvait dans mes entrailles depuis presque neuf mois, et dans mon coeur depuis un temps incommensurable. Une équipe de la maternité m’a prise en charge rapidement. On m’a allongée, position que je redoutais, pour pouvoir m’examiner. Et là, j’ai dû attendre. Attendre que l’on comprenne, que l’on sache, que l’on fasse. Cela a duré deux heures. Car, malgré les échographies, malgré les touchers vaginaux, malgré les palpations au niveau de mon ventre, personne ne pouvait affirmer dans quelle position se trouvait mon Bébé. Un climat de tension, de stress et d’inquiétude régnait dans la pièce. On a donc appelé un gynécologue en urgence afin qu’il procède à une opération: la césarienne. Il fallait faire vite. D’autant plus qu’une Sage-Femme avait, sans le vouloir, rompu la poche des eaux et qu’elle tenait sa main dans mon vagin en guise de bouchon. Le docteur est arrivé: c’était un homme. Je ne l’aimais pas. Il était froid, pas à l’écoute, et, malgré mes pleurs, j’ai dû le repousser physiquement plusieurs fois tellement il me faisait mal. Ce qu’il n’a pas apprécié. Bref, à mon grand regret, c’est cet individu qui a sorti le petit Être qui se trouvait dans mes entrailles: ma Fille. En vingt minutes qui m’ont semblé des heures. Consciente, j’ai pu l’entendre puis la voir. Juste le temps de l’apercevoir, enveloppée d’une serviette plastifiée bleue qui avait enlevé son odeur, de faire la rencontre tant redoutée de ce regard apeuré, d’embrasser furtivement sa joue, qu’on l’enlevait déjà. De longues minutes, de longues heures.. il fallait attendre que j’aille mieux. Mais comment aller bien séparée de l’Être qui forme ma continuité et de celui qui a permis une telle réunion? J’étais impatiente et terrorisée. Allais-je la reconnaître? Et elle, se souviendrait-elle que j’étais sa Mère? La porte s’ouvrit enfin. Mon Compagnon était en larmes. Une Sage-Femme tenait ma Fille. Dans un geste habituel et empli d’une profonde déshumanisation, elle la déposa tel un objet sur mon ventre. Je ne me souviens pas si elle est ensuite restée ou partie. Je n’avais d’yeux que pour cette étrange créature faite avec ma chair et mon sang. Malgré toutes les péripéties qu’elle venait d’endurer, elle s’accrochait et voulait s’en sortir. Elle cherchait mon sein. Je lui frayais donc un chemin parmi les nombreux fils qui parcouraient mon corps. En un instant, elle dissipa douleurs, doutes, et pensées négatives. À travers cette sensation qui m’était inconnue, elle m’emmenait côtoyer mes instincts. C’était au-delà du simple fait de nourrir. Personne ne nous a aidées. Elle s’est débrouillée seule et m’a montré la voie. À l’heure où j’écris ces mots, l’allaitement est l’unique chose que j’estime avoir réussie et pour laquelle je suis fière.

La semaine que j’ai passée à l’hôpital a été très dure; tant sur le plan physique que psychologique. Un manque de place poussait le personnel hospitalier à vouloir me mettre dehors plus tôt que prévu.. alors même que je n’arrivais ni à me lever ni à marcher. De plus, ma famille s’est mise à m’en vouloir. Ils pensaient que je simulais la douleur. Heureusement que mon Compagnon était à mes côtés. C’est lui qui s’est occupé de nous. Les conditions n’étaient pas idéales, mais il a fait de son mieux. Et c’est le sourire aux lèvres que nous sommes retournés chez mes parents, à trois, le sept Avril. Sauf qu’eux, le sourire, ils ne l’avaient pas. Ma mère m’a vite demandé de quitter la maison; notre présence les dérangeait. C’est donc en hâte que nous sommes partis du Sud-Est pour rejoindre l’Océan.

Je ne m’attendais pas, ni ne m’étais préparée, à vivre un tel accouchement. Cela a engendré un choc émotionnel d’une assez grande importance qui, parfois encore aujourd’hui, se manifeste. La seule pensée qui me redonne des forces est de me dire que, sans cette opération, ma Fille n’aurait pas survécu. Elle se présentait de face, le dos complètement tordu, ce qui fait qu’il lui était impossible de s’engager dans mon bassin. Voir les nombreux sourires qu’elle m’offre à présent ne fait que me convaincre que j’ai pris la bonne décision. Maintenant, je ne me consacre qu’à son bien-être. Je fais de mon mieux pour que la petite graine qu’elle était développe de nombreuses feuilles, des branches, et peut-être aussi un jour des ailes.

Danaé

Je tais certains contextes, certains évènements, de façon volontaire, dans le but de ne pas leur accorder d’importance. Ils viendraient seulement ternir mon récit.
Néanmoins, sachez que sur les trois échographies, faites à différents endroits, seule la dernière a été agréable: un homme doux, à l’écoute, et qui prenait le temps d’expliquer les choses. Pour les autres, j’ai dû faire face à deux femmes odieuses qui se sont montrées brutales et violentes, tant physiquement que psychologiquement.
Quant au jour de l’accouchement, j’étais dans une salle entourée de personnes, comme si je me donnais en spectacle. Les Sages-Femmes chuchotaient entre elles sous mon nez, tout en m’examinant, et disaient qu’elles soupçonnaient une malformation; de quoi augmenter largement mon stress et mon angoisse (en fait, si elles connaissaient mieux leur métier, elles auraient pu détecter qu’elles touchaient le visage de mon Bébé…). Le gynécologue ne s’est même pas présenté, il est arrivé blasé et sans que je m’en rende compte avait pénétré mon vagin sans me demander la permission ou me prévenir. Il n’a pas cessé, durant l’opération ainsi que pendant le séjour, d’insister sur le fait que j’avais râté mon accouchement à domicile.
Les infirmières en ont rajouté une couche en clamant haut et fort que je ne pourrai jamais envisager une naissance naturelle, par voie basse, après une césarienne.
Bref, j’en oublie sûrement, dans ma mémoire, mais de nombreux résidus resteront, malheureusement…

Merci d’avoir pris le temps de me lire.